Philipe WECKEL-- Anne RAINAUD-- Guillaume AREOU-- Pierre BETTINGER --Sarah CASSELLA-- Danilo COMBA-- Florina COSTICA-- Tidiani COUMA

Valérie GABARD, Fatma RAACH-- Sabrina RAHMANI-- Karine RINALDI-- Jacobo RIOS RODRIGUEZ

Antonella SAMPO-- Noémie SIMONEL-- Sébastien TOUZE -- Aude VASSEUR-- Sabrina URBINATI

 

Sommaire

N°121

 

 

 

 

 
 

 

 

© 2006 Tous droits réservés aux auteurs

     
 

 

Déclaration commune des Etats participants aux pourparlers à six pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne

Aude Vasseur

 

La Chine a rendu public la déclaration commune adoptée lors de la seconde phase du sixième cycle des pourparlers à six sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne qui s’est tenue à Pékin du 27 au 30 septembre 2007.

Ce processus de négociations, rassemblant la République populaire démocratique de Corée (RPDC), la République de Corée du Sud, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie, a été mis en place suite à l’annonce de son retrait du Traité de non-prolifération (TNP) par la RPDC en 2003 et à son refus de recevoir les inspecteurs de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA) depuis décembre 2002 (voir Sentinelle n° 10). En septembre 2005, les Etats participants ont publié une déclaration commune qui affirme que le but de ces négociations est la dénucléarisation vérifiable de la péninsule de Corée par des moyens pacifiques. Cependant, après cette déclaration, le processus a été mis à mal (voir Sentinelle n° 86) par des tirs d’essai de missiles balistiques (voir Sentinelle n° 73) et l’annonce de la reprise d’essais nucléaires (voir Sentinelle n° 81) par la Corée du Nord en juillet et octobre 2006. Face à ces événements, le Conseil de sécurité a adopté des sanctions contre la RPDC dans ses résolutions 1695 et 1718 (voir Sentinelles n° 74 et 82), sanctions adoptées par les Etats membres de l’ONU conformément à leur législation interne (voir Sentinelles n° 79 et 86) et dont la mise en œuvre est surveillée par un comité des sanctions (voir Sentinelle n° 92 et les rapports du comité du 11 janvier 2007, du  16 avril 2007 et du 10 juillet 2007 ).

A la suite de ces sanctions, les pourparlers à six ont repris en février dernier (voir Sentinelle n° 95) et ont donné lieu à un accord entre les participants le 13 février 2007 (voir Sentinelle n° 97). Cet accord, adopté par consensus, prévoit la fermeture des installations nucléaires de Yongbyon et le retour des inspecteurs de l’AIEA en Corée du Nord, en échange d’une aide économique, énergétique et humanitaire et d’une normalisation des relations entre la RPDC et les Etats-Unis, ainsi qu’avec le Japon. Suite à cet accord, la Corée du Nord a invité les inspecteurs de l’AIEA à vérifier l’abandon des activités nucléaires sur le site de Yongbyon (voir le rapport de l’AIEA du 23 août 2007) et a reçu une assistance énergétique notamment de la part des Etats-Unis (voir la déclaration de Christopher Hill le 25 septembre 2007).

Dans ces conditions, la déclaration commune adoptée à l’issue de la dernière réunion des Etats participants aux pourparlers prévoit les mesures et les prochaines étapes de la mise en œuvre de la déclaration de septembre 2005. La RPDC s’est engagée à désactiver toutes ces installations nucléaires et à fournir une déclaration complète et fidèle de tous ses programmes nucléaires d’ici le 31 décembre 2007 (voir la dépêche du 3 octobre 2007). Le démantèlement des installations de Yongbyon sera dirigé par une équipe américaine et un groupe d’experts sera envoyé dans les prochaines semaines afin de préparer ce travail (voir la brochure publiée par le Département d’Etat américain). Cependant, comme l’a rappelé le Représentant de la RPDC lors de son discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies le 2 octobre, la dénucléarisation de la péninsule coréenne ne dépend pas seulement de l’abandon des activités nucléaires nord-coréennes. Ce processus dépend aussi de l’abandon par les Etats-Unis et le Japon de leur politique hostile envers la RPDC (voir la dépêche du 2 octobre). Dans la déclaration commune, le Japon s’est engagé à faire des « efforts sincères » pour normaliser les relations entre les deux Etats et à négocier avec la RPDC des accords dans ce sens. Quant aux Etats-Unis, ils se sont engagés à retirer la Corée du Nord de la liste des Etats sponsorisant le terrorisme et à mettre fin à l’application du « Trading with the Enemy Act » à son égard. Cependant, le porte-parole du Département d’Etat américain, a précisé qu’aucune date n’est prévue pour la mise en œuvre de ces mesures et qu’elle dépendra du respect par la Corée du Nord de ses engagements en matière de dénucléarisation et des conditions prévues par la loi américaine (voir les points presses du 2 octobre et du 3 octobre).

Concernant les réactions internationales, le Président américain a accueilli cette déclaration commune qui participe à la paix et la prospérité de l’Asie du Nord Est et a confirmé que les Etats-Unis sont prêts à apporter leur soutien à la RPDC pour qu’elle respecte ses engagements (voir la déclaration du 3 octobre). Le Secrétaire général de l’ONU s’est félicité de ce pas important accompli dans les efforts diplomatiques en faveur de la dénucléarisation de la péninsule coréenne et a  insisté sur « l’importance vitale de la non-prolifération nucléaire et du désarmement » (voir le communiqué du 3 octobre). Le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères français a, quant à lui, assuré le soutien de la France aux pourparlers et a déclaré que la mise en œuvre de la déclaration commune sera une étape importante vers la dénucléarisation de la péninsule coréenne et le respect des résolutions du Conseil de Sécurité (voir le point presse du 4 octobre). D’autre part, le Haut Représentant de l’Union européenne pour la PESC, Javier Solana, a fait part de sa satisfaction face aux mesures concrètes décidées lors de cette réunion et a félicité les Etats participants et spécialement la Chine en tant que pays d’accueil et facilitateur des négociations (voir le communiqué  du 4 octobre). Enfin, le Ministre des Affaires étrangères du Royaume Uni a souligné que cette déclaration montre les bénéfices d’une diplomatie patiente et a encouragé les autres Etats développant des activités nucléaires, y compris l’Iran, à coopérer avec la communauté internationale (voir le communiqué du 4 octobre).

 

Archive

 

 

·        Corée du Nord adoption de nouvelles sanctions par le Conseil de sécurité  Sabrina RAHMANI

·         Corée du Nord reprise des pourparlers à six Sabrina RAHMANI

·         Mise en oeuvre par la France des sanctions contre la Corée du Nord Anne RAINAUD

·         Tensions quant à la reprise des pourparlers à six Sabrina RAHMANI

·         CS, Premier rapport du comité des sanctions visant la Corée du Nord Philippe WECKEL

·        Les Etats-Unis et la Corée du Nord se mettent d’accord sur la reprise des négociations dans le dossier nucléaire Sabrina RAHMANI

·        RPDC Conclusion d’un accord sur la dénucléarisation Sabrina RAHMANI

 

 

 

Statement by Ambassador Zalmay Khalilzad, U.S. Permanent Representative, on the report on the situation in Burma/Myanmar by the Secretary-General’s Special Envoy Ibrahim Gambari, in the Security Council, October 5, 2007 (extrait) :

The Security Council must not remain silent just because the people of Burma have been silenced by the violent repression carried out by the regime. We have an opportunity to be their voice and we must. At the moment, Special Advisor Gambari is the link between the international community and the regime. It is therefore vital to maintain the momentum begun by his recent visit in order to obtain concrete results from his Good Offices mission. We urge Mr. Gambari to return to the region as soon as possible to continue his intensive diplomatic efforts, and we call on all governments with influence with the regime to support his return and his mission. We expect upon his return that he will receive full cooperation.

(…)

If the Burmese regime does not respond constructively to the demands of the international community in a timely manner, The United States is prepared to introduce a resolution in the Security Council imposing additional sanctions. We must all be prepared to consider measures, such as arms embargoes to incentivize the regime to cooperate with Mr. Gambari.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Archive

 

 

·        Corée du Nord adoption de nouvelles sanctions par le Conseil de sécurité  Sabrina RAHMANI

·         Corée du Nord reprise des pourparlers à six Sabrina RAHMANI

·         Mise en oeuvre par la France des sanctions contre la Corée du Nord Anne RAINAUD

·         Tensions quant à la reprise des pourparlers à six Sabrina RAHMANI

·         CS, Premier rapport du comité des sanctions visant la Corée du Nord Philippe WECKEL

·        Les Etats-Unis et la Corée du Nord se mettent d’accord sur la reprise des négociations dans le dossier nucléaire Sabrina RAHMANI

·        RPDC Conclusion d’un accord sur la dénucléarisation Sabrina RAHMANI

L’ONU et la situation au Myanmar (Birmanie)  

Valérie GABARD 

 

Il semble désormais possible d’affirmer que le calme soit revenu au Myanmar, mais à quel prix ? Les manifestations pacifiques quotidiennes organisées par les moines bouddhistes accompagnés de civils n’ont cessé qu’en raison de la répression disproportionnée menée par la junte militaire. Il reste difficile de connaître la situation exacte dans le pays, cependant selon les informations rapportées, on dénombrerait au moins 10 morts et des milliers de personnes arrêtés, civiles ou moines bouddhistes (entre 2000 et 4000) ainsi que du personnel du PNUD. La répression mise en œuvre par la junte militaire avait suscité la semaine passée de nombreuses réactions nationales, régionales et internationales (voir les archives de Sentinelle). Sans nier l’existence d’initiatives hors de l’Organisation des Nations Unies c’est au cœur de cette enceinte que la situation au Myanmar a été principalement évoquée cette semaine.

 C’est tout d’abord l’Assemblée générale de l’ONU qui a offert une tribune au ministre des Affaires étrangères du Myanmar, U Nyan Win afin de défendre son point de vue. Il a expliqué que les manifestations protestant initialement contre la situation économique ont été « exploités par des opportunistes politiques ». Les mesures adoptées par la junte étaient selon lui nécessaire pour rétablir l’ordre public.

 Quant aux bons offices du Secrétaire Général Ban Ki-moon, il est désormais possible de dresser un premier bilan de la visite de Ibrahim Gambari au Myanmar. Arrivé dans la capitale birmane samedi, l’envoyé spécial de Ban Ki-moon a pu s’entretenir avec plusieurs représentants du régime mais il n’a pu rencontrer le général en chef de la junte, Than Shwe que le mardi 2 octobre. L’envoyé spécial a obtenu de rencontrer à deux reprises, l’opposante politique Daw Aung San Suu Kyi qui est toujours en résidence surveillée mais n’a pu en revanche s’entretenir avec d’autres membres de son parti politique, la Ligue nationale pour la démocratie. De plus il est intéressant de relever l’escale effectuée par le Conseiller spécial du Secrétaire général à Singapour où il s’est entretenu avec le premier ministre Lee Hsien Loong et son ministre des affaires étrangères. Cette visite est ciblée car Singapour préside actuellement l'Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN). L’organisation dont est membre le Myanmar a, de manière tout à fait exceptionnelle, adoptée un communiqué la semaine passée condamnant l’attitude de la junte birmane et soutenant l’action du Secrétaire Général. Il s’agit sans doute pour Ibrahim Gambari d’un moyen de s’assurer du soutien sans réserve l’action menée par le Conseiller spécial et d’espérer que cette pression se maintienne voir s’accentue.

 Le communiqué de presse est en revanche beaucoup plus lapidaire voir silencieux sur le contenu même de ces entretiens. Il aura donc fallu attendre le vendredi 5 octobre et la troisième réunion sur le Myanmar du Conseil de sécurité pour le seul mois de septembre afin d’obtenir plus de précisions. L’envoyé spécial et le Secrétaire général ont ainsi dressé un bilan de la situation dans le Pays (voir le communiqué de presse du 5 octobre 2007). L’envoyé spécial, Ibrahim Gambari, a souligné que « le monde n'est plus ce qu'il était il y a de cela 20 ans ». « Aucun pays ne peut se permettre d'agir en isolation, ignorant les normes qui engagent tous les membres de la communauté internationale ». De plus les manifestations ne sont pas selon lui uniquement basées sur un mécontentement lié aux conditions socioéconomiques mais revêtent sans doute un caractère politique. Ban Ki-moon et estimé qu’un dialogue ouvert entre le gouvernement et l’opposition et ainsi : « un des possibles résultats de la mission de mon Conseiller spécial est l'annonce par le gouvernement d'une éventuelle réunion entre le général en chef Than Shwe et Daw Aung San Suu Kyi ». Le simple emploi des termes « possibles » et « éventuelle » nous permet de comprendre qu’une telle rencontre reste pour l’heure plus qu’hypothétique. De plus la mission de l’Envoyé spécial n’est pas terminée et il devrait poursuivre sa tâche avant de se rendre une nouvelle fois au Myanmar en novembre prochain.

 Au-delà de ce communiqué de presse, peu d’informations ont filtré sur la position de chacun des Etats membres lors de cette réunion. Aucune action précise n’a semble t’il été adoptée au sein du Conseil. L’action du Conseil de sécurité se limite pour l’heure à un bref communiqué, approuvé la semaine passé à l’issue d’une réunion spéciale sur le Myanmar. Elle ne contient qu’un appel à la retenue « en particulier de la part du gouvernement birman » et un soutien aux bons offices engagés par le Secrétaire général. Cependant le représentant des Etats-Unis auprès de l’ONU a  déclaré que les Etats Unis sont prêts à proposer au Conseil de sécurité de l'ONU une résolution prévoyant des sanctions à l’encontre de la Birmanie en cas d'échec de la mission de l'envoyé des Nations unies Ibrahim Gambari

Enfin le Conseil des droits de l’homme a tenu une session extraordinaire le mardi 2 octobre  sur la situation des droits de l’homme au Myanmar. Il s’agit de la cinquième session extraordinaire du Conseil depuis sa création (voir le communiqué de presse). Les membres du Conseil ont adopté une résolution par consensus condamnant la répression des manifestations et demandant la libération de tous les manifestants arrêtés et des prisonniers politiques. Outre la condamnation la résolution appelle également  les autorités birmanes :

·         au respect des droits de l’homme et aux libertés fondamentales, ainsi que le devoir pour la junte d’enquêter et de poursuivre les auteurs de violations des droits de l’homme ;

·         à la libération des prisonniers politiques ;

·         à la suppression de tous les obstacles aux activités politiques pacifiques et à garantir la liberté de rassemblement pacifique, la liberté d’association et la liberté d’information ;

·         à coopérer avec le représentant spécial du Secrétaire général ;

·         à mettre en place un dialogue national pour parvenir à la réconciliation nationale ;

·         D’engager un dialogue avec le Hait commissariat aux droits de l’homme pour parvenir au respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;

·         De coopérer avec les organisations humanitaires

De plus la résolution confie au Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Myanmar la mission de dresser un bilan de la situation actuelle des droits de l’homme dans le pays et de s’assurer de sa mise en œuvre au besoin en se rendant dans le pays de manière urgente. Présent lors de cette séance le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Myanmar a souligné que le manque de réaction de la communauté internationale face aux 3000 morts dans les manifestations de 1988 ne devait pas se reproduire.

Bien qu’ayant rejoint le consensus, l’Inde et la Fédération de Russie se sont défavorablement exprimés lors de cette séance, estimant que le texte n’aurait pas dû être une condamnation mais un encouragement et un engagement constructif avec les autorités birmanes dans la voie la démocratie (voir le résumé de la session extraordinaire). Quant au représentant du Myanmar, Nyunt Swe, il a affirmé que la situation était « complexe » et que le pays se trouvait en situation d’insurrection. Il a également brandit le spectre de l’ancienne commission des droits de l’homme estimant que l’adoption de cette résolution créait un précédent dangereux pour les petits et faibles Etats comme le Myanmar car elle visait à exercer sur eux des pressions politiques.

Lors de son point presse, le ministère des affaires étrangères français a salué l’adoption de cette résolution et affirmé que « la tenue de cette session spéciale à l’initiative de l’Union européenne, a montré la capacité du Conseil des droits de l’Homme à réagir rapidement quand les droits de l’Homme sont violés. » 

Il est donc net que l’Organisation des Nations Unies n’entend pas se désintéresser de la situation au Myanmar comme en témoigne la multitude des fora saisis de cette situation. Cependant la réponse onusienne reste pour l’heure très diplomatique et il est possible de douter de l’effet de ces condamnations si la pression onusienne et des pays voisins influents ne s’accentuent pas sur le Myanmar.

 

 

Journée internationale de la non-violence : 2 octobre

Anne RAINAUD

 

proposer une alternative au terrorisme

 

Par une résolution de l'Assemblée générale de l'ONU du 27 juin 2007, le 2 octobre a été déclaré journée internationale de la non-violence. Plus que jamais, il est en effet fondamental de réaffirmer, précise la résolution 61/271, "la pertinence universelle du principe de non-violence"; depuis les fortes perturbations vécues par la Communauté Internationale suite notamment aux attentats du 11 septembre 2001, l'ONU déploie ici une action symbolique pour "favoriser une culture de paix, de tolérance, de compréhension et de non-violence". L'initiative de cette résolution revient au ministre d’État des Affaires Extérieures de l’Inde, M. Anand Sharma; le 2 octobre est en effet le jour anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi. Cette journée internationale permettra au moins de se souvenir de l'homme et de son action inédite, à défaut de mesures constructives pour la paix ou du moins de leur mise en oeuvre. L''Assemblée Générale "invite tous les États Membres, les organismes des Nations Unies, les organisations régionales et non gouvernementales et les particuliers à célébrer de façon appropriée la Journée internationale de la non-violence et à diffuser le message de la non-violence, notamment par des actions d’éducation et de sensibilisation". Cette technique de lutte extrême, expression du désespoir de certaines populations contre un pouvoir contesté, provoque en sa faveur encouragements et sympathie de la Communauté Internationale (l'exemple de l'Union du Myanmar est patent); cette situation surtout, favorise la légitimité des mouvements non-violents et ce, contrairement au terrorisme qui est lui aussi, incontestablement, une technique de lutte extrême, expression du désespoir de certaines populations. Sans angélisme, la stratégie de la non-violence mérite réflexion de l'ensemble des acteurs de la Société Internationale. Rappelons que depuis 1981 toujours sous l'impulsion de l'ONU, le 21 septembre est journée internationale de la paix.

Cette démarche de l'Organisation est actuellement à rattacher à sa volonté de favoriser le rapprochement des différents acteurs de la Communauté Internationale. C'est bien en ce sens qu'a été créé l'Alliance des civilisations; de même s'est ouvert le 4 octobre 2007, le Dialogue de haut niveau sur la compréhension entre les religions et les cultures et la coopération pour la paix (cf. Résolution A/RES/61/221 du 20 décembre 2006).

 

 

 

 

ACCORD DE SIÈGE POUR LE TRIBUNAL SPECIAL POUR LE LIBAN

Pierre BETTINGER

 

L’accord est historique, le gouvernement des Pays-Bas a donné au secrétaire général de l’ONU son approbation dans une lettre en date du 15 août 2007, afin de trouver un site pour le futur tribunal chargé de juger les auteurs présumés de l’assassinat de l’ex-premier ministre Rafic Hariri.

Les Pays-Bas confirment ainsi leur rôle prépondérant dans la Justice internationale, en comptant sur leur territoire la plupart des tribunaux internationaux existants (CIJ, TPIY, CPI ).

Par sa résolution 1757, le Conseil de sécurité avait fixé jusqu’au 10 juin dernier au Liban pour établir de son fait le tribunal, depuis il semblerait que ce tribunal soit ainsi établi unilatéralement en vertu du chapitre VII, imposant à tous les Etats un devoir de coopération avec celui-ci. Le secrétaire général est tenu de la mise en activité de celui-ci.

Ce mode opératoire était prévu de longue date, face aux obstacles constitutionnels, et notamment le blocage du président libanais Emile Lahoud, qui ont empêché le gouvernement libanais de pouvoir signer un accord avec l’organisation.

Quand aux nominations des juges et procureurs, le secrétaire général a dans son rapport transmis au conseil de sécurité, le 4 septembre dernier, fait état des avances dans ce domaine avec une première liste de juges proposés par le conseil de la magistrature libanaise, et un processus de désignation des juges internationaux lancé,  notamment par la mise en place d’un panel de trois membres spéciaux. La constitution du Jury chargé d’élire les juges est prévue ce mois-ci, ainsi que l’élaboration du règlement de procédure.

 

Obs. Cette juridiction n'est pas un tribunal international. C'est une juridiction libanaise spéciale, délocalisée, créée par une résolution du Conseil de sécurité et placée sous son contrôle. Elle n'a pas pour objet d'appliquer le droit international (PW).

 

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Renouvellement de la force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan

Noémie SIMONEL

 

Le Conseil de Sécurité en adoptant la résolution 1776, a renouvelé pour un an le mandat de la force internationale d'assistance à la sécurité en Afghanistan, sous commandement de l'Otan. Rappelons que c'est avec la résolution 1386 que le Conseil avait autorisé en 2001 la constitution pour six mois d'une force internationale d'assistance à la sécurité pour aider l'Autorité intérimaire afghane à maintenir la sécurité à Kaboul et dans ses environs, «de telle sorte que l'Autorité intérimaire afghane et le personnel des Nations Unies puissent travailler dans un environnement sûr ». Le mandat ainsi crée a connu un élargissement par l’adoption de la résolution 1510, de 2003 afin d’étendre la mission sécuritaire de l’ISAF au-delà de Kaboul et de fournir une assistance dans le domaine de la sécurité pour l’exécution de toutes les autres tâches à l’appui de l’accord de Bonn.

La présente résolution, qui autorise la prorogation pour un an du mandat de l’ISAF reflète pleinement la situation inextricable que connaît l’Afghanistan. Le mode d’adoption de la résolution (14 voix pour et  l'abstention russe) révèle ainsi l’urgence de la situation et rappelle le plein engagement de la communauté internationale au côté du gouvernement afghan.

La présente résolution couvre ainsi des domaines très variés, eu égard à l’ampleur des défis.

Face aux questions sécuritaires, le Conseil de sécurité réaffirmant son soutien total au gouvernement afghan, appelle à poursuivre les réformes dans le secteur de la sécurité et, notamment à renforcer l’Armée et la Police nationales afghanes sous le pilotage de l’ISAF, de dissoudre les groupes armés illégaux, de poursuivre la réforme de  la justice et de lutter contre la drogue. Rappelant en la matière la responsabilité première qui incombe aux autorités afghanes d’assurer la sécurité et de maintenir l’ordre dans tout le pays, le Conseil de Sécurité se déclare de nouveau préoccupé face à la multiplication d’actes terroriste «qui sont le fait des Taliban, d’Al-Qaida, des groupes armés illégaux et de ceux qui se livrent au trafic de drogues». A cet égard, il condamne avec la plus grande fermeté tous les attentats, «qu’il s’agisse d’attentats commis à l’aide d’engins explosifs artisanaux, d’attentats-suicides ou d’enlèvements, visant des civils et les forces afghanes et internationales».

Le Conseil condamne en outre l’utilisation, par les Taliban et d’autres groupes extrémistes, de civils comme boucliers humains.

Face à cette situation sécuritaire chaotique, il appelle à nouveau toutes les parties et tous les groupes afghans à concourir de manière constructive au dialogue politique dans le cadre défini par la Constitution afghane, et à s’abstenir de recourir à la violence, y compris en utilisant des groupes armés illégaux.

Parallèlement il rend hommage à la Force internationale qui a achevé son plan d’élargissement mené en coordination constante avec la coalition de l’opération Liberté immuable, et la mission de police européenne.

Face à ce constat, le Conseil de Sécurité, agissant en vertu du chapitre VII autorise les États Membres participant à la Force internationale d’assistance à la sécurité à prendre toutes mesures nécessaires à l’exécution de son mandat.

De même, outre la prorogation du mandat de l’I.S.A.F, le Conseil appelle au renforcement de celle-ci afin de répondre à tous ses besoins opérationnels et, à cet égard, engage les États Membres à lui fournir du personnel, du matériel et d’autres ressources et à contribuer au Fonds d’affectation spéciale créé en vertu de la résolution 1386.

Enfin, il rappelle à l’I.S.A.F la nécessité d’agir dans l’exécution de son mandat, en étroite consultation avec le Gouvernement afghan et le Représentant spécial du Secrétaire général ainsi qu’avec la coalition de l’opération Liberté immuable.

Concernant la protection des droits de l’homme, le Conseil de Sécurité rappelle au gouvernement afghan la nécessité première d’assurer la primauté du droit, de garantir le plein exercice des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Face au nombre de victimes dans la population civile, le Conseil de Sécurité rappelle l’impérative nécessité de faire respecter le droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme. Parallèlement, il appelle à la réforme du secteur pénitentiaire afin que la légalité et les droits de l’homme y soient mieux respectés.

Rappelons que la question des droits de l’homme a été au cœur de la Conférence portant sur la justice et l’état de droit en Afghanistan, du 2 et 3 juillet 2007 dernier, qui s’est tenue à Rome, au cours de laquelle les participants ont adopté une déclaration conjointe appelant à l’affermissement de l’état de droit en Afghanistan (voir le  document « Justice for all »).

«Prenant acte du caractère pluridimensionnel et interdépendant des défis à relever en Afghanistan,» et afin de poursuivre l’application cohérente du Pacte global pour l’Afghanistan, le Conseil de sécurité en appelle à la responsabilité des Etats de la région afin de contribuer réellement à la stabilisation afghane. Rappelons que le  pacte pour l'Afghanistan lancé le 31 janvier 2006, est la résultante de l'accord établi entre le gouvernement de l'Afghanistan, les Nations Unies et la communauté internationale, lancé lors de la Conférence de Londres des 31 janvier et 1er février 2006. Le Pacte fixe un agenda ambitieux pour les cinq prochaines années. Il s’agit notamment de soutenir les institutions démocratiques naissantes, satisfaire les besoins de base de l’Afghanistan, stimuler l’économie, faire respecter la loi et assurer la protection des droits de l’homme.  

Le mode d’adoption de la présente résolution scellée malgré l’abstention russe a suscité des réactions.

Le représentant de la Fédération de Russie a pris la parole pour expliquer que l'abstention de son pays était justifiée par le manque de clarté concernant la composante d'interception maritime. Celle-ci, a-t-il dit, doit être utilisée « exclusivement dans le cadre de la lutte antiterroriste et non à d'autres fins ». Rappelons que cette question a secoué l’actualité politique au Japon. Ichiro Ozawa, chef de file de l'opposition, s’était en effet déclaré hostile à la poursuite de cette mission, qui consiste en une assistance logistique aux navires de la coalition internationale croisant dans l'océan Indien, jugeant qu'elle n'a pas été explicitement autorisée par les Nations unies. A travers cette résolution, le Conseil de sécurité a exprimé son soutien au gouvernement japonais, qui fait face à une polémique quant à sa participation à l'opération. Devenue majoritaire au Sénat en juillet, l'opposition pourrait faire obstacle à la reconduction de la mission de la marine japonaise jusqu'à la date butoir du 1er novembre.

L’adoption de la résolution ainsi consacrée a cassé le principe d’unité du Conseil de sécurité et a généré également des réactions notamment du représentant de la Chine qui a rappelé le nécessaire soutien d’un appui unanime des 15 membres du Conseil pour toute résolution, souhaitant que le mode d’adoption de la résolution «ne constitue pas un précédent».

Alors que le 21 septembre 2007 était célébrée la Journée mondiale de la paix, rappelons que l'Afghanistan a subi près de 30 ans de guerre, et que dans les 18 derniers mois le pays avait connu une recrudescence de l'insurrection Taliban. Face à cette situation, une réunion de haut niveau sur l'Afghanistan à New York s’est tenue, occasion au cours de laquelle le Secrétaire général a annoncé que l'ONU pourrait renforcer encore sa présence dans le pays.

 

 

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Suite à l’entrée en fonction d’un gouvernement élu en janvier 2006, la MINUL avait redéfini son objectif stratégique de manière à axer ses efforts sur la consolidation de la paix et à aider le Libéria à stabiliser la situation en matière de sécurité grâce à des services de police et des forces armées capables de fonctionner indépendamment. À cette fin, les priorités de la MINUL découlant de son mandat consistent à aider le Gouvernement à reconstruire les secteurs de la sécurité de l’état de droit, à remettre sur pied des structures administratives qui fonctionnent dans tout le pays, à mener à bien la réinsertion des ex-combattants, à rétablir l’administration de l’État sur les ressources naturelles du pays, à réinstaller les rapatriés et les personnes déplacées, à promouvoir et protéger les droits de l’homme et à forger la réconciliation nationale. En coopération avec l’équipe de pays des Nations Unies et d’autres partenaires internationaux, la MINUL a accompli des progrès considérables dans l’exécution de ces aspects fondamentaux de son mandat au cours de l’année écoulée. Toutefois, les tâches qui restent à accomplir sont écrasants; notamment en matière des droits de l’homme.

La réforme du système judiciaire reste trop lente alors que sont signalées périodiquement des cas de tribunaux qui n’appliquent pas les règles et procédures juridiques de manière cohérente ou n’observent pas les normes minimales internationales.

 

 

 

Prorogation et réduction du mandat de la MINUL 

Noémie SIMONEL

 

Le Conseil de sécurité a prorogé, par l’adoption de la résolution 1777 du 20 septembre 2007  le mandat de la Mission des Nations Unies au Liberia ( MINUL) jusqu'au 30 septembre 2008, et a approuvé les recommandations du Secrétaire général visant à un retrait progressif de ses effectifs militaires et de police. La réduction de la MINUL est conforme aux recommandations du Secrétaire général de l’ONU, présentées à l’occasion de son rapport périodique concernant le Libéria. Cette réduction avait été envisagée par la résolution 1750 du 30 mars 2007, au travers de laquelle le Conseil de sécurité sollicitait le Secrétaire général d’étudier les possibilités d’un retrait partiel des forces de la MINUL. Une mission d’évaluation technique interdépartementale, dirigée par le Département des opérations de maintien de la paix, s’est rendue au Libéria du 11 au 22 juin pour recueillir les informations nécessaires pour préparer ledit plan.

Actuellement, les effectifs militaires de la MINUL se composent de 14.141 soldats sur le total autorisé de 15 125, tandis que sa force de police se compose de 1.180 hommes (dont 18 agents de l'administration pénitentiaire) sur un maximum autorisé de 1.240.

La réduction concernera 2 450 soldats des effectifs déployés de la composante militaire de la MINUL concernant la période allant d'octobre 2007 à septembre 2008. Le Conseil a également approuvé la réduction de 498 conseillers de la composante de police de la MINUL au cours de la période allant d'avril 2008 à décembre 2010. Le Conseil de sécurité souligne qu'il examinera avant le 30 septembre 2008 les recommandations du Secrétaire général visant à de nouvelles réductions des effectifs de la MINUL, compte tenu de l'état de sécurité au Libéria et dans la sous-région.

Le retrait partiel des forces de  la MINUL ont été permis par les importants progrès réalisés au Libéria. Le gouvernement a notamment réussi à mettre en oeuvre les mesures requises pour obtenir la levée des sanctions pesant sur le bois d'oeuvre et les diamants; à augmenter les recettes de l'État de 48%; à mener à bien le programme de suivi du Fonds monétaire international; à élaborer et mettre en œuvre une stratégie provisoire de lutte contre la pauvreté; à faire progresser le taux de scolarisation de 40%; à améliorer la situation des droits de l'homme; et à entretenir des relations mutuellement avantageuses avec ses voisins. « Ce sont là des réalisations remarquables pour un pays qui sort d'une situation d'anarchie totale et dont les institutions et les infrastructures publiques s'étaient effondrées », affirme le rapport du Secrétaire général.

Pour autant, comme le rappelle la résolution 1777, il reste, pour consolider la transition du Libéria après le conflit, à surmonter d'énormes difficultés qui ont trait à la consolidation de l'autorité de l'État, aux énormes besoins de développement et de reconstruction, à la réforme de la justice, à l'instauration de l'état de droit dans l'ensemble du pays, à la poursuite du développement des forces de sécurité et de l'appareil de sécurité du pays.

Ainsi, le Conseil envisage d'autoriser le Secrétaire général en cas de besoin,  à redéployer, à titre temporaire, des contingents entre la MINUL et l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire. « Tant que l'armée et la police ne fonctionneront pas indépendamment et que la justice n'aura pas été rétablie et ne sera pas devenue accessible à tous les Libériens, le pays court toujours le risque de retomber dans l'anarchie ».

De même, la promulgation de l’amendement de la loi sur le viol en 2006 n’a guère contribué à réduire l’incidence de la violence sexuelle, notamment les viols de femmes et de filles. Pour appuyer les efforts déployés par le Gouvernement face à cette situation, la MINUL et l’équipe de pays des Nations Unies ont mis en place une équipe de travail conjointe, qui a examiné les procédures suivies pour traiter les cas de viol et formulé des recommandations sur les mesures à prendre.

La Commission nationale indépendante des droits de l’homme n’ayant toujours pas été mise en place du fait des retards enregistrés dans la sélection des candidats, il n’a pas encore été élaboré de plan d’action national dans le domaine des droits de l’homme.

Le système judiciaire et pénitentiaire se met en place très lentement.

Un projet de loi portant création d’une commission de la réforme législative a été rédigé avec l’aide de la MINUL et du United States Institute of Peace. Une fois instaurée, la Commission devrait entreprendre un examen complet de la législation du Libéria. La MINUL aide le Ministère de la justice à recenser les lois à abroger ou à réformer, y compris celles qui ne sont pas conformes aux normes internationales.

En outre, la Mission aide le Gouvernement à élaborer un cadre de politique pour la réforme judiciaire.

La MINUL a été établie par la résolution 1509 du Conseil de sécurité, le 19 septembre 2003, pour vérifier la mise en oeuvre de l'accord de cessez- le-feu et le processus de paix, pour assurer la sécurité du personnel des Nations Unies, pour appuyer les activités humanitaires et en faveur des droits de l'homme, ou encore pour appuyer l'effort de réforme de la sécurité national

 

 

 

Article 8

Comportement sous la direction ou le contrôle de l’État

Le comportement d’une personne ou d’un groupe de personnes est considéré comme un fait de l’État d’après le droit international si cette personne ou ce groupe de personnes, en adoptant ce comportement, agit en fait sur les instructions ou les directives ou sous le contrôle de cet État.

____________________

Interview With the CBS News Editorial Board

Secretary Condoleezza Rice
New York, New York
September 28, 2007

 

QUESTION: There's some news today, I think, about Blackwater. There's -- I think the State Department has discovered there's a number of incidents where they've been involved in kind of sketchy situations. Is there any plan to either reduce their role vis-à-vis what they do now in guarding the State Department people and others in Iraq or giving them different marching orders?
 

SECRETARY RICE: Well, I don't want to comment on any specific stories that are coming out about that during the period of investigation because that investigation needs to maintain its integrity. And when it's done, we'll look at the outcomes of it and see where we are. But what I have done because I am concerned about the overall picture of contract security, how we use it -- we obviously have to be able to protect our people and our people have to be able to move and they have to be able to move in extremely complex security circumstances. And these people have protected us and they've even lost many of their own people protecting us.
 

But I am concerned about the overall picture. And John Negroponte is on point for me at State, particularly since I've been here, but I went back to Washington yesterday -- I'm losing track of the days -- and I had a meeting with everybody. We are sending a team out to take a look at the full operation. I said I wanted a full 360-degree look, I wanted it to be probing, I want to know what concerns there may be.
 

I am looking also to a more senior -- to an outside panel of senior people. I don't think we've named the names yet.
 

MR. MCCORMACK: I can actually go out and check to see if we've done that yet - if we've done that quite yet.
 

SECRETARY RICE: Yeah, okay. Sometime later today, we're going to name these -- the people. And so this team that's going out would then do the groundwork to inform the deliberations of this senior outside panel which would then report recommendations back to me on what we -- how the structure looks and what we need to do to improve it. Because we don't have any desire to have incidents of that kind. It's harmful to what we're trying to do and so we need to make sure that we know exactly how this is done.
 

I have also directed in the interim that there be a reaffirmation of the rules and authorities and reporting that is necessary under which we're currently operating while we look at the procedures more generally. And the Director of Diplomatic Security sent out that requirement not just to Baghdad but also to Kabul, where we use contract security, and to places where there's a significant chance of use of force, several of our embassies around the world that have that profile, that security profile.
 

So we're going to look at this and look at it very, very carefully. We're going to look at it 360. I want to do that and have to keep that separate from the investigation of this specific incident because we need to preserve the integrity of that so that we are in a position to take whatever next steps may need to be taken on the specifics of this incident.
 

Responsabilité internationale de l'Etat

Etats-Unis : la Chambre des Représentants met fin à l'immunité des fait des entreprises privées en Irak

Anne RAINAUD

 

La société privée Blackwater pose actuellement quelques difficultés aux Etats-Unis au regard de la décision prise par le gouvernement irakien de lui interdire d'opérer sur le sol irakien et ce, au lendemain d'une fusillade vraisemblablement non fondée contre des civils irakiens (cf. article Le Monde du 18 septembre 2007). Cette société militaire privée est un partenaire du Département d'Etat et de la Défense et se trouve présente sur différents théâtres d'opérations, à l'étranger comme en Afghanistan et en Irak, ou encore sur le sol américain. En vertu du mémorandum 17 de l'Autorité provisoire de la coalition, élaboré par les soins de Paul Bremer, il s'avère que les salariés des entreprises sous-traitantes bénéficient de l'immunité vis-à-vis de la loi irakienne. La Chambre des Représentants a publié le 1er octobre 2007 un rapport sur l'activité en Irak de cette entreprise (cf. texte en anglais du rapport de la Chambre des représentants des Etats-Unis "Blackwater USA : Private Military Contractor Activity in Iraq and Afghanistan" ). Il s'agit en effet de s'interroger, outre sur la question du comportement de ces salariés en sol étranger, sur deux points fondamentaux estime in fine la Chambre des représentants : are"Blackwater's actions helping or impeding U.S. efforts in Iraq"? ... are "the costs to the taxpayer are justified"? Dans un communiqué de presse du Département d'Etat, daté du 3 octobre 2007, on peut y lire au contraire l'appui du Secrétaire d'Etat à la Défense, Robert M. Gates, à l'entreprise Blackwater : "removing the company from the country is not practical, and it could be counterproductive to the efforts there. (...) I don’t know whether other firms could cover. (...) So I think we’ll just have to wait and see". La Chambre des Représentants a ainsi le 4 octobre 2007 largement approuvé (389 voix contre 3) un texte dont la finalité est de placer sous l'autorité du droit pénal américain les contractants du gouvernement situés dans la zone de guerre en Irak (cf. article du New York Times du 5 octobre 2007 : "Bill Applies U.S. Laws to Contractor" ). La chambre des représentants a par ailleurs voté un texte le 28 septembre 2007 en vue de ne pas augmenter le type de ce genre d'entreprise en Irak ( Bill : To prohibit an increase in the number of private security contractors performing security functions with respect to Operation Iraqi Freedom). (AR).

 

Obs. L'immunité dans un pays étranger ne signifie pas une immunité dans le pays d'origine. Tout juste pourrait-on évoquer une certaine immunité de fait, résultant jusqu'à présent d'un cadre juridique trop vague et de l'absence de contrôle effectif, dans le pays d'origine bien sûr. Les Etats-Unis prennent conscience de leur responsabilité internationale, mais rien n'est dit au sujet de l'immunité en Iraq (PW).

 

 

 

 

58° Session du Comité exécutif du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés.

Karine RINALDI

 

Le 1 octobre, par une déclaration de Monsieur António Guterres, s’est ouverte à Genève la 58° session annuelle du Comité exécutif du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, organe directeur, actuellement composé de 72 Etats. Le HCR est actuellement présents dans 23 pays. A la fin de l'année 2006, le nombre de personnes sous sa protection était établi à 32,9 millions. Pour la première fois depuis l’an 2000, les statistiques du HCR montrent que le nombre de réfugiés s’est accru, passant de 8,7 millions à la fin de 2005 à 9,9 millions à la fin de 2006, essentiellement en raison de l’inclusion dans ces statistiques de 1 220 000 nouveaux réfugiés iraquiens en Jordanie, en République arabe syrienne et au Liban.

L’objectif de cette session annuelle qui s’est terminé vendredi 5 octobre, était notamment d’examiner et approuver les programmes et le budget ainsi que de donner des conseils de protection internationale.

António Guterres a estimé que l'efficacité de l’action « dépend de [la] capacité à comprendre la structure profonde des déplacements de population dans le monde contemporain ». Le Haut Commissaire a rappelé que « le HCR n'est pas une institution chargée de gérer les migrations et n'a pas l'intention de le devenir. Mais pour pouvoir remplir [le] mandat, il faut reconnaître la nature complexe des nombreux mouvements de population contemporains ». De plus en plus de personnes se déplacent en raison « de la pauvreté extrême, de la dégradation de l'environnement et des changements climatiques, du conflit et de la persécution ». Selon le Haut Commissaire « l'élément neuf, c'est que les différentes causes sont plus interdépendantes que jamais, et les déplacés plus difficiles à distinguer que jamais ».

Les solutions, selon le Haut Commissaire, doivent être axées sur le retour. Mais puisque « certains réfugiés ne rentrent pas ou ne peuvent pas rentrer chez eux », cette année, le HCR a accompli des progrès dans le domaine de l'intégration sur place.

Le Haut Commissaire a reconnu que les ONG sont « les membres les plus vivifiants et essentiels de cette communauté », elles sont considérées « comme des partenaires stratégiques et pas seulement d'exécution ».

Le rapport annuel sur la protection internationale, un examen global des défis et des réalisations actuelles sur la question de l'asile/des réfugiés, a été présenté. Des progrès sont visibles dans la réalisation des six buts de l’Agenda pour la protection.

Premièrement, la mise en oeuvre de la Convention de 1951 et du Protocole de 1967 a été renforcée. La succession du Monténégro à la Convention et au Protocole en octobre 2006 a porté le nombre d’Etats parties à 147. Par ailleurs, deux nouvelles conventions sur les droits de l’homme adoptées en décembre 2006 (Convention relative aux droits des personnes handicapées et Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre la disparition forcée) ont renforcé le cadre juridique de la protection. Parmi les points positifs relatifs à l’établissement et à l’amélioration de la législation sur les procédures d’asile et la protection des réfugiés, « il convient de mentionner l’entrée en vigueur au Kenya, et ce pour la première fois, d’une législation intégrant les obligations juridiques clés internationales et régionales concernant les réfugiés, l’approbation de législations similaires en Sierra Leone et un engagement du Gouvernement kazakh à entamer la rédaction d’une législation sur l’asile » (§17). Le rapport note également qu’au Bénin, « un organisme de recours indépendant a été établi alors que le HCR et une ONG locale ont mis sur pied un cabinet afin de donner gratuitement des conseils juridiques aux demandeurs d’asile. Des décisions motivées de rejet ont été fournies pour la première fois en Colombie et en Géorgie ».

Par ailleurs, davantage d’Etats européens ont reconnu en 2006 que la persécution par des agents non étatiques pouvait entrer dans la définition du réfugié, ce qui « a eu un impact positif sur la reconnaissance des demandes impliquant une persécution fondée sur le genre » (§19).

Cependant, concrètement, et malgré que les conditions d’accueil des demandeurs d’asile se soient quelque peu améliorées, « par exemple grâce à l’ouverture de centres d’accueil pour les enfants en quête d’asile non accompagnés dans les Républiques tchèque et slovaque », la liberté de mouvement des demandeurs d’asile et des réfugiés « a été réduite pour les réfugiés de certains camps dans un certain nombre de pays, les demandeurs d’asile ont été l’objet d’arrestation, de détention et de déportation dans le contexte de contrôles à l’immigration ». De même, le rapport note que les demandeurs d’asile susceptibles d’être rejetés pour le motif de « pays tiers sûr » ont été de plus en plus souvent détenus.  

L’interprétation toujours restrictive de la définition du réfugié dans de nombreux pays préoccupe toujours, « alliée à une interprétation et une utilisation plus larges des clauses d’exclusion, particulièrement vu la préoccupation de nombreux gouvernements en matière de sécurité nationale » (§20). 

Concernant le but de l’Agenda pour la protection relatif à la protection des réfugiés dans le cadre de mouvements migratoires plus larges, étant donnée la réalité des demandeurs d’asile et les réfugiés qui ont encore été contraints de se déplacer dans le cadre de mouvements irréguliers plus larges de personnes, souvent au risque de leur vie et qui ont été exposés aux passeurs et aux trafiquants, le HCR a présenté un Plan d’action en 10 points sur la protection des réfugiés et les migrations mixtes en juillet 2006, un plan qui s’appuie sur les exemples des bonnes pratiques étatiques. 

Au sujet du partage de la charge et des responsabilités de façon plus équitable et création de capacités pour accueillir et protéger les réfugiés, un exemple positif avancé a été l’engagement pris par le gouvernement espagnol et d’autres pays européens pour assumer la responsabilité de la plupart des 51 personnes sauvées en mer par un chalutier espagnol croisant dans les eaux internationales de la Méditerranée, ce qui a permis de les débarquer à Malte en juillet 2006. 

En ce qui concerne le 4° but, les réponses plus efficaces aux préoccupations en matière de sécurité, le rapport note que le HCR est intervenu fermement au Tchad pour éviter une dégradation ultérieure de la situation de protection des civils. Par ailleurs, au Népal, le Haut Commissariat s’est efforcé « d’engager les adolescents de sept camps de réfugiés dans des activités plus productives, y compris moyennant l’établissement de centres de jeunesse en 2006, afin qu’ils ne restent pas oisifs et qu’ils ne soient pas, de ce fait, plus vulnérables à l’influence d’éléments radicaux ».

Au sujet de l’intensification de la recherche de solutions durables, le HCR, « conscient qu’une transition sans heurt du conflit à la paix et au développement est indispensable à la mise en oeuvre de solutions durables pour les réfugiés et les déplacés internes », a soutenu l’établissement d’une Commission d’établissement de la paix en détachant un haut fonctionnaire auprès du Bureau d’appui à l’établissement de la paix du Secrétariat des Nations Unies.

 Finalement, pour améliorer la réponse aux besoins de protection des femmes et des enfants réfugiés, une mission dans les camps de réfugiés au Bangladesh en mars 2007 « a permis au HCR et à deux partenaires australiens de tester un instrument visant à identifier les femmes et les filles dans les situations à risque », afin de proposer des réponses individuelles et collectives.

 Par ailleurs, outre les progrès réalisés dans la mise en œuvre des six buts de l’Agenda pour la protection, des développements sont aussi notoires, selon ce rapport, en matière d’apatridie. Parmi les développements positifs, l’exemple est donné des amendements à la législation sur la nationalité dans des pays tels que le Bahreïn, l’Indonésie, la République islamique d’Iran, le Maroc et le Népal. Finalement, concernant la protection des déplacés internes, celle-ci a  reçu davantage d’attention que les années antérieures. Au niveau national, le HCR participait en mai 2007 à 24 opérations en faveur des déplacés internes.

 Il est finalement possible de noter qu’en juin dernier, il a été décidé que dès le premier semestre 2008, seront délocalisées plusieurs fonctions administratives à Budapest, ce qui permettra de réaliser une réduction de 129 postes au Siège de Genève et d'économiser environ 10 millions de dollars par an, au bénéfice des opérations.

 

Archive

 

 

Total/Birmanie 

Réouverture d’une procédure en Belgique pour crimes contre l’humanité 

Valérie GABARD

 

Le premier octobre, le parquet fédéral belge a annoncé la réouverture d’une instruction pour crimes contre l’humanité et complicité de crimes contre l’humanité à l’encontre du groupe pétrolier français Total dans le cadre de ses activités en Birmanie. La plainte déposée par quatre réfugiés birmans avait été pour la première fois déposée en 2002. Le groupe total est accusé par les demandeurs d’avoir utilisé de la main d’œuvre forcée fournie par la junte militaire au pouvoir en Birmanie lors de la construction d’un gazoduc dans les années 1990.

 La plainte de 2002 est basée sur la loi du 16 juin 1993 relative à la répression des violations graves du droit international humanitaire dite de « compétence universelle », mais la loi du 5 août 2003 est restreindre l’exercice de cette compétence extraterritoriale en limitant son exercice aux ressortissants belges ou aux personnes qui séjournent effectivement, habituellement et légalement en Belgique depuis au moins trois ans. Cette nouvelle disposition a obligé la Cour de cassation belge, dans un arrêt du 29 juin 2005 à prononcer le dessaisissement de la juridiction belge au motif que les plaignants n’avaient pas la nationalité belge au moment de l’engagement initial de l’action publique. Cependant la Cour d’arbitrage belge, dans un arrêt du 21 juin 2006, estime que l’article 16.2 de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés qui dispose  « Dans l’Etat contractant où il a sa résidence habituelle, tout réfugié jouira du même traitement qu’un ressortissant en ce qui concerne l’accès aux tribunaux, […] » est directement applicable en droit interne. Cette disposition internationale fait donc « obstacle au dessaisissement, par les juridictions belges, des plaintes introduites par des personnes ayant la qualité de réfugié reconnu au moment de l’engagement initial de l’action publique, par identité de traitement avec les personnes ayant la nationalité belge à ce moment. » Cependant l’autorité de la chose jugée de la première décision de la Cour de cassation obligea cette même juridiction à confirmer le dessaisissement, dans un arrêt du 28 mars 2007. L’instruction qui vient donc de nouveau de s’ouvrir a déjà un long passif et il est pour l’heure très délicat de se prononcer sur la suite qui lui sera réservée. 

 La situation actuelle en Birmanie place de nouveau le groupe total et ses activités controversées au Myanmar au cœur de l’actualité. Outre la relance de cette procédure pénale devant les juridictions belges, la France s’est également exprimée la semaine passée par l’entremise de son président. La France a ainsi invité « l’ensemble de ses sociétés privées, Total par exemple, à faire preuve de la plus grande retenue s’agissant des investissements en Birmanie pendant qu’il n’y a pas de nouveau » (voir les archives de sentinelle). De plus si les sanctions imposées actuellement par l’Union européenne au Myanmar n’interdisent pas à Total l’exercice de ses activités sur le sol birman, le durcissement possible des sanctions pourrait néanmoins placé la compagnie pétrolière dans une situation plus délicate. Sur ce point Bernard Khouchner, ministre des affaires étrangères a déjà indiqué que « si des sanctions étaient décidées, Total n'en serait pas exonérée ».

 Enfin ajoutons pour mémoire, qu’une plainte avait également été déposée en France le 26 août 2002 par huit citoyens birmans pour séquestration dans le cadre là encore de la construction du gazoduc. Le 29 novembre 2005, Total et l'association française Sherpa représentant les huit citoyens birmans ont finalement conclu un accord prévoyant la création d’un « fond de solidarité pour des actions humanitaires », en Birmanie, doté de 5.2 millions d’euros (voir les archives de sentinelle). 

 

 

Obs. La complicité suppose une aide apportée à la perpétuation du crime (aiding and abetting) et une intention criminelle (il savait ou devait savoir). (PW).

 

 

 

OACI

L’OACI s’engage à prendre des mesures agressives en matière d’émissions des aéronefs

Résolution A35-5 de l'Assemblée

 

Position des Membres

1. Etats-Unis

International Civil Aviation Organization Adopts a Plan to Address Aviation's Impact on the Environment

With the strong endorsement of the global aviation community and the full support of the United States, the 36th Assembly of the International Civil Aviation Organization (ICAO) agreed September 28 in Montreal, Canada to a set of actions to address an array of aviation environmental issues, including aircraft noise, local emissions, and greenhouse gas emissions.

The resolution includes a comprehensive plan to develop recommendations for a broad range of tools, including technological advances, operational improvements, and positive economic incentives that will further enhance the efforts of contracting states to limit or reduce international aviation greenhouse gas emissions.

The Assembly also endorsed formation of a special high-level group to oversee the development of recommendations on aviation greenhouse gas emissions to be presented at a special meeting prior to the next Assembly in 2010.

The United States welcomes this important resolution and applauds the hard work and spirit of cooperation of ICAO member states that made the resolution possible. These results are a clear testament to ICAO's continuing leadership role in, and commitment to, the development of international aviation environmental issues.

 

2. Union Européenne et CACE

Written statement of reservation on behalf of the member states of the European Community (EC) and the other states members of the European Civil Aviation (ECAC)

In line with its international obligations and the decisions taken at the 35th Assembly, notably Resolution A35-5, the European Community is considering a legislative proposal to incorporate emissions from international aviation into its existing emissions trading scheme. This demonstrates the European Community’s commitment to taking meaningful action to reduce aviation emissions, whilst allowing air transport to continue to develop and sustainably grow, taking into account the particular situation of developing countries. We also believe that by developing such a scheme at regional level, as part of a comprehensive approach, Europe is making a constructive contribution to the response of the international civil aviation community to addressing its impact on the environment.

Regrettably, it has become clear to us at this 36th Assembly that, ten years after having been requested by the UNFCCC to take action to limit or reduce emissions, it has not been possible for ICAO to agree on essential elements of this comprehensive approach. In particular, the programmer put forward for agreement at this Assembly is unambitious, piecemeal and lacking in credibility on market-based measures (both greenhouse gas emissions charges and emissions trading). Europe believes that the carbon market is the most promising avenue for mobilizing resources on the scale necessary to take effective action on climate change. Thus the forty-two States of the European Community and ECAC consider that market-based measures are an essential tool for addressing the climate impact of aviation.

Europe is resolved to go forward with a comprehensive approach to reducing aviation emissions and contribute effectively to the international response to addressing climate change. It remains convinced that the inclusion of aviation in the EU Emissions Trading Scheme would be fully consistent with its international obligations in particular the key principles of sovereignty and non-discrimination. Europe intends to pursue these policies and adhere to these principles. Whilst Europe is committed to multilateral action to address the effects of aviation emissions, mutual agreement is not a pre-condition for the implementation of market-based measures which are consistent with the Chicago Convention. Europe strongly urges ICAO to demonstrate the type of leadership that is being demonstrated in other bodies such as the UNFCCC.

(…).They recall that there is no provision in the Chicago Convention which may be construed as imposing upon the Contracting Parties the obligation to obtain the consent of other Contracting Parties before applying market based measures referred to in Annex L to operators of other states in respect of air services to, from or within their territory. On the contrary, the Chicago Convention recognises expressly the right of each Contracting Party to apply on a non-discriminatory basis its own air laws and regulations to the aircraft of all States.

They are of the view, therefore, that the operative provisions in Appendix L covering market based measures lack any legal foundation in the Chicago Convention. They further recall that Assembly resolutions cannot be used to in order to diminish their rights or to add to their obligations under the Chicago Convention.

Accordingly, they reserve the right under the Chicago Convention to enact and apply market based measures of the type referred to in Appendix L, on a non-discriminatory basis to all operators of all States providing services to, from or within their territory.

On this basis, the Member States of the European Community and the other States members of ECAC hereby enter a formal reserve on Appendix L.

Whilst being ready and willing to continue to take part in ICAO activities aimed at promoting the reduction of aviation emissions, the forty-two States of the European Community and ECAC must also express in the strongest terms their great disappointment with the lack of ambition and concrete actions in the resolutions tackling greenhouse gas emissions being adopted by this Assembly, in particular in relation to Appendix K. However, Europe can accept the provisions on the timing of the high-level meeting under the programmer of action on international aviation and climate change. Europe urges that the meeting should be held before September 2009 but that if it is decided to hold the meeting after that date, it is timed to take into account guidance from the 15th Conference of the Parties to the UNFCCC.

 EU emissions trading plan set for takeoff despite transatlantic rift

Under the terms of the 1997 Kyoto protocol, responsibility for reducing emissions from international aviation was given to ICAO, a UN body. But over the last decade the organisation has successively failed to endorse, or issued negative statements on every serious policy option for cutting greenhouse gas emissions from the sector.

Regional emissions trading schemes were supported at the last Assembly in 2004 but the 'mutual agreement' clause endorsed this time would effectively prevent them from working as it would result in discrimination on the basis of nationality of the carrier. Such discrimination is illegal under the terms of the Chicago Convention, the rules that govern international aviation.

Though ICAO guidance is not legally-binding, up until now the EU has had a long-standing commitment to act within the ICAO framework. The formal 'reservation' made by the EU this week signals the end of that commitment.

 
 

  • Réunion OACI : la question environnementale au centre des débats

  • Danilo COMBA

La 36ème réunion de l’Assemblée de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI ; Institution spécialisée des Nations Unies, créée en 1944 pour promouvoir le développement sûr et ordonné de l’aviation civile internationale) a trouvé sur sa table la proposition européenne d’adopter des objectifs forts et contraignants en ce qui concerne les émissions de GES dans les activités aériennes commerciales, afin de créer un système de contrôle international.

Outre la sûreté et la sécurité, la question environnementale était le grand sujet de la réunion.

La majorité de délégués a cependant appuyé la position américaine, laquelle prévoit des objectifs de réduction, mais sans qu’ils aient une nature contraignante. La dichotomie existant dans les questions environnementales se manifeste dans le cadre d’une activité spécifique, amenant des représentants européens à souligner l’approche limitée de l’OACI et à estimer cette réunion comme un grand échec.

L’aviation civile est un secteur en pleine expansion : selon les données OACI, plus de 2 milliards de personnes ont pris l'avion en 2006 et le trafic va augmenter à un taux moyen annuel de 4,6% d'ici 2025. Lors de la conférence, les représentants des 190 Etats membres devaient examiner les mesures à prendre pour réduire les émissions de GES, alors que la contribution annuelle de l'aviation civile mondiale aux émissions de CO2, sera en 2050 à l'origine de 5% du réchauffement climatique (contre 3,5% en 1992).

Deux questions essentielles se posent :

a.  Qui est compétent pour  régler ces émissions dés lors qu’elles deviennent de nature transfrontalière ? A ce propos, le protocole de Kyoto ne les comptabilise pas dans les bilans de réduction de GES des pays industrialisés.

C'est à l’OACI et à ses 190 Membres de trouver des solutions de réduction. L’OACI a ainsi adopté des recommandations, sans pour autant voir les membres prendre parallèlement des engagements de réduction.

En revanche l’UE vise à les soumettre aux règles de permis d’émission européennes à partir de 2012, estimant son projet conforme soit aux obligations du réseau de la CCCC soit à la Convention de Chicago.

b.  Quelle est donc la méthode à suivre, c’est-à-dire comment peut-on parvenir à limiter les émissions de l’aviation civile ? C’est à ce  niveau que se jouait tout particulièrement la réunion de Montréal.

L’OACI étudie depuis 2004 un système d’échange de droits d’émissions,

Démarche qui obtient un fort appui de l’Europe et de la Conférence de l’aviation civile européenne (CACE).

Cependant la solution finale se fonde sur un système volontaire sans fixer des objectifs légaux: non pas un marché d’émission internationale mais plutôt la possibilité pour chaque Etat de prévoir de manière autonome la voie de gérer leurs émissions aériennes de GES.

Pour faciliter la tache des Etats et favoriser une approche plus harmonieuse, l’OACI a décidé « d’instituer un Groupe sur l’aviation internationale et les changements climatiques, composé de représentants gouvernementaux de haut rang ».

Le rôle du groupe est celui de recommander un programme d’action OACI lié à la question des changements climatiques. Par contre, l’Assemblée de l’OACI ne semble pas favoriser l’inclusion de ce secteur dans le futur Protocole de Kyoto (« Kyoto 2 »), devenant plutôt un « possible aspiration goals ».

En outre, selon la récente résolution adoptée par l’Assemblée, « résolution sur l’usage de mesures liées au marché », « les membres de l’OACI devraient signer des accords individuels avec les tiers opérant dans leur espace aérien avant de leur appliquer » des  systèmes comme celui de l’échange d’émissions.

Concernant cette résolution, l’UE, ayant fait une réserve formelle précise, s’estime non-liée.

Les risques, selon elle, seraient soit de ne pas pouvoir poursuivre ses objectifs de réduction soit la nécessité d’une sorte d’autorisation préalable de l’autre pays avant d’imposer des limites d'émissions aux avions non-communautaires se posant ou décollant de son territoire. « Une telle clause empêcherait l’UE de progresser et d’adopter des mesures obligeant les compagnies aériennes utilisant l’espace aérien européen à se conformer au système d’échange de quotas d’émission à partir de 2012, ce qui limiterait l’impact du système de 75 % ». 

Les positions, notamment celle de l’UE-ECAC, semblent être bien marquées pour annoncer sans grand risque que cette affaire sera fortement débattue.

 

Archive

 

 

 

 

 

 

variété

Un avion qui n'émet pas de CO2

... La pile à combustible est un dispositif électrochimique qui transforme directement l'hydrogène en électricité et en chaleur sans combustion. Il ne génère pas d'émission et il garantit un fonctionnement plus silencieux que celui des moteurs d'aviation conventionnels alimentés par des hydrocarbures...

 

 

 

Extraits des documents

US. Final Chairman’s Summary: First Major Economies Meeting On Energy Security and Climate Change

Identifying Opportunities in Key Sectors

Participants heard from government representatives, as well as leaders from industry and the non-governmental community on key challenges associated with accelerating development and commercialization of technologies. Presentations and discussion focused on five key areas: low carbon fossil power generation, transportation, land use, market penetration and energy efficiency, and finance. Significant opportunities for achieving progress were identified, including:

§         Scaling up cooperation in carbon capture and storage;

§          Promotion of low emission transportation fuels;

§         Improvements in vehicle efficiency and electrification;

§         Reducing emissions from deforestation, restoring forest cover, and promoting sustainable harvest and product yields;

§         Uptake of low-carbon technologies, including nuclear, wind, biomass, renewables and other systems;

§         Overcoming market barriers to promote energy efficiency;

§         Innovative financial mechanisms for financing and transferring cleaner technologies and efficiency, and reducing investment risk.

Discussion reflected general support for the view that a Major Economy focus on key sectors offers the opportunity to advance thinking toward effective action in the post-2012 period. Sectors that some participants identified include: power generation, including in particular clean coal, as well as nuclear power and renewable energy; transportation; land use; energy efficiency; adaptation, with a focus on technology; and finance, which could look at ways of facilitating investment in and transfer of clean technologies.

It was suggested that work could, among other things: identify gaps and significant opportunities to accelerate research and development (R&D) to reduce costs and expand options; identify effective policies and incentives to address non-technical barriers, and expand the availability and scope of financing for clean energy deployment.

 

Long Term Goal for Greenhouse Gas Reduction

Representatives of Japan, Canada and the European Union described their decisions relating to a long-term goal for greenhouse gas reduction. A rich initial discussion of this issue followed. Discussion reflected a common understanding that any long term goal is aspirational, and that it should not be used as a basis for burden sharing.

Various speakers raised a range of considerations for the development of a long-term goal, including:

§         It should be guided by Article 2 of the UNFCCC;

§         It should be science-based;

§         It should be underpinned by environmentally effective and measurable near- and mid-term actions;

§         It should reflect the overall global vision of ambition and an understanding of the scale of action that would be required to achieve it;

§         It should take into account countries’ differing circumstances and common but differentiated responsibilities and respective capabilities;

§         It requires an understanding of the future availability of key low carbon technologies, and the feasibility of delivering technologies at different scales and time periods;

§         It should take into account the costs of adaptation in addition to mitigation, in the context of broader sustainable development strategies.

§         It should take into account historical cumulative emissions, per capita emissions, and development needs of developing countries.

Fact Sheet: Toward a New Global Approach to Climate Change and Energy Security

Australie. NEW CLIMATE CHANGE PROJECTIONS RELEASED

“I have also returned from a meeting of major economies in Washington where we saw strengthening

international commitment to setting and meeting a global goal for reducing emissions under the UN

framework.

“There is now growing global momentum for strong action on climate change in the lead up to the UN

discussions in Bali in December.

UE. The Road to Bali and beyond Joint Parliamentary session, European Parliament

As you all know, our efforts to combat climate change will only be successful if the international community is ready to engage in a comprehensive and ambitious global co-operation.

There are many encouraging signs. Climate change has risen to the top of international politics and is now an issue for world leaders. A week ago, the unprecedented meeting called by the UN Secretary-General Ban Ki-Moon in New York sent out a powerful political message: climate change deserves urgent and decisive action at highest political level. This is a major step forward: political determination and leadership is essential if we are to move from words to deeds. The primacy of the UN framework as well as the need to start negotiations on the international climate regime received all the necessary political support in New York.

This was, as you know, followed by the meeting called by President Bush with the "Major Economies". Another sign that things have changed: the need to act together to fight climate change is now fully acknowledged by the US administration and the US domestic debate on climate change action is steadily growing. This is something we welcome. However, the EU took the opportunity of the Washington meeting to reaffirm that it is only in the UN context that international negotiations can take place. There is no point in setting up new and parallel processes without any clear added value for the UN process. Also, any future international agreement must build on mandatory reduction targets for developed countries and be underpinned by a binding monitoring and compliance mechanism.

The UN climate conference in Bali should signal the start of a new phase of global efforts on climate change. At Bali, it is essential to start official negotiations on the future international climate regime after 2012, when the first Kyoto commitment period ends. The EU's objective is to ensure that a comprehensive and fair international agreement is in force by the end of 2012. This means that negotiations should be completed by 2009.

Bali should also agree on a roadmap, comprising the main elements of the post-2012 international agreement. This is what we call the "building blocks".

We first of all need a "shared vision" or in other words a global climate objective for the UN process. This should be based on sound science and provide a basis for emission targets. It should reflect the scale of collective efforts needed. The EU's strategy is to limit global warming to 2 degrees Celsius above pre-industrial levels, beyond which the risk of irreversible and catastrophic changes greatly increases. This objective requires that global emissions decrease by at least 50% below 1990 levels by 2050.

Bali should also confirm the need for firm and absolute emissions reduction commitments by developed countries. At the March European Council, the EU has already taken the independent commitment to reduce emissions by at least 20% by 2020 and agreed to increase this to 30% as part of an effective international agreement. The EU will expect other developed countries to take on reduction targets that put them on a similar level of ambition.

Emissions from international aviation and maritime transport should be addressed in the context of the UN climate co-operation. At present, this is not the case. Bringing these sectors into the fold is especially important because they are both the source of rapidly increasing emissions. ...

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Réunion de Washington des “Majors Economies”

Danilo COMBA

 

Le 27-28 septembre s’est tenue la Conférence des « Majors Economies » sur la Sûreté énergétique et le Changement climatique.

Au « summit » de Washington ont participé les 8 pays les plus développés, (les pays du G8), le Portugal en tant que Etat qui préside actuellement l’UE, la Commission européenne, les 5 pays-hôtes à Heiligendamm 2007 (Brésil, Chine, Inde, Mexique, Afrique du Sud), 2 autres pays émergents (Indonésie, Corée du Sud) et enfin l’ONU (par les représentants de la CCCC et du PNUE).

Cette rencontre peut être vue comme la prolongation de la réunion tenue en Allemagne en juin 2007 : les thématiques débattues concernent les mêmes questions et juridiquement n’apportent aucune avancée significative (primauté du cadre multilatéral, confirmation des prochaines réunions, remarque de la participation de tous les Etats aux futures actions, coopération avec les grands économies émergents, détermination d’un objectif de réduction à long terme furent déjà l’objet de la Déclaration du Sommet du G8).

Ainsi sa fonction primaire était celle d’établir un « terrain de confrontation » permettant d’esquisser les questions principales du débat, qui aura lieu à partir de Bali jusqu’à 2009, afin de parvenir au « Kyoto 2 ».

Néanmoins cette réunion a été également l’occasion pour l’UE de rappeler que « it is only in the UN context that international negotiations can take place. There is no point in setting up new and parallel processes without any clear added value for the UN process. Also, any future international agreement must build on mandatory reduction targets for developed countries and be underpinned by a binding monitoring and compliance mechanism ».

A risque de pécher d’ingénuité, cette déclaration nous apparait excessive, voir trop alarmiste : les seules mesures prises concerne la prévision d’une rencontre de ce groupe (par ailleurs après la conférence de Bali) et le fait d’aider les Etats à se préparer à ce-dite conférence : si nous appuyons l’action européenne visant à maintenir une pression politique, il nous semble que les préoccupations les plus vives ne sont pas (ou plus) celles d’un Kyoto-2 dans ou hors le réseau onusien.

Le véritable défi se joue désormais dans le contenu concret de ce prochain Protocole et à ce titre cette réunion joue un rôle instrumental utile.

De cette réunion peut ressortir plutôt une question qui est la synthèse des problématiques « changements climatiques » : est-ce que le futur Protocole visera essentiellement à mitiger (et donc se fondant sur des actions à caractère prééminent volontaire) ou ira-t-il directement au centre du problème, c’est-à-dire concernera le mesures d’adaptation aux changements climatiques ?

Ceci-dit, nous estimons que le Kyoto-2 sera un mixte de mitigation et d’adaptation, « mix » que déterminera les mesures pesant sur les différents Etats (voir le document du Secrétaire de la CCCC). Comme les pays en développement réclament, un rôle majeur appartient à la notion de « responsabilité commune mais différenciée ».

En ce sens, préparer le terrain est une action envisageable, dès lors qu’elle se dessine comme instrumental aux conférences de la CCCC (ces dernières ayant obtenu la reconnaissance de lieu principal des négociations dans l’année en cours). Le Brésil vient par ailleurs proposer une conférence ONU en 2012, de même tenue et valeur des conférences de 1992 et 2002.

Enfin la réunion de Washington fait progresser les débats en ce qui concerne :

  • a future détermination d’un objectif à long terme, selon les propositions de l’UE, du Japon et du Canada; “heads of state should convene to finalize a long-term goal for reducing global greenhouse gas emissions and to establish strong and transparent systems for measuring progress”. Parallèlement le gouvernement étasunien remarque que cet objectif ne sera pas contraignant mais plutôt une aspiration commune. Nous estimons que l’approche définitive sera encore longuement débattue.

  •  Les énergies renouvelables en tant que clés essentielles des futures politiques économiques-environnementales ; à ce propos le gouvernement étasunien propose la création d’un nouveau fond international (fond pour la technologie propre) afin de renforcer l’utilisation et les capacités des pays en développement en ce domaine.

  • Le renforcement de la coopération interétatique relativement à la capture et le stockage du CO2.

  • L’énergie nucléaire comme moyen de réduction des émissions. A ce titre il semble y avoir une certaine convergence parmi les EU et l’UE.

 

ONU. GENERAL ASSEMBLY PRESIDENT, CLOSING DEBATE, NOTES ‘IMPORTANT SHIFT’ AS HE CONFIRMS CLIMATE CHANGE HAS BECOME FLAGSHIP ISSUE OF SIXTY-SECOND SESSION
Etats en développement. SMALL ISLAND STATES, LEAST DEVELOPED COUNTRIES SEEK URGENT COLLECTIVE ACTION BY GENERAL ASSEMBLY TO HELP THEM COPE WITH CLIMATE CHANGE IMPACTS

He stressed that, given the particular vulnerability of small island developing States to the impacts of climate change, there was an absolute need to reach agreement on quantified emission reduction targets for the second implementation phase of the Kyoto Protocol.  Targets must reflect the urgency of collective circumstances and be consistent with a mitigation framework that protected the most vulnerable parties to the United Nations Framework Convention on Climate Change (UNFCCC).  It was imperative that the post-2012 regime address the mitigation of climate change impacts on small island developing States as a benchmark of its effectiveness.

All countries should take on equitably distributed responsibilities, with the richest taking the greatest action, he explained.

Developing countries need help to fight climate change, officials tell UN

 

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... However, efforts by industrialised countries only will not suffice. Developing countries, and in particular emerging economies, must be encouraged to reduce the emission intensity of their economic growth. This would require new incentives and flexible types of commitments, as well as further transfer and deployment of climate friendly technologies. There are encouraging signs that countries such as China, Brazil, India are ready to consider such measures.

The future international climate agreement must also expand the use of carbon markets. The carbon market we have created at international and regional level is functioning. The EU's emission trading system, which today makes up some 80% of the global carbon market, is already driving investments towards low carbon technologies in the EU as well as in developing countries. The development and linking of compatible emissions trading schemes - both national or regional - must be encouraged and we are working to create a forum for exchange of experience between public authorities designing or operating cap and trade schemes. The Clean Development Mechanism" should be scaled up to intensify the financing of actions in these countries to lessen the carbon impact of their economic growth. This must be combined with ambitious and absolute emission reduction commitments by developed countries to drive demand on the international carbon market.

Another priority for the international climate agreement will be to strengthen cooperation on technological research and increase financial support to spur the transfer of low carbon technologies to developing countries. Additional efforts must be made to bring down the cost of strategically important technologies. Existing technologies can bring significant results, and we should support developing countries in establishing the necessary enabling environment in terms of economic incentives and regulation.

An equally essential part of our strategy is to address efforts to adapt to climate change. As I have already mentioned, climate change is happening and will accelerate further. While our mitigation efforts need to be strengthened, it is also clear that we have no choice but to adapt to climate change. This is true in Europe but I would say even more so in the most vulnerable developing countries. This includes setting aside adequate financing and developing risk management instruments. All countries need to take steps to adapt to the unavoidable effects of climate change and integrate climate concerns into their infrastructure policy and spatial planning.

And the last building block of our strategy concerns emissions resulting from deforestation. Deforestation accounts for about 20% of global greenhouse gas emissions. Carbon sinks must be promoted via sustainable forest management and sustainable land use practices. This is an issue which most concerned developing countries are especially keen to see as part of a post-2012 agreement and which for the EU is an essential part of the equation.

This is the challenge ahead of us for the coming weeks. The EU will intensify bilateral contacts with key partners, make the best use of up-coming summits (EU-China, EU-India, EU-ASEAN) as well as important meetings such as the G8+5 mid October and the High level preparatory meeting late October in Bogor, Indonesia.

CCNUCC

Major economies meeting. Address on behalf of the Secretary General of the United Nations by Yvo de Boer, Executive Secretary

 

 

 

 

Espagne/Cuba, acte de la Commission mixte de coopération au développement

Jacobo RIOS RODRIGUEZ

 

S’agit-il d’un exemple de plus de solidarité historique et linguistique au sein de l’espace hispanophone, ou bien d’une hypothétique ouverture de Cuba envers les autres Etats, notamment européens ? (voir Sentinelle n0 104). Le 29 septembre dernier l’Espagne et Cuba ont signé l’acte de la VIII réunion de la Commission mixte de coopération au développement (voir l’acte). La réunion de cette Commission, nouvellement constituée après plusieurs mois de préparation, intervient après la signature d’un ensemble d’accords de coopération entre les deux Etats le 2 et le 3 avril dernier.

Cet instrument juridique était dans un premier temps prévu par la Convention de base de collaboration scientifique et technique, du 10 septembre 1978, et par la Convention de coopération culturelle et éducative, du 17 mars 1982. Il permet de définir les domaines matériels et géographiques de la coopération espagnole à Cuba pendant les quatre ans à venir, de 2007 à 2010 (voir la liste des Commissions mixtes de coopération dont l’Espagne est partie). Parmi les domaines de coopération abordés, il convient de souligner qu’il s’agit fondamentalement des secteurs de production, de développement socio-économique, des entreprises, d’environnement, de coopération culturelle et scientifique, et de développement, qui ont été traités en prévoyant l’assistance et l’investissement provenant d’Espagne (pour l’organisation concrète de la coopération dans ces secteurs, voir le texte de l’acte)..

L’Espagne a contribué avec 44 millions d’euros au développement de Cuba pendant la période 2004-2006. Le cadre temporel de la reprise d’une coopération approfondie coïncide avec celui de l’élection d’un gouvernement socialiste en Espagne, qui a fait des relations avec Cuba l’une de ses priorités. Il s’agit du troisième Etat d’Amérique du Sud en quantité d’exportations espagnoles reçues. L’Espagne semble ainsi se préparer pour la protection de ses intérêts avant qu’un possible changement de régime politique ne se produise à Cuba. Le Secrétaire d’Etat espagnol de coopération, Leire Patín, a affirmé : « En realidad, la cooperación española con Cuba nunca se interrumpió. Las autonomías y municipios, incluso bajo gobiernos del PP [Partie Populaire, droite], han seguido realizando y financiados proyectos ilógico que no estemos presentes en Cuba, como en el resto de América Latina ». Néanmoins, l’acte de la Commission souligne clairement que « [l]a VIII Reunión de la Comisión marca el reinicio de las acciones de cooperación entre el Gobierno del Reino de España y el Gobierno de la República de Cuba ».

En effet, les relations entre Cuba et l’Espagne étaient réduites à leur expression minimale depuis la crise de 2003, moment de contestation de la politique cubaine par les Communautés européennes. Cette organisation semble aujourd’hui prête à reconsidérer leurs relations mutuelles comme le démontre la récente réunion qui a eu lieu à New York le 24 septembre dernier. La réunion UE/Cuba, manifestation de la volonté exprimée en juin par les Ministres européens des Affaires étrangères de reprendre leurs relations, a été qualifiée par les autorités cubaines comme étant « informelle » et « exploratoire » : elle constitue néanmoins le signe visible d’un possible changement dans l’avenir. La normalisation des relations avec l’Espagne, interlocuteur privilégié, est sans doute à l’origine d’un phénomène qui démontre que l’appartenance à un espace linguistique de solidarité régionale, dans ce cas-là l’espace hispanophone, est susceptible d’avoir de conséquences externes importantes. Ces dernières restent cependant à définir et passent par la protection réelle des droits de l’homme et des libertés fondamentales à Cuba, question qui sera abordée dans une réunion  avec l’Espagne qui aura lieu en novembre 2007.

 

 

 

THE HAGUE

20 September 2007

Permanent Court of Arbitration

The Arbitral Tribunal constituted to establish a maritime boundary between Guyana and Suriname under the 1982 United Nations Convention on the Law of the Sea (“1982 Convention”) today made its Award public. The Award, which includes a finding of jurisdiction to consider the Parties’ maritime delimitation claims, establishes a single maritime boundary between Guyana and Suriname that differs from the boundaries claimed by each of the Parties in their pleadings before the Arbitral Tribunal.

The boundary for the most part follows the equidistance line between Guyana and Suriname. However, in the territorial sea, the boundary follows a N10°E line from the starting point to the three nautical mile limit, and then a diagonal line, from the intersection of the N10°E line and the three nautical mile limit, to the intersection of the twelve nautical mile limit and the equidistance line.

The Arbitral Tribunal describes the boundary in the territorial sea as follows:  The delimitation line commences at Point 1, being the intersection of the low water line of the west bank of the Corentyne River and the geodesic line of N10°E which passes through Marker “B” established in 1936. … The

Tribunal holds that the 10° Line is established between the Parties from the starting point to the 3 nm limit. [Thereafter,] the Tribunal arrives at a line continuing from the seaward terminus of the N10°E line at 3 nm, and drawn diagonally by the shortest distance to meet the line adopted … to delimit the Parties’ continental shelf and exclusive economic zone.

The line adopted by the Tribunal to delimit the Parties’ continental shelf and exclusive economic zone follows an unadjusted equidistance line.

 

Tribunaux

de la mer

Tribunal arbitral (Annexe VII de la CMB): Sentence du 17 septembre 2007 (délimitation de la frontière maritime Guyana/Suriname) 

Tidiani COUMA

 Le Tribunal arbitral de la mer a rendu une sentence dans un litige opposant le Guyana et le Suriname. Ce différend (voir) concerne la délimitation de la frontière maritime entre ces deux États. La sentence du 17 septembre 2007 est l’aboutissement d’une procédure qui avait été initiée le 24 février 2004. Elle a été mise en place sur la base des articles 286, 287 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et dans le cadre de son Annexe VII. C’est sur le fondement de ces règles que le Guyana avait adressé au Suriname une notification écrite de requête d’arbitrage. Le Tribunal arbitral a  ainsi été constitué. Il était composé de S.E. le juge Dolliver Nelson (président) ; M. le professeur Thomas Franck ; M. le professeur Hans Smit ; M. le professeur Ivan Shearer ; Dr Kamal Hossain. La Cour Permanente d'Arbitrage avait servi de greffe. Ce n’est pas la première fois qu’un Tribunal arbitral a été instituée sur la base de la Convention sur le droit de la mer. Il convient d’évoquer, à ce titre, la sentence du 11 avril 2006 en l’affaire de la délimitation de la ZEE et du Plateau continental (Barbade c. Trinité-et-Tobago). La sentence du 17 septembre 2007 est manifestement riche d’enseignement. Elle concerne en effet, la délimitation de zones maritimes entre deux Etats dont les côtes sont adjacentes.

L’affaire Guyana/Suriname‘‘soulève un problème de compétence délicate puisque les tribunaux du droit de la mer ne sont pas compétents pour déterminer les frontières terrestres. Or lorsque les côtes sont adjacentes, la frontière maritime est le prolongement de la frontière terrestre et la délimitation maritime implique par conséquent  la fixation du point extrême de cette frontière (P.Weckel, Tribunal arbitral de la mer, sentence du 11 avril 2006, délimitation de la ZEE et Pl. cont. Barbade c. Trinité-et-Tobago, RGDIP, 2006-3, pp.711-721)’’. Cette situation a certes orienté la décision des arbitres. Ainsi, dans cette sentence, le Tribunal arbitral de la mer n’a pas suivi la demande des parties. Il a établi que la frontière maritime séparant le Guyana et le Suriname doit être tracée suivant une ligne unique. Cette décision diffère de la demande initiale introduite par les deux Etats. Cette frontière suit principalement  la ligne d'équidistance entre les deux Etats.

 

 

Obs. Parce que les zones maritimes sont des projections du territoire terrestre, il faut garder un pied sur terre pour établir les limites de ces zones. En l'espèce, le Tribunal a bénéficié d'une démarcation de la frontière terrestre et il a pu opportunément s'appuyer sur une borne pour établir la frontière maritime. Le problème subsiste de savoir si les tribunaux de la mer sont compétents pour fixer le point ultime de la frontière terrestre lorsqu'il n'a pas encore été déterminé, même indirectement comme en l'espèce. Affirmer le contraire reviendrait à les amputer d'une compétence que la Convention de Montego Bay leur a attribuée. Cette question des compétences incidentes est également illustrée dans cette affaire à travers l'application du droit relatif au recours à la force armée. Le Tribunal arbitral est compétent pour appliquer le jus ad bellum comme il le serait d'ailleurs pour faire respecter le jus in bello.

Les tribunaux arbitraux de la mer (Annexe VII de CNUDM) démontrent une nouvelle fois la prévisibilité et la qualité de leurs jugements. Seule ombre au tableau : on peut regretter que les juges du TIDM n'aient pas encore eu l'idée d'accueillir ces tribunaux arbitraux de la mer dans leurs propres locaux. Il y a un Palais de la Paix à la Haye, il pourrait y avoir un Palais de la Mer à Hambourg. Constituer au siège du TIDM un centre pour le règlement des différends relatifs au droit de la mer ouvrirait la perspective de faire de ce tribunal le centre du règlement des différends relatifs au droit de la mer (PW).

 

 

 

Affaire du Trans Arctic: la Cour d’appel de Rennes impose le respect de la Convention sur le droit de la mer 

Tidiani COUMA

 

La Cour d'appel de Rennes rendu son jugement en l’affaire du chimiquier norvégien, le Trans arctic. Dans son jugement, la Cour d’appel dit que le Tribunal de grande instance de Brest doit « constater l'extinction de l'action publique en raison de la décision rendue par les autorités norvégiennes. Constatant l'extinction des poursuites, la Cour a déclaré irrecevables les demandes des parties civiles et a ordonné la restitution, au capitaine du Trans Artic et à la société Euro Trans, civilement responsable, de la somme de 400.000 € qui avait été « consignée, le 21 mars 2005, au tribunal de grande instance de Brest ». Elle infirme ainsi la décision rendue, le 7 juin 2007 par le Tribunal brestois (voir).

Ce Tribunal avait condamné le capitaine et la Société norvégienne du chimiquier à une amende de 400.000 €, dont 350.000 € avec sursis en mettant 90 % à la charge de la société. Ces sanctions constituent une violation de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. L’article 228 de cette Convention reconnaît à un Etat le droit d’engager des poursuites pour pollution en mer provoquée par un navire portant son pavillon. Les poursuites engagées par l’Etat côtier sont suspendues dès lors que l'État du pavillon a lui-même engagé des poursuites du chef de la même infraction. La Cour d’appel vient ainsi réparer cette méprise. Son jugement est en parfaite harmonie avec la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer à la quelle la France est Partie.

 

 

Obs. Les marins français ont déployé beaucoup d'énergie pour tenir en échec la Convention de Montego Bay, tentant même d'invoquer le droit communautaire en ignorant que le droit international fait partie intégrante de ce droit et que dernier reconnaît la primauté du droit international. Or la France est tour à tour Etat côtier et Etat de pavillon. Les règles qui protègent l'Etat de pavillon préservent au mieux les intérêts des pêcheurs français (PW).