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Annonce de la nomination d’un Haut représentant du
Secrétaire général au désarmement à l’ouverture des travaux de la
Commission du désarmement
Sarah CASSELLA
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Le Secrétaire général a annoncé le 9 avril 2007, dans son
discours d'ouverture des travaux de la Commission du désarmement à New
York, la nomination prochaine d'un nouveau Haut Représentant au sein du
Secrétariat pour le désarmement. Il entend résoudre ainsi les difficultés
des négociations sur cette question. La Commission du désarmement, le seul
organe délibérant de l’Assemblée générale chargé des questions de
désarmement, a entamé en 2006 un cycle triennal de travail en vue de
formuler des recommandations sur le désarmement nucléaire et la
non-prolifération ainsi que sur d’éventuelles mesures de confiance à
prendre dans le domaine des armes classiques. Selon Ban Ki-moon, « La
menace que représentent les armes de destruction massive et les
souffrances quotidiennes causées par les armes légères, les mines
antipersonnel et les munitions en grappe doivent nous pousser à réexaminer
les fondements de notre régime de sécurité internationale ». Il a ainsi
proposé la création d'un bureau des affaires de désarmement dirigé par un
nouveau haut représentant, « qui mobiliserait davantage la volonté
politique nécessaire pour se sortir de l'impasse actuelle et donner un
nouvel élan à l'action menée tant dans le domaine du désarmement que dans
celui de la non-prolifération ». Il a insisté sur le soutien massif que
l'Assemblée générale a apporté à ses propositions dans ce domaine. Les
difficultés en matière de désarmement sont démontrées par l'échec, en
2005, de la Conférence des Parties chargée d'examiner le Traité sur la
non-prolifération des armes nucléaires (TNP), l'impasse de la Conférence
du désarmement et les résultats insatisfaisants de la Conférence des
Nations Unies chargée d'examiner les progrès accomplis dans l'exécution du
Programme d'action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce
illicite des armes légères sous tous ses aspects en 2006. Il a estimé que
les travaux sur les armes classiques sont tout aussi importants. Il a
souligné la nécessité d’étudier les moyens d'inciter les États à cesser
d'accumuler des armes classiques, tout en préservant le droit de légitime
défense des États.
Ban Ki-moon a été soutenu par la majorité des délégations qui ont appelé à
l’universalisation du TNP, qualifié de « pierre angulaire » du désarmement
nucléaire. Le représentant de l’Allemagne, qui s’exprimait au nom de l’Union
européenne, a évoqué le climat actuel marqué par des tensions et a
réaffirmé la place centrale qu’occupe le TNP sur la voie de la stabilité
et de la paix internationales. Il a mis l’accent sur la nécessité
d’accélérer l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des
essais nucléaires (TICEN), garant d’une restauration de la confiance dans
le régime international de non-prolifération. Plusieurs délégations ont
plaidé pour une revitalisation rapide de la Conférence du désarmement,
dans le cadre de laquelle il est prévu que débutent des négociations sur
un traité d’interdiction de la production, du transfert et de l’usage des
matières fissiles à des fins militaires. S’exprimant au nom des Etats
membres du Mouvement des non-alignés, la délégation de l’Indonésie
a réaffirmé la volonté des États non dotés
d’armes nucléaires et parties au TNP de voir instaurer des mesures
juridiquement contraignantes qui garantissent que les États dotés de
l’arme nucléaire ne puissent ni y avoir recours, ni menacer d’en faire
usage contre un État non nucléaire. La représentante de l’Indonésie
a également salué l’utilité des zones exemptes d’armes nucléaires. En ce
qui concerne la dénucléarisation de la péninsule coréenne, la délégation
de la Chine s’est félicitée de la reprise des discussions sur la
mise en œuvre de la déclaration conjointe des Six parties. Le représentant
de cet Etat a plaidé pour qu’il y ait plus de volonté politique afin de
parvenir à une solution acceptable par tous. Il a espéré qu’il en soit de
même en ce qui concerne la crise du nucléaire iranien. Le représentant des
États-Unis a noté qu’à travers l’adoption de la résolution 1747 du
24 mars 2007, la communauté internationale avait envoyé un message clair
au Gouvernement iranien sur les conséquences que pourrait avoir son refus
de suspendre ses activités d’enrichissement de l’uranium. Le droit de
l’Iran à l’énergie atomique s’accompagne de responsabilités, parmi
lesquelles celles de renoncer à l’arme nucléaire. Il a estimé qu’il est
inadmissible que l’Iran ait la vice-présidence de la Commission du
désarmement alors qu’il est sous sanctions internationales. La délégation
de la République islamique d’Iran a répondu en soulignant que
l’intervention américaine contre la présence iranienne au sein du Bureau
de la Commission vise en réalité à faire oublier les violations du TNP et
le rejet des termes du TICEN par cet Etat (v. toutes les
déclarations).
La Commission a ainsi élu les membres de son Bureau en nommant aux postes
de Vice-Présidents: MM. Jean-Francis Régis Zinsou
(Bénin); Raff Bukun-olu Wole Onemola (Nigeria)
et Moshen Naziri (République islamique
d’Iran). M. Elbio O. Rosselli (Uruguay), Président de la Commission du
désarmement, a déclaré que cette session représentait la première
grande réunion multilatérale organisée depuis l’adoption par l’Assemblée
générale de sa résolution sur le renforcement de la capacité de l’ONU à
donner une impulsion nouvelle aux actions de désarmement. Depuis 2006, la
communauté internationale n’a pas réussi à empêcher la prolifération
d’armes nucléaires et classiques. La Commission du désarmement ne
constitue pas seulement un forum de négociations, mais plutôt un lieu
d’échanges d’idées qui a permis l’élaboration de directives dans les
domaines du transfert d’armements, de la création de zones exemptes
d’armes nucléaires et du contrôle des armes conventionnelles. Le Président
a rappelé que le travail de la Commission dépend de la volonté collective
des États Membres. Les Etats doivent rechercher un consensus assez solide
afin d’obtenir des résultats tangibles au cours du cycle triennal
2006-2008.
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Archive |
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-
AIEA, condamnation de l'Iran (A.
RAINAUD)
-
AIEA, non prolifération nucléaire,
Iran et Corée du Nord (A.RAINAUD)
-
Nucléaire iranien Reprise du processus
au Conseil de sécurité (S. RAHMANI)
-
Conseil de sécurité nucléaire iranien,
adoption d’une résolution demandant la cessation de
l'enrichissement d'uranium (S. RAHMANI)
-
Iran poursuite de l’enrichissement
d’uranium malgré l'expiration de l'ultimatum de l'Onu (S. RAHMANI)
-
Nucléaire iranien : transmission du
rapport de l'AIEA au Conseil de sécurité (A.
RAINAUD)
-
Conférence Internationale sur l'avenir
de l'énergie nucléaire civile, Paris, 21-22 mars 2005
-
M. Kofi Annan appelle à l'instauration
de nouvelles zones exemptes d'armes nucléaires (S. CASSELLA)
-
Traité d'interdiction complète des
essais nucléaires, déclaration finale du 23 septembre (A. RAINAUD)
-
Sommet UE-Canada (M. LAIDI)
-
AIEA, conférence générale (A. RAINAUD)
-
Accord E.-U./Russie sur la conversion
de l'uranium enrichi, succès à mi parcours (A. RAINAUD)
-
Troisième mandat de M. ElBaradei à la
direction de l'AIEA (A. RAINAUD)
-
Conférence sur le TNP, absence de
consensus final (S. CASSELLA)
-
AIEA, nouvelle
composition du conseil des gouverneurs (A. RAINAUD)
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France : EURODIF et la mise
en oeuvre des sanctions contre l'Iran
Prof. P.
WECKEL |
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Actualités diplomatiques du ministère
des Affaires étrangères
Point de presse du 11 avril 2007
IRAN/NUCLEAIRE
(Pourriez-vous clarifier la position de l'Iran au sein d'EURODIF ?
Est-ce vrai que l'Iran en détient 10 % ? Est-ce que l'Iran bénéficie
d'un transfert de technologie d'EURODIF ? Et aussi de dividendes
au-delà de 17 à 18 millions d'euros en 2006 ?)
Comme vous le savez, le cadre actuel des relations franco-iraniennes
dans le domaine nucléaire, et de l'enrichissement plus
spécifiquement, remonte à l'accord franco-iranien de 1974, tel
qu'amendé en 1991.
L'Organisation de l'Energie atomique iranienne (AEOI) détient 40 %
de la société SOFIDIF (AREVA-NC en détenant 60 %). La SOFIDIF est
propriétaire de 25 % des parts de EURODIF SA (les 75 % restants
étant détenus par AREVA-NC et ses partenaires européens).
Des informations plus détaillées sur SOFIDIF et EURODIF peuvent être
obtenues en consultant le
rapport annuel 2005 d'AREVA.
En vertu des accords franco-iraniens de 1991, l'Iran n'a aucun accès
à la technologie et n'a aucun droit à enlever de l'uranium enrichi.
Comme l'indique le rapport annuel d'AREVA, "l'activité de SOFIDIF
est limitée à participer aux travaux du Conseil de surveillance
d'EURODIF, à recevoir sa part des dividendes distribués par EURODIF
et en assurer la redistribution à ses propres actionnaires".
Cependant, l'AEOI est l'une des entités désignées par la résolution
1737, dont les fonds doivent être gelés et avec laquelle toute
relation financière est interdite. En application de la résolution
1737, et dans l'attente de l'adoption d'un règlement communautaire,
le Premier ministre a pris,
le 8 février 2007 (Journal Officiel du 9
février), un décret réglementant
les relations financières avec l'Iran. L'article 1er de ce décret
dispose que "sont soumis à autorisation préalable du ministre chargé
de l'Economie les opérations de change, les mouvements de capitaux
et les règlements de toute nature entre la France et l'étranger
effectués par et pour le compte des personnes physiques et des
personnes morales" listées par la résolution 1737.
Le versement d'un dividende de la SOFIDIF à l'AEOI relève évidemment
de ce cas. En application de la résolution 1737, les autorités
françaises ne délivrent donc pas l'autorisation permettant le
transfert de ce dividende vers l'AEOI.
Dès que le règlement communautaire d'application de la résolution
1737 sera adopté par le Conseil de l'Union européenne, les fonds
concernés, aujourd'hui bloqués, seront frappés d'une mesure
communautaire de gel.
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Eclairage sur la crise
iranienne :
l'histoire
mouvementée de la coopération franco-iranienne en matière nucléaire
EURODIF SA (European
Gaseous Diffusion Uranium Enrichment Consortium). Filiale
d'Areva, Eurodif exploite l'usine d'enrichissement de l'uranium
installée en France sur le site de Tricastin. Cette usine produit à
elle seule le quart de l'uranium enrichi consommé dans le monde. Le
consortium a été créé en 1973 en réunissant la France, la Belgique,
l'Espagne, l'Italie et la Suède. En 1975 la part de la Suède, soit
10 %, est revenue à l'Iran. La SOFIDIF (Société franco–iranienne
pour l’enrichissement de l’uranium par diffusion gazeuse) a été
constituée par la société nationale française COGEMA et
l'Organisation de l'Energie atomique iranienne (AEOI) qui détiennent
respectivement 60 et 40% du capital de la nouvelle société. Cette
dernière a acquis 25% des parts d'EURODIF de manière à ce que l'Iran
puisse obtenir la participation de 10%. Par ailleurs l'Iran à
accordé des prêts pour la construction de l'usine (1 milliard de
dollars US en 1975), en contrepartie du droit d'acheter 10% de la
production d'uranium enrichi.
Incidences de la révolution
islamique de 1979. Le gouvernement de l'Ayatollah Khomeiny a
rompu le contrat relatif à la livraison de centrales nucléaires,
exigé le remboursement du prêt, mais confirmé la participation de
l'Iran à EURODIF. La France lui a refusé l'exercice des droits liés
à sa qualité d'actionnaire. L'usine est entré effectivement en
activité en 1981. L'Iran a alors réclamé 10% de sa production, ce
que la France a aussi refusé.
Le différend n'a été
définitivement réglé qu'en 1991. Dans cette longue période de crise,
l'implication de l'Iran dans des attentats et des enlèvements visant
la France a été soupçonnée. L'accord de 1991 donne apparemment gain
de cause à l'Iran, puisque la France lui rembourse plus 1,6
milliards de dollars, confirme sa qualité d'actionnaire d'EURODIF et
son droit d'acquérir 10% de la production d'uranium enrichi. Bien
évidemment, la livraison de ce combustible ne sera possible que le
jour où l'Iran disposera de centrales nucléaires...
La leçon. La République
islamique d'Iran s'est toujours efforcée d'obtenir de l'uranium
enrichi en dehors du cadre de l'exploitation de centrales
nucléaires. On peut se demander s'il y a vraiment une ambiguïté en
ce qui concerne les objectifs poursuivis par le régime iranien et si
la préoccupation de se doter d'un arsenal nucléaire n'est pas la
seule explication possible d'une attitude aussi parfaitement
constante. En l'absence de centrale nucléaire, l'uranium enrichi
ne peut servir qu'à des fins militaires (PW).
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Le passage de l'Iran à une "phase industrielle" de
production d'uranium enrichi.
Le Président iranien
Mahmoud Ahmadinejad a annoncé cette
"bonne nouvelle" le 9 avril dernier. Le lendemain, le directeur de
l'AEOI envisageait à terme l'installation de 50 000 centrifugeuses !
On connaissait jusqu'alors l'objectif de 3000 appareils et en
février dernier 169 centrifugeuses auraient été mises en place, sans
être encore opérationnelles.
L'annonce n'a
pas provoqué une grande émotion. On a généralement relevé qu'elle
adressait un mauvais signal.
1.
L'état réel d'avancement du programme iranien
France
POINT DE PRESSE DU 10 AVRIL 2007
- DECLARATIONS DU PORTE-PAROLE -
(Sur l'envergure de
l'effort que l'Iran s'apprête à faire en la matière, puisque l'Iran
a annoncé que l'objectif est d'installer 50 000 centrifugeuses et
non pas 3 000, comme on pourrait le penser, à Natanz ?)
Il y a un certain nombre
d'incertitudes dans les déclarations faites du côté iranien. Il y a
les déclarations iraniennes et il y a la réalité technologique
derrière ces déclarations. Je ne suis pas en position, de mon côté,
de vous dire ce qu'il en est exactement. Vous savez que de toute
façon, il est prévu dans la résolution 1747, qui a été votée le 24
mars, qu'il y ait un nouveau rapport de l'AIEA dans un délai de 60
jours. Nous aurons donc un nouveau rapport de l'AIEA en mai. C'est à
ce moment là que nous verrons quel diagnostic fait l'AIEA dans ce
rapport. Indépendamment de la réalité technologique du côté iranien,
ces déclarations en elles-même constituent un mauvais signal et
c'est ce que dit le ministre.
Daily Press Briefing
Sean McCormack, Spokesman
Washington, DC
April
12, 2007
QUESTION: Mohamed
ElBaradei today said that it was the IAEA's view that the
development of the enrichment -- centrifuge and cascades and
everything -- in Iran was still at the hundreds stage --
MR. MCCORMACK:
Right.
QUESTION: And the
Russians have also come out and said they really didn't think that
they were any where near industrial.
MR. MCCORMACK:
Right.
QUESTION: Do you
have any more to flesh out?
MR. MCCORMACK:
Yeah, I certainly have no reason to dispute Director General
ElBaradei's account. The IAEA are the ones who are on the ground in
Iran and they have the ability to measure how many centrifuges --
not only do they have in a cascade, how many are they working on --
so I have absolutely no dispute with that.
Now, as for President
Ahmadi-Nejad's statement that they have reached industrial-level
capability and that they are on their way to 1,000 or 3,000 or more
centrifuges, that I think is a, at the least, a real caution for the
international system. Because the one -- whether or not the Iranians
have actually installed 1,000 or 3,000 centrifuges as he has claimed
is -- verifying that fact is important and the Director General has
said that in fact is not the case.
But one thing the
Iranians have consistently done is followed through on what they
said they are going to do. So even if they have not yet installed
the thousand or 3,000 centrifuges, the international community
should take the Iranians at their word -- that is their intention
and then that is where they are heading. So I don't think anybody
should really take that deep a breath just because they haven't
gotten to that point. It's very clear that they intend to and that
they are working very hard to reach those goals.
2. La
portée de l'annonce iranienne
PROGRAMME NUCLEAIRE IRANIEN
DECLARATION DE LA PRESIDENCE DE L'UNION EUROPEENNE
(Bruxelles,
10 avril 2007)
La Présidence de l'Union
européenne a pris acte avec grande inquiétude de l'annonce par
l'Iran de vouloir enrichir de l'uranium à échelle industrielle.
Une telle mesure de la
part de l'Iran serait en contradiction directe avec les demandes
répétées du Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de
l'Energie atomique (AIEA) et avec l'appel contraignant du Conseil de
sécurité des Nations unies contenu dans les résolutions 1737 et 1747
de suspendre toutes les activités d'enrichissement en Iran.
La Présidence de l'Union
européenne appelle à nouveau instamment l'Iran à respecter les
exigences de la communauté internationale et à créer les conditions
nécessaires pour un retour à la table des négociations et pour le
règlement du conflit relatif au programme nucléaire iranien./
France
POINT DE PRESSE DU 10 AVRIL 2007
- DECLARATIONS DU PORTE-PAROLE -
"Je vous donne lecture
d'une déclaration du ministre des Affaires étrangères, M. Philippe
Douste-Blazy, à propos de l'Iran:
Début de citation : "Je
déplore les annonces faites hier, qui sont un mauvais signal.
J'appelle une nouvelle fois l'Iran à respecter les résolutions du
Conseil de sécurité, qui exigent la suspension de toutes ses
activités nucléaires sensibles. J'engage l'Iran à saisir l'occasion
d'ouvrir un dialogue avec les E3 + 3 qui lui a été offerte, une fois
encore, dans la déclaration des Six ministres faites lors de
l'adoption de la résolution 1747." Fin de citation.
...
(Quelles seront les
conséquences de ces déclarations iraniennes sur votre dialogue
diplomatique avec l'Iran ?)
Les conséquences sont
déjà partiellement tirées par la communauté internationale, puisque
nous avons eu ces deux résolutions, la résolution 1737, qui a été
votée au mois de décembre, et la résolution 1747, qui a été votée en
mars. La communauté internationale a déjà mis l'Iran devant ses
responsabilités. Si, dans deux mois, le rapport de l'AIEA nous
confirme qu'il n'y a aucun progrès du côté iranien et qu'à l'inverse
les Iraniens s'engagent de plus en plus activement dans cette voie
de l'enrichissement, il faudra sans doute à ce moment-là que la
communauté internationale en tire les conséquences.
(Mais, pour l'instant, il
n'est pas question de prévoir une nouvelle rencontre diplomatique ?)
Les messages ont été
passés très clairement à l'Iran. M. Solana a encore eu récemment une
conversation téléphonique avec M. Larijani. Je crois que les
messages du côté de la communauté internationale sont parfaitement
clairs et ont été rappelés à plusieurs reprises. Nous restons donc
dans ce processus qui est le processus des Nations unies avec la
volonté de placer l'Iran devant ses responsabilités.
(Tout le monde parle de
guerre contre l'Iran. La France a dit qu'elle n'avait pas de raison
de mettre en doute la parole des Américains disant qu'ils
n'attaqueront pas l'Iran. Or, on lit maintenant des rapports selon
lesquels c'est de source française que l'on dit que l'Iran va être
attaqué. Cela fait aujourd'hui la une de plusieurs journaux
saoudiens.)
Je n'ai pas vu cela.
(Quelle est la position
de la France ?)
Nous l'avons toujours
dit, nous sommes dans une logique diplomatique, nous sommes dans un
processus diplomatique auquel participent les Etats-Unis. Et, encore
une fois, nous n'avons pas de raison de mettre en cause la
participation des Américains à ce processus diplomatique, ni leurs
intentions telles qu'ils les expriment.
(Et dans le cas d'un
recours à la force, est-ce que la France demanderait un passage
devant le Conseil de sécurité ?)
C'est une question très
hypothétique. Il a été clairement dit à la fois par le président de
la République, par le Premier ministre et par le ministre que nous
étions dans une logique diplomatique, que nous excluions de notre
côté une option militaire.
(Et le Charles de Gaulle
qui est là-bas ?)
Nous avons déjà eu
l'occasion de nous exprimer à ce sujet. Je crois en effet qu'il est
dans cette région, mais c'est très largement pour participer à des
opérations qui en réalité sont des opérations de soutien dans la
lutte contre le terrorisme, en liaison notamment avec l'Afghanistan.
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IRAN'S NUCLEAR
ENRICHMENT ACTIVITY
(10/04/07)
The Foreign
Office made a statement today on Iran's Nuclear
enrichment activity. An FCO spokesperson said:
'We are concerned that Iran appears to have confirmed
more nuclear enrichment activity. This is a further
breach of IAEA and UNSC Resolutions. Iran knows
exactly what it must do - comply with UNSC resolutions
1737 and 1747 by suspending all enrichment related and
reprosessing activities before discussions can begin
on assistance with a modern civil nuclear power
programme.
We have always made it clear that we are happy for
Iran to have a civil nuclear power programme, but they
have to satisfy the international community that that
is what it is seeking to develop. The international
community stands together in ensuring that Iran does
not develop the means to acquire nuclear weapons.'
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Daily Press Briefing
Sean McCormack, Spokesman
Washington, DC
April
10, 2007
QUESTION: When you
are going to start negotiating about the new resolution against Iran
in the Security Council?
MR. MCCORMACK:
Well, first of all, we have to see what the Iranians do. Yesterday's
announcement by President Ahmadi-Nejad certainly doesn't offer much
hope that they're going to move in the right direction on this,
talking about expanding the number of centrifuges and talking about
introducing UF-6 feedstock into the centrifuges now. I can't -- you
know, I can't verify those claims, whether or not they have actually
achieved what it is he said that they have achieved.
But one should understand
also that no matter whether or not the Iranians have hit all the
deadlines that they've set out for themselves, they have proceeded
in the general direction which they said they would, meaning they're
trying to expand the size of their centrifuge operation.
As for what actions the
Security Council is going to take next, that is something that we're
going to take up in a formal way at the end of May. There is going
to be a report requested by the Security Council from the IAEA on
May 24th, I think. So at some point -- some point thereafter the
Security Council members can talk about what next steps might be
required by either the actions of the Iranian Government or the lack
of actions, and lack of action could be a failure to comply with the
demand of the international system for them to stop their uranium
enrichment activities.
So we'll see. And all
along the way I expect that there are going to be informal
consultations to do a check of where we are in this process and what
next steps might be available to the international system should
Iran fail to comply with the requirements of the Security Council
and the IAEA
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La Serbie condamne quatre membres des « Scorpions » pour crimes de guerre
à Srebrenica
Antonella SAMPO
Après les condamnations de
Slobadan Davidovic et
Sasa Cvjetan
en 2005 par un Tribunal de Zagreb, un Tribunal de Belgrade a condamné,
pour la première fois, le 10 avril 2007, quatre ex paramilitaires ayant
appartenu à l’unité spéciale des « Scorpions » pour crimes de guerre lors
des événements de Srebrenica. Ils ont été condamnés
pour
avoir participé à l'exécution de six musulmans de Srebrenica le 17 juillet
1995 près de la ville de Trnovo
(Bosnie-Herzégovine). Inculpés début octobre 2005,
Slobodan Medic et
Branislav Medic ont été condamnés à 20 ans de prison,
Pero Petrasevic à 13 ans et
Aleksandar Medic à 5 ans tandis qu'un cinquième accusé,
Aleksandar Vukov, a été acquitté faute de preuves.
Les accusés avaient été reconnus sur une vidéo, présentée en
juin 2005 durant le procès de Slobodan Milosevic puis diffusée à la
télévision serbe, montrant l'exécution sommaire de six musulmans de
Srebrenica. Parmi les personnes apparaissant sur cette vidéo, seul Milorad
Momic est encore en fuite.
Il est à relever que la qualification retenue pour les
crimes commis n’est pas celle de génocide mais de crimes de guerre. Les
faits sont liés aux massacres de Srebrenica qui ont été qualifiés de
génocide à la fois par le TPIY et la CIJ. Ce jugement a été rendu
seulement quelques semaines après l’arrêt de la Cour internationale de
Justice dans l’affaire de l’
Application de la convention pour la prévention et la répression du crime
de génocide (Bosnie-Herzégovine c. Serbie-et-Monténégro)
dans lequel elle a jugé
que si la Serbie Monténégro n’a pas commis de génocide et ne
s’est pas rendue coupable de complicité de génocide. Elle a en revanche
manqué à ses obligations internationales concernant la prévention et la
répression du génocide (voir également
le résumé de l’arrêt). Le cas des « Scorpions » avait été porté à
l’attention de la Cour mondiale. Le demandeur avait alors soumis à son
appréciation les rapports hiérarchiques qui auraient existé entre cette
unité spéciale et le Ministère de l’Intérieur serbe. Ainsi, lors de sa
déclaration officielle à la presse, la Présidente Rosalyn Higgins
était alors spécifiquement revenue sur la vidéo et la nature du lien
existant entre l’Unité spéciale des « Scorpions » et la Serbie :
« Je voudrais dire ici quelques mots sur l’unité paramilitaire dite des
«Scorpions». Lors de la procédure orale, le demandeur a présenté à
la Cour un enregistrement vidéo montrant l’exécution par des
paramilitaires de six Musulmans de Bosnie, à Trnovo - zone située près de
Srebrenica - en juillet 1995. Cet enregistrement avait auparavant
été diffusé par la télévision serbe et lors du procès de Milošević devant
le TPIY. Outre cette vidéo, le demandeur, qui soutenait que le
défendeur était responsable des actes des «Scorpions», a présenté à la
Cour d’autres éléments de preuve. La Cour a systématiquement examiné
l’ensemble des informations qui ont été portées à sa connaissance.
Elle ne peut toutefois se prononcer que sur la base des éléments qui lui
sont présentés. Or, sur le fondement de ces éléments, la Cour n’a
pas été en mesure de conclure que le défendeur était responsable des actes
des «Scorpions» à Tronovo à la mi-1995. »
Contrairement à ce qu’avait demandé la Bosnie, la CIJ a estimé, au vu des
éléments des preuves qu’elle détenait, qu’elle n’était pas en mesure de se
prononcer sur l’existence d’un lien de subordination entre l’Etat serbe et
le groupe paramilitaires des « Scorpions ».

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TPIY/ Foca:
Dragan Zelenovic condamné à 15 ans d’emprisonnement
pour viol et torture
Antonella SAMPO |
Par un
jugement du 4 avril 2007,
la Chambre de Première instance I du Tribunal pénal international pour
l’Ex Yougoslavie, présidée par le Juge Orie, a condamné Dragan Zelenovic à
15 ans d’emprisonnement pour le viol et la torture de femmes musulmanes
bosniaques dans le camp de la municipalité de Foca ( voir le
résumé du jugement).
Les centres de détention de Foca ont été le théâtre de nombres de
violences sexuelles, viols et torture de grande ampleur. On se souvient
notamment des affaires Celibici et Kunarac.
Ancien militaire serbo-bosniaque, Dragan Zelenovic a reconnu sa
culpabilité pour sept chefs d’accusation de torture et viol de femmes et
jeunes filles musulmanes détenues dans les tristement célèbres centres de
détention de Foca, à la suite de la prise de la municipalité en avril
1992. Les victimes ont subis des actes de violences sexuelles, des viols
parfois collectifs ainsi que des actes de torture d’une très grande
violence entre juillet et octobre 1992.
A l’origine, Dragan Zelenovic était
poursuivi
sur la base de sept chefs d’accusation de viol et torture comme crimes
contre l’humanité et de sept autres chefs de viol et torture mais
constitutifs de violations de lois et coutumes de la guerre. Il a fait
l’objet d’un acte d’accusation modifié conjoint avec
Gojko Jankovic,
Janko Janjic, Zoran Vukovic et Radovan Stankovic.
Arrêté en Russie le 22 août 2005, Zelenovic a été transfère à La Haye le
10 juin 2006, via la Bosnie.
Dans l’accord de plaidoyer de culpabilité établi avec le Bureau du
Procureur, Zelenovic a accepté de plaider coupable de sept chefs de crimes
contres l’humanité dont trois pour des faits de torture (articles 5 f) du
Statut du TPIY) et quatre pour des faits de viols en vertu de l’article 5
g) du Statut.
La Chambre n’a pas accepté en tant que tel l’accord sur le plaidoyer de
culpabilité qui excluait de son champ d’application un certain nombre de
victimes. Elle a donc demandé l’établissement d’une
annexe au plaidoyer
de culpabilité qui fait état des allégations de crimes reprochés à
Zelenovic mais pour lesquels il a refusé de reconnaître sa culpabilité.
Finalement, après avoir rappelé l’extrême gravité des crimes commis par
Dragan Zelenovic, la Chambre a confirmé sa culpabilité pour avoir
personnellement participé à neufs viols dont huit ont reçu la double
qualification de viols et d’actes de torture. Quatre des cas de viols
étaient des viols collectifs commis avec au moins trois hommes ou plus.
Dans l’un de ces cas, Zelenovic a encouragé le viol d’une femme par au
moins dix soldats qui ont été si violents qu’elle en a perdu connaissance.
Il a enfin participé à des abus sexuels d’une victime qui été menacée
d’une arme sur la tempe.
Dans la détermination de la peine, les juges ont tenu compte de la
vulnérabilité des victimes, des conséquences physiques et morales qu’ont
créées les violences subies, du rôle actif de l’accusé dans la
perpétration des crimes et de la durée des crimes qui se sont déroulés que
une longue période.
La Chambre a retenu quelques circonstances atténuantes mais a souligné que
« such circumstances do not in any way diminish the gravity of the crime".
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"Où les droits universels de l’homme commencent-ils en fin de
compte ? En tous lieux, près de chez soi "
Eleanor Roosevelt
Obs.
Ce jugement remet en mémoire les camps de viols de Foca. La
violence sexuelle dans les conflits armés est un fléau mondial. Ces
pratiques ne se rattachent pas à une culture particulière et ne sont
pas propres à notre époque. Mêmes les guérillas islamiques
pratiquent le viol. On remarque cependant que, dans le conflit de
l'ex-Yougoslavie, l'exploitation de l'être humain s'est greffée sur
les pratiques de violence sexuelle (voir la note d'Antonella Sampo
sur l'affaire
Gojko Jankovic:
transfert de Jankovic (Foca) à La Haye). En Afrique
également l'esclavage sexuel, des enfants en particulier, est
fréquent dans les conflits armés (Nouvel
examen par le Conseil de Sécurité du recrutement des enfants dans
les conflits armés. Karine RINALDI., .CPI,
inculpation de membres de l'armée de résistance du Seigneur A. SAMPO)
Il est important de relier le
phénomène des violences sexuelles dans les conflits armés à la
traite des femmes et aux nouvelles formes d'esclavage
résultant notamment de l'internationalisation des réseaux de
prostitution (Conseil
de l'Europe - protection des victimes de la traite des êtres humains
A.SAMPO,
OIT, rapport sur le travail forcé, (M. LAIDI), ONUDC-
un état des lieux préoccupant sur la lutte contre le trafic d’êtres
humains Valérie GABARD,
Etats-Unis, ratification de la convention sur la criminalité
transnationale organisée (Prof. P. WECKEL),
CEDH, arrêt du 26 juillet 2005, Siliadin c. France (Prof. P.WECKEL)
Comment oublier le "témoin A. B"
de l'affaire Kunarac. Petite Anne Franck musulmane, elle a
été séquestrée et violée avec d'autres femmes, puis elle a été
vendue, à un soldat monténégrin a-t-on dit. Ce jour là à Foca, elle
a tout simplement disparu... Elle avait douze ans (PW) |

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L’affaire des militaires : bientôt les réquisition et
plaidoiries, et peut-être le jugement, après cinq années de
procédure ?
Roland ADJOVI |
Le 2 avril 2002, commençait l’audition des témoins à charge dans l’affaire
dite Militaires I où comparaissent
Théoneste Bagosora, Gratien
Kabiligi, Aloys Ntabakuze et Anatole Nsengiyumva. Selon leurs actes
d’accusation respectifs, Bagosora était le cerveau des événements
criminels de 1994 alors qu’il était directeur de cabinet au Ministère de
la défense nationale (ICTR-96-7) ;
Kabiligi le chef des opérations militaire de l’état-major de l’armée
rwandaise (ICTR-97-30
et ICTR-97-34) ; Ntabakuze le commandant du bataillon
para-commando de l’armée rwandaise (ICTR-97-30
et ICTR-97-34) ; et Nsengiyumva le commandant des opérations
militaires à Gisenyi (ICTR-96-12)
le fief du clan présidentiel (voir le dossier
Zigiranyirazo). Il aura fallu
403 jours d’audition étalés sur
presque 5 années pour que la Chambre mette un terme à ce procès majeur du
Tribunal. Le
18 janvier 2007, la Chambre a
entendu ses deux derniers témoins dont l’accusé Nsengiyumva. Le
19 janvier 2007, les parties et
la Chambre se sont retrouvées pour une conférence de mise en état où la
Chambre a rendu un certain nombre de décisions et ajourné les audiences
jusqu’aux réquisitions et plaidoiries qui devraient se tenir en mai 2007.
Depuis lors, la Chambre n’a eu de cesse de vider son rôle en rendant des
décisions liées à de nouveaux éléments de preuve que la défense souhaite
introduire, ou en divulgation d’éléments de preuve à charge (voir
la liste). Le 1er
mars 2007, le procureur a déposé ses conclusions : un document volumineux
de plus de 900 pages ! La version française de ces conclusions ne pouvant
être apprêtée par la section des langues que pour le 16 avril 2007, la
Chambre a autorisé la défense de Bagosora qui est principalement
francophone à ne déposer ses propres écrits que le 10 mai 2007 (Décision
du 13 mars 2007). A leur demande, les trois autres accusés ont
obtenu de ne déposer leurs conclusions écrites que le 23 avril 2007 (Décision
du 26 mars 2007).
Les réquisition et plaidoiries sont prévues pour la fin mai et début juin
2007 (Décision
du 13 mars 2007), sauf si d’autres incidents viennent conduire
la Chambre à reporter cette date. Ensuite, il faut compter 6 mois à un an
pour que la Chambre parvienne à faire le tour de toute la preuve rapporter
pour déterminer la responsabilité de chacun des accusés sur la dizaine de
chefs d’accusation auxquels il doit faire face. Le jugement viendra
certainement juste à temps, avant la date butoir du 31 décembre 2008 pour
l’achèvement des procès en première instance. Il faut espérer que cette
Chambre conduite par le président Erik Møse se montre à la hauteur des
ambitions de bon gestionnaire affichées par le président.
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Archive |
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Sentinelle No. 97 du 18 février
2007. Théoneste Bagosora et l’assassinat des dix
casques bleus belges : la Chambre renonce à entendre le Royaume de
Belgique (R. Adjovi)
-
Sentinelle No. 88 du 3 décembre
2006. En l’absence de Nsengiyumva, le procès se
poursuit (Decision on Nsengiyumva Motion for Adjournment due to
Illness of the Accused, 17 novembre 2006 (R. Adjovi)
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Michel Bagaragaza sera jugé aux Pays-Bas
Roland ADJOVI |
Ce 13 avril 2007, le procureur et Michel Bagaragaza ont finalement obtenu
le transfert qu’ils recherchaient officiellement depuis février 2006 (Sentinelle
No. 56). On se souviendra que la Chambre de première instance
avait rejeté la première requête d’un transfert vers la Norvège, le
19 mai 2006 (Sentinelle
No. 67), décision que la Chambre d’appel a confirmé le
30 août 2006 (Sentinelle
No. 76), et que le procureur a ensuite demandé et obtenu
l’amendement de l’acte d’accusation (Sentinelle
No. 90), puis demander à nouveau un transfert (Sentinelle
No. 90).
Suivant la décision du
19 mai 2006, la Chambre a
rappelé qu’il y a trois conditions pour un transfert conformément à
l’article 11 bis du Règlement : (i) dans la mesure où les crimes
n’ont pas été commis aux Pays-Bas et que l’accusé n’y a pas été arrêté, il
fallait d’abord que les Pays-Bas aient compétence et exprime la volonté de
poursuivre l’accusé, tout en étant préparés pour le faire ; (ii) il faut
ensuite que la Chambre s’assure que le procès aux Pays-Bas sera équitable
et (iii) qu’enfin, l’accusé n’encourrait pas la peine capitale. La Chambre
a analysé chacune de ces conditions en l’espèce et conclu positivement
pour autoriser le transfert. Dans son analyse du droit néerlandais au
regard du génocide et des crimes de guerre, la Chambre a associé à chaque
fois la substance de l’incrimination à la peine applicable avant de
conclure à la compétence des Pays-Bas. Ceci coïncide encore avec la
position adoptée par la Chambre précédemment, mais de façon beaucoup plus
claire et ferme : il ne suffit pas que le droit national incrimine de
façon appropriée les faits en cause, il faut aussi qu’il lui affecte des
peines conséquentes, et c’est l’ensemble qui fonde la compétence de l’Etat
de renvoi. On notera aussi que la Chambre se fonde sur l’existence d’une
loi d’application de la Convention de 1948 et sur la jurisprudence de la
Cour internationale de Justice de 1996, sans s’en référer aux arrêts
récents de la même Cour notamment des
3 février 2006 (Sentinelle
No. 52) et
26 février 2007 (Sentinelle
No. 99). Pourtant ces arrêts offrent une meilleure base légale
pour la valeur juridique de l’incrimination du génocide, et il suffit que
le droit pénal interne reflète une telle incrimination et l’associe à une
peine appropriée. Il faut espérer que, même si les parties n’y ont pas
fait référence, la Chambre en avait connaissance, mais n’aurait pas jugé
nécessaire d’en faire état en l’espèce.
Sur ces bases légales, la Chambre a ordonné le transfert de l’accusé et du
dossier de l’accusation aux autorités néerlandaises, dans les 30 jours à
suivre. La Chambre a aussi ordonné au procureur de lui faire rapport 6
semaines après un tel transfert, puis tous les 3 mois sur l’évolution du
dossier devant la justice néerlandaise. Ceci suit en réalité une pratique
quasi constante dans la jurisprudence du TPIY sur les transferts.
Dans ses soumissions devant la Chambre, l’accusé a renouvelé ses
conditions additionnelles en cas de transfert, notamment son souhait que
la Chambre ordonne sa relocalisation permanente en dehors du continent
africain (par. 8 et note de bas de page 18). Toutefois la Chambre a omis
de répondre à ces demandes !

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CIDH : Rapport annuel 2006 sur la situation des
droits de l’homme sur le continent.
Karine RINALDI. |
La
Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme a rendu public le 2
avril dernier son
rapport annuel pour l’année 2006. Les problèmes sont toujours nombreux
et principalement structurels, bien que certaines avancées tentent de
rééquilibrer la balance. La Commission fait état de ses visites
d’observations, des activités de ses commissions spécialisées, et examine
particulièrement la situation dans 4 pays membres de l’OEA.
Entre le 1° janvier et le 31 décembre 2006, 56 cas ont été déclarés
recevables par la Commission ; 14 irrecevables ; 10 affaires ont fait
l’objet de règlement à l’amiable ; 8 ont été traitées au fond, et 14
affaires ont été présentées à la
Cour Interaméricaine. La Commission a par ailleurs soumis ses
observations sur chacune des 45 mesures provisoires en vigueur cette
année.
Les principaux problèmes persistants sur le continent sont, d’après ce
rapport, l’exclusion sociale ; l’insécurité citadine ; la situation
carcérale ; le long processus de consolidation démocratique ; et surtout,
la difficulté principale dans la majorité des pays de la région pour
garantir l’effectivité des droits de l’homme semble être la fragilité du
pouvoir judiciaire.
Mais le bilan n’est pas si noir, puisque la Commission Interaméricaine des
Droits de l’Homme note des avancées et des engagements politiques
positifs. Elle avance 9 exemples concrets. Les déclarations de la
Présidente Chilienne affirmant que l’Etat exécutera l’arrêt de la Cour
Interaméricaine relatif à la non application de la loi d’amnistie pour les
violations des droits de l’homme commises sous la dictature militaire ;
l’affirmation de la Cour Suprême Argentine sur l’exécution des mesures
provisoires de la CIADH au sujet des prisons dans le pays ; la résolution
du Tribunal Constitutionnel d’Equateur déclarant inconstitutionnelle,
suivant les recommandations de la Cour Interaméricaine, la « detención en
firme ». Concernant l’adoption de normes internationales, la commission
relève la ratification, par la Bolivie, du Protocole additionnel à la
Convention Américaine en matière de droits économiques, sociaux et
culturels ; ou encore la ratification par la Jamaïque de la Convention
interaméricaine pour prévenir, sanctionner et éradiquer la violence à
l’égard des femmes ; les avancées considérables dans l’adaptation de la
législation brésilienne aux normes internationales ; l’adoption du « Plan
national de droits de l’homme » au Pérou. Mais la Commission évoque
également la mise en place, en République Dominicaine, de nouveaux centres
pénitenciers afin d’améliorer la situation des détenus ; ou encore les
localisations et identifications des disparus sous la dictature militaire
en Uruguay.
Plusieurs règlements amiables ont été conclus au cours de cette année
2006, avec l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, la Colombie, l’Equateur, le
Guatemala et le Mexique.
La Commission a effectué des visites d’observation dans 7 pays différents.
En Haïti, elle a participé à un séminaire sur le système IADH et s’est
informée des différentes formes de violence exercées contre les femmes
ainsi que de l’administration de la justice. En Colombie, elle a suivi à
trois reprises le processus de démobilisation. Invitée également en
Bolivie et en Argentine, elle y a observé la situation générale des droits
de l’homme. En république Dominicaine et au Brésil, elle s’est
particulièrement intéressée à la situation des détenus, bénéficiaires de
mesures provisoires dans ce dernier pays. Enfin au Pérou, elle s’est
entretenue avec des ONG, des organisations d’afro descendants et de
communautés autochtones.
Dans son rapport figurent également les activités menées par ses
commissions spéciales ; le travail important de quatre d’entre
elles peut être ici relevé. La
commission spéciale sur les droits des populations autochtones
a poursuit ses activités d’appui dans le système de pétitions
individuelles, participé à la session extraordinaire de la CIDH au
Guatemala, réalisé divers séminaires. Elle a en outre continué d’appuyer
le Président du
groupe de travail de l’OEA chargé de l’élaboration du projet de
Déclaration américaine sur les droits des populations autochtones.
A ce sujet, la CIDH a en 2006 attribué des mesures conservatoires pour
protéger les peuples en isolement volontaire, les territoires ancestraux
et les endroits sacrés.
La
commission spéciale sur les droits de la femme, qui s’est
concentré ces dernières années sur la manière d’assurer l’accès effectif
des femmes à la justice, a publié un
rapport en 2006 sur les « femmes face à la violence et la
discrimination, dérivées du conflit armé en Colombie ». Par ailleurs, sont
en préparation deux rapports thématiques sur la situation des femmes au
Guatemala et à Haïti, comme résultat de ses visites sur place.
Peuvent être également citées les nombreuses visites « in loco » de la
commission sur les droits des personnes privées de liberté.
(Voir le détail de ses observations sur le site de cette commission). A
partir de l’analyse de ces observations, le projet de déclaration est en
train d’être révisé. Cette commission a prévu de le soumettre à
l’approbation des 7 commissaires lors de la prochaine période de sessions.
Il est également pertinent de relever l’appui de la « commission spéciale
sur les droits des afro-descendants et contre la discrimination » au
projet de Convention américaine contre le racisme et toutes les formes de
discrimination. (Il est possible de noter les initiatives précurseures du
continent Latino américain dans l’élaboration de normes de protection des
droits de l’homme).
Le chapitre 4 du rapport est consacré, comme à l’habitude, à la situation
dans quelques pays particuliers. C’est dans son rapport sur l’année
1997 que la Commission avait établit 5 critères qui permettent
d’identifier les Etats membres de l’OEA dont la pratique en droits de
l’homme mérite une attention spécifique, et doivent donc figurer dans ses
rapports annuels. Premièrement, si le gouvernement n’est pas arrivé au
pouvoir de façon réellement démocratique. En second lieu, si dans un Etat
le libre exercice des droits figurant dans la Convention américaine a été
suspendu. Le troisième critère tient aux violations massives et graves des
droits de l’homme. Un Etat est également spécialement pris en compte s’il
se trouve dans une phase de transition des trois situations précédemment
décrites ; et enfin, s’il existe des situations conjoncturelles ou
structurelles préoccupantes (situations graves de violence qui rendent
difficile le fonctionnement de l’Etat de droit, une grave crise
institutionnelle…).
Suivant ces critères, 4 pays figurent dans le présent rapport : Colombie,
Cuba, Haïti et Venezuela.
Colombie :
la CIDH est consciente de la situation complexe dans le pays (où 69 298
personnes ont encore été déplacées en 2006). Elle note les efforts de
l’Etat pour parvenir à la paix, en particulier le «Programa de protección
de defensores de derechos humanos, sindicalistas, periodistas y líderes
sociales» ; ou encore la mise en place d’une commission pour l’élaboration
d’un « Plan National d’action de Droits de l’Homme et de Doit
International Humanitaire ». Cependant, la Commission relève également
l’absence de résultat effectif des efforts pour l’administration de la
justice.
Trois thèmes attirent encore particulièrement l’attention de la CIDH cette
année. Quant au processus de démobilisation, 2006 marque le point
culminant de cette phase. Le défi est désormais de montrer des résultats
concrets d’éradication des groupes paramilitaires et de créer un cadre
légal propice aux jugements. Mais des rapports du Secrétariat Général de
l’OEA notent l’existence de groupes rebelles qui se re-forment, ou
d’autres nouveaux qui apparaissent.
Une deuxième partie est consacrée à la continuité de la violence à
l’encontre de la population civile, et au problème de l’emploi de la
justice pénale militaire pour juger des membres de l’armée pourtant
impliqués dans des exécutions extrajudiciaires. La Commission renvoie à ce
sujet à l’affirmation de la Cour selon laquelle « lorsque la justice
militaire est compétente pour une affaire que devrait connaître la justice
ordinaire, le droit à un procès juste et équitable s’en trouve directement
affecté ».
La situation des populations autochtones fait l’objet d’une attention
particulière en raison de la vulnération de leurs droits à l’autonomie, au
territoire et à la culture. Les 90 communautés indiennes qui se situent
sur le territoire colombien voient « leurs projets de vie, leur autonomie
et leur sécurité affectés », victimes de pressions incessantes sur leurs
territoires, d’assassinats, de disparitions, de déplacements forcés, les
zones du Cauca et de la Sierra Nevada de Santa Marta étant les plus
touchées.
Cuba :
dans la partie dédiée à la situation des droits de l’homme à Cuba, la
Commission soulève surtout les problèmes relatifs à la situation des
dissidents politiques ; à la peine de mort (qui est encore prévue dans le
code pénal pour une grande quantité de délits) ; aux droits du travail et
à la liberté syndicale ; et les problèmes qu’entraînent les sanctions
économiques.
Concernant les dissidents politiques, la Commission est préoccupée par les
violations à la liberté d’expression, par leurs conditions de détention,
et par la pratique systématique de leur répudiation. Ces restrictions ont,
depuis des années, impliqué une vulnération permanente et systématique des
droits fondamentaux des cubains, ce qui est aggravé par le manque
d’indépendance du pouvoir judiciaire.
Le rapport nous renvoie également à la situation inquiétante et bien
connue de
l’OIT qu’est l’existence d’un seul syndicat reconnu
officiellement dans le pays.
Mais ce qui semble alarmer surtout la Commission est cet embargo
économique, commercial et financier qui existe depuis plus de 40 ans,
générant de graves impacts sur les droits économiques et sociaux.
Haïti :
la situation du pays est qualifiée de « l’une des plus préoccupantes de
l’hémisphère ». Bien que l’année 2006 ait été l’année de la transition du
gouvernement provisoire à un gouvernement démocratiquement élu, la
situation en matière de sécurité et de droits de l’homme s’est
« considérablement détériorée », pour cause de la prolifération de groupes
armés et organisés exerçant un contrôle exclusif de certains quartiers, et
de l’incapacité de la police à répondre efficacement à ce phénomène. Les
enlèvements sont fréquents, de même que les intimidations contre les
défenseurs des droits de l’homme, ou encore les détentions arbitraires de
personnes liées à l’ancien régime. Dans son
rapport sur l’administration de la justice en Haïti, la
Commission rapportait que le
système de justice connaît « de graves déficiences dans presque tous les
domaines et a systématiquement failli à sa tâche de protéger les droits
humains fondamentaux du peuple haïtien ». (Voir
Sentinelle n°64)
Venezuela :
ce que déplore en premier lieu la Commission est l’impossibilité pour
elle, depuis maintenant 5 ans, de réaliser une visite d’observation dans
le pays dû à l’absence d’invitation du gouvernement malgré ses
déclarations de bonnes intentions, qualifiées d’ « hypocrites » par la
CIDH.
L’administration de la justice est le premier problème détecté par la
Commission encore cette année : problèmes apparents de désignation des
magistrats et des procureurs, et de leur indépendance. Les violations du
droit à la vie opérées supposément par des agents de l’Etat bénéficient
d’une certaine impunité : sur 891 cas de personnes décédées lors
d’affrontements avec la police, seulement 4 ont fait l’objet d’un procès.
La Commission a été informée que sur 249 morts violentes dans les 6
premiers mois de 2006, 90 % seraient le fait de policiers.
La situation des personnes privées de liberté est également préoccupante
dans le pays, comme c’est souvent le cas sur le continent. Malgré
l’augmentation de fonctionnaires et l’amélioration des infrastructures
dans les prisons de « la Pica » et « Yare I et II » (dont les détenus sont
bénéficiaires de mesures conservatoires ordonnées par la Cour
Interaméricaine), la violence continue et les chiffres sont alarmants : de
janvier à novembre ont été dénombrés 378 décès et 883 blessés.
La Commission se félicite de l’élection présidentielle pacifique de
décembre dernier, mais déplore l’information reçue sur les actes de
répudiation et d’intimidation des défenseurs des droits de l’homme.
L’exercice du droit à la liberté d’expression au Venezuela est toujours
une problématique faisant l’objet d’attention particulière par la
Commission. L’information reçue de sa commission sur la liberté
d’expression fait état d’assassinats, d’agressions, de menaces et
d’augmentation de procès à l’encontre de journalistes.

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CEDH Grande chambre, Evans c. Royaume Uni du 10 avril
2007
Révocation du consentement en matière de fécondation
in vitro et respect du droit à la vie privée
Valérie GABARD |
La Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme a confirmé
en tous points, dans
un arrêt Evans contre Royaume Uni du 10 avril 2007, les conclusions de
l’arrêt
rendu par la Chambre dans la même affaire en mars 2006 (voir les
archives de Sentinelle). La délicate question soulevée en l’espèce, à
savoir la révocation du consentement du partenaire masculin en matière de
fécondation in vitro, justifiait certainement le renvoi de l’affaire
devant la Grande Chambre. Dans les deux arrêts la Cour a finalement conclu
à la non violation des articles 2, 8 et 14 de la Convention par le Royaume
Uni.
En l’espèce, la requérante, Madame Evans, et J, son compagnon ont entamé
en 2000 les démarches pour une procréation médicalement assistée. En
raison de la découverte de tumeurs précancéreuses aux deux ovaires, une
ovariectomie a dû être pratiquée à la requérante. La période antérieure à
cette opération constituait en réalité l’ultime possibilité pour le
prélèvement d’ovules. Après que les deux époux aient consenti au
traitement par Fécondation in vitro conformément à la loi de 1990, six
embryons furent créés et mis en conservation pour une durée maximale de 10
ans. Cependant en mai 2002, le couple se sépare. J. retire son
consentement au traitement et demande la destruction des embryons. La loi
de 1990 autorise expressément ce retrait du consentement et malgré les
recours formés au niveau national, madame Evans n’a pas obtenu
l’autorisation de pratiquer la Fécondation in vitro sans le consentement
de son partenaire. L’affaire présente inévitablement un dilemme où
l’intérêt de chacune des parties est totalement inconciliable. Dès lors
quelque soit l’issue de la procédure devant la Cour, l’une des parties
sera entièrement déçue. Car soit Madame Evans perdra toute possibilité de
devenir parent au sens génétique du terme, soit son compagnon sera
contraint de devenir père. C’est dans ce contexte tout à fait singulier
que la Grande Chambre devait se prononcer sur l’éventuelle violation par
le Royaume Uni de la Convention.
L’argument fondé sur l’atteinte au droit à la vie des embryons au sens de
l’article 2 de la Convention est rapidement écarté par la Grande Chambre.
Confirmant sa jurisprudence
Vo contre France, elle estime qu’eu égard à l’absence de consensus
européen sur la définition scientifique et juridique du point de départ du
droit à la vie, celui-ci relève de la marge d’appréciation des Etats. Le
droit britannique ne reconnaissant pas à l’embryon la qualité de sujet de
droit, la requérante ne saurait se prévaloir d’une violation de l’article
2 en l’espèce.
C’est principalement sous l’angle de la protection de la vie privée
garantie par l’article 8 de la Convention et sans aucun doute applicable
en l’espèce, que le débat s’est porté. Comme la Chambre, la Grande Chambre
estime que la question doit être abordée, non sous l’angle d’une ingérence
dans la vie privée de la requérante, mais plutôt sous celui des
obligations positives de l’Etat. De plus après analyse, la marge
d’appréciation accordée au Royaume Uni est ample. Pour la Grande Chambre
cette amplitude est justifiée par les « délicates interrogations
d'ordre moral et éthique » soulevées par le recours au traitement par
Fécondation in vitro et par l’absence de « communauté de vues entre les
Etats membres ».
Ces règles fixées, il restait pour la Grande Chambre à déterminer si
l’article 8 de la Convention était dans les circonstances particulières de
l’espèce, respecté. La Grande chambre estime que la Loi de 1990 a été
adoptée « après une analyse exceptionnellement minutieuse des
implications sociales, éthiques et juridiques des avancées en matière de
fécondation et d'embryologie humaines » et que l’absence absolue de
dérogations aux dispositions relatives au consentement n’est pas en soi
incompatible avec l’article 8. Ces dispositions poursuivent pour la Cour
des intérêts généraux légitimes à savoir le souci de faire prévaloir la
libre volonté, celui de ménager un juste équilibre entre les parties au
traitement ainsi que d’assurer la promotion de la sécurité juridique.
Sur la question de l’équilibre à ménager entre les droits de chacune des
parties, la Grande chambre malgré une compassion affirmée à l’égard de la
requérante, estime « qu'il n'y a pas lieu d'accorder davantage de poids
au droit de la requérante au respect de son choix de devenir parent au
sens génétique du terme qu'à celui de J. au respect de sa volonté de ne
pas avoir un enfant biologique avec elle. » Même si une autre option
aurait pu être envisagée par le parlement britannique, il n’y a pas eu
violation de l’article 8 de la Convention car la question à trancher ici
n’est pas « de savoir s'il était loisible au législateur d'opter pour
d'autres dispositions, mais de déterminer si, dans l'établissement de
l'équilibre requis, le Parlement a excédé la marge d'appréciation qui est
la sienne en la matière ».
Considérant que « les motifs qui l'ont amenée à conclure à l'absence de
violation de l'article 8 constituent également une justification objective
et raisonnable aux fins de l'article 14 », elle conclu là encore à la
non violation.
La décision a donné lieu à une opinion dissidente commune aux juges Türmen,
Tsatsa-Nikolovska, Spielmann et Ziemele. Leur désaccord concerne la non
violation de l’article 8 et intéresse plusieurs points juridiques.
Tout d’abord, la question soulevée ici ne devrait pas, selon eux, être
abordée sous l’angle d’une obligation positive mais bien sous celui d’une
ingérence au droit de la requérante au respect de sa décision de devenir
parent au sens génétique du terme. La disproportion ne fait à leurs yeux
aucun doute et ceci en raison de l’absence de dérogations dans la Loi de
1990 mais également en raison de la situation tout à fait exceptionnelle
de la requérante qui sera définitivement privée de toute possibilité
effective d’avoir un enfant. C’est ici l’approche « purement
contractuelle » adoptée par la Cour qui est contestée.
La plus virulente critique des juges concerne cependant la question de la
marge d’appréciation. Selon les termes utilisés par les juges « Une
affaire aussi sensible que celle-ci ne peut être tranchée sur une base
simpliste et mécanique consistant à dire qu'il n'y a aucun consensus en
Europe et que, dès lors, l'Etat défendeur bénéficie d'une ample marge
d'appréciation ». Dans tous les cas cette marge ne devrait pas faire
obstacle à un contrôle par la Cour du juste équilibre entre les intérêts
conflictuels en jeu.

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Cour Suprême des Etats-Unis :
Rejet du recours en Habeas Corpus des
prisonniers de Guantanamo
Valérie GABARD |
Lundi 2 avril, la
Cour suprême des Etats-Unis d’Amérique a rejeté la requête en
certiorari formée par une dizaine de détenus de Guantanamo visant à
présenter devant une juridiction fédérale un recours en Habeas corpus,
c'est-à-dire le droit d’être présenté à un juge fédéral pour contester
leur détention. L’organisation juridictionnelle fédérale américaine
apparaît parfois surprenante pour un juriste français et à ce titre la
décision de rejet mérite un certain nombre d’explications.
Procédure de droit commun devant
la Cour suprême, la requête en
certiorari offre aux juges de
la Cour suprême un pouvoir
discrétionnaire pour décider de juger ou non les affaires qui lui sont
présentées en appel. Dès lors, l’affaire ne sera inscrite au rôle de
la Cour Suprême que si la requête est accueillie par au moins quatre des
neufs juges de la Cour. C’est en application de cette procédure très
brièvement décrite, que le recours formé par certains détenus de
Guantanamo a été rejeté. En l’espèce seul
trois juges sur les quatre nécessaires se sont prononcés en faveur de
l’accueil de la requête en certiorari.
Néanmoins pouvoir discrétionnaire n’est pas synonyme de pouvoir arbitraire
et
la Cour suprême se base sur des
conditions préalablement fixées par elle dans son règlement et sa
jurisprudence pour décider de l’enrôlement ou non d’une affaire. En
l’espèce une justification au rejet peut être trouvée dans l’ explication
publiée des
juges Stevens et Kennedy. Invoquant largement la jurisprudence de
la Cour suprême, ils estiment
que malgré l’importance de la question, l’épuisement des voies de recours
disponibles considéré comme une condition nécessaire à la compétence de
la Cour en matière d’habeas
corpus, n’est pas réalisée. En effet au regard des textes en vigueur,
la Cour
d’appel fédérale de Washington peut encore être saisie. Il est regrettable
que la patience des détenus de Guantanamo déjà rudement mise à mal, soit
encore sollicitée.
L’absence de reconnaissance de compétence ne tranche pas en l’espèce le
problème de droit substantiel posé dans cette affaire à savoir la question
du droit ou non des détenus de Guantanamo de contester leur détention
devant un juge fédéral. Les deux juges ont sur ce point précisé que si les
procédures prenaient encore du retard, la justice devrait agir rapidement
pour que le but et la fonction du recours en habeas corpus ne
soient pas discrédités. Au regard des motifs invoqués, il n’est
irréel de penser que la question devrait prochainement revenir devant la
Cour suprême et que le nombre de quatre juges pourrait alors être atteint.
Il reste hypothétique d’envisager la solution qui pourrait être adoptée
par la Cour Suprême dans ce cas. La question reste entière pour savoir si
elle confirmera la dernière décision de fond, rendue par la
Cour d’appel fédérale du District de Columbia le 20 février dernier
qui a conclu que le statut de combattants ennemis des détenus de
Guantanamo prévu par
« military commission act of 2006 » privait
la Cour d’appel de toute
compétence pour examiner leur recours en Habeas corpus, recours pourtant
constitutionnellement garantie ; ou si le « military commission Act of
2006 » connaîtra un sort équivalent à celui du décret présidentiel
précédent considéré comme illégal par
la Cour Suprême
(voir les
archives de Sentinelle).
|
Obs.
L'Adminstration américaine a gagné un peu de temps, mais il n'y a pas
de raison de penser que le pouvoir judiciaire s'alignera sur sa
position. L'intervention de la Cour suprême à simplement été
considérée comme prématurée (PW) |

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Question de l'indépendance du Kosovo : la perspective
(encore lointaine) de blocage au Conseil de sécurité n'affecte pas
l'assurance de l’Union Européenne.
Karine RINALDI. |
Le 3 avril dernier le Conseil de Sécurité
a tenu une séance privée pour l’analyse du plan présenté par l’envoyé
spécial Martti Ahtisaari qui
estime qu’il serait bon que le processus de discussion ne dure pas
trop longtemps.
Les représentants de l’Allemagne et de
la Serbie
ont été invités à participer à l’examen de la question, de même que Martti
Ahtisaari et le représentant spécial du Secrétaire Général et chef de la
mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo. (Voir le
Communiqué officiel de cette 5654° séance).
Pour le leader albanais, F. Sedjiu, ce
plan est équilibré. Mais pour le premier ministre serbe, V. Kostunica,
(qui avait précédemment
déclaré au Secrétaire Général que de nouvelles négociations devraient
commencer avec un nouveau médiateur), ce plan viole les principes
fondamentaux d’intégrité territoriale et de souveraineté. Kostunica est
optimiste, puisque
la Russie
et
la Chine soutiennent ses
arguments de pur droit international. (Selon la
Russie, « notre position est bien connue, une telle approche
unilatérale est, bien sur, inacceptable »). Kostunica soutient qu’au
contraire, Martti Ahtisaari n’est en mesure d’avancer que des arguments
historiques pour défendre l’indépendance de la province. Dans son
discours devant le Conseil de Sécurité, il a affirmé que priver
la Serbie
de 15 % de son territoire serait contraire aux principes de droit
international, à
la Charte
des Nations Unies, à la résolution 1244 du CS, à l’acte final d’Helsinki,
ainsi qu’à
la Constitution
Serbe.
Devant l’argumentation selon laquelle les albanais pourraient perdre
patience et recourir à la violence, le premier ministre a répondu que
« threat of violence cannot be the reason for giving in to the wishes of
an ethnic minority and giving it no more, no less but a state ».
Dans un
interview accordé la semaine dernière, le Premier ministre serbe
soutenait qu’une « substantial autonomy for Kosovo within Serbia » est le
seul compromis possible.
Le ministre serbe aux affaires étrangères
multiplie les rencontres diplomatiques (comme récemment encore en
Afrique du Sud, membre non permanent du Conseil de Sécurité) afin
d’encourager les Etats à ne pas soutenir le plan présenté par l’envoyé
spécial.
La Russie avait proposé l’envoi d’une mission du Conseil de Sécurité afin
d’évaluer la situation sur le terrain avant de prendre toute décision
(Voir Sentinelle n° 103). Elle a été entendue puisque le Président actuel
du Conseil de Sécurité
a depuis affirmé qu’une délégation de cet organe pourrait être envoyée
sur le terrain avant la fin du mois d’avril. Le vote devant le Conseil de
Sécurité ne semble donc pas être pour demain.
L’Union européenne a une vision bien
différente, puisque malgré les pressions de Moscou, les ministres
européens des affaires étrangères, qui ont appuyé à Brême le plan
Ahtisaari, prévoient une solution positive et rapide devant le CS : en
effet, ils envisagent de dépêcher au Kosovo, dès le vote de cette
résolution, une mission civile relativement importante, 1500 policiers et
magistrats, une unité anti-émeute de 450 personnes, en plus des 16000
soldats de l’OTAN, un haut représentant, assisté d’un bureau international
de 72 personnes. Cependant, selon Javier Solana, chef de la diplomatie
européenne, « La période de transition de 120
jours, entre l'ONU et l'UE, sera hautement sensible sur le plan politique
et sécuritaire ».
Le coût du processus
d’indépendance est estimé par Bruxelles à au moins un milliard d’euros
entre 2007 et 2009. Une conférence des donateurs est prévue mi-2007.
***
Il paraît opportun de
rappeler qu’un référendum en septembre 1991 avait été organisé sur
l’indépendance proclamée de la province le mois suivant. Mais
la Commission
Badinter,
chargée d’examiner les demandes de reconnaissances des entités de
l’ex-Yougoslavie, avait refusé d’examiner la demande du Kosovo.
La situation, déjà jugée
intenable en 2005, semble désormais être vraiment « critique ».
Nous sommes face à une
confrontation de légitimité historique entre deux peuples, Albanais et
Serbes. En tant qu’ancien centre politico-religieux de
la Serbie
médiévale à son apogée, le Kosovo est considéré comme le « berceau de la
nation serbe ».
Le droit fondamental à
l’autodétermination fait face à celui de l’intangibilité des frontières.
Selon Héctor Gross Espiell, ancien Président de
la Cour
Interaméricaine
des Droits de l’Homme, le droit à l’autodétermination a atteint le statut
de Jus Cojens (contrairement à l’intangibilité des frontières). Une
opinio juris désormais indiscutable, renforcée par l’autorité des
avis consultatifs de la
Cour Internationale de Justice dans les affaires de
la Namibie et du
Sahara Occidental.
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Obs.
L'adverbe "indiscutablement" est trop souvent utilisé pour renforcer
une assertion contestée. La jurisprudence Timor oriental et
l'Avis sur le Mur montrent que la Cour affirme que le droit
des peuples à l'autodétermination fait naître des obligations
erga omnes pour mieux refuser à la règle le caractère de jus
cogens. Le droit à l'autodétermination ne saurait libérer les
Etats de l'obligation de respecter l'intégrité territoriale d'un
autre Etat.
Toutefois, l'exercice de la
souveraineté serbe sur le Kosovo a été suspendu par une décision du
Conseil de sécurité, d'ailleurs acceptée par la RFY. Or, par nature,
la souveraineté est un droit effectif. La Serbie n'a donc pas
conservé la souveraineté, mais un droit à la souveraineté,
comparable à celui que l'Empire ottoman avait entendu maintenir
après la cession d'administration de la Bosnie-Herzégovine à
l'Empire austro-hongrois. L'évolution a néanmoins été irréversible.
S'agissant du Kosovo, ce n'est pas seulement le droit de
souveraineté qui a été suspendu sine die, mais aussi le droit
à la souveraineté. La Serbie ne peut prétendre en effet au
rétablissement de sa souveraineté sans l'approbation du Conseil de
sécurité et cette issue n'est généralement pas considérée comme une
option crédible. Cette opposition des droits qu'évoque Karine
Rinaldi semble, en définitive, bien déséquilibrée puisqu'elle joue
largement au profit du droit à l'autodétermination. La Communauté
internationale devra choisir entre l'absence de solution et la
solution. Autant dire que le choix n'existe pas.
La situation du Kosovo n'est en
rien comparable à celle de la Tchétchénie, parce qu'un transfert de
compétence à l'ONU a été opéré. Il a été intégral et sans limite de
durée. Il est comparable dans son objet et sa portée à une cession
d'administration consenti par un Etat. La Serbie a conservé
l'essence de la souveraineté et elle peut bien s'enivrer de son
parfum, mais la souveraineté au Kosovo est à conquérir par la
population de ce territoire (PW). |

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Sahara occidental : le
Maroc présente son nouveau plan d’autonomie
Tidiani COUMA
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L'Ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies a
remis, le 11 avril 2007 à New York, au secrétaire général de l'ONU, M.Ban
Ki-Moon, le
document
portant "initiative marocaine pour la négociation d'un statut d'autonomie
pour la région du
Sahara Occidental, ancienne
colonie espagnole.
La République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée en 1976, fait
partie de l’Union africaine depuis 1984 –ce qui a provoqué immédiatement
le retrait du Maroc de cette organisation- mais elle n’est pas membre de
l’Onu.
L’ONU se saisit de cette épineuse question à quelques jours
de l'expiration du mandat de sa Mission pour le référendum au Sahara
occidental (MINURSO)
prévue pour le 30 avril. L’alternative, autonomie au sein du Maroc ou
autodétermination du peuple sahraoui, sera à nouveau au centre des
discussions de l’Organisation des Nations unies le 20 avril prochain, dix
jours avant l’expiration du mandat de la Minurso.
Le
Conseil royal consultatif des affaires sahariennes (Corcas) est resté
discret sur le contenu du plan. L'organisme marocain, créé par Hassan II
dans les années 1970 puis dissous avant d'être remis en place par son fils
Mohamed VI en mars 2006, a planché pendant six mois sur le document. Le
ministère marocain de la Communication s’est contenté pour sa part de
rappeler les trois axes sur lesquels le Corcas avait travaillé : «La
souveraineté du Maroc, la prise en compte des particularités sociales et
culturelles de la région et des critères internationaux en matière
d’autonomie».
Il n’y a guère de surprise puisque ces principes étaient déjà énoncés dans
la proposition, qualifiée de «troisième voie» que le Maroc avait élaborée
en 2001 et qui avait été reprise dans un rapport des Nations unies en juin
de la même année (voir).
Dans les faits, il s’agit d’accorder un Parlement, un gouvernement et une
autorité judiciaire autonome au Sahara occidental, dans le respect des
lois marocaines.
Autorisé à collecter les taxes, le gouvernement sahraoui gèrerait le
commerce, les transports, la sécurité intérieure, le logement,
l’industrie, l’éducation, la culture, le Maroc se réservant la défense, le
contrôle des frontières et les relations extérieures.
Le Front Polisario qui mène la lutte pour l'indépendance du peuple
sahraoui depuis 1973, avait à l'époque rejeté ce plan d'autonomie, qui
excluait un référendum sur l'autodétermination des Sahraouis et entérinait
l'occupation du territoire du Sahara occidental par les Marocains.
Le Maroc n'en est pas à sa première version d'un projet d'autonomie
sahraouie au sein du Royaume. En décembre dernier, alors que le Corcas
mettait un point final à la proposition royale, son président expliquait
que «l'autonomie
est une forme d'application de l'autodétermination». Le
Front Polisario réclamant l'autodétermination, l'autonomie devrait donc le
satisfaire.
Réactions :
L'Espagne, l'ancienne puissance coloniale du Sahara occidental, parle du
projet marocain d’autonomie présenté ce mardi comme d’un «canal
de dialogue».
La France, impliquée depuis la fin des années 50 dans cette région
d'Afrique, évoque le «caractère
constructif de la démarche marocaine»
(voir).
Les Etats unis ont qualifié, mercredi, de "sérieuse et crédible"
l'initiative marocaine pour la négociation d'un statut d'autonomie au
Sahara
(voir).
Des membres du Congrès américain ont envoyé une lettre au président George
Bush, formulant le vœux que son administration continuera à soutenir «le
droit à l’autodétermination du Sahara occidental, en faisant avancer le
droit à une solution juste et finale qui apporterait la paix et la
stabilité dans cette partie du monde».
Le président du Parlement norvégien, Thor Bjorn Jagland, lors d'une visite
à Rabat (Maroc), le 3 avril dernier a déclaré : «Nous
considérons qu'il est important d'avoir une nouvelle initiative à même
d'ouvrir un dialogue»
entre les parties en conflit.
Le chef du
front polisario qui défend les intérêts du peuple sahraoui,
Mohamed Abdelaziz, a d’ores et déjà dénoncé «l’adhésion
dangereuse»
des Espagnols au plan d’autonomie marocain et critiqué la position de la
France «qui
fait fi de la légalité internationale et fournit un soutien inconditionnel
à l’aventure coloniale marocaine au Sahara occidental».
Mohamed Abdelaziz, qui assure parallèlement les fonctions de président
de la République sahraouie, a également interpellé la communauté
internationale, pour qu’elle «assume
entièrement sa responsabilité»,
en lui demandant d’amener le Maroc à revenir au respect des précédentes
décisions de l’Onu et à «protéger
les Sahraouis».
Le Polisario dénonce régulièrement les discriminations dont sont victimes
les Sahraouis de la part des autorités marocaines qui occupent, selon lui,
les trois quarts du pays depuis bientôt trente ans.
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New York, 14/04/2007 (SPS) Le Front Polisario s’est déclaré
"satisfait" du rapport présenté par le Secrétaire général de l’ONU,
Ban Ki-moon, au Conseil de sécurité "en ce qu'il constitue une
nouvelle preuve de l'attachement des Nations unies à la légalité
internationale à travers la réaffirmation du droit du peuple
sahraoui à l'autodétermination".
suite
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Patrimoine mondial : les sites en
péril à cause des changements climatiques
Danilo
COMBA |
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En
2005 une décision du
Comité du patrimoine mondial soulignait l’importance d’étudier
l’impact des changements climatiques sur les sites du patrimoine mondial.
Après
le rapport de 2006, dans lequel 50 spécialistes ont
présenté une «
Prévision et gestion des effets des changements climatiques sur le
patrimoine mondial » et une «
Stratégie pour aider les Etats parties à mettre en œuvre des réactions
de gestion adaptées (fondées sur des actions préventives, des
actions correctives, le partage des connaissance) », voir
Sentinelle, un nouveau document qui analyse 26 sites particulièrement
importants et fragiles a été publié.
Intitulé «
Etudes de cas sur les changements climatiques et le patrimoine mondial
», le rapport illustre les dangers auxquels sont confrontés les 830 sites
inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, en prévoyant cinq chapitres
qui traitent :
·
des glaciers ;
leur fonte a des incidences sur la physionomie de sites inscrits sur la
Liste pour leur beauté exceptionnelle et détruit l'habitat d'espèces rares
(par exemple le léopard des neiges dans le Parc national de Sagarmatha au
Népal, indique l'UNESCO) ;
·
de la biodiversité
marine ;
70% des coraux des grands fonds marins de la planète subiront les
conséquences des transformations environnementales liées à l'élévation des
températures et à l'acidification croissante des océans d'ici 2100 ; 58%
de ces coraux seraient menacés ;
·
de la biodiversité
terrestre ;
biodiversité en danger du fait de la diminution des habitats
bioclimatiques en conséquence du réchauffement climatique et de
l'évolution des précipitations, entrainant ainsi une modification de la
distribution des espèces, (y compris les espèces « envahissantes »), et
des cycles biologiques (floraison, relations entre prédateurs et proies,
etc.) ;
·
des sites
archéologiques ;
les modifications qui sont en train de se produire ont des conséquences
également au niveau de la chimie du sol, ayant une incidence sur la
conservation des vestiges archéologiques ; encore l'élévation du niveau de
la mer, aura elle aussi de lourdes conséquences sur ces patrimoines ;
·
des villes et
peuplements historiques ;
selon ce rapport, l'élévation du niveau de la mer et les inondations dues
aux changements climatiques pourraient avoir des effets dévastateurs sur
les bâtiments et le tissu social des villes et peuplements historiques
(par exemple Tombouctou au Mali, Ouadi Qadisha et la Forêt des
cèdres de Dieu au Liban).
Thématique symbole de l’inter-dépendance des activités et des politiques,
on admet que le changement climatique constitue l'un des défis majeurs (Sentinelle)
de ce nouveau siècle ayant des répercussions environnementales,
économiques, sociales potentielles, mais également, bien évidement,
culturelles et artistiques.
Ce
nouveau rapport pourrait conduire l’UNESCO à insérer d’autres biens dans
la
Liste du patrimoine mondial en péril, selon les dispositions de
l’article 11.4 de la Convention de 1972 (à noter comme cet article ne cite
pas les mots « environnement » ou « changements climatiques »).
Convention de 1972
(article 11.4). Le Comité établit, met à jour et diffuse, chaque fois
que les circonstances l'exigent, sous le nom de "liste du patrimoine
mondial en péril", une liste des biens figurant sur la liste du patrimoine
mondial pour la sauvegarde desquels de grands travaux sont nécessaires et
pour lesquels une assistance à été demandée aux termes de la présente
convention. Cette liste contient une estimation du coût des opérations. Ne
peuvent figurer sur cette liste que des biens du patrimoine culturel et
naturel qui sont menacés de dangers graves et précis, tels que menace
de disparition due à une dégradation accélérée, projets de grands travaux
publics ou privés, rapide développement urbain et touristique, destruction
due à des changements d'utilisation ou de propriété de la terre,
altérations profondes dues à une cause inconnue, abandon pour des raisons
quelconques, conflit armé venant ou menaçant d'éclater, calamités et
cataclysmes, grands incendies, séismes, glissements de terrain, éruptions
volcaniques, modification du niveau des eaux, inondations, raz de marée.
Le Comité peut, à tout moment, en cas d'urgence, procéder à une nouvelle
inscription sur la liste du patrimoine mondial en péril et donner à cette
inscription une diffusion immédiate.
Extrait de la déclaration du Directeur Général de l’UNESCO :
The fact that
climate change poses a threat to the outstanding universal values of World
Heritage sites has several implications for the implementation and
monitoring of the 1972 World Heritage Convention. Lessons learnt at
several sites worldwide show the relevance of designing and implementing
appropriate adaptations measures. Research at all levels would also have
to be promoted in collaboration with the various bodies involved in
Climate Change work, especially for cultural heritage where the level of
involvement of the scientific community should be reinforced. The global
network of the World Heritage sites is ideally suited to build public and
political support through improved information dissemination and effective
communication on the subject, given the high profile nature of these
sites.

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France, ratification du septième protocole
additionnel à la constitution de l’Union postale universelle
Noémie SIMONEL
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Le 11 avril 2007, le Ministre des Affaires
étrangères a présenté
un projet de loi visant
à approuver le septième protocole additionnel de la constitution de
l’Union postale universelle.
La France est membre l'Union postale
universelle depuis sa création en 1875.Son siège est à Berne en
Suisse.
L'Union postale universelle est une
organisation internationale dépendant des Nations unies depuis 1958.
Elle est composée de cent quatre-vingt-dix pays et elle a tenu du 15
septembre au 5 octobre 2004 son 23ème congrès en Roumanie, à
Bucarest.
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L'UPU
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Le Congrès
Le congrès, organe suprême de l'Union, se
réunit tous les quatre ans et rassemble l'ensemble des pays membres.
Il dispose de toutes les compétences qui n'ont pas été expressément
confiées à un autre organe (conseil d'administration et conseil
d'exploitation postale). Cet organe exerce essentiellement des
compétences législatives et certaines compétences administratives.
Son rôle principal est de procéder à la révision des actes de l'UPU
régissant les services postaux internationaux. Ces actes sont soumis
soit à une procédure de ratification, soit à une procédure
d'approbation. Les actes adoptés au congrès de Bucarest sont entrés
en vigueur un an après leur adoption, soit le 1er janvier 2006.
Le droit de l'UPU:
- la Constitution et ses protocoles
additionnels qui constituent l'acte fondamental de l'Union et
comprennent les règles organiques de l'Union;
- le règlement général qui comporte les
dispositions assurant l'application de la Constitution et le
fonctionnement de l'Union. Il est obligatoire pour tous les
pays-membres
- la convention postale universelle et son
règlement d'exécution qui comportent les règles communes applicables
au service postal international et les dispositions concernant les
services de la poste aux lettres et des colis. Ces actes sont
obligatoires pour tous les pays membres
- les arrangements de l'Union et leur
règlement d'exécution qui règlent les services autres que ceux de la
poste aux lettres entre les pays membres qui y sont Parties. Ils ne
sont obligatoires que pour ces pays. Les règlements d'exécution qui
contiennent les mesures d'application nécessaires à l'exécution de
la convention et ses arrangements sont arrêtés par le conseil
d'exploitation postale compte tenu des décisions prises par le
congrès,
- les protocoles finals éventuels annexés
aux actes de l'Union qui contiennent les réserves à ces actes.
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Apport du 23ème congrès de
Bucarest (2004) |
- l'élection de M. Edouard DAYAN au poste
de directeur général de l'Union postale universelle, premier
Français élu à cette haute fonction depuis l'origine de l'Union,
- la création d'un comité consultatif dont
les membres ont le statut d'observateur. Ce comité permet ainsi
l'ouverture de l'Union à de nouveaux partenaires manifestant un
intérêt pour les services postaux: fédération de coursiers
internationaux, d'industriels et de fabricants, organisations non
gouvernementales, associations diverses, consommateurs, syndicats de
personnel.
La France a été réélue au conseil
d'exploitation postale mais n'a pu se représenter au conseil
d'administration, ayant accompli deux mandats successifs.
Les principaux acquis de ce congrès ont
été l'introduction, à l'initiative de la France, d'un nouvel énoncé
des missions de l'UPU dans le préambule de la Constitution, de
l'introduction de la définition de concepts postaux, de la fixation
de l'intervalle entre deux congrès à quatre ans limitant ainsi les
mandats du directeur général et du vice-directeur général, d'une
procédure relative aux réserves aux actes. Le règlement général
devient permanent et fera à l'avenir l'objet de protocoles
additionnels. Une refonte de la convention postale universelle et de
l'arrangement concernant les services de paiement de la poste a été
adoptée par le congrès.
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Contenu du septième protocole
additionnel |
L'article 1er du protocole additionnel
complète le préambule de la Constitution de l'UPU en y introduisant
un nouvel énoncé des missions de l'UPU:
«En vue de développer les communications
entre les peuples par un fonctionnement efficace des services
postaux et de contribuer à atteindre les buts élevés de la
collaboration internationale dans les domaines culturel, social et
économique…
L'Union a pour vocation de stimuler le
développement durable de services postaux universels de qualité,
efficaces et accessibles, pour faciliter la communication entre
habitants de la planète en:
-garantissant la libre circulation des
envois postaux sur un territoire postal unique composé de réseaux
interconnectés;
- encourageant l'adoption de normes
communes équitables et l'utilisation de la technologie;
- assurant la coopération et l'interaction
entre les parties intéressées;
- favorisant une coopération technique
efficace;
- veillant à la satisfaction des besoins
évolutifs des clients.»
L'article 2 de ce protocole additionnel
ajoute des définitions relatives au service postal, aux pays
membres, au territoire postal unique, à la liberté de transit, à
l'envoi de la poste aux lettres et au service postal international.
L'article 3 modifie l'article 22 de la
Constitution et a trait à la procédure des réserves aux actes. Il
précise que les dispositions de la Constitution et du règlement
général ne peuvent faire l'objet de réserves de la part des Etats
membres.
««1. La Constitution est l'Acte
fondamental de l'Union. Elle contient les règles organiques de
l'Union et ne peut pas faire l'objet de réserves.
2. Le Règlement général comporte les
dispositions assurant l'application de la Constitution et le
fonctionnement de l'Union. Il est obligatoire pour tous les
Pays-membres et ne peut pas faire l'objet de réserves.
3. La Convention postale universelle, le
Règlement de la poste aux lettres et le Règlement concernant les
colis postaux comportent les règles communes applicables au service
postal international ainsi que les dispositions concernant les
services de la poste aux lettres et des colis postaux. Ces Actes
sont obligatoires pour tous les Pays-membres.
4. Les Arrangements de l'Union et leurs
Règlements règlent les services autres que ceux de la poste aux
lettres et des colis postaux entre les Pays-membres qui y sont
parties. Ils ne sont obligatoires que pour ces pays.
5. Les Règlements, qui contiennent les
mesures d'application nécessaires à l'exécution de la Convention et
des Arrangements, sont arrêtés par le Conseil d'exploitation
postale, compte tenu des décisions prises par le Congrès.»
L'article 4 du protocole apporte des
modifications aux articles 30 et 31 de la Constitution visant à
limiter l'adoption des propositions au congrès aux pays ayant le
droit de vote et à préciser les règles relatives à la mise à
exécution de la convention et des arrangements.
Désormais «pour être adoptées, les
propositions soumises au Congrès et relatives à la présente
Constitution doivent être approuvées par les deux tiers au moins des
Pays-membres de l'Union ayant le droit de vote.»
L’article 5 prévoit que le règlement
général, la Convention et les Arrangements fixent les conditions
auxquelles est subordonnée l'approbation des propositions.
L’article 6 pour sa part, régit les
conditions d’adhésion des futurs membres de l’organisation
Selon l’article 7, le protocole
additionnel entrera en vigueur le 1er janvier 2006 pour une durée
indéterminée. |
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Belgique
Projet de
loi portant assentiment aux Actes internationaux suivants: 1° le
Septième Protocole additionnel à la Constitution de l'Union postale
universelle; 2° le Règlement général de l'Union postale universelle;
3° la Convention postale universelle et le Protocole final, et 4°
l'Arrangement concernant les services de paiement de la poste, faits
à Bucarest le 5 octobre 2004
DOSSIER LEGISLATIF
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