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Le Panama
élu membre non permanent au Conseil de Sécurité
Fatma RAACH
Après 48 tours de scrutin et suite au
retrait du Guatemala et du Venezuela, qui n’ont pu être départagés,
le Panama a été élu le 7 novembre 2006 à l’Assemblée générale membre non
permanent du Conseil de sécurité pour le siège Latino-américain. De ce
fait, à côté des cinq membres permanents - Chine, États-Unis, Fédération
de Russie, France et Royaume-Uni -, le Conseil de sécurité sera composé à
partir du 1er janvier 2007 de l'Afrique du Sud, de la Belgique, du Congo,
du Ghana, de l'Indonésie, de l'Italie, du Panama, du Pérou, du Qatar et de
la Slovaquie, pour les membres non permanents.

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OTAN
l'avenir de l'Organisation
Anne RAINAUD |
Lors de la
conférence Security Defence Agenda (SDA) à Bruxelles le 6 novembre 2006,
le Secrétaire général de l'OTAN a fait un
discours qui annonce déjà le futur sommet de Riga des 28 et 29
novembre 2006. Il a ainsi exposé clairement certaines prises de position
sur le devenir de l'OTAN tout en pointant les progrès que cette
organisation aura à accomplir pour réussir sa transformation. Les points
forts de ce discours à signaler sont les suivants :
D'une part, le refus d'une Organisation globlale, "gendarme du monde" :
selon le Secrétaire de l'OTAN, "we don’t need a global NATO. That is not
what our transformation is all about. The kind of NATO that we need – and
that we are successfully creating – is an Alliance that defends its
members against global threats: terrorism, the spread of weapons of mass
destruction and failed states. To counter these threats, NATO doesn’t need
to become a “gendarme du monde”. What we need is an increasingly global
approach to security, with organisations, including NATO, playing their
respective roles.
D'autre part, le Secrétaire général Jaap de Hoop Scheffer a énoncé 6
points fondamentaux pour l'OTAN afin de pouvoir valablement répondre aux
attentes et sollicitations croisantes à son égard.
Premier point : la nécessité de poursuivre la progression de la capacité
opérationnelle de l'OTAN, valorisée par un bon système de planification.
Dans cette perspective, sera publiée à Riga le "Comprehensive Political
Guidance", afin d'exploiter le plus judicieusement possible les moyens
importants de l'Organisation.
Deuxième point partage plus équitable des risques et des charges; sur le
plan financier, le Secrétaire général prévoit que la règle "costs lie
where they fall" devrait être revue dans un souci de solidarité. De même,
lors de la projection des troupes et moyens, les Etats ne devraient pas
pouvoir brandir des limitations et restrictions qui affaiblissent l'OTAN
lors du passage à l'action.
Troisième point : besoin d'une meilleure coordination avec les autres
acteurs, ONU, Union Européenne, ONG.
Quatrième point : développer les partenariats de l'OTAN, notamment sur le
plan qualitatif dans le but d'établir une plus grande cohérence, et sur le
plan géographique, en tissant des liens avec la région Asie pacifique.
Cinquième point : renforcer le dialogue politique; la sécurité doit
pouvoir être appréhendée de façon large sans se limiter aux seules
questions des moyens.
Sixième point : rapprocher l'OTAN et l'Union Européenne ("break the
deadlock in the NATO-EU relationship"): le Sécrétaire général souligne que
les deux acteurs devraient harmoniser leur transformation mutuelle et
éviter toute duplication. Non sans une certaine note d'humour teintée
d'incontestable réalisme, Jaap de Hoop Scheffer conclue sur ce point ainsi
: "NATO and the EU are in the business of security, not engaged in a
beauty contest".
In fine, le Sécrétaire général espère qu'un certain nombre des ces
différents objectifs seront traités lors du sommet de Riga, mais annonce
déjà que d'autres sommets ultérieurs seront nécessaires pour mener à leur
terme ces différentes étapes de la transformation de l'OTAN.

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OSCE et crimes de haine :
liens avec la sécurité
internationale
Anne RAINAUD
L'OSCE, lors d'une réunion qui s'est
tenue à Vienne le 10 novembre 2006, organisée par l'ODIHR
( Office for Democratic Institutions and Human Rights), encourage les
Etats membres à réaliser des efforts dans la collecte de données et de
statistiques fiables relatives aux crimes de haine, lesquels incluent les
manifestations violentes de racisme, xénophobie, anti-sémitisme et autres
formes de discriminations, dont celles contre les musulmans précise le
communiqué de presse de l'OSCE du
10 novembre 2006. L'Organisation souligne le lien manifeste
entre le développement de la haine (contre les Roms, entre communautés,
religions ou encore ethnies ...) et la menace à la sécurité et à la
stabilité de la région de l'OSCE (cf. les propos de Christian Strohal,
Directeur de l'ODIHR, rapportés dans le communiqué précité). Ainsi, est-il
nécessaire pour une action efficace des Etats, qu'ils disposent d'éléments
pertinents d'information pour évaluer la nature et l'étendue des crimes de
haine afin qu'ils puissent en connaissance de cause, adopter une stratégie
dans ce domaine et prendre en conséquence des mesures en amont et en aval
des crimes de haine. Les Etats pourront s'inspirer utilement du rapport de
l'ODHIR publié en octobre 2006 (Report
on Challenges and Responses to Hate-Motivated Incidents in the OSCE Region).
En effet, l'OSCE met en exergue un problème de sécurité extrêmement
sensible tant à l'échelle de l'ensemble de la communauté internationale
que celle strictement nationale et les travaux de l'ODHIR mériteraient une
attention toute particulière.

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Référendum sur l'indépendance et les élections en Ossétie du Sud
Florina
COSTICA
Le 12 novembre 2006 aura
lieu en Ossétie du Sud un référendum sur l’indépendance de cette
république autoproclamée au sein de la Géorgie, suivi par les élections
présidentielles.
D’après
RIA Novosti, les électeurs devront se prononcer sur la question
suivante : « Etes-vous d'accord pour que la République d'Ossétie du Sud
maintienne son statut actuel d'Etat indépendant et soit reconnue par la
communauté internationale ? ». Parallèlement au référendum, les habitants
d'Ossétie du Sud éliront leur président (les élections précédentes se sont
déroulées en 1996 et 2001), parmi quatre candidats enregistré par une
« Commission électorale centrale de la république ». Il reste à noter que
20. 000 électeurs pourront voter en Russie, dans six bureaux de vote
aménagés à cet effet en Ossétie du Nord.
La
position des Etats- Unis
et de
l’UE a déjà été exprimée à l’égard de ce référendum, de ses
conséquences, ainsi que des élections qui suivront, depuis le 9 novembre
dernier : refus de les reconnaître et réitération de l’intégrité
territoriale et de la souveraineté de la Géorgie.
Le rapprochement géorgien
de l’UE et de l’OTAN (voir
communique de presse du 10 novembre 2006, visite en Bulgarie de M.
Bezhuashvili) n’est certainement pas anodin pour le soutien de Moscou à ce
référendum. Les ministres des Affaires étrangères russe et géorgien
se sont rencontrés en début du mois, lors
de la réunion des ministres de la BSEC, sous la présidence russe. Le
départ du ministre géorgien de la Défense, M. Irakli Okrouashvili, est
perçu
par les politologues russes comme un « espoir » pour la solution des
conflits en Ossétie du Sud et Abkhazie, tandis que
dans un commentaire du service de presse du MAE russe parvenu à RIA
Novosti, « […] indépendamment de la reconnaissance internationale des
résultats du référendum en Ossétie du Sud, ceux-ci seront en tout cas
l'indicateur des humeurs et des préférences de la population sud ossète,
ce qui doit être pris en compte dans la politique réelle ».
De son côté, le Ministère
des Affaires étrangères géorgien (voir
communiqué du 9 novembre 2006), en soulignant la nécessité de
contrebalancer le poids de la Russie dans le format actuel des
négociations pour la résolution des « conflits gelés » sur son
territoire, a appelé la Russie « à respecter ses obligations
internationales et à jouer un rôle constructif » dans le réglement de ces
conflits (voir aussi la
déclaration du Ministre des Affaires étrangères géorgien, Mr. Gela
Bezhuashvili, le 2 novembre 2006).
Il convient de remarquer
aussi la position de la
France : lors de la rencontre le 7 novembre dernier des ministres des
affaires étrangères français et géorgien, M. Philippe Douste-Blazy a
anticipé la prise de position de l’UE, en soulignant que « la priorité
allait à la mise en oeuvre de mesures de confiance ».
Reste à voir jusqu’où ira
le soutien de Moscou dans la reconnaissance des résultats de ce
référendum, surtout dans le contexte de la conclusion annoncée des
négociations d’adhésion de ce pays à l’OMC.

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Israël
Droit humanitaire :
Incident de Beit
Hanoun
Philippe WECKEL
Officiellement en réplique à des tirs palestiniens de Qassam en direction
d’Israël, l’artillerie israélienne a frappé un quartier d’habitation dans
la banlieue de Beit Hanoun (Bande de Gaza) le mercredi 8 novembre. Douze à
quinze obus se sont abattus en deux salves sur plusieurs maisons causant
la mort de 19 personnes et faisant 58 blessés dont de nombreux enfants.
Réactions
internationales
·
Israël
Le
Porte-parole israélien a annoncé le 8 novembre qu’un groupe d’experts
allait enquêter sur les faits. D’après les premiers éléments les obus
seraient tombés loin de la cible.
“In an effort to disrupt and
thwart the launching of rockets at Israeli population centers, the IDF
this morning (Nov 8) carried out preventative artillery fire at the
launching sites of the Kassam rockets. The fire was directed at the area
from which Kassam rockets were fired yesterday at Ashkelon, in order to
prevent further launches at the city. In the past 24 hours alone, more
than 10 Kassam rockets have been launched from these areas into Israel.
Following reports of
Palestinian civilian casualties, Chief of Staff Halutz ordered a
halt to artillery fire in the Gaza Strip pending investigation.
Preliminary findings
indicates that the site in question is far removed from the area towards
which the artillery fire was directed. Officers of the IDF Southern
Command and Artillery Unit are in the field investigating the incident”.
Le
Premier ministre et le ministre de la défense israéliens ont exprimé
leurs regrets et confirmé qu’une enquête militaire était diligentée.
·
Etats-Unis
Les Etats-Unis se sont refusés à condamner Israël, relevant que le
gouvernement de ce pays a exprimé ses regrets et a enclenché une procédure
d’enquête.
Point de presse d u 9novembre 2006 MR.
MCCORMACK:
“Well, I think that they are continuing to do their look into exactly what
happened, but Prime Minister Olmert, himself, personally came out and said
that in his investigation in the couple of days since this happened was
that there was some error, technical error, that this was not
intentionally -- it was not done intentionally”.
·
Union européenne
Déjà le 4 novembre 2006 une
déclaration de la présidence de l’Union européenne exprimait
l’inquiétude face à l’aggravation de la situation des populations à Gaza :
« La présidence de l'Union européenne s'inquiète profondément des
aggravations de la violence à Gaza. La présidence déplore le nombre
croissant de victimes civiles provoquées par les opérations militaires
israéliennes. Le droit des Etats à se défendre ne peut justifier une
utilisation disproportionnée de la violence ou des actions contraires aux
lois humanitaires internationales »
Le ton change dans la
Déclaration du 8 novembre puisque la Présidence de l’UE se déclare
«scandalisée par les nouveaux décès de civils dus à l'opération
israélienne à Gaza. La présidence demande à Israël de mettre fin à son
action militaire à Gaza et aux Palestiniens de cesser les tirs de
roquettes sur le côté israélien. La spirale de la violence aura des
conséquences graves sur la sécurité et la situation politique dans la
région ».
Dans une communication le Ministre français des affaires étrangères
a déclaré que « la France condamne les tirs d'artillerie indiscriminés
dans des zones habitées qui interviennent en violation du droit
international humanitaire et notamment des conventions de Genève. Le droit
d'Israël à exercer sa défense ne peut être remis en cause, mais celui-ci
doit s'exercer dans le respect du droit international humanitaire » (Point
de presse du 8 novembre 2006, « exercer sa défense » et non pas user
du droit de légitime défense).
Le
Secrétaire d’Etat britannique
a souligné qu’Israël devait respecter ses obligations de préserver la
population civile lors de ses attaques 'The British government has
repeatedly expressed its deep concern over mounting casualties and
civilian suffering in Gaza in recent months, and raised these concerns
with the Government of Israel. Israel must respect its obligation to avoid
harming civilians. It is hard to see what this action was meant to achieve
and how it can be justified.
·
Russie
Dans sa
déclaration du 8 novembre le ministère russe des affaires étrangères
relève en termes mesurés l’inadéquation des méthodes militaires utilisées
par Israël :
“We consider that the Israeli army's actions go beyond the declared aims
to prevent firings at Israel from Gaza and lead to a further exacerbation
of the situation in Palestinian-Israel relations”.
·
ONU
Le Secrétaire général de l’ONU est demeuré très prudent en ce qui
concerne l’analyse des faits dans son message du
8 novembre (dépêche):
« Pas plus tard que vendredi dernier, le
Secrétaire général avait exprimé son inquiétude au sujet du nombre
croissant de victimes causées par les opérations de l’armée israélienne
dans le nord de Gaza, étant entendu que de telles opérations font
inévitablement des victimes civiles. Le Secrétaire général rappelle
aux deux parties leurs obligations en vertu du droit international
humanitaire en ce qui concerne la protection des civils dans les conflits
armés.
Le Secrétaire général réitère son appel au
Gouvernement israélien pour que cessent immédiatement ses opérations
militaires à Gaza et il invite également la partie palestinienne à mettre
fin aux attaques contre des cibles israéliennes.
En outre, il prend note de la décision
annoncée par le Gouvernement israélien de faire toute la lumière sur cet
incident et il attend, avec impatience, les premiers résultats de
l’enquête »
Au Conseil de sécurité de nombreuses délégations ont participé le 9
novembre au débat consacré à la situation au Proche Orient. (Communiqué).
On retiendra notamment que le Qatar a présenté un projet de résolution au
nom des Etats arabes. « Ce texte prévoit
notamment la fin de l’« agression » israélienne, la mise en place d’un
couvre-feu mutuel et l’envoi d’une force d’observation des Nations Unies
pour en surveiller le plein respect par les parties au conflit.
Certaines délégations, notamment celle de la Malaisie, ont même estimé que
l’heure était venue pour le Conseil de sécurité d’autoriser le déploiement
d’une force d’interposition et de protection dans les territoires
palestiniens occupés, une idée évoquée depuis près de 40 ans ».
Au conseil de sécurité les Etats membres
de l’Union européenne ont adopté une approche qui paraît unitaire. On
remarque cependant que le représentant britannique a expressément demandé
à Israël l’engagement de poursuites à l’encontre des militaires
responsables de la bavure. Le représentant de la France a renouvelé la
condamnation des « tirs israéliens contre des zones peuplées par
des civils palestiniens, en violation de la quatrième Convention de
Genève ». Jean-Marc DE LA SABLIERE a évoqué aussi « la mise en place
éventuelle d’un mécanisme de protection des populations civiles, auquel il
faudrait réfléchir en liaison avec le Secrétaire général
Cette affaire est troublante. On ne peut
manquer de s’interroger sur la cible qui aurait été visée par les
artilleurs et qui serait éloignée du lieu des impacts. On constate aussi
que la maison qui a été frappée par plusieurs obus avait été occupée par
les troupes israéliennes jusqu’à leur retrait de Beit Hanoun, quelques
heures avant le drame. L’immeuble avait été choisi comme poste
d’observation en raison de sa position dominante. Et c’est cette
construction, vraisemblablement repérable de loin, qui a été la plus
touchée dans une canonnade de fin de nuit (5 heures 30) ? Une présomption
de bavure militaire pèse ainsi sur les faits. L’expression de « bavure »
est d’ailleurs utilisée officiellement. Toutes les armées du monde sont à
la merci de la bêtise des hommes, mais on attend des autorités
israéliennes qu’elles adoptent le comportement des gens d’honneur,
c’est-à-dire qu’elles diligentent une enquête transparente et impartiale
et, en fonction de l’issue, qu’elles s’emploient à faire condamner les
responsables et assurent l’indemnisation intégrale des victimes.
Les artilleurs en cause sont responsables d'une terrible tragédie et d'une
immense injustice, mais ils ont aussi versé une belle louchée d'huile sur
le brasier du Proche Orient.
Bien entendu, l’incident soulève la
question plus générale des méthodes militaires employées par Israël et du
moyen de rétablir cette protection dont les populations ont droit même
dans les circonstances de conflit armé.
le 11 novembre le projet de résolution présenté par le Qatar au Conseil de
sécurité a obtenu 10 voix pour, le Danemark, la Grande-Bretagne, le Japon
et la Slovaquie se sont abstenus et les Etats-Unis ont voté contre,
bloquant ainsi l'organe du maintien de la paix.
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Quai
d'Orsay
POINT DE PRESSE DU 10 NOVEMBRE 2006
...
7 - PROCHE-ORIENT
(Quelle est la position de la France
concernant le projet de résolution au Conseil de sécurité ? Allez-vous
voter ce projet présenté par le Qatar, allez-vous le modifier,
allez-vous voter contre ? Quelle sera votre position ?)
Des consultations ont été engagées
sur la base du projet qui a été préparé par le Qatar. Un travail a
déjà été fait, notamment avec la délégation du Qatar, qui a bien voulu
prendre en compte un certain nombre d'amendements qui ont été
proposés. C'est un peu le débat habituel sur ce type de résolution.
Certains amendements visent à rééquilibrer un peu le texte pour le
rendre plus acceptable par le Conseil de sécurité et pour faire en
sorte qu'il ait des chances d'être adopté. Ces amendements ont été
assez largement pris en compte par le Qatar. Notre sentiment, du côté
français, est qu'il y a une perspective positive en ce qui concerne ce
texte. Tant que le vote n'est pas intervenu, je ne peux pas vous dire
dans quel sens nous allons voter, mais nous voyons d'un oeil favorable
le projet tel qu'il a été remanié par le Qatar.
(On dit que les Américains seraient
contre ?)
C'est une négociation
confidentielle, mais on peut imaginer quels sont les éléments qui font
débat dans ce projet de résolution du Qatar.
Nous, du côté français, nous
considérons qu'il est utile que le Conseil de sécurité réagisse,
compte tenu de ce qui s'est passé. Nous considérons qu'il est
également utile que l'on puisse faire la lumière sur ce qui s'est
passé et que l'on appelle à mettre fin aux actes de violences.
Un peu comme à l'habitude dans ce
type de discussions, la question est de savoir comment l'on prend
aussi en compte les préoccupations d'Israël en termes de sécurité, qui
sont aussi des préoccupations légitimes. Le fait que les Palestiniens
doivent prendre des dispositions pour mettre fin aux tirs de
roquettes. C'est ce débat qui se déroule actuellement et, comme je
l'ai dit, nous avons le sentiment que le Qatar a pris en compte un
certain nombre de nos observations. Du côté français, je ne peux pas
vous dire quelle position nous prendrons à la fin, mais nous avons le
sentiment que cela évolue plutôt bien. Ensuite, vous me parlez de la
position américaine, je ne peux pas m'exprimer à la place des
Etats-Unis. On sait que sur ce thème, au Conseil de sécurité, les
Etats-Unis ont souvent une attitude qui est celle que l'on connaît.
(Il paraît que le texte demande
l'envoi d'une force des Nations unies entre les Israéliens et les
Palestiniens. Est-ce juste et si c'est effectivement dans le texte,
serait-ce pour cela que les Américains n'en veulent pas ?)
Je ne crois pas que cela figure dans
le dernier état du texte et je ne sais pas si c'est le problème
principal pour les Américains.
(Lundi à Bruxelles, vous aborderez
certainement la question palestinienne. Qu'est-ce que la France
demandera à ses partenaires européens au vu de la dégradation très
sérieuse et meurtrière de la situation à Gaza où l'on a maintenant 300
morts en quelques mois.
La France poussera-t-elle l'Union
européenne à faire une déclaration à ce sujet ?)
Lundi, il est prévu qu'il y ait des
conclusions du Conseil Affaires générales et Relations extérieures à
ce sujet, conclusions qui ne seront pas très surprenantes. Notre idée
est qu'il faut réagir comme nous l'avons fait à titre national. Nous
souhaitons qu'il y ait un message assez ferme qui soit adressé aux
autorités israéliennes leur disant que ces bombardements indiscriminés
de zones habitées par des populations civiles sont condamnables, comme
nous l'avons dit à titre national. Nous voulons qu'il y ait un message
assez ferme.
Ce qui est également important au
niveau européen, et le ministre l'a dit lorsqu'il a vu M. D'Alema ici
à Paris, c'est que l'Union européenne soit prête de façon très rapide
à s'engager derrière un gouvernement d'union nationale palestinien si
ce gouvernement se constituait. Or, les dernières nouvelles sont un
peu plus encourageantes que celles que nous avions hier ou avant-hier.
Il y a des déclarations de responsables Palestiniens qui laissent
entendre que, peut-être, cet objectif n'est pas impossible à
atteindre. Ce que le ministre a dit avec M. D'Alema c'est qu'il
fallait vraiment que l'Union européenne soit prête, très rapidement, à
soutenir un tel gouvernement, car cela nous paraît être un élément de
nature à débloquer, au moins partiellement, la situation.
(Sur Beit Hanoun, vous avez dit, que
vous vouliez savoir exactement ce qui s'est passé et qu'il fallait une
réaction vigoureuse du Conseil de sécurité. A quoi pensez-vous ?
Parlez-vous d'une commission d'enquête indépendante ?)
D'abord, les Israéliens ont dit
qu'ils allaient mener une enquête. Il faudra voir si cette enquête est
menée et si elle est menée dans des conditions qui soient acceptables
par la communauté internationale. Mais nous n'excluons pas qu'il y ait
d'autres moyens qui soient utilisés, à l'appréciation du Secrétaire
général des Nations unies, si nécessaire.
Nous pouvons, par exemple, envisager
une "fact finding mission" qui se rende sur place pour voir ce qui
s'est passé et pour rendre compte.
Pour répondre à votre question, nous
n'excluons pas quelque chose de plus que l'enquête israélienne.
(L'ambassadeur israélien a dit que
c'était la première fois qu'il y avait un bombardement de ce type sur
des civils. Mais il y a eu des précédents. Ce sont des erreurs
"techniques" qui arrivent souvent. Ne pensez-vous pas qu'il faut
pousser pour une enquête internationale sur cette question ?)
Encore une fois, nous souhaitons une
résolution des Nations unies, cette résolution doit être votée. Il
faut que nous trouvions des éléments d'une résolution qui soient
acceptables par les membres du Conseil de sécurité. Dans ce cadre-là,
nous essayons de pousser l'idée qu'il puisse y avoir un rôle pour les
Nations unies, à travers une "fact finding mission". C'est ce genre de
choses qui est en train d'être discuté à New York. Il faut des idées
qui soient suffisamment réalistes pour être acceptées par le Conseil
de sécurité. Sans quoi, ce serait quelque chose qui serait un coup
d'épée dans l'eau.
(D'habitude, quelles sont les
prérogatives d'une telle mission ?)
Une "fact finding mission", comme
son nom l'indique, va sur le terrain, pour voir quels sont les faits
et ce qui s'est passé, auprès des différentes parties. C'est le moyen
d'avoir un rapport totalement impartial sur les événements.
(Pouvez-vous nous donner la position
de la France sur le principe de l'envoi d'une force d'interposition à
Gaza, par exemple, s'il y a des idées qui tournent autour de cela ?)
Nous n'en sommes pas du tout là.
Comme au Liban, ce type de force ne règle rien si elle ne s'appuie pas
sur un accord politique. Envoyer une force dans une situation où il
n'y a pas d'accord entre les parties, c'est la vouer à l'échec.
(Et si les conditions existent pour
un envoi ?)
Notre représentant permanent, dans
son intervention devant le Conseil de sécurité, a évoqué l'idée d'un
mécanisme de protection des populations civiles. Il a dit, je cite
"nous nous interrogeons sur la mise en place éventuelle d'un mécanisme
de protection des populations civiles." Ce n'est pas forcément une
force, je tiens bien à souligner cela. Nous ouvrons le débat et nous
sommes prêts à réfléchir.
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Opposition au projet
de résolution du Qatar
explications
américaines
Secretary Condoleezza Rice
Washington, DC
November 11, 2006
On November 8, Israeli artillery shells were fired into a
residential area of
Beit Hanoun, killing 17 civilians. The injuries and loss of life,
and
especially the deaths of a number of young children, were tragic.
That day,
President Bush conveyed deepest condolences on behalf of the United
States. The
President called on all parties to act with care so as to avoid any
harm to
innocent civilians.
The Israeli government has apologized for the incident and stated
that it did
not intend to fire on Beit Hanoun. It has promised a thorough
investigation.
The United States calls on Israel to report its findings as soon as
possible
and to take appropriate steps to avoid a repetition of these events.
Today, the United States was compelled to vote against a resolution
in the
United Nations Security Council because the resolution would have
used the
tragic incident in Beit Hanoun to advance a one-sided political
agenda. We do
not believe the resolution was designed to contribute to the cause
of peace.
Among other things, the resolution included an unsubstantiated
determination
that Israel had violated international law. The resolution included
inflammatory and unnecessary language that would aggravate the
situation in
Gaza. The resolution, moreover, failed to include any reference to
terrorism or
to condemn Hamas for its threats to broaden the attacks against
Israel and the
United States.
The United States calls on all sides to undertake their obligations,
as spelled
out in the Roadmap, in order to realize the vision of two states,
Israel and
Palestine, living side by side in peace and security.
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Nécessité et proportionnalité
dans l'attaque.
Obs. Certaines méthodes
de combat sont en principe
contraires aux Conventions de
Genève lorsqu'elles sont
utilisées dans les zones
urbaines. En principe parce
que la matière ne fait pas
l'objet d'interdictions
absolues. Sont prohibées au
milieu des habitations les
armes qui ne permettent pas de
viser spécialement la cible
militaire en préservant les
biens et personnes civiles
alentour. En toutes
circonstances il faut utiliser
le type d'arme qui est adapté
à la situation, celui qui
répond au principe de
discrimination des cibles
civiles et militaires. Le
bombardement de zone (les
tapis de bombes de la Seconde
guerre mondiale) ou
l'utilisation de bombes à sous
munitions sont ainsi
clairement inappropriés en
milieu urbain. De même, dans
les circonstances de l'espèce,
le recours à l'artillerie est
manifestement contraire au
droit humanitaire. D'ailleurs
quel était l'avantage
militaire raisonnablement
attendu de l'attaque ?
L'objectif de neutraliser les
tireurs palestiniens
pouvait-il être atteint par ce
procédé ? La réplique à
l'artillerie est intervenue
quelques heures après
l'explosion des missiles
palestiniens. Les artilleurs
n'avaient pratiquement aucune
chance d'atteindre les
combattants palestiniens dont
la mobilité est extrême, alors
qu'il y avait par contre les
plus fortes probabilités, une
quasi certitude même, de
provoquer des dommages
incidents graves.
Ce bombardement de
l'artillerie israélienne sur
la ville palestinienne de Beit
Hanoun était une attaque
indiscriminée. De là à dire
qu'il s'est agi de
représailles contre la
population civile, il y a un
pas qu'il ne faut pas
franchir, celui qui sépare le
fait de l'interprétation de ce
fait.
L'attaque était manifestement
disproportionnée : on a, en
quelque sorte, chassé des
mouches à la dynamite au
milieu des gens. Folie,
sottise ou haine criminelle,
le comportement est
scandaleux. Une armée
honorable donne la priorité
dans le recours à la force à
la protection de la population
civile. On attend d'Israël
qu'il ne cherche pas à
"couvrir" la "bavure" (PW).
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La
justice guatémaltèque accepte de capturer et d’extrader vers l’Espagne 6
accusés d’actes de génocide, tortures et terrorisme d’Etat.
Karine RINALDI et Jacobo RIOS RODRIGUEZ
Après le rejet par
Interpol le 21 septembre dernier des mandats d’arrêt lancés par le juge
espagnol Santiago Pedraz pour vices de forme, la Justice guatémaltèque
a répondu cette semaine positivement à la
demande d’extradition de l’Audience Nationale espagnole, qui fonde sa
compétence sur l’article
23.4 de la Loi organique du pouvoir judiciaire espagnol.
Les mandats d’arrêts sont
finalement parvenus à la Cour Suprême de Justice Guatémaltèque le 27
octobre 2006. L’Audience nationale demande aux autorités guatémaltèques de
collaborer dans la capture de quatre militaires et deux civils accusés
d’actes de génocide, tortures et terrorisme d’Etat, à des fins
d’extradition. Les accusés sont les agents Oscar Mejía, Aníbal Guevara et
Benedicto Lucas, le colonel Germán Chupina, ainsi que les civils Pedro
García Arredondo et Donaldo Alvarez.
« A
todos ellos se les imputa la comisión de diversos delitos de genocidio,
terrorismo, torturas, asesinato y detenciones ilegales (calculándose en
unos 250.000 muertos de la etnia maya asesinados, 35 muertos más en el
caso de la Embajada de España, más 5 sacerdotes españoles asesinados en
diversos puntos del país) llevados a cabo en los periodos en los que
ejercieron su mandato los mencionados » (voir le texte du
mandat d’arrêt
initial). « A
todos ellos », mais aussi à Efraín Ríos Montt, ancien dictateur du
Guatemala, qui n’est pas concerné par la récente décision du Tribunal
Quinto de Sentencia Penal du Guatemala : un recours d’inconstitutionnalité
a été présenté
contre le mandat d’arrêt le concernant.
En
outre, il n’occupait pas un poste de responsabilité publique en 1980:
« tras el análisis del expediente, se
determina que los hechos que se le imputan al señalado no coinciden con la
fecha en la que éste fungió como presidente de la Junta Militar de
Gobierno y Ministro de la Defensa »,
signalait
le juge Morelia Ríos.
Cette procédure s’intègre
dans la longue démarche initié en 1999 par Rigoberta Menchú, qui, n’ayant
pas trouvé la réaction attendue devant les tribunaux du Guatemala, a
introduit l’affaire auprès des instances judiciaires espagnoles, au moyen
d’une plainte pour l’incendie de l’ambassade d’Espagne au Guatemala en
1980. Cet événement a provoqué la mort 39 personnes, dont son père.
Parmi les victimes se trouvaient aussi trois nationaux espagnols. Il ne
s’agirait toutefois que d’un incident de plus précédant tous ceux qui ont
constitué, à partir de 1982, le « Plan nacional
de Seguridad y Desarrollo », une stratégie dont la mise en œuvre
est à l’origine de la mort de 200 000 personnes et de la disparition de
500 000 individus.
Le directeur de la
Fondation Rigoberta Menchú Tum (FRMT), Eduardo de León, s’exprimait
ainsi : « l’Etat a le défi de démontrer sa volonté de juger le génocide ».
Il restait à démontrer que cette volonté s’inscrivait dans une démarche
effective et non pas dans une déclaration d’intentions dépourvue de
conséquences juridiques. Dans ce sens, et comme la première réponse à ce
défi, le 7 novembre la justice guatémaltèque arrêtait la première des six
personnes recherchées par la justice espagnole, Angel Aníbal Guevara,
ancien ministre de la défense pendant le régime militaire de Fernando
Romeo Lucas (1978-1982). Celui-ci
se rendait de
lui-même à la police.
Malgré
les progrès réalisés, la situation de Ríos Montt s’avère contraire au
mandat d’arrêt international qui fait un lien explicite entre l’exercice
du pouvoir de celui-ci et les actes de génocide commis au début des années
80. L’interprétation effectuée par le tribunal du Guatemala n’est pas
conforme à la volonté exprimée par l’Audience Nationale espagnole et
risque de s’avérer trop restrictive.
Sans doute, et comme le signale le
mandat d’arrêt
initial, « la concepción en la protección jurídica de los derechos
humanos a nivel internacional ha pasado desde considerarlo como un hecho
vinculado a la soberanía nacional [...] a entender que los mismos
son un patrimonio inseparable del ser y la raza humana [...]
convirtiéndose, por tanto, la Comunidad internacional (como conjunto de
Estados) en su garante ».
L’accord d’Oslo du 23 juin 1994 créait la Commission pour
l’Eclaircissement Historique (CEH), présidée par Christian Tomuschat, et
composée de Otilia Lux De Coti, représentante des communautés indigènes
ainsi que d’Edgard Alfredo Balsells Tojo. Les conclusions du
rapport final de la Commission
établissent les tragédies de l’affrontement armé, relatant ce
climat d’Etat autoritaire excluant les minorités depuis l’indépendance du
pays en 1821. L’Etat et les paramilitaires sont reconnus responsables de
93 % des violations des droits de l’homme, ayant commis des massacres et
dévastations du peuple Maya, des disparitions forcées, exécutions
arbitraires, viols des femmes, recrutements forcés, génocide, déni de
justice… La guérilla est quant à elle responsable de 3 % des violations
des droits de l’homme ; des particuliers, et notamment des grands
propriétaires agricoles dans les zones rurales ont également pris acte aux
exactions.
Dans
ses recommandations, la CEH demandait à l’Etat de prendre des mesures pour
préserver la mémoire des victimes, des mesures de réparations, des mesures
orientées vers le développement d’une culture de respect mutuel et de
respect des droits de l’homme, ainsi que visant à renforcer le processus
démocratique.
Mais
cette Commission n’avait pas pour objectif d’individualiser les
responsables ; elle devait faire la lumière sur les violations des droits
de l’homme commises pendant les 36 années de conflit interne et identifier
les responsabilités institutionnelles. Sans responsabilités établies,
l’Histoire ne risque-t-elle pas de recommencer ? Le chemin de la
réconciliation semble difficile au Guatemala, car ceux qui ont violé les
droits de l’homme ont toujours un certain pouvoir. Après les Commissions
Vérité et Réconciliation, cette société a besoin de vraie justice.
Peu à peu
du
terrain est juridiquement gagné, mais suffira-t-il pour rattraper le
manque de volonté politique ?
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Obs. Compte tenu des entraves
et des pressions exercées au Guatemala les procès en Espagne vont
apporter la distance et la sérénité nécessaires à une bonne
administration de la justice. Cette extradition de nationaux
s'apparente donc à une forme de "délocalisation" des procès (PW).
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Tribunal spécial irakien :
Condamnation à mort de
Saddam Hussein
Valérie GABARD
Le 5 novembre 2006,
l’ancien dictateur irakien
Saddam Hussein a été condamné pour crime contre l’humanité par le
Tribunal spécial irakien à la peine de mort par pendaison. Cette
condamnation intervient dans le cadre du premier procès ouvert à
l’encontre de l’ancien dirigeant. Au cours de ce procès qui a débuté le 19
octobre 2005, l’ancien président devait répondre, avec sept autres
responsables irakiens, du massacre de Doujaïl. Les personnes assassinées
et torturées en juillet 1982 dans ce village l’auraient été en
représailles à une tentative d’attentat à l’encontre du convoi de Saddam
Hussein alors qu’il traversait le village. Il était reproché à Saddam
Hussein d’avoir ordonné et supervisé le meurtre de plus de 140 Chiites.
Cette condamnation marque
l’aboutissement d’un procès que l’on peut aisément qualifier de chaotique.
Le procès de Saddam Hussein a en effet, été plusieurs fois suspendu et
interrompu et certains membres de l’équipe de la défense de Saddam Hussein
ont été assassinés. Dans sa plaidoirie, le procureur avait requis la peine
de mort pour Saddam Hussein, Barzan al-Tikriti et Taha Yassine Ramadan,
peine retenue pour les trois intéressés. L’article 27 du
Statut du Tribunal Spécial, prévoit en cas de condamnation à mort
son exécution dans les trente jours, mais il prévoit parallèlement dans
son article 25 qu’en cas de condamnation à mort, comme en cas de
condamnation à perpétuité, une procédure automatique d’appel. Avant toute
exécution, la décision du Tribunal spécial irakien devra donc être
confirmée devant une Chambre d’appel.
En parallèle, un second
procès a débuté contre Saddam Hussein le 21 août dernier. Il concerne la
campagne « Anfal » menée en 1988 contre les Kurdes et durant laquelle on
estime le nombre de kurdes tués entre 50 000 et 100 000. Dans cette
affaire Saddam Hussein est inculpé de génocide, de crimes de guerre et de
crime contre l’humanité.
Le jugement de l’ancien
dictateur souvent présenté comme un élément en faveur de l’apaisement dans
le pays, a bien au contraire suscité de très vives réactions. Des
manifestations violentes contre le jugement ont eu lieu Tikrit ville
natale de Saddam Hussein ainsi qu’à Bagdad. Au contraire dans le sud du
pays, composé principalement d’une population Shiite les manifestations de
joie l’ont emporté. Au plan politique, le
premier ministre iraquien Nouri al-Maliki a déclaré qu’il ne
s’agissait pas seulement de la condamnation d’un homme mais aussi et
surtout la condamnation de cette période noire de l’histoire iraquienne.
Au contraire le conseil principal de l’équipe de la défense de Saddam
Hussein, Khalil al-Dulaimi a qualifié le verdict de « farce » et affirmé
qu’un appel serait interjeté.
Cette condamnation à mort
très médiatisée, n’a pas manqué de susciter de nombreuses réactions
internationales.
Les Etats-Unis ont salué cette condamnation à mort considérant
qu’il s’agissait d’un achèvement majeur pour la jeune démocratie irakienne
et pour son gouvernement constitutionnel. Cette condamnation constitue une
vraie mesure de justice pour les victimes du régime de Saddam Hussein. Il
ne fait aucun doute pour le président américain que le procès de Saddam
Hussein s’est déroulé dans le respect du procès équitable et il a
également réaffirmé son soutien au gouvernement irakien.
Les principales institutions internationales et régionales ont
condamné le recours à la peine de mort et parfois même critiqué certains
aspects de la procédure.
Le
Haut Commissaire au droits de l’Homme Louise Arbour a rappelé, dans un
communiqué, qu’un processus d’appel crédible doit faire partie
intégrante des garanties d’un procès équitable. Elle a également exprimé
le souhait, certainement utopique au regard des propos du premier ministre
iraquien, de la mise en place d’un moratoire sur les exécutions. Selon
elle, le respect des droits à un procès équitable des personnes accusées
des plus graves violations des droits de l'homme est déterminant pour
raffermir la justice et combattre l'impunité en Irak.
La
Présidence de l’Union européenne, actuellement occupée par la Finlande, a tenu a souligner que les violations graves des droits de l’homme
commises par Saddam Hussein devaient être condamnées, tout en rappelant
les exigences du procès équitable et la position ferme de l’Union
européenne contre la peine de mort en toute circonstance et sans
exception.
Au sein du
Conseil de l’Europe, organisation qui a réussi à imposer la non
utilisation de la peine de mort à ses 46 Etats membres, les réactions à
l’annonce du jugement ont été plutôt critiques. On soulignera la
réaction de René Van der Linden, Président de
l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe :
« Les crimes commis par Saddam Hussein sont
abominables et il est juste qu’il soit jugé et puni pour ces crimes. Mais
la condamnation à mort prononcée aujourd’hui est porteuse d’un message
dangereux pour la région : l’Irak nouveau va se construire sur la
vengeance plutôt que sur le respect des valeurs humaines fondamentales. A
ce jour, l’Irak a eu son compte de morts. La peine capitale est une
mauvaise chose, même pour les crimes les plus monstrueux, et j’appelle les
autorités irakiennes à ne pas exécuter cette sentence. » Le
Secrétaire général du Conseil de l’Europe a
réagi en des termes similaires tout en insistant sur le fait que
Saddam Hussein était un criminel et qu’il ne fallait pas lui
permettre de devenir un martyr.
En France,
le ministre des affaires étrangères, M. Philippe Douste Blazy a adopté
une position conforme à ses engagements internationaux contre
l’application de la peine de mort. Il a émis la crainte que cette décision
n’entraîne de nouvelles tensions au regard du climat de violence actuel.
Dans le même sens le premier ministre anglais,
Tony Blair
a également souligné son opposition à la peine de mort.
La société
civile internationale, dégagée de toute contrainte diplomatique a été
souvent beaucoup plus virulente. Parmi de nombreuses réactions on notera
celle
d’Amnesty Internationale qui considère que le procès qui a conduit à
cette condamnation ne peut être qualifié d’équitable. Ce procès aurait pu,
s’il avait respecté les principes posés par le droit international,
apporter une contribution majeure dans l’instauration de la justice et de
l’Etat de droit en Irak. Une position toute aussi tranchée a été adoptée
par la
Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH). Le
Centre international pour la justice transitionnelle (ICTJ),
organisation non gouvernementale américaine a suivi de près le procès est
moins extrême. Pour eux le procès est loin d’être une imposture même si
des « erreurs » ont été commises qui ne permettent pas de qualifier le
procès d’équitable.
Au-delà des
réactions généralement « blanches » ou du noires » le jugement rendu à
l’encontre de Saddam pose des questions particulièrement importantes au
regard du droit international. Par exemple, concernant l’application de
peine de mort et celle de son abolition qui divise la société
internationale depuis de nombreuses années. On peut en effet légitimement
s’interroger sur l’utilisation de la peine de mort dans le cadre d’un
Tribunal spécial ayant compétence pour les crimes reconnus par le droit
pénal international, alors même que les juridictions pénales
internationales contemporaines ont volontairement banni la peine capitale
de leurs Statuts.

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CIADH:
liberté
d’information, affaire Claude Reyes y otros vs. Chile.
Karine RINALDI |
Marcel Claude Reyes était
directeur exécutif de la « Fundación
Terram », une ONG chilienne qui tente de promouvoir la
participation de la société civile dans les prises de décisions publiques
sur des investissements en relation avec l’utilisation des ressources
naturelles.
L’Etat Chilien avait
conclu un contrat d’investissement entre deux entreprises étrangères et
une entreprise nationale qui devait recevoir 180.000.000 dollars pour la
mise en œuvre du projet « Río condor ». Ce projet de déforestation et
d’industrialisation pouvait être selon les requérants préjudiciable pour
l’environnement et empêcher le développement durable du Chili.
Afin d’évaluer l’impact de
ce projet sur l’environnement, M. Claude Reyes demanda au Comité des
Investissements Etrangers, organe qui dépend du ministère de l’économie,
de lui fournir certains documents, comme par exemple les contrats
d’investissements, l’identité des investisseurs, ou le capital
effectivement versé au pays à la date de la demande. La présente
affaire du 19 septembre 2006 a trait au refus de l’Etat (par
une décision administrative non motivée) de fournir une partie de cette
information, impliquant pour l’ONG l’impossibilité de réaliser un contrôle
de la gestion publique.
La CIADH estime que l’Etat
est en l’espèce responsable de la violation de l’article 13 de la
Convention Américaine des Droits de l’Homme qui stipule que
« toute personne a droit à la liberté de pensée et d’expression ; ce droit
comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des
informations et des idées de toute espèce […] ».
Par ailleurs, la
Constitution chilienne assure dans son article 19 la liberté
d’émettre des opinions, celle d’informer, de même que le droit de
présenter des pétitions aux autorités sur quelconque affaire d’intérêt
public ou privé. Mais en pratique, l’Etat n’adopte pas les mesures
nécessaires à la garantie des droits reconnus dans
la Convention,
violant ainsi son article 2 (obligation d’adapter des mesures de droit
interne).
La Cour déclare également par quatre voix contre deux que le
Chili a violé le droit aux Garanties Judiciaires contenu dans l’article
8.1 de ladite Convention, et à l’unanimité qu’il a violé son l’article 25
(Protections judiciaires).
L’article 8 de la
Convention Américaine impose que les organes de l’Etat devant déterminer
les droits et devoirs d’un individu appliquent une procédure garantissant
des prononcés motivés et fondés, à l’abri de tout arbitraire. Les
deux juges dissidents quant à la violation de l’article 8.1
sont les juges Alirio Abreu Burelli et Cecilia Medina Quiroga, qui
estiment que cet article ne peut être invoqué qu’en rapport à une
procédure judiciaire, et non administrative comme c’est le cas en
l’espèce. Mais le juge et Président de cette Cour,
Sergio García Ramírez, estime quant à lui que s’en tenant
strictement à l’expression « garanties judiciaires », l’expectative de
protection se trouve fortement limitée. Certes « judiciaires » renvoie à
juge, ou à tribunal, mais cela serait insuffisant de nos jours pour
atteindre les objectifs du système international de protection des droits
de l’homme. Il existe d’autres voies distinctes de la voie judiciaire,
servant pourtant les mêmes fins. La Cour avait d’ailleurs estimé que le
droit du détenu étranger d’être informé de l’assistance consulaire qu’il
peut recevoir fait partie du procès juste et équitable.
Il est important de noter
qu’il existe un consensus régional des Etats de l’OEA
sur l’importance de l’accès à l’information publique. Ce droit a été
l’objet de résolutions de
l’Assemblée Générale de l’OEA. La
Charte démocratique Américaine
souligne
l’importance de la transparence des activités gouvernementales. Elle
affirme que la participation des citoyens dans les décisions relatives à
leur propre développement est une condition nécessaire pour l’exercice
plein et effectif de la démocratie. La jurisprudence de la Cour
Interaméricaine a donné un contenu ample à ce droit de la liberté de
pensée et d’expression, à travers la description de ses dimensions
individuelles et sociales. Elle a également fait référence à l’étroite
relation entre démocratie et liberté d’expression dans son affaire
Ricardo Canese, affirmant que cette liberté d’expression est un
élément fondamental à la base d’une société démocratique, et qu’une
société qui n’est pas bien informée n’est pas pleinement libre.
Le Secrétaire général de
l’OEA,
José Miguel Insulza, s’exprimant lors du IV° séminaire sur « comisión
política y marketing público » à l’Université G. Washington le 27 octobre
dernier, mettait en relief l’importance fondamentale des moyens de
communication dans la promotion de la démocratie dans la région. Il
s’exprimait ainsi : « dans
un monde globalisé, la liberté d’expression a remarquablement avancé, mais
dans quelques pays, les garanties pour les journalistes font toujours
défaut ».
L’année 2006 a été
déclarée par les Etats membres de l’OEA année Interaméricaine de lutte
contre la corruption. Ce droit à la liberté d’information dont il est
question ici est justement un élément capital dans cette lutte contre la
corruption.

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HCR
accroissement du danger
pour les populations indigènes et afro-colombiennes prises dans le conflit
en Colombie.
Karine RINALDI
Lors d’une conférence de
presse tenue le 3 novembre dernier au
Palais des Nations à Genève, Ron Redmond, porte parole du
Haut Commissariat pour les Réfugiés, rappelait le danger
toujours très actuel que courent les communautés indigènes et
afro-colombiennes, prises depuis des années dans le conflit interne
colombien.
C’est une situation qui
est loin d’être nouvelle, le conflit dure depuis une cinquantaine
d’années, mais l’impact sur ces populations est de plus en plus négatif.
Ce conflit (non reconnu par le gouvernement) qui a engendré plus de 3
millions de déplacés, est aussi vaste que complexe. Il oppose l’Etat à une
confédération de groupes paramilitaires baptisés « Autodefensas Unidas de
Colombia » (AUC),
et à 2 organisations révolutionnaires: le
ELN, « Ejercito de Liberación Nacional », et les « Fuerzas Armadas
Revolucionarias de Colombia - Ejercito Popular (FARC-EP),
groupe le mieux structuré et le plus volumineux des mouvements
insurrectionnels colombiens, qui célébrait en mai 2004 ses quarante ans
d’existence.
En 2006 encore, des
milliers d’autochtones ont dû abandonner leurs terres pour échapper à la
violence qui continue. Il existe en Colombie des réserves indigènes,
institutions légales et sociopolitiques de caractère spécial, créées pour
les communautés autochtones qui ont, en principe, la garantie de la
propriété privée avec un titre collectif, leur permettant de se gérer par
une organisation autonome qui leur est propre. Mais la militarisation de
leurs territoires ne cesse de s’accroître. La culture indigène étant
étroitement liée aux terres ancestrales, les déplacements forcés
entraînent la perte des traditions, de la culture et de la langue.
Le HCR, qui avait à la
base pour mandat de s’occuper uniquement des réfugiés, fut chargé en 1972
par le Secrétaire Général des Nations Unies des déplacés internes
(personnes forcées ou contraintes à fuir ou à quitter leur foyer,
notamment en raison d’un conflit armé, de la violence généralisée, des
violations des droits de l’homme, ou des catastrophes naturelles ou
provoquées par l’homme, pour en éviter les effets, et qui n’ont pas
franchi les frontières internationalement reconnues d’un Etat).
En 1998, suite à une
demande d’aide faite par le gouvernement colombien, se créait à Bogotá le
1° bureau du HCR pour assister les institutions nationales dans la prise
en charge des déplacés internes. Le
mandat du HCR en Colombie consiste à :
-
activer une coopération technique pour la mise en
place de politiques effectives visant à une prise en charge des déplacés ;
-
appuyer le renforcement des mécanismes internes de
protection des droits de l’homme en général et des déplacés en
particulier ;
-
élaborer des stratégies pour tenter de prévenir les
causes de déplacements, ou les atténuer ;
-
promouvoir des solutions durables ;
-
et collaborer au programme de registre des déplacés.
En 2004, la Cour
Constitutionnelle avait prononcé un jugement estimant que la réponse aux
problèmes des IDP était insuffisante. A la suite de cela, le HCR
présentait au gouvernement une liste de recommandations destinées à
améliorer les politiques nationales en matière de déplacement. Cet organe
de l’ONU ne cesse de lancer des appels pressants aux groupes armés pour
qu’ils laissent en paix les populations indigènes. L’agence met en garde
contre une urgence humanitaire imminente au sein des communautés
indigènes.
La « Sala de Situación
Humanitaria » (SSH), créée en 2002 et supervisée par le bureau de la
coordination des affaires humanitaires de l’ONU,
OCHA, relatait dans son
dernier rapport mis en ligne le meurtre de 5 indigènes Awas, le jour
même de la journée Internationale des populations autochtones. Les
attaques contre ces populations dans ce pays sont extrêmement fréquentes,
pourtant seulement deux cas ont fait l’objet de mesures
conservatoires par la
Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme, comme c’est le cas
pour
le peuple Kankuamo, peuple de la famille Tayrona de Sierra Nevada de
Santa Marta, à l’égard de qui l’Etat colombien doit protéger la vie et
l’intégrité personnelle, assurer la liberté de circulation et organiser le
retour des déplacés.
La violence dans le
nord-est du pays ne cesse de s’accroître, entraînant des milliers de
déplacés et réfugiés. Dans le département du Chocó, 2500 personnes de ces
communautés sont au milieu des combats entre l’armée et un groupe
irrégulier contrôlant la région. Plus au sud, c’est entre deux groupes
irréguliers qu’elles tentent de fuir les combats.
Le HCR a demandé la
semaine dernière « instamment
à tous les acteurs du conflit armé colombien de respecter le droit
humanitaire international, le droit de liberté de mouvement et le droit de
la population civile de chercher la sécurité à l’intérieur et à
l’extérieur du pays ».

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Onze décisions de
non-respect adoptées par la 18ème réunion des Parties au Protocole
de Montréal
Sabrina URBINATI |
La
18ème Réunion des Parties (RdP) du
Protocole de Montréal, sur les substances appauvrissant la couche de
l’ozone, s’est déroulée à New Delhi, en Inde, du 30 octobre au 3 novembre
2006.
Parmi d’autres questions, telles que l’examen du rapport du groupe
d’évaluation scientifique, le trafic illicite des substances qui
appauvrissent la couche d’ozone et les exemptions pour l’utilisation du
bromure de méthyle, la RdP a étudié l’activité accomplie par Comité
d’application. Ce Comité a été créé, suivant l’article 8 du Protocole de
Montréal, par la 4ème RdP (décision
IV/5 « Procédure applicable en cas de non-respect »).
Pendant la 18ème
RdP, le Président du Comité d’application, M. Mikheil Tushishvili
(Géorgie), a présenté le document
UNEP/OzL.Pro./ImpCom/36/7 contenant le sommaire de la 36ème et
de 37ème réunion du Comité d’application et il a traité de
la question concernant l’amélioration de la qualité des rapports présentés
par les Parties, de l’éclaircissement de l’écart entre les données et de
l’approbation et contrôle des plans d’action.
Ensuite, la RdP a
adopté onze (11) décisions, dont neuf (9) établissent le non-respect par
l’Arménie, de la Dominique, de l’Équateur, de la Grèce, du Kenya, du
Pakistan, du Paraguay, de la République démocratique du Congo et de la
Serbie et deux (2) dénoncent des situations potentielles de non-respect
par l’Érythrée et la République islamique d’Iran.
D’après les documents
disponibles sur le site du
Secrétariat de l’ozone les situations de non-respect concernent
différents obligations prévues par le Protocole de Montréal, telles que le
non-respect des limites d’émissions des substances appauvrissant la couche
de l’ozone, la présentation de rapports incomplets, le non-respect des
plans d’action, etc. Il faudra attendre la publication du rapport de la 18ème
RdP sur le site Internet du Secrétariat de l’ozone pour avoir des
informations ponctuelles sur chaque décision.

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éléments de
fait
Le Rapport Stern :
combattre le réchauffement de la
planète pour prévenir un ralentissement très grave de l'économie
mondiale
Danilo COMBA |
Le 6 novembre est paru en Grande Bretagne,
faisant entendre immédiatement son écho, le rapport préparé pour le
Premier ministre britannique Tony Blair et le ministre des Finances Gordon
Brown. Ledit “Rapport
Stern” fonde son analyse,
concernant les
changements climatiques, sur une perspective économique. Cette
relation est particulièrement intéressante parce qu’elle parvient à
chiffrer le coût économique des impacts du changement climatique (risque
de perte de 5% PIB chaque année) , invitant ainsi les Etats à engager des
négociations internationales après 2012 (c’est-à-dire pour une deuxième
phase du Protocole de Kyoto).
Selon le
Summary of Conclusions, duquel
on donne un extrait, : « (…)
It is no longer possible to prevent the climate change
that will take place over the next two to three decades, but it is still
possible to protect our societies and economies from its impacts to some
extent – for example, by providing better information, improved planning
and more climate-resilient crops and infrastructure
».
Le Rapport de 700 pages, rédigé par
l'ancien économiste de la Banque mondiale Nicholas Stern, souligne qu'une
action internationale immédiate pour stabiliser les émissions de gaz à
effet de serre (à l'origine des changements du climat planétaire) aurait
des retombées économiques bien supérieures au coût des mesures prises en
ce sens.
L’approche retenue souligne les caractères
typiques du
développement durable, à savoir un équilibre nécessaire entre le droit
au développement et le droit à l’environnement.
« The
world does not need to choose between averting climate change and
promoting growth and development. Changes in energy technologies and in
the structure of economies have created opportunities to decouple growth
from greenhouse gas emissions. Indeed, ignoring climate change will
eventually damage economic growth. (…)
The costs of stabilising the climate are
significant but manageable; delay would be dangerous and much more costly
(…).Tackling climate change is the pro-growth
strategy for the longer term, and it can be done in a way that does not
cap the aspirations for growth of rich or poor countries ».
Si le développement durable a obtenu une reconnaissance dans différents
cadres juridiques et politiques (article
2 TUE,
2 TCE, A.G. A/57/329 en prévision de la Conférence de Johannesburg de
2002), dans cette perspective et pour de mêmes exigences économiques il
peut apparaître comme un principe du droit international indispensable aux
exigences de croissance des Etats. En cela l’apport est notable, dans la
mesure où sont les mêmes professionnels de l’économie à en demander une
forte application et dès tout de suite. Avec cette forte reconnaissance
« par le monde des affaires » la possibilité d’une plus forte consécration
juridique semble possible et envisageable.
Le Rapport
donne des indications dans les stratégies à suivre: donner une valeur
économique aux émissions, supporter les innovations de technologies qui
réduisent l’utilisation du charbon (le ministre britannique de l'économie
Gordon Brown, appelle à la naissance d'une « économie
mondiale à faible teneur en dioxyde de carbone »), éliminer les
barrières à un emploi efficace de l’énergie tout en informant les
individus sur leurs possibilités de participer à la lutte contre les
changements climatiques avec des comportements plus responsables. De
plus, une
vision internationale à long termes est requise, en établissant un
réseau qui aide tout Pays à prendre sa part dans ces objectifs communs.
Ces derniers concerneraient en particulier : la production des émissions,
la coopération technologique, la capacité d’adaptation, pour laquelle un
effort majeure doit nécessairement être fait par les Pays les plus
développés (réduire les émissions de gaz à
effet de serre de -25% à horizon 2050 et favoriser rapidement une
croissance plus propre dans les pays émergents).
Le coût estimé de cette opération de
stabilisation du climat serait de 5.500 milliards d'euros, un chiffre
notable, mais les données relevées par l'étude conduisent à la conclusion
que « les bénéfices d'une action forte et rapide dépassent
considérablement les coûts ».
Le Rapport a obtenu une réponse positive
de la part de plusieurs Etats : la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la
France, le Japon et l’Italie ont approuvé les conclusions appelant à
prendre des mesures contre le réchauffement climatique mondial. En
particulier il est important souligner la position des Etats-Unis, hostile
dans ces dernières années au
Protocole de Kyoto. Dans un communiqué, le Conseil de la Maison
blanche sur la qualité de l'environnement écrit que « le
gouvernement américain a produit une foule d'analyses économiques sur la
question des changements climatiques. Le rapport Stern contribue à son
tour à cet effort ».
De son côté, la ministre française de
l'Ecologie, Nelly Olin, s'est
déclarée « en plein accord »
avec les conclusions du Rapport Stern. Dès la publication du rapport, le
Premier ministre britannique Tony Blair, avait affirmé que les hommes
doivent agir immédiatement et dans tous les pays à la fois, ou bien ils
subiront des
conséquences « désastreuses »
et « irréversibles ».
Les preuves scientifiques d’un
réchauffement climatique semblent désormais acceptées par tous les
Etats.
Ce Rapport, en chiffrant le coût du réchauffement climatique, revêt donc
une certaine importance parce qu’il pousse les Etats à coopérer en vue
d’un développement durable efficace ; également, la traduction en coûts et
en impacts financiers des problèmes de changement climatique pourrait
aider à la définition d’un « Protocole de Kyoto » à partir de 2012,
d’envergure et d’application universelle.

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éléments de fait :
Analyse des données
concernant les émissions de gaz à effet de Serre
Danilo COMBA |
La
Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques 2006 s'est
ouverte le 6 novembre avec des appels à l'action et une sérieuse mise en
garde : les changements climatiques deviennent rapidement l'un des plus
grands défis de l'histoire de l'humanité. «
Les changements climatiques apparaissent de plus en plus comme l'une des
pires menaces qui ait jamais pesé sur l'humanité », a déclaré le
président de la Conférence, M. Kivutha Kibwana, Ministre kényan de
l'environnement. Ainsi le Protocole de Kyoto est à nouveau au centre de
l’actualité en conséquence de la
Conférence de Nairobi. Dans les prochaines semaines il sera possible
d'analyser les différents
rapports soumis à l’attention des Parties à partir des premiers jours.
Par ailleurs,
le 30 octobre un nouveau rapport des Nations Unies, publié à Bonn, a
souligné que les émissions de gaz à effet de serre sont de nouveau en
hausse pour la période 2000-2004. Ce gaz, responsable du réchauffement
climatique, avait légèrement diminué dans les Pays industrialisés entre
1990 et 2004. Selon le rapport du Secrétariat de la Convention sur les
Changements Climatiques (UNFCCC)
les émissions de gaz à effet de serre (GES), dont le principal est le
dioxyde de carbone (CO2), ont diminué de 3,3% dans les Pays industrialisés
de 1990 à 2004 Le rapport montre deux aspects qui peuvent être
source de préoccupation :
·
la baisse enregistrée correspond pour
l’essentiel à une réduction de 36,8% des émissions de GES constatée dans
beaucoup de pays d’Europe centrale, dont l’économie est en transition. Par
contre les autres Pays ont vu leurs émissions progresser de 11% ;
·
les Pays jusqu’alors responsables de la
réduction globale des émissions, ont démontré une hausse de leurs
émissions de 4,1% entre 2000 et 2004.
Il peut donc
apparaître nécessaire que les Pays industrialisés intensifient leurs
efforts pour la mise en place de politiques plus efficaces afin de réduire
lez émissions de gaz.
Le
rapport « Données de gaz à effet de serre 2006 » concerne les
premières données complètes venant des Pays industrialisés parties à la
Convention Cadre. Selon le
Secrétariat de la Convention des progrès doivent être obligatoirement
réalisés dans les secteurs des transports (dans ce secteur les émissions
ont augmenté de 23,9% entre le 2000 et le 2004). Le rapport souligne
également que dans les 35 Pays parties au Protocole de Kyoto, les
émissions de GES ont globalement baissé de 15,3% entre 1990 et 2004. Nous
pouvons rappeler que selon le Protocole,
Annexe B, les Parties doivent réduire en moyenne de 5% leurs émissions
pour la période 2008-2012 par rapport à 1990 (dossier
Sentinelle).
Le chef de
Secrétariat estime néanmoins que, malgré la hausse observée dans certains
Pays pour la dernière période de référence, les Parties ont des bonnes
chances d’atteindre leurs objectifs, alors que, comme le révèle le
rapport, les Etats-Unis, qui ne sont pas partie au Protocole, ont augmenté
de 15,8% leurs émissions de 1990 à 2004.
La Conférence
de Nairobi, qui combine la douzième Conférence des 189 Parties à la
Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
(CCNUCC) et la deuxième réunion des 166 Parties au Protocole de Kyoto, est
le premier sommet de l’ONU sur le climat à se tenir en Afrique
subsaharienne. Comme il a été souligné par son Président, et également mis
en évidence par le récent « Rapport
Stern », il est absolument nécessaire que les Etats s’engagent
ensemble et immédiatement sur la question des changements climatiques.
« Les émissions passées et actuelles de gaz à effet de serre ayant déjà
provoqué une certaine élévation de la température, nous devons prendre des
mesures d'adaptation en conséquence ».Par ailleurs, il semble que les
Etats aient pris conscience de la nécessité de s’orienter dans leurs
politiques vers une stabilisation des concentrations atmosphériques de gaz
à effet de serre tout en assurant un développement économique durable.

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Election du docteur Margaret
Chan au poste de directeur général de l’OMS
Virgile
Renaudie |
Le 8 novembre 2006, à
Genève,
le Conseil exécutif de l’OMS, organe de 34 spécialistes du domaine de
la santé présidé par le docteur Fernando Antezana Anaribar de Bolivie,
s’est réuni afin de
désigner le docteur Magaret Chan comme nouveau directeur de l’OMS en
remplacement du sud-coréen, LEE Jong-Wook, décédé le 22 mai 2006. La
désignation du dicteur général repose sur les articles 31 de la
Constitution de l’OMS, 52 du règlement intérieur du Conseil exécutif et
les décisions EB 100(7) et EB 97.R10.
Pour un résumé juridique de la procédure.
L’Assemblée mondiale de
l’OMS, réunie en session spéciale, le 9 novembre, a
entériné cette proposition. La candidate chinoise est la seconde femme
élue à ce poste. Par cette nomination, la Chine est représentée au niveau
mondial dans une institution prestigieuse. Pourtant, la récente nomination
du sud-coréen Ban Ki-Moon ne laissait guère augurer l’élection d’un autre
asiatique à la tête d’une organisation internationale.
Le décès prématuré de
l’ancien directeur général a incité le Conseil exécutif à mettre en œuvre
une procédure accélérée. L’intérim est actuellement assuré par le
docteur Anders Nordström.
La désignation du nouveau
chef des services techniques et administratifs de l’OMS a fait l’objet de
plusieurs étapes et notamment de la fixation d’une liste de personnalités.
Le 6 novembre, le Conseil exécutif a fixé la dernière liste comprenant
cinq personnalités : les docteurs Kazem Behbehani, Margaret Chan, Julio
Frenk, Shigeru Omi et Elena Salgado Méndez.
Le français
Bernard Kouchner, un moment pressenti et dont la candidature a été
officialisée le 5 septembre 2006 par le Gouvernement français,
n’a pas été retenu.
Le docteur Magaret Chan,
de nationalité chinoise, âgée de 59 ans, titulaire d’un doctorat en
médecine canadien et d’un diplôme de spécialisation de la National
University of Singapore, est actuellement représentante du directeur
général chargé de la grippe pandémique ainsi que du sous-directeur général
chargé des maladies transmissibles ; auparavant, elle avait été directeur
de la santé à Hong-Kong où elle avait entre autres mis en place des
mesures pour endiguer la grippe aviaire et le SRAS.

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Collaboration Francophonie – Hispanophonie – Lusophonie :
défense de la diversité
linguistique et culturelle
Jacobo RÍOS
RODRÍGUEZ |
Le 20 octobre dernier,
les hauts responsables de l'Organisation des
Etats ibéro américains, de la Communauté des pays de langue portugaise, du
Secrétariat général Ibéro américain, de l'Union latine, ainsi que de
l'Organisation internationale de la Francophonie se sont réunis pour la
sixième fois dans le cadre des rencontres des
trois espaces linguistiques.
La réunion, dans laquelle
ont été abordés des
sujets tels que les réformes institutionnelles de certaines de ces
organisations, les mécanismes de collaboration des forums permanents sur
le pluralisme culturel, et l’avenir de la collaboration des trois espaces
linguistiques, a servi fondamentalement à
adopter une résolution sur la
Convention sur la protection et la promotion de la diversité des
expressions culturelles, convention adoptée le 20 octobre 2005 lors de
la Conférence générale de l’UNESCO. « Considérant que la constitution d’un
espace de coopération et de solidarité entre nos Organisations favorisera
le respect mutuel entre les cultures, la paix et la démocratisation des
relations internationales, considérant le respect de la diversité
culturelle comme un élément nécessaire des politiques de développement,
considérant que les langues et les cultures constituent un patrimoine
commun de l’humanité », cette résolution exhorte les États membres de
l’UNESCO à ratifier la convention dans les meilleurs délais, en
s’engageant à « appeler
les Etats et gouvernements membres des Organisations
des Trois Espaces Linguistiques à ratifier rapidement la Convention sur la
protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles,
adoptée il y a un an par la 33ème Conférence générale de l’UNESCO » et à
« conjuguer nos efforts pour protéger et promouvoir la diversité des
expressions culturelles » (voir le
texte intégral de la résolution).
Abdou Diouf, Secrétaire
général de la Francophonie, l’a signalé à l’occasion de son
rapport d’activités 2004-2006 : « la
bataille de la ratification [de la Convention sur la diversité culturelle]
est désormais cruciale ». Si la Convention « entrera
en vigueur trois mois après la date du dépôt du trentième instrument de
ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion » (article
29), il est nécessaire de réunir
encore seize instruments de ratification (voir la
liste des États
parties). La
coopération de la Francophonie avec des aires linguistiques comme
l’espagnol et le portugais constitue donc un moyen approprié de réaliser
ce but. Cette collaboration des « trois espaces linguistiques », articulée
au moyen de cinq organisations agissant en faveur de la défense du
pluralisme, n’est pas nouvelle, mais elle reste récente : elle commence à
partir du Sommet de Moncton de 1999, s’affirme
le 20 mars 2001 par l'organisation à Paris de la
première rencontre des trois espaces linguistiques,
et s’intensifie lors des négociations de la Convention sur la diversité
culturelle. Cette collaboration trouve progressivement des formes
institutionnelles et des cadres nouveaux (voir par exemple le
Protocole d’accord OIF-OEI). « Ce lien est d’autant plus
important que les organisations régionales et spécialisées trouvent à
nouveau toute leur place sur le terrain de la concertation politique et de
la défense des valeurs partagées dans un contexte mondialisé et
uniformisateur » (voir le
rapport 2004-2006).
Les
enjeux linguistiques et culturels dans un contexte de mondialisation
s’affirment désormais comme un moyen inéluctable de défense du pluralisme
de la société internationale. Comme l’Assemblée générale des Nations Unies
l’a souligné à plusieurs reprises, notamment dans sa
résolution du 22 juin 2005, « un véritable multilinguisme favorise
l’unité dans la diversité et l’entente internationale ».

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Assemblée générale :
résolution sur la
coopération avec l’Organisation internationale de la Francophonie
Jacobo RÍOS RODRÍGUEZ |
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Le 20 octobre 2006, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté
à l’unanimité la
résolution A/RES/61/7, présentée par la Roumanie, et consacrée à la
coopération entre les Nations Unies et l’Organisation internationale de la
Francophonie. Cette coopération a trouvé une nouvelle expression quelques
jours plus tard, lors de la
réunion du 3 novembre dernier entre Abdou Diouf, Secrétaire général de
la Francophonie, et de Ban-Ki-moon, prochain Secrétaire général des
Nations Unies.
La
résolution de l’Assemblée générale, prise à partir des articles de la
Charte des Nations Unies qui encouragent la coopération régionale,
reconnaît les domaines et les buts partagés par les deux organisations,
énoncés par l’article 1 de la Charte de la Francophonie. L’OIF « a
pour objectifs d’aider : à l’instauration et au développement de la
démocratie, à la prévention, à la gestion et au règlement des conflits, et
au soutien à l’État de droit et aux droits de l’Homme ; à
l’intensification du dialogue des cultures et des civilisations ; au
rapprochement des peuples par leur connaissance mutuelle ; au renforcement
de leur solidarité par des actions de coopération multilatérale en vue de
favoriser l’essor de leurs économies ». La résolution souligne l’importance du rôle de
l’OIF dans les technologies de l’information, la promotion des langues et
de la diversité culturelle, le renforcement des effectifs francophones
dans les opérations de maintien de la paix, et la préparation des
conférences internationales organisées par les Nations Unies (voir aussi
le
rapport A761/56 sur la coopération entre l'ONU et les organisations
régionales).
Il s’agit de la
reconnaissance d’une nouvelle dynamique instaurée depuis 1997 lorsque
Boutros Boutros-Ghali devenait
Secrétaire général de l’OIF, aboutie par la Charte d’Antananarivo, et
qui se développe encore : il s’agit de placer cette organisation sous le
signe d’une solidarité mutuelle qui n’exclut pas les autres mais bien au
contraire, tend à les intégrer, dans la promotion de certains buts
associés à la poursuite d’un idéal humaniste indissociable du concept de
peuple francophone.

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Bolivie – nationalisations
Accord historique avec les entreprises privées étrangères
Guillaume AREOU
Le
gouvernement du Président Evo Morales (voir
communiqué de presse du 6 novembre) est finalement parvenu à
un accord avec l’ensemble des entreprises privées étrangères investies
sur les marchés gazier et pétrolifères boliviens.
Le délai de 6 mois prévu par le décret de
nationalisation prenait fin le 28 octobre dernier. Un
premier accord fut alors trouvé entre la Bolivie et les sociétés
française (Total) et américaine (Vintage). Les
entreprises espagnole (Repsol) et brésilienne (Petrobras)
ont signé cet accord dans la foulée. Elles représentent respectivement
27 et 47% du marché des hydrocarbures en Bolivie.
Cet accord prévoit que les entreprises
privées étrangères remettront à la compagnie publique nationale,
Yacimientos Petroliferos Fiscales Bolivianos (YFPB), toute leur
production en hydrocarbure. En contrepartie, ces sociétés seront
rémunérées en fonction de leur contrat selon une fourchette comprise entre
18 et 50% des quantités extraites. La société étatique YFPB sera
chargée de la commercialisation des hydrocarbures, du volume de production
et de la fixation des prix sur le marché intérieur et externe.
Le premier bénéfice pour l’Etat bolivien sera bien évidemment
financier. Le projet de
nationalisation avait en effet pour objectif d’accroître les revenus tirés
du pétrole et du gaz. Ainsi, les recettes devraient être multipliées par
quatre pour atteindre en 2007 le montant de 1,3 milliards de dollars. Les
Etats-Unis ont qualifié ces
nouveaux accords d’avancée pour la Bolivie.
L’industrialisation constitue
la seconde étape du projet élaboré par le Président bolivien.

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150 membres |
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Officialisation de l’accession du Vietnam
Guillaume
AREOU |
Le Vietnam est devenu le 7 novembre
dernier le 150ème Etat membre de l’OMC.
Cette
officialisation couronne 14 années de négociations (voir
les différentes étapes de l’accession) et une
profonde mutation de la politique économique de ce pays. En effet,
plus de 80 lois ont été adoptées par le gouvernement vietnamien pour se
conformer à la réglementation de l’OMC. Ainsi, le Vietnam a adapté sa
législation au système d’économie de marché pour créer
un climat favorable au commerce et à l’investissement international.
Les plus hauts représentants de l’OMC se
sont également félicités de l’accession de ce nouveau pays dans
l’organisation mondiale du commerce. Aux messages de bienvenu (voir la
réaction des
Etats-Unis et de
l’Australie) adressés par les Etats membres, le directeur général de
l’OMC,
Pascal Lamy, a également souligné que le « Vietnam a montré qu’en
ancrant les réformes intérieures dans le cadre de l’OMC, il possible
d’obtenir des résultats spectaculaires ». Il indiquait de plus que « la
participation du Vietnam à l’OMC est importante non seulement pour ce
pays, mais aussi pour l’organisation ».
Il est difficile de ne pas voir dans ses
propos la volonté du directeur général de légitimer l’action du système
commercial multilatéral.

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Au terme d’une affaire à
rebondissements, le comité des sanctions de la Banque mondiale a décidé de
condamner la société Lahmeyer pour des faits de corruption dans le cadre
de la mise en œuvre du projet financé par la Banque mondial, Lesotho
Highlands Water, concernant les gouvernements du Lesotho et de l’Afrique
du Sud. Elle ne pourra plus se voir attribuer de projets financés par la
BM durant 7 années, toutefois, si elle fait preuve de bonne volonté, si
elle démontre que les conditions qu’elle a rencontré pour effectuer le
projet étaient difficiles et si elle met en œuvre un programme pour
combattre les mauvaises pratiques financières, elle peut espérer voir son
exclusion se réduire à 4 années.
L’entreprise était
soupçonnée depuis le tout début des années 2000, mais faute de preuves, le
comité des sanctions avait du renoncer, en octobre 2001, à prononcer des
sanctions. Dans ce projet, une société avait déjà été condamnée en juillet
2004 et deux autres entreprises européennes, non directement impliquées
dans la mise en œuvre du projet étaient soupçonnées.
Le Lesotho de son côté a
poursuivi ses ressortissants impliqués, ainsi que la société Lahmeyer. La
Haute Cour du Lesotho les a d’ailleurs condamnés en 2002 et 2003. Ceci a
incité la Banque mondiale à réouvrir l’enquête infructueuse de 2001 en
août 2005. La Banque mondiale a pu s’appuyer sur le travail des autorités
du Lesotho.
Cette affaire est
l’occasion de rappeler l’importance primordiale donnée à la lutte contre
la corruption par la BM sous l’impulsion des Présidents Wolfensohn et
Wolfowitz. Au sein de la BM, c’est le service de déontologie
professionnelle ou Department of institutional integrity qui a pour
fonction d’enquêter. Cet organe est composé d’enquêteurs, de juristes et
de différents spécialistes. A la fin de chaque exercice, un
rapport annuel d’activité est rendu.
Une fois les preuves
réunies, le
Comité des sanctions de la BM se réunit pour rendre sa décision ; il a
été créé en 1998. Jusqu’ici,
330 sociétés et personnes ont été sanctionnées. Il s’agit d’une
procédure administrative interne à la BM. Les violations du
Procurement guidelines sont sanctionnées.
Pour Graeme Wheeler,
Managing Director of the World Bank Group and Chairman of the Bank's
Sanctions Committee:
" This sanction reflects a serious response to corrupt practices
(…) At
the same time, the sanction is structured to encourage Lahmeyer to
demonstrate that its contracts and practices now meet the high standards
that are essential to the Bank's work."

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Conférence des Nations
Unies sur les Mesures Anti-Corruption,
la Bonne Gouvernance et les
Droits de l’Homme, 8-9 novembre
2006,
Varsovie, Pologne
Fatma RAACH
La Conférence des Nations Unies sur les
mesures anti-corruption, la bonne gouvernance et les droits de l’homme,
organisée par le Bureau du
Haut Commissariat aux Droits de l’Homme des
Nations Unies (HCDH), accueillie par le Gouvernement de la
République de Pologne, et qui a reçu le support logistique du Bureau
National du PNUD de Varsovie et
le PNUD, s’est tenue les 8 et
9 novembre à Varsovie.
L’organisation de la Conférence a été recommandée par la 61ème
Commission des Droit de l’Homme qui a demandé que le Haut Commissariat au
Droits de l’Homme “organise un séminaire en 2006. sur le rôle des mesures
anti-corruption aux niveaux national et international dans les pratiques
de bonne gouvernance pour la promotion et protection des droits de
l’homme.” En fait, ce rapport entre bonne gouvernance et promotion des
droits de l’homme a déjà a fait l’objet d’un séminaire (Good
Governance practices that promote human rights) qui a
été organisé conjointement par le HCDH et le PNUD et qui s’est tenu les 15
et 16 septembre 2004 à Séoul.
La
Conférence a souligné la corrélation entre la lutte contre la corruption
et la promotion des droits de l’homme. En effet, la corruption limite
l’exercice des droits civils et politiques et limite l’accès des personnes
vulnérables à la justice. Ceci a justifié l’option de la Conférence pour
une approche pratique qui consiste à « développer la compréhension des
pratiques de bonne gouvernance qui contribuent à la lutte contre la
corruption, en se concentrant sur les droits de l’homme ».
En
outre, la conférence qui s’est fixée comme objectif de mettre l’accent sur
les liens conceptuels et fonctionnels entre la corruption et les droits de
l’homme et de faire intégrer les principes des droits de l’homme et de la
bonne gouvernance dans les politiques et stratégies anti-corruption, a
discuté les thèmes suivants :
1-
l’impact de la corruption sur les droits de l’homme.
2-la manière dont les
droits de l’homme et les principes de la bonne gouvernance. peuvent
contribuer à la lutte contre la corruption.
3-le rôle de la société
civique, du secteur privé et des média.
4- la lutte contre la
corruption tout en protégeant les droits de l’homme.

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Coopération judiciaire :
accord d’entraide judiciaire en matière pénale entre la France et
la Chine
Sarah CASSELLA
Après
la loi du 5 juillet 2006 qui autorisait l’approbation de l’accord entre la
France et la Chine en matière de sécurité intérieure, M. Douste-Blazy,
ministre des affaires étrangères français, a déposé au Sénat le 6 novembre
2006 le
projet de loi autorisant l'approbation de l'accord d'entraide judiciaire
en matière pénale entre le Gouvernement de la République française et le
Gouvernement de la République populaire de Chine. Cet accord, issu de
négociations entamées en 1998, a été signé à Paris le 18 avril 2005. Les
autorités chinoises, désireuses de développer la coopération judiciaire
franco-chinoise face au développement de la criminalité transnationale,
avaient proposé de conclure un accord dans ce domaine. L'entraide
judiciaire ne repose en effet actuellement entre ces deux Etats que sur le
principe de réciprocité, qui n'apparaît plus suffisant, du fait des
profondes disparités entre les systèmes judiciaires des Parties.
Cet accord, qui comporte 22 articles, est
aujourd’hui soumis au Parlement français en vertu de
l'article 53 de la Constitution, car il comporte des dispositions de
nature législative.
L'article 1er
qui concerne le champ d’application de l’accord, précise que les
deux Parties s'accordent mutuellement l'aide judiciaire la plus large
possible en ce qui concerne les enquêtes et les poursuites d'infractions
pénales, y compris en matière fiscale. Il énumère ensuite de façon non
exhaustive diverses formes d'entraide, qui pourra revêtir toute forme
compatible avec la législation de la Partie requise. L'exécution des
décisions d'arrestation et de condamnation sont par contre exclues du
champ de l'entraide, sauf en ce qui concerne
la confiscation.
L'article 2
prévoit la forme et les modes de transmission des demandes d'entraide.
Les Parties désignent leur ministère de la justice comme autorité centrale
chargée de transmettre les demandes et de recevoir les réponses. Afin
d’accélérer les procédures, les autorités centrales communiquent
directement entre elles et les documents transmis sont dispensés de toute
formalité de légalisation (article 11).
L'article 4 détermine
les éléments que doit comporter la demande d'entraide, la forme
qu'elle doit présenter, et pose le principe de la traduction de la demande
et des pièces qu’elle comporte dans la langue de la Partie requise. La
Partie requise devra respecter la confidentialité de la demande (article
6). Elle peut cependant poser des conditions à la divulgation ou à
l'utilisation, par la Partie requérante, des éléments de preuve recueillis
en exécution d'une demande d'entraide. L’accord prévoit également un
principe de spécialité selon lequel les informations recueillies en
exécution d'une demande d'entraide ne peuvent être utilisées par la Partie
requérante à des fins autres que celles stipulées dans la demande, sauf
accord de la Partie requise.
L'article 7 permet aux représentants de la Partie
requérante d'assister à l'exécution de la demande, avec l’accord de la
Partie requise. En ce qui
concerne les restrictions à l'entraide (article 3),
le texte distingue les motifs de refus obligatoires des motifs de refus
facultatifs. Tout refus doit être motivé. Les motifs de refus obligatoires
comprennent, de manière classique, le risque d'atteinte à la souveraineté,
à la sécurité, à l'ordre public ou à d'autres intérêts essentiels de la
Partie requise, le caractère politique de l'infraction, le cas de demandes
présentées en considération de la race, de la religion, de la nationalité
ou des opinions politiques de la personne poursuivie. Toutefois,
contrairement aux conventions habituelles, la Partie requise peut refuser
l'entraide lorsqu'elle estime que l'exécution de la demande « serait
incompatible avec les principes fondamentaux de sa législation ». Cette
disposition a été introduite à la demande de la France, afin de permettre
la prise en compte de la nature des peines encourues dans l’Etat
requérant. Les difficultés concernent essentiellement l'existence, dans la
législation chinoise, de la peine de mort. La France a précisé qu’elle
refusera l'entraide lorsque la peine encourue sera « par sa nature »
incompatible avec les principes généraux de sa législation. Les cas de
refus facultatif de l'entraide concernent le cas d'absence de double
incrimination, l'atteinte au principe non bis in idem ou la
prescription dans la Partie requise. En revanche, le secret bancaire ne
peut constituer un motif de refus. Il sera possible de différer la demande
d'entraide lorsque son exécution risque d'entraver une enquête pénale en
cours. Le texte prévoit une procédure de consultation et d'information
préalable à toute décision de refus ou d'ajournement de l'exécution
(notamment en cas de risque d’entrave à une enquête en cours) de la
demande d'entraide. La Partie requise pourra ainsi imposer les termes et
conditions qu'elle estime nécessaires pour l'exécution de la demande. La
Partie requérante qui accepte l'entraide à ces termes et conditions, est
tenue de s'y conformer.
L'accord comporte ensuite
des dispositions spécifiques à certaines formes d'entraide.
L'article 8 définit les
modalités d'exécution des demandes d'entraide concernant l'audition de
personnes. Il permet de poser des questions qui n'étaient pas
expressément formulées par la Partie requérante.
En ce qui concerne la
transmission d'objets, de dossiers et de documents (article 9),
ceux-ci doivent être restitués à la Partie requise.
L'article 10 définit les conditions et les modalités de l'entraide aux
fins de remise des actes de procédure et des décisions judiciaires
sur le territoire de la Partie requise.
L'article 12, relatif au
transfert temporaire d'un détenu de la Partie requise aux fins
d'audition en tant que témoin dans la Partie requérante, prévoit le double
consentement de la Partie requise et de la personne détenue, ainsi que le
maintien en détention de cette personne sur le territoire de la Partie
requérante. Les règles de comparution des témoins ou experts sur le
territoire de la Partie requérante (articles 13
et 14) sont clairement inspirées de la
Convention européenne d'entraide judiciaire en matière pénale du
20 avril 1959 et confèrent à ces personnes certaines immunités.
L'article 15 concerne
les demandes d'entraide aux fins de perquisition, gel d'avoirs et
saisies de pièces à conviction.
L'article 16 pose le
principe de la coopération entre les Parties aux fins de localisation et
d'appréhension des produits et des instruments d'une infraction.
Les Parties ont l'obligation d'envisager prioritairement, sous certaines
conditions, un partage des biens et avoirs confisqués.
L'article 20 règle la
question de la répartition des frais d'exécution courants des
demandes d'entraide entre les Parties et instaure une procédure de
consultation pour la répartition des frais extraordinaires. En ce qui
concerne les clauses finales, l'accord entrera en vigueur le
trentième jour suivant la date d'envoi de la dernière notification de
l'accomplissement des procédures requises par le droit interne de chaque
État.

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Protocole de 1996 à la
Convention de Londres de 1972 :
Première réunion des Parties contractantes
Tidiani COUMA |
Les
Parties
au
Protocole de 1996 à la
Convention de Londres
de 1972 sur la
prévention de la pollution des mers résultant de l'immersion de déchets
ont tenu leur première réunion à Londres, du 30 octobre au 3 novembre
2006. Au terme de cette réunion, elles ont
adopté des
amendements
audit
protocole (V.
communiqué
). Ces nouveaux amendements sont destinés à permettre, à partir du 10
février 2006, le Stockage du dioxyde de carbone sous le fond des mers.
La Convention de Londres a été adoptée en novembre
1972. Entrée en vigueur en 1975, après ratification par 15 des 42
signataires, elle a pour objectif d'interdire l'immersion de déchets,
d'origine terrestre, mentionnés dans ses annexes. L'immersion correspond
au déversement délibéré dans la mer de substances ou de matériaux, à
partir (ou au moyen) de navires, aéronefs, engins flottants, plates-formes
fixes ou flottantes ou autres ouvrages placés en mer. Ne sont donc pas
considérés comme des immersions les rejets de matériaux effectués
directement par conduite sur le littoral. De même, sont a priori exclues
du champ des conventions les opérations de dragages ou les rejets dus à
l'exploitation des ressources en mer. L'immersion est également autorisée
lorsque les déchets risquent de porter atteinte à la vie humaine, aux
navires, aux avions, à toute autre structure artificielle.
Le Protocole de 1996 à
la Convention de 1972 a été adopté à la Réunion spéciale des Parties
contractantes à la Convention, tenue à Londres du 28 octobre au 8 novembre
1996 à l’invitation de l’Organisation maritime internationale. En
application de l’article 25, le Protocole de 1996 entre en vigueur le
trentième jour qui suit la date à laquelle 26 États ont déposé leurs
instruments de ratification ou d’adhésion, parmi lesquels doivent être
comprises au moins 15 Parties contractantes à la Convention de Londres de
1972. En janvier 2003, 16 États contractants avaient ratifié le Protocole
de 1996 ou y avaient adhéré, parmi lesquels étaient comprises 13 Parties
contractantes à la Convention de Londres de 1972. Dès son entrée en
vigueur, le Protocole de 1996 remplacera la Convention de Londres de 1972
à l’égard des Parties contractantes au Protocole qui sont également
Parties contractantes à la Convention.

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Le Tribunal
international du droit de la mer organise son premier atelier en
Afrique de l’Ouest
Tidiani COUMA |
Le
Tribunal international du droit de la mer
a organisé son premier
atelier régional,
du 31 octobre au 2 novembre 2006, à Dakar (Sénégal). Cet atelier a
été organisé en coopération avec l'Agence
de coopération international de la République de Corée (KOICA) et la Fondation internationale du
droit de la mer. L’Organisation maritime internationale a été fortement
associée à ces travaux.
Une séance portant sur
son rôle, destinée à l’information des participants a été animée par le
Chef de la division du droit maritime international et de la coopération
technique de cette Organisation.
Les représentants à
cette rencontre de trois jours venaient du Bénin, du Burkina Faso, du
Cap-Vert, de la Côte d'Ivoire, de la Gambie, du Ghana, de la Guinée, de la
Guinée Bissau, du Liberia, du Mali, du Niger, du Nigeria, du Sénégal, de
la Sierra Leone et du Togo.
L’atelier avait, essentiellement, pour thème
«le rôle du Tribunal international du droit de la mer dans le règlement
des différends relatifs au droit de la mer». Il s’agit à égard
des
questions de procédures devant le Tribunal, celles relatives à la prompte
mainlevée de l'immobilisation du navire ou prompte libération de son
équipage ainsi que les mesures conservatoires.
La rencontre de Dakar vient jeter un
éclairage nouveau sur les relations que le Tribunal du droit de la mer
entend établir avec les organisations internationales. Il faut rappeler
que sa compétence, même contentieuse, est ouverte à ces entités
interétatiques. Le choix de l’Afrique de l’Ouest pour l’organisation de
cet atelier est très intéressant. La plupart de ces Etats (le
Cap Vert, la Guinée Bissau, la Gambie, la République de Guinée et la
Sierra Leone)
se rencontraient, il y a encore peu de temps dans le cadre de la
Commission sous-régionale des pêches.
Ce n’est pas la
première fois que l’on évoque les relations du Tribunal de Hambourg avec
les Etats et les Organisations internationales.
Le
Commissaire européen de la pêche et des affaires maritimes avait effectué
une visite au Tribunal.
Dans son exposé
intitulé « Les océans et le droit de la mer : vers de nouveaux horizons »,
M. Borg a indiqué que l’Union européenne avait été activement engagée en
tant que Partie à la Convention depuis mai 1998 et que la Convention avait
été incorporée dans le cadre législatif de l’Union. Évoquant l’esprit de
coopération dont le Tribunal a fait preuve dans
la gestion du différend entre le Chili et la Communauté européenne ainsi
qu’aux recommandations faites aux parties, il s’est félicité du rôle de
facilitateur joué par le Tribunal dans le règlement pacifique des
différends. Il s’est déclaré disposé à appuyer la proposition tendant à ce
que les accords bilatéraux relatifs au droit de la mer entre l’Union
européenne et d’autres Etats comprennent une disposition impérative
engageant les parties à soumettre tout différend au Tribunal. Il a
également proposé que la Communauté européenne mette en place un mécanisme
de coopération et d’échange d’information avec le Tribunal.

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UE/
Azerbaïdjan :
signature d’un protocole d’accord sur le partenariat énergétique
Florina
COSTICA
Le président de la
Commission européenne, M. José Manuel Barroso, et le président de
l’Azerbaïdjan, M. Ilham Aliyev, ont signé, le 7 novembre 2006, un
protocole d’accord visant à instaurer un partenariat énergétique entre
l’UE et la République d’Azerbaïdjan, ce pays du Caucase riche en
hydrocarbures, le seul relativement prospère dans une région encore
dominée par la Russie.
Cet accord s’inscrit dans
la stratégie énergétique européenne de diversification et devrait
contribuer à la réduction de la dépendance de l’UE envers les
hydrocarbures russes (plus de 25%), quoique les achats européens de
pétrole azerbaïdjanais soient encore très limités (en 2004 à peine plus
d’1% des achats de l’UE). Néanmoins, l’inauguration en juillet dernier de
l’oléoduc reliant Bakou au terminal turc de Seyhan, en contournant la
Russie (qui contrôlait auparavant l’essentiel du transit vers l’Europe des
hydrocarbures de l’ex-URSS) permettra à l’UE de développer ses
importations. Le gazoduc dit « du Caucase du Sud » est par ailleurs en
phase finale et il permettra d’exporter le gaz du champ géant de Shah
Deniz dans la zone azerbaïdjanaise, en mer Caspienne, jusqu’à la Turquie,
via la Géorgie.
La mise en œuvre dudit
protocole permettra, d’après
le communiqué de presse de l’UE, « d’améliorer l’intégration de
l’Azerbaïdjan dans les marchés européens de l’énergie, de renforcer la
sécurité énergétique de l’Union européenne – grâce aux approvisionnements
en provenance du bassin de la mer Caspienne – et de rendre plus efficace
la gestion de la demande énergétique en Azerbaïdjan », pays qui participe
depuis 2004 à la politique européenne de voisinage (PEV). Décidée à
réduire son indépendance énergétique à l’égard de la Russie, l’UE
aspire en même temps à démocratiser cette ex-république soviétique, en
préservant dans le carde du PEV son aide financière à ce pays caucasien
qui a bénéficié, depuis son indépendance, de plus de 400 millions d’euros
d’aide communautaire.
Le protocole d’accord
énergétique, qui fait suite au livre vert de la Commission intitulé «Une
stratégie européenne pour une énergie sûre, compétitive et durable»,
comprend quatre priorités: l’harmonisation progressive de la législation
azerbaïdjanaise avec la législation communautaire dans le secteur
énergétique, en vue d’une convergence des marchés de l’électricité et du
gaz; le renforcement de la sûreté et de la sécurité de l’approvisionnement
énergétique et des systèmes de transit en provenance d’Azerbaïdjan et du
bassin de la mer Caspienne vers l’UE; la mise en œuvre d’une politique
globale de maîtrise de la demande énergétique; la promotion de la
coopération technique et l’échange de compétences entre les deux
partenaires.
Cet accord, qui doit
permettre à l’UE d’augmenter ses approvisionnements en hydrocarbures en
provenance de la mer Caspienne, répond à la volonté européenne
« d’améliorer ses relations dans le secteur énergétique avec ses
fournisseurs comme avec les pays de transit», comme l’a indiqué M. Barroso.
Le Commissaire à l’Energie, M. Andris Piebalgs, qui a également rencontré
le président Aliyev, a souligné le rôle de cet accord qui permettra à l’UE
de « renforcer [sa] sécurité énergétique». M. Aliyev, qui a succédé
à son père, a promis qu’il allait profiter de la prospérité grandissante
de l’Azerbaïdjan, dû au renchérissement des hydrocarbures, pour
démocratiser le pays, en indiquant que « Nous sommes en train de créer une
société démocratique avec un état de droit et protection des droits de
l’Homme en même temps que nous créons une économie forte, l’un ne peut pas
réussir sans l’autre». Pour M. Solana, qui devrait se rendre prochainement
à Bakou, « les réformes économiques et politiques devraient être au coeur
du plan d’action que négocie l’UE avec Bakou » dans le cadre du PEV.
Outre ses intérêts
énergétiques, l’UE attache donc d’autant plus d’importance à ses relations
avec l’Azerbaïdjan qu’elle voudrait renforcer la coopération régionale
dans une zone encore dominée par la Russie, comme le montrent les fortes
tensions entre Moscou et Tbilissi. Ainsi, ce serait l’Azerbaïdjan qui
aurait fourni du gaz à la Géorgie lorsque Moscou a interrompu ses
livraisons vers ce pays début 2006.

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