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Cinquième Commission : débat sur le renforcement de la sécurité de l’ONU Jacobo Ríos Rodríguez
Les derniers 21 et 22 novembre, un débat s’est tenu au sein de la Cinquième Commission sur le renforcement et l’uniformisation du système de gestion de la sécurité des Nations Unies. David Veness, Secrétaire général adjoint à la sûreté et à la sécurité depuis le 28 février 2005 et ancien membre de la police britannique, a effectué une présentation du système de sécurité de l’ONU, dans le but d’examiner la mise en place du Département de la sûreté et de la sécurité. La création de ce Département ayant été décidé par la résolution 59/276 de l’Assemblée générale, il s’agit d’un dispositif unifié réunissant l’ancien Bureau du Coordonnateur des Nations Unies pour les questions de sécurité et les services de sécurité internes. La considération essentielle lors de sa création était de ne plus d’aborder le sujet de la sécurité d’une façon compartimentée et séparée, mais de l’unifier dans un souci d’efficacité. Son objectif étant d’assurer le fonctionnement efficace des opérations de sécurité de manière décentralisée au niveau des pays, il doit être accompli essentiellement à travers la prise en charge du contrôle de l’application des normes, de la coordination des communications et de l’évaluation des menaces et des risques pour le personnel. Parmi les idées principales de la présentation effectuée par David Veness devant la Cinquième Commission se trouve la nécessité de la coopération accrue entre les services de sécurité des Nations Unies et les forces de sécurité de l’Etat hôte, que ce soit dans le domaine de la sécurisation des installations des Nations Unies ou bien, tout particulièrement, de l’échange d’informations. Il semblerait qu’il s’agit d’une reprise des positions déjà revendiqués par M. Veness lorsqu’il s’apprêtait à prendre ses fonctions, en indiquant que la mission de son Département « n’est pas une fonction de renseignements, mais il s’agit de rassembler des informations pour renforcer la sécurité de ceux qui pourraient se trouver dans cette situation [de danger], et l’on ne peut pas se faire d’opinion si des connaissances ne sont pas rassemblées, si l’on n’a pas accès à des informations moins ouvertes ». En effet, cette nécessité de coopération avec les pays hôtes, qui doivent prendre des mesures concrètes de prévention des atteintes à la sécurité du personnel des Nations Unies, est aussi l’une des recommandations récentes de la Sixième Commission. Elle a demandé le 9 novembre dernier à l’Assemblée générale d’approuver les recommandations et conclusions contenues dans le rapport du Comité des relations avec le pays hôte (voir A/60/520). De surplus, plusieurs Etats ont mis l’accent devant la Cinquième Commission sur cette coopération, qui est parfois inexistante malgré son caractère indispensable. La conséquence immédiate est l’existence des attaques, souvent médiatiques et toujours nocives, effectués contre ce personnel par les responsables gouvernementaux eux-mêmes ou par des acteurs économiques devant l’indifférence tolérante des gouvernements.
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Le Département de la sûreté et de la sécurité est chargé de la sécurité de plusieurs centaines de milliers de personnes employées par tous les organismes des Nations Unies. L’audience de David Veness à la Cinquième Commission dans le cadre de son examen du projet de budget-programme pour l’exercice 2006-2007 rappelle qu’une telle mission a besoin de fonds suffisants pour pouvoir être bien menée à terme. La sécurité du personnel nécessite des mesures politiques de coopération et juridiques de refonte interne des structures, mais aussi des mesures financières. Cela avait été mis au premier plan lors du rapport du Secrétaire Général du 11 octobre 2004 (A/59/365) demandant une augmentation importante des ressources consacrées à la protection du personnel. « L’amélioration des normes minimales de sécurité opérationnelle et la nécessité d’une forte présence en matière de sécurité sur le terrain entraînent par ailleurs des dépenses importantes pour les organismes, programmes et fonds des Nations Unies » qui « encourront certainement de nouveaux frais à mesure que de nouveaux besoins se feront jour avec l’apparition de risques nouveaux et l’adoption de nouvelles normes pour les plus exposées de leurs nombreuses installations et activités dans le monde entier ». Ce rapport préconisait déjà la mise en place d’un système unique de financement par prélèvement sur le budget ordinaire, et avait été défendu par le Secrétaire Général devant la Cinquième Commission en 2004 comme l’une de ses propositions les plus importantes jamais présentées au cours de son mandat, en déclarant que la sécurité ne devait être ni un privilège, ni un luxe mais une condition essentielle pour accomplir la mission de l’ONU. Destiner les fonds nécessaires s’avère en effet une mesure incontournable pour assurer le bon fonctionnement du nouveau système de gestion de la sécurité de l’ONU, dont un trait déterminant est la professionnalisation accrue autour d’un service unifié, avec les dépenses que cela comporte.
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Octroi du statut d’observateur auprès de l’Assemblée générale des Nations Unies à la Conférence ibéro-améréricaine Sabrina Rahmani
Le 23 novembre 2005, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution, sans vote, octroyant le statut d’observateur à la Conférence ibéro-américaine. A travers cette résolution elle invite la Conférence à participer à ses sessions ainsi qu’à ses travaux en qualité d’observateur. Le 25 octobre 2005, le Bureau de l’Assemblée générale, à l’initiative de l’Espagne, appuyée par le Paraguay, le Brésil et le Venezuela, a recommandé l’inscription d’un nouveau point à l’ordre du jour de la 60eme session, intitulé « Octroi du statut d’observateur à la conférence ibéro-américaine". Il a aussi décidé d’en confier l’examen à la Sixième Commission,chargée des questions juridiques.
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De son coté ,l’Espagne avait rappelé ,dans un Mémoire explicatif, que la Conférence a été crée en 1991 lors du sommet ibéro-américaine des chefs d’Etats et de gouvernement, qui s’est tenu à Guadalajara au Mexique. L’Espagne a aussi précisé que l’objectif de cette conférence,à laquelle participent les Etats souverains hispanophones et lusophones d’Amérique et d’Europe, est de contribuer au renforcement de la communauté ibéro-américaine et de lui assurer un rayonnement international. Ainsi, le 3 novembre 2005, la Sixième Commission a recommandé à l’Assemblée générale d’octroyer le statut d’observateur à la Conférence ibéro-américaine afin de promouvoir la coopération entre l’Organisation des Nations Unies et la Conférence. Par ailleurs, l’Assemblée générale a en même temps octroyé ce privilège à trois autres organisations, à savoir : l’Association latino-américaine d’intégration, le Fonds commun pour les produits de base et la Conférence de La Haye de droit international privé.
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Groupe de haut niveau de "l'Alliance des civilisations" première réunion de travail en Espagne. Anne RAINAUD
L'alliance des civilisations, "mouvement destiné à combattre les divisions, les préjugés, les incompréhensions entre les cultures, notamment islamiques et occidentales, qui menace de manière potentielle la paix dans le monde" (cf. déclaration de Kofi Annan du 14 juillet 2005 lors du lancement de cette initiative) se réunit depuis le 28 novembre pour "émettre des recommandations afin de répondre collectivement à la montée de l'intolérance, de l'extrémisme, de la violence et du terrorisme" (cf. ONU news). Kofi Annan a chargé le Groupe de haut niveau d'évaluer l'évolution des tensions, spécialement entre "peuples islamiques et occidentaux" pour, in fine, "proposer une réponse collective pour désamorcer ces tensions" et assurer une stabilité dans la communauté internationale (discours du Secrétaire général des nations Unies in ONU news du 28 novembre 2005). Cette volonté (onusienne) de compréhension mutuelle met en exergue tout le poids du facteur religieux dans les relations internationales, facteur religieux également nettement perceptible dans la sphère interne du pouvoir politique. La séparation du spirituel et du temporel est une phase d'évolution de certains Etats, comme la France notamment, qui s'ancre progressivement dans leur histoire politique; mais le phénomène reste globalement marginal et relativement fragile. La sécurité collective en 2005 impose d'être appréciée et appréhendée au regard de cette donnée historique qu'est la place du religieux dans la société politique; Mohammad Khatami, membre du groupe de haut niveau a déclaré que de nombreux philosophes et intellectuels dans le monde soulignent l'importance du rôle de la religion dans la résolution des problèmes du monde d'aujourd'hui; pour l'ancien président iranien, un dialogue entre les différentes religions est la seule solution pouvant permettre de résoudre les problèmes du monde d'aujourd'hui (cf. communiqué de presse de l'irna).
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Jacques Chirac, s'interrogeant "sur quels principes fonder l’Alliance?", a pu proposer les quatre points suivants : "le premier est l’égale dignité de toutes les cultures, et leur capacité à s’enrichir les unes les autres (...). Le deuxième est la reconnaissance de la diversité culturelle. La diversité des cultures, des langues, des traditions, est menacée par l’effet de laminoir de la mondialisation (...). Le troisième principe est évidemment le respect. Respect de l’autre, en l’acceptant dans sa différence, ce qui n’est pas la démarche naturelle des sociétés humaines (...). Le dernier principe est la solidarité (...)", (cf. déclaration du Président Chirac, in site du ministère des Affaires étrangères). Le chef du gouvernement espagnol Zapatero a ouvert la réunion fondatrice du groupe de haut niveau de l'ONU sur l'Alliance des civilisations en compagnie de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, co-parrain "hautement symbolique" de cette alliance entre l'islam et l'Occident, a souligné le Premier ministre espagnol. Cependant, il faut mettre en parallèle cette première réunion du groupe de haut niveau avec le premier sommet euroméditerranéen qui devait réunir au même moment (27-28novembre 2005), les 25 Etats membres de l'Union européenne et leurs dix partenaires méditerranéens (Turquie, Algérie, Autorité palestinienne, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie et Tunisie) pour relancer leur partenariat (processus de Barcelone). Or, les faits rendent compte de l'absence de presque tous les leaders arabes et du premier ministre israélien, ce qui laisse perplexe sur le désir de rapprochement. Les Etats n'ont pu ainsi parvenir à une déclaration finale commune. Néanmoins, les trente-cinq pays ont adopté un "code de conduite antiterroriste", moyennant le retrait à des références aux frontières israéliennes de 1967 et au "droit à la résistance" réclamées par les leaders arabes.
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AIEA Réunion du Conseil des gouverneurs (Vienne 24-11-2205) : dossier sur l’Iran Suany MAZZITELLI
Réuni le 24 novembre à Vienne, le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a traité principalement de l’application du programme nucléaire par l’Iran. Le Conseil était saisi, à cet effet, du rapport du Directeur générale de l’AIEA, M. Mohamed ElBaradei, du 18 novembre 2005 (voir communiqué du 18 novembre 2005 du Porte-parole du gouvernement des Etats –Unis sur la question de l’uranium et de l'Iran). Ce rapport était fondé sur la résolution du 24 septembre 2005 adoptée par le précédent Conseil des gouverneurs. Le Directeur général de l’AIEA, M. Mohamed ElBaradei, avait souligné, le 9 août 2005 (voir communiqué), lors de l’ouverture d’une session spéciale du Conseil des gouverneurs, que la suspension des activités d’enrichissement ainsi que les activités concernant le réacteur étaient « a unilateral step » qui devait être le fruit d’une décision de l’Iran et que, malgré certaines inquiétudes, il y avait un avancement dans les négociations, en particulier avec l’Europe des trois (EU3) (France, Allemagne et Royaume Unis) (voir communication du 8 août 2005). Le 11 août 2005, la résolution qui avait été adoptée par le Conseil des gouverneurs (voir communiqué) allait dans ce sens et le Directeur général manifestait sa satisfaction sur le fait que l’Iran et l’EU3 semblaient prêts à entamer des négociations. En revanche, la résolution issue de la réunion du Conseil des gouverneurs du 24 septembre 2005 constatait les manquements de l’Iran à l’accord TNT et le manque de transparence dans ses activités, elle demandait à l’Iran de se conformer aux mesures de transparence, de suspendre toute activité liée à l’enrichissement et au retraitement nucléaire, de reconsidérer la construction d’un réacteur de recherche modéré par eau lourde et de ratifier rapidement et d’appliquer totalement le Protocole additionnel signé le 18 décembre 2003 (voir déclaration du Ministre Douste-Blazy)(voir déclaration du Porte parole du Quai d’Orsay 22 novembre 2005). L’Iran avait adressé à l’AIEA une communication le 17 novembre 2005, qui, tout en rappelant les bonnes relations entre l’Iran et l’AIEA, visait à transmettre à l’Agence le point de vue de l’Iran quant à la résolution de septembre 2005 et notamment son désaccord sur ce texte, « this letter, which is a critical review of the September 2005 Resolution ». L’Iran reprochait à cette résolution d’être le fruit de la volonté politique de certains membres de l’AIEA, une volonté contraire aux principes de l’Agence et aux résultats accomplis dans la coopération avec l’Iran. L’Iran affirmait notamment que l’obligation de suspension des activités d’enrichissement n’était aucunement une mesure contraignante et que en outre la demande de reconsidérer la construction du réacteur de recherche modéré par eau lourde était en manifeste contradiction avec les finalités de l’AIEA, du moment ou ce projet était supervisé par l’Agence et régulièrement évalué conformément au Protocole additionnel et qu’il était destiné à la production de radio-isotopes pour un hôpital. L’Iran faisait en outre observer, dans sa communication, que la ratification d’un instrument international ressort du pouvoir souverain d’un Etat et que par conséquent aucune résolution adoptée par l’Agance n’aurait pu obliger l’Iran à ratifier le Protocole additionnel, puisque une telle obligation aurait était contraire aux principes fondamentaux du droit international, ainsi que à la Convention de Vienne sur le droit des Traités de 1969. Le discours introductif à la réunion du Conseil des gouverneurs du Directeur général de l’AIEA M. Mohamed ElBaradei dénote une approche plus souple de la question Iranienne, lors de cette réunion, le 24 novembre à Vienne (voir communiqué). La résolution du 24 septembre, en déclarant que l’Iran était en contradiction avec ses obligations issues du Traité de non prolifération (TNP), avait ouvert la voie à une éventuelle saisine du Conseil de sécurité de l’ONU sur ce dossier (voir communiqué). Le Ministre des Affaires étrangères M. Philippe Douste-Blazy, lors de l’audition devant la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale (Paris 8 novembre 2005), avait souligné que l'Iran avait proposé de reprendre les négociations « ce que la France a toujours souhaité. C'est en effet l'Iran qui a, en août dernier, choisi de rejeter l'offre européenne et de reprendre les opérations de conversion dans son usine d'Ispahan. La France attend par conséquent, pour reprendre les négociations, un geste concret de l'Iran. Ce pays doit respecter pleinement l'ensemble des résolutions de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). La résolution votée à l'AIEA, le 24 septembre dernier, demande à l'Iran que certaines mesures soient prises, comme le rétablissement et le maintien de la suspension de toutes les activités liées à l'enrichissement. Elle stipule aussi que le directeur général de l'AIEA, M. El Baradei, doit établir un rapport sur ce qu'a fait ou n'a pas fait l'Iran. L'échéance est le prochain Conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui se réunira le 24 novembre ». |
Le Directeur général de l’AIEA a préféré étudier une proposition de délocalisation des activités iraniennes d'enrichissement d'uranium vers la Russie plutôt que de renvoyer le dossier nucléaire devant le Conseil de sécurité de l'ONU (voir communiqué). Ayant « accédé aux demandes de plusieurs membres du Conseil des gouverneurs » qui ont, selon les propos de l'ambassadeur britannique à Vienne, Peter Jenkins, « souhaité plus de temps pour le dialogue diplomatique sur l'avenir du programme iranien », l'UE-3 a soutenu l'option de la médiation russe et joué l'apaisement sur le dossier nucléaire iranien (voir communiqué). L’Imam Hkbar Ashemi Rafsanjani a salué la sagesse qui a présidé la réunion de l’AIEA (voir communiqué). M. Jenkins n'a toutefois pas manqué d'adresser plusieurs critiques à l'égard de Téhéran en formulant des doutes sur la nature pacifique du programme nucléaire iranien depuis 18 ans et en faisant référence à un document remis par les autorités iraniennes aux inspecteurs de l'AIEA, indiquant que l'Iran possède, grâce à un réseau pakistanais clandestin, des informations sur « un processus qui n'a pas d'autre application que la production d'armes nucléaires » (voir communiqué) Le projet de texte de l'UE-3 soutenant l'option de la médiation russe et soumis au Conseil des gouverneurs précise notamment qu' « il existe un large consensus pour ne pas autoriser l'Iran, dans les circonstances actuelles, à mener des activités liées à l'enrichissement sur son sol ». La médiation russe, qui vise à relancer les négociations, dans l'impasse depuis le rejet des propositions européennes et la reprise des activités iraniennes de conversion d'uranium en août dernier, propose d'autoriser l'Iran à convertir de l'uranium, puis de le transférer en Russie pour l'enrichir. Pour le moment, cette option sera seulement examinée par Téhéran (voir communiqué), mais l'UE-3 et la Russie ont proposé la date du 6 décembre pour une reprise des négociations (voir communiqué). Si l'Iran doit « sérieusement considérer » la proposition russe, il « ne doit pas conclure que cette fenêtre d'opportunité restera ouverte quelles que soient les circonstances », a toutefois précisé M. Jenkins lors de la réunion de Vienne, avant d'exhorter Téhéran à « s'abstenir de toute nouvelle décision unilatérale susceptible d'aggraver la situation ». Le Conseil des gouverneurs ne s’est donc pas prononcé, vendredi, en faveur d’une éventuelle saisine du Conseil de sécurité, mais il a adopté un texte de compromis. Par ailleurs, si Washington a soutenu la proposition européenne, l'ambassadeur des Etats-Unis à Vienne, Gregory Schulte, a averti que l'AIEA n'aurait pas « une patience illimitée ». En effet les agences d’investigation des Etats-Unis sont convaincues que l’Iran prépare la construction d’armes nucléaires (voir communiqué). La décision modéré du Conseil des gouverneurs n’a pas en outre satisfait L’Iran, qui considère la réunion de Vienne uniquement comme une décision qui sursoit à statuer et qui n’annule pas la menace qui pèse sur Téhéran du fait du maintient de la résolution de septembre 2005. Pour ces raisons l’Iran « refuse de coopérer avec UE sous la menace » (voir communiqué du 29 novembre 2005), une menace qui est maintenue également par les Etats-Unis (voir communiqué). La déclaration du Porte parole du Quai d’Orsay du 24 novembre 2005 et sa déclaration 25 novembre 2005 soulignent également l’importance de l’engagement iranien et de son action concrète afin qu’un dialogue puisse concrètement s’établir. Cette position était déjà celle du gouvernement français avant la réunion du Conseil des gouverneurs du 24 novembre. Le Porte parole du Quai d’ Orsay s’était exprimé dans le même sens lors du point de presse du 4 novembre 2005 (voir commmuniqué).
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Résolution 1640 (Erythrée)Liberté de mouvement de la MINUEENoémie SIMONEL
Le conseil de Sécurité a adopté le 23 novembre 2005, la résolution 1640 imposant la levée des restrictions adoptées par l’Erythrée depuis le 5 octobre dernier, entravant les opérations de la Mission des Nations Unies. Il est imposé aux autorités érythréennes d’annuler les restrictions relatives à l’utilisation de l’espace aérien, interdiction frappant 55% du territoire et « toute autres restrictions supplémentaires » que rencontrent la mission sur le terrain. Rappelons que l’Erythrée n’a pas communiqué les raisons de telles restrictions. Parallèlement, le gouvernement érythréen doit tout mettre en œuvre afin de faciliter les opérations de la MINUEE, comprenant assistance, soutien et protection nécessaires à la mission. Concernant l’Ethiopie, la résolution lui enjoint d’accepter la délimitation de la frontière et de prendre des dispositions immédiates afin de finaliser l’abornement total de la frontière. Cette résolution enjoint les parties à ne pas recourir à la force conformément aux principes édictés par la Charte et leur impose de limiter « leur déploiement aux positions du 16 décembre 2004.Ce redéploiement devant commencer avec effet immédiat et s'achever dans les 30 jours, afin d'empêcher la situation de s'aggraver». Les restrictions imposée à la MINUEE sont multiformes comme le constate Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, lors d'une conférence de presse donnée à l'issue d'un exposé à huis clos devant le Conseil de sécurité. « Outre l'interdiction de survol par hélicoptère du territoire érythréen, la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée est aussi sous l'interdiction de mener des patrouilles de nuit et n'a plus accès au nord de la zone de sécurité. » De même pour assurer la sécurité du personnel de la mission, les opérations de déminage ont du cessé car « parce qu'on ne peut pas faire de déminage si on ne peut ramener le personnel rapidement par hélicoptère vers un hôpital » comme le souligne le Secrétaire général adjoint. Face à de telles entraves la MINUEE a dû quitter les postes d’observations 17et 18 situés dans la « zone temporaire de sécurité » en raison des restrictions.
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Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU dénonçait le 2 novembre l’intensification des mouvements de troupes des deux côtés de la Zone de sécurité temporaire et d'activités irrégulières à l'intérieur de la Zone, constituant une menace pour la paix et sécurité internationales et susceptible de compromettre les accords de sécurité conclus dans le cadre de l'Accord de cessation des hostilités du 18 juin 2000, autorisé par le Conseil dans ses résolutions 1312 (2000) et 1320 (2000). A cet égard le Secrétaire général des Nations unies rappelaient que la liberté de circulation est un principe fondamental des opérations de maintien de la paix. Pourtant, face à de telles restrictions, la MINUEE dont le but est de faciliter le processus de paix ne pouvait-elle pas passer outre l'interdiction de l'Erythrée ? Le Secrétaire général adjoint, Jean-Marie Guéhenno a indiqué que « l'ONU ne peut imposer sa volonté par la force au gouvernement érythréen ». Concernant la possibilité de recourir aux images satellitaires, Mr Guéhenno rappelle que « l'ONU n'avait pas accès à cette technologie», si les Etats membres ne le lui donnent pas. « Dans une zone telle que celle que nous surveillons, seuls les Etats qui disposent de la technologie de pointe ont accès à ces images. Nous n'avons pas non plus le budget pour les acheter dans le commerce », a-t-il souligné, ajoutant qu'elles n'étaient en toute hypothèse pas efficaces la nuit.
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Affaire Haririaudition de cinq responsables syriens à VienneSabrina RAHMANI
Le 25 novembre 2005, M. Detlev Mehlis, chef de la commission d’enquête sur l’assassinat de l’ex-premier ministre libanais Rafic Hariri, a confirmé qu’un accord a été trouvé avec les autorités syriennes afin de mener les interrogatoires de cinq responsables syriens au siège de l’ONU à Vienne. Pour le chef du gouvernement libanais, M. Fouad Siniora, cet accord est positif. Concernant les dates des interrogatoires, celles-ci seront fixées à la suite de contacts à venir avec la Commission d’enquête Les Nations Unies ont confirmé cet accord et M. Mehlis en a informé le Secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Anan Lors d’une conférence de presse, le vice-ministre syrien des affaires étrangères, M. Walid Mouallem, a déclaré que « la direction syrienne avait décidé d’accepter que les cinq syriens soient interrogées au bureau de l’ONU à Vienne, comme l’avait proposé la commission d’enquête internationale ».Il a déclaré que cet accord est un compromis. M. Mehlis l'avait proposé au conseiller juridique du ministère syrien des Affaires étrangères, M. Riad Daoudi lors de leur rencontre le 18 novembre à Barcelone, en Espagne. Il a ajouté que cet accord était le résultat de négociation avec la commission après que Damas ait obtenu des garanties sur le respect de sa souveraineté. Il a aussi précisé qu’aux termes de l’accord, les cinq responsables syriens,dont ils refusent de donner l’identité au nom du secret de l’instruction, seront accompagnés de représentants légaux et regagneront Damas après avoir été interrogés dans la capitale autrichienne. Toutefois, afin d’avoir la possibilité de faire arrêter les suspects, M. Mehlis avait insisté pour pouvoir interroger les six responsables syriens au Liban, mais Damas s’y opposait .Les autorités syriennes avaient tout tenté pour que l’audition des responsables syriens se fasse à leurs conditions. Pour refuser que les témoins soient entendus au siège de la Commission d’enquête, dans la banlieue de Beyrouth, comme l’exigeait M. Mehlis, elles ont invoqué des questions de dignité ainsi que l’intérêt du Liban et de la Syrie. Elles ont proposé des locaux de l’ONU à Damas, ou de la force de l’ONU pour l’observation du désengagement sur le Golan, le siège de la ligue arabe. Elles aussi demandé la négociation d’un protocole de coopération juridique entre leur Commission d’enquête et la Commission internationale. Finalement, des négociations ont été engagées pour que les interrogatoires soient effectués en terrain neutre.
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De plus, la Syrie avait demandé que les suspects soient interrogés sur son territoire et en présences de leurs avocats, dans un projet de protocole présente à l’ONU. Ce projet préconisait que les enquêteurs de l’ONU partagent leurs conclusions avec la commission d’investigation syrienne. Mais ces conditions ont été jugées inacceptables par le magistrat allemand, M Mehlis et plusieurs Etats membres du Conseil de sécurité. M. Kofi Anan, a rejeté aussi la demande du chef de la diplomatie syrienne, le sollicitant à intervenir auprès de M. Mehlis et de contribuer à négocier un protocole de négociations. Par ailleurs, cet accord entre Damas et l’ONU sur le choix de Vienne comme lieu d’interrogatoires des responsables syriens, intervient presque un mois après que le Conseil de sécurité ait adopté, le 31 octobre 2005, la résolution 1636 demandant à la Syrie de coopérer dans l’enquête internationale et prévoyant des sanctions individuelles contre les suspects. La résolution demandait aussi à la Syrie d’arrêter les responsables syriens ou toute personne soupçonnée d’être impliquée dans l’assassinat, et de les mettre pleinement à la disposition de la Commission. Ce déblocage survient aussi 20 jours avant l’expiration du mandat de la Commission d’enquête internationale, prévue le 15 décembre 2005, date à laquelle M. Mehlis doit rendre son rapport au Conseil de sécurité des Nations Unies.
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Terrorisme Déclaration du Caire sur l'Irak : légitimité du droit de résistance et condamnation du terrorisme (21 novembre 2005) Anne RAINAUD
La déclaration du Caire a été adoptée suite à une réunion des différentes forces et factions irakiennes (19-21 novembre 2005) et ce, sous l'égide de la Ligue Arabe qui souhaite être désormais un acteur essentiel d'un apaisement, voire d'un (ré)équilibre à trouver dans cette région chaotique. Il s'agit donc d'une conférence de réconciliation, réconciliation en effet indispensable pour toute perspective raisonnable de pouvoir durable dans l'Etat irakien. Les Etats-Unis voient positivement cette rencontre puisqu'elle tente, par un dialogue pacifique entre les différentes composantes du spectre politique irakien, de mettre fin à la violence en cherchant à résoudre leurs différents politiques (cf. déclaration du porte parole de la Maison Blanche du 22 novembre 2005). De même, le ministre des Affaires Etrangères, M. Philippe Douste-Blazy, a souligné dans un message adressé au Secrétaire général de la Ligue arabe, M. Amr Moussa, l’intérêt et le soutien de la France à cette initiative. Pour la République, "la solution aux difficultés que connaît actuellement l’Irak passe par l’instauration d’un véritable dialogue national associant sans exclusive tous ceux qui, en Irak, rejettent la violence" (cf. ministère des Affaires Etrangères). Les Etats-Unis, toujours par le voie de leur porte-parole, affirment souscrire par ailleurs à la déclaration à laquelle sont parvenues les différentes forces irakiennes réunies au Caire. La déclaration du Caire pose quelques principes et comme règle première de "se conformer à l’unité de l’Iraq, sa souveraineté, sa liberté et son indépendance". L'unité peut certes se trouver dans la diversité des groupes exprimant la volonté de vouloir vivre ensemble (cette réunion est, en ce sens, une manifestation de cet élément subjectif de la cohésion qui doit animer la population d'un Etat). La déclaration prévoit ainsi "le respect de toutes les composantes du peuple irakien" dans l'objectif, notamment, de "ne pas entraver le processus politique et la participation large aux prochaines élections". La question de la souveraineté de l'Etat irakien appelle d'une part le thème de la légitimité du pouvoir en place, d'autre part celui de la présence des forces américaines et alliées sur le territoire irakien. Ces deux points délicats sont, entre autres, à la source d'actes violents en Irak, victime d'un terrorisme incontrôlable. La déclaration prend ainsi le parti pour combiner les objectifs de souveraineté et de paix, de condamner le terrorisme en tant qu'il se fonde sur la violence (la terreur), tout en reconnaissant le droit légitime de résistance; la déclaration dispose ainsi : "Bien que la résistance soit un droit légitime de tous les peuples, le terrorisme ne constitue pas une résistance ; ainsi, nous condamnons le terrorisme et tout acte de violence ou meurtre qui visent les citoyens irakiens, les institutions humanitaires, civiles, gouvernementales, les richesses et les lieux du culte". Il en résulte donc que la résistance se devrait d'être pacifique et il existe certes quelques exemples en ce sens, rares, l'Inde de Ghandi notamment. Cependant cette vision non violente à laquelle on ne peut qu'adhérer par principe ne correspond pas à la réalité de l'histoire des différents mouvements de libération et elle viendrait bouleverser l'affection de peuples entiers pour leurs héros de la résistance. Les Etats-Unis adhèrent pleinement aux termes de la déclaration qui expriment " le droit légitime de protester pacifiquement, à l'expression pacifique des différences" et par voie de conséquence, la condamnation des actes violents, le terrorisme (cf. déclaration du porte-parole de la Maison Blanche) ; la lutte contre le terrorisme est du reste un "combat auquel tous s'associent avec les irakiens", précise encore le porte-parole.
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Notons que par ailleurs, à l'ONU, la Sixième Commission de l'Assemblée générale, chargée des affaires juridiques, n'a pas été en mesure, malgré les progrès effectués, de parvenir à un accord sur un projet de convention générale sur le terrorisme international, (cf. document AG/J/ 3292 de l'Assemblée générale du 29 novembre 2005), comme convenu lors du sommet mondial de septembre, ce que déplore expressément le Secrétaire général de l'Organisation. La déclaration du Caire s'est prononcée également sur le principe d'un retrait des forces étrangères et la nécessité de programmer celui-ci. "Nous réclamons un calendrier pour le retrait des troupes étrangères, et l’établissement d’un programme (...) pour reconstruire les forces armées afin qu’elles puissent contrôler la situation sécuritaire et mettre fin aux opérations terroristes", expose le texte dans l'optique claire de recouvrer une souveraineté effective et de tarir l'une des causes du terrorisme en Irak . Sur ce point, le porte-parole de la Maison Blanche précise que cette mesure est cohérente avec la mission des Etats-Unis et de la force multinationale. Le système du retrait est envisagée selon un principe d'équilibre. Le vice-président chiite Adel Abdel Mehdi évoque pour sa part l'idée de retrait conditionné : "il ne doit pas laisser un vide sécuritaire et il doit avoir lieu après la mise en place complète des forces de sécurité irakiennes". Ainsi, plus les forces irakiennes se renforceront plus la force multinationale se réduira. Sans évoquer de calendrier, le porte-parole de la maison Blanche insiste sur la pertinence des analyses de terrain à réaliser, en association avec les irakiens, par les commandants sur place qui rapporteront au Président, décideur ultime, par la voie du Secrétaire d'Etat à la Défense, sur la capacité des forces irakiennes (cf. également le discours de G.W. Bush du 30 novembre 2005 devant l'Académie navale d'Annapolis présentant la "national strategy for victory in Iraq". La déclaration prévoit un prochain rendez-vous, avec une représentation équilibrée et globale de tous les partis et forces politiques irakiennes représentant le peuple (y compris les clans, les ONG et les femmes), à Bagdad fin février ou début mars 2006 dans le but de traiter les points suivants : 1. l’élargissement du processus politique à toutes les forces qui adoptent une ligne démocratique ; 2. l’unité de l’Iraq, son indépendance, sa souveraineté et la définition d’un plan pour mettre fin à la mission des forces multinationales ; 3. la situation sécuritaire ; 4. l’égalité des citoyens ; 5. le soutien nécessaire pour le succès de la réconciliation nationale ; 6. les dettes et la reconstruction de l’Iraq.
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Rapport mensuel du Secrétaire général sur le Darfour Maya LAIDI
Dans son dernier rapport sur le Darfour, K. Annan fait état d’une situation très dégradée qu’il qualifie « d’extrêmement alarmante ». Selon lui, « la menace de l'anarchie totale se rapproche ». Le mois d’octobre 2005 s’est ainsi caractérisé par une escalade de la violence de la part de toutes les parties : forces gouvernementales et milices, en totale violation des accords de cessez-le-feu. Le gouvernement non seulement n’a pas désarmé les milices : Janjaouid en particulier, mais il s’est même associé à la commission d’exactions contre les civils. Des villages ont été attaqués (cf. « L’ONU enquête sur l’attaque de six villages au Sud-Darfour ») entraînant de nouveaux déplacements de populations. Des paysans ont vu leurs récoltes pillées et détruites par des milices et des groupes nomades. Des cas d’agressions sexuelles contre des femmes et des jeunes filles ont également été rapportés. (voir aussi les déclarations de J. Mendez, conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la prévention des génocides à la suite de sa visite au Darfour en octobre 2005). Des enfants continuent d’être enlevés et recrutés comme enfants soldats par l’Armée de Résistance du Seigneur, groupe armé du Nord de l’Ouganda qui entretient des bases au Sud Soudan. Les personnels humanitaires des Nations Unies et d’ONG internationales et nationales ont été pris pour cibles (cf. « L’ONU condamne le meurtre lâche de deux démineurs au Sud Soudan » : ils travaillaient pour la Fondation Suisse de lutte contre les mines et « Le meurtre d’un travailleur humanitaire à nouveau attribué à la LRA »). La détérioration de la situation sécuritaire est telle que les personnels non essentiels des Nations Unies ainsi que certains agents d’ONG ont dû être retirés. (Sur cette question, voir la déclaration de Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations Unies : « Face au regain de violence au Darfour, Jan Egeland prévient que l’aide humanitaire pourrait s’arrêter »). De manière générale, les opérations humanitaires sont constamment entravées par le gouvernement et les milices. L’accès des Nations Unies au territoire du Darfour a diminué en octobre 2005 pour atteindre le chiffre de 75 % (chiffre le plus bas depuis avril 2004). Pourtant l’assistance humanitaire, l’aide alimentaire notamment, est toujours nécessaire au Darfour : en effet, pour la grande majorité de la population, l’accès à la terre demeure impossible.
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Ces violences touchent aussi les soldats de la MUAS (Mission de l’Union africaine au Soudan) qui font régulièrement l’objet de tirs : au mois d’octobre, cinq d’entre eux ont été tués au cours d’une patrouille, et d’enlèvements. (« L’Envoyé de l’ONU -Jan Pronk- condamne les meurtres et enlèvements de soldats de l’Union africaine »). Pour le secrétaire général des Nations Unies il est absolument crucial de soutenir la MUAS et de lui apporter toute l’assistance nécessaire. Il rappelle donc l’appui important des Nations Unies à la MUAS sur le plan logistique à travers la fourniture de carburant et de conseils sur les questions opérationnelles d’importance majeure ainsi que l’organisation de sessions de formation. Sur le plan politique, la septième série de pourparlers de paix intersoudanais sur le Darfour s’est ouverte à Abudja le 29 novembre 2005 sous l’égide de l’Union africaine. Pour K. Annan, cette série doit être la dernière car il est essentiel qu’un accord de paix soit conclu avant la fin de l’année. Il appelle les parties « à négocier un accord de paix juste et global » et à « coopérer pleinement avec la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) et la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) ». Dans cette perspective, il invite la communauté internationale à planifier dès maintenant les programmes et l’aide qui seront nécessaires pour aider les parties soudanaises à mettre en œuvre tout accord de paix. |
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TPIY, Kosovo : Deux nouveaux acquittements et une condamnation pour torture Antonella SAMPO
Par jugement du 30 novembre 2005, la Chambre de première instance du Tribunal pénal international pour l’Ex Yougoslavie a acquitté Fatmir Limaj alias Çeliku et Isak Musliu alias Qerqiz des charges de crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour lesquels ils étaient poursuivis. Selon l’acte d’accusation dressé à leur encontre le 12 février 2004, Limaj et Musliu auraient été impliqués dans les événements tragiques qui se sont déroulés le 26 juillet 1998 dans le camp de prisonniers de Llapushnik/Lapusnik contre des civils serbes et des civils albanais du Kosovo considérés comme des collaborateurs des serbes. En revanche, les juges de La Haye ont déclaré le troisième coaccusé, Haradin Bala alias Shala, coupable de torture et autres traitements cruels et meurtres et l’ont condamné à treize années d’emprisonnement. Les trois accusés étaient poursuivis pour huit chefs d’accusation d’emprisonnement, traitements cruels, actes inhumains et meurtres pour les faits allégués de la prison. Limaj et Bala étaient également poursuivis pour quatre chefs d’accusation de meurtres pour l’exécution alléguée des détenus dans les montagnes de Berisha/Berisa. Cette décision revêt une importance particulière puisqu’elle est la première concernant des crimes qui auraient été commis au Kosovo. Lee juges se sont attachés à un examen minutieux des éléments de preuves et notamment à l’identification des victimes sur lesquels reposait toute l’affaire. Selon deuxième acte d’accusation modifié, au moins trente-cinq civils ont été enlevés par les forces de l’Armée de libération du Kosovo, détenus dans un camp de prisonniers dans le village de Llapushnik/Lapusnik pour de longues périodes dans des conditions inhumaines et quotidiennement harcelés, battus et torturés. Quatorze prisonniers seraient morts durant leur détention. Dix autres auraient été exécutés près des montagnes de Berisha/Berisa aux alentours du 6 juillet 1998 lorsque les forces de l’Armée de libération du Kosovo ont été obligées de quitter le village de Llapushnik/Lapusnik et son camp de prisonniers face à l’avancée des forces serbes. Eu égard aux preuves, la Chambre a reconnu l’existence du camp de prisonniers en question alors que les coaccusés n’ont cessé d’en nier l’existence. Par manque de preuves, la Chambre n’a pu reconnaître que seules trois personnes sur quatorze, selon les allégations de l’Accusation, ont été tuées dans le camp de prisonniers. En revanche, les juges internationaux ont été en mesure de reconnaître que les conditions dans lesquelles été détenus les prisonniers du camp étaient absolument inhumaines et constituaient des traitements cruels. Ils ont également affirmé que les prisonniers avaient été soumis à un traitement cruel lorsqu’ils étaient battus jusqu’à la perte de connaissance ou retirés de leur cellule en pleine nuit par des hommes cagoulés. A cet égard, la Chambre a estimé que le crime de traitement cruel était caractérisé en l’espèce.
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Après avoir rappelé les conditions qui doivent être réunies pour que le crime de torture soit établi, notamment la preuve que le bourreau a maltraité sa victime dans un but particulier tel qu’un aveu, l’obtention d’une information ou la punition de la victime, la Chambre a estimé que quatre incidents impliquant des victimes identifiées dans des actes de torture avaient pu être prouvés par l’Accusation. Au-delà de l’engagement de leur responsabilité pénale individuelle en application de l’article 7 1) du Statut du Tribunal, Limaj et Musliu auraient engagé leur responsabilité pénale, en vertu de l’article 7 3) du Statut, en tant que supérieur hiérarchique pour ne pas avoir pris des mesures efficaces et raisonnables pour empêcher et sanctionner la commission de crimes par leurs subordonnés. Or, s’ils ont convenu que Limaj et Musliu occupaient des fonctions de commandement au moment des faits, les juges ont estimé que l’Accusation n’a pas su apporter des preuves suffisantes d’un contrôle effectif. Limaj et Musliu ont été libérés du Centre de détention des Nations Unies de La Haye le 1er décembre. En ce qui concerne Haradin Bala, les juges ont tenu à préciser qu’il n’occupait certes qu’un poste de garde du camp de prisonniers et agit en tant que soldat sous les ordres de ses supérieurs, mais pour autant son attitude n’est pas excusable. D’autres actes d’accusation ont été dressés à l’encontre de personnes qui seraient responsables de crimes commis au Kosovo, dont Slobodan Milosevic, Milan Milutinovic, Nikola Sainovic, Dragoljub Ojdanic, Nebojsa Pavkovic, Vladimir Lazarevic, Vladimir Djordjevic et Sreten Lukic qui seraient impliqués dan la déportation d’environ 800.000 albanais du Kosovo et le meurtre de centaines d’autres en 1999. Il est à noter que trois personnes sont poursuivies pour des crimes qui auraient été commis contre des civils serbes et des civils albanais et roms de l’ouest du Kosovo, à savoir, Ramush Haradinaj, Idriz Balaj et Lahi Brahimaj.
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TPIY, Miroslav Deronjic purgera sa peine en Suède Antonella SAMPO
Le 24 novembre 2005, Miroslav Deronjic, condamné définitivement à dix ans d’emprisonnement par arrêt de la Chambre d’appel du Tribunal pénal international pour l’Ex Yougoslavie du 20 juillet pour crimes contre l’humanité et violation des lois et coutumes de la guerre, a été transféré en Suède pour purger sa peine. Miroslav Deronjic a reconnu avoir ordonné aux forces serbes l’attaque du village de Glogova dans l’Est de la Bosnie qui a eu lieu le 9 mai 1993 et qui a provoqué la mort de 64 civils musulmans et la destruction de biens tels que les maisons et la mosquée (voir l’accord sur le plaidoyer de culpabilité). Deronjic était à l’époque à la tête de trois « unités de crise » dans la municipalité de Bratunac ainsi que le dirigeant local du parti politique de Radovan Karadzic, le Parti démocratique serbe (voir le jugement du 30 mars 2004). Deronjic n’est pas le premier détenu à être transféré dans ces conditions, quelques 18 autres condamnés ont été transférés dans des pays européens, en application d’accords spécifiques pour l’exécution des peines avec le tribunal, pour purger leur peine d’emprisonnement. Ainsi, la France, l’Autriche, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, la Norvège, la Finlande, le Danemark et le Royaume Uni ont accepté de recevoir des détenus du TPIY. |
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ONU, 35ème session du Comité contre la torture Antonella SAMPO et Sébastien TOUZÉ
Du 7 au 25 novembre 2005, le Comité des Nations Unies contre la torture a tenu sa trente-cinquième session au Palais des Nations, à Genève, pour examiner les mesures prises par la Bosnie-Herzégovine, le Népal, la France, l'Équateur, la République démocratique du Congo, l'Autriche et Sri Lanka pour prévenir et sanctionner les actes de torture commis dans ce Etats ( voir l’ordre du jour). Les représentants de ces sept pays ont répondu aux questions des membres du Comité sur les mesures prises par leurs gouvernements respectifs pour mettre en œuvre les dispositions de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, qui compte aujourd'hui 140 États parties. Au cours de ces trois semaines de session, les dix experts indépendants du Comité ont procédé à l’examen, à huis clos, de toute information semblant indiquer que des actes de torture seraient pratiqués de manière systématique par un État partie à la Convention. Ils ont également étudié les communications qui leur ont été soumises par des particuliers qui se plaignent d'être victimes de la violation d'une ou plusieurs dispositions de la Convention par un des États parties ayant expressément reconnu la compétence du Comité à recevoir et examiner des plaintes de particuliers en application de l’article 22 de la Convention. Deux pays ont soumis au Comité leur rapport initial, il s’agit de la Bosnie-Herzégovine et de la République démocratique du Congo. Le Népal (voir le document A/49/44). et le Sri Lanka (voir le document A/53/44) ont, quant à eux, présenté leur deuxième rapport périodique. Le Comité a en outre examiné le troisième rapport périodique de la France (voir le document A/53/44), de l’Equateur (voir le document A/49/44) et de l’Autriche (voir le document A/55/44). Lors de la séance de clôture de la session qui s’est tenue le 25 novembre, le Comité a rendu publiques ses recommandations et conclusions. S’agissant de la Bosnie-Herzégovine, il est à noter que son rapport initial était attendu pour 1993 mais en raison des événements tragiques qu’a connu le pays, il n’a pu être présenté qu’à la présente session. Le Comité s’est dit satisfait des efforts en cours au niveau de l'État pour réformer la législation de manière à assurer une meilleure protection des droits de l'homme l'État pour réformer la législation de manière à assurer une meilleure protection des droits de l'homme, y compris du droit de ne pas être soumis à la torture et à d'autres traitements cruels, inhumains ou dégradants - efforts dont témoignent notamment le Code pénal et le Code de procédure pénale entrés en vigueur en mars 2003, la loi sur la protection des témoins menacés ou vulnérables, ainsi que la loi sur le mouvement et le séjour des étrangers et la loi sur les personnes disparue. Il demeure toutefois préoccupé par le manquement apparent de l'État partie à mener des enquêtes rapides et impartiales, à poursuivre les responsables et à assurer une indemnisation adéquate aux victimes s'agissant des cas de torture et de mauvais traitements intervenus durant le conflit des années 1992-1995. Il a en outre fait part de sa préoccupation face à son manque de coopération avec le Tribunal pénal international pour l’ Ex Yougoslavie, en particulier de la part de la République Srpska eu égard au fait que MM. Radovan Karadzić et Ratko Mladić, accusés de génocide, de torture et d'autres crimes internationaux, n'ont toujours pas été arrêtés et transférés. Il a souligné son inquiétude face à l’incapacité à prendre des mesures pour prévenir de violentes attaques contre des membres de minorités ethniques et autres, ni d'enquêter au sujet de ces attaques. Dans ses conclusions et recommandations sur le rapport initial de la Bosnie-Herzégovine, le Comité a tenu à rappeler à ce pays qu'en dépit de sa structure complexe, il ne constitue qu'un seul et même pays au regard du droit international et a l'obligation d'appliquer la Convention dans sa totalité. Il a insisté sur le manque de cohérence entre les lois de l'État et celles des entités s'agissant de la définition de la torture, les définitions retenues dans la République Srpska et dans le district de Brcko n'étant pas pleinement conformes à celle énoncée à l'article premier de la Convention. Le Comité s’est par contre félicité de la création de la Commission chargée d'enquêter sur les événements qui ont abouti au massacre de Srebrenica et d'informer les familles du sort de leurs proches disparus. Le Comité a rappelé qu'aucune circonstance exceptionnelle ne saurait justifier la torture. Il s’est dit également préoccupé par le traitement discriminatoire des procédures pénales: souvent, la majorité ethnique n'engage pas de poursuites contre les présumés criminels de la même majorité ethnique. Le Comité est également préoccupé qu'il ne soit pas reconnu aux survivants de la torture, notamment des violences sexuelles commises durant le conflit, un statut qui leur permettrait d'obtenir réparation. Les membres du Comité se sont accordés pour recommander au pays d'assurer que les hommes, les femmes et les enfants détenus le soient dans des lieux distincts durant toute la durée de leur détention. Ils lui ont également recommandé de faire en sorte que toutes les personnes détenues se voient garantir le droit d'entrer en contact avec leurs familles et d'avoir accès immédiatement à un médecin indépendant et à un avocat dès qu'ils sont privés de liberté. Le Comité s’est vivemnt inquiété au sujet des violences entre les prisonniers et de cas de violence sexuelle dans les prisons et autres lieux de détention. En dernier lieu le Comité s’est penché sur le problème du trafic d’êtres humains. Tout en notant les efforts déployés par la Bosnie-Herzégovine pour lutter contre le trafic à des fins d'esclavage sexuel, le Comité a noté l’absence de mesures efficaces pour enquêter et poursuivre tous les auteurs de crime en la matière. Il a donc recommandé au pays d'amender son Code pénal et son Code de procédure pénale afin de faire en sorte que les personnes condamnées pour trafic se voient infliger des sanctions et des peines qui reflètent la gravité du crime. S'agissant du deuxième rapport périodique du Népal, le Comité s’est félicité de l'adoption de la loi sur l'indemnisation en matière de torture et de la loi sur la Commission nationale des droits de l'homme et de la mise en place d'un certain nombre d'institutions, au nombre desquelles, outre la Commission des droits de l'homme, la Commission nationale des femmes, la Commission nationale des dalits ou encore les cellules des droits de l'homme de la police et de l'armée. Le Comité s’est en outre réjoui de l'accord intervenu entre le Népal et le Haut Commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies en avril 2005, qui a permis l'établissement d'un bureau du Haut Commissariat au Népal. Le Comité a noté que le pays a reçu la visite de nombreuses procédures spéciales de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies et a félicité le Népal pour la générosité dont il témoigne en accueillant plus de 100 000 réfugiés bhoutanais et 20 000 réfugiés tibétains. Le Comité a reconnu la situation difficile de conflit armé interne à laquelle le pays est confronté et s’est dit alarmé par la forte incidence des atrocités (incluant le recours à la torture) commises par le Parti communiste du Népal-Maoïste mais a recommandé notamment au Népal d'adopter une législation interne qui garantisse que les actes de torture - comprenant la tentative, la complicité et la participation - constituent des délits pénaux passibles de sanctions proportionnées au regard de la gravité du crime commis. Le Comité a exprimé sa très grande inquiétude face au nombre extrêmement élevé d'informations fiables faisant état d'un recours répandu à la torture et aux mauvais traitements par les agents responsables de l'application des lois - en particulier par l'armée royale népalaise, par la force de police armée et par la police. Préoccupé par des allégations concernant des cas de refoulement de requérants d'asile tibétains, le Comité a par ailleurs recommandé au Népal d'adopter une législation interdisant le refoulement de personnes sans procédure légale appropriée. Le Comité s’est dit profondément troublé par les allégations fiables dont il continue d'avoir connaissance concernant le recours fréquent par les forces de sécurité à des méthodes d'interrogatoire interdites par la Convention. Le Comité a fait également part de sa préoccupation face aux allégations selon lesquelles des enfants seraient détenus en vertu du décret de 2004 sur le contrôle du terrorisme. Il a également été jugé préoccupant le fait que tous les lieux de détention ne fassent pas l'objet d'un examen systématique effectif, notamment par des visites régulières et inopinées par des observateurs nationaux et internationaux. Le Comité a mis en relief le climat d'impunité qui prévaut face aux actes de torture et de mauvais traitements, ainsi que les allégations persistantes d'arrestations arbitraires, d'exécutions extrajudiciaires, de décès en garde à vue et de disparitions. Il est également préoccupé par les allégations faisant état de cas où des déclarations obtenues sous la torture auraient été utilisées comme preuves. S'agissant du troisième rapport périodique de l'Autriche, le Comité a accueilli avec satisfaction les assurances données par le pays quant à la relation entre le respect des droits de l'homme et la lutte contre le terrorisme et au fait que l'Autriche entend respecter strictement les directives adoptées par le Conseil de l'Europe sur les droits de l'homme et la lutte contre le terrorisme. Il s‘est réjoui également des assurances fournies quant au fait que l'Autriche entend œuvrer, durant sa présidence de l'Union européenne, au renforcement de l'engagement en faveur du caractère absolu de l'interdiction de la torture. Le Comité a noté en outre avec satisfaction les efforts que l'Autriche déploie actuellement afin de revoir sa législation et d'adopter les mesures nécessaires pour assurer une meilleure protection des droits de l'homme et donner effet à la Convention, s'agissant notamment de l'adoption de la loi de réforme de la procédure pénale et des amendements apportés au Code de procédure pénale, qui devraient entrer en vigueur au 1er janvier 2008. Il s’est félicité également des nouvelles mesures prises pour prévenir les mauvais traitements à l'encontre des personnes placées en garde à vue par la police, notamment de la révision en cours des règles applicables à la détention. Le Comité s’est réjoui également que l'Autriche ait signé le Protocole se rapportant à la Convention. Il a toutefois remarqué que le Code pénal autrichien ne contient toujours pas de définition de la torture telle qu'énoncée à l'article premier de la Convention et s’est dit préoccupé par les informations laissant apparaître que la nouvelle loi sur l'asile entrée en vigueur en mai 2004 pourrait accroître le risque de voir les réfugiés être renvoyés vers des pays tiers supposés sûrs et que les requérants d'asile pourraient être refoulés avant que n'ait été prise une décision en appel. Étant donné que la Cour constitutionnelle a déclaré inconstitutionnels un certain nombre d'articles de cette loi, le Comité demande à l'Autriche de le tenir informé des mesures qu'elle entend prendre pour corriger la situation (voir les recommandations et conclusions) . Le Comité regrette en outre les informations indiquant que l'Autriche a procédé à des extraditions après avoir reçu des assurances diplomatiques du pays requérant. Par ailleurs, le Comité exprime sa préoccupation face à la lenteur de l'enquête dans certains cas de torture et de mauvais traitements imputables à des agents responsables de l'application des lois, ainsi que face aux peines imposées aux responsables, s'agissant en particulier du décès en garde à vue de M. Cheibani Wague en 2003. Le Comité est également préoccupé par les informations faisant état de comportements racistes et intolérants de certains agents responsables de l'application des lois à l'encontre des étrangers, s'agissant notamment de cas de violence verbale contre les Roms et les personnes d'ascendance africaine. En ce qui concerne le troisième rapport périodique de la France, le Comité souligne le retard important qui a grevé son dépôt. Présenté six ans après la date de remise, le rapport se caractérise en outre par l’absence d’informations relatives aux DOM-TOM et, chose intéressante, ne fait aucunement état des conditions de mise en œuvre de la Convention contre la torture dans les territoires ne relevant pas de la juridiction française où les forces militaires tricolores sont déployées avec, en premier lieu, la Côte d’Ivoire. S’agissant des aspects positifs avancés dans les conclusions et les recommandations du Comité, il convient de mentionner que celui-ci prend acte avec satisfaction de la création de la Commission Nationale de déontologie de la sécurité (le 6 juin 2000) ; la création d’une Commission nationale de contrôle des centres et locaux de rétention et des zones d’attentes « chargée de veiller au respect des droits des étrangers détenus, ainsi qu’au respect des normes relatives à l’hygiène, à la salubrité, à l’aménagement et l’équipement des lieux de rétention » (le 26 novembre 2003) ; La réforme législative introduisant une protection subsidiaire à toute personne ne remplissant pas les conditions pour se voir reconnaître la qualité de réfugié et qui, conformément à la Convention de 1951, établit qu’elle est exposée dans son pays à un risque de peine de mort, de torture ou de traitements inhumains ou dégradants ; la mise en place du dispositif permettant aux victimes du terrorisme d’obtenir une indemnisation même lorsque les faits se sont produits hors du territoire français ; la signature du Protocole facultatif à la Convention contre la torture et les mesures en cours en vue de sa ratification ; la ratification du Statut de Rome de la C.P.I. etc. Cette brève liste est toutefois suivie d’une liste de points préoccupant aux yeux du Comité qui a formulé un certain nombre de recommandations. En premier lieu, le Comité relève que la France n’a toujours pas incorporé la Convention dans son droit interne et n’a adopté aucune disposition législative visant à la mettre en œuvre. A ce titre, le Comité mentionne avec préoccupation l’absence de définition de torture dans le Code pénal français et réitère sa recommandation rappelant à l’Etat français que celui-ci doit intégrer dans sa législation pénale une définition de la torture conforme à l’article 1er de la Convention, établissant une distinction entre les actes de torture commis par un agent de la fonction publique (ou assimilé) et les actes de violence au sens large commis par des acteurs non-étatiques, et d’en faire une infraction imprescriptible. Le Comité se dit par ailleurs préoccupé par la procédure d'asile en vigueur en France, qui ne permet pas à l'heure actuelle de distinguer les demandes d'asile fondées sur l'article 3 de la Convention de l'ensemble des demandes, augmentant ainsi le risque de renvoi de certaines personnes vers un État où elles pourraient être soumises à la torture. Le Comité souligne en outre le caractère expéditif de la procédure dite prioritaire concernant l'examen des demandes déposées dans les centres de rétention administrative ou aux frontières, qui ne permet pas une évaluation des risques conformes à l'article 3 de la Convention. Le Comité réitère par ailleurs sa recommandation selon laquelle une décision de refoulement («non-admission») entraînant une mesure d'éloignement doit pouvoir faire l'objet d'un recours suspensif qui devrait être effectif dès l'instant où celui-ci est déposé. Il est recommandé à la France de prendre les mesures nécessaires afin que les personnes refoulées («non admises») bénéficient d'office d'un jour franc et soient informées de ce droit dans une langue qu'elles comprennent. Le Comité est également préoccupé par les nouvelles dispositions de la loi du 10 décembre 2003 introduisant les notions d'«asile interne» et de «pays d'origine sûrs» qui ne garantissent pas une protection absolue contre le risque de renvoi d'une personne vers un État où elle risque d'être soumise à la torture. Le Comité s'interroge en outre sur les raisons pour lesquelles la France, en intégrant dans sa législation interne la décision-cadre du Conseil de l'Union européenne du 13 juin 2002 relative au mandat d'arrêt européen et aux procédures de remise entre États membres, n'a pas transposé le considérant 13 stipulant que «nul ne devrait être éloigné, expulsé ou extradé vers un État où il existe un risque sérieux qu'il soit soumis à la peine de mort, à la torture, ou à d'autres peines ou traitements inhumains ou dégradants».
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En ce qui concerne les récents troubles qui se sont répandus dans plusieurs villes françaises récemment, le Comité relève avec satisfaction la retenue dont les agents de la force publique ont fait preuve face aux personnes impliquées dans ces émeutes. Par contre, le Comité est sérieusement préoccupé par les déclarations du Ministre de l'intérieur, Monsieur Nicolas Sarkozy, demandant aux préfets d'ordonner l'expulsion immédiate des personnes condamnées durant ces événements, indépendamment de leur statut administratif. Le Comité craint en effet que la mise en œuvre de cette déclaration puisse avoir un effet discriminatoire, par le fait même qu'elle viserait non seulement des ressortissants étrangers en situation irrégulière, mais également des français naturalisés déchus de leur nationalité par décision de justice et des étrangers jusque là établis régulièrement en France. Par ailleurs, le Comité est préoccupé par le risque de renvoi des personnes ainsi condamnées dans un État où elles risquent d'être soumises à la torture. Le Comité souligne que l'expulsion ne devrait pas être utilisée comme une mesure punitive mais doit demeure un instrument préventif nécessaire à la préservation de l’ordre public. D'autre part, le Comité estime que la France devrait autoriser la présence d'observateurs des droits de l'homme ou de médecins indépendants à l'occasion de tous les éloignements forcés par avion. Le Comité fait en outre observer à la France qu'il lui avait demandé, en 2001, de surseoir à l'expulsion d'un requérant, compte tenu du fait qu'il existait des motifs sérieux de croire que celui-ci risquait d'être soumis à la torture en cas de renvoi dans son pays d'origine, mais que la France n'a pas jugé opportun de donner une suite favorable à cette recommandation. En ne respectant pas la demande de mesures conservatoires qui lui avait été faite, la France a contrevenu gravement aux obligations qui lui incombent en vertu de l'article 22 de la Convention. De plus, le non-respect de cette disposition, en particulier par une action irréparable comme l'expulsion, anéantit la protection des droits consacrés par la Convention. Le Comité recommande donc à la France de prendre toutes les mesures nécessaires afin de garantir que toute demande de mesures provisoires de protection adressée par le Comité sera désormais rigoureusement observée. Le Comité se dit par ailleurs préoccupé par le fait que l'avant-projet de loi portant adaptation de la législation française au Statut de la Cour pénale internationale limite le champ de la compétence universelle aux ressortissants d'États non parties au Traité de Rome; c’est pourquoi le Comité recommande à la France de maintenir sa détermination à poursuivre et juger les auteurs présumés d'actes de torture trouvés sur tout territoire sous sa juridiction, quelle que soit leur nationalité. Le Comité se dit en outre préoccupé par les modifications apportées par la loi du 9 mars 2004 faisant reculer l'accès à l'avocat à la 72ème heure de la garde à vue dans le cadre de la procédure spéciale applicable en matière de criminalité et de délinquance organisée. Le Comité est également préoccupé par le recours fréquent à la détention provisoire et par la durée de celle-ci. Il reste en outre préoccupé par les mauvaises conditions de détention dans les établissements pénitentiaires, ainsi que par l'augmentation des incidents violents entre détenus et des suicides. Le Comité continue en outre d'être préoccupé par le système de l'opportunité des poursuites qui laisse aux procureurs de la République la possibilité de ne pas poursuivre les auteurs d'actes de torture et de mauvais traitements impliquant des agents de la force publique, ni même d'ordonner une enquête, ce qui est en contradiction évidente avec les dispositions de l'article 12 de la Convention. Le Comité souligne enfin sa préoccupation au regard de la décision de la Cour d’appel de Paris qui a jugé les personnes impliquées dans les actes de mauvais traitement subis par M. Selmouni. Cette affaire qui a débouché sur la condamnation de l’Etat français pour violation de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme (Cour EDH, arrêt du 28 juillet 1999, Selmouni c. France, req. n° 25803/94), a en effet conduit à une condamnation trop légère aux yeux du Comité des agents impliqués dans cette affaire. A ce titre, le Comité rappelle à l’Etat français que les Etats sont tenus de faire en sorte que ce type de comportements soit sanctionné proportionnellement à la gravité des actes commis. S'agissant du rapport initial de la République démocratique du Congo, le Comité prend note avec satisfaction de l'existence d'un projet de loi modifiant et complétant le Code pénal pour que la Convention soit pleinement intégrée dans la législation nationale. Il prend également note avec satisfaction de la création d'institutions destinées à la promotion et à la protection des droits de l'homme, telles que l'Observatoire national des droits de l'homme et le Ministère des droits humains. Le Comité note que la République démocratique du Congo se trouve encore dans une phase de transition politique, économique et sociale aggravée par un conflit armé qui a eu et continue d'avoir un impact sur le pays; il fait toutefois observer qu'aucune circonstance, aussi exceptionnelle soit-elle, ne saurait être invoquée pour justifier la torture. Le Comité constate toutefois dans ses conclusions que le pays n'a ni incorporé la Convention dans son droit interne, ni adopté des dispositions législatives visant à mettre en œuvre cet instrument. Le Comité est en outre préoccupé par les allégations récurrentes de tortures et de mauvais traitements généralisés imputés aux forces et services de sécurité du pays ainsi que par l'impunité apparente dont bénéficient les auteurs de ces actes. Tout en prenant note de la mise hors la loi des lieux de détention illégale échappant au contrôle du Parquet, tels que les cachots des services de sécurité ou du Groupe spécial de sécurité présidentielle, où des personnes ont été soumises à la torture, le Comité reste préoccupé par le fait que des agents de l'État continuent de priver arbitrairement des personnes de leur liberté, notamment dans des lieux occultes de détention. Il s'inquiète aussi des allégations selon lesquelles des militaires et des responsables de l'application des lois infligent couramment des tortures et des mauvais traitements aux personnes détenues. La République démocratique du Congo devrait donc prendre des mesures urgentes pour que tout lieu de détention soit sous l'autorité judiciaire et devrait prendre sans délai des mesures efficaces pour empêcher ses agents de procéder à des détentions arbitraires et de pratiquer la torture. Le pays devrait en outre prendre des mesures pour garantir que toute personne détenue soit enregistrée formellement et conduite devant un juge. Il devrait également adopter des mesures efficaces visant à renforcer l'indépendance du pouvoir judiciaire. Notant avec préoccupation l'existence d'une justice militaire pouvant juger des civils, le Comité recommande à la République démocratique du Congo de prendre les dispositions nécessaires pour que les juridictions militaires se cantonnent à juger uniquement des militaires pour des infractions militaires. Le Comité a par ailleurs pris note avec préoccupation du grand nombre de forces et de services de sécurité dotés de pouvoirs d'arrestation, de mise en détention et d'enquête. Il a également noté les conditions de détention préoccupante qui règnent dans le pays. Le traitement des prisonniers reste un sujet de préoccupation pour lui. Des cas de châtiments corporels pour faute disciplinaire sont signalés. La mise au secret et la privation de nourriture sont aussi utilisées à titre de mesures disciplinaires. Il est en outre fréquent que des mineurs et des femmes ne soient pas séparés des adultes et des hommes. Le pays devrait donc mettre fin aux pratiques contraires à l'Ensemble des règles minima des Nations Unies pour le traitement des délinquants. D'autre part, le Comité est vivement préoccupé par la violence sexuelle généralisée contre les femmes, y compris dans les lieux de détention. Il a en outre pris note avec préoccupation des représailles, des actes graves d'intimidation et des menaces dont feraient l'objet les défenseurs des droits de l'homme, en particulier les personnes dénonçant des actes de torture et des mauvais traitements. Le Comité est préoccupé par la situation des vulnérabilité générale dans laquelle se trouvent les enfants abandonnés face à la torture et autres traitements cruels et inhumains, en particulier les enfants utilisés comme combattants par les groupes armés qui agissent sur le territoire de la République démocratique du Congo. Concernant le deuxième rapport périodique de Sri Lanka, le Comité souligne avec satisfaction la signature de l'accord de cessez-le-feu entre le Gouvernement sri-lankais et les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), en février 2002, qui a permis de réduire considérablement les cas de torture rapportés en rapport avec le conflit, essentiellement imputables aux forces armées. Le Comité encourage les parties à reprendre les pourparlers afin d'aboutir à une résolution du problème. Le Comité note en outre avec satisfaction la création de la Commission nationale de la police qui s'est avérée fructueuse du point de vue de la promotion des droits de l'homme. Le Comité note également avec satisfaction l'abolition de la peine de mort cette année. Tout en reconnaissant la situation difficile découlant du conflit armé interne à Sri Lanka, le Comité souligne qu'aucune circonstance, aussi exceptionnelle soit elle, ne saurait être invoquée pour justifier la torture. Par ailleurs, dans ses conclusions et recommandations, le Comité se dit préoccupé par le manque de définition globale de la torture en droit interne et recommande au pays d'en adopter une qui couvre tous les éléments figurant à l'article premier de la Convention. Il lui recommande en outre de renforcer la Commission des droits de l'homme de Sri Lanka de manière à lui permettre de s'acquitter effectivement de ses fonctions. Il est également recommandé au pays de procéder de toute urgence à la re-nomination des commissaires de la Commission nationale de la police, dont les mandats expirent à la fin du mois courrant. Le Comité se dit préoccupé par les allégations laissant apparaître que les garanties juridiques fondamentales des personnes détenues par la police ne sont pas respectées, notamment pour ce qui est du droit à l'habeas corpus. Il est par ailleurs recommandé au pays d'adopter une législation afin d'appliquer le principe de non-refoulement énoncé à l'article 3 de la Convention. Le Comité se dit préoccupé par l'absence, dans le droit sri-lankais, de dispositions établissant la juridiction universelle pour les actes de torture. Le Comité s’inquiète en outre du fait que tous les lieux de détention ne fassent pas l'objet d'un examen systématique et effectif, y compris des visites régulières et inopinées de ces lieux par la Commission nationale des droits de l'homme et d'autres mécanismes de surveillance. Le Comité exprime sa profonde préoccupation face aux allégations persistantes bien documentées faisant état d'un recours répandu à la torture et aux mauvais traitements ainsi que des disparitions, essentiellement de la part des forces de police de l'État. Ces violations ne font pas l'objet d'enquêtes rapides et impartiales par les autorités compétentes du pays, s'inquiète le Comité. Il fait également part de sa préoccupation face aux allégations persistantes de violence sexuelle et d'abus contre les femmes et les enfants placés en garde à vue; ces allégations ne feraient pas non plus l'objet d'enquêtes rapides et impartiales. Le retard indu des procès, en particulier dans le cas des procès de personnes accusées de torture, est lui aussi jugé préoccupant. Le Comité fait part de sa préoccupation face aux allégations qui font état de représailles, d'actes d'intimidation et de menaces à l'encontre des personnes rapportant des actes de torture et de mauvais traitements. Il note en outre avec préoccupation l'absence de programme de réparation pour les nombreuses victimes de tortures commises durant le conflit armé. Enfin, le Comité exprime sa grave préoccupation face aux allégations d'enlèvements et de recrutement militaire d'enfants-soldats par le LTTE. En ce qui concerne le troisième rapport périodique de l'Équateur, le Comité, dans ses conclusions, note avec satisfaction l'adoption de la nouvelle Constitution de 1998, qui renforce, d'une manière générale, la protection des droits de l'homme. Il se félicite également de l'adoption du Code de l'enfance et de l'adolescence et de la loi de réforme du Code pénal qui incrimine les délits liés à l'exploitation sexuelle de mineur. D'autre part, le Comité prend note de la diminution du nombre de plaintes présentées devant les commissariats de la femme et de la famille. Tout en prenant note de la crise politique et constitutionnelle que traverse le pays, le Comité souligne qu'aucune circonstance, aussi exceptionnelle soit-elle, ne saurait être invoquée pour justifier la torture. S'il est vrai que la législation interne interdit le recours à des peines cruelles, inhumaines ou dégradantes, il n'en demeure pas moins que la définition du délit de torture figurant dans le Code pénal équatorien n'est pas pleinement conforme à l'article premier de la Convention et aux exigences de l'article 4 de cet instrument, constate avec préoccupation le Comité. Le Comité note en outre avec préoccupation la lenteur et le retard des procédures judiciaires. Il note également avec préoccupation les allégations faisant état de cas de torture pendant des périodes de détention au secret, une forme de détention à laquelle un nombre élevé de personnes détenues seraient soumises. Selon le Comité, l'Équateur doit assurer la mise en pratique des garanties légales fondamentales applicables aux personnes détenues par la police, notamment le droit d'informer un proche et droit de consulter un avocat et un médecin de son choix, entre autres. Sont par ailleurs jugées préoccupantes les allégations selon lesquelles la torture et d'autres traitements inhumains ou dégradants seraient une pratique habituelle dans le cadre des procédures d'enquêtes pénales menées, dans les bureaux de la police judiciaire, par des agents de la force publique. Le Comité recommande à l'Équateur d'assurer que des enquêtes minutieuses soient menées à chaque fois que surgissent de telles allégations, les responsables devant alors, le cas échéant, être poursuivis. Le Comité déplore profondément la situation qui prévaut dans les centres de détention, en particulier dans les centres de réadaptation sociale où les violations des droits de l'homme des prisonniers sont une constante. Le Comité réitère en outre son inquiétude face à l'existence de juridictions militaires et policières dont le champ de compétence n'est pas exclusivement restreint au jugement des délits de fonction, cette situation n'étant pas compatible avec les traités internationaux auxquels l'Équateur est partie. Il est également regrettable que la législation interne ne prévoie pas de mécanisme spécifique pour indemniser la victime d'un acte de torture et/ou lui apporter réparation. Le Comité note en outre avec préoccupation la lenteur et le retard des procédures judiciaires. Il note également avec préoccupation les allégations faisant état de cas de torture pendant des périodes de détention au secret, une forme de détention à laquelle un nombre élevé de personnes détenues seraient soumises. Selon le Comité, l'Équateur doit assurer la mise en pratique des garanties légales fondamentales applicables aux personnes détenues par la police, notamment le droit d'informer un proche et droit de consulter un avocat et un médecin de son choix, entre autres. Sont par ailleurs jugées préoccupantes les allégations selon lesquelles la torture et d'autres traitements inhumains ou dégradants seraient une pratique habituelle dans le cadre des procédures d'enquêtes pénales menées, dans les bureaux de la police judiciaire, par des agents de la force publique. Le Comité recommande à l'Équateur d'assurer que des enquêtes minutieuses soient menées à chaque fois que surgissent de telles allégations, les responsables devant alors, le cas échéant, être poursuivis. Le Comité déplore profondément la situation qui prévaut dans les centres de détention, en particulier dans les centres de réadaptation sociale où les violations des droits de l'homme des prisonniers sont une constante. Le Comité réitère en outre son inquiétude face à l'existence de juridictions militaires et policières dont le champ de compétence n'est pas exclusivement restreint au jugement des délits de fonction, cette situation n'étant pas compatible avec les traités internationaux auxquels l'Équateur est partie. Il est également regrettable que la législation interne ne prévoie pas de mécanisme spécifique pour indemniser la victime d'un acte de torture et/ou lui apporter réparation. |
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Extradition, Hissène Habré : la Cour d'Appel de Dakar se déclare incompétente Antonella SAMPO
Le 26 novembre 2005, les craintes de ses opposants de l’ancien dictateur tchadien se sont concrétisées lorsque la chambre d'accusation de la Cour d'Appel de Dakar s'est déclarée incompétente pour statuer sur la demande d'extradition d’Hissène Habré introduite par la Belgique et a renvoyé le dossier au procureur général. Interpellé le 15 novembre en vertu d'un mandat d'arrêt international lancé contre lui par la justice belge, sur la base d'une plainte déposée en 2000 par trois Belges d'origine tchadienne pour "violations graves" des droits de l'Homme durant sa présidence entre 1982 et 1990, Hissène Habré est depuis détenu dans un pavillon spécial de l'hôpital Aristide le Dantec. Il avait comparu à huis clos devant la Chambre d'accusation de la Cour d'appel de Dakar. Le tribunal avait alors mis l'affaire en délibéré au 22 novembre, avant de le prolonger jusqu'au 25 du même mois. La Cour aurait avancé comme argument "l'immunité de juridiction" d'un ex-chef d'Etat. Or, dans ce contexte, il est important de rappeler que le Tchad avait déjà affirmé aux autorités belges que Hissène Habré ne pourrait prétendre à une quelconque immunité. Or, si le principe d’immunité juridictionnelle des chefs d’Etat prévaut lorsque ceux-ci sont en exercice, il convient de nuancer ces propos pour les anciens chefs d’Etat tels que Augusto Pinochet ou Slobodan Milosevic. La Cour Internationale de Justice a certes reconnu, dans l´affaire « Yérodia », une « immunité de juridiction » aux chefs d´Etat en exercice ainsi qu’à certains hauts responsables et ex-responsables contre toutes poursuites devant les juridictions nationales d´un autre Etat. Mais la CIJ a confirmé que ces responsables « ne bénéficient plus de l’immunité de juridiction à l’étranger si L’Etat qu’ils représentent ou ont représenté décide de lever cette immunité. »
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Suite à la décision d’incompétence de la Cour d’appel de Dakar, le Sénégal a décidé d’attendre le prochain Sommet de l’Union africaine qui se tiendra en janvier 2006 pour donner suite à l’affaire Hissène Habré. Ce dernier peut « continuer à séjourner au Sénégal en attendant la décision" du prochain sommet de l'Union africaine (UA), en janvier 2006, a annoncé dimanche soir le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio. Cette annonce est intervenue au lendemain de la publication d'un arrêté du ministre sénégalais de l'Intérieur qui avait décidé de le mettre "à la disposition du président de l'UA", le chef de l'Etat nigérian Olusegun Obasanjo. "Prenant en considération les arguments de M. Habré et de ses avocats, notre pays, tout en maintenant la saisine du sommet de Khartoum, a décidé de permettre à M. Habré de continuer à séjourner au Sénégal en attendant la décision de l'Union africaine", a poursuivi M. Gadio, avant d'ajouter que l'arrêté du ministre de l'Intérieur daté de vendredi "a été rapporté (annulé)". L’affaire Hissène Habré est donc frappée d’un grand flou, d’une grande incertitude. Il est à craindre que les considérations politiques prennent le dessus sur une application juste du droit international. Reste à savoir ce que décideront les dirigeants africains au prochain sommet de l’UA qui se tiendra à Khartoum les 23 et 24 janvier prochains.
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Liberté de la presse et présomption d’innocence
Cour européenne des droits de l’homme, Sébastien TOUZÉ
La première section de la Cour européenne des droits de l’Homme siégeant en Chambre a rendu le 24 novembre 2005 son arrêt dans l’affaire Tourancheau et July c. France. En l’espèce, la Cour conclut par quatre voix contre trois à la non-violation de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme. Cet arrêt rendu à une très faible majorité retient l’attention en raison de l’opinion dissidente des trois juges, Costa, Tulkens et Lorenezen qui présentent un argumentaire dense et complet dont la qualité principale est d’être aussi (si ce n’est plus) convainquant que la décision rendue par la Cour en l’espèce. A l‘origine de l’affaire se trouve la publication d’un un article de Mme Tourancheau intitulé « Amour d’ados planté d’un coup de couteau », relatant les circonstances du meurtre d’une jeune fille tuée d’un coup de couteau en mai 1996. L’instruction criminelle était alors en cours et les deux suspects, un garçon et une fille alors âgés de 19 et 17 ans, B. et sa petite amie A., avaient été mis en examen. Tous deux s’accusaient mutuellement du crime, mais le jeune homme avait été remis en liberté tandis que la jeune fille était en détention provisoire. L’article relatait les circonstances dans lesquelles le meurtre s’était déroulé et détaillait les relations qu’entretenaient les deux suspects avant le meurtre. Il reproduisait notamment des extraits des déclarations faites par A. à la police ou au juge d’instruction et des propos de B. figurant au dossier de l’instruction ou recueillis lors de l’interview qu’il avait accordée à la journaliste. Sur le fondement de l’article 38 de la loi du 29 juillet 1881 relative à la liberté de la presse, des poursuites pénales furent engagées contre les requérants pour publication d’actes de procédure pénale avant leur lecture en audience publique. Les requérants ne contestèrent pas, qu’à quelques exceptions près, l’ensemble des citations et retranscriptions étaient strictement identiques à celles figurant dans le dossier d’instruction. Cependant, Mme Tourancheau affirma n’avoir jamais vu le dossier et avoir retranscrit les extraits d’audition et de pièces judiciaires sur la base des notes prises par B. à partir du dossier. En premier instance, les requérants furent déclarés coupables des faits qui leur étaient reprochés et se virent infliger chacun une amende de 10 000 francs français, soit environ 1 524,49 euros. Cette condamnation fut confirmée en appel, mais la peine d’amende fut assortie du sursis. Par un arrêt du 22 juin 1999, la Cour de cassation rejeta le pourvoi formé par les requérants. Dans l’intervalle, le 10 juin 1998, A. fut condamnée à huit ans d’emprisonnement pour homicide volontaire et B. à se vit infliger cinq ans de prison pour non-assistance à personne en danger. Invoquant la violation de l’article 10 seul et combiné avec l’article 14, les requérants ont invité la Cour à se prononcer sur les différentes jugements internes dont ils avaient fait l’objet. Toutefois, contrairement à toute attente, la Cour n’a pas suivi l’argumentation de la requête et a considéré qu’il n’y avait pas eu violation de la Convention. Constatant en premier lieu que la condamnation des requérants s’analysait en une ingérence dans leur droit à la liberté d’expression, la Cour s’en employée à justifier la limitation de cette liberté par l’Etat français et a opéré un contrôle de la conventionalité centré sur l’examen de la nécessité dans une société démocratique. Toutefois, avant cela elle a dû se prononcer sur la base légale de la mesure qui était avancée par les requérants comme étant obsolète et étant rédigée en des termes généraux et absolus contrairement aux exigences posées par la Convention. Cet argument, soutenu aussi par les juges dissidents, n’a cependant pas convaincu la Cour qui a estimé que l’article 38 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse était rédigé de façon suffisamment claire et explicite pour que les professionnels des médias puissent régler leur conduite et exercer leur profession conformément aux dispositions légales qui y sont énoncées. Ce faisant, et malgré une pratique jurisprudentielle quasi inexistante qui aurait permis de déterminer avec exactitude la portée concrète de l’article 38 de la loi de 1881, la Cour confirme la conventionalité de la législation française ayant fondé les différentes mesures internes prises à l’encontre des requérants.
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Ce qui peut éventuellement surprendre c’est qu’au regard de son libellé (« Il est interdit de publier les actes d’accusation et tous autres actes de procédure criminelle ou correctionnelle avant qu’ils aient été lus en audience publique (…) »), l’article 38 de la loi de 1881 ne fait état que de la publication d’actes formels de procédure alors que dans la présente affaire, les différents propos avancés dans l’article incriminé étaient tirés de simple entretiens que la journalistes avait eu avec l’accusé dans la procédure pénale qui y était relatée (ceci conduit d’ailleurs les juges dissidents à souligner très justement que si Mme Tourancheau n’avait pas mentionné ses sources, l’article 38 de la loi de 1881 ne lui aurait pas été appliqué, § 4 de l’opinion dissidente). La Cour, en procédant de la sorte, étend indirectement la portée de cette disposition du droit de la presse, en l’élargissant à la substance même des actes de procédure. Au regard de l’existence d’un but légitime, la Cour estime que les buts poursuivis par cette ingérence correspondent à la protection de « la réputation et des droits d’autrui » et à la garantie de « l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire ». L’orientation suivie ici démontre que le raisonnement principal s’oriente non pas sur la liberté de la presse mais sur la présomption d’innocence. Ceci se vérifie dans l’examen de la nécessité dans le cadre duquel la Cour relève qu’alors que l’instruction en cours ne permettait pas de déterminer la culpabilité de A. ou de B., l’article soutenait la version des faits de B., interrogé par la requérante, au détriment de celle de A., mineure incarcérée. Ce faisant l’article portait un regard partial sur la procédure remettant en cause le principe de la présomption d’innocence tel que visé à l’article 6 § 2 de la Convention. Ceci se vérifie spécialement lorsque la Cour avance que les motifs retenus par les juridictions françaises pour justifier l’ingérence dans le droit des requérants à la liberté d’expression étaient « pertinents et suffisants » au regard de l’article 10 § 2 de la Convention. Celles-ci ont souligné les conséquences néfastes d’une diffusion de l’article sur la protection de la réputation et des droits de A. et de B. et de leur présomption d’innocence, ainsi que sur l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire, du fait de l’impact éventuel de l’écrit sur des juges non professionnels composant un jury. La Cour est d’avis que l’intérêt des requérants à communiquer et celui du public à recevoir des informations au sujet du déroulement d’une procédure pénale et sur la culpabilité des suspects, alors que l’instruction judiciaire n’était pas terminée, n’était pas de nature à l’emporter sur les considérations invoquées par les juridictions. Sur ce point, les juges dissidents critiquent assez fermement la pesée des intérêts mise en œuvre par la majorité et font état de l’absence de prise en compte des positions du Conseil de l’Europe en matière de liberté de la presse au regard des procédures pénales. Prenant appui sur la Recommandation Rec(2003)13 du Comité des Ministres, les juges Costa, Tulkens et Lorenzen, rappellent que les médias ont « le droit d’informer le public eu égard au droit de ce dernier à recevoir des informations et soulignent l’importance des reportages réalisés sur les procédures pénales pour informer le public et permettre à celui-ci d’exercer un droit de regard sur le fonctionnement du système de justice pénale ». En d’autres termes, les juges soulignent ici la prévalence du droit de regard public sur l’appareil judiciaire national et rappellent l’importance et le rôle des médias dans cette composante essentielle de toute société démocratique (position soutenue par la Cour dans l’affaire Worm c. Autriche du 29 août 1997, req.n° 227/14/93). Malgré cette argumentation, la Cour conclut que la condamnation des requérants constituait une ingérence dans leur liberté d’expression « nécessaire dans une société démocratique » pour protéger la réputation et les droits d’autrui et garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire. Elle conclut dès lors, à la non-violation de l’article 10.
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Tribunal de Première Instance des Communautés Européennes Droit de modification des quotas d’émissions de gaz à effet de serre Royaume-Uni contre Commission (T-178/05) Florina COSTICA
Le Tribunal de Première Instance des Communautés Européennes a jugé, dans un arrêt rendu le 23 novembre dernier, que le Royaume-Uni avait le droit de proposer des modifications à son plan d'allocation des quotas d'émissions de gaz à effet de serre (PNA). D’après le jugement, la Commission devrait accepter ces modifications, même si elles avaient pour conséquence d'augmenter la quantité totale des quotas d'émission, et cela après l'adoption par la Commission de sa décision concernant le PNA de cet Etat membre (voir le communiqué de presse du Tribunal). Il convient de rappeler, tout d’abord, qu’en tant que leader international dans la mise en œuvre des objectifs environnementaux visant à réduire les gaz à effet de serre et à lutter contre le changement climatique, l’Union européenne a mis au point un système d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre (EU ETS), le premier dans son genre au monde, qui s’emploie à gérer au moindre coût le respect par les Etats membres des engagements pris en vertu du Protocole de Kyoto.En vertu de ce système, les entreprises participantes –sont visées quelques 12 000 installations qui se trouvent à l’origine de près de la moitié des émissions européennes de CO2 –pourront acheter et vendre des quotas d’émissions décidées à l’avance par leur Etat sur la base d’un PNA ; l’idée sous-jacente est de créer une pénurie sur ce marché,soumis d’ailleurs aux règles communautaires de la concurrence, afin de réduire globalement les émissions nocives. Les PNA sont soumis à une évaluation par la Commission, qui prendra en compte les critères mentionnés dans l’annexe III et l’article 10 de la directive 2003/87/CE (modifiée par la directive 2004/101/CE), afin d’établir l’adaptation de la politique étatique aux objectifs environnementaux et économiques se trouvant au cœur du système d’échange. Le système d’échange ne vise pas d’assumer des nouveaux objectifs environnementaux, mais simplement d’assurer l’accomplissement des objectifs assignés par le Protocole de Kyoto. Au titre de ces engagements, « l’Europe des quinze » devrait réduire de 8% ces émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2012. La réduction des émissions britanniques se chiffre à 12,5%. Contrairement à ce que la Commission aurait pu penser il y a quelques mois (voir le MEMO 05/84 du 8 mars 2005), la marge de manœuvre des Etats dans ce domaine est assez grande et l’adoption des « ajustements étatiques ex post » vient d’être entériné par cet arrêt du Tribunal de Première Instance. Le Royaume-Uni invoque la directive 2003/87/CE et la décision de la Commission du 7 juillet 2004 que la Commission aurait violé par sa décision du 12 avril 2005 qui rejette l’augmentation des quotas demandée par le Royaume-Uni dans son PNA. L’argumentaire britannique (§ 25 à 34 de l’arrêt) met d’abord en exergue le caractère provisoire du premier PNA (§25 à 28 de l’arrêt). Les modifications proposées par un Etat membre dans son PNA peuvent englober des mesures prises en tenant compte de la consultation publique engagée par l’Etat membre conformément à la directive et, de surcroît, ces modifications pourront envisager des modifications autres que les « insuffisances » révélées par la Commission (§ 29 à 33 de l’arrêt). L’accent est mis, dans ce contexte, sur l’importance de la prise en compte des commentaires du public, qui ne sauraient être empêchées ou restreintes par la Commission, tel que prévu dans la directive 2003/87/CE. Par conséquent, les modifications concernant des augmentations des quotas ne seraient pas interdites (§34). Même en acceptant le caractère provisoire du PNA soumis initialement par le Royaume-Uni, la Commission rappelle que ce pays voudrait donner un exemple dans la lutte contre le changement climatique (voir site DEFRA) et que pour répondre aux soucis de cohérence du système d’échanges des quotas et de stabilité de ce marché, les modifications soumises par cet Etat membre ne pourraient pas faire l’objet d’une nouvelle décision, sans perturber le système d’échanges des quotas d’émission de gaz à effet de serre (§ 35 à 38). Comme la directive 2003/87/CE établit un système d’échanges applicable à partir de 1er janvier 2005, il résulte pour la Commission que les éventuelles modifications des PNA ne pourront viser que la correction des incompatibilités qu’elle a détectées. Ainsi, une seconde consultation publique ne servirait pas à modifier les quotas alloués, au risque d’un dysfonctionnement profond qui entacherait l’intégralité du système. A son avis, cette seconde consultation porterait uniquement sur la manière dont la décision de la Commission relative au PNA devrait être mise en œuvre dans le cadre de son champ d’application ainsi que sur les aspects sur lesquels l’État membre peut exercer son pouvoir d’appréciation (§ 40). Etant le seul Etat à avoir demandé une augmentation de ses quotas à l’issue d’une seconde consultation, le Royaume-Uni ne saurait donc pas prétendre transformer son « intention » préliminaire des quotas en décision finale, après que la Commission ait pris sa propre décision en ce sens (§39 à 43). Afin d’assurer l’effectivité du système communautaire d’échange de quotas, la Commission met en avant la nécessité d’une approche restrictive concernant les modifications des PNA. De l’avis de la Commission, le seul moyen de sauvegarder les moyens offerts par la directive dans la lutte contre le changement climatique est de n’accepter aucune justification qui viserait à accroître les quotas alloués (§ 44 à 49). Le raisonnement du Tribunal se concentre sur l’interprétation des articles 9 à 11 de la directive 2003/87/CE (modifiée par la directive 2004/101/CE), afin de circonscrire les pouvoirs y découlant pour la Commission, d’une part, et pour les Etats membres, d’autre part. En rappelant la procédure établie par la directive 2003/87/CE, le Tribunal met en exergue l’importance de la consultation publique dans le cadre des PNA et tire les conséquences de cette consultation, en arrivant à la conclusion qu’une modification du PNA par un Etat membre peut concerner des aspects autres que les irrégularités signalées par la Commission, y compris des augmentations des quotas alloués initialement. En effet, « [r]ien dans les termes de la directive 2003/87 ou dans la nature ou les objectifs du régime qu’elle établit n’exclut la possibilité d’une telle augmentation », poursuit le jugement dans son § 58.
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Tout au long de son raisonnement, le Tribunal rappelle l’obligation pour la Commission d’examiner un PNA sur la base des critères énoncés à l’article 10 et à l’annexe III de la directive 2003/87/CE (voir §50, §54, §57, §60, §61 de l’arrêt), ce qui n’a pas été le cas en l’espèce, la simple demande d’augmentation des quotas étant considérée par la Commission comme incompatible avec la directive 2003/87/CE. Ces critères, dit le Tribunal, constituent la seule base juridique pouvant justifier l’adoption ou le rejet, total ou partiel, d’un PNA. La Commission n'a pas démontré, dit-il, que l'intention du Royaume-Uni d'allouer un total de 756,1 Mt CO2 - soit une augmentation de 2,7% de ses quotas - aurait pu déstabiliser le marché, alors que cette intention a été annoncée sept semaines avant l'ouverture de ce même marché. D'autant plus, conclut-il, qu'à la date à laquelle le Royaume-Uni a proposé ses modifications - le 10 novembre 2004 - la Commission n'avait toujours pas pris de décision pour ce qui concerne les PNA de neuf Etats membres (§70 de l’arrêt). « En effet, l’affirmation de la Commission selon laquelle les modifications proposées auraient de sérieuses conséquences sur la pénurie de quotas et un impact significatif sur le prix du marché est à tout le moins excessive » (§68 de l’arrêt). L’approche suivie par le Tribunal ne manque pas de surprendre sur un point de tension tant invoqué par les opérateurs économiques depuis la mise en place du système d’échange des quotas. Ainsi, en rappelant les dispositions pertinentes de la directive 2003/87/CE, le Tribunal considère nécessaire un aménagement entre les objectifs de Kyoto et « les besoins de l’économie européenne ». La directive 2003/87/CE, poursuit le Tribunal, vise à établir « un marché européen performant de quotas », mais tout « en nuisant la moins possible au développement économique et à l’emploi » (§60 de l’arrêt). Faisant l’objet d’une procédure accélérée, cet arrêt fait planer, au premier abord, l’inquiétude quant au comportements futurs des autres Etats membres pour ce qui est des augmentations éventuelles de leurs quotas d’émissions. Intervenu quelques jours avant l’ouverture de la Conférence de Montréal qui discutera le futur cadre juridique pour la lutte conte le changement climatique, cet arrêt semblerait une atteinte à la main de fer de la Commission dans le respect des engagements par les Etats membres dans le cadre du Protocole de Kyoto. Dans un communiqué de presse, la verte britannique Caroline Lucas s’indigne de cette décision du Tribunal et reproche à Tony Blair d'avoir « réussi à miner le régime d'échange d'émissions de l'UE ». Elle considère que « la seule manière [pour le Premier ministre britannique] de garder un minimum de crédibilité à propos du changement climatique est d'obtenir de la Conférence de Montréal, la semaine prochaine, un accord sur un traité succédant au Protocole de Kyoto, fondé, cette fois-ci, sur des objectifs contraignants, et pas simplement volontaires ». Il convient néanmoins de porter quelques tempéraments à cette potentielle entrave aux objectifs européens de Kyoto que représente cet arrêt. D’abord, il est susceptible d’un recours portant sur des questions de droit, dans les deux mois suivant sa notification, devant la Cour de Justice des Communautés. Ensuite, cet arrêt a bien souligné l’exigence pour les PNA de remplir les critères prévus à l’article 10 et à l’annexe III de la directive 2003/87/CE, une sorte de garde-fou incontestable pour des éventuelles augmentations injustifiées de la part des autres Etats membres. En dernier lieu, l’attention consacrée par les politiques européennes à la lutte contre les effets nocifs du changement climatique est une certitude dont l’actualité immédiate n’arrête pas d’offrir des exemples. En ce sens, il suffit de rappeler le programme LIFE, le Rapport publié le 1er décembre dernier par l’Agence européenne pour l’Environnement, le feu vert donné, le 2 décembre dernier, par le Conseil pour l’Environnement à la Commission pour qu'elle inclue dans les plus brefs délais le secteur de l'aviation dans le système communautaire d'échanges de quotas d'émissions de gaz à effet de serre ou encore l’ambitieuse politique environnementale annoncée par le Parlement le 16 novembre dernier qui vise une réduction d’émissions de gaz à effet de serre de 30% dans l’ensemble de l’Union à l’horizon 2020, voir de 60-80% d’ici 2050. Tout cela sans oublier le lancement par la Commission, le 1er décembre dernier, d’une plateforme technologique visant à donner un coup de pouce, par le biais de la recherche, aux productions d’énergie sans dioxyde de carbone. Il n’en reste pas moins que l’arrêt du 23 novembre dernier traduit un point de tension entre l’approche économique et celle environnementale. Lors de la réunion de Londres sur le climat, dans le cadre du G8 Gleneagles, qui a réuni le 1er novembre dernier les ministres de l’énergie et de l’environnement des 20 pays, Tony Blair a souligné la tension entre ces deux approches : "The blunt truth about the politics of climate change is that no country will want to sacrifice its economy in order to meet this challenge[…] But all economies know that the only sensible, long-term way to develop is to do it on a sustainable basis"(voir la déclaration). La voix des entreprises européennes qui demande depuis longtemps la fin de l’isolation de la politique communautaire en matière de changement climatique, porteuse d’avancements environnementaux certes, mais aussi de déséquilibres commerciales importantes au niveau des échanges transatlantiques, malgré les réformes fiscales environnementales, commence à se faire entendre. Le défi communautaire de la coordination internationale sur la lutte contre le changement climatique reste la politique de persuasion que l’Union a entamé envers les Etats-Unis et la Chine. A ce sujet, la Conférence qui se déroule ces jours-ci à Montréal sera révélatrice des tendances à adopter à l’avenir sur les outils juridiques de lutte contre le changement climatique.
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La Francophonie adopte la charte de Antananarivo Jacobo Ríos Rodríguez
A l’occasion de la 21e session de la Conférence ministérielle de la Francophonie qui s’est tenue à Antananarivo les derniers 22 et 23 novembre 2005, les ministres de la Francophonie ont adopté une nouvelle Charte qui reforme la structure de l’Organisation. L’Organisation internationale de la Francophonie n’a pas été constituée en une seule fois, mais à travers des étapes successives dont le premier pas fut la création, en 1970, de l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT). Depuis 1997, des difficultés de fonctionnement entre les différentes institutions qui avaient été créées progressivement ont commencé à apparaître, en particulier autour des relations entre l’OIF et le principal opérateur de la Francophonie, l’Agence intergouvernementale de la Francophonie. Il est utile de rappeler que, tout au long de l’histoire de cette organisation, l’accent a toujours été mis sur la dimension culturelle de sa mission plutôt que sur le côté institutionnel. Toutefois, des manifestations d’un changement sur cet aspect s’étaient fait sentir depuis le Sommet de Ouagadougou, qui établissait aussi les principales missions de l’Organisation pour les prochaines 10 années. Aujourd’hui réunis à Antananarivo, sous le mandat d’un Secrétaire général, Abdou Diouf, caractérisé par la recherche du consensus, tous les membres étaient concertés sur la nécessité d’une reforme. Les deux principales considérations étaient l’avènement de l’OIF en tant qu’entité juridique complète, et la nécessité de donner au Secrétaire général les moyens indispensables à l’action politique de l’Organisation. Comme l’avait indiqué Brigitte Girardin, ministre française déléguée à la Coopération, au Développement et à la Francophonie, «il est grand temps de changer l’association en Organisation. La Francophonie doit être une organisation internationale à part entière, gérée par un secrétaire général et un administrateur ».
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L’objectif était ainsi le renforcement de l’Organisation intergouvernementale avec une nouvelle Charte qui devrait être le document de référence pour la prise de décisions. Rationalisant et dynamisant le fonctionnement de la Francophonie, la Charte fait disparaître l’Agence intergouvernementale et elle donne au Secrétaire général les pouvoirs nécessaires pour gérer l’OIF. « Le Secrétaire général conduit l’action politique de la Francophonie, dont il est le porte-parole et le représentant officiel au niveau international » (article 7 de la Charte). En outre, le Secrétaire général présidera un conseil de coopération chargé d’assurer la cohésion de l’action entre l’Organisation et « les opérateurs directs et reconnus du Sommet, qui concourent, dans les domaines de leurs compétences, aux objectifs de la Francophonie » (article 2.5 de la Charte) : l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), TV5, l’Université Senghor d’Alexandrie et l’Association internationale des maires francophones (AIMF). Les réactions, une fois la Charte adoptée, ont montré la satisfaction des membres. Ils ont souligné ses effets positifs, la qualifiant comme un pas en avant. « Cela permettra une plus grande transparence et le contrôle administratif et financier par le secrétaire général. Celui-ci s’appuiera, durant son mandat, sur l’administrateur qui aura la pleine responsabilité de la gestion administrative et financière de l’Organisation et en répondra au Secrétaire général », signale Monique Gagnon-Tremblay, ministre québécoise des Relations internationales et ministre responsable de la Francophonie. En somme, « Antananarivo a porté chance », a déclaré le président sortant de la conférence ministérielle, Youssouf Ouédraogo. Signifiait-il que la Charte permettra finalement à la Francophonie de jouer le rôle de catalyseur de l’action de ses membres, tant souhaité par son Secrétaire général ?
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Conférence de la francophonie : opérations de maintien de la paix et disponibilité d'effectifs francophones Anne RAINAUD
La conférence sur la francophonie qui s'est tenue à Madagascar (22 novembre 2005) a débattu de la question de la présence francophone dans les opérations de maintien de la paix (OMP). La ministre déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie, B. Girardin, a déclaré que "la préservation de la paix, de la stabilité et de la démocratie dans l'espace francophone constituent des questions à mon sens prioritaires pour l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF)" (cf. discours de B. Girardin, 22 novembre 2005). Elle relève néanmoins le déficit en effectif francophone parmi les casques bleus intervenant en pays francophones ("moins de 10 % de l'effectif total - sont originaires de pays francophones") alors que 37.000 soldats et policiers sont déployés au sein de 4 opérations de maintien de la paix dans de tels Etats (l'ONUCI en Côte d'Ivoire, la MINUSTAH en Haïti, l'ONUB au Burundi, la MONUC en République démocratique du Congo). Le facteur linguistique ne devrait pas être sous-estimé. Mme Girardin avance à juste raison dans son discours précité, qu'une "bonne connaissance de la langue du pays par les personnels des Nations unies, ou du moins les personnels d'encadrement, est essentielle pour l'établissement d'un rapport de confiance avec la population et la mise en œuvre des missions de maintien de la paix, qui sont de plus en plus des tâches de proximité". Elle exhorte ainsi l'OIF et ses Etats membres à se mobiliser davantage pour soutenir les OMP en pays francophones : "nous avons le devoir de soutenir nos partenaires francophones en difficulté" et de jouer "un rôle de sensibilisation, au sein même de l'ONU, sur l'exigence de maîtrise de la langue française qu'il convient d'avoir vis-à-vis des casques bleus qui sont envoyés dans les pays francophones".
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L'OIF est donc un acteur de la sécurité internationale : " l'action en matière de paix, démocratie et justice constitue un champ prioritaire"; et il est vrai que "la résolution 1631 sur le renforcement de la coopération entre l'ONU et les organisations régionales en matière de maintien de la paix, crée à cet égard un cadre favorable pour que l'OIF fasse valoir ses préoccupations en la matière" (cf. Conseil de sécurité, 17 octobre 2005, CS/8526). La France, quant à elle, "entend assumer toute sa part dans la contribution à apporter aux opérations de maintien de la paix dans les pays francophones" (elle est le 5ème contributeur financier aux opérations de maintien de la paix de l'ONU; sa quote-part est de 7,26 % du budget total, précise la ministre qui signale également l'implication de la France au niveau européen dans les cadres de la Politique étrangère de sécurité et de défense, et de la gestion civile des crises). |
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OMC réunion de Hong-Kong 30 novembre 2005 Guillaume AREOU
Le Directeur général de l’OMC, Pascal Lamy, a présenté le premier projet de texte en vue de la réunion ministérielle de Hong-Kong. Dans le même temps, l’OMC recevait deux nouvelles propositions sur le coton, l’une provenant de quatre pays africains, et l’autre de l’Union européenne. · 1er projet de texte Ce projet de texte, qui n’est pas un accord d’ensemble, donne une importance centrale à la dimension « développement ». Cet objectif ne pourra être atteint que si les Etats membres de l’OMC intensifient les négociations. Ainsi, l’établissement d’une feuille de route pour 2006 a été souhaité par plusieurs parties pour d’une part, consolider les acquis d’un accord à Hong-Kong et d’autre part, pour conclure le cycle de Doha dans le même temps. Une pression continue doit donc être exercée pour que les négociations progressent. Plusieurs secteurs sont concernés à cet égard : l’agriculture, l’accès aux marchés pour les produits non-agricoles, les services et la propriété intellectuelle. Après avoir constaté des avancées, certes insuffisantes dans l’ensemble de ces secteurs, le Directeur général de l’OMC souhaitent que les parties redoublent d’efforts pour atténuer leurs divergences. Les négociations ont d’autre part avancé de manière significative dans les domaines de l’environnement, du traitement spécial et différencié ainsi que sur la coopération technique. Le commerce et l’environnement sont étroitement liés. Les progrès sur les relations entre les règles de l’OMC et les obligations commerciales spécifiques énoncées dans les accords environnementaux multilatéraux sont ainsi encourageants. Le traitement spécial et différencié est également d’une grande importance puisqu’il doit permettre aux pays les moins développés d’accéder au commerce international. L’objectif du réexamen de toutes ces dispositions doit permettre le renforcement de ces mesures en les rendant plus précises, plus effectives et plus opérationnelles. Ce traitement différencié concerne en premier lieu les pays qui bénéficient d’une assistance technique. L’accroissement de cette assistance doit se poursuivre, notamment en associant de manière plus étroites les programmes avec les besoins de ces pays. Le projet de texte prévoit enfin une intégration effective et véritable des pays les moins avancés dans le système commercial international. Des mesures spécifiques devront être adoptées pour faciliter leur intégration sans toutefois créer une sous-catégorie dans une organisation qui se veut universelle.
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· Nouvelles propositions sur le coton Quatre pays africains (le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad) sont à l’origine de cette nouvelle proposition. Cette offre prévoit une élimination totale des subventions à l’exportation d’ici la fin de l’année. Le soutien interne, deuxième pilier des négociations sur le coton, serait éliminé de manière progressive. Cette aide serait réduite de 80% d’ici la fin 2006 et de 10% en 2007 et 2008. L’élimination serait totale en 2009. L’accès aux marchés est également une mesure revendiquée par les quatre pays africains. Enfin, la particularité de cette offre tient à la volonté de créer un fonds d’urgence en cas d’effondrement des prix sur le marché du coton. Cette proposition a reçu le soutien des Etats membres du G20. La proposition européenne prévoit elle une réduction plus importante pour le coton que dans le secteur agricole. L’Union européenne est ainsi prête à éliminer tous les droits, contingents et autres restrictions quantitatives sur l’importation provenant de tous les pays. Ces engagements pourraient être pris dès la fin 2006. Les Etats-Unis ont réagi aux deux propositions en affirmant leur volonté d’éliminer les aides internes et les subventions à l’exportation. Ils proposent ainsi une élimination immédiate des subventions à l’exportation et une réduction substantielle du soutien interne. L’assistance au développement constitue le second volet de leur proposition. Pour cela, une série de programmes de financement est établie. Comme l’affirme Ferdinando Riccardi, « les vrais problèmes et les vrais objectifs [de la Conférence ministérielle] sont maintenant sur la table ». Le potentiel du Cycle de Doha en matière de développement ne doit donc pas être réduit, il doit rester au contraire ambitieux.
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OMC Rapport de l'Organe d'appel
Mexique - mesures 29 novembre 2005 Suany MAZZITELLI
Le 29 novembre 2005, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a publié le rapport de l’Organe d’appel (OA) concernant le différend « Mexique – mesures antidumping définitives visant la viande de boeuf et le riz, Plainte concernant le riz » (voir résumé des procédures dans les affaires concernant les Etats-Unis). En juin 2002, le Mexique avait imposé aux Etats-Unis des mesures antidumping concernant le riz long grain. En décembre 2002, il avait également voté des amendements concernant ses dispositions législatives en matière de dumping et de droit compensateurs. Le 16 juin 2003, les Etats-Unis avaient demandé l’ouverture de consultations avec le Mexique devant l’OMC. Les Etats-Unis reprochaient au Mexique d’avoir violé un certain nombre de dispositions de l’accord sur la mise en application de l’article VI de l’accord générale sur les tarifs douaniers et le commerce de 1994 (Accord antidumping) et de l’accord sur les subventions et les mesures compensatoires (Accord SMC) (voir résumé de l’affaire) (voir aussi Etats-Unis affaires en cours, pour la procédure jusqu’en août 2004 et la publication sur le registre fédéral). Le 6 juin 2005, le Groupe spécial avait rendu son rapport en faveur des Etats-Unis (voir communiqué du 7 juin 2005), (voir aussi communiqué). L’appel (voir procédure d’appel) du Mexique visait à infirmer la décision du Groupe spécial du 6 juin 2005. Dans sa plainte le Mexique invoquait notamment l’article 6 :2 du Mémorandum d’accord sur le règlement des différends, concernant la procédure de demande d’établissement du groupe spécial, l’existence d’un dommage pour son Etat, l’existence d’un dumping établi par son Ministère de l’économie, ainsi que l’interprétation erronée par le groupe spécial de la Loi sur le commerce extérieur (LCE) du Mexique et des arguments invoqués par les Etats-Unis à son égard. L’Organe d’appel dans ses constatations et conclusions confirme les conclusions du groupe spécial. Une seule exception concerne la détermination de l’existence d’un dumping. En effet, l’ OA a infirmé les conclusions selon lesquelles le Mexique a agi d’une manière incompatible avec les articles 6.1, 6.10 et 12.1 de l’accord antidumping, en ce qui concerne les exportateurs que le Ministre de l’économie n’a pas soumis à l’enquête. Au delà de cette exception, le rapport de l’OA est nettement favorable aux Etats-Unis (voir communiqué). L’Organe d’appel constate en particulier que « le Groupe spécial n’a pas outrepassé son mandat » en concluant que l’utilisation par le Ministre de l’économie d’une période couverte par l’enquête se terminant en août 1999 était incompatible avec les articles 3.1, 3.2, 3.4, et 3.5 de l’Accord antidumping.
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Il constate que « le Groupe spécial n’a pas fait d’erreur en considérant que des éléments prima facie avaient été fournis concernant la compatibilité des dispositions contestées de la LCE avec les obligations du Mexique au titre de l’Accord antidumping et de l’Accord SMC » et qu’il n’a pas non plus « fait abstraction de l’article 2 de la LCE, ou de l’argument du Mexique y relatif, en concluant que les dispositions contestées de la LCE étaient des mesures impératives ». L’OA constate également que dans son interprétation de l’article 93V de la LCE, le Groupe spécial « n’a pas manqué » à ses obligations au titre de article 11 du Mémorandum d’accord sur le règlement des différends, qui concerne la fonction des groupes spéciaux. Les Etats-Unis ont accueilli avec satisfaction le rapport de l’Organe d’appel (voir communiqué). Le Représentant pour le commerce des Etats –Unis, Rob Portman, s’est exprimé ainsi: “We are pleased with today's report, which confirms our view that Mexico's determination was inconsistent with its WTO obligations," said Ambassador Rob Portman. "While trade remedy laws are an essential part of the international trading system, they must be used in accordance with the rules. Mexico's determination breached those rules, and we believe that disadvantaged our rice farmers. We are pleased that the Appellate Body agreed. Today's report is a great result for U.S. rice farmers, and another example of our continuing efforts to enforce our trade agreements. We are also pleased with the findings against Mexico's trade law. These findings will help improve access for U.S. exports in general to Mexico's market" (voir communiqué). Il faut également rappeler que les Etats-Unis sont impliqués dans deux autres différends concernant le riz, l’un avec l’Union européenne (voir communiqué) et l’autre concernant la Turquie (voir communiqué) (voir également communiqué du 2 novembre 2005 des Etats-Unis concernant les mesures antidumping illégales en vertu des accords OMC).
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OMC Affaire Etats-Unis – Mesures antidumping visant les OCTG en provenance du Mexique Rapport de l’Organe d’appel (WT/DS282/AB/R) 2 novembre 2005 Guillaume AREOU
Le contentieux relatif aux produits tubulaires pour champs pétrolifères (« OCTG ») est riche et complexe. Riche car il fait l’objet de deux procédures distinctes devant l’OMC, la première initiée par le Mexique et la seconde par l’Argentine. Complexe puisque dans le cas du différend opposant le Mexique aux Etats-Unis, le litige a également été porté devant l’Alena. La procédure ouverte devant l’OMC concerne le maintien de droits antidumping visant les OCTG en provenance du Mexique après le réexamen à l’extinction de ces droits. Procédure Le Groupe spécial a conclu que les dispositions visées dans le Sunset Policy Bulletin sont incompatibles avec l’article 11 :3 de l’Accord antidumping. Cet article dispose : « […] tout droit antidumping définitif sera supprimé cinq ans au plus tard à compter de la date à laquelle il aura été imposé […] à moins que les autorités ne déterminent, au cours d'un réexamen entrepris avant cette date, soit de leur propre initiative, soit à la suite d'une demande dûment justifiée présentée par la branche de production nationale ou en son nom, […] qu'il est probable que le dumping et le dommage subsisteront ou se reproduiront si le droit est supprimé. Le droit pourra demeurer en vigueur en attendant le résultat de ce réexamen. » Le Groupe spécial a constaté que les « dispositions [du Sunset Policy Bulletin] établissent une présomption irréfragable selon laquelle il est probable que le dumping subsistera ou se reproduira si le droit antidumping est supprimé. » Le Mexique et les Etats-Unis ont fait appel de certaines questions de droit conformément aux articles 16 :4 et 17 du Mémorandum d’accord sur les règles et procédures régissant le règlement des différends.
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Rapport de l’Organe d’appel L’Organe d’appel a examiné trois aspects du rapport du Groupe spécial. Il a affirmé, tout d’abord, qu’il n’existe pas de prescription imposant d’établir l’existence d’un lien de causalité entre le dumping probable et le dommage probable dans une détermination dans le cadre d’un réexamen au titre de l’article 11 :3 de l’Accord antidumping. Le Groupe spécial n’a donc pas agi de manière incompatible. Les conclusions du Groupe spécial en matière de cumul ont été confirmées. La décision de l’USITC (Commission du commerce international américaine) de procéder à une évaluation cumulative des importations pour établir la détermination de la probabilité d’un dommage n’est pas incompatible avec les articles 3 :3 et 11 :3 de l’Accord antidumping. Enfin, l’Organe d’appel a infirmé les constatations du Groupe spécial relatives à l’évaluation de la compatibilité du Sunset Policy Bulletin, en tant que tel, avec l’article 11 :3 de l’Accord antidumping. Le Groupe spécial n’a pas procédé à une évaluation objective de la question.
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Union européenne : Guillaume AREOU
L’Union européenne a réformé un secteur auquel elle n’avait pas touché depuis plus de quarante ans. Cette réforme répond aux exigences des conclusions prises par le Groupe spécial de l’OMC dans l’affaire relative au sucre (Voir Communiqués de presse du Brésil et de l’Australie). La principale mesure concerne la baisse du prix du sucre de 36% sur une période de quatre ans. Cette réduction sera progressive : 20% en 2006, 27,5% en 2007, 35% en 2008 et 36% en 2009. Cette réduction du prix du sucre est accompagnée de mesures incidentes prévoyant des compensations financières pour les producteurs de betteraves. Ces agriculteurs percevront une indemnisation correspondant en moyenne à 64,2% de la réduction des prix moyens d’un paiement découplé subordonné au respect des normes de gestion de l’environnement et des terres. De plus, les achats à l’intervention des excédents de produits seront supprimés progressivement après quatre ans. Enfin, un régime volontaire de restructuration avantageux a été mis en place. Il vise à inciter les pays les moins compétitifs à quitter le marché du sucre. Pour cela, une enveloppe budgétaire de 40 millions d’euros a été allouée pour l’année 2006. Elle devra permettre de faire face aux fermetures d’usines et de financer le développement de nouvelles activités dans les régions les plus touchées.
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Cette réforme aura pour effet de rendre plus compétitif le secteur sucrier de l’Union européenne, de garantir un avenir durable sur le long terme et d’harmoniser un des secteurs de la Politique Agricole Commune. Cette réforme doit ainsi profiter aux pays en développement et aux pays les moins avancés qui bénéficieront d’un libre accès sur le marché européen à partir de 2009. Ces pays continueront à bénéficier d’un accès préférentiel sur le marché communautaire avec des prix avantageux. La France a quant à elle obtenu de l’Union européenne une aide spécifique pour ces départements d’Outre mer. Les négociations de cette réforme ont été âpres puisque plusieurs pays dont l’Irlande et la Pologne avaient marqué leur hostilité. Cependant, le soutien originelle de la France et de l’Allemagne a semble-t-il suffi à réunir un nombre de voix suffisants pour adopter la réforme. L’Union européenne a démontré sa capacité à réformer la Politique Agricole Commune et renforce ainsi sa position dans les négociations commerciales au sein de l’OMC.
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Fin de l’Assemblée de l'OMI Tidiani COUMA L'Organisation Maritime Internationale a tenu la 24ème session de son Assemblée du 21 Novembre 2 Décembre 2005, à Londres. Au terme de cette session, elle a adopté nombre résolutions. L'Assemblée de l’OMI se réunit tous les deux ans. Sont présents les 165 États Membres, trois membres associés ainsi les que les organisations internationales avec lesquelles des accords de coopération ont été signés. L’adoption de ces résolutions annonce une ère nouvelle pour l’OMI. Elles permettront à l’organisation d’avoir les outils adéquats pour mener à bien ses missions. L’OMI a adopté une quarantaine de conventions et protocoles et plus de 800 recueils de règles, codes et recommandations ayant trait à la sécurité maritime, à la prévention de la pollution et à d’autres questions connexes. A l’ouverture de l’Assemblée le Secrétaire général de l'Organisation Maritime Internationale a souligné le rôle du transport maritimes dans le développement économique. Piraterie : L’Assemblée de l’OMI a adopté une résolution sur la piraterie et les attaques armées contre des Les navires sur les côtes et dans les eaux adjacentes de la Somalie. C’est sur recommandation du Secrétaire général Efthimios E. Mitropoulos de l’IMO que résolution a été soumise à l'Assemblée. L’Assemblée de l’OMI a annoncé que le problème de la piraterie et des attaques armées contre des navires dans ces zones devrait être porté à la connaissance du Conseil de sécurité des Nations Unies. La résolution condamne et déplore tous les actes de la piraterie et d’attaque armée contre des navires et fait appel à toutes les parties, qui peuvent coopérer, d’agir, conformément aux règles du droit international a fin d’assure la sécurité du trafic maritime.
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La résolution autorise le secrétaire général de l’OMI à soumettre la résolution au secrétaire général des Nations Unies et de prendre toute autre action appropriée, y compris porter l’affaire à la connaissance du Conseil de sécurité. La résolution demande également secrétaire général de l’OMI de continuer de surveiller l’évolution de la situation et de faire rapport au Conseil de l’organisation. La résolution respecte entièrement les droits et l'intégrité territoriale de la Somalie et des dispositions appropriées du droit international, en particulier la convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Election d’un nouveau Conseil : La 24ème Assemblée de l'organisation maritime internationale a choisi les Etats membres de son Conseil pour l'exercice biennal 2006-2007. Le Conseil est l'organe exécutif de l’IMO et est responsable, sous l’égide de l'Assemblée, de diriger le travail de l'organisation et de co-ordonner le travail des comités. Entre les sessions de l'Assemblée le Conseil exécute toutes les fonctions de l'Assemblée, sauf celui de faire des recommandations aux gouvernements sur la sûreté et les questions de lutte contre la pollution marin.
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Assemblée générale des Nations Unies : adoption de la Convention des Nations Unies sur l’utilisation des communications électroniques dans les contrats internationaux Florina COSTICA
Le 23 novembre dernier, l’Assemblée générale a adoptée, sur la recommandation de la Sixième Commission, la Convention des Nations Unies sur l’utilisation des communications électroniques dans les contrats internationaux (voir communiqué de presse). Le projet de Convention avait été adopté par la CNUDCI, lors de sa 38ème session, en juillet dernier. Cette Convention tend à renforcer la sécurité juridique et la prévisibilité commerciale des contrats internationaux, tout en répondant à un besoin de pragmatisme, lié au développement des nouvelles technologies et à l’usage accrue des communications électroniques dans les relations commerciales. La Convention s’applique à l’utilisation de communications électroniques en rapport avec la formation ou l’exécution d’un contrat entre des parties ayant leur établissement dans des États différents. En entérinant la validité et la force exécutoire d’une communication ou d’un contrat se présentant sous forme de communication électronique, la Convention procède à la reconnaissance juridique des communications électroniques (article 8 de la Convention). De plus, aucune disposition de la Convention n’exige qu’une communication ou un contrat soit établi ou constaté sous quelque forme particulière que ce soit. La seule condition, posée par l’article 9 alinéa 2, est que l’information que ce contrat contient soit accessible pour être consultée ultérieurement. Enfin, la Convention prévoit l’utilisation de systèmes de messagerie automatisés pour la formation des contrats, permettant ainsi qu’aucune personne physique n’intervienne dans la procédure de formation d’un contrat. La Convention ne permet pas les réserves (article 22) et exclut de son champs d’application les communications en rapport avec des contrats à fins personnels, familiaux ou domestiques, ainsi que les opérations sur des marchés boursiers réglementés, les opérations de change ou encore tous les documents ou instruments transférables donnant droit au porteur ou bénéficiaire de demander la livraison de marchandises ou le paiement d’une somme d’argent (article 2).
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Après adoption par l’Assemblée générale, la Convention sera ouverte à la signature au Siège des Nations Unies à New York, du 16 janvier 2006 au 16 janvier 2008. Elle entrera en vigueur le premier jour du mois suivant l’expiration d’un délais de six mois après le dépôt du troisième instrument de ratification, conformément à son article 23 alinéa 1.
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Tribunal international du droit de la mer
discours du président Wolfrum
devant l'Assemblée générale
Tidiani COUMA
Le Président du Tribunal international du droit de la mer, M. le juge Rüdiger Wolfrum, a prononcé un discours5 devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Le Président du Tribunal de Hambourg a tenu ce discours, le 28 novembre 2005, à l’occasion de l’examen annuel du point de l’ordre du jour intitulé « Les océans et le droit de la mer ». A cette occasion, il a fait état des activités du Tribunal durant la période considérée. Dans son allocution, le Président Wolfrum a, notamment appelé l’attention des participants sur le fait que la compétence du Tribunal ne se fonde pas seulement sur la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, mais qu’elle peut également découler de tout accord international se rapportant aux buts de la Convention, qui confère expressément compétence au Tribunal. A cet égard, sept accords multilatéraux de ce genre, dont l’Accord de 1995 sur les stocks chevauchants et la Convention sur la protection du patrimoine subaquatique. de 2001, ont déjà été conclus.
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Le Président a engagé les Etats à envisager d’inclure des dispositions conférant compétence au Tribunal dans les futurs accords bilatéraux et multilatéraux relatifs aux questions se rapportant au droit de la mer.
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La CICTA impose des sanctions à Taipei Tidiani COUMA
La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA) a imposé des sanctions de l’ordre de 100 millions de dollars américains à l’endroit du Taipei chinois pour des activités de surpêche du thon obèse. « C’est la sanction la plus rigoureuse à avoir été imposée pour des activités de surpêche par une organisation régionale de gestion des pêches ». Le quota 2006 du Taipei chinois pour le thon obèse aurait été de 16 500 tonnes. Cependant, à la suite des sanctions de la CICTA, ce quota a été réduit à 4 600 tonnes, soit 3 300 tonnes pour la flottille ciblant le thon obèse et 1 300 tonnes de prises accessoires pour la flottille ciblant le germon. Cette réduction de 11 900 tonnes du quota du Taipei chinois équivaut à environ 100 millions de dollars américains. En plus de la réduction de quota, la CICTA a imposé des conditions strictes auxquelles les navires du Taipei chinois devront se conformer. Par exemple, un maximum de 15 navires seront autorisés à participer à la pêche du thon obèse, ce qui représente une diminution considérable par rapport au nombre de 100 bateaux ayant pris part à cette pêche en 2005. Si les navires de la flottille du Taipei chinois ne se conforment pas à la réduction de quota et aux autres conditions imposées, la CICTA décidera si elle doit imposer d'autres sanctions commerciales générales à l’endroit du Taipei chinois l’an prochain. La CICTA se classe au premier rang des organisations régionales de gestion des pêches pour ce qui est de la prise de sanctions commerciales visant à contrer le problème des pêches illicites, non déclarées et non réglementées (INN). L’organisation tient aussi une liste des navires soupçonnés de se livrer à ce genre d’activités dans la zone couverte par la convention de la CICTA. La CICTA est l’organisation régionale de gestion des pêches qui assure la gestion des stocks de thonidés, d’espadons et d’autres gros poissons pélagiques apparentés dans l’océan Atlantique et la mer Méditerranée. La Commission réunit actuellement 41 parties contractantes, des Amériques du Nord, du Sud et Centrale, de l’Europe et de l’Afrique, ainsi que de pays éloignés d’Asie.
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En plus de la réduction de quota, la CICTA a imposé des conditions strictes auxquelles les navires du Taipei chinois devront se conformer. Par exemple, un maximum de 15 navires seront autorisés à participer à la pêche du thon obèse, ce qui représente une diminution considérable par rapport au nombre de 100 bateaux ayant pris part à cette pêche en 2005. Si les navires de la flottille du Taipei chinois ne se conforment pas à la réduction de quota et aux autres conditions imposées, la CICTA décidera si elle doit imposer d'autres sanctions commerciales générales à l’endroit du Taipei chinois l’an prochain. La CICTA se classe au premier rang des organisations régionales de gestion des pêches pour ce qui est de la prise de sanctions commerciales visant à contrer le problème des pêches illicites, non déclarées et non réglementées (INN). L’organisation tient aussi une liste des navires soupçonnés de se livrer à ce genre d’activités dans la zone couverte par la convention de la CICTA. La CICTA est l’organisation régionale de gestion des pêches qui assure la gestion des stocks de thonidés, d’espadons et d’autres gros poissons pélagiques apparentés dans l’océan Atlantique et la mer Méditerranée. La Commission réunit actuellement 41 parties contractantes, des Amériques du Nord, du Sud et Centrale, de l’Europe et de l’Afrique, ainsi que de pays éloignés d’Asie.
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La France réaffirme sa position sur des ressources marines aux larges de Saint-Pierre-et-Miquelon Tidiani COUMA
La France a décidé de renforcer son contrôle à Saint-Pierre-et-Miquelon, une région riche en gisements d'hydrocarbures. Le Canada a étendu son influence à 370 miles marins au large de ses côtes. La France souhaite l'extension de sa juridiction au-delà des 200 miles marins, jusqu'aux limites du plateau continental. Pour ce faire, elle doit déposer, avant mai 2009, un dossier devant la Commission des limites du plateau continental de l'ONU. Depuis l’arbitrage international entre la France et le Canada en 1992 sur la délimitation territoriale, les îles Saint-Pierre-et-Miquelon ont connu une récession économique sans précédent. La décision de l’organe arbitral fut un coup très dur pour ces îles qui ne demandent qu'un développement économique durable. La gestion des zones se trouvant au-delà des 200 milles marins est désormais soumise à de nouvelles règles élaborées par les Nations Unies. Certains spécialistes du contentieux international considèrent que la sentence rendue par le tribunal arbitral de New York en 1992 et délimitant les frontières maritimes de la France et du Canada autour de Saint-Pierre-et-Miquelon, a été un échec. Les raisons en seraient connues : négligence, indigence des moyens matériels et humains avec lesquels la France a préparé ses plaidoiries, bref, désintérêt pour la défense de ses droits dans cette partie du monde ou plus exactement mauvaise appréciation des intérêts au cœur d'une zone pourtant riche en hydrocarbures, dont les Canadiens ont déjà largement entamé l'exploitation.
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Mais une nouvelle chance s'offre à la France, à condition de la saisir à temps. En effet l'article 76 de la Convention des Nations Unies le droit de la mer dispose que tous les Etats côtiers peuvent demander l'extension de leur juridiction au-delà des 200 milles marins jusqu'aux limites du plateau continental. La France a jusqu'en mai 2009 pour déposer, auprès de la commission onusienne compétente, un dossier qui doit contenir des relevés bathymétriques et sismiques et demande environ deux ans pour être constitué. Or rien n'est encore décidé, bien que Mme Girardin, alors ministre de l'outre-mer, ait annoncé en novembre 2004 qu'une sortie du navire de l'IFREMER Marion Dufresne allait être programmée début 2006 pour effectuer ces levées autour de Saint-Pierre-et-Miquelon. Le sujet est de toute première importance car la commission du plateau continental n'a pas mandat pour statuer sur les différends. Si la France annonce sa décision de déposer ce dossier, le Canada, qui a déjà fait connaître son intention d'étendre sa juridiction 170 milles marins au-delà des limites de sa zone économique exclusive actuelle, sera dans l'obligation soit de négocier, soit de se rendre devant un tribunal arbitral international. Il s'agit bien là d'une occasion inespérée de renégocier en 2007 les accords franco-canadiens sur les pêches conclus en 1994, et d'obtenir la maîtrise du sous-sol marin sur des espaces supplémentaires riches en hydrocarbures.
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Pratique française en matière d’immunités diplomatiques Philippe WECKEL
Point de presse du Ministère des affaires étrangères (22/11/2005) (Nous préparons un sujet sur l'immunité diplomatique, nous évoquerons un certain nombre d'affaires. Je voulais dans cette perspective vous demander pourquoi le Quai d'Orsay n'avait-il rien tenté pour empêcher la nomination de Pierre Falcone à l'UNESCO ?) "M. Falcone a été nommé par l'Angola comme ministre conseiller auprès de l'UNESCO. Les privilèges et immunités qui sont liés à cette fonction découlent de l'application de l'accord de siège qui existe entre l'UNESCO et la France, ainsi que de la Convention de Vienne sur les privilèges et immunités diplomatiques. C'est l'application de ces textes qui font que M. Falcone, effectivement, s'est vu reconnaître certains privilèges et immunités." (Ceci veut donc dire qu'un Français qui serait poursuivi pour meurtre ou pour viol pourrait faire la même chose et échapper à la justice française de cette façon ? Vous n'avez donc aucun moyen de contrer cette méthode.) "Les privilèges et immunités dont bénéficie M. Falcone ne sont liés qu'à l'exercice de ses fonctions de ministre conseiller de la délégation angolaise auprès de l'UNESCO." (Donc, cela implique qu'une personne qui serait poursuivie pour meurtre pourrait, de la même manière, échapper à la justice française ? C'est imparable.) "Non, ce n'est pas du tout imparable, et dans certains cas, l'immunité peut être levée à la demande des autorités judiciaires. Dans certains cas, nous avons demandé que l'immunité soit levée et elle l'a été." (En l'espèce ces mêmes autorités auraient aimé faire leur travail, mais elles n'ont pas pu le faire à cause de cette immunité. La balle est donc plutôt dans votre camp n'est-ce pas ?) "Je n'ai pas les derniers développements du dossier en tête, mais, je le redis, des textes et un cadre juridique existent. Ensuite, il y a des procédures. A l'intérieur de ces procédures, je ne peux pas vous dire précisément aujourd'hui où nous en sommes mais je vous rappelle simplement le cadre général tel qu'il existe." (Dans une autre affaire, en septembre 2004, le fils de M. Qaddafi avait été arrêté sur les Champs Elysées, il avait été relâché en raison de son immunité diplomatique. D'après nos informations, il n'était pas du tout accrédité au Quai d'Orsay. Comment est-ce possible ?) |
"L'expression correcte n'est pas "accrédité au Quai d'Orsay". L'immunité diplomatique s'applique aux personnels diplomatiques qui résident en France, elle s'applique également aux personnes qui effectuent une mission officielle en France." (Etait-ce le cas du fils de M. Qaddafi ?) "A ma connaissance, non. Il ne bénéficiait pas de l'immunité diplomatique et nous avons fait part aux autorités libyennes de notre mécontentement pour le comportement de M. Hannibal Qaddafi. (Pourquoi a-t-il été relâché alors ?) "Je ne sais pas." (D'après la police, c'est le Quai d'Orsay qui l'aurait demandé.) "Je ne sais pas, je n'ai pas d'élément à ce sujet. Je vous redis que nous avons fait part de notre mécontentement aux autorités libyennes." (Concernant l'affaire Ndenguet en avril 2004, le chef de la police congolaise avait été mis en examen et puis relâché en pleine nuit et en raison de son immunité. Là encore, il n'était pas accrédité au Quai d'Orsay, lequel avait fourni une lettre à la Justice disant, d'après les informations que nous avons obtenues à l'ambassade du Congo qu'il était protégé par l'immunité. Or, un envoyé d'un pays doit, auparavant, être accrédité au Quai d'Orsay. Comment les choses fonctionnent-elles ?) "Je n'ai pas forcément la chronologie précise en tête. Ce qui est important, c'est le fait que les autorités du pays d'où vient cette personne nous disent que cette personne est en mission officielle, ce qui, semble-t-il, était le cas en l'espèce." (Mais, le Quai d'Orsay n'était pas au courant avant, est-ce normal ?) "Je ne sais pas. Ce que je dis, c'est qu'à un certain moment, nous avons su qu'il était en mission officielle." (Mais, dans la procédure judiciaire, dans un premier temps, le Quai d'Orsay indique que cette personne n'est pas protégée par l'immunité car elle n'est pas accréditée. Dans un second temps, il se renseigne à l'ambassade du Congo pour savoir s'il est effectivement en mission officielle. Est-ce la procédure normale ?) "Ce qui est important, c'est de savoir si la personne est en mission officielle ou non. Dans le cas d'espèce, je ne sais pas quelle était la chronologie précise, ni dans quel ordre les choses se sont faites."
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Sommet de Barcelone : le bilan d’EuroMed Florina COSTICA
Le 27 et 28 novembre dernier, les 35 Etats membre de l’EuroMed qui englobe les 25 membres de l’Union européen et 10 de leurs voisins du pourtour méditerranéen, se sont rencontrés à Barcelone, afin de faire le point sur leur partenariat et d’avancer une politique de coopération viable et ambitieuse, au bout des dix ans de politique régionale dans le cadre de ce forum unique de dialogue entre les pays de la Méditerranée. Le Sommet de Barcelone devait marquer le début d’une nouvelle phase des relations euro- méditerranéennes, eu égard au changements intervenus au sein de l’Union européenne. Ainsi, le nombre des membres EuroMed est passé à 38, avec les trois pays candidats à l’Union européenne (la Roumanie et la Bulgarie qui ont signé l’accord d’adhésion, et la Croatie qui a entamé les négociations d’adhésion le 3 octobre dernier). Le Sommet comptait aussi les observateurs permanents (la Libye, la Mauritanie et la Ligue arabe) et les observateurs invités (la Banque européenne d’investissement, l’Union du Maghreb Arabe, la Fondation Anna Lindh pour le dialogue des Cultures, le Comité économique et social et les Conseils économique et social EuroMed). Afin de répondre aux « défis et réalités du XXIème siècle », ce Sommet « sans précédent dans l’histoire du bassin méditerranéen », placé dès le départ sous une symbolique très forte, entendait réunir à haut niveau les chefs d’Etats et des gouvernements membres d’EuroMed, pour mettre à jour la Déclaration de Barcelone de 1995 et pour créer un nouveau Plan d’action (basé sur les résultats du Plan d’action de Valence). La participation à haut niveau du côté méditerranéen a été pour le moins limité : seulement la Turquie (pays candidat à l’Union européenne) et l’Autorité palestinienne ont été représentées par leurs chefs d’Etat. Pour le reste, ce sont des chefs de gouvernement ou des ministres des Affaires étrangères qui ont participé. Pour le Président du Parlement européen et de l'Assemblée parlementaire EuroMed (EMPA), Josep Borrell, « il aurait été utile qu'ils soient tous là. Certaines absences sont justifiées, d'autres le sont moins ». M. Borrell a manifesté ouvertement son regret à cet égard, en soulignant que « la présence de tous aurait servi à ce que l'engagement soit plus puissant (…) Ce manque d'empressement montre qu'il y a le sentiment que les choses sont floues (…), mais ce n'est pas ainsi qu'on pourra s'en sortir et donner une nouvelle impulsion ». De leur côté, les pays arabes n’ont pas cessé de réaffirmer leur attachement au processus de Barcelone. Les objectifs du Sommet se concentraient autour de quatre axes principaux : § La paix, la sécurité, la stabilité, la bonne gouvernance et la démocratie devraient être renforcées par des mesures pragmatiques, afin de répondre aux nouvelles menaces comme le terrorisme et les armes de destruction massive. § Le développement économique, avec son projet ambitieux de zone de libre-échange à l’horizon 2010, devrait assumer une méthode consolidée de gestion de l’aide communautaire aux pays de la rive sud de la Méditerranée, ainsi qu’une augmentation nette du soutien au secteur privé de ces pays( voir Sentinelle n° 43) § Les échanges interculturels et la participation de la société civile au partenariat euro- méditerranéen devraient s’accroître, afin de favoriser « une meilleure compréhension interculturelle ». § Une concertation des partenaires au niveau des politiques migratoires et d’intégration sociale. Placé sous le signe de « l’année de la Méditerranée », le Sommet de Barcelone s’est soldé avec trois déclarations officielles : un Code de conduite face au terrorisme, un Plan d’action sur 5 ans et une Déclaration du Président (qui a remplacé la tant attendue déclaration finale commune des membres EuroMed).
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Le « Code de conduite face au terrorisme » a constitué le point de tension le plus accru lors du Sommet de Barcelone. Le texte final traduit un compromis entre la vision européenne, rejointe par l’Israël, qui souhaitait une condamnation « sans équivoque » du terrorisme, sous toutes ses formes, et celle des pays arabes qui voulait évoquer le « droit à la résistance contre l’occupation ». Ainsi, le document final, sans référence au « droit à l’autodétermination » et à la résistance à l’occupation, prévoit que « le terrorisme ne saurait jamais être justifié » et que les membres EuroMed s’engage à le combattre « dans toutes ses manifestations, sans qualification ». De plus, une référence est faite à l’approfondissement des échanges interculturels, afin d’éviter « l’association du terrorisme à une nation, culture ou religion ». Pour ce qui est de sa mise en œuvre, les signataires s’engagent à renvoyer la question d’une définition du terrorisme dans le cadre des négociations onusiennes et « d’implémenter les dispositions relative à la sécurité du Plan d’action » adopté lors de ce sommet. Ce texte, comme le souligne M.Tony Blair, est le premier dans son genre à être souscrit par Israël et les pays arabes. Une sorte de « consensus international » commence à se dessiner sur des valeurs communes, qui sont « universelles » et pas seulement « occidentales ou européennes », d’après son estimation. D’autre part, Josep Borell, le Président du Parlement européen et de l’Assemblée parlementaire EuroMed, n’a pas caché son mécontentement, en critiquant le Sommet de Barcelone et en soulignant la lacune de « tout progrès significatif sur le chemin du partage de la paix et de la prospérité »( voir déclaration). Pour ce qui est de la politique des migration un premier signe de sa mise en œuvre est apparu le 1er décembre dernier, lors de l’annonce à Rome, par les Premier Ministres espagnol et italien, d’un futur accord en janvier 2006. D’après cette déclaration, la France, l’Espagne et l’Italie signeront un accord sur la mise en place de patrouilles en Méditerranée pour contrôler le flux des immigrés illégaux. L'annonce intervient alors que la Commission européenne a proposé, lors du Conseil Justice et Affaires intérieures, une série de mesures pour lutter contre l'immigration illégale, y compris la création de patrouilles méditerranéenne conjointes. Les Etats membres semblent désormais disposés à agir ensemble pour répondre aux problèmes de l'immigration. Les 4 et 5 décembre, Rabat accueillera une réunion sur l'immigration clandestine entre secrétaires d'Etat aux Affaires européennes français et espagnol et responsables marocains, pour discuter en particulier des problèmes financiers. 40 millions d'euros sont déjà débloqués pour le Maroc afin de sécuriser ses frontières, et une nouvelle enveloppe de 15 millions d'euros devrait lui être accordée en 2006 au titre du programme MEDA .La question du financement apparaît étroitement liée à la conclusion d'un éventuel accord de réadmission qui est actuellement de négociation entre le Maroc et l'Union européenne. Une « banque de développement dédiée à la Méditerranée », projet abandonné au sommet de Barcelone et rappelé comme une exigence par le Président de la France, M. Jacques Chirac, montre de plus en plus sa nécessité. Les conclusions sur l’aboutissement du Sommet sont plutôt positives. Pour le Premier ministre espagnol, M. Zapatero, ce sommet marque « un saut de qualité dans la bonne direction », ouvrant la voie à un « espace euro- méditerranéen de liberté, de sécurité et de justice » à côté de l'espace économique et commercial. Le Haut représentant pour la PESC, M. Solana ne pouvait que se déclarer heureux, dix ans après la conférence qu'il avait présidée comme ministre espagnol des Affaires étrangères (il avait reçu l'accolade du Premier ministre Gonzalez pour avoir su réunir à la même table le Président Arafat et le Premier ministre israélien). Même satisfaction chez le Président de la Commission, M. Barroso, pour qui l’élargissement de l’Union européenne n’est pas une entrave à l’approfondissement des relations méditerranéennes et le Sommet de Barcelone montre que l’Europe élargie sait « bâtir un pont vers le Sud».
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Réouverture du terminal de Rafah rôle de l’Union Européenne Fatma RAACH
L’accord israélo-palestinien du 15 novembre 2005 sur les points d’accès à la bande de Gaza a autorisé la réouverture du terminal de Rafah qui est le point de passage entre la bande de Gaza et L’Egypte. La réouverture a eu lieu le 25 novembre comme le prévoit l’accord. Le terminal de Rafah constitue le seul point de passage terrestre qui permet de quitter Gaza sans passer par l’Etat hébreux. En outre, l’accord a définit les mesures de surveillance devant être prise au niveau du terminal. Il s’agit d’un contrôle conjoint israélo-palestinien par vidéo-surveillance sous la supervision européenne. D’ailleurs, l’Union Européenne a joué un rôle important dans la négociation de cet accord que Le Conseil Affaires générales et Relations extérieures du 21 novembre 2005 a salué et a considéré « comme une percée majeure ». Le conseil a également estimé que l’UE « devrait assumer le rôle de tierce partie proposé dans l'accord et a décidé de lancer d'urgence une mission PESD (politique européenne de sécurité et de défense) pour surveiller les opérations au point de passage de Rafah ». Le Conseil a également nommé Mr. Pietro Pistolese au poste de chef de mission. La mission de l’UE a pour objectif de s’assurer du respect par l’Autorité palestinienne des principes relatifs au point de passage de Rafah prévus par l’Accord du 15 novembre ; assurer la formation, l’équipement et l’assistance technique des équipes palestiniennes afin de développer des compétences palestiniennes en la matière et d’assurer ainsi que de contribuer au maintien d’un contact durable entre les parties concernées (Autorité palestinienne, Israël et Egypte) concernant la gestion du point de passage de Rafah. Le déploiement des premiers personnels européens a commencé dés le 25 novembre. L’effectif sera de 77 personnes détachées par les Etats membres et la mission durera une année. Voir la déclaration du Président du Conseil de sécurité du 30 novembre 2005.
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En effet, la réouverture du passage de Rafah aura des implications en ce qui concerne la reconstruction économique du territoire et la relance du processus de paix israélo-palestinien au mois de septembre.
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Lancement de la mission d’aide à la gestion des frontières : UE/Moldavie/Ukraine Florina COSTICA
Sur le chemin du Sommet UE/Ukraine, le Haut représentant pour la PESC, M.Javier Solana, et le Commissaire européen chargé des relations extérieures et de la politique de voisinage, Dr Benita Ferrero-Waldner, ont fait le 30 novembre dernier une étape à Odessa pour participer avec les Ministres ukrainien et moldave des Affaires étrangères, MM. Borys Tarasiuk et Andrei Stratan, à l'inauguration officielle de la mission européenne d'assistance au contrôle de la frontière entre ces deux pays. A cette occasion, un renforcement de l’équipe du représentant UE a été prévu, avec l’arrivée des conseillers sur des questions de gestion de frontière à Kiev, Odessa et Chisinau (voir communiqué de presse). Dirigée par le brigadier général hongrois Ferenc Banfi, cette mission comprend des personnels (environ 120 personnes) de la police des frontières et de la douane de 16 Etats membres de l'Union européenne, à savoir la République tchèque, l’Allemagne, l’Estonie, la Grèce, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, la Hongrie, les Pays-Bas, l’Autriche, la Pologne, le Portugal, la Slovaquie, la Finlande, la Suède et le Royaume-Uni. La mission communautaire, dont l’action pourra se dérouler tant sur la frontière, qu’à l’intérieur des deux pays, est dotée d’un mandat prolongeable de deux ans. La mission, qui travaillera étroitement avec l'équipe du représentant de l'Union européenne pour la Moldovie, Adriaan Jacobovits de Szeged, aura son siège à Odessa et son coût sera d’environ 8 millions d’euros.
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L’objectif de cette mission est d’accroître la coopération transfrontalière entre les deux pays, en offrant aux fonctionnaires moldaves et ukrainiens une assistance et une formation, pour qu’ils puissent combattre efficacement le trafic des êtres humains, la prolifération des armes, la contrebande, ainsi que les fraudes douanières. La mission s’inscrit dans le cadre de la politique européenne de voisinage (ENP). A ce titre, elle contribuera au règlement pacifique du « conflit gelé » en Transnistrie, comme l’a d’ailleurs souligné M. Solana à l’occasion de cette inauguration. « Cette mission jouera également un rôle important dans l'émergence des conditions nécessaires au règlement pacifique du conflit en Transnistrie». Dr Ferrero-Waldner a mis en évidence la contribution de la politique européenne de voisinage à la résolution des conflits.
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Maya LAIDI
L’Envoyé spécial de l’ONU chargé des pourparlers sur le statut final du Kosovo, Mr. Martti Ahtisaari, a achevé sa première tournée dans les Balkans. Il s’est successivement rendu à Pristina puis à Belgrade, au Monténégro, en Macédoine et en Albanie. Cette visite a permis une première prise de contact même si aucun calendrier n’a pour le moment été fixé. Mr. Ahtisari a insisté sur le fait que l’échéancier du processus de paix dépendait des parties. Il a demandé à ces dernières de présenter leurs positions et de détailler les modalités de nature à faire avancer le processus de détermination du statut final. Au Kosovo, il s’est entretenu avec les représentants de la communauté serbe et a encouragé les Serbes du Kosovo à participer aux pourparlers. Il a rappelé aux leaders politiques de la province que le processus de détermination du statut du Kosovo ne les dispensait pas de mettre en œuvre les standards fixés par l’ONU en matière de décentralisation, de maintien de l’ordre public, de retour des réfugiés et de protection des minorités, éléments que Mr. Ahtisaari a qualifié de « cruciaux ». L’Envoyé spécial de l’ONU a également rencontré le Président albanais A. Moisiu : celui estime que la seule vraie solution est l’indépendance du Kosovo. Toutefois, l’Albanie n’entend pas devenir un acteur clé des négociations : elle souhaite seulement apporter son aide. Enfin Mr. Ahtisaari a rassuré les dirigeants monténégrins en affirmant que le futur statut du Kosovo n’entraînerait pas de modifications territoriales. C’est au niveau des dirigeants européens que des voies discordantes se font aujourd’hui entendre. Ainsi le Premier ministre tchèque J. Paroubek s’est récemment prononcé en faveur d’une partition ethnique du Kosovo, le Nord appartenant à la Serbie et le Sud devenant un Etat indépendant : "A solution could be dividing the territory on ethnic lines. The northern part of the region would belong to Serbia, and the majority of the southern part could be given the status of an independent nation”. Le Président slovène J. Drnovsek prône, lui, une totale indépendance pour un Kosovo unifié.
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L’Italie, l’Espagne, la Grèce sont inquiètes face à l’éventualité d’une indépendance pour le Kosovo. L’Espagne craint de voir, à cette occasion, la réactivation des revendications autonomistes basques. L’Italie et la Grèce ont peur que leurs liens politiques et économiques étroits avec la Serbie ne soient remis en cause. L’Italie envisage également avec appréhension la création d’un « failed » state qui générerait des flots de réfugiés. Dans ce contexte et compte tenu de son poids régional, la Grèce veut jouer un rôle d’intermédiaire entre Belgrade et Pristina. Dans la réalité, l’influence de l’UE sur les négociations ne peut s’exercer qu’à travers le Groupe de contact : elle sera donc limitée. L’UE devra cependant assumer le coût de l’assistance qu’il faudra continuer d’apporter au Kosovo pendant plusieurs années. |
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