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page hebdomadaire d'informations internationales Société française pour le droit International |
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Sentinelle du 25 septembre 2005 |
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Philippe WECKEL--Anne RAINAUD--Roland ADJOVI--Guillaume AREOU--Sarah CASSELLA--Florina COSTICA--Tidiani COUMA--Maya LAIDI-Sabrina RAHMANI--Antonella SAMPO |
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Campagne pour une participation universelle aux traités multilatéraux Philippe Weckel
99 Etats ont signé, ratifié ou adhéré à 298 traités multilatéraux à l’occasion du Sommet mondial. En effet, le Secrétaire général a mis à profit la présence au siège de l’ONU de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que de ministres des affaires étrangères pour inciter les Etats (et la Communauté européenne) à exprimer leur consentement (voir). On rappelle que ces hauts représentants peuvent exprimer ce consentement sans être tenus de présenter des pleins pouvoirs. Ils sont nombreux à avoir répondu à l’appel du Secrétaire général et du Bureau des affaires juridiques. Cinquante-deux pays ont participé au niveau des chefs d’État ou de gouvernement et 40 pays au niveau des ministres des affaires étrangères (communiqué, dépêche). Ainsi, ouverte à la signature à l’occasion de cette réunion, la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire a recueilli 82 signatures et elle entrera en vigueur le trentième jour suivant le dépôt de la vingt-deuxième ratification. La Convention internationale pour la suppression du financement du terrorisme de 1999 compte désormais 143 Etats parties, la Convention internationale sur la suppression des attaques terroristes à l’explosif de 1997 144 et, avec l’adhésion de Kiribati et de Bahreïn, la Convention internationale contre la prise d’otages de 1979 153. La Convention de 1992 sur la prohibition du développement, de la production, du stockage et de l’usage des armes chimiques et de leur destruction compte désormais, avec Vanuatu, 174 Etats parties. Avec la ratification de l’Equateur, la Convention des Nations Unies contre la corruption de 2003 a franchi le seuil de 30 ratifications et entrera en vigueur le 14 décembre prochain (infra). La Convention de Vienne sur le droit des traités a bénéficié de 5 nouvelles ratifications qui portent le total à 105. Le nombre de parties au Protocole de Kyoto a été porté à 156 grâce à l’adhésion du Népal. La Convention sur les droits de l’enfant a atteint 101 ratifications, etc. Le résultat est impressionnant et montre, si besoin en était, l’intérêt que portent les Etats à ce que Palitha Kohona, Chef de la Section des traités au Bureau des affaires juridiques de l’ONU a appelé le « cadre législatif international ». Le Liberia a procédé à 82 signatures, ratifications ou adhésions !
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AIEA adoption d'une résolution condamnant l'Iran Anne RAINAUD
Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA, réuni depuis le 19 septembre 2005 à Vienne( cf. news AIEA), avait la charge d'examiner les suites à donner au rapport qu'il avait commandé à son Directeur général, Mohamed El- Baradei (cf. allocution d'ouverture du Conseil par le Directeur général de l'AIEA,19 septembre 2005). Celui-ci a en effet produit le 3 septembre un rapport, resté confidentiel, dans lequel figurent les dernières appréciations sur la question nucléaire en Iran, notamment en ce qui concerne le respect de la résolution adoptée le 11 août 2005 appelant le gouvernement iranien à suspendre les activités nucléaires (spécialement celles réactivées sur le site d’Ispahan le 1er août ). L'AIEA a eu des rapports soutenus avec l'Iran depuis l'automne 2003 (12 septembre 2003 - résolution du Conseil des Gouverneurs de l’AIEA sur la mise en oeuvre de l’accord de garanties entre l’AIEA et l’Iran (cf. la chronologie des liens Iran AIEA).Une crise manifeste était déjà apparue lors du Conseil des gouverneurs de l'AIEA en juin 2004. Les Etats Unis proposaient alors au Conseil des gouverneurs de saisir de la question le Conseil de Sécurité des Nations Unies. L'opposition des non-alignés et la volonté des européens d'une position moins radicale n'avaient pas permis de retenir cette solution ( cf. 14-17 juin 2004 - Réunion à Vienne du Conseil des gouverneurs de l’AIEA : adoption d’une résolution soulignant les omissions de l’Iran dans ses déclarations sur son programme nucléaire, cf. position francaise ). La négociation a donc alors été préférée et a été menée par l'Allemagne, le Royaume Uni et la France (UE 3). Elle a notamment abouti à l'accord de Paris conclu entre ces trois Etats et l'Iran ( cf. texte de l'accord du 15 novembre 2004) dont le but ultime est de donner les garanties objectives que le programme iranien a une finalité strictement civile. Cependant cet accord a été rompu suite à l'annonce de l'Iran de reprendre ces activités d'enrichissement d'uranium. Pour le ministère français des Affaires Etrangères (communiqué de presse du porte parole du Quai d'Orsay du 6 septembre et Le Monde du 23 septembre), ce rapport montre "que l'Iran n'a pas répondu aux demandes insistantes du conseil des gouverneurs du 11 août de revenir à la pleine suspension de ses activités nucléaires sensibles. Il montre que l'Iran ne s'est pas mis en conformité avec les résolutions de l'AIEA". En effet, selon le rapport, M. ElBaradei a affirmé que l'Iran continuait ses activités de conversion d'uranium malgré la résolution précitée du conseil des gouverneurs de suspendre celles-ci. Une déclaration conjointe des ministres des affaires étrangères français, allemand et anglais à laquelle s'est associé le haut représentant de la politique étrangère de sécurité commune, Javier Solana, datée du 22 septembre 2005, souligne bien qu'au regard des dissimulations faites par l'Iran sur son programme nucléaire à double visage, laissant "sérieusement craindre" la poursuite de buts autre qu'exclusivement pacifiques, "le cas de l'Iran aurait dû être soumis au Conseil de sécurité des Nations Unies, il y a deux ans", en vertu des règles de l'AIEA. Néanmoins, les trois Etats européens ont toujours voulu persister dans la voie de la négociation; notamment au mois d'août 2005, ils ont encore fait "des propositions, détaillées, d'accord à long terme", considérées comme "les idées les plus ambitieuses, dans le domaine des relations entre l'Iran et l'Europe,(...) émises depuis la révolution iranienne de 1979, idées qui auraient défini les bases de rapports nouveaux reposant sur la coopération". Une certaine déception des européens est nettement perceptible dans leur déclaration conjointe; ils regrettent la position radicale de l'Iran d'une part rejetant les propositions évoquées plus haut "sans même les avoir étudiées sérieusement", d'autre part s'exprimant à la tribune de l'ONU pour dénoncer un "apartheid nucléaire" et insister sur l'exercice par l'Iran de "ses droits de développer la technologie du cycle du combustible" (cf. déclaration du président iranien). Avant même cette déclaration, le Premier ministre français Dominique de Villepin avançait lors d'une conférence de presse du 15 septembre donnée au siège de l'ONU, que " la priorité est au dialogue pour convaincre l'Iran de suspendre ses activités nucléaires jusqu'à ce qu'il soit établi que ces activités sont menées à des fins pacifiques". Cependant, il avait la veille, adressé au Conseil de sécurité, le message de sa possible saisine sur la question nucléaire iranienne si ce pays ne respectait l'obligation de non-prolifération en poursuivant le développement d'un programme d'armement. Dans cette déclaration au Conseil de sécurité, la France avait un discours clair sur le rôle de l'AIEA et du Conseil : pour Dominique de Villepin, si l'Agence protége le droit à l'usage pacifique de l'énergie nucléaire, il y a aussi "des devoirs à faire respecter, pour la sécurité de tous : si un Etat manque a ses obligations au titre du Traite de non-prolifération, il est légitime, une fois épuisée la voie du dialogue, que le Conseil de sécurité soit saisi. C'est dans cet esprit que la France appelle fermement l'Iran à se conformer aux résolutions de I'AIEA et au respect de ses engagements internationaux, l'accord de Paris en premier lieu" (cf. dépêche ONU du 14 septembre 2005). La suspicion à l'égard de l'Iran s'explique par sa politique de dissimulation (le dernier rapport de Mohammed El Baradeï conclut d'après la déclaration conjointe de UE3 que, "après deux ans et demi d'inspections et d'investigations intensives, la pleine transparence de la part de l'Iran est indispensable mais (qu')elle se fait attendre"); les inspecteurs de l'AIEA n'ont pu obtenir aucune certitude quant aux intentions de l’Iran sur la fabrication de la bombe atomique. Par ailleurs, les trois Etats européens avancent fermement que "aucune logique économique ne justifie l'existence des installations qui se trouvent au centre du différend, les usines d'Ispahan et de Natanz, si celles-ci ont pour unique fonction de produire du combustible destiné à des réacteurs nucléaires, comme l'affirme l'Iran. L'Iran n'a aucune centrale nucléaire susceptible d'utiliser le combustible qu'il dit vouloir produire. Il n'en possède qu'une seule, en cours de construction, dont le combustible sera, par accord, fourni par la Russie pendant dix ans". Selon un rapport de l'International Institut of Strategic Studies (IISS), la menace de l'arme nucléaire fabriquée par l'Iran reste néanmoins non imminente (cf. dossier de l'IISS du 6 septembre 2005) L'Iran ne se montre pas particulièrement inquiète de la perspective d'une saisine du Conseil de sécurité ( cf. déclaration du porte parole du ministère des Affaires Etrangères iranien). Néanmoins, la voie de la négociation reste dans les axes de l'Iran; selon le Secrétaire du Conseil Supérieur de la Sécurité Nationale en Iran, Ali Larijiani, "l'Iran est disposée à poursuivre les négociations avec des objectifs concrets et dans un cadre déterminé avec les pays européens et non européens" (cf. point de presse de l'agence IRNA). Il faut par ailleurs relever que l'Iran aspire à obtenir une position stratégique dans la région; selon une déclaration du président Mahmoud Ahmadinejad faite en marge du sommet de l'ONU, "un Iran puissant est le meilleur ami pour les Etats voisins". Il a ainsi signalé aux "nations du golfe Persique (qui) sont des nations unies, l'importance de signer des accords communs de sécurité pour la région" (cf.point de presse de l'agence IRNA du 17 septembre 2005). Finalement, le Conseil des gouverneurs de l'AIEA a adopté en fin d'après-midi du 24 septembre une résolution qui condamne les activités nucléaires de l'Iran, sans viser explicitement la saisine du Conseil de sécurité. Le consensus a été rompu, puisque la résolution a été adoptée par 22 des trente cinq pays représentés et le Conseil exécutif de l'Agence, alors que le Venezuela a voté contre et que douze Etats, dont la Russie et la Chine, se sont abstenus. Avec l'adoption du projet de résolution présenté par l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni la voie est ouverte pour une saisine ultérieure du Conseil de sécurité. Dans le point 2 de la résolution, le Conseil de l'AIEA estime "aussi que la dissimulation passée des activités nucléaires de l'Iran mentionnée dans le rapport du directeur général, la nature de ces activités, les problèmes mis au jour au cours de la vérification par l'Agence des déclarations faites par l'Iran depuis septembre 2002 et l'absence de confiance qui en résulte dans le caractère exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien ont soulevé des questions qui sont de la compétence du Conseil de sécurité en tant qu'organe auquel incombe la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales". Textes de référence.
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TPIY Nouvelles poursuites pour outrage à l’encontre de deux journalistes croates Antonella SAMPO
Le 9 septembre 2005, la Juge Orie a prononcé deux décisions confirmant et rendant publics les actes d’accusation dressés à l’encontre Josip Jovic et Marijan Krizic, journalistes croates, poursuivis tous deux pour un chef d’accusation d’outrage au Tribunal dans l’ affaire Le Procureur contre Tihomir Blaskic ( voir l’arrêt du 29 juillet 2004) en application de l’article 77(A), 77 (A) ii et 77(A) iv du Règlement de procédure et de preuve du Tribunal pénal international pour l’Ex Yougoslavie. A l’instar d’ Ivica Marijacic, Markica Rebic, Stjepan Seselj et Domagoj Margetic, Jovic et Krizic auraient délibérément et sciemment entravé le cours de la justice en violant en connaissance de cause une ordonnance de la Chambre de Première Instance en date du 1er décembre 2000 qui avait pour objet de mettre un terme à la violation de mesures de protection octroyées à des témoins. D’après l’acte d’accusation, Josip Jovic, éditeur en chef du quotidien croate Slobodna Dalmacija a, entre le 27 novembre et le 29 décembre 2000, consciemment et volontairement interféré avec l’administration de la justice en publiant l’identité de témoins protégés par le Tribunal pénal international pour l’Ex Yougoslavie, en révélant que le témoin avait déposé en toute confidentialité et en publiant des extraits de son témoignage entiers ou partiels et violant ainsi directement l’ordonnance du Tribunal du 1er décembre 2000. Marijan Krizic, éditeur en chef d’un hebdomadaire croate Hrvatsko Slovo, est poursuivi pour avoir révélé l’identité d’un témoin protégé, des extraits d’un témoignage qui devait rester confidentiel et que cette personne avait témoigné lors d’audiences à huis-clos . L’affaire Blaskic et ses conséquences en Croatie semble avoir poussé le Tribunal à affirmer sa volonté de garantir aux témoins une protection efficace mais également d’affirmer son autorité face à ses détracteurs. Il convient de rappeler que la violation d’une ordonnance du Tribunal constitue un délit d’outrage au Tribunal et que cette infraction pourrait faire l’objet d’une peine d’emprisonnement d’un maximum de sept années et d’une amende de 100 000 euros.
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TPIYtransfert de La Haye à Zagreb du procès Ademi et NoracSabrina RAHMANI
À la suite des différentes pressions exercées par le conseil de sécurité de l'ONU sur le Tribunal pénal international de l'ex-Yougoslavie pour qu’il termine ses activités, celui-ci a prévu de conclure les procès en première instance en 2008 et ceux en appel en 2010. Afin de respecter cette échéance, les procès de faible et moyenne importance seront transférés vers les tribunaux locaux. Les juges avaient insisté pour qu’un système de contrôle adéquat soit mis en place lors du procès. Hormis les procès des anciens chefs serbes de Bosnie Ratko Mladic et Radovan Karadzic toujours en fuite, qui se tiendront à La Haye, les autres affaires impliquant des accusés de rangs moins importants pourront être transmises aux juridictions de l'ex-Yougoslavie afin de désengorger le tribunal. Conformément à cette stratégie Le tribunal a accepté de transférer le procès des deux anciens généraux croates Mirko Norac et Rahim Ademi à Zagreb. Rahim Ademi et Mirko Norac ont été inculpés pour leurs rôles présumés dans une opération visant à chasser la population serbe de la poche de Medak, une petite zone en Krajina, au sud-ouest de la Croatie, en septembre 1993. Ces deux anciens généraux croates sont accusés de deux crimes contre l'humanité et de trois crimes de guerre pour le meurtre présumé de 29 civils serbes et de cinq soldats serbes blessés pendant l'opération. Les accusés, ont tous les deux plaidé non coupables des accusations concernant l'opération de la poche de Medak, et sont déjà tous les deux en Croatie. Rahim Ademi a été remis en liberté en attendant son procès et Mirko Norac purge une peine de 12 ans de prison pour le meurtre de civils serbes dans la ville de Gospic pendant la guerre. Ce transfert de criminels de guerre dans le pays d'origine constitue une première pour une affaire de cette importance et entrera dans la stratégie du tribunal une fois que les conditions pour des procédures équitables et justes seront réunies, notamment la protection des témoins, un procès juste de l'accusé et l'assurance que la peine de mort ne pourrait être imposée. Ainsi, il reviendra aux juges du TPI de déterminer si la scène judiciaire croate est à même de fournir toutes les garanties pour la tenue du procès de Mirko Norac et Rahim Ademi. Lors d'une audience en février 2005, les juges ont entendu les arguments de l'accusation, de la défense, des experts juridiques du gouvernement croate sur de nombreux points. L'accusation porte sur les actions propres des accusés, leurs rôles et leurs responsabilités en tant qu'officiers supérieurs. Cependant, le concept selon lequel ceux qui commandent sont tenus pour responsables des crimes commis par leurs troupes, s'ils ne prennent pas les mesures pour empêcher les crimes ou bien s'ils ne font pas d'enquête sur les crimes commis et ne punissent pas les coupables, a été élaboré, dit-on, par les procureurs de La Haye et constitue l'un des points difficiles dans cette affaire à savoir l'équivalence de la responsabilité de commandement dans le droit croate et la protection des témoins qui viendront à la barre. En effet, le TPI dispose d’une section spécialisée dans l'assistance aux témoins et certaines victimes craignent les représailles de la scène locale et préfèrent témoigner à la Haye. Par ailleurs, la Croatie n’a pas coopéré comme elle l'aurait dû avec le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, retardant ainsi le transfert de deux croates inculpés par celui-ci. De plus, un certain nombre de personnes, serbes ou croates, ont été traduites en justice pour crimes de guerre. Leurs procès ont révélé les carences d’un système de justice pénale dans lequel les affaires étaient rarement instruites avec impartialité et dans la dépendance. Selon un rapport de l’OSCE rendu public en mars 2004, dans les procès pour crimes de guerre en Croatie « les accusés d'origine serbe sont systématiquement défavorisés par rapport aux croates ». Autre vide juridique qui a été au cœur des discussions concernant le transfert du procès fut le code pénal croate à 1993, selon lequel le procès va se tenir, et qui ne contient pas le concept de responsabilités du commandement. Cependant, le gouvernement de Zagreb, la défense et les experts croates en droit ont avancé le fait qu'il existe une variété de moyens légaux disponibles pour juger les accusés pour leurs responsabilités de commandement, y compris la « créativité » pour interpréter le code pénal ou l'utilisation de certaines dispositions de la loi internationale que l'on pourrait appliquer en Croatie. La Croatie désire entrer dans l'Union européenne, qui a posé des conditions en matière de poursuite des crimes de guerre et de retour des réfugiés, ce qui pourrait entraîner des améliorations. Le gouvernement croate souhaite le succès du transfert de ce procès, qui constituerait un test permettant de démontrer que le gouvernement et le système judiciaire de Croatie sont capables de traiter des questions politiques et judiciaires où ils sont impliqués. En mars 2005, l'union européenne avait décidé de reporter les négociations avec la Croatie concernant son adhésion. Les discussions butent toujours sur le manque de coopération de la Croatie avec le tribunal pénal international contre les crimes de guerre à La Haye et qui a entraîné, notamment, l'échec de l’arrestation d’un autre accusé, le général Ante Gotovina, toujours en fuite. Mais, le fait que le général Norac ait été condamné par le tribunal de Rijeka en dépit de manifestations de masse, de protestations d’associations patriotiques et de cercles d’anciens combattants en sa faveur, le considérant comme un héros de guerre, tend à susciter la confiance au sein du Tribunal pénal international. Même si sept autres cas pourraient être transférés dans des pays de l'ex-Yougoslavie, le procès Norac et Ademi est le seul cas pour la Croatie, à la suite du refus de l'accusation de demander le transfert du cas du "trio de Vukovar" D'autres procès pourraient se tenir devant des tribunaux de Bosnie et de Serbie, mais jusqu'à présent seul le procès de Radovan Stankovic à été confirmé par la cour d'appel de La Haye pour un transfert à Sarajevo.(S.R)
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ONU, Annonce de la visite du Rapporteur spécial sur la liberté de religion en France Antonella SAMPO
Depuis le 19 septembre, le Rapporteur spécial de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies sur la liberté de religion ou de conviction, Mme Asma Jahangir, effectue une visite en France. Cette visite, qui devrait durer une dizaine de jours, fait suite à une invitation du Gouvernement français. La Rapporteur spéciale sur la liberté de religion est chargée de promouvoir et de protéger la liberté de religion et de conviction à la lumière de la Déclaration sur l'élimination de toutes formes d'intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction de 1981. L’objet principal de cette visite est de recueillir des informations sur le terrain en ce qui concerne la question de la liberté de religion ou de conviction en France. Au cours de son déplacement dans l’Hexagone, Mme Asma Jahangir devrait s'entretenir notamment avec des ministres et responsables de Ministères qui traitent de questions religieuses. Elle devrait également rencontrer les représentants des institutions religieuses présentes sur le territoire français ainsi que des organisations non gouvernementales oeuvrant sur la question de la liberté de religion ou de conviction, et différents individus dont la rencontre revêtirait un intérêt pour le mandat ( voir le communiqué du Haut Commissariat aux droits de l’Homme). A l'issue de cette visite, le Rapporteur spécial rédigera un rapport dans lequel figureront ses conclusions et recommandations qu'elle présentera à la soixante-deuxième session de la Commission des droits de l'homme, au printemps 2006. Mme Asma Jahangir est avocate à la Cour Suprême du Pakistan. Elle a été nommée Rapporteur spécial de la Commission des droits de l'Homme sur la liberté de religion ou de conviction en 2004 (voir la résolution de la Commission des droits de l’Homme 2004/36 ). (A.S.)
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OMC état des négociations Guillaume AREOU
Le nouveau Directeur général de l’OMC a entamé tambour battant les premières réunions. L’approche qu’il préconise est simple et se résume en deux mots : efficacité et gestion du temps. A trois mois de la Conférence ministérielle d’Honk Kong, il rappelle que le chantier est encore immense. Dans son discours, il balaie rapidement les secteurs dans lesquels des progrès sont encore à réaliser : l’agriculture, le soutien interne, l’accès aux marchés, les services et le développement. Le développement doit d’ailleurs être au cœur des préoccupations de chacune des délégations car de l’aboutissement des progrès en ce domaine dépend en partie le succès de la Conférence ministérielle de Honk Kong. Il conclut son intervention en invitant les parties à cibler chacun des sujets cruciaux pour avancer et progresser dans les négociations tout en ne tombant pas dans la tentation du plus petit dénominateur commun. Les premières réunions extraordinaires ont commencé dès cette semaine. Elles concernent l’agriculture. Les représentants des délégations devaient discuter sur la réduction des subventions aux produits agricoles, la réduction des subventions à l’exportation et l’accès des produits agricoles des pays en développement aux marchés des pays développés. Le G20 s’était réuni il y a de çà une semaine pour marquer l’unité des pays en développement et la nécessité de progresser dans les négociations pour protéger leurs intérêts. Lors d’un discours prononcé à Washington, la Commissaire européenne à l’agriculture, Madame Fischer Boel, a insisté sur la nouvelle approche à adopter en matière agricole. Il faut selon elle couper le lien qui existe entre les subventions et la production. Les travaux vont donc se poursuivre de manière bilatérale pour adopter une méthode « plus globale » dans les négociations.
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Signature d’un Accord de libre échange entre la Corée du Sud et l’AELEFlorina COSTICA
L’accord de libre-échange entre la Corée du Sud et l’AELE a été signé le 13 septembre dernier à Genève. Cet accord, qui donne suite aux négociations conclues le 12 juillet 2005, à Dalian, en Chine, est le premier à être conclu entre la Corée du Sud et des pays européens. Ses dispositions prévoient des avantages tangibles pour les opérateurs économiques de toutes les parties concernées et créent un potentiel considérable pour développer les opportunités commerciales régionales dans les zones géographiques respectives. L’accord est basé sur le principe de libéralisation substantielle et sur le respect des règles de l’OMC et concerne l’élimination des obstacles tarifaires et non- tarifaires entre les parties. Il contient, entre autres, des règles concernant la libéralisation des biens et des services, la protection de la propriété intellectuelle, ainsi que des dispositions concernant le règlement des différends. Un comité commun a été crée pour effectuer régulièrement des mises au point sur l’avancement de la mise en place de l’accord, ainsi que sur les bénéfices qui en résulteraient. D’après les estimations coréennes, le bénéfice potentiel découlant de cet accord permettrait à l’AELE d’accroître ses exportations annuelles en Corée de plus de 700 million USD, tandis que les exportation coréenne vers les pays de l’AELE pourront connaître une croissance de plus de 600 millions USD annuels.
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Affaire Occidental Exploration and Protection Company c. Equateur Jugement de la Cour d’Appel britannique relative à l'annulation de la décision arbitrale 9 septembre 2005 Guillaume AREOU
L’affaire qui oppose la société Occidental Exploration and Protection Company (« Occidental ») à l’Equateur est tout aussi complexe que l’affaire Petrobart c. Kirghizstan. En 1999, la société Occidental (société de droit californienne) conclut un contrat d’exclusivité relatif à l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbure avec l’entreprise étatique Petroecuador. Le contrat prévoit que la société Occidental assume la totalité des coûts d’exploration et d’exploitation. Elle se rémunère par un pourcentage sur le pétrole brut extrait et dispose d’une clause lui permettant de l’exporter. Le litige intervient à partir du moment où le Servicio de Rentas Internas (service des taxes équatoriens) refuse le remboursement de la T.V.A. à la société Occidental. Le service allègue dans un premier temps que le calcul des intérêts perçus couvre potentiellement la T.V.A.. Le service des taxes et le Gouvernement équatorien changeront par la suite de fusil d’épaule et refuseront le remboursement au motif que celui-ci n’est possible que pour les exportateurs de produits manufacturiers. Le pétrole brut n’entre pas dans ce champ. Une demande d’arbitrage est formulée et les arbitres désignés. Ceux-ci déterminent Londres comme lieu d’arbitrage en vertu des dispositions de l’article 16 (1) des règles CNUDCI. Une décision finale est rendue en juillet 2004 qui donne raison à la société Occidental. L’Equateur va mettre en œuvre tous les moyens dont il dispose pour écarter la sentence arbitrale. L’Etat entame alors une procédure devant la Queen’s Bench Division sur le fondement des sections 67 et 68 de l’Arbitration Act de 1996. La société Occidental formule une première objection sur la récusation de la décision arbitrale par l’Equateur. La société allègue que la récusation formulée par l’Equateur nécessite que les juridictions anglaises interprètent certaines dispositions du T.B.I. conclu entre les Etats-Unis et l’Equateur. Ces dispositions seraient en violation avec le principe anglais de « non-justiciability ». La demande serait alors caduque. La Queen’s Bench Division rend une décision qui va faire l’objet d’appel. La décision de la Court of Appeal sur l’application du principe de « non justiciability » était attendue et il offre une analyse complète de la jurisprudence anglo-saxonne sur ce point. La question principale posée à la Court of Appeal était de savoir jusqu’à quel point les juridictions anglaises sont-elles compétentes, en vertu de la section 67 de l’Arbitration Act, pour examiner la récusation d’une sentence arbitrale fondée sur un T.B.I qui n’est pas transposé dans la législation du Royaume-Uni. Les juges anglais, empreints de pragmatisme, vont écarter l’objection présentée par la société Occidental en affirmant que ce principe ne doit pas être appliqué de manière rigide et absolu. La Court of Appeal confirme le jugement de la Queen’s Bench Division.
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Institut d’arbitrage de la Chambre de Commerce de Stockholm Affaire Petrobart Limited c. République du Kirghizstan 29 mars 2003 Guillaume AREOU
L’affaire a trait à un contrat de fourniture de gaz conclu entre l’entreprise étatique Kyrgyzgazmunaizat (KGM) et la société Petrobart. Alors que l’entreprise étatique est en proie à des difficultés financières qui l’empêche d’exécuter son contrat, la République kirghize prend une série de mesures pour la restructuration de la fourniture de pétrole et de gaz naturel. Ces mesures ont deux conséquences. La première est qu’une nouvelle société étatique, Kyrgyzgaz, est créée sur les bases des biens et avoirs de KGM. Le transfert des biens et avoirs a bien eu lieu contrairement aux transferts des dettes. La société KGM demeure ainsi responsable des dettes qu’elle a contractées avec la société Petrobart. Le tribunal arbitral de la Chambre de commerce de Stockholm, constitué à la demande de la société Petrobart sur le fondement du traité sur la Charte de l’Energie, s’est déclaré compétent pour juger l’affaire. Il ordonne à la République kirghize de verser à la société Petrobart la somme de 1 130 859 US dollars au titre des dommages subis pour l’inexécution du contrat. Le tribunal arbitral rejette par contre les demandes de dommages et intérêts formulées par la société Petrobart concernant d’une part, la perte de profits et d’autre part, les différents frais et dépenses engagés pour l’ensemble de la procédure. Cette procédure a en effet été longue et complexe. Après une période de consultation qui s’est soldée par un échec, le Gouvernement kirghize a saisi la Bishkek Court, court suprême d’arbitrage du Kirghizstan. La procédure ouverte devant la juridiction kirghize concerne l’interprétation et l’application de la loi kirghize sur la protection des investissements étrangers. Cette court conclut que le contrat entre les parties constitue un investissement en vertu de la loi kirghize mais qu’il n’y a pas de litige juridique. La procédure arbitrale est ainsi obsolète. Dans le même temps et alors qu’une loi sur l’interprétation de la notion d’ « investissement » a été promulguée au Kirghizstan, la société Petrobart demande l’ouverture d’une procédure arbitrale devant la CNUDCI. Cette option résulte d’une possibilité offerte par la loi kirghize aux investisseurs étrangers. Le tribunal arbitral a mandat pour interpréter la loi kirghize sur la protection des investissements étrangers et plus particulièrement l’expression « objet d’activité économique » (Article 1§2). Le Tribunal arbitral CNUDCI conclut que le contrat entre la République kirghize et la société Petrobart ne constitue pas un investissement au titre de cette loi. Il se déclare incompétent. L’investisseur privé étranger va alors tenter une ultime procédure devant la Chambre de commerce de Stockholm. Cette possibilité lui est offerte en vertu du traité sur la Charte de l’Energie. La société Petrobart est en effet immatriculée à Gibraltar. Le Royaume-Uni a ratifié cette Charte en juillet 1997. La République kirghize n’a pas manqué l’occasion de soulever l’inapplicabilité de ce traité à Gibraltar. Alors que le Royaume-Uni, dans la déclaration jointe à la signature, dispose que le traité s’appliquera au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et à Gibraltar, il omet d’inclure ce dernier lors de la ratification. Pour le tribunal arbitral, cela ne doit pas justifier que le Royaume-Uni entende révoquer l’application du traité à Gibraltar. Ce litige met en lumière toute la difficulté de l’application de la règle res judicata et du principe ne bis in idem. Les différentes juridictions saisies se sont également heurtées à l’absence de définition claire de la notion d’ « investissement ». En effet, qu’il s’agisse des lois nationales de protection des investissements, des textes conventionnels et encore aujourd’hui de la jurisprudence des tribunaux arbitraux, la notion d’investissement reste floue tout en ayant une acception étendue.
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La Convention des Nations Unies contre la corruption entrera en vigueur à la fin de l’année Antonella SAMPO
En marge du Sommet Mondial des Nations Unies, l’Equateur a ratifié, le 15 septembre dernier, la Convention des Nations Unies contre la corruption. L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a alors annoncé dans un communiqué de presse que cette trentième ratification de la Convention a enclenché le processus qui aboutira à son entrée en vigueur dans les 90 jours, soit le 14 décembre 2005. Adoptée le 31 octobre 2003 ( voir la résolution A/RES/58/4, le compte-rendu de séance A/58/PV.51 et le communiqué de presse) par l'Assemblée générale des Nations Unies et ouverte à la signature à Merida, au Mexique en décembre 2003, la présente Convention contient notamment des dispositions de prévention de la corruption et des règles organisant la coopération internationale ainsi que des normes de nature procédurale. Elle prévoit l'instauration d'un système d'assistance juridique mutuelle qui devrait faciliter les poursuites judiciaires dans les cas de corruption transfrontaliers. Pour la première fois, un instrument multilatéral pose de manière contraignante le principe de la restitution des avoirs acquis illicitement. Il suscite l'espoir que des fonds transférés à l'étranger par des chefs d'Etat corrompus pourront être restitués aux pays d'où ils ont été détournés. Selon M. Antonio Maria Costa, directeur de l'ONUDC le mécanisme de recouvrement des fonds est prometteur pour les pays dont la trésorerie a été pillée par des fonctionnaires corrompus ( voir le communiqué de presse ). Il convient de souligner enfin que la Convention prévoit un droit de recours en justice ouvert aux personnes ayant subi des dommages causés par la corruption. La France avait joué un rôle majeur dans la négociation de la Convention en formulant une proposition novatrice dans le domaine de la restitution des fonds publics détournés. Elle avait signé le nouvel instrument dès le premier jour de la conférence de signature. Il faut rappeler qu’à une échelle régionale, la lutte contre la corruption a déjà fait l’objet de conventions dont la Convention inter-américaine contre la corruption adopté le 29 mars 1996, la Convention de l’Union Africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption et les Conventions pénale ( et son Protocole additionnel) et civile contre la corruption élaborées par le Conseil de l’Europe. Il faut préciser que la Convention pénale du Conseil de l'Europe contre la corruption représente une étape importante pour la prévention et répression de la corruption. Le "noyau dur" de la convention est constitué par les dispositions qui énumèrent les comportements que les législateurs nationaux doivent ériger en infractions (voir le site du Groupe d’Etats contre la corruption ( GRECO)).
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O.I.P.C.-Interpol 74ème Assemblée générale :
Laurent Grosse Directeur de la Gestion et du Budget de l'O.I.P.C.-Interpol
BERLIN – Le rôle unique d’Interpol, au centre de la communauté mondiale des services chargés de l’application de la loi, a été considérablement renforcé par un ensemble de résolutions adoptées lors de sa 74ème Assemblée générale. Les décisions approuvées par les délégués visaient à soutenir les pays membres dans leur lutte contre le terrorisme et d’autres formes de criminalité internationale, ainsi qu’à opposer une réponse policière unie aux crises et catastrophes naturelles internationales de grande ampleur. L’accès à la base de données d’Interpol sur les documents de voyage volés (STD) a été considéré comme un moyen essentiel pour les agents chargés des contrôles aux frontières et de douane de limiter les déplacements de malfaiteurs et de terroristes. Avec les près de 8 millions d’enregistrements déjà présents dans la base de données, trouver des solutions techniques pour permettre à ces fonctionnaires d’accéder instantanément aux informations par l’intermédiaire du système de communication I-24/7 d’Interpol a été mis en avant comme étant une priorité. Une nouvelle Notice Interpol sera en outre créée, afin d’aider le Conseil de sécurité des Nations Unies à lutter contre le terrorisme. Des informations concernant des individus figurant sur la liste du comité de l’ONU relative à Al-Qaida et aux Taliban et faisant l’objet de sanctions antiterroristes seront diffusées par ce nouveau moyen aux polices de toute la planète, et enregistrées dans les bases de données d’Interpol. L’accès aux bases de données d’Interpol et à son réseau de communication I-24/7 sera également accordé à la mission de maintien de la paix des Nations Unies au Libéria (la MINUL). L’Assemblée générale a vivement engagé les pays membres à se doter d’une législation permettant de collaborer aux enquêtes et aux poursuites liées à des sites Internet promouvant le terrorisme. Le Secrétariat général d’Interpol organisera par ailleurs une réunion internationale en vue d’un échange de renseignements. Une proposition formulée par le pays hôte, l’Allemagne, visant à la mise en place d’une base de données internationale sur les personnes disparues/cadavres non identifiés, a été approuvée par les délégués afin d’aider à l’identification rapide des victimes, après un attentat terroriste ou une catastrophe naturelle. "Le message que les polices du monde veulent faire passer est que le terrorisme, quelle que soit la forme qu’il revêt, ne sera en aucun cas toléré. La création d’une nouvelle Notice Interpol tout spécialement pour aider à l’application des sanctions antiterroristes imposées par l’ONU témoigne une fois encore de notre ferme volonté d’identifier et de traduire en justice ces individus qui font si peu de cas de la vie humaine", a déclaré le Secrétaire Général Ronald K. Noble, qui a été unanimement confirmé dans ses fonctions par l’Assemblée générale pour un second mandat de cinq ans. "Ces résolutions montrent qu’Interpol n’a jamais été plus utile ou plus nécessaire qu’aujourd’hui. Il s’agit d’une organisation dynamique et réactive qui continue à puiser sa force dans la diversité de ses pays membres et dans le dévouement de son personnel pour répondre aux besoins des citoyens du monde". Grâce au soutien du G8, Interpol a dernièrement donné le coup d’envoi à la dernière phase du développement de sa base de données internationale sur les images d’abus pédosexuels. Une résolution de l’Assemblée générale a exhorté l’ensemble des pays membres à adopter une législation – ou à étoffer la législation en vigueur – visant à empêcher les abus commis sur des enfants au moyen d’Internet et à identifier leurs auteurs. Les Bureaux centraux nationaux d’Interpol ont quant à eux été encouragés à échanger des informations sur les réseaux criminels qui se livrent au trafic d’êtres humains, et ses Bureaux sous-régionaux à suivre et à coordonner ces activités.
La
nécessité d’accroître l’échange d’informations sur les activités de
blanchiment de fonds a elle aussi été soulignée.
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Projet de réforme de l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest Tidiani COUMA
Les pays membres de l’Organisation des pêches de l’Atlantique Nord-Ouest (OPANO), qui participaient à la réunion annuelle de l’organisation, à Tallinn (Estonie) ont convenu à l’unanimité de réformer l’OPANO et d’améliorer la gestion des pêches à l’extérieur de la limite de 200 milles du Canada. Il y a actuellement une volonté affichée, à l’échelle mondiale de moderniser les organisations qui gèrent les stocks de poissons en haute mer, comme en témoigne la Déclaration ministérielle faite à la Conférence de St. John’s. L’OPANO est la première organisation régionale de gestion des pêches qui s’engage à se réformer ses mécanismes. La réforme de l’organisation des pêches de l’Atlantique nord-ouest met à exécution la Déclaration ministérielle signée par 19 pays à la Conférence de St. John’s sur la gouvernance des pêches en haute mer et l’Accord des Nations Unies sur les pêches. Cette réforme bonifiera la gestion des pêches à l’extérieur de la zone économique de 200 milles du Canada, grâce au renforcement des processus décisionnels et à une démarche qui fera en sorte que les règles de l’OPANO seront claires, faciles à comprendre, conformes aux accords internationaux et applicables. Un groupe de travail formé au sein de l’OPANO, et dirigé par le Canada et l’Union Européenne, se penchera sur différents points comme la restructuration de l’Organisation, la mise en œuvre d’une approche écosystémique de la gestion des pêches, une révision du mode de résolution des différends entre les parties et l’adoption d’une formule visant à éviter que la procédure d’objection ne compromette la conservation.
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Réunion des ministres des océans de l'APEC Tidiani COUMA
Les ministres des océans des Etats membres de l’APEC ont tenu leur deuxième réunion à Bali, en Indonésie, les 16 et 17 septembre 2005. Le plan d’action de Bali. a résulté de cette rencontre. Le plan trace les grandes lignes des priorités d’action dans trois domaines clés : équilibrer la conservation et l’utilisation durable, tirer des avantages économiques durables des océans et faciliter le développement durable des collectivités côtières. Parmi les activités mentionnées dans le plan, les ministres des océans ont résolu, notamment : § de se pencher sur le rôle des océans en ce qui a trait à la sécurité alimentaire et à la prospérité économique, surtout pour les collectivités côtières; § de mettre l’accent sur la réforme de la gestion des pêches et des océans comme élément clé de la prospérité; § de prendre des mesures pour contrer les menaces que représentent les espèces marines envahissantes, la pollution et les débris marins – de même que la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN); § de favoriser le recours à la science et à d’autres outils pour intégrer l’approche écosystémique à la gestion des pêches et des océans et pour désigner des zones de protection marines. Enfin, les ministres responsables des océans de la région Asie-Pacifique reconnaissent que la croissance économique et la prospérité des collectivités côtières passent par de solides mesures de conservation des océans et de gestion des ressources marines. En adoptant le Plan d’action de Bali, les participants ont manifesté leur volonté de partager cette responsabilité.
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Nouvel arrêt de la Cour suprême d’Israël sur le mur en territoire palestinien Sarah CASSELLA
Le 15 septembre 2005 la Cour suprême d’Israël a rendu un arrêt à l’unanimité concernant la légalité de la construction du mur de séparation dans le territoire d’Alfei Menashe. Ce lieu se trouve environ à 4 km au sud de la Ligne Verte. Cette partie de la barrière avait été construite en 2003 et entoure cinq villages palestiniens, en créant une sorte d’« enclave ». La requête a été introduite par les habitants de ces villages, assistés par une association de défense. Ils demandaient que cette portion du mur soit déclarée illégale et détruite, pour être reconstruit le long du tracé de la Ligne Verte. Les requérants fondaient leurs moyens à la fois sur l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice du 9 juillet 2004 en ce qui concerne l’absence de nécessité de cette construction pour la sécurité d’Israël et l’annexion de facto de ce territoire à l’Etat d’Israël et aussi sur l’arrêt de la Cour suprême d’Israël dans l’affaire Beit Sourik concernant l’absence de proportionnalité dans les moyens utilisés. Les requérants font état des graves préjudices qu’ils subissent, notamment car ils ne peuvent pas circuler librement dans la région. L’Etat d’Israël a estimé que cette mesure était strictement nécessaire pour sa sécurité et qu’elle était proportionnée au but recherché, car tout avait été fait pour éviter le plus possible les dommages pour la population palestinienne. La Cour a estimé que l’Etat doit, dans un délai raisonnable, reconsidérer tous les tracés possibles pour le mur, en choisissant celui qui cause le moins de dommages à la population. La Cour a même suggéré de prendre en compte l’option qui permettrait de relier Alfei Menashe à Israël par une route, sans constituer d’enclave. La Cour a tout d’abord reconnu que la région est placée sous occupation militaire d’Israël et donc que le droit international humanitaire s’applique. Selon elle, le principe est que l’occupant peut ériger une barrière de sécurité sur deux bases juridiques : le règlement 43 de La Haye et le droit israélien ; le caractère temporaire de cette mesure a également été souligné. De plus, la Cour estime que la décision de construire cette partie du mur n’était pas politique, mais dictée par la nécessité d’éviter toute infiltration terroriste. Par contre, dans la détermination du tracé du mur l’occupant doit prendre en compte deux types d’intérêts : les considérations de sécurité militaire et les droits de l’homme par rapport à la population locale. Le principe de proportionnalité doit servir de guide pour la décision de l’occupant et la Cour a déclaré qu’il n’a pas été respecté en l’espèce, les dommages causés à la population palestinienne étant trop importants par rapport à l’objectif recherché. La Cour suprême a également examiné l’impact de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice concernant la question de la légalité du mur sur son propre raisonnement. La CIJ avait déclaré la construction du mur illégale et estimé que la réparation adéquate aurait dû impliquer notamment la destruction de cette barrière. Selon la Cour suprême d’Israël, son approche dans l’affaire de Beit Sourik ne diffère pas de celle de la CIJ, même si les deux juridictions sont parvenues à des conclusions différentes. Selon elle, la CIJ n’avait pas à sa disposition toutes les données de fait nécessaires pour rendre son avis, alors que la Cour suprême a pu analyser toutes les informations concernant les questions de sécurité. On sait que l’argument de l’absence de données de fait suffisantes pour éclairer la Cour n’est pas accepté par la CIJ comme raison justifiant qu’elle ne réponde pas à une demande d’avis consultatif. La Cour suprême a également estimé que, si elle doit prendre en compte les règles de droit international telles que rappelées par la CIJ, organe judiciaire principal des Nations Unies, son avis ne la lie en aucune façon, car il ne porte pas exactement sur les mêmes faits. La CIJ a en effet dû apprécier la légalité de tout le tracé du mur, alors que la Cour suprême n’est saisie que d’une petite partie. Il y a aujourd’hui environ 90 affaires qui concernent différents segments de la barrière de sécurité devant la Cour suprême d’Israël. Le 20 septembre 2005 le ministre des affaires étrangères israélien, Silvan Shalom, a présenté un discours devant l’Assemblée générale de l’ONU dans lequel il s’est montré optimiste sur les avancées de la situation au Moyen Orient et il a rappelé la nécessité de réformer l’ONU pour qu’elle remplisse réellement sa mission dans le domaine de la paix ; il a également fait allusion aux difficultés passées de la participation d’Israël dans cette organisation. Le même jour, les représentants du Quatuor pour le Moyen Orient (Kofi Annan, le ministre russe des affaires étrangères Sergei Lavrov, la Secrétaire d’Etat américaine Condoleeza Rice, le ministre des affaires étrangères britannique Jack Straw, le Haut représentant de l’Union européenne Javier Solana et la Commissaire européenne pour les relations extérieures Benita Ferrero-Waldner) se sont réunis pour discuter de la situation au Moyen-Orient. Ils ont notamment insisté sur le tracé de la barrière de séparation, qui cause des préjudices à la population palestinienne. Le Gouvernement israélien avait déjà décidé en février 2005 de modifier le tracé d’une partie du mur, après la décision de la Cour suprême en ce sens.
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Fermeture officielle de la frontièreentre Gaza et l'Égypte Sabrina RAHMANI
Après 38 ans d'occupation, le gouvernement israélien a décrété à sa majorité la fin de l'administration militaire en vigueur sur le territoire de Gaza depuis sa conquête en 1967. Le déploiement des forces palestiniennes constitue le début du transfert du contrôle des colonies à l'autorité palestinienne. Cependant l'application du plan de désengagement ne veut pas dire que l'heure d'un traité de paix global avec les Palestiniens soit venue. Ce n'est qu'une étape parmi tant d'autres d'une solution de longue durée. Ce plan consiste en un retrait jusqu'aux frontières, de l'intérieur de la bande de Gaza et de 42 % des terres palestiniennes occupées en 1967, tout en annexant les terres palestiniennes sur lesquels Israël a construit des colonies ainsi que d'autres régions de la Cisjordanie. Concernant le statut juridique de Gaza , celle-ci est toujours considérée comme étant un territoire occupé tant qu'il n'y aura pas de solution sur la question des frontières. Cette position est soutenue par de nombreux Etats notamment la France. Avant de retirer ses troupes de la bande de Gaza, le gouvernement d’Ariel Sharon a ordonné la fermeture du poste de Rafah pour une durée indéfinie, précisant qu'il envisagerait de laisser les Palestiniens l'ouvrir d'ici six mois si le chef de l'autorité palestinienne parvient à restaurer l'ordre sur le territoire palestinien. Cependant, grâce à des brèches créées par des militants du mouvement palestinien islamiste radical Hamas dans la barrière longeant la frontière, des milliers de palestiniens ont franchi la frontière à la hauteur de Rafah. Ce mouvement de foule a inquiété les dirigeants israéliens et l'autorité palestinienne, notamment à la suite d’importantes saisies de contrebande d'armes et de drogue dans ce secteur. Désormais, les frontières entre Gaza et l'Égypte sont officiellement fermées, et des policiers postés des deux côtés de la frontière ont rétablit des points de contrôle, autorisant uniquement des palestiniens à retourner vers la bande de Gaza et des ressortissants égyptiens qui s'y trouvaient à regagner l'Égypte. De nombreux habitants, rendus furieux par la fermeture du passage, ont menacé les forces palestiniennes de revenir avec des militants du Hamas et des roquettes artisanales. En visite dans le secteur, le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas a déclaré que la frontière entre la bande de Gaza et l'Égypte a été « complètement colmatée » et a poursuivi que « la situation à la frontière est maintenant stable » Le lundi 19 septembre, il a aussi affirmé que la frontière entre la bande de Gaza et l'Égypte ne rouvrira que dans le cadre d'un accord international, mettant un terme aux spéculations selon lesquelles l'Égypte et les Palestiniens pourraient ouvrir un pont de passage sans le consentement d'Israël. Il souhaite ainsi démontrer la volonté d'agir en tant qu'État et en tant qu'autorité responsable. Le passage de la frontière pose un sérieux problème au président de l'autorité palestinienne qui tente d'affirmer son contrôle sur la bande de Gaza alors qu'à l'approche des législatives, son parti, le Fatah est engagé dans une lutte de pouvoir avec le Hamas. Selon une déclaration du négociateur palestinien Saeb Erekat, l'avenir de cette frontière sous contrôle palestinien depuis le retrait des troupes du Tsahal, sera l'un des dossiers clés d'une rencontre prévue début octobre entre le Premier ministre israélien Ariel Sharon et le président de l'autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Autre dossier épineux qui sera abordé, c'est celui du Hamas, après qu’Ariel Sharon ait déclaré qu'il souhaitait que le groupe militant soit exclu des futures législatives palestiniennes de janvier. Concernant la frontière entre la Palestine et l’Egypte il existe un accord signé par les deux parties. De son coté, l'Union européenne a exprimé sa volonté d'être la tierce partie d'un accord entre les différentes parties, afin d'aider au contrôle de ces points d'entrée et de sortie. Cette proposition devrait être discutée au niveau des 25 et devrait être agréée par les Palestiniens et les Israéliens. Le 21 septembre 2005, un accord a été signé entre le ministre israélien des transports Meir Shetrit et son homologue de l'autorité palestinienne Saed Eddine Khurma, établissant un bureau de transport commun. Celui-ci sera aidé et financé par l'union européenne, qui s'est engagé à fournir 2.5 millions d'euros. Une aide nécessaire pour le développement palestinien à long terme. Le ministre Shetrit espère que via cet accord l’UE sera capable d’apporter l’aide nécessaire pour le financement de projets de construction d’infrastructure de transport, comme par exemple, des chemins de fer entre Haïfa et la Cisjordanie et entre la Bande de Gaza et Ashdod. Il souhaite aussi que la première proposition soit soumise à l’UE en novembre lors d’une réunion au Maroc. De son coté, le Ministre Khurma a exposé l’intention de l’autorité palestinienne de construire les ponts de paix entre les deux peuples. Il a aussi demandé de l’aide au Ministre Shetrit pour assouplir les restrictions et conditions aux frontières ainsi que la réhabilitation de l'aéroport de la Bande de Gaza.
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accord sur la reconstruction des monuments orthodoxes Maya LAIDI
Le Synode de l’Eglise orthodoxe a donné son accord pour commencer la reconstruction des sites orthodoxes au Kosovo endommagés lors des violences de 2004. Cet accord concerne 34 sites pour lesquels des mesures urgentes de conservation étaient nécessaires. L’accord permet la mise en œuvre du « Memorandum de compréhension », signé en mars 2005, entre l’Eglise orthodoxe serbe et le gouvernement provisoire du Kosovo (PISG). Le gouvernement provisoire du Kosovo assumera la plus grande part financière de ces travaux (3 700 000€). La communauté internationale, à travers le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies apportera aussi une contribution. Ces travaux se dérouleront sous la supervision de la Commission de mise en œuvre de la reconstruction (Reconstruction Implementation Commission) présidée par un représentant du Conseil de l’Europe.
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KosovoMaya LAIDI
Le Forum des élections du Kosovo a débuté son travail de révision de la législation électorale dans la perspective des élections municipales d’octobre 2006, les premières directement prises en charge par les autorités du Kosovo depuis 1999. Le Forum devra formuler des recommandations à la Commission centrale des Elections (Central Election Commission) qui serviront de base au futur système électoral du Kosovo. Le Forum comprend des membres de la Commission centrale des Elections, de partis politiques et de la société civile. L’objectif est ici de permettre au Kosovo d’aller vers une autonomie plus complète, en allégeant la part prise par l’OSCE dans le processus électoral. Ainsi, pour le Chef de la Mission de l’OSCE au Kosovo, l’ambassadeur Werner Wnendt, “ Our goal is not to run the elections but to create local bodies that will do the job in the future. We want to hand over responsabilities and assume a purely advisory role”.
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Déclaration de la Communauté européenne et de ses Etats membres au sujet de la Turquie (21 septembre 2005) Philippe WECKEL
Deux Etats qui ne se sont pas mutuellement reconnus peuvent être membres conjointement de certaines organisations internationales comme l’ONU et ses institutions spécialisées et conjointement parties aux traités multilatéraux généraux. Une telle situation n’est pas envisageable pour une organisation fermée comme la Communauté européenne et les traités multilatéraux restreints qui forment la base de l’Union européenne. Il en résulte notamment que l’adhésion d’un Etat à l’Union européenne emporte nécessairement reconnaissance implicite des autres Etats membres. C’est dans ce contexte juridique qu’il convient de situer l’intéressante Déclaration du 21 septembre relative à la Turquie et à ses rapports avec Chypre. La Communauté européenne réagit ainsi à une mise au point faite par le Ministère turc des affaires étrangères à l’occasion de la signature, le 29 juillet 2005, du protocole additionnel qui étend l’accord d’association CE/Turquie aux 10 nouveaux membres issus de l’élargissement de 2004. Parmi ces derniers se trouve Chypre que la Turquie ne reconnaît pas encore. Le protocole en question énumère ces pays et Chypre y est donc expressément mentionné. Afin d’éviter que son consentement au protocole ne soit interprété comme une reconnaissance implicite de son petit voisin, la Turquie a déclaré : "la signature, la ratification et l'application de ce protocole ne signifient en rien une reconnaissance de la République de Chypre à laquelle le protocole se réfère". Ainsi, en signant cet instrument la Turquie a levé le dernier obstacle à l’ouverture des négociations d’adhésion, mais dans le même temps elle a créé un problème délicat. Imaginons alors que le procédé utilisé pour le protocole soit à nouveau employé au moment de l’adhésion de la Turquie. La crise serait considérable. La Communauté européenne et ses membres relèvent dans la déclaration du 21 septembre que « cette déclaration de la Turquie est unilatérale, ne fait pas partie du protocole et n'a pas d'effet juridique sur les obligations incombant à la Turquie en vertu dudit protocole ». On ne saurait en effet la considérer comme une réserve à un traité, ni même comme une déclaration interprétative puisqu’elle n’en interprète pas les stipulations. Elle est indépendante du traité. Il s’agit d’un acte unilatéral qui confirme une situation existante, en l’occurrence la non reconnaissance de Chypre. Aucune conséquence particulière ne découle de l’incompatibilité de la déclaration avec le protocole. Les Etats européens « regrettent » la déclaration turque et ils « escomptent une mise en œuvre complète et non discriminatoire du protocole additionnel ». S’il n’est pas du tout logique de soutenir que la ratification du protocole à l’accord d’Ankara n’emporte pas reconnaissance de Chypre, le fait est que la Turquie a explicité son intention de ne pas reconnaître cet Etat. De même, il n’est absolument pas pensable que la Turquie adhère à l’Union européenne sans reconnaître Chypre, mais l’impensable pourrait néanmoins se produire. L'adhésion serait impossible ? Alors impossible pourrait bien ne pas être turc. Dans le point 5 de la déclaration européenne il est affirmé que « la reconnaissance de tous les États membres est une composante nécessaire du processus d'adhésion. En conséquence, l'UE insiste sur l'importance qu'elle attache à une normalisation aussi rapide que possible des relations entre la Turquie et tous les États membres de l'UE ». Le ton n’est pas très ferme. Or il est évidemment dangereux de laisser persister des situations territoriales non clarifiées au moment d’une adhésion. Ainsi quelle est la situation de l’Union européenne depuis le récent échec de la délimitation de la frontière entre la Lettonie et la Russie (Sentinelle) ? Faute de poser des préalables fermes lors des adhésions, l’Union européenne semble désormais multiplier les foyers de risques sur les frontières extérieures. Toutefois, les perspectives d’intégration de la Turquie sont suffisamment lointaines pour espérer un règlement préalable de la question chypriote. Mais qui sait… ? Il est dangereux de se fonder sur le mouvement naturel des choses, la nécessité logique, ou plus précisément la force d'entraînement de l'intégration communautaire qui serait censée dissoudre les problèmes.
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Visite en France du Premier Ministre cambodgien Hun Sen Signature du document-cadre de partenariat pour la période 2006-2010 Maya LAIDI
Cette visite a permis de renforcer les relations politiques et de coopération entre la France et le Cambodge. Un document-cadre de partenariat a été signé : il servira de référence à l’ensemble des actions de coopération pour la période 2006-2010. Il définit les secteurs dans lesquels s’exercera cette coopération et précise les projets et actions concrètes à entreprendre. Les priorités sont de renforcer l’Etat de droit et la bonne gouvernance, de développer la coopération en matière scientifique, technologique et culturelle et d’intensifier la coopération dans le domaine économique et commercial. En ce qui concerne l’Etat de droit, la démocratie et les règles de bonne gouvernance, les actions menées par la France ont pour objectif l’aide à la codification du droit et la professionnalisation de la magistrature (l’Ecole royale de la magistrature a été récemment créée sur le modèle de l’ENM), de la police et du barreau. La France est également engagée en faveur de la lutte contre l’impunité : elle soutient les « chambres extraordinaires » destinées à juger les dirigeants du Kampuchea démocratique (voir Sentinelle 18 « Le tribunal pour juger les Khmers rouges peut être constitué ») et ajoutera un milliard d’euros à sa contribution de 2005. La France est active dans le domaine de la coopération scientifique, la santé en particulier. La situation sanitaire du Cambodge est extrêmement mauvaise. Trois axes se dessinent en matière de coopération sanitaire : réduire la mortalité infantile et maternelle, lutter contre le VIH/Sida, le paludisme et la tuberculose et mettre en œuvre des transferts de savoir-faire grâce à une dynamique hospitalo-universitaire. Le partenariat avec l’Université des Sciences de la santé sera poursuivi et la recherche appliquée en collaboration avec l’Institut Pasteur du Cambodge, encouragée. La France souhaite mettre l’accent sur la coopération culturelle et la francophonie. Elle participe à la sauvegarde du patrimoine cambodgien, le site d’Angkor en particulier et aidera à la mise en place d’un fonds national de ressources audiovisuelles visant à reconstituer la mémoire du Cambodge. Au plan de la francophonie, la France entretient une relation privilégiée avec le Cambodge. Le Cambodge est d’ailleurs membre de l’Organisation internationale de la francophonie depuis 1993. Cependant, les francophones sont actuellement minoritaires, l’Anglais étant en situation dominante. Jusqu’à présent, le français était essentiellement la langue de formation des élites et cadres cambodgiens dans les secteurs du droit et de la santé. Il est désormais crucial « d’enraciner le français auprès de nouveaux publics » (Document-cadre de partenariat p.5) et de diversifier les offres de formation : possibilité d’étudier le français en LV2 dans le cadre de l’enseignement secondaire, cours pour les anglophones, tout en permettant les remises à niveau d’enseignants en français. C’est au regard de la coopération économique et commerciale, que la position de la France doit être améliorée. Ainsi, des contrats sont conclus pour la réhabilitation des infrastructures et de grandes entreprises françaises sont présentes au Cambodge (Vinci est le premier investisseur privé), mais la France doit accroître ses exportations (de biens intermédiaires industriels et de produits pharmaceutiques) dans la mesure où le solde commercial avec le Cambodge est déficitaire depuis 2001. De son côté, le Cambodge doit « sécuriser l’environnement des entreprises et des investissements » (Document-cadre de partenariat p.2). (M.L).
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