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la
page hebdomadaire d'informations internationales Société française pour le droit International |
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Sentinelle du 28 août 2005 |
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Philippe WECKEL--Anne RAINAUD--Roland ADJOVI--Guillaume AREOU--Sarah CASSELLA--Tidiani COUMA--Gaëlle HOURRIEZ-BOLATRE--Maya LAIDI--Antonella SAMPO |
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ONU |
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Paix et sécurité internationales |
Conseil de sécurité, Résolution 1617 du 29 juillet 2005, lutte contre Al Quaïda (Prof. P. WECKEL) |
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Environnement |
Cinq Etats signent un accord sur le réchauffement climatique (T. COUMA) |
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Droit humanitaire et droits de l'homme |
CS, Résolution 1612, situation des enfants dans les conflits armés (Prof. P. WECKEL) TPIY, Arrêt de la Chambre d'appel dans l'affaire Babic (A. SAMPO) 67ème session du comité contre la discrimination raciale (A. SAMPO) 57ème session de la sous commission des droits de l'homme (A. SAMPO) CEDH, arrêt du 26 juillet 2005, Siliadin c. France (Prof. P.WECKEL) Projet de création d'une agence européenne des droits fondamentaux (M. LAIDI) |
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Droit international économique |
ALENA, Affaire Certains produits de bois d’œuvre résineux du Canada (G. AREOU) ALENA, Affaire relative au Ciment Gris Portland en provenance du Mexique (AD) (G. AREOU) |
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Droit de la mer |
OMI, entrée en vigueur des règles relatives aux égouts des navires (T. COUMA) Signature d'un accord de pêche entre l'Union européenne et le Maroc (T. COUMA) Protestation de la Corée du Sud au sujet des Îles Dokdo (T. COUMA) |
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Réforme des Nations Unies : impasse sur la réforme du Conseil de sécurité et négociations sur la déclaration finale
A la fin du mois de juillet 2005, il apparaissait assez clairement que les Etats membres trouveraient difficilement un accord sur la réforme du Conseil de sécurité pour le mois de septembre. L'Assemblée générale a en effet tenu le 18 juillet une séance plénière pour débattre d’un nouveau projet de résolution déposé par l'Union africaine (UA), visant à élargir le Conseil de sécurité à 26 membres en ajoutant six sièges permanents et cinq non permanents. Le Ministre des affaires étrangères du Nigeria, M. Oluyemi Adeniji, qui présentait ce projet de résolution, a souligné que la seule chose qui n’est pas négociable pour l’Afrique, est sa prétention à occuper deux sièges permanents au sein du Conseil de sécurité réformé. Selon ce texte, les nouveaux membres permanents auraient les mêmes prérogatives et privilèges que les membres permanents actuels, y compris le droit de veto. L'Afrique considère que tant que les membres permanents actuels disposeront du droit de veto, il serait injuste, déraisonnable, et inacceptable, que les nouveaux membres permanents en soient dépourvus (v. la décision sur la réforme du Conseil de sécurité, adoptée lors du Sommet de l'Union africaine du 4 août à Addis-Abeba). Le blocage résulte toutefois principalement d’un nouveau projet de résolution du 26 juillet du groupe d’Etats « Unis pour le consensus », qui s’oppose essentiellement à la volonté du G4 de mettre au vote son projet de résolution (v. communiqué de presse). Le groupe, formé par 12 Etats et soutenu également par le Pakistan, l'Italie et la Colombie, a défendu en effet une réforme du Conseil de sécurité « plus démocratique », qui prévoit l'élargissement à 25 membres sans nouveau détenteur du droit de veto, chaque groupe régional ayant la charge de décider de la rotation de ses membres élus. Le représentant du Canada, Allan Rock, qui a présenté à l'Assemblée générale le nouveau projet, a déclaré que celui-ci se veut une alternative, moins « extrême », entre celle du G4 et celle de l'Union africaine. Contrairement au G4 qui prône un Conseil de 25 membres dont six nouveaux sièges permanents sans droit de veto avant au moins 15 ans, et à l'UA, le groupe « Unis pour le Consensus » renonce d'emblée à ce « privilège ». Il est proposé un Conseil de sécurité composé des cinq membres permanents actuels et de 20 membres non permanents qui seraient élus pour un mandat de deux ans et seraient immédiatement rééligibles, sur décision de leurs groupes géographiques respectifs. Six sièges iraient au Groupe des États d'Afrique, cinq au Groupe des États d'Asie, quatre à celui des États d'Amérique latine et des Caraïbes, trois au Groupe des États d'Europe occidentale et autres États, et deux au Groupe des États d'Europe orientale. Le texte prévoit que chacun des groupes régionaux pourra modifier l'attribution à ses États Membres des sièges, en fonction des besoins et selon la capacité de certains de ses Membres à œuvrer dans l'intérêt de tous. Le projet de résolution permettrait en outre à chaque région de prévoir des mandats de durée variable dans l'attribution des différents sièges électifs permanents. « La formule du groupe oblige, en outre, le Conseil à rendre des comptes aux États Membres de l'ONU. Le statut permanent est l'exact opposé de la responsabilité puisqu'il transforme le mandat effectif en droit acquis », a conclu Allan Rock. Le groupe « Unis pour le Consensus » a donc adopté une position opposée à la demande du Secrétaire général visant à ce que l'Assemblée générale se prononce sur la question de la réforme du Conseil de sécurité, éventuellement par un vote, avant le Sommet de septembre. Cette position rejoint par contre en partie celle de l'UA qui avait demandé plus de temps pour les négociations. Le processus de dialogue et de consultations doit être relancé entre les tenants des trois différents textes aussi selon le Coordonnateur du projet, Munir Akram, représentant du Pakistan, lequel, craignant qu'un vote n'exacerbe les tensions, a demandé au Président de l'Assemblée générale de déclarer son incompatibilité avec les modalités adoptées pour les préparatifs du Sommet de septembre. Kenzo Oshima, Président du Conseil de sécurité pour le mois d'août et représentant du Japon, a formulé l'espoir, lors d’une conférence de presse du 2 août, que la proposition du G4 rallierait la majorité des Etats Membres, dont les cinq permanents actuels du Conseil de sécurité. Compte tenu des négociations en cours, le G4 a toutefois décidé de renoncer à mettre aux voix son texte à la fin du mois de juillet. Exhortant les Etats Membres à adopter une réforme du Conseil de sécurité « qui n'a que trop tardé », au Sommet mondial 2005, le Secrétaire général a rappelé que la réforme des Nations Unies serait incomplète sans cela et appelé à un accord sur la question sinon en septembre au moins avant décembre. Lors d'un point avec la presse du 11 août, Kofi Annan a rappelé que la vaste majorité des membres de l'Organisation souhaitaient voir aboutir une réforme du Conseil, le débat ne concernant que les choix à faire en ce sens.
La question épineuse de la réforme du Conseil de sécurité ne doit pourtant pas faire oublier l’importance des autres aspects de la réforme des Nations Unies qui sont actuellement débattus. Alors qu’ils présentaient au début du mois d’août une version révisée du projet de déclaration finale du sommet de septembre, les « facilitateurs » (négociateurs nommés par le Président de l’Assemblée générale, Jean Ping) se sont montrés optimistes, bien qu’ils aient indiqué que les négociations achoppaient encore sur plusieurs questions. L'ambassadeur de la Barbade, Christopher Hackett, a présenté les évolutions :
* les termes de la première section intitulée « Valeurs et principes », qui constitue le préambule de la déclaration, ont été rendus plus incisifs et plus clairs ; * dans le domaine du développement, une description plus détaillée des responsabilités des donateurs et des bénéficiaires de l'aide a été introduite ; * dans le domaine du financement du développement, la description des engagements est plus claire, plus proche du consensus de Monterrey, une « incitation plus vive » ayant été lancée à l'égard des participants au cycle de Hong Kong de décembre prochain sur le démantèlement des barrières commerciales ; * des dispositions relatives à la protection de l'environnement, notamment sur le rôle des populations autochtones et la dégradation des terres, ont été insérées ;
Dans d’autres domaines subsistent par contre de larges dissensions :
* la définition sur le terrorisme n'est pas encore acceptée. Le projet de déclaration indique seulement que « la prise pour cible et le meurtre délibéré de civils et de non-combattants ne peut être justifié ou légitimé par aucune cause ou revendication ». En l'état du projet de déclaration, les Etats déclarent que constitue un acte de terrorisme « tout acte commis dans l'intention de causer la mort ou des blessures graves à des civils ou à des non-combattants, lorsque l'objectif de cet acte, par sa nature ou son contexte, est d'intimider une population ou de contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir un acte ou à s'abstenir de le faire ». John Dauth, représentant de l'Australie, a estimé que ces éléments sont insuffisants en vue de conclure la convention globale sur le terrorisme ; * les progrès sont difficiles aussi dans le domaine du désarmement et de la non-prolifération nucléaire. L’initiative lancée par la Norvège et six autres Etats fait encore l'objet d'une étude, même si elle bénéficie déjà d'un soutien de la part d'une quarantaine d'Etats. D’autres, comme les Etats-Unis, continuent d'avoir de fortes réticences à cet égard ; * les débats sur la Commission de consolidation de la paix proposée par le Secrétaire général dans son rapport ont fait des progrès, mais la composition fait encore l'objet de dissensions ; * les questions de la composition et du nombre de membres du Conseil des droits de l'homme, qui est vu comme une priorité par de nombreux Etats posent encore problème ; * la question de la réforme du Secrétariat est également considérée comme primordiale par de nombreux Etats. « Un fossé est encore notable sur le point de la flexibilité de gestion, qui appellera encore des négociations supplémentaires ». Christopher Hackett a précisé qu'un certain nombre d'Etats du G77, ainsi que la Fédération de Russie, estiment que l'Assemblée générale a la responsabilité de la surveillance de l'Organisation et ils ne veulent pas renoncer à cette prérogative.
Par ailleurs, à trois semaines du sommet sur la réforme des Nations Unies, le Secrétaire général a rappelé le 25 août, au terme de sa visite au Niger en proie à une grave crise alimentaire, la nécessité de réformer les organismes des Nations Unies, y compris dans le domaine humanitaire. Lors d’une conférence de presse à Niamey, Kofi Annan a également rappelé aux journalistes qu'il a proposé, pour répondre de manière plus efficace aux crises humanitaires, l'établissement d'un Fonds d'urgence de taille suffisamment raisonnable (environ un milliard de dollars) pour pouvoir agir dans les plus brefs délais, sans attendre le versement des contributions des pays donateurs. Le Secrétaire général avait formulé récemment ces propositions de réforme du système de l'aide humanitaire dans un rapport à l'Assemblée générale intitulé « Renforcement de la coordination de l'aide humanitaire d'urgence fournie par les organismes des Nations Unies ». Les consultations sur toutes ces questions ont repris à la fin du mois d’août, à trois semaines du Sommet de septembre. (S.C.)
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Fin des travaux de la 57e session de la CDI
Réserves aux traités (22-28 juillet) La Commission a terminé l’examen du 10e rapport du Rapporteur spécial, M. Alain Pellet. La CDI a décidé de confier les projets de directives 3.1, 3.1.1, 3.1.2, 3.1.3, 3.1.4 au Comité de rédaction. Elle a également renvoyé au Comité les projets de directives 1.6 et 2.1.8. La CDI souhaiterait également pouvoir recueillir les observations des Etats sur la pratique qui consiste à faire objection à une réserve considérée comme incompatible avec l’objet et le but d’un traité, sans toutefois que l’Etat qui fait objection à cette réserve s’oppose à l’entrée en vigueur du traité entre lui-même et l’auteur de la réserve.
Actes unilatéraux des Etats (28 juillet, 3 et 4 août) Lors de la première partie de la 57e session de ses travaux, la CDI avait constitué un Groupe de travail présidé par M. Alain Pellet afin d’étudier la pratique des Etats et afin d’élaborer des conclusions préliminaires sur cette question. La Commission a pris note du rapport présenté par M. Alain Pellet le 28 juillet. La Commission a examiné et adopté son projet de rapport sur cette question (A/CN.4/L.672, A/CN.4/L.672/Add.1 et A/CN.4/L.672/Add.2). La Commission souhaiterait recevoir des commentaires des Etats en ce qui concerne la révocabilité et la modification des actes unilatéraux.
Fragmentation du droit international : difficultés découlant de la diversification et de l’expansion du droit international (28-29 juillet et 3-4 août) Le Président du Groupe d’étude sur cette question, M. Martti Koskenniemi, a présenté le rapport, qui a donné lieu à une discussion au sein de la Commission. Ses travaux portent sur les thèmes suivants : * le régionalisme dans le contexte de l’étude intitulée « La fonction et la portée de la lex specialis et la question des régimes autonomes »; * l’interprétation des traités à la lumière de « toute règle pertinente de droit international applicable dans les relations entre les parties » (art. 31, par. 3 c), de la Convention de Vienne sur le droit des traités), dans le contexte de l’évolution générale du droit international et des préoccupations de la communauté internationale; * l’application de traités successifs portant sur la même matière (art. 30 de la Convention de Vienne sur le droit des traités); * la modification de traités multilatéraux entre certaines parties seulement (art. 41 de la Convention de Vienne sur le droit des traités); * la hiérarchie des normes en droit international: jus cogens, obligations erga omnes, article 103 de la Charte des Nations Unies, en tant que règles de conflit. Le Groupe de travail prévoit de présenter une étude plus approfondie et des projets de conclusions et de directives lors de la 58e session de la CDI. Celle-ci a également adopté son projet de rapport concernant le sujet de la fragmentation.
Ressources naturelles partagées Les 2 et 3 août la Commission a adopté son projet de rapport et le Président du Groupe de travail, M. Enrique Candioti, a présenté son rapport (A/CN.4/L.681 et A/CN.4/L.681/Corr.1) concernant les eaux souterraines. La Commission a pris note de ce rapport. Le travail de la Commission continuera à porter sur la codification du droit des eaux souterraines transfrontières et la CDI a demandé aux Etats qui ne l’ont pas encore fait de fournir les informations sur la question demandées par le Rapporteur spécial, M. Chusei Yamada.
Effets des conflits armés sur les traités Après l’examen du premier rapport sur la question du Rapporteur spécial, M. Ian Brownlie, lors de la première phase des travaux de la 57e session, la Commission a adopté les 2 et 3 août son projet de rapport.
Responsabilité des organisations internationales Les 2 et 3 août 2005 la Commission a examiné son projet de rapport et adopté les sections A, B, C, le commentaire au Chapitre III (violation d'une obligation internationale), une partie du commentaire de l’article 8 (existence de la violation d'une obligation internationale), et les commentaires des articles 9 (obligation internationale en vigueur à l'égard d'une organisation internationale), 10 (extension dans le temps de la violation d'une obligation internationale), 11 (violation constituée par un fait composite), le Chapitre IV (responsabilité d'une organisation internationale à raison du fait d'un Etat ou d'une autre organisation internationale), les articles 12 (aide ou assistance dans la commission du fait internationalement illicite), 13 (directives et contrôle dans la commission du fait internationalement illicite), 14 (contrainte sur un Etat ou une autre organisation internationale), 15 (décisions, recommandations et autorisations adressées aux Etats membres et organisations internationales membres) et 16 (effet du présent chapitre) (A/CN.4/L.669 et A/CN.4/L.669/Add.1). Le prochain rapport du Rapporteur spécial, M. Giorgio Gaja, concernera la question des circonstances excluant l’illicéité et de la responsabilité des Etats pour les faits internationalement illicites des organisations internationales.
Protection diplomatique Il a été proposé que la théorie des mains propres soit reprise dans un article du projet d’articles sur la protection diplomatique que la CDI a adopté en 2004. La Commission a ainsi adopté le sixième rapport du Rapporteur spécial, M. John Dugard, sur cette question, tel qu’amendé.
Expulsion des étrangers Le 3 août 2005 la Commission a adopté son projet de rapport concernant cette question.
Nouveau sujet de travail de la CDI La Commission a décidé d’inclure parmi ses thèmes de travail celui qui a trait à l’« obligation d’extrader ou de poursuivre (aut dedere aut judicare) et a nommé M. Zdizslaw Galicki comme Rapporteur spécial. (S.C.)
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Conseil de sécurité
Lors de l'adoption, le 21 juillet 2005, de la déclaration présidentielle qui a traduit la réaction à la seconde série d'attentats de Londres (dépêche), la transparence et la clarté sont apparus comme le mot d'ordre général dans le fonctionnement du dispositif complexe mis en place pour lutter contre le terrorisme international (communiqué). La Résolution 1617 adoptée le 29 juillet y répond s'agissant de l'activité du Comité 1267 (lutte contre Al Quaïda et les Talibans) (communiqué). Pour l'essentiel cette décision basée sur le chapitre VII de la Charte a pour objet de préciser la portée de la liste des personnes suspectées d'entretenir des liens avec ces deux organisations que le Comité est chargé de tenir à jour (voir la liste). Le Conseil de Sécurité précise les obligations des Etats à l'égard des personnes et entités figurant sur la liste. Tous les Etats sont tenus d'agir dans l'étendue de leur compétence pour bloquer les ressources économiques de ces personnes ou entités, empêcher le déplacement de ces personnes et la vente ou le transfert d'armes ou de matériels connexes. Le Conseil demande à tous les Etats d'informer par écrit, dans la mesure du possible, les personnes et les entités qui figurent sur la Liste du Comité des mesures prises à leur encontre, des règles suivies par le Comité et, en particulier, des procédures de radiation de la Liste, ainsi que des exceptions prévues par la résolution 1452 (2002), et de leur communiquer, selon qu’il convient, un bref exposé des motifs. Il décide également que le mémoire fourni par un Etat au Comité pour appuyer une proposition d'inscription sur la liste pourra être communiqué, avec son accord, aux autres Etats qui solliciteraient des explications sur la personne ou l'entité concernée. La Résolution 1267 entraîne des conséquences préjudiciables pour de nombreuses personnes physiques ou morales à travers le monde. Elle est obligatoire pour les Etats, mais elle elle ne produit aucun effet direct sur la situation juridique des personnes. Or il ne serait pas conforme aux exigences les plus élémentaires d'une société civilisée dans ce début du XXIème siècle de priver les personnes inscrites sur la liste du Comité 1237 des moyens de contester les accusations dont elles font l'objet et les sanctions prises à leur égard. La clarification opérée par la résolution du 29 juillet 2005 met en évidence que les systèmes juridiques nationaux sont tenus d'assumer les implications du "droit au juge" dans le cadre du mécanisme de sanctions organisé par le Conseil de sécurité. Les mesures affectant le patrimoine et la liberté de déplacement des personnes doivent pouvoir être effectivement et utilement contestées au niveau national, dès lors qu'aucune aucune voie de recours international n'est aménagée (PW).
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Signature d’un accord sur le réchauffement climatique
Les États-Unis, l'Australie, la Chine, l'Inde, le Japon et la Corée du Sud ont signé le 27 juillet dernier un accord contre le réchauffement climatique (voir la déclaration commune). L’accord signé à Vientiane (capitale du Laos) ne fixe aucun objectif chiffré pour la réduction des gaz à effet de serre considérés comme responsables du réchauffement climatique. Il ne prévoit pas non plus de mécanisme de contrôle coercitif pour les pays dont les efforts pour réduire la pollution seraient jugés insuffisants. Pour John Howard, premier ministre australien, l'entente dévoilée, au Laos "démontre l'engagement très fort de l'Australie dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre, en vertu d'un accord qui est juste pour l'Australie, sans éliminer des emplois et pénaliser l'industrie". Selon le Président Bush, ce partenariat, axé sur la recherche de résultats, va permettre aux parties de développer et d'accélérer l'utilisation de technologies énergétiques plus propres et efficaces pour réduire la pollution, assurer la sécurité en matière énergétique et répondre aux préoccupations sur les changements climatiques. Les signataires de l’accord de Vientiane estiment qu’il doit remplacer le protocole de Kyoto, que les Etats-Unis et l'Australie avaient refusé de signer. Même si Jim Connaughton, qui préside le conseil de la Maison Blanche sur la qualité de l'environnement, a précisé que l'accord est appelé"Partenariat Asie-Pacifique pour un développement propre et le climat" et qu'il ne vise pas à remplacer le protocole de Kyoto. Conclu en 1997, et entré en vigueur en février 2005, le protocole de Kyoto vise une réduction mondiale de 5,2 % des émissions de gaz à effet de serre d'une trentaine de pays industrialisés par rapport à 1990. Il expire en 2012. L'une des premières décisions de George W. Bush après son arrivée au pouvoir en janvier 2001 avait été de refuser de s'y rallier. Canberra et Washington reprochent en particulier au protocole de Kyoto, ratifié par 141 pays, de n'imposer d'obligations qu'aux pays industriels, écartant les pays en développement, en particulier l'Inde et la Chine. Quelques jours avant la réunion au sommet du groupe des Huit (G8 2005) en Écosse, le président Bush avait incité les autres États membres de ce groupe à faire porter le débat relatif aux changements climatiques sur les nouvelles technologies susceptibles de réduire les effets néfastes sur l'environnement sans porter atteinte à la croissance économique, au lieu de chercher à imposer des limites sur les émissions de gaz à effet de serre. « Mon espoir - et je pense que c'est également l'espoir de M. Tony Blair - est de laisser de côté le débat sur le protocole de Kyoto et de collaborer sur de nouvelles technologies qui permettront aux États-Unis et à d'autres pays de diversifier leurs sources d'énergie autres que les carburants fossiles afin que l'air soit plus pur et que nous ayons la sécurité économique et nationale qui vient d'une dépendance moindre à l'égard des sources étrangères de pétrole ». En fin John Howard, estime quant à lui que ce pacte climatique serait "supérieur" au protocole de Kyoto. Les organisations de défense de l'environnement ont condamné un accord entre les États-unis, l'Australie et quatre pays d'Asie, le qualifiant de nouveau pacte climatique qui n'impose aucune obligation aux signataires. Le nouvel accord doit être discuté lors d'une rencontre ministérielle internationale prévue en novembre à Adélaïde, dans le sud de l'Australie. (TC)
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Conseil de Sécurité du 26 juillet 2005 : Situation des enfants dans les conflits armés
Le Conseil de sécurité a enfin approuvé le projet de mécanisme de surveillance et de communication de l’information sur les enfants et les conflits armés et a prié le Secrétaire général d'assurer sans délai sa mise en place. Le Conseil avait été dans l'incapacité d'adopter le mécanisme en question en février 2005 (voir), lors de la présentation du rapport du représentant spécial, M. Olara Otunnu, et s'était contenté d'une déclaration présidentielle au contenu limité (S/PRST/2005/8). A vrai dire, la Résolution 1216 clôt une longue période de tergiversations. En effet, le Conseil de sécurité a inscrit à son ordre du jour le point relatif à la situation des enfants et les conflits armés en 1998. Il aura donc fallu deux ans pour réagir au rapport de Graça Machel qui a alerté sur le sort des enfants dans le conflit au Mozambique. Par la suite pas moins de 5 résolutions du Conseil de sécurité ont visé l'enrôlement des enfants dans la guerre. La mise en place du mécanisme de surveillance et de communication avait été demandé par l'organe du maintien de la paix dans la Résolution 1539 (2004). Dès 2002 le rapport du Secrétariat général dressait une "liste noire" des situations critiques au regard du sort des enfants dans la guerre (communiqué). Le rapport de 2005 (S/59/695–S/2005/72) contient une liste de 54 parties correspondant à onze situations de conflit. Le nouveau mécanisme permettra de signaler les violations commises à l'encontre des enfants en nommant leurs auteurs et de communiquer ces informations à toutes les institutions concernés, y compris le Conseil de Sécurité et la Cour pénale internationale (comparer au mécanisme de la lutte contre le terrorisme, supra). Le Conseil annonce son intention d'adopter des sanctions contre les groupes qui persisteraient dans leurs pratiques illicites. Il met également en place un groupe de travail chargé de suivre l'activité du Secrétariat général sur cette question, révélant de cette manière sa détermination. En quelques années la question des enfants dans la guerre a connu une profonde évolution sur le plan juridique avec l'entrée en vigueur du protocole à la Convention sur les droits de l'enfant relatif à l'implication des enfants dans la guerre et celle du Statut de Rome de la CPI qui classe l'enrôlement des enfants dans la liste des crimes de guerre. L'activité du Tribunal spécial pour la Sierra Leone peut également être signalée dans ce sens. Cette question a acquis un caractère central et névralgique comparable à celle de la violence contre les femmes dans les conflits armés. Ainsi la Résolution 1612 confirme la relation entre la pratique des enfants soldats et le développement du trafic des armes légères (PW). |
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TPIY la Chambre d’Appel confirme la peine d’emprisonnement de Milan Babic
Le 13 juillet, la Chambre d’Appel du Tribunal pénal international pour l’Ex Yougoslavie, présidée par la juge Mumba, a prononcé son arrêt dans l’affaire Le procureur contre Milan Babic. Par sa décision à laquelle ont pris part les juges Pocar, Shahabuddeen, Güney et Schomburg, la Cour d’appel a accueilli partiellement, à l'unanimité des Juges, le sixième moyen d'appel soulevé par l'appelant jugeant que « la Chambre de première instance a conclu à tort que le comportement de l'appelant après les persécutions ne pouvait constituer une circonstance atténuante, et ce uniquement parce qu'il n'avait rien fait pour atténuer les souffrances des victimes et que cette même Chambre « a commis une erreur de droit en ne retenant pas comme circonstance atténuante les efforts faits par l'appelant en faveur de la paix. » Cependant la Chambre d'appel a conclu à la majorité, le Juge Mumba étant en désaccord, que tout bien considéré, cette erreur ne pouvait avoir un impact sur la peine. Ainsi, les juges de La Haye ont confirmé la peine d’emprisonnement de 13 ans qui avait été décidée part la Chambre de Première instance dans son jugement du 29 juin 2004. Selon l’acte d’accusation Milan Babic aurait participé à une entreprise criminelle commune qui aurait commencé au plus tard le 1er août 1991 et se serait poursuivie au moins jusqu’en juin 1992. Elle aurait visé à expulser définitivement la majorité de la population croate et des autres populations non serbes d’environ un tiers du territoire de la République de Croatie («Croatie») afin de l’intégrer à un nouvel État dominé par les Serbes, par la commission de crimes contrevenant aux articles 3 et 5 du Statut du Tribunal. Milan Babic a été poursuivi sur le fondement de sa responsabilité pénale individuelle (Article 7 1) du Statut) pour un chef d’accusation de crimes contre l’humanité (Article 5 : persécutions pour des motifs politiques, raciaux et religieux) et quatre chefs d’accusation de violations des lois ou coutumes de la guerre (Article 3 : meurtre, traitements cruels, destruction sans motif de villages ou de dévastation que ne justifient pas les exigences militaires et destruction ou d’endommagement délibéré d’édifices consacrés à l’éducation ou à la religion). Milan Babic a interjeté appel du Jugement portant condamnation rendu par la Chambre de première instance I. Cette affaire concerne des événements survenus en Croatie et dans le cadre desquels l'appelant a participé à une entreprise criminelle commune dont l'objectif était d'expulser à jamais la majorité de la population croate et des autres populations non serbes d'environ un tiers du territoire de la Croatie afin d'y créer un État dominé par les Serbes. Pour ce faire, des crimes contre l'humanité et des violations des lois ou coutumes de la guerre ont été perpétrés. L'entreprise criminelle commune a existé du 1er août 1991 au mois de juin 1992 au moins. Milan Babic y a participé jusqu'au 15 février 1992. Le 12 janvier 2004, Milan Babic et l'accusation ont déposé conjointement un accord sur le plaidoyer et un exposé des faits, par lesquels Milan Babic acceptait de plaider coupable du chef 1 de l'acte d'accusation, chef de persécutions pour des raisons politiques, raciales et religieuses, un crime contre l'humanité sanctionné par l'article 5 h) du Statut du Tribunal, et ce, en tant que complice d'une entreprise criminelle commune. Après avoir examiné l'accord sur le plaidoyer et l'exposé des faits, la Chambre de première instance avait émis des doutes quant à l'exactitude de la qualification juridique donnée à la participation de Milan Babic aux crimes reprochés, qui était celle de complice. Les parties se sont alors rencontrées et sont convenues de déposer un nouvel accord sur le plaidoyer, où il était indiqué que Milan Babic avait participé aux crimes reprochés en tant que coauteur. L'Accusation a recommandé une peine maximale de 11 ans d'emprisonnement. Le 27 janvier 2004, Milan Babic a plaidé coupable du chef 1 de l'Acte d'accusation pour avoir participé en tant que coauteur à une entreprise criminelle commune. Le lendemain, la Chambre de première instance acceptait son plaidoyer de culpabilité de Milan Babic et le déclarait coupable du chef 1 de l'Acte d'accusation. Le 29 juin 2004, la Chambre de première instance condamnait Milan Babic à une peine de 13 ans d'emprisonnement. Dans son premier moyen d'appel, l'appelant a soutenu la Chambre de première instance l’a contraint à plaider coupable en tant que coauteur des crimes allégués dans l'acte d'accusation. Il affirme que la Chambre de première instance a commis des erreurs de fait et de droit et qu'elle a outrepassé ses pouvoirs en refusant d'accepter l'accord sur le plaidoyer initial, par lequel il s'engageait à plaider coupable en tant que complice, et en ne l’autorisant pas, à défaut, à réserver son plaidoyer concernant le crime de persécutions, ce qui aurait permis à la Chambre de se prononcer sur son intention après avoir entendu les exposés des parties lors de l'audience consacrée à la fixation de la peine. A cet égard, la Chambre d’appel a estimé d’une part que « lorsqu'elle a émis des doutes sur la qualification juridique donnée à la responsabilité de Milan Babic, la Chambre de première instance a agi dans les limites de l'article 62 bis du Règlement pour apprécier les faits sur lesquels se fondait le plaidoyer de culpabilité. Le 28 janvier 2004, la Chambre a déclaré Milan Babic coupable, convaincue que son plaidoyer avait été fait délibérément et en connaissance de cause, qu'il n'était pas équivoque et que les faits sur lesquels il reposait étaient suffisants ». D’autre part, la Chambre d’appel a admis que Milan Babic n'avait pas démontré en quoi le rejet de sa demande de réserver son plaidoyer aurait entaché le caractère délibéré du plaidoyer ou la validité de ce dernier en notant que « dans l'accord sur le plaidoyer, Milan Babic a expressément accepté de plaider coupable du chef 1. » Les juges internationaux ont conclu que la Chambre de première instance avait rempli son obligation de s’assurer que l'accord sur le plaidoyer avait été conclu librement et délibérément. Le premier moyen d'appel est donc rejeté. Dans son deuxième moyen d'appel, Milan Babic soutient que la Chambre de première instance a commis des erreurs de droit et de fait en omettant d'exposer ses motifs. La Chambre d’appel a rejeté ce moyen en exposant qu’une « chambre de première instance n'a pas à rendre de conclusions détaillées au sujet de faits admis par les parties ou de faits non litigieux. » Le simple fait de les mentionner indiquerait que la chambre en a accepté la véracité. En l'espèce, les juges ont avancé que « ces faits non litigieux ont été mentionnés dans le Jugement portant condamnation et rien n'indique que la Chambre de première instance en a contesté la véracité. » En outre, la Chambre d'appel a rappelé que les chambres de première instance ne sont pas liées par les accords conclus entre les parties, mais que, néanmoins, dans le contexte particulier d'un jugement portant condamnation rendu à la suite d'un accord sur le plaidoyer, les chambres de première instance doivent prendre dûment en considération les recommandations formulées par les parties et, si elles s'en écartent nettement, en donner les raisons. En l'espèce, la Chambre d’appel a remarqué que les juges du fond ont estimé que « la réquisition par le Procureur d'une peine maximale de 11 ans d'emprisonnement ne satisfaisait pas aux exigences de la justice, compte tenu des principes régissant la fixation de la peine et de la gravité du crime commis par Milan Babic considérée à la lumière des circonstances aggravantes et atténuantes ». Par conséquent, la Chambre de première instance a bien pris en compte les recommandations de l’accusation et a expliqué pour quoi elle ne pouvait les suivre. De plus, s’agissant de savoir si la Chambre de première instance a eu tort de ne pas infliger une peine similaire à celle prononcée à l'encontre de Biljana Plavšic ( voir son profil ), la Chambre d'appel a souligné, à juste titre, que « les peines déjà prononcées par le TPIY et le TPIR ont une valeur de précédent très limitée et qu’elles ne sauraient être invoquées pour contester une conclusion à laquelle une chambre de première instance est parvenue dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire en matière de peine. » Refusant de procéder à une comparaison avec l’affaire Biljana Plavšic, la Chambre d’Appel a rejeté le deuxième moyen d’appel. Estimant que « la Chambre de première instance était en droit de juger que la contribution de Milan Babic à l'entreprise criminelle commune n'était pas aussi limitée que ce que les parties ont laissé entendre », les juges ont également rejeté le troisième moyen d'appel. Les quatrième, cinquième, sixième et dixième moyens d'appel soulevés par Milan Babic, avaient trait à l'appréciation des circonstances atténuantes par la Chambre de première instance. La Chambre d’appel n’a retenu que le sixième qui se fondait sur une erreur de droit et de fait des juges du fond et sur le fait qu’ils auraient outrepassé leurs pouvoirs en refusant d'admettre que son comportement après les faits constituait une circonstance atténuante. Babic a fait valoir « que le passage du Jugement portant condamnation, concernant son comportement après le crime dont il a été déclaré coupable, ne fait pas état des efforts qu'il a faits pour mettre fin aux hostilités, de concert avec Peter Galbraith, ambassadeur des Etats-Unis en Croatie, en plein accord avec le plan de paix Z-4, et pour remédier aux problèmes rencontrés dans les prisons en y engageant un personnel qualifié. » Selon les termes de la Juge Mumba à la lecture de l’arrêt, « la Chambre d'appel est convaincue que l'Appelant a tenté de restaurer la paix après les persécutions et conclut que la Chambre de première instance a commis une erreur de droit en refusant catégoriquement de considérer ces efforts comme une circonstance atténuante, au motif qu'ils n'ont pas directement atténué les souffrances des victimes. Cependant, aux yeux de la Chambre d'appel, cette erreur n'entraîne pas automatiquement une réduction de la peine et vu la gravité du crime dont l'Appelant a été déclaré coupable et les circonstances de l'espèce, la Chambre d'appel conclut, à la majorité, qu'il n'y a pas lieu d'accorder un poids important aux efforts faits par l'Appelant en faveur de la paix. » (A.S)
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ONU 67ème session du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale
Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale a tenu sa soixante-septième session au Palais des Nations, à Genève, du 2 au 19 août 2005. Cette réunion a té l’occasion d’examiner les rapports présentés par le Venezuela (CERD/C/476/Add.4), la Géorgie (CERD/C/461/Add.1), la Zambie (CERD/C/452/Add.6), la Barbade (CERD/C/452/Add.5), la Tanzanie (CERD/C/452/Add.7), l'Islande (CERD/C/476/Add.5) le Turkménistan (CERD/C/441/Add.1) et le Nigéria (CERD/C/476/Add.3). Cette session a été particulièrement chargée car au titre de la «procédure de bilan», applicable aux États parties dont les rapports sont très en retard, le Comité a en outre étudier la mise en œuvre de la Convention au Malawi, aux Seychelles, à Sainte-Lucie et au Mozambique (Voir l’ordre du jour).
Au cours de cette session, le Comité a analysé la prévention de la discrimination raciale et des procédures d'alerte rapide et des mesures d'urgence. Il a d’ailleurs rendu publique une décision sur la situation au Suriname dans laquelle il regrette de n'avoir reçu aucun commentaire relatif à l'élaboration d'un projet de loi de 2004 sur l'exploitation minière, au sujet duquel le Comité avait déjà exprimé sa préoccupation. Il exprime par ailleurs sa profonde préoccupation concernant les allégations selon lesquelles le Suriname allouerait des ressources supplémentaires et infrastructures à des projets qui font peser des menaces graves et irréparables sur les autochtones et les membres de tribus.
Le Comité a également adressé des lettres à l'Ukraine et aux États-Unis dans le cadre de sa procédure d'alerte rapide et de mesures d'urgence, indiquant à ces États parties qu'il avait entamé, à titre préliminaire, l'examen de demandes visant à ce qu'il adopte des mesures s'agissant, respectivement, du peuple autochtone tatar de Crimée et de la situation des Shoshone occidentaux.
Au cours de la présente session, le Comité a en outre adopté une recommandation générale relative à la prévention de la discrimination raciale dans le fonctionnement et l'administration de la justice pénale dans laquelle il demande notamment aux États parties d'éliminer les lois ayant un effet discriminatoire au plan racial, en particulier celles qui visent indirectement certains groupes en pénalisant des actes qui ne peuvent être commis que par des personnes appartenant à ces groupes ou celles qui ne s'appliquent qu'aux non ressortissants, sans motif légitime ou sans respecter le principe de proportionnalité.
Il a par ailleurs adopté une décision qui s'inscrit dans le cadre de la procédure de suivi de la Déclaration sur la prévention du génocide, adoptée à sa précédente session, et qui concerne plus précisément les indicateurs de manifestations systématiques et massives de discrimination raciale. Tenant compte du fait que la discrimination, le mépris ou l'exclusion systématiques se trouvent souvent à l'origine d'un conflit, cette décision viserait à renforcer la capacité du Comité à détecter et à prévenir le plus tôt possible les manifestations de discrimination raciale qui sont susceptibles d'évoluer vers un conflit violent et vers un génocide.
Enfin, Le Comité a adopté des observations finales sur chacun des rapports examinés au cours de la session ( voir les observations finales du Venezuela, Géorgie, Zambie, Barbades, Tanzanie, Islande, Turkménistan et Nigéria). (A.S.)
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ONU 57ème session de la Sous Commission des droits de l’homme
La Sous-Commission de la promotion et de la protection des droits de l'homme, principal organe d'experts de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies, a tenu sa cinquante-septième session du 25 juillet au 12 août 2005 au Palais des Nations à Genève ( voir le communiqué). Dans une déclaration de clôture, le Président de la Sous-Commission, M. Vladimir Kartashkin, a exprimé sa satisfaction pour les travaux réalisés au cours de cette session, qui ont très fructueux puisque elle a adopté 32 résolutions et 10 décisions sur des questions de fond. Face au volume et à la diversité des travaux de la Sous-Commission, seuls quelques aspects seront abordés à titre indicatif ( voir le compte-rendu).
S'agissant des travaux de la Sous-Commission dans le domaine de l'élaboration de normes et de directives, elle a décidé de transmettre à la Commission, pour examen, la version mise à jour du projet de principes sur l'administration de la justice par les tribunaux militaires établie par un de ses membres. À cet égard, elle a en outre demandé au Haut Commissariat aux droits de l'homme d'organiser un deuxième séminaire d'experts, y compris militaires, sur la question de l'administration de la justice par les tribunaux militaires.
La Sous-Commission a aussi approuvé les Principes concernant la restitution des logements et des biens dans le cas des réfugiés et des personnes déplacées, contenus dans le rapport final du Rapporteur spécial sur la question, et a invité les États, les organisations intergouvernementales et les autres acteurs intéressés à les suivre et à les mettre en application.
Les Rapporteurs spéciaux sur la discrimination fondée sur l'emploi ou l'ascendance ont pour leur part été priés de poursuivre la rédaction d'un ensemble de principes et directives pour l'élimination de ce type de discrimination. La Sous-Commission a par ailleurs fait siennes toutes les recommandations contenues dans le rapport du Groupe de travail qu'elle avait créé l'an dernier en le chargeant d'élaborer des principes et directives détaillées concernant la promotion et la protection des droits de l'homme dans la lutte contre le terrorisme, y compris la demande faite à l'une de ses membres pour qu'elle actualise son plan préliminaire de projet de principes.
La Sous-Commission a par ailleurs demandé un rapport final suite à la présentation, par la Rapporteuse spéciale sur la question au cours de la présente session, d'un projet de principes sur la prévention des violations des droits de l'homme commises à l'aide d'armes légères et de petit calibre.
Elle avait également été saisie au cours de la session d'un projet de directives sur la réalisation du droit à l'eau potable et à l'assainissement, soumis par le Rapporteur spécial chargé de la question.
Cet organe des Nations Unies a, entre autres, demandé à plusieurs de ses membres la réalisation d'études portant sur les droits de l'homme et la souveraineté de l'État; sur les circonstances dans lesquelles les civils perdent leur immunité contre les attaques en vertu du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l'homme; sur les mesures destinées à prévenir les violations du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l'homme; sur la question des amnisties, de l'impunité et de la responsabilité en cas de violations du droit international humanitaire et du droit international relatif aux droits de l'homme; sur la justice en période de transition et les mécanismes d'enquête pour la vérité et la réconciliation, l'accent étant mis sur les expériences en Amérique latine; sur les accords économiques bilatéraux et multilatéraux et leur impact sur les droits de l'homme des bénéficiaires; sur le rôle des États dans la protection des droits de l'homme eu égard aux activités des sociétés transnationales et autres entreprises; sur les défis de la participation des femmes dans les politiques et stratégies de lutte contre la pauvreté et l'extrême pauvreté; sur la faisabilité d'une étude des aspects de la prostitution touchant les droits de l'homme; et sur des recommandations visant à améliorer l'efficacité de la Sous-Commission.
Les travaux de la Sous –Commission ont été aussi nombreux que variés mais une résolution en particulier doit être retenue dans un contexte où | |||||||