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Cinquième Commission: difficultés dans l’adoption de la décision sur les propositions de réforme du Secrétaire général
Sarah CASSELLA
La Cinquième Commission de l’Assemblée générale rencontre de nombreuses difficultés dans l’examen des propositions de réforme présentées par le Secrétaire général. Il était en effet prévu qu’elle termine ses travaux le 27 avril, mais malgré une journée de débats ainsi que de nombreuses suspensions consacrées à des consultations supplémentaires, le projet de texte « Investir dans l’Organisation », présenté par l’Afrique du Sud, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, et répondant aux 23 propositions du Secrétaire général pour une Organisation plus efficace, n’a pas rencontré une acceptation générale. L’Afrique du Sud, qui a présenté de nouveaux amendements, a demandé que la Commission prenne une décision au plus vite, par consensus. Jugeant les changements insuffisants, l’Autriche, au nom de l’Union européenne, la Nouvelle-Zélande, au nom du Groupe CANZ, les États-Unis et le Japon ont affirmé que le texte ne rencontrait pas le consensus et qu’un vote accéléré ne pouvait pas constituer une solution acceptable. Le représentant de l’Union européenne a en effet estimé qu’il reste des problèmes qui touchent à des questions fondamentales. L’Union souhaite l’assistance du Président de l’Assemblée générale pour résoudre cette question, alors qu’une quarantaine d’Etats a déjà écrit à ce dernier pour lui demander d’intervenir. L’Afrique du Sud a insisté sur la volonté du Groupe des 77 et de la Chine de voir la question réglée au niveau de la Commission. Le Secrétaire général a reconnu dans une lettre que deux de ses propositions avaient engendré, des controverses importantes. Il a donc suggéré que la proposition n° 20, recommandant de nouveaux principes de dialogue entre le Secrétariat et l’Assemblée générale sur les questions de gestion et budgétaires, et la proposition n° 21, invitant l'Assemblée à modifier les modalités de son dialogue avec le Secrétariat sur ces questions, soient mises de côté, afin de permettre une rapide adoption du projet de résolution par consensus. Le représentant de l’Afrique du Sud, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, s’est dit prêt à supprimer toutes les parties du projet de résolution concernant les propositions 20 et 21 et a proposé une nouvelle formulation par laquelle la Commission prendrait note de la lettre du Secrétaire général et de l’abandon de l’examen des propositions 20 et 21. Les États-Unis ont estimé que cette suggestion n’était pas acceptable, alors que l’Union européenne a déclaré vouloir suivre la suggestion du Secrétaire général. Le Japon s’est également prononcé contre la proposition du Groupe des 77 qui, selon lui, ne pourrait conduire qu’à une nouvelle divergence de vues. Le représentant de l’Afrique du Sud a estimé que les propositions 20 et 21 doivent être définitivement abandonnées et ne doivent en aucun cas faire l’objet d’un nouvel examen devant l’Assemblée générale (v. toutes les déclarations). La Cinquième Commission avait commencé l’examen des propositions du Secrétaire général pour mettre en œuvre la réforme de l’ONU au début du mois d’avril. Ces propositions avaient été présentées le 3 avril à l’Assemblée générale par le Vice-Secrétaire général de l’ONU, Mark Malloch Brown et intéressaient six domaines: le capital humain, la qualité de l’encadrement, l’informatique/télématique, les prestations de services, le budget et les finances, la gouvernance, ainsi que la gestion du changement. Le Vice-Secrétaire général a incité les Etats à donner au Secrétariat les moyens de mieux s’acquitter de ses responsabilités. Présentant la position du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB,) son Président, Rajat Saha, a déclaré que cet organe recommandait au Secrétaire général d’établir un rapport d’application détaillé avant la fin du mois de mai 2006, présentant concrètement les moyens nécessaires à la mise en œuvre des propositions, le rendement des investissements prévus et le calendrier de mise en œuvre. Le représentant de l’Autriche, au nom de l’Union européenne, avait mis l’accent sur le principe de responsabilisation ; plusieurs délégations ont mentionné que la responsabilisation était un élément clef de la réforme en souhaitant que l’on mette en place des objectifs qui permettront d’évaluer les performances du Secrétariat. Le représentant de l’Afrique du Sud, au nom du Groupe des 77, avait souhaité que l’on introduise des mesures conformes à la nature intergouvernementale de l’Organisation. Dans le même ordre d’idées, la représentante de la Norvège s’est exprimée contre toute nouvelle structure de gouvernance qui atténuerait les pouvoirs du Secrétaire général ou porterait atteinte au caractère multilatéral de l’ONU. La Cinquième Commission a également entendu le 4 avril les déclarations des représentants du Pakistan et du Nigeria qui ont souhaité que la réforme n’entrave pas le rôle de contrôle et l’autorité de l'Assemblée générale. Soulignant l’importance de ce rapport pour parvenir à une Organisation plus moderne, plus efficace et plus performante, les représentants de l’Australie au nom du Groupe de CANZ, des États-Unis, de l’Inde et du Japon ont souhaité des mesures rapides, d’ici au 18 avril, pour améliorer la gestion et la transparence de l’ONU conformément aux ambitions du Document final du Sommet de 2005. La Cinquième Commission aurait donc dû se prononcer avant cette date afin de permettre au Secrétariat de présenter son rapport au plus vite. Le représentant de la Fédération de Russie s’est prononcé contre la délocalisation proposée des services linguistiques et de traduction en raison des risques que cela comporte en termes de qualité. Il a encore estimé, contrairement à l’avis du Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires, que la répartition des fonctions entre le Secrétaire général et le Vice-Secrétaire général dépassait les prérogatives du Secrétaire général. La délégation de la République de Corée, a divisé en trois catégories les 23 propositions du Secrétaire général, en définissant un ordre de priorité : -celles de la prérogative du Secrétaire général n’exigeant pas l’approbation de l'Assemblée; -celles de la prérogative du Secrétaire général avec des incidences financières exigeant l’intervention de l'Assemblée; -celles exigeant une décision de l'Assemblée. Il a demandé au Secrétaire général de mettre en œuvre rapidement les propositions dépendant exclusivement de sa prérogative. Parmi les questions débattues et controversées figuraient également les prestations du personnel sur le terrain, le renforcement du Fonds de roulement, la création d’un Fonds de réserve pour les fluctuations monétaires, l’imposition d’intérêts sur les arriérés, la transparence du processus de sélection des cadres, les achats dans les opérations de maintien de la paix, le projet de Bureau de la gestion du changement. Le Chef du cabinet du Président de l'Assemblée générale a rappelé que des consultations soutenues avaient été menées depuis début mars 2006 pour permettre à la Cinquième Commission de conclure ses travaux. Une nouvelle réunion devait se tenir avant la fin du mois d’avril pour essayer d’obtenir un accord a minima (v. les déclarations du 3 avril et les déclarations du 4 avril).
Cinquième Commision : « Plan-cadre d’équipement »
Florina COSTICA
Dans un projet de résolution intitulé « Plan-cadre d’équipement », adopté par consensus le 24 avril 2006, la Cinquième Commission a recommandé à l’Assemblée générale de débloquer environ 100 millions de dollars pour une remise en état du siège de l’ONU à New York. Ainsi, dans un premier temps, l'Assemblée générale ouvrirait un crédit de 23,5 millions de dollars pour financer les phases de conception et d'élaboration des études techniques, en autorisant, dans un deuxième temps, le Secrétaire général à engager, pour le prochain exercice biennal, des dépenses d'un montant maximum de 77 millions de dollars, somme qui financera, lors de la rénovation du siège, la construction et l'équipement d'un centre de conférences provisoire, ainsi que la location de locaux à usage de bureaux transitoires. Ce « plan-cadre » de rénovation est censé pallier les insuffisances en termes de sécurité (manque de diffuseurs d'eau en cas d'incendie) et en matière de normes environnementales (présence de l’amiante, gaspillage d’énergie en raison du manque d’isolation) des sept bâtiments du complexe des Nation Unies. Après plus d’un demi-siècle de sa construction, le siège de l’ONU serait enfin rénové. Aux travaux participerait aussi un des douze architectes qui ont conçu la première construction. Il s’agit du nonagénaire Oscar Niemeyer que le directeur exécutif du nouveau « Plan-cadre » est allé rencontré au Brésil pour le consulter sur la possibilité de construire un bâtiment permanent sur la pelouse nord du siège.
Sahara occidental: Rapport du Secrétaire général de l’ONU Tidiani COUMA
La situation au Sahara Occidental revient ces derniers jours sur le devant de la scène internationale. Objet de nombreuses missions spéciales et de multiples rapports garantissant indistinctement le droit légitime du peuple sahraoui à l'autodétermination, le dossier, qui sommeille indéfiniment dans les tiroirs de l’Organisation mondiale depuis 1975, est encore une fois «réactivé» par le Secrétaire général de l'ONU. Dans son Rapport, rendu public le 19 avril 2006, le Secrétaire général, Kofi Annan, a signalé que les Nations Unies ne peuvent soutenir un plan qui exclut un référendum légitime, alors qu'elle recommande de concéder l'autodétermination au peuple du Sahara occidental en référence à la proposition d'autonomie que le Maroc souhaite pour ce territoire, annexé depuis 1975, date de départ des Espagnols. C'est l'un des passages de ce rapport qu’il a présenté devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Ainsi Kofi Annan semble remettre implicitement en question tous les travaux réalisés par ses prédécesseurs et renvoie les deux parties à des négociations directes, sans préalable aucun. Tout en exprimant sa vive préoccupation quant au blocage qui caractérise la situation au Sahara occidental, M. Annan a ajouté que le Conseil de sécurité n'allait pas permettre la prolongation de ce blocage et de l'instabilité dans la région, menaçant ainsi la paix et la sécurité internationales. A ce titre, il recommande que le mandat de la MINURSO soit prorogé pour une nouvelle période de six mois, jusqu'au 31 octobre 2006. Le Secrétaire général de l'ONU s'est dit particulièrement inquiet par les démonstrations de force, après les récentes manifestations au Sahara, et par la «qualité» des procès qui s'y tiennent à l'encontre des manifestants arrêtés. «Bien que la Mission des Nations Unies pour le Sahara occidental (Minurso) ne soit pas habilitée à intervenir à ce sujet, l'ONU est engagée dans la défense des principes internationaux des droits humains». Il est établi en droit international, rappelle le Secrétaire général, qu'il n'y a « aucune raison valable pour que les règles concernant la décolonisation et l'autodétermination » ne s'appliquent pas au Sahara occidental, ainsi que l'avait déclaré la Cour internationale de justice dans un avis consultatif en date du 16 octobre 1975. Réaction : Algérie : dans un communiqué, le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires étrangères, Mohammed Bedjaoui, a indiqué que « le rapport du Secrétaire Général des Nations Unis concernant le conflit du Sahara Occidental souffre de lacunes ». M. Bedjaoui qui a rencontré, à New York, Kofi Annan, lui a réitéré la position de l’Algérie sur cette question. Le communiqué rappelle les remarques faites par le ministre algérien des Affaires étrangères à Kofi Annan, concernant la grave dérive qui pourrait se produire au cas où le Conseil de Sécurité et le Secrétaire général des Nations Unis dévieraient de la légitimité internationale et que cela aurait des conséquences fâcheuses sur la stabilité dans la région.
Le Secrétaire général de Nations Unies appelle la société civile à un rôle plus actif dans la réforme
Fatma RAACH
Lors de la conférence annuelle de l’Association des Nations Unies en Grande Bretagne et en Irlande du Nord, M.Annan a rappelé les nouvelles mesures prises depuis le sommet de 2005 dans le cadre de la réforme de l’organisation, axée sur une plus grande transparence et effectivité pour le bien de l’humanité. Il a rappelé que la réalisation de ces objectifs ne doit pas dépendre uniquement du rôle des gouvernements et des organisations internationales, car elle doit associer la société civile et les hommes et femmes du monde entier qui comprennent la nécessité d’agir en commun et qui luttent contre les dangers communs. Il a ajouté que ceci constitue l’essence du multilatéralisme effectif.
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ONU/Conseil de Sécurité: la question palestinienne « The two States solution »
Suany MAZZITELLI
Le Conseil de Sécurité a consacré sa séance du 24 avril 2006 à la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne. Si le Conseil n’a adopté aucune mesure particulière lors de cette réunion, il convient toutefois de mettre en évidence les remarques faites à cette occasion au regard de l’avenir d’une solution négociée entre Israël et la Palestine dans l’établissement de l’Etat palestinien (S/PV.5419). M. Alvaro de Soto, Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, a dressé un tableau de la situation plutôt défavorable à la coopération entre Israël et la Palestine, dans l’établissement du nouveau Etat palestinien. En effet, le Coordonnateur spécial a affirmé que l’on assistait « à une détérioration du conflit israélo-palestinien qui risque d’être dangereuse » (voir message du Secrétaire général du 26 avril 2006). M. Soto a souligné comment l’attitude adoptée par le nouveau gouvernement palestinien au regard des principes posés par le Quatuor, avait provoqué le désengagement financier de plusieurs grands bailleurs de fonds au regard de l’Autorité palestinienne. Si ces mêmes bailleurs ainsi que d’autres donateurs s’étaient déclarés prêts à offrir une contribution financière, pour satisfaire aux besoins de base du peuple palestinien, il fallait constater que pour l’instant aucun appui financier n’avait été confirmé, ni reçu et que le gouvernement avait « d’immenses difficultés à assumer ses frais de fonctionnement » et notamment à verser les salaires des fonctionnaires, dont le personnel de sécurité. « La situation de non droit, déjà endémique, s’aggrave face aux événements entourant le commandement et le contrôle des forces de sécurité ». A cela s’ajoutent les « dissensions persistantes entre la Présidence et le nouveau Gouvernement », ainsi que celles entre le Hamas et le Fatah, le Hamas accusant le Fatah de « conspirer » dans le but de lui empêcher de gouverner et en vue de renverser le Gouvernement et la Fatah rejetant ces allégations. M. Soto a examiné ensuite le problème du point de vue israélien. En Israël, les négociations sur la formation du nouveau Cabinet se poursuivent et devraient arriver à terme dans un avenir très proche. Les discussions pour la formation d’une coalition (de Gouvernement) se fondent sur le programme présenté par le Premier Ministre par intérim, M. Olmert. Néanmoins, le Cabinet provisoire israélien a décrété, le 11 avril, que l’Autorité palestinienne était devenue « une entité terroriste », déterminant ainsi son hostilité à des négociations avec celle-ci, et affichant, de ce fait, son opposition à toute solution concertée avec les représentants palestiniens (voir communiqué du 24 avril 2006). Si M. Olmert avait indiqué avoir la ferme intention d’établir les frontières permanentes d’Israël, en éliminant les colonies de peuplement à l’est de la barrière de sécurité, cet engagement était unilatéral. Dans son projet, en outre, l’élimination des colonies à l’est de la barrière, s’accompagnait du renforcement des plus grandes colonies de peuplement et de l’intention de relier Jérusalem à Ma’ale Adumin. Le Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient a également dénoncé, devant le Conseil de sécurité, l’augmentation alarmante de la violence, depuis le 30 mars 2006, entre Israéliens et Palestiniens (voir communiqué du 17 avril 2006). En effet, si le Président palestinien, M. Abbas, avait condamné les deux attaques perpétrées contre Israël, le 30 mars et 17 avril (voir communiqué du 17 avril 2006), en exhortant le Quatuor à intervenir afin d’empêcher la détérioration de la situation, l’absence d’une condamnation formelle de la part du gouvernement palestinien, dirigé par le Hamas (voir communiqué du 25 avril 2006), de ces mêmes attentats, considérés par ce dernier comme des actes de résistance légitimes contre l’agression et l’occupation israéliennes, avait provoqué une recrudescence immédiate de la violence policière et militaire de la part d’Israël. Le gouvernement israélien, tout en exprimant ses regrets quant aux morts civils, avait toutefois indiqué qu’il avait l’intention d’intensifier ses opérations (voir communiqué du 26 avril 2006), qu’il qualifiait de « réaction à la préparation d’actes terroristes », si aucune mesure n’était prise pour prévenir les attaques palestiniennes (voir liste des organisations terroristes de l’Union européenne). M. Soto a également souligné qu’Israël continue de retenir les revenus fiscaux qu’il perçoit au nom de l’Autorité palestinienne. Par ailleurs, Israël a annoncé qu’il se servira d’une partie de cet argent pour payer l’électricité, l’eau et le carburant dus aux entreprises israéliennes par l’Autorité palestinienne. L’Autorité palestinienne, qui avait déjà des sérieuses difficultés fiscales avant l’entrée en fonction du nouveau gouvernement, se trouve confrontée à un recul de l’activité économique palestinienne, accru par la crise bancaire. M. Soto a souligné que les risques qui découlent de cette crise sont multiples. D’une part, il est à craindre une révolte des forces de sécurité, d’autre part, la situation humanitaire se détériore et la crise budgétaire pourrait l’accroître. Enfin, l’Autorité palestinienne risque de ne pas être en mesure de fournir aux palestiniens les services essentiels à la survie. M. Alvaro de Soto a ensuite attiré l’attention du Conseil sur les bouclages et la construction de la barrière, pour lesquels les responsabilités israéliennes sont bien établies au titre du droit international et qui apparaissent comme les facteurs principaux de la récession de l’économie palestinienne. Rappelant au Conseil que l’Accord réglant les déplacements et le passage entre le territoire palestinien et israélien avait été le fruit de plusieurs mois d’efforts laborieux déployés par l’Envoyé spécial du Quatuor, M. James Wolfensohn, et de l’intervention, à la dernière minute, du Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Mme C. Rice, M. Soto a souligné l’insuffisance de sa mise en œuvre. Parmi les six volets de l’Accord, seulement celui relatif à la traversée du point de passage de Rafah pourrait être qualifié de satisfaisant. Quant au point de passage de Karni, sa réouverture au mois d’avril n’a été consentie que pour un nombre déterminé de jours, avec une moyenne de passage de loin inférieure à celle prévue par l’Accord. Malgré l’ouverture du passage de Kerem Shalom pour l’importation de produits alimentaires en provenance d’Egypte, aucun produit n’est exporté par cette voie. À ces difficultés, s’ajoute également la décision prise par Israël d’accélérer la construction du mur autour et à l’intérieur de Jérusalem, malgré l’avis consultatif de la Cour Internationale de Justice (voir avis consultatif du 9 juillet 2004 et résumé). La Haute Cour de justice israélienne a récemment rejeté une pétition contre la construction de la barrière à Jérusalem – Nord (voir communiqué du 20 avril 2006, voir aussi communiqué du 8 février 2005). M. Soto a enfin exposé au Conseil les principaux défis à relever afin de garantir la paix et la stabilité dans la région (voir communiqué du 24 avril 2006). Le premier défi étant la stabilisation des conditions de sécurité, M. Soto a affirmé que la responsabilité principale dans ce domaine « incombe absolument aux parties » qui doivent prendre des mesures fermes pour prévenir les attentats et les attaques à la roquette. Néanmoins, le Coordonnateur spécial a souligné que dans la situation actuelle il existait un élément d’incertitude au regard de l’organe chargé de la responsabilité du maintien de l’ordre public au sein de l’Autorité palestinienne. Quant au deuxième défi, celui-ci serait de répondre aux besoins essentiels du peuple palestinien. Les entités de l’ONU devront continuer de s’acquitter de leurs responsabilités, conformément à leurs mandats respectifs, en continuant leurs échanges avec leurs homologues de l’Autorité palestinienne. Le Conseiller spécial a envisagé à cet égard que les contacts politiques pourraient se faire à la discrétion du Secrétaire général. L’ONU continuera à collaborer avec toutes les parties présentes en vue de trouver le moyen de satisfaire les besoins des Palestiniens. Toutefois, M. Soto a souligné que l’intensification prévue des activités des organisations gouvernementales et des organismes des Nations Unies (voir communiqué du 26 avril 2006) ne saurait pas combler le vide créé, si l’Autorité palestinienne n’était plus à même de fournir les services de base qu’elle fournit à l’heure actuelle à sa population. Le troisième défi consiste selon M. Soto à reconnaître que les deux parties ont pris des trajectoires différentes de celles empruntées, lorsque la Feuille de route a été rédigée par le Quatuor et approuvée par le Conseil de sécurité. M. Soto a souligné à cet effet que « [i]l n'est pas exagéré de dire que la perspective de réaliser la solution de deux Etats [Israël et la Palestine], selon la voie tracée par la Feuille de route, se soient à présent réduites en raison d'une combinaison de facteurs », dont le changement de cap radical de la part du nouveau Gouvernement palestinien et les faits accomplis sur le terrain par la partie israélienne, qui posent la question de savoir « s’il sera un jour possible de réaliser un Etat palestinien viable et d’un seul tenant » (voir communiqué du 24 avril 2006). M. Soto a conclu son discours en soulignant que l’ONU devait faire face à cette nouvelle situation avec un juste dosage de strict respect des principes de base et de « créativité » afin de répondre à une réalité qui évolue très rapidement. Le Secrétaire général a invité les membres du Quatuor à se réunir à New York, le 9 mai 2006, afin de discuter de ces questions. Le Ministre des affaires étrangères français, M. P. Douste-Blazy, avait déjà exprimé son point de vue au regard de ces problématiques lors d’un entretien avec « Radio J », le 23 avril 2006. Par ailleurs, le Président de l’Autorité Palestinienne, M. M. Abbas, effectue une visite de travail en France, pour rencontrer, à Paris, le Président de la République, le 27 avril (voir propos liminaires de Jaques Chirac et de M. Abbas, déclaration du 28 avril 2006), et le 28 avril M. P. Douste-Blazy. Sont au cœur de ces entretiens les questions des modalités de poursuite de l’aide internationale aux Palestiniens, ainsi que les questions de l’évolution politique interne dans les Territoires palestiniens et des perspectives de reprise d’un processus politique négocié entre Israéliens et Palestiniens (voir aussi point de presse du 26 avril 2006). Les autorités françaises devraient également se rendre par la suite en Israël. La ministre déléguée aux Affaires européennes, Mme C. Colonna, dans un entretien avec « RTL », le 27 avril 2006, a réaffirmé le point de vue de l’Union européenne sur la question palestinienne, notamment sur la question de l’aide. Tout en rappelant les principes énoncés par le Quatuor (voir déclaration du 30 mars 2006 et la déclaration du 30 janvier 2006), Mme Colonna ne s’est toutefois pas exprimée sur la future réunion de celui-ci. Les Etats-Unis ne se sont pas prononcés sur la question de la situation palestinienne, exposée devant le Conseil de sécurité. Il est à noter, en revanche, la demande de rapatriement de l’aide directe fournie à l’Autorité palestinienne (voir communiqué du 25 avril 2006).
RDC: Autorisation de déploiement d'une force d'appui de l'Union européenne
Sabrina RAHMANI
Le 25 avril 2006, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité la résolution 1671 (2006), qui a autorisé le déploiement d'une force de l'Union européenne, EUFOR RD Congo , afin de soutenir la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (MONUC) durant la période des élections présidentielles dans le pays, prévues au mois de juin prochain. Cette résolution a été adoptée après que les membres aient été saisis du document S/2006/253, qui contenait le texte d’un projet de résolution élaboré au cours des consultations préalables du Conseil. Elle autorise le déploiement pour une période s'achevant quatre mois après la date du premier tour des élections présidentielles et législatives, prévues le 18 juin. De plus, le Conseil a décidé que la force de l'Union européenne sera autorisée à prendre toutes les mesures nécessaires, dans la limite de ses moyens et capacités, pour apporter son soutien à la MONUC, au cas où elle rencontrerait des difficultés. Il a ajouté aussi qu’elle apportera son aide à la protection des civils et de l'aéroport à Kinshasa, pour assurer la sécurité et la liberté de mouvement du personnel, ainsi que la protection de ses propres installations, et pour effectuer des opérations à caractère limité, afin d’apporter assistance aux individus en danger. De son côté, le représentant de la France, M. Jean-Marc de La Sablière, s’est réjoui de l’adoption de cette résolution qui, selon lui, témoigne de l’engagement de la communauté internationale, et notamment des Nations Unies et de l’Europe, en faveur du processus de paix en RDC. Par ailleurs, le 27 avril 2006, le Conseil de l'Union européenne a adopté une action conjointe sur l'opération de l'UE d'appui à la MONUC pendant la période électorale. Cette action conjointe, qui représente la base juridique de l’opération européenne, en précise le cadre. Ainsi, l'opération militaire sera conduite en plein accord avec les autorités de la RDC et en étroite coopération avec elles et avec la MONUC. Cette opération autonome sous la direction de l'UE sera menée dans le cadre de la PESD. La déclaration du Haut représentant, M. Javier Solana, soutient cette même approche. De plus, le Conseil de l'UE a nommé le Général de corps d'armée Karlheinz Viereck (Allemagne) commandant de l'opération de l'UE et le Général de division Christian DAMAY (France) commandant de la force de l'UE. EUFOR RD Congo comportera le déploiement d'un élément avancé à Kinshasa d'environ 400 à 450 personnels militaires, ainsi que la disponibilité d'une force en attente, de la dimension d'un bataillon, située au-delà de l'horizon hors du pays, mais rapidement déployable si nécessaire sur décision de l'UE. La décision de lancement de l'opération sera prise à une date ultérieure et à la lumière du calendrier électoral congolais. S’agissant de l'état-major de l'opération de l'UE, il sera situé à Potsdam, en Allemagne. Enfin, sous la responsabilité du Conseil de l'UE, le Comité politique et de sécurité exercera le contrôle politique et la direction stratégique d'EUFOR RD Congo.
Situation aux îles Salomon
Tidiani COUMA
Les Iles Salomon, un archipel d'un demi-million d'habitants à 1 200 kilomètres au nord-est de l'Australie, ont retrouvé le calme après avoir été le théâtre de deux jours d'émeutes suite à la nomination contestée d'un nouveau premier ministre, Snyder Rini. Face à cette situation, des policiers australiens et néo-zélandais étaient venus apporter leur aide. Le couvre-feu a été levé, suite à l'apaisement ‘‘intervenu’’ aprés la démission de M. Snyder Rini. Les émeutes ont été déclenchées par les partisans de Job Dudley Tausinga, vétéran de la scène politique locale et principal rival de Snyder Rini. Plusieurs centaines de ses partisans ont visé les intérêts de la communauté chinoise, mettant à sac une quarantaine de commerces du quartier de Chinatown. Ils accusent des personnalités locales d'origine asiatique d'avoir versé des pots-de-vin aux parlementaires pour favoriser l'élection de Snyder Rini. Le Président chinois, Hu Jintao, a demandé à son ministre des Affaires étrangères de faire tout ce qui était en son pouvoir pour assurer la sécurité des ressortissants chinois aux îles Salomon. Après plusieurs jours d'émeutes, ce dernier a publié un avis dans lequel il déconseillait à ses ressortissants de voyager sur ces îles tant que l'ordre n'avait pas été rétabli. Le ministre australien des affaires étrangères, Alexandre Downer, a fait part de son espoir que l'élection d'un nouveau Premier ministre dans les îles Salomon se fasse « sans encombrement ». Le département d'Etat américain a conseillé aux citoyens américains de reconsidérer leurs voyages aux îles Salomon. Le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, avait appelé à une résolution pacifique des troubles dans les îles Salomon. Dans un communiqué publié par son porte-parole, M. Annan a exprimé sa préoccupation concernant les désordres civils sur ces territoires à la suite de l'élection contestée d’un Premier ministre. Il a appelé la population de ces îles à s'abstenir d'actes de violence et à réaffirmer son engagement à un règlement pacifique et constitutionnel des litiges dans l'esprit de bonne volonté qu'elle a démontrée lors des élections. Le Secrétaire général de l'ONU a également salué l'assistance offerte à ce gouvernement par le Forum des îles du Pacifique, dans le cadre de la Mission d'assistance régionale aux îles Salomon (RAMSI), en vue de restaurer l'ordre. Il a également fait savoir que les Nations Unies étaient prêtes à compléter les efforts des partenaires régionaux.
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