Thèses en cours dans le domaine du droit international

 

 

Le présent questionnaire s’adresse aux doctorants désireux de faire connaître l’objet de leur recherche. La collecte d’informations devrait rendre possible une vision d’ensemble sur la recherche en droit international en France mais aussi dans les pays francophones. Ces informations seront diffusées sur le site Internet de la S.F.D.I. si le doctorant le souhaite.

 

 

 

I. Identification

 

NOM : URBINATI

 

PRENOM : Sabrina

 

COURRIEL : sabrurb@tin.it

 

 

II. Thèse EN CO-TUTELLE

 

TITRE DE LA THESE : LES METHODES DE CONTROLE ET DE SUIVI EN DROIT INTERNATIONAL DE L’ENVIRONNEMENT

 

DIRECTEUR DE THESE : Mme le Professeur Brigitte STERN, Mr le Professeur Tullio SCOVAZZI et Mr le Professeur Tullio TREVES

 

UNIVERSITE : Paris I Panthéon-Sorbonne et Università degli Studi di Milano

 

RESUME DE LA THESE :

 

            Il convient de préciser, tout de suite, la question qui se trouve à la base du présent travail : quelle est la nature des méthodes de contrôle et de suivi ? Autrement dit, les mécanismes à l’étude rentrent dans la catégorie des systèmes de règlement des différends ou sont-ils simplement des moyens de type administratif ?

            Dans le titre introductif, je montre la structure et le fonctionnement des instruments utilisés, afin de vérifier le respect d’une convention de droit internationale de l’environnement, avant l’élaboration et l’adoption des méthodes de contrôle et de suivi : les systèmes de rapports périodiques. Il est, surtout, intéressant de décrire les insuffisances que lesdits systèmes ont montré et qui ont amené les acteurs de la vie internationale à élaborer les méthodes de contrôle et de suivi. En effet, les rapports périodiques peuvent être utiles à la fonction du contrôle seulement si trois conditions précises sont respectées. Il est, premièrement, nécessaire que les Etats présentent leurs rapports périodiques sur l’état d’avancement de leur travail de mise en œuvre, à défaut de quoi, il s'avère impossible de tenter un quelconque contrôle. Deuxièmement, il est nécessaire de prévoir un contrôle sur le fondement des renseignements donnés dans les rapports. Troisièmement et surtout dans l’éventualité d’un rapport qui révèle un non-respect, il est nécessaire que la réaction adoptée puisse avoir la force de contraindre l’Etat défaillant à remplir ses obligations. Malheureusement, ceci n’est pas le cas dans les systèmes de rapports puisque, normalement, les Etats sont réticents à les présenter. En outre, aucun contrôle strict n'est prévu et, surtout, les réactions possibles sont adoptées par le biais de résolutions, qui n’ont pas une force juridique contraignante pour l’Etat destinataire. En adoptant les mécanismes de contrôle et de suivi, en revanche, les problèmes qui viennent d’être soulignés semblent avoir trouvé une solution, pour les raisons qui seront traitées dans la deuxième partie du présent travail.

            Dans la première partie, je tente de donner une réponse aux questions qui se sont posée, assez rapidement, après l’apparition des systèmes de contrôle et de suivi : quel rapport existe entre les systèmes à l’étude et les moyens mis en place par le droit international général ? Pourquoi a-t-il été nécessaire d’élaborer d’autres instruments tels que les méthodes de contrôle et de suivi ? En effet, le droit international général offre aux Etats, dans le cas où une obligation n’est pas respectée par un autre Etat, la possibilité de recourir, par le biais des systèmes de règlement des différends, au droit de la responsabilité internationale[1] et aux moyens offerts par la Convention de Vienne, de 1969, sur le droit de traités[2]. Ainsi la question de vérifier les raisons qui ont porté à l’élaboration des méthodes de contrôle et de suivi s’impose. Pour ce faire, il est nécessaire de décomposer certaines notions et structures des mécanismes utilisés par le droit international général et qui se trouvent, a priori, également à la base des méthodes de contrôle et de suivi. Les notions qui doivent être analysées sont : le non-respect, prévu et utilisé par les systèmes à l’étude, la violation, telle que définie par les règles de la responsabilité internationale et par le droit des traités, et la notion de différend juridique international. Par le biais de cette analyse il est possible de démontrer que, même si les notions de non-respect et de violation semblent avoir un contenu identique, les réponses proposées par le droit international général ne sont pas adaptées aux besoins découlant d’une situation de non-respect d’une obligation environnementale. Par la suite, il est introduit le concept large de contrôle international, qui est, et a été, le point de départ de l’élaboration des systèmes de contrôle et de suivi. Ce concept a été, également, utilisé par diverses branches du droit international, à savoir les droit humanitaire, le droit du désarmement, la lutte contre les stupéfiants, etc..., afin d’élaborer des mécanismes de contrôle et de suivi. Ceux-ci, d’ailleurs, représentent les ancêtres des méthodes de contrôle et de suivi adoptées dans le cadre du droit international de l’environnement.

Suivant le chemin ci-dessus illustré, il est possible de commencer à esquisser la nature des systèmes qui font l’objet de la présente étude. Plusieurs raisons, à la fois juridiques et politiques, se trouvent à la base de l’inadaptation des moyens prévus par le droit international général. Il est possible de rappeler, à ce propos et parmi d’autres, la structure plurilatérale des obligations environnementales, les mesures qui peuvent être adoptées afin de remédier à la violation, la réticence de certains Etats à dénoncer l’absence de mise en œuvre d’une certaine obligation par d’autres Etats, le fait que la défense de l’environnement doit se construire en utilisant les principes de précaution et de prévention sans attendre que les menaces se transforment en dommages, etc. etc..

            Dans la deuxième partie de mon travail je traite du fonctionnement, au sens strict, des mécanismes de contrôle et de suivi. Ceci permet de délimiter de façon encore plus précise la nature des systèmes à l’étude. Ainsi il convient, dans un premier temps, de prendre en considération les différents sujets qui opèrent dans les méthodes à l’étude et, dans un deuxième temps, de décrire le déroulement des procédures, au sens strict, des systèmes de contrôle et de suivi et les divers types de mesures applicables en cas de non-respect.

            Pour ce faire, il est possible de décrire le rôle et le fonctionnement des deux catégories principales de sujets - les, ainsi nommés, institutionnels et les acteurs – protagonistes des mécanismes de contrôle et de suivi. La distinction entre sujets institutionnels et acteurs se base sur le critère fonctionnel, à savoir sur le type de rôle joué par chaque sujet. Ainsi il est possible d’encadrer parmi les sujets institutionnels la Conférence de Parties, le Secrétariat, le Comité qui s’occupe du contrôle et du suivi. En revanche, parmi les acteurs - les sujets ayant le pouvoir de déclencher la procédure ou, si l’on préfère, saisir l’organe de contrôle et de suivi - sont classifiés les Etats Parties, le Secrétariat, la Partie défaillante et, parfois, les organisations non-gouvernementales et les individus. A propos des deux derniers sujets il est très intéressant de réfléchir sur les pouvoirs qui leur sont attribués. En ce qui concerne les sujets-acteurs il convient, également, de s’interroger sur l’existence d’un leur intérêt à agir ou de leur légitimité à intervenir, éléments caractéristiques des systèmes procéduraux de droit interne.

            Il est intéressant de voir, par la suite, quels sont les moyens que l’organe de contrôle et de suivi peut utiliser afin de rassembler les informations – si l’on préfère les preuves - concernant l’existence d’une situation de non-respect : les documents fournis par les Etats Parties, ou les rapports reçus par le Secrétariat, l’enquête, l’inspection, etc. etc.. En ce qui concerne les deux derniers moyens, par exemple, se pose la question de la visite, d’experts ou des membres de l’organe de contrôle et de suivi, sur le territoire de l’Etat intéressé par la procédure. Il est intéressant de s’interroger aussi sur le crédit à donner aux renseignements provenant de sujets tels que les organisations non gouvernementales ou les individus, qui ne rentrent pas dans la catégorie des sujets de droit international.

            Il est nécessaire, également, d’examiner les procédures stricto sensu afin de montrer la variété de solutions adoptées dans les différents cadres de chaque convention de protection de l’environnement. Il convient, d’autant plus, d’observer si la procédure élaborée peut avoir les caractéristiques d’un mécanisme juridictionnel, et, le cas échéant, de voir si elle est de type accusatoire ou inquisitoire. Il est possible de voir quels sont les pouvoirs et les droits attribués à un Etat dans le déroulement d’une procédure à sa charge et de vérifier comment les Etats utilisent leurs pouvoirs. A ce propos, il convient de vérifier s’il est prévu un droit de participation pour l’Etat défaillant aux différentes étapes de la procédure, comme par exemple celle de l’examen des données ou celle de l’adoption de la mesure de réaction au non-respect.

            Finalement, il est très intéressant d’analyser le caractère des mesures applicables lorsqu’une situation de non-respect se vérifie. Il est possible de partager lesdites mesures en deux catégories : celle par laquelle les Parties défaillantes sont aidées pour mettre en œuvre leurs obligations et celle qui, en revanche, présente un caractère de sanction. Dans la première catégorie il est possible de retrouver, parmi d’autres, les financements ou les systèmes d’assistance internationale. Dans la deuxième, la mesure la plus caractéristique, est celle qui prévoit la suspension de tout aide précédemment obtenu par la Partie défaillante, pour la mise en œuvre des obligations découlant de la convention. En ce qui concerne la masse de décisions, déjà adoptées, il est intéressant de vérifier s’il est possible d’en déduire l’instauration d’une pratique constante dans le type des mesures appliquées aux différentes situations de non-respect.

            Par le biais des résultats de l’analyse qui vient d’être synthétisée, il est possible de constater non seulement que les méthodes de contrôle et de suivi constituent une mosaïque, puisqu’elles ne se déroulent jamais de la même façon et ne présentent pas toujours les mêmes structures, mais également de donner une réponse à la question, qui se trouve à la base du présent travail et qui concerne la nature des mécanismes à l’étude. Grâce à la structure choisie pour réaliser ma thèse il est possible de démontrer, que les méthodes de contrôle et de suivi ont une nature administrative et non juridictionnelle.

            En outre, il est démontré que, finalement, par les méthodes de contrôle et de suivi il semble possible non seulement de contraindre, mais aussi d'encourager les Etats à mettre en œuvre les engagements juridiques pris en ratifiant les conventions de protection de l’environnement. En effet, il apparaît clairement que les méthodes de contrôle et de suivi sont les moyens les plus adaptés aux exigences et à la structure de la protection de l’environnement.

 

 

MOTS CLEFS : responsabilité international, suspension d’un traité, non respect, violation, non compliance procedure, droit international de l’environnement.

 

DATE DE DEPOT : 2002

 

DATE DE SOUTENANCE PREVUE :  2006

 

III. Autre

 

 

 



[1] Ainsi qu’élaborée dans le Projet d’article de la Commission du droit international, adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies à sa cinquante-sixième session en 2001.

[2] Voir en particulier son article 60.