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Débat de haut niveau d’ouverture de la 62e session
de l’Assemblée générale : propositions sur la réforme de l’ONU
Sarah CASSELLA |
La 62e session de l’Assemblée générale des
Nations Unies s’est ouverte le 18 septembre à New York. Le débat
général annuel se déroule du 25 septembre au 3 octobre 2007 et il
dure ainsi non pas neuf jours ouvrables, comme c’est le cas
habituellement, mais sept, afin que le débat de haut niveau sur la
compréhension entre les religions et les cultures et la coopération
au service de la paix puisse se tenir les 4 et 5 octobre. Le débat
général s’articule autour du thème principal « Faire face aux
changements climatiques », proposé par le Président de la 62e
session, Srgjan Kerim. Ce dernier a expliqué dans sa
déclaration du 25 septembre, qu’il a identifié cinq domaines
prioritaires dont l’Assemblée générale devrait débattre pendant
cette session :
·
les changements
climatiques,
·
le financement
du développement,
·
les Objectifs
du Millénaire pour le développement (OMD),
·
la lutte contre
le terrorisme,
·
la cohérence du
système des Nations Unies, y compris la réforme du Conseil de
sécurité.
Le Secrétaire général Ban Ki-moon a affirmé dans sa
déclaration que « notre monde en changement a besoin d’une ONU
plus forte ». Trois mots d’ordre doivent selon lui qualifier les
changements à l’ONU : simplifier, rationaliser, déléguer. Après les
réformes administratives, l’amélioration des procédures budgétaires,
la création du plan-cadre d’équipement et la réorganisation des
opérations de maintien de la paix, les prochains efforts
concerneront le renforcement du Département des affaires politiques.
Ban Ki-moon a aussi rappelé son engagement pour le désarmement, avec
sa proposition, approuvée par l’Assemblée générale, de créer un
Bureau des affaires du désarmement.
Les Etats ont présenté leurs
remarques notamment sur les réformes mises en œuvre à l’ONU depuis
2005, ainsi que leurs suggestions pour la suite du programme. Les
Etats-Unis avaient déjà précisé leur position le 20 septembre
2007, dans le
bulletin d’informations
du Bureau of Public Affairs. Ils ont ainsi identifié les
priorités suivantes pour la suite de la réforme :
« * Institutionalizing a system-wide approach to enforcing
ethical conduct;
* Strengthening the UN’s internal oversight body to better identify,
obtain, and deploy the resources to accomplish its mandate;
* Enhancing transparency and accountability through procurement
reform;
* Increasing the UN’s effectiveness and efficiency through
results-based management ».
Le président de la République du Kazakhstan, a
réitéré sa proposition de créer un fonds des Nations Unies pour les
opérations de maintien de la paix auquel contribueraient
volontairement les États à hauteur de 1% de leur budget militaire.
Il a également rappelé l’initiative présentée par son Etat lors du
Sommet de Johannesburg consistant à établir dans le cadre des
Nations Unies, un registre des problèmes environnementaux du monde.
Le président de l’ex-République yougoslave de Macédoine,
Branko Crvenkovski, a souhaité que le
Conseil des droits de l’homme renforce son rôle dans la
promotion et la protection des droits de l’homme. Le Premier
ministre du Portugal, José Socrates, s’exprimant au nom de l’Union
européenne, a proposé que le Programme des Nations Unies pour
l’environnement (PNUE)
devienne une véritable organisation dans le cadre des Nations Unies.
Il a rappelé la confiance de l’UE dans le Conseil des droits de
l’homme, qui a « le potentiel pour répondre aux attentes placées en
lui ». Il a par ailleurs annoncé que l’Union européenne soumettra un
projet de résolution portant création d’un moratoire universel sur
l’abolition de la peine de mort. Le président de la République
socialiste démocratique de Sri Lanka, Mahinda Rajapaksa, a
souhaité que l’élaboration de la convention générale sur le
terrorisme international progresse, regrettant les retards causés
selon lui par d’interminables discussions. Il a aussi insisté sur la
nécessité de renforcer les mécanismes de l’ONU, en particulier pour
lutter plus efficacement contre le financement d’activités
illégales, en intensifiant par exemple la formation technique des
pays en développement. Mahinda Rajapaksa a également souhaité que
les principales institutions financières, la Banque mondiale et le
Fonds monétaire international, mettent en place de nouveaux
programmes d’assistance aux pays affectés par l’augmentation du prix
du pétrole et autres biens de première nécessité. Le président de la
république d’Indonésie, Susilo Bambang Yudhoyono, a souhaité
que la
Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de Bali
qui aura lieu en décembre 2007, puisse aboutir à « une feuille de
route sur les changements climatiques », qui devra lier la lutte
contre le réchauffement de la planète, le développement durable et
la réduction de la pauvreté.
Si de nombreuses préoccupations portaient ainsi sur
les questions environnementales, un certain nombre de remarques a
porté sur la réforme du Conseil de sécurité, en mettant en évidence
le caractère toujours aussi controversé de ce débat. Le président de
la République du Sénégal, Abdoulaye Wade, a « dénoncé
l’injustice historique faite à l’Afrique, seul continent exclu des
sièges permanents du Conseil de sécurité, dont 70% de l’agenda
concernent pourtant les questions africaines ». Le président de la
République islamique d’Iran, Mahmoud Ahmadinejad, a condamné
« le Conseil de sécurité comme l’organe le plus inefficace du
système des Nations Unies, où certains pays disposant du droit de
veto se comportent en procureurs et juges à l’égard d’autres ». Il a
préconisé que « tous les individus se lèvent et forment une
'Coalition pour la paix' » et appelé à ce que « l’Assemblée générale
soit considérée comme le pilier des Nations Unies ». Le président de
la République du Panama, Martin Torrijos Espino, a critiqué
la lenteur avec laquelle la communauté internationale adapte les
structures des Nations Unies aux réalités du XXIe siècle, regrettant
que « bien qu’il existe un vaste consensus sur la nécessité de
renforcer l’Assemblée générale et de rendre le Conseil de sécurité
plus représentatif et transparent, nous perdons trop de temps à
décider comment procéder ». Il a soutenu les aspirations du Brésil,
du Japon et de l’Allemagne à devenir membres permanents du Conseil
de sécurité. Le président de la République de Slovaquie, Ivan
Gasparovic, a également déclaré que son Etat n’est pas satisfait du
rythme et de l’ampleur actuels du processus de réformes des Nations
Unies. Il a espéré que la Commission de consolidation de la paix se
montre plus dynamique. Il a souhaité que « la composition du Conseil
de sécurité puisse refléter la réalité et les changements
géopolitiques de la même manière que le nombre de membres permanents
et non permanents ». Il a également soutenu les candidatures de
l’Allemagne et du Japon. Rappelant la position de l’Union
européenne, le Premier ministre de la République d’Italie,
Romano Prodi, a souhaité l’adoption d’une résolution des Nations
Unies relative à un moratoire universel sur la peine de mort en vue
de son abolition totale. Il a par ailleurs souhaité une restauration
du rôle central de l’Assemblée générale, se déclarant « opposé à une
réforme du Conseil de sécurité qui mènerait à une augmentation du
nombre de ses membres permanents ». Il a espéré que la réforme
conduirait à y renforcer la présence de dirigeants régionaux. La
Chancelière de la République fédérale d’Allemagne, Angela
Merkel, a enfin rappelé que « l’Allemagne est prête à assumer de
plus grandes responsabilités en occupant un siège permanent au
Conseil de sécurité ».
(v. le
compte rendu de toutes les déclarations).
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