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Société française pour le droit International

     

Sentinelle du 4 décembre 2005

Philippe WECKEL-- Anne RAINAUD-- Roland ADJOVI-- Guillaume AREOU-- Sarah CASSELLA-- Florina COSTICA-- Tidiani COUMA

Maya LAIDI-- Suany MAZZITELLI-- Fatma RAACH-- Sabrina RAHMANI-- Jacobo RIOS RODRIGUEZ-- Antonella SAMPO-- Noémie SIMONEl-- Sébastien TOUZE

 

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SOMMAIRE

 
 

ONU

 

 
 

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  Union européenne

 

 

 
  Immunités diplomatiques

 

 
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Cinquième Commission :

débat sur le renforcement de la sécurité de l’ONU

Jacobo Ríos Rodríguez

 

Les derniers 21 et 22 novembre, un débat s’est tenu au sein de la Cinquième Commission sur le renforcement et l’uniformisation du système de gestion de la sécurité des Nations Unies.

David Veness, Secrétaire général adjoint à la sûreté et à la sécurité depuis le 28 février 2005 et ancien membre de la police britannique, a effectué une présentation du système de sécurité de l’ONU, dans le but d’examiner la mise en place du Département de la sûreté et de la sécurité. La création de ce Département ayant été décidé par la résolution 59/276 de l’Assemblée générale, il s’agit d’un dispositif unifié réunissant l’ancien Bureau du Coordonnateur des Nations Unies pour les questions de sécurité et les services de sécurité internes. La considération essentielle lors de sa création était de ne plus d’aborder le sujet de la sécurité d’une façon compartimentée et séparée, mais de l’unifier dans un souci d’efficacité. Son objectif étant d’assurer le fonctionnement efficace des opérations de sécurité de manière décentralisée au niveau des pays, il doit être accompli essentiellement à travers la prise en charge du contrôle de l’application des normes, de la coordination des communications et de l’évaluation des menaces et des risques pour le personnel.

Parmi les idées principales de la présentation effectuée par David Veness devant la Cinquième Commission se trouve la nécessité de la coopération accrue entre les services de sécurité des Nations Unies et les forces de sécurité de l’Etat hôte, que ce soit dans le domaine de la sécurisation des installations des Nations Unies ou bien, tout particulièrement, de l’échange d’informations. Il semblerait qu’il s’agit d’une reprise des positions déjà revendiqués par M. Veness lorsqu’il s’apprêtait à prendre ses fonctions, en indiquant que la mission de son Département « n’est pas une fonction de renseignements, mais il s’agit de rassembler des informations pour renforcer la sécurité de ceux qui pourraient se trouver dans cette situation [de danger], et l’on ne peut pas se faire d’opinion si des connaissances ne sont pas rassemblées, si l’on n’a pas accès à des informations moins ouvertes ».

En effet, cette nécessité de coopération avec les pays hôtes, qui doivent prendre des mesures concrètes de prévention des atteintes à la sécurité du personnel des Nations Unies, est aussi l’une des recommandations récentes de la Sixième Commission. Elle a demandé le 9 novembre dernier à l’Assemblée générale d’approuver les recommandations et conclusions contenues dans le rapport du Comité des relations avec le pays hôte (voir A/60/520). De surplus, plusieurs Etats ont mis l’accent devant la Cinquième Commission sur cette coopération, qui est parfois inexistante malgré son caractère indispensable. La conséquence immédiate est l’existence des attaques, souvent médiatiques et toujours nocives, effectués contre ce personnel par les responsables gouvernementaux eux-mêmes ou par des acteurs économiques devant l’indifférence tolérante des gouvernements.

 

 

 

Le Département de la sûreté et de la sécurité est chargé de la sécurité de plusieurs centaines de milliers de personnes employées par tous les organismes des Nations Unies. L’audience de David Veness à la Cinquième Commission dans le cadre de son examen du projet de budget-programme pour l’exercice 2006-2007 rappelle qu’une telle mission a besoin de fonds suffisants pour pouvoir être bien menée à terme. La sécurité du personnel nécessite des mesures politiques de coopération et juridiques de refonte interne des structures, mais aussi des mesures financières. Cela avait été mis au premier plan lors du rapport du Secrétaire Général du 11 octobre 2004 (A/59/365) demandant une augmentation importante des ressources consacrées à la protection du personnel. « L’amélioration des normes minimales de sécurité opérationnelle et la nécessité d’une forte présence en matière de sécurité sur le terrain entraînent par ailleurs des dépenses importantes pour les organismes, programmes et fonds des Nations Unies » qui « encourront certainement de nouveaux frais à mesure que de nouveaux besoins se feront jour avec l’apparition de risques nouveaux et l’adoption de nouvelles normes pour les plus exposées de leurs nombreuses installations et activités dans le monde entier ». Ce rapport préconisait déjà la mise en place d’un système unique de financement par prélèvement sur le budget ordinaire, et avait été défendu par le Secrétaire Général devant la Cinquième Commission en 2004 comme l’une de ses propositions les plus importantes jamais présentées au cours de son mandat, en déclarant que la sécurité ne devait être ni un privilège, ni un luxe mais une condition essentielle pour accomplir la mission de l’ONU.

Destiner les fonds nécessaires s’avère en effet une mesure incontournable pour assurer le bon fonctionnement du nouveau système de gestion de la sécurité de l’ONU, dont un trait déterminant est la professionnalisation accrue autour d’un service unifié, avec les dépenses que cela comporte.

 

 

 

Octroi du statut d’observateur

auprès de l’Assemblée générale des Nations Unies

à la Conférence ibéro-améréricaine

Sabrina Rahmani

  

Le 23 novembre 2005, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution, sans vote, octroyant le statut d’observateur à la Conférence ibéro-américaine. A  travers cette résolution elle invite la Conférence à participer à ses sessions ainsi qu’à ses travaux en qualité d’observateur.

Le 25 octobre 2005, le Bureau de l’Assemblée générale, à l’initiative de l’Espagne, appuyée par le Paraguay, le Brésil et le Venezuela, a recommandé l’inscription d’un nouveau point à l’ordre du jour de la 60eme session, intitulé « Octroi du statut d’observateur à la conférence ibéro-américaine". Il a aussi décidé d’en confier l’examen à la Sixième Commission,chargée des questions juridiques.

 

 

De son coté ,l’Espagne avait rappelé ,dans un Mémoire explicatif, que la Conférence a été crée en 1991 lors du sommet ibéro-américaine des chefs d’Etats et de gouvernement, qui s’est tenu à Guadalajara  au Mexique. L’Espagne a aussi précisé  que l’objectif de cette conférence,à laquelle participent  les Etats souverains hispanophones et lusophones d’Amérique et d’Europe, est de contribuer au renforcement de la communauté ibéro-américaine et de lui assurer un rayonnement international.

Ainsi, le 3 novembre 2005, la Sixième Commission a recommandé à l’Assemblée générale  d’octroyer le statut d’observateur à la Conférence ibéro-américaine afin de promouvoir la coopération entre l’Organisation des Nations Unies et la Conférence.

Par ailleurs, l’Assemblée générale a en même temps octroyé ce privilège à trois autres organisations, à savoir : l’Association latino-américaine d’intégration, le Fonds commun pour les produits de base et la Conférence de  La Haye de droit international privé.

 

 

 

Groupe de haut niveau de "l'Alliance des civilisations" première réunion de travail en Espagne.

Anne RAINAUD

 

L'alliance des civilisations, "mouvement destiné à combattre les divisions, les préjugés, les incompréhensions entre les cultures, notamment islamiques et occidentales, qui menace de manière potentielle la paix dans le monde" (cf. déclaration de Kofi Annan du 14 juillet 2005 lors du lancement de cette initiative) se réunit depuis le 28 novembre pour "émettre des recommandations afin de répondre collectivement à la montée de l'intolérance, de l'extrémisme, de la violence et du terrorisme" (cf. ONU news). Kofi Annan a chargé le Groupe de haut niveau d'évaluer l'évolution des tensions, spécialement entre "peuples islamiques et occidentaux" pour, in fine, "proposer une réponse collective pour désamorcer ces tensions" et assurer une stabilité dans la communauté internationale (discours du Secrétaire général des nations Unies in ONU news du 28 novembre 2005).

Cette volonté (onusienne) de compréhension mutuelle met en exergue tout le poids du facteur religieux dans les relations internationales, facteur religieux également nettement perceptible dans la sphère interne du pouvoir politique. La séparation du spirituel et du temporel est une phase d'évolution de certains Etats, comme la France notamment, qui s'ancre progressivement dans leur histoire politique; mais le phénomène reste globalement marginal et relativement fragile. La sécurité collective en 2005 impose d'être appréciée et appréhendée au regard de cette donnée historique qu'est la place du religieux dans la société politique; Mohammad Khatami, membre du groupe de haut niveau a déclaré que de nombreux philosophes et intellectuels dans le monde soulignent l'importance du rôle de la religion dans la résolution des problèmes du monde d'aujourd'hui; pour l'ancien président iranien, un dialogue entre les différentes religions est la seule solution pouvant permettre de résoudre les problèmes du monde d'aujourd'hui (cf. communiqué de presse de l'irna).

 

 

Jacques Chirac, s'interrogeant "sur quels principes fonder l’Alliance?", a pu proposer les quatre points suivants : "le premier est l’égale dignité de toutes les cultures, et leur capacité à s’enrichir les unes les autres (...). Le deuxième est la reconnaissance de la diversité culturelle. La diversité des cultures, des langues, des traditions, est menacée par l’effet de laminoir de la mondialisation (...). Le troisième principe est évidemment le respect. Respect de l’autre, en l’acceptant dans sa différence, ce qui n’est pas la démarche naturelle des sociétés humaines (...). Le dernier principe est la solidarité (...)", (cf. déclaration du Président Chirac, in site du ministère des Affaires étrangères).

Le chef du gouvernement espagnol Zapatero a ouvert la réunion fondatrice du groupe de haut niveau de l'ONU sur l'Alliance des civilisations en compagnie de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, co-parrain "hautement symbolique" de cette alliance entre l'islam et l'Occident, a souligné le Premier ministre espagnol. Cependant, il faut mettre en parallèle cette première réunion du groupe de haut niveau avec le premier sommet euroméditerranéen qui devait réunir au même moment (27-28novembre 2005), les 25 Etats membres de l'Union européenne et leurs dix partenaires méditerranéens (Turquie, Algérie, Autorité palestinienne, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie et Tunisie) pour relancer leur partenariat (processus de Barcelone). Or, les faits rendent compte de l'absence de presque tous les leaders arabes et du premier ministre israélien, ce qui laisse perplexe sur le désir de rapprochement. Les Etats n'ont pu ainsi parvenir à une déclaration finale commune. Néanmoins, les trente-cinq pays ont adopté un "code de conduite antiterroriste", moyennant le retrait à des références aux frontières israéliennes de 1967 et au "droit à la résistance" réclamées par les leaders arabes.

 

 

 

AIEA

Réunion du Conseil des gouverneurs (Vienne 24-11-2205) :

 dossier sur l’Iran

 Suany MAZZITELLI

 

 Réuni le 24 novembre à Vienne, le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a traité principalement de l’application du programme nucléaire par l’Iran.

Le Conseil était saisi, à cet effet, du rapport du Directeur générale de l’AIEA, M. Mohamed ElBaradei, du 18 novembre 2005  (voir communiqué du 18 novembre 2005 du Porte-parole du gouvernement des Etats –Unis sur la question de l’uranium et de l'Iran).

Ce rapport était fondé sur la résolution du 24 septembre 2005 adoptée par le précédent Conseil des gouverneurs.  

Le Directeur général de l’AIEA, M. Mohamed ElBaradei, avait souligné, le 9 août 2005 (voir communiqué), lors de l’ouverture d’une session spéciale du Conseil des gouverneurs, que la suspension des activités d’enrichissement ainsi que les activités concernant le réacteur étaient « a unilateral step » qui devait être le fruit d’une décision de l’Iran et que, malgré certaines inquiétudes, il y avait un avancement dans les négociations, en particulier avec l’Europe des trois (EU3) (France, Allemagne et Royaume Unis) (voir communication du 8 août 2005). 

Le 11 août 2005, la résolution qui avait été adoptée par le Conseil des gouverneurs (voir communiqué) allait dans ce sens et le Directeur général manifestait sa satisfaction sur le fait que l’Iran et l’EU3 semblaient prêts à entamer des négociations.

En revanche, la  résolution issue de la réunion du Conseil des gouverneurs du 24 septembre 2005 constatait les manquements de l’Iran à l’accord TNT et le manque de transparence dans ses activités, elle demandait à l’Iran de se conformer aux mesures de transparence, de suspendre toute activité liée à l’enrichissement et au retraitement nucléaire, de reconsidérer la construction d’un réacteur de recherche modéré par eau lourde et de ratifier rapidement et d’appliquer totalement le Protocole additionnel signé le 18 décembre 2003 (voir déclaration du Ministre Douste-Blazy)(voir déclaration du Porte parole du Quai d’Orsay 22 novembre 2005).

L’Iran avait adressé à l’AIEA une communication le 17 novembre 2005, qui, tout en rappelant les bonnes relations entre l’Iran et l’AIEA, visait à transmettre à l’Agence le point de vue de l’Iran quant à la résolution de septembre 2005 et notamment son désaccord sur ce texte, « this letter, which is a critical review of the September 2005 Resolution ». 

L’Iran reprochait à cette résolution d’être le fruit de la volonté politique de certains membres de l’AIEA, une volonté contraire aux principes de l’Agence et aux résultats accomplis dans la coopération avec l’Iran. L’Iran affirmait notamment que l’obligation de suspension des activités d’enrichissement n’était aucunement une mesure contraignante et que en outre la demande de reconsidérer la construction du réacteur de recherche modéré par eau lourde était en manifeste contradiction avec les finalités de l’AIEA, du moment ou ce projet était supervisé par l’Agence et régulièrement évalué conformément au Protocole additionnel et qu’il était destiné à la production de radio-isotopes pour un hôpital. L’Iran faisait en outre observer, dans sa communication, que la ratification d’un instrument international ressort du pouvoir souverain d’un Etat et que par conséquent aucune résolution adoptée par l’Agance n’aurait pu obliger l’Iran à ratifier le Protocole additionnel, puisque une telle obligation aurait était contraire aux principes fondamentaux du droit international, ainsi que à la Convention de Vienne sur le droit des Traités de 1969.

Le discours introductif à la réunion du Conseil des gouverneurs du Directeur général de l’AIEA M. Mohamed ElBaradei dénote une approche plus souple de la question Iranienne, lors de cette réunion, le 24 novembre à Vienne (voir communiqué).

La résolution du 24 septembre, en déclarant que l’Iran était en contradiction avec ses obligations issues du Traité de non prolifération (TNP), avait ouvert la voie à une éventuelle saisine du Conseil de sécurité de l’ONU sur ce dossier (voir communiqué).

Le Ministre des Affaires étrangères M. Philippe Douste-Blazy, lors de l’audition devant la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale (Paris 8 novembre 2005), avait souligné que l'Iran avait proposé de reprendre les négociations « ce que la France a toujours souhaité. C'est en effet l'Iran qui a, en août dernier, choisi de rejeter l'offre européenne et de reprendre les opérations de conversion dans son usine d'Ispahan. La France attend par conséquent, pour reprendre les négociations, un geste concret de l'Iran. Ce pays doit respecter pleinement l'ensemble des résolutions de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). La résolution votée à l'AIEA, le 24 septembre dernier, demande à l'Iran que certaines mesures soient prises, comme le rétablissement et le maintien de la suspension de toutes les activités liées à l'enrichissement. Elle stipule aussi que le directeur général de l'AIEA, M. El Baradei, doit établir un rapport sur ce qu'a fait ou n'a pas fait l'Iran. L'échéance est le prochain Conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui se réunira le 24 novembre ».

 

Le Directeur général de l’AIEA a préféré étudier une proposition de délocalisation des activités iraniennes d'enrichissement d'uranium vers la Russie plutôt que de renvoyer le dossier nucléaire devant le Conseil de sécurité de l'ONU (voir communiqué). 

 Ayant « accédé aux demandes de plusieurs membres du Conseil des gouverneurs » qui ont, selon les propos de l'ambassadeur britannique à Vienne, Peter Jenkins, « souhaité plus de temps pour le dialogue diplomatique sur l'avenir du programme iranien », l'UE-3  a soutenu l'option de la médiation russe et joué l'apaisement sur le dossier nucléaire iranien (voir communiqué). L’Imam Hkbar Ashemi Rafsanjani a salué la sagesse qui a présidé la réunion de l’AIEA (voir communiqué).

M. Jenkins n'a toutefois pas manqué d'adresser plusieurs critiques à l'égard de Téhéran en formulant des doutes sur la nature pacifique du programme nucléaire iranien depuis 18 ans et en faisant référence à un document remis par les autorités iraniennes aux inspecteurs de l'AIEA, indiquant que l'Iran possède, grâce à un réseau pakistanais clandestin, des informations sur « un processus qui n'a pas d'autre application que la production d'armes nucléaires » (voir communiqué)

Le projet de texte de l'UE-3 soutenant l'option de la médiation russe et soumis au Conseil des gouverneurs précise notamment qu' « il existe un large consensus pour ne pas autoriser l'Iran, dans les circonstances actuelles, à mener des activités liées à l'enrichissement sur son sol ». La médiation russe, qui vise à relancer les négociations, dans l'impasse depuis le rejet des propositions européennes et la reprise des activités iraniennes de conversion d'uranium en août dernier, propose d'autoriser l'Iran à convertir de l'uranium, puis de le transférer en Russie pour l'enrichir. Pour le moment, cette option sera seulement examinée par Téhéran (voir communiqué), mais l'UE-3 et la Russie ont proposé la date du 6 décembre pour une reprise des négociations (voir communiqué). 

Si l'Iran doit « sérieusement considérer » la proposition russe, il « ne doit pas conclure que cette fenêtre d'opportunité restera ouverte quelles que soient les circonstances », a toutefois précisé M. Jenkins lors de la réunion de Vienne, avant d'exhorter Téhéran à « s'abstenir de toute nouvelle décision unilatérale susceptible d'aggraver la situation ».

Le Conseil des gouverneurs ne s’est donc pas prononcé, vendredi, en faveur d’une éventuelle saisine du Conseil de sécurité, mais il a adopté un texte de compromis. Par ailleurs, si Washington a soutenu la proposition européenne, l'ambassadeur des Etats-Unis à Vienne, Gregory Schulte, a averti que l'AIEA n'aurait pas « une patience illimitée ». En effet les agences d’investigation des Etats-Unis sont convaincues que l’Iran prépare la construction d’armes nucléaires (voir communiqué).

La décision modéré du Conseil des gouverneurs n’a pas en outre satisfait L’Iran, qui considère la réunion de Vienne uniquement comme une décision qui sursoit à statuer et qui n’annule pas la menace qui pèse sur Téhéran du fait du maintient de la résolution de septembre 2005. Pour ces raisons l’Iran « refuse de coopérer avec UE sous la menace » (voir communiqué du 29 novembre 2005), une menace qui est maintenue également par les Etats-Unis (voir communiqué).

La déclaration du Porte parole du Quai d’Orsay du 24 novembre 2005 et sa déclaration 25 novembre 2005 soulignent également l’importance de l’engagement iranien et de son action concrète afin qu’un dialogue puisse concrètement s’établir.

Cette position était déjà celle du gouvernement français avant la réunion du Conseil des gouverneurs du 24 novembre.  Le Porte parole du Quai d’ Orsay s’était exprimé dans le même sens lors du point de presse du 4 novembre 2005 (voir commmuniqué).

 

archive de Sentinelle 

 

 

Résolution 1640 (Erythrée)

Liberté de mouvement de la MINUEE

Noémie SIMONEL

 

Le conseil de Sécurité a adopté le 23 novembre 2005, la résolution 1640 imposant la levée des restrictions adoptées par l’Erythrée depuis le 5 octobre dernier, entravant les opérations de la Mission des Nations Unies. Il est imposé aux autorités érythréennes d’annuler les restrictions relatives à l’utilisation de l’espace aérien, interdiction frappant 55% du territoire et « toute autres restrictions supplémentaires » que rencontrent la mission sur le terrain. Rappelons que l’Erythrée n’a pas communiqué les raisons de telles restrictions.

Parallèlement, le gouvernement érythréen doit tout mettre en œuvre afin de faciliter les opérations de la MINUEE, comprenant assistance, soutien et protection nécessaires à la mission. Concernant l’Ethiopie, la résolution lui enjoint d’accepter la délimitation de la frontière et de prendre des dispositions immédiates afin de finaliser l’abornement total de la frontière.

Cette résolution enjoint les parties à ne pas recourir à la force conformément aux principes édictés par la Charte et leur impose de limiter « leur déploiement aux positions du 16 décembre 2004.Ce redéploiement devant commencer avec effet immédiat et s'achever dans les 30 jours, afin d'empêcher la situation de s'aggraver».

Les restrictions imposée à la MINUEE sont multiformes comme le constate Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, lors d'une conférence de presse donnée à l'issue d'un exposé à huis clos devant le Conseil de sécurité.

« Outre l'interdiction de survol par hélicoptère du territoire érythréen, la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée est aussi sous l'interdiction de mener des patrouilles de nuit et n'a plus accès au nord de la zone de sécurité. »

De même pour assurer la sécurité du personnel de la mission, les opérations de déminage ont du cessé car « parce qu'on ne peut pas faire de déminage si on ne peut ramener le personnel rapidement par hélicoptère vers un hôpital » comme le souligne le Secrétaire général adjoint.

Face à de telles entraves la MINUEE a dû quitter les postes d’observations 17et 18 situés dans la « zone temporaire de sécurité » en raison des restrictions.

 

 

Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU dénonçait le 2 novembre l’intensification des mouvements de troupes des deux côtés de la Zone de sécurité temporaire et d'activités irrégulières à l'intérieur de la Zone, constituant une menace pour la paix et sécurité internationales et susceptible  de compromettre les accords de sécurité conclus dans le cadre de l'Accord de cessation des hostilités du 18 juin 2000, autorisé par le Conseil dans ses résolutions 1312 (2000) et 1320 (2000). A cet égard le Secrétaire général des Nations unies rappelaient que la liberté de circulation est un principe fondamental des opérations de maintien de la paix.

Pourtant, face à de telles restrictions, la MINUEE dont le but est de faciliter le processus de paix ne pouvait-elle pas passer outre l'interdiction de l'Erythrée ? Le Secrétaire général adjoint, Jean-Marie Guéhenno a indiqué que « l'ONU ne peut imposer sa volonté par la force au gouvernement érythréen ». Concernant la possibilité de recourir aux images satellitaires, Mr Guéhenno rappelle que  « l'ONU n'avait pas accès à cette technologie», si les Etats membres ne le lui donnent pas. « Dans une zone telle que celle que nous surveillons, seuls les Etats qui disposent de la technologie de pointe ont accès à ces images. Nous n'avons pas non plus le budget pour les acheter dans le commerce », a-t-il souligné, ajoutant qu'elles n'étaient en toute hypothèse pas efficaces la nuit.

 

Obs. Cette résolution a été adoptée à l'unanimité, mais les membres du Conseil de sécurité ne se sont pas contentés d'une déclaration présidentielle (communiqué). La Résolution n'est pas fondée sur le Chapitre VII de la Charte, mais le Conseil de sécurité constate néanmoins que la situation constitue une menace à la paix et à la sécurité internationales et il menace explicitement de recourir à l'article 41.

Il faut observer que le Conseil ne traite pas de la même manière les entraves à la liberté de mouvement de la MINUEE et le refus d'appliquer la décision de la Commission du tracé de la frontière. Seules les premières sont concernées par la menace de mesures de sanction.

Il serait souhaitable de ne pas vouloir tirer d'enseignements généraux d'un tel refus d'utiliser le Chapitre VII pour faire respecter une sentence arbitrale. La décision rendue par les arbitres n'est pas convaincante. Elle est obligatoire et définitive certes, mais faut-il en imposer le respect par la contrainte ? L'Ethiopie doit avoir la possibilité de rechercher une issue politique après un arbitrage incontestable mais hélas très discutable (PW).

 

 

Affaire Hariri

audition de cinq responsables syriens à Vienne

Sabrina RAHMANI

  

Le 25 novembre 2005, M. Detlev Mehlis, chef de la commission d’enquête sur l’assassinat de l’ex-premier ministre libanais Rafic Hariri, a confirmé qu’un accord a été trouvé avec les autorités syriennes afin de mener les interrogatoires de cinq responsables syriens au siège de l’ONU  à Vienne. Pour le chef du gouvernement libanais, M. Fouad Siniora, cet accord est positif. Concernant les dates des interrogatoires, celles-ci seront fixées à la suite de contacts à venir avec la Commission d’enquête Les Nations Unies ont confirmé cet accord et M. Mehlis en a informé le Secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Anan

Lors d’une conférence de presse, le vice-ministre syrien des affaires étrangères, M. Walid Mouallem, a déclaré que « la direction syrienne avait décidé d’accepter que les cinq  syriens soient interrogées au bureau de l’ONU à Vienne, comme l’avait proposé la commission d’enquête internationale ».Il a déclaré que cet accord est un compromis. M. Mehlis l'avait proposé au conseiller juridique du ministère syrien des Affaires étrangères, M. Riad Daoudi  lors de leur rencontre le 18 novembre à Barcelone, en Espagne. Il a ajouté que cet accord était le résultat de négociation avec la commission après que Damas ait obtenu des garanties sur le respect de sa souveraineté. Il a aussi précisé qu’aux termes de l’accord, les cinq responsables syriens,dont ils refusent de donner l’identité au nom du secret de l’instruction, seront accompagnés de représentants légaux et regagneront Damas après avoir été interrogés dans la capitale autrichienne.

Toutefois, afin d’avoir la possibilité de faire arrêter les suspects, M. Mehlis avait insisté pour pouvoir interroger les six responsables syriens au Liban, mais Damas s’y  opposait .Les autorités syriennes avaient tout tenté  pour que l’audition des responsables syriens se fasse à leurs conditions. Pour refuser que les témoins soient entendus au siège de la Commission d’enquête, dans la banlieue de Beyrouth, comme l’exigeait M. Mehlis, elles ont invoqué des questions de dignité ainsi que l’intérêt du Liban et de la Syrie. Elles ont proposé des locaux de l’ONU à Damas, ou de la force de l’ONU pour l’observation du désengagement sur le Golan, le siège de la ligue arabe. Elles aussi demandé la négociation d’un protocole de coopération juridique entre leur Commission d’enquête et la Commission internationale. Finalement, des négociations  ont été engagées pour que les interrogatoires soient effectués en terrain neutre.

 

 

 

De plus, la Syrie avait demandé que les suspects soient interrogés sur son territoire et en présences de leurs avocats, dans un projet de protocole présente à l’ONU. Ce projet préconisait que les enquêteurs de l’ONU partagent leurs conclusions avec la commission d’investigation syrienne. Mais ces conditions ont été jugées inacceptables par le magistrat allemand, M Mehlis et plusieurs Etats membres du Conseil de sécurité. M. Kofi Anan, a rejeté aussi la demande du chef de la diplomatie syrienne, le sollicitant à intervenir auprès de M. Mehlis et de contribuer à négocier un protocole de négociations.

Par ailleurs, cet accord entre Damas et l’ONU sur le choix de Vienne comme lieu d’interrogatoires des responsables syriens, intervient presque un mois après que le Conseil de sécurité ait adopté, le 31 octobre 2005, la résolution 1636 demandant à la Syrie de coopérer dans l’enquête internationale et prévoyant des sanctions individuelles contre les suspects. La résolution demandait aussi à la Syrie d’arrêter les responsables  syriens ou toute personne soupçonnée d’être impliquée dans l’assassinat, et de les mettre pleinement à la disposition de la Commission. Ce déblocage survient aussi  20 jours avant  l’expiration du mandat de la Commission d’enquête internationale, prévue le  15 décembre 2005, date à laquelle M. Mehlis doit rendre son rapport au Conseil de sécurité des Nations Unies.

 

 

 

Terrorisme

Déclaration du Caire sur l'Irak : légitimité du droit de résistance et condamnation du terrorisme (21 novembre 2005)

Anne RAINAUD

 

La déclaration du Caire a été adoptée suite à une réunion des différentes forces et factions irakiennes (19-21 novembre 2005) et ce, sous l'égide de la Ligue Arabe qui souhaite être désormais un acteur essentiel d'un apaisement, voire d'un (ré)équilibre à trouver dans cette région chaotique. Il s'agit donc d'une conférence de réconciliation, réconciliation en effet indispensable pour toute perspective raisonnable de pouvoir durable dans l'Etat irakien. Les Etats-Unis voient positivement cette rencontre puisqu'elle tente, par un dialogue pacifique entre les différentes composantes du spectre politique irakien, de mettre fin à la violence en cherchant à résoudre leurs différents politiques (cf. déclaration du porte parole de la Maison Blanche du 22 novembre 2005). De même, le ministre des Affaires Etrangères, M. Philippe Douste-Blazy, a souligné dans un message adressé au Secrétaire général de la Ligue arabe, M. Amr Moussa, l’intérêt et le soutien de la France à cette initiative. Pour la République, "la solution aux difficultés que connaît actuellement l’Irak passe par l’instauration d’un véritable dialogue national associant sans exclusive tous ceux qui, en Irak, rejettent la violence" (cf. ministère des Affaires Etrangères). Les Etats-Unis, toujours par le voie de leur porte-parole, affirment souscrire par ailleurs à la déclaration à laquelle sont parvenues les différentes forces irakiennes réunies au Caire.

La déclaration du Caire pose quelques principes et comme règle première de "se conformer à l’unité de l’Iraq, sa souveraineté, sa liberté et son indépendance". L'unité peut certes se trouver dans la diversité des groupes exprimant la volonté de vouloir vivre ensemble (cette réunion est, en ce sens, une manifestation de cet élément subjectif de la cohésion qui doit animer la population d'un Etat). La déclaration prévoit ainsi "le respect de toutes les composantes du peuple irakien" dans l'objectif, notamment, de "ne pas entraver le processus politique et la participation large aux prochaines élections". La question de la souveraineté de l'Etat irakien appelle d'une part le thème de la légitimité du pouvoir en place, d'autre part celui de la présence des forces américaines et alliées sur le territoire irakien. Ces deux points délicats sont, entre autres, à la source d'actes violents en Irak, victime d'un terrorisme incontrôlable.

La déclaration prend ainsi le parti pour combiner les objectifs de souveraineté et de paix, de condamner le terrorisme en tant qu'il se fonde sur la violence (la terreur), tout en reconnaissant le droit légitime de résistance; la déclaration dispose ainsi : "Bien que la résistance soit un droit légitime de tous les peuples, le terrorisme ne constitue pas une résistance ; ainsi, nous condamnons le terrorisme et tout acte de violence ou meurtre qui visent les citoyens irakiens, les institutions humanitaires, civiles, gouvernementales, les richesses et les lieux du culte". Il en résulte donc que la résistance se devrait d'être pacifique et il existe certes quelques exemples en ce sens, rares, l'Inde de Ghandi notamment. Cependant cette vision non violente à laquelle on ne peut qu'adhérer par principe ne correspond pas à la réalité de l'histoire des différents mouvements de libération et elle viendrait bouleverser l'affection de peuples entiers pour leurs héros de la résistance.

Les Etats-Unis adhèrent pleinement aux termes de la déclaration qui expriment " le droit légitime de protester pacifiquement, à l'expression pacifique des différences" et par voie de conséquence, la condamnation des actes violents, le terrorisme (cf. déclaration du porte-parole de la Maison Blanche) ; la lutte contre le terrorisme est du reste un "combat auquel tous s'associent avec les irakiens", précise encore le porte-parole.

 

 

Notons que par ailleurs, à l'ONU, la Sixième Commission de l'Assemblée générale, chargée des affaires juridiques, n'a pas été en mesure, malgré les progrès effectués, de parvenir à un accord sur un projet de convention générale sur le terrorisme international, (cf. document AG/J/ 3292 de l'Assemblée générale du 29 novembre 2005), comme convenu lors du sommet mondial de septembre, ce que déplore expressément le Secrétaire général de l'Organisation.

La déclaration du Caire s'est prononcée également sur le principe d'un retrait des forces étrangères et la nécessité de programmer celui-ci. "Nous réclamons un calendrier pour le retrait des troupes étrangères, et l’établissement d’un programme (...) pour reconstruire les forces armées afin qu’elles puissent contrôler la situation sécuritaire et mettre fin aux opérations terroristes", expose le texte dans l'optique claire de recouvrer une souveraineté effective et de tarir l'une des causes du terrorisme en Irak .

Sur ce point, le porte-parole de la Maison Blanche précise que cette mesure est cohérente avec la mission des Etats-Unis et de la force multinationale. Le système du retrait est envisagée selon un principe d'équilibre. Le vice-président chiite Adel Abdel Mehdi évoque pour sa part l'idée de retrait conditionné : "il ne doit pas laisser un vide sécuritaire et il doit avoir lieu après la mise en place complète des forces de sécurité irakiennes". Ainsi, plus les forces irakiennes se renforceront plus la force multinationale se réduira. Sans évoquer de calendrier, le porte-parole de la maison Blanche insiste sur la pertinence des analyses de terrain à réaliser, en association avec les irakiens, par les commandants sur place qui rapporteront au Président, décideur ultime, par la voie du Secrétaire d'Etat à la Défense, sur la capacité des forces irakiennes (cf. également le discours de G.W. Bush du 30 novembre 2005 devant l'Académie navale d'Annapolis présentant la "national strategy for victory in Iraq".

La déclaration prévoit un prochain rendez-vous, avec une représentation équilibrée et globale de tous les partis et forces politiques irakiennes représentant le peuple (y compris les clans, les ONG et les femmes), à Bagdad fin février ou début mars 2006 dans le but de traiter les points suivants : 1. l’élargissement du processus politique à toutes les forces qui adoptent une ligne démocratique ; 2. l’unité de l’Iraq, son indépendance, sa souveraineté et la définition d’un plan pour mettre fin à la mission des forces multinationales ; 3. la situation sécuritaire ; 4. l’égalité des citoyens ; 5. le soutien nécessaire pour le succès de la réconciliation nationale ; 6. les dettes et la reconstruction de l’Iraq.

 

 

 

Nations Unies

Rapport mensuel du Secrétaire général sur le Darfour

 Maya LAIDI

  

Dans son dernier rapport sur le Darfour, K. Annan fait état d’une situation très dégradée qu’il qualifie « d’extrêmement alarmante ». Selon lui, « la menace de l'anarchie totale se rapproche ». Le mois d’octobre 2005 s’est ainsi caractérisé par une escalade de la violence de la part de toutes les parties : forces gouvernementales et milices, en totale violation des accords de cessez-le-feu.

Le gouvernement non seulement n’a pas désarmé les milices : Janjaouid en particulier, mais il s’est même associé à la commission d’exactions contre les civils. Des villages ont été attaqués (cf. « L’ONU enquête sur l’attaque de six villages au Sud-Darfour ») entraînant de nouveaux déplacements de populations. Des paysans ont vu leurs récoltes pillées et détruites par des milices et des groupes nomades. Des cas d’agressions sexuelles contre des femmes et des jeunes filles ont également été rapportés. (voir aussi les déclarations de J. Mendez, conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la prévention des génocides à la suite de sa visite au Darfour en octobre 2005). Des enfants continuent d’être enlevés et recrutés comme enfants soldats par l’Armée de Résistance du Seigneur, groupe armé du Nord de l’Ouganda qui entretient des bases au Sud Soudan.

Les personnels humanitaires des Nations Unies et d’ONG internationales et nationales ont été pris pour cibles (cf. « L’ONU condamne le meurtre lâche de deux démineurs au Sud Soudan » : ils travaillaient pour la Fondation Suisse de lutte contre les mines et « Le meurtre d’un travailleur humanitaire à nouveau attribué à la LRA »). La détérioration de la situation sécuritaire est telle que les personnels non essentiels des Nations Unies ainsi que certains agents d’ONG ont dû être retirés. (Sur cette question, voir la déclaration de Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations Unies : « Face au regain de violence au Darfour, Jan Egeland prévient que l’aide humanitaire pourrait s’arrêter »).

De manière générale, les opérations humanitaires sont constamment entravées par le gouvernement et les milices. L’accès des Nations Unies au territoire du Darfour a diminué en octobre 2005 pour atteindre le chiffre de 75 % (chiffre le plus bas depuis avril 2004). Pourtant l’assistance humanitaire, l’aide alimentaire notamment, est toujours nécessaire au Darfour : en effet, pour la grande majorité de la population, l’accès à la terre demeure impossible.

 

 

Ces violences touchent aussi les soldats de la MUAS (Mission de l’Union africaine au Soudan) qui font régulièrement l’objet de tirs : au mois d’octobre, cinq d’entre eux ont été tués au cours d’une patrouille, et d’enlèvements. (« L’Envoyé de l’ONU -Jan Pronk- condamne les meurtres et enlèvements de soldats de l’Union africaine »).

Pour le secrétaire général des Nations Unies il est absolument crucial de soutenir la MUAS et de lui apporter toute l’assistance nécessaire. Il rappelle donc l’appui important des Nations Unies à la MUAS sur le plan logistique à travers la fourniture de carburant et de conseils sur les questions opérationnelles d’importance majeure ainsi que l’organisation de sessions de formation.

Sur le plan politique, la septième série de pourparlers de paix intersoudanais sur le Darfour s’est ouverte à Abudja le 29 novembre 2005 sous l’égide de l’Union africaine. Pour K. Annan, cette série doit être la dernière car il est essentiel qu’un accord de paix soit conclu avant la fin de l’année. Il appelle les parties « à négocier un accord de paix juste et global » et à « coopérer pleinement avec la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) et la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) ». Dans cette perspective, il invite la communauté internationale à planifier dès maintenant les  programmes et l’aide qui seront nécessaires pour aider les parties soudanaises à mettre en œuvre tout accord de paix.