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Retour du chaos en Somalie
Noémie SIMONEL
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Au vu de la
situation humanitaire
dramatique en Somalie,
le Conseil de Sécurité,
par la voie d’une déclaration présidentielle, faisant part de « sa grave
préoccupation » face à la reprise des combats et leur impact sur la
population civile, a appelé les parties à ouvrir un accès humanitaire et à
permettre le déploiement des troupes de l'Union africaine, l'AMISOM.
Cette intensification des combats a
annihilé le fragile cessez-le-feu fragile conclu le 1er avril 2007.
Selon le Coordonnateur
humanitaire, John Holmes, la situation est aggravée par
l’absence de coopération du gouvernement
fédéral de transition qui ne coopère pas,
notamment dans l’acheminement de l’aide humanitaire, « la distribution des
stocks de nourriture ou en n'autorisant pas l'atterrissage à certains
aéroports, ni le passage à certains postes de contrôle ».
« Aucune des parties au conflit ne
respecte le droit humanitaire ». Face à ces différents obstacles,
seulement 1/5 de la population reçoit
l’aide humanitaire.
Alors que la
situation ne cesse
de se détériorer, la communauté humanitaire est, de surcroît, confrontée à
de graves obstacles dans son travail d'assistance aux centaines de
milliers de personnes déplacées et aux autres groupes vulnérables sans
compter le trafic de personnes qui se structure en amont. L'insécurité, le
harcèlement, l'intimidation et même la détention de travailleurs
humanitaires «compromettent le caractère indépendant et impartial de
l'action humanitaire », a déploré John Holmes. .
Face à
cette situation de chaos,
le Président du Conseil de Sécurité pour le mois d’avril, Emyr Jones
Parry, du Royaume-Uni, au nom des 15 membres du Conseil de Sécurité
«déplorant profondément les pertes en vies humaines parmi la population
civile», a appelé toutes les parties
à mettre fin immédiatement aux hostilités
et à convenir d'un cessez-le-feu global ». Appelant à «redoubler d'efforts
pour acheminer une aide humanitaire d'urgence en Somalie, y compris
l'assistance nécessaire aux centaines de milliers de personnes déplacées
», le Conseil exige que le pouvoir central coopère en ce sens, afin de
favoriser la libre circulation de l'aide et des travailleurs humanitaires.
Face à la crise humanitaire, le
Coordonnateur humanitaire pour la Somalie, Eric Laroche, avait déjà
adressé la semaine dernière une «
lettre ouverte» aux
dirigeants somaliens, aux commandants militaires, aux anciens et aux
représentants communautaires, pour rappeler que Mogadiscio connaissait à
l'heure actuelle la pire situation en 16 ans de conflit. Il
réclamait, à cet égard, le respect de l'accès humanitaire par tous, y
compris les forces militaires éthiopiennes.
Au niveau politique, le
Conseil appelle aussi le gouvernement fédéral de Transition à reprendre le
dialogue avec «toutes les composantes de la société somalienne», et en
particulier, «son dialogue avec les clans à Mogadiscio».
Conquise l'année dernière par les
Tribunaux islamiques, la capitale a été reprise en janvier 2007 par une
alliance des forces du gouvernement fédéral de transition installé à
Baidoa et de l'armée éthiopienne, mais elle continue d'être le théâtre de
graves affrontements.
Dans son dernier
rapport sur la
Somalie, le Secrétaire général estimait que la recherche d'une solution
militaire aux problèmes de sécurité dans la capitale, actuellement ravagée
par les combats, serait « vraisemblablement
contreproductive et
susciterait des rancoeurs à long terme parmi certains clans et
communautés, compromettant les perspectives de réconciliation».
Face à ce constat, le Conseil de Sécurité
encourage le Secrétaire général et les pays de la région à offrir leurs
bons offices. Par ailleurs, le Conseil a évoqué la possibilité de «
prendre des mesures à l'encontre de ceux qui empêchent ou bloquent un
processus politique pacifique, menacent les Institutions fédérales de
transition en usant de la force ou travaillent à remettre en cause la
stabilité en Somalie ou dans la région», comme il l'avait évoqué dans sa
résolution 1744
(2007).
Par cette résolution, le Conseil de
sécurité, agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations
Unies, autorisait l'Union africaine à établir, pour une période de six
mois, une mission en Somalie (AMISOM)
dont le rôle doit consister à permettre d'assurer la liberté de mouvement,
les déplacements et la protection des participants au Congrès de
réconciliation nationale prévu dans ce pays.
Par ailleurs, «le
déploiement intégral
et effectif de la Mission de l'Union africaine en Somalie revêt une
importance capitale », réaffirme le Conseil dans sa présente déclaration.
Cet appel est d’autant plus
pressant que sur les 6000
hommes envisagés pour un déploiement plénier de l’Amisom, celle-ci ne
dispose que de 1000 soldats ougandais pour l’heure.
A cet égard,
le Conseil a
sollicité le Secrétaire général à «commencer sans attendre à établir
un plan d'action en vue d'une éventuelle mission des Nations Unies» qui
serait déployée si le Conseil de sécurité décidait de l'autoriser.
La Somalie est en état de guerre civile,
sans gouvernement central fonctionnel depuis près de 16 ans en dépit de
l'organisation de 14 initiatives de paix distinctes.

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