Protection
des agents de l’ONU
Erythrée
Expulsion et
détention d’agents de la
MINUEE
Noémie SIMONEL
Alors que « la campagne
publique anti-MINUEE émanant de l’Erythrée» se poursuit, le Secrétaire
général de l’ONU a exprimé
sa profonde préoccupation face aux nouvelles expulsions et
arrestations de certains membres de la
MINUEE. Cette hostilité envers la mission de l’ONU débutée depuis
octobre 2005, s’est manifestée par une série de restrictions et
interdictions émanant du gouvernement érythréen, et affectant de façon
substantielle les activités de la MINUEE sur le terrain. Ainsi l’Erythrée
a annoncé
l’expulsion de 5 membres de la MINUEE de son territoire. Les personnes
expulsées sont de nationalités britannique, néo-zélandaise, sud-africaine,
libérienne, le cinquième est de Trinidad et Tobago.
Le ministère érythréen de l'Information a
justifié ces expulsions, invoquant le fait qu’elles avaient été
découvertes transportant illégalement des Erythréens et du matériel de
l'Etat dans des véhicules officiels, et qu'ils avaient perçu de l’argent
afin de les conduire hors du pays.
De plus,
un agent de la MINUEE est détenu depuis le 30 Août 2006, accusé par le
gouvernement érythréen d’avoir tenté de faire sortir de manière illégale
des Érythréens. M. Annan s’est également
déclaré "consterné » face au refus des autorités de s’expliquer sur cette
interpellation. Rappelant que ces actes violent les obligations de
l'Erythrée découlant de
la Charte des Nations unies,
de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies et de l'accord sur le
statut des forces en attente qui s'applique aux opérations de
la MINUEE,
le secrétaire général a exhorté
les autorités érythréennes
à revenir sur leur décision concernant le personnel de l'ONU, à libérer le
membre du personnel de la MINUEE détenu et à donner au plus vite des
clarifications sur leurs actions, pendant que les Nations Unies
enquêteront sur les allégations non corroborées qui pèsent sur lui.
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Minuee point de presse du 8 septembre
On 5 September, the Acting Special Representative
of the Secretary-General (A/SRSG), Ambassador Azouz Ennifar,
received official notification from the Eritrean Government of their
decision to expel, within 24 hours, four UNMEE Security Officers.
The expulsion order had already been made public by the Eritrean
authorities through the national radio station news broadcasts
earlier that day.
UNMEE has since instituted an investigation into
these unsubstantiated, albeit serious allegations, and also strongly
protested the decision taken by the Eritrean authorities to expel
the security officers at such short notice.
The Mission continues to engage the Government of
Eritrea in trying to find an amicable solution to this situation.
To that end, the A/SRSRG met with Ambassador Girma Asmeron, Director
General of the Eritrean Ministry of Foreign Affairs and
discussed with him the issue of the expulsion of the Security
Officers as well as the continued detention of the international
staff member.
Meanwhile, the detention of the UNMEE
international staff member in Eritrea entered its second week. The
Mission has yet to be granted access to the detained staff.
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Liban

Levée du blocus israélien
Sabrina RAHMANI
Levée de l’interruption des communications aériennes (7 septembre
2006)
Le
7 septembre 2006, le
blocus aérien israélien, imposé au Liban depuis le 13 juillet, a été levé
à 18 heures, heure de Beyrouth, mais le blocus maritime a été encore
maintenu. En effet, la
résolution 1701
appelait à la réouverture des aéroports et des ports sous l'autorité du
gouvernement libanais. Cela a permis la reprise du trafic à l'aéroport
international de Beyrouth, et à l'heure exacte de la levée du blocus, un
avion de la compagnie libanaise Middle East Airlines, en provenance de
Paris, a atterri, suivi d'un avion de la Kuwait Airways, en provenance du
Koweït, et de nombreuses compagnies s'apprêtent à reprendre leurs liaisons
normales vers la capitale libanaise dès le 8 septembre 2006. Pour le
ministre des transports libanais, M. Mohamed Safadi, c'est le premier
signe que les Libanais ont retrouvé leur liberté.
De son côté, la porte-parole du Premier ministre israélien Ehoud Olmert,
Mme Miri Eisin,
a indiqué que le blocus aérien avait été levé en coordination avec l'ONU.
Quant au blocus maritime, il resterait en place jusqu'au déploiement d'une
force navale internationale. Elle a aussi annoncé que l'Etat hébreu
se réservait le droit d'attaquer d'éventuels convois d'armes destinées à
la milice chiite, en provenance de Syrie. Elle a précisait qu’Israël
maintenait son droit à l'autodéfense et veillerait à l'application de
l'embargo sur les armes à la frontière syro-libanaise.
Le secrétaire général des Nations Unies,
M. Kofi Annan, a salué la levée du blocus aérien au Liban et a affirmé
à Madrid, à l'issue d'une tournée de deux semaines au Moyen-Orient, que la
décision prise par le gouvernement israélien était le résultat des
intensifs efforts diplomatiques réalisés ces dernier jours. A l'issue
d'une rencontre avec le Premier ministre espagnol, M. Luis Rodriguez
Zapatero et son ministre des Affaires étrangères, il a estimé que la levée
du blocus imposé par Israël permettrait d'entamer le processus de
reconstruction du Liban. Il a également indiqué que la levée du blocus
permettrait au Premier ministre libanais, M. Fouad Siniora et à son
gouvernement d'accélérer leur programme de rétablissement économique et de
reconstruction.
Levée de l’interruption des communications maritimes
Pressée par le Secrétaire général de l’ONU, la France a annoncé l'envoi
sur place, à titre transitoire, de navires dans le cadre d'une mission de
surveillance des côtes libanaises. Le dispositif français sera constitué
des deux frégates (Cassard et Montcalm), de leurs hélicoptères déjà sur
zone et d'un transport de chalands de débarquement.
Les ministères des Affaires étrangères et de la Défense ont annoncé
que ce dispositif était prêt à être déployé dans la zone des six à 12
milles nautiques, dès le 8 septembre. Ils ont précisé que ce déploiement
était effectué en attendant la mise en place définitive de la composante
maritime de la FINUL.
M. Kofi Annan a salué le déploiement imminent d'une force navale
intérimaire au large des côtes libanaises pour renforcer la sécurité des
frontières et points d'entrée maritimes au Liban. Il a rappelé que la
force navale intérimaire resterait en place jusqu'à ce que la composante
maritime de la FINUL soit pleinement constituée et déployée dans les
prochaines semaines.
Le
8 septembre 2006, le gouvernement israélien a levé le blocus maritime
du Liban. Israël a « confié » à des navires italiens la responsabilité de
patrouiller le long des côtes libanaises. Mme Miri Eisin a précisé que les
Israéliens continueront d'appliquer l'embargo international sur les
livraisons d'armes au Hezbollah.
Le
commandant de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL),
le général Alain Pellegrini, a indiqué qu'une force internationale
navale, déployée de manière provisoire dans les eaux territoriales
libanaises, était maintenant opérationnelle pour sécuriser la frontière
maritime du Liban et, que s’il avait bien compris, le blocus maritime
avait été levé par Israël. Cette force maritime qui sera dirigée par
l'Italie a pu être déployée grâce aux efforts du général Alain Pelligrini,
en coordination avec le gouvernement du Liban, de la France, de la Grèce
de l'Italie et du Royaume-Uni, dans le cadre de la mise en oeuvre de la
résolution 1701 du Conseil de sécurité.
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Surveillance des eaux territoriales et droit international
Point de presse conjoint des ministères français des affaires
étrangères et de la défense (8 septembre 2006)
(Israël a
annoncé la levée du blocus maritime dans les 48 heures, quels vont
être précisément les moyens engagés par la France pour le contrôle
des côtes ? Quand est-ce que cela va entrer en vigueur précisément
?)
JB Mattéi : Nous avons, à ce sujet, une déclaration conjointe à vous
faire. Nous attendions la confirmation officielle de cette demande
par le Secrétaire général des Nations unies. Cette confirmation
officielle nous est parvenue hier soir.
C'est une demande d'assistance à la FINUL, à titre transitoire, pour
aider celle-ci à assurer une mission de surveillance des côtes
libanaises en attendant la mise en place définitive de sa composante
maritime. Cette demande intervient dans le cadre de l'article 13 de
la résolution 1701 qui autorise le Secrétaire général des Nations
unies à demander, en cas de besoin, l'aide de certains Etats à titre
national dans le cadre de la FINUL.
Conformément à l'engagement de principe pris par le président de la
République auprès de M. Kofi Annan, nous avons répondu favorablement
à la demande du SGNU.
Nous concevons cette participation comme un appui transitoire à la
marine libanaise pour l'aider à assurer la surveillance de ses
côtes, en attendant la mise en place définitive de la composante
maritime de la FINUL. Nos partenaires allemands ont indiqué leur
disposition à prendre, par la suite, le relais et à assurer le
commandement de la dimension maritime de la FINUL.
Le dispositif français sera constitué des deux frégates Cassard et
Montcalm et de leurs hélicoptères déjà sur zone et d'un transport de
chalands de débarquement. Ce dispositif est prêt à être déployé dans
la zone des 6 à 12 miles nautiques, dès aujourd'hui. Il a été
décidé, en accord avec les Nations unies, que la France et ses
partenaires interviendraient sous commandement national et en
étroite liaison avec les autorités libanaises.
Ce déploiement doit permettre la levée du blocus maritime.
(Les Italiens ont annoncé juste avant le point de presse qu'ils
avaient débuté leur mission de contrôle des eaux territoriales,
comment s'articulera exactement le contrôle entre l'Italie et la
France ?)
JB Mattéi : Il y a plusieurs pays européens qui devraient participer
à cette mission, Italiens et Grecs notamment. Pour ce qui est de la
coordination, je laisse Jean-François répondre.
JF Bureau : La partie italienne a fait savoir qu'elle était prête à
assurer ce rôle de coordination. C'est une disposition qui nous
convient, que nous saluons et qui traduit le rôle important que les
Européens jouent dans la résolution de la crise.
Les bâtiments restent sous commandement national avant la prise de
relais par les Allemands, si l'intention qu'ils ont manifestée se
vérifie et se confirme. Nous sommes bien dans un dispositif de
contrôle maritime coordonné par la partie italienne, comme ils l'ont
proposé, auquel nous participons, auquel participent d'autres pays,
dont le relais sera pris ensuite par les Allemands, dans le cadre
d'une composante maritime de la FINUL.
(Est-ce que l'on a une idée du nombre de navires en tout ? On a deux
français, combien d'italiens, combien de grecs seront présents ?
Quand les Allemands arriveront, assumeront-ils le commandement
maritime onusien ?)
JF Bureau : Je commence par le deuxième aspect de la question, c'est
sur ces bases-là que les travaux avancent. La proposition qui a été
faite par les Allemands est de pouvoir assurer la conduite d'une
composante maritime sous l'égide de la FINUL, donc c'est bien eux
qui assureraient le rôle de coordination.
S'agissant du nombre de bâtiments qui sont sur zone, il doit y en
avoir une douzaine.
(Est-ce que vous pouvez nous parler du fonctionnement de cette force
? Dans la pratique, comment va-t-elle fonctionner ? Aurez-vous le
droit d'arrêter les navires, de les fouiller, de tirer?)
JF Bureau : Les règles qui sont posées, ce sont celles qui sont
appliquées en vertu du droit maritime international entre toutes les
marines. Peut-il y avoir des accès intrusifs sur des bâtiments ? Il
peut y avoir un accès coopératif si le commandant du bateau sur
lequel la force veut obtenir des précisions, coopère. On peut
y accéder.
Nous ne sommes pas dans un registre coercitif, mais nous sommes bien
dans un registre de surveillance et de contrôle.
(Si le bateau ne veut pas se laisser fouiller, il peut continuer son
trajet ? C'est ce que vous voulez dire ?)
JF Bureau : C'est la réalité du droit. Pour reprendre votre
hypothèse, s'agissant d'un bateau qui, de façon délibérée, dans la
zone concernée, se refuserait à toute coopération, la force n'aurait
pas les moyens de le contraindre à cette coopération. Le droit
international maritime n'est pas fondé sur l'accès coercitif aux
bâtiments des autres. L'interlocuteur de la force internationale,
c'est la marine libanaise, qui peut elle, dès lors qu'elle est dans
ses eaux territoriales, prendre les mesures nécessaires. Les
bâtiments internationaux permettront d'avoir une surveillance de la
zone, un recueil des données suffisamment vaste et précis pour
pouvoir interroger, pour pouvoir se préoccuper de tel ou tel navire
qui arriverait dans la zone, pour se préoccuper de ses intentions.
Les registres sur lesquels le droit maritime permet d'agir sont déjà
des registres assez vastes. Il y a beaucoup de forces militaires qui
travaillent sur cette base dans d'autres régions du monde pour
assurer des missions de surveillance et de contrôle.
(Etant donné les précédents dans la région, comment évaluez-vous les
risques pour une mission de patrouille de cette sorte ? Il y a eu
des attaques contre des bateaux américains, des bateaux français. Il
y a eu des attaques contre des bateaux israéliens. Avez-vous fait
une étude particulière pour vous protéger contre ce genre d'attaque
?)
JF Bureau : Les bâtiments que nous engageons ont leur propre
capacité de protection ; ces capacités de protection sont
significatives. Deuxièmement, je dirai que notre intervention est
faite à la demande du gouvernement libanais et conformément aux
souhaits des autorités libanaises manifestées déjà depuis plusieurs
semaines de pouvoir obtenir la levée du blocus. Nous sommes donc
dans un contexte où, aujourd'hui, la dynamique de la cessation des
hostilités est bien ce qui prévaut. Cela ne nous met pas à
l'abri de toute tentative, mais notre sentiment est bien que la
détermination de la communauté internationale et des Européens à
prendre en charge une situation qui vise à assurer le contrôle et la
surveillance maritime au large du Liban constitue aujourd'hui aussi
un signal politique. Les moyens mis en oeuvre sont des moyens qui
ont une réelle consistance. Nous ne mettons pas en place un
dispositif de pure observation. Il a des capacités d'action.
(Apparemment, il y a un vrai décalage entre les règles d'engagement
de la force terrestre et de la force maritime. Qu'est-ce qui a
bloqué pour la force maritime ? Est-ce que cela s'explique par des
dissensions au sein du gouvernement libanais ? Est-ce que le
Hezbollah a estimé que la souveraineté dans les eaux territoriales
devait relever uniquement du Liban ? Est-ce qu'il y a un refus que
les navires européens puissent éventuellement ouvrir le feu sur des
embarcations rapides par exemple, qui transporteraient des armes
vers les côtes libanaises et que la marine libanaise n'a pas les
moyens de contrer ?)
JB Mattéi : Je vais laisser Jean-François Bureau répondre aux
aspects plus précis de la question, mais ce qui est clair est que
nous
répondons à une demande d'urgence des autorités libanaises relayée
par le Secrétaire général des Nations unies. Il fallait faire très
vite pour qu'il puisse y avoir un dispositif de surveillance et pour
que cela puisse permettre très rapidement de lever le blocus
maritime. Cette demande nous a été adressée. Nous y avons
répondu dans un délai, je crois, très rapide. Ce qui est clair
est que cela ne s'inscrit pas dans le cadre du volet maritime de la
FINUL, puisque les règles d'engagement de ce volet maritime ne sont
pas encore définies. Nous sommes donc dans le cadre d'une opération
qui s'inscrit dans le cadre de la résolution 1701 mais qui reste,
comme nous l'avons dit, sous commandement national et donc dans le
cadre du droit international maritime classique. Cela ne préjuge
donc pas de ce que seront les règles d'engagement du volet maritime
de la FINUL sur lesquelles un travail est en cours.
(Y-a-t-il une durée déterminée à cette opération ?)
JB Mattéi : L'idée, comme nous le disons très clairement, est que ce
soit temporaire. Les Allemands ont réaffirmé leur disponibilité à
prendre la direction de la composante maritime de la FINUL. Dès
qu'ils seront en mesure de le faire, et nous pensons que c'est
l'affaire de deux ou trois semaines, ce dispositif temporaire
devrait se terminer. Ce qui ne veut pas dire que le dispositif
Baliste ne restera pas sur zone, mais en tous cas cette mission
spécifique devrait s'achever.
(Ce dispositif pourrait-il être intégré à la FINUL maritime?)
JF Bureau : C'est une question qui pour l'instant n'a pas du tout
été abordée mais lorsque le relais sera pris par la composante
maritime de la FINUL, la question de savoir comment cette
composante maritime sera constituée fera évidemment l'objet
des travaux à venir.
(Vous dites aujourd'hui que vous êtes prêts, mais il y a-t-il
une heure précise ?)
JF Bureau : En vérité, ce n'est pas un acte solennel. Dès que la
coordination entre les commandants des bateaux, à l'initiative de
l'Italie, aura commencée à fonctionner, le processus sera enclenché.
Je dirai donc que c'est plus par les échanges entre les uns et les
autres, de bateau à bateau, que le processus s'enclenchera. C'est
très technique en vérité. Le signal sera donné par la partie
italienne.
(Il me semble que les bateaux étaient prêts hier ?)
JF Bureau : Tout à fait, les bateaux sont prêts. Nous avons dit dès
hier matin que nous étions prêts dès hier, si le blocus avait été
levé en fin d'après-midi.
JB Mattéi : Nous attendions la demande officielle du Secrétaire
général que nous avons obtenue. Maintenant notre souhait est que ce
soit déployé aujourd'hui et que cela permette la levée du blocus
très rapidement.
(Une fois que les Allemands arriveront, la composante maritime
va-t-elle être sous commandement du général Pellegrini ou
complètement à part ? Qui sera le commandant en chef ?)
JF Bureau : A ma connaissance, cela fait aussi partie des travaux en
cours. Ce n'est pas encore réglé.
(Dans la douzaine de bateaux faisant partie de la force,
y-a-t-il des bateaux libanais et combien ?)
JF Bureau : Il y aura de toute façon des éléments de la marine
libanaise qui seront des interlocuteurs des Italiens, des Français.
JB Mattéi : Mais ils ne sont pas compris dans les douze qui sont les
bateaux internationaux.
(Au niveau des Français, cela représente combien d'hommes ?)
Capitaine de vaisseau Prazuck (EMA-COM) : Il y a 200 marins sur
chaque frégate et 250 sur le transport de chalands de débarquement,
ce qui représente au total 650 personnes.
(Il y a fréquemment des violations par les unités navales
israéliennes des eaux territoriales libanaises. Je pense que nous
n'avons pas suffisamment parlé de cela. Quelle sera votre attitude
dans ce cas et l'attitude des Allemands, qui ont soigneusement évité
d'aller à terre pour des raisons de susceptibilité ?)
JB Mattéi : Je pense qu'à partir du moment où Israël décide de
mettre un terme à ce blocus maritime, la raison d'être de telles
incursions n'existe plus. Cela concerne donc les rapports entre
Israël et le Liban, le respect des eaux territoriales libanaises.
JF Bureau : Et les règles du droit international s'appliquent à
tous.
(Si Israël respecte le cessez-le-feu et la levée du blocus. Mais il
y a toujours l'éventualité, ce ne serait pas la première fois que
cela arrive au Liban, qu'il y ait une violation flagrante par Israël
des eaux territoriales libanaises, quelle sera l'attitude de la
force de protection navale ou maritime ? Empêchera-t-elle cette
violation ? A-t-elle le droit d'ouvrir le feu ? Comment
réagira-t-elle ?)
JF Bureau : Les conditions d'emploi dans le cadre du droit
international maritime sont des conditions pacifiques au sens où
cette force n'est pas mandatée par une résolution des Nations unies
pour exercer un pouvoir de coercition. Elle n'est donc pas en
situation d'interdire le passage d'un bateau de vive force. Elle est
en situation d'aider la marine libanaise à pou voir le faire dans
ses eaux territoriales. Elle est en situation de lui apporter toutes
les informations recueillies permettant ainsi de mesurer le
risque que fait courir tel ou tel bâtiment dans la zone. C'est une
appréciation à la fois technique et militaire, mais qui a une
signification politique. S'il est clair qu'un bateau, par son
comportement, par son attitude, représente un risque, la force en
fait part aux autorités libanaises immédiatement avec une
appréciation sur ce comportement. On peut imaginer que cette
appréciation ne reste pas sans suite. Il y a donc la capacité à
identifier et à détecter de façon extrêmement précoce les
risques qui peuvent être encourus par ce type de comportement.
(Et ceci s'applique sur des bateaux qu'on soupçonnerait
d'acheminer des armes et des munitions ?)
JF Bureau : Cela s'applique bien sûr à tous les bateaux qui sont
dans la zone puisque c'est le droit international.
(Je repose ma question, à laquelle je n'ai pas eu de réponse :
est-ce que la France a souhaité avoir des moyens plus robustes pour
cette force maritime ? Ce souhait a-t-il été transmis à qui de
droit ? Vous êtes-vous heurtés à un refus ou pas ?)
JF Bureau : Nous nous organisons pour répondre à la demande des
autorités libanaises telle qu'elle a été formulée il y a moins de 48
heures de telle sorte que le blocus puisse être levé. La partie
israélienne coopère à cette volonté de lever le blocus. Nous prenons
les dispositions dans le cadre du droit qui s'applique naturellement
aux forces maritimes. La question des règles d'engagement de la
future composante navale de la FINUL est en cours de discussion.
C'est bien l'objet des discussions qui se poursuivent à New York
actuellement mais qui, si nous avions attendu qu'elles soient
réglées dans les détails, nous auraient conduits à repousser les
conditions de la levée du blocus, ce qui n'a pas semblé souhaitable.
Capitaine de vaisseau Prazuck (EMA-COM) : Il ne faut pas minimiser
l'efficacité du dispositif qui est mis en place, ce que permet le
droit international. Selon les mêmes règles, en respectant le droit
maritime, nous participons à la lutte contre le narco-trafic dans
les Antilles ou en Atlantique. Nous participons depuis septembre
2001, dans le nord de l'Océan indien, au contrôle maritime avec des
résultats qui sont tout à fait positifs. Il y a les approches
maritimes libanaises, mais il y a aussi l'accès au suivi de la
circulation maritime mondiale, au connaissement des cargos. C'est
l'accès à une base de données assez ouverte, partagée par plusieurs
administrations, et qui permet d'avoir une action très efficace dans
le respect strict du droit international.
(Justement, dans le cadre du narco-trafic, les bateaux de la marine
française s'arrogent le pouvoir d'intercepter des embarcations
qu'elles estiment suspectes de participer à ce narco-trafic.
Aurez-vous le pouvoir d'intercepter des navires que vous
estimez suspects, apparemment non ?)
JF Bureau : Je crois qu'il ne faut pas sous-estimer l'efficacité d u
dispositif, parce que l'on se donne les moyens d'identifier les
risques beaucoup plus tôt que nous ne pouvions le faire jusqu'à
présent et donc de les traiter au bon niveau.
JB Mattéi : Encore une fois, cela s'est fait à la demande des
autorités libanaise, en liaison avec les autorités libanaises et à
proximité des côtes libanaises. Tous ces éléments sont à prendre en
compte.
(Votre champ d'application, votre champ de travail, est-ce
uniquement les eaux territoriales libanaises ou êtes-vous habilités
à travailler sur les eaux internationales ?)
JB Mattéi : Ce sera la zone comprise entre 6 et 12 miles nautiques.
(En théorie, la marine libanaise pourrait-elle vous demander
d'arraisonner un navire commercial qui ne serait pas coopératif ?
Concernant l'opération Baliste, la FINUL sera-t-elle dorénavant
approvisionnée par d'autres marines que Baliste ?)
JF Bureau : Concernant le deuxième aspect de votre question, les
moyens de la marine regroupés au sein de Baliste ont été mis à
contribution pour soutenir la FINUL parce qu'elle était elle-même
privée de ses moyens de soutien classique, pendant la période de
crise. Il est bien évident que les travaux menés aujourd'hui doivent
conduire à changer cette situation. On peut donc imaginer que
d'autres marines participeront au soutien de la FINUL ; cela ne me
paraît pas poser de problème de principe.
Quant au premier cas de figure, c'est bien la responsabilité des
autorités libanaises de demander le concours de cette force qui agit
dans le cadre du droit international. Un bâtiment est un élément de
souveraineté. Les règles du droit international définissent de façon
très stricte les conditions dans lesquelles on peut accéder à un
bâtiment qui n'est pas le vôtre.
(Donc seule la marine libanaise pourrait in fine le faire ?)
JF Bureau : Oui, dans ses eaux territoriales.
(Pour être clair, le déploiement français dans le cadre d'une
mission de surveillance est provisoire et censé être remplacé par
l'Allemagne dans deux ou trois semaines. N'y a-t-il pas un gros
risque que cela devienne une ''ligne bleue'' bis qui est un peu à la
convenance de tout le monde, qu'il y ait des bateaux avec des armes
poursuivis par des vedettes israéliennes à volonté et que vous ne
soyez là que pour observer ? Allez-vous avoir d'Israël des
engagements qu'ils ne vont pas mettre en péril cette mission ?)
JB Mattéi : A partir du moment où Israël met un terme à ce blocus,
nous souhaitons effectivement que cela se traduise par le respect
des eaux territoriales libanaises et qu'il n'y ait plus ce type
d'incursions. Nous retombons, comme l'a dit Jean-François Bureau,
dans le droit international classique. Nous agissons de bonne fois
dans cette affaire, à la demande du Secrétaire général des Nations
unies qui lui même est évidemment en contact avec les Israéliens. Il
n'y a pas de raison de penser que le scénario que vous évoquez va
forcément se produire.
JF Bureau : Et je crois qu'il faut revenir à un autre aspect qui est
que toutes les parties considèrent que la levée du blocus est une
étape clé dans la consolidation du processus de cessation des
hostilités. Nous ne pouvons donc pas à la fois regretter que ce
processus s'amorce et penser qu'il va échouer. La vérité est
qu'effectivement, nous prenons les moyens d'enclencher ce processus
qui va ensuite être consolidé, dès que la composition et les
conditions d'emploi d'une composante maritime de la FINUL auront été
définies.
(Douze bateaux pour surveiller, n'est-ce pas trop ?)
JF Bureau : Je pense que la densité d'informations que ces bâtiments
vont recueillir ne permettra guère de laisser échapper la moindre
embarcation.
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L’Assemblée générale
adopte
un « cadre
stratégique général » contre le terrorisme |
Philippe WECKEL
L’organe plénier de l’ONU est finalement parvenu à
adopter une résolution par consensus le 8 septembre 2006 soit pratiquement
la veille de la commémoration du 11 Septembre et de l’achèvement de la 60ème
session (http://www.un.org/terrorism/strategy/
).
L’instrument n’est certes pas contraignant, mais il
traduit un niveau d’équilibre ou un point de convergence entre les 192
Etats qui se sont fortement divisés sur la question du terrorisme. Le plan
d’action annexé à la résolution énonce un ensemble de mesures regroupées
selon les quatre axes de la stratégie internationale :
- Un consensus s’est forgé pour
admettre, ce n’est pas un mince progrès, de souligner d’abord la
nécessité de combattre les causes du terrorisme « tentaculaire »
notamment par la promotion du règlement pacifique des différends,
du dialogue interculturel et de la tolérance, de la justice, y compris
du développement.
- En contrepartie de cette prise en
compte des causes profondes du terrorisme international les Etats ont
explicité avec une précision notable leurs obligations en matière de
prévention et de répression du terrorisme.
- Le troisième axe concerne le
renforcement des capacités de la lutte internationale contre le
terrorisme, l’accent étant mis sur le rôle que doit jouer le système des
Nations Unies, l’ONU et les Institutions spécialisées.
- Enfin le quatrième axe est relatif
au respect des droits de l’homme et de l’Etat de droit dans la lutte
contre le terrorisme. On précise clairement que cette nécessité fait
partie intégrante de la stratégie. Elle conditionne le succès de cette
dernière.
Premières réactions.
Le Secrétaire général de l’Onu a estimé que
l’adoption « par l’Assemblée générale d’une Stratégie mondiale contre le
terrorisme envoie le message clair que ce fléau est inacceptable, quel
qu’en soient les auteurs ou les mobiles ». Il a estimé que « le 5ème
anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 est l’un des nombreux
rappels des conséquences effroyables et injustifiables du terrorisme à
travers le monde. J’exhorte tous les États Membres à honorer toutes
les victimes du terrorisme et ce, en prenant rapidement les mesures
adéquates de mises en œuvre de tous les aspects de la Stratégie » (Communiqué,
dépêche).
Le Royaume-Uni a observé que la résolution
adoptée par l’Assemblée générale adressait un signal clair de l’unité de
l’ensemble des Etats sur la question du terrorisme et il a renouvelé avec
insistance son soutien à l’activité du Secrétaire général, Kofi Annan
(Déclaration).
| France
Quai d'Orsay
Point de presse du 11 septembre 2006
6 - NATIONS UNIES/TERRORISME
La France salue l'adoption, vendredi dernier, à New York, de la
stratégie globale des Nations unies contre le terrorisme. Ce
document, que les chefs d'Etats et de gouvernement s'étaient engagés
à adopter lors de la 60ème session en cours de l'Assemblée générale
des Nations unies, permettra de rassembler et de mettre en
cohérence les mécanismes de lutte contre le terrorisme existant
au sein des Nations unies. Cette stratégie ouvre également de
nouvelles pistes pour le renforcement de la coopération
internationale à ce sujet, notamment dans le domaine de
l'extradition ou pour réprimer l'incitation au terrorisme.
Nous tenons ici à saluer l'excellent travail préparatoire accompli
par le SGNU. Cette stratégie découle, en effet, en grande partie,
des propositions faites par le Secrétaire général en mai dernier.
Le terrorisme mondial ne connaissant pas de frontière, les
Nations unies ont un rôle central à jouer, car elles sont à même
d'offrir un cadre universel pour mobiliser sur le plan politique
l'ensemble des Etats et édicter des normes juridiquement
contraignantes.
La France attache par ailleurs beaucoup d'importance au travail
accompli par le Comité du contre-terrorisme chargé de
surveiller la mise en oeuvre par les Etats de leurs engagements au
titre de la résolution 1373, adoptée après les attentats du 11
septembre 2001.
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Etats-Unis
Confirmation par le Président Bush de la
stratégie nationale de sécurité définie en 2001
Anne RAINAUD

"President Discusses Global War on Terror "
Peu avant la date anniversaire du 11
septembre 2001, le président des Etats-Unis a exposé la pleine
détermination de la Maison Blanche dans la continuation de sa lutte contre
le terrorisme. Dans ce contexte commémoratif chargé en émotion, deux
indices au moins corroborent cette affirmation.
1. D'une part, le président a décidé (décision
du 5 septembre 2006) de maintenir pour
un an encore l'état d'urgence proclamé le 14 septembre 2001 (National
Emergencies Act (50 U.S.C. 1622(d)) suite aux attaques terroristes dont
ont été victimes les Etats-Unis. La menace terroriste persistant toujours,
le dispositif de lutte adopté dans ce cadre doit donc se poursuivre au
delà du 14 septembre 2006.
2. D'autre part, dans une perspective
stratégique de sécurité, le président Bush a tenu un discours, également
le 5 septembre 2006, intitulé "Global
War on Terror", dans lequel il affirme
que les Etats-Unis sont "une nation en guerre","combattant les terroristes
sur tous les fronts de bataille" et "n'acceptant rien d'autre qu'une
complète victoire".
Dans ce discours, le président Bush va
s'attacher assez longuement à justifier la stratégie des Etats-Unis dans
sa lutte contre les terroristes avant d'exposer, somme toute plutôt
brièvement, les axes de cette stratégie dans sa mouture de septembre 2006.
Ce déséquilibre dans l'organisation des idées de ce discours témoigne
peut-être d'une volonté de persuader du bien-fondé de la politique
offensive du président Bush et de son administration contre le terrorisme.
Il s'agit plus de chercher à convaincre sur les raisons impératives de
cette stratégie de sécurité que d'expliquer la mise en oeuvre de celle-ci.
Les justifications avancées par la Maison
Blanche peuvent se résumer ainsi : - l'impossibilité du dialogue ("It is
foolish to think that you can negotiate with them"), - la détermination
des extrémistes musulmans à fonder un empire islamique totalitaire, le "Caliphat"
( their vision of a unified, totalitarian Islamic state that can confront
and eventually destroy the free world), - les Etats-Unis cible première et
privilégiée des terroristes, en tant que principal obstacle à la
réalisation de leurs ambitions. En l'occurrence, le lien est alors établi
entre d'une part la lutte contre Ben Laden et Al Quaïda et d'autre part le
maintien des Etats-Unis en Irak, au motif que Ben Laden, selon les propos
rapportés (mais sans que les sources en soient précisées), a déclaré que
l'Irak devait être le siège de la capitale du Caliphat. Le discours du
président Bush précise en effet : "But they've made clear that the most
important front in their struggle against America is Iraq -- the nation
bin Laden has declared the "capital of the Caliphate". For al Qaeda, Iraq
is not a distraction from their war on America -- it is the central
battlefield where the outcome of this struggle will be decided". Ces
formules ainsi prêtées à Ben Laden créent alors enfin le lien avec la
politique des Etats-Unis en Irak, Saddam Hussein, nullement mentionné dans
ce discours, semble être une motivation oubliée de l'engagement des forces
militaires américaines dans cet Etat. De même, le lien est également
établi avec Israël en mentionnant les propos du terroriste Zawahiri ;
selon l'analyse rapportée (toujours sans précision des sources par le
president Bush) des propos tenus par Zawahiri, " Al Qaeda will proceed
with "several incremental goals. The first stage: Expel the Americans from
Iraq. The second stage: Establish an Islamic authority or amirate, then
develop it and support it until it achieves the level of Caliphate… The
third stage: Extend the jihad wave to the secular countries neighboring
Iraq. And the fourth stage: …the clash with Israel". Dans cette
perspective destriptive de l'axe du mal, l'Iran fait également partie
intégrante du discours de la Maison Blanche en tant que source de
terrorisme et de violence contre les Etats-Unis : "like al Qaeda and the
Sunni extremists, the Iranian regime has clear aims: they want to drive
America out of the region (l'Irak), to destroy Israel, and to dominate the
broader Middle East. To achieve these aims, they are funding and arming
terrorist groups like Hezbollah, which allow them to attack Israel and
America by proxy".
Au regard de l'analyse des idées des
extrémistes musulmans très largement exposées dans le discours
présidentiel, G.W. Bush invoque le devoir des Etats-Unis devant l'Histoire
: "America did not seek this global struggle, but we're answering
history's call with confidence and a clear strategy". La stratégie des
Etats-Unis repose sur un document, le "National
Strategy for Combating Terrorism",
initié en 2001, revu en 2003 et désormais en 2006; mais la mise à jour ne
révèle pas d'éléments inédits. Cinq axes "basiques" de cette stratégie
sont ainsi invoqués : - la prévention et l'offensive ("we're determined to
prevent terrorist attacks before they occur. So we're taking the fight to
the enemy. The best way to protect America is to stay on the offense), -
empêcher les armes de destructions massives (The greatest threat this
world faces is the danger of extremists and terrorists armed with weapons
of mass destruction), - empêcher le soutien des terroristes par certains
régimes ("After September the 11th, I laid out a clear doctrine: America
makes no distinction between those who commit acts of terror, and those
that harbor and support them, because they're equally guilty of murder"),
- empêcher la main mise de certains territoires par les terroristes ("By
helping governments reclaim full sovereign control over their territory,
we make ourselves more secure"), - empêcher le recrutement de nouveaux
terroristes "en répandant l'espoir de la liberté à travers le Moyen-
Orient" ("we're working to deny terrorists new recruits, by defeating
their hateful ideology and spreading the hope of freedom").
Le Moyen-Orient est donc bien la zone
centrale où viennent se cristalliser toutes les menaces terroristes. Le
président G.W. Bush conclut son discours sur le thème de la sécurité
globale, à savoir que tant qu'il n'y aura pas la paix au Moyen-Orient, la
sécurité des ressortissants américains ne sera pas acquise : "And we see a
day when all the nations of the Middle East are allies in the cause of
peace.We fight for this day, because the security of our own citizens
depends on it. This is the great ideological struggle of the 21st century
-- and it is the calling of our generation". La lutte contre le terrorisme
est ainsi l'actuelle "mission" (a priori à long terme) des Etats-Unis,
comme l'ont été au cours du 20ème siècle la lutte contre le régime nazi,
puis contre le régime soviétique pendant la guerre froide; mais le
président Bush estime qu'il faut désormais agir sans attendre : "And now,
freedom is once again contending with the forces of darkness and tyranny.
This time, the battle is unfolding in a new region -- the broader Middle
East. This time, we're not waiting for our enemies to gather in strength.
This time, we're confronting them before they gain the capacity to inflict
unspeakable damage on the world, and we're confronting their hateful
ideology before it fully takes root".
Le discours "Global War on Terror"est
bien la justification de la politique de protection offensive des
Etats-Unis sur deux fronts, militaire et idéologique :"I'll explain the
strategy we're pursuing to protect America, by defeating the terrorists on
the battlefield, and defeating their hateful ideology in the battle of
ideas".
Voir aussi :
Progress In The War On Terror

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Somalie
Obtention d’un accord de paix
provisoire
Sabrina RAHMANI
Le
4 septembre 2006,
à Khartoum, les Tribunaux islamiques de Somalie et le gouvernement fédéral
de transition ont signé un accord de paix provisoire. Ce document, signé
sous l’égide de la
Ligue des Etats arabes comporte quatre points.
Ainsi, il prévoit la formation d'une armée nationale et d'une force de
police qui intégreraient les milices islamiques, le gouvernement de
transition et les autres milices locales. Les parties s'engagent également
à ne pas soutenir les seigneurs de guerre, à ne pas se combattre, ni se
réarmer. Elles s’engagent aussi à appliquer l'accord du 22 juin sur une
reconnaissance mutuelle et une cessation des hostilités. Elles ont par
ailleurs affirmé leur volonté de coexister pacifiquement avec les pays
voisins et de demander aux Etats de la région de respecter l'intégrité
territoriale de la Somalie. Le gouvernement de transition et les
islamistes ont également décidé de reprendre les négociations sur le
partage du pouvoir le 30 octobre prochain, après la période du mois du
ramadan.
Le chef de la délégation des islamistes,
M. Ibrahim Hassan Addow, a déclaré que cet accord ouvrait la voie à la
pacification de la Somalie. De son côté, le vice-premier ministre du
gouvernement de transition, M. Abdullahi Cheikh Ismail, a déclaré que le
peuple somalien était fatigué de la guerre et que le temps de faire la
paix était arrivé.
Le
Secrétaire général des Nations Unies,
M. Kofi Annan,
s'est félicité de la conclusion de cet accord et a salué les parties
pour cette contribution positive aux efforts visant à résoudre leurs
divergences par le biais d'un dialogue et de consultations, et ce, afin de
réaliser une paix et une stabilité durables en Somalie. Il a par ailleurs
encouragé les parties à mettre en œuvre ce qui a été accepté jusqu’à
présent et à faire tout leur possible pour garantir un environnement
favorable au prochain tour des pourparlers, au cours desquels seront
examinées des questions politiques, de partage des pouvoirs et de sécurité
cruciales.
Toutefois, entre les milices des Tribunaux
islamiques et du gouvernement fédéral de transition, l'épreuve de vérité
est engagée au sujet du déploiement d'une force de maintien de la paix. En
effet, le 5 septembre, une réunion à Nairobi de l'Autorité
intergouvernementale pour le développement (IGAD),
organisme regroupant des pays de la région et présidé par le Kenya, s'est
à nouveau engagée à déployer en Somalie une force de maintien de la paix
baptisée
IGASOM. Cette force devrait compter plus de 7 000 hommes, des soldats
ougandais et soudanais, comme l'IGAD l'avait annoncé le 18 août. Le
calendrier prévoit un arrivée en Somalie d'ici à la fin septembre.
Le même jour, à Mogadiscio, environ 7000 personnes ont
manifesté à Mogadiscio contre le déploiement d’une force internationale de
paix en Somalie. Les manifestants ont défilé dans les rues de Mogadiscio
contre la tenue à Nairobi d’une réunion des pays membres de l’IGAD à
propos de l’accord de paix provisoire entre le gouvernement de transition
et les islamistes et du déploiement d’une force de paix internationale.
Le chef du comité exécutif du Conseil suprême islamique de Somalie,
M. cheikh Sharif Ahmed, a qualifié le déploiement de l'IGASOM de
conspiration contre son pays. Par ailleurs,
le 7 septembre, le Conseil suprême islamique de Somalie a
appelé l’ONU et les organisations internationales d’aide à revenir en
Somalie, assurant que rien ne leur arrivera, tout en précisant qu’il
n’acceptera jamais la présence de troupes étrangères dans le pays.
En revanche,
le gouvernement fédéral de transition du président Abdullai Yusuf
souhaite l'arrivée de l'IGASOM.

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Relation de
partenariat de l'OTAN avec Afghanistan
Anne Rainaud
Le 6 septembre 2006, le Secrétaire
général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer et le Président afghan Hamid
Karzaï, ont signé la
Déclaration de l’OTAN et de la République islamique d’Afghanistan.
Celle-ci a pour objectif de fixer "un cadre de coopération durable au sein
d'un partenariat" selon le
communiqué réalisé par l'Organisation.
Cette déclaration s'articule autour des points suivants. Tout d'abord sont
rappelées les idées maîtresses du rapprochement de l'OTAN et de
l'Afghanistan (aide à la construction d'une zone démocratique et stable
dans l'optique future d'une capacité de cet Etat à assurer sa propre
sécurité, son fonctionnement par une bonne gouvernance, le respect de
l'Etat de droit, de la justice ...). Cette déclaration esquisse un avenir
sans ombre mais dans un certain lointain puisqu'elle dipose que "dans le
long terme, l'Afghanistan aspire à contribuer à la sécurité et la
stabilité en prenant part dans des opérations de conduite de maintien de
la paix". Un second point met en avant les principes essentiels de la
coopération, à savoir que celle-ci doit être réaliste quant aux besoins
des afghans et la capacité d'aide de l'OTAN, tout en ayant à s'appuyer sur
le rôle de l'ISAF
et des autres acteurs, sans duplication des efforts. Les principaux
domaines de coopération sont énumérés au point 11 de la Déclaration : la
réforme de la défense, l’établissement d’institutions de défense et les
aspects militaires de la réforme du secteur de la sécurité, et sur
d’autres aspects mutuellement identifiés, notamment la promotion de
l’interopérabilité des forces de l’armée nationale afghane (ANA) avec
celles des pays membres de l'OTAN. Cette déclaration s'inscrit dans le
prolongement du programme de coopération développé par les ministres des
Affaires étrangères en décembre 2005, en réponse à la demande du président
Karzaï pour une coopération à long terme avec l'OTAN. Mais cette dernière
ne se limite pas à ce seul programme, ce qui rend compte de l'importance
des liens tissés entre l'Organisation et l'Afghanistan et le rôle que
souhaite avoir l'Organisation dans cette zone. Notons qu'en juillet 2006
(cf.
communiqué de presse OTAN du 28 juikllet 2006), le Conseil de l'OTAN a
autorisé l'expansion de missions dans le sud de l'Afghanistan, augmentant
ainsi officiellement la présence de l'OTAN dans le pays. (AR).

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Nomination des experts de la
Commission d’enquête de haut niveau
sur la situation au Liban
Valérie GABARD
Le premier septembre, le
président du tout nouveau
Conseil des droits de l’homme,
M. Luis Alfonso de Alba a annoncé publiquement la
composition de la Commission
d’enquête de haut niveau sur la situation au Liban
créé le 11 août dernier en réaction au récent conflit entre Israël et le
Hezbollah.
Les trois experts dont la
nomination a été rendue publique sont :
Cette commission
d’enquête a été créée lors d’une
session extraordinaire
du Conseil des droits de l’Homme qui s’est tenue le 11 août dernier à
Genève. Cette session a également conduit le Conseil à condamner fermement
les violations graves des droits de l’homme commises par le gouvernement
israélien à l’encontre des civils libanais, qui ont pour résultat le
massacre de milliers de civils, des blessés, des dégâts étendus aux
ouvrages civils et le déplacement d’un million de personnes.
Le fondement juridique de
la création de cette toute nouvelle commission de « haut niveau » se
trouve dans le texte de
la résolution S-2/res/1.
Il lui est attribué le rôle (a) d’enquêter sur
le ciblage et le meurtre systématique de civils par Israël au Liban, (b)
d’examiner les types d'armes utilisés par Israël et leur conformité au
droit international, et (c) d’évaluer l'étendue et les effets meurtriers
des attaques israéliennes sur les vies humaines, les biens, les ouvrages
d'infrastructure d'importance vitale et l'environnement. Notons, que les
travaux de cette Commission d’enquête ont d’ores et déjà pris du retard,
puisque la résolution prévoyait un premier compte rendu de
l’accomplissement de sa mission au premier septembre 2006, date à laquelle
ont finalement été nommés ses membres.
L’instauration
de cette commission est l’une des premières décisions du Conseil et revêt
donc une importance particulière en qualité de précédent et dans la
recherche de crédibilité du nouvel organe.
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archive de Sentinelle
Sur le conflit israélo-libanais :
Sur le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies :
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ONU :
dernière session de la
Sous–Commission de la promotion et de la protection des droits de
l’Homme :
vers la
création d’un Comité consultatif des Droits de l’Homme ?
Antonella SAMPO
En
clôturant sa
58ème session, qui s’est tenue du 7 au 25 août 2006 à
Genève, la
Sous-Commission
de la
promotion et de la protection des droits de l’Homme, principal organe
subsidiaire de l’ancienne Commission des droits de l’Homme, a mis terme
définitif à ses activités. Malgré les difficultés liées à l’organisation
de cette ultime session dues notamment aux nombreuses séances parallèles,
la Sous-Commission a tout de même adopté par consensus, outre une
déclaration du Président sur la situation au Liban, une trentaine de
résolutions et décisions.
On
retiendra surtout de cette dernière session, la proposition de création
d’un « comité consultatif des droits de l’Homme ». Cette proposition
apparaît dans le
document établi, à la demande du tout jeune Conseil de droits de
l’Homme, sur le bilan de travaux de la Sous-Commission. Le Conseil avait,
en effet sollicité les recommandations de la Sous-Commission quant à
l’avenir des activités consultatives des experts en droits de l’Homme. Le
Conseil lui avait également demandé de rédiger une liste détaillée de
toutes les études en cours au sein de la Sous-Commission et d’effectuer un
examen global de ses travaux (voir le
communiqué de presse du 25 août 2006).
La
Sous-Commission en a conclu, sans grande surprise, que le « maintien d'un
organe d'experts indépendant, collégial et permanent dans le domaine des
droits de l'homme » était nécessaire. Cet organe qui serait appelé
« Comité consultatif des droits de l’Homme», serait chargé de « la
promotion et du développement progressif des droits de l'homme, ainsi que
la protection des droits de l'homme, au moyen en particulier du mécanisme
d'examen périodique universel ». La Sous-Commission a ajouté que ce nouvel
organe, qui soulignons-le ne se démarque pas réellement de la
Sous-Commission si ce n’est par son nom, devrait conserver le pouvoir
d’initiative de la Sous-Commission en matière de recommandations, de
résolutions et décisions et de création de groupes de travail.
Dans ce
document, la Sous-Commission précise également la composition et les
compétences que devraient avoir les futurs membres ce nouvel organe. Les
réunions devraient se tenir deux fois par an sous la forme de deux
sessions d’une durée de dix jours chacune.

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14eme réunion
régionale asienne de l’OIT
« concrétiser le travail décent en
Asie »

Noémie SIMONEL
La
réunion régionale asienne de l’OIT s’est déroulée du
29 août au 1
septembre 2006 à Busan, en Corée du Sud. Alors que la région
occupe "une
position de leader dans l'économie mondiale",
la 14e Réunion régionale asienne avait pour but annoncé de «Concrétiser
le travail décent» en Asie. Cela
implique un travail productif et justement rémunéré, qui apporte la
sécurité sur le lieu de travail et la protection sociale pour les
familles, la liberté d'exprimer ses revendications, la possibilité de
s'organiser collectivement, l'égalité des chances et de traitement entre
les hommes et femmes. La réunion s’est donc attelée à des questions aussi
diverses que le chômage, la pauvreté, la gestion des phénomènes
migratoires de travailleurs, le travail des enfants, le respect des
principes et droits fondamentaux de la personne.
Concernant la migration des
travailleurs, on assiste à un phénomène historique dans la région
asiatique. Près de trois millions de travailleurs asiatiques quittent
chaque année leur pays pour aller travailler à l'étranger. Si cette
mobilité croissante profite aux pays d'origine comme aux pays d'accueil,
les migrations n'en posent pas moins d'énormes défis aux Etats de la
région, dont beaucoup doivent encore adopter des mesures et élaborer des
programmes relatifs à la réglementation des mouvements transfrontaliers, à
la protection des droits fondamentaux des migrants - y compris de ceux qui
sont en situation irrégulière. L’amélioration des conditions de vie et le
respect des droits reconnus aux migrants et à leurs familles sont une
condition sine qua non pour renforcer le processus économique
généré par les transferts de fonds des migrants. Rappelons que ceux ci
sont évalués à 300 milliards de dollars par an, soit plus que le total de
l'aide publique au développement.
Concernant
la
féminisation des migrations internationales de main-d'œuvre, l’Asie est
exemplaire; les femmes représentent en effet, selon les pays de la région,
60 à 80 pour cent de l'ensemble des migrants. Pour autant, cette manne
financière ne doit pas obérer les situations d’extrême vulnérabilité (traite,
exploitation et mauvais traitements)
que certaines d’entre elles subissent. Dans son dernier
rapport annuel,
« Vers l'espoir : les femmes et la migration internationale»,
le
Fonds des Nations Unies pour la population appelle les
gouvernements à protéger les droits des 95 millions de femmes migrantes.
Concernant le travail des enfants, les conclusions de la réunion
ont rappelé que conformément aux conventions n°138 relative aux conditions
d’admissibilité encadrant le travail des enfants et n°182
prohibant
les pires formes de travail des enfants, (traite, exploitation sexuelle à
des fins commerciales, travail en servitude, travaux dangereux,
recrutement et utilisation d'enfants dans des conflits armés ou pour le
trafic de stupéfiants),les Etats devaient continuer de lutter pour offrir
la gratuité et une instruction concernant les quelques 122 millions
d’enfants de 5 à 14 ans astreints au travail , générant directement des
déficits de travail décent. Rappelons que la convention n°182 a été
ratifiée par 161 pays en l'espace de sept ans. Jamais convention de l'OIT
n'avait été ratifiée par autant de pays en aussi peu de temps.
Relativement à la lutte contre le
travail des enfants a été organisé par le BIT, un séminaire tripartite
régional à Jakarta en juillet 2006. Les participants, venus de 12 pays de
l'Asie de l'Est et du Sud-est, ont examiné les mesures à prendre pour
combattre encore plus efficacement le travail des enfants, notamment par
l'établissement d'un calendrier pour l'élimination des pires formes
d'exploitation. Certains de ces pays, dont le Cambodge, l'Indonésie,
la Mongolie,
les Philippines et le Viêt-Nam, ont déjà adopté un calendrier précis.
Rappelant la nécessité de respecter et
faire respecter les principes et droits fondamentaux de la personne
humaine telle que la
non-discrimination au travail, l’éradication du
travail des enfants et du travail forcé,la liberté d’association
, la préservation de la sécurité et la santé des travailleurs, le respect
de l'égalité entre les sexes, les délégués ont lancé «une
Décennie du travail décent», apte à contribuer de façon substantielle
à la réalisation des
Objectifs du Millénaire pour le Développement, destinés à réduire la
pauvreté d'ici 2015. La décennie promouvra
l'Agenda pour le travail décent de l'OIT qui repose sur les piliers
des droits au travail, de l'emploi, de la protection sociale et du
dialogue. Notons que déjà plusieurs Etats ont intégré l’Agenda de l’OIT
dans leurs agendas nationaux. Face à ses défis majeurs, l’approche retenue
par l’OIT allie productivité et amélioration du respect de droits de la
personne. Ainsi, le travail de suivi permanent a montré qu’au Vietnam
comme au Sri Lanka, le respect des normes internationales du travail et de
la législation nationale du travail se concilie parfaitement avec une
amélioration de la qualité et de la productivité.
Cette réunion a eu d’autant plus de résonance que l’ECOSOC a adopté une
déclaration ministérielle consacrant la nécessité d’asseoir un
environnement favorable au plein-emploi et au travail décent
La nouvelle Déclaration ministérielle de l'ECOSOC est
d'autant plus significative que l'ECOSOC coordonne l'action des 14 agences
spécialisées, 10 commissions fonctionnelles et cinq commissions régionales
de l'ONU.
Deux
semaines à peine après cette réunion régionale
se tiendra
le « Dialogue de haut niveau sur la migration internationale et le
développement » à l’Assemblée générale les 14 et
15 septembre à New York. Il s’agit de la première réunion organisée
rassemblant les pays du monde entier sur les enjeux de la migration des
travailleurs.

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CPI/ Ouganda:
Paix ou justice :
l’abandon des
poursuites en échange de la paix ?
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Antonella SAMPO
Cette question revient de manière récurrente depuis que la
Cour Pénale internationale
s’est saisie du dossier ougandais et a lancé des
mandats d’arrêt
contre les membres de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA).En réponse à
l’annonce du Président ougandais
Yoweri Museveni du
31 août 2006, dans laquelle il a affirmé que « les poursuites pour crimes
de guerre visant des rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA)
devraient être maintenues jusqu'à ce qu'ils signent d'un accord définitif
de paix avec le gouvernement »,
Vincent Otti
a déclaré que, sur les ondes ougandaises que « la question de la CPI sera
le premier point à l'ordre du jour et pour que nous sortions (de nos
cachettes), la CPI doit retirer ses actes d'accusation » ( voir
le mandat d’arrêt
lancé à son encontre).
Kampala et la LRA ont signé une trêve entrée en vigueur le 29 août selon
laquelle les rebelles ont trois semaines à compter du 29 août pour se
rassembler dans deux sites dans le Sud-Soudan jusqu'à la fin des
négociations de paix. Malgré cela, Otti a prévenu que cela ne signifiait
pas la fin de la guerre. La CPI n’a, à ce jour, pas réagi à ces
déclarations publiques. La déclaration du Président Museveni n’apparaît
pas plus sur le site de la présidence ougandaise. Le dossier ougandais
connaît certes des épisodes chaotiques mais l’une de missions premières de
la CPI est de combattre l’impunité. L’amnistie offerte par le président
ougandais démontre de manière évidente que les auteurs des violations
graves du droit humanitaire ne seront pas poursuivis, en Ouganda, pour les
crimes commis. L’impunité ou la paix ? Tel est le choix que désirent
imposer les têtes de la LRA. Un choix qui paraît inacceptable au regard du
Statut de Rome
dont le préambule rappelle l’attachement aux buts et principes de la
Charte des Nations Unies mais qui exige que « les crimes les plus
graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale » ne
demeurent pas « impunis ».
Le mandat d’arrêt
allègue qu’à la mi-2002, Joseph Kony aurait ordonné aux forces de la LRA
de lancer une campagne d’attaques contre des civils en Ouganda.
Il est allégué que,
vers la fin de l’année 2003, Kony aurait donné l’ordre de commettre des
meurtres et des pillages ainsi que d’enlever des civils, y compris ceux
vivant dans des camps de déplacés. Les hauts responsables de la LRA et
l’ensemble des commandants de brigade, dont les personnes visées par les
mandats d’arrêt, ont ainsi commencé à attaquer plusieurs régions de
l’Ouganda.
Le mandat d’arrêt
délivré contre Vincent Otti énumère 32 chefs d’accusation au titre de sa
responsabilité pénale individuelle (article 25-3-b du Statut), à savoir :
onze chefs pour crimes contre l’humanité et vingt-et-un chefs pour crimes
de guerre .
Aller dans le sens de la demande des rebelles ougandais serait nier le
principe de complémentarité imposé par l’article 1er du
Statut de Rome et instituerait une situation d’impunité intolérable au
regard du droit international pénal.
| Le
Royaume-Uni a été un des rares Etats à réagir.
Voir l'entretien de
Lord Triesman à la BBC le 29/08/2006 (
TRIESMAN
INTERVIEW ON UGANDA
(29/08/06))
INTERVIEWER:
How good do you think the
prospects are of a permanent settlement?
LORD TRIESMAN:
Well it's a bit hard to tell at the moment but I do
think that the steps that have been taken over the
last weeks right up to the signing on, on the 26th
show very, very great promise indeed and it re,
reflects the fact that this was never going to be
resolved simply on a military basis. So I, I take
comfort from what’s been done but I think we've still
got a fair way to go before we know the full outcome.
INTERVIEWER:
What's Britain's position on the International
Criminal Court and those indictments that have been
served against Joseph Kony and the other members of
the Lord’s Resistance Army?
LORD TRIESMAN:
Well the demand on the International Criminal Court
originally was made by the Ugandan Government itself
and we supported it as did the whole of the EU. And I
think at the moment everybody who believed that the
issue should go to the International Criminal Court
have taken the view that the warrants have, have been
issued and that's as matters stand.
INTERVIEWER:
But it's a big dilemma isn't it, do you pursue that
international action which in a sense might drive the
rebels back in to the jungle, drive them back to the
fighting or do you let sleeping dogs lie even though
hundreds and thousands of people there suffered the
most appalling violence allegedly at their hands?
LORD TRIESMAN:
Well you're, you're quite right to say that there's a,
a balance here and I think that the critical thing at
the moment is to see how the peace negotiations go.
But it is true you know when you talk to people from
Northern Uganda there are some who say well, you know,
let's try and get this thing in to a, a position where
peace can prevail and there are others who say there
have been a hundred thousand deaths, there have been
mutilations, there have been young kids abducted,
forced to be soldiers, forced to be sex slaves, two
million people have lost their homes in conditions of
extraordinary brutality. And there are certainly some
people in Northern Uganda, not withstanding what Betty
Bugombi who, for whom I've got great respect, but not
withstanding what she said, who do believe that these
are the kinds of issues that international law should
cover.
INTERVIEWER:
And the ICC was supposed to be about, if you like,
sending a signal to others who might be contemplating
crimes that are basically crimes against humanity. If
the ICC simply washes its hands and say well look the
two sides have, have agreed a deal they'll do their
own reconciliation what sort of signal does that send
internationally?
LORD TRIESMAN:
Well I think it would be a real problem and it's
obviously something that needs to be thought through
over this next period. The, the UK has been pretty
consistent about the ICC, we've backed it as being the
body that's responsible for international law for
example...
INTERVIEWER:
So you would like to see Joseph Kony brought to trial?
LORD TRIESMAN:
... well I, at the moment I think that the, the
warrants are there. We haven't taken the lead in this,
I know some journalists have thought that we have been
the key force, I think that’s actually a, a gross
overstatement.
INTERVIEWER:
But you are an influential voice still in Uganda...
LORD TRIESMAN:
Well we, we are among the influential voices but the...
INTERVIEWER:
... provide financial support and so on to the
country.
LORD TRIESMAN:
... indeed twenty million pounds has just gone to the
north of Uganda for humanitarian aid and I'm very
proud that we've done that. But I do make the point
that this is an issue for the whole of the
international community; the EU issued a statement on
it just hours ago in which they have pointed out some
of the responsibilities. Oh and incidentally may I say
that I, I know it's been said that the UN forces who
are in the Congo have not done anything but that's a,
a very unfair statement. The Guatemalans who are there
lost eight of their soldiers in the most tragic
circumstances when they were trying to impose these
ICC warrants.
INTERVIEWER:
Okay Lord Triesman thank you very much for that.
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TPIR, l’actualité de la rentrée
judiciaire à Arusha
Roland ADJOVI
Chaque année, le Tribunal observe des vacances judiciaires, avec une
pratique désormais rodée qui a mis fin à l’apparence de fermeture
temporaire. Depuis 2003, chaque Chambre détermine ses vacances judiciaires
entre juillet et août, en conséquence il y a plus de vacances judiciaires
communes pour toutes les chambres en même temps. Le président, pour sa
part, s’arrange avec les juges pour que au moins l’un d’eux soit de
permanence à Arusha à tout moment durant la période où lui-même est en
vacance. C’est ainsi qu’en 2005, lorsque Michel Bagaragaza s’est rendu
c’est la vice-présidente, la juge malgache Ramaroson, qui a décidé des
conditions spéciales de détention au nom du président qui était alors
absent (décision du 13 août 2005).
Cette année, ces vacances ont été en partie pleines pour un banc de trois
juges de chaque Chambre, en raison des jugements qui vont être rendus dans
les deux prochaines semaines.
Le
tout premier de ces jugements sera rendu le 12 septembre 2006 à midi dans
l’affaire
Jean Mpambara où
le procureur, sur la base des mêmes faits, allègue trois crimes
(génocide, complicité dans le génocide et extermination constitutive d’un
crime contre l’humanité) (décision
du 4 mars 2005). Jean Mpambara a été le bourgmestre de la commune de
Rukara dans la préfecture de Kibungo, de 1989 à 1994. Il a été arrêté le
même jour que
Sylvestre Gacumbitsi en juin 2001 en Tanzanie. Contrairement à
Gacumbitsi, il n’y avait pas alors d’acte d’accusation contre Mpambara :
la confirmation de son acte d’accusation n’interviendra que le 23 juillet
2001. On peut donc se demander si au moment de son arrestation, il était
sur la liste du procureur ou si ce ne sont pas les circonstances qui ont
conduit à son arrestation, notamment sa présence dans le même camp que
Gacumbitsi et son statut de bourgmestre d’une commune où des massacres ont
eu lieu. La Chambre de première instance I saisie de ce dossier est
composée des juges Jai Ram Reddy (Îles Fidji) (Président), Sergei
Alekseevich Egorov (Fédération de Russie) et Flavia Lattanzi (Italie).
[Sur cette affaire, voir les notes des
8 mai et
2 octobre 2005]
Le
second jugement sera rendu le même 12 septembre 2006, mais à 14h00 dans l’affaire
Tharcisse Muvunyi. L’officier qui commandait alors l’école des
sous-officiers et mais aussi les opérations dans les préfectures de Butare
et de Gikongoro,
est poursuivi pour génocide, complicité dans le génocide, incitation
directe et publique à commettre le génocide et viol constitutif d’un crime
contre l’humanité. Le procureur plaide notamment la responsabilité du
supérieur hiérarchique. La Chambre de première instance II dans ce procès
est composée des juges Joseph Asoka de Silva (Sri Lanka) (Président),
Flavia Lattanzi (Italie) et Florence Rita Arrey (Cameroun). [Sur cette
affaire, voir les notes des
6 mars 2005,
24 juillet 2005,
20 novembre 2005, et
25 juin 2006]
Enfin le troisième jugement sera rendu le 20 septembre 2006 à 10h00 dans
l’affaire
André Rwamakuba. L’accusé qui a été ministre dans le
gouvernement intérimaire en avril 1994 jusqu’à son exil
est poursuivi pour génocide et complicité dans le génocide, et crimes
contre l’humanité (extermination et assassinats). Cette affaire résulte de
la disjonction opérée le
14 février 2005 pour séparer cet accusé des trois autres de l’affaire
connue auparavant comme Gouvernement 1 ou
Karemera et consorts. La Chambre de première instance III dans la
présente affaire est composée des juges Dennis Byron (St Kitts & Nevis)
(Président), Karin Hökborg (Suède) et Gberdao Gustave Kam (Burkina Faso).
[Sur cette affaire, voir les notes des
12 juin 2005,
18 septembre 2005,
22 janvier 2006 et
12 mars 2006]
Un
autre jugement est déjà attendu, celui de l’affaire
François Karera puisque le procès a pris fin en août dernier (23
et 24 août 2006). L’ancien préfet de Kigali-ville
est poursuivi pour génocide, complicité dans le génocide et crimes
contre l’humanité (extermination et assassinat). Tenant compte du délai
moyen de 4 mois après la fin de la présentation des moyens de preuve pour
rendre les jugements, il faut croire que ce jugement serait rendu au
premier trimestre 2007, sauf contretemps ou complication particulière.
[Sur cette affaire, voir les notes des
27 novembre 2005,
15 et
29 janvier 2006]
La
rentrée judiciaire connaît aussi un calendrier chargé avec de nouveaux
procès qui vont commencer. D’abord l’affaire
Simon Bikindi débutera dans la semaine du 11 septembre 2006
devant une Chambre présidée par la juge argentine, Weinberg de Roca. Le
chanteur compositeur, star de la musique rwandaise,
est poursuivi pour génocide, complicité dans le génocide, entente en
vue de commettre le génocide, incitation directe et publique à commettre
le génocide et crimes contre l’humanité (persécution et assassinat). [Sur
cette affaire, voir la note du
19 juin 2005] Ensuite l’affaire
Siméon Nchamihigo sera entendue à compter du 25 septembre 2006
devant une Chambre présidée par le juge de St Kitts & Nevis, Dennis Byron
(ordonnance
du 9 août 2006). L’accusé qui était substitut du procureur dans la
préfecture de Cyangugu a été arrêté alors qu’il travaillait dans une
équipe de la défense au Tribunal même.
Il est poursuivi pour génocide, crimes contre l’humanité
(extermination et assassinat) et crimes de guerre (atteintes à la vie, à
la santé et au bien-être physique et mental). Enfin, il y a l’affaire
Emmanuel Rukundo : le 24 avril 2006, les parties avaient
affirmé qu’elles étaient prêtes pour une ouverture du procès en ce dernier
trimestre 2006. Rukundo est le second prêtre catholique mis en cause au
TPIR. Il était aumônier militaire en 1994 à Gitarama et
est poursuivi pour génocide et crimes contre l’humanité (extermination
et assassinat), certains des actes incriminés ayant été commis dans les
séminaires de Kabgayi. [Sur cette affaire, voir les notes du
12 juin 2005]
Toute cette activité pave le chemin de la mise en œuvre continue de la
stratégie d’achèvement de mandat du Tribunal, mais la question demeure de
savoir si, en décembre 2008, la trentaine d’accusés en attente d’un
jugement seront déjà tous jugés.

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TPIR, le Procureur c. Edouard
Karemera, Mathieu Ngirumpatse et Joseph Nzirorera.
La Chambre d’appel ne
tranchera pas le débat sur l’entreprise criminelle conjointe
Roland ADJOVI
L’article 2 du
Statut est relatif au génocide. Il se compose de trois
sous-paragraphes : le premier établit la compétence du Tribunal pour le
crime de génocide ; le second définit le crime de génocide, tandis que le
troisième énumère cinq actes punissables au titre de l’incrimination du
génocide, à savoir (a) le génocide lui-même, (b) l’entente en vue de
commettre le génocide, (c) l’incitation directe et publique à commettre le
génocide, (d) la tentative de génocide et (e) la complicité dans le
génocide. Jusqu’à présent, le procureur a inscrit les différents actes de
l’article 2(3) comme des crimes, sauf la tentative de génocide qui n’a pas
été alléguée pour la simple raison qu’il n’est plus contesté qu’il y a eu
génocide au Rwanda en 1994. Un certain nombre de jurisprudences de
Chambres de première instance (Jugements
Bagilishema, Brdjanin, Krstic, Stakic et
Semanza) mais aussi de la Chambre d’appel (Arrêts Krstic,
Ntakirutimana et
Semanza) ont pu considérer que la complicité dans le génocide
[article 2(3)(e)] était une forme de participation dans le crime de
génocide, sans en tirer de conséquences substantielles. La Chambre saisie
de l’affaire
Karemera et consorts a pour sa part affirmé le même principe en
tirant la conclusion qu’un accusé ne saurait être poursuivi pour avoir
participé à une entreprise criminelle conjointe constituée par une
complicité dans le génocide, soit il est complice dans la commission du
crime de génocide, soit il a participé à une entreprise criminelle
conjointe en vue de commettre le même crime de génocide (décision
du 18 mai 2006). Mais cette question restera désormais en suspens,
puisque la Chambre d’appel a accédé à la requête du procureur de retirer
son appel contre cette décision de la Chambre de première instance (décision
du 25 août 2006). Il faut noter que la question de l’entreprise
criminelle conjointe comme forme de participation au crime est d’une
actualité constante au Tribunal pénal international pour le Rwanda,
notamment dans cette affaire
Karemera et consorts : l’historique ci-après éclaire sur ce débat.
Historique de la question de l’entreprise criminelle dans l’affaire
Karemera et consorts
8 octobre 2003. La Chambre de première instance rejette la requête du
procureur en amendement de l’acte d’accusation. Dans le nouvel acte
d’accusation proposé à quelques semaines du début du procès, l’entreprise
criminelle conjointe semble être la nouvelle trame de l’accusation pour
donner une plus grande cohérence aux faits allégués. Dans le même temps,
la Chambre autorise la disjonction de l’instance relative aux accusés qui
n’étaient pas encore arrêtés, soit trois sur les sept (Augustin Bizimana,
Félicien Kabuga et Callixte Nzabonimana). S’agissant de l’instance
relative à Félicien Kabuga, il faut rappeler que la Chambre avait déjà
autorisé la disjonction le 1er septembre 2003.
19 décembre 2003. La Chambre d’appel à la majorité (dissidence du juge
Pocar) casse la décision du
8 octobre 2003, et ordonne à la Chambre de première instance de
reconsidérer la requête en amendement de l’acte d’accusation. Ceci renvoie
donc à la Chambre la requête du procureur et le nouvel acte d’accusation
avec l’entreprise criminelle conjointe.
13 février 2004. La Chambre accède partiellement à la demande du
procureur de modifier l’acte d’accusation, et permet ainsi que la forme de
participation connue comme l’entreprise criminelle conjointe soit
introduite au dossier, de façon expresse.
11 mai 2004. La Chambre rejette les arguments de la défense contestant
la compétence du Tribunal au regard de l’entreprise criminelle conjointe.
La juge Lattanzi a joint une opinion individuelle où elle exprime sa
dissension quant à l’existence d’une norme de droit international
coutumier qui consacrerait l’entreprise criminelle conjointe comme forme
de participation individuelle au crime y compris dans un conflit armé
interne.
11 juin 2004. Une formation restreinte de la Chambre d’appel décide
que l’appel ne saurait être de droit s’agissant de la contestation de
l’allégation d’entreprise criminelle conjointe dans sa forme étendue, dans
le contexte d’un conflit armé non international.
23
juillet 2004. Une formation restreinte de la Chambre d’appel affirme que
la contestation de la légalité de l’allégation d’une entreprise criminelle
conjointe pour commettre le génocide était de droit conformément au
règlement de procédure et de preuve. La Chambre prend soin de distinguer
les arguments juridiques en l’espèce de ceux qu’elle n’avait pas suivi
dans la décision du
11 juin 2004.
27
août 2004. La Chambre d’appel rejette toutes les contestations de la
défense liées à l’acte d’accusation y compris celles relatives à
l’entreprise criminelle conjointe. Cette décision confirme donc la
décision de la Chambre de première instance du 13 février 2004 relative à
l’amendement de l’acte d’accusation.
14 février 2005. La Chambre de première instance nouvellement
constituée à une longue procédure de récusation autorise d’une part la
disjonction de l’instance relative à André Rwamakuba, et d’autre part la
modification de l’acte d’accusation contre l’accusé unique, et de celui
contre les trois autres accusés de l’autre. La Chambre autorise ainsi que
l’entreprise criminelle conjointe ne soit maintenue que contre les trois
accusés joints (Edouard Karemera, Mathieu Ngirumpatse et Joseph Nzirorera).
5 août 2005. La Chambre de première instance rejette l’argument de la
défense que la façon dont le procureur a recours à la notion d’entreprise
criminelle conjointe dans la présente affaire est nouvelle dans la
pratique du Tribunal et qu’elle dépasse le cadre limité fixé par la
jurisprudence antérieure au TPIY.
8 août 2005. La Chambre émet un calendrier où elle invite les parties
à présenter des arguments oraux le 2 septembre 2005 sur la façon dont
l’entreprise criminelle conjointe est plaidée en relation avec les
allégations de viol ou de complicité dans le génocide.
10
août 2005. Le juge Byron a émis un corrigendum à la décision du 5 août
2005, en indiquant que la requête n’était rejetée qu’en partie puisque la
Chambre a prévu une audience pour le 2 septembre 2005, pour entendre les
parties sur certains arguments de la requête relatifs à l’entreprise
criminelle conjointe.
5 septembre 2005. Les parties présentent des arguments oraux sur
l’entreprise criminelle conjointe après avoir déposé des mémoires écrits.
14 septembre 2005. La Chambre retient que l’allégation de
participation à une entreprise criminelle conjointe en relation avec les
viols pourrait être plus précise si le procureur indiquait les éléments
des différents viols, mais que cela n’affecte pas la validité de
l’allégation que le procureur devra prouver au-delà de tout doute
raisonnable. Par ailleurs, considérant que le chef d’accusation de
complicité dans le génocide est plaidé comme une alternative au chef
d’accusation de génocide, la Chambre a affirmé que décider à ce stade s’il
peut y avoir une entreprise criminelle conjointe dont l’objet serait la
complicité dans le génocide est prématuré. En conséquence ce second
argument de la défense ne saurait être tranché qu’au terme du procès.
15 septembre 2005. La Chambre accède à la requête de la défense en
amendement de la décision du
14 septembre 2005 où elle avait constaté qu’il n’y avait pas de base
légale à une demande incidente. La Chambre affirme que, même si
l’amendement rend la demande incidente fondée juridiquement, il ne
constitue pas une base suffisante pour que la Chambre reconsidère le rejet
de cette demande.
14 octobre 2005. La défense a souhaité faire appel contre le rejet de
son argument relatif à l’allégation de participation à une entreprise
criminelle conjointe pour commettre le génocide, le viol en étant une
conséquence naturelle et prévisible. La Chambre d’appel reconnaît que
l’appel est de droit puisqu’il conteste la compétence du Tribunal
conformément à l’article 72(D)(iv) du règlement. Par ailleurs, à la
demande du procureur, la Chambre constate que la défense a excédé le
nombre de pages requis pour une telle requête, et a considéré que cette
requête devait aussi être considérée comme mémoire d’appel au fond,
s’agissant de la question de droit soulevée.
14 novembre 2005. Une formation restreinte de la Chambre d’appel
affirme que l’appel de la défense contre la décision du
14 septembre 2005 est de droit et établit le calendrier pour les
soumissions des parties.
12 avril 2006. La Chambre d’appel invite la Chambre de première
instance à décider au titre d’exceptions préjudicielles de l’argument de
la défense quant à l’entreprise criminelle conjointe telle que plaidée
dans l’acte d’accusation en relation avec le chef d’accusation de
complicité dans le génocide.
18 mai 2006. La Chambre de première instance rend sa décision. De
l’avis de la Chambre, la complicité dans le génocide est une forme de
participation dans le crime de génocide, et l’entreprise criminelle
conjointe est aussi une forme de participation qui peut s’appliquer à tout
crime. En conséquence, il ne peut pas y avoir une entreprise criminelle
conjointe en relation avec la complicité dans le génocide.
23 mai 2006. Le juge Short dépose son opinion séparée où il affirme
son désaccord avec la majorité d’une part sur le fait que la complicité
dans le génocide serait une forme de participation au crime de génocide,
et d’autre part sur l’étendue de la réponse que la Chambre apporte à la
requête qui lui paraît bien plus limitée au regard de la décision d’appel
du 12 avril 2006.
30
mai 2006. Le procureur a sollicité l’autorisation d’interjeter appel
contre la décision de la Chambre de première instance. Si la Chambre
d’appel en formation restreinte accédait à sa demande, il souhaite qu’une
ordonnance portant calendrier soit émis.
1er
juin 2006. Le président de la Chambre d’appel nomme la formation
restreinte de 3 juges pour décider de l’admissibilité de la requête du
procureur contre la décision de première instance.
14 juillet 2006. La formation restreinte de la Chambre d’appel à la
majorité a affirmé que l’appel est de droit en l’espèce, dans la mesure où
il s’agit d’une question de droit relative à la compétence du Tribunal
[article 73(D)(iv) du règlement]. La formation ordonne au procureur de
déposer son mémoire d’appel au plus tard le 28 juillet 2006. Pour
répondre, elle accorde aux accusés 10 jours à compter de la communication
de la version française de la présente décision et du mémoire du
procureur. Puis elle accorde 4 jours au procureur s’il souhaite répliquer
aux réponses des accusés.
Le juge Schomburg a émis une opinion dissidente où il affirme que la
Chambre d’appel ne saurait décider sur la question soumise qu’au terme du
procès en première instance, comme la Chambre de première instance l’avait
auparavant et indirectement décidé en affirmant que la question ne devait
être tranchée que dans le jugement (voir décision du
14 septembre 2005).
27
juillet 2006. La veille de la date à laquelle son mémoire d’appel était
attendu, le procureur a demandé à retirer son appel au motif qu’il ne lui
paraît plus nécessaire de voir ce débat tranché et que l’économie
judiciaire l’amène à cette nouvelle position, sans qu’il ait renoncé à sa
contestation de la décision prise par la Chambre de première instance en
réaffirmant qu’à son avis la complicité dans le génocide est un crime
distinct du génocide auquel, en conséquence, la forme de participation
connue comme l’entreprise criminelle conjointe lui est applicable. Deux
des trois accusés ont répondu et ne se sont pas opposés à la requête.
14 août 2006. Le président de la Chambre d’appel nomme les juges
devant siéger sur la requête du procureur en retrait de son appel contre
la décision du
18 mai 2006.
25 août 2006. Dans sa décision, la Chambre d’appel en formation
plénière rappelle que toute partie a le droit de retirer une requête en
appel ou un argument à tout moment, sans qu’il soit besoin pour elle de se
justifier. Elle accède donc à la demande du procureur tout en lui
rappelant qu’il aurait dû faire l’évaluation qui l’a conduit à cette
nouvelle requête avant même de déposer la première… Rappel à l’ordre qui
ne nous paraît pas porter à conséquence. On peut seulement se demander
pourquoi la Chambre d’appel n’a tout de même pas trancher cette question
de droit substantielle qui reste donc pendante devant le Tribunal faute de
solution tranchée et opposable à tous.

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La Chine s’inspire de la
Convention d’Aarhus
Sabrina URBINATI
La
SEPA chinoise (State Environmental Protection Administration of
China) est
en train d’élaborer et développer un ensemble de règles pour l'information
et la participation du public dans la prise de décisions concernant
l’environnement, ainsi elle a invité l’UNECE (la Commission économique
des Nations Unies pour l’Europe) à contribuer à ce processus afin de
partager son expérience avec elle. Ce partage a eu lieu, plus
spécialement, lors d’un colloque co-organisé par le Chinese Centre for
Legal Assistance to Pollution Victims and the Natural Ressources Defence
Council et le SEPA, à Beijing, du 13 au 22 août 2006, au sujet des « Measures
on Public Participation in Environmental Protection ». L’UNECE a
participé à ce colloque en présentant la façon dont les gouvernements des
Pays de l’Europe de l’Est ont développé leurs règlementations afin de
mettre en œuvre la
Convention d’Aarhus concernant l’accès à l’information, la participation
du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière
d’environnement. Cette expérience et son succès ont été considérés par
les participants au colloque et surtout par la SEPA très intéressants et
importants.
La nouvelle
réglementation chinoise devrait être adoptée par la SEPA a la fin de
l’année et, même si elle a un objet plus restreint, par rapport à celui de
la Convention d’Aarhus, elle représente une avancée très importante pour
le renforcement de la démocratie environnementale en Chine.

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L’aide de l’UNESCO au Liban pour le redressement des secteurs
culturel et de l’éducation |
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Sabrina URBINATI
Suite au déroulement de
la
mission
envoyée au Liban par le Directeur Général de l’UNESCO, Koichiro
Matsuura, le 21 août 2006, afin d’évaluer les dommages subis, à cause des
récents évènements, par les secteurs culturel et de l’éducation et pour
ainsi déterminer l’aide nécessaire pour leurs redressement,
l’UNESCO a décidé de fournir un aide pour la préservation du riche
patrimoine culturel, ainsi que pour l’éducation technique et
professionnelle, aux enfants et aux jeunes traumatisés.
Le Directeur Général a
affirmé : « les évènements des récentes décennies ont malheureusement
donné à l’Organisation de nombreuses occasions de travailler à des
reconstructions post-conflit. Mais cela veut aussi dire que le Liban
pourra profiter de cette expérience tant dans sa première phase de
redressement que lors de la reconstruction à grande échelle qui suivra. ».

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CNUCED
Conférence des Nations Unies sur
le Commerce et le Développement |
Rapport 2006 sur le commerce et le développement |
Guillaume AREOU
Le Directeur général de la CNUCED,
Supachai Panitchpakdi, a rendu public le
rapport 2006 sur le commerce et le développement. Ce rapport met
l’accent sur la nécessité de réduire
les déséquilibres commerciaux à travers le système commercial
multilatéral.
Les rapporteurs ont tout d’abord insisté
sur le fait que les PED devaient bénéficier d’une marge de manœuvre
suffisante pour mettre en œuvre les politiques internes et externes de
soutien à la croissance et au développement économique. L’accès au marché
de ces pays constitue ensuite un élément déterminant pour soutenir leurs
exportations. C’était un des objectifs du cycle de Doha. Or, la suspension
des négociations, ainsi que l’impact négatif que peuvent avoir les accords
commerciaux bilatéraux ou régionaux, ne facilitent pas cet accès. Les
restrictions imposées dans les accords de libre-échange auraient donc des
conséquences plus lourdes sur les politiques de développement menées par
ces Etats que sur les pays industrialisés. Le rapport conclut que ces
accords, réciproques sur le plan juridique, sont déséquilibrés sur le plan
économique. Une constatation similaire a été faite à l’égard des accords
sur l’Uruguay Round.
Une seconde constatation a été faite par
les rapporteurs. Les pays émergents sont cependant moins vulnérables que
lors des deux dernières crises financières asiatiques et sud-américaines.
Ce renforcement s’explique notamment par la stabilisation des taux de
changes. Il est également important de noter que la dynamique perçue sur
les investissements directs à l’étranger contribue à maintenir une
croissance annuelle moyenne de 6%. Le rôle des PED sur l’économie mondiale
est donc important.
Malgré cela, la conjoncture économique
internationale inquiète. Le rôle de locomotive des Etats-Unis apparaît
fragile et les risques de déflation semblent réels. C’est pourquoi il est
essentiel de rééquilibrer le commerce mondial. Un effort devrait donc être
accompli sur la réduction de la dette. Le G8 avait ainsi lancé en juillet
2005 l’Initiative multilatérale d’effacement de la dette. Or, le mécanisme
de réduction de la dette est intrinsèquement lié à l’accroissement des
investissements publics et privés. Les rapporteurs ont ainsi regretté que
les investissements directs à l’étranger soient encore trop souvent en
rapport avec l’exploitation des ressources naturelles des PED. Ils ne
profitent pas à l’économie locale.
Ce rapport a mis enfin en avant les
dangers que représenterait l’abandon des politiques multilatérales au
profit d’accords commerciaux bilatéraux et/ou régionaux. Selon ce rapport,
les PED auraient plus à perdre en négociant des accords à l’échelle
bilatérale avec les pays industrialisés plutôt que de parvenir à un accord
multilatéral global. Ainsi, les rapporteurs sont parvenus au même constat
que Pascal Lamy, avant même l’annonce par ce dernier de la suspension des
négociations.

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CNUDCI
Affaire National Grid c. Argentine
Décision sur la compétence
20 juin 2006
Guillaume AREOU
Le tribunal arbitral s’est déclaré
compétent dans l’affaire qui oppose la société anglaise National Grid
au gouvernement de la République d’Argentine.
Cette société faisait partie du consortium
Citelec qui a obtenu un contrat de concession dans le secteur de
l’électricité. Le différend est survenu à la suite des lois d’urgence
publique prises par l’Argentine en 2001. La demande d’arbitrage est fondée
sur l’article 8 du
traité bilatéral d’investissement (T.B.I.) conclu entre le Royaume-Uni
et l’Argentine. Dans sa requête, la société National Grid a
également fait une référence expresse à l’article 3 de ce même traité
relatif à la clause de la nation la plus favorisée (clause NPF). Cette
société souhaitait bénéficier du mécanisme de règlement des différends
prévu dans le
T.B.I. conclu entre l’Argentine et les Etats-Unis (article 7).
En effet, l’article 8 du traité entre le
Royaume-Uni et l’Argentine oblige l’investisseur étranger à épuiser les
voies de recours internes avant l’ouverture préalable d’une procédure
d’arbitrage international. C’est pourquoi la société National Grid
a demandé l’application de l’article 3 du T.B.I. conclu entre le
Royaume-Uni et l’Argentine. En effet, l’article 7 du traité conclu entre
les Etats-Unis et l’Argentine n’impose pas l’épuisement des voies de
recours internes. Il prévoit juste un délai de six mois au cours duquel
les parties essaient de régler leur différend à l’amiable. L’application
de la clause NPF était donc l’objet de la première exception
d’incompétence soulevée par l’Argentine. Le tribunal arbitral, qui a
rejeté la demande formulée par l’Argentine, a fondé sa décision sur le
fait que les investisseurs devaient être protégés et traités sur un pied
d’égalité (par. 93). Il fait également référence à la jurisprudence CIRDI
dans l’affaire Maffezini et à l’arrêt de la Cour international de
Justice dans l’affaire Ambatielos. Le tribunal arbitral a ainsi
fait une interprétation extensive de la clause NPF. L’application de cette
clause en matière de règlement des différends n’est en effet pas insérée
de manière explicite dans l’article 3 du T.B.I. entre le Royaume-Uni et
l’Argentine. De plus, l’article 3.2 prévoit une application limitative de
la clause NPF en prévoyant les domaines dans lesquels elle doit être
utilisée. Cette liste n’inclut pas le règlement des différends. Par
conséquent, le raisonnement juridique du tribunal arbitral paraît fragile.
La décision des arbitres repose peut-être plus sur l’inconstance de la
jurisprudence quant à l’admission de la clause NPF en matière de règlement
des différends et de la présence de deux sociétés américaines dans le
consortium Citelec.
La deuxième exception d’incompétence
aurait également pu poser quelques difficultés au tribunal arbitral.
L’Argentine alléguait que le demandeur n’était pas un investisseur. Il
faut en effet préciser que la société National Grid a vendu les
actions qu’elles détenaient dans Citelec après l’ouverture de la
procédure d’arbitrage international. La question de la qualité pour agir
était ainsi posée au tribunal. La jurisprudence relative aux
investissements internationaux (Voir les affaires AMCO, SOABI, CSOB, LETCO
et Mondev) est claire. Le différend doit exister au moment où le demandeur
engage la procédure d’arbitrage internationale. Ce principe a également
été reconnu et appliqué par la Cour internationale de Justice dans
l’affaire du Mandat d’arrêt du 11 avril 2000 (République démocratique du
Congo c. Belgique) : « Its
jurisdiction must be determined at the time the act instituting the
proceedings was filed ». Le
tribunal arbitral a rejeté cette demande.
Les dernières exceptions d’incompétence
n’appellent pas de commentaires particuliers puisqu’elles reprennent la
défense classique développée par l’Argentine et constamment rejetée par
les tribunaux arbitraux.
|
archive de Sentinelle
-
CIRDI, Gas Transmission Company c. Argentine
(G. AREOU)
-
CIRDI,
Camuzzi International S.A. c. Argentine, décision sur la
compétence (G. AREOU)
-
CIRDI,
Gas Natural SDG, S.A. c. Argentine, décision sur la compétence (G.
AREOU)
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CIRDI, Camuzzi c. Argentine, décision sur la compétence (G. AREOU)
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CIRDI, Aguas Argentina S.A. c. Argentine, décision relative à l'amicus
curiae (G.AREOU)
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CIRDI, Sempra Energy International c. Argentine, décision sur la
compétence (G. AREOU)
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CIRDI, Camuzzi c. Argentine, décision sur la compétence (G. AREOU)
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CIRDI, CMS Gas Transmission Company c.
Argentine (G. AREOU)
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CIRDI Affaire Continental Casualty
Company c. Argentine Guillaume AREOU
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CIRDI Affaire Suez, AGBAR & Interaguas c.
Argentine (ARB/03/17) Décision sur la compétence 16 mai 2006
Guillaume AREOU
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CIRDI Affaire El Paso c. Argentine Décision sur la
compétence 27 avril 2006 Guillaume AREOU
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Accord de libre-échange entre l’AELE et l’Union douanière
d’Afrique australe |
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Guillaume AREOU
L’accord conclu entre l’AELE (association qui regroupe l’Islande, le
Lichtenstein, la Norvège et la Suisse) et l’Union douanière d’Afrique
australe (SACU : Botswana, Lesotho, Namibie, Afrique du Sud et Swaziland)
est l’accord de tous
les superlatifs. Il s’agit en effet du premier accord conclu par
l’AELE avec une autre organisation régionale d’intégration économique (en
dehors des communautés européennes bien sûr). C’est aussi la première fois
qu’un Etat figurant dans la liste des pays les moins avancés devient un
partenaire commercial de l’AELE.
Le contenu de l’accord est assez
classique. Il tient compte du niveau de développement de chacun des pays.
Ainsi, le Botswana, le Lesotho, la Namibie et le Swaziland bénéficieront
d’un traitement différencié. L’accord inclut des dispositions sur les
produits industriels (dont les produits de la mer et le poisson), les
produits agricoles transformés, la propriété intellectuelle, les services,
les investissements et les marchés publics. En ce qui concerne les
produits agricoles de base, chacun des Etats membres de l’AELE a conclu un
accord bilatéral avec les Etats membres du SACU.
Cet accord devrait entrer en vigueur en
début d’année prochaine après les
procédures de signature et de ratification. Un comité conjoint sera
chargé de superviser la mise en œuvre de l’accord.

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Promulgation de la loi autorisant
l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française
et le Gouvernement de la République populaire de Chine relatif à la
coopération en matière de sécurité intérieure
Sarah CASSELLA
La
loi du 5 juillet 2006 autorisant l'approbation de l'accord entre le
Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la
République populaire de Chine relatif à la coopération en matière de
sécurité intérieure a été publiée au JORF du 6 juillet 2006. Cet
accord comprenait des dispositions de nature législative et a donc dû être
soumis au Parlement, conformément à l'article 53 de la Constitution
française (v. le
dossier législatif).
Face aux
risques en matière de sécurité intérieure accompagnant l'ouverture
politique et le développement économique de la Chine, celle-ci opère un
effort d'adaptation de ses structures et de sa législation aux réalités
actuelles. Initiée en 1991 par la création d'un centre de formation
sino-français en matière de sécurité et de prévention routière, la
coopération policière bilatérale avec la Chine s'est ensuite étendue à
d'autres domaines, comme la lutte contre le crime organisé et le trafic de
stupéfiants. Cependant, la coopération bilatérale ne s'appuyait jusqu'à
présent sur aucun texte juridique contraignant. Le Gouvernement chinois a
exprimé le souhait d'étendre le champ d'action de cette coopération, afin
de la rendre encore plus efficace dans le domaine de la lutte contre la
criminalité internationale. Dans le cadre de la déclaration conjointe
franco-chinoise pour un partenariat global signée à Pékin, le 16 mai 1997,
les deux Etats ont engagé des négociations qui ont abouti à la signature à
Pékin le 8 janvier 2004, dans le cadre de la première visite effectuée par
un ministre de l'intérieur français en Chine depuis la reconnaissance de
la République populaire par la France en 1949, de cet
accord. Peu après sa signature, il a été ratifié par la Chine.
Le
préambule de l'accord se réfère à la déclaration du 16 mai 1997, met
l'accent sur la lutte contre le trafic de stupéfiants et le respect de la
souveraineté et de la législation nationales. Plusieurs dispositions
constituent des éléments de coopération classiques, d’autres sont plus
spécifiques aux relations franco-chinoises. L'article 1er
établit les autorités compétentes pour l'application de l'accord. Il
cite quinze domaines d'action en matière de lutte contre les formes
de criminalité transnationale ; certains sont traditionnels dans ce genre
d’accord : la lutte contre la criminalité organisée, le trafic de drogue,
le terrorisme, le blanchiment d'argent, la traite des êtres humains,
l'immigration illégale, la sécurité des transports, la falsification de
documents, la contrefaçon, le trafic d'armes et de substances dangereuses,
le trafic d'objets d'art et la coopération en matière de police technique
et scientifique. La sécurité des événements sportifs a été introduite en
raison d’une préoccupation conjoncturelle, les jeux Olympiques de Pékin de
2008. Deux autres domaines de coopération sont particuliers, la
criminalité informatique ainsi que la formation et l'élaboration de l'Etat
de droit. Les articles 5 et 6 concernent respectivement la lutte
contre la drogue et la lutte contre le terrorisme. L'article 4
expose les mesures concrètes à mettre en œuvre en
matière de prévention et de recherche de faits punissables dans le cadre
des différentes formes de criminalité internationale. La coopération
technique est menée en matière de formation, d'échange d'experts et de
conseil technique, dans le cadre d'une programmation annuelle (article 7).
Certaines
dispositions concernent l’encadrement des mesures de coopération et les
garanties qui les accompagnent. L'article 3 prévoit ainsi la
possibilité pour chacune des Parties de refuser de communiquer une
information si elle estime que cette dernière est de nature à porter
atteinte aux principes fondamentaux consacrés par les législations
nationales. On remarque que cette disposition ne fait pas clairement
référence aux droits fondamentaux de
la personne. L'article 8
précise les conditions de la communication et de
l'utilisation des données personnelles, afin de les rendre compatibles
avec la législation française. Il dispose que la Partie destinataire de
données nominatives ne peut les utiliser qu'aux fins et conditions
définies par l'autre Partie, conformément aux dispositions législatives et
réglementaires en vigueur dans son Etat. Il ne mentionne cependant pas
spécifiquement le droit pour toute personne de savoir si les autorités
détiennent des informations la concernant (droit qui existe dans la
législation française). Le traitement confidentiel des données et
matériels échangés est garanti par l'article 10.
Les
dispositions finales sont classiques. L’article 9
prévoit que la mise en œuvre de cet accord n'affecte pas le renforcement
de la coopération bilatérale des deux Parties dans le cadre
d'organisations internationales et d'INTERPOL en particulier. Le
règlement des différends s'effectue par la voie de consultations entre les
Parties (article 11). L'article 12 concerne
l'amendement, la suspension et la dénonciation de l'accord. Il prévoit une
durée de l'accord de cinq ans, renouvelable par périodes identiques par
tacite reconduction.

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Entrée en vigueur de la Convention africaine sur la prévention et la
lutte contre la corruption |
Noémie SIMONEL
L’entrée en vigueur
le 5 août 2006, de la
Convention africaine sur la prévention et la
lutte contre la corruption adoptée dans le cadre
de l’Union africaine, a été permise par le dépôt du 15ème
instrument de ratification, opéré par le gouvernement algérien. La
convention, adoptée au sommet de Maputo en 2003, est un instrument
juridique contraignant, qui vise à combattre les diverses formes de
corruption dans la fonction publique et le secteur privé, et s’étend aux
questions collatérales d’enrichissement illicite et de blanchiment des
produits de la corruption.
Elle déploie un arsenal
juridique contraignant, tant en matière de prévention que de répression de
celle-ci De plus, elle innove en instituant un principe de
restitution des avoirs acquis illicitement,
à l’instar de la
convention des Nations unies contre la
corruption adoptée en décembre 2003 au Mexique.
La convention onusienne constitue le premier instrument multilatéral en
matière de lutte contre la corruption, qui pose
de manière contraignante, ce principe de restitution. .Au surplus, la
convention onusienne comprend un large éventail de mesures
applicables au plan national et vise à renforcer la coopération
internationale tant au niveau de la prévention que de la répression de
celle-ci.
La Convention régionale
prévoit également des modalités de coopération dans la lutte contre la
corruption, tant sur le plan national que sur le plan international.
Instrument juridique efficace -en établissant la liste de tous les délits
qui devraient être sanctionnés par la législation nationale, en matière de
corruption, et en présentant des mesures permettant de les détecter et de
les instruire- celle-ci précise la juridiction des Etats parties, définit
les conditions de l’assistance juridique mutuelle et participe à la
sensibilisation du public sur les méfaits que génèrent de telles pratiques
.Au delà, elle institue en son article 22 un mécanisme de suivi .En effet,
le traité crée un comité consultatif habilité à superviser, coordonner les
actions et centraliser les informations permettant d’évaluer l’ampleur de
ce fléau à l’échelle continentale. Il participe pleinement à l’édiction de
codes de conduite et de bonne gouvernance. Pour autant, la convention
reste lacunaire, l’article 26 envisage l’option de la renonciation
appréciée souverainement par chaque Etat partie. Alors que l’Afrique reste
un continent largement fragiliser par de telles pratiques, la ratification
prompte, qui avait été appelée de ses vœux par le Président de la
Commission de l’Union africaine, s’intègre dans un ensemble plus vaste visant à
sanctionner ces pratiques. Rappelons que
la SADC a adopté une
Convention sur la lutte contre la corruption ; de même
la CEDEAO a adopté
un protocole relatif à la corruption et s’est engagé dans processus
d’élaboration d’une Convention sur le blanchiment d’argent. Ces
différentes initiatives régionales, invitant à la coopération entre Etats
membres, est renforcée par des initiatives nationales, à l’instar de
l’Ouganda, qui a adopté le Leadership Code en 2002.Celui-ci oblige les
élus et les hauts cadres de l’administration à déclarer leur patrimoine et
revenus sous peine de sanction. Ce code prévoit également de rendre ces
déclarations publiques. Pour autant, de nombreux progrès sont attendus à
tous les échelons.

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Russie/Japon : Incidents
meurtriers autour des îles Kouriles
Tidiani COUMA
Le désaccord nippon-russe
sur les îles Kouriles a été ravivé
16 août 2006, après que des garde-frontières russes aient abattu un
pêcheur japonais suite un
incident maritime dans une zone disputée. Le
corps du pêcheur
a été remis aux autorités japonaises.
Moscou a exprimé ses
«profonds regrets» mais le ministre russe des Affaires étrangères
(v.
déclaration ) a
indiqué que la responsabilité de «cet incident incombe complètement aux
coupables directs, ainsi qu’aux représentants des autorités japonaises qui
ferment les yeux sur le braconnage dans les eaux territoriales de Russie».
Le gouvernement russe
indique que le marin décédé, âgé de 35 ans, a pris une balle perdue «lors
des tirs de sommation» des gardes-côtes. Tirs que Moscou justifie par le
refus de l’équipage du chalutier «No. 31 Kisshin Maru» de s’arrêter et par
sa tentative «d’épéronner le bateau de garde-côtes». Selon le ministère
des affaires étrangères russe, «le bateau est actuellement à
Ioujno-Kourilsk, sur l’île de Kounachir», l’une des quatre îles Kouriles
méridionales au centre de la discorde.
Le Japon (v.
déclaration
) a remercié la Russie pour le règlement
rapide des problèmes humanitaires liés à cet incident.
L’incident s’est produit lors de l'arraisonnement mouvementé
d’un chalutier japonais près des
Kouriles, des îles sous administration russe depuis 1945. Si
les querelles impliquant pêcheurs nippons et garde-côtes russes sont
fréquentes dans cette zone, Il s'agit du premier incident meurtrier dans ces eaux
contestées depuis octobre 1956. Il faut rappeler que c’est à la fin
de la Seconde Guerre mondiale que l'armée soviétique a repris au Japon
l'ensemble de la chaîne des îles Kouriles, dont les quatre îlots Habomai,
Shikotan, Etorofu et Kunashiri, qualifiés par Tokyo de ses "Territoires
du Nord". Ce différend territorial, véritable pomme de discorde entre
Moscou et Tokyo depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a empêché
les deux pays de parvenir à un traité de paix jusqu'ici.
Parallèlement, la marine russe avait arrêté trois autres membres
d'équipage du chalutier. Les deux marins ont été remis aux autorités
japonaises en pleine mer, à la ligne médiane au large de la côte de
Hokkaido. Le
capitaine accusé de
braconnage et de violation des eaux territoriales russes, reste toujours
en détention.

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UE/Kiribati :
signature d’un nouvel accord de pêche |
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Tidiani COUMA
La
et
Kiribati ont signé un nouvel
accord de pêche. La république de
Kiribati (prononcer [kiribæs],
c'est-à-dire proche de [kiribès]) est un
pays insulaire du Pacifique situé à la fois en Polynésie et en Micronésie,
soit entre les îles Marshall et Hawaï au nord et les îles Salomon, Tuvalu,
Samoa, Cook et la Polynésie française au sud (voir
la carte du Pacifique).
D’une
durée de six ans, cet accord entrera en vigueur le 16 septembre 2006. Il
remplacera un autre
accord de pêche
conclu en juillet 2002,
entre les deux parties. L’ancien accord ‘une L'UE et la République de
Kiribati ont paraphé un nouvel accord de pêche bilatéral pour une durée
initiale de trois ans était le premier conclu par l'Union Européenne
dans la région Pacifique. Il offrait aux navires de l'Union qui
pêchent dans les eaux de Kiribati la possibilité de pêcher du thon
uniquement. L'accord cadre a été adopté par le
règlement du Conseil (CE) n° 874/2003 du 6 mai 2003 (JO n° l 126 du
22.05.2003).
L’accord du
20 juillet 2006 prévoit des possibilités de pêche concernant exclusivement
le thon. Comme le précédent, il assurera des possibilités de pêche
à 16 navires. La contribution financière annuelle de l'Union européenne
s'établira à 478 000 €, soit une compensation identique à celle fixée
dans le cadre du protocole actuel; ce chiffre se décompose en 416 000 € à
titre de compensation pour un volume de capture de référence fixé
à 6 400 tonnes de thon par an, à quoi il convient d'ajouter une allocation
spécifique de 62 400 € destinée à faciliter l'application de la politique
nationale de la pêche menée par Kiribati. La contribution par armateur
s'élèvera, comme c'est le cas actuellement, à 35 € par tonne, et celle de
l'Union à 65 €.

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Signature d’un
protocole d’accord entre la Commission européenne et l’Organisation
Internationale de la francophonie |
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Noémie SIMONEL
Le 28 août 2006,
la Commission européenne a procédé
à la signature d’un protocole d’accord avec l’Organisation internationale
de la francophonie, visant
à renforcer leur coopération, essentiellement dans les domaines de
la démocratie, des droits de l’homme, de la
prévention des conflits, de la gestion et sortie de crises. De même, cet
arrangement administratif s’étendra aux questions relatives à la diversité
culturelle et linguistique,à l’éducation et la formation et la jeunesse,au
développement économique et social,et à la société de l’information. Cette
recherche de synergie dans un but d’optimisation de leurs actions, se
comprend d’autant plus aisément que onze pays membres de l’Union
européenne sont membres de l’Organisation internationale de
la
Francophonie et que d’autres pays membres de
l’OIF sont appelés à devenir membres de l’U.E. Cette coopération
visera à développer les capacités nationales des Etats visés ainsi qu’à
développer l’intégration régionale et internationale des pays
bénéficiaires de ces actions.
Comme le
confirme Md. Ferrero Waldner, membre de la Commission européenne en charge
des relations extérieures et politique européenne de voisinage : « le
protocole d’accord conclu avec l’Organisation internationale de
la
Francophonie permettra à la Commission d’obtenir un soutien et un relais
politique important dans les pays couverts par cette organisation.».Ainsi,
la structuration et mise en œuvre de cette nouvelle coopération passeront
par le biais de consultations et la mise en œuvre de projets communs.
La
signature de ce protocole majeur arrive quelques semaines avant
le
XIe Sommet de la Francophonie prévu le 28et 29 septembre 2006.Il
réunira les 63 chefs d'État et de gouvernement des pays ayant le français
en partage. Se déroulant en Roumanie, le Sommet portera sur « les
technologies de l’information dans l’éducation », thème qui recouvre
plusieurs programmes majeurs définis dans le cadre stratégique décennal de
la Francophonie et mis en œuvre par l’Organisation
internationale de
la
Francophonie et les opérateurs.
Rendez-vous
majeur pour les orientations de l’action politique et de la coopération
francophone, le Sommet se tiendra pour la première fois en Europe centrale
et orientale, région où la dynamique francophone se reconstruit et se
rénove. Rappelons que
la Roumanie
dont 20% de la population est francophone est devenu membre à part
entière en 1993 de l’OIF,à l’occasion du Sommet de Mauritius.

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