|
l'information et les liens |
![]() |
la
page hebdomadaire d'informations internationales Société française pour le droit International |
|||||||
|
Sentinelle du 25 décembre 2005 |
|||||||||
|
Philippe WECKEL-- Anne RAINAUD-- Roland ADJOVI-- Guillaume AREOU-- Sarah CASSELLA-- Florina COSTICA-- Tidiani COUMA Maya LAIDI-- Suany MAZZITELLI-- Fatma RAACH-- Sabrina RAHMANI-- Jacobo RIOS RODRIGUEZ-- Antonella SAMPO-- Noémie SIMONEl-- Sébastien TOUZE
|
|||||||||
|
|||||||||
![]() |
DOSSIER SPECIAL
|
Conférence ministérielle de Hong Kong
|
|||||||
|
ONU |
|
||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
Paix et sécurité internationales |
|
||||||||
|
Cour internationale de Justice |
|
||||||||
|
Droit humanitaire et droits de l'homme |
|
||||||||
|
Environnement |
|
||||||||
|
Droit international économique |
|
||||||||
|
Droit de la mer et des activités maritimes |
|
||||||||
|
Droit aérien |
|
||||||||
| Europe |
|
||||||||
|
© 2005 Tous droits réservés |
|
|
|
||||||||||||||||||||
| ONU réforme |
|
||||||||||||||||||||
|
ONU/ Assemblée Générale et Conseil de sécurité : création de la Commission pour la consolidation de la paix 20 décembre 2005 Suany MAZZITELLI
Le 20 décembre 2005 l’Assemblée Générale a décidé (voir communiqué) de concert avec le Conseil de sécurité (voir communiqué, portant le texte de la résolution) de créer la Commission de consolidation de la paix, organe consultatif intergouvernemental, afin de donner effet aux décisions adoptées dans le document final du Sommet mondial (voir communiqué) (voir aussi communiqué). La création de cet organe était un des objectifs majeurs de la réforme des Nations Unies. Les Etats Unies avaient exprimé leur attachement à la création de cet organe. M. Kristen Silverberg, secrétaire assistant pour les affaires des Organisations Internationales avait declare: “I am very pleased to announce that as of this morning we have final agreement in New York on the Peace-Building Commission, which was one of the high U.S. priorities for reform” (voir communiqué du 20 décembre 2005). Dans un communiqué du 19 décembre 2005 les Etats-Unis avaient déjà mis en évidence que : « Issues such as management reform, establishing a Human Rights Council, and establishing a Peacebuilding Commission remain at the forefront of U.S. objectives» (voir les grandes lignes du Sommet mondial et aussi le dossier sur la réforme des Nations Unies). Dans un communiqué du 9 décembre 2005, publié seulement le 20 décembre, le Président de l’Assemblée Générale avait appelé aussi à la création rapide du Conseil des droits de l’homme. C’est la Commission qui voit le jour la première et cela avec une certaine prévisibilité. En effet, un projet de résolution sur la Commission de consolidation de la paix avait déjà été discuté le 18 novembre 2005 à l’Assemblée Générale (voir nouvelles). Alors que en ce qui concernait le Conseil des droits de l’homme, seulement un projet de résolution relatif au Groupe de travail de l’Assemblée générale, chargé de la question de sa création, avait été présenté à l’Assemblée le 12 décembre 2005 par le Belarus le Chine et la Fédération de Russie. Les Etats-Unis avaient en outre souligné que: “There are still some very serious philosophical disagreements about what the Council should do” (voir communiqué du 20 décembre 2005). Le Président de l’Assemblée générale avait présenté le 14 décembre un projet de résolution pour la création de la Commission de consolidation de la paix. Le 16 décembre le Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires avait présenté, à l’Assemblée, son rapport concernant les incidences budgétaires du projet de résolution A/60/L.40. Après l’examen par la Cinquième Commission des incidences budgétaires de la création du nouvel organe, le Président de l’Assemblée avait décidé, à l’issue de consultations officieuses, que l’adoption du projet de résolution ne devrait pas entraîner l’ouverture de crédits supplémentaires au titre du projet de budget-programme pour l’exercice biennal 2006-2007. Le Président de l’Assemblée générale, M. Jan Eliasson, avait souligné dans son discours introductif, lors de la présentation du projet résolution sur la Commission de consolidation de la paix (A/60/L.40) à l’Assemblée générale, que « this resolution will, if passed today, be truly historic. That word – ‘historic’ – is often over-used, but in this case I have no doubt that it is merited”. Il avait ensuite fait quelque commentaire sur le texte afin de répondre aux questions soulevées par les délégations. Il avait notamment expliqué que “The draft resolution sets out how the General Assembly, the Security Council and ECOSOC should work on peacebuilding. The Peacebuilding Commission will be an advisory subsidiary organ of the General Assembly and the Security Council, the first such body of its kind”. Il avait aussi souligné, relativement au difficile problème de la composition du Comité d’organisation, que:”it is important to emphasize the extent to which much of the important substantive work of the Peacebuilding Commission will be done in its country-specific settings. We will have to make every effort to organize the work of the country-specific meetings in a manner conducive to effective action. The draft resolution leaves open how many members of the organizational committee will participate alongside others in these meetings” (voir aussi communiqué du 20 décembre 2005 sur le suivi du Sommet). Le Conseil de sécurité et l’Assemblée ont agit dans le cadre de leur pouvoirs en vertu des articles : 7 (par 2) du chapitre III ; 22 du chapitre IV (pour l’Assemblée) et 29 du chapitre V (pour le Conseil), de la Charte des Nation Unies. Le Conseil a adopté la résolution S/RES/1645 (2005) (voir aussi texte) créant la Commission, en faisant sien le projet de résolution adopté par l’Assemblée générale. Le Conseil a aussi adopté la résolutions S/RES/1646 (2005) qui décide d’une part que chaque année deux membres élus feront partie du Comité d’organisation avec les membres permanents du Conseil de sécurité et d’autre part que le rapport annuel de la Commission, qui devra être présenté à l’Assemblée, sera également présenté au Conseil (voir aussi communiqué).
|
La Commission a été crée afin de favoriser une paix durable dans les zones qui sortent d’une période de conflit (voir communiqué du 20 décembre 2005). Elle est envisagée comme un « un mécanisme institutionnel spécial pour répondre aux besoins particuliers de relèvement, de réinsertion et de reconstruction qu’ont les pays sortant d’un conflit et d’aider ces pays à jeter les bases d’un développement durable ». Elle a pour but de réunir tous les intéressés afin qu’ils mobilisent des ressources, de proposer des stratégies intégrées aux fins de la consolidation de la paix et du relèvement après les conflits et de donner des avis en la matière; d’appeler l’attention sur les efforts de reconstruction et de renforcement des institutions nécessaires au relèvement au lendemain d’un conflit afin de jeter les bases d’un développement durable; de faire des recommandations et donner des renseignements afin d’améliorer la coordination entre tous les intéressés dans le système des Nations Unies et en dehors. Ses fonctions sont essentiellement consultatives, comme l’avait déjà souligné M. Jan Eliasson, dans son discours introductif. La Commission sera dotée d’un Comité d’organisation permanent chargé d’élaborer le règlement et de régler les questions d’organisation. La Comité sera composé de sept pays membres du Conseil de sécurité, de sept pays membres du Conseil économique et social qui seront élus au sein des groupes régionaux, de cinq pays figurant parmi ceux dont les contributions statutaires aux budgets de l’ONU et les contributions volontaires aux budgets des fonds, programmes et organismes des Nations Unies, de cinq pays figurant parmi ceux qui mettent le plus de militaires et de membres de la police civile à la disposition des missions de l’ONU, et enfin de sept autres pays qui seront élus suivant les règles et modalités que l’Assemblée générale arrêtera. La participation aux réunions de la Commission est ouverte, à l’invitation du Comité, aux représentants des pays concernés et aux représentants d’autres pays intéressés, ainsi qu’aux institutions financières régionales et internationales. La Commission prendra toutes ses décisions par consensus. Le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, avait salué la création de la Commission comme un événement historique marquant « un tournant dans les efforts déployés pour gérer les difficiles transitions de la guerre vers la paix ». (voir communiqué du 20 décembre 2005). Pour les Etats Unies, M. Kristen Silverberg avait souligné, dans le communiqué du 20 décembre 2005, que: « We think the UN should have this mechanism to better coordinate across the UN function, to coordinate both the peacekeeping operations and the development and reconstruction functions. So we're very enthusiastic about the Peace-Building Commission. We're grateful that we had such productive discussions over the last few months and are now at the point where we can adopt the resolution and begin implementing it”. M. Kristen Silverberg s’était également félicité des progrès accomplis au regard d’un autre domaine de la réforme, le Fond pour la démocratie. Il avait réaffirmé les critères des Etats-Unis quant à la réforme du Conseil de sécurité et il avait mis en évidence les importants défis (voir communiqué du 21 décembre 2005) a accomplir dans la réforme de la gestion des Nations Unies et dans l’adoption du budget (voir communiqué du 21 décembre 2005), en soulignant que «Ambassador Bolton has made very clear that this is just one idea for keeping focus on the reforms; there may be others. We are very open to other ideas that would ensure implementation of the reforms. We have a lot of flexibility on the mechanism, but we think it's enormously importantly that the UN move forward on management reforms early this year. » . Il avait enfin affirmé que « the Peace-Building Commission is a great victory from this morning, and that was something that Ambassador Bolton took a very personal interest in. All of the reforms -- you'll remember when the Outcome Document was adopted in September, Ambassador Bolton personally negotiated the bulk of that Document, including some late-night negotiations at one in the morning in the lead-up to the summit. So on UN reform also h's been a very effective advocate for the U.S » (voir communiqué du 20 décembre 2005). La France avait salué l’adoption de la résolution créant la Commission, adopté conjointement par le Conseil et l’Assemblée, en affirmant que la création de cet organe consultatif permettra de mieux coordonner l’action internationale en faveur des Etats qui sortent de conflit, tout en inscrivant cette action dans la durée et en la rendant plus cohérente. La France avait aussi souligné que « Cette Commission doit maintenant commencer ses travaux dans les meilleurs délais. La France appelle l’ensemble des acteurs de la communauté internationale concernés, à l’intérieur mais aussi à l’extérieur du système des Nations unies, à participer activement aux travaux de cette Commission » (voir communiqué).
|
||||||||||||||||||||
| ONU réforme | |||||||||||||||||||||
|
Proposition de quatre Etats africains sur la réforme du Conseil de sécurité Sarah CASSELLA
Le Nigeria, le Ghana, l'Afrique du Sud et le Sénégal ont présenté mercredi 14 décembre à l'Assemblée générale de l'ONU un projet de résolution prévoyant six nouveaux Etats membres dotés du droit de veto au sein du Conseil de sécurité (v. article). Ce projet, qui avait été soumis en des termes très proches à la 59e Assemblée générale de l'ONU en juillet dernier lors des débats précédant le Sommet par l'Union africaine (UA), a été lancé cette fois-ci au nom de ces quatre Etats africains à l'occasion de la 60e assemblée. Selon le programme de l'ONU, la 60e Assemblée générale devra délibérer avant la fin de l'année sur le dossier de la réforme du Conseil de sécurité. La persistance des divergences entre les Etats sur ce point permettra difficilement l’ouverture de grands débats sur la réforme du Conseil de sécurité avant le début de 2006. La mise en œuvre des différentes réformes proposées sera en tout cas impossible sans un financement adéquat. C’est ce qu’a rappelé le 21 décembre le Secrétaire général lors d'une conférence de presse à New York. « Nous avons assisté à d'autres luttes budgétaires par le passé. Cependant, cette fois-ci, c'est différent, dans la mesure où nous envisageons des réformes majeures pour l'Organisation ». Le budget pour la période 2006-2007 est estimé à 3,89 milliards de dollars, dont 73,4 millions liés à la mise en œuvre des réformes décidées par les Etats Membres lors du Sommet mondial de septembre dernier. « J'ai lancé un appel aux Etats Membres pour qu'ils maintiennent la pression sur la réforme tout en approuvant, dans le même temps, un budget qui nous permette de poursuivre nos activités tout en continuant nos efforts de réforme ». Les consultations à l’Assemblée générale sur le budget apparaissent donc comme absolument prioritaires. Le Secrétariat avait estimé à 73 millions de dollars les incidences de la réforme.
|
|
||||||||||||||||||||
| RDC embargo | |||||||||||||||||||||
|
Elargissement par le Conseil de sécurité de la portée de l’embargo au Congo Sarah CASSELLA Le Conseil de sécurité a adopté le 21 décembre, à l'unanimité, la résolution 1649 (2005) qui élargit l'embargo sur les armes en République démocratique du Congo (RDC). Le Conseil a décidé que l'embargo sur les armes imposé par la résolution 1596 (2004) s'appliquera également, à partir du 15 janvier 2006, aux responsables politiques et militaires des groupes armés étrangers opérant en RDC qui font obstacle au désarmement, au rapatriement ou à la réinstallation volontaires de leurs combattants. Cette mesure a été prévue jusqu’au 31 juillet 2006. La résolution 1596 élargissait déjà l'embargo décidé par la résolution 1493 (2003) du 28 juillet 2003 à tout destinataire opérant en RDC. Ce texte limitait en effet l'embargo aux groupes armés et aux milices étrangers et congolais opérant dans le Nord et le Sud Kivu ainsi qu'en Ituri. Or aujourd'hui, des groupes armés et des milices perturbent la normalisation de la situation notamment dans la province du Katanga. Selon la résolution 1649, les sanctions s'appliqueront aussi aux responsables politiques et militaires des milices congolaises recevant un soutien de l'extérieur de la République démocratique du Congo et notamment celles opérant dans le district de l'Ituri, qui font obstacle à la participation de leurs combattants aux processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion. Le Conseil a demandé au Gouvernement d'unité nationale et de transition de procéder au plus vite à la réforme du secteur de la sécurité en ce qui concerne les Forces armées et la Police nationale et en veillant à ce que leurs personnels reçoivent en temps utile un salaire et un soutien logistique appropriés. Le Conseil a rappelé qu'il a confié à la MONUC le mandat d'appuyer les opérations de désarmement des Forces armées congolaises, le rapatriement et la réinstallation des combattants étrangers et il a prié le Secrétaire général de soumettre, d'ici au 15 mars 2006, une stratégie d'ensemble cohérente. Le Conseil a également exigé que les Gouvernements de l'Ouganda, du Rwanda et du Burundi prennent des mesures pour mettre en œuvre leurs obligations internationales, qui consistent notamment à faire cesser l'utilisation de leurs territoires en violation de l'embargo sur les armes. Il a rappelé que la MONUC est autorisée à utiliser tous les moyens nécessaires pour dissuader toute tentative de recours à la force qui menacerait le processus politique, de la part de tout groupe armé, étranger ou congolais, et pour assurer la protection des civils sous la menace imminente de violences physiques. La Cour internationale de justice vient de décider dans son arrêt du 19 décembre que l'Ouganda devra réparer les conséquences de son invasion de la République démocratique du Congo en 1998 en violation du droit international, notamment en ce qui concerne le pillage de ses ressources naturelles. Une affaire opposant la RDC au Rwanda, est actuellement pendante devant la CIJ. Le Président du Conseil de sécurité a tout de même félicité, dans une déclaration du 21 décembre, le peuple de la République démocratique du Congo pour le bon déroulement du référendum sur le projet de Constitution et a rappelé l’importance de la tenue des élections avant le 30 juin 2006.
|
|
||||||||||||||||||||
| RDC référendum | |||||||||||||||||||||
RDCScrutin référendaire sur la nouvelle constitutionSabrina RAHMANI
Le 18 décembre 2005, a débuté en République démocratique du Congo (RDC) le référendum sur la nouvelle constitution. Ce scrutin est le premier d’une série d’élections prévues en 2006, qui permettraient d’instaurer la troisième République dans le pays. Les opérations d'enregistrement des électeurs avaient commencé le 20 juin dernier dans le cadre des préparatifs pour les élections au premier semestre de l'an prochain. Prés de 25 millions de Congolais étaient inscrits sur les listes électorales, pour un chiffre estimé au maximum à 28 millions d’électeurs potentiels, dans un pays de plus de 58 millions d’habitants. A l’occasion de ce referendum, le 16 décembre 2005, dans un communiqué rendu public par son ministère de l'Intérieur, le gouvernement congolais a décidé de fermer ses frontières terrestres, maritimes et lacustres à partir du 17 décembre 2005 à minuit au 19 décembre 2005 à minuit. Le président Joseph Kabila, a annoncé le même jour que son quartier général et son bureau allaient être transférés de la capitale de Kinshasa à la ville de Bukavu, chef-lieu de la province orientale du Sud-Kivu, limitrophe avec le Rwanda, afin de contribuer au retour d'une paix durable dans l'est. Cependant, durant la compagne référendaire, qui a débuté deux semaines plutôt, La majorité des citoyens n’a pas eu accès au projet de Constitution par manque de moyens et de temps, mais aussi la barrière de la langue a largement contribué à cet état de fait, dans la mesure ou ce texte est rédigé en français. Aussi, le peuple congolais était divisé. Le président Joseph Kabila, ainsi que la plupart des grands partis politiques congolais avaient appelé leurs militants à voter « oui » à la Constitution afin que le processus électoral puisse se poursuivre et mettre fin à la transition qui a commencé le 30 juin 2003, après cinq ans de guerre faisant 3 millions de morts et 2,5 millions de déplacés. La communauté internationale a aussi appelé les Congolais à la responsabilité en votant « oui ». Le 16 décembre dernier, le secrétaire général de l'Onu, M. Kofi Annan, a encouragé les Congolais à participer en grand nombre au référendum, de manière ordonnée et paisible afin de contribuer à ce que leur pays continue de progresser sur la voie de la paix, de la démocratie et de la prospérité. D’autre part, certains hommes politiques congolais ont appelé leurs militants à voter « non ». Ils ont appelé à un report du scrutin référendaire en déplorant l’absence d’une campagne suffisante de sensibilisation des électeurs par la Commission électorale indépendante (CEI). Ils ont dénoncé la validation du vote par l’apposition de son empreinte digitale sur le bulletin de vote estimant que cette disposition viole le caractère secret du vote car l’identité de l’électeur est décryptable. Enfin, ils ont critiqué la nouvelle constitution, qui selon eux contient des lacunes, notamment : · Le manque de clarté dans les relations entre le Président et le Premier ministre, décrites comme une source potentielle de crise de gouvernement. · La consultation de la majorité parlementaire par le Président avant de nommer le Premier ministre. · l’impunité du chef de l’Etat et du Premier ministre, consacrée dans le texte, obligeant le Parlement à voter des décisions de poursuites à la majorité des deux tiers. · Le découpage du territoire en 25 provinces sans accord préalable des populations intéressées. Toutefois, pour M. Andy Sparkers, ambassadeur britannique en RDCongo, si le « non » l’emporte, il faudra réviser l'avant-projet de Constitution et la transition ne pourra pas s’achever dans les délais prévus. |
Par ailleurs, d'autres hommes politiques congolais, notamment M. Etienne Tshisekedi, avaient appelé leurs militants à boycotter le scrutin référendaire. Selon, Mme Rachel Eklou-Assogbavi, porte-parole adjointe de la MONUC, l'abstention n'aura aucun effet sur le résultat du scrutin, mais la légitimité de la Constitution sera mise en cause si le pourcentage des abstentions est très élevé. Le 19 décembre 2005, a eu lieu le deuxième jour du scrutin référendaire et selon la CEI des opérations de vote ont continués, dans des bureaux de vote qui n’ont pas pu résorber les files d’attente de la veille, dans les 11 provinces. Aucun incident n’a été signalé dans la nuit de dimanche à lundi. Les derniers bureaux de vote ont fermé lundi à 14H00 GMT et ceux de l'Est du pays, situés dans un fuseau horaire différent - heure GMT + 2 - ont fermé une heure avant ceux de l'Ouest. Aucune irrégularité sérieuse n'a été signalée par les quelque 280 observateurs internationaux et plus de 5.000 nationaux répartis sur l'ensemble du territoire. Les premiers résultats partiels du référendum constitutionnel étaient attendus lundi soir à Kinshasa. Concernant le taux de participation, le premier jour du scrutin, la CEI a constaté une forte mobilisation dans huit des onze provinces, mais un taux de participation moyen à Kinshasa, au Kasaï occidental et au Kasaï oriental (centre), fief de l'opposant Etienne Tshisekedi. Les électeurs congolais ont participé massivement et dans le calme à ce referendum, en dépit de quelques problèmes organisationnels, tels que les retards pris dans l’ouverture de certains bureaux de vote, dans le déploiement des kits référendaires, ou le non paiement de certains agents et policiers, des listes électorales incomplètes ou le problème de la mobilité des électeurs qui les prive de voter dans un endroit autre que celui où ils se sont inscrits. L’ 'abbé Apollinaire Malu Malu, président de la CEl, a félicité les Congolais qui ont compris la signification de cette journée. Il a aussi félicité les efforts entrepris pour assurer la sécurisation du scrutin. Néanmoins, des incidents et des violences ont été constatés aux abords des bureaux de vote qui ont coûté la vie, notamment à un bébé de quatre mois et une femme à Goma. Les Etats-Unis ont aussi applaudi la participation active et pacifique, du peuple congolais, au référendum constitutionnel. Washington s ‘est engagé à poursuivre son assistance à la République démocratique du Congo pour sa transition démocratique. Le 20 décembre au soir, l’ abbé Malu Malu, a annoncé que selon les résultats du dépouillement dans 12.200 bureaux sur les 36.000 ouverts dans le pays, le "oui" arrivait en tête avec un score de 78,5% contre 21% pour le "non", après dépouillement du tiers des suffrages, sans préciser le taux de participation ni la proportion de bulletins nuls ou blancs. Cette large avance du "oui" au référendum constitutionnel a été saluée par la presse de Kinshasa mercredi matin. De son côté, la CEI n'a pas précisé quand elle donnerait les résultats définitifs de ce référendum, qui devront ensuite être validés par la Cour suprême de Justice. Ces derniers ne sont pas attendus avant la fin de l'année. Pour les analystes et les observateurs, la comptabilisation de l'ensemble des résultats en provenance des 40.000 bureaux de vote nécessitera plusieurs jours, en raison du territoire du pays, aussi vaste que celui de l’Europe occidentale, et du manque d'infrastructures de base. Dès le 22 décembre les résultats semblaient indiquer que le projet de Constitution l'avait emporté largement (voir la Déclaration de l'Union européenne).
|
||||||||||||||||||||
| Cour internationale de Justice | |||||||||||||||||||||
|
Arrêt en l’affaire des Activités armées sur le territoire du Congo (RDC c. Ouganda) Tidiani COUMA
Au bout de plus de cinq années de procédure (v. communiqués de presse), la Cour internationale de Justice (CIJ), organe judiciaire principal de l’Organisation des Nations Unies, a reconnu, dans son arrêt du 19 décembre 2005 que l’Ouganda est responsable de violations de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo (RDC) en se livrant, notamment, «à des actes militaires». Kampala a ainsi « a violé le principe du non-recours à la force dans les relations internationales et le principe de non-intervention ».Cet arrêt est définitif, sans recours et obligatoire pour les Parties. Il rappeler que la Cour de la Haye avait été saisie par la RDC en juin 1999 pour connaître de ce différend relatifs aux Activités armées sur le territoire du Congo (République démocratique du Congo c. Ouganda). Lors des audiences tenues en avril au Palais de la Paix, à La Haye, l’Ouganda avait invoqué la légitime défense, se disant menacé par des groupes rebelles basés dans l’est du Congo. En août 1998, et jusqu’en juin 2003 au moins selon les juges, l’armée ougandaise s’est introduite trop loin au-delà des frontières pour que les opérations soient reconnues comme des actes de légitime défense. L’Ouganda avait effectivement «engagé une opération militaire», estiment-ils, sans pour autant en établir le motif, même si la RDC estime que l’objectif ultime visait alors à renverser le régime de Joseph Kabila. L’Ituri, territoire occupé Outre «l’usage illégal de la force» et la «violation de souveraineté», les juges retiennent que l’Ituria, région minière de l’Est de la RDC, a été occupé par les Forces de défense populaires de l’Ouganda (UPDF). Or en droit international, «la puissance occupante» doit assurer la protection des civils. En lieu de quoi, les forces armées ougandaises ont commis des «meurtres, des tortures, incités au conflit ethnique, enrôlés des enfants», ajoutent-ils. En droit, Kampala est donc responsable de l’attitude de ses soldats et donc, aussi, du pillage des ressources de la RDC. Car si les juges estiment qu’il n’existe pas de preuves selon lesquelles l’Ouganda aurait conduit une politique délibérée de pillage des ressources, ou que ses opérations militaires aient été conduites dans ce but, ils établissent cependant, se basant notamment sur différents rapports des Nations unies, que «des officiers et des soldats, parmi lesquels les plus haut gradés de l’UPDF, ont participé au pillage et à l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC et que les autorités n’ont pris aucune mesure pour mettre fin à ces activités». Lourdement chargé par son voisin, l’Ouganda était aussi accusée d’avoir soutenu et contrôlé des mouvements rebelles de l’Est du pays. Les juges ont établi que l’armée ougandaise avait soutenu «sur le plan militaire, logistique, économique et financier» le Mouvement de libération du Congo, groupe rebelle dirigé par Jean-Pierre Bemba, aujourd’hui vice-Premier ministre dans le gouvernement de transition à Kinshasa. Mais ils précisent cependant que Kampala n’en avait pas le contrôle.
|
L’Ouganda devra fournir réparations La République démocratique du Congo sort donc largement victorieuse de la procédure, d’autant que les juges ont considéré que «le peuple spolié» avait droit à des réparations. Les deux Etats devront s’entendre sur les montants exigés, faute de quoi il appartiendra à la Cour de trancher. La RDC devra également fournir réparation La Cour Internationale de Justice estime que, « par le comportement de ses forces armées, qui ont attaqué l’ambassade de l’Ouganda à Kinshasa et soumis à de mauvais traitements des diplomates et d’autres personnes dans les locaux de l’ambassade, ainsi que des diplomates ougandais à l’aéroport international de Ndjili, et pour n’avoir pas assuré à l’ambassade et aux diplomates ougandais une protection efficace ni empêché la saisie d’archives et de biens ougandais dans les locaux de l’ambassade de l’Ouganda, la République démocratique du Congo a violé les obligations lui incombant, en vertu de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961, envers la République de l’Ouganda ». Enfin, le président de la Cour, Shi Jiuyong s’est dit «conscient de la situation tragique et complexe qui prévaut depuis longtemps dans la région des Grands Lacs et de la souffrance de la population locale» et a rappelé que «l’instabilité en RDC a eu des incidences négatives pour la sécurité de l’Ouganda et de quelques autres Etats voisins». Il faut rappeler qu’en 1999, La RDC avait engagé une « procédure similaire» à l’encontre du Rwanda. Mais ce dernier a, comme le permet le Statut de la Cour Mondiale, rejeté sa compétence. Les juges devront donc se prononcer d’abord sur ce point, avant de décider, ou non, d’engager la procédure sur le fond.
|
||||||||||||||||||||
| UE/Etats-Unis Droits de l'homme |
|
||||||||||||||||||||
|
Le Parlement Européen décide de créer une commission temporaire ad hoc sur le transfert et la détention dans l'illégalité des prisonniers par la CIA via les pays européens Fatma RAACH
La conférence des présidents des groupes politiques du Parlement Européen a décidé, le 14 décembre 2005, de « créer une commission temporaire ad hoc sur le transfert et la détention dans l'illégalité des prisonniers par la CIA via les pays européens » (Résolution du PE). Pour sa constitution et son mandat, ils seront déterminés par la conférence des présidents lors de sa première réunion en 2006, avant d'être avalisés en séance plénière du Parlement en janvier prochain. Le président du groupe du Parti socialiste européen Martin Schulz a déclaré que le Parlement cherchait à déterminer à quel point les pays membres de l'UE ont été impliqués dans les activités de violation des droits de l'Homme. La création de cette commission d’enquête est l’aboutissement d’une série de mesures prises par les institutions européennes concernées, suite aux rapports du Washington Post du 2 novembre selon lesquels la CIA aurait des "sites noirs", prisons secrètes en Roumanie et en Pologne où des terroristes présumés seraient retenus. En effet, La commission des Libertés civiles a examiné la question début décembre. La plupart de ses membres ont appelé à la mise en place d'une commission d'enquête. Quant au Conseil de l'Europe, il a lancé une enquête le 23 novembre 2005, concernant l'appui dont auraient bénéficié la CIA, dans le cadre de sa lutte contre le terrorisme, auprès de certains pays européens. Le Conseil avait demandé des explications aux 45 Etats membres en vertu de l’article 52 de la Convention européenne des Droits de l’Homme. Les Etats membres ont jusqu’au 21 février 2006 pour fournir des informations sur l'implication éventuelle de leurs fonctionnaires "dans la privation de liberté non reconnue d'un individu ou dans le transport d'individus ainsi privés de leur liberté, y compris lorsque cette privation de liberté a été commise par ou à l'instigation d'une agence d'un autre Etat". Certains Etats membres (L’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et la Suisse) ont déjà ouvert des enquêtes judiciaires. D’ailleurs, Le Conseil fédéral suisse a demandé des explications aux Etats- Unis, qui n'ont toujours pas répondu, sur le transit et l'atterrissage d'avions civils en Suisse en 2003 et 2004. En outre, L'ambassadrice des Etats-Unis en Suisse, Pamela Willeford, a été convoquée au Département fédéral suisse des affaires étrangères, le secrétaire d'Etat Michael Ambühl lui a réaffirmé que la Suisse souhaitait une clarification sur le transport présumé de détenus par la CIA via la Suisse. Quant à la Pologne, « soupçonnée d'être le centre européen du réseau des prisons secrètes de la CIA » elle « s'est engagée à mener une investigation ».
|
|
||||||||||||||||||||
| ONU/Situation relative aux droits de l’homme |
|
||||||||||||||||||||
|
l’Assemblée générale adresse une série de demandes à l'attention de cinq Etats 16 décembre 2005 Suany MAZZITELLI
Le 16 décembre 2005, l’Assemblée Générale a adopté cinq résolutions, sur recommandation de la Troisième Commission (sociale humanitaire et culturelle), dans lesquelles elle adresse une série de demandes fermes à l’attention des Etats visés afin qu’ils respectent les droits de l’homme (voir communiqué). L’Assemblée générale examinait, à cette occasion, la question de « la situation relative aux droits de l’homme et rapports des rapporteurs et représentants spéciaux » (A/60/509) dans six pays : la République démocratique du Congo (RDC), la République populaire démocratique de Corée (RPDC), la République islamique d’Iran, la Birmanie (Myanmar), le Turkménistan et l’Ouzbékistan La Troisième Commission, qui, au titre de cette question, avait élaboré des projets de résolution relatifs à chacun de ces Etats, (A/60/509/Add.3), n’en avait proposés que cinq, en présentant ses travaux à l’Assemblée. En effet, elle devra se réunir à une date ultérieure pour adopter le projet de résolution relatif à la situation des droits de l’homme en Birmanie (voir lettre du 24 octobre 2005 et lettre du 3 novembre 2005. Voir aussi les incidences sur le budget du projet de résolution, du 16 novembre 2005) (voir aussi communiqué du 17 décembre 2005). Par ailleurs, en raison de l’adoption, par la Troisième Commission, d’une motion de non – action présentée par le Nigeria au nom du Groupe africain, l’Assemblée générale n’a pas pu examiner la situation des droits de l’homme au Darfour et le projet de résolution relatif à cette région de la République du Soudan (voir communiqué du 22 décembre 2005). Dans les cinq résolutions adoptées, L’Assemblée générale, agissant en vertu de ses pouvoirs consacrés par le Chapitre IV de la Charte des Nations Unies (voir les articles 11 par 2 et 3 et 12 par 1 et 13 par 1b et 14), en condamnant la poursuite des violations des droits de l’homme, a recommandé l’adoption d’une série de mesures visant à améliorer la situation de ces droits dans les Etats visés. Résolution I : République démocratique du Congo (RDC) Le 8 novembre 2005, le représentant du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord avaient présenté, à la Troisième Commission, au nom de 35 Etats, un projet de résolution intitulé « Situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo » (A/C.3/60/L.41 du 2 novembre 2005). À sa 48e séance, le 23 novembre, la Commission avait été saisie d’un projet de résolution révisé présenté par les auteurs du projet de résolution A/C.3/60/L.41 et la Bulgarie, le Canada, Monaco et la République de Moldova. Par la suite, l’Andorre, l’Islande et le Japon se sont portés coauteurs du projet de résolution révisé (A/C.3/60/L.41/Rev.1 du 22 novembre 2005). La Commission s’était prononcée sur le projet de résolution A/C.3/60/L.41/Rev.1. Le projet de résolution A/C.3/60/L.41/Rev.1 avait été adopté dans son ensemble à l’issue d’un vote enregistré par 96 voix contre 2, avec 66 abstentions (contre : Ouganda, Rwanda). Le texte révisé adopté comportait des nombreuses modifications dans la terminologie. Ainsi certaines formules rappelant trop les résolutions du Conseil de sécurité ont été supprimées en faveur d’une rédaction plus souple conforme aux recommandations de l’Assemblée. Les demandes que L’Assemblée adresse à la RDC restaient pourtant des demandes fermes. L’Assemblée, dans sa résolution, a condamné la poursuite des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, en particulier dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, le nord du Katanga et d’autres régions de l’est de la République démocratique du Congo, y compris la violence armée et les représailles contre la population civile et le recours aux violences sexuelles contre les femmes et les enfants, notamment dans les situations où ces pratiques sont utilisées comme arme de guerre. Elle a demandé instamment à toutes les parties, « y compris celles qui n’ont pas signé l’Accord global et inclusif sur la transition, en République démocratique du Congo de respecter et de continuer d’appliquer l’Accord global et inclusif et de cesser immédiatement toute action entravant la consolidation de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo; » « de mettre fin immédiatement au recrutement et à l’emploi d’enfants soldats; » « de mettre fin immédiatement au recrutement et à l’emploi d’enfants soldats » et « de prendre des mesures spéciales pour protéger les femmes et les enfants contre la violence effroyable, y compris la violence sexuelle, qui continue de sévir dans l’ensemble du pays, en particulier dans l’est; de respecter le droit international humanitaire ». L’Assemblée a lancé une série de demandes expresses au Gouvernement d’unité nationale et de transition pour réaliser les objectifs fixés pour la période de transition dans l’Accord global et inclusif pour renforcer les institutions de transition (voir communiqué du 19 décembre 2005), se conformer pleinement aux obligations que lui imposent les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme et mettre un terme à l’impunité (voir communiqué du 21 novembre 2005). Elle a demandé à la RDC de continuer de coopérer pleinement avec la Cour pénale internationale et le Tribunal pénal international pour le Rwanda, de continuer de tenir ses engagements concernant l’abolition de la peine capitale et la non-application de cette peine aux jeunes délinquants, d’empêcher l’utilisation des médias pour attiser la haine ou les tensions entre les communautés et de veiller à ce que les défenseurs des droits de l’homme soient protégés contre tous actes de violence, menaces et actes de harcèlement. Elle a demandé à la RDC d’accélérer son programme de démobilisation, de désarmement et de réintégration des anciens combattants, en tenant compte des besoins particuliers des femmes et des enfants à leur charge, en particulier des fillettes. L’Assemblée a également demandé aux gouvernements des pays de la région, y compris la République démocratique du Congo « d’aider à empêcher les groupes armés qui opèrent dans l’est de la République démocratique du Congo de commettre des assassinats et autres crimes graves en luttant contre le commerce illicite de ressources naturelles extraites illégalement par ces groupes armés » (voir communiqué du 19 décembre 2005). Elle leur a demandé aussi « de s’employer, en collaboration avec la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo, à prendre d’urgence des mesures visant à désarmer (voir communiqué du 22 décembre 2005), réinstaller ou rapatrier les groupes armés étrangers, qui continuent de menacer la paix dans la région et de commettre des assassinats et des crimes graves à l’encontre de la population civile de la République démocratique du Congo ». L’Assemblée a décidé de « continuer d’examiner la situation des droits de l’homme en République démocratique du Congo » et prie l’expert indépendant chargé de la question de lui en rendre compte à sa soixante et unième session. Elle a adopté sa résolution par un vote de 102 voix pour et 3 voix contre (Égypte, Rwanda et Ouganda) et 67 abstentions. Résolution II : République populaire démocratique de Corée (RPDC) Dans sa résolution, adoptée par 88 voix pour, 21 voix contre et 60 abstentions, l’Assemblée générale s’est déclaré profondément préoccupée par le fait que « le Gouvernement de la République populaire démocratique de Corée n’ait pas accepté le mandat du Rapporteur spécial de la Commission des droits de l’homme sur la situation des droits de l’homme dans le pays et qu’il n’ait apporté aucune coopération au Rapporteur ». Elle s’est déclaré également préoccupée de violations « généralisées massives et graves des droits de l’homme » en RPDC (notamment la pratique de la torture et d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, les exécutions publiques, les détentions extrajudiciaires et arbitraires, l’absence de procédure équitable et d’un état de droit, l’imposition de la peine de mort pour motifs politiques , l’existence d’un grand nombre de camps pénitentiaires et le recours très fréquent au travail forcé). L’Assemblée générale a aussi exprimé sa préoccupation face aux sanctions prises contre les citoyens de la République populaire démocratique de Corée qui avaient été rapatriés, face aux restrictions sévères imposées sous de multiples formes à la liberté de pensée, face à la violation persistante des libertés et droits fondamentaux des femmes et face aux questions non élucidées concernant l’enlèvement d’étrangers revêtant la forme d’une disparition forcée. Elle a demandé instamment au gouvernement de la RPDC de faire en sorte que les organisations humanitaires « aient totalement accès, librement, sans entraves et en toute sécurité à toutes les régions du pays ». Elle a enfin demandé à la RPDC le plain respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
|
Le représentant de la RPDC avait affirmé que sa délégation rejetait catégoriquement le projet de résolution IV, en affirmant que ce projet « constitue une attaque systématique de son pays de la part des États-Unis et de leurs alliés ». Le représentant avait attiré l’attention de l’Assemblée générale sur le fait que ce projet de résolution avait été déposé par les chefs de file des violations des droits de l’homme, citant ainsi les États-Unis, le Japon et le Royaume-Uni, au nom de l’Union européenne(voir communiqué). Résolution III : République islamique d’Iran Dans sa résolution, adoptée par 75 voix pour, 50 abstentions et 43 voix contre, l’Assemblée générale a prié le gouvernement de la République islamique d’Iran d’assurer le plein respect du droit à la liberté de réunion, d’opinion et d’expression, ainsi que du droit de participer à la conduite des affaires publiques. Elle l’a notamment prié de mettre fin au harcèlement, à l’intimidation et à la persécution des adversaires politiques et des défenseurs des droits de l’homme. L’Assemblée a demandé à l’Iran d’éliminer toutes les formes de discrimination et de violence à l’égard des femmes et des filles, toutes les formes de discrimination inspirées par des motifs religieux, ethniques ou linguistiques et les autres violations des droits de l’homme dirigées contre des personnes appartenant à des minorités. Elle a demandé à l’Iran de garantir le plein respect du droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion et de conviction (voir aussi communiqué du 18 décembre 2005). Résolution IV : Turkménistan Le 18 aout 2005 l’Union européenne avait jugé encourageante l'annonce faite par les autorités turkmènes, le 4 août, selon laquelle environ 16.000 réfugiés ayant fui la guerre civile au Tadjikistan se sont vus accorder la citoyenneté turkmène et une autorisation de séjour permanent au Turkménistan. L'Union européenne avait également invité à cette occasion « les autorités turkmènes à aller au-delà de cette initiative positive et à prendre d'autres mesures en vue d'honorer leurs engagements en vertu du droit international dans le domaine des Droits de l'Homme » (voir communiqué). Dans sa lettre, datée du 10 novembre 2005, adressée au Secrétaire général, le Turkménistan avait rendu compte des principales mesures, prises dans son Etat, au cours de l’année écoulée, concernant les droits de l’homme. Dans sa résolution adoptée par 71 voix pour, 35 voix contre et 60 abstentions, l’Assemblée a engagé le gouvernement turkmène à assurer le plein respect de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales. Elle a engagé le gouvernement à travailler en étroite collaboration avec le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, à appliquer intégralement les recommandations, formulées par le Rapporteur du Mécanisme de Moscou de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), dans son rapport. Elle l’a engagé à assurer le suivi de ses engagements pris en avril 2004 devant la Commission des droits de l’homme et de ceux pris lors des réunions entre le gouvernement turkmène et le Comité international de la Croix-rouge en 2005, en parachevant un accord permettant au Comité de se rendre dans les prisons turkmènes pour des visites répétées et sans restriction sur tous les lieux de détention. L’Assemblée a aussi engagé le Turkménistan à respecter le droit de chacun, membre ou non d’un groupe religieux, à la liberté de pensée, de conscience, de religion et de conviction. Elle l’a engagé à mettre fin au harcèlement, à la détention et à la persécution des membres de minorités religieuses, enregistrées ou non et à s’acquitter de ses responsabilités en faisant en sorte que les auteurs de violations des droits de l’homme soient traduits en justice. Résolution V : Ouzbékistan Dans sa résolution, adoptée par 74 voix pour, 39 contre et 56 abstentions, l’Assemblée Générale a demandé à l’ Ouzbékistan d’autoriser une mission d’enquête internationale sur les évènements d’Andijan de mai 2005, d’adhérer à la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et à son protocole de 1967 et de mettre fin au harcèlement des témoins d’Andijan (voir communiqué du 8 novembre 2005 et communiqué du 18 novembre 2005 : déclaration au nom de l’Union européenne). Elle a demandé à cet Etat d’assurer le plein respect de l’ensemble des droits de l’homme et des libertés fondamentales et, en l’occurrence, d’appliquer dans leur intégralité les recommandations de l’expert indépendant sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste et de coopérer pleinement avec le nouveau Rapporteur. L’Assemblée a également demandé au gouvernement d’assurer la liberté totale de pratiquer une religion, d’appliquer intégralement les recommandations figurant dans le rapport établi par le Rapporteur spécial de la Commission des droits de l’homme sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et de collaborer étroitement avec le Haut Commissariat aux droits de l’homme. Elle lui a demandé de permettre aux représentants du Comité international de la Croix-Rouge d’avoir accès aux détenus ; de protéger les journalistes, de prendre des mesures législatives, judiciaires, administratives et autres dispositions appropriées pour protéger activement les défenseurs des droits de l’homme. Elle lui a enfin demandé de ne restreindre en aucune façon les voyages, en Ouzbékistan, des diplomates et représentants des Nations Unies, de l’OSCE et d’autres organismes internationaux.
|
||||||||||||||||||||
| Déchets nucléaires et environnement | |||||||||||||||||||||
|
la France (COGEMA) viole l'interdiction de stocker des déchets radioactifs importés Anne RAINAUD
La réglementation nucléaire a toujours souligné sa spécificité par rapport au droit de l'environnement, en réussissant régulièrement à échapper au champ d'application de ce dernier, ou à obtenir des "dispositions particulières" (en l'occurrence cf. L. 542.1 et suivants du code de l'environnement) . Dans ce cas d'espèce opposant la Cogema (Compagnie générale des matières nucléaires) et l’association Greenpeace, la Cour de cassation dans son arrêt du 7 décembre 2005 (3ème chambre), a fait procéder à une rentrée dans le rang; en effet, elle a décidé que l'article L. 542-2 du Code de l'environnement, qui dispose que "le stockage en France de déchets radioactifs importés même si leur traitement a été effectué sur le territoire national, est interdit au-delà des délais techniques imposés par le retraitement", n'exclut pas le combustible nucléaire usé de son champ d'application. Cette conclusion est audacieuse (III) et les arguments de Greenpeace (I) ont davantage été entendus que ceux pourtant pertinents de la Cogema (II). 1. Greenpeace a obtenu gain de cause; l'association avait réclamé qu’il soit mis fin au stockage de combustible nucléaire usé importé d’Australie, lequel devait être retraité par l'usine de la Hague pour être ensuite réexporté dans son pays d'origine. L'association se fondait sur deux dispositions du code de l'environnement français; d'une part L. 542.2 déjà signalé qui spécifie l'impossibilité d'un stockage en France de déchets radioactifs importés au-delà des délais techniques imposés pour le retraitement; d'autre part L. 541.1 qui donne une définition de la notion de déchet et que Greenpeace considérait comme applicable au combustible nucléaire usé entreposé sur le site de l'installation nucléaire de base (INB) de la Hague, laquelle relève au demeurant de la réglementation nucléaire. La cour d’appel de Caen, avait au préalable (arrêt du 12 avril 2005), retenu que l’entreposage ne pouvait être considéré comme une phase du retraitement, et qu'il incombait alors à la Cogema de détenir une autorisation opérationnelle de traitement sans laquelle la présence sur le territoire national de déchets radioactifs importés est interdite. La cour avait donc ordonné à la COGEMA, de produire dans un délai de 3 mois une telle autorisation opérationnelle de retraitement de la totalité du stock de combustible en cause et, à défaut de production de celle-ci dans le délai imparti, de mettre fin au stockage de l’intégralité de ce stock dans un délai de deux mois, cette seconde injonction étant assortie d’une astreinte. 2. La Cogema soutenait a contrario pour l'essentiel que la matière en cause n’entrait pas dans le champ d’application de ces deux textes du code de l'environnement et qu’elle n’avait pas besoin de détenir une autorisation opérationnelle de traitement, compte tenu des autorisations administratives dont elle disposait déjà pour entreposer ce combustible. - En effet, la COGEMA mettait en exergue la Convention commune sur la sûreté de la gestion du combustible usé et sur la sûreté de la gestion des déchets radioactifs (Vienne, 5 septembre 1997, texte approuvé par la loi du 2 mars 2000 et publiée par décret du 5 novembre 2001), laquelle distingue d'un côté les déchets radioactifs pour lesquels aucune utilisation ultérieure n'est prévue, de l'autre le combustible usé à retraiter dès lors que le "retraitement s'entend d'un processus ou d'une opération ayant pour objet d'extraire des isotopes radioactifs du combustible usé aux fins d'utilisation ultérieure". Puisque la gestion du combustible usé s'inscrivait dans un contrat (intergouvernemental) de retraitement en vue d'extraire lesdites matières nucléaires, ledit combustible ne pouvait être qualifié, selon la COGEMA, de déchet radioactif, c'est à dire de déchet ultime au sens du droit français, pour lequel aucune valorisation n'est possible.
|
- Par ailleurs, l'interdiction de stockage de L. 542.2 du code de l'environnement ne s'applique, selon la Cogema, qu'aux déchets radioactifs étrangers provenant du retraitement effectué en France afin d'éviter le stockage définitif de ces déchets sur le sol national et pour assurer leur retour dans le pays d'origine; ce texte ne pouvait alors viser les combustibles usés étrangers entreposés en France dans l'attente d'être traités pour être, in fine réexpédié dans leur pays d'origine. De même, la Cogema estimait que les délais techniques imposés par le retraitement intègrent notamment la phase d'entreposage pour refroidissement des déchets radioactifs importés. La Cogema estimait détenir toutes les autorisations administratives requises, tant au titre du contrôle des matières nucléaires qu'au titre de la sûreté nucléaire, pour entreposer les combustibles usés objet du litige et considérait que la Cour d'appel en exigeant en outre la production d'une autorisation opérationnelle de retraitement des combustibles pour justifier du droit de les entreposer avait ajouté une "obligation qui ne résulte d'aucun texte législatif ou réglementaire". 3. Le juge judiciaire dans cette affaire, a fait preuve d'audace en souhaitant réellement contrôler cette question du stockage des combustibles usés. - La réglementation nucléaire ne s'illustre pas particulièrement par son laxisme et sa légèreté procédurale. En effet, le suivi de la gestion des déchets radioactifs est du ressort de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA), établissement public industriel et commercial, chargée notamment selon l'article L.542.12 du code de l'environnement : " 4º. de définir, en conformité avec les règles de sûreté, des spécifications de conditionnement et de stockage des déchets radioactifs ; 5º. de répertorier l'état et la localisation de tous les déchets radioactifs se trouvant sur le territoire national". Par ailleurs, la Cogéma dépend largement pour son régime administratif de la Direction générale de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (DGSNR), laquelle distingue juridiquement par deux autorisations différentes les phases de stockage et de traitement. Le juge judiciaire a donc imposé grâce à son pouvoir d'injonction une obligation de faire ne constituant pas une obligation matérielle comme c'est souvent le cas dans le cadre de la législation sur les installations classées pour la protection de l'environnement afin d' empêcher ou limiter l'impact préjudiciable d'une activité, mais en imposant une autorisation administrative de traitement, nécessaire pour procéder à l'entreposage en amont comme en aval au delà des délais imposés par les contraintes techniques. - Par ailleurs, en assimilant le combustible nucléaire usé à un déchet au regard de l'interprétation de l'accord bilatéral entre la France et l'Australie, le juge judiciaire part à total contre-pied de l'analyse scientifique faite notamment par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) qui précise quant à lui, dans ses dossiers que "le combustible nucléaire usé n'est pas un déchet ; il contient encore d'énormes quantités de produits à forte valeur énergétique" (distinction faite également par l'ANDRA). La Cour de cassation en estimant que l'article L. 542-2 du Code de l'environnement n'opère "aucune distinction entre le déchet et le déchet ultime au sens de l'article L. 541-1 I et II du même Code" a une interprétation qui lance une polémique sur le stockage et le retraitement des déchets, question sur laquelle le gouvernement réagira sans aucun doute. En effet, l'importation de matières et de déchets nucléaires pour leur retraitement en France fait partie d'un savoir-faire particulièrement pointu de l'industrie française, porteur de ressources fort notables dans la balance commerciale du pays.
|
||||||||||||||||||||
| ASEAN/Etats-Unis | |||||||||||||||||||||
|
Renforcement du partenariat entre l’ASEAN et les Etats-Unis Guillaume AREOU
La prise de conscience des pays développés a bien eu lieu. Les Etats-Unis marquent leur intérêt pour la région du Sud-est asiatique, région dynamique et au fort potentiel. Cette politique n’est pas isolée puisque l’Australie et la Chine ont d’ores et déjà affiché une volonté similaire. Le renforcement de la coopération entre les deux régions se rattache à trois grands thèmes : la coopération politique, économique et de développement. En matière politique, il faut noter la forte préoccupation des autorités américaines et des membres de l’ASEAN dans la lutte contre le terrorisme et contre la non-prolifération des armes nucléaires, notamment les armes de destruction massive. Il est d’ailleurs fait allusion au rôle prépondérant des Nations Unies dans le maintien de la paix et de la sécurité internationale dans cette région. Cette lutte doit être menée de front avec les trafics en tout genre qui permettraient de financer de telles actions comme le trafic de drogue. La coopération doit donc être bilatérale et multilatérale. C’est pourquoi le rôle des organisations internationales comme l’ONU, l’APEC et l’OMC est souligné. Il est vrai que l’ASEAN joue maintenant un rôle majeur dans l’équilibre du commerce international. La réalisation du Cycle de Doha est donc un objectif prioritaire. Il doit permettre de lutter contre la pauvreté et contribuer au développement économique de la région. La coopération économique doit également être renforcée en matière d’investissement. Pour cela, il faut tout d’abord faciliter les échanges et les flux de capitaux, mais aussi réformer les institutions financières internationales. C’est à une double échelle que doit s’effectuer le renforcement de la coopération économique. Tout d’abord, les Etats-Unis et l’ASEAN souhaitent travailler à la conclusion d’un accord cadre en matière de commerce et d’investissement. Ensuite, une Communauté économique de l’ASEAN devraient être construite à l’horizon 2020.
|
Il n’est pas possible de promouvoir le développement d’une région en matière social sans qu’il n’y ait une stabilité politique et économique. C’est pourquoi ce troisième axe est directement lié aux deux précédents. Ainsi, la lutte contre la pauvreté constitue un travail global dont l’objectif prioritaire est de vaincre les maladies comme le SIDA et les autres maladies infectieuses. La coopération en matière sociale doit également être plus efficace dans la gestion des crises et catastrophes naturelles. Le renforcement des liens est donc souhaitable en matière scientifique et technique. Le développement économique des populations du Sud-est asiatique est étroitement lié au renforcement bilatéral des Etats voisins de la région. Cependant, la coopération bilatérale peut s’avérer insuffisante dans la lutte contre certains fléaux. Une coopération multilatérale est alors nécessaire.
|
||||||||||||||||||||
| Navires | |||||||||||||||||||||
|
L’OMI, l’OIT et la Conférence des Parties à la Convention de Bâle tiennent une réunion sur le recyclage de navires Tidiani COUMA Un groupe de travail commun établi par l'Organisation Maritime Internationale (OMI), l'Organisation Internationale du Travail (OIT) et la Conférence des parties à la Convention de Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et leur élimination a achevé les travaux de sa seconde session le 14 décembre 2005 à Genève. La réunion a été organisée par le secrétariat de la Convention de Bâle. Le groupe de travail commun a été institué par les trois organismes et agit en tant que plate forme pour la consultation, la coordination et la coopération dans le cadre de leurs programmes et activités respectifs. L’un des principaux objectifs de ce groupe est de favoriser la coordination des méthodes de travail relatives à la réutilisation des vieux navires.
|
Les trois organismes croient que la recyclage des navires peut contribuer au développement durable. Ils estiment que cela ne peut se réaliser que par la réduction des produits dangereux, comme l’amiante. Ce produit est très présent dans les épaves de navires. Les risques sanitaires et professionnels liés au processus de démantèlement de navires sont considérables. Depuis la première réunion du groupe de travail commun en février 2005, l'Assemblée de l'OMI a adopté une résolution visant la mise en place d’ instruments contraignants relatifs à la réutilisation de ces navires. Ces instruments fournissent des règles universelles sur la conception, la construction, le fonctionnement et la réparation des navires.
|
||||||||||||||||||||
| Accord de pêche | |||||||||||||||||||||
|
Cap-Vert et UE Accord de partenariat sur la pêche Tidiani COUMA
Le Cap-Vert et l'Union européenne(UE) ont signé à Praia (capitale du Cap-Vert), un nouvel accord de partenariat dans le domaine des pêches valable pour les cinq années à venir pour un montant de 1, 54 million d'euros. L'accord définit des mécanismes de mise en oeuvre de la politique sectorielle des pêches du gouvernement capverdien en vue de la préservation des ressources maritimes de l'archipel. Pour le chef de la délégation capverdienne à ces négociations, cet accord, "qualitativement supérieur au précédent", coïncide avec l'intérêt manifeste du Cap-Vert à établir un partenariat spécial avec l'UE. Il a déclaré que cet accord est aussi plus équilibré en termes de proportionnalité de pêche et de contrepartie financière et respecte la législation capverdienne en matière de zones de pêche compte tenu des difficultés des pêcheurs capverdiens. Une autre nouveauté de cet accord est qu'il sauvegarde l'environnement et les espèces et permet de débarquer les poissons dans les ports de l'archipel, "ce qui représente un progrès qualitatif dans l'industrie de pêche capverdienne", a-t-il ajouté.
|
Pour sa part, le chef de la délégation de l'UE, Har Koster, a manifesté sa satisfaction à la signature de ce nouvel accord de pêche avec le Cap-Vert, après une "négociation très difficile". M. Har Koster a souligné qu'avec ce nouvel accord, c'est une nouvelle étape des relations entre l'UE et le Cap-Vert qui commence dans le domaine des pêches. La mise en oeuvre de cet accord comprendra, en plus de l'appui financier, la promotion d'une pêche responsable et durable dans les eaux du Cap-Vert, le renforcement du suivi scientifique sur les ressources halieutiques et le développement de la pêche artisanale. Pour la promotion de la transformation des produits de pêche, il a été établi un système d'incitation à la promotion de décharges dans les ports capverdiens, où les bateaux communautaires peuvent bénéficier d'une réduction sur le coût de licence de 6 euros/tonne et 5 euros supplémentaires par chaque tonne vendue dans ces installations. L'UE a aussi accepté de réduire les capacités de pêche à 29%.
|
||||||||||||||||||||
| Accord aérien | |||||||||||||||||||||
|
Maroc/UE: paraphe de l’accord aérien "ciel ouvert" Jacobo Ríos Rodríguez
L'accord global aérien "Open Sky" a été paraphé le 14 décembre dernier par le ministre marocain des Transports, Karim Ghellab, et Jacques Barrot, Commissaire européen chargé des transports, lors de la première conférence ministérielle euro-méditerranéenne sur les transports. Ils ont également paraphé un accord de coopération dans le cadre du programme Galileo, le premier système de navigation et de positionnement par satellite conçu spécifiquement à des fins civiles par l'Union européenne, qui vise à réduire la dépendance de l'Union vis à vis du système américain GPS. L'accord Open Sky, ouvre, comme son nom l’indique, le ciel marocain à la concurrence européenne, mais aussi le marché européen aux compagnies marocaines. Il s’agit en effet d’un accord qui libéralise d’une façon réciproque les deux marchés aériens, toutes les entraves aux liaisons aériennes mutuelles devant être levées dès son entrée en vigueur en 2006. Cela équivaut à la suppression de toute limitation de nationalité, capacité, fréquence ou route pour les compagnies aériennes des deux pays, pouvant maintenant couvrir toutes les routes aériennes entre le Maroc et les pays de l’Union. L’accord Open Sky porte aussi sur la Cinquième liberté, qui permettra par exemple aux compagnies aériennes marocaines de vendre des vols à l'intérieur de l'Union (voir les libertés de l’air, OACI). La Royal Air Maroc pourra donc non seulement faire un vol Casablanca-Paris mais aussi un Paris-Londres, si l'avion arrive de l'aéroport de Casablanca. Les compagnies européennes pourront, pour leur part, desservir à partir du Maroc les pays sud-méditerranéens, sous réserve de l’acceptation de l’Etat tiers. Quelles conséquences immédiates pour les opérateurs aériens des deux parties ? Certains medias avancent la venue des compagnies low cost au Maroc, ce qui aurait pu être l’une des raisons des réticences de la Royal Air Maroc (RAM) à l’ « ouverture du ciel » conclue par son gouvernement, réserves justifiés par la crainte d’une concurrence « sauvage », mais qui n’étaient pas incompatibles avec son accord général. En effet, la RAM sera obligée de faire face à la concurrence des compagnies européennes les plus productives, même si pour l’instant seulement Ryanair, parmi les opérateurs à bas prix, a exprimé son intérêt concret pour la question. « Il est important qu'il [l'accord] soit appliqué dans l'esprit dans lequel il a été élaboré, c'est à dire avec le respect des principes d'équilibre, d'équité et de réciprocité », remarque Mohamed Berrada, PDG de la RAM. Dans tous les cas, la nécessité de s’adapter à la nouvelle situation a été qualifiée par Karim Ghellab comme un impératif, qui aura des effets positifs aussi bien pour l’Union européenne que pour le Maroc.
|
Les négociations de l’Open Sky, qui ont commencé en décembre 2004, se sont déroulées en trois rounds, les deux premiers à Rabat et le dernier à Bruxelles. L’importance stratégique d’un tel accord a été soulignée par les représentants des deux parties. « Un moment historique » , a signalé à l’occasion Jacques Barroso, puisque « c'est le premier accord du genre -avec celui qui concerne les Etats-Unis mais dont la négociation n'est pas tout à fait terminée-, que la communauté s'apprête à conclure avec un pays tiers ». Pour le Maroc, l’Open Sky prend une signification toute particulière en raison du moment où il a été paraphé, un contexte dans lequel le secteur du tourisme a enregistré des progrès importants, mais qui doit continuer à croître pour accomplir les objectifs fixés par le gouvernement dans ce secteur, connus sous la dénomination de « Vision 2010 ». Le but de ce programme implique le passage de millions de passagers de 2005, dont 40% proviennent de France et 18% d’Espagne, à 10 millions en 2010, ce qui pourra s’accomplir avec l’augmentation de la capacité de transport aérien. Dans ce cadre, il devient possible de faire réalité un des objectifs poursuivis par le gouvernement marocain, profiter de cette libéralisation pour promouvoir les industries aéronautiques nationales.Le Maroc est actuellement lié à l’Union européenne par un accord d’association, signé en 1996 et entré en vigueur en 2000. Des déclarations récentes du ministre espagnol d’affaires étrangères plaidaient pour un accord de coopération avec le Maroc très similaire, presque identique, à celui détenu par la Turquie. En effet, dans le contexte euro-méditerranéen, le Maroc est le principal partenaire de l’Union, et avec Open Sky la coopération se renforce encore plus, le situant dans une position stratégique que, selon le ministre délégué marocain aux affaires étrangères et à la coopération, lui confère un « statut avancé » qui est « davantage que l'association et moins que l'adhésion ». Une nouvelle dynamique est percevable dans ses relations actuelles avec l’Union.
|
||||||||||||||||||||
| France Conseil de l'Europe | |||||||||||||||||||||
|
France Coopération transfrontalière des collectivités ou autorités territoriales Anne RAINAUD
Lors du Conseil des ministres du 21 décembre 2005, le ministre des Affaires étrangères a présenté un projet de loi visant à autoriser l'approbation du protocole n°2 à la convention-cadre européenne sur la coopération transfrontalière des collectivités ou autorités territoriales relatif à la coopération interterritoriale, (Convention de Madrid du 21 mai 1980). L'intérêt du protocole n°2, ouvert à la signature au Conseil de l'Europe le 5 mai 1998, est "d'offrir un cadre juridique à la coopération interterritoriale entre les collectivités territoriales des pays membres du Conseil de l'Europe" précise le résumé du Conseil des ministre précité. La coopération intercommunale, particulièrement chère à la majorité élue depuis 2002, peut se faire également en dehors du seul sol de la République, entre collectivités territoriales infra étatiques relevant d'autorités souveraines distinctes. Mais plus spécialement, le deuxième Protocole additionnel à la Convention cadre de Madrid a une portée intéressante au regard du texte initial de 1980 et de son premier Protocole additionnel puisque ces derniers ne visaient que les collectivités contiguës, soit directement par une frontière commune, soit indirectement en appartenant à des Etats voisins. Il s'agit donc bien d'étendre la coopération transfrontalière à "tous" les pays européens, membres du Conseil de l'Europe, en dépassant la dimension transfrontalière par celle d'inter territorialité. En même temps, le Protocole n°2 dispose à son article 2.2 qu' "un accord de coopération interterritoriale engage la seule responsabilité des collectivités ou autorités territoriales qui l'ont conclu".
|
Depuis la loi de 1982 sur la décentratlisation française de nombreuses évolutions se sont produites au point qu'est "reconnu le droit, pour les collectivités françaises, de contracter avec des collectivités étrangères, ce droit étant (certes) assorti de plusieurs conditions" (cf. utilement le rapport n° 420 du Sénat relatif au projet de loi en vue d'autoriser l'approbation du 1er protocole additionnel à la convention-cadre européenne sur la coopération transfrontalière des collectivités ou autorités territoriales, signé à Strasbourg le 9 novembre 1995). Le Conseil des ministres du 21 décembre 2005 retient comme point fort attendu le développement des échanges entre les collectivités visées grâce à la création d'organismes de coopération ayant la personnalité juridique. Il entend ainsi les travaux du Conseil de l'Europe et notamment sa recommandation du mois de février 2005 (Rec 2005/2).
|
||||||||||||||||||||
| Bosnie-Herzégovine | |||||||||||||||||||||
|
Actualité de Bosnie-Herzégovine Maya LAIDI
Bosnie-Herzégovine : nomination d’un nouveau Haut Représentant international C’est Mr. Christian Schwarz-Schilling qui remplacera Mr. Paddy Ashdown au poste de Haut Représentant international en Bosnie-Herzégovine à partir de janvier 2006. Mr. Schwarz-Schilling, ancien ministre fédéral allemand, bénéficie d’une grande expérience puisqu’il a déjà été médiateur international en Bosnie-Herzégovine. Il a d’ores et déjà affirmé que l’économie serait sa priorité. Il s’attachera également aux réformes institutionnelles et au renforcement du rôle de l’UE s’agissant de la Bosnie-Herzégovine. Il s’est montré peu favorable à l’utilisation des pouvoirs de Bonn pour contraindre les autorités bosniaques : « The High Representative said he would use the so-called Bonn powers, which give him the right, among other things, to sack domestic elected officials, only « as a last resort », adding that one of his goals would be to restore confidence in elected authorities and that he intended to achieve it by providing assistance and advice ». Avant de quitter ses fonctions, Lord Ashdown a rappelé l’urgence pour la communauté internationale de modifier son approche concernant la Bosnie-Herzégovine. « The phase of intensive and intrusive state building in Bosnia and Herzegovina must now come to and end ». « Bosnia and Herzegovina is on highway to Europe. It is time to leave the days of coercion and imposition behind » a-t-il déclaré, reprenant les conclusions de la Commission internationale sur les Balkans. Quant au Premier Ministre de Bosnie-Herzégovine, Mr. Adnan Terzic, il souhaite que Mr. Schwarz-Schilling soit le dernier représentant étranger dont son pays ait besoin avant d’atteindre une souveraineté complète. Les ministres européens des affaires étrangères, réunis à Bruxelles le 7 novembre 2005 ont, par ailleurs, accueilli favorablement les recommandations de la Commission européenne concernant l’ouverture des négociations visant à conclure un accord d’association et de stabilisation (ASA)
|
Bosnie-Herzégovine : introduction d’une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) La Bosnie-Herzégovine a décidé d’introduire une taxe sur la valeur ajoutée afin d’accroître les recettes de l’Etat et de lutter contre les trafics. Celle-ci entrera en vigueur le 1er janvier 2006 et son taux, unique, sera de 17 %. La Bosnie-Herzégovine était jusqu’à présent le seul Etat d’Europe à ne pas connaître ce type de taxe. Pourtant, cette dernière ne fait pas l’unanimité et a suscité des débats houleux. Certains ont suggéré que des produits alimentaires de base : le pain, le lait mais aussi les médicaments et les livres en soient exemptés. D’autres ont contesté le caractère unique du taux et souhaitent deux taux. La préoccupation majeure concerne l’augmentation des prix que cette taxe va entraîner, mettant en difficulté les plus pauvres. Pour l’actuel Haut Représentant Mr. Paddy Ashdown, « The VAT will make a chaos during the first couple of months just like in the rest of countries in the world and that is why it would be good for the government to prepare some mechanisms to protect the poor ». La Commission européenne se montre inflexible et rejette toute exemption car pour elle, il s’agit d’un véritable test de l’aptitude de la Bosnie-Herzégovine à intégrer l’Union européenne.
|
||||||||||||||||||||
| Serbie-Montenegro réforme | |||||||||||||||||||||
|
Serbie : Réformes institutionnelles dans la perspective d’une adhésion à l’UE Maya LAIDI
La mission de l’OSCE en Serbie-et-Monténégro a annoncé la création d’un nouveau bureau au sein de l’Assemblée nationale de Serbie. Ce bureau aura pour fonction de soutenir et superviser les travaux du Comité pour l’intégration européenne. La législation en préparation sera examinée au regard de sa conformité à l’acquis communautaire. Sa compatibilité avec les conventions et résolutions internationales sera également contrôlée.
|
|
||||||||||||||||||||
| UE/Croatie | |||||||||||||||||||||
|
Croatie : premiers projets ISPA Maya LAIDI La Commission vient de permettre à la Croatie de bénéficier de l’instrument structurel de préadhésion ISPA et allouera plus de 60 millions d’€ pour la période 2005-2006 ; Ispa est destiné à assister les pays candidats dans les domaine des transports et de l’environnement et préfigure leur participation aux Fonds structurels et de cohésion. Le premier projet pour lequel la Croatie bénéficiera de 22,5 millions d’€ concerne la construction d’une station d’épuration des eaux usées ainsi que l’extension et la modernisation des réseaux de distribution d’eau et des égouts de la ville de Karlovac.Le second projet (pour lequel la Croatie recevra 28,7 millions d’€) consiste dans la modernisation du réseau ferroviaire notamment une section de 38 km de la ligne principale reliant Zagreb à Belgrade.
|
|
||||||||||||||||||||
| UE/Macédoine |
|
||||||||||||||||||||
|
Octroi à l’Ancienne République yougoslave de Macédoine du statut de candidat à l’Union européenne Florina COSTICA Lors du dernier Conseil européen qui s’est tenu à Bruxelles le 15 et 16 décembre dernier, l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) a obtenu le statut de candidat à l’Union européenne, sans qu’une date soit prévue pour entamer les négociations concernant sa future adhésion (voir les § 23 à § 25 des conclusions de la présidence du Conseil européen, également le communiqué de presse du Conseil " Affaires générales et relations extérieures" du 12 décembre). Cette démarche fait suite au rapport présenté par la Commission et à l’avis favorable qu’elle a donné le 9 novembre dernier concernant l’octroi du statut de candidat à l’UE pour la Macédoine (voir également le communiqué de presse concernant la stratégie d’élargissement, la proposition de décision de la Commission présentée au Conseil, le communiqué de presse concernant le feu vert de la Commission, du 9 novembre). Après s’être félicité pour « les progrès notables » de la Macédoine dans le respect des critères politiques de Copenhague, fixés en 1993, des exigences établies en 1997 dans le cadre du processus de stabilisation et d’association des Balkans, ainsi que pour les « progrès substantiels » sur la structure législative prévue dans l'accord-cadre d’Ohrid, en 2001, le Conseil rappelle le débat sur la stratégie de l’élargissement, en précisant que « la capacité d’absorption de l’Union doit également être prise en compte ». Même si l’octroi du statut de candidat n’entraîne pas automatiquement l’ouverture formelle des négociations d’adhésion, il convient de noter l’impact positif de cette démarche européenne sur la Macédoine et sur les autres pays des Balkans occidentaux (voir déclaration de M. Olli Rehn, le Commissaire à l’élargissement, à une conférence Friends of Europe, le 8 décembre). M. Javier Solana, le Haut représentant pour la PESC, avait anticipé l’approche européenne, en indiquant le 9 décembre à Skopje : « The European Union's relationship with the former Yugoslav Republic of Macedonia is [...] moving from post-crisis stabilisation to pre-accession integration » (voir discours). Dans une première réaction à Skopje, le Premier ministre macédonien, M. Vlado Buckovski, s'est félicité que les efforts de la Macédoine en matière de réformes politiques et économiques aient été « reconnus » par l'Union, en rajoutant que « C'est un grand jour pour nous […] Le chemin est ouvert à présent et nous savons que nous avons au sein de l'UE de véritables amis qui savent apprécier tous nos efforts. Je félicite tous les citoyens de Macédoine pour ce grand succès » (voir déclaration). En se réjouissant de la décision du Conseil, M. Olli Rehn, le Commissaire à l’élargissement, a indiqué que « the EU has given a clear European perspective to these countries [les pays des Balkans occidentaux], provided they fulfil the conditions. It proves the credibility of our policy for the Western Balkans and that the EU respects its commitments » (voir déclaration). La qualité de « candidats potentiels » à l’UE a été reconnue pour les pays des Balkans occidentaux (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Ancienne République yougoslave de Macédoine, Serbie et Monténégro, y compris Kosovo) et confirmée lors du Sommet de Zagreb en 2000, sous la Présidence française de l’Union, qui a concrétisé la mise en place du processus de stabilisation et d’association. Le Sommet de Thessalonique en 2003 affirmait sans équivoque la vocation de tous les pays des Balkens occidentaux à rejoindre l’Union : « The future of the Balkans is within the European Union ». Dès lors, l’octroi du statut de « pays candidat » à la Macédoine semble suivre le cours naturel de l’élargissement.
|
Néanmoins, la candidature de la Macédoine a bien failli faire les frais des dissonances politiques actuelles sur l’avenir de l’Europe. En effet, sans mettre en discussion « le bien-fondé de la demande » macédonienne, la France plaidait contre la perspective d’un nouvel élargissement précipité, qui serait susceptible de mettre en danger l’avenir même de l’UE. « Chacun sait que l’Union européenne ne dispose pas encore des solutions qui lui permettront de répondre aux défis que posent les élargissements déjà en cours, y compris sur le plan institutionnel et financier », déclarait M. Philippe Douste-Blazy, le Ministre français des Affaires étrangères, en soulignant que « […] n’est donc pas illogique de vouloir se donner le temps de la réflexion, dans l’intérêt même du bon déroulement de ce processus et de son acceptation par nos opinions publiques, et donc, in fine, dans l’intérêt même de ces pays qui veulent rejoindre une Europe forte […] Nos concitoyens attendent qu’on leur dise où va l’Europe et ce qu’elle veut être aujourd’hui » (voir les déclarations officielles du MAE français du 20 décembre, la conférence de presse conjointe de M. Philippe Douste-Blazy et Mme Brigitte Girardin du 13 décembre, les déclarations officielles de politique étrangère du MAE français du 21 décembre, rapport d’information du Sénat, discours d’Olli Rehn devant l’Assemblée nationale, 6 décembre). Tous ces déclarations ont provoqué la colère macédonienne, à tel point que le quotidien Utrinski Vesnik se demandait si la Macédoine n’était pas devenue « le minuscule prétexte à de vastes marchandages au sein de l’Union ». La crise sur le cadre institutionnel communautaire et sur le budget 2007-2013, la dialectique « approfondissement/élargissement » et la quête d’une identité européenne, les tensions commerciales intra-communautaires et la recherche d’une ligne de politique commerciale commune constituent tout autant d’explications à la position mitigée de l’Union européenne quant à son futur élargissement. Et les prévisions n’ont pas vraiment à s’améliorer au cours de la prochaine présidence de l'UE, qui sera assurée à partir de janvier 2006 par le pays le plus négatif vis-à-vis de l'élargissement, l'Autriche. D’autant plus que les citoyens européens eux-mêmes, notamment en Autriche, en France, en Allemagne et au Luxembourg, ont exprimé leur « réticence, voire opposition franche à un futur élargissement » et le soutien général aux futurs élargissements est tombé à 49%, comme le montre une étude récente d’Eurobaromètre. Le Conseil européen a fait preuve de réalisme politique par sa décision, en prenant en compte la dépendance de la Macédoine à son contexte régional, surtout en prévoyant le risque de déstabilisation dans le cadre des nouvelles discussions sur le statut du Kosovo. Même s’il s’agit seulement d’un « geste politique », il n’en reste pas moins qu’il est « important et utile pour la stabilisation des Balkans » (voir la déclaration de la Ministre déléguée aux Affaires européennes, Mme Catherine Colonna, dans les déclarations officielles du MAE français du 21 décembre).
|
||||||||||||||||||||
| Macédoine Justice |
|
||||||||||||||||||||
|
République de Macédoine : réforme du corps judiciaire Maya LAIDI Un ensemble d’amendements constitutionnels a été adopté afin de rendre l’autorité judiciaire plus efficace et indépendante. Désormais, les juges et les procureurs ne seront plus élus par le parlement mais par des « conseils » : le « Conseil judiciaire de la République de Macédoine » pour les juges et le « Conseil des Procureurs » pour ces derniers. Pour lutter contre la corruption, une réforme des immunités a également été accomplie : seul le Premier Ministre disposera d’une immunité tandis que les ministres pourront faire l’objet de poursuites.
|
|
||||||||||||||||||||