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Sentinelle du 25 décembre 2005 |
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Philippe WECKEL-- Anne RAINAUD-- Roland ADJOVI-- Guillaume AREOU-- Sarah CASSELLA-- Florina COSTICA-- Tidiani COUMA Maya LAIDI-- Suany MAZZITELLI-- Fatma RAACH-- Sabrina RAHMANI-- Jacobo RIOS RODRIGUEZ-- Antonella SAMPO-- Noémie SIMONEl-- Sébastien TOUZE
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ONU/ Assemblée Générale et Conseil de sécurité : création de la Commission pour la consolidation de la paix 20 décembre 2005 Suany MAZZITELLI
Le 20 décembre 2005 l’Assemblée Générale a décidé (voir communiqué) de concert avec le Conseil de sécurité (voir communiqué, portant le texte de la résolution) de créer la Commission de consolidation de la paix, organe consultatif intergouvernemental, afin de donner effet aux décisions adoptées dans le document final du Sommet mondial (voir communiqué) (voir aussi communiqué). La création de cet organe était un des objectifs majeurs de la réforme des Nations Unies. Les Etats Unies avaient exprimé leur attachement à la création de cet organe. M. Kristen Silverberg, secrétaire assistant pour les affaires des Organisations Internationales avait declare: “I am very pleased to announce that as of this morning we have final agreement in New York on the Peace-Building Commission, which was one of the high U.S. priorities for reform” (voir communiqué du 20 décembre 2005). Dans un communiqué du 19 décembre 2005 les Etats-Unis avaient déjà mis en évidence que : « Issues such as management reform, establishing a Human Rights Council, and establishing a Peacebuilding Commission remain at the forefront of U.S. objectives» (voir les grandes lignes du Sommet mondial et aussi le dossier sur la réforme des Nations Unies). Dans un communiqué du 9 décembre 2005, publié seulement le 20 décembre, le Président de l’Assemblée Générale avait appelé aussi à la création rapide du Conseil des droits de l’homme. C’est la Commission qui voit le jour la première et cela avec une certaine prévisibilité. En effet, un projet de résolution sur la Commission de consolidation de la paix avait déjà été discuté le 18 novembre 2005 à l’Assemblée Générale (voir nouvelles). Alors que en ce qui concernait le Conseil des droits de l’homme, seulement un projet de résolution relatif au Groupe de travail de l’Assemblée générale, chargé de la question de sa création, avait été présenté à l’Assemblée le 12 décembre 2005 par le Belarus le Chine et la Fédération de Russie. Les Etats-Unis avaient en outre souligné que: “There are still some very serious philosophical disagreements about what the Council should do” (voir communiqué du 20 décembre 2005). Le Président de l’Assemblée générale avait présenté le 14 décembre un projet de résolution pour la création de la Commission de consolidation de la paix. Le 16 décembre le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires avait présenté, à l’Assemblée, son rapport concernant les incidences budgétaires du projet de résolution A/60/L.40. Après l’examen par la Cinquième Commission des incidences budgétaires de la création du nouvel organe, le Président de l’Assemblée avait décidé, à l’issue de consultations officieuses, que l’adoption du projet de résolution ne devrait pas entraîner l’ouverture de crédits supplémentaires au titre du projet de budget-programme pour l’exercice biennal 2006-2007. Le Président de l’Assemblée générale, M. Jan Eliasson, avait souligné dans son discours introductif, lors de la présentation du projet résolution sur la Commission de consolidation de la paix (A/60/L.40) à l’Assemblée générale, que « this resolution will, if passed today, be truly historic. That word – ‘historic’ – is often over-used, but in this case I have no doubt that it is merited”. Il avait ensuite fait quelque commentaire sur le texte afin de répondre aux questions soulevées par les délégations. Il avait notamment expliqué que “The draft resolution sets out how the General Assembly, the Security Council and ECOSOC should work on peacebuilding. The Peacebuilding Commission will be an advisory subsidiary organ of the General Assembly and the Security Council, the first such body of its kind”. Il avait aussi souligné, relativement au difficile problème de la composition du Comité d’organisation, que:”it is important to emphasize the extent to which much of the important substantive work of the Peacebuilding Commission will be done in its country-specific settings. We will have to make every effort to organize the work of the country-specific meetings in a manner conducive to effective action. The draft resolution leaves open how many members of the organizational committee will participate alongside others in these meetings” (voir aussi communiqué du 20 décembre 2005 sur le suivi du Sommet). Le Conseil de sécurité et l’Assemblée ont agit dans le cadre de leur pouvoirs en vertu des articles : 7 (par 2) du chapitre III ; 22 du chapitre IV (pour l’Assemblée) et 29 du chapitre V (pour le Conseil), de la Charte des Nation Unies. Le Conseil a adopté la résolution S/RES/1645 (2005) (voir aussi texte) créant la Commission, en faisant sien le projet de résolution adopté par l’Assemblée générale. Le Conseil a aussi adopté la résolutions S/RES/1646 (2005) qui décide d’une part que chaque année deux membres élus feront partie du Comité d’organisation avec les membres permanents du Conseil de sécurité et d’autre part que le rapport annuel de la Commission, qui devra être présenté à l’Assemblée, sera également présenté au Conseil (voir aussi communiqué).
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La Commission a été crée afin de favoriser une paix durable dans les zones qui sortent d’une période de conflit (voir communiqué du 20 décembre 2005). Elle est envisagée comme un « un mécanisme institutionnel spécial pour répondre aux besoins particuliers de relèvement, de réinsertion et de reconstruction qu’ont les pays sortant d’un conflit et d’aider ces pays à jeter les bases d’un développement durable ». Elle a pour but de réunir tous les intéressés afin qu’ils mobilisent des ressources, de proposer des stratégies intégrées aux fins de la consolidation de la paix et du relèvement après les conflits et de donner des avis en la matière; d’appeler l’attention sur les efforts de reconstruction et de renforcement des institutions nécessaires au relèvement au lendemain d’un conflit afin de jeter les bases d’un développement durable; de faire des recommandations et donner des renseignements afin d’améliorer la coordination entre tous les intéressés dans le système des Nations Unies et en dehors. Ses fonctions sont essentiellement consultatives, comme l’avait déjà souligné M. Jan Eliasson, dans son discours introductif. La Commission sera dotée d’un Comité d’organisation permanent chargé d’élaborer le règlement et de régler les questions d’organisation. La Comité sera composé de sept pays membres du Conseil de sécurité, de sept pays membres du Conseil économique et social qui seront élus au sein des groupes régionaux, de cinq pays figurant parmi ceux dont les contributions statutaires aux budgets de l’ONU et les contributions volontaires aux budgets des fonds, programmes et organismes des Nations Unies, de cinq pays figurant parmi ceux qui mettent le plus de militaires et de membres de la police civile à la disposition des missions de l’ONU, et enfin de sept autres pays qui seront élus suivant les règles et modalités que l’Assemblée générale arrêtera. La participation aux réunions de la Commission est ouverte, à l’invitation du Comité, aux représentants des pays concernés et aux représentants d’autres pays intéressés, ainsi qu’aux institutions financières régionales et internationales. La Commission prendra toutes ses décisions par consensus. Le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, avait salué la création de la Commission comme un événement historique marquant « un tournant dans les efforts déployés pour gérer les difficiles transitions de la guerre vers la paix ». (voir communiqué du 20 décembre 2005). Pour les Etats Unies, M. Kristen Silverberg avait souligné, dans le communiqué du 20 décembre 2005, que: « We think the UN should have this mechanism to better coordinate across the UN function, to coordinate both the peacekeeping operations and the development and reconstruction functions. So we're very enthusiastic about the Peace-Building Commission. We're grateful that we had such productive discussions over the last few months and are now at the point where we can adopt the resolution and begin implementing it”. M. Kristen Silverberg s’était également félicité des progrès accomplis au regard d’un autre domaine de la réforme, le Fond pour la démocratie. Il avait réaffirmé les critères des Etats-Unis quant à la réforme du Conseil de sécurité et il avait mis en évidence les importants défis (voir communiqué du 21 décembre 2005) a accomplir dans la réforme de la gestion des Nations Unies et dans l’adoption du budget (voir communiqué du 21 décembre 2005), en soulignant que «Ambassador Bolton has made very clear that this is just one idea for keeping focus on the reforms; there may be others. We are very open to other ideas that would ensure implementation of the reforms. We have a lot of flexibility on the mechanism, but we think it's enormously importantly that the UN move forward on management reforms early this year. » . Il avait enfin affirmé que « the Peace-Building Commission is a great victory from this morning, and that was something that Ambassador Bolton took a very personal interest in. All of the reforms -- you'll remember when the Outcome Document was adopted in September, Ambassador Bolton personally negotiated the bulk of that Document, including some late-night negotiations at one in the morning in the lead-up to the summit. So on UN reform also h's been a very effective advocate for the U.S » (voir communiqué du 20 décembre 2005). La France avait salué l’adoption de la résolution créant la Commission, adopté conjointement par le Conseil et l’Assemblée, en affirmant que la création de cet organe consultatif permettra de mieux coordonner l’action internationale en faveur des Etats qui sortent de conflit, tout en inscrivant cette action dans la durée et en la rendant plus cohérente. La France avait aussi souligné que « Cette Commission doit maintenant commencer ses travaux dans les meilleurs délais. La France appelle l’ensemble des acteurs de la communauté internationale concernés, à l’intérieur mais aussi à l’extérieur du système des Nations unies, à participer activement aux travaux de cette Commission » (voir communiqué).
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| ONU réforme | ||||
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Proposition de quatre Etats africains sur la réforme du Conseil de sécurité Sarah CASSELLA
Le Nigeria, le Ghana, l'Afrique du Sud et le Sénégal ont présenté mercredi 14 décembre à l'Assemblée générale de l'ONU un projet de résolution prévoyant six nouveaux Etats membres dotés du droit de veto au sein du Conseil de sécurité (v. article). Ce projet, qui avait été soumis en des termes très proches à la 59e Assemblée générale de l'ONU en juillet dernier lors des débats précédant le Sommet par l'Union africaine (UA), a été lancé cette fois-ci au nom de ces quatre Etats africains à l'occasion de la 60e assemblée. Selon le programme de l'ONU, la 60e Assemblée générale devra délibérer avant la fin de l'année sur le dossier de la réforme du Conseil de sécurité. La persistance des divergences entre les Etats sur ce point permettra difficilement l’ouverture de grands débats sur la réforme du Conseil de sécurité avant le début de 2006. La mise en œuvre des différentes réformes proposées sera en tout cas impossible sans un financement adéquat. C’est ce qu’a rappelé le 21 décembre le Secrétaire général lors d'une conférence de presse à New York. « Nous avons assisté à d'autres luttes budgétaires par le passé. Cependant, cette fois-ci, c'est différent, dans la mesure où nous envisageons des réformes majeures pour l'Organisation ». Le budget pour la période 2006-2007 est estimé à 3,89 milliards de dollars, dont 73,4 millions liés à la mise en œuvre des réformes décidées par les Etats Membres lors du Sommet mondial de septembre dernier. « J'ai lancé un appel aux Etats Membres pour qu'ils maintiennent la pression sur la réforme tout en approuvant, dans le même temps, un budget qui nous permette de poursuivre nos activités tout en continuant nos efforts de réforme ». Les consultations à l’Assemblée générale sur le budget apparaissent donc comme absolument prioritaires. Le Secrétariat avait estimé à 73 millions de dollars les incidences de la réforme.
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| RDC embargo | ||||
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Elargissement par le Conseil de sécurité de la portée de l’embargo au Congo Sarah CASSELLA Le Conseil de sécurité a adopté le 21 décembre, à l'unanimité, la résolution 1649 (2005) qui élargit l'embargo sur les armes en République démocratique du Congo (RDC). Le Conseil a décidé que l'embargo sur les armes imposé par la résolution 1596 (2004) s'appliquera également, à partir du 15 janvier 2006, aux responsables politiques et militaires des groupes armés étrangers opérant en RDC qui font obstacle au désarmement, au rapatriement ou à la réinstallation volontaires de leurs combattants. Cette mesure a été prévue jusqu’au 31 juillet 2006. La résolution 1596 élargissait déjà l'embargo décidé par la résolution 1493 (2003) du 28 juillet 2003 à tout destinataire opérant en RDC. Ce texte limitait en effet l'embargo aux groupes armés et aux milices étrangers et congolais opérant dans le Nord et le Sud Kivu ainsi qu'en Ituri. Or aujourd'hui, des groupes armés et des milices perturbent la normalisation de la situation notamment dans la province du Katanga. Selon la résolution 1649, les sanctions s'appliqueront aussi aux responsables politiques et militaires des milices congolaises recevant un soutien de l'extérieur de la République démocratique du Congo et notamment celles opérant dans le district de l'Ituri, qui font obstacle à la participation de leurs combattants aux processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion. Le Conseil a demandé au Gouvernement d'unité nationale et de transition de procéder au plus vite à la réforme du secteur de la sécurité en ce qui concerne les Forces armées et la Police nationale et en veillant à ce que leurs personnels reçoivent en temps utile un salaire et un soutien logistique appropriés. Le Conseil a rappelé qu'il a confié à la MONUC le mandat d'appuyer les opérations de désarmement des Forces armées congolaises, le rapatriement et la réinstallation des combattants étrangers et il a prié le Secrétaire général de soumettre, d'ici au 15 mars 2006, une stratégie d'ensemble cohérente. Le Conseil a également exigé que les Gouvernements de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi prennent des mesures pour mettre en œuvre leurs obligations internationales, qui consistent notamment à faire cesser l'utilisation de leurs territoires en violation de l'embargo sur les armes. Il a rappelé que la MONUC est autorisée à utiliser tous les moyens nécessaires pour dissuader toute tentative de recours à la force qui menacerait le processus politique, de la part de tout groupe armé, étranger ou congolais, et pour assurer la protection des civils sous la menace imminente de violences physiques. La Cour internationale de justice vient de décider dans son arrêt du 19 décembre que l'Ouganda devra réparer les conséquences de son invasion de la République démocratique du Congo en 1998 en violation du droit international, notamment en ce qui concerne le pillage de ses ressources naturelles. Une affaire opposant la RDC au Rwanda, est actuellement pendante devant la CIJ. Le Président du Conseil de sécurité a tout de même félicité, dans une déclaration du 21 décembre, le peuple de la République démocratique du Congo pour le bon déroulement du référendum sur le projet de Constitution et a rappelé l’importance de la tenue des élections avant le 30 juin 2006.
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| RDC référendum | ||||
RDCScrutin référendaire sur la nouvelle constitutionSabrina RAHMANI
Le 18 décembre 2005, a débuté en République démocratique du Congo (RDC) le référendum sur la nouvelle constitution. Ce scrutin est le premier d’une série d’élections prévues en 2006, qui permettraient d’instaurer la troisième République dans le pays. Les opérations d'enregistrement des électeurs avaient commencé le 20 juin dernier dans le cadre des préparatifs pour les élections au premier semestre de l'an prochain. Prés de 25 millions de Congolais étaient inscrits sur les listes électorales, pour un chiffre estimé au maximum à 28 millions d’électeurs potentiels, dans un pays de plus de 58 millions d’habitants. A l’occasion de ce referendum, le 16 décembre 2005, dans un communiqué rendu public par son ministère de l'Intérieur, le gouvernement congolais a décidé de fermer ses frontières terrestres, maritimes et lacustres à partir du 17 décembre 2005 à minuit au 19 décembre 2005 à minuit. Le président Joseph Kabila, a annoncé le même jour que son quartier général et son bureau allaient être transférés de la capitale de Kinshasa à la ville de Bukavu, chef-lieu de la province orientale du Sud-Kivu, limitrophe avec le Rwanda, afin de contribuer au retour d'une paix durable dans l'est. Cependant, durant la compagne référendaire, qui a débuté deux semaines plutôt, La majorité des citoyens n’a pas eu accès au projet de Constitution par manque de moyens et de temps, mais aussi la barrière de la langue a largement contribué à cet état de fait, dans la mesure ou ce texte est rédigé en français. Aussi, le peuple congolais était divisé. Le président Joseph Kabila, ainsi que la plupart des grands partis politiques congolais avaient appelé leurs militants à voter « oui » à la Constitution afin que le processus électoral puisse se poursuivre et mettre fin à la transition qui a commencé le 30 juin 2003, après cinq ans de guerre faisant 3 millions de morts et 2,5 millions de déplacés. La communauté internationale a aussi appelé les Congolais à la responsabilité en votant « oui ». Le 16 décembre dernier, le secrétaire général de l'Onu, M. Kofi Annan, a encouragé les Congolais à participer en grand nombre au référendum, de manière ordonnée et paisible afin de contribuer à ce que leur pays continue de progresser sur la voie de la paix, de la démocratie et de la prospérité. D’autre part, certains hommes politiques congolais ont appelé leurs militants à voter « non ». Ils ont appelé à un report du scrutin référendaire en déplorant l’absence d’une campagne suffisante de sensibilisation des électeurs par la Commission électorale indépendante (CEI). Ils ont dénoncé la validation du vote par l’apposition de son empreinte digitale sur le bulletin de vote estimant que cette disposition viole le caractère secret du vote car l’identité de l’électeur est décryptable. Enfin, ils ont critiqué la nouvelle constitution, qui selon eux contient des lacunes, notamment : · Le manque de clarté dans les relations entre le Président et le Premier ministre, décrites comme une source potentielle de crise de gouvernement. · La consultation de la majorité parlementaire par le Président avant de nommer le Premier ministre. · l’impunité du chef de l’Etat et du Premier ministre, consacrée dans le texte, obligeant le Parlement à voter des décisions de poursuites à la majorité des deux tiers. · Le découpage du territoire en 25 provinces sans accord préalable des populations intéressées. Toutefois, pour M. Andy Sparkers, ambassadeur britannique en RDCongo, si le « non » l’emporte, il faudra réviser l'avant-projet de Constitution et la transition ne pourra pas s’achever dans les délais prévus. |
Par ailleurs, d'autres hommes politiques congolais, notamment M. Etienne Tshisekedi, avaient appelé leurs militants à boycotter le scrutin référendaire. Selon, Mme Rachel Eklou-Assogbavi, porte-parole adjointe de la MONUC, l'abstention n'aura aucun effet sur le résultat du scrutin, mais la légitimité de la Constitution sera mise en cause si le pourcentage des abstentions est très élevé. Le 19 décembre 2005, a eu lieu le deuxième jour du scrutin référendaire et selon la CEI des opérations de vote ont continués, dans des bureaux de vote qui n’ont pas pu résorber les files d’attente de la veille, dans les 11 provinces. Aucun incident n’a été signalé dans la nuit de dimanche à lundi. Les derniers bureaux de vote ont fermé lundi à 14H00 GMT et ceux de l'Est du pays, situés dans un fuseau horaire différent - heure GMT + 2 - ont fermé une heure avant ceux de l'Ouest. Aucune irrégularité sérieuse n'a été signalée par les quelque 280 observateurs internationaux et plus de 5.000 nationaux répartis sur l'ensemble du territoire. Les premiers résultats partiels du référendum constitutionnel étaient attendus lundi soir à Kinshasa. Concernant le taux de participation, le premier jour du scrutin, la CEI a constaté une forte mobilisation dans huit des onze provinces, mais un taux de participation moyen à Kinshasa, au Kasaï occidental et au Kasaï oriental (centre), fief de l'opposant Etienne Tshisekedi. Les électeurs congolais ont participé massivement et dans le calme à ce referendum, en dépit de quelques problèmes organisationnels, tels que les retards pris dans l’ouverture de certains bureaux de vote, dans le déploiement des kits référendaires, ou le non paiement de certains agents et policiers, des listes électorales incomplètes ou le problème de la mobilité des électeurs qui les prive de voter dans un endroit autre que celui où ils se sont inscrits. L’ 'abbé Apollinaire Malu Malu, président de la CEl, a félicité les Congolais qui ont compris la signification de cette journée. Il a aussi félicité les efforts entrepris pour assurer la sécurisation du scrutin. Néanmoins, des incidents et des violences ont été constatés aux abords des bureaux de vote qui ont coûté la vie, notamment à un bébé de quatre mois et une femme à Goma. Les Etats-Unis ont aussi applaudi la participation active et pacifique, du peuple congolais, au référendum constitutionnel. Washington s ‘est engagé à poursuivre son assistance à la République démocratique du Congo pour sa transition démocratique. Le 20 décembre au soir, l’ abbé Malu Malu, a annoncé que selon les résultats du dépouillement dans 12.200 bureaux sur les 36.000 ouverts dans le pays, le "oui" arrivait en tête avec un score de 78,5% contre 21% pour le "non", après dépouillement du tiers des suffrages, sans préciser le taux de participation ni la proportion de bulletins nuls ou blancs. Cette large avance du "oui" au référendum constitutionnel a été saluée par la presse de Kinshasa mercredi matin. De son côté, la CEI n'a pas précisé quand elle donnerait les résultats définitifs de ce référendum, qui devront ensuite être validés par la Cour suprême de Justice. Ces derniers ne sont pas attendus avant la fin de l'année. Pour les analystes et les observateurs, la comptabilisation de l'ensemble des résultats en provenance des 40.000 bureaux de vote nécessitera plusieurs jours, en raison du territoire du pays, aussi vaste que celui de l’Europe occidentale, et du manque d'infrastructures de base. Dès le 22 décembre les résultats semblaient indiquer que le projet de Constitution l'avait emporté largement (voir la Déclaration de l'Union européenne).
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| Cour internationale de Justice | ||||
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Arrêt en l’affaire des Activités armées sur le territoire du Congo (RDC c. Ouganda) Tidiani COUMA
Au bout de plus de cinq années de procédure (v. communiqués de presse), la Cour internationale de Justice (CIJ), organe judiciaire principal de l’Organisation des Nations Unies, a reconnu, dans son arrêt du 19 décembre 2005 que l’Ouganda est responsable de violations de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo (RDC) en se livrant, notamment, «à des actes militaires». Kampala a ainsi « a violé le principe du non-recours à la force dans les relations internationales et le principe de non-intervention ».Cet arrêt est définitif, sans recours et obligatoire pour les Parties. Il rappeler que la Cour de la Haye avait été saisie par la RDC en juin 1999 pour connaître de ce différend relatifs aux Activités armées sur le territoire du Congo (République démocratique du Congo c. Ouganda). Lors des audiences tenues en avril au Palais de la Paix, à La Haye, l’Ouganda avait invoqué la légitime défense, se disant menacé par des groupes rebelles basés dans l’est du Congo. En août 1998, et jusqu’en juin 2003 au moins selon les juges, l’armée ougandaise s’est introduite trop loin au-delà des frontières pour que les opérations soient reconnues comme des actes de légitime défense. L’Ouganda avait effectivement «engagé une opération militaire», estiment-ils, sans pour autant en établir le motif, même si la RDC estime que l’objectif ultime visait alors à renverser le régime de Joseph Kabila. L’Ituri, territoire occupé Outre «l’usage illégal de la force» et la «violation de souveraineté», les juges retiennent que l’Ituria, région minière de l’Est de la RDC, a été occupé par les Forces de défense populaires de l’Ouganda (UPDF). Or en droit international, «la puissance occupante» doit assurer la protection des civils. En lieu de quoi, les forces armées ougandaises ont commis des «meurtres, des tortures, incités au conflit ethnique, enrôlés des enfants», ajoutent-ils. En droit, Kampala est donc responsable de l’attitude de ses soldats et donc, aussi, du pillage des ressources de la RDC. Car si les juges estiment qu’il n’existe pas de preuves selon lesquelles l’Ouganda aurait conduit une politique délibérée de pillage des ressources, ou que ses opérations militaires aient été conduites dans ce but, ils établissent cependant, se basant notamment sur différents rapports des Nations unies, que «des officiers et des soldats, parmi lesquels les plus haut gradés de l’UPDF, ont participé au pillage et à l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC et que les autorités n’ont pris aucune mesure pour mettre fin à ces activités». Lourdement chargé par son voisin, l’Ouganda était aussi accusée d’avoir soutenu et contrôlé des mouvements rebelles de l’Est du pays. Les juges ont établi que l’armée ougandaise avait soutenu «sur le plan militaire, logistique, économique et financier» le Mouvement de libération du Congo, groupe rebelle dirigé par Jean-Pierre Bemba, aujourd’hui vice-Premier ministre dans le gouvernement de transition à Kinshasa. Mais ils précisent cependant que Kampala n’en avait pas le contrôle.
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L’Ouganda devra fournir réparations La République démocratique du Congo sort donc largement victorieuse de la procédure, d’autant que les juges ont considéré que «le peuple spolié» avait droit à des réparations. Les deux Etats devront s’entendre sur les montants exigés, faute de quoi il appartiendra à la Cour de trancher. La RDC devra également fournir réparation La Cour Internationale de Justice estime que, « par le comportement de ses forces armées, qui ont attaqué l’ambassade de l’Ouganda à Kinshasa et soumis à de mauvais traitements des diplomates et d’autres personnes dans les locaux de l’ambassade, ainsi que des diplomates ougandais à l’aéroport international de Ndjili, et pour n’avoir pas assuré à l’ambassade et aux diplomates ougandais une protection efficace ni empêché la saisie d’archives et de biens ougandais dans les locaux de l’ambassade de l’Ouganda, la République démocratique du Congo a violé les obligations lui incombant, en vertu de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961, envers la République de l’Ouganda ». Enfin, le président de la Cour, Shi Jiuyong s’est dit «conscient de la situation tragique et complexe qui prévaut depuis longtemps dans la région des Grands Lacs et de la souffrance de la population locale» et a rappelé que «l’instabilité en RDC a eu des incidences négatives pour la sécurité de l’Ouganda et de quelques autres Etats voisins». Il faut rappeler qu’en 1999, La RDC avait engagé une « procédure similaire» à l’encontre du Rwanda. Mais ce dernier a, comme le permet le Statut de la Cour Mondiale, rejeté sa compétence. Les juges devront donc se prononcer d’abord sur ce point, avant de décider, ou non, d’engager la procédure sur le fond.
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| UE/Etats-Unis Droits de l'homme |
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Le Parlement Européen décide de créer une commission temporaire ad hoc sur le transfert et la détention dans l'illégalité des prisonniers par la CIA via les pays européens Fatma RAACH
La conférence des présidents des groupes politiques du Parlement Européen a décidé, le 14 décembre 2005, de « créer une commission temporaire ad hoc sur le transfert et la détention dans l'illégalité des prisonniers par la CIA via les pays européens » (Résolution du PE). Pour sa constitution et son mandat, ils seront déterminés par la conférence des présidents lors de sa première réunion en 2006, avant d'être avalisés en séance plénière du Parlement en janvier prochain. Le président du groupe du Parti socialiste européen Martin Schulz a déclaré que le Parlement cherchait à déterminer à quel point les pays membres de l'UE ont été impliqués dans les activités de violation des droits de l'Homme. La création de cette commission d’enquête est l’aboutissement d’une série de mesures prises par les institutions européennes concernées, suite aux rapports du Washington Post du 2 novembre selon lesquels la CIA aurait des "sites noirs", prisons secrètes en Roumanie et en Pologne où des terroristes présumés seraient retenus. En effet, La commission des Libertés civiles a examiné la question début décembre. La plupart de ses membres ont appelé à la mise en place d'une commission d'enquête. Quant au Conseil de l'Europe, il a lancé une enquête le 23 novembre 2005, concernant l'appui dont auraient bénéficié la CIA, dans le cadre de sa lutte contre le terrorisme, auprès de certains pays européens. Le Conseil avait demandé des explications aux 45 Etats membres en vertu de l’article 52 de la Convention européenne des Droits de l’Homme. Les Etats membres ont jusqu’au 21 février 2006 pour fournir des informations sur l'implication éventuelle de leurs fonctionnaires "dans la privation de liberté non reconnue d'un individu ou dans le transport d'individus ainsi privés de leur liberté, y compris lorsque cette privation de liberté a été commise par ou à l'instigation d'une agence d'un autre Etat". Certains Etats membres (L’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et la Suisse) ont déjà ouvert des enquêtes judiciaires. D’ailleurs, Le Conseil fédéral suisse a demandé des explications aux Etats- Unis, qui n'ont toujours pas répondu, sur le transit et l'atterrissage d'avions civils en Suisse en 2003 et 2004. En outre, L'ambassadrice des Etats-Unis en Suisse, Pamela Willeford, a été convoquée au Département fédéral suisse des affaires étrangères, le secrétaire d'Etat Michael Ambühl lui a réaffirmé que la Suisse souhaitait une clarification sur le transport présumé de détenus par la CIA via la Suisse. Quant à la Pologne, « soupçonnée d'être le centre européen du réseau des prisons secrètes de la CIA » elle « s'est engagée à mener une investigation ».
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