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élection des premiers membres Sarah CASSELLA
L'Assemblée générale a élu le 9 mai 2006 les 47 membres du Conseil des droits de l'homme, qui siègera à Genève à partir du 19 juin. Ces membres ont été élus directement et individuellement, au scrutin secret, à la majorité des membres de l'Assemblée générale, pour un mandat de trois ans, non renouvelable après deux mandats consécutifs. Chaque membre du Conseil a donc recueilli au moins 96 voix lors du scrutin pour être élu. Les résultats assurent une représentation géographique équitable : - 13 sièges pour le groupe des Etats africains : l'Afrique du Sud, l'Algérie, le Cameroun, Djibouti, le Gabon, le Ghana, le Mali, Maurice, le Maroc, le Nigeria, le Sénégal, la Tunisie et la Zambie ; - 13 sièges pour le groupe des Etats asiatiques : l'Arabie saoudite, Bahreïn, le Bangladesh, la Chine, la Corée du Sud, l'Inde, l'Indonésie, le Japon, la Jordanie, la Malaisie, le Pakistan, les Philippines et le Sri Lanka ; - 8 sièges pour les Etats d'Amérique latine et des Caraïbes : l'Argentine, le Brésil, Cuba, l'Equateur, le Guatemala, le Mexique, le Pérou et l'Uruguay ; - 7 sièges pour « l'Europe occidentale et autres Etats » : l'Allemagne, le Canada, la Finlande, la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suisse ; - 6 sièges pour l'Europe de l'Est : la République tchèque, la Pologne, la Russie, l'Ukraine, l'Azerbaïdjan et la Roumanie. 64 Etats Membres étaient candidats ; parmi les Etats qui n'ont pas été élus figuraient notamment le Kenya, l'Iran, l'Iraq, le Kirghizistan, le Liban, la Thaïlande, le Nicaragua, le Pérou, le Venezuela, la Grèce, le Portugal, l'Albanie, l'Arménie, la Géorgie, la Lettonie, la Lituanie, la Slovénie et la Hongrie. La résolution instituant le Conseil des droits de l'homme prévoit que le Conseil se réunira régulièrement tout au long de l'année et tiendra au minimum trois sessions par an, dont une session principale, qui dureront au total au moins dix semaines. Il pourra tenir des sessions extraordinaires si un membre en fait la demande, appuyé par un tiers des membres du Conseil (v. communiqué). On peut remarquer que quatre Etats sur les cinq membres permanents du Conseil de sécurité ont été élus ; les Etats-Unis n’avaient pas voulu présenter leur candidature. Kofi Annan s’est immédiatement félicité de l'élection des premiers membres du Conseil des droits de l'homme et a surtout insisté sur le taux de participation élevé au scrutin qui démontre, selon son message transmis par son porte-parole, l'engagement de la communauté internationale à faire de ce nouvel organe un instrument « plus efficace » et « plus crédible » que l'ancienne Commission. Le Secrétaire général a aussi estimé que l’examen de l'action de tous les Etats dans le domaine des droits de l'homme, « à commencer par ses propres membres », donnera la possibilité au Conseil de montrer dès le départ sa fermeté « à promouvoir les droits de l'homme ». Louise Arbour, Haut Commissaire aux droits de l'homme, s’est également félicitée de cette élection le 10 mai dans un communiqué publié à Genève. Elle a en effet estimé que « ce scrutin sortait de l'ordinaire », car les candidatures ont fait l'objet d'une véritable compétition et que les Etats élus ont dû prendre des engagements spécifiques dans le domaine des droits de l'homme. Louise Arbour a appelé les Etats Membres à agir rapidement avant la première réunion du mois de juin, en soulignant qu’ils ont encore beaucoup de travail d’organisation avant cette échéance, notamment pour convenir des règles de procédure de base et du programme. Dans sa déclaration du 9 mai à New York, le ministre français des Affaires étrangères, M. Philippe Douste-Blazy, s’est réjoui de l’élection de la France « par ses pairs de l'Assemblée générale des Nations unies, dès le premier tour en obtenant 150 voix sur 191 ». Il a rappelé que « la France s'était engagée résolument dans la négociation de la résolution portant création du Conseil des Droits de l'Homme ». La France souhaite « travailler avec tous les nouveaux Etats membres du Conseil, avec les Etats observateurs, mais également avec les Organisations non Gouvernementales qui en seront des acteurs indispensables ». Dans sa déclaration à la presse du 11 mai 2006, Sean McCormack, porte-parole du Secrétariat d’Etat américain, a pris note de l’élection des membres du Conseil et a rappelé l’engagement des Etats-Unis de travailler activement avec cet organe. Il a toutefois souligné que, bien que la création du Conseil constitue une avancée, certains des membres qui viennent d’être élus ne sont pas réellement engagés dans la promotion des droits de l’homme et ne devraient pas y siéger. Il s’est par ailleurs félicité du fait que la communauté internationale n’ait pas élu des candidats tels que l’Iran ou le Venezuela. Il a insisté sur le fait que les Etats-Unis attendent comme premier test de la crédibilité de cet organe, le début de ses réunions au mois de juin prochain.
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ONU/Liberia : Poursuite des enquêtes sur les allégations d'abus sexuel Antonella SAMPO
En réponse à la publication, le 8 mai 2006, du rapport intitulé « From Camp to Community: Liberia Study on Exploitation of Children », de l’organisation non gouvernementale anglaise, Save the Children, faisant état d’abus sexuels contre des femmes et des fillettes au Liberia, la Mission des Nations Unies au Liberia (MINUL) a déclaré publiquement que« Tous les cas d'infraction grave du personnel des Nations Unies, notamment les plaintes d'exploitation sexuelle, font l'objet d'une enquête du Bureau des services de contrôle interne (BSCI, OIOS selon son acronyme anglais), qui a toute liberté d'action ». La MINUL a procédé à un rappel des mesures prises pour lutter contre les abus sexuels qui seraient commis dans les camps de réfugiés notamment par des Casques bleus (voir la dépêche des Nations Unies). Elle a notamment annoncé qu’elle prenait en compte ledit rapport en déclarant que « The United Nations recognizes the urgent need to raise awareness about SEA and in this regard takes note of the release of the Save the Children UK Discussion Paper entitled “From Camp to Community: Liberia study on exploitation of children.» Le rapport qui vise notamment certains responsables de camps de déplacés, des casques bleus, des fonctionnaires et des enseignants qui useraient de leur autorité pour commettre de tels actes, révèle que beaucoup de fillettes – dont certaines ont à peine huit ans - se prostituaient pour de l’argent, de la nourriture ou d’autres services. « Le rapport sera étudié de près et le ministère de la Justice se chargera de poursuivre les personnes qui ont commis de tels actes contre les jeunes filles de notre pays», a déclaré Mohammed Sheriff, ministre-adjoint à la Santé du Liberia. La MINUL a par ailleurs indiqué que, depuis le début de l'année 2006, huit cas d'exploitation et d'abus sexuels ont été signalés à l'OIOS. La plupart de ces enquêtes se poursuivent. L'un de ces cas a été confirmé et le membre du personnel a été immédiatement suspendu. L’an passé, le Secrétaire général soulignait dans un rapport présenté à l’Assemblée générale que le nombre d'abus sexuels pour l'année 2004 s'élevait à 121, indiquant que ce « chiffre préoccupant » était amené à s'accroître avec les nouvelles mesures pour encourager le signalement des abus (voir la dépêche). Il exposait par ailleurs en détail les mesures prises par l'ONU pour lutter contre ce phénomène, sur la base notamment des propositions commanditées par le Secrétaire général auprès du Prince Zeid Ra'ad Zeid Al-Hussein, Représentant de la Jordanie, et présentées dans son rapport sur les abus sexuels dans les missions de l'ONU.
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L'ONU et l’insécurité alimentaire dans la Corne de l’Afrique Noémie SIMONEL
La situation d’insécurité alimentaire perdure dans la région de la Corne de l’Afrique suite à la pire sécheresse depuis 10 ans, alors que Kjell Magne Bondevik, Envoyé spécial pour la situation humanitaire pour la corne de l'Afrique, nommé par le Secrétaire général de l’ONU en février dernier, vient d’établir une nouvelle évaluation des besoins alimentaires de la région :11 millions de personnes sont directement menacées par la famine. « La situation des habitants de ces pays est une source de préoccupation sérieuse en raison de sécheresses successives ayant mené à une rapide érosion des ressources et des moyens de subsistance, à des pénuries d'eau et à un accès de plus en plus limité aux vivres ». Cette situation latente depuis février a conduit l’ONU à formuler des appels aux dons pour subvenir aux besoins immédiats de 8 millions de personnes, de même le PAM a dû procéder, à plusieurs reprises, à des mesures de rationnement alimentaire . La Somalie connaît la pire sécheresse depuis 10 ans, alors que cet Etat sort d’une longue période de conflit armé, marquée par les abus des droits fondamentaux, la destruction des infrastructures et la désintégration des services sanitaires et sociaux de base .L’insécurité alimentaire actuelle en Somalie est telle que le spectre de la famine est d’ors et déjà pleinement avancé .En effet d’après M. Balslev-Olesen, une crise alimentaire est qualifiée de famine lorsqu’elle tue entre 10 000 à 12 000 personnes par mois sur un million de personnes affectées. « Nous avons très peur de ce qui peut se passer dans les mois à venir,. Il n'y aura pas de nourriture, pas moyen de survivre en menant une vie normale en Somalie. Cela signifie que les enfants dépendront totalement de l'aide que nous serons en mesure de leur fournir : de l'eau, des vivres, des soins de santé et une nutrition adaptée » .Rappelons néanmoins, qu’un processus politique est en cours en Somalie. Pour la première fois depuis des années, un gouvernement et un parlement siègent sur le territoire du pays. D’où l’urgence d’une intervention de la communauté internationale rappelle le coordonnateur de l’aide humanitaire, alors que la situation humanitaire et la situation politique sont inextricablement liées. Au delà des dizaines de milliers de décès chaque jour dans la région, conséquence directe de la sécheresse, celle ci génère une désorganisation totale des communautés et de la vie sociale, procédant des déplacements importants de population à travers le pays. Actuellement les faibles pluies ne permettent pas de remédier aux effets cumulatifs des sécheresses successives, « Ironiquement, les pluies n'apportent que peu de répit. Alors qu'elles soulagent les besoins immédiats en eau, elles augmentent le risque de maladies pour les personnes qui boivent de l'eau contaminée, notamment par les cadavres d’animaux décimés dans certaines régions jusqu’à 80% » rappelle Tesema Negash, directrice du PAM au Kenya . « La crise exige une réponse globale, incluant l'eau, la santé et la nutrition, le bétail et l'agriculture, l'éducation et la sécurité alimentaire, Les conséquences sont telles qu’il faudra des années pour reconstruire les moyens de subsistance des populations touchées. « Les personnes qui ont tout perdu – bétail et récoltes - auront besoin d'une aide alimentaire et d'une assistance de manière plus générale jusqu'en 2007 et peut-être même plus longtemps encore », rappelle le PAM. C’est pour répondre à ces situations d’urgence humanitaire que le CERF a été crée. Le CERF, premier grand fonds d'intervention humanitaire des Nations Unies, est doté d'un budget permanent de 500 millions de dollars qui vise à agir d'urgence, de manière équitable et partout dans le monde. « Les 500 millions de dollars du CERF permettront, au lieu d'attendre que l'argent arrive lentement, de déployer immédiatement le personnel, les biens et les services là où des vies sont en danger », rappelle le Secrétaire général de l’ONU .Jusqu'à la création du CERF, l'assistance humanitaire des Nations Unies était dépendante d'appels de fonds pour chaque crise, imposant des délais notables dans le lancement des secours et introduisant une inégalité entre les situations de crise, selon que les Etats Membres décidaient d'apporter un financement plus ou moins important. Guidé par un Groupe consultatif de 12 experts indépendants, la décision de débloquer les fonds revient au Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Jan Egeland, qui est aussi Coordonnateur des secours d'urgence des Nations Unies. Ce dernier gère le CERF au nom du Secrétaire général et peut débloquer des fonds dans un délai de trois à quatre jours après une demande formulée par un Coordonnateur résident ou humanitaire.
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Somalie Demande de maintien pour 6 mois du Groupe de contrôle sur l'embargo Sabrina RAHMANI
Le 10 mai 2006, agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité, la résolution 1676 (2006), qui demande au Secrétaire général de reconstituer dans les trente jours, et pour une période de six mois, le Groupe de contrôle chargé d’enquêter sur l’application de l’embargo sur les armes imposé en 1992 à la Somalie et sur ses violations. En effet, réunis à huis clos puis en séance publique sur la Somalie, les membres du Conseil ont été saisis du document S/2006/229, qui contient le texte d’une lettre datée du 4 mai 2006 du Président du Comité du Conseil de sécurité créé par la résolution 751 (1992) concernant la Somalie, transmettant le rapport du Groupe de contrôle sur la Somalie, ainsi que du document S/2006/287, qui contient le texte d’un projet de résolution élaboré au cours des consultations préalables du Conseil. Visé au paragraphe 3 de la résolution 1558 (2004), le Groupe de contrôle a notamment pour mission de poursuivre les tâches visées dans la résolution 1587 (2005), à savoir : · enquêter sur l’application d’un embargo général et complet sur toutes les livraisons d’armes et d’équipements militaires à la Somalie et sur ses violations · évaluer les mesures prises par les autorités somaliennes ainsi que les États Membres, et formuler les recommandations précises touchant les violations constatées et les mesures à prendre pour donner effet à l’embargo · enquêter sur toutes les activités qui produisent des recettes utilisées pour commettre des violations de l’embargo et sur tous autres moyens de transport, itinéraires, ports, aéroports et autres installations utilisés en relation avec ces violations · affiner et actualiser les renseignements concernant le projet de liste de personnes et d’entités qui violent, en Somalie ou ailleurs, les mesures mises en œuvre par les États membres ainsi que de ceux qui les soutiennent activement Ces renseignements doivent être soumis au Comité des sanctions avec lequel le Groupe doit élaborer des recommandations touchant toutes autres mesures à prendre pour faire en sorte que l’embargo soit mieux appliqué. Dans son rapport, le Groupe de contrôle affirmait que l'embargo sur les armes continue d'être violé et selon les experts, la militarisation de la région du centre et du sud de la Somalie continue aussi. Le rapport ajoute que dans les derniers mois, des fondamentalistes islamiques ont activement et agressivement revendiqué leur indépendance. De plus, le Groupe de contrôle propose de nouveau le réexamen de la possibilité d'adopter et de mettre en oeuvre un embargo intégré sur les armes, une conjugaison de l'embargo existant et d'un embargo commercial sur le charbon de bois et sur les poissons pêchés dans les eaux somaliennes. Selon le Groupe de contrôle, un embargo intégré s'impose si l'on veut contribuer à réduire la progression des mouvements de fonds à destination des principaux acteurs en Somalie, et, partant, du volume correspondant des armes qui continuent à être achetées au moyen de ces fonds. Le Groupe a souligné que l’objectif était de renforcer l’efficacité globale de l’embargo sur les armes en Somalie en réduisant les fonds dont disposent les principaux acteurs qui se procurent des armes malgré l’embargo. Il s’agit de porter un coup aux principaux responsables des violations, dont les ressources proviennent en partie des exportations de charbon de bois et de la délivrance de droits de pêche à des sociétés étrangères dans la zone économique exclusive de la Somalie. Selon le groupe, le succès de la formule proposée sera subordonné à la volonté de la communauté internationale de coopérer pour interdire les activités illégales et non réglementées qui échappent au contrôle de l’Etat dans la mesure où elles revêtent la forme d’échanges commerciaux avec des entreprises étrangères. Il a ajouté que pour que la formule entre en vigueur, il suffit que les États de la communauté internationale prennent une décision en ce sens en attendant qu’un gouvernement assume véritablement le pouvoir en Somalie. Par sa résolution 1676, le Conseil de Sécurité s’est déclaré préoccupé par la multiplication des actes de piraterie et de vol à main armée commis contre des navires au large des côtes somaliennes et par ses répercussions sur la sécurité en Somalie. Il a prié également le Secrétaire général de prendre les dispositions voulues pour assurer le financement des activités du Groupe de contrôle. Il a par ailleurs demandé au Comité, agissant conformément à son mandat et en consultation avec le Groupe et les autres entités concernées du système des Nations Unies, d’étudier les recommandations formulées par le Groupe dans son rapport du 5 avril 2006 et de recommander au Conseil des moyens de faire en sorte que l’embargo sur les armes soit mieux appliqué et respecté, face à la persistance des violations. Enfin, il a prié le Comité d’envisager, le moment venu, d’inviter son président, ainsi que des personnes désignées par lui, à se rendre en Somalie ou dans la région, avec l’accord du Comité, pour montrer que le Conseil est décidé à donner pleinement effet à l’embargo sur les armes.
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Soudan Urgence d’un renforcement de la MUAS Sabrina RAHMANI
Le 9 mai 2006, le Conseil de sécurité, réuni pour une séance sur le Soudan au niveau des ministres des Affaires étrangères, en présence du Secrétaire général, a souligné la nécessité de renforcer d’urgence la Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS), afin qu’elle puisse soutenir la mise en œuvre de l’Accord de paix sur le Darfour en attendant le déploiement d’une opération des Nations Unies. En effet, dans une déclaration de son président pour le mois de mai, le ministre des Affaires étrangères de la République du Congo, M. Rodolphe Adada, le Conseil de sécurité a salué l'accord conclu le 5 mai 2006 à Abuja, et l’a qualifié de base d'une paix durable au Darfour. Le Conseil a engagé toutes les parties de respecter les engagements qu'elles ont pris et de mettre sans retard l'accord en application et les mouvements qui n'ont pas signé l'accord à le faire. Il a par ailleurs demandé, au Secrétaire général d'accélérer les mesures pour renforcer la force de l'Union africaine au Darfour (UA) et les préparatifs visant à mettre en place une opération des Nations Unies. Le Conseil a appelé le Secrétaire général et l'UA à convoquer sans retard une conférence des donateurs. Il a aussi, demandé au Secrétaire général de lui fournir dès que possible son plan pour monter une opération des Nations Unies au Darfour. le Conseil a réitéré que cette force devait avoir un fort caractère africain ainsi qu’une forte participation africaine et a demandé au Secrétaire général de consulter d'urgence les pays qui pourraient fournir des troupes à une telle opération. De plus, il a appelé le gouvernement d'unité nationale soudanais, qui jusqu'à présent bloquait le processus, à faciliter immédiatement la visite d'une équipe d'évaluation technique conjointe des Nations Unies et de l'UA. De son côté, le Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, a jugé prioritaire le renforcement de la MUAS, afin qu’elle puisse mettre en œuvre les éléments essentiels de l’Accord et assurer une véritable sécurité pour les personnes déplacées. Il a indiqué que le Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU (DPKO) avait déjà envoyé du personnel dans la région et que d'autres experts partiraient dans les prochains jours. Il a indiqué que le renforcement de la MUAS devrait se faire lors d'une conférence des donateurs, probablement à Bruxelles, début juin. De plus, il a affirmé que la future opération des Nations Unies au Darfour devait être bien plus importante que l'actuelle MUAS. Le Secrétaire général a par ailleurs lancé un appel à tous ceux qui se trouvent au Soudan pour aider la MUAS à s’acquitter de sa tâche et a affirmé qu’il était urgent de trouver de l’argent pour l’aide d’urgence. Pour cette raison, il a lancé un nouvel appel à toutes les parties, au gouvernement du Soudan en particulier, pour qu’elles respectent immédiatement le cessez-le-feu et honorent l’Accord qui a été signé. S’exprimant au nom de son pays, M. Rodolphe Adada a estimé que l’Accord d’Abuja était une importante étape que l’UA s’engageait à consolider. Il a toutefois fait part des préoccupations profondes de son pays quant à la situation sécuritaire et humanitaire au Darfour, affirmant qu’il était urgent de renforcer les capacités opérationnelles et financières de l’opération de l’UA, ainsi que d’accroître substantiellement l’aide humanitaire. A cet égard, il a appelé à l’organisation d’une conférence des donateurs dans les délais les plus rapprochés. Il a en outre annoncé que le Conseil de paix et de sécurité de l’UA se réunirait à Addis-Abeba le 15 mai au niveau ministériel pour endosser l’accord d’Abuja et définir les modalités de cette transition. Le Ministre a déclaré qu’il était essentiel de veiller à garantir le partenariat entre les Nations Unies et l’UA dans le cadre de la préparation de la transition pour le Darfour, rappelant qu’une action toujours concertée, harmonisée et cohérente garantirait le succès de cette entreprise. M. Omar Bashir Mohamed Manis, représentant du Soudan, a affirmé que les parties étant parvenues à un accord, il devait exprimer la gratitude de son gouvernement, particulièrement envers l’UA qui est restée sur le terrain au Darfour pour défendre la paix. Il a également loué le travail du négociateur de l’UA et des dirigeants africains qui ont permis d’arriver à un accord à Abuja. Il a en outre salué l’appel lancé par la Ministre pour le développement des Pays-Bas pour l’organisation d’une conférence des donateurs en septembre prochain pour le Soudan. Il a ajouté que son gouvernement se devait d’accélérer le règlement politique vers la paix qui permettrait de régler les causes profondes du conflit. Il a assuré que son gouvernement avait fait de nombreux efforts dans l’acheminement de l’aide humanitaire et pour les questions liées au retour volontaire des réfugiés. Il a affirmé aussi, que son pays était pleinement engagé dans l’application de l’Accord d’Abuja qui est le résultat d’efforts réels pour la réconciliation, ajoutant que l’abandonner était non envisageable. À cet égard, il a demandé que les Nations Unies et le Conseil de sécurité envoient un message sans ambiguïté aux parties qui n’avaient pas encore signé l’Accord d’Abuja, en tenant compte de la souffrance de la population. Par ailleurs, Mme Condoleezza Rice, Secrétaire d’État des États-Unis, a affirmé que l’Accord de paix signé à Abuja, constituait une occasion historique pour que le peuple du Darfour puisse obtenir une paix véritable. Mme Rice a félicité le gouvernement soudanais et le mouvement rebelle de l’Armée de libération du Soudan d’avoir conclu cet Accord. Elle a affirmé que cet accord de paix était le fondement sur lequel il est possible de commencer à assurer la sécurité et le développement du peuple du Darfour. Aussi, elle a affirmé qu’une nouvelle mission de paix, plus large et sous la direction des Nations Unies, aurait le mandat et la capacité de protéger les civils. Elle a ainsi souhaité que le gouvernement soudanais soit partenaire de cette nouvelle mission. Enfin, elle a insisté sur la nécessité d’adopter le projet de résolution prévu à cette fin et de redonner espoir à la population du Darfour. Le Ministre des affaires étrangères de la France, M. Philippe Douste-Blazy, a salué l’Accord d’Abuja et a estimé qu’il dessinait enfin une perspective de paix au Darfour. Il a indiqué qu’il fallait faire en sorte que toutes les parties au conflit rejoignent le gouvernement soudanais et le Mouvement de libération du Soudan de Minni Minawi dans le ralliement de l’Accord de paix. Il a également estimé qu’il fallait accélérer les préparatifs pour une transition de la MUAS à une opération de maintien de la paix des Nations Unies. Il a enfin jugé essentiel que la communauté internationale se mobilise à nouveau pour pallier la dégradation de la situation humanitaire au Darfour et aussi au Tchad, et a souligné l’importance d’aborder la question du Darfour avec une vision régionale. S’agissant du domaine humanitaire, le Conseil de sécurité a salué la visite de M. Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, sur le terrain et a exhorté les Etats membres à fournir des fonds à l'appel humanitaire des Nations Unies. Il a demandé aussi, à toutes les parties soudanaises de respecter la neutralité, l'impartialité et l'indépendance des agents de l'aide humanitaire. M. Kofi Annan a estimé que la protection des populations du Darfour et la mise en oeuvre de l'Accord d'Abuja serait un des plus grands défis posés à l'Organisation depuis la Somalie, le Rwanda et la Bosnie et a rappelé que le Darfour était encore loin d'être en paix. Le 8 mai dernier, M. Annan avait décidé d'apporter une contribution de 500.000 dollars à l'appel humanitaire pour le Darfour, une somme provenant du Prix Zayed pour l'environnement qui lui a été alloué à titre personnel en février 2006. Il a indiqué qu'il poursuivrait ses plans pour l'établissement d'une fondation, mais, compte tenu du grave déficit qui affecte l'appel humanitaire pour le Darfour, il a estimé désormais qu'il était plus urgent d'affecter ces sommes à cet appel. Selon M. Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général, ce don visait à souligner le besoin urgent d'apporter des contributions à l'appel humanitaire pour le Darfour. Il a souligné que le Secrétaire général espérait que cette décision aiderait à encourager d'autres donateurs à contribuer. De son côté le rapporteur des Nations Unies sur le droit à l'alimentation, M. Jean Ziegler, a rappelé que les coupures dans les rations alimentaires, en dessous du minimum vital pour se maintenir en bonne santé, constituait une violation de ce droit. En conséquence, Jean Ziegler a appelé les Etats Membres à respecter leurs engagements juridiques et à financer le Programme alimentaire mondial (PAM).
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Conférence ministérielle de la Francophonie sur la prévention des conflits et la sécurité humaine Jacobo RÍOS RODRÍGUEZ
13 et 14 mai 2006, Saint Boniface (Manitoba, Canada), voici les dates et l’emplacement de la Conférence ministérielle de la Francophonie sur la prévention des conflits et la sécurité humaine, présidée par la Ministre canadienne de la Coopération internationale, de la Francophonie et des langues officielles, Josée Verner, en présence des Ministres des affaires étrangères des membres de l’Organisation internationale de la Francophonie. La pratique des Conférences ministérielles est courante au sein de l’Organisation : depuis 1971 il y en a eu une vingtaine pour traiter des thèmes comme la société de l’information ou la culture. La Conférence ministérielle de mai 2006, dont l’initiative revient majoritairement au Canada, a pour but de développer une approche francophone concertée dans le domaine de la prévention des conflits et la sécurité humaine, faisant le point sur la mise en œuvre du dispositif prévu par la Déclaration de Bamako, définitoire de l’action de l’OIF en matière de paix, démocratie et droits de l’homme. « Une de nos priorités est l’instauration, dans l’espace francophone, d’une paix durable fondée sur la prévention des conflits et la promotion de la sécurité humaine », déclarait à ce propos Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation. Cela implique la mise en agenda de la révision des engagements des États francophones dans ce domaine tout au long des Sommets de la Francophonie, sur des points importants comme l’appui à la Cour pénale internationale, le respect du droit international humanitaire dans les conflits armés, la lutte contre le commerce illicite des armes légères, et le processus de désarmement en général. En effet, l’OIF veut sortir de l’écart auquel elle était traditionnellement reléguée dans les questions sur la sécurité humaine pour devenir un participant plus actif non seulement dans les institutions et programmes des droits de l’homme, mais tout particulièrement dans les opérations de maintien de la paix, c’est pourquoi le sujet a commencé à devenir récurrent dans ses dernières réunions. Ainsi à Madagascar, à l’occasion de la Conférence dans laquelle l’Organisation s’est dotée d’une nouvelle charte, Brigitte Girardin, ministre française déléguée à la coopération, au développement et à la francophonie, relevait certaines des carences à corriger pour parvenir à ces fins, comme par exemple que moins d’un 10% des casques bleus intervenant dans des pays francophones sont francophones, ce qui est dû peut être à des facteurs linguistiques qui ne doivent pas être sous estimés, nécessitant d’une plus ample promotion du français parmi les casques bleus déployés par les Nations Unies. La Déclaration de Bamako de 2000, prise en considération comme le cadre de l’action normative de l’OIF dans la prévention de conflits et la sécurité, permet de recenser l’établissement d’une série d’outils de développement qui n’empêchent pas d’observer le recul de certains États, particulièrement africains. Souvent, dans des États membres de la Francophonie qui peuvent entrer dans la catégorie d’ « État défaillant », comme Madagascar, la Côte d’Ivoire, et le Burundi, la sécurité humaine est surtout menacée par des carences et problèmes internes comme la famine et la maladie, ce qui précise d’une approche différente de celle qui a été préconisée en diverses institutions, prenant en compte des facteurs économiques et sociaux dans la recherche des solutions. Cela peut se développer avec une intensité particulière dans un espace francophone concerté qui aurait décidé d’une façon collective sur le véritable sens des menaces actuelles. Cette Conférence ministérielle est donc la confirmation de la nouvelle orientation de l’Organisation, et son élément innovateur est la recherche d’une définition du concept de sécurité humaine ainsi que l’attribution de la responsabilité de celle-ci. Dans sa préparation, deux approches, jugées inconciliables par la France, ont été envisagées (voir les travaux de la réunion préparatoire de la Conférence). Tout d’abord, la continuité du cadre actuel, conception qui semble être retenue et qui était appuyée par le Canada, la France, et le Maroc, privilégiant la discussion des thèmes habituels comme la prévention de conflits et le maintien de la paix. Et ensuite, la conception soutenue par la Suisse, qui plaidait en revanche pour une perspective inversée, dans une tentative de centrer les débats sur les différents niveaux d’interventions en distinguant ceux qui sont propres à la Francophonie et ceux qui appartiennent à d’autres organisations. Une déclaration sur la consolidation de la démocratie dans ces États et sur les moyens d’action de l’OIF dans le domaine sera établie à la fin de la Conférence, et soumise au Sommet de Bucarest en septembre 2006.
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Le Quatuor pour le Moyen-Orient décide de créer un « mécanisme » d'assistance au peuple palestinien Fatma RAACH
Le Quatuor pour le Moyen Orient, composé des Etats-Unis, de la Fédération de Russie, de l'ONU et de l'Union européenne, s’est réuni le 9 mai 2006 à New York au niveau ministériel. Le Quatuor, qui a conditionné dans ses précédentes déclarations l'assistance financière à l'Autorité palestinienne par le respect des principes de la non-violence, de la reconnaissance d'Israël et de l'acceptation des accords antérieurs notamment la Feuille de route, a réitéré sa grave préoccupation face à ce fait. Le secrétaire général des Nations Unies a déclaré que « Le Quatuor a condamné le refus de l'Autorité palestinienne de prendre des mesures contre le terrorisme et sa justification de l'attentat suicide du 17 avril à Tel Aviv, qui a été à bon droit condamné par le président Abbas ». Il a ajouté que « Le Quatuor a exprimé sa préoccupation face aux opérations militaires israéliennes, qui ont fait des victimes innocentes, et demandé à Israël de garder à l'esprit les conséquences potentielles de ses actions » et a exprimé ses préoccupations « face à l'expansion des colonies de peuplement et au tracé de la barrière ». En outre, et en réaction à la crise humanitaire que L'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNWRA), a prévenu depuis plusieurs semaines qu’elle se profile à Gaza (dépêche) « le Quatuor pour le Moyen-Orient s'est déclaré aujourd'hui prêt à mettre en place sous la direction de l'Union européenne un « mécanisme » temporaire qui permettra d'acheminer l'aide humanitaire à la population palestinienne, sans passer par le gouvernement du Hamas, qui refuse toujours de reconnaître Israël et d'abandonner la violence ». Afin de réaliser l’assistance humanitaire au peuple palestinien, le Quatuor a appelé les parties à adopter des mesures assurant le respect de leurs obligations sur la liberté de circulation. Il s’est déclaré, aussi, disposé à « accepter la création d'un mécanisme international temporaire, limité dans son fonctionnement comme dans sa durée, et pleinement transparent, afin de garantir la fourniture directe de toute assistance au peuple palestinien », qui sera établi à l'initiative de l'Union européenne. Le Quatuor a remercié l’Union européenne pour cette proposition et a prévu l’examen de l’effectivité de ce mécanisme afin de décider de sa reconduction. D’ailleurs, Mme. Benita Ferrero-Waldner, la Commissaire européenne pour les relations extérieures, a déclaré que ce mécanisme devrait être mis en place dans les semaines qui viennent et qu’« Il devra être transparent et acheminer l'aide directement aux Palestiniens sans passer par le gouvernement ». Sur ce point, Mme. Condoleezza Rice, Secrétaire d'Etat américaine a déclaré que « Le but n'est pas de transférer les responsabilités du gouvernement à la communauté internationale ». Elle a souligné que la communauté internationale tentait de « répondre aux besoins du peuple palestinien, les Etats-Unis ayant récemment débloqué 10 millions de dollars pour l'assistance médicale », « Mais en définitive, il revient à l'Autorité palestinienne de prendre ses responsabilités en assumant sa position de gouvernant ».
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