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ONU réforme |
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Divergences à l’intérieur du G4 sur la réforme du Conseil de sécurité Sarah CASSELLA
Le Brésil, l'Inde et l'Allemagne ont présenté le 5 janvier un projet de résolution à l'Assemblée générale de l'ONU, appelant à l'élargissement du Conseil de sécurité, mais cette fois-ci, ils n'ont pas obtenu le soutien du Japon. Le texte est le même élaboré par le groupe des Quatre, composé du Brésil, de l'Inde, de l'Allemagne et du Japon, en août dernier. Celui-ci n’avait pas pu être mis au vote à l’époque. Il propose l'élargissement du Conseil de sécurité en passant de 15 à 25 membres, en ajoutant six membres permanents et quatre membres non- permanents. Dans une note explicative attachée au projet, le Brésil, l'Inde et l'Allemagne ont indiqué que l'objectif de la nouvelle présentation du projet de résolution est de faire redémarrer le processus de réforme du Conseil de sécurité. Ces trois Etats souhaitent maintenir le cadre du G-4 avec le Japon et sont ouverts aux amendements éventuels au projet ; ils ne visent pas à un vote sur la résolution dans l'avenir immédiat (v. article). Le Japon ne souhaite manifestement pas appuyer cette proposition. Il a en effet relancé ses efforts pour obtenir le statut de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, en recherchant essentiellement le soutien des Etats-Unis. Le ministère japonais des Affaires étrangères travaille sur une nouvelle proposition, qui consiste à faire passer le Conseil de sécurité de 15 à 25 membres, tout en laissant une grande marge pour décider du statut permanent ou non permanent de ces six nouveaux sièges. Selon ce projet, un pays peut devenir membre permanent du Conseil de sécurité s'il obtient le soutien de plus de 128 pays, à savoir deux-tiers des 191 pays membres de l'ONU (v. article). Si ce n'est pas le cas, il pourrait également briguer le statut de membre non permanent en obtenant un certain nombre de voix. Les Etats-Unis ne se sont pas encore prononcés sur cette nouvelle initiative. L'Inde et le Japon avaient pourtant réaffirmé le 4 janvier leur engagement à l'élargissement du Conseil de sécurité, et avaient appelé à mobiliser le plus grand soutien possible pour le groupement du G4, formé à cet effet. « Les ministres ont souligné la nécessité d'une réforme urgente et profonde des Nations Unies, y compris l'élargissement du Conseil de sécurité
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aussi bien en termes de membres permanents que non-permanents », selon un communiqué de presse conjoint publié à l'issue d'une rencontre de délégations dirigées par le ministre japonais des Affaires étrangères, Taro Aso, et le ministre d'Etat indien aux Affaires étrangères, E. Ahamed. Taro Aso a également rencontré des responsables indiens dont le Conseiller à la sécurité nationale M. K. Narayanan et le président A. P. J. Abdul Kalam, pour discuter des relations bilatérales et des réformes de l'ONU. Taro Aso a finalement déclaré mardi 10 janvier qu'une résolution du G4 non modifiée ne serait pas acceptée aux Nations Unies et que le Japon préfère poursuivre le dialogue avec les Etats-Unis dans le cadre de ses démarches, « tout en maintenant la coopération avec le G4 ». Bien que les Etats-Unis soient le plus grand allié du Japon, ils restent fermement opposés à la résolution du G4. Le Japon prépare sa propre proposition de résolution, à partir des documents qui expriment sa position concernant la réforme du Conseil de sécurité.
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ONU protection du personnel |
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ONU, les attaques contre le personnel ont continué à augmenter en 2005 Jacobo Ríos Rodríguez
Le 5 janvier 2006, le syndicat du personnel de l’ONU a rendu public un communiqué alertant de l’augmentation d’attaques contre le personnel de l’ONU en 2005, aussi bien contre les Casques bleus que contre les civils. Si en 2004 les victimes se comptaient au nombre de 19, le nombre de pertes à déplorer parmi les agents des Nations Unies en 2005 est passé à 32, provoquées par au moins 23 attaques contre le personnel de l’Organisation. Il s’agit de 20 Casques bleus dont une majorité fait partie de ceux qui étaient déployés à Haïti et en République Démocratique du Congo, 2 policiers, un garde de sécurité, et 9 civils envoyés dans le cadre des opérations de maintien de la paix des Nations Unies et des institutions ou programmes des Nations Unies, tels que le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets ou l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNWRA). Ils s’ajoutent ainsi à une liste noire qui ne cesse de croître, tout particulièrement depuis 1990. En effet, depuis le début des années 90, qui ont connu une multiplication de conflits internes dans lesquels les forces de l’ONU ont été obligées d’intervenir, cette liste a enregistré pas moins de 300 victimes mortelles. Mais les meurtres ne sont qu’une des données sombres : plusieurs centaines d’agents ont été, depuis la même date, pris en otage, disparus sans plus de nouvelles, ou emprisonnés. Tout cela, malgré les amples immunités que reconnaît la Convention sur les privilèges et immunités de l’ONU à ses agents. En arrière plan des statistiques, tous les enjeux portent sur l’effectivité et l’indépendance de l’action des Nations Unies, qui risque de se voir entravée d’autant plus que son personnel ne peut pas toujours jouir de la protection nécessaire. La réalisation des buts énoncés par l’article 1 de la Charte et le respect de ses Principes passe par le respect de l’immunité des agents non seulement sur le plan du droit mais aussi des faits. Le bilan indiqué de l’année 2005 met en relief le problème. « Ces incidents nous rappellent douloureusement les nombreux risques courus quotidiennement par les agents des Nations Unies dans le monde. On sait depuis longtemps que le drapeau bleu de l'ONU n'offre plus de protection, plusieurs de nos personnels ont été victimes d'attaques délibérées », signalait Guy Candusso, Vice-président du Syndicat du personnel. Pour sa part, Rosemarie Waters, la Présidente du Syndicat, dans le communiqué précité a insisté sur le fait que « cela [la proliferation des attaques] démontre bien la nécessité de mettre un terme à la logique d'impunité qui prévaut actuellement » et de traduire en justice les auteurs de ces actes, ce qui arrive rarement.
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« De telles poursuites relèvent de la responsabilité des États Membres », a ajouté la Présidente du syndicat. En effet, aucun État ne doit octroyer d’asile aux auteurs des attentats. Mais en allant plus loin, la responsabilité réelle de prévention et protection est partagée. D’un côté, il est certain que les États dans lesquels le personnel est envoyé doivent assurer la sécurité des agents des Nations Unies. Il est certain aussi qu’ils ne le font pas toujours, et que son action de protection a des degrés d’intensité très variables, dont on ne peut pas exclure la pression d’acteurs internes plus ou moins visibles. D’un autre côté, il convient de souligner que, pour assurer l’effectivité pratique de la protection du personnel à sa charge, l’Organisation doit déployer tous les moyens nécessaires. C’est dans ce contexte que prend tout son sens l’action normative récente de l’Organisation dans ce domaine. Si l’instrument juridique de base aussi bien dans la prévention que dans la repression est la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé, adoptée par l’Assemblée générale le 9 décembre 1994 et entrée en vigueur en 1999, de nouveaux développements méritent d’être mentionnés. Ainsi, après l’attentat au siège des Nations Unies à Bagdad en 2003 qui a pris la vie de plus de 20 membres du personnel de l’Organisation, la résolution 1502 du Conseil de Sécurité a qualifié les attaques contre le personnel d’assistance humanitaire de crimes de guerre, à l’instar de l’article 8 du statut de la Cour Pénale Internationale. L’insuffisance de la Convention de 1994, ratifiée à ce jour par 79 pays, se faisait déjà de plus en plus évidente. Le 16 novembre 2005, la Sixième Commission a recommandé à l’Assemblée générale d’adopter un protocole facultatif à la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé, qu’elle a incorporé dans une résolution du 8 décembre 2005 (A/RES/60/42). Ce Protocole constitue un outil indispensable pour élargir et clarifier la portée de la protection de la Convention de 1994 ainsi que pour faciliter sa mise en œuvre. Il entrera en vigueur, selon son article VI, « trente jours après la date du dépôt auprès du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies de vingt-deux instruments de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion ». À l’heure actuelle, un mois après son adoption par l’Assemblée générale, le débat sur la sécurité des agents et la ratification du Protocole se situent au premier plan dans les nécessités de l’Organisation.
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ONU justice personnel |
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Nomination d’un groupe d’experts chargé de la refonte de l'administration de la justice à l'ONU Fatma RAACH
Le secrétaire générale des Nations Unies a nommé le jeudi 12 janvier 2006 un groupe d’experts externes et indépendants afin d’étudier la question de la refonte de l'administration de la justice à l'ONU pour renforcer l'obligation de reddition, accroître la transparence et améliorer la réforme de la gestion des Nations Unies. L’assemblée générale des Nations unies a déjà exprimé cette demande dans sa résolution 59/283, adoptée le 13 avril 2005, qui a souligné que « le système d’administration de la justice dans l’ensemble l’Organisation des Nations Unies doit être indépendant, transparent, efficace, rationnel et juste ». Dans le communiqué de l'ONU cette mesure s'inscrit aussi dans la lignée d'initiatives récentes comme la création d'un Bureau de la déontologie, la promulgation d'une politique de protection de dénonciateurs d'abus et l'obligation pour les hauts fonctionnaires de déclarer plus rigoureusement leurs avoirs financiers.
La mission du groupe consistera, donc, en l’évaluation de l’ensemble du système d’administration de justice (le Tribunal administratif, les procédures non contentieuses de règlement des litiges).
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Le calendrier de travail du groupe a été fixé comme suit : les travaux devront être entamés le premier février 2006. Le groupe d’expert doit soumettre ses conclusions et recommandations à l'Assemblée générale d'ici à la fin du mois de juillet.
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ONU application des sanctions |
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« Pétrole contre nourriture » / Etats-Unis : arrestation d’un citoyen sud-coréen Suany MAZZITELLI
Un citoyen sud-coréen a été interpellé, par le Bureau Fédéral d’Investigation (FBI) des Etats Unis, le vendredi 6 janvier 2006 à Houston, au Texas, dans le cadre du scandale «pétrole contre nourriture» (voir aussi communiqués sur le scandale). L’homme d’affaires, Tongsun Park est accusé de conspiration pour son assistance au gouvernement irakien dans l’application du programme de l'ONU «pétrole contre nourriture» (voir communiqué du 7 janvier 2006). Le programme « pétrole contre nourriture » avait été mis en place pour permettre de 1996 à 2003 à l’Irak, alors sous embargo, de vendre du pétrole pour acheter des biens de première nécessité pour sa population. Ce programme, d'une valeur de 100 milliards de dollars, avait été toutefois perverti par le gouvernement irakien et plusieurs milliards de dollars avaient été détournés. Au sein de l’ONU, une Commission d'enquête indépendante (CEI) sur la gestion du programme « Pétrole contre nourriture » a été mise en place afin d’établir la pleine vérité à propos des allégations de fraude et de corruption dans le programme, et au regard des allégations de mauvaise gestion du programme par l’ONU. Les experts dirigés par Paul Volcker ont démontré l’existence d’un système de contournement systématique de l’embargo, mis en place progressivement par le régime de Saddam Hussein (dépêche). Le prévenu, Tongsun Park, aurait servi d'intermédiaire au régime de Saddam Hussein. D'après l'inculpation, qui est conforme à l’acte d’accusation du Procureur général du district sud de New York du 14 avril 2005, l'homme aurait reçu au moins deux millions de dollars pour travailler au nom de Bagdad dès octobre 1992. Il aurait été l’intermédiaire du gouvernement iraquien avec des hauts responsables des Nations Unies, dont les noms ne sont pas spécifiés par le procureur de Manhattan (voir article du 10 janvier 2006) (voir aussi communiqué du 9 janvier 2006). Des réunions auraient ainsi eu lieu à New York et Genève en 1993 entre ces officiers onusien et M. T. Park et d’autres individus, ainsi que entre les officiers onusiens de haut rang et deux représentants du gouvernement irakien, afin de négocier les termes et les conditions d’un accord potentiel sur le programme «pétrole contre nourriture». La résolution S/RES/986 du Conseil de sécurité du 14 avril 1995, qui autorisa l’Iraq à vendre du pétrole contre les biens de première nécessité pour sa population, sous contrôle de l’ONU, a été en partie le fruit de ces négociations. Néanmoins M. Park n’avait jamais été enregistré comme un agent du gouvernement iraquien durant ces négociations. L’homme avait pourtant reçu au moins deux millions de dollars du gouvernement iraquien comme compensation de ses services.
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M. Park a été donc accusé de conspiration pour avoir participé à une fraude, en agissant comme un agent d’un Etat étranger sans s’être registré en tant que tel auprès du Procureur général des Etats-Unis. Le Procureur Michael Garcia a déclaré que «Le gouvernement de Saddam Hussein a payé Tongsun Park pour corrompre le programme pétrole contre nourriture. L'arrestation de Park est une étape importante dans les efforts du gouvernement fédéral pour traduire en justice ceux qui ont enfreint la loi américaine en sapant l'objectif humanitaire de ce programme» (voir communiqué du 6 janvier 2006). M. Tongsun Park a été entendu lors d’une première audience dans une Court de Houston le lundi 9 janvier 2006, mais il n’avait pas plaidé contre les accusations de conspiration, en affirmant qu’il aurait attendu d’être transféré à New York avant de répondre aux accusations (voir communiqué du 10 janvier 2006). Par ailleurs les autorités américaines nécessitent d’ultérieures informations sur cette affaire pour la poursuite du procès. Les conditions de l’arrestation sont par ailleurs incertaines, puisque il semblerait que M. Tongsun Park avait été initialement arrêté au Mexique et qu’il ai été transféré seulement par la suite à Houston pour être appréhendé par les autorités américaines. L’avocat de M. Park, M. Randy Schaffer, compte bien contester la compétence des autorités américaines pour ce procès, en invoquant le droit de son client à l’extradition vers la Corée du Sud depuis le Mexique. Il conteste également la légalité de l’arrestation de M. Park, en effet «Mr. Schaffer said he did not know the identity of the agents who seized Mr. Park. Essentially, he's kidnapped in Mexico and brought to Houston». Le FBI nie de son coté toute implication dans l’arrestation au Mexique (voir communiqué du 11 janvier 2006, free registration). Enfin, les liens entre le prévenu et les Etats-Unis, notamment la CIA rendent encore plus complexe le contexte de cette affaire (voir document).
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Terrorisme |
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Conseil de sécurité : mesures concernant le terrorisme Suany MAZZITELLI Le Conseil de sécurité a entendu pour la fin d’année 2005 les exposés des différents Comités et groupes de travail chargés de l’application des mesures prises par le Conseil dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le Conseil a pu en effet examiner les rapports du Comité concernant Al-Quaida, les Talibans et les personnes et entités qui leur sont associées, du Groupe de travail sur les mesures à prendre contre les terroristes autres que Al-Quaida et les Talibans ainsi que le rapport du Comité contre le terrorisme (CCT). La déclaration du Président du Conseil de sécurité sur le terrorisme (CCT) : Le Président du Conseil de sécurité, M. Adam Thomson, représentant du Royaume-Uni, ayant examiné le rapport du CCT du 16 décembre 2005, a fait une déclaration, le 20 décembre 2005 (voir S/PV.5338), au nom des membres du Conseil. Dans sa déclaration le Conseil de sécurité « réaffirme que le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations constitue l’une des menaces les plus graves pour la paix et la sécurité internationales, et que tous les actes de terrorisme sont criminels et injustifiables, quel que soit leur mobile, quels que soient le lieu et le moment où ils sont commis et quels qu’en soient les auteurs ». Par ailleurs, lors de la conférence de presse de fin d’année, le 21 décembre 2005, le Secrétaire général, M. Kofi Annan, en faisant ses veux pour une nouvelle année « de paix et de prospérité », a confirmé l’importance de cette menace contre la paix et le caractère prioritaire de la lutte contre ce danger. M. Kofi Annan a en effet souligné que « Le Sommet mondial de 2005 » avait permis d’établir « pour la première fois une définition générale des menaces, … et cinq catégories: premièrement pauvreté, maladies infectieuses, dégradation de l’environnement; deuxièmement conflits armés à l’intérieur et entre les États; troisièmement, crimes organisés; quatrièmement terrorisme; cinquièmement armes de destruction massive ». Il a ajouté « Je crois que pour la première fois, nous avons défini clairement les menaces qui pèsent sur toutes les régions ». Dans leur déclaration du 20 décembre 2005 les membres Conseil de sécurité, en rappelant la résolution S/RES/1535 (2004), créant la Direction du Comité contre le terrorisme, ont également exprimé leur intention d’entreprendre un examen global de cet organe, établi sous la direction générale du Comité contre le terrorisme, et crée dans le but de donner une meilleure application à la résolution S/RES/1373 (2001) et afin de permettre l’efficacité du travail du Comité. Dans le cadre de l’organisation du CCT, le Secrétaire général avait en outre adressé au Président du Conseil de sécurité, le 13 décembre 2005, une lettre par laquelle il recommandait que le mandat de M. Javier Rupérez, Directeur exécutif de la Direction du CCT, soit prorogé d’un an. Le Président du Conseil de sécurité avait consenti à cette requête dans sa lettre adressée au Secrétaire général le 21 décembre 2005. Le Conseil avait aussi examiné, le 19 décembre 2005, avec l’examen des rapports des Comités des sanctions, les activités du groupe de travail sur les mesures à prendre contre les terroristes autres que Al-Quaida et les Talibans. Sanctions contre le terrorisme, Groupe de travail 1566 (19 décembre 2005): Lors de la réunion du Conseil de sécurité du 19 décembre 2005, consacrée à l’examen des rapports des différents Comités des sanctions (voir communiqué du 20 décembre 2005), M. Lauro Baja, représentant des Philippines et Président du Groupe de travail 1566 du Conseil de sécurité, avait évoqué la question des méthodes de travail du Groupe. Il avait notamment signalé que le Groupe de travail avait décidé de centraliser ses recommandations au Conseil de sécurité sous trois grands titres: 1- mesures concrètes à imposer aux individus, groupes ou entités impliqués ou associés à des activités terroristes autres que celles désignées par le Comité des sanctions Al-Qaïda/Taliban; 2- victimes des actes terroristes; 3- et portée d’application des mesures qui pourraient être adoptées conformément à la résolution 1566. S’agissant du premier point, les membres du Groupe de travail avaient décidé de se concentrer sur le gel des avoirs financiers, la prévention des mouvements et de l’offre d’armes, le renforcement des poursuites et des extraditions, la prévention du recrutement, de l’entraînement et de la provocation publique, et de l’utilisation d’Internet. Concernant les « victimes d’actes terroristes », le Groupe de travail avait décidé de débattre de l’appui aux victimes et de la création éventuelle d’un fonds d’indemnisation pour le préjudice subi. Quant à la « portée d’application des mesures qui pourraient être adoptées », les membres du Groupe s’attacheraient à envisager comment mettre en place des moyens efficaces en vue d’identifier les individus, groupes ou entités impliqués ou associés avec des activités terroristes autres que celles désignées par le Comité des sanctions Al-Qaïda/Taliban. M. L. Baja avait souligné à cet égard que les recommandations du Groupe de travail auraient été présentées dans le rapport du Groupe de travail, dont la publication n’aurait pas tardé, en espérant que le Conseil aurait examiné ces recommandations en vue d’une action future (voir communiqué du 19 décembre 2005).
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Par ailleurs, M. L. Baja avait fait à cette occasion quelques observations sur le fonctionnement du Conseil de sécurité. Il avait notamment souligné certaines faiblesses de cet organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales, en affirmant que « L’édification des nations représente plus de la moitié du temps et du travail du Conseil, ce qui a tendance à diluer son attention des menaces plus fondamentales à la paix et à la sécurité internationales ». Il avait également estimé que le Conseil de sécurité constituait le miroir des rapports de forces, ce qui l’empêchait d’agir de façon crédible, constante et objective. M. Baja avait dès lors espéré que le Conseil prendrait le temps d’évaluer ses propres pratiques, en estimant que le Conseil devrait disposer d’une entité chargée d’analyser l’efficacité des ses mesures et en particulier des sanctions. M. L. Baja s’était également prononcé en faveur de la coopération entre les organes subsidiaires du Conseil (voir S/PV.5293 du 26 septembre 2005) et en faveur d’une participation croissante des organisations non gouvernementales et de la société civile dans le travail du Conseil. Le 6 décembre 2005, le Conseil de sécurité avait également reçu le rapport du Comité des sanctions concernant Al-Quaida, les Talibans et les personnes et entités qui leur sont associées. Sanctions contre le terrorisme, Comité crée par la résolution S/RES/1267 (1999) (6 décembre 2005) : Le Président du Comité du Conseil de sécurité concernant Al-Qaida, les Taliban et les personnes et entités qui leur sont associées avait adressé au Président du Conseil de sécurité deux lettres datées du 1er décembre 2005 et publiées le 6 décembre 2005. Le Comité avait adressé au Président du Conseil le rapport sur son travail. Le rapport mettait en évidence les nombreuses difficultés rencontrées dans l’établissement et l’utilisation des listes de personnes et entités associées à Al-Quaida et aux Talibans, notamment du fait de la définition insuffisante de ce rapport d’association. Le rapport constatait également le caractère relativement ancien des informations à la disposition du Comité, les rapports des Etats lui étant parvenus de façon échelonnée dans le temps, ils dataient parfois d’il y a trois ou quatre ans et ne pouvaient refléter avec exactitude la situation actuelle. En outre le manque de moyens, mais également une certaine réticence de la part de quelques Etats semblaient être les majeurs obstacles à la coopération entre le Comité et les Etats dans la récolte des informations et dans la mise en œuvre des mesures d’emprisonnement et de gel des avoirs. Enfin le Comité observait que « qu’il semble exister dans certains États Membres une interprétation erronée selon laquelle des procédures pénales nationales sont nécessaires aux fins du gel d’avoirs. Il faut insister sur le fait que les États Membres sont dans l’obligation de geler les avoirs d’un individu ou d’une entité dès que son nom est ajouté à la liste et que les tribunaux nationaux, par exemple, n’ont aucun pouvoir discrétionnaire à cet égard. Le Comité fait également observer qu’une condamnation ou des poursuites pénales ne sont pas un préalable requis à l’inclusion sur la liste récapitulative et qu’il est inutile que les États Membres attendent pour proposer l’inscription du nom d’un individu ou d’une entité sur la liste que des poursuites administratives, civiles ou pénales soient engagées ou menées à leur terme ». Ces observations montrant toute l’ampleur des difficultés et des incertitudes dans l’application de ce type de sanctions du Conseil de sécurité. Dans la deuxième lettre, le Comité souhaitait appeler l’attention du Conseil de sécurité sur sa position concernant un certain nombre des recommandations énoncées dans le rapport. Le Comité estimait notamment que « bon nombre des recommandations devraient être portées à l’attention des États Membres car elles peuvent les aider à améliorer sensiblement l’application des sanctions ». Enfin, dans sa note du 5 janvier 2006, le Président du Conseil de sécurité a communiqué les noms des présidents et les vice-présidents des organes subsidiaires du Conseil de sécurité, élus à l’issue de consultations entre les membres du Conseil, pour la période qui s’achèvera le 31 décembre 2006.
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| Prolifération nucléaire Iran |
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Réactions internationales après la reprise
du
programme nucléaire d'enrichissement d'uranium en Iran
L'Iran a annoncé (cf.
dépêche de l'agence de presse iranienne IRNA du 8 janvier 2006) la
reprise de son programme d'enrichissement, effective depuis le 9 janvier
2006 (site de Natanz, lever les scellés posés
par l'AIEA sur le matériel et l'équipement servant à l'enrichissement). La
réaction d'une grande partie de la communauté internationale est de
n'adhérer nullement à cette reprise du programme nucléaire civil et de
montrer toute sa préoccupation sous l'angle de la paix et de la sécurité
internationale puisque certains Etats dont la France, évoquent l'hypothèse
de saisir le Conseil de sécurité des Nations Unies de la question. La reprise du programme d'enrichissement par l'Iran révèle la constance de cet Etat dans l'affirmation de son droit souverain à exploiter l'énergie nucléaire dans la perpective d'un programme civil. De manière générale, l'AIEA en ce sens a toujours affirmé ce droit inaliénable, et encore le 3 janvier 2006, Mohamed El Baradeï a rappelé le "droit selon le TNP pour tous les Etats, y compris l'iran, à un usage pacifique de la technologie nucléaire" ( cf. point de presse du Secrétaire général de l'AIEA du 3 janvier 2006); l'Iran trouve ainsi dans nombre de textes de l'AIEA une source de légitimation de son action. Il s'agit là d'une nouvelle tempête soulevée par l'Iran ou amplifiée par les craintes des Etats, occidentaux notamment, quant à des finalités militaires non avouées du programme iranien de recherche et développement. Une forte suspicion pèse certes sur les intentions de l'Iran et la clandestinité de certains programmes a été prouvée par l'AIEA. Plusieurs résolutions de l'Agence ont ainsi invité l'Iran a suspendre toute activité dans le domaine nucléaire et ce encore récemment le 3 janvier 2006 après les déclarations de l'Iran (cf. point de presse du Secrétaire général de l'AIEA du 3 janvier 2006); des solutions ont été recherchées par la voie de la négociation, mais dont les effets sur l'Iran sont assez aléatoires malgré toute l'énergie déployée; la troïka européenne qui a notamment négocié l'accord de Paris (EU-3 : Allemagne, France, Grande Bretagne), avait en effet offert une assistance économique à l'Iran ainsi qu'une coopération pour le développement d'un programme énergétique civil, sous réserve de l'engagement de ne pas produire en Iran de combustible susceptible d'être utilisé à des fins militaires. Les 3 Etats s'étaient également engagés à fournir à l'Iran le combustible nécessaire à l'alimentation de ses centrales nucléaires civiles. La Présidence de l'Union européenne, dans une déclaration du 7 janvier 2006, "juge surprenant et déraisonnable que l'Iran se propose d'adopter cette mesure à un moment où, en réponse à une proposition de M. Larijani, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne étudient avec l'UE la possibilité de revenir à la table des négociations. Reprendre les activités et faire fi à ce point des demandes réitérées du Conseil des gouverneurs de l'AIEA ne peut que gravement compromettre la possibilité de renouer les négociations". Les réactions à la décision de l'Iran, sont pour l'essentiel "préoccupées"; plus précisément elles sont les suivantes
la déclaration de la Présidence au nom de l'Union européenne sur les |