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page hebdomadaire d'informations internationales Société française pour le droit International |
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Sentinelle du 4 septembre 2005 |
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Philippe WECKEL--Anne RAINAUD--Roland ADJOVI--Guillaume AREOU--Sarah CASSELLA--Tidiani COUMA--Maya LAIDI--Antonella SAMPO |
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Réforme des Nations Unies : tentatives pour faire avancer les négociations en vue du sommet de septembre
La position des Etats-Unis Les Etats-Unis continuent à fonder leur position largement sur le rapport Gingrich-Mitchell de 174 pages demandé en 2004 par le Congrès à un Groupe spécial afin de définir les priorités américaines pour la réforme des Nations Unies. Ce rapport ne présente aucune suggestion en ce qui concerne la réforme du Conseil de sécurité, question entièrement laissée à l’appréciation du gouvernement. Les critiques concernent essentiellement la mauvaise administration de l’ONU et le manque de confiance qui en découle. La proposition du Secrétaire général de l’ONU que le rapport conseille d’adopter au plus vite est celle du remplacement de la Commission des droits de l’homme par un Conseil des droits de l’homme, composé uniquement de « démocraties ». On se souvient en effet des fortes critiques américaines lorsque la présidence de la Commission avait été assurée par la Libye. (v. Sentinelle n° 24). Deux propositions de lois ont été présentées récemment aux Etats-Unis concernant la réforme des Nations Unies ; elles prévoient la possibilité pour cet Etat de ne pas payer sa contribution au budget des NU si certaines réformes ne sont pas mises en œuvre. Après le United Nations Reform Act, adopté le 20 juillet 2005, une autre proposition a été effectuée par des sénateurs. Le UN Réforme Act prévoyait, parmi les réformes demandées, le remplacement de certaines contributions obligatoires par des contributions volontaires, l’établissement d’un organe « éthique » de contrôle de l’action de l’ONU, l’adoption de critères d’éligibilité pour les membres des organes de protection des droits de l’homme… Le texte prévoyait également de nombreux mécanismes qui permettent de s’assurer que ces réformes seront effectivement mises en œuvre. Ceux-ci consistent notamment dans des rétentions des cotisations américaines, à partir de 2008, ou dans l’opposition des Etats-Unis à la création de nouvelles missions de maintien de la paix. Les Etats-Unis ont mis à plusieurs reprises l’accent sur les graves problèmes de corruption à l’intérieur de l’ONU, en faisant notamment allusion au scandale du programme « Pétrole contre nourriture » en Irak. Le Gouvernement s’était déclaré opposé aux dispositions concernant l’arrêt des contributions, car cela ne ferait que nuire aux Etats-Unis et pourrait mettre en péril leur rôle aujourd’hui prépondérant au sein de l’ONU. Le UN Management, Personnel, and Policy Reform Act prévoit par contre que le Président fasse un rapport annuel détaillé au Congrès de l’avancement des réformes de l’ONU et qu’une suspension de la contribution américaine soit décidée chaque fois où l’évolution n’est pas considérée comme suffisante. Ce texte propose trois principes directeurs pour la réforme : la transparence, la responsabilité et le contrôle interne efficace. Cette proposition, moins extrême, a été beaucoup moins critiquée par l’administration Bush. Le Représentant permanent des Etats-Unis à l’ONU, John Bolton, a adressé les 29 et 30 août, ainsi que le 1er septembre, une série de lettres aux autres membres de l’ONU sur différents points de la réforme, afin de présenter de façon détaillée les amendements proposés par les Etats-Unis au projet de déclaration pour le sommet de septembre. Ces lettres concernent les domaines suivants : le développement, le terrorisme, les droits de l’homme, la responsabilité de protéger, l’administration des NU, le désarmement, la non prolifération. Lors d’une conférence de presse du 31 août, la Secrétaire d’Etat américaine adjointe aux affaires liées aux organisations internationales, Kristen Silverberg, a donné des précisions sur ces différents « amendements ». Elle a rappelé les quatre questions à l’ordre du jour du sommet de septembre, qui reprennent essentiellement les divisions du rapport de Kofi Annan « Dans une liberté plus grande : développement, sécurité et droits de l'homme pour tous ». Ø En ce qui concerne les accusations selon lesquelles les Etats-Unis n’appuient pas l’avancement des Objectifs du Millénaire, Mme Silverberg a rappelé que les Etats-Unis contestent seulement certaines suggestions du Secrétariat de l’ONU sur les mesures à adopter pour atteindre ces objectifs. Ils restent par exemple résolument contraires à la ratification du Protocole de Kyoto. Ø Les Etats-Unis insistent également énormément sur les problèmes liés à la Commission des droits de l’homme, trop politisée et qui manque de légitimité à cause de la présence d’Etats qualifiés de « non démocratiques » en son sein. Le Conseil des droits de l’homme devrait être plus restreint et la proposition sur laquelle les Etats-Unis insistent le plus est celle de la définition de critères d’inéligibilité de membres « non appropriés ». Concrètement, les Etats qui font l’objet de sanctions de la part du Conseil de sécurité ou d’enquêtes ne devraient pas pouvoir intégrer le Conseil. Les Etats-Unis souhaiteraient également un vote aux deux-tiers de l’Assemblée générale sur chaque candidature. Ø En ce qui concerne la réforme du Conseil de sécurité, les Etats-Unis rappellent que ce n’est pas leur priorité et que les autres aspects de la réforme de l’ONU devraient être analysés en premier lieu. Ils soutiennent la décision par consensus et pas par un vote. C’est une question qui sera soumise à ratification aux Etats-Unis, qui déclarent que le premier critère pour un élargissement serait celui de l’effectivité. Ici aussi, ils ont présenté une série de critères pour les nouveaux membres, tels que l’engagement dans les activités des NU et la taille de l’Etat ; ils ont rappelé qu’ils soutiennent la candidature du Japon. Ø Les Etats-Unis veulent également s’assurer que le Conseil de sécurité décide toujours en dernier lieu d’intervenir dans certains Etats dans le cadre de la « responsabilité de protéger ». C’est une obligation morale pour les Etats-Unis de maintenir leur leadership dans ce domaine. La réaction de plusieurs ONG à la prise de position américaine ne s’est pas fait attendre. Dans une conférence de presse donnée le 31 août au siège de l'ONU, un groupe d'organisations non gouvernementales a accusé le gouvernement des Etats-Unis et quelques autres pays de vouloir affaiblir la déclaration finale du sommet de septembre actuellement en négociation (v. dépêche). Oxfam a surtout insisté sur la tentative de modifier des termes clés, notamment en ce qui concerne les Objectifs du Millénaire, l'aide au développement et la responsabilité de protéger. Oxfam craint que la référence aux Objectifs du Millénaire pour le développement soit supprimée, que les pays développés ne s'engagent pas à augmenter leur aide au développement pour atteindre l'objectif de 0,7% du PNB et que les sources innovantes de financement pour le développement telles que la Facilité de financement international et la taxe de solidarité sur les billets d'avion ne soient pas mentionnées dans le document final. « D'une manière générale, il y a les pays qui soutiennent les principales recommandations du document final – les pays de l'Union européenne, le groupe des Etats africains, le groupe de Rio excepté le Venezuela, le groupe CANZ – et ceux qui s'opposent aux propositions – l'Egypte, le Pakistan et trois membres du Conseil de sécurité », a déclaré William Pace de « World Federalist Movement ». Amnesty international s'est inquiété pour sa part de ne pas voir figurer, dans la déclaration finale, la création d'un Conseil des droits de l'homme et la référence à la Cour pénale internationale. La position de la France Le ministère des Affaires étrangères, conjointement avec le ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie et l'Agence française de développement, a publié une brochure bilingue français/anglais présentant les positions de la France sur les questions qui seront débattues au cours du sommet de septembre à l’ONU. Trois objectifs ont été fixés pour cette réunion : Ø en ce qui concerne le bilan, à tiers parcours, de la mise en œuvre de la Déclaration du Millénaire, la France appuie la mise en œuvre de sources innovantes de financement, en faisant prévaloir une meilleure gouvernance internationale ; Ø en ce qui concerne la question des menaces liées à la sécurité internationale et des réponses collectives à y apporter, la France estime qu’il convient de recréer les conditions d'un nécessaire consensus. La 60ème Assemblée générale devrait également donner lieu à une avancée importante en matière de droits de l'Homme en promouvant le concept de la ''responsabilité de protéger'' et le renforcement des capacités d'action rapide en cas de crise humanitaire ; Ø en ce qui concerne la réforme des Nations Unies, la France souhaite que l'élargissement du Conseil de sécurité puisse aboutir pour renforcer son autorité et son efficacité. Elle estime que la base de travail doit être la déclaration préparée par Jean Ping, telle qu’elle se présente aujourd’hui, les négociations devant se poursuivre. En ce qui concerne la réforme du Conseil de sécurité, la France continue de soutenir la proposition du G4 et donc l’élargissement du Conseil dans les deux catégories de membres, membres permanents et membres non permanents. Elle estime qu’il est fondamental pour la réforme dans son ensemble que cette question puisse être résolue au plus vite. La position française apparaît ainsi relativement éloignée de celle des Etats-Unis sur plusieurs points. Création du « noyau dur » pour faciliter les négociations Un « noyau dur », constitué d'une trentaine de pays et groupes régionaux, a été créé par le président de l'Assemblée générale, Jean Ping, le vendredi 26 août pour faciliter les négociations sur le projet de document final du sommet sur la réforme du système des Nations Unies et la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement. Il a tenu le 29 août sa première réunion. Il est constitué des pays et groupes régionaux suivants : groupe des 77 et de la Chine (Jamaïque), Mouvement des pays non-alignés (troïka : Malaisie, Cuba et Afrique du Sud), groupe des Etats africains (troïka : Maroc, Ile Maurice et Mozambique), Union européenne (troïka : Royaume-Uni, Autriche et Commission européenne), groupe des Etats arabes (Liban), la Communauté des Caraïbes (CARICOM), groupe CANZ (Canada), groupe des pays nordiques (Norvège), groupe GUAM (République de Moldavie), l'Algérie, l'Argentine, le Brésil, le Chili, la Chine, l'Egypte, la France, l'Inde, l'Iran, le Japon, la Lituanie, le Mexique, le Pakistan, la République de Corée, la Fédération de Russie, la Suisse et les Etats-Unis. La quatrième version du projet de déclaration finale du sommet de septembre devrait être soumise aux Etats Membres le 6 septembre prochain. Les différents projets de déclaration du sommet ont jusqu’ici été élaborés par le président de l'Assemblée générale et ses facilitateurs à partir des commentaires faits par les Etats Membres sur le rapport du Secrétaire général. Le Rapport sur les menaces, les défis et le changement du Groupe de personnalités de haut niveau et le rapport de Jeffrey Sachs « Investir dans le développement : plan pratique pour réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement » constituent les deux autres documents de base. Le « noyau dur » se concentre cette semaine autour de sept priorités (développement, réforme du Secrétariat, création d'un Conseil des droits de l'homme, création d'une Commission de consolidation de la paix, désarmement et non prolifération, terrorisme, responsabilité de protéger), définies par Jean Ping. Position du Secrétaire général Face à la prise de position des Etats-Unis dans les négociations sur la déclaration finale du sommet de septembre, le Secrétaire général a réaffirmé le 30 août son attachement à la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement. Marie Okabe, sa porte-parole, lors d'un point avec la presse au siège de l'ONU à New York, a rappelé que l’objectif vise notamment à réduire de moitié la pauvreté dans le monde d'ici à 2015. Le Secrétaire général a par ailleurs décidé d’être présent à l’ONU pour évaluer les progrès liés au sommet mondial de 2005 et pour « appuyer le président de l'Assemblée générale dans ses efforts visant à assurer le succès du sommet », selon un message du bureau du porte-parole. Le Secrétaire général a encore plaidé, le 31 août à l'Assemblée générale, pour un nouvel engagement des Etats Membres à mettre en oeuvre les Objectifs du Millénaire pour le développement dans la déclaration finale du sommet de septembre. « Un des grands succès de la Déclaration du Millénaire était de réussir à attirer l'attention du monde entier sur des objectifs précis qui, s'ils étaient réalisés d'ici à 2015, marqueraient un réel tournant dans la lutte contre la pauvreté », a affirmé le Secrétaire général dans une déclaration devant le groupe restreint mis en place par le président de l'Assemblée générale. « Depuis qu'ils ont été codifiés et largement endossés par les Etats Membres, les Objectifs du Millénaire pour le développement constituent la base d'un pacte important de responsabilité mutuelle entre les pays développés et les pays en développement, scellé à Monterrey, il y a trois ans, lors de la Conférence internationale sur le financement du développement ». Kofi Annan a estimé que les engagements soulignés dans l’actuel projet de document constituent un grand pas en avant dans le sens d’une mise en œuvre concrète de ces Objectifs. (S.C.)
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Programme pétrole contre nourriture troisième rapport de la Commission « Volcker »
Le Secrétaire général a reçu le 8 août le troisième rapport de l'enquête indépendante sur le programme Pétrole contre nourriture. Les conclusions sont préoccupantes, notamment en ce qui concerne Benon Sevan, ex-directeur du programme Pétrole contre nourriture et Alexandre Yakovlev, ex-responsable à l'ONU au sein des services des marchés publics. Selon la Commission d’enquête indépendante (CEI), Benon Sevan se serait personnellement enrichi à travers le programme de l'ONU, par la vente de bons correspondant à des stocks de pétrole vendus à l’African Middle East Petroleum Co. Ltd, en violation des règles du programme et des sanctions de l'ONU. Il précise par ailleurs que Benon Sevan n'aurait pas « pleinement coopéré » avec l'enquête indépendante de la CEI, en refusant de participer à des entretiens. Le Secrétaire général a précisé qu'il « coopère avec les demandes du procureur pour le district de Manhattan au sujet de Benon Sevan », ce qui vise notamment la levée de son immunité. Quant à Alexandre Yakovlev, il aurait, dans le cadre de ses fonctions en tant que responsable d'un marché attribué à une société indépendante d'inspection pétrolière du programme, en 1996, participé à des actes de corruption au profit de SGS, une société candidate, en fournissant des informations confidentielles. La CEI précise qu'il n'y a pas d'information selon laquelle la société aurait accepté de payer un pot de vin. L'ONU a été contactée immédiatement par les autorités judiciaires américaines, lui demandant de lever l'immunité diplomatique d'Alexandre Yakovlev, ce qu'a fait Kofi Annan. Le chef de Cabinet du Secrétaire général, Mark Malloch-Brown, a précisé que la levée de l'immunité était très importante en ce qu'elle permettait la poursuite de ces deux fonctionnaires de l'ONU pour des faits commis par le passé dans le cadre de l'exercice de leurs fonctions. Le Secrétaire général a mis par ailleurs l'accent sur les réformes entreprises à la suite du scandale, s'agissant des procédures en matière de marchés publics. Mark Malloch-Brown a rappelé que l'une des réformes attendues est le renforcement du Bureau des services de contrôle interne (v. dépêche). Lors de la remise de son premier rapport le 3 février 2005, la CEI avait conclu « qu'il n'y a pas de preuves que la sélection de Cotecna, en 1998 (société ayant employé le fils du Secrétaire général), ait fait l'objet de toute influence volontaire ou impropre de la part du Secrétaire général dans le processus de sélection ou d'appel d'offres ». Le deuxième rapport intérimaire, du 29 mars 2005, mettait en cause notamment le chef des Services de contrôle internes de l’ONU, mais semblait disculper le Secrétaire général. La France a déclaré le 9 août avoir pris note de la publication du rapport de la Commission Volcker. Elle a rappelé son soutien dès le début à la création de la Commission d'enquête ainsi qu’à ses travaux. Alors qu'un ressortissant français est cité dans ce rapport intérimaire, la France a déclaré attendre le rapport final. La justice française a également ouvert des investigations sur cette question, l’enquête étant tout à fait indépendante de celle de la CEI (v. communiqué de presse du MAE). Le Représentant permanent des Etats-Unis à l’ONU, John Bolton, a également exprimé dans une conférence de presse la position américaine au sujet du rapport. Il a surtout souligné les enseignements qui doivent en être tires concernant la réforme de l’ONU. Il souhaite que la Commission Volcker coopère avec le comité d’investigation du Congrès. Il a estimé qu’il est normal que les Etats qui contribuent de façon substantielle au fonctionnement des Nations Unies aient leurs propres moyens d’évaluation de la situation. A la suite de la découverte des irrégularités au service des Achats de l’ONU (qui attribue les marchés publics) tant par le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) que la CEI sur le Programme pétrole contre nourriture, le Secrétaire général a ordonné le 15 août une enquête financière approfondie ainsi qu'un contrôle interne du système actuel de passation des marchés de l'ONU, selon le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York (v. dépêche). Cette enquête s'ajoute à celle sur le Programme pétrole contre nourriture, à une étude menée par une ONG externe, ainsi qu'à la propre enquête des services de contrôle internes de l'Organisation. Cette nouvelle enquête a été confiée à une société d'audit externe indépendante et elle devrait être terminée d'ici à la fin du mois de septembre. Compte tenu de la gravité de la situation, le Secrétaire général a aussi demandé à Warren Sach, Auditeur de l'Organisation, de prendre le contrôle du service des Achats, à titre temporaire et exceptionnel, en attendant les résultats de l'audit externe. Le porte-parole a rappelé qu'en parallèle se poursuit, en étroite collaboration avec la justice américaine, l'enquête du Bureau des services de contrôle internes sur les agissements d'Alexandre Yakovlev. Une fois cette enquête menée à bien, le BSCI présentera ses recommandations sur la réforme du système de passation de marchés, notamment sur le renforcement de la supervision et du contrôle du personnel. Le Secrétaire général attend maintenant la remise début septembre du dernier rapport d'ensemble de la CEI sur le programme pétrole contre nourriture, qui contiendra aussi des conclusions sur le rôle du Conseil de sécurité, du Secrétariat de l'ONU et des agences des Nations Unies. (S.C.)
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Progrès de la coopération du Liban dans l'enquête sur la mort de Rafic Hariri
L'ONU a réclamé, à l'issue des consultations sur l'avancement des travaux de la commission d'enquête internationale (commission Mehlis créée par le Conseil de sécurité - résolution 1595 du 7 avril 2005, cf. Sentinelle du 10 avril 2005) la coopération de tous les Etats concernés à l'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri. Le Conseil de sécurité a en effet déclaré (cf. déclaration de presse du 25 août 2005, SC/8482) : "considérant qu’il est indispensable, pour les progrès de l’enquête, que tous ceux qui détiennent des informations sur ce crime coopèrent avec la Commission, les membres du Conseil ont une nouvelle fois prié l’ensemble des États et des parties, en particulier ceux qui n’avaient pas encore pris les mesures voulues, de coopérer pleinement en vue d’accélérer les travaux de la Commission". L'ambassadeur adjoint de la France auprès des Nations Unies, a souligné que le Conseil avait besoin de cette coopération de "tout urgence et maintenant" (cf. déclaration de presse de Michel Duclos). L'examen de la progression de l'enquête montrant un ralentissement de celle-ci imputable à la Syrie, c'est évidemment cet Etat voisin qui est tout particulièrement visé par cette déclaration de presse du Conseil (selon le rapport du Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Ibrahim Gambari, sur les derniers développements de l'enquête). La France et les Etats Unis se joignent à la requête du Conseil, en demandant également à la Syrie de coopérer "activement" et "de toute urgence". Dans leur déclaration commune du 2 mai 2005, Paris et Washington affirmaient déjà "attendre des parties concernées qu’elles coopèrent pleinement à la découverte de la vérité". Le Quai d'Orsay se "félicit(e) des progrès de l’enquête ainsi que de la bonne coopération des autorités libanaises avec l’équipe de M. Mehlis"et rappelle, à l'appui du Conseil, "qu’il est indispensable que "toutes" les parties concernées coopèrent pleinement avec les travaux de la Commission d’enquête". Les Etats Unis considèrent "le manque de coopération (de la Syrie) inacceptable", (cf. déclaration de John Bolton, ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations Unies). Interrogé sur l'implication de la Syrie, le porte parole du Departement d'Etat américain est resté prudent sur la question en précisant que l'ONU menait son enquête; néanmoins, les Etats Unis restent préoccupés, malgré le retrait des troupes syriennes, par la présence des employés syriens au Liban (cf. communiqué de presse du 30 août 2005 du Département d'Etat). La Syrie a réagi en affirmant par la voix de son président, Bachar al-Assad, que le juge allemand Mehlis "pourra entendre chaque (syrien) qu'il souhaitera". Il considère que les syriens ont "un intérêt dans cette enquête car nous sommes convaincus que nous serons blanchis" des soupçons pesant sur Damas. Mr. Mehlis a d'ailleurs pu rencontrer dernièrement à Genève des officiers syriens des renseignements qui se trouvaient en poste à Beyrouth au moment de l'attentat. La commission d'enquête internationale peut compter actuellement sur la collaboration active du Liban, coopération qui avait été notamment demandé dans la résolution 1595 du Conseil de sécurité. En effet, la justice libanaise a accepté de conduire devant la commission, grâce à l'intervention des forces de sécurité intérieure, des responsables libanais prosyriens soupçonnés d'implication dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais. Sur l'invitation de la commission d'enquête, la justice libanaise a ordonné des arrestations et des perquisitions de responsables soupçonnées. Les responsables présumés sont l'ancien directeur général de la Sûreté générale le général Jamil el-Sayed, l'ancien directeur de la sécurité intérieure le général Ali el-Hage, l'ancien directeur des Renseignements de l'armée le général Raymond Azar; ils ont ainsi été arrêtés le 30 août par la commission d'enquête. L'actuel chef de la Garde présidentielle, le général Moustapha Hamdane, contrairement aux autres acteurs précités, avait refusé de démissionner de son poste après avoir été déjà interrogé en tant que "suspect" par la commission Mehlis ; il est néanmoins sous le coup d'un mandat d'arrêt. De même, se trouverait impliqué l'ancien député et ancien ministre Nasser Qandil, également sous mandat d'arrêt, mais celui-ci a déjà quitté le territoire libanais. Selon le rapport Mehlis, la commission bénéficie également d'une bonne coopération de la part de la Jordanie et d’Israël. La Commission d'enquête indépendante sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri et de 20 autres personnes a demandé une prorogation de son mandat pour lui permettre d'achever son travail (trois mois supplémentaires). En effet, des progrès ont été réalisés (plus de 240 personnes ont déjà été interrogées en tant que témoins par la commission), mais la commission n'aura pas achevé son enquête à la date du 15 septembre 2005. Son président a demandé le 1er septembre la prorogation de son mandat (dépêche) (AR).
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Conseil de Sécurité Déclaration présidentielle sur la situation en Côte d'Ivoire 31 août 2005
Le Conseil de sécurité a débattu à huis clos de la situation de la Côte d'Ivoire, alors que la médiation sud africaine rencontre des difficultés et se heurte à la défiance des groupes rebelles. Néanmoins, l'Afrique du Sud a affirmé son intention de poursuivre sa mission et le Conseil de Sécurité a fait part, une nouvelle fois, de sa détermination à prendre des sanctions individuelles. Si le Conseil n'a pas encore franchi ce pas, la perspective des élections générales qui devraient se tenir le 31 octobre ne semble plus vraiment réaliste (dépêche, communiqué) (P. W).
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Situation en Afghanistan OTAN : soutien au processus des élections à l’Assemblée nationale et aux Conseils provinciaux L'OTAN a fini de déployer le 31 août 2005 des forces additionnelles à la FIAS (soit deux mille soldats supplémentaires venant de 10 pays - l’Autriche, la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Roumanie, l’Espagne, la Suède et les États-Unis-) pour aider au bon déroulement des élections de l’Assemblée nationale et des Conseils provinciaux en Afghanistan. Les élections doivent avoir lieu le 18 septembre 2005. L'organisation et la conduite des élections ainsi que des procédures de dépouillement incombe à l’Organe mixte d’administration des élections (JEMB), dont le personnel est fourni à la fois par le gouvernement afghan et par les Nations Unies. L'OTAN n'intervient donc que comme force d'appui à l'ensemble de l'opération et contribue ainsi, comme le note son secrétaire général, Jaap de Hoop Scheffer, "à aider le gouvernement et le peuple afghans sur la voie d’un avenir stable et démocratique". Les forces de l'OTAN (l'effectif de la FIAS compte désormais 11 000 personnes au total) viendront donc en soutien à l'armée et à la police afghanes pour garantir la sécurité des scrutins. Leur présence se matérialisera par des opérations terrestres et aériennes, notamment pour faire face à des "imprévus", selon l'annonce de l'OTAN. Celle-ci prévoit que les forces de la FIAS "sont prêtes à exécuter un éventail complet d’opérations, y compris des tâches relevant d’une force de réaction rapide et des opérations ordinaires de soutien de la paix". Ce complément d'action de l'OTAN correspond à l'enjeu bien compris que représente cette zone du globe. "L’Afghanistan est une priorité absolue pour l’OTAN. Notre propre sécurité est étroitement liée à l’avenir de l’Afghanistan en tant que pays stable et sûr, où les citoyens peuvent reconstruire leurs vies après des décennies de guerre. L’Alliance est déterminée à réussir cette mission et nous resterons en Afghanistan aussi longtemps qu’il le faudra", selon Jaap de Hoop Scheffer (AR). |
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La Nouvelle-Zélande inscrit un 6e site sur la liste Ramsar Le Secrétariat de la convention Ramsar a annoncé que le gouvernement de Nouvelle Zelande a inscrit sa sixième zone humide d’importance internationale. Cette inscription prendra effet à compter du 25 juillet 2005. Elle conserne l'embouchure et estuaire du Manawatu (~200 hectares, 40°29'S 175°14'E), qui est un estuaire de taille moyenne, situé sur la côte sud-ouest de l'île du Nord. Celui-ci a conservé un caractère naturel et une grande diversité biologique, et joue un rôle important comme aire d'alimentation des oiseaux migrateurs. Une riche avifaune peut y être observée facilement, surtout à marée haute, avec des espèces telles que : pluvier anarhynque Anarhynchus frontalis, Butor d'Australie Botarus poiciloptilus, sterne caspienne Sterna caspia, pluvier à double collier Charadrius bicinctus, sterne tara Sterna striata et pluvier de Nouvelle-Zélande Thinornis novaeseelandiae. La communauté à Plagianthus regius (ou Ribbonwood) est la plus vaste de ce district écologique et abrite sa population la plus nombreuse et la plus australe de mégalures matata (Bowdleria punctata). Ce site entretient une grande diversité de poissons, dont plusieurs espèces menacées, et possède une grande valeur pour la pêche.
Des vestiges archéologiques de la culture semi nomade moa remontant à
1400-1650 après J.C., et la présence de différents groupes iwis dans la
région, notamment les Rangitane, les Muaupoko et les Ngati Raukawa,
justifient l'inscription de ce site. Parmi les principales utilisations des
sols figurent les activités récréatives telles que voile, navigation de
plaisance, pêche et chasse saisonnière au canard. Les plantes envahissantes
(surtout Spartina anglica) et les véhicules tout-terrain sont des menaces
potentielles, mais les mesures prises en collaboration avec les acteurs
locaux pour les contrecarrer sont en bonne voie.
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TPIY, Dubrovnik : La Chambre d’Appel confirme la condamnation de Miograd JOKIC
Par son arrêt du 30 août, la Chambre d’Appel du Tribunal pénal international pour l’Ex Yougoslavie, présidée par la juge Inés Mónica Weinberg de Roca, a confirmé la peine de 7 ans d’emprisonnement pour contre l'ancien vice-amiral de la marine yougoslave, Miodrag Jokic, pour le bombardement de populations civiles à Dubrovnik le 6 décembre 1991. A cette époque, les forces de l'Armée populaire yougoslave, la JNA, placées sous le commandement notamment de l’accusé, ont pilonné la vieille ville de Dubrovnik le 6 décembre 1991, du petit matin jusque tard dans la soirée ( voir la fiche personnelle de l’accusé). Le 27 août 2003, Miodrag Jokic a plaidé coupable des chefs du deuxième acte d'accusation modifié et la Chambre de première instance l'a déclaré coupable de six chefs de violations des lois ou coutumes de la guerre sanctionnées par l'article 3 du Statut du Tribunal international, à savoir : chef 1 : meurtre ; chef 2 : traitements cruels ; chef 3 : attaques illégales contre des civils ; chef 4 : dévastation que ne justifient pas les exigences militaires ; chef 5 : attaques illégales contre des biens de caractère civil ; et chef 6 : destruction ou endommagement délibéré d'édifices consacrés à la religion, à la bienfaisance et à l'enseignement, aux arts et aux sciences, de monuments historiques, d'œuvres d'art et d'œuvres de caractère scientifique. Le 18 mars 2004, la Chambre de première instance condamnait Miodrag Jokic à une peine de 7 ans d’emprisonnement. Miodrag Jokic savait que toute la vieille ville de Dubrovnik avait été inscrite au Patrimoine culturel mondial de l’humanité par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en application de la Convention de 1972 pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel. Il savait également qu’un certain nombre de bâtiments de la vieille ville et les tours de ses murailles arboraient le signe distinctif de la Convention de La Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé de 1954 (la « Convention de La Haye de 1954 »). Il était également au courant de la présence d’un grand nombre de civils dans la vieille ville le 6 décembre 1991. Ce dernier a interjeté appel de sa peine le 16 avril 2004 et l’audience d'appel a eu lieu le 26 avril 2005. La Chambre de première instance, se rangeant à l'avis de l'Accusation, a estimé que l'Appelant n'avait pas ordonné l'attaque, mais avait été informé des bombardements illégaux et n'avait pas pris les mesures nécessaires pour les contrer, les arrêter, ou les sanctionner. Par suite de ces bombardements, deux civils ont été tués et trois autres blessés, de nombreux bâtiments ont été détruits, dont des édifices consacrés à la religion, à la bienfaisance, à l'enseignement, aux arts et aux sciences, ainsi que des monuments historiques. Dans son premier moyen d'appel, l'Appelant a soutenu que la Chambre de première instance a commis une erreur en concluant qu'il était responsable en tant que complice, au regard de l'article 7 1) du Statut, des événements antérieurs au 6 décembre 1991, puisque ces faits sortaient du cadre du deuxième acte d'accusation modifié et de l'accord sur le plaidoyer. La Chambre d'appel a constaté à cet égard que la Chambre de première instance savait que le deuxième acte d'accusation modifié se limitait aux événements du 6 décembre 1991 et qu'elle a accepté le plaidoyer de culpabilité de l'Appelant sur la base de l'accord y afférent ( voir §§ 9 à 21). Après avoir souligné que la déclaration de culpabilité prononcée par les juges du fond pour les chefs 1 à 6 se limitait sans aucun doute possible aux actes et omissions dont l'Appelant s'était rendu coupable le 6 décembre 1991 et qu’il apparaît clairement dans le Jugement portant condamnation que l'Appelant a été condamné sur la base exclusivement du comportement qui a été le sien le 6 décembre 1991, la Chambre d’Appel a soutenu que « si la Chambre de première instance a évoqué le comportement adopté par l'Appelant lors des attaques similaires des 23 et 24 octobre et du 9 novembre 1991, c'est uniquement pour replacer dans leur contexte les crimes commis le 6 décembre 1991, ledit contexte permettant d'établir l'élément moral requis pour le déclarer coupable de complicité. » Par conséquent, la Chambre d’Appel a été convaincu e de ce que « la Chambre de première instance n'a pas commis d'erreur en faisant une simple référence – et non pas en tirant une conclusion sur les crimes reprochés – aux événements antérieurs au 6 décembre 1991 dans le Jugement portant condamnation. » Rappelant que la Chambre d'appel a le pouvoir de corriger d'office toute erreur de droit, si l'intérêt de la justice l'exige et donnant ainsi un bel exemple de son rôle de « juge du droit », la Chambre d'appel a prononcé l’annulation des déclarations de culpabilité prononcées pour les chefs d'accusation 1 à 6 dans la mesure où elles reposent sur une mise en cause de la responsabilité de l'Appelant en tant que supérieur hiérarchique en application de l'article 7 3) du Statut. Alors que l’Appelant n’a interjeté appel que de la peine prononcée, la Chambre d’Appel a tout de même annulé ces déclarations de culpabilité au motif que « la jurisprudence de la Chambre d'appel montre que le cumul de déclarations de culpabilité découlant de la mise en cause à la fois de la responsabilité individuelle et de la responsabilité du supérieur hiérarchique constitue une erreur de droit » ( voit notamment l’arrêt Blaskic, §§ 91 et 92, l’arrêt Kordic et Cerkez, §§ 33 et 34 et l’arrêt Kajelijeli (TPIR), § 81). Elle a cependant insisté sur le fait que « l'annulation des déclarations de culpabilité prononcées par la Chambre de première instance contre l'Appelant du fait de sa responsabilité de supérieur hiérarchique n'a aucun impact sur la peine. » ( voir §§ 22 à 31) Dans son deuxième moyen d'appel, l'Appelant a fait valoir un moyen classique d’appel en avançant que la Chambre de première instance aurait commis une erreur en invoquant des dispositions du Code pénal de l'ex-Yougoslavie sans rapport avec les peines qu'auraient pu prononcer les juridictions de l'ex-Yougoslavie pour des crimes comparables. L'Appelant a ainsi soutenu qu'aux termes des dispositions du Code pénal de l'ex-Yougoslavie prises en compte par la Chambre de première instance, seuls sont pénalement responsables les auteurs directs des infractions. Sa responsabilité pénale ayant été mise en cause pour omission, l'Appelant avance que les dispositions invoquées par la Chambre de première instance ne s'appliquent pas en l'espèce. Constatant que les articles du Code pénal de l'ex-Yougoslavie auxquels fait référence la Chambre de première instance – et qui concernent les crimes de guerre, les modes et moyens de combat, et la protection des monuments culturels – interdisent un comportement criminel contraire aux valeurs juridiques mêmes qui sont protégées dans le cas des infractions dont l'Appelant a plaidé coupable, la Chambre d'appel a noté que les principes de la complicité et de la responsabilité pénale pour omission sont inscrits dans le Code pénal de l'ex-Yougoslavie. Elle a jouté que « si la Chambre de première instance est dans l’obligation de tenir compte de la grille générale des peines d'emprisonnement appliquées par les tribunaux en ex-Yougoslavie, elle n'est pas liée par elle (...) et qu’elle n’est pas tenue de prendre en compte toutes les dispositions légales de l'ex-Yougoslavie éventuellement applicables. » Pour ces motifs, la Chambre d’Appel a également rejeté le deuxième moyen d’appel (Voir §§ 32 à 39). Dans son troisième moyen d'appel, l'Appelant a fait valoir que la Chambre de première instance aurait commis une erreur de droit lorsqu'elle a décidé qu'en cas d'accord sur le plaidoyer, elle se fonderait principalement sur les circonstances atténuantes retenues par les parties d'un commun accord. Selon lui, la Chambre de première instance aurait dérogé à la règle énoncée dans l'affaire Čelebici, où la Chambre d'appel avait conclu que les circonstances atténuantes devaient être établies par l'accusé sur la base de l'hypothèse la plus probable. Estimant que la Chambre de première instance a dûment apprécié l'ensemble des circonstances atténuantes, tant celles retenues par les parties d'un commun accord que celles mises en avant par l'Appelant seulement, la Chambre d’Appel a rejeté le troisième moyen d’appel ( voir §§ 40 à 59). Initialement l'Appelant avait soulevé sept moyens d'appel, mais le 30 juin 2004, il a retiré son quatrième moyen. Dans son cinquième moyen d'appel, l'Appelant a avancé que la Chambre de première instance aurait eu tort de ne retenir comme circonstances atténuantes ni son état de santé, ni sa situation familiale, deux éléments qui, selon lui, présentent un caractère « singulier » et constituent à ce titre des « circonstances exceptionnelles ». La Chambre d’Appel a répondu à cet argument en soutenant que « la Chambre de première instance n'a fait qu'expliquer le peu d'importance accordé généralement à des éléments tels que la situation familiale d'un accusé, sans pour autant comparer la situation personnelle de l'Appelant à celle d'autres accusés ». Ainsi, la Chambre de première instance aurait évoqué comme il convient les éléments de preuve présentés par l'Appelant et les aurait pris en considération. La Chambre d'appel a en outre jugé que la Chambre de première instance n'était aucunement tenue de traiter plus en détail de la situation personnelle de l'Appelant, d'autant que certains éléments de preuve présentés par ce dernier concernant sa situation familiale étaient confidentiels. La chambre a ajouté que les éléments pris en compte par la Chambre de première instance pour mettre l'Appelant en liberté provisoire ne devaient pas nécessairement entrer en ligne de compte dans l'appréciation des circonstances atténuantes Par ces motifs, la Chambre d'appel rejette le cinquième moyen d'appel soulevé par l'Appelant. (Voir §§ 60 à 69). Dans son sixième moyen d'appel, l'Appelant avance que la Chambre de première instance a commis une erreur de droit et de fait et outrepassé ses pouvoirs en ne prenant pas en compte l'ensemble des éléments de preuve produits par les parties au sujet de sa bonne moralité et de son professionnalisme. La Chambre d’Appel a répondu qu’ « une Chambre de première instance n'est pas tenue de retracer, étape par étape, le raisonnement qu'elle a suivi pour parvenir à une conclusion donnée. » De même, le fait de ne pas recenser dans un jugement tous les éléments présentés à la Chambre et examinés par celle-ci ne signifie pas nécessairement qu'elle n'en a pas tenu compte ou qu'elle ne les a pas dûment appréciés. Quant aux dépositions de témoins, la Chambre d’Appel a estimé qu’une Chambre de première instance n'est aucunement tenue d'en rapporter chacune des phrases. Si elle le juge bon, la Chambre peut mettre en lumière les passages importants sur lesquels elle s'est fondée pour tirer une conclusion. Le renvoi à un passage particulier de la déposition d'un témoin tend à indiquer que la Chambre de première instance avait connaissance de la déposition dans son intégralité et qu'elle l'a prise en compte. Jugeant que la Chambre de première instance avait connaissance de l'ensemble des dépositions faites en l'espèce et qu'elle en a retenu les passages pertinents, elle a rejeté le sixième moyen d'appel ( voir §§ 70 à 83). Dans son septième et dernier moyen d'appel, l'Appelant n'a allégué aucune erreur de la part de la Chambre de première instance, mais a prié la Chambre d'appel de considérer sa coopération dans l'affaire Strugar, après que le Jugement portant condamnation eut été rendu en l'espèce, comme une circonstance atténuante à retenir « dans l'intérêt de la justice ». Miograd Jokic a invoqué à ce sujet une conclusion tirée par la Chambre d'appel dans l'affaire Kupreškic. La Chambre d’Appel a retenu que les deux affaires n’étaient pas comparables et a conclu que la Chambre de première instance avait pleinement connaissance de la coopération fournie par l'Appelant en l'espèce et de celle qu'il pourrait fournir dans d'autres affaires, comme ce fut le cas dans l'affaire Strugar, et qu'elle en a tenu compte. En conséquence, la dernière demande de l'Appelant a été rejetée ( voir §§ 84 à 90). En confirmant la peine à laquelle avait été condamné Miograd Jokic par les juges de première instance, la Chambre d ‘Appel a une nouvelle fois affirmé les principes du droit international humanitaire relatif à la protection des civils et des biens culturels en période de conflit armé. A cet égard, elle a déclaré que « le bombardement de la vieille ville constitue une attaque non seulement contre l'héritage et l'histoire de la région, mais aussi contre le patrimoine culturel de l'humanité toute entière ». (A.S.)
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TPIY, Foca : arrestation d'un suspect en Russie
« Dragan Zelenovic a été arrêté en Russie par la police criminelle du district autonome des Khantys et Mansis (Sibérie Occidentale) », a déclaré Anatoli Vorotov, chef de direction à la police criminelle du district. A l'heure actuelle, cet ex commandant adjoint de la police militaire et ex-dirigeant paramilitaire de Foca, âgé de 44 ans, serait en garde à vue dans la ville de Khanty-Mansiisk depuis son arrestation qui aurait lieu le 25 août 2005. Recherché depuis 1999, Dragan Zelenovic alias « Zelja » et « Zeleni » a fait l’objet d’un acte d’accusation dressé le 5 octobre de la même année aux côtés de Gojko Jankovic, Janko Janjic, Zoran Vukovic et Radovan Stankovic. D’après l’acte d’accusation, dès que les forces serbes se sont emparées de certaines parties de la ville de Foca, la police militaire, accompagnée de soldats de la région et d’ailleurs, a commencé à arrêter des habitants musulmans et croates. Jusqu’à la mi-juillet 1992, ils ont continué à rassembler et à arrêter des villageois musulmans des villages environnants de la municipalité. Les forces serbes ont séparé les hommes et les femmes et ont illégalement enfermé des milliers de Musulmans et de Croates dans divers centres de détention à court ou à long terme ou les ont assignés de fait à domicile. Lors des arrestations, de nombreux civils ont été tués, battus ou ont subi des violences sexuelles. Les hommes étaient principalement détenus au Kazneno-popravni Dom de Foca ("KP Dom"), l’une des plus grandes prisons de l’ancienne République de Yougoslavie. Les femmes, les enfants et les vieillards musulmans étaient détenus dans des maisons, des appartements et des motels de la ville de Foca ou des villages environnants ou dans des centres de détention à court ou à long terme tels que, respectivement, Buk Bijela, le lycée de Foca et le centre sportif Partizan. Bon nombre de femmes détenues ont connu des conditions de vie humiliantes et dégradantes, ont été gravement battues et ont été victimes de violences sexuelles, notamment de viols. Outre les lieux de détention précités, plusieurs femmes ont été détenues dans des maisons et des appartements faisant office de bordels gérés par des groupes de soldats, essentiellement des paramilitaires. Le CICR et d’autres organisations, qui ignoraient l’existence de ces lieux de détention, ne sont pas intervenus. Ces détenues n’ont donc pas pu être libérées ou échangées. Selon l’acte d’accusation, Zelenovic aurait participé à l’offensive contre Foca et ses villages environnants et à l’arrestation de civils.Le 3 juillet 1992, des soldats commandés par l’accusé Jankovic, parmi lesquels se trouvaient Janjic , Zelenovic et Vukovic, ont arrêté un groupe d’au moins 60 Musulmans - des femmes, des enfants et quelques hommes âgés - originaires de Trosanj et de Mjesaja et les ont emmenés à Buk Bijela. Après l’attaque de Foca, les villages de Trosanj et de Mjesaja avaient opposé une résistance armée.Pendant leur détention de plusieurs heures à Buk Bijela, tous les civils musulmans ont dû s’aligner le long de la Drina sous la surveillance de soldats armés. Ils ont été menacés de mort ou de viol ou ont subi d’autres humiliations. Les soldats se sont approchés de chaque détenu et les ont conduits auprès de chacun des accusés pour interrogatoire. Les soldats ont séparé les femmes de leurs enfants. Les inculpés ont interrogé les femmes. Ces interrogatoires portaient essentiellement sur les endroits où étaient cachés les villageois de sexe masculin et les armes. Les accusés ont dit aux femmes qu’ils les tueraient et leur feraient subir des violences sexuelles si elles mentaient. Durant l’interrogatoire ou immédiatement après, Janjic et Zelenovic, ont infligé des viols collectifs à plusieurs femmes qu’ils soupçonnaient de mentir ( voir les personnes sous le coups d’un mandat d’arrêt ). Zelenovic est inculpé de quatre chefs d’accusation : torture et viol constitutifs de crime contre l’humanité (articles 5 f ) et g) du Statut du Tribunal ) et torture et viols constitutifs de violations des lois et coutumes de la guerre en application des articles 3 du Statut et 3 1) des Conventions de Genève.(A.S.)
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TPIY : Election de 27 nouveaux juges
Le 24 août, l’Assemblée Générale des Nations Unies a procédé à l’élection de 27 juges ad litem au Tribunal pénal international pour l’Ex-Yougoslavie. La séance s’est ouverte par un hommage rendu par le Président de l’Assemblée générale, ainsi que les délégations, au Roi Fahd bin Abdul-Aziz Al Saoud d’Arabie saoudite, décédé le 1er août dernier; à l’ancien Vice-Président du Soudan, John Garang, décédé le 30 juillet; et à l’ancien Ministre des affaires étrangères du Sri Lanka, Lakshman Kadirgamar, décédé le 12 août. Les nouveaux juges occuperont leurs fonctions pour un mandat de quatre ans à compter de la date de l’élection, c’est-à-dire jusqu’au 23 août 2009. Conformément au Statut du Tribunal, les 27 juges ont été élus sur une liste de 31 candidats présentée par le Conseil de sécurité ( voir la lettre du Président du Conseil de sécurité (A/59/886) ) et qui tient compte d’une représentation adéquate des principaux systèmes juridiques du monde. La liste comportait initialement 34 candidatures, cependant le Pakistan en a retiré deux et la République arabe syrienne, une. Les juges dont les noms suivent ont été élus par la majorité absolue dès le premier tour de scrutin : Ali Nawaz Chowhan (Pakistan); Melville Baird (Trinité-et-Tobago); Frans Bauduin (Pays-Bas); Pedro David (Argentine); Jawdat Naboty (République arabe syrienne); Elizabeth Gwaunza (Zimbabwe); Burton Hall (Bahamas); Frederik Harhoff (Danemark); Frank Höpfel (Autriche); Tsvetana Kamenova (Bulgarie); Uldis Kinis (Lettonie); Raimo Lahti (Finlande); Flavia Lattanzi (Italie); Antoine Mindua (République démocratique du Congo); Janet Nosworthy (Jamaïque); Chioma Egondu Nwosu-Iheme (Nigéria); Prisca Matimba Nyambe (Zambie); Michèle Picard (France); Brynmor Pollard (Guyana); Árpád Prandler (Hongrie); Kimberly Prost (Canada); Vonimbolana Rasoazanany (Madagascar); Ole Bjørn Støle (Norvège); Krister Thelin (Suède); Klaus Tolksdorf (Allemagne); Stefan Trechsel (Suisse); et Tan Sri Dato Lamin Haji Mohd Yunus (Malaisie) ( voir le Curriculum vitae des candidats (A/59/888)). Avant que le vote n’ait lieu, l’Assemblée Générale a adopté un amendement au paragraphe 18 du mémorandum du Secrétaire général (A/59/887 et Add.1), présenté par le représentant du Liechtenstein. Aux termes de cet amendement, les 27 candidats ayant obtenu le plus grand nombre de voix étaient considérés comme élus. Au cas où deux candidats avaient été ex-aequo pour un siège restant à pourvoir, un deuxième tour de scrutin aurait été organisé pour départager ces candidats.
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