Sentinelle du 27 mars 2005
Philippe WECKEL--Anne RAINAUD--Guillaume AREOU--Sarah CASSELLA--Tidiani COUMA--Gaëlle HOURRIEZ-BOLATRE--Antonella SAMPO     (contacts)

ONU

 

le rapport du

Secrétaire général

     SOMMAIRE

 

 

 

Paix et sécurité internationales

 

 

 

AIEA

 

 

 

 

 

Droit humanitaire  et droits de l'homme

 

 

 

 


Environnement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Droit international économique

 

 

 

 

 

 

Droit international de la mer

     

 

 

 

 

 

 

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Conseil de sécurité

Résolution 1590

Action au Soudan : création de la MINUS

Le Conseil  de sécurité a adopté le 24 mars 2005 une résolution créant la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) (communiqué, dépêche). Reprenant largement les propositions formulées par le Secrétaire général dans son rapport du 31 janvier dernier (S/2005/57) le Conseil s'est prononcé à l'unanimité.

L'ONU met ainsi en place pour une période de 6 mois renouvelables un dispositif impressionnant par ses effectifs d'abord, puisque qu'il devrait comprendre un maximum de 10 000 militaires et de 750 policiers civils, ensuite par l'ampleur des missions et des pouvoirs qui lui sont attribués. MINUS porte mal son nom.

 

1. Mandat de la MINUS

  • La MINUS est présentée par la Résolution comme une force de soutien à la paix. Sa première mission consiste à apporter une aide aux autorités locales dans la mise en oeuvre de l'accord de Naivasha du 31 décembre 2004 conclu entre le gouvernement et les forces rebelles et de l'accord de paix global du 9 février 2005 (voir le texte de l'accord de paix de Nairobi et le texte de l'accord de cessez-le-feu, l'ensemble des accords successifs). Cette tâche comprend une mission d'observation du cessez-le-feu, la coordination de l'action des donateurs, la surveillance de l'activité des forces armées, la promotion de l'accord de paix, la contribution à une participation générale, y compris des femmes, au processus de paix, la formation et la restructuration de la police soudanaise, la promotion de l'Etat de droit, la défense des droits de l'homme, l'assistance électorale.

  • La Mission des Nations Unies est chargée, dans la limite des ses moyens, de la facilitation et de la coordination de l'assistance humanitaire et et de l'aide au retour des réfugiés et personnes déplacées.

  • Elle joue un rôle central dans les activités de déminage.

  • Elle contribue à la promotion des droits de l'homme et coordonne les actions internationales.

2. Mesures relevant du Chapitre VII de la Charte

La Résolution 1590(2005) n'est pas dépourvue d'intérêt au regard de la réflexion sur l'application du Chapitre VII.

  • Le Conseil de Sécurité dote la MINUS de pouvoirs de coercition étendus qui vont bien au delà de la stricte légitime défense de ses militaires. Elle peut intervenir pour "protéger le personnel, les locaux, installations et matériels des Nations Unies, assurer la sécurité et la libre circulation du personnel des Nations Unies, des agents humanitaires, du personnel du mécanisme commun d’évaluation et de la commission du bilan et de l’évaluation, et, sans préjudice de la responsabilité du Gouvernement soudanais, protéger les civils sous menace imminente de violence physique". Le devoir de protection est circonscrit, puisque le Conseil de sécurité précise que  la MINUS est "autorisée à intervenir dans les secteurs où ses forces seront déployées et dans la mesure où elle jugera que ses moyens le lui permettent".

  • Le Conseil décide que l’accord type sur le statut des forces en date du 9 octobre 1990 (A/45/594) est applicable immédiatement à la MINUS à titre transitoire, jusqu'à la conclusion d'un accord avec le gouvernement soudanais. Ce statut prescrit par l'organe du maintien de la paix s'incruste donc dans l'ordre juridique du Soudan sans le concours des autorités de ce pays qui ne pourront mettre fin à cette ingérence qu'en concluant un accord avec le Secrétaire général.

3. Abus sexuels et sexisme

La Résolution comporte un long paragraphe visant la mise en oeuvre de la "tolérance zéro" à l'égard des abus sexuels commis par des membres du personnel de l'ONU. Elle évoque aussi le sexisme et en particulier le recours aux violences à l'encontre des femmes et des filles en tant qu'instrument de guerre.

 

4. Activité de la communauté africaine.

La Résolution 1590 appuie fortement l'action des instances régionales africaines. Le Conseil lance un appel aux Etats membres de l'ONU pour qu'ils apportent une aide à l'Union africaine qui a déployé une force internationale de protection, des forces de police et d’observateurs militaires dans le cadre de la Mission de l'Union africaine au Soudan (voir le rapport au Conseil de paix et de sécurité de l'UA sur la mise en place de la MUAS). L'Union européenne a d'ailleurs participé au financement de cette force au moyen de la facilité de paix. Il salue également les efforts déployés par l'Autorité intergouvernementale pour le Développement (IGAD, structure sous-régionale regroupant Djbouti, l'Erythrée, l'Ethiopie, le Kenya, l'Ouganda et la Somalie). Le Conseil de Sécurité invite la MINUS (ONU) à coordonner étroitement son action avec celle de la MUAS (UA). Il envisage la possibilité d'une assistance apportée  par l'ONU à la mission de l'Union africaine. On note ainsi avec satisfaction que la Résolution 1590 traduit de manière concrète les progrès accomplis dans la gestion régionale des crises africaines.

 

5. Question de la poursuite des responsables des violations graves du droit international humanitaire.

Une attaque a eu lieu (voir la déclaration du Département d'Etat) le 22 mars entre Nyala et Kass (carte) à l'encontre d'un convoi de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID). Elle a fourni l'occasion au Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk, de rappeler la situation très critique de ce pays et l'urgence d'une action internationale vigoureuse (dépêche). Les appels pressants et les constats alarmistes n'ont pas manqué ces dernières semaines. Ainsi le Secrétaire général a dénoncé dans son rapport (S/2005/140) du 4 mars la stagnation de la situation et la mauvaise volonté des parties à l'accord de paix (dépêche). Dans ce contexte d'urgence il aura fallu tout de même près de deux mois au Conseil de Sécurité pour adopter la résolution créant la mission de paix au Soudan. Le retard pris par le Conseil dans ce dossier l'a contraint à prolonger deux fois le mandat de la mission intérimaire d'une semaine (S/1585 et S/1588). Cette difficulté traduit des tensions au sein du Conseil de Sécurité et il faut déplorer une fois de plus les blocages que ces divisions engendrent et l'atteinte qu'elles portent aux intérêt généraux de l'humanité.

Le Conseil est effectivement divisé sur la question des poursuites et du jugement des responsables au Soudan. 9 des 15 membres sont parties au Statut de Rome : les cinq Européens (Danemark, France, Grèce, Roumanie, Royaume-Uni), les deux Africains (Bénin, Tanzanie) et les deux Latino-américains (Argentine et Brésil). Ils disposent donc de la majorité nécessaire à l'adoption d'une résolution en faveur de la saisine de la Cour pénale internationale (CPI). Trois autres membres sont signataires, mais n'ont pas encore ratifié le traité : Japon, Philippines et Russie. Les Etats-Unis sont donc marginalisés et ne devraient pouvoir compter, éventuellement, que sur un soutien de la Chine dans leur opposition à la Cour pénale internationale. Une proposition alternative du Nigéria qui préside l'Union africaine a circulé. Elle tendrait à constituer, dans le cadre de l'Union africaine, une "commission réconciliation et justice" (formule apparemment contradictoire). Elle n'a pas rencontré un soutien significatif. Les Etats-Unis qui ont présenté un projet de résolution prévoyant trois options pour les poursuites (commission de vérité, tribunal ad hoc ou CPI, comparer), semblent favorables à la création d'un tribunal ad hoc qui pourrait avoir son siège en Tanzanie (Arusha) et bénéficierait des structures du TPIR. Ils semblent ainsi répondre à la critique du coût supplémentaire qu'engendrerait la création d'un nouveau tribunal. On doute cependant du réalisme de la proposition américaine, ce pays n'ayant pas les moyens de la concrétiser.

Invoquant l'urgence de l'action, la France a déposé le 23 mars un projet de résolution relatif à la saisine de la Cour pénale internationale. Dans la conférence de presse du 24 mars 2005 le porte parole du Ministère français des affaires étrangères a justifié cette initiative de la manière suivante :

"La CPI a précisément été conçue pour juger les responsables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, comme ceux qui ont été commis au Soudan si l'on se réfère aux conclusions de la Commission d'enquête des Nations unies. La CPI est opérationnelle. Les juges sont en place et le procureur peut agir dès qu'il est saisi. Le Secrétaire général des Nations unies, Mme Louise Arbour et la Commission d'enquête des Nations unies ont tous demandé la saisine de la CPI. Il s'agit de lutter de façon efficace contre l'impunité. Les démarches de réconciliation et de dialogue présentent un intérêt, mais doivent venir en complément de la saisine de la CPI.
 
(...) je ne considère pas qu'il y ait, sur le dossier soudanais, un différend ou un contentieux entre Paris et Washington. Une concertation étroite a été maintenue avec les Etats-Unis, tant à New York qu'entre les capitales. Notre position sur la CPI est partagée par les Etats qui sont parties au statut de Rome. J'ajoute que le projet de résolution que nous avons présenté comporte une clause d'exemption, dans le cas soudanais, pour les nationaux des pays qui ne sont pas parties au statut de Rome. Cette clause vise à prendre en compte les préoccupations américaines".

Offrant la garantie de l'exemption des ressortissants des Etats-Unis, le projet français de résolution a permis l'adoption de la Résolution 1590 sur la MINUS.

La réaction du porte parole du département d'Etat américain, M. Adam Ereli, le 24 mars 2005 ne témoigne pas en apparence d'une hostilité totale à l'égard du projet français. Il rappelle qu'il y a plusieurs propositions sur la table qui méritent d'être discutées et il souligne que les Etats-Unis s'efforceront de construire le pont qui permettra de les joindre.

Il se dit d'ailleurs que le Royaume-Uni et les Etats-Unis présenteraient un projet commun de résolution prévoyant d’étendre le mécanisme d’impunité non seulement à l’opération de maintien de la paix prévue au Soudan, mais aussi à toutes les opérations jusqu’à 2009, date à laquelle se tiendra la conférence de révision du Statut de la CPI (FIDH). Cette proposition pourrait bien être perçue comme une forme de chantage, plutôt déplacée compte tenu de l'enjeu humanitaire de ce dossier.

Les Etats-Unis ont pris de nombreuses initiatives en faveur du règlement de la crise du Darfour et des victimes. Ils ont même joué un rôle pilote dans cette affaire et il est regrettable de voir ce pays troquer un leadership parfaitement justifié et admis contre une posture de gêneur, d'opposant marginalisé, incapable de rassembler même les Etats dont ils sont les plus proches alliés et provoquant la paralysie de l'action collective. Au moins 180 000 personnes sont mortes au cours des 18 derniers mois des conséquences de la guerre du Darfour ! Le sort des groupes de population vulnérables, en particulier les femmes et les filles, demeure très préoccupant. Dans ce contexte, les manoeuvres diplomatiques relatives à la CPI semblent bien éloignées de la réalité.

Il faudra suivre avec une attention particulière la séance du 30 mars prochain au Conseil de Sécurité, en gardant à l'esprit les propositions de réforme formulées par le Secrétaire général de l'ONU (P.W.).

 

Dans sa conférence de presse du 28 mars le représentant du Département d'Etat n'a pas confirmé le projet d'une résolution présentée avec le Royaume-Uni. Par contre les Etats-Unis défendent leur projet de résolution comportant trois options et s'opposent à la saisine de la CPI par le Conseil de Sécurité. Le Conseil de sécurité a adopté le 29, par 12 voix pour et 3 abstentions (l'Algérie, la Chine et la Russie) le second projet de résolution présenté par les Etats-Unis relatif aux sanctions visant les responsables d'atrocités et les personnes qui menacent le processus de paix qui comprennent le gel des actifs et une interdiction de déplacement. Reste en suspend la question des poursuites qui est examinée le 30 au matin.
 

 


 

Conférence Internationale sur l'avenir de l'énergie nucléaire civile,

Paris, 21-22 mars 2005

Le nucléaire civil est une question d'actualité internationale non seulement dans une perspective de coexistence pacifique (non-prolifération, détournement de matières nucléaires à des fins terroristes ...), mais aussi dans sa dimension énergétique (indépendance d'approvisionnements, facteur de développement...). La Conférence de Paris des 21 et 22 mars, "L'énergie nucléaire pour le XXIème siècle", est tout particulièrement ciblée sur ce dernier aspect énergétique. Cependant, cette Conférence de Paris, où l'AIEA a joué un rôle moteur, doit aussi s'analyser à la lumière de la Conférence de Londres qui s'est tenue quelques jours auparavant (16-18 mars 2005), toujours à l'initiative de l'Agence internationale. En effet, lors de la Conférence de Londres, ont été traitées les questions liées aux menaces nucléaires criminelles incluant de façon privilégiée le terrorisme international, ce qui explique la coopération d'Europol, Interpol et l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Le directeur de l'AIEA, Mr. El Baradei (cf. discours du 16 mars) a pu, à cette occasion, synthétiser les moyens de combattre ce fléau : un renforcement de la coopération, basée sur une identification des risques (vol, trafic illicite, attaque d'installations, relâchement de radioactivité dans l'atmosphère dans une intention de nuire) et un plan d'action fondé sur des actions préventives, la détection et une capacité de réponse rapide et coordonnée.
 

Les deux Conférences, celle de Londres sur la "sécurité nucléaire, directions internationales pour l'avenir" et celle de Paris, sont donc à relier puisque la sécurité énergétique via le nucléaire civil, ne peut se concevoir sans la sécurité des installations et des matières nucléaires.

La Conférence de Paris a pour programme (cf. présentation officielle) de "procéder à une réflexion sur le rôle de l'énergie nucléaire et de définir les avantages potentiels (sécurité énergétique, durabilité et protection environnementale renforcée) d'un recours élargi à l'énergie nucléaire pour satisfaire les besoins énergétiques croissants de la planète". Le but poursuivi (cf. conférence de presse de P. Devedjian, ministre délégué à l'Industrie) est surtout "un exercice de réévaluation de la place qui pourrait revenir à cette source d’énergie". Parmi les éléments du dossier de la conférence (cf. document), les grands thèmes suivants ont été abordés :

  • les besoins et les ressources énergétiques mondiaux

  • les besoins énergétiques au 21ème siècle et les stratégies mises en oeuvre par les pays pour les satisfaire,

  • les enjeux environnementaux du 21ème siècle. La question nucléaire doit en effet s'apprécier au regard des considérations environnementales : si certaines jouent favorablement pour nucléaire comme l'illustrent les perturbations climatiques dues aux gaz à effet de serre, d'autres sont fort préoccupantes, liées notamment à la sûreté des installations et au problème de leur vieillissement, à la gestion des déchets nucléaires, spécialement ceux de longue durée au regard du droit des générations futures à un environnement sain;

  • des aspects de "gouvernance" : le rôle des pouvoirs publics en matière de sûreté (choix technologiques et économiques), de sécurité (non-prolifération et protection physique); coopération internationale; acceptation sociale.

La déclaration finale a pu mettre en exergue des points de convergences, à savoir :

  • chaque Etat est libre de déterminer sa politique énergétique, en conformité avec ses obligations internationales,

  • la disponibilité de l'énergie et l'accès à cette dernière en tant que conditions essentielles du développement humain;

  • l’énergie électronucléaire, contributrice potentielle majeure à la satisfaction des besoins énergétiques et au développement mondial au 21ème siècle d’un grand nombre de pays; cependant cette perspective d'ampleur suppose des conditions au développement de l’énergie électronucléaire, notamment : en matière de prévention de la prolifération des armes nucléaires, de sécurité des matières et des installations nucléaires, de sûreté nucléaire (une priorité des Etats qui ont ou développent un programme électronucléaire, devant s'accompagner d'une politique de recherche et développement) et enfin un rôle de promoteur et de contrôleur des usages du nucléaire confirmé pour l'AIEA (utilisation pacifique).

Il est à noter qu'au lendemain de cette Conférence internationale, la France, avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne (la "troïka" européenne, cf. sentinelle n°10), a reçu le 23 mars 2005 une délégation Iranienne pour poursuivre les discussions sur le programme nucléaire de la République islamique et plus particulièrement sur les "garanties objectives" d'un programme pacifique. Les trois Etats européens notent une progression et avec l'Iran restent guidés par l'accord de Paris (novembre 2004) dont ils espèrent le plein aboutissement (cf. communiqué des trois Etats) (A.R.)

 

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CICR

publication d’une importante étude sur le droit international humanitaire coutumier :

ce dernier va plus loin que le droit conventionnel

 

Après plus de huit années de recherches, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a rendu publique une étude sur le droit international humanitaire coutumier applicable aux conflits armés. Le président du CICR, Jakob Kellenberger, à des représentants d'États au cours d'une réunion qui s'est déroulée au siège de l'institution à Genève. En 1995, la Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge avait chargé le CICR de réaliser cette étude. Les recherches ont été menées par des juristes du CICR et des dizaines d'experts représentant des régions et des systèmes juridiques différents ; parmi ces experts figuraient des universitaires et des spécialistes issus de gouvernements et d'organisations internationales. Les chercheurs ont étudié la pratique de l'État dans 47 pays et consulté des sources internationales telles que les Nations Unies, les organisations régionales ainsi que les cours et tribunaux internationaux.

 

Regroupant  161 règles du droit international humanitaire coutumier, l'étude a pour objectif de  renforcer la protection juridique des personnes touchées par un conflit armé ( voir notamment l’arrêt de la CIJ du 27 juin 1986 dans l’affaire des Activités militaires et paramilitaires au Nicaragua)Cette réflexion s’avère particulièrement adaptée aux cas de conflits armés non internationaux, « pour lesquels le droit conventionnel n'est pas suffisamment développé », a déclaré M. Kellenberger. L'étude montre clairement que les règles du droit international humanitaire coutumier applicables en cas de conflit armé non international vont plus loin que celles du droit conventionnel.  Pour illustrer cet argument, le Président du CICR a pris pour exemple le cas Par exemple les attaques menées contre les biens civils qui ne sont pas explicitement prohibées lors de conflits armés non internationaux ( Voir le deuxième Protocole additionnel de 1977 aux Conventions de Genève). Or,  le droit international humanitaire coutumier semble combler cette lacune. Monsieur Kellenberger a insisté sur le fait que « toutes les parties à un conflit – c'est-à-dire pas uniquement les États mais aussi les groupes rebelles, par exemple – sont liées par le droit international humanitaire coutumier applicable aux conflits armés internes.»

 

Cette étude très complète rappelle que tout comme le droit conventionnel, le droit international humanitaire coutumier est une source importante de règles applicables en temps de conflit armé ( sur la définition du droit coutumier, voir l’article 38 du Statut de la Cour internationale de justice et les affaires relatives aux plateaux continentaux dont celle opposant la Jamahiriya arabe libyenne à Malte). Soutenant que le droit international humanitaire coutumier applicable aux conflits armés trouve son origine dans la pratique des États telle qu'elle est exprimée, par exemple, dans les manuels militaires, la législation nationale ou les déclarations officielles, il est reconnu que la règle est considérée comme contraignante en vertu du droit international humanitaire coutumier si elle reflète la pratique étendue, représentative et uniforme d'un État acceptée en tant que droit.    ( voir les entretiens).  (A.S.)

 

 

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TPIY

 

génocide de Sbrebrenica

reddition et transfert de l’ancien général serbo-bosniaque Vinko Pandurevic

 

  Le 20 mars, le Gouvernement serbe a confirmé à Belgrade la reddition de l’ancien général Vinko Pandurevic  recherché par le Tribunal pénal international pour l’Ex Yougoslavie. Ce dernier avait annoncé sa reddition à la suite d’un entretien avec le Ministre serbe de la Justice Zoran Stojkovic. En se rendant volontairement, l’ancien général a déclaré qu’il souhaitait «  aider son peuple de cette manière ». Vinko Pandurevic s’est rendu le 23 mars au Centre de détention des Nations Unies à La Haye (voir le communiqué).           

Lorsque le conflit a débuté en Bosnie-herzégovine, Pandurevic a successivement été nommé commandant des forces du corps de l’armée de la Republika Srpska ( VRS) à Visegrad et commandant de la Brigade de Zvornik. Des unités appartenant à cette brigade ont participé aux attaques contre l’enclave de Srebrenica et  des postes d’observation occupés par des soldats néerlandais sous mandat onusien. La brigade sous le contrôle de Pandurevic a ultérieurement participé aux violents combats qui opposaient les forces serbes à la colonne de bosniaques musulmans qui se retirait de l’enclave pour se diriger vers Tuzla. Entre le 11 et le 18 juillet 1995, les forces de la VRS sous le commandement de Ratko Mladic, Radislav Krstic et Vinko Pandurevic ont chassé ou tué la plupart des membres de la population bosniaque musulmane de l’enclave de Srebrenica soit plus de 7000 personnes continuant ainsi la campagne de nettoyage ethnique qui avait commencé durant le printemps 1992.

L’ancien général a été inculpé le 27 octobre 1999, l’acte d’accusation étant resté confidentiel jusqu’en 2001. Vinko Pandurevic qui devra répondre de huit chefs d’accusation est poursuivi pour génocide, crimes contre l’humanité et violations des lois et coutumes de la guerre essentiellement à l’encontre des bosniaques musulmans de l’enclave de Srebrenica et ses alentours. L’accusation estime que Pandurevic a engagé sa responsabilité pénale individuelle en vertu de l’article 7 (1) du Statut du Tribunal pour avoir « commis, planifié, incité, ordonné », en d’autres termes, d’avoir aidé et encouragé la planification, la préparation et l’exécution des crimes auxquels il fait référence aux articles 2 à 5 du Statut du Tribunal.

Durant l’attaque de Srebrenica par la VRS et les exécutions qui ont suivi, Vinko Pandurevic occupait le rang de Lieutenant colonel au commandement de la Brigade de Zvornik. A ce titre, il était responsable de la planification et de la direction des activités de toutes les formations subordonnées à cette brigade en application des directives reçues de la hiérarchie. Ainsi, Vinko Pandurevic aurait engagé sa responsabilité pénale en tant que supérieur hiérarchique en application de l’article 7 (3) du Statut du Tribunal pour les actes commis par ses subordonnés s’il savait ou avait des raisons de savoir que ses subordonnées étaient sur le point de commettre de tels actes ou les avaient déjà commis et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires et raisonnables pour prévenir la commission de tels actes ou pour punir les auteurs des crimes.

Depuis le début de l’année la liste des redditions et transferts au Tribunal de La Haye continue de s’allonger. Ainsi, six autres Serbes de Bosnie - Savo Todovic, Mico Stanisic, Milan Gvero, Radivoje Miletic, Gojko Jankovic et Drago Nikolic - inculpés pour leur rôle dans la guerre de Bosnie (1992-1995) se sont rendus au TPI. Dans ce contexte, le Premier Ministre serbe Vojislav Kostunica a annoncé que d’autres personnes inculpées par le TPIY devraient se rendre au Tribunal. Selon lui, cette attitude devrait « augmenter les chances  de la Serbie d’ouvrir les discussions avec l’Union européenne » après un entretien avec le Commissaire à l’élargissement de l’Union européenne, Monsieur Ollie Rehn. Le Premier Ministre serbe a déclaré être optimiste sur l’avenir de la Serbie soutenant que la Serbie connaîtra « des progrès significatifs qui la mèneront à une coopération pleine et entière avec le TPIY ». Comme pour la Croatie mais à un stade moins avancé, l’Union européenne a lancé une étude sur la possibilité d’ouvrir des discussions sur un « Accord de stabilisation et d’association » avec la Serbie qui conduirait à l’établissement de liens plus étroits au niveau politique et économique entre Bruxelles et Belgrade et représenterait le premier pas vers des discussions plus approfondies sur l’éventuelle entrée de la Serbie dans l’Union européenne. (A.S.)

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TPIY

génocide de Srebrenica

Drago Nikolic se rend au Centre de détention des Nations Unies  à La Haye

    Le 17 mars, Drago Nikolic a été  transféré au Tribunal pénal international pour l’Ex Yougoslavie. Confirmé le 6 septembre 2002 par le Juge Wolfgang Schomburg, l’acte d’accusation dressé à son encontre n’a été rendu public qu’au mois d’octobre de la même année. Durant l’attaque de Srebrenica, Drago Nikolic était second lieutenant et a servi en tant que chef de la Sécurité de l’Armée bosniaque serbe (VRS) de la brigade de Zvornik. Durant les jours qui ont suivi  les attaques contre Srebrenica, les forces de la VRS ont capturé, détenu, sommairement exécuté et enterré plus de 7000 hommes et garçons bosniaques musulmans de l’enclave de Srebrenica et procédé au transfert forcé des femmes et enfants en dehors de cette enclave.

      D’après l’acte d’accusation, Drago Nikolic aurait « commis, planifié, incité, ordonné », ou « aidé et encouragé » la planification, préparation et exécution des crimes allégués. En outre, Drago Nikolic aurait fait partie d’une entreprise criminelle commune qui aurait compris les  officiers et unités des autres brigades de la VRS et du Ministère de l’Intérieur (« MUP ») dont le but poursuivi était : de transférer de force les femmes et les enfants de l’enclave de Srebrenica vers Kladanj le 12 et le 13 juillet 1995 ; de capturer, détenir, exécuter sommairement, brûler et enterrer des milliers de garçons et hommes bosniaques de confession musulmane entre le 12 et le 19 juillet 1995. Drago Nikolic est donc poursuivi pour avoir en gagé sa responsabilité pénale individuelle en vertu de l’article 7(1) du Statut du Tribunal et devra répondre de quatre chefs d’accusation dont un pour génocide ou complicité de génocide 5 (article 4 du Statut), trois pour extermination, assassinat, persécutions pour des motifs politiques, raciaux et religieux constitutifs de crimes contre l’humanité ( article 5 ) et d’un chef de violations de lois et coutumes de la guerre ( article 3). (A.S.)

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ONU

clôture de la 49e session de la Commission de la condition de la femme :

l’Assemblée générale appelle à la lutte contre la traite des femmes

Le 11 mars, alors que la 49ème session de la Commission de la condition de la Femme achevait ses travaux, plusieurs textes ont été adoptés dont une résolution exhortant les gouvernements à prendre toutes les mesures nécessaires et appropriées pour éliminer la traite des femmes et une déclaration politique reconnaissant l’existence d’un lien entre le Programme d’action de Beijing et la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. 

 Mettant un terme à sa session de travail, la Commission a adopté sans vote une résolution (E/CN.6/2005/L.3/Rev.1) demandant aux Etats de prendre des mesures concrètes pour éliminer l’exploitation des femmes et fillettes et pour s’attaquer aux causes profondes du trafic à savoir la pauvreté et l’inégalité des sexes et aux facteurs externes tels que mariages et travail forcés notamment en renforçant la législation existante. La résolution demande également d’ériger en crime la traite des personnes sous toutes ses formes, particulièrement pour les femmes et filles, et de prévoir la  poursuite et la sanction des trafiquants et de leurs intermédiaires tout en garantissant la protection et l’assistance aux victimes dans le respect de leurs droits fondamentaux.

Les participants à cette réunion ont dressé un bilan mitigé tout en reconnaissant que de nombreuses lois et mesures juridiques ont été adoptées dans le monde entier et que des améliorations ont été enregistrées dans l'accès des femmes et fillettes aux soins de santé et à l'éducation.  Toutefois, de nouveaux défis sont apparus comme l'incidence extrême de la pandémie du VIH/sida (voir la résolution E/CN.6/2005/L.2/Rev.1 ) sur les femmes, la féminisation de la pauvreté et la traite des être humains (voir les dépêches du 28 février 2005 et du 1er mars 2005.) 

Par ailleurs, la Commission avait, au cours de la première semaine de ses travaux, adopté une déclaration politique dans laquelle elle reconnaissait le lien entre le Programme d'action de Beijing et la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW). A cet égard, l'amendement des Etats-Unis visant à éliminer les références au Comité sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), avait été rejeté par un vote de 37 voix contre 6 abstentions. (A.S.)

 

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Intégration des mesures de lutte contre le changement climatique

dans l'aide internationale au développement

 

A la fin des travaux de la réunion qui s’est tenue en Angleterre du 17 au 18 mars , les ministres de l'Environnement et du Développement du G8, ont souligné la nécessité de rendre cohérentes les politiques d'aide publique au développement et la lutte contre le changement climatique. Ils soulignent la nature "très variable, complexe et dans quelques régions éprouvante" du climat africain.

Ils s'engagent à "intégrer les mesures visant à combattre les impacts du changement climatique dans l'aide internationale au développement". Ils promettent par ailleurs d'"aider les africains à mieux comprendre et gérer le risque climatique en renforçant ses capacités scientifiques et techniques".

Un rapport du gouvernement britannique sur le changement climatique en Afrique, qui a servi de base à la discussion, avait mis en évidence le manque de stations météo dans les pays pauvres du continent. 1.152 stations africaines sont rattachées au réseau de l'Organisation météorologique mondiale (OMM-WMO), soit une pour 26.000 km2 et huit fois moins que le minimum jugé indispensable par l'OMM, indiquait-il. L'Afrique centrale, observait-il, n'est pratiquement pas couverte "et très peu de choses sont connues sur le bassin du Congo" alors qu'il "joue un rôle clé pour le système climatique mondial".(TC)

 

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Le G8 ne parvient pas à un consensus

en faveur d’un traité sur le commerce illégal de bois tropical

 

Les ministres de l'Environnement et du Développement, qui se réunissaient pour la première fois ensemble dans le cadre du G8 ont achevé leurs travaux le 18 mars 2005.

Le G8 réunit les pays les plus industrialisés de la planète (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Japon, Canada, Russie, Allemagne, France, Italie).

           Au terme de ce sommet, qui s'est déroulé près de Derby (centre de l'Angleterre), les membres du
G8 se sont engagés à prendre des mesures à l'échelle nationale pour combattre le commerce illégal du bois, "compatibles avec les règles de l'OMC.

            "Nous nous engageons à prendre différentes actions" pour lutter contre le commerce illégal du bois, "chaque pays agissant là où il peut fournir la contribution la plus effective", indique le communiqué de presse publié après la réunion.

              Par ailleurs les ministres de l'Environnement et du Développement des 8 pays les plus industrialisés ont déclaré, qu’ils agiront chacun dans son propre pays et qu’ils
 prendront  des mesures pour stopper les importations et la commercialisation du bois abattu illégalement, par exemple (...) en concluant des accords commerciaux bilatéraux ou en prenant d'autres dispositions, compatibles avec les règles de l'OMC" (Organisation mondiale du commerce).

              Le communiqué marque un compromis entre les Européens, emmenés par la Grande-Bretagne, qui avaient poussé pour un accord international des pays consommateurs de bois tropicaux en vue de "stopper les importations de bois abattu illégalement", et les Américains qui avaient jugé cette initiative "inacceptable". Selon des sources écologistes, la confrontation sur ce point a prolongé la réunion de plusieurs heures et celle ne s'est achevée qu'en début d'après-midi.(TC)

 

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FAO

Réunions internationales sur les forêts

La réunion ministérielle sur les forêts du 14 mars 2005, immédiatement avant la dix-septième session du Comité des forêts  qui a eu lieu du 15 au 19 mars a été l’occasion d’engager un débat international de haut niveau sur la gestion durable des ressources vitales des forêts mondiales.

Sa proximité avec la session du Comité des forêts permettra à celui-ci d’examiner la manière dont les recommandations des ministres pourraient être mises en œuvre.

Il faut rappeler qu’à la trente-deuxième session de la Conférence de la FAO, qui a eu lieu du 29 novembre au 9 décembre 2003, de nombreux pays membres s’étaient inquiétés des taux toujours élevés de dégradation des forêts et de déboisement, notamment dans les pays tropicaux, ainsi que des répercussions de ces phénomènes sur la sécurité alimentaire, la faim et la pauvreté.

Les Etats membres avaient également déploré les conséquences de la dévastation sur les communautés locales et les dégâts à l’environnement causés par les incendies de forêt dans les pays développés et les pays en développement. À cette même session, la Conférence de la FAO avait demandé au Directeur général de convoquer une réunion de haut niveau, de préférence de niveau ministériel, pour traiter ces questions. A la réunion de Rome les ministres ont débattu des questions d’ Incendies de forêt, tsunami, déforestation et Objectifs du Millénaire.(TC)

 

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Négociations pour la conclusion d’un accord de libre échange

entre les pays andins et les Etats-Unis d’Amérique

 

VIIIème  Réunion (Washington, 14-18 mars 05)

Les pays andins s'étaient d'abord réunis à Quito pour décider d’une position commune dans la série de négociations sur le libre échange avec leur partenaire américain. Les représentants officiels de l’Equateur, du Pérou et de la Colombie se sont rendus à Washington et ce pendant quatre jours pour examiner les questions suivantes : la propriété intellectuelle, les investissements, les règles d’origine, les services, l’agriculture, les finances, le textile, les télécommunications et le commerce électronique.

En matière de droits de propriété intellectuelle, les chefs de délégation ont particulièrement travaillé sur les droits d’auteurs et le droit des marques. Ils avaient abordé lors de la précédente réunion les aspects relatifs aux brevets, aux indications géographiques et aux dessins industriels. Durant cette réunion, le secteur des textiles a occupé une large part dans l’emploi du temps des négociateurs. Il a notamment été question de la réglementation, de l’accès au marché, des règles d’origine ainsi que des mesures de sauvegarde et de la coopération douanière. Cette conférence revêt surtout une importance particulière vis à vis de l’analyse par les avocats de la compatibilité du futur accord de libre échange avec la réglementation de la Communauté Andine des Nations.

Il apparaît cependant nécessaire, compte tenu des questions non encore réglées, qu’une réunion supplémentaire se déroulera au mois de juin en Equateur, après celle prévue en avril à Lima. Les représentants estiment que cet accord ne pourra être satisfaisant pour l’ensemble des parties qu’au terme de ces réunions. M. Hernando José Gómez, chef de la délégation colombienne, est optimiste sur la conclusion de cet accord de libre échange pour le mois de juillet (G.A.).


 

Australie – Emirats Arabes Unis :

début des négociations en vue d'un accord de libre échange

 Il s’agit d’une étape historique pour le Gouvernement australien. Au terme de la 4ème commission ministérielle commune entre les deux pays tenue à Canberra, les Gouvernements de l’Australie et des Emirats Arabes Unis (EAU) se sont accordés pour ouvrir des négociations sur un accord de libre échange.

Aujourd’hui les exportations australiennes vers les EAU sont très diverses et comprennent aussi bien les voitures, la farine, les services professionnels et de construction. Les exportations de biens ont ainsi augmenté de 15 % et les exportations de services de 55%. Ces deux pays, dont l’économie est relativement ouverte, veulent accroître leurs activités commerciales notamment dans les secteurs de l’investissement et du tourisme.

Il s’agit de la première négociation de ce type de l’Australie au Moyen-Orient. Les Emirats Arabes Unis sont une plaque tournante en matière de finance internationale, des services et du transport. C’est également le deuxième marché australien au Moyen-Orient. Il s’agissait dès lors d’un choix évident pour le Gouvernement australien qui veut faire de cet accord un modèle pour de futurs négociations avec d’autres pays de la région du Golfe et du Moyen-Orient. Comme tout accord de libre échange, les négociations porteront sur la réduction des barrières tarifaires et couvriront les biens, les services, les investissements tout en se conformant aux règles et principes de l’OMC. Le Gouvernement australien estime que la conclusion de l’accord de libre échange pourrait intervenir d’ici 2006 (G.A.).


 

Taiwan et le Guatemala ouvrent des négociations

 

en vue de la conclusion d’un accord de libre-échange

 

Le commerce international s’intensifie entre les pays en développement et ne concerne dorénavant plus uniquement les échanges entre pays développés et pays en développement. Ces négociations marquent aussi un renforcement des relations commerciales entre l’Amérique latine et l’Asie.

La première réunion s’est tenue à Taïpei et s’est déroulée sur une période de quatre jours. Le Guatemala était représenté par la Ministre du commerce guatémaltèques Sonia Lainfiesta et Taiwan par le représentant du Bureau du commerce extérieur, Huang Chi-Peng. Les parties se sont inspirés de l’accord de libre-échange conclu par Taiwan avec le Panama. Les négociations ont été qualifiées de fructueuses par les deux parties qui ont abordé entre autres les thèmes suivants : l’accès au marché, les services, les investissements et la coopération. Les deux représentants se sont plus particulièrement préoccupés des questions relatives aux mesures sanitaires et phytosanitaires, l’élimination des barrières tarifaires et des investissements.

Taiwan et le Guatemala ont fixé la prochaine réunion au début du mois d’avril et traiteront les questions relatives à la réglementation douanière, les mesures de sauvegarde et les pratiques anti-concurrentielles (G.A.).


 

 

Etats-Unis/Union européenne :

 

 

Négociations difficiles dans le litige  Airbus/Boeing

 

 Le 11 avril doit être la date butoir pour parvenir à la conclusion d’un accord sur le règlement du litige portant sur les aides publiques relatives aux avions gros porteurs.

De l’aveu même du Commissaire européen au commerce Peter Mandelson, il serait impossible de respecter  cette échéance. Il demande ainsi qu’un climat de confiance soit restauré d’ici cette date pour parvenir à terme à un accord global. Cela confirmerait-il l’opinion du porte-parole du représentant américain au commerce, M. Richard Mills, qui affirme que l’Union européenne a plus cherché à manœuvrer qu’à négocier depuis l’accord du 11 janvier 2005 ?

Les Etats-Unis reprochent à l’Union européenne de vouloir changer les termes de l’accord en introduisant dans la négociation deux éléments annexes non inclus dans l’accord initial : le soutien financier du Japon au lancement du futur 787 de Boeing et le problème FSC (Foreign Sales Corporation). Il s’agit d’un mécanisme de soutien aux exportateurs américains dont Boeing est un des principaux bénéficiaires. Cette affirmation serait infondée puisque le commissaire européen au commerce a affirmé que l’Union européenne n’avait en aucun cas eu l’intention de modifier les termes de l’accord finalisé en janvier. Ainsi, il semble que malgré des tensions apparentes, les deux parties veulent aller au terme des négociations, puisqu’elles ont affirmé par leurs représentants respectifs leur volonté de les poursuivre, mais elles ont également affiché leur détermination, en cas d'échec, à agir devant l'OMC (ORD). (G.A.).

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L’OMPI et la CEPALC examinent

 

leur programme de travail commun

   Le Directeur général de l’OMPI, M. Kamil Idris et le secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), M. Jose Luis Machinea, se sont regroupés pour discuter des moyens de placer la propriété intellectuelle au cœur du développement économique de la région. La CEPALC est une des cinq commissions régionales de l’ONU et regroupe tous les Etats d’Amérique latine et des Caraïbes ainsi que certains pays d’Amérique du Nord et européens. La collaboration entre les deux parties est fructueuse puisqu’un accord de coopération a été conclu entre les deux parties en avril 2004.

  L’objectif de cet accord est tout d’abord de réaliser un travail de recherche et ensuite d’élaborer des méthodologies et des principes directeurs aux niveaux national, sous-régional et régional. Il vise en particulier les domaines où les questions de propriété intellectuelle ont une incidence directe sur le développement économique. Au terme de leur réunion, MM. Idris et  Machinea ont décidé de créer un cours de formation sur la propriété intellectuelle pour les responsables des secteurs technologiques, axé sur la protection des actifs intangibles, l’évaluation des droits de propriété intellectuelle, l’intégration de la propriété intellectuelle dans les stratégies commerciales et enfin dans la gestion des droits de propriété intellectuelle. Il est en effet nécessaire d’associer la propriété intellectuelle au développement. Cet objectif s’inscrit dans la mission attribuée à la CEPALC qui est de contribuer au développement économique et social de l’Amérique latine, de coordonner les actions et de renforcer les relations économiques entre ces pays et leurs partenaires (G.A.).


Différend sur les Îles Senkaku/Diaoyu (Mer de Chine orientale)

la Chine proteste contre l'intégration d'un phare au domaine de l'Etat japonais

 

Le porte-parole du  ministère des affaires étrangères chinois a annoncé  le 24 mars que son pays s'opposait fermement à toutes  les actions unilatérales entreprises par les autorités japonaises et qui visent les îles Diaoyu.

Les îles Diaoyu (Senkaku en japonais), inhabitées et possédant un gisement pétrolier, sont situées dans la mer de Chine orientale, entre Taiwan et l'île japonaise d'Okinawa. C'est en 1895 que le Japon avait annoncé que les îles lui appartenaient, alors que la Chine considère qu'elles font partie de son territoire.

Le gouvernement chinois estime que de  telles actions unilatérales sont illégales et non valables et  qu'elles constituent une atteinte grave à l'intégrité  territoriale et à la souveraineté de la Chine. 

La réaction de la Chine a été provoquée par l'annonce du gouvernement japonais selon laquelle Tokyo prendra à sa charge un phare bâti par des nationalistes nippons sur les îles et l'intégrera dans ses biens d'Etat. Des membres du Comité d'action pour la défense des Diaoyu. ont exigé vendredi 18 mars du gouvernement japonais qu'il cesse de porter atteinte à la souveraineté chinoise sur ces îles.

La Chine se préoccupe sérieusement de la question et elle a  fait part de sa position solennelle à la partie japonaise par voie diplomatique. Elle affirme que les l'îles Diaoyu ainsi que ses îles adjacentes feraient partie du  territoire chinois depuis l'antiquité, et la souveraineté de la  Chine sur ces îles serait fondée sur "des preuves incontestables, historiques et légales".

Le Japon observe que l’intérêt de la Chine pour ces îlots inhabités ne s’est manifesté que dans les années 1970, lorsque la question des ressources du plateau continental s’est posée. La Chine n’a jamais protesté auparavant, depuis l'incorporation officielle au territoire nippon en 1895, notamment lorsque le Traité de paix de San Francisco a placé ces terres sous administration américaine et lorsqu‘elles ont été restituées au Japon par le Traité du 17 juin 1971 (T.C.)

 

Obs. La Chine a été un empire développant des relations de suzeraineté avec l'ensemble des entités politiques de la région. Ainsi, l'empereur nippon ("nippon", expression d'origine chinoise, signifie nain) payait tribut à l'empereur de Chine. Dans un tel contexte historique, peut-on parler de "souveraineté" de la Chine sur quelques lointains îlots inhabités qui n'ont présenté aucun intérêt jusqu'à une époque récente ? Le Japon a pris possession des îles Senkaku au moment où s'est s'accomplie sa transformation en une nation moderne organisée en un Etat souverain, l'ère du Meiji qui a coïncidé aussi avec l'effritement de l'empire chinois. Si l'argumentation historique développée par le gouvernement pékinois était admise quelle terre ne serait pas chinoise dans la zone d'influence de l'ancien empire ? (P.W.)

 

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