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Iran poursuite de l’enrichissement d’uranium malgré l'expiration de l'ultimatum de l'Onu Sabrina RAHMANI
Le 31 août 2006, à Vienne, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), M. Mohamed ElBaradei, a publié un rapport portant sur l'exécution de la résolution 1696 du Conseil de sécurité qui demande à l'Iran de suspendre son enrichissement d'uranium. Ce document indique que l'Iran avait repris ces derniers jours un enrichissement d'uranium de petite envergure et que l'inspection de l'AIEA avait été bloquée en l'absence de coopération iranienne. Il est précisé aussi que les activités nucléaires de l'Iran avaient été limitées en raison de certaine défaillance sur les centrifugeurs et aucune preuve évidente n'a indiqué que le programme nucléaire de l'Iran visait des fins militaires. Le lendemain, l'ambassadeur d'Iran en France, M. Ali Ahani, a déclaré que son pays ne craignait pas une éventuelle intervention militaire visant à obliger Téhéran à cesser l'enrichissement d'uranium et qu’il était capable de se défendre. Il a ajouté que Téhéran n'était pas du tout inquiet bien que les iraniens insistent sur le règlement des choses par la négociation et la voie diplomatique. Il a par ailleurs indiqué que la résolution 1696 (2006) du Conseil de sécurité qui donnait à Téhéran jusqu'au 31 août pour suspendre ses activités liées à l'enrichissement d'uranium, était injuste et n’avait aucune base juridique. Il a aussi souligné que l'Iran respectait les règles internationales et était signataire du traité de non prolifération nucléaire (TNP). Enfin, il a affirmé que l'Iran allait expliquer ses points de vue au secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, attendu le 2 septembre à Téhéran. Pour le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, M. Hamid-Reza Asefi, ce document montrait une large coopération de Téhéran et l'urgence de reprendre les négociations. Il a souligné que son pays estimait que des résultats justes et acceptables pourraient être obtenus dans les négociations. Il a par ailleurs affirmé que l'Iran était prêt à reprendre les négociations avec les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne, sur le dossier nucléaire. Par ailleurs, à l’expiration de l’ultimatum de l’ONU, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que son pays ne renoncera jamais à l'énergie nucléaire pacifique et à son droit absolu en matière nucléaire. Il a ajouté que le monde devait savoir que le peuple iranien ne cèdera pas d'un pouce face à l'intimidation et n'acceptera pas d'être privé de ses droits. Il a par ailleurs déclaré que résister face aux pressions internationales et défendre les acquis nucléaires était le meilleur choix de l'Iran dans le dossier nucléaire. La veille de l’expiration de l’ultimatum de l’ONU, il a appelé les pays européens à s'abstenir d'adopter des sanctions estimant que des punitions ne pourront pas forcer ce pays à abandonner son programme nucléaire. Toutefois, plusieurs partis de l'opposition iranienne ont manifesté devant le siège des Nations Unies à New York pour réclamer des sanctions immédiates. Ainsi, les six grandes puissances impliquées dans le dossier iranien -Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Chine, Russie, l'Allemagne- se rencontreront le 7 septembre à Berlin. De leur côté, le Haut représentant pour la politique extérieure de l'Union européenne (UE), M. Javier Solana, et M. Ali Larijani, chef du dossier nucléaire iranien, se rencontreront à Berlin le 6 septembre pour essayer d'obtenir une réponse claire aux mesures d'incitation proposées par les grandes puissances en échange d'un arrêt de l'enrichissement de l'uranium par Téhéran. M. Solana rencontrera auparavant en Finlande les ministres des Affaires étrangères de l'UE pour tenter de définir une réponse au refus de Téhéran de suspendre ses activités nucléaires sensibles. Le président américain George W. Bush a indiqué qu'il y aura des conséquences pour l'Iran à cause de son refus d'arrêter son enrichissement d'uranium. S'adressant à la convention annuelle de l'American Legion à Salt Lake City, M. Bush a signalé que l'Iran a répondu avec défi et ajourné sa réponse à la demande de cesser son enrichissement d'uranium. L’ambassadeur américain aux Nations Unies, M. John Bolton, a annoncé que le Conseil de sécurité prendra sa décision sur d'éventuelles sanctions à l'encontre de l'Iran après la réunion entre M. Javier Solana, et M. Ali Larijani. Toutefois, l'UE a déclaré qu'elle ne voulait pas, pour le moment, imposer de sanctions à l'Iran pour son refus de suspendre son enrichissement d'uranium. Lors d'une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Lappeenranta, dans le sud de la Finlande, le ministre finlandais des Affaires étrangères, M. Erkki Tuomioja, dont le pays assume actuellement la présidence de l'UE, a indiqué que la diplomatie demeure le premier choix pour l'UE dans le dossier nucléaire iranien. Concernant la réaction de la France, le Premier ministre français, M. Dominique de Villepin a estimé que la réponse faite la semaine dernière par l'Iran sur la question du nucléaire n'était pas satisfaisante. Il a ajouté que face à la crise nucléaire il était important que la communauté internationale reste unie et ferme, tout en maintenant ouverte la possibilité du dialogue. Le ministre des Affaires étrangères, M. Philippe Douste-Blazy, a déploré la réponse insatisfaisante de l'Iran, mais est resté convaincue que la voie du dialogue devait toujours être privilégiée. La Grande-Bretagne, par la voix de sa ministre des Affaires étrangères, Mme Margaret Beckett, a fait part aussi de sa volonté de persévérer dans la recherche d'une solution négociée. De son côté, la Russie a exprimé son regret sur la décision de l'Iran. Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, M. Mikhail Kamynin, a confirmé que les pays concernés procéderaient à des consultations dans les jours à venir pour déterminer les mesures à prendre vis-à-vis de la réponse iranienne. En même temps, le ministre russe des Affaires étrangères, M. Serge Lavrov, a souligné que les sanctions ne serait pas le meilleur moyen pour mettre fin à cette crise.
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Soudan le Conseil de sécurité autorise le déploiement d'une force de l'ONU au Darfour Sabrina RAHMANILe 17 août 2006 , les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont soumis au Conseil de sécurité un nouveau projet de résolution visant à accélérer la création d'une mission des Nations Unies au Darfour. A l'issue de cette réunion, la représentante des Etats-Unis a annoncé devant la presse à New York que son pays, aux côtés du Royaume-Uni, avait soumis ce projet de résolution afin d'accélérer la transition de la mission de l'Union africaine à une mission des Nations Unies. Elle a aussi précisé que la nouvelle mission, en termes de mandat, suivait le modèle de l'UNMIS qui est déjà présente dans le Sud du Soudan. Interrogée sur l'intention déclarée du gouvernement soudanais de combattre une éventuelle force des Nations Unies, la représentante des Etats-Unis a indiqué que le dialogue se poursuivait et que l'intervention de tout pays pour convaincre le gouvernement soudanais serait bienvenue. Elle a souligné que le consentement du gouvernement soudanais serait utile, en pratique, mais qu'il n'était pas requis dans le projet de résolution.
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Création de la Mission intégrée des Nations Unies au Timor LesteNoémie SIMONEL
Le Conseil de Sécurité, à l'issue d'une réunion sur la situation au Timor Leste sous la présidence de M. Nana Effah Appenteng du Ghana, a adopté à l’unanimité la résolution 1704,datée du 25 août 2006 créant la Mission intégrée des Nations Unies au Timor Leste (MINUT).Cette mission, remplaçant la BUNUTIL a été crée pour une période de six mois renouvelable .La création de la MINUT est en adéquation avec le rapport du Secrétaire général de l’ONU, datant du 8 août 2006, qui préconisait dans le cadre d’un changement de stratégie de l’ONU au Timor Leste, la création d’une force intégrée et multidimensionnelle de maintien de la paix,visant à rétablir la sécurité publique et à consolider la démocratie et les piliers institutionnels de l’Etat. En effet, le mandat de la MINUT, explicité en 14 points, comprendra une composante civile dont l'effectif ira jusqu'à 1608 policiers et 34 officiers de liaison. La mission aura pour tâche d'appuyer le gouvernement et les institutions, de promouvoir une culture de gouvernance démocratique et de faciliter le dialogue politique entre les parties timoraises dans leurs efforts visant à lancer un processus de réconciliation nationale. La MINUT assistera aussi le Timor Leste en ce qui concerne tous les aspects des élections présidentielles et parlementaires de 2007, conformément à la demande formulée en ce sens par le gouvernement timorais. Parallèlement, son mandat est étendu au renforcement des capacités institutionnelles, de l'aide humanitaire, de la justice, de la réduction de la pauvreté ou encore de l'égalité entre les sexes. A cet égard, le Conseil de Sécurité a largement approuvé la proposition du Secrétaire général de l’ONU, visant à créer un programme d’assistance internationale qui comporterait un volet consacré au rétablissement de la cohésion sociale et un autre concernant la justice, financé au moyen d’un fonds de solidarité des Nations Unies auquel les États Membres verseraient des contributions volontaires. De même, le Conseil de Sécurité a renouvelé son plein appui à la Commission spéciale d’enquête indépendante pour le Timor Leste visant à faire la lumière sur les violences perpétuées au printemps dernier. Conformément à la résolution 1690, datant du 20 juin 2006, la Commission a pour mandat d’établir les chaînes de responsabilité, et de recommander des mesures permettant de garantir que les auteurs des crimes et violations graves des droits de l’homme, qui auraient été commis pendant cette période, soient traduits en justice. Le rapport de la Commission est attendu pour le 7 octobre 2006. Notons enfin que la structure de la mission est potentiellement évolutive notamment, en ce qui concerne la nature et les effectifs de la composante militaire. A cet égard, le Secrétaire général et le Gouvernement de la République démocratique du Timor-Leste sont tenus de conclure un accord sur le statut des forces dans les 30 jours ; cet accord devra respecter les dispositions de la résolution 60/123 relative à la sûreté, la sécurité du personnel humanitaire et la protection du personnel des Nations Unies .Dans l’attente de la conclusion d’un tel accord, l’accord conclu le 20 mai 2002 entre le Gouvernement de la République démocratique du Timor-Leste et l’ONU, concernant la Mission d’appui des Nations Unies au Timor oriental s’appliquera, mutatis mutandis, à titre provisoire à la MINUT.
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Adoption d’un projet de Convention internationale pour la protection et la promotion des droits des handicapés Valérie GABARD
Après cinq ans de négociations au sein de l’enceinte onusienne, la première convention internationale du 21ème siècle en matière de droits de l’homme et dont l’objet est la protection et la promotion des droits et de la dignité des handicapés a été adoptée par consensus, vendredi 26 août. Les négociations pour l’adoption de la convention avaient débuté en 2002 au sein d’un Comité spécialement destiné à servir de forum de discutions. Le Comité était réuni, à New York, depuis le 14 août pour sa septième et ultime session de travail qui a conduit, malgré des négociations difficiles, à l’adoption d’un projet de Convention composé de 40 articles. Le texte devrait être définitivement adopté à l’automne par l’Assemblée Générale des Nations Unies. Dans les déclarations de clôture, le président du Comité de négociations, M. Don MacKay a salué, un succès « difficile à obtenir, qui s’est longtemps dessiné dans la confusion, mais dont la nécessité n’aura à aucun moment échappé à personne ». En vertu du préambule, la convention a pour objectif de contribuer de façon « significative à remédier au profond désavantage social que connaissent les personnes handicapées » et de favoriser « la participation, sur la base de l’égalité des chances, à tous les domaines de la vie civile, politique, économique, sociale et culturelle, dans les pays développés comme dans les pays en développement ». Le traité international envisage le problème du handicap dans un certain nombre de domaines clefs tel que la liberté de mouvement, la santé, l’éduction, l’emploi ou encore la participation à la vie politique. Les droits protégés par la convention ne sont pas nouveaux et sont généralement admis en matière de droits de l’homme. La convention n’est qu’une application particulière de ces droits et notamment du principe d’égalité et de non discrimination à une certaine catégorie de personnes, en l’occurrence les personnes souffrant d’un handicap. La convention devrait également conduire les Etats membres à adapter leurs législations nationales pour se conformer aux exigences du texte. De plus un projet de protocole facultatif a été adopté permettant aux personnes souffrant d’un handicap de saisir le comité chargé de la surveillance du traité, après épuisement des recours nationaux. Enfin un point fondamental reste en suspens à savoir l’absence de définition du terme handicap. Malgré les efforts des négociateurs, les divisions n’ont pu être résolues sur ce point. En revanche l’article 2 porte, notamment, sur la définition de la discrimination fondée sur le handicap. Louise Arbour, le haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, n’a pas attendu l’adoption finale du texte pour y apporter son soutien, insistant sur la nécessité de son adoption dès le 23 août, alors même que l’issu des négociations restaient incertaines : « Les normes et mécanismes existant n'ont pas été assez efficaces pour permettre d'offrir une protection véritable aux personnes handicapées et en conséquence près de 10% de la population mondiale est exposée aux violations les plus graves de tout l'éventail de leurs droits fondamentaux ». Le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan a qualifié d’évènement « historique », l’adoption de la Convention. Elle marque, selon lui, l’espoir pour les personnes handicapées du « commencement d’une nouvelle ère dans laquelle elles auront les mêmes droits et les mêmes opportunités que chaque être humain ». Le président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Jan Eliasson, a commenté l’issu des négociations comme l’envoi au monde d’un message fort « pour la dignité et l’égalité entre tous les hommes ». Au sein du Conseil de l’Europe, le commissaire aux droits de l’Homme, Thomas Hammarberg considère que le texte sera un point de référence « établissant les normes minimales que les gouvernements doivent satisfaire, afin d'assurer la pleine jouissance des droits civils, politiques, économiques et sociaux des personnes handicapées, notamment en matière d'éducation et d'accès à la santé. » Il a rappelé la participation active du Conseil de l’Europe au travail du Comité chargé de l’élaboration de la Convention et a également affirmé que le nouveau texte international servira de catalyseur au Plan d’action pour les personnes handicapées, qui sera lancé à St Petersbourg, les 21 et 22 septembre 2006. Il semble que les Etats-Unis aient déjà indiqué qu’ils ne ratifieraient pas la nouvelle Convention, arguant du caractère suffisant de la législation fédérale (American with Disabilities act (ADA)) en la matière. Le ministre des affaires étrangères français, Philippe Douste-Blazy a salué l’adoption de la Convention et affirmé qu’elle reprenait les avancées de la loi française du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées en prenant en compte le désavantage social qui résulte de l’environnement social, matériel, humain et technique dans lequel les personnes handicapées évoluent. On estime que 10% de la population aurait un handicap, ce qui correspond à environ 650 millions de personnes dans le monde.
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ONU Le Groupe de travail sur les disparitions forcées recommande une rapide adoption du Projet de Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées par l’Assemblée générale Emmanuelle DEVUYST
A l’occasion du 30 août, journée internationale des disparus, le Groupe de travail des Nations Unies sur les disparitions forcées ou involontaires a réitéré sa demande pour que l’Assemblée générale adopte rapidement le projet de convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Ce projet de convention a pour objectif de combler le vide juridique concernant la prévention des disparitions forcées en droit international. Il contient notamment une définition des disparitions forcées, crée un organe de suivi et prévoit explicitement l’obligation pour les Etats signataires de prévenir et punir les disparitions forcées. A l’occasion de la 1er session annuelle du Conseil des Droits de l’Homme, le Groupe de travail a appelé celui-ci a adopter le projet de convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. Première session du Conseil des Droits de l’Homme pendant laquelle le projet de convention et le rapport du groupe de travail intersessions à composition non limitée chargé d’élaborer un projet d’instrument normatif juridiquement contraignant pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées ont été présentés par son Président – rapporteur, M. Bernard Kessedjian. Le projet de convention était également soutenu par diverses ONG, dont le CICR, lors de cette 1er session du Conseil des Droits de l’Homme à l’issue de laquelle, le projet de convention a été adopté le 29 juin 2006.
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CPI : Le milicien congolais Thomas Lubanga Dyilo inculpé pour les seuls faits d’enrôlement et de conscription d’enfants dans le conflit Antonella SAMPO
Le 28 août 2006, le procureur argentin de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo a inculpé Thomas Lubanga Dyilo, milicien congolais, premier accusé arrêté par cette juridiction pénale internationale. Enrôlement et conscription d'enfants de moins de 15 ans dans le but de les faire participer activement à des hostilités, tels sont les chefs d’accusation retenus à son encontre dans l’acte d’accusation ou « document contenant les charges et la liste des preuves » dans la terminologie de la Cour, ni plus ni moins que ceux qui avaient été contenus dans le mandat d’arrêt (10 février 2006). En vertu de l’article 8 b) xxvi) du Statut de Rome, ces faits sont constitutifs de crimes de guerre. Le 20 mars 2006, la Chambre préliminaire I avait fixé au 27 juin 2006, l’audience relative à la confirmation des charges. Suite à un mémoire du procureur alléguant de risques pour les témoins liés au contexte électoral, le 24 mai 2006 (http://www.icc-cpi.int/library/cases/ICC-01-04-01-06-126_English.pdf), la juge unique Steiner a autorisé le report de l’audience au 19 septembre 2006. Selon le communiqué de presse de la CPI du 28 août 2006, l’audience de confirmation des charges est attendue pour le 28 septembre en fin de matinée, après un ultime report. Lors de cette procédure, prévue par l’article 61 du Statut de Rome, les juges de la Chambre préliminaire I devront déterminer s’il y a une présomption suffisantes pour que les charges retenues par le Procureur puissent être retenues. C’est sans grande surprise que seuls les chefs d’enrôlement et de conscription ont été inscrits par le Procureur dans l’acte d’accusation. Selon l’Accusation aucune autre charge n’a pu être retenue faute de preuves suffisantes. La procédure de confirmation des charges prévue par le Statut a été complétée par la Section V du Chapitre V du Règlement de preuve et de procédure de la CPI. Il est à noter qu’à la différence des TPI qui n’on aucune obligation de tenir cette audience en présence de l’accusé, la procédure devant la CPI exige une telle présence sauf circonstances exceptionnelles, l’accusé ayant refusé de s’y présenter ou ayant pris la fuite (Article 61(2)). Présageant ce qu’il allait se passer, un collectif d’organisations non gouvernementales a adressé, le 31 juillet 2006, une lettre au Procureur afin de porter à sa connaissance leur incompréhension face à un acte d’accusation aussi « léger », compte tenu du nombre de crimes et de leur extrême gravité. Ce collectif a souligné la nécessité de retenir d’autres chefs d’inculpation notamment des meurtres, des actes de torture et de violence sexuelle. Se félicitant de l’inculpation de Thomas Lubanga Dyilo et reconnaissant que l’ouverture de la procédure (…) constitue en effet une importante étape pour que de nombreuses victimes du conflit en Ituri obtiennent justice ». Les huit ONG ont néanmoins écrit à M. OCAMPO les propos suivants : « Nous ne comprenons pas qu’après deux ans d’enquête menée par votre Bureau en RDC, il n’ait pas été possible de retenir un tableau plus complet de charges contre Thomas Lubanga ». Ce à quoi la procureure adjointe chargée des poursuites, Mme Fatou Bensouda, a répondu que "la qualité des preuves n'étaient suffisantes que pour ces accusations". Elle a cependant ajouté qu’une équipe d’une vingtaine de personnes poursuivait l’enquête. Les juges de la Chambre préliminaire I, qui disposeront de la totalité du dossier (Règle 121(2)(c) du RPP) et qui entendront les deux parties (Règles 121(2)(a) et 122 du RPP), auront donc leur mot à dire sur les charges retenues par l’Accusation et sur la validité des preuves présentées, cet examen ne constituant une appréciation sommaire et non de fond pour déterminer la culpabilité. Même s’il s’agit d’un examen sommaire, la procédure de confirmation des charges ne devrait pas être pour autant purement formelle. Les juges de la chambre préliminaire ont un rôle actif à jouer mais dans la limite de leurs moyens. Dans l’hypothèse où le procureur ne désire pas modifier les charges, les juges pourraient-ils l’y obliger au vu des éléments du dossier ? Dans l’affirmative, est-ce bien raisonnable d’envisager que le Procureur pourra être « obligé » de prouver des crimes qu’il n’aura peut-être pas la possibilité ou la volonté de poursuivre ? Chef d’un mouvement politique et militaire, l’UPC (Union des patriotes congolais), groupe issu de l’ethnie hema créé en 2002 par l'Ouganda puis allié au Rwanda, Thomas Lubanga Dyilo, âgé de 45 ans, est soupçonné d’avoir commandité de nombreux massacres de civils en Ituri, notamment dans la région de Bunia, chef-lieu de ce district de Province Orientale en 2002, même si l’acte d’accusation s’en tient aux deux chefs d’accusation susmentionnés. Entre 2002 et 2003, plus de 800 civils auraient ainsi été tués par l’UPC dans la ville minière de Mongbwalu et dans les villages adjacents. Les Nations Unies et différentes ONG ont à plusieurs reprises dénoncé le recrutement à grande échelle d'enfants soldats par l'UPC de Thomas Lubanga. Selon la MONUC, les troupes de l’UPC comprennent des enfants âgés de 10 à 16 ans, arborant des fusils d'assaut Kalachnikov (voir le dossier de la MONUC sur les enfants et les conflits armés en RDC). Mis en résidence surveillée dès août 2003 au Congo, il sera ensuite incarcéré, le 2 mars 2005, à la prison de Makala, à Kinshasa (voir la requête en mise en liberté déposée le 23 mai 2006, Thomas Lubanga Dyilo a été remis à la CPI un an plus tard, et après l’émission d’un mandat d’arrêt. Il a comparu pour la première fois devant les juges de La Haye , pour s’entendre lire le mandat d’arrêt et ses droits le 20 mars 2006. Il est certes remarquable qu’un « chef de guerre » soit poursuivi pour l’enrôlement des enfants dans les conflits armés, surtout au regard des ravages causés par ces crimes d’une extrême gravité On se réjouira de ces poursuites notamment eu égard aux multiples rapports dénonçant ces violations qui demeuraient jusqu’à ce jour impunies et qui se perpétuent malgré l’entrée en vigueur du troisième protocole à la Convention relative droits de l’enfant. Nul ne peut être toutefois totalement satisfait face à cette situation. De plus, il est difficile d’espérer qu’un débat sur d’autres crimes éventuels puisse avoir lieu en raison du « verrouillage » de la participation des victimes qui, sous certains aspects (respect des droits de la défense), peut apparaître compréhensible, devient un peu moins acceptable lorsqu’il s’agit d’établir la vérité, un des buts essentiels de la justice pénale internationale.
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TPIY. Condamnation à une amende de 20.000€ pour outrage Roland ADJOVI
Les faits datent de décembre 2000. Le quotidien croate Slobodna Dalmacija avait décidé de tenir tête au TPIY en publiant dans une série de plus d’une vingtaine d’articles des extraits de l’audition de Stjepan Mesic qui était alors témoin protégé et dont l’audition avait été entendue à huis clos dans le cadre du procès Blaskic. Lorsque les 27 et 30 novembre 2000, le quotidien publie d’abord des extraits de la déclaration du témoin protégé, le procureur dès le 1er décembre 200 saisit la Chambre qui, promptement c’est-à-dire le même jour, ordonne la cessation immédiate de la violation de la protection octroyée au témoin. Mais le directeur de la rédaction, Josip Jovic, réagit dans un éditorial où il accuse le Tribunal d’agression et d’atteinte à l’état de droit, en menaçant de poursuivre la publication. Il tient parole et la vingtaine d’articles qui suivent produisent des extraits du témoignage entendu à huis clos. Toutefois il faudra attendre le 29 août 2005, pour que le procureur soumette un acte d’accusation qui est confirmé le 12 septembre suivant, des amendements étant requis par la Chambre. Josip Jovic est accusé d’outrage au Tribunal sur la base de l’article 77(A) du Règlement pour avoir délibérément entravé le cours de la justice par une double violation de la protection accordée par la Chambre à un témoin et de l’ordonnance du 1er décembre 2000 lui enjoignant de cesser les violations. Durant son procès entendu le 11 juillet 2006, Josip Jovic a developpé une ligne de défense qui ne manquait pas d’originalité. Il alléguait entre autres que Stjepan Mesic, alors président de la Croatie, avait lui-même fait état de son audition et que lui, Jovic, ignorait qu’il devait se conformer à l’ordonnance de la Chambre. La Chambre n’a été qu’en partie convaincue. Elle a constaté que les éléments de l’outrage était présents : l’acte matériel de pu |