sentinelle  




la page hebdomadaire d'informations internationales

l'information et les liens

       



Philippe WECKEL--Anne RAINAUD--Guillaume AREOU--Sarah CASSELLA--Tidiani COUMA--Antonella SAMPO


Dimanche 9 Janvier 2005


SOMMAIRE

Tsunamis, catastrophe en Asie du Sud-Est

Organisation des Nations Unies

Droit humanitaire et droits de l'homme

Droit international économique

Droit international de l'environnement

Jurisprudence nationale




Tsunamis, gestion et prévention des catastrophes naturelles


Un séisme majeur déclenche des tsunamis meurtriers dans l'océan ...
 (dossier d'actualité de l'ONU)
La catastrophe, survenue dimanche 26 décembre 2004 au large de l’île indonésienne de Sumatra, est l'un des plus violents séismes enregistrés dans le monde depuis une quarantaine d’années (de magnitude 8,9 sur l'échelle ouverte de Richter). Elle a déclench
é des Raz-de-marée meurtriers en Asie du Sud. L’impact du cataclysme provoqué par les Tsunamis a atteint des proportions inimaginables. Le représentant des Maldives avait expliqué que son pays, un archipel de quelque 200 îles, avait été recouvert aux deux tiers par les flots, et que certaines îles pourraient même disparaître (voir dépêche de l’ONU du 28 décembre 2004). Selon un bilan encore provisoire, prés de 150 000 personnes sont mortes. Dans le domaine de l’environnement, la situation est préoccupante et la prévention des tsunamis est mise à l'ordre du jour.

Les questions environnementales émergent de la dévastation

    Au lendemain du cataclysme, l’aide humanitaire d’urgence reste en tête des priorités de la communauté internationale.  Il est toutefois essentiel, a annoncé le 30 décembre dernier le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), de s’attaquer également aux préoccupations écologiques pressantes qui menacent la santé des survivants. À cette fin, le Programme a décidé de créer un Groupe de travail, basé à Genève et chargé de la coordination de toutes les contributions du système du PNUE, dans le but d’identifier et de mitiger l’impact environnemental du désastre tout en apportant son appui aux efforts des pays affectés et de l’Organisation des Nations Unies.L’action de l'ONU pour maîtriser les menaces écologiques en Asie du Sud est sans commune mesure depuis le création de l’OrganisationDans le domaine sanitaire, l’Organisation Mondiale de la Santé a mis en place une stratégie d'aide sanitaire d'urgence .

    Les écosystèmes côtiers ont été affectés par les tsunamis : Les dégâts causés sur les milieux côtiers affectés par ce phénomène semblent très importants et des siècles pourraient être nécessaires à la réhabilitation de ces écosystèmes par la nature. Les récifs coraliens, les mangroves, les poissons et toute la faune et la flore marines ont été endommagés. De surcroît, les masses de limon, sable et matières organiques soulevées par les tsunamis pourraient étouffer la vie marine. Toutefois les coraux de la mer des Adamans (Thaïlande) ont été endommagés, mais pas détruits .

    Les vagues géantes générées par le séisme qui vient de frapper l’Asie du sud ont largement endommagé des sites qui figurent sur la liste du patrimoine mondial. Parmi les sites culturels endommagés figurent la Vieille ville de Galle et ses fortifications, au Sri Lanka, ainsi que les monuments de Mahabalipuram et le Temple du Soleil à Konarak, en Inde, et parmi les sites naturels, le Parc national de Ujing Kulon et les forêts tropicales ombrophiles de Sumatra, en Indonésie. C’est dans ce cadre que l’UNESCO (l’institution spécialisée pour la culture et l'éducation) a proposé, par la voix de son directeur, le japonais Koïchiro Matsuura son assistance aux pays affectés par le tsunami, notamment pour les sites.

La prévention des Tsunamis à l'ordre du jour.

    Face à une catastrophe sans précédent, la Communauté internationale a décidé de réagir à la hauteur de cet événement. Individuellement d’abord, bien qu’il existe déjà un Programme pour la prévention du risque sismique en France, ce pays a décidé de renforcer son dispositif en mettant l'accent, entre autres sur la sismologie (système d'alerte et de prévention des risques sismiques et des raz de marées). En Grèce, il existe une faille "semblable à celle de Sumatra, qui va de la mer ionienne jusqu'à Rhodes", selon le sismologue grec Vassilis Papazahos. Elle fut à l'origine en 365 d'un tsunami qui a fait des dizaines de milliers de morts jusqu'en Sicile et en Egypte. Les riverains de la Méditerranée sont également sensibilisés à la question de la prévention. De son coté, Washington envisage la création d'un système mondial d'alerte aux tsunamis. Mais, l’initiative la plus importante demeure, dans une large mesure celle des institutions internationales. L'UNESCO propose d'étendre son système d'alerte aux tsunamis à l'Océan indien. L’organisation affirme par ailleurs inscrire parmi ces priorités premières l’élargissement de " ses programmes d'étude et de surveillance des tsunamis et tremblements de terre à la région de l'océan Indien et à d'autres régions vulnérables, comme les Caraïbes, de même que ses programmes visant à apprendre aux populations comment se préparer et faire face à ce type de catastrophes". En outre, l’UNESCO va étudier les conséquences du cataclysme sur l’environnement et voir comment l’action de l'homme (déforestation, destruction des mangroves et des récifs coralliens, etc.) a pu aggraver les effets du tsunami. Ces activités s'inscrivent dans le cadre de programmes déjà existants, indique l' UNESCO, qui cite le Groupe International de Coordination du système d'alerte au tsunami dans le Pacifique (ICG/ITSU) lequel a déjà demandé le soutien nécessaire pour étendre ses activités à l'océan Indien et à d'autres régions, et a recommandé l'an dernier le développement d'un système d'alerte au tsunami pour l'océan Indien. Pour le moment l'ICG/ITSU est le seul mécanisme d'alerte au tsunami au monde. Il s'agit d'un organe subsidiaire de la Commission Océanographique Intergouvernementale(COI).

    Dans leur Déclaration du 6 janvier les participants à la réunion de Djakarta organisé dans le cadre de l'ASEAN ont exprimé leur soutien à la mise en place d'un système régional d'alerte comparable à celui qui fonctionne pour le Pacifique.

    L'alerte rapide sur les catastrophes au centre des conférences de Maurice et de Kobe : Au cours du mois de janvier 2005, deux importantes conférences des Nations Unies donneront l'occasion de mobiliser le soutien au développement des systèmes d'alerte avancée. Ainsi, du 10 au 14 janvier, la Conférence internationale sur les petits Etats insulaires de Maurice se penchera sur les nombreux défis environnementaux, économiques et sociaux auxquels doivent faire face les 51 petits Etats insulaires en développement, qui sont très fragilisés par les catastrophes naturelles. Cette réunion sera suivie par la Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes qui aura lieu à Kobe (Japon), du 18 au 22 janvier. L'UNESCO y présidera trois sessions sur les thèmes suivants : comment l'éducation peut sauver des vies en cas de catastrophes naturelles ; gestion des risques du patrimoine culturel ; initiatives mondiales pour améliorer les connaissances en matière d'inondations et d'éboulements de terrain, et les capacités d'y faire face. Plusieurs gouvernements de la région ont insisté auprès du  PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement) sur l’importance de la mise en place de systèmes efficaces d’alerte rapide. Lors d'une conférence de presse donnée au Siège de l'ONU, à New York, Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence a indiqué qu'il y aurait sûrement à l'avenir un débat sur un système d'alerte rapide, mais qu'il était souhaitable qu'il ait lieu dans le cadre de l'ISDR et en concertation avec les pays de la région (voir dépêche de l’ONU du 28 décembre 2004).  La question occupera une place particulière dans l’ordre du jour de deux réunions internationales auxquelles le PNUE sera un contributeur important. Des systèmes d'alerte rapides auraient pu sauver des milliers de vies , indique la Stratégie internationale de prévention des catastrophes naturelles (ISDR) dans un communiqué publié le 29 décembre dernier. " Il aurait pu en être bien autrement. Dans la région de l'Océan pacifique, des systèmes d'alerte rapide aux tsunamis sont déjà en place depuis des années, notamment au Japon et aux Etats-Unis ", conduisant à une nette réduction du nombre de victimes dans ces pays, indique le communiqué de l'ISDR. Certains spécialistes, originaires des zones touchés ne sont pas de cet avis. Il est impossible de prévoir un tsunami, selon un expert thaïlandais (T.C).

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Tsunamis, l’aide internationale s’organise


    Le 6 janvier s’est tenu à Djakarta, Indonésie, un Sommet qui devrait permettre de collecter davantage d’aide après le désastre qui a frappé la région bordant l’océan indien. Il a été conclu par l’adoption d’une Déclaration sur l’action à mener pour renforcer la réhabilitation, la reconstruction et la prévention au lendemain de la catastrophe liée au tsunami. La coordination internationale doit s’organiser au plus vite pour  mettre en œuvre l’aide humanitaire de première nécessité, puis, ensuite établir les besoins de reconstruction. Le Sommet d’Asie du sud-est, initié par l’Indonésie, a réuni les membres de l’ASEAN, les pays sinistrés, la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, l’Union européenne, le Secrétaire général de l’ONU, la Banque Mondiale, l’Organisation Mondiale de la Santé et la Banque Asiatique de Développement. L’Union européenne était représentée par M. José Manuel Barroso, Président de la Commission, M. Jean-Claude Juncker, Président en exercice de l’Union et M. Louis Michel, Commissaire européen pour l’aide humanitaire et le développement.

    Face à une catastrophe d’une telle ampleur, l’aide doit s’établir en deux phases distinctes. La première consiste en un examen précis des besoins immédiats afin de coordonner l’aide humanitaire d’urgence. M. Jan Egeland est le coordinateur aux Nations-Unies pour mener à bien cette phase délicate. La réhabilitation et la reconstruction des infrastructures constitueront la seconde étape qui nécessitera elle aussi la solidarité de la Communauté internationale. Une période de 5 à 10 ans semble nécessaire selon les observateurs internationaux pour mener à son terme cette seconde phase.

    M. Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies a lancé à Djakarta un appel de fonds consolidé d’un montant de 977 millions de dollars (voir le texte). Ce montant doit permettre d’aider 5 millions de personnes pour une durée de 6 mois. Elle sera répartie de la manière suivante : 229 millions seront engagés pour la nourriture et les besoins agricoles, 122 millions pour les soins médicaux, 61 millions pour l’eau et les services sanitaires, 222 millions pour les refuges et autres besoins immédiats et enfin 110 millions pour la reconstruction de l’habitat. Il s’agit ainsi de réagir au plus vite pour éviter une nouvelle catastrophe, sanitaire cette fois. Un autre appel sera fait pour les besoins de reconstruction dans le futur. Lors de la Déclaration adoptée à Jakarta, il a été admis qu’un Représentant spécial des Nations Unies devait être nommé pour renforcer la coordination et la coopération des opérations humanitaires. L'ONU qui assurera la coordination de l'ensemble des secours, y compris ceux apportés par les Etats-Unis, a d'ailleurs annoncé l'ouverture d'un « centre de gestion de la catastrophe » à Banda Aceh en Indonésie. Les Nations Unies s’accordent avec les Institutions financières internationales pour que les programmes d’aide existants et les projets initiés dans les pays sinistrés soient réadaptés.

    La Banque Mondiale s’est elle aussi attachée à établir un premier bilan de cette catastrophe et a dépêché une équipe d’experts sur place. Une somme de 250 millions de dollars a dores et déjà été débloquée et sera immédiatement disponible. Il s’agit en effet d’adapter les programmes d’aides déjà existants et d’allouer les sommes nécessaires dans les secteurs les plus nécessiteux. Ainsi, la Banque Mondiale a la volonté de mettre au point un plan de reconstruction dans le cadre du Projet de développement de Kecamatan, Indonésie. Le premier projet a été adopté en 1998 et la Banque Mondiale finance aujourd’hui le troisième projet. Il était destiné à la réduction de la pauvreté et à l’établissement des institutions au niveau local. La Banque Mondiale envisage également d’adapter les projets d’aides déjà existants au Sri Lanka pour libérer des ressources pour les médicaments, les pompes ainsi que les purificateurs d’eau. La Banque Mondiale travaille en étroite collaboration avec la Banque Asiatique de Développement pour coordonner aux mieux ses opérations et être ainsi plus efficace.

    Le Président de la Commission européenne, M. José Manuel Barroso a également énoncé le plan d’action d’aide de l’Union européenne. Une somme de 3 millions d’euros a déjà été allouée à la Croix Rouge, somme à laquelle devrait s’ajouter 20 millions d’euros dans les jours à venir. Une aide financière de 100 millions d’euros sera proposée au titre des besoins humanitaires au Parlement européen. M. Barroso a également indiqué lors de son discours à Jakarta qu’il recommande aux Autorités budgétaires de l’Union européenne d’allouer 350 millions d’euros pour la reconstruction. Cette recommandation devra faire l’objet d’une adoption du Parlement européen. Ainsi, l’aide européenne devrait avoisiner 450 millions d’euros qui s’ajouteront à l’élan de solidarité nationale de chaque pays et des citoyens européens.

    Le sommet de Djakarta doit être un vecteur dans la coordination internationale. D’autres propositions ont été avancées émanant des organisations internationales mais également des Etats. La proposition du Ministre des Finances britanniques, M. Brown, d'établir un moratoire immédiat sur le remboursement de la dette des pays touchés a été accueillie favorablement par le G7 mais elle doit encore être acceptée par le Groupe de Paris qui se réunira le 12 janvier. Cela permettrait de desserrer les contraintes liées au remboursement des échéances de la dette extérieure de ces pays (G.A).

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Adoption par l'Assemblée générale du

Rapport du Secrétaire général sur la collaboration avec l'Union africaine

    Le Secrétaire général des Nations Unies avait remis le 30 novembre 2004 son rapport sur la contribution de l’Organisation des Nations Unies à accroître la capacité de l’Union Africaine en matière de déploiement de missions d’appui à la paix.

    Il estime dans ce rapport que l’Organisation des Nations Unies doit fournir un appui sans toutefois s’en remettre uniquement à l’aide régionale ; le principe d’universalité doit être maintenu. En ce qui concerne le rôle concret de l’Organisation, il affirme que " l’ensemble des mesures de soutien de l’Organisation devrait être axé sur la planification et l’appui financier et logistique des opérations lancées par l’Union Africaine ".

    L’Assemblée générale a adopté une résolution pour l’application de ces recommandations sans vote le 21 décembre 2004. Elle prend note du rapport et demande au Secrétaire général d’étudier des mécanismes qui permettent aux Etats membres de participer à la fois au renforcement de l’action préventive et à la consolidation de la paix en Afrique.

    Le 31 décembre 2004 le Secrétaire général se félicitait dans ce domaine de la signature par le Gouvernement du Soudan et par le mouvement populaire de libération du Soudan des deux derniers accords du processus de paix Nord-Sud, intervenu après plus de vingt ans de conflit civil (S.C.)

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Création du Département de sûreté et de sécurité de l'ONU

    L’Assemblée générale a décidé le 23 décembre 2004 de créer le Département de sûreté et de sécurité de l’ONU, sur recommandation de la Cinquième commission. Ce département, qui fera partie du Secrétariat général, sera chargé de veiller aux mesures de protection du personnel des Nations Unies, qui a subi de graves pertes au cours des derniers mois. Sa création avait été préconisée par le rapport du Groupe de hautes personnalités remis au Secrétaire général le 2 décembre 2004 (S.C.).

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L'ONU ouvre au public sa documentation officielle


L'ONU a (enfin) annoncé l'ouverture de son système de diffusion électronique au public, permettant ainsi le libre accès aux documents officiels à l'adresse http://documents.un.org (dépêche).


TPIR
Arrêt de la Chambre d'appel dans l'affaire du Pasteur
Ntakirutimana

    Dans son arrêt du 13 décembre 2004, la Chambre d’appel du Tribunal pénal international pour le Rwanda a confirmé les peines auxquelles avaient été condamnées le Docteur Gérard Ntakirutimana et son père le pasteur Elizaphan Ntakirutimana dans un jugement du 21 février 2003.

    Elizaphan et Gérard Ntakirutimana ont fait partie d’ une escorte d’individus armés qui a attaqué les personnes qui tentaient de se réfugier dans le complexe de Mugonero. De nombreux survivants de cette attaque ont fui dans les environs notamment dans les collines environnantes notamment celles de Bisesero. Entre avril et juillet 1994, un très grand nombre d’individus armés, dont Elizaphan et Gérard Ntakirutimana, se sont rendus dans les collines de Bisesero pour mener des attaques contre les survivants.

    Sur la base des actes d’accusation de Mugonero et Bisesero, la Chambre de première instance avait déclaré le pasteur coupable d’un seul chef de génocide, en vertu de l’article 2 (3) (a) du Statut du Tribunal pénal international pour le Rwanda, pour avoir acheminé les attaquants armés vers le complexe de Mugonero dans son véhicule ( voir le Chef 1A de l’acte d’accusation de Mugonero et le Chef 1 de l’acte d’accusation de Bisesero) tandis que son fils, a vu sa responsabilité pénale individuelle mise en cause pour la mort de Charles Ukobizaba et pour "la fourniture de munitions et de gendarmes". Le pasteur a donc fait l’objet d’une peine de 10 ans de prison pour génocide alors que le docteur a été condamné, pour assassinat constitutif de crime contre l’humanité et pour génocide, à 25 ans de prison.

    Les appelants ont soulevé un moyen d’appel principal faisant état du manque de détails matériels dans les actes d’accusation. Ce manque de précisions les aurait privés d’informations sur les accusations portées contre eux et les aurait empêchés de préparer efficacement leur défense. A cet égard, la Chambre d’ appel a reconnu que l’acte d’accusation de Mugonero ne faisait état ni du nom d’ Ukobizaba ni des circonstances de sa mort. Se référant à l’arrêt Kupreskic, la Chambre d’appel a accordé que l’acte d’accusation en devenait défectueux . Pourtant, elle a estimé que le fait que l’Accusation n’est pas mentionné ces éléments n’empêchait pas Gérard Ntakirutimana de se défendre contre cette charge.( Voir § 21 à 44).

    D’autre part, la Chambre d’Appel a confirmé la déclaration de culpabilité de Gérard Ntakirutimana pour génocide en ce qui concerne les actes commis à Bisesero. Toutefois, elle a estimé qu’une condamnation pour incitation et complicité de génocide aurait été possible en vertu du Statut et de la jurisprudence du Tribunal, à condition de prouver que le défendeur connaissait l’intention génocidaire de l’auteur principal du génocide ( § 501). Ainsi, la Chambre de première instance avait commis une erreur de droit jugeant que le mens rea requis pour constituer les crimes d’incitation et de complicité de génocide exige l’existence de l’intention spéciale de commettre un génocide. Pourtant, la Chambre d’appel n’a pas annulé le verdict de la Chambre de Première instance. En revanche, elle est revenu sur sa condamnation pour l’assassinat constitutif de crime contre l’humanité en vertu du chef n°4 de l’acte d’accusation de Bisesero.

    En outre, la Chambre d’appel estime que Gérard Ntakirutimana a démontré qu’il connaissait l’intention des autres participants aux attaques d’exterminer les réfugiés Tutsis. Son comportement a contribué aux meurtres de masse des collines de Gitwe, Mubuga et au complexe de Mugonero. Gérard Ntakirutimana a donc bien été complice et a incité à l’ extermination des Tutsis se rendant ainsi coupable de crimes contre l’humanité.

    Enfin, la Chambre d’appel a confirmé la culpabilité d’Elizaphan Ntakirutimana pour incitation et complicité de génocide et a estimé qu’il devait être condamné également pour incitation et complicité d’extermination en tant que crime contre l’humanité. Néanmoins, présidée par le juge Theodor Meron, la Chambre d’appel a acquitté Elizaphan en ce qui concerne les événements de Bisesero. En effet, estimant que l’Accusation n’avait pas fourni des informations suffisantes sur les attaques perpetrées en ces lieux, la Chambre a jugé que ce manque d’information a été préjudiciable au pasteur. Cependant, son intention de commettre un génocide demeurant intacte, la Chambre a confirmé la peine de 10 ans d’emprisonnement (A.S).

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TPIY
Arrêt de la Chambre d'appel dans l'affaire Kordic


    17 décembre 2004. La Chambre d’appel du TPIY a rendu un long et complexe arrêt confirmant la culpabilité de Dario Kordic pour avoir planifié et incité à commettre les crimes survenus le 16 avril 1993 à Ahmici et dans les hameaux avoisinants. Accueillant certains motifs d’appel " pour certains lieux ", la Chambre a maintenu sa peine de 25 ans d’emprisonnement. D’autre part, accueillant la plupart des motifs d’appel de Mario Cerkez, la Chambre d’appel a réduit sa peine de 15 à 6 ans d’emprisonnement. Ce dernier a pu être libéré car la nouvelle peine prononcée par la Chambre d’appel est supérieure au temps pendant lequel il a été détenu au Quartier pénitentiaire des Nations Unies (voir l’ordonnance de mise en liberté).

    Dario Kordic, commandant du HVO de rang intermédiaire, a été déclaré coupable en première instance, en vertu des articles 7(1) et 7(3) du Statut du Tribunal pénal international pour l'Ex Yougoslavie ( le Statut), pour avoir planifié, incité à commettre et ordonné plusieurs crimes dont des persécutions.( Pour la liste des crimes, voir l’acte d’accusation). La Chambre de première instance a conclu qu’il avait joué un rôle déterminant, notamment en ordonnant l’attaque contre Ahmici en avril 1993, durant laquelle plus d’une centaine de civils musulmans de Bosnie ont été massacrés.

    Mario Cerkez a été l’un des membres fondateurs du HVO à Vitez et est devenu commandant de la brigade Viteska. Pour les crimes commis à Vitez, Stari Vitez et Veceriska, il a été déclaré coupable de nombreux crime sur la base de l’article 7 (1) et 7 3) du Statut. En revanche, la Chambre de première instance III l’a acquitté des chefs d’accusation retenus contre lui pour les crimes commis à Ahmici.

    Les deux accusés ont avancé que leur droit à un procès équitable inscrit à l’article 21 du Statut a été violé. La Chambre d’appel a conclu que les chefs d’accusation 1 et 2 étaient trop généraux et qu’ils pouvaient, à eux seuls, sérieusement gêner les accusés dans la préparation de leur défense. Néanmoins, elle estime qu’ils doivent être considérés comme des chefs d’accusation qui coiffent les chefs 3 à 44 (Voir " umbrella counts " § 132 à 134 de l’arrêt) lesquels fournissent aux accusés des précisions sur les accusations portées contre eux. Ces précisions permettaient donc aux accusés d’être informés des accusations portées contre eux. Ils étaient donc en mesure de se défendre devant la Chambre de première instance contre celles portées dans le cadre des chefs 1 et 2. La Chambre a par conséquent rejetté le premier moyen d’appel de Kordic et le troisième de Cerkez.

    Les appelants ont tous deux soutenu que c’est à tort que la Chambre de première instance a conclu à l’existence d’un conflit armé international durant la période visée par l’acte d’accusation et les a déclarés coupables d’infractions graves aux Conventions de Genève de 1949 sanctionnées par l’article 2 du Statut. En outre, Kordic affirme qu’il n’y avait pas de conflit armé avant le 15 avril 1993, ce qui exclut toute déclaration de culpabilité fondée sur les articles 3 et 5 du Statut. Se référant à l’arrêt Le procureur contre Dusko Tadic et se conformant à sa jurisprudence antérieure ( notamment l’ arrêt Le procureur contre Zlatko Aleksovski), la Chambre d’appel estime que la Chambre de première instance a raisonnablement appliqué le critère du contrôle global en vertu duquel un conflit armé devient international lorsqu’un État étranger exerce un contrôle global sur les forces armées de l’un des belligérants. (Voir § 299 à 313).

    S’agissant de la responsabilité pénale de Kordic dans le massacre d’Ahmici, la Chambre d’appel conclut que Kordic était présent à une réunion des dirigeants politiques croates de Bosnie le 15 avril 1993 à l’Hôtel Vitez durant laquelle la décision avait été prise de lancer une attaque contre les Musulmans. Au vu des preuves directes et indiciaires, un juge du fait aurait pu raisonnablement conclure que pour Kordic cette attaque contre Ahmici et d’autres villages de la vallée de la Lasva avait pour but de nettoyer ethniquement la région pour des raisons stratégiques. La Chambre d’appel a également estiméqu’il était raisonnable de conclure que Kordic, en tant que responsable politique régional, avait planifié et incité à commettre les crimes survenus le 16 avril 1993 à Ahmici et dans les hameaux avoisinants, Šantici, Pirici et Nadioci. "

    Kordic a soutenu que la Chambre de première instance avait commis une erreur de droit en concluant qu’il avait l’intention requise pour constituer le crime de persécution dont il est accusé. La Chambre d’appel a approuvéles conclusions de la Chambre de première instance selon lesquelles Kordic savait que des attaques généralisées et systématiques étaient lancées contre la population civile, et que ses actes s’inscrivaient dans le cadre de ces attaques". La Chambre d’appel est convaincue qu’il y a eu un plan global d’expulsion des civils musulmans et de destruction de maisons appartenant à des civils et que Kordic a participé à la planification de l’opération militaire et de l’attaque contre Ahmici (et contre d’autres villages de la vallée de la Lasva), visant à " nettoyer " ces régions. Ainsi Kordic était animé de l’intention directe requise pour ces crimes. La Chambre d’appel a donc confirmé la déclaration de culpabilité prononcée à l’encontre de Dario Kordic en vertu du chef d’accusation n°1 relatif aux persécutions( voir l’acte d’accusation modifié) constitutives de crimes contre l’humanité. Certains motifs d’appel soulevés par Dario Kordic ont été accueillis mais que de manière partielle et simplement pour certains lieux. Ainsi, la peine de 25 ans de prison a été maintenue par la Chambre d’appel.

    Bien que Mario Cerkez ait été reconnu coupables de certains crimes, la Chambre de première instance ne l’a pas reconnu responsable pour les faits commis à Ahmici. La Chambre d’appel a reconnu la présence de Mario Cerkez à la deuxième réunion du 15 avril 1993 à l’Hotel Vitez. Toutefois, la Chambre d’appel estime qu’un juge du fait aurait pu raisonnablement conclure que la présence de Mario Cerkez à ladite réunion " n’établissait aucune intention de sa part de commettre un quelconque crime. " (Voir § 725 à 770).

    La Chambre d’appel a jugé que Cerkez  était pénalement responsable de l’emprisonnement et de la détention illégale de civils musulmans de Bosnie au Centre, en vertu de l’article 7(1) du Statut, de l’emprisonnement et de la détention illégale de civils musulmans de Bosnie dans le Cinéma de Vitez et le bâtiment du SDK à Vitez. De plus, cette détention illégale était constitutive de persécutions dans la mesure où seuls des Musulmans de Bosnie étaient détenus, que Mario Cerkez le savait et que c’était pour cette raison qu’ils étaient détenus. Tel que l’a lu le Président Schomburg à l’audience, " en commettant pareils actes en connaissance de cause, Mario Cerkez a manifesté l’intention d’exercer des discriminations systématiques à leur encontre. "

    Toutes les autres déclarations de culpabilité prononcées par la Chambre de première instance contre Mario Cerkez ont été annulées. La Chambre d’appel a également abordé la question de savoir si le même comportement criminel peut être comdamné sur la base de dispositions différentes du statut. La Chambre a rappelé le test " Celebici " en application duquel elle est venue à la conclusion qu’elle acceptera unes condamnation multiple pour le même acte ou omission là où cet acte viole clairement plusieurs dispoditions distinctes du statut. ( Voir §1032 à1034) (A.S).

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La loi sur les ONG au Zimbabwe contestée

    

    Bruxelles, le 22 décembre 2004. Dans une Déclaration, la Présidence de l'Union européenne a fait part de ses inquiétudes sur les conséquences que pourrait avoir la loi sur les ONG  adoptée par le Parlement Zimbabwéen le 9 décembre 2004 à l'égard des ONG au Zimbabwe : " une fois entrée en vigueur, cette loi aura de graves répercussions sur les activités, voire l'existence, de nombreuses ONG locales et étrangères actives au Zimbabwe. " L’Union européenne estime que cette loi n’est pas en conformité avec les principes énoncés dans les Principes et orientations de la Communauté de développement de l'Afrique australe (CDAA). Cette loi serait notamment contraire au principe de la pleine participation des citoyens au processus politique, à celui de la liberté d'association et aux règles en matière de sensibilisation des électeurs.

    Maintenant les dispositions les plus sévères à l’égard des ONG, cette loi a un champ d’application plus large que la " Private Voluntary Organisations Act " de 1967. D’abord, elle donne une définition très large des ONG, ce qui augmente considérablement le nombre d’organisations, nationales ou internationales, qui devront être soumises à une procédure d’enregistrement et de contrôle par l’Etat. Grâce à cette procédure élargie d’enregistrement et à l’établissement du Conseil des ONG, dont les membres sont nommés par le gouvernement ( Voir le point 4 (3) de la loi), ce dernier a le pouvoir de superviser les opérations de toutes les ONG au Zimbabwe. En outre, les ONG zimbabwéennes ne seront pas autorisées à percevoir des financements étrangers pour œuvrer à la défense des droits humains.

    La loi en question contreviendrait également à la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus adoptée en 1999 par l’Assemblée Générale des Nations Unies. D’autre part, cette loi va clairement à l’encontre des résolutions de la Sous-Commission des droits de l’homme (E/CN.4/Sub.2/RES/1998/3, E/CN.4/Sub.2/RES/1999/3 et de la Commission des droits de l’Homme ( E/CN.4/RES/2000/61 et E/CN.4/RES/2004/127 ) relatives à la protection des défenseurs des droits humains dans lesquelles il est demandé à chaque Etat de prendre " les mesures nécessaires (..) pour garantir aux individus, groupes, organisations, associations et organes de la société les conditions voulues pour qu’ils exercent librement leurs activités. "

    Cette loi révèle l’attachement de certains Etats au principe de non-ingérence dans leurs affaires internes et semble bien s'orienter dans une direction opposée aux résolutions de l'Assemblée générale de l'ONU relatives à l'" Assistance humanitaire aux victimes..."(résolutions 43/131 du 8 décembre 1988 et 45/100 (même titre) du 14 décembre 1990 (A.S).

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La République centrafricaine saisit la Cour pénale internationale


    Le gouvernement de Centrafrique a adressé le 6 janvier une lettre au Procureur près la Cour pénale internationale, M. Luis Moreno-Ocampo, déférant à la juridiction internationale les crimes relevant qui auraient été commis sur le territoire de cet Etat après l'entrée en vigueur de la Convention de Rome, le 1er juillet 2002.
    Les services du Procureur mènent actuellement des enquêtes sur le territoire de l'Ouganda et de la République démocratique du Congo qui ont également saisi la CPI (P.W.).


Les participants à la conférence sur les changements climatiques se séparent sans accord

  
    Au terme de deux semaines de discussions, les participants à la 10ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques se sont séparés sans parvenir à conclure un accord sur l'après-2012, se bornant à prévoir l'organisation d'un "échange informel d'informations" à Bonn en mai 2005. Aucun engagement n'est pris sur l'ouverture de nouvelles négociations à l'expiration du Protocole de Kyoto en 2012. Américains et Européens parviennent toutefois à un compromis final sur l'échange d'informations concernant les politiques adoptées pour mettre en oeuvre les engagements actuels, soit la Convention sur les changements climatiques de 1992 dont les Etats-Unis sont partie, et le Protocole de Kyoto de 1997 qu'ils ont refusé de ratifier. La Conférence de Buenos Aires se tenait en marge de la célébration du 10ème anniversaire de l'entrée en vigueur de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques
(CCNUCC) de 1992 et le débat sur l'avenir des négociations climatiques à l'expiration du protocole de Kyoto en 2012.

    Les changements climatiques menacent des millions de personnes : montée de la température, fonte de la calotte glaciaire, inondations, pollutions, c’est sur ce constat alarmant que s’était ouverte la 10ème Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 10) à "La Rural" à Buenos Aires, Argentine, le 6 décembre 2004. A l’ordre du jour de la conférence, était inscrit la réflexion sur les objectifs de réduction des émissions de gaz carbonique pour la période postérieure à 2012 et surtout des discussions sur l’épineuse question des changements climatiques. Ce problème constitue aujourd’hui une préoccupation majeure pour l’humanité toute entière. Les observations des spécialistes du climat renforcent d’avantage ces inquiétudes. Les climatologues prévoient une hausse sensible des températures dans les décennies à venir. Ainsi la France devrait gagner entre 4 et 7 degrés l'été.

    La Conférence mondiale sur les changements climatiques a donné lieu à des discussions au plus haut niveau sur l'avenir des politiques globales de lutte contre le changement climatique.  Les oppositions sont toujours vives au sein de la Communauté Internationale. Les dix pays les plus pollueurs au monde ne veulent toujours pas ratifier le protocole de Kyoto. Le président argentin Nestor Kirchner a notamment accusé les nations les plus riches d'être responsables des phénomènes de changement climatique, dont les pays pauvres sont selon lui les principales victimes. Un rapport présenté lors de la conférence par le Pew Centre et le World Resources Institute montre que les Etats-Unis sont responsables de 21% des émissions de gaz à effet de serre pour l'année  2000, suivis par la Chine à 15%. L'UE (25%) n'a produit cette même année que 14% des émissions, selon les deux instituts de recherche américains. Le président Kirchner a demandé aux pays riches de se soumettre à l'obligation de payer leur dette environnementale, de la même façon que les pays en voie de développement acceptent de payer leurs dettes financières. La Chine a de son côté dénoncé la position des Etats-Unis, reprochant à ceux-ci de n'avoir pas signé le protocole à la Convention sur le climat dit "Protocole de Kyoto" et d'avoir ainsi considérablement réduit la portée de ce texte. Ce protocole engage les pays industrialisés regroupés dans l'annexe B du Protocole (38 pays industrialisés : Etats-Unis, Canada, Japon, pays de l'UE, pays de l’ancien bloc communiste) à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 5, 2% en moyenne d’ici 2012, par rapport au niveau de 1990. Sous la pression d'un groupe de pays conduits par les Etats-Unis, des mécanismes de flexibilité sont créés, permettant à un pays de remplir ses obligations non pas en limitant ses émissions mais en finançant des réductions à l'étranger.  D’un autre côté, on laisse entendre qu’il n’y aura "Pas de nouveaux engagements" pour les pays en développement au sommet sur le climat de Buenos Aires. Les Etats-Unis ont aussitôt appuyé cette position.

    Voir le site du Département d'Etat pour la position des Etats-Unis en ce qui concerne la question du changement climatique. Les mesures internationales ne devraient pas affecter la croissance économique (1) ;  les Etats-Unis ont choisi une voie différente (2) ;  le gouvernement des Etats-Unis ferait face au changement climatique (3). Voir aussi la position de l'Union européenne. (T.C).

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Assemblée générale de l’ONU : résolutions du 22 décembre 2004

pour le développement durable des pays du Sud (AG/10322

    L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une série de résolutions relative au développement durable des pays du Sud dans la perspective des prochaines négociations commerciales de l’OMC. La Commission économique et financière (deuxième Commission) est à l'origine de ces 40 résolutions transmises pour adoption à l’Assemblée, énumérant les moyens d’assurer le développement durable des pays du Sud. Le constat global de l'Assemblée générale est  que l’interdépendance accrue des économies nationales et l’existence de systèmes réglementant les relations économiques internationales limitent de plus en plus la portée des politiques intérieures en matière de commerce, d’investissement ou de développement industriel.

       Les résolutions abordent les thèmes suivants :

  • Renforcement de la coordination de l’aide humanitaire et des secours en cas de catastrophes fournis par les organismes des Nations Unies, y compris l’assistance économique spéciale à certains pays et à certaines régions (résolutions n°A/RES/59/214 à A/RES/59/219 sur la base du projet A/59/479) : assistance au Mozambique, aide humanitaire à la Serbie Monténégro, assistance internationale pour le redressement économique de l’Angola, assistance humanitaire et assistance au relèvement en faveur de l’Ethiopie, aide humanitaire à la Somalie et au soutien du relèvement économique et social du pays, assistance pour le relèvement et la reconstruction du Libéria.

  • Technologies de l’information et des communications au service du développement (résolution n°A/RES/59/220 sur la base du projet A/59/480) : Sommet mondial sur la société de l’information.

  • Questions de politique macroéconomique (résolutions n°A/RES/59/221 à A/RES/59/224 sur la base du projet A/59/481/Add. 1 à 4) : commerce international et le développement, système financier international et développement, crise de la dette extérieure et le développement, résolution sur les produits de base.

  •  Mise en œuvre et suivi des textes issus de la Conférence internationale sur le financement du développement (résolution n°A/RES/59/225 sur la base du projet A/59/482): coopération avec l'OMC.

  • Développement durable (résolutions n°A/RES/59/226 à A/RES/59/238 sur la base du projet A/59/483 et Add. 1 à 8) : mission du PNUE,  Programme d'Action 21, Décennie internationale d'action sur le thème de "L'eau source de vie" (2005-2015),  la stratégie internationale de prévention des catastrophes (recommandation pour l’application des textes issus de la Deuxième Conférence mondiale sur les systèmes d’alerte rapide - Bonn 2003- et la mise en place des plates-formes ou des points de contacts nationaux pour la prévention des catastrophes.

  • Mondialisation et interdépendance (résolutions n°A/RES/59/240 à A/RES/59/243 sur la base du projet A/59/485 et add. 1 à 5) : promotion du développement, action préventive et la lutte contre la corruption et le transfert d’avoirs d’origine illicite et la restitution de ces avoirs aux pays d’origine.

  • Groupes de pays en situation particulière (résolutions n°A/RES/59/244 à A/RES/59/245 sur la base du projet A/59/486 Add. 1 et 2) : résolution relative aux pays les moins avancés

  • Elimination de la pauvreté et autres questions liées au développement (résolutions n°A/RES/59/246 à A/RES/59/249 sur la base du projet A/59/487/Add. 1 à 3) : résolution sur la mise en œuvre de la 1ère Décennie des Nations Unies pour l’élimination de la pauvreté (1997-2006). Il est demandé aux pays développés de contribuer à hauteur de 0,7% de leur produit national brut.

  • Activités opérationnelles de développement (résolution n°A/RES/59/250 sur la base du projet A/59/488 et Add. 1) : résolution sur l’examen triennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies.

  • Souveraineté permanente du peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et de la population arabe dans le Golan syrien sur leurs ressources naturelles (résolution n°A/RES/59/251 sur la base du projet A/59/489) : invitation à la protection des ressources naturelles par la puissance occupante

  • Formation et recherche (résolutions n°A/RES/59/252 à A/RES/59/253 sur la base du projet A/59/490 et Add. 1 et 2): élaboration des programmes et emploi d'experts (G.A., A.R.)




OMC : fin des quotas à l'importation de textile

    En vertu de l’Accord sur les textiles et les vêtements (ATV) de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les restrictions quantitatives sur les importations de textiles et de vêtements établies dans le cadre d'ententes bilatérales avec certains membres de l'OMC ont été abolies le 1er janvier 2005. Comme l’agriculture, les textiles sont l’un des sujets de négociation les plus ardus, à l’OMC et dans l’ancien système du GATT. Ils se trouvent aujourd’hui dans une phase de changement fondamental, qui a été échelonné sur dix ans suivant un calendrier convenu lors du Cycle d’Uruguay. L’instauration des quotas dans le commerce mondial remonte au début des années soixante dix. La mis en place de l’Arrangement multifibres (AMF), communément appelé l'Accord multifibre (AMF) remonte à 1974. C’est ce système qui inaugura le principe des quotas d'importation que les pays occidentaux attribuent aux pays en voie de développement afin de leur garantir des débouchés sur leurs marchés. En 1994, six membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) utilisaient encore ces quotas : les Etats-Unis, le Canada, la Communauté Européenne, la Norvège, la Suède et l'Autriche (depuis entrées dans l'UE). Elles protègent ainsi leurs industries nationales. L’annonce de la fin des quotas d'importation de textiles dans le monde  n’est pas nouvelle. Le processus a débuté en 1995, lors de la négociation à Marrakech de l’Accord de l’OMC sur les textiles et les vêtements (ATV) , qui instaura trois étapes (en 1998, 2002 et 2005) pour aboutir à la suppression des quotas.

    En novembre 1995, Le partenariat euroméditerranéen a été établi par la Déclaration de Barcelone. Il est censé notamment accélérer le développement économique de la zone et va d'abord profiter au textile. En 2002, la moitié des échanges commerciaux des tissus et des vêtements ne sont plus soumis aux quotas. La Chine adhère à l'OMC. Le pays bénéficie rétroactivement de la levée des quotas sur 11 catégories de produits (dont 8 concernent les vêtements) en Europe et de 23 aux Etats-Unis. Le système des contingents d’importation qui a dominé le commerce dans ce secteur depuis le début des années 60 est progressivement supprimé. La fin des quotas dans le textile est donc effective depuis le 1er janvier 2005. La totalité des échanges mondiaux de textile est libéralisée. Cette mesure devrait surtout favoriser l'Inde et la Chine, au détriment des pays les plus pauvres, comme le Bangladesh, qu'elle devait initialement soutenir. Dans ce pays, les industries du textile-habillement emploient 2 millions de personnes directement et 10 millions indirectement. Près de 1 million de personnes pourraient y perdre leur emploi en 2005. Les enjeux qui entourent ce secteur sont innombrables. Alors qu'on s'acheminait inexorablement vers l'expiration de l'Accord sur les Textiles et les vêtements (ATV), la plupart des espaces de négociations semblent offrir des opportunités pour les pays en développement pour poser la question de la nécessité d'un ajustement de leurs économies face aux bouleversements qui seront engendrés par la disparition des quotas. La Chine, l'Inde, Hongkong et le Pakistan ont bloqué, fin novembre, les discussions à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur l'aide à apporter aux pays pauvres après l'expiration des quotas. Plusieurs pays parmi les moins avancés (comme le Bangladesh, le Cambodge ou Madagascar) avaient demandé au secrétariat de l'OMC de préparer une étude sur les conséquences de la fin des quotas sur les petites économies vulnérables. Le projet a été refusé, mais la demande pourrait de nouveau être étudiée dans les mois qui viennent. En Europe on apprenait que sur les Textiles: L’UE se prépare à la suppression, au 1er janvier ... (T.C).

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Accord sur la propriété intellectuelle (ADPIC -OMC) : 

nouvelle étape dans la protection des médicaments brevetés

    Pour certains pays en transition comme l'Inde le délai additionnel pour la mise en conformité de leur législation nationale a expiré au 1er janvier 2005.

    La protection des médicaments brevetés a pendant longtemps été un point de divergence entre pays développés, pays en développement et pays pauvres. Les négociations ont abouti grâce à une décision prise le 30 août 2003. Elle permet aux pays pauvres d’importer plus facilement des produits génériques fabriqués en surmontant les rigueurs de l'article 31 f) de l’accord ADPIC. En effet, cet article prévoit que la production, dans le cadre de licences obligatoires [1], doit être principalement destinée au marché intérieur. En conséquence, il limitait  la capacité des pays qui ne peuvent pas fabriquer des produits pharmaceutiques, d'importer des génériques meilleur marché depuis des pays où les produits pharmaceutiques sont brevetés. La décision du 30 août 2003 permet à tout pays Membre de l'OMC d'exporter des produits pharmaceutiques fabriqués dans le cadre de licences obligatoires aux conditions qu'elle énonce. Il s'agit donc d'une dérogation jusqu'à ce que l'ADPIC soit modifié.

    L'accord ADPIC avait prévu les différentes dates d'entrée en vigueur selon les Etats concernés. L'accord est  entrée en vigueur le 1er janvier 1995 et les pays développés disposaient d'un délai d'un an pour mettre leurs législations et pratiques en conformité avec le texte sur les ADPIC. Les pays en développement et (sous certaines conditions) les pays en transition avaient cinq ans pour le faire, soit jusqu'en 2000. Pour les pays les moins avancés, le délai est de onze ans, et expire en 2006, sauf pour les brevets protégeant les produits pharmaceutiques, pour lesquels il a été prorogé jusqu'en 2016
    Les pays assujettis à la date buttoir de l'an 2000 pouvaient cependant demander un délai additionnel, reportant l'échéance au 1er
  janvier 2005. Parmi les pays producteurs de médicaments génériques (copies de médicaments brevetés),  l'Inde a demandé à bénéficier du délai additionnel, ainsi que d'autres Etats comme le Maroc, le Paraguay ou la Tunisie.(janvier 2005.Aujourd'hui, certains pays émergents, dont l'Inde, troisième fabricant et premier exportateur mondial de médicaments génériques, notamment vers l'Afrique, se sont engagés à partir du 1er janvier 2005 à protéger les médicaments brevetés. Ainsi, les compagnies pharmaceutiques industrielles ne pourront plus copier les nouveaux médicaments sortis depuis 1995 et pour lesquels leurs inventeurs ont déposé une demande de brevet. L’industrie pharmaceutique indienne est  toujours divisée sur la question. Les ONG redoutent que les médicaments à bas prix ne soient plus accessibles à terme pour les pays pauvres (Médecin sans frontières, Act Up). La conciliation des règles de l'OMC concernant la propriété intellectuelle et l'objectif de lutter contre les maladies qui déciment les populations reste toujours fort délicate (G.A.,A.R.).

[1] Les gouvernements peuvent, en vertu de l’Accord, délivrer des “licences obligatoires” autorisant un concurrent à produire le produit ou à utiliser le procédé sous licence. Cette possibilité est cependant assujettie à des conditions visant à sauvegarder les intérêts légitimes du détenteur du brevet.



XXVII sommet du Mercosur
Ouro Preto (Brésil) 17 décembre 2004

    Le nouveau sommet du Mercosur qui s’est tenu à Ouro Preto en décembre 2004 est le reflet du dynamisme des Etats sud Américains pour le développement de leur commerce tant avec les Etats de la région sud américaine qu’avec d’autres partenaires étatiques. Cette volonté économique se double d’une démarche intégrationniste.

    Sur le plan commercial, il ressort des actes du Sommet la notable ouverture du Mercosur à trois Etats, la Colombie, l’Equateur et le Venezuela, qui seront désormais des pays associés ( Anexo II – DEC. CMC n° 42/04). A côté des quatre pays fondateurs du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay réunis par le traité d’Asuncion du 26 mars 1991), les pays associés (Bolivie et Chili en 1996, puis le Pérou en 2003) passeront à six. Le Panama et le Mexique envisagent, quant à eux, d’intégrer dans le futur ce bloc commercial. Ce Sommet aura permis la signature de la Charte d’Ouro Preto II, accord destiné à faciliter les échanges commerciaux entre les pays membres. Pourtant, le Sommet de décembre 2004 s’est ouvert dans une atmosphère pesante suite aux relations tendues entre les deux principaux partenaires, le Brésil et l’Argentine. L’imposition de quotas argentins sur certains produits brésiliens et l’intention de Nestor Kirchner de créer un mécanisme de protection automatique au sein du marché commun, n’auront fait qu’accentuer ces tensions.

    En ce qui concerne les relations commerciales externes, les Etats membres du Mercosur ont signé un accord commercial préférentiel avec l’Inde et les pays d'Afrique australe (Namibie, Botswana, Swaziland et Lesotho). Ils vont également entamer des négociations allant dans le même sens avec l’Egypte et le Maroc.

    Le Sommet d’Ouro Preto traduit une volonté de renforcer  l’intégration des Etats sud Américains : devant l’élargissement du Mercosur, un courant optimiste de l’assemblée osa évoquer l’idée de former un bloc unique régional. Plusieurs associés du Mercosur se sont prononcés en faveur de la formation progressive d'un unique organisme représentant les pays sud Américains, éliminant la superposition de diverses organismes régionaux, ce qui conduirait à long terme à la fusion du Mercosur et de la Communauté andine des nations (Colombie, Equateur, Pérou, Bolivie et Venezuela). La logique d’élargissement du Mercosur doit se comprendre à la lumière de la Déclaration de Cuzco signée à le 8 décembre 2004. Celle-ci annonce la création de la Communauté sud Américaine des nations (CSN), qui réunira les pays du Mercosur et la Communauté andine des nations (Bolivie, Colombie, Pérou et Venezuela), ainsi que le Chili. Certes, cette décision politique devra encore être entérinée par l’adoption d’une Charte constitutionnelle, en avril 2005, à Rio de Janeiro, au Brésil. L'acte officiel de naissance de la CSN, la Déclaration d'Ayacucho, a été signé le 9 décembre 2004 au Pérou. L'ambition est d'unifier politiquement et économiquement l'Amérique du Sud en s'inspirant de la longue marche de l'Union européenne. Sur le modèle de celle-ci, le  développement du marché commun devrait faciliter la réalisation de cette communauté aux   dimensions bien plus larges que simplement économiques; les Etats sud Américains, malgré des difficultés internes et externes, tentent ainsi de promouvoir leur intégration si ce n’est leur unité (G.A.,A.R.).



Création d’une Union douanière en Afrique de l’Est

    L'assemblée législative de la Communauté de l'Afrique de l'Est (Kenya, Ouganda et Tanzanie) a adopté le 16 décembre 2004, à Arusha, Tanzanie, un instrument relatif à la création d'une union douanière "loi" (bill) sur l’Union douanière des pays Est Africains.

    Les efforts de ces Etats pour établir un marché commun ont été le fruit de longues négociations qui se sont accélérées puis formalisées au courant de l’année 2004. En effet, le 2 mars 2004 a été conclu le Protocole sur l’Etablissement d’une Communauté Est africaine, finalisé par la ratification des Etats partenaires et ratifié en décembre 2004. Le Traité pour l’Etablissement de la Communauté Est africaine a été lui rédigé en 1999. Les trois Etats se sont ainsi associés pour créer un marché commun et faciliter les échanges commerciaux transfrontières.

    Ils ont ainsi défini les principes directeurs qui doivent régir cette nouvelle Communauté et se sont largement inspirés des modèles déjà existants, qu’il s’agisse de l’Union européenne ou du Mercosur. Le marché commun ainsi que l’Union douanière ne sont que les premières étapes de cette volonté d’intégration. En effet, il est envisagé d’établir, à partir de 2010, une monnaie unique ainsi qu’une banque régionale. La sphère régionale est devenue une zone d’intégration incontournable, à mi-chemin entre les échanges inter régionaux et la mondialisation actuelle. Il est ainsi nécessaire pour les pays émergents et les pays en voie de développement de se doter de tels mécanismes régionaux pour favoriser le développement de leurs économies.

    Les objectifs inscrits dans le Traité sont ambitieux et doivent permettre de faciliter les échanges entre les pays partenaires. Ainsi, des négociations pourront être ouvertes, deux ans après l’entrée en vigueur du Traité, pour que le Rwanda et le Burundi intègrent la Communauté des pays Est africains. Ce délai de deux ans paraît nécessaire au bon fonctionnement des nouvelles institutions. Il est d’ailleurs prévu une période de transition puisque la réglementation actuelle sera en vigueur jusqu’en février 2005.

    La libéralisation des échanges et la mise en place d'un tarif extérieur commun sont deux des principes fondamentaux de la nouvelle Union douanière. Ces principes doivent améliorer l’efficacité dans la production, accroître les investissements étrangers, tant au niveau national que régionale. Cette intégration régionale doit aussi être bénéfique au développement industriel de l’Afrique de l’Est. Dès le mois de mars prochain, un premier bilan de l’Union douanière sera établi puisque un rapport sera déposé par des experts puis examiné par les pays partenaires.

    L’Union douanière établit, tout d’abord, des tarifs extérieurs communs pour les biens en provenance des pays originaires. Pour cela, une réglementation commune en matière de tarifs douaniers s’appliquera uniformément en Tanzanie, au Kenya et en Ouganda. Les biens ont ainsi été divisés en trois tranches. La première tranche concernant les matières premières fera l’objet d’une taxation zéro. Les produits transformés seront quant à eux taxés à hauteur de 10% et les produits finis à 25 %. Des taux particuliers seront appliqués pour les produits définis comme sensibles tels que le lait, le sucre et le froment.

    En matière de tarifs internes, les pays partenaires ont décidé d’appliquer une tarification zéro pour les échanges effectués dans l’Union douanière. Un régime spécifique pour un nombre limité de biens a toutefois était accordé avec une période de transition de cinq ans. Cela concerne certains biens en provenance du Kenya et à destination de l’Ouganda et de la Tanzanie.

    L’efficacité de la production et la simplification des procédures étant l’un des objectifs énoncés dans le Traité constitutif, un Directoire des Douanes a été créé. Il sera rattaché au Secrétariat de l’Union des pays Est africains. Cette institution aura la charge d’initier les politiques de l’Union douanière ainsi que de coordonner les activités se rattachant au commerce et aux douanes. Les autorités nationales des revenus seront chargées des opérations de douanes quotidiennes (G. A).

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Le Congo (RDC) renoue avec la Communauté financière internationale

    Le Gouvernement de transition de la République Démocratique du Congo(RDC) a effectué d'importants efforts pour dynamiser sa croissance économique et pour diminuer la pauvreté dans le difficile contexte de l'après conflit. Les engagements du gouvernement  congolais ont ainsi permis de conclure plusieurs accords avec les Institutions financières internationales. L'analyse optimiste du Fonds Monétaire international (FMI) sur les progrès du Congo a eu des répercussions notables sur la politique d'institutions telles que la Banque Mondiale, Le Club de Paris ou la Banque Africaine de développement. Cette aide financière favorisera la stabilité de la RDC  et sera un des moyens d'assurer le processus de transition qui préoccupe tout particulièrement le Conseil de sécurité de l'ONU. 

    La RDC a conclu avec le FMI un accord qui se traduit par une aide de 84.4 millions de dollars EU, échelonné sur trois ans (octobre 2004-septembre 2007) . Cet accord marque le réchauffement des relations entre les deux parties puisque la dernière tentative avait été un échec. Depuis 1995, le Congo n'avait pas pu signer d'accords avec cette institution financière internationale pour "mauvaise gestion économique" et "instabilité politique" marquée par des guerres civiles à répétition.

    La Banque Mondiale apporte  son soutien à la RDC en décidant le 7 décembre 2004, d'octroyer un prêt de 30 millions de dollars EU, remboursable sur 40 ans et avec un taux d’intérêt de 0,75%.Cet apport  a pour objectif d'une part d'appuyer les réformes entreprises dans le secteur pétrolier afin de suivre une gestion plus efficace et transparente, d'autre part de renforcer la part des ressources publiques affectées aux  priorités sociales et de croissance, pour pouvoir notamment dynamiser le secteur privé dans le pays.

    Le Club de Paris, groupe informel de gouvernements créanciers des pays industrialisés, a annulé 1,68 milliards de dollars et rééchelonne 1,33 milliards de dollars de la dette de ce pays.

    La Banque Africaine de Développement (BAD): un accord a été signé à Tunis le 14 décembre, entre le groupe de la BAD et le Ministre des finances, de l'économie et du budget du Congo. Il s'agit d'un accord de don pour un montant total de 51,1 millions de dollars EU (33,3 millions d’unités de compte ou 26 milliards de FCFA) pour financer le programme d’apurement des arriérés du pays.  Un accord de prêt du Fonds africain de développement (Fad) relatif au programme d’appui aux réformes, d’un montant de 10,7 millions de dollars EU (7 millions d’UC) a également été signé.

    Il est important pour la RDC de pouvoir bénéficier de ces aides. Selon M. Jean-Marc de la Sablière, représentant de la France, chef de mission des Nations Unies en RDC et au Burundi ayant  pour but d’évaluer l’état d’avancement des processus de transition des deux pays, il est  essentiel que les Congolais (et les Burundais) reçoivent le soutien de la communauté internationale puisque ces pays sont résolument engagés dans une phase nouvelle qui doit conduire à des élections en 2005.  Il est en effet indispensable que les responsables des deux pays puissent prendre les mesures qui s’imposent pour rendre irréversible leur processus de transition, a-t-il encore précisé. Notamment en RDC, les défis restent nombreux avant les élections de juin 2005 :  il s'agit notamment de réformer le secteur de la sécurité (processus de désarmement, de démobilisation, de réinsertion, de réinstallation et de rapatriement [DDRRR] des ex-FAR et des Interahamwés dites forces négatives, intégration des forces armées et de la police), et de progresser dans la reconstruction de l'Etat de droit (adoption de la Constitution et d’autres textes législatifs essentiels et préparatifs techniques des élections).

    Le désir d'établir la paix dans cette zone s'est traduite par l’adoption, lors du Sommet des chefs d’État de la région des Grands Lacs, le 20 novembre 2004, de la Déclaration sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement. Celle-ci contient l’engagement des pays concernés à régler leurs différends de manière pacifique.  Cependant les membres du Conseil de sécurité et les autres délégations qui se sont exprimés lors du communiqué de presse du 8 décembre 2004, se sont montrés préoccupés par un regain de tension entre la RDC et le Rwanda après le Sommet des chefs d’État de la région des Grands Lacs.

    L’ensemble de ces prêts, aides et annulation de la dette en faveur de ce pays doit permettre d’une part, de consolider la paix, de mieux gérer une dette estimée à 8,57 milliards de dollars et, d’autre part de redonner de la crédibilité aux créanciers internationaux (G.A., A.R.).



La chambre criminelle de la cour de cassation

accueille favorablement le pourvoi des détenus français de Guantanamo


    Le 4 janvier 2005 (voir le texte) la Cour de Cassation a cassé un arrêt de la cour d'appel de Lyon qui avait refusé d'examiner la plainte avec constitution de partie civile pour "arrestation illégale et détention arbitraire" de deux des quatre ex-détenus français de Guantanamo (Cuba).
La chambre criminelle de la cour de cassation reproche aux juges de Lyon d'avoir justifié leur décision par le seul examen abstrait de la plainte, sans qu'une enquête préalable
n'ait été conduite.
    Curieusement l'arrêt attaqué avait confirmé le refus d'informer en imaginant un lien entre les faits invoqués par les plaignants, leur capture en Afghanistan et leur détention à Guantanamo par l'armée américaine, et les Nations Unies. Il développait l'idée étrange d'un écran formé par les résolutions du Conseil de Sécurité faisant obstacle à l'application de la loi française. Ces résolutions n'ont évidemment pas eu pour objet de valider la doctrine de la "guerre contre la terreur" en tant qu'elle dispenserait des Etats de respecter leurs obligations internationales dans le domaine des droits de l'homme et du droit humnitaire.
    Dans l'arrêt du 4 janvier la cour de cassation estime que le juge d'instruction devait rechercher si l'arrestation et les conditions de détention, examinées obligatoirement au regard du droit humanitaire et des droits de l'homme, n'entraient pas dans les prévisions du code pénal et ne relevaient pas de la compétence des juridictions françaises en raison de la nationalité des victimes.
    Il convient de rappeler que le décret militaire pris le Président Bush a entendu, vainement, exclure la compétence de toutes les juridictions, nationales, étrangères et internationales en ce qui concerne les captifs de la "guerre contre la terreur". La cour suprême des Etats-Unis a déjà donné tort à l'exécutif américain dans l'affaire Rasul, la cour de cassation de France lui emboîte le pas dans une marche vers la restauration de l'Etat de droit. Que subsisterait-il de l'exemplarité des démocraties si la fin justifiait tous les moyens ? (P.W.).



Premier rapport sur l'application du droit du Mercosur 
par les tribunaux nationaux 
(Etude n° 003/4 du 15 juillet 2004)

    Document du Secrétariat du Mercosur sur l'application du droit du Mercosur par les tribunaux des Etats membres et sur l'application du droit national à travers les mécanismes de coopération juridictionnelle internationale du Mercosur.

    Le Secrétariat du Mercosur a publié une étude relative à l’application dans l’ordre juridique interne des Etats membres du droit du Mercosur. Ce dernier fondé par le Traité d’Asuncion du 26 mars 1991 -[version espagnole] [version anglaise] portant création du marché commun, a été ensuite régulièrement enrichi, notamment par le Protocole d’Ouro Preto du 14 décembre 1994 - [version espagnole] - [version anglaise] sur les aspects institutionnels,  Protocole de Brasilia du 17 décembre 1991 - [version espagnole] [version anglaise] règlement des différends au sein du Mercosur, Protocole de Olivos du 18 février 2002 - [version espagnole]Protocole de Ushuaia du 24 juillet 1998 - [version espagnole] sur le maintien et le respect des normes démocratiques. 

    Ce rapport se base sur les sentences et les décisions judiciaires rendues pendant l'année 2003 par les tribunaux internes des Etats Parties du Mercosur, au cours desquelles il a été fait application de diverses normes du droit du Mercosur. Les juges nationaux constituent en effet la principale autorité dans la hiérarchie des normes édictées par le Conseil du marché commun et dans leur interprétation. L’hypothèse selon laquelle l’interprétation d’une norme communautaire peut différer d’un Etat membre à l’autre se pose ainsi dans les mêmes termes que ceux bien connus du système européen. Il est dès lors essentiel d’harmoniser les normes prises par le Conseil pour faciliter l’interprétation uniforme des textes.

    L’étude réalisée met en exergue un manque d’uniformité observée dans la mise en oeuvre de certains secteurs du droit du Mercosur et souligne la nécessité d’établir une juridiction relative à l’interprétation des normes. A ce titre, le Tribunal Permanent de Révision (Tribunal Permanente de Revisión), créé par le Protocole de Olivos, pourra émettre des opinions consultatives, s’il est saisi par les tribunaux de dernières instances des juridictions nationales (Tribunales Superiores de Justicìa de los Estados Partes).

    Le rapport du Secrétariat du Mercosur se décompose en cinq grands thèmes : la Déclaration des droits sociaux et du travail, la libre circulation des marchandises et des biens, la libre circulation des personnes, la coopération judiciaire internationale et les principes institutionnels du Mercosur. Dans ces différents domaines, il est possible de noter les efforts réalisés au sein des instances normatives du Mercosur pour consolider dans des documents uniques les multiples normes du marché commun, par exemple la décision du Conseil du marché commun n° 18/03 du 15 décembre 2003 - [version espagnole]  sur le régime et les certificats sur les origines ou encore la nomenclature établie pour la classification des produits.  Une nette logique d’unification du droit s’impose au sein du Mercosur pour en faciliter l’application par les Etats membres ainsi que par les ressortissants de ces Etats, notamment les opérateurs commerciaux. Certaines des jurisprudences internes retenues par le rapport souligneront la contradiction des dispositions de droit national adoptées par les gouvernements des Etats membres avec certaines règles de droit du Mercosur . Par exemple, la Chambre Nationale du Travail argentin (Cámara Nacional de Trabajo,"Sabbadini, Mauro c/ Neumaticos Goodyear SRL s/ despido", sentencia n° 55834 expte. N° 6.693/2000 - Etude 003/04, page 11) a déclaré que la Déclaration  des droits sociaux et du travail était hiérarchiquement supérieure aux lois internes en tant que norme dérivée du Traité d’Asuncion  puisque la Constitution argentine reconnaît la valeur supérieure  des traités sur les lois. De même, lors du différend opposant l’Uruguay et le Brésil concernant la prohibition de l’importation de pneumatiques, le Tribunal arbitral ad hoc du Mercosur lui-même a  ordonné la mise en conformité de la législation brésilienne( TAHM, laudo del 9 de enero 2002, Prohibicion de Importacion de NeumaticosRemoldados procedentes del Uruguay, asunto 2/02, BOM n° 20, 2002, p.345 - Etude 003/04, page 68).

    Le rapport cherche donc, à sa manière, à mettre en évidence le principe de primauté du droit commun du Mercosur sur le droit des Etats membres, tout comme le droit communautaire en Europe s’est jurisprudentiellement bâti sur cette base affirmée par la Cour de Justice des Communautés Européennes.