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Biens
communs mondiaux : une approche de l'intégration
internationale relevant de l'économie politique
Prof.
Philipe WECKEL |
Un New Deal écologique
et économique :
"Au
nom de la France, j'appelle tous les Etats à se réunir pour fonder
le nouvel ordre mondial du XXIe siècle sur cette idée forte que les
biens communs de l'Humanité doivent être placés sous la
responsabilité de l'Humanité toute entière".
Président Nicolas SARKOZY,
Allocution à la 62EME ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES
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Débat de haut niveau d’ouverture de la 62e session
de l’Assemblée générale : propositions sur la réforme de l’ONU
Sarah CASSELLA |
La 62e session de l’Assemblée générale des
Nations Unies s’est ouverte le 18 septembre à New York. Le débat
général annuel se déroule du 25 septembre au 3 octobre 2007 et il
dure ainsi non pas neuf jours ouvrables, comme c’est le cas
habituellement, mais sept, afin que le débat de haut niveau sur la
compréhension entre les religions et les cultures et la coopération
au service de la paix puisse se tenir les 4 et 5 octobre. Le débat
général s’articule autour du thème principal « Faire face aux
changements climatiques », proposé par le Président de la 62e
session, Srgjan Kerim. Ce dernier a expliqué dans sa
déclaration du 25 septembre, qu’il a identifié cinq domaines
prioritaires dont l’Assemblée générale devrait débattre pendant
cette session :
·
les changements
climatiques,
·
le financement
du développement,
·
les Objectifs
du Millénaire pour le développement (OMD),
·
la lutte contre
le terrorisme,
·
la cohérence du
système des Nations Unies, y compris la réforme du Conseil de
sécurité.
Le Secrétaire général Ban Ki-moon a affirmé dans sa
déclaration que « notre monde en changement a besoin d’une ONU
plus forte ». Trois mots d’ordre doivent selon lui qualifier les
changements à l’ONU : simplifier, rationaliser, déléguer. Après les
réformes administratives, l’amélioration des procédures budgétaires,
la création du plan-cadre d’équipement et la réorganisation des
opérations de maintien de la paix, les prochains efforts
concerneront le renforcement du Département des affaires politiques.
Ban Ki-moon a aussi rappelé son engagement pour le désarmement, avec
sa proposition, approuvée par l’Assemblée générale, de créer un
Bureau des affaires du désarmement.
Les Etats ont présenté leurs
remarques notamment sur les réformes mises en œuvre à l’ONU depuis
2005, ainsi que leurs suggestions pour la suite du programme. Les
Etats-Unis avaient déjà précisé leur position le 20 septembre
2007, dans le
bulletin d’informations
du Bureau of Public Affairs. Ils ont ainsi identifié les
priorités suivantes pour la suite de la réforme :
« * Institutionalizing a system-wide approach to enforcing
ethical conduct;
* Strengthening the UN’s internal oversight body to better identify,
obtain, and deploy the resources to accomplish its mandate;
* Enhancing transparency and accountability through procurement
reform;
* Increasing the UN’s effectiveness and efficiency through
results-based management ».
Le président de la République du Kazakhstan, a
réitéré sa proposition de créer un fonds des Nations Unies pour les
opérations de maintien de la paix auquel contribueraient
volontairement les États à hauteur de 1% de leur budget militaire.
Il a également rappelé l’initiative présentée par son Etat lors du
Sommet de Johannesburg consistant à établir dans le cadre des
Nations Unies, un registre des problèmes environnementaux du monde.
Le président de l’ex-République yougoslave de Macédoine,
Branko Crvenkovski, a souhaité que le
Conseil des droits de l’homme renforce son rôle dans la
promotion et la protection des droits de l’homme. Le Premier
ministre du Portugal, José Socrates, s’exprimant au nom de l’Union
européenne, a proposé que le Programme des Nations Unies pour
l’environnement (PNUE)
devienne une véritable organisation dans le cadre des Nations Unies.
Il a rappelé la confiance de l’UE dans le Conseil des droits de
l’homme, qui a « le potentiel pour répondre aux attentes placées en
lui ». Il a par ailleurs annoncé que l’Union européenne soumettra un
projet de résolution portant création d’un moratoire universel sur
l’abolition de la peine de mort. Le président de la République
socialiste démocratique de Sri Lanka, Mahinda Rajapaksa, a
souhaité que l’élaboration de la convention générale sur le
terrorisme international progresse, regrettant les retards causés
selon lui par d’interminables discussions. Il a aussi insisté sur la
nécessité de renforcer les mécanismes de l’ONU, en particulier pour
lutter plus efficacement contre le financement d’activités
illégales, en intensifiant par exemple la formation technique des
pays en développement. Mahinda Rajapaksa a également souhaité que
les principales institutions financières, la Banque mondiale et le
Fonds monétaire international, mettent en place de nouveaux
programmes d’assistance aux pays affectés par l’augmentation du prix
du pétrole et autres biens de première nécessité. Le président de la
république d’Indonésie, Susilo Bambang Yudhoyono, a souhaité
que la
Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de Bali
qui aura lieu en décembre 2007, puisse aboutir à « une feuille de
route sur les changements climatiques », qui devra lier la lutte
contre le réchauffement de la planète, le développement durable et
la réduction de la pauvreté.
Si de nombreuses préoccupations portaient ainsi sur
les questions environnementales, un certain nombre de remarques a
porté sur la réforme du Conseil de sécurité, en mettant en évidence
le caractère toujours aussi controversé de ce débat. Le président de
la République du Sénégal, Abdoulaye Wade, a « dénoncé
l’injustice historique faite à l’Afrique, seul continent exclu des
sièges permanents du Conseil de sécurité, dont 70% de l’agenda
concernent pourtant les questions africaines ». Le président de la
République islamique d’Iran, Mahmoud Ahmadinejad, a condamné
« le Conseil de sécurité comme l’organe le plus inefficace du
système des Nations Unies, où certains pays disposant du droit de
veto se comportent en procureurs et juges à l’égard d’autres ». Il a
préconisé que « tous les individus se lèvent et forment une
'Coalition pour la paix' » et appelé à ce que « l’Assemblée générale
soit considérée comme le pilier des Nations Unies ». Le président de
la République du Panama, Martin Torrijos Espino, a critiqué
la lenteur avec laquelle la communauté internationale adapte les
structures des Nations Unies aux réalités du XXIe siècle, regrettant
que « bien qu’il existe un vaste consensus sur la nécessité de
renforcer l’Assemblée générale et de rendre le Conseil de sécurité
plus représentatif et transparent, nous perdons trop de temps à
décider comment procéder ». Il a soutenu les aspirations du Brésil,
du Japon et de l’Allemagne à devenir membres permanents du Conseil
de sécurité. Le président de la République de Slovaquie, Ivan
Gasparovic, a également déclaré que son Etat n’est pas satisfait du
rythme et de l’ampleur actuels du processus de réformes des Nations
Unies. Il a espéré que la Commission de consolidation de la paix se
montre plus dynamique. Il a souhaité que « la composition du Conseil
de sécurité puisse refléter la réalité et les changements
géopolitiques de la même manière que le nombre de membres permanents
et non permanents ». Il a également soutenu les candidatures de
l’Allemagne et du Japon. Rappelant la position de l’Union
européenne, le Premier ministre de la République d’Italie,
Romano Prodi, a souhaité l’adoption d’une résolution des Nations
Unies relative à un moratoire universel sur la peine de mort en vue
de son abolition totale. Il a par ailleurs souhaité une restauration
du rôle central de l’Assemblée générale, se déclarant « opposé à une
réforme du Conseil de sécurité qui mènerait à une augmentation du
nombre de ses membres permanents ». Il a espéré que la réforme
conduirait à y renforcer la présence de dirigeants régionaux. La
Chancelière de la République fédérale d’Allemagne, Angela
Merkel, a enfin rappelé que « l’Allemagne est prête à assumer de
plus grandes responsabilités en occupant un siège permanent au
Conseil de sécurité ».
(v. le
compte rendu de toutes les déclarations).
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Le Conseil de Sécurité autorise la création
d’une présence multidimensionnelle au Tchad et en République
centrafricaine
Aude Vasseur |
Le Conseil de Sécurité a adopté la
Résolution 1778 autorisant le déploiement d’une présence
multidimensionnelle dans l’est de Tchad et dans le nord-est de la
République centrafricaine (voir
la dépêche du 25 septembre 2007).
La création de cette présence, proposée
par Ban Ki-moon dans un
rapport de février dernier, est le fruit d’un processus
de coopération entre les autorités locales, le Secrétaire général
(voir les dépêches du
28 août 2007 et du
7 septembre 2007), le Conseil de Sécurité (voir la
dépêche du 16 janvier 2007 et la
déclaration présidentielle du 27 août 2007) et l’Union
européenne (voir le
communiqué de presse du Conseil de l’Union européenne de juillet
2007 et la
lettre adressée au Conseil de sécurité par le Haut Représentant du
Conseil de l’UE ). Ces négociations ont permis d’obtenir le
consentement du Tchad (voir
la lettre adressée au Conseil de Sécurité par la Mission permanente
du Tchad) et de la République centrafricaine (voir
la lettre adressée au Conseil de Sécurité par le Représentant
permanent de la République centrafricaine). Le Conseil de
Sécurité a néanmoins jugé utile de placer sa résolution dans le
cadre du
Chapitre VII de la Charte, considérant que la « situation
dans la zone frontalière entre le Soudan, le Tchad et la République
centrafricaine constitue une menace pour la paix et la sécurité
internationales ».
Cette mission s’inscrit, en effet, dans le
processus de résolution de la crise du Darfour (voir le
communiqué de presse du
Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine) où la
Mission hybride des Nation Unies et de l’Union africaine (MINUAD)
(voir sentinelles n°53,
69,
109 et
112 ) n’a pas encore pris ses fonctions (voir le
rapport du Secrétaire général du 30 août 2007). Ainsi, malgré la
présence de la Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS),
des groupes armés continuent de mener des activités dans la zone
frontalière de ces trois Etats mettant en péril la sécurité des
réfugiés et personnes déplacées et la fourniture de l’aide
humanitaire (voir le
rapport du Secrétaire général du 22 juin 2007).
La présence multidimensionnelle a donc
pour mandat d’aider à créer les conditions favorables au retour des
réfugiés et personnes déplacées en les protégeant et en facilitant
l’acheminement de l’aide humanitaire (voir le
communiqué de presse).
Elle sera composée de trois éléments : la Mission des Nations Unies
en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT), comprenant 300
policiers, 50 officiers de liaison militaire et le personnel civil
nécessaire ; une police tchadienne de protection humanitaire (PTPH) ;
et une opération militaire de l’Union européenne qui pourra, en
vertu du Chapitre VII, utiliser toutes les mesures nécessaires pour
remplir sa mission pendant un an. Chacune des composantes aura son
propre commandement. Le Conseil de l’Union européenne devra donc
nommer un commandant et adopter une position commune pour créer
l’opération conformément au droit européen (voir le
point presse du 25 septembre 2007). D’autre part, le Secrétaire
général de l’ONU nommera un Représentant spécial qui assurera le
commandement de la MINURCAT et la coordination des activités des
trois composantes (voir le
rapport du Secrétaire général du 10 août 2007).
La composition de cette présence illustre
parfaitement la volonté de promouvoir une approche intégrée de la
gestion des conflits et une répartition des compétences entre l’ONU
et les organisations régionales correspondant à leurs capacités
respectives, tout en associant les autorités locales. Chaque
composante a donc des missions distinctes : la MINURCAT doit
notamment superviser la mise en place de la PTPH, assurer la liaison
entre les différents intervenants et contribuer à la surveillance et
à la promotion des droits de l’homme et de l’Etat de droit ; la PTPH
sera exclusivement chargée du maintien de l’ordre et du respect des
lois dans les camps de réfugiés et autres zones accueillant des
personnes déplacées ; et l’opération de l’Union européenne aura pour
mission de soutenir les deux autres composantes en protégeant les
personnes civiles en danger, le personnel et les locaux de l’ONU et
en facilitant l’acheminement de l’aide humanitaire. Malgré cette
répartition des compétences, la cohérence sur le terrain risque
d’être compliquée par le fait que de nombreuses opérations sont déjà
présentes dans cette zone. La résolution prévoit en effet que la
MINURCAT devra demeurer en contact avec la MUAS, et la MINUAD qui
lui succèdera, le Bureau des Nations Unies en République
centrafricaine (BONUCA)
et la Force multinationale de la
Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale en
République centrafricaine (FOMUC). Il faut aussi noter que deux
opérations françaises sont actuellement déployées dans ces Etats :
le
dispositif Epervier présent au Tchad en vertu de l’accord de
coopération bilatérale de 1976 et l’opération
Boali qui apporte son soutien aux forces armées centrafricaines
et à la FOMUC. La multiplication, dans une même zone, d’opérations
ayant un mandat propre et des chaînes de commandement différentes
entraîne une multiplication des pôles et des procédures de décision
qui risque de poser des problèmes de coordination au sein d’un
dispositif qui se veut intégré.
Quoiqu’il en soit, le Président slovaque a
salué, durant la
réunion du Conseil de Sécurité sur l’Afrique,
l’« approche innovante » que constitue la présence
multidimensionnelle pour la résolution des crises internationales
(voir le
communiqué de presse du 25 septembre 2007). Il faut désormais
que les participants s’efforcent de rassembler les ressources
nécessaires afin que la présence puisse être déployée rapidement car
la situation humanitaire est de plus en plus préoccupante (voir la
dépêche du 19 septembre 2007).
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La
Déclaration de la Présidence du C.S.
Les membres du Conseil
de sécurité reconnaissent à travers la Déclaration du 27
septembre qu'il y a une crise internationale au Myanmar
Extraits de la
Déclaration de l'Ambassadeur
Jean-Maurice Ripert au nom du Conseil :
"Members of the council have expressed their concern vis a vis
the situation, and have urged restraint, especially from the
government of Myanmar."
Members "welcomed the decision by the secretary-general to
urgently dispatch his special envoy to the region and
underlines the importance that Mr. Gambari be received by the
authorities of Myanmar as soon as possible."
_________________
Les
positions exprimées le 12 janvier 2007 lors du rejet du
projet de résolution sur Myanmar
__________________
La déclaration conjointe
de l'Union européenne et des Etats-Unis
(26 septembre)
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The European Union and the United States express their
solidarity with the people of Burma/Myanmar. We are
deeply troubled by reports that security forces have fired
on and attacked peaceful demonstrators and arrested many
Buddhist monks and others. We condemn all violence against
peaceful demonstrators and remind the country's leaders of
their personal responsibility for their actions.
We call on the authorities to stop violence and to open a
process of dialogue with pro democracy leaders including
Aung San Suu Kyi and representatives of ethnic minorities.
We urge China, India, ASEAN and others in the region to
use their influence in support of the people of Burma/Myanmar.
We urge the country's authorities to receive an early
visit by the UN Secretary General's envoy Ibrahim Gambari.
We call on the Security Council to discuss this situation
urgently and consider further steps including sanctions.
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_________________________

Le Conseil des droits de l'homme se réunira mardi sur le
Myanmar
Communiqué du CDH
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Position
française : TOTAL en BIRMANIE
Concernant les sociétés françaises implantées en Birmanie
et en particulier concernant la firme Total, la France a
jugé bon de rappeler que les activités de la société ne sont
pas en contradiction avec le dispositif actuel de sanctions
de l’Union Européenne. Sans réellement condamner l’attitude
de la junte,
le Groupe total a néanmoins considéré utile d’indiquer « A
ceux qui nous demandent de quitter le pays, nous répondons
que, loin de résoudre les problèmes du Myanmar, un retrait
forcé n'aurait pour effet que notre remplacement par
d'autres opérateurs probablement moins respectueux de
l'éthique qui sous-tend toutes nos actions. Notre départ
constituerait alors un risque d'aggravation de la situation
pour les populations, risque que nous ne pouvons accepter ».
Devant
l’évolution de la situation sécuritaire, le président de la
république française a appelé « l’ensemble
de ses sociétés privées, Total par exemple, à faire preuve
de la plus grande retenue s’agissant des investissements en
Birmanie pendant qu’il n’y a pas de nouveau ». Cette
position ne traduit nullement un changement réel de la
position française dans la relation entretenue par Total
avec la junte militaire. Il n’est pas question ici de remise
en cause de la présence de la société sur le sol birman, ni
d’une interdiction d’investir dans le pays à long terme mais
seulement de s’abstenir d’investir tant que la situation
reste préoccupante.
DECLARATION DU
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, M. NICOLAS SARKOZY, A LA SUITE
DE SON ENTRETIEN AVEC L'OPPOSITION BIRMANE
SITUATION EN BIRMANIE
ENTRETIEN DU SECRETAIRE D'ETAT CHARGE DES AFFAIRES
ETRANGERES ET DES DROITS DE L'HOMME, MME RAMA YADE, AVEC LE
QUOTIDIEN "METRO"
ENTRETIEN DU SECRETAIRE
D'ETAT CHARGE DES AFFAIRES EUROPEENNES ET DES DROITS DE
L'HOMME, MME RAMA YADE, AVEC "ITV" - EMISSION "SANS
INTERDIT"
BIRMANIE POINT DE
PRESSE DU SECRETAIRE D'ETAT CHARGE DES AFFAIRES ETRANGERES
ET DES DROITS DE L'HOMME, MME RAMA YADE
SITUATION EN BIRMANIE
ENTRETIEN DU SECRETAIRE D'ETAT CHARGE DES AFFAIRES
ETRANGERES ET DES DROITS DE L'HOMME, MME RAMA YADE, AVEC
"RTL"
MAEE, point de presse du 28 septembre 10 - BIRMANIE
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Avec le temps les Archives de Sentinelle deviennent une base
de données d’une richesse exceptionnelle pour la
compréhension de l’actualité et du droit international (V.G):
Sentinelle n° 92 du 14 janvier 2007
CS, Rejet d’un projet de
résolution sur le Myanmar
Philippe WECKEL
L’opposition de la Russie et de la Chine a tenu en échec
l’initiative des Etats-Unis et du Royaume-Uni visant à
l’adoption d’une résolution sur la situation à Myanmar. Le
projet avait néanmoins recueilli les voix de neuf membres
(États-Unis, Royaume-Uni, France, Belgique, Ghana, Italie,
Panama, Pérou, Slovaquie), trois Etats s’étant abstenus
((République du Congo, Qatar et Indonésie) et trois Etats
dont l'Afrique du Sud ayant voté contre (voir
dépêche,
communiqué, également
dépêche).
Le texte visait l’ouverture d’une transition démocratique
dans ce pays par l’engagement d’un véritable dialogue
politique. Il appuyait l’initiative de « bons offices »
introduite par le secrétaire général des Nations unies.
Surtout il comportait un fort volet « droits de l’homme et
droit humanitaire » : cessation des violences commises par
les forces armées à l’encontre des civils, libre accès aux
victimes, coopération avec l’OIT (travail forcé), respect de
la liberté d’expression, d’association et de mouvement.
Les opposants au texte ont fait valoir que la situation au
Myanmar ne constituait pas une menace à la paix et à la
sécurité internationales et relevait plutôt de la compétence
du Conseil des droits de l’homme.
a) Menaces à la paix et menaces sur les personnes
Jusqu’à quel point la dégradation de la situation des droits
de l’homme n’a-t-elle pas d’incidence directe sur la paix et
la sécurité internationales dans la région ?
Un génocide silencieux et discret, sans incidence au-delà
des frontières, serait-il considéré par l’organe du maintien
de la paix comme une affaire intérieure ? A l’inverse
doit-on estimer que certaines atteintes aux droits humains
constituent par nature une menace à la paix et à la sécurité
internationales ?
En l’occurrence on devrait admettre avec la France que le
Conseil ne peut pas rester indifférent face à la situation
des civils dans les zones de conflit alors que des exactions
graves sont commises.
b) Menace potentielle et menace avérée
A vrai dire le texte contesté ne se référait pas nettement
à une telle menace. Il y était dit « Soulignant que
des progrès tangibles sont nécessaires dans la situation
d’ensemble au Myanmar afin de réduire au minimum les risques
pour la paix et la sécurité dans la région ». On évoquait
par conséquent une menace diffuse résultant de la
situation globale et potentielle plus qu’avérée, le
développement de foyers de rébellion et les réfugiés ayant
une incidence à terme au-delà des frontières. La rédaction
retenue permettait d’établir la nécessité d’une
décision du Conseil se rattachant à la responsabilité
principale de maintien de la paix (Art. 24 de la Charte).
Le
projet de résolution ne se référait pas au chapitre VII de
la Charte relatif à une action en cas de menace avérée
contre la paix et la sécurité internationales. Ce projet se
rattachait néanmoins à la responsabilité principale du
maintien de la paix confiée au Conseil par l’article 24 de
la Charte et il convient de rappeler que les décisions qui
obligent les Etats membres aux termes de l’article 25 ne
sont pas seulement celles qui relèvent du chapitre VII.
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Réactions internationales à propos de la
situation au Myanmar (Birmanie)
Valérie GABARD |
Au Myanmar (Birmanie), le contraste se creuse chaque jour un peu
plus entre les manifestations pacifistes initialement conduites par
les Bonzes et la répression de plus en plus virulente exercée par la
junte militaire au pouvoir. Depuis le début de la semaine, les
militaires dirigés ont multiplié les arrestations et les violences
contre une foule sans arme. De plus la situation semble chaque jour
s’aggraver car dans une nouvelle escalade de la répression, le
régime birman tente d’enfermer au maximum le pays privant les
journalistes de visa et les opposants d’InternetCes évènements très
brièvement présentés, rappellent sans aucun doute les manifestations
de 1988, menées par l’opposante politique
Aung San Suu Kyi en faveur de la démocratie, dont la
répression par l’armée avait fait près de 3000 morts. Depuis cette
manifestation et malgré les élections qui avaient offert une large
victoire au parti d’Aung
San Suu Kyi, la junte militaire s’est maintenue au pouvoir portant
quotidiennement atteinte au respect des droits de l’homme, privant
le peuple birman de démocratie et le maintenant dans une situation
économique désastreuse.
Une fois n’est pas coutume, les réactions dans la sphère
internationale face à cette répression ont été particulièrement
nombreuses.
1.
Une réaction frileuse de l’Organisation des Nations Unies
Avant même le début de la répression violente, le Secrétaire
général des Nations Unies
était déjà intervenu pour saluer
la caractère
pacifique des manifestations et mettre en garde les autorités
birmanes en les appelant « à faire preuve de retenue ». Pour le
Haut commissaire aux droits de l’Homme,
Louise Arbour les autorités du Myanmar doivent comme tous les Etats
respecter en toutes circonstances les droits de l’homme les plus
fondamentaux. Elle a également insisté pour que le droit des birmans
de protester pacifiquement soit respecté. «L'usage de la force
excessive et toutes les formes de détention arbitraire de
manifestants pacifiques sont strictement interdites par le droit
international », a-t-elle ajouté.
L’augmentation
de la violence contre les manifestants a obligé Ban Ki-Moon
s’exprimer de nouveau, cette fois ci sur sa décision d’envoyer
sur place de son Envoyé spécial, Ibrahim Gambari. Ce dernier est
dans l’attente d’un visa et le ministre des affaires étrangères du
Myanmar aurait affirmé qu'il serait "bienvenu". Cette mesure est en
réalité pour l’heure la seule formellement adoptée par l’ONU. On
peut désormais penser qu’elle ne restera pas orpheline puisque le
Conseil des droits de l’Homme a indiqué vendredi qu’il tiendrait une
session spéciale sur la situation au Myanmar mardi prochain (2
octobre). Quant à l’espoir de l’adoption d’une résolution et/ou de
mesures par le Conseil de sécurité il semble bien déçu. En effet
malgré l’organisation d’une
réunion d’urgence qui s’est tenue à huis clos le mercredi 26
septembre, le Conseil de sécurité, présidé ce mois ci par la France,
n’a pas réussi à se mettre d’accord sur un texte. On relèvera
seulement un appel à la retenue « en particulier de la part du
gouvernement birman » et un soutien aux bons offices engagés par le
Secrétaire général.
Pouvait on légitimement espérer que le Conseil de sécurité adopte
des mesures suffisantes pour une véritable pression à l’encontre des
autorités Birmanes ? Il est possible d’en douter en raison de
l’opposition constante de la Chine et de la Russie dans ce dossier.
Les deux Etats invoquent la non ingérence dans les affaires d’un
Etat et le fait qu’il n’existe pas en l’espèce de menace à la paix
et à la sécurité internationales. Cette position avait déjà été
soutenue en janvier dernier lors du rejet d’une proposition de
résolution sur la situation en matière de droits de l’homme et de
droit humanitaire et sur une possible transition démocratique au
Myanmar (voir les archives de Sentinelle :
CS, Rejet d’un projet de résolution sur
le Myanmar P. WECKEL).
Sans être naïf , on aurait tout de même pu espérer un
infléchissement de cette position devant l’évolution actuelle de la
situation dans le pays. La position de la Chine et de la Russie
soulève une question délicate celle de la qualification des menaces
à la paix et à la sécurité internationales. Au-delà du Conseil de
sécurité elle renvoi à la délicate interrogation sur l’existence
d’une possible exception à la non ingérence parfois invoquée en cas
de violations massives des droits de l’homme.
2.
Au sujet des
réactions nationales et régionales : l’efficacité des sanctions ?
En opposition avec la position relativement frileuse de l’ONU, de
nombreuses réactions nationales ou émanant d’organisations
régionales sont beaucoup plus fermes. Il serait illusoire de les
citer dans leur ensemble et nous nous limiterons donc à une courte
sélection.
La condamnation de
l’utilisation par les autorités birmanes de la violence à
l’encontre de manifestants non armés est unanime dans les pays
occidentaux (voir les communiqués de presse Français,
anglais et la déclaration du président Bush devant l’Assemblée
générale de l’ONU). Au plan régional, le terme d’inadmissible est
utilisé par le
Président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe
pour qualifier les graves incidents et demande l’arrêt immédiat de
la violence au Myanmar. Quant à l’Union européenne, elle a également
et évidemment condamné l’attitude de la junte.
Outre cette première étape de la condamnation, la plupart des
acteurs précités ont rappelé qu’ils avaient depuis de longues années
adoptées des sanctions à l’encontre du Myanmar. Ainsi des sanctions
existent dans le cadre de l’Union Européenne depuis 1996.
Renouvelées annuellement elles comprennent
un embargo sur les armes, l'interdiction de séjour et le gel des
avoirs dans l'Union européenne des autorités birmanes,
l'interdiction d'investir ou de prêter aux entreprises liées à la
junte et l'arrêt de toute aide au développement qui serait autre
qu'une aide strictement humanitaire. Le Myanmar fait également
l’objet de sanctions unilatérales de la part des Etats-Unis. Ces
sanctions imposées en 1997 et renforcées en 2003.
L’Union européenne a indiqué « qu'elle
renforcera le régime actuel de sanctions si elles ont recours à la
violence à l'encontre de manifestants pacifiques et non armés ».
Quant
aux Etats-Unis, le conditionnel n’est plus de rigueur puisque de
nouvelles sanctions ont déjà été adoptées. Des sanctions économiques
ont été prises contre quatorze hauts responsables birmans. Cette
décision entraîne le gel de tous les biens aux Etats-Unis de ces
personnes et les ressortissants américains se voient interdire toute
opération commerciale avec les personnes incluses dans la liste.
L’objectif de ces
nouvelles sanctions est d’accentuer la pression internationale sur
le Myanmar pour faire cesser les violences actuelles et favoriser
une transition démocratique. Cependant on peut légitimement douter
de l’impact de ces sanctions qui existent depuis plus de dix ans
pour certaines sans avoir jamais fait fléchir le gouvernement
birman. L’utilité de les accroître devrait donc semble t’il être
sérieusement évaluée avant toute mise en place. Sans vouloir
conclure à l’inutilité complète de ces mesures de sanctions, il
semble en tout cas certain qu’elles ne suffiront pas à elles seules
pour faire plier la junte. La pression internationale est donc
semble t’il tributaire de la participation de pays tels que la
Chine, la Russie ou l’Inde.
3. Une solution asiatique ?
Dans le cas présent, des pressions efficaces pourraient émerger de
la région asiatique . Ainsi contrairement à son attitude habituelle,
l'Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN) a
fermement réagi en apportant son soutien aux bons offices engagés
par le Secrétaire général, en demandant la libération des
prisonniers politique au premier rang desquels Daw Aung San Suu Kyi
et en condamnant directement l’attitude du gouvernement Birman :
“They [The ASEAN Foreign Ministers] were appalled to receive reports
of automatic weapons being used and demanded that the Myanmar
government immediately desist from the use of violence against
demonstrators. They expressed their revulsion to Myanmar Foreign
Minister Nyan Win over reports that the demonstrations in Myanmar
are being suppressed by violent force and that there has been a
number of fatalities. They strongly urged Myanmar to exercise utmost
restraint and seek a political solution. They called upon Myanmar to
resume its efforts at national reconciliation with all parties
concerned, and work towards a peaceful transition to democracy.”
Le Myanmar en sa qualité d’Etats membres de l’ASEAN pourrait être
plus directement touché par cette pression. Pour le ministre des
affaires étrangères français Bernard Kouchner, « Les
pays de l'Asean sont les seuls capables d'exercer une pression
efficace sur la Birmanie. » Estimant que cette crise porte atteinte
à sa crédibilité, il est possible d’envisager que l’ASEAN décide
d’accentuer sa pression sur la junte dans les jours ou les semaines
à venir.
En second lieu, il est possible d’envisager que la Chine
malgré son opposition à l’adoption d’une résolution pourrait dans un
avenir proche faire preuve d’un peu de souplesse et tenter d’exercer
des pressions en sous mains sur la junte militaire de Myanmar. Pour
l’heure toute mesure ou pression en ce sens reste hypothétique et
les déclarations chinoises restent extrêmement prudentes. La Chine a
seulement appelé la junte à faire preuve de modération. Le
porte-parole a également souhaité que "la stabilité de la Birmanie
ne soit pas affectée, tout comme la paix et la stabilité dans la
région, a déclaré jeudi à Pékin le secrétaire d'Etat adjoint
américain aux Affaires asiatiques, Christopher Hill. L'ambassadeur
de la Chine aux Nations unies, Wang Guangya, a estimé mercredi à New
York que des sanctions contre la Birmanie ne seraient pas utiles.
Ayant perçu tout le potentiel pouvoir chinois sur la junte
militaire, le Président des Etats-Unis a exhorté la Chine à faire
usage de toute son influence pour faire cesser la crise et pour
favoriser une transition pacifique vers la démocratie. Là encore la
réponse de la Chine est restée floue et prudente : "Tous les pays
doivent user de toute l'influence qu'ils ont. Je crois que chaque
pays a une certaine influence et la Chine est certainement l'un
d'eux".
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Déclaration des 6 + UE
(P5 +2 ou P3/UE + 3 !) : la ligne du consensus des Puissances
sur la question iranienne
Prof. Philippe WECKEL |
En ces temps de forte agitation
autour du dossier iranien, la
Déclaration du 28 septembre 2007 des membres permanents associés
à l''Allemagne et à l'Union européenne est particulièrement
bienvenue, dans la mesure où elle exprime la base du consensus et
rappelle l'acquis des résolutions déjà adoptées par le Conseil de
sécurité.
La crise iranienne n'est pas
close.
| 1. The
proliferation risks of the Iranian nuclear program remain
a source of serious concern to the International Community,
as expressed very clearly in UNSC Resolutions 1696, 1737
and 1747.
2. We are committed to the Treaty on the
Non-Proliferation of Nuclear Weapons and underline the
need for all States Party to that Treaty to comply fully
with all their obligations. We seek a negotiated solution
that would address the international community's concerns
over Iran's nuclear program. We reiterate our commitment
to see the proliferation implication of Iran's nuclear
program resolved, and have therefore met today to reaffirm
our commitment to our dual track approach.
3. We remain ready to engage with Iran in negotiations
on a comprehensive long-term agreement to resolve the
Iranian nuclear issue. Creating the conditions for such
negotiations requires that Iran fully and verifiably
suspend its enrichment-related and reprocessing activities,
as required by UNSC Resolutions 1737 and 1747. The
Security Council has offered Iran the possibility of
"suspension for suspension" - suspension of the
implementation of measures if and for so long as Iran
suspends all of its enrichment-related and reprocessing
activities, as verified by the IAEA. We call upon Iran to
accept that offer and allow for negotiations in good faith.
4. We urge Iran to engage in a dialogue to create the
conditions for negotiations based on our June 2006
proposals for a long-term comprehensive agreement, based
on mutual respect, that would reestablish international
confidence in the exclusively peaceful nature of Iran's
nuclear program and open the way to wider cooperation
between Iran and all our countries. We have asked Dr.
Javier Solana, the European Union's High Representative
for Common Foreign and Security Policy, to meet with Dr.
Ali Larijani, Secretary of Iran's Supreme National
Security Council, to lay the foundation for future
negotiations.
5. We welcome the agreement between Iran and the IAEA
to resolve all questions concerning Iran's past nuclear
activities. We call upon Iran, however, to produce
tangible results rapidly and effectively by clarifying all
outstanding issues and concerns on Iran's nuclear program,
including topics which could have a military nuclear
dimension, as set out by the relevant IAEA Resolutions and
UNSC Resolutions 1737 and 1747 and by providing all access
required by its Safeguards Agreement and Subsidiary
Arrangement and by implementing the Additional Protocol.
6. Full transparency and cooperation by Iran with the
IAEA is essential in order to address outstanding concerns.
We reiterate our full support for the IAEA and its staff
in the execution of its verification role and for the role
of the UN Security Council. We look forward to DG El
Baradei's November report to the IAEA Board of Governors
on the level, scope, and extent of Iran's cooperation and
transparency.
7. In view of the fact that Iranhasnot fulfilled the
requirements of UN Security Council Resolutions 1737 and
1747, including the suspension of its enrichment and
reprocessing activities, we agree to finalize a text for a
third UN Security Council Sanctions Resolution under
Article 41 of Chapter VII of the Charter of the United
Nations with the intention of bringing it to a vote in the
UN Security Council unless the November reports of Dr.
Solana and Dr. El Baradei show a positive outcome of their
efforts. |
L'accès aux usages civils
de l'énergie est un droit reconnu à tous les Etats
contractants du TNP. Les Etats-Unis soulignent néanmoins les
responsabilités propres qui pèsent sur les Etats qui cèdent
des matières, installations ou technologies qui pourraient
contribuer à la prolifération (1). On comparera ce point de
vue à celui du Porte-parole du Président français (2).
The Promise
and Responsibilities of Peaceful Uses of Nuclear
Energy
Dr.
Christopher A. Ford,
U.S. Special Representative for Nuclear
Nonproliferation
Remarks to the
19th Annual United Nations Conference on Disarmament
Issues
Sapporo, Japan August
27, 2007
United States
efforts to promote international nuclear cooperation
and spread the many benefits of nuclear technology
long predate the formation of the International
Atomic Energy Agency (IAEA) in 1957 and the opening
for signatureof the Treaty on the Non-Proliferation
of Nuclear Weapons (NPT) in 1968. They date, in
fact, at least from President Dwight EisenhowerÂ’s
“Atoms for Peace” speech to the United Nations
General Assembly in 1953. In that seminal address,
Eisenhower proposed a broad international approach
to promoting the peaceful uses of nuclear power
worldwide, suggesting to this end the creation of an
international atomic energy agency and a system of
nuclear safeguards. Ever since that famous address,
the promotion of international nuclear cooperation
has been a consistent U.S. commitment. Today, with
the worldÂ’s energy needs increasing
dramatically, particularly in the developing
world, even as the environmental perils of fossil
fuel consumption become ever more obvious, it is a
U.S. policy priority to make the use of nuclear
energy to generate electrical power more available
to the populations of the developed and developing
worlds alike.
Nuclear energy
first developed in the crucible of a desperate
global conflict. It was pioneered as a weapon of war
before it became a tool of peace and
development. Nuclear energy thus has always had a
Janus-faced aspect, offering humankind both great
peril and extraordinary promise. Nuclear weapons
scientist Robert OppenheimerÂ’s well-known quotation
from the Bhagavad-Gita upon witnessing the first
nuclear weapons test drew from a verse which, in its
entirety, references not just the destructive power
of Death, but also the
creative power
that forms the origin of things yet to be. Nuclear
technology is like that: it embodies a nearly
unbelievable power to destroy, but at the same time
an extraordinary power to create  to enrich our
lives, to provide the electric power by which we
may read at night, to produce potable water from the
oceanÂ’s brine, to help cure deadly diseases, and to
enable science and industry to advance in
innumerable ways that can improve the quality of
life for people in all
societies.
This
paradigmatically “dual-use” nature of atomic
energy is why promoting its peaceful uses is such
a great responsibility. There has, no doubt,
been a tension between the use and misuse of
technology for as long as mankind first discovered
how to use stone tools and fire, but nuclear energy
brings this tension perhaps to its pinnacle. Today,
we must exercise enormous vigilance in order to
ensure that our knowledge does not overmaster our
wisdom.
This tension
between use and misuse has always been a challenge
for efforts to promote international nuclear
cooperation. Simply put, it is the responsibility of
all of us to ensure that such promotion remains a
force for good in the world, and does not become
instead a vehicle for destruction and instability,
and that its promotion does not usher in an age of
nuclear proliferation that would seriously enhance
the danger of a nuclear war which  as the NPT&
rsquo;s Preamble puts it  would visit devastation
upon all mankind.
International
efforts to promote nuclear energy have not always
involved what, it is clear today, were wise choices.
For some years, for instance, nuclear cooperation
programs helped build research reactors around the
world that were fueled on highly-enriched uranium
(HEU) that was usable (or nearly usable)
directly in nuclear weapons. Now, we recognize that
having so much HEU spread around the world does not
serve nonproliferation interests  and
furthermore, that there is no need even to consider
taking such risks when there are high-flux
light-water reactors available that can run on low-enriched
uranium (LEU) fuel. Accordingly, since 1978, the
United States has spent enormous sums of money
to help return HEU to its countries of origin, and
to convert nuclear reactors around the world from
HEU to LEU cores without loss of productive
efficiency. The “Reduced Enrichment for Research
and Test Reactors” (RERTR) program of the U.S.
Department of Energy and the U.S. Global Threat
Reduction Initiative (GTRI) seek to minimize and, if
possible, eliminate the use of HEU in civil
nuclear programs throughout the world. RERTR, for
instance, has identified approximately 130 research
and test reactors worldwide, including in the
United States, as candidates for conversion ½and has
already converted, fully or partially, more than 50
of those reactors. Under GTRI, the RERTR program has
set an aggressive goal to complete the
conversion of all such identified research reactors
by 2018, as well as to develop LEU-based
“targets” for the production of valuable medical
isotopes.
More dramatic
still, it is worth remembering that for a number of
years, it was seriously thought that nuclear
explosive devices would themselves have
important “peaceful” applications  as giant
excavating tools, perhaps. In the negotiations
over drafting the NPT, for instance, a
surprising number of governments supported
deliberately spreading what was in effect nuclear
weapons technology in order to give countries the
ability to utilize “peaceful nuclear explosions”
(PNEs) of this sort. Some even tried to have PNE
technology-development described in the Treaty as a
& ldquo;right.” Fortunately, nothing so foolish
was actually done, but Article V of the NPT
nonetheless makes theoretical provision for the NPT
nuclear-weapon states to supply PNE services to the
developing world. Clearly, enthusiasms for peaceful
nuclear applications sometimes can overwhelm the
good sense of suppliers and recipients alike.
History thus
shows that well-meaning people do not always take
positions on peaceful uses that genuinely serve
the overarching global interest in
nonproliferation. In addition, unfortunate instances
have occurred in which assistance for peaceful
purposes was later misused to support a weapons
program; we have learned from this, and improved
mechanisms to address similar problems in the
future. It is clear that the international community
is capable of recognizing mistakes and correcting
them  and of finding ways to expand
international nuclear cooperation in more
responsible ways. This illustrates the need
always to consider the peaceful uses of nuclear
technology through the prism of what President
Eisenhower, in his “Atoms for Peace& rdquo; speech,
referred to as “elementary prudence.”
Today, the
world faces a loosely analogous dilemma: how to deal
with the spread of nuclear fuel-cycle technology Â
specifically, uranium enrichment and plutonium
reprocessing  that can give its possessors the
capability, at their option, to produce fissile
material usable in nuclear weapons. This was a
problem of far less concern in the past, in part
because when the NPT was being negotiated,
enrichment technology was available to very few
countries, and was commonly treated as tightly-controlled
national security information precisely because of
its obvious utility in making nuclear weapons. As
one official from the Australian Safeguards and
Non-Proliferation Office put it recently, ½“ [u]ntil
the 1990s[,] it was assumed that development of
enrichment capability would be beyond the
technological means of most states.”[1] (Reprocessing
technology was also quite restricted.)
Today, however,
thanks in part to indigenous development efforts and
in part to the activities of A.Q. Khan and his ilk,
enrichment technology is increasingly available Â
and there exists a conflict between the spread of
peaceful fuel-cycle activity and nonproliferation
good sense. The proliferation of ENR capabilities
also poses challenges for IAEA nuclear safeguards,
particularly in terms of detecting undeclared
activities and providing assurances of their
absence, and ensuring timely warning of the
diversion of materials for improper purposes
sufficient to permit an effective response. (As
President Bush noted in his Joint Declaration with
Russian President Putin in July 2007, we also
need to ensure that the IAEA has the resources it
needs to meet its safeguards responsibilities as
nuclear power expands worldwide.) Moreover, even if
its facilities are adequately safeguarded, a non-nuclear-weapon
state that could produce fissile material upon
demand is a country that has already acquired
what the IAEA Director General has called a
“virtual” nuclear weapons program  a
dangerous capacity for at-will “breakout½” from the
NPT regime. Such developments clearly fly in the
face of elementary nonproliferation
prudence.
The examples
of HEU reactors and PNEs, however, demonstrate that
such dilemmas can sometimes be solved in ways that
both prevent or reduce proliferation dangers
and support the continued expansion and deepening of
peaceful international nuclear cooperation.
The HEU problem is now being addressed by an
effective conversion program for research reactors,
and by the development of
suitable LEU-based
targets and processes for producing medical
isotopes. And if PNEs had shown the economic and
environmental feasibility that many had
expected  which turned out not to be the case,
although that is another story  the NPT’s Article
V would have provided a means by which they could
be supplied by NPT nuclear-weapon states, allowing
their benefits to be shared without spreading de
facto nuclear-weapons technology around the
world.
Similarly,
efforts are underway today to solve the
proliferation challenges of ENR by a
combination of new technological developments and
the provision of services by technology
possessors. The U.S. Global Nuclear Energy
Partnership (GNEP), for instance, seeks to develop
over time more proliferation-resistant nuclear
processes, ways to produce less spent fuel, better
safeguards methods, more proliferation-resistant
reactors optimized for the needs of the developing
world, and innovative ways of providing
“cradle-to-grave” fuel services from
enrichment through spent-fuel handling and disposal.
The United States is also working with other
countries to develop a coordinated nuclear
fuel-supply system that would complement the robust
and reliable international nuclear fuel market that
currently exists  and which would thus provide
even more assurances against fuel-supply
interruptions with regard to peaceful energy
generation in any country that follows the rules of
the nonproliferation regime. Such mechanisms hold
out the promise not simply of making the spread of
ENR technology even more unnecessary, but also of
permitting international nuclear cooperation to
continue to expand in proliferation-responsible ways.
There is still
time for the world to act upon elementary prudence
and work together on new arrangements that will
eliminate any need for countries to consider the
costly and unnecessary  and therefore uneconomical
½ investment in the most sensitive nuclear fuel
cycle capabilities. With many countries
considering new or expanded nuclear power programs,
now is the time to address what the IAEA Director
General has called the “Achilles Heel& rdquo; of
the nuclear nonproliferation regime. Furthermore,
such prudence, I emphasize, does not need to carry
with it any cost in terms of foregone
economic or developmental opportunities. We have the
very real prospect before
us of perhaps
being able  as the English saying goes  to have
our cake and eat it too. But we can take advantage
of such an opportunity only if we do not let ill-considered
enthusiasms run away with
us.
There is every
reason for us all to follow such elementary
prudence, and no good reason not to. As I have
noted before, some have asserted that any State
Party in demonstrable compliance with the NPT has a
specific right to develop the full nuclear fuel
cycle, and that efforts to restrict access to
the relevant technologies is inconsistent
with the NPT. The Treaty is silent on the issue of
whether compliant states have the right to develop
the full nuclear fuel cycle, but as I have noted
elsewhere, it does provide for discretion on
the part of
supplier states regarding the nature of their
cooperation with other states. Sharing specific
technology, especially technology problematic from
a proliferation standpoint, is certainly not
required by the NPT. Article IV of the Treaty, for
instance, does not require any specific sharing
of nuclear technology between particular
States Party, nor does it oblige technology-possessors
to share any specific materials or technology with
non-possessors. (Efforts during the NPT negotiations
to incorporate a duty to share in the applications
of nuclear energy were proposed, debated, and
rejected  and in any event were likewise not
specific as to particular
technologies.)
Indeed, supplier states must consider, under the
circumstances particular to every proposed transfer,
whether certain assistance is consistent with
Article I and Article III obligations. Moreover, it
makes sense with regard to the overall
objective of the NPT Â strengthening international
peace and security by halting nuclear proliferation
 for suppliers to consider whether such
assistance is consistent with the TreatyÂ’s
nonproliferation purposes and other relevant
international undertakings.
Whatever one
thinks of Article IV, however, U.S. officials have
emphasized that participation in programs such as
our GNEP initiative will be entirely
voluntary. We do not seek to impose new obligations
on states, infringe on sovereign decisions
concerning energy policy, or question the NPTÂ’s
promise of peaceful nuclear sharing. Instead, our
efforts focus upon incentives to reduce risks and
make nuclear power a more attractive option for
states. The GNEP effort, for instance, will not view
states in terms of “haves½”and “have-nots.”
Rather states will either “choose” or “choose
not” to participate in GNEP. Fundamentally, it’s
really about choices: whether states are ready to
work together to be part of asafer and more secure
fuel cycle that will not carry the same
proliferation risks that we currently deal with
today.
In the end,
despite the very real challenge presented today by
the spread of ENR and “virtual” nuclear weapons
programs, I believe that the real lesson of history
for peaceful nuclear uses is one of hope. Despite
the spread of much nuclear technology to the four
corners of the world and the ever-greater
expansion of international nuclear cooperation, we
have not yet seen the development of the highly
unstable, highly proliferated world that many
expected by the beginning of the 21st Century.
Despite having for a time promoted HEU reactors and
even considered PNEs, participants in the NPT regime
have been willing to walk away from unnecessary,
economically irrational, or dangerous technology-sharing
ideas even as valuable cooperative efforts have
managed to expand in more responsible ways. If we
keep our wits about us, we can surmount todayÂ’s
ENR challenges too, and help the NPT regime serve
all countries’ interests  in international peace
and security and in increased nuclear cooperation Â
as well, or better, over the next forty years as
it has over the last.
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Point de Presse de M.
David MARTINON
Porte Parole de la
Présidence de la République
Jeudi 27 septembre
2007
QUESTION - Sur un tout autre sujet, est-ce
que vous pouvez nous dire où nous en sommes des projets de
restructuration de la filière nucléaire française ? Et quelle
est l’articulation entre ces projets et les déclarations
répétées du Président Sarkozy en faveur du nucléaire civil
pour tous ?
DAVID MARTINON
–
(...) Pour répondre à
votre (...) question, je dirais simplement que le Président
s’est exprimé sur ce thème-là à l’Assemblée Générale des
Nations Unies. Je vous réaffirme, en effet, que l’intention du
Président de la République n’a jamais été que la technologie
du nucléaire civil reste le fait d’un petit groupe d’Etats
développés du nord. Il a toujours dit, au contraire, qu’il
souhaitait que cette technologie soit partagée avec les pays
du sud, avec les pays émergents mais aussi avec les pays en
voie de développement. La raison en est simple : l’horizon des
énergies fossiles est limité d’après les prévisions que chacun
connaît et il est quand même compliqué de vouloir promouvoir
le développement durable à l’échelle planétaire, lutter
efficacement contre le réchauffement climatique, et se priver
et priver le monde d’une technologie qui est neutre de ce
point de vue là. C’est en ce sens aussi qu’il a dit qu’il
souhaitait que les Etats du sud, les Etats arabes notamment,
puissent avoir la jouissance de cette énergie qui doit leur
permettre d’avoir accès à la croissance, mais à une croissance
propre.
.....
QUESTION – Selon certains experts, il est
très facile de passer du nucléaire civil au nucléaire
militaire. Est-ce que cela vous fait peur et comment vous
voyez les choses ?
DAVID MARTINON – Certains autres experts
disent le contraire. Nous pensons qu’il est tout à fait
possible d’exercer un contrôle technique. Il y a d’autres
mécanismes que l’on peut imaginer, des mécanismes
internationaux, pourquoi pas une autorité de contrôle avec es
compétences élargies pour veiller à ce que, effectivement, les
pays dotés du nucléaire civil ne puissent pas l’utiliser à des
fins militaires ? Souvenez-vous aussi qu’il y a un autre moyen
de contrôle, c’est le contrôle des énergies, de la matière
première. En l’occurrence, le candidat Nicolas SARKOZY, le
ministre de l’Intérieur SARKOZY, avait en septembre 2006 lors
d’un discours à Washington avancé l’idée d’une banque mondiale
de l’énergie et des atières fissiles. Ce sont des pistes de
réflexion sur lesquelles il faut travailler. Il n’y a pas de
fatalité dans le passage d’une technologie à l’autre.
.......
QUESTION – Quelles sont les impressions de
la Présidence de la République après les interventions du
Président AHMADINEJAD devant l’Assemblée Générale des Nations
Unies ? Est-ce que vous avez l’impression que, du point de vue
iranien, l’affaire nucléaire est close ?
DAVID MARTINON – Pour nous, elle n’est pas
close du tout. Quand le Président iranien dit que le programme
est pacifique, finalement, nous ne le croyons pas. Je pense
que vous trouverez peu de personnes dans le monde pour vous
dire que ce programme est pacifique. Tout le monde sait que ce
programme a une visée militaire. Le dossier n’est donc pas
clos pour nous.
......
QUESTION – Avez-vous des preuves que le
programme nucléaire iranien a une visée militaire ?
DAVID MARTINON
– Nous avons tout lieu
de penser que ce qui se développe dans la
centrale de Natanz n’est
pas pacifique. Nous avons un faisceau d’indices très puissants
pour nous amener à cette conclusion-là.
QUESTION – Avez-vous des preuves concrètes
?
DAVID MARTINON
– A ma connaissance,
cela fait un certain temps que l’on n’a pas pu pousser
très loin les contrôles.
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"Avez-vous des preuves que le
programme nucléaire iranien a une visée militaire ?"
L'interpellation ne manque pas de sel. Enfin quoi, la charge de la
preuve appartient à celui détient cette preuve ! Le doute
entretenu par celui qui dissimule et accumule les contrevérités ne
lui profite pas. Il revient à l'Iran de garantir le non-détournement
et l'AIEA est prête à lui apporter son aide à travers les
vérifications pour lui permettre de constituer les preuves
incontestables du respect du TNP. Le doute établit au contraire la
réalité d'une menace de prolifération face à laquelle les autres
Etats ne sauraient rester inactifs. D'ailleurs, celui qui n'a rien à
cacher se soumet volontiers à toutes les vérifications qui
sont pour lui le seul moyen de prouver qu'il respecte ses
engagements.
On a vu ces derniers jours le
Président iranien jouer l'AIEA contre le Conseil de sécurité et
cette attitude attire l'attention sur le cœur du problème. Il vrai
que la menace de prolifération entrave l'accès des Etats aux usages
non-militaires du nucléaire. Le risque de prolifération conforte
ainsi la situation monopolistique du cartel des pays qui maîtrisent
la filière du nucléaire civil. Cette pratique qui fait obstacle au
"nucléaire pour tous" traduit un manque de confiance à l'égard du
contrôle exercé par l'AIEA. L'Agence s'est arrogée un rôle de
médiation qui excède sa compétence en tant qu'organisation
technique. Elle délivre un message brouillé, alors que l'on attend
d'elle soit la constatation de la transparence des activités
nucléaires d'un Etat, soit le constat clair de la carence de l'Etat
dans sa collaboration. Toutefois, l'Agence n'a pas de responsabilité
dans la gestion des menaces à la paix et à la sécurité
internationales. Or le Conseil de sécurité n'est jamais allé
jusqu'au bout des responsabilités affirmées en matière de
prolifération dans la Déclaration présidentielle du 31 janvier 1992.
Par la Résolution 1540 (04) il s'est imposé comme le maître d'œuvre
d'une politique de non-prolifération. Il doit aller plus loin avec
la préoccupation de faciliter l'accès de tous au nucléaire civil en
préservant les peuples du monde du risque de prolifération engendré
par cette ouverture. D'une certaine manière la non-prolifération
l'emporte sur le droit au nucléaire civil, mais la conciliation de
ces deux exigences est possible et nécessaire. Il n'appartient pas à
l'AIEA et à son Conseil de décider si une carence qu'ils constatent
représente une menace à la paix et à la sécurité internationales.
Ainsi la clarification des rôles respectifs de l'Agence et du
Conseil de sécurité figure certainement parmi les mesures
nécessaires. En tous cas, l'AIEA jouera sa crédibilité sur son
rapport de novembre prochain relatif à l'Iran qui examinera la mise
en œuvre de l'accord de procédure conclu en août dernier avec cet
Etat. En prétendant jouer l'Agence contre le Conseil de sécurité le
Président iranien n'a pas rendu service à celle-ci (PW).
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Conseil des droits de l’homme : fin des travaux
de la 1° partie de sa 6° session.
Karine RINALDI |
Communiqué du CDH
Dans sa résolution 5/1 du 18 juin 2007, le
Conseil des droits de l’homme avait décidé, notamment, de
réviser, rationaliser et améliorer les mandats des procédures
spéciales de l’ancienne Commission des droits de l’homme. Lors de
cette session dont la première partie s’est terminée vendredi 28
septembre, le Conseil a entamé ce processus.
Le Conseil a décidé de la prorogation de 5 mandats. Deux mandats
géographiques ont été reconduits avec de forts soutiens de
nombreuses délégations, qui ont cependant indiqué que cela ne
constituait pas un soutien de principe aux mandats par pays qu’il
convenait d’examiner au cas par cas. Par une Déclaration sur la
situation des droits de l’homme en Haïti, adoptée par
consensus, le Conseil se félicite du retour à la légalité
constitutionnelle. Le Conseil a décidé de proroger d’une année le
mandat de l’expert indépendant chargé d’examiner la situation des
droits de l’homme au Burundi. Dans une résolution adoptée
sans vote sur les services consultatifs et l’assistance technique au
Burundi, le Conseil prie Madame Arbour d’augmenter l’enveloppe liée
à l’assistance technique en faveur du Burundi à travers son bureau à
Bujumbura. Le Conseil proroge de 3 ans du mandat du Groupe de
Travail sur la détention arbitraire, par une résolution
adoptée sans vote, de même que le mandat du Rapporteur Spécial sur
la situation des droits et des libertés fondamentales des
populations autochtones. Jean Ziegler, Rapporteur spécial sur le
droit à l’alimentation, qui a notamment prononcé les mots
suivants « certaines institutions, comme l’Organisation des Nations
Unies pour l’alimentation et l’agriculture ou le Programme
alimentaire mondial, font un travail remarquable pour la promotion
du droit à l’alimentation, tandis que d’autres, comme l’Organisation
mondiale du commerce, font tout pour ruiner l’agriculture
africaine », a également vu son mandat prolongé de 3 ans.
Le Conseil a cependant décidé du report de l’examen des mandats sur
la liberté de religion, le Soudan et la République Démocratique du
Congo, à décembre 2007 et mars 2008, bien que des débats interactifs
aient eu lieu.
Le Conseil a en outre décidé de nommer, pour une période de 3 ans,
un Rapporteur spécial sur les formes contemporaines d’esclavage,
y compris leurs causes et leurs conséquences, en remplacement du
Groupe de travail sur ce sujet. Le Conseil a également décidé
d’établir un Forum sur les questions relatives aux minorités,
suivant la proposition autrichienne, qui servira de plate-forme pour
promouvoir le dialogue et la coopération sur les questions relatives
aux personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques,
religieuses ou linguistiques. Il apportera des contributions et
compétences thématiques aux travaux de l’Experte indépendante, il
recensera et analysera les meilleures pratiques, les initiatives
allant dans le sens d’une mise en œuvre renforcée de la Déclaration.
Ses travaux seront guidés par l’Experte indépendante.
Par ailleurs, deux résolutions ont été adoptées à la suite d’un
vote. Par la première, par 34 voix contre 11, le Conseil demande à
tous les Etats de cesser d’adopter des mesures coercitives
unilatérales non conformes au droit international. En vertu de
la seconde, par 31 voix contre 1, il invite Israël à respecter, dans
le territoire palestinien occupé, les droits religieux et
culturels des palestiniens, et à permettre aux croyants palestiniens
d’accéder sans entrave à leurs lieux de culte.
Dans une résolution sur la promotion de la jouissance effective des
droits culturels pour tous et le respect des différentes
identités culturelles, le Conseil estime que la désignation d’un
expert indépendant pourrait aider en la matière.
Par ailleurs, le Conseil encourage le département de l’information
du secrétariat du Haut-Commissariat, dans une résolution adoptée
sans vote, sur « le développement des activités d’information
dans le domaine des droits de l’homme, y compris la campagne
mondiale d’information sur les droits de l’homme », à poursuivre
l’appui à la mise en place de capacités nationales pour l’éducation
et l’information du public dans le domaine des droits de l’homme.
Par une résolution sur la « promotion et protection de tous les
droits de l’homme, civils, politiques, économiques, sociaux et
culturels, y compris le droit au développement », le Conseil demande
au Comité consultatif de préparer un projet de déclaration sur
l’éducation et la formation aux droits de l’homme.
Le Conseil a également adopté sans vote une déclaration du
Président sur le 20° anniversaire de l’entrée en vigueur de la
Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants. Le Conseil prie le Secrétaire général de
prévoir des ressources en personnel et en moyens matériels pour les
organes et les instances qui luttent contre la torture et viennent
en aide aux victimes.
Concernant l’examen périodique universel, le Conseil a
décidé des pays qui seront examinés en avril 2008 (voir
le tableau), de même que de la création un Fond pour ce
mécanisme d’examen, afin de permettre aux pays en développement de
participer au mécanisme.
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Prorogation du mandat du Rapporteur Spécial sur
les droits des populations autochtones et report de l’examen
de la création d’un groupe d’expert sur les droits des
populations autochtones.
Karine RINALDI |
Le Conseil des droits de l’homme, vendredi 28 septembre, a prolongé
le mandat du
Rapporteur Spécial sur la situation des droits de l’homme et des
libertés fondamentales des populations autochtones pour
une période de 3 ans, mandat qui avait été crée en 2001 pour lutter
contre la discrimination grandissante dont sont victimes les
populations autochtones. Ce mandat est prolongé pour, notamment,
accomplir les tâches suivantes : examen des moyens de surmonter les
obstacles existants à la pleine et efficace protection des droits
des populations autochtones ; identifier et promouvoir les
meilleures pratiques ; recueillir, solliciter, recevoir et échanger
des renseignements sur les violations présumées des droits et des
libertés fondamentales dont sont victimes les populations
autochtones ; formuler des recommandations pour prévenir ces
violations ; établir un dialogue constructif continu avec toutes les
parties intéressées ; promouvoir la
Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones
et les instruments internationaux pertinents ; accorder une
attention particulière aux droits des enfants et femmes autochtones.
Le débat interactif sur le renouvellement du mandat du Rapporteur
c’était tenu mercredi 26 septembre. Au cours de son discours ouvrant
ce débat, Monsieur Rodolfo Stavenhagen avait noté que « por su
amplitud y universalidad, [este mandato] complementa el ámbito de
los demas mecanismos internacionales de derechos humanos », la
collaboration effective avec les autres mécanismes des droits de
l’homme étant une des composantes essentielles du mandat. Monsieur
Stavenhagen rappelait la coopération avec
l’Instance permanente sur les questions autochtones, de même
qu’avec l’ancien Groupe de travail sur les populations autochtones
et les organismes régionaux des droits de l’homme, tels que la
Commission interaméricaine des droits de l’homme ou la Commission
africaine des droits de l’homme et des peuples. Selon le Rapporteur
spécial, la récente adoption de la Déclaration des Nations Unies sur
les droits des peuples autochtones est un nouvel élan moral et
politique.
La plupart des délégations nationales qui ont pris la parole lors du
débat interactif ont exprimé leur appui au renouvellement du mandat
(le Nigeria étant le seul pays à avoir estimé que les fonctions du
Rapporteur devraient être intégrées dans celles de l’Instance
permanente). La méthode des négociations a été particulièrement
appréciée (le Guatemala ainsi que le Mexique, sponsors de cette
résolution, avaient tenu, la semaine dernière, de nombreuses
réunions de négociations informelles avec les délégations
intéressées). Selon le représentant de l’Egypte, cette méthode
devrait être adoptée pour l’examen de tous les autres mandats. Quant
à la Bolivie et l’Equateur, ils estiment que le prochain détenteur
du mandat devrait être d’origine autochtone. Pour la Norvège, qui
apprécie le nombre important de visites réalisées dans différents
pays, des visites devraient à l’avenir également se dérouler en
Europe.
Selon l’organisation « International Indian Treaty Council », le
titre du mandat devrait changer pour prendre en compte le titre de
la Déclaration récemment adoptée : « Rapporteur spécial sur la
situation des droits de l’homme et des libertés fondamentales des
peuples autochtones ».
Dans sa conclusion, Monsieur Stavenhagen a remercié les membres du
Conseil et les représentants des peuples autochtones pour leurs
observations et leur appui constant, et a indiqué que l’adoption de
la Déclaration est certes le résultat d’un effort de longue haleine
(il a rappelé l’indifférence quasi-totale d’il y a 25 ans, lors de
l’établissement du Groupe de travail) mais que les problèmes
demeurent nombreux et que le combat continu : « considero que esto
es un comienzo, la adopción de la declaración es un nuevo punto de
partida ».
Par ailleurs, suite à la restructuration du système et à la
création du Conseil des droits de l’homme, la question du devenir du
Groupe de travail est aussi posée.
La résolution 5/1 du Conseil des droits de l’homme du 18 juin 2007
stipule que « the Council will decide at its sixth session on the
most appropriate mechanisms to continue the work of the Working
Groups on Indigenous Populations, Contemporary Forums of Slavery,
Minorities, and the Social Forum ».
Les organisations
autochtones ont proposé la création d’un groupe de 5 experts sur les
droits des populations autochtones, un organe qui se rencontrerait
une fois par an, pendant 5 jours, et fournirait une expertise sur ce
sujet au Conseil des droits de l’homme.
Le Conseil des droits de l’homme a décidé ce même vendredi 28
septembre que se tiendront des consultations informelles sur les
mécanismes les plus appropriés pour poursuivre les travaux du Groupe
de travail sur les populations autochtones.
Selon la résolution, le Conseil « [d]ecides to request the Office of
the High Commissioner on Human Rights to convene an informal meeting
in Geneva, for a day and a half, open to the participation on
states, indigenous peoples and other stakeholders before the resumed
December session of the Council to exchange views on the most
appropriate mechanisms to continue the work of the Working Group on
Indigenous Peoples ».

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Conseil de l’Europe :
Conférence sur la « Justice internationale pour
les enfants »
Antonella SAMPO
La place de l'enfant dans l'ordre public européen des
droits de l'homme |
Les 17 et 18 septembre 2007, s’est tenue à Strasbourg, au Palais de
l’Europe, une Conférence sur « La
justice internationale pour les enfants ». Cette réunion a été
organisée en préparation de la 28ème Conférence des
Ministres européens de la Justice qui se tiendra à Lanzarote
(Espagne) les 25 et 26 octobre 2007 sur le thème « Nouveaux
problèmes d’accès à la justice pour les groupe vulnérables
(notamment les migrants, les demandeurs d’asile et les enfants)».
L’objectif de la conférence sur la justice internationale pour les
enfants, qui s’inscrit dans le Programme triennal du Conseil de
l’Europe (2006-2008) « Construire
une Europe pour et avec les enfants », était de préparer et
d’identifier les questions qui pourraient être analysées par les
ministres européens de la justice. Ces derniers pourraient ainsi
mettre en lumière, par le biais d’une résolution, la nécessité
d’assurer une meilleure protection de l’enfant, une plus grande
accessibilité à la justice et une écoute et prise en compte de leurs
besoins. Les participants ont articulé leur réflexion autour de deux
axes principaux : les grandes étapes de la justice internationale
pour les enfants avec un rappel des textes universels et régionaux,
comités et juridictions en matière de protection de l’enfant et
l’accès des enfants à la justice internationale. (voir
le programme).
Les deux juges de la Cour européenne des droits qui sont
intervenues, Mesdames Françoise Tulkens (Belgique), auteur de
nombres d’opinions dissidentes dans des affaires concernant les
enfants, et Isabelle Berro (Monaco) ont rappelé que la
Convention européenne des droits de l’homme ne contient pas de
disposition spécifique aux enfants. Ainsi, la protection des enfants
est incluse dans l’article 1er de la Convention de portée
générale qui accorde protection à « toute personne » relevant de la
juridiction d’une haute partie contractante. Un enfant a donc la
capacité, au sens de la Convention, pour introduire une requête
devant la Cour (voir
l'arrêt Mubilanzila Mayeka et Kaniki Mitunga c. Belgique du 12
octobre 2006). Une réflexion sur le rôle du Comité des ministres
dans l’exécution des arrêts a également été lancée car lorsqu’ils
constatent une violation, les juges de Strasbourg, à la différence
des juges de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, alors
représentés par Margarette May Macaulay, ne donnent pas d’indication
précise au Comité des ministres quant à l’application de ses arrêts,
ce qui crée des difficultés dans les affaires concernant les
enfants.
La place de l’enfant dans la
Charte sociale européenne et dans les procédures de recours
collectifs a également été abordée, sans oublier les droits de
l’enfant à travers les mécanismes de protection des Nations Unies.
L’une des principales interrogations a été de comprendre comme une
application efficace de la
Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant
pouvait être assurée sans garantir un recours individuel devant le
Comité des droits de l’enfant. En effet, ce Comité est l’un des
seuls à ne pas être compétent pour recevoir une communication
individuelle.
Le système africain de protection des droits de l’enfant a également
fait l’objet d’une analyse. En dépit de l’existence de
textes assez divers (
Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, son
protocole instituant la Cour Africaine des droits de l’homme et
celui sur le droits des femmes ( Protocole de MAPUTO) la Charte
africaine sur les droits et le bien-être de l’enfant), il a été
souligné que la confidentialité des rapports et l’absence de
mécanisme ou organe habilité à recevoir des recours individuels ont
un effet dévastateur sur l’application effective de ces textes.
De longues présentations et débats ont été consacrés à la fois aux
aspects procéduraux et pratiques de l’accès des enfants à la
justice internationale. Ainsi, des exemples de « child friendly procedures
or measures » ont été analysés telles que enregistrements vidéo des
auditions de l’enfant victime, la disposition de la salle d’audience
ou encore le langage adopté pour s’adresser aux enfants. Des
propositions intéressantes ont été faites afin d’améliorer le
traitement des requêtes qui concernent ou qui sont introduites des
enfants, tel qu’un signalement spécifique de la part du Greffe de
la juridiction. Ainsi, l’appréciation de la recevabilité de la
requête notamment pour ce qui concerne la CEDH, l’épuisement des
voies de recours internes, devrait prendre en considération le
statut de mineur du requérant.
Au niveau du Conseil de l’Europe, le programme « Construire une
Europe pour et avec les enfants » a donné un souffle à la lutte pour
la protection des enfants. Ainsi , une nouvelle
Convention sur la protection des enfants contre l’exploitation et
les abus sexuels adoptée par le Comité des Ministres le 12
juillet 2007 et élaborée par le
Comité d’experts (PC-ES) sera ouverte à la signature à
Lanzarote.
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CETC : mise en examen et
placement en détention provisoire de NUON Chea
Valérie GABARD |
Contrastant avec le retard pris l’année dernière, les
Chambres extraordinaires au sein des
Tribunaux cambodgiens
font preuve depuis plusieurs semaines d’une célérité et d’une
activité particulièrement visible et riche. Donnant suite au
réquisitoire introductif
du 18 juillet déposé par les
co-procureurs, les co-juges d’instruction
ont ainsi mis en examen
et placé en détention provisoire
NUON Chea
considéré comme le « numéro 2 » après
Pol pot
dans le régime du Kampuchéa
démocratique.
L’ordonnance de placement en détention
provisoire
adoptée par les co-juges d’instruction You Bunleng et Marcel Lemonde,
évoque une mise en examen pour crimes contre l’humanité
(meurtres, torture, emprisonnement, persécution, extermination,
déportation, transfert forcé de population, réduction en esclavage
et autres actes inhumains) et violations graves des conventions
de Genève du 12 août 1949 (homicides volontaires, torture, actes
inhumains, fait de causer intentionnellement de grandes souffrances
ou de porter atteinte à l’intégrité physique ou à la santé,
privation intentionnelle du droit à un procès équitable, détention
illégale, déportation ou transfert illégal). Par les diverses
fonctions qu’il a occupé, NUON Chea aurait « planifié, été
l’instigateur, ordonné, dirigé ou autrement aidé à la commission des
crimes ». Pour les co-juges d’instruction les actes reprochés
s’inscriraient dans une politique systématique ou généralisée visant
la population civile. Ces éléments sont contestés par l’intéressé au
motif qu’il n’avait aucun contact direct avec la base. De plus il
n’appartenait pas au comité militaire, titulaire réel du pouvoir
selon lui, entre 1975 et 1979. Les membres du pouvoir législatif
dont il faisait partie n’ont « jamais fait aucune loi permettant
de tuer des citoyens ».
Quant à la demande de détention provisoire
formulée par les co-procureurs, elle est motivée par le souci
d’éviter d’éventuelles pressions sur les témoins et la disparition
de preuves, par le risque de fuite de l’accusé, par la volonté de
préserver l’Ordre public et enfin pour la propre sécurité de
l’accusé. Pour NUON Chea, ces arguments sont à réfuter et il ajoute
qu’il n’est pas un lâche qui fuirait la justice et qu’il souhaite « faire
la lumière pour le peuple cambodgien ». Les co-juges
d’instruction se sont finalement ralliés aux arguments des co-Procureurs
utilisant un raisonnement identique à celui retenu il y a quelques
semaines dans le cas de DUCH. Ils ont ordonné un placement en
détention provisoire pour une durée d’un an. La gravité du crime, le
trouble à l’ordre public, la position hiérarchique de l’accusé ainsi
que le risque de pression sur les témoins représentent l’ensemble
des arguments retenus par les co-juges d’instruction.
Ajoutons, que le 19 septembre NUON Chea a
officiellement choisi d’être représenté par un avocat cambodgien
Maître SON Arun.
Il s’agit de la seconde mise en examen. La
première datait de la fin du mois de juillet et concernait
KAING GUEK EAV alias DUCH.
Elle n’est certainement pas la dernière puisque selon les
informations fournies par les co-procureurs, cinq personnes seraient
visées par ce premier réquisitoire introductif (voir
les archives de Sentinelle).
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Archive |
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Procédures devant les CETC
Règlement intérieur
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Composition des CETC
Mise en place des CETC
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Réunion
relative à la Convention des Nations Unies pour la lutte
contre la désertification
Danilo
COMBA |
Durant le
mois de septembre, le COP, organe principal de la Convention pour la
lutte contre la désertification (CNULD/ UNCCD),
s’est réuni à Madrid (COP8) lors
d’une conférence des parties qui a lieu tous les deux ans; elle a
été également l’occasion pour le
CRIC6 (Comité chargé de l’examen de la mise en œuvre de la
Convention)
et le
CST8 de se réunir
(Comité sur la science et la technologie).
Avec 191 Etats
présents, cette Convention est le document de référence pour la
lutte à la désertification (la Convention
a été adoptée à Paris le 17 juin 1994 et elle est entrée en vigueur
le 26 décembre 1996).
Ceci dit l’UNCCD
est par ailleurs critiquée en raison des limites de ses résultats.
Selon des
estimations officielles,
« 24 milliards de tonnes de sols fertiles disparaissent chaque
année. La désertification atteint un quart des terres émergées du
globe et a déjà dégradé deux tiers des terres agricoles ».
La désertification est un phénomène en
expansion
dans le monde qui affecte actuellement directement 200 millions de
personnes et menace à terme 2 milliards d'humains.
Le combat contre
la désertification signifie également donner du sens aux Objectifs
du Millénaire pour le développement, et en particulier réduire de
moitié le nombre de pauvres d’ici 2015 et assurer un environnement
durable. Outre la conservation environnementale, elle doit également
participer aux grandes questions de la pauvreté et des pressions
migratoires qui en résultent.
A cet égard il
est à remarquer la volonté de coordonner les activités de la UNCCD
avec celles de la Convention cadre des Nations Unies sur les
changements climatiques (UNFCCC) et de la Convention sur la
diversité biologique (CBD) (réchauffement global et désertification,
« les
deux faces d’une même monnaie »).
La Conférence des
Parties avait pour but principal de relancer les actions
entreprises, mais surtout d‘en entreprendre d’autres pour freiner le
processus de désertification.
Dans l’attente de la mise en ligne des documents officiels les
résultats les plus significatifs semblent être :
·
Selon
la délégation suisse « la Convention a fait des pas substantiels
pour promouvoir des mesures concrètes, basées sur des programmes
locaux et soutenues par la Coopération internationale ».
1.
Les
parties ont adopté avec un large consensus un plan d’action
décennal visant à concrétiser un développement économique
qui tient dument compte des conditions exigées par le développement
durable. Essentiellement il s’agit d’améliorer la productivité des
terres et de mieux protéger les ressources disponibles (des
propositions ont été également faites concernant
le droit de l’accès à l’eau et les
risques subjacents aux politiques de privatisation de ce bien).
2.
Parallèlement on relance
les programmes d'action nationaux
(PAN),
instrument essentiel à la mise en œuvre
de la Convention grâce à une approche participative
impliquant les communautés locales, ce qui permet également de
différencier les actions selon les exigences concrètes. Les PANs
sont renforcés par des programmes d'action aux niveaux sous-régional
(PASR) et régional (PAR).
·
La
huitième conférence a vu une plus grande implication des ONG
et de la société civile, lesquelles ont soulignées dans une
déclaration commune « la
constante passivité des pays signataires ».
·
En
revanche, après des longues discussions, les parties ne sont pas
parvenues à un accord en ce qui concerne le financement du
budget du
Secrétariat exécutif. Le Japon en particulier s’est opposé à une
augmentation de 5%, ce qui risque d’annuler toute avancée réalisée
en relation au plan de lutte décennal.
Ces difficultés
devraient être résolues dans le cadre de la 62ème AG de l’ONU.
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Partenariat Australie-Indonésie
Danilo COMBA |
L’Australie et l’Indonésie
viennent de signer un accord permettant une importante réduction des
émissions de GES (700 millions de tonnes dans les futures 30 ans)
par une protection accrue des forêts indonésiennes de la
région de « Kalimantan »
(préservation d’une aire de 70000 hectares et réhabilitation de 100
millions de nouveaux arbres dans la région autrement appelée
« Bornéo »).
Cette région, estime le
document du ministère australien des affaires étrangères, se
caractérise comme une des plus grandes aires internationales encore
intactes et avec une biodiversité extrêmement importante.
Il s’agit d’un projet de
coopération internationale qui confirme l’approche australienne pour
l’adaptation aux changements climatiques (« Global Initiative on
Forests and Climate”, voir
Sentinelle) ; « Today's
agreement is a demonstration of the Australian Government's
commitment to tackling the issue of climate change
through strong international cooperation and practical action
».
Ce partenariat, avec une
contribution australienne de 30 millions d’A$ (16 millions d’euros),
devrait s’accroitre dans les prochains 4
ans grâce à la participation d’autres Pays mais également des ONG et
du secteur privé.
Parallèlement, au niveau
interne, le Parlement fédéral australien vient d’adopter des
politiques fiscales favorables aux projets d’implantation de forêts,
afin d’accentuer la séquestration du carbone.
Selon le ministre
de l’environnement Malcolm Turnbull « The Tax Laws Amendment (2007
No. 6) Bill 2007
will see the growth of the carbon sink
forests as a key element in addressing climate change.
The bill provides immediate tax deductions for costs incurred in
establishing a carbon sink forest from now until 2012 (…) ».
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Banque mondiale et ONUDC : lutte contre la corruption
Initiative en faveur de la restitution des avoirs volés
Valérie GABARD
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Le 17 septembre, la
Banque mondiale et
l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC)
ont officiellement lancé
une initiative pour la restitution des avoirs volés (StAR). Le
principal objectif de cette
nouvelle campagne est d’aider par la mise en place d’un
partenariat international, les pays en développement à recouvrer
les avoirs volés par des dirigeants corrompus pour les restituer à
leurs propriétaires légitimes. Les fonds restitués seront ensuite
utilisés pour la mise en place de programmes de développement. Pour
le Directeur exécutif de l’ONUDC,
Antonio Maria Costa, cette initiative marque « un tournant
dans la lutte contre la corruption à l’échelle mondiale » et il
deviendra « plus difficile pour les Kleptocrates de subtiliser
les deniers de l’État, et plus facile pour le public de recouvrer
l’argent volé ».
1. Objectif du StAR: inverser l’impact de la corruption sur le
développement
L’ensemble de l’initiative est expliqué dans un document intitulé
Stolen Asset Recovery (StAR) Initiative : challenges, opportunities,
and Action Plan. Le rapport dresse un bilan prudent et estimatif
de l’ampleur du problème des avoirs volés (pour un bilan plus
complet, voir le rapport p.8 et s.) :
·
La circulation transfrontalière du produit tiré d’activités
criminelles (trafic de drogue, contrefaçon, blanchiment d’argent,
trafic d’armes etc.), d’actes de corruption et de fraude fiscale
représenterait selon les estimations entre 1000 et 1600 milliards de
dollars par an.
·
Même si le problème concerne tous les continents, on estime que la
corruption fait perdre chaque année 25% du PIB des Etats africains
(148 milliards de dollars).
·
Les dirigeants corrompus détournent chaque année jusqu’à 40
milliards de dollars placés en sûreté dans des pays étrangers.
Le coût financier des avoirs volés est déjà élevé mais ne
représente que la partie émergée de l’iceberg. L’impact réel de
cette corruption sur le pays victime est beaucoup plus profond.
Selon le rapport l’existence d’une corruption endémique freine les
investissements et dégrade les institutions publiques entravant le
développement du pays, ce qui a pour conséquence de nuire
principalement aux populations pauvres. L’objet de l’initiative
conjointe lancée par la Banque mondiale et l’ONUDC est donc
d’utiliser l’argent recouvré pour le financement de programmes de
développement, renversant ainsi l’impact de la corruption sur le
développement.
Dans un souci pédagogique et parce que le montant des sommes
détournées est si important qu’il est difficile de se représenter ce
à quoi il peut correspondre, le rapport explique que le recouvrement
de 100 millions de dollars, soit une part relativement minime de
l’ensemble de l’argent détourné, « permettrait de financer un
programme complet de vaccination pour 4 millions d’enfants, de
fournir de l’eau courante à quelque 250 000 ménages, ou de financer
le traitement pendant une année complète de plus de
600 000 personnes vivant avec le VIH/SIDA ».
2. Moyens d’action :
mise en place d’un partenariat entre pays développés et pays en
développement
Selon Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations Unis l’initiative
StAR aura pour effet d’encourager « l’indispensable coopération
qui doit s’instaurer entre pays développés et pays en développement
et entre secteur public et secteur privé pour faire en sorte que les
avoirs dérobés soient restitués à leurs propriétaires légitimes ».
L’ensemble des actions proposées vise en effet à la fois les pays en
développement et les pays développés avec l’idée qu’aucune solution
durable et positive ne peut exister sans la mise en place d’actions
aux deux niveaux. C’est une idée clef de l’initiative dont
l’objectif est de parvenir à une amélioration significative de la
gouvernance et de la transparence financière des pays en
développement et pour les pays développés de cesser de fournir un
refuge aux produits de ces vols.
L’initiative StAR propose ainsi :
·
Le
renforcement de la capacité institutionnelle des pays en
développement
par la mise en place d’une assistance technique au renforcement du
système de justice pénal et à la mise en conformité de la
législation nationale avec la Convention des Nations Unies contre la
corruption.
·
Le
renforcement de l’intégrité des marchés financiers
en s’assurant que les institutions financières respectent
la législation régissant la lutte contre le blanchiment d’argent, de
manière à détecter et prévenir le blanchiment du produit d’activités
illicites.
·
Faciliter le processus de recouvrement des avoirs
en fournissant une aide juridique et financière aux pays en
développement qui souhaitent débuter le lourd et complexe processus
de recouvrement. Cependant le recouvrement des avoirs volés passe
aussi et surtout par une amélioration de la situation dans les pays
où l’argent est déposé. Sur ce dernier point les exemples passés,
ont montré qu’il était long et difficile pour les Etats de rapatrier
l’argent volé dès lors que celui-ci se trouvait dans un pays
étranger. Pour ne citer que deux exemples, le Nigeria a passé cinq
ans a recouvré 505 millions de dollars au titre d’avoirs volé par
Sani Abacha et mis à l’abri dans les banques suisses. Cinq ans est
la durée moyenne estimée, durée déjà trop longue que l’Initiative
se propose de réduire, mais qui est finalement bien peu en
comparaison des 18 années nécessaires aux Philippines pour recouvrer
624 millions de dollars volés par l’ancien président, Ferdinand
Marcos (pour plus d’exemples voir
la fiche descriptive de la Banque mondiale). Le problème à
résoudre pour faciliter la restitution est l’absence fréquente de
structure juridique qui permettent la restitution des avoirs aux
pays d’origine.
·
De
ratifier
la
Convention des Nations Unies contre la corruption
(CNUCC). Cette convention multilatérale entrée en vigueur en 2005
n’a en effet été ratifiée que par la moitié des pays membres du G8
et de l’OCDE.
L’ONUDC et la Banque mondiale insistent donc sur la nécessité pour
ces Etats de ratifier la CNUCC. De plus une pression forte en faveur
de la ratification de cette convention doit être exercée sur les
pays à marché émergent qui servent souvent de refuge aux avoirs
volés. Pour l’heure sur les 54 pays classés dans la catégorie
centres financiers offshores par le FMI, 13 seulement ont ratifié la
convention.
·
De surveiller l’utilisation des fonds recouvrés
afin qu’ils soient affectés à des programmes de développement de
nature sociale, éducative ou visant au renforcement des
infrastructures.
La
Suisse particulièrement concernée par cette question, dispose
désormais d’une expertise et d’une expérience en la matière
puisqu’elle a effectué 1,6 milliards de dollars de restitutions
(affaires Marcos, Montesinos, Abacha, Kazakhstan, etc.). Le pays a
donc bien sur salué cette Initiative internationale et proposer à
la Banque Mondiale de partager son expérience pour s’assurer d’une
restitution transparente des avoirs volés.
Pour la Banque Mondiale, une telle Initiative est capitale et
devrait avoir un rôle clef pour favoriser les objectifs de bonne
gouvernance qu’elle prône. Quant à l’ONUDC, il s’agit plus en
parfait accord avec son mandat de lutte contre le crime au plan
international, de participer activement à une réduction du phénomène
de corruption. Il est intéressant de noter que deux organisations
internationales aux objectifs bien distincts sont capables de faire
cause commune lorsque leurs intérêts mutuels de recoupent.
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Obs. En analysant
récemment la Décision n°8 rendue par la Commission des réparations
(Erythrée/Ethiopie) j'ai constaté qu'en matière
d'indemnisation des personnes (en l'occurrence il s'agissait de
dommages de guerre) il fallait distinguer entre
-
les mesures individuelles de
réparation visant des personnes déterminées : l'Etat auteur de la
réclamation est tenu de verser aux victimes les indemnités qu'il a
perçues ;
-
Les mesures générales de
réparation visant un groupe de personnes non identifiées : l'Etat
est toujours tenu d'affecter les sommes perçues aux victimes, mais
l'utilisation peut prendre la forme de mesures générales qui
assurent une compensation indirecte (constitution de fonds pour la
reconstruction, le développement, etc.) (PW).
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Alberto Fujimori n’échappe pas à son
extradition vers le Pérou
Antonella
SAMPO |
Le 21 septembre 2007, la Cour suprême du Chili a rendu
un arrêt accordant l’extradition vers le Pérou d’Alberto
Fujimori, ancien président péruvien, accusé de corruption et de
violations graves des droits de l’homme (voir
le communiqué du
Ministère de la Justice chilien). Cette décision constitue
l’aboutissement d’une procédure d’extradition initiée en 2001, suite
à l’annonce de sa démission en 2000 depuis le Japon où il demeurera
jusqu’en novembre 2005.
Outre les poursuites pour enrichissement
illicite et détournements de fonds publics et suite à la levée de
son immunité, l’ancien Président du Pérou a été inculpé le 5
septembre 2001 de meurtre, lésions graves et disparition forcée,
étant précisé que cette dernière infraction constitue au sens du
droit péruvien, un crime contre l’humanité ( voir la
loi 26926 du 21 février 1998).
Suite au lancement d’un mandat d’arrêt international à son encontre
via le Canal Interpol, le Pérou a tenté d’obtenir son extradition.
Toutefois, cette demande a été rejetée par les autorités japonaises
au motif que son droit ne prévoyait pas l’extradition de ses
nationaux et que Fujimori était considéré comme étant un citoyen
japonais de part sa filiation. L’absence de traité bilatéral
d’extradition a également justifié le refus du Japon. Si ces
motivations peuvent s’entendre pour les infractions de corruption,
elles sont moins pertinentes pour ce qui concerne les violations
graves des droits de l’homme et les crimes contre l’humanité car en
cette matière le principe aut dedere aut judicare aurait du
prévaloir afin d’éviter l’impunité.
Toutefois, le 7 novembre 2005, de retour de son exil au Japon,
Alberto Fujimori était arrêté à Santiago du Chili ( voir
Sentinelle du 13 novembre 2005), en application du mandat
d’arrêt international. Débute alors une lutte de deux ans de
contestation de la procédure d’extradition. La première demande
déposée par le Pérou n’avait pas abouti au motif que l’exigence de
la double incrimination n’était pas respectée, les infractions pour
lesquelles Fujimori était poursuivi au Pérou ne trouvant pas leur
pendant en droit chilien. L’exigence de la double incrimination
étant une condition classique du droit de l’extradition. Le 3
janvier 2006, le Pérou introduisait donc une nouvelle requête en
extradition (voir
Sentinelle du 15 janvier 2006) qui s’est soldée par le présent
arrêt de la Cour Suprême autorisant l’extradition de l’ancien
président.
Les autorités péruviennes ont déclaré que Fujimori serait jugé comme
un citoyen ordinaire et que ses droits fondamentaux seraient
garantis : « El
ex presidente Fujimori, hoy extraditado, tendrá un trato como
cualquier ciudadano teniendo en cuenta su condición de ex mandatario
del Perú. Así mismo se garantiza el debido proceso y la seguridad
jurídica. El Ministerio de Justicia ha dispuesto que se le asigne un
abogado de oficio, salvo que la otra parte contrate uno. Se
respetarán en todo momento los derechos humanos. Pero desde ya
ponemos de conocimiento que será trasladado a un centro
penitenciario como obedece la ley” (voir
le communiqué du Ministère de la Justice péruvien).
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