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page hebdomadaire d'informations internationales Société française pour le droit International |
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Sentinelle du 6 novembre 2005 |
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Philippe WECKEL--Anne RAINAUD--Roland ADJOVI--Guillaume AREOU--Sarah CASSELLA--Florina COSTICA--Tidiani COUMA-- Sabrina RAHMANI-- Maya LAIDI--Antonella SAMPO
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Mémoire de l’Holocauste Résolution de l’Assemblée générale des Nations Unis du 1er novembre 2005 Philippe WECKEL
Adoptée par consensus, cette décision de l’Assemblée général de consacrer le 27 janvier à la commémoration de l’Holocauste a été fortement chargée de symboles (dépêche). Le choix du jour de la Toussaint -qui n’est pas une fête des morts dans la tradition catholique, mais qui célèbre les martyrs- pour l’adoption de cette résolution montre que l’on a voulu délivrer un message liant le passé au présent et à l’avenir. La journée annuelle ne devrait en effet pas être tournée vers le passé et elle devrait permettre de promouvoir les enseignements de l’Holocauste. «Nous savons que pour les morts, avait expliqué Elie Wiesel, il est trop tard. Pour eux, abandonnés de Dieu et trahis par l'humanité, la victoire est venue trop tard. Mais il n'est pas trop tard pour les enfants d'aujourd'hui, les nôtres et les vôtres. C'est pour eux seuls que nous témoignons» (dépêche). Ce 1er novembre la représentante de la Chine, Liu Zhonghin, n’a pas dit autre chose lorsqu’elle a déclaré que «le but de cette commémoration n’était pas de prolonger la haine mais d’utiliser plutôt l’Histoire comme un miroir et de se tourner vers le futur. Les leçons amères de la Seconde Guerre mondiale et la tragédie des camps de concentrations nazis nous ont appris que les valeurs fondamentales de liberté, de démocratie, d’égalité, de justice et de paix ne pouvaient être niées, et que le processus ainsi que les acquis de la civilisation ne pouvaient être détruits » (communiqué). Symbolique aussi a été le choix de l’Etat d’Israël pour présenter le projet de résolution, entouré de 104 Etats qui ont co-parrainé cette initiative. On comprend l’émotion de son représentant, Dal Gillermann, lorsqu’il a eu l’honneur de défendre une résolution «sans précédent», «universelle et historique». C’était la première fois qu’Israël présentait une résolution à l’Assemblée générale. Les considérants de la Résolution méritent une attention particulière. L’Assemblée générale y rappelle la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Convention contre le génocide. Mgr. Celestino Migliore, Observateur du Saint-Siège a d’ailleurs souligné « qu’après la Shoah, la première mesure de prévention fut la Déclaration universelle des droits de l’homme. De nombreuses autres mesures sont nécessaires, a-t-il dit. Selon l’Observateur, dans tous les pays, la mémoire de l’Holocauste doit être préservée tel un engagement pour épargner les générations futures d’une pareille horreur». Précisément, la mémoire active de l’Holocauste ne se concrétise-t-elle pas dans l’engagement des Nations unies ? Aussi faudrait-il regretter la position des Etats arabes dont aucun ne s’est porté aux côtés d’Israël pour co-parrainer le projet de résolution. « Pourquoi limiter cette résolution à l'Holocauste et oublier des crimes de génocide similaires contre des Chrétiens et des Musulmans au Rwanda et contre des Musulmans en Bosnie-Herzégovine, à Srebrenica, au Kosovo », s'est demandé l'ambassadeur égyptien, Maged Abdelaziz. Or au Kosovo, si aucun génocide n’a été perpétré et si aucune comparaison n’est possible avec le génocide des Juifs, il est certain que sans la mémoire exigeante de l’Holocauste les Européens n’auraient pas ressenti le besoin impérieux d’agir pour protéger la population en danger. L’adoption de la Résolution « Mémoire de l’Holocauste » a donc révélé le fossé qui subsiste encore dans la perception de l’événement et de sa portée. Cette situation est parfaitement compréhensible, puisqu’il s’est déroulé en Europe et entre Européens (au demeurant l’attitude des Etats arabes s’explique par le conflit israélo-palestinien qui, on le voit, entrave fortement et logiquement les efforts d’Israël pour renforcer sa stature internationale). Il ne faudra certainement pas moins de cette journée de commémoration annuelle pour diffuser dans le monde entier l’enseignement universel de l’Holocauste. Quoiqu’il en soit rien ne justifierait le désespoir ou le pessimisme : la reconnaissance récente de la responsabilité collective de protéger les populations civiles témoigne du progrès immense accompli dans la mise en œuvre des enseignements de l’Holocauste ; et la condamnation générale suscitée par les propos du Président iranien confirme le rapprochement universel autour de valeurs communes. Dans sa Résolution, l’Assemblée générale prie les Etats membres d’élaborer des programmes « qui graveront dans l’esprit des générations futures les enseignements de l’Holocauste afin d’aider à prévenir les actes de génocide ». Elle rejette « tout déni de l’Holocauste en tant qu’événement historique, que ce déni soit total ou partiel ». Elle félicite « les États qui ont pris des mesures afin de préserver les sites où les nazis avaient installé des camps de la mort, des camps de concentration, des camps de travail forcé et des prisons pendant l’Holocauste ». Elle condamne « sans réserve toutes les manifestations d’intolérance religieuse, d’incitation à la haine, de harcèlement ou de violences à l’égard de personnes ou de communautés en raison de leur appartenance ethnique ou de leurs croyances religieuses, où qu’elles se produisent ».
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Union africaine :
session extraordinaire de la Conférence sur la réforme des Nations Unies Tidiani COUMA
Lors d’une session extra-ordinaire de la Conférence tenue 31 octobre 2005, à Addis-Abeba, Ethiopie (voir Décision), des dirigeants des Etats membres de l’Union africaine ont abordé les moyens pour tenter de mettre un terme à l'impasse sur la position de l'Union africaine vis-à-vis de la Réforme des Nations Unies. Les enjeux de ce processus sont très importants pour l’Afrique. On évoque les réformes "les plus vastes et les plus ambitieuses" qui aient jamais été envisagées durant les 52 années d'existence de l'ONU. Dévoilées le 16 juillet par le Secrétaire général Kofi Annan, ces réformes auront semble-t-il des effets non négligeables sur le développement économique et social de l'Afrique. L'ensemble des réformes, qualifié par le Secrétaire général de "révolution tranquille" quant à la façon dont l'ONU fonctionne, permettra de réaffecter au développement des ressources auparavant consacrées à l'administration, de mobiliser de nouvelles sources de financement du développement et de renforcer les opérations menées par l'ONU sur le terrain. Il permettra également à l'Organisation de traiter avec davantage d'efficacité les problèmes résultant des conflits et de leurs conséquences auxquels est confrontée l'Afrique (de l'aide humanitaire à la consolidation de la paix et aux droits de l'homme). Le porte-parole du président de la Commission africaine a indiqué que les participants allaient discuter d'un rapport présenté par le président sierra-léonais Tejan Kabbah sur les réformes du Conseil de sécurité de l'ONU. M. Kabbah a dirigé une commission chargée d'organiser des rencontres entre les pays africains souhaitant devenir membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, afin de revoir la position commune du continent africain sur les réformes de l'ONU. Cette commission était composée des présidents de l'Algérie, de la Guinée équatoriale, de la République du Congo, du Kenya, de la Libye, de la Namibie, du Sénégal, de la Sierra Leone, de l'Ouganda et de la Zambie. Le Nigeria, l'Egypte, le Sénégal, le Kenya et l'Afrique du Sud sont les principaux candidats africains pour les deux sièges permanents proposés au Conseil de sécurité. Les dirigeants africains ne sont pas encore parvenus à s'entendre sur cette question.
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Le Conseil de Sécurité approuve le lancement des négociations sur le statut final du Kosovo Maya LAIDI
Le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, l’Ambassadeur de Roumanie Mihnea Motoc, a déclaré au nom des 15 membres que « Le Conseil de sécurité apporte son plein soutien au processus politique qui devrait déterminer le futur statut du Kosovo et réaffirme son engagement envers l’établissement d’un Kosovo multiethnique et démocratique qui devra renforcer la stabilité régionale ». « Le Conseil de sécurité convient qu’en dépit des difficultés auxquelles font face le Kosovo et la région, il est temps de passer à la prochaine phase du processus politique. » Le Conseil de sécurité a donc décidé d’entériner les recommandations du Secrétaire général des Nations Unies pour lequel « le temps est venu de passer à la phase de détermination du statut final du Kosovo. (Déclaration du 21 octobre 2005). Il est aujourd’hui nécessaire de faire évoluer la situation (sur les risques du statu quo (voir le Rapport de la Commission internationale sur les Balkans, Sentinelle 17). Rappelons que le Kosovo est administré par la MINUK depuis 1999. L’incertitude pénalise l’ensemble de la région. Ainsi, le dernier rapport sur la situation au Kosovo indique qu’ « il y a désormais une attente commune, au Kosovo même, à Belgrade et dans la région, de voir démarrer la définition du statut futur du Kosovo ». En effet, « toutes les parties (…) ont besoin de certitudes ». (Sur le soutien de l’Albanie au processus voir). Pour le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la MINUK, Mr. S. Jessen-Petersen, « le statu quo ne saurait en aucun cas être une option valable ». « Le règlement du statut du Kosovo ne pourra avoir qu’un effet positif pour la Serbie dans son ensemble » et « Le lancement du processus de détermination du statut du Kosovo aura très certainement un effet bénéfique sur l’économie du Kosovo. (voir CS/8533). De plus, la perspective, même encore lointaine, d’une intégration à l’Union européenne reste un élément incitatif puissant. Dans son dernier rapport sur le Kosovo, l’Envoyé du Secrétaire général, Mr. K. Eide, estime qu’ « une feuille de route pour l’intégration aux structures internationales donnerait au Kosovo de réelles perspectives d’avenir. » S’agissant de la Serbie-et-Monténégro, l’ouverture de négociations en vue de la signature d’un Accord de stabilisation et d’association marque une première étape (voir Sentinelle 28). Par ailleurs, il est urgent d’initier ce processus alors que la communauté internationale est encore largement présente au Kosovo. « La communauté internationale aura besoin de force pour soutenir le processus de détermination du statut futur et mettre en œuvre ses résultats » a indiqué Mr. Eide. L’ampleur des difficultés ne saurait toutefois être perdue de vue. Le processus de détermination du statut du Kosovo est un parcours semé d’embûches, comme ne l’ont pas caché Mrs. Eide et Jessen-Petersen : « personne ne se fait d’illusion quant à la difficulté du processus sur le statut final ». Il faut dire que ce processus s’ouvre sur un bilan mitigé, alors que de nombreux problèmes n’ont pas été résolus et que le Kosovo n’a pas avancé de manière significative vers la démocratie et l’Etat de droit. La Serbie, pour sa part, défend farouchement son intégrité territoriale et s’oppose vigoureusement à toute indépendance du Kosovo, lui préférant une « autonomie substantielle» au sein de l’Etat de Serbie-et-Monténégro. Pour le Premier ministre de la Serbie, Vojislav Kostunica, le Conseil de sécurité doit protéger « la souveraineté et l’identité territoriale de son pays ». Il ajoute que « Le démantèlement d’un Etat démocratique et la modification de ses frontières contre sa volonté ne sont pas des options à envisager ». « Cette question ne concerne pas exclusivement un Etat des Balkans, mais également les principes de base de l’ONU ». (cf. Au Conseil de sécurité, la Serbie favorise l’hypothèse de l’autonomie du Kosovo). Dans la mesure où, comme le fait remarquer Mr. Eide, « les parties ont des vues diamétralement opposées », le processus de détermination du statut devra être mené avec précaution car il faut réunir toutes les parties et surtout, les garder unies tout au long du processus. En effet, l’objectif est un résultat final stable et viable. Aucune date butoir ne devra donc être artificiellement fixée. L’essentiel n’est donc pas tant de faire démarrer le processus que de le faire aboutir et qu’il ne soit pas bloqué. L’envoyé de Kofi Annan estime cependant que les perspectives d’un véritable processus de réconciliation sont modestes. Il faut préciser qu’il ne s’agit pas uniquement de définir un statut pour le Kosovo mais également de parvenir à un règlement global de la situation. Il faut ainsi améliorer les relations interethniques, assurer le retour des personnes déplacées, garantir des droits aux minorités serbes, renforcer les efforts en matière de sécurité et de justice, développer les capacités institutionnelles et dynamiser l’économie par l’accélération des privatisations et la mise en place d’un système basé sur le marché. Une conférence des donateurs, organisée sous l’égide du FMI, se réunira en décembre. Enfin, l’Envoyé spécial de Kofi Annan, Mr Eide, reconnaît une lassitude sur la question du Kosovo au sein de la communauté internationale : « L’ONU a accompli un travail crédible remarquable en s’acquittant de son mandat dans des conditions difficiles. Mais son poids au Kosovo va décroissant », observe-t-il. (cf. Le temps est venu de passer à la phase de détermination du statut final du Kosovo). L’UE pourrait prendre le relais des Nations Unies et développer sa présence sur le terrain. Ses compétences pourraient s’exercer en matière de police et de justice ainsi que d’application des normes. Il est également fondamental que l’OTAN maintienne une présence forte. L’OSCE dispose, quant à elle, « d’atouts appréciables, du fait de son expérience et de ses compétences de terrain. Sa présence continuera d’être nécessaire », souligne Mr. Eide. Le secrétaire général des Nations Unies a d’ores et déjà désigné son Envoyé spécial pour mener les négociations sur le statut du Kosovo : il s’agit de l’ancien président finlandais, Mr. Martti Ahtisaari.
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Conseil de sécurité Résolution 1635, République démocratique du Congo, prorogation d'un an de la Mission de l'ONU Sabrina RAHMANI . Le 28 octobre 2005, le Conseil de sécurité a adopté à l'unanimité, lors de sa 5296e séance, la résolution 1635 (2005) qui prolonge le mandat de la Mission des Nations unie en République démocratique du Congo (MONUC) jusqu'au 30 décembre 2006. Ce texte a été adopté en raison de la poursuite des hostilités des milices des groupes armés dans ce pays. Il autorise également, une augmentation provisoire de l'effectif militaire de 300 personnes devant être réduit ou rapatrié à partir du 1er juillet 2006, tel que le demandait le Secrétaire général , M.Kofi Annan, dans son 19e rapport du 26 septembre 2005 sur la MONUC. Ceux-ci permettront de déployer un bataillon d'infanterie pour assurer une plus grande sécurité dans la zone des opérations de la MONUC au Katanga pendant la période électorale. Aujourd'hui la MONUC dispose d'un effectif autorisé de 18 895. Dans son rapport, le Secrétaire général de l'ONU salue les efforts accomplis et souligne les étapes importantes à franchir dans les prochains mois qu'il faudra gérer avec plus de responsabilités politiques. L'introduction dans son rapport d'une demande de prorogation du mandat de la MONUC pour qu'il prenne fin le 1 octobre 2005 n’est pas anodine dans la mesure où selon certaines estimations, les institutions de la IIIe République du Congo devront être opérationnelles à partir du 30 juin 2006. Il a ainsi été jugé que trois mois seront nécessaires pour permettre au nouveau gouvernement de prendre connaissance de tous les grands dossiers avant de s'attaquer aux choses essentielles. La fin du mandat de la MONUC aura été estimée par le Conseil de sécurité d'ici le 1er octobre 2006. De plus, le Secrétaire général tient à ce que les choses se déroulent conformément au calendrier établi par les instances politiques congolaises et approuvées par les Nations unies. À ce sujet, le Ciat, qui a déjà interpellé le parlement pour qu'il examine et adopte la loi électorale dans les meilleurs délais, est appuyé par l'une des dernières recommandations du Secrétaire général dans laquelle il souligne que le référendum sur la constitution doit se tenir avant l'expiration de la première prorogation de la transition le 31 décembre. A cette le parlement aura certainement voté en faveur de la deuxième et dernière prorogation de la transition d'une durée de six mois afin de permettre à la commission électorale indépendante d'organiser les élections. Dans la mesure où la prorogation est de six mois une fois renouvelable, l’Abbé Malu-Malu devra saisir à nouveau le parlement avant le 31 décembre pour le renouvellement de la transition puisque le référendum constitutionnel devra impérativement se dérouler le 18 décembre 2005. Par ailleurs, dans la résolution 1635 (2005), le Conseil de sécurité demande aux institutions de transition et à toutes les parties congolaises de veiller à ce que les élections se déroulent d'une manière libre, transparente et pacifique, à ce que le calendrier des scrutins élaborés par la commission électorale indépendante soit respecté scrupuleusement. Après avoir demandé au gouvernement d'unité nationale de transition de mener à bien l'intégration des forces armées et de la police nationale, notamment en veillant à ce que leur personnel reçoive un salaire et un soutien logistique approprié, il prie la MONUC de continuer à apporter conseil, assistance et appuis nécessaire à un suivi effectif de la réunion du 21 septembre 2005 entre l'Espace présidentiel et le Comité international d'accompagnement de la transition. Cependant, interrogé sur le déploiement de troupes au Katanga, lors d'une conférence de presse donnée à New York, le 6 octobre 2005, M. William Lacy Swing, représentant spécial du secrétaire général pour la république démocratique du Congo et chef de la MONUC, a déclaré qu'il avait été demandé par le Secrétaire général afin de maintenir l'ordre dans une région où l'autorité gouvernementale est quasi inexistante. Il a aussi fait le bilan des préparatifs des élections, dont le retard est principalement dû à des questions techniques, notamment le manque de personnel, la livraison du matériel en retard Il a précisé qu’aujourd’hui le plus grand défi de la MONUC était celui du temps puisqu’il reste neuf mois pour achever la transition politique de trois ans dans le pays. Le 31 octobre dernier, 19, 2 millions de Congolais s'étaient inscrits sur les listes électorales sur un nombre d'électeurs estimé approximativement, depuis plus de 20 ans , à 20 millions. Concernant la sécurité, il a indiqué qu'en Ituri, le désarmement avait touché environ 50 000 membres des milices mais quelques 1005 à 2000 continuent à menacer la population. Il a indiqué qu'à la suite des incursions récentes de l'Armée de résistances du seigneur (LRA), la MONUC avait immédiatement envoyé une délégation à Kampala, capitale de l'Ouganda, et s'était rendu à la frontière. Le 4 novembre 2005, dans une déclaration présidentielle, le Conseil de sécurité avait exprimé sa préoccupation devant la présence de groupes armés étrangers qui continuent de menacer la stabilité de l’Est de la RDC et avait appelé au désarment ainsi qu’au départ des forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FLDR) et de la LRA. En revanche, après avoir été interrogé sur le manque de soutien du Conseil de sécurité à l'idée de fournir un nombre supérieur à ses 300 troupes alors que le pays est grand, M. William Lacy Swing, a indiqué qu'il était obligé de travailler avec ce qu'il avait. De son côté, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la pays, Jean-Marie Guéhenno, estime que le désarmement des groupes armés dans l'est de la RDC constitue un grand défi dans la mesure où il y a toujours 12 000 à 15 000 membres des (FLDR). Il s'avérerait selon les experts militaires de l'ONU et de l'OTAN que les compagnies militaires sont impossibles sur un territoire aussi immense recouvert de forets tropicales, ou bien souvent le seul moyen de se déplacer est la marche à pied. Enfin, concernant les exilés militaires, leur rapatriement volontaire a débuté le 1er novembre 2005. Ils ont été embarqués à bord d’un navire de la RDC, au port fluvial de Brazzaville, pays dans lequel la plupart étaient réfugiés depuis 1997. |
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Conseil de sécuritéRésolution 1636les membres unanimes exigent la coopération de la Syrie dans l'affaire HaririSabrina RAHMANI
Le 31 octobre 2005, lors de sa 5297e séance, le Conseil de sécurité a adopté à l'unanimité la résolution 1636 (2005) demandant à la Syrie de coopérer dans l'enquête internationale sur l’assassinat de l'ex-premier ministre libanais Rafic Hariri, tué le 14 février 2005 dans un attentat à l'explosif à Beyrouth qui a coûté la vie aussi à 22 autres personnes et fait des dizaines de blessés. La résolution prévoit des sanctions individuelles qui consistent en des restrictions aux déplacements et le gel des avoirs financiers pour toutes les personnes désignées par la Commission Mehlis ou le gouvernement libanais comme étant suspectes de participation à la préparation, au financement, à l'organisation ou à la commission de cet attentat. Rappelons que ce dernier a conduit à des appels au retrait de toutes les troupes syriennes ainsi que de l'appareil de renseignements présents au Liban depuis le début de la guerre civile de 1975-1990.Cette Commission dénommée « Commission d'enquête internationale et indépendante », présidé par le magistrat allemand Detlev Mehlis, a été créée le 7 avril 2005 par la résolution 1595 de l'ONU afin de faire la lumière sur les circonstances et les responsabilités dans l'attentat après qu'une enquête préliminaire des Nations unies ait qualifié l'enquête des services de police libanais de « gravement défectueuse », concluant à la responsabilité première de la Syrie quant au « climat de tension politique précédant l'assassinat ». Celle-ci avait un délai de trois mois, éventuellement renouvelable pour une période ne dépassant pas trois mois à partir du début de ses travaux sur place pour aboutir à une conclusion. Au début de la mission, M. Detlev Mehlis avait conclu un protocole d'accord avec le gouvernement libanais sur les modalités de l'enquête. Le 20 octobre 2005 le rapport de la commission a été rendu public et précisait, d’une part, qu'il existait « un faisceau de preuves » conduisant à l'implication tant du Liban que de la Syrie dans cet attentat terroriste dans la mesure où les institutions et la société libanaise étaient infiltrées par les services de renseignement syriens et libanais travaillant en tandem. Il serait donc difficile d'envisager qu'un tel attentat ait pu être mené sans qu'ils en soient informés. Le 25 octobre 2005, le président de la commission a aussi rappelé que l'enquête n'était pas achevée et que sa poursuite donnerait à la Syrie une chance de coopérer de manière significative même si son représentant permanent à l'ONU considère ces accusations comme étant injuste dans la mesure où son pays avait coopéré pleinement à l'enquête. À ce titre, la veille de la réunion du Conseil de sécurité, la Syrie a lancé une offensive et a annoncé la création de sa propre commission d'enquête composée de juges civils et militaires syriens. Celle-ci correspond à une exigence formulée dans le rapport et devrait permettre d'éviter des sanctions ainsi que la comparution de syriens devant la justice libanaise. Aussi, le vice-ministre des affaires étrangères de la Syrie, Oualid al Moualem, a été envoyé en tournée diplomatique dans le Golfe afin d'obtenir le soutien des pays arabes. Ainsi, la résolution 1636 prévoit un renforcement du mandat de la Commission d'enquête qui a été prorogé jusqu'au 15 décembre 2005 par le secrétaire général des Nations unies, M.Kofi Annan. Elle l'investit de larges pouvoirs en habilitant le juge allemand à déterminer le lieu et les modalités d'interrogation des responsables syriens y compris le président syrien. La Syrie devra coopérer sans condition et sans réserve avec la Commission qui aura la capacité d'interroger tout agent et toutes autres personnes, la liberté de mouvement sur le territoire syrien et la jouissance d'installations nécessaires à l'exercice de ses fonctions. Ce pays devra aussi ne pas s'immiscer directement ou indirectement dans les affaires intérieures du Liban, s'abstenir de toute tentative de déstabilisation et respecter la souveraineté, l'intégrité territoriale, l'unité et l'indépendance politique de ce pays . De son côté, la commission devra faire un rapport au Conseil de sécurité sur l'évolution de l'enquête le 15 décembre 2005 ou à tout moment avant cette date si la Syrie ne coopère pas pleinement. Par ailleurs ce texte a été adopté dans le cadre du chapitre VII de la charte des Nations unies permettant au conseil de sécurité d'envisager des mesures supplémentaires en cas de non coopération de la Syrie. Un comité des sanctions a été créé à titre provisoire, conformément à l'article 28 du règlement intérieur du Conseil de sécurité afin de mettre en oeuvre la résolution. Au départ, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne avaient envisagé un projet de résolution menaçant la Syrie de sanctions si elle ne coopérait pas pleinement. Toutefois, ils ont renoncé aux sanctions économiques en ne mentionnant pas l'article 41 de la charte de l'ONU qui prévoit l'interruption complète ou partielle des relations économiques afin d'obtenir l'unanimité du vote sur la résolution et rallier les voix de la Russie, de la Chine et de l'Algérie qui menaçait de s'abstenir. Surtout, le ministre des affaires étrangères de la France, M. Philippe Douste-Blazy, avait précisé que la France était hostile aux sanctions qui visent un pays dans son ensemble mais considérait que des sanctions ciblant des individus pouvaient être efficaces. Lors de la réunion du Conseil de sécurité le ministre a déclaré que ce texte devrait permettre de tirer toutes les conséquences du rapport de la Commission d'enquête et que son seul objectif était de savoir la vérité afin que ceux qui sont responsables répondent de leurs crimes. En effet, le ministre des affaires étrangères de l'Algérie, M. Mohammed Bedjaoui, avait suggéré d'accepter l'offre de coopération de la Syrie avec la Commission d'enquête et de faire confiance à la rigueur morale, le professionnalisme et à l'impartialité de la commission. Il a aussi affirmé son attachement à la souveraineté et à l'indépendance du Liban tout en soulignant l'importance que tous les caractères distinctifs d'un processus légal ,équitable et objectif soient pris dans cette quête de vérité. De plus, dans la mesure où l'enquête n'est pas encore achevée et que le rapport n'est pas définitif, il invite le Conseil de sécurité à éviter toute décision hâtive ou prématurée sur le fond. De son côté le ministre des affaires étrangères de la Chine, M.Li Zhaoxing, a expliqué que son pays estimait que l'usage de menace de sanctions ne devait pas être permis au sein des relations internationales et donc ne devrait être autorisé par le Conseil de sécurité qu'avec prudence. Le Brésil a également fait part de ses réticences à des sanctions automatiques en soulignant que d'éventuelles mesures supplémentaires ne pourraient être prises par le Conseil de sécurité que sur la base de faits établis. Son ministre des affaires étrangères, M.Celso Luiz Amorim, a estimé que les références au chapitre VII de la charte des Nations unies n'impliquent pas l'application de mesures contre la Syrie en l'absence d'une décision collective du Conseil de sécurité. Ces décisions devront réconcilier la ferme détermination de traduire en justice les responsables de l'attentat et la stabilité de la région à travers des progrès institutionnels et politiques. Malgré leur volonté de voir la vérité éclater et les coupables jugés pour leurs actes, les responsables libanais ne souhaitent en aucun cas sanctionner le peuple syrien ou déstabiliser la Syrie. Saad Hariri a même déclaré que tout ce que son pays désire se sont de bonnes relations avec la Syrie et non sanctionner le peuple le Syrien. Le député et chef Druz Walid Joumblatt a même déclaré « nous refusons des sanctions contre le peuple syrien. On a vu les souffrances provoquées au peuple irakien par les sanctions sur l'Irak. Des éventuelles sanctions devraient frapper certaines personnes suspectées du régime syrien ». Il a aussi déclaré que « le Liban sera affecté par des sanctions économiques contre la Syrie en raison des liens organiques entre les deux pays ». Aujourd’hui le régime syrien est dans le collimateur des États-Unis depuis le déclenchement de la guerre en Irak en mars 2003. Ce pays fait l'objet de sanctions américaines depuis mai 2004 et sous la pression internationale ses troupes se sont retirées du Liban en avril 2005. Pour Mme Condoleezza Rice, la Syrie se trouve dans la situation actuelle en raison de son appui au terrorisme, son ingérence dans les affaires intérieures du Liban et son comportement déstabilisant au Moyen-Orient. Elle a aussi précisé après la réunion du Conseil de sécurité que le rapport de l'ONU ne constituait en aucun cas un prétexte pour permettre aux États-Unis de "serrer le nœud" sur un autre pays arabe.
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Cour pénale internationale centième ratification Philippe WECKEL
Le 28 octobre le Mexique a ratifié la Convention de Rome portant statut de la Cour pénale internationale, portant à 100 le nombre d’Etats parties. 139 Etats ont signé cet instrument. A cette occasion le Président de la Cour, Philippe Kirsch, a rappelé que « la CPI a été créée pour aider à mettre un terme aux crimes internationaux les plus graves (communiqué). Compte tenu des limites imposées à la compétence de la Cour, une ratification universelle est nécessaire pour atteindre cet objectif ». Par ailleurs, l’Autriche est le premier Etat signataire d’une convention avec la Cour en vue de l’exécution des peines (voir). Enfin, l'état des dossiers en cours a été présenté le 24 octobre par le Procureur Luis Moreno-Ocampo (voir).
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TPIR Affaire Ndindiliyimana et consorts (Militaires 2) la représentation de l’accusé et le retrait en chaîne de co-conseils Roland ADJOVI
Le 13 octobre 2005, le Greffier a rendu deux décisions portant retrait de la commission d’office de co-conseil. Les situations diffèrent et les conséquences attachées au retrait aussi, mais la menace sur le procès demeure identique. L’une est relative à la défense de l’accusé Ndindiliyimana. Dans sa Decision of Withdrawal of Ms. Tiphaine Dickson as co-Counsel for Accused Augustin Ndindiliyimana, le Greffier retire la commission d’office de Me Tiphaine Dickson du Canada. Depuis sa commission d’office le 4 février 2005, elle n’a pas réussi à se présenter devant le Tribunal, bien que le procès de son client soit en cours. Le Greffier en conclut qu’elle a failli à ses obligations, et, non seulement retire sa commission d’office, mais la sanctionne en retirant en plus son nom de la liste des avocats pouvant plaider devant le Tribunal et décide de rapporter ce manquement et la sanction au barreau national. L’autre porte sur la défense toujours recomposée de l’accusé Nzuwonemeye. Dans sa Decision of Withdrawal of Ms. Danielle Girard as co-Counsel for Accused François-Xavier Nzuwonemeye, le Greffier retire là aussi la commission d’office de la co-conseil, Me Danielle Girard, du Canada aussi. Me Girard a été commise d’office le 10 décembre 2004, alors que Me Ferran était encore le conseil principal. Mais Me Ferran est retiré du dossier en avril 2005, et dès le mois, l’accusé avait déjà adressé une lettre à Me Girard pour se plaindre de son incompétence et de sa méconnaissance des réalités sociopolitiques rwandaises. Un nouveau conseil principal, Me Charles Taku, est nommé le 7 juillet 2005 : immédiatement il surenchérit contre la co-conseil, avec les mêmes critiques, et finit par demander son retrait. Le Greffier y accède en constatant la rupture de confiance et l’impossibilité de communication nécessaire à la bonne conduite de la défense de l’accusé. S’agissant de la défense de Nzuwonemeye, il faut noter que c’est une série qui semble se poursuivre. D’abord, en 2001, l’accusé prétendant que son conseil principal (Me Charvet) avait violé le secret professionnel a demandé son retrait. Mais le Greffier constate que les faits ne corroborent pas les allégations de l’accusé et rejette sa demande (Décision de rejet de la demande de M. François-Xavier Nzuwonemeye aux fins de retrait de la commission d’office de son conseil Maître François-Xavier Charvet, 24 juillet 2001). Toutefois, la commission d’office de ce même conseil sera retirée trois mois plus tard (Décision de retrait de la commission d’office de Maître François-Xavier Charvet Conseil de M. François-Xavier Nzuwonemeye, 8 octobre 2001), sur la demande de Me Charvet lui-même arguant que depuis la décision du 24 juillet 2001, toute communication avec l’accusé est rendue impossible ! Qui l’eût cru ! C’est ainsi que Me Ferran avait été nommé le 24 octobre 2001. Mais cette commission d’office sera aussi retirée à la demande du conseil principal (Décision de retrait de la commission d’office de Maître André Ferran, conseil principal de M. François-Xavier Nzuwonemeye, 21 avril 2005), Me Ferran arguant de divergences de vues entre lui et l’accusé sur la conduite de sa défense, et la stratégie à adopter. Entre temps, un premier co-conseil (Me Berraud) avait déjà été retiré pour des raisons de santé (Décision de retrait de la commission d’office de Maître Antoine Beraud, co-conseil de M. François-Xavier Nzuwonemeye, 12 octobre 2004) On se souviendra que, toujours dans le même dossier, d’autres accusés ont déjà connu des décisions similaires. Ainsi le co-conseil de l’accusé Innocent Sagahutu (Me Patry) soutenu par le conseil principal avait déjà demandé et obtenu le retrait de sa commission pour des raisons de santé en janvier dernier (Decision of Withdrawal of Mr Didier Patry as co-Counsel for the Accused Innocent Sagahutu, 26 janvier 2005). Pour des raisons de santé aussi, le conseil principal (Me Croisier) de l’accusé Bizimungu avait été retiré du dossier l’année dernière à sa propre demande (Décision de retrait de la commission d’office de Maître Michel Croisier conseil principal de M. Augustin Bizimungu, 7 octobre 2004). Ces mutations dans la représentation des accusés ne sont pas sans conséquence sur le déroulement du procès et sa durée notamment lorsque la mutation intervient en cours de procès. Le procès de Athanase Seromba a dû suspendre pour au moins quatre mois après le retrait du conseil principal bien qu’il y eut un co-conseil. L’affaire Militaires 1 a connu une suspension similaire aussi après le retrait de Me Degli, mais dans des circonstances plus propices dans la mesure où le procureur venait de terminer sa présentation des moyens de preuve : classiquement, dans la pratique du Tribunal, le procès connaît une pause à ce stade-là. Il faut espérer que ces mutations en l’espèce ne cachent pas une menace importante sur le bon cours de cette affaire, et, surtout, qu’il n’affecte pas successivement l’état de santé des avocats.
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Le Magen David Adom israélien enfin reconnu ? Antonella SAMPO
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archive de Sentinelle |
Allemagne-Compétence universelle,
Center for Constitutionnal Rights c. Rumsfeld et al. :
rejet de l’appel contre la décision du procureur
Le 13 septembre 2005, la « Oberlandesgericht Stuttgart » a rejeté l’appel qui avait été introduit par le « Centre pour les droits constitutionnels » (Center for Constitutionnal Rights) Ronald Rumsfeld et d’autres responsables américains dans l’affaire des mauvais traitements infligés aux détenus à la prison irakienne d’Abou Ghraib. Par une décision du 10 février, le Procureur fédéral allemand avait refusé de donner suite à la plainte que cette ONG et quatre civils irakiens avaient déposé en Allemagne contre le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld et d’autres responsables américains dont George Trenet, ancien directeur de la CIA, le général Ricardo Sanchez, ancien chef des forces américaines en Irak et " sept autres fonctionnaires du gouvernement et de l’armée américaines » (voir le dossier du CCR).
La plainte s’appuyait sur le " Code allemand de droit pénal international " qui depuis juillet 2002 donne compétence aux juridictions allemandes pour poursuivre les responsables des violations du droit international même si le crime commis n’a pas été commis sur le territoire allemand et que ce crime n’a aucun lien de nationalité ou de territorialité avec l’Allemagne. Ce Code permet donc aux juridictions allemandes d’avoir une compétence universelle dans le cas de violations graves du droit international. Toutefois, le Parquet fédéral allemand s’était déclaré incompétent pour mener les poursuites dans ce dossier au motif seul les juridictions de l’Etat sont originaires les accusés, en l'occurrence les Etats-Unis, seraient compétents pour connaître du dossier. Ainsi, se fondant sur le principe du subsidiarité, le Parquet avait mis en avant les limites à la compétence universelle.
Le « Centre pour les droits constitutionnels » a tenté de persuader les juges que le Parquet n’avait pas de pouvoir discrétionnaire pour décider d’engager ou pas les poursuites dans cette affaire. L’appelant a soutenu que dans la présente affaire le Parquet avait l’obligation de lancer des investigations. La Cour chargée d’examiner la question en appel a rejeté en bloc ces arguments et a conclu que le pouvoir discrétionnaire de décision du procureur ne revêt en aucun cas un caractère illégal et que les poursuites dont le déclenchement appartient au seul procureur ne peuvent être rendues obligatoires par une décision judiciaire.
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Obs. L'Allemagne est parvenue à appliquer la subsidiarité de la compétence universelle en ayant recours au principe de la discrétionnarité de l'action publique. Il faut relever qu'en France le plaignant a le pouvoir de déclencher l'action publique de sa seule initiative en déposant une plainte avec constitution de partie civile auprès du juge d'instruction (cf. l'affaire du Beach ou CIJ-Certaines procédures pénales engagées en France (République du Congo c. France)). |
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archive de Sentinelle |
OMC
état des négociations
4 novembre 2005
Guillaume AREOU
Après la proposition américaine et la contre-proposition européenne, les négociations agricoles ont quelque peu évolué. Les américains parlent de « premiers pas qui vont dans le bon sens » tandis que le Directeur général de l’OMC affirme que « les offres sont sérieuses et méritent une discussion ». Or, comme l’affirment le Président de la Banque mondiale et du FMI, les discussions doivent dépasser le seul dossier agricole. En effet, la nécessité d’un nouvel élan se fait maintenant ressentir. Ce nouveau souffle doit être trouvé dans les domaines de l’accès au marché, des services et de l’industrie.
En effet, la France a affirmé que la nouvelle offre de la Commission européenne dépassait le cadre du mandat du Commissaire européen au commerce. Elle a toutefois apprécié que la Commission insère dans cette nouvelle offre une demande de rééquilibrage dans les négociations. Les partenaires de l’Union ont quant à eux exprimé leur déception (voir communiqué de l’Argentine, de l’Australie, du Brésil, du Canada et des Etats-Unis). L’Argentine a ainsi dénoncé une offre contenant beaucoup de demandes mais avec trop peu de concessions.
Les négociations agricoles se sont décantées sans parvenir cependant à un accord global. Or cet accord global comprend nécessairement l’ensemble des volets du cycle de Doha. C’est pourquoi les efforts des négociateurs doivent maintenant se concentrer sur les autres dossiers.
5 novembre
Florina COSTICA
Dans le cadre de l’OMC (voir état d’avancement des adhésions), deux adhésions retiennent particulièrement l’attention dans l’actualité de cette semaine : celle de l’Arabie saoudite et celle de l’Ukraine.
Après plus d’une décennie de négociations (l’Arabie saoudite avait présenté sa demande d’accession le13 juin 1993), le Groupe de travail sur l’adhésion de l’Arabie saoudite a rendu finalement ses conclusions. Le 28 octobre dernier, le Directeur de l’OMC, M. Pascal Lamy, s’est félicité de l’avancement des travaux concernant l’accession de ce pays à l’OMC. « Il s'agit là d'une étape très importante dans l'accession de l'Arabie saoudite à l'OMC. Je suis heureux de constater que l'énorme travail effectué par l'Arabie saoudite a maintenant rapproché le pays de l'entrée à l'OMC », a-t-il déclaré(voir déclaration). L’Arabie saoudite avait déjà conclu ses négociations avec les Etats-Unis en septembre dernier. La confirmation du rapport du Groupe de travail par le Conseil général interviendra dans les prochains jours.
L’adhésion de l’Ukraine à l’OMC, qui partage la même décennie de négociations (l’Ukraine a présenté sa demande d’accession le 30 novembre 1993), connaît des moments forts, depuis que le Président Youshenko a décidé d’en faire une priorité de la politique de son pays. D’autant plus que, d’après les déclarations du nouveau Premier Ministre ukrainien, M. Yekhanourov, une éventuelle adhésion de la Russie avant l’Ukraine rendrait « virtuellement impossible » l’accession de son pays à l’OMC (voir déclaration). Appelé à commenter ces déclarations, le porte-parole du MAE russe, M. Mikhail Kamynin a déclaré, lors d’une conférence de presse le 3 novembre dernier, être choqué par cette position de la partie ukrainienne et a nié en bloc toute éventuelle opposition russe à l’adhésion de l’Ukraine à l’OMC. D’après ses déclarations, la Russie « fera tout ce que [elle] pourra pour faciliter l’accession rapide de l’Ukraine à cette organisation dans les termes et conditions qui donneront satisfaction à Kiev » (voir déclaration).
Le Premier Ministre ukrainien est optimiste quant à l’accession de son pays à l’OMC, avant la fin 2005, surtout depuis l’adoption, le 1er novembre dernier, par la Verkhovna Rada (le Parlement de l’Ukraine) des derniers ajustements législatifs proposés pour l’accession à l’OMC. (voir communiqué de presse). Lors de sa visite à Washington en début de cette semaine, le chef du gouvernement ukrainien a poursuivi les négociations sur l’adhésion à l’OMC avec les Etats-Unis. La conclusion des négociations avec la partie américaine se révèle particulièrement difficile, car l’Ukraine ne dispose pas encore du statut « nation à économie de marché » et les relations commerciales bilatérales font l’objet d’une clause de restriction du commerce extérieur, le « Jackson-Vanick Amendment » . Adopté en 1974, sur l’initiative des deux parlementaires américains qui lui ont donné le nom, cet amendement au « Trade Act » américain trouve sa logique dans la désapprobation des Etats-Unis de la politique d’émigration pratiqué par l’ex-URSS. Paradoxalement, cette clause anachronique ne s’applique pas dans les relations commerciales bilatérales avec la Russie, mais elle continue à s’appliquer dans le cas de l’Ukraine, en dépit d’un vigoureux lobbying à son encontre, au Congrès américain.
Le débat au Congrès américain sur la révocation de cette clause serait déjà entamé, d’après la déclaration du Premier Ministre ukrainien ( voir communiqué de presse). Quant au statut d’économie de marché, il pourrait être accordé à l’Ukraine, d’après les déclarations de Condoleezza Rice, en janvier 2006 (voir déclaration). Le vice-président américain, M. Richard Cheney, tout en soutenant l’accession de l’Ukraine, a confirmé le fait que l’obtention de ce statut constitue une condition pour la conclusion des négociations bilatérales en vue de l’adhésion de l’Ukraine à l’OMC (voir déclaration). L’adhésion de l’Ukraine prend désormais l’allure d’une course contre la montre.
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