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Philippe WECKEL-- Anne RAINAUD-- Roland ADJOVI-- Guillaume AREOU-- Sarah CASSELLA-- Florina COSTICA-- Tidiani COUMA Maya LAIDI-- Suany MAZZITELLI-- Fatma RAACH-- Sabrina RAHMANI-- Jacobo RIOS RODRIGUEZ-- Antonella SAMPO-- Noémie SIMONEl-- Sébastien TOUZE
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ONU |
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Paix et sécurité internationales |
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Cour permanente d'Arbitrage |
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Droit humanitaire et droits de l'homme |
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Europe |
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ONU/abus et corruption |
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Protection des dénonciateurs d’abus et corruption au sein de l’ONU Jacobo RÍOS RODRÍGUEZ Le 1 janvier 2006 est entré en vigueur la nouvelle réglementation des Nations Unies destinée à protéger les dénonciateurs d’abus au sein de l’Organisation (ST/SGB/2005/21, Protection contre les représailles suite aux signalements de mauvaises conduites et de coopérations avec des auditeurs ou enquêteurs autorisés). La réglementation a été présentée après plusieurs mois dans lesquels de nombreuses consultations, notamment du personnel, ont contribué à son élaboration. Depuis longtemps, les rumeurs anonymes et souvent malintentionnées qui couraient dans les couloirs de l’Organisation et dans les boîtes électroniques du personnel constituaient une entrave à une gestion correcte et à la transparence des faits signalés. Les rumeurs toucheront peut être à leur fin, elles n’auront plus de raison d’être. Le but poursuivi par cette initiative est la transparence dans la gestion, et l’efficacité des mesures de protection du personnel, puisque les fonctionnaires, consultants, et personnel contractuel jouiront à partir de maintenant d’une ample liberté d’expression. « The transmission or dissemination of unsubstantiated rumours is not a protected activity » (section 2). Donc, confidentialité et absence de représailles, mais au prix de la bonne foi comme condition de base de la protection. « La lutte contre le triptyque ‘mensonges, tricheries et vols’ ne peut être efficace que si des mesures ambitieuses sont prises pour protéger ceux qui rapportent les faits », a déclaré le Secrétaire général adjoint à la gestion, Christopher Burnham, précisant que l'objectif ultime de ces reformes de la gestion est de changer la culture de l'ONU. « It is the duty of staff members to report any breach of the Organization’s regulations and rules to the officials whose responsibility it is to take appropriate action. An individual who makes such a report in good faith has the right to be protected against retaliation » (section 1). En revanche, des mesures disciplinaires pourront être prises si les dénonciateurs d’abus agissent de mauvaise foi. Ces mesures de protection, favorisant le signalement de la corruption interne et de la fraude par des voies de droit préétablies, étaient probablement nécessaires, et elles ont été jugées comme telles non seulement par la majorité des avis les plus autorisés au sein de l’Organisation, mais aussi par des observateurs extérieurs (voir par exemple le site Internet de Government Accountability Project et son avis sur le sujet). Un souci de responsabilité dans la gestion des Nations Unies, qui manie un budget très élevé, est à la base d’une normative qui devient une innovation originale dans le droit des organisations internationales, grâce à la clarté de la protection ainsi offerte à son personnel.
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L’unanimité est, cependant, difficile à atteindre. Parmi les plus critiques, Merrill Cassell, directeur de budget à l’UNICEF, a déclaré que « It will be very difficult for the United Nations to apply those rules unless the culture of the organisation changes dramatically, where supervisors will need to re-learn to value the expression of difference, especially from junior staff, and regard these views with distinction and honour, and thus prevent a lot of whistles being blown ». Mais les normes devant les faits, ou à l'inverse, la réforme de la gestion interne de l’ONU comporte des changements qui ont commencé à prendre effet. L’effectivité de la réglementation dépendra, entre autres facteurs, du degré de succès de l’implantation du Bureau d’Éthique de l’ONU. La protection efficace pour les dénonciateurs d’abus devra aussi être accompagnée d’une réforme de l’administration de la justice interne des Nations Unies. Cette réforme visera à son tour des objectifs de transparence, dans un calendrier qui débutera en février 2006 pour finir en juillet de la même année avec la publication d’un rapport d’experts. Des mesures restent à prendre. Mais, dans tous les cas, il semble qu’un nouveau pas vers la protection de la liberté d’expression dans les organisations internationales a été franchi.
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Sécurité internationale/diamants |
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ONU Assemblée générale: la place des diamants dans le financement des conflits 20 décembre 2005 Suany MAZZITELLI
Le 20 décembre 2005, l’Assemblée Générale a adopté, sans vote, la résolution intitulée « La place des diamants dans le financement des conflits: rompre le lien entre le négoce illicite des diamants bruts et les conflits armés afin de contribuer à la prévention et au règlement des conflits » présentée par le représentant de la Fédération de Russie (voir communiqué). En effet le Représentant permanent de la Fédération de Russie auprès des Nations Unies, M. A. Denisov, avait adressé au Président de l’Assemblée Générale une lettre, datée du 13 décembre 2005, par laquelle il présentait, au nom de la présidence du Processus de Kimberley, le rapport sur les progrès accomplis dans l’application du Système de certification du Processus. M. A. Denisov avait affirmé en outre, dans sa lettre, que la Fédération de Russie avait entamé des consultations officieuses sur un projet de résolution (A/60/L.42) que l’Assemblée générale aurait du adopter par consensus à l’issue du débat sur la place des diamants dans le financement des conflits, à une date à déterminer, de préférence postérieure au 19 décembre 2005. Par sa résolution, l’Assemblée Générale « Convaincue que l’application du Système de certification du Processus de Kimberley devrait réduire considérablement le rôle que peuvent jouer les diamants du sang dans le financement des conflits armés et contribuer à protéger le commerce licite et à faciliter l’application effective des résolutions sur le négoce des diamants du sang » a réaffirmé son « ferme et constant appui au Système de certification du Processus de Kimberley ». L’Assemblée a également souligné qu’elle « Considère que le Système de certification du Processus de Kimberley peut faciliter l’application effective des résolutions du Conseil de sécurité imposant des sanctions contre le négoce des diamants du sang, et demande que soient intégralement appliquées les mesures déjà adoptées par le Conseil pour lutter contre le commerce illicite des diamants bruts qui contribue à entretenir les conflits ». Elle s’est dite également consciente de l’importance des efforts faits à l’échelle internationale pour résoudre le problème des diamants du sang, par le biais du système de certification de ce Processus, efforts qui ont contribué au règlement des conflits en Angola, au Libéria, en République démocratique du Congo ainsi qu’en Sierra Leone. L’Assemblée a toutefois souligné l’absolue nécessité d’une participation large au Système de certification, en priant instamment tous les États Membres de y participer activement, en se conformant à ses engagements. L’Assemblée s’est également félicité de l’adoption à la réunion plénière du Processus de Kimberley, tenue à Moscou du 15 au 17 novembre 2005 (voir communiqué du 17 novembre 2005), d’une résolution sur la question de la production illicite de diamants en Côte d’Ivoire dans laquelle ont été énoncées une série de mesures pour empêcher que les diamants du sang en provenance de la Côte d’Ivoire ne soient introduits dans les circuits de commercialisation légaux (voir résolution S/RES/1643 (2005) du Conseil de sécurité du 15 décembre 2005). L’Assemblée s’est également félicitée des initiatives volontaires d’auto réglementation de l’industrie du diamant annoncées par le Conseil mondial du diamant du diamant, qui pourront contribuer à assurer l’efficacité des systèmes nationaux de contrôle interne des diamants bruts.
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Le représentant du Botswana a souligné, lors de l’adoption de la résolution par l’Assemblée, que son Etat, qui est dépendant du commerce licite et transparent du diamant, est attaché au renforcement des mesures visant à en éliminer le commerce illicite et lutter ainsi contre le financement des conflits qui en découle. Il a assuré que le Botswana avait pris des mesures pour en intégrer les critères du Système de certification, notamment par le biais de l’évaluation par les pairs. Il a aussi salué l’entrée de l’Indonésie dans le Processus de Kimberley ainsi que le retour du Liban au sein du mécanisme. Le représentant du Botswana a aussi souligné l’importance de statistiques plus fiables, des rapports actualisés de façon plus régulière. Il a affirmé que, lors de la coprésidence du processus de Kimberley que le Botswana assumera conjointement avec l’Union européenne (voir communiqué du 17 novembre 2005), son pays resterait déterminé à régler les problèmes en suspens, invitant les États Membres à apporter leur appui aux deux coprésidents. La représentante du Canada, s’exprimant au nom du Groupe CANZ, a souligné que le régime de Kimberley n’empêche pas seulement les criminels et les groupes armés non étatiques d’accéder facilement à des capitaux, mais qu’il améliore aussi la capacité des gouvernements, autrefois lésés par la guerre, tels l’Angola, la Sierra Leone et la République démocratique du Congo, de collecter des recettes. La représentante a souligné que le Libéria, qui fait toujours l’objet de sanctions internationales (voir communiqué du 20 décembre 2005, voir aussi communiqué du 21 décembre 2005) pour avoir favorisé dans les années 90 le commerce des diamants de la guerre, est actuellement en voie d’établir les conditions nécessaires pour l’application du régime de certification. La représentante a également appelé à une évaluation du volume d’exportation diamantaire en provenance de Côte d’Ivoire, afin de voir dans quelles mesures, les diamants illicites, exploités dans les zones contrôlées par les rebelles, pourraient pénétrer le marché. L’Observatrice de la Commission européenne, intervenant au nom de l’Union et des pays associés, a salué les progrès réalisés dans la lutte contre les diamants des conflits par la communauté internationale grâce, en soulignant que « la quasi-totalité des échanges de diamants bruts se déroule à présent dans le cadre du Processus de Kimberley », et que « des efforts avaient été déployés en matière d’enregistrement et de suivi ». Elle a toutefois souligné qu’ « il est probable que les diamants bruts illicites du Nord de la Côte d’Ivoire entrent sur le marché international de façon licite, ce qui pose des difficultés au Processus de Kimberley ».
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Conseil de sécurité/sanctions |
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ONU Conseil de sécurité : la mise en œuvre des sanctions Suany Mazzitelli
Le Conseil de sécurité a entendu pour cette fin d’année 2005 les exposés des différents Comités et groupes de travail chargés de surveiller la mise en œuvre des sanctions imposées dans ses résolutions. Le Conseil de sécurité avait entendu, le 19 décembre 2005 (voir communiqué), les exposés des Présidents des Comités et des groupes de travail chargés de surveiller le respect des sanctions imposées aux groupes armés opérant dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ainsi que le respect des sanctions imposées à la Somalie, à la Sierra Leone, et aux membres de l’ancien régime iraquien, sans prendre de mesures particulières. Néanmoins, le débat devant le Conseil avait été l’occasion pour les Présidents de ces Comités et Groupes de travail de donner leur point de vue sur les difficultés liées à la mise en œuvre des sanctions (voir communiqué du 20 décembre 2005) et sur certaines défaillances du système mis en œuvre par le Conseil de sécurité. Ayant déjà décidé de reconduire les sanctions imposées à la Côte d’Ivoire, le 15 décembre 2005, Le Conseil de sécurité avait aussi examiné, le 20 décembre 2005, la situation au Libéria. Il était notamment saisi de la question de l’expiration du mandat du Comité des sanctions imposées à cet Etat (voir communiqué du 21 décembre 2005). Le même jour le Président du Conseil, après avoir examiné le rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies en Sierra Leone, s’était exprimé sur la situation dans ce pays. Le 21 décembre le Conseil avait également examiné la situation en République démocratique du Congo. Le Libéria : Le Conseil de sécurité, qui examinait les progrès accomplis par le Libéria en vue de satisfaire aux conditions mises à la levée des sanctions prévues par la résolution S/RES/1521 (2003), a adopté à l’unanimité la résolution S/RES/1647 (2005). Pour l'examen de cette question, le Conseil était saisi d'une lettre datée du 7 décembre 2005, adressée à son Président par la Présidente du Comité créé par la résolution 1521 (S/2005/745), portant en annexe le rapport du Groupe d’experts sur le Libéria, du 25 novembre 2005. Par sa résolution le Conseil a décidé de reconduire les sanctions imposées au Libéria. Le Conseil a décidé notamment de reconduire, « pour une nouvelle période de 12 mois », les mesures concernant les armes et les voyages et de reconduire « pour une nouvelle période de six mois » les mesures concernant les diamants (voir communiqué du 21 décembre 2005) et les bois (voir communiqué du 20 décembre 2005). Le Conseil a également décidé de reconduire, pour une nouvelle période prenant fin le 21 juin 2006, le Groupe d’experts, en précisant ses missions. Le Groupe d’experts devra en effet effectuer une mission d’évaluation et de suivi au Libéria et dans les États voisins afin d’enquêter et d’établir un rapport sur l’application et les éventuelles violations des sanctions. Le Groupe d’experts devra aussi évaluer les incidences d’ordre humanitaire et socioéconomique des sanctions et les progrès accomplis en vue de satisfaire aux conditions mises à leur levée. Le Conseil de sécurité en se déclarant prêt à lever les sanctions si les conditions pour leur levée étaient remplies et en saluant la détermination de la Présidente élue du Libéria, Ellen Johnson-Sirleaf (voir communiqué du 23 novembre 2005) , dans ce sens, a encouragé le Gouvernement libérien, à réformer l'Office des forêts, à mettre en œuvre l'Initiative pour les forêts, et à mettre en application les recommandations de réforme et d'examen des concessions forestières du Comité chargé de l’examen des concessions forestières. Le Conseil a également encouragé le Libéria à solliciter les avis d'experts indépendants sur la gestion des ressources en diamants afin d’augmenter les recettes, d’accroître la confiance des investisseurs et de s’assurer encore le concours des donateurs. Le nouveau Gouvernement est enfin encouragé à exécuter le Programme d'aide à la gouvernance et à la gestion économique pour permettre l’application de l'Accord général de paix et la levée des sanctions. Les recommandations pour améliorer l’efficacité des sanctions (S/PV.5332): La Sierra Leone : Par sa résolution S/RES/1132, le Conseil avait imposé un embargo sur les armes et le pétrole à la Sierra Leone ainsi que des restrictions sur les déplacements aux membres de la junte militaire et à leurs familles. Aux termes de la résolution S/RES/1156 du mois de mars 1998, le Conseil avait levé l’embargo sur le pétrole et par la résolution S/RES/1171 du mois de juin 1998, il avait réimposé un embargo sur les armes à la Sierra Leone, à l’exception du Gouvernement, ainsi que des restrictions sur les déplacements aux membres du Front uni révolutionnaire (RUF) et de l’ancienne junte militaire. Le 20 juillet, par la résolution S/RES/1306, le Conseil avait imposé à la Sierra Leone un embargo sur les diamants bruts, à l’exception de ceux contrôlés par le Gouvernement. Actuellement, seuls les embargos sur les armes et les restrictions aux déplacements sont encore en vigueur. Le Président du Comité créé en vertu de la résolution 1132 (1997), M. Ronaldo Mota Sardenberg, représentant du Brésil, a estimé que compte tenu des progrès réalisés par la Sierra Leone dans la consolidation de la paix et du retrait prochain de la Mission de l’ONU (voir la déclaration du Président du Conseil de sécurité du 20 décembre 2005) (voir aussi S/PV.5334 et communiqué), le Conseil aurait du commencer à examiner le régime des sanctions imposés à ce pays pour actualiser sa base juridique, rationaliser et actualiser les mesures en place ainsi que le mandat du Comité. Des consultations entre le Comité des sanctions et le Gouvernement de la Sierra Leone pourraient contribuer à ce processus. De l’avis du Président du Comité, le Conseil pourrait tirer avantage de l’expertise de ses différents Comités des sanctions. M. R. Mota Sardenberg a dénoncé des chevauchements trop fréquents entre les responsabilités des Comités des sanctions et celles du Conseil. Le représentant a également appelé à la souplesse et au respect du principe selon lequel le Conseil est seul responsable des décisions relatives à l’ampleur et à l’objet des sanctions. L’Iraq : M. Mihnea Motoc, représentant de la Roumanie et Président du Comité créé en vertu de la résolution S/RES/1518 (2003), ainsi que du Comité créé en vertu de la résolution S/RES/1540 (2004), en rappelant que le Comité visant les membres de l’ancien régime iraquien était chargé d’établir la liste des individus et entités associées à ce régime qui auraient détourné des fonds publics, a affirmé que cette liste contenait désormais 89 noms de personnes et 206 noms d’entités. Le Président du Comité a été le seul à dresser un bilan globalement satisfaisant de la mise en œuvre des sanctions du Conseil de sécurité. Il a en effet estimé que mécanisme mis en place par le Conseil de sécurité « porte ses fruits puisque, selon les autorités iraquiennes actuelles, des fonds gelés d’un montant d’un milliard de dollars ont été rapatriés et transférés au Fonds pour le développement ». Enfin, Le Président du Conseil de sécurité a notifié sa décision de reconduire proroger jusqu’au 31 décembre 2006 le mandat du Groupe de travail officieux sur les questions générales relatives aux sanctions créé en application de la note du Président du Conseil de sécurité datée du 17 avril 2000 (S/2000/319). Le Groupe de travail, qui est chargé de formuler des recommandations générales sur les dispositions à prendre pour renforcer l’efficacité des sanctions imposées par les Nations Unies, devra examiner un certain nombre de questions qui ont été mises à l’ordre du jour par les rapports des divers Comités.
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le Conseil de sécurité, en juillet 2003, avait imposé à la RDC un embargo sur les armes à tous les groupes armés étrangers et congolais opérant au Sud-Kivu, au Nord-Kivu et en Ituri ainsi qu’aux groupes qui n’étaient pas parties à l’Accord global et inclusif. La résolution S/RES/1596 du 1er novembre 2005 avait élargi l’embargo à tout destinataire se trouvant sur le territoire congolais, à l’exception de l’armée et de la police congolaises. La résolution avait également imposé des restrictions sur les déplacements et un gel des avoirs financiers à toutes personnes et entités agissant en violation de l’embargo (voir liste). La résolution S/RES/1616, du 15 août 2005, avait renouvelé ces dispositions jusqu’au 31 juillet 2006. Le 21 décembre 2005 le Conseil de sécurité a adopté une résolution par la quelle il élargit le champ d’application de ces mesures aux « responsables politiques et militaires des groupes armés étrangers opérant en République démocratique du Congo qui font obstacle au désarmement, au rapatriement ou à la réinstallation volontaires des combattants appartenant à ces groupes » et aux « responsables politiques et militaires des milices congolaises recevant un soutien de l’extérieur de la République démocratique du Congo ». M. Abdallah Baali, représentant de l’Algérie et Président du Comité créé en vertu de la résolution S/RES/1533 (2004) et du Comité créé en vertu de la résolution S/RES/918 (1994), en rendant compte du travail effectué par le Comité des sanctions pour la RDC, a souligné l’importance des défis auxquels sont confrontés les Comités de sanctions et « l’efficacité limitée des sanctions dont la mise en œuvre dépend du niveau de volonté politique des États auxquels les sanctions sont imposées, des membres du Conseil de sécurité et des pays qui mettent en œuvre les sanctions ». Il a également affirmé que « la capacité des États à mettre en œuvre les sanctions varie considérablement tout comme leur niveau de coopération avec le Comité et le Groupe d’experts ». Au regard du Rwanda, M. Abdallah Baali, tout en rappelant que l’embargo sur les armes prévu par la résolution 918 (1994) avait été levé le 16 août 1995 par la résolution S/RES/1011, a néanmoins prié les États de s’abstenir de vendre des armes à des forces non étatiques et de notifier au Comité toutes leurs exportations d’armes vers le Rwanda. En affirmant que en 2004 et 2005, le Comité n’avait reçu aucune information sur une quelconque violation des sanctions, il a également souligné que cela ne signifiait pas qu’il n’y avait pas de violations et que, en l’absence d’un mécanisme de surveillance, le Comité dépendait fortement de la coopération des différents acteurs pour recueillir les informations. La Somalie : Le Président du Comité de sanctions sur la Somalie établi par la résolution 751 du Conseil, M. Lauro Baja, représentant des Philippines, a également rendu compte des méthodes de travail du Comité et a fait le point sur le régime de sanctions imposées à cet Etat. Il a notamment invité le Conseil a envisager de réévaluer le régime de sanctions, compte tenu des opinions divergentes, sur la pertinence de l’embargo sur les armes (voir résolution du 14 octobre 2005), qui lui étaient parvenues au cours de ses récentes visites dans la région. Le Président du Comité, en indiquant qu’un dialogue avec les États voisins de la Somalie avait été entamé sous sa présidence, a insisté sur l’importance de la participation des États voisins à la bonne mise en œuvre de l’embargo sur les armes. M. L. Baja a souligné le manque de moyens pour assurer le respect de l’embargo sur les armes, en dénonçant les défaillances de la communauté internationale, qui s’était engagée dans le document final du Sommet mondial de 2005, à renforcer les capacités étatiques en vue de mettre en œuvre les dispositions des sanctions. Le Président du Comité a aussi expliqué que le maintien de communications régulières entre le Comité et le Groupe de contrôle faciliterait grandement le travail du Comité. M. L. Baja a en outre dénoncé l’incapacité du Conseil « d’agir de façon crédible, constante et objective » du fait qu’il est le miroir des rapports de forces. À cet égard, le représentant philippin a suggéré au Conseil de créer un organe subsidiaire chargé d’analyser l’efficacité des mesures relatives aux sanctions. Enfin, M. L. Baja a souligné que une série de défis se poseront, dans les mois à venir, au Conseil de sécurité. Notamment la demande du Gouvernement de transition d’être exempté de l’embargo sur les armes en vue de se doter d’une force de police crédible, et les problèmes de la piraterie grandissante dans les eaux somaliennes, et les mers adjacentes, et du fondamentalisme croissant dans le pays.
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Côte d'Ivoire/gouvernement |
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Côte d’IvoireFormation d’un nouveau gouvernementSabrina RAHMANI
Le 28 décembre 2005, après de longues négociations, un gouvernement de transition a été constitué par le nouveau Premier Ministre ivoirien Charles Konan Banny. Nommé le 4 décembre 2005 par la médiation africaine dans la crise ivoirienne, il incombe à M. Banny la mission de mettre en application l’accord de paix de Marcoussis, conclu en janvier 2003 en France. Confirmé par d'autres accords, notamment à Accra en juillet 2004 et à Pretoria en avril et juin 2005,cet accord est resté lettre morte empêchant la tenue de l'élection présidentielle prévue le 30 octobre dernier. La priorité de ce nouveau gouvernement est donc l'organisation du désarmement et l'élection présidentielle au plus tard le 31 octobre 2006, conformément à la résolution 1633 du 21 octobre 2005 du Conseil de sécurité de l'Onu, qui a maintenu le président Laurent Gbagbo, lui adjoignant un Premier ministre aux pouvoirs élargis. Concernant sa formation, M. Banny a déclaré que celle-ci a pris du temps, puisqu’il a fallu consulter les différentes parties signataires des accords de Marcoussis et surtout réduire les antagonismes qui existent entre eux, afin d'avoir un gouvernement national. Contrairement au précédant cabinet composé de plus de 40 membres, ce nouveau cabinet comprend 32 membres, issus de toutes les parties impliquées dans la crise ivoiriennes. La liste a été rendue publique le 28 décembre à Abidjan. Ainsi, M. Banny cumule les postes de la Communication et de l'Economie, même s'il a deux ministres délégués, issus de la société civile, à ces deux postes. Le Front populaire ivoirien (FPI) dispose de 7 postes contre 5 chacun aux deux principaux partis de l'opposition, notamment le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) et le Rassemblement des Républicains (RDR).Les portefeuilles de la Défense, la Sécurité, la Communication et l'Economie sont également détenus par des membres de la société civile. La rébellion des Forces nouvelles (FN), qui contrôle le nord du pays depuis son coup d'Etat raté en septembre 2002, obtient 6 portefeuilles dont le ministère d'Etat chargé de la Reconstruction, qui sera dirigé par son chef Guillaume Soro. Un ministère a aussi été attribué à l'Union pour la paix et la démocratie en Côte d'Ivoire (UDPCI), un au Mouvement des forces d'avenir (MFA), un au Parti ivoirien des travailleurs (PIT), un à l'Union démocratique et citoyenne (UDCY), et 5 à la société civile. Toutefois, l'annonce de la formation du gouvernement a suscité le jour même des mouvements de protestation de la part de partisans du président Laurent Gbagbo dans le quartier populaire de Yopougon à Abidjan.
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De son côté, l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) s'est félicitée de cette formation. Elle considère ce consensus comme une nouvelle percée importante dans le cadre du processus de paix même si des défis importants doivent être réalisés par M Banny et son équipe. Elle a réaffirmé aussi, son soutien au Premier ministre ivoirien dans l'exécution de ses fonctions , tout en soulignant que le GTI exercera pleinement le mandat que lui a confié le Conseil de Sécurité, notamment dans ses résolutions 1633 (2005) et 1643 (2005) du 15 décembre 2005 .De plus, elle a précisé que l'objectif de cet appui est de permettre au nouveau gouvernement de conduire la Côte d'Ivoire à la paix et à la réconciliation nationale en réalisant avec succès le désarmement, le démantèlement des milices, le désarmement des ex-combattants, le processus d'identification et l'organisation d'élections libres, régulières et démocratiques. Enfin, le 31 décembre 2005, le président ivoirien Laurent Gbagbo a affirmé son soutien au Premier ministre Charles Konan Banny et à son gouvernement, en appelant à l'action dans la nouvelle année. Il a également cité les quatre missions du gouvernement de M. Banny, à savoir :
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Conflits internes/Aceh |
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Indonésie : succès dans l'application du
mémorandum d'accord avec le mouvement de libération d'Aceh
La négociation par le gouvernement indonésien du mémorandum d'accord avec le mouvement de libération d'Aceh (GAM) s'est avéré une réussite au profit de la paix. En vertu de cet accord signé par les deux parties le 15 août 2005, notamment grâce à la médiation de M. Ahtisaari, ancien président finlandais, s'est engagé un processus de désarmement des acteurs de ce mouvement de libération (les "rebelles" d'Aceh ont ainsi remis un arsenal officiel de 840 armes). Suite à la dernière étape du processus engagé, a été annoncé le 27 décembre 2005 la dissolution de la branche armée du GAM; par voie de conséquence, les forces indonésiennes spécifiquement déployées dans la province ont également achevé leur retrait de la province d'Aceh. Les oppositions entre le gouvernement indonésien et le GAM sont anciennes : Kofi Annan a ainsi souligné que "l'accord met fin à un conflit de 29 ans qui a fait près de 15.000 victimes principalement parmi la population civile" (cf. UN News du 30 décembre 2005). Tout comme le Secrétaire général de l'ONU (cf. UN news précité ), "la France salue le caractère exemplaire de la mise en oeuvre de la première phase du mémorandum d'accord qui démontre la volonté du gouvernement indonésien et du GAM de travailler ensemble à la reconstruction et à la stabilité de la province", (cf. point de presse du 29 décembre 2005 du porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères). Dans cette perspective, la Mission d'observation à Aceh, composée de membres de l'Union européenne (UE) et de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), soit près de 230 personnes au total, a pu constituer une aide significative dans l'application du dispositif de l'accord de paix (sur le rôle de la mission, cf. document du Conseil de l'Union Européenne du 15 Août 2005, S 279/05).
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Jus ad bellum/jus in bello |
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Cour permanente d’arbitrage Commission des réparations Erythrée/Ethiopie Sentences arbitrales du 19 décembre 2005 Philippe WECKEL
La Commission a accueilli favorablement la requête de l’Ethiopie visant l’ouverture des hostilités par l’Erythrée en mai 1998. Elle a rejeté l’argument de l’Erythrée selon lequel ces opérations se seraient déroulées essentiellement dans la zone de Badme, territoire disputé par les deux parties que la Commission des frontières a finalement attribué à l’Erythrée. Les arbitres considèrent en effet que la légitime défense ne saurait être invoquée pour résoudre par la force un différend territorial. En second lieu, l’Etat défendeur avait soutenu avoir agi pour répliquer à des actions imputables à l’Ethiopie. La Commission considère que les incidents de frontières invoqués n’ont pas atteint un degré de gravité justifiant le recours à la légitime défense. En l’absence de justification par la légitime défense, l’offensive érythréenne ne saurait être conforme au droit international. Il est noté qu’elle s’est déroulée sur un territoire relevant de la souveraineté de l’Ethiopie ou pacifiquement administré par cet Etat. Par ailleurs, la Commission des réclamations refuse d’analyser les résolutions adoptées par les autorités éthiopiennes en réaction à l’attaque de l’autre Etat comme une déclaration de guerre, relevant pour le surplus que les relations diplomatiques n’ont pas été rompues. Les arbitres s’abstiennent de conclure que l’Erythrée a prémédité son action militaire. Ils constatent que cet Etat est responsable et devra réparation à raison de la violation de l’article 2, paragraphe 4 de la Charte. Le mot agression n’est pas employé dans cette sentence. Front Ouest et bombardement aérien. Cette sentence est particulièrement intéressante sur deux points :
La Commission estime que l’attaque d’un réservoir d’eau vital pour la population civile était contraire au droit international humanitaire. A noter ce passage de la sentence au sujet du caractère de règle coutumière des dispositions de l’article 54 (Protocole I) : « 105. While the Protocol had not attained universal acceptance by the time these attacks occurred in 1999 and 2000, it had been very widely accepted. The Commission believes that, in those circumstances, a treaty provision of a compelling humanitarian nature that has not been questioned by any statements of reservation or interpretation and is not inconsistent with general State practice in the two decades since the conclusion of the treaty may reasonably be considered to have come to reflect customary international humanitarian law”. La Commission admet par contre de considérer comme un objectif légitime une centrale électrique qui n’était pas encore en service et n’était pas destinée exclusivement à un approvisionnement militaire. Le Président de ce tribunal arbitral a exprimé une opinion dissidente sur ce point.
Si les règles du droit humanitaire relatives aux prisonniers de guerre sont applicables après la cessation des hostilités, il n’en va pas de même de celles qui sont relatives au déplacement forcé de la population civile en l’absence de disposition le prévoyant expressément. Le Protocole de 1993 impos |