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Suites à donner aux textes issus du Sommet de l’ONU
de 2005 :
présentation du rapport du Secrétaire général sur la
réforme du système des Nations Unies
Sarah CASSELLA |
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Présentation du rapport |
Dans le contexte du programme élargi de réforme de l’ONU, Ban
Ki-moon a présenté, le 16 avril 2007 à l’Assemblée générale, ses
principales propositions en vue de parvenir à un fonctionnement
unifié du système des Nations Unies dans les domaines du
développement, de l’aide humanitaire et de l’environnement. Le
Secrétaire général, dans le
rapport qu’il a soumis aux États Membres, a décrit la façon dont
il envisage les
recommandations du Groupe de haut niveau (contenues dans le
rapport « Unis dans l’action ») sur la cohérence de l’action du
système des Nations Unies. Ces recommandations visent à mettre en
place une ONU plus cohérente et plus efficace. Ambitieuses et
réalistes, elles visent à faire en sorte que l’ONU fonctionne de
façon unifiée, partout dans le monde, dans les trois domaines visés,
ce qui devrait permettre de tenir compte des questions
intersectorielles que sont l’égalité des sexes, le développement
durable et les droits de l’homme. Ce Groupe avait été créé par
l’ancien Secrétaire général, Kofi Annan. Dans le
Document final du Sommet mondial de septembre 2005, les chefs
d’État et de gouvernement, reconnaissant que le système des Nations
Unies « représente un vivier unique de compétences et de ressources
pour les questions mondiales », avaient invité le Secrétaire général
à « entreprendre de renforcer encore la gestion et la coordination
des activités opérationnelles », en particulier « des propositions
visant à créer des entités plus étroitement gérées dans le domaine
du développement, de l’aide humanitaire et de l’environnement ». En
février 2006, Kofi Annan avait demandé à un groupe d’éminentes
personnalités internationales, de l’aider à répondre à cette
requête. Les 15 experts de haut niveau de ce Groupe, coprésidé par
trois Premiers Ministres, Shaukat Aziz (Pakistan), Luísa Dias Diogo
(Mozambique) et Jens Stoltenberg (Norvège), avaient remis leur étude
au Secrétaire général en novembre 2006.
Dans son
discours de présentation, Ban Ki-moon a insisté sur l’importance
des propositions visant à améliorer l’efficience, la transparence et
la responsabilité, zones d’action constituant le cœur de la réforme
des Nations Unies et la pierre angulaire de ses priorités. La
réussite de l’approche « Une seule ONU » doit passer par une action
étroitement coordonnée entre l’Organisation et les États Membres.
Cette nouvelle approche permettrait aux pays en développement de
bénéficier d’une assistance de meilleure qualité et aux Etats
développés de justifier clairement de la manière avec laquelle leurs
ressources sont utilisées. Dans son rapport, le Secrétaire général
donne un aperçu de la manière dont il envisage les recommandations
du Groupe de haut niveau et propose les éléments de base de la
discussion des Etats sur cette étude. Dans un monde toujours plus
interdépendant, l’ONU doit être cohérente et forte pour répondre à
des besoins très divers. Toutefois, l’ONU n’est pas structurée de
manière optimale et elle doit pouvoir agir en tant qu’entité unique
dépassant la somme de ses parties. Elle devrait mettre à profit son
universalité, sa neutralité et sa capacité d’agir dans les domaines
de la sécurité, du développement et de l’aide humanitaire et faire
preuve de plus d’efficacité notamment dans ses rôles d’expert, de
superviseur, de coordonnateur et d’administrateur de
programmes. Elle devrait répondre aux divers besoins, intervenir en
tant qu’entité unique au niveau des Etats et mettre en place les
mécanismes de gouvernance, de gestion et de financement nécessaires
pour atteindre ces objectifs. Le Secrétaire général rappelle que le
principe fondamental est celui de l’appropriation des programmes par
les Etats. M. Ban Ki-moon observe en outre que le Groupe souligne à
juste titre la nécessité pour le système des Nations Unies d’axer
son action sur les résultats, l’exécution et la responsabilité. Il a
ainsi souligné que les Etats membres devront examiner un certain
nombre de questions liées à l’approche « Une ONU » :
-
le concept central de maîtrise des
programmes par les Etats ;
-
les pouvoirs et la responsabilité du
coordonnateur résident des Nations Unies et le rôle du Programme
des Nations Unies pour le développement (PNUD), en tant
qu’administrateur du système des coordonnateurs résidents, d’une
part, et dans sa fonction de programmation, de l’autre ;
-
dans le cadre de la réforme des
pratiques de fonctionnement de l’ONU, la modernisation des
procédures de planification des ressources humaines, de services
communs et d’évaluation ;
-
la création d’un poste de Secrétaire
général adjoint à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des
femmes, dont le titulaire dirigerait une structure unique
renforcée ;
-
la création d’une équipe spéciale
indépendante afin d’éliminer les doubles emplois au sein du
système des Nations Unies et de consolider les entités des Nations
Unies.
Le Secrétaire général a affirmé qu’il a l’intention de travailler en
étroite consultation avec les États Membres, la Présidente de
l’Assemblée générale et les organes intergouvernementaux
concernés. Il a demandé au Sous-secrétaire général de superviser et
d’appuyer l’application du programme de réforme visant à renforcer
la cohérence à l’échelle du système. En vue de gérer des «
programmes de pays unifiés », le Groupe de Haut niveau a recommandé
la mise en œuvre de programmes pilotes pour tester l’approche « Une
ONU » sur le terrain, dans le but de renforcer les activités
opérationnelles de développement du système des Nations Unies dans
les domaines économique et social.
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réactions des etats |
Lors du débat qui a suivi la présentation du rapport du Secrétaire
général, la plupart des Etats ont souligné la nécessité de faire
converger l’examen des mesures proposées par le Groupe de haut
niveau et les processus de réforme de l’ONU en cours. L’unification
du système de l’ONU en vue de mener des opérations en faveur du
développement a été au centre des déclarations des États Membres
réunis en plénière de l’Assemblée générale le 17 avril 2007. Pour le
représentant du Pakistan (au nom du Comité mixte de
coordination, du Groupe des 77 et du Mouvement des pays non alignés),
la réforme des activités opérationnelles de l’ONU pour le
développement doit être guidée par l’examen intergouvernemental, tel
que convenu et en tenant compte de la
résolution 59/250 de l’Assemblée générale. À cet égard, la
réforme de ces opérations doit pouvoir s’appuyer sur un financement
adéquat. La représentante de la France, a soutenu l’objectif
d’unité prôné par le Groupe de haut niveau qui permettre de donner
vie au principe d’appropriation des programmes par l’Etat, ce qui
nécessitera notamment l’adaptation des donateurs. Il faut que
l’expertise de l’ONU soit mieux exploitée au niveau des Etats, selon
le représentant de l’Allemagne, qui s’exprimait au nom de l’Union
européenne. Selon l’Inde, la réforme doit avoir pour
objectif de favoriser un système plus réceptif aux besoins des pays
en développement. La cohérence, l’approche « Une seule ONU » ne sont
pas une fin en soi et il ne faut donc pas détourner l’ONU de
son travail sur les questions humanitaires. Le représentant de la
Suisse a jugé que le principe essentiel de l’appropriation des
programmes par les Etats concernés eux-mêmes était une condition
incontournable de la réussite de ces programmes. La délégation des
Pays-Bas a également estimé que l’avantage du concept « une
seule ONU » était qu’il renforce cette notion d’appropriation au
niveau national. « Une ONU » doit se concevoir avec le gouvernement,
le parlement, la société civile et le secteur privé de l’Etat
concerné. Le représentant néerlandais a ajouté que le processus de
réforme dans lequel se lançaient les Nations Unies ne devait en
aucun cas introduire de nouvelles conditionnalités dans l’assistance
au développement à apporter aux États. Cela ne doit pas entraîner
des coupes budgétaires, car toute économie réalisée grâce à une
coopération améliorée devrait bénéficier au programme-pays mis en
œuvre au profit d’un Etat Membre. Des délégations, comme celle du
Bénin, ont exprimé un certain nombre de préoccupations face au
risque d’érosion des mandats onusiens qui pourrait se produire si
l’implantation de superstructures centralisées à l’échelle des Etats
venait à saper la portée de programmes et initiatives de
développement qui y sont mis en œuvre depuis plusieurs années. Le
renforcement de la cohérence du système de l’ONU doit se faire au
seul profit d’une aide accrue aux États, afin que ceux-ci aient les
moyens de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement
et surtout afin que les PMA puissent atteindre les objectifs qui ont
été fixés dans le Programme d’action de Bruxelles pour la décennie
2001-2010. D’autres délégations ont mis l’accent sur les conditions
dans lesquelles devra s’effectuer l’examen intergouvernemental
détaillé des recommandations du Groupe de haut niveau. La
représentante de la Colombie a ainsi déclaré que cet examen
devrait tenir compte des processus de réforme du système des Nations
Unies existants, en particulier l’examen triennal des activités
opérationnelles de développement. Elle a également plaidé en faveur
de la tenue d’un dialogue informel au cours duquel les observations
du Groupe de haut niveau et du Secrétaire général seraient étudiées
en tant que première étape du processus (v. toutes les
déclarations).
Dans ses remarques de clôture, la Présidente de l’Assemblée
générale, Sheika Haya Rashed Al Khalifa, a souhaité que le
processus de consultations entre Etats membres sur cette question
soit mené dans un esprit pragmatique, souple et axé sur la recherche
de résultats concrets.
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Danilo COMBA |
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Le Secrétaire
Général Ban Ki-Moon vient de souligner l’importance que revêt à
l’heure actuelle la thématique des changements climatiques. Dans ces
affirmations le nouveau Secrétaire se place sur la même longueur
d’onde que son prédécesseur, (M. K. Annan, qui prônait en la matière
un engagement plus profond des Etats),
se félicitant par ailleurs de la publication des conclusions du
Groupe de travail II du GIEC (voir à ce propos la note de
Sentinelle de cette semaine concernant lesdites conclusions).
Le plus haut
responsable des Nations Unies dans son discours s’adresse
directement au Conseil de Sécurité : « Le Conseil de sécurité a un
rôle à jouer pour agir avec les autres organes intergouvernementaux
afin de lutter
contre les causes profondes des conflits, parmi lesquelles
figurent les conséquences économiques et politiques des changements
climatiques ».
Action politique
ou plutôt expression des compétences relatives des Organes des
Nations-Unies ? Est-ce que le consensus désormais existant sur la
question de l’influence humaine dans les changements climatiques, un
consensus sans pour autant qu’il existe une reconnaissance commune
sur le niveau de cette influence anthropogénique, et le fort rôle
que jouent les N.U. dans ce sujet (en particulier grâce au réseau de
la CCCC), pourraient-ils rendre le Conseil de Sécurité compétent
dans cette bataille ? Si oui, cela est-il envisageable ?
Cette semaine le Conseil de Sécurité s’est réuni pour la première
fois pour débattre de cette thématique. Cet aspect témoigne de
l’intérêt que peut porter le Conseil à traiter des changements
climatiques. Cependant l’intérêt que le Conseil y porte ne signifie
pas pour autant qu’il ait une compétence. C’est qu’avancent les
« détracteurs » présents dans son enceinte.
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Compétences du Conseil de Sécurité
selon la Charte |
Si l’AG, par son
article 10 (Chapitre
4 de la Charte), trouve une compétence étendue qui lui a permis
de traiter de ces questions depuis longtemps (par tradition
consolidée, on fait remonter la naissance du droit international de
l’environnement à 1972, suite à la Conférence de Rio organisée par
l’Assemblée Générale), le Conseil de Sécurité voit son rôle se
manifester tout particulièrement dans les questions les plus
essentielles de la Communauté Internationale : la sécurité
internationale et le maintien de la paix.
Il peut-être
utile de reprendre l’article 24 de la Charte qui traite des
Fonctions et Pouvoirs du Conseil :
1.
Afin d'assurer l'action rapide et efficace de l'Organisation, ses
Membres confèrent au Conseil de sécurité la responsabilité
principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales
et reconnaissent qu'en s'acquittant des devoirs que lui impose
cette responsabilité le Conseil de sécurité agit en leur nom.
2.
Dans l'accomplissement de ces devoirs, le Conseil de sécurité agit
conformément aux buts et principes des Nations Unies. Les pouvoirs
spécifiques accordés au Conseil de sécurité pour lui permettre
d'accomplir lesdits devoirs sont définis aux Chapitres VI, VII, VIII
et XII.
3.
Le Conseil de sécurité soumet pour examen des rapports annuels et,
le cas échéant, des rapports spéciaux à l'Assemblée générale.
Ces pouvoirs se
rattachent aux fonctions qui sont « dévolues » à cet Organe,
fonctions qui par ailleurs trouvent leurs raisons d’être dans les
articles 1 et 2 de la Charte traitant des buts et principes au
fondement des Nations Unies.
On cherche donc à
« Maintenir la paix
et la sécurité internationales et à cette fin prendre des mesures
collectives efficaces en vue de prévenir et d'écarter les
menaces à la paix, et réaliser, par des moyens
pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit
international, l'ajustement ou le règlement de différends ou
de situations, de caractère international, susceptibles de
mener à une rupture de la paix;
De développer des
relations amicales (…) et prendre toutes autres mesures
propres à consolider la paix du monde; réaliser la coopération
internationale en résolvant les problèmes internationaux d'ordre
économique, social, intellectuel ou humanitaire ; (…).
Se pose alors
cette question essentielle : les changements climatiques
constituent-ils une menace pour la paix et la sécurité
internationale ?
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Les changements climatiques
constituent-ils un enjeu de sécurité internationale ? |
Une lecture des
changements climatiques en tant que menace à la paix peut paraître
incertaine, (en particulier à ce stade où la reconnaissance étatique
de l’influence humaine est encore édulcorée), et surtout à caractère
« abstrait ». Toutefois, la « grande » question environnementale se
rattache aux problématiques de la croissante demande de l’énergie et
de sa relative disponibilité, de la réduction des réserves d’eau,
des problématiques liées à l’immigration, de la sécheresse ou des
inondations. Nous notons que dans la séance du mardi 17 avril le
Conseil de Sécurité a traité, sur initiative du Royaume-Uni,
de la question des changements climatiques et des relations entre
énergie, climat et sécurité.
Dans le document
de presse disponible sur le site de l’ONU il est souligné que « Les
États Membres sont divisés sur le rôle que pourrait jouer le Conseil
dans ce domaine ». Pour certaines délégations le
débat au
sein du système multilatéral sur les changements climatiques est un
facteur de multiplication des conflits (approche fragmentée pour une
question globale ?), pour d’autres la question de l’environnement et
du développement durable ne relève pas du mandat du Conseil (Chine,
Etats-Unis, Russie).
En effet, si l’on reconnaît
un intérêt de sécurité dans ces thématiques on ne pourra pas nier la
« responsabilité principale » des Membres du Conseil, selon
le même article 24. Les Etats, ou au moins une partie d’entre eux,
éprouvent des difficultés à admettre cette responsabilité qui
pourrait représenter à court terme une menace pour leurs politiques
de croissance. Dès lors, est-ce que l’autonomie conventionnelle de
ces Etats dans le cadre CCCC pourra en résulter limitée ? S’ils
restent, bien évidement, souverains dans ces politiques, ces Etats
comme toute leur politique ne peuvent pas, sur la base des premiers
articles de la Charte, subir de contrainte à leurs libre
détermination. Pourront-ils par contre être limités dans leur action
autonome en tant que membres du Conseil ? Ne faut-il pas voir dans
l’implication du Conseil de sécurité notamment pour les pays
industrialisés, une méthode d’échapper à une reconnue responsabilité
majeure dans les changements climatiques, devenant question de
sécurité internationale ?
Ainsi, le débat se pose
avant tout, et peut-être plus simplement, au niveau politique :
« Pour la majorité des pays,
dont la Chine, l’Afrique du Sud, le Pakistan et les autres États du
Groupe des 77, bien que les changements climatiques puissent avoir
des répercussions sur la sécurité, ils sont à ranger en priorité
dans les questions de développement durable et de sauvegarde de
l’environnement mondial.
Le Conseil de sécurité est loin d’être le cadre de prédilection pour
résoudre ce type de questions, ont souligné ces pays, en rappelant
que des forums spécialisés avaient été créés pour en débattre.
L’Égypte a estimé pour sa part que l’Assemblée générale, un
organe démocratique et représentatif de toute la communauté
internationale, est l’enceinte appropriée pour débattre de
cette question. Des pays producteurs d’énergie, comme le
Venezuela, ont tenu à rappeler que la question énergétique relevait
de la souveraineté des États et que chaque pays avait le
pouvoir de décider de l’utilisation de ses ressources naturelles et
de choisir sa politique énergétique. De nombreux pays en
développement ont accusé les pays industrialisés, principaux
pollueurs, de vouloir échapper à leurs responsabilités en liant
la question à la sécurité tout en prétendant imposer leur agenda
énergétique aux pays détenteurs de ces ressources sous le prétexte
du maintien de la paix et de la sécurité internationales ».
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L’action du Conseil dans les
changements climatiques est-elle envisageable? |
De
manière transversale plusieurs Etats, soit des pays industrialisés,
soit des pays en développement, soit encore des petits États
insulaires, ont exprimé des vues divergentes sur la capacité du
Conseil à se saisir de la question et à la traiter avec équité et
impartialité.
La séance
du Conseil n’a conduit à aucun document, ni action de suivi. Dans
cette inaction nous pouvons néanmoins souligner deux aspects
positifs :
-on ne
parle plus d’une absence de certitude dans ces changements et tous
les Etats reconnaissent, d’une manière plus contraignante ou plus
souple, qu’une action est nécessaire. Le fait que l’on avance cette
thématique dans « l’Organe » des Nations Unies est la démonstration
la plus évidente de son importance et de la reconnaissance qui
lui a été faite.
-la
nécessité d’une conjonction des efforts de l’ensemble des
institutions des Nations Unies est renforcée.
Par
contre si sa (future) participation est remarquable et le Conseil
pourrait donner l’élan nécessaire à une thématique qui, dans sa
construction institutionnelle, manque encore d’efficacité, il
apparaît autrement essentiel qu’il ne se substitue pas aux réseaux
existants. Aadopter un cadre exécutif restreint (une sorte de
directoire pour les enjeux climatiques ayant désormais une dimension
de sécurité internationale), serait certes préférable à une approche
volontariste d’accords bilatéraux, il serait néanmoins contraire aux
efforts qui sont consentis par ailleurs pour que les exigences des
différents Etats soient dûment pris en compte.
Si les changements climatiques devenaient une question de sécurité
internationale ne s’agirait-il pas d’une méthode pour échapper à une
responsabilité majeure dans les changements climatiques, notamment
pour les pays industrialisés ?
Il nous
semble et nous souhaitons que le Conseil puisse jouer un rôle
formidable pour la promotion, l’amélioration et le renforcement du
cadre multilatéral existant.
La séance
a été l’occasion pour que d’autres propositions « à caractère
novateur » soient présentées:
Le Ministre des
affaires étrangères de la Slovaquie a quant à lui suggéré au Conseil
d’inclure dans ses futurs rapports une section consacrée aux menaces
possibles qui seraient considérées comme le pendant sécuritaire des
changements climatiques.
Le représentant du
Japon suggérait l’élaboration par le Secrétaire général de
recommandations sur la manière dont le système des Nations Unies
peut s’organiser et renforcer ses capacités afin de répondre à ces
défis avec efficacité.
Désormais
la question centrale dans la lutte contre les changements
climatiques est celle des moyens. A ce propos, nous pouvons
souligner l’importance du GIEC dans ce processus. Par ailleurs,
l’idée d’une transformation du PNUE en ONUE se renforce, devenant
également le cadre de référence qui peut garantir les différents
Etats une plus grande équité et impartialité dans la prise de
décisions ayant un caractère multilatéral.
***
L’intérêt
de cette analyse, les effets qui peuvent se produire en conséquence
d’une plus forte reconnaissance dans toute politique
économique-sociale du « pilier environnemental », son influence et
la naissance de nouveaux paramètres (comme celui du « changement
climatique ») qui vont jusqu’à suggérer une nouvelle interprétation
des références traditionnelles dans l’interprétation des pouvoirs du
Conseil de Sécurité (ou encore à donner un nouveau souffle à
l’interprétation de l’article 1.3 de la Charte en vue d’établir,
comme le Président de la République française avait avancé,
une révolution des modes de vie et des modes de production,
« une sorte de nouveau ordre économique » en somme), représentent
tous des facteurs qui souligne l’utilité que le Conseil de Sécurité
s’engage lui aussi dans cette thématique. Par ailleurs ces aspects
dépassent les limites structurelles de cette note ; on aura ainsi
occasion d’y revenir... (D.C.)
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Observations (PW) |
Danilo
Comba s'est forgé une conviction sans prendre en compte les
explications fournies par les Etats européens qui ont initié ce
premier débat devant le Conseil de sécurité, le Royaume-Uni en
particulier.
Il
n'est évidemment pas question de faire de l'organe du maintien de la
paix un cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.
Toutefois, quelles que soient les politiques qui seront mises en
oeuvre sur le plan international, elles ne pourront pas stopper un
changement qui est déjà en cours. L'enjeu actuel de la lutte est
seulement d'éviter l'aggravation de ce processus de modification des
climats. D'ores et déjà, il apparaît donc indispensable de gérer les
conséquences d'un fait inéluctable. Il faudra nécessairement
s'adapter aux modifications du milieu provoquées par les climats. En
réalité, toutes les politiques internationales, le développement en
particulier, devront tenir compte de la transformation des
conditions de vie pour les populations.
Cette
nécessité s'impose dans la politique de prévention des menaces à la
paix et à la sécurité internationales qui, d'ailleurs, ne relève pas
exclusivement du Conseil de sécurité (cf. la consolidation de
la paix, voir l'intervention
du représentant des Etats-Unis qui privilégie le cadre du G8).
En effet, une crise internationale peut être analysée comme un état
de stress au sein d'une communauté d'individus. Les causes d'une
telle situation sont évidemment complexes, mais on identifie assez
bien des facteurs récurrents d'instabilité, notamment la compétition
pour la terre et pour l'eau ou bien les déplacements massifs de
population. Le changement climatique accroîtra les facteurs de
crise (PW).
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UK. MARGARET BECKETT
AT UN SECURITY COUNCIL CLIMATE CHANGE
DEBATE (17/04/07) |
Our responsibility in
this Council is to maintain international peace and security,
including preventing conflict. An unstable climate risks some of the
drivers of conflict – such as migratory pressures and competition
for resources – getting worse. The Stern Report speaks of a
potential economic disruption on the scale of the two World Wars and
the great depression. That alone will inevitably have an impact on
all of our security – developed and developing countries alike.
So today is about the
world recognising that there is a security imperative, as well as
economic, developmental and environmental ones, to tackling climate
change. And for us begin to build a shared understanding of the
relationship between energy, climate and security.
We are not in this
debate seeking to pre-empt the authority of those institutions and
processes where action is being decided – the General Assembly, the
Economic and Social Council and its subsidiary bodies, the UN
agencies and, of course, the UNFCCC: having been the UK's lead
negotiator in that body for five years, I am the last person who
would undermine it.
But the decisions we
come to and the action we take in all those fora will be better,
stronger and more effective if they are informed by the fullest
possible understanding of all the implications of climate
change. I look forward to this unprecedented debate.
(suite)
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DEBAT PUBLIC DU
CONSEIL DE SECURITE
SUR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE
INTERVENTION DE L'AMBASSADEUR,
REPRESENTANT PERMANENT DE LA FRANCE
AUX NATIONS UNIES |
"Il est (...) bien dans
le mandat du Conseil de sécurité de prévenir les conflits, dont les
perspectives, ainsi que je viens de le souligner, sont
malheureusement plus que probables. Il est, en conséquence, de son
devoir de jouer son rôle.
Nous devrions, à cet
égard, réfléchir à ce qui pourrait être entrepris en terme de
diplomatie préventive, en liaison avec le Secrétaire général. Dans
ce cadre, ce dernier pourrait diriger ses efforts vers les régions
ou les zones où les menaces climatiques sont susceptibles d'avoir
des implications directes sur la paix. Une telle approche suppose
naturellement que les conséquences du changement climatique soient
intégrées dans les analyses de risques élaborées par le Secrétariat.
L'impact du changement
climatique devrait, en effet, être pris en considération par le
Conseil de sécurité. Dans sa contribution aux efforts visant à
régler les conflits, il est nécessaire qu'il puisse intégrer la
dimension liée à la disparition des ressources, dont on voit déjà,
notamment en Afrique, qu'elle constitue un facteur important de
conflits.
Au-delà du rôle du
Conseil de sécurité et du Secrétaire général, la prévention des
conflits passe par la mobilisation par la communauté internationale
de tous les instruments nécessaires pour soutenir les pays en
développement dans leurs efforts pour gérer durablement leurs
ressources naturelles et se préparer aux catastrophes naturelles.
Les Nations Unies peuvent y contribuer en favorisant l'intégration
des dimensions économiques, sociales et environnementales du
développement durable, tant il est clair que la pauvreté, la santé
humaine et la dégradation de l'environnement ne peuvent plus être
considérées comme des menaces isolées. C'est aussi pourquoi il est
urgent d'améliorer la gouvernance internationale de l'environnement,
comme le souhaite la France en proposant la création, à partir du
PNUE, d'une Organisation des Nations unies pour l'Environnement. Il
faut, en effet, être conscient que la communauté internationale ne
pourra pas gagner son combat contre le changement climatique et ses
effets sans mettre les instruments dont elle dispose en ordre de
marche".
(Voir)
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Soudan,
le
gouvernement accepte le déploiement de l'ONU au Darfour
Sabrina RAHMANI |
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Le
10 avril 2007, la Mission de l'ONU au Soudan (UNMIS)
a annoncé la 'finalisation' d'un accord avec le gouvernement du
Soudan sur le plan d'assistance des Nations Unies à l'Union
africaine (UA)
au Darfour, à l'exception d'un point relatif aux armements déployés.
En effet, la veille s’est tenue à Addis-Abeba, une réunion technique
de haut niveau à laquelle participaient des représentants du Soudan,
de l'UA et des Nations Unies, à conformément à ce qu'avaient prévu
le Secrétaire général et le président El-Bachir du Soudan, en marge
de la
Ligue des Etats arabes à Riyad.
Dans un communiqué publié à Khartoum, l'UNMIS a indiqué que les
réunions avaient permis des clarifications importantes de la part de
l'UA et de l'ONU sur la phase lourde de l'appui à la Mission de
l'Union africaine au Soudan (MUAS),
ainsi que des observations soulevées par le gouvernement du Soudan,
ainsi que de finaliser l'accord sur le module d'appui. Il est
également souligné dans le communiqué qu’il restait cependant un
point important sur lequel la délégation soudanaise poursuivra ses
consultations et à laquelle elle espère pouvoir rapidement donner
une réponse positive. La porte-parole du Secrétaire général, Mme
Michèle Montas, a précisé que le point important visait la
participation d'hélicoptères d'attaque tactique aux forces
conjointes de l'UA et de l'ONU.
Le
16 avril 2007 la porte-parole du Secrétaire général a rapporté
que le Conseil de sécurité a reçu une lettre du gouvernement
soudanais confirmant son acceptation des mesures de soutien de l'ONU
à l'UA au Darfour, y compris le déploiement d'hélicoptères de
combat. Le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, a estimé que c'était
un bon signe, alors qu'il s'apprêtait à entrer en consultations avec
le président de la Commission de l'UA, M. Alpha Oumar Konaré, aux
côtés de son Envoyé spécial, M.Jan Eliasson, et de l'envoyé spécial
de l'UA, M. Salim Ahmed Salim. La réunion avait pour objet de
poursuivre les consultations sur le déploiement de la force
conjointe de l'ONU et de l'UA. Par ailleurs, M. Ban Ki-moon a
rappelé que la situation humanitaire et sécuritaire au Darfour
restait difficile, alors que des affrontements interethniques au
Sud-Darfour et la reprise des bombardements aériens par le
gouvernement soudanais au Nord-Darfour ont été signalés. Dans un
message transmis par sa porte-parole, M. Ban Ki-moon s'est
déclaré encouragé et a annoncé qu'il souhaitait un déploiement
rapide, en étroite coopération avec l'UA. Il attend par ailleurs que
le gouvernement soudanais fournisse d'urgence les terrains et autres
infrastructures nécessaires au déploiement de 'l'appui lourd' à l'UA,
y compris la permission de rechercher des sources d'eau . De plus,
il a encouragé les pays qui fournissent des troupes et des
policiers, ainsi que les donateurs à se montrer généreux afin de
renforcer le plus rapidement possible l'opération de maintien de la
paix au Darfour. Il a aussi lancé un appel au cessez-le-feu immédiat
sur le terrain.
Le Conseil de sécurité, par la voie d'une déclaration à la presse, a
lui aussi salué la décision du Soudan d'accepter le déploiement de
l'ONU au Darfour.
De son côté, à l'issue des consultations avec les membres du
Conseil de sécurité,
M. Alpha Oumar Konaré a exprimé l'espoir que la mise en oeuvre
de l'accord accepté par le Soudan se fasse le plus vite possible. Il
a rappelé qu'un compromis avait déjà été réalisé sur l'aide
humanitaire. Il a ajouté qu’il fallait maintenant progresser sur le
plan politique. Le président a souligné que les troupes seront
empruntées en priorité auprès des pays africains et a souligné que
si ce n'est pas suffisant, les casques bleus seront recrutés. Il a
ajouté que le Soudan avait accepté le nombre de soldats total à
déployer.
Prenant la parole à son tour,
M. Jan Eliasson a insisté sur le soutien exprimé par le Conseil
de sécurité au processus de négociations politiques.
Daily
Press Briefing
Sean McCormack, Spokesman
Washington, DC
April 18, 2007
| QUESTION:
I know the President mentioned a draft resolution, a
resolution for sanctions if Bashir doesn't act. Tony Blair
said that discussions could begin tomorrow. Is that your
understanding as well?
MR. MCCORMACK: Well, this is going to be a joint
effort between the U.S. and the UK and we have already had
discussions between our two countries about what might be in
such a resolution. There are going to be ongoing diplomatic
discussions that get launched as early as tomorrow; for
example, Assistant Secretary Kristen Silverberg, who is
responsible for International Organization Affairs, is going
to be traveling to South Africa, who holds presidency of the
Security Council through the end of this month. And that kind
of diplomatic interaction is going to be replicated all around
the globe with the thought in mind that we may well have to
act on a Security Council resolution.
Everybody hopes that it doesn't get to that point and
President Bush made it very clear that President Bashir does
have some time. He has weeks. He has weeks in order to fully
meet the commitments that he signed on to in Addis Ababa and
we are going give Secretary General Ban some time to work with
the Sudanese authorities as well as others in the hope that
they will follow through on those commitments because it's
absolutely critical that that AU/UN hybrid force get into
Darfur. We talked a little bit over the past few days about
the importance of that and how that will help stabilize the
situation and will help allow humanitarian workers to do their
job, to bring some relief to the people in that region, and
ultimately help provide an environment where you can move
forward in implementing the Darfur Peace Agreement. So you're
not going to have an end to the large-scale violence and the
humanitarian catastrophe that we've witnessed in Darfur until
you have implementation of that political settlement.
QUESTION: Where do you stand in securing troop
commitments for -- you know, if Bashir said tomorrow I'll
accept this force?
MR. MCCORMACK: That's been slow going and there has
-- the response from the international community in that
regard up until this point has not been heartening, but that
is not entirely the fault of these potential individual donor
states. President Bashir has, through his unwillingness to
state clearly in public that the Sudanese Government would
allow in these forces, even for the heavy support package, has
been a stumbling block for these countries who might possibly
pledge troops. The bottom line is they don't want to go into a
non-permissive environment. I think everybody understands that.
So it is -- it ultimately comes back to President Bashir
and the Sudanese Government clearly stating that they accept
all three phases of the Addis Ababa agreement and acting on
those words, as the President made clear just today.
***
Quai d'Orsay
POINT DE PRESSE DU 19 AVRIL 2007
SOUDAN/DARFOUR
(La France est-elle favorable à une nouvelle résolution sur
le Darfour incluant des sanctions contre Khartoum, comme le
souhaitent les Etats-Unis et le Royaume-Uni ?)
Les engagements pris récemment par les autorités
soudanaises permettent une avancée vers la mise en place d'une
force hybride ONU-UA. Mais il faut que Khartoum apporte sa
pleine et entière coopération à leur mise en oeuvre.
Parallèlement, la priorité est de soutenir les efforts de
médiation, afin de parvenir à un accord politique garantissant
une solution durable, qui seule permettra l'acheminement de
l'aide humanitaire.
Mais le temps est compté. La communauté internationale doit
continuer à faire preuve de fermeté : si les autorités
soudanaises ne tiennent pas leurs engagements, il appartiendra
au Conseil de sécurité, comme l'a dit le président de la
République, de prendre d'autres mesures. C'est pourquoi nous
souhaitons qu'une discussion sur les sanctions se poursuive au
Conseil de sécurité des Nations unies.
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