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Variété. L’horizon politique
des Palestiniens
Abu Mazen était très
fatigué, mais tellement soulagé. Sur le chemin du retour il se
remémora les péripéties de cette terrible épreuve, cette
interminable négociation avec les Israéliens. Il s’était
attendu au pire, mais pas à ça. Rien à voir avec Oslo. Plus
d’une fois il avait cédé au découragement, submergé par
l'impression que sa modeste équipe subissait, comme les
cavaliers polonais, l’assaut d’une armée de chars d’assaut.
Israël avait envoyé ses meilleurs négociateurs disposant de
tous les moyens techniques et d’information dont est doté un
Etat des plus modernes. Abu Mazen sourit tristement en se
rappelant les difficultés rencontrées par ses collaborateurs
pour trouver une carte de Jérusalem datant de 1967 !
Le secret
absolu leur avait été imposé pendant la négociation. Toutes
les questions étaient sur la table et elles y étaient
demeurées jusqu’à la fin. Ainsi aucune d’entre-elles ne
pouvait être considérée comme réglée avant la conclusion
finale. Un point qui paraissait acquis la veille était remis
sur la table le lendemain à l’occasion de l’ouverture d’un
nouveau chapitre de discussion. La délégation palestinienne
avait été mise en condition par des contrôles tatillons et
d’autres petites vexations. Ses membres s’y étaient préparés,
mais pas à cette stratégie systématique de déstabilisation
menée par les Israéliens. Ils avaient finalement cédé
au-delà de ce qu’ils auraient souhaité. Abu Mazen se consola
en se disant que son équipe s’était battue comme des lions. Et
elle avait obtenu l’accord ! Le chef palestinien le tenait
dans sa main, ce précieux document, alors qu’il s’en
retournait chez les siens.
Abu Mazen
salua d’un sourire fatigué ses amis qui l’attendaient. Il leur
dit sobrement « Nous avons gagné », exhibant fièrement le
document. « Qu’est-ce ? », demandèrent-ils. « Ceci, est un
horizon politique ». « Alors, c’est l’accord de paix ».
« Non, tout de même pas. Il faudra d’abord passer à nouveau
par la « case départ ». Nous allons maintenant tenter de
mettre en œuvre la première phase de la Feuille de route ».
Ce jour-là,
sur les terres de l’antique Judée et Samarie, la foule en
liesse acclama son héros : les Palestiniens disposaient enfin
d’un horizon politique. Le Premier ministre israélien
s’envola pour Washington avec le sentiment du devoir accompli
afin de rencontrer le Président des Etats-Unis. A ce dernier
il déclara : « voilà, je vous apporte le document que vous
m’avez demandé, un horizon politique pour
les Palestiniens ». Son hôte le félicita chaleureusement et il
proclama que le document historique serait désormais conservé
à la bibliothèque du Congrès des Etats-Unis pour servir à
l’édification des générations futures (PW).
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Conflit israélo-palestinien
: la paix avant la terre
Prof. Philippe WECKEL |
La Secrétaire d'Etat américaine,
Madame Condoleezza Rice, s'est rendue Dimanche 4 novembre à
Jérusalem pour rencontrer une nouvelle fois (la huitième depuis le
début de l'année) son homologue israélienne, Madame Tzipi Livni,
alors que les discussions entre Israéliens et Palestiniens au sujet
d'une déclaration commune pouvant servir de base à la Conférence
d'Annapolis (prévue encore pour le 26 novembre), près de Washington,
ne semblaient pas progresser. La Ministre israélienne a fermement
rappelé les priorités sécuritaires auxquelles était attaché son
pays. "Même si nous devons trouver un terrain d'entente avec les
dirigeants (palestiniens) pragmatiques, ils doivent eux-mêmes
comprendre que la mise en œuvre de futurs accords n'interviendra que
conformément aux phases de la Feuille de route". "Israël va
appliquer sa part de la Feuille de route, mais l'idée de base est
qu'il faut trouver un accord sur le fait que la création d'un Etat
palestinien vient après la mise en œuvre de la Feuille de route, y
compris les besoins d'Israël en matière de sécurité". La Feuille de
route prévoit une phase au cours de laquelle les Palestiniens
"mettent fin à la violence et au terrorisme" et Israël "gèle toutes
les activités d'implantation de colonies".
Alors que le gouvernement
israélien met en avant les exigences sécuritaires, ses services de
renseignement soulignent la faiblesse du Président Abbas dans son
propre camp et son éloignement de l'opinion publique palestinienne.
Or un assouplissement des positions palestiniennes semble
actuellement se dessiner et laisse entrevoir la possibilité
d'organiser effectivement la conférence d'Annapolis à partir du 25
novembre. Ainsi les négociateurs ont admis jeudi à Tel Aviv que
l'accord seraient conditionné par une mise en œuvre préalable de la
Feuille de route (première phase). L'Autorité palestinienne a
même accepté le 10 novembre que les Etats-Unis soient "le juge"
de l'application de la Feuille de route.
Un comité tripartite
palestino-israélo-américain sera formé à cet effet.
Reste la question cruciale pour
les Palestiniens de l'organisation des négociations dont on peut
désormais penser qu'elle sera réglée après la tenue de la Conférence
internationale.
Si le dirigeant de l'Autorité
palestinienne devait être amené à faire des concessions trop
importantes et si l'accord ne devait apporter à la population qu'un
horizon politique son pouvoir politique ne survivrait pas à
cette tentative de paix et la voie serait ouverte aux radicaux
palestiniens, reportant durablement toute perspective de règlement
et relançant sérieusement le conflit israélo-palestinien.
Joint
Press Availability With Palestinian President Mahmoud Abbas
(05/11/07)
Remarks With Israeli Foreign Minister Tzipi Livni Before Their
Meeting (4/11/07)
Statements to the press by FM Livni and US Secy of State Rice
(04/11/07)
Behind the Headlines: Israel prepares for Annapolis (06/11/07)
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Conseil de sécurité
rôle des organisations
régionales et sous-régionales
dans le maintien de la
paix et de la sécurité internationales
Sabrina RAHMANI
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Le
6 novembre 2007, le Conseil de sécurité (CS) a examiné la
question relative au rôle des organisations régionales et
sous-régionales dans le maintien de la paix et de la sécurité
internationales. Réaffirmant sa responsabilité de maintien de la
paix et de la sécurité internationales, assignée par
la charte des Nations unies, le CS a reconnu le rôle important
joué par les organisations régionales et sous régionales dans la
prévention, la gestion et le règlement des conflits, en vertu du
chapitre VIII de la charte, ainsi que des
résolutions 1625 (2005) et
1631 (2005).
Le CS a souligné par ailleurs, que la contribution de ces
organisations internationales pouvait utilement venir appuyer
l'action de l'ONU, tout en s'inscrivant dans le cadre du chapitre
VIII de la charte. Dans la mesure où elles connaissent la région,
ces organisations sont bien placées pour appréhender les causes
profondes de nombreux conflits et autres problèmes de sécurité
d'ordre local, ainsi que pour aider à les prévenir ou à les régler.
Le CS s'est également dit déterminer à prendre les mesures
appropriées pour resserrer la coopération entre ces organisations et
s'est félicité à cet égard des mesures récentes coopération entre
l'ONU, l'Union africaine (UA)
et l'Union européenne (UE).
Les encourageants au règlement pacifique des différends, le CS
souhaite mener des consultations étroites avec celles-ci au sujet de
leur rôle dans de futures opérations de maintien de la paix et de
missions politiques et intégrées qui l'autoriserait. Il a souligné
leur rôle dans la lutte contre le trafic illicite d'armes légères et
a exhorté les organisations compétentes à accroître l'efficacité de
leur action antiterroriste dans le respect de leurs mandats et du
droit international. Enfin, le CS a pris le secrétaire général de
lui faire une recommandation au sujet des moyens concrets de
développer et de renforcer la coopération entre l'ONU et les
organisations dans le domaine du maintien de la pizza sécurité
internationales.
Le Secrétaire
général,
M. Ban Ki-moon, a estimé que les partenariats avec les
organisations régionales et sous-régionales étaient aujourd’hui plus
forts et plus actifs que jamais. Il a indiqué que les Nations Unies
s’étaient engagées à aider à renforcer les capacités de ces
organisations en matière de prévention des conflits et de maintien
de la paix pour leurs régions respectives. Il a par ailleurs, assuré
que ses propositions à l’Assemblée générale pour renforcer le
Département de maintien de la paix avaient déjà accru la capacité de
l’ONU en ce sens.
Pour
l’Observatrice de l’UA,
Mme Lila Hanitra Ratsifandrihamanana, il est également temps de
mettre en œuvre les engagements contenus dans le Programme décennal
de renforcement des capacités de l’UA et de l’ONU, en évitant les
chevauchements et doubles emplois. Elle a également souhaité une
harmonisation des procédures de prise de décisions, une analyse
stratégique conjointe et des échanges d’information systématiques.
Le représentant
des Etats-Unis,
M. Zalmay Khalilzad, a indiqué que les organisations
internationales comprenaient mieux les causes sous-jacentes des
conflits et qu’elles avaient souvent une influence sur les parties
au conflit. Il s’est également déclaré favorable au versement de
contributions volontaires pour participer à leur financement.
Il a
appelé le Conseil à améliorer leurs capacités pour faire face aux
défis qui les attendent.
Pour
M. John Sawers, représentant du Royaume-Uni, les organisations
régionales et sous-régionales n’avaient jamais été aussi actives
qu’aujourd’hui. Selon lui, les Nations Unies et les organisations
régionales et sous-régionales sont des partenaires pour la paix.
Relevant des occasions de progrès il a indiqué que les difficultés
étaient plus complexes que jamais.
De son côté,
M. Wang Guangya, représentant de la Chine, a indiqué qu'il était
impératif de promouvoir le multilatéralisme et de renforcer la
coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales
et sous-régionales. Il a souligné la contribution remarquable de
ces dernières dans la prévention et la résolution des conflits, la
reconstruction post conflit, la lutte contre le terrorisme et la
gestion des crises humanitaires. Il a souhaité que la Charte des
Nations Unies, et plus particulièrement son Chapitre VIII, restent
la référence en la matière. Il a appelé l’ONU à fournir une
assistance aux organisations régionales telles que l’Union
africaine, afin d’accroître leurs capacités.
Le représentant
de la fédération de Russie,
M. Igor N. Shcherbak, a souhaité que la coopération entre les
Nations Unies et ces organisations se développe de manière intégrée
et collective, respectant strictement les dispositions de la Charte
des Nations Unies. Il a ainsi mis l’accent sur la nécessité de
préserver les responsabilités du CS en matière de paix et de
sécurité. Il a indiqué, que l’ONU et ses partenaires régionaux et
sous-régionaux devaient continuer à aller les uns au devant des
autres, et ce, en veillant à une bonne répartition des tâches, ainsi
qu’au respect des principes de l’ONU et du CS.
Enfin,
M. Jean-Pierre Lacroix, représentant de la France, a estimé que
l’évolution du rôle des organisations régionales et sous-régionales
constituait un défi, qui représente un atout formidable, dans la
mesure ou ces organisations apportent des capacités critiques pour
faire face aux crises. Il a ainsi cité deux exemples de
coopération, l’UE et l’UA. En outre, il a mis l’accent sur les
opportunités qu’il convient de saisir en matière de lutte contre la
prolifération des armes de destruction massive, de lutte contre le
terrorisme ou de trafic illicite des armes légères. Il a indiqué
que l’ONU doit rester au cœur du système de sécurité collective,
pour des raisons de légitimité et d’efficacité. Il a ajouté que la
coopération avec les organisations ne doit pas aboutir à la
situation où les Nations Unies ne se contentent que de fournir des
ressources ou des capacités.
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Sahara occidental : le Conseil de Sécurité
proroge le mandat de la MINURSO
Aude Vasseur |
Le 31 octobre 2007, le Conseil de Sécurité a adopté la
résolution 1783 qui proroge pour six mois le mandat de la
Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au
Sahara occidental (MINURSO).
Cette opération, déployée en 1991, a pour mission d’organiser un
référendum sur le statut du territoire et de surveiller le respect
du cessez-le-feu entre le Maroc et le Front populaire pour la
libération de la Saguía-el-Hamra et du Río de Oro, dit Front
POLISARIO (voir la
résolution 690). Dans son dernier
rapport sur la situation au Sahara occidental, le
Secrétaire général s’est déclaré inquiet des violations du
cessez-le-feu et des atteintes à la liberté de circulation du
personnel de la MINURSO qui l’empêchent de remplir son mandat. Il a
cependant accueilli la coopération des parties avec l’opération dans
le domaine du déminage et s’est félicité des efforts visant à
faciliter les échanges de visites familiales entre le Sahara
occidental et les camps de réfugiés de la région de Tindouf.
Rappelons que depuis le départ de l’Espagne en 1976, le
Maroc et le Front POLISARIO s’opposent sur le statut du Sahara
occidental (voir l’historique
du conflit). En ce qui concerne le règlement politique du différend,
le Conseil de Sécurité a renouvelé l’appel lancé dans la
résolution 1754 (voir
Sentinelle n° 108) en invitant les parties à poursuivre
les négociations, sans conditions préalables et de bonne foi, « en
vue de parvenir à une solution politique juste, durable et
mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple
du Sahara occidental dans le contexte d’arrangements compatibles
avec les buts et principes énoncés dans la Charte des Nations
Unies ». En rappelant que l’objectif des négociations est
l’autodétermination, le Conseil de Sécurité semble soutenir les
prétentions du Front POLISARIO qui réclame un scrutin sur
l’autodétermination (voir le
plan du Front POLISARIO). Cependant, le Conseil de
Sécurité s’est aussi félicité des « efforts sérieux et crédibles
faits par le Maroc », qui réclame la reconnaissance de sa
souveraineté sur le Sahara occidental tout en proposant de lui
accorder une certaine autonomie (voir la
proposition du Maroc). Le
Conseil de Sécurité a donc jugé nécessaire de ne pas prendre partie
sur le résultat des négociations. Rappelons que les résultats des
deux tours de négociations entre les parties organisés en juin (voir
le
rapport du Secrétaire général) et en août derniers (voir la
dépêche du 13 août 2007) ont été relativement limités
(voir
Sentinelle n° 118). Le Secrétaire général a d’ailleurs
appelé les parties à engager de réelles négociations (voir la
dépêche du 23 octobre 2007). Cependant, la communauté
internationale demeure très divisée sur la question du futur statut
de Sahara occidental. Lors de la dernière
réunion organisée par la
Quatrième Commission de l’Assemblée générale sur la
question, de vifs débats ont opposés les participants favorables au
Maroc, qui soulignent notamment le caractère particulièrement
généreux et consensuel de la proposition marocaine, aux défenseurs
du plan du Front POLISARIO, qui estiment que le Sahara occidental
demeure le dernier territoire africain à vivre sous le joug colonial
et affirment donc son droit à l’autodétermination (voir la
dépêche du 11 octobre 2007).
Malgré ses divisions et les réticences de l’Afrique du
Sud, la résolution 1783 a été adoptée à l’unanimité (voir la
dépêche du 31 octobre 2007). Le représentant de l’Afrique
du Sud a regretté que le Conseil de Sécurité n’ait pas mentionné les
violations des droits de l’homme alors qu’il le fait dans les
résolutions concernant d’autres Etats. Selon lui, cette politique
de « deux poids deux mesures » explique le fait que les décisions
de Conseil ne soient pas toujours prises au sérieux. Il a aussi
dénoncé le fait que la résolution souligne les efforts faits par le
Maroc donnant ainsi l’impression de prendre partie pour la solution
proposée par ce dernier. Il a qualifié la proposition du Maroc de
« tentative unilatérale pour empêcher le peuple sahraoui de
proclamer son droit à l’autodétermination », tout en rappelant que
le fait de soutenir une des deux solutions risque de saper le
processus de négociation (voir le
communiqué de presse du 31 octobre 2007). Il a cependant voté en
faveur de la résolution, espérant que, grâce aux négociations et
avec l’aide la MINURSO, le peuple du Sahara occidental puisse un
jour exercer son droit à l’autodétermination (voir le
procès verbal de la réunion du 31 octobre 2007).
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Soudan : prorogation du mandat de la MINUS
Aude Vasseur |
Le 31 octobre 2007, le Conseil de Sécurité a adopté à l’unanimité
(voir le
procès-verbal de la séance) la
résolution 1784 prorogeant pour six mois le mandat de la
Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS).
Cette opération a été créée par la
résolution 1590 du 24 mars 2005 suite à la signature de
l’Accord
de paix global par le Gouvernement soudanais et les
rebelles du Sud (Mouvement populaire de libération du Soudan) (voir
Sentinelle n° 2). Cet accord, qui a mis fin à vingt
années de conflit, prévoit une période de transition de six ans et
demi, pendant laquelle le pays est dirigé par un gouvernement de
transition composé de représentants des deux parties. Suite à cette
période, un référendum sera organisé pour permettre à la population
du Sud Soudan de choisir entre la confirmation de l’unité du pays et
la sécession (voir l’historique
de la MINUS). Le Secrétaire général a décrit, dans son dernier
rapport sur la situation au Soudan, les structures
politiques et institutionnelles mises en place afin de garantir le
partage du pouvoir, la répartition des richesses et la sécurité
mutuelle des deux parties. Il s’est cependant inquiété de la
décision du Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS) de
quitter le gouvernement d’unité nationale le 11 octobre dernier
(voir la
dépêche du 15 octobre 2007). Il a indiqué que le
partenariat est affaibli par la méfiance réciproque des parties, les
divergences quant à l’interprétation de l’accord et la lenteur de sa
mise en œuvre (voir la
dépêche du 24 octobre 2007). Le Conseil de Sécurité a
donc rappelé l’importance de l’application de l’Accord de paix
global, mais aussi de l’Accord de cessez-le-feu de N’Djamena, de
l’Accord de paix pour le Darfour (voir
Sentinelle n° 65) et de l’Accord de paix pour le Soudan
oriental (voir
Sentinelle n° 83). Il a appelé les parties à coopérer
afin de définir la frontière Nord-Sud et de réduire les tensions
dans la région d’Abyei, notamment par le redéploiement des forces
armées hors de cette zone et la création d’une administration
provisoire.
Le Conseil de Sécurité a aussi rappelé les pouvoirs de
la MINUS dans le domaine du désarmement, de la démobilisation et la
réinsertion des combattants et l’a encouragé à poursuivre ses
activités de conseil concernant la préparation et la tenue
d’élections, d’appui à la réconciliation nationale et d’aide au
déploiement de forces conjointes comprenant des éléments armés des
deux parties. Il a par ailleurs déploré les restrictions et
obstacles bureaucratiques qui l’empêchent de remplir son mandat et a
demandé à toutes les parties de coopérer pleinement avec l’opération
(voir la
dépêche du 1er novembre 2007).
Cette résolution est intervenue en même temps que le
premier tour des pourparlers sur le Darfour à Syrte (voir les
dépêches des
26,
29 et
30 octobre et des
2 et
5 novembre) et le jour de l’inauguration du nouveau siège de
l’opération hybride Union africaine – Nations Unies au Darfour (MINUAD)
(voir la
dépêche du 31 octobre 2007). Le Conseil de Sécurité a
d’ailleurs rappelé que la MINUS doit faciliter le déploiement
initial de cette opération (voir
Sentinelle n° 76) et a souligné l’importance du respect
et de la mise en œuvre de l’Accord de paix global pour le règlement
de la crise au Darfour, sans pour autant adopter une approche
intégrée de la résolution des deux crises. En effet, la MINUS et la
MINUAD sont deux opérations distinctes, avec des chaînes de
commandement différentes, déployées sur le territoire du même Etat.
D’un point de vue politique, les futurs accords de paix sur le
Darfour remettront peut être en cause les accords sur le partage du
pouvoir et la répartition des richesses entre le Nord et le Sud. Le
Conseil de Sécurité n’a donc prorogé le mandat de la MINUS que de
six mois, alors que le Secrétaire général recommandait de la
prolonger d’un an. Le Conseil de Sécurité a cependant affirmé sa
volonté de la renouveler par la suite, tout en envisageant de revoir
son mandat, conformément à l’évolution de la situation dans le pays
et aux futures recommandations du Secrétaire général dans ce sens
(voir le
communiqué de presse du 31 octobre 2007).
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Suspension de la participation de Moscou au traité FCE
Anne RAINAUD |
La Douma a voté à l'unanimité le 7 novembre 2007 le
gel de l'application du
Traité sur les forces conventionnelles en Europe par l'Etat
russe (in
RIA Novosti, agence russe d'information internationale du 8 novembre
2007). Le porte-parole du Department of State, Sean McCormack
(cf.
compte rendu de presse du 7 novembre 2007) exprimait la
préoccupation des Etats-Unis : "We have troubles and problems with
the idea of suspending the treaty.
(...). I don't think that this is, you know, the final chapter in
this story by any means. But clearly, it's a step that we don't
support. It's not different than what the Government of Russia has
outlined as their position. So we're still trying to work to resolve
the issue, but it's not a helpful action".
Néanmoins, russes et américains travaillent à un
rapprochement ; en effet le premier vice-Premier ministre russe
Sergueï Ivanov a reçu le 8 novembre 2007 le conseiller américain à
la sécurité nationale et ancien secrétaire d'État américain Henry
Kissinger, en visite à Moscou, pour discuter de la sécurité
internationale et pour assister à une discussion placée sous le
thème "Russie-États-Unis: regard vers l'avenir" ( in
Rian Novosti, agence russe d'information internationale du 8
novembre 2007). Le récent vote de la Douma est dans le droit fil
des préalables positions de l'exécutif russe; notamment, le 26 avril
2007, Vladimir Poutine avait déjà annoncé un moratoire sur
l'application du traité sur les Forces conventionnelles en Europe (FCE);
cette annonce venait en réponse au projet américain de déploiement
d'un bouclier antimissiles en Europe. Le vote de la Douma est encore
un écho à la politique des Etats-Unis sur ce thème; en effet, le
ministère tchèque des Affaires étrangères a annoncé le 5 novembre
2007 que "diplomates tchèques et américains ont entamé un nouveau
cycle de négociations visant un accord bilatéral sur la construction
d'une base radar en République tchèque dans le cadre d'un projet de
déploiement du bouclier antimissile américain" (in
xinhuanet du 6 novembre 2007). Par ailleurs, la Russie considère
le traité FCE actuellement en vigueur (signé en 1990) comme dépassé
et regrette que le traité adapté de 1999 n'ait toujours pas été
ratifié par certains des membres de l'OTAN. La suspension de la
participation de Moscou au traité FCE n'est donc guère surprenante.
Cependant, ce vote donne éventuellement plus de liberté aux russes
dans le contexte actuellement perturbé en Géorgie malgré la
déclaration rassurante du ministre des Affaires Etrangères S. Lavrov
(cf.
déclaration à la presse du MAE Russe du 7 novembre 2007 : "Nous
n'offrirons aucune prise aux provocations croissantes, resterons le
garant fiable de la paix et de l’ordre dans la région,
agissant en entière conformité avec les Statuts de l'ONU et les
principes du droit international"). (AR).
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Daily Press Briefing
Sean McCormack, Spokesman
Washington, DC
November 7, 2007
QUESTION: What’s your
response to the Russian parliament's action on the Conventional
Forces Treaty?
MR. MCCORMACK: Right.
I looked into this, and as I understand it, the step that the
parliament took is not qualitatively different than the stance
of the government and President Putin with respect to suspending
the CFE Treaty. We have troubles and problems with the idea of
suspending the treaty. That said, we are working closely with
other treaty members to try to address some of the concerns that
have been detailed by the Russian Government. And have devoted
quite a bit of effort to trying to address those concerns. I
don't think that this is, you know, the final chapter in this
story by any means. But clearly, it's a step that we don't
support. It's not different than what the Government of Russia
has outlined as their position. So we're still trying to work to
resolve the issue, but it's not a helpful action. |
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Responsabilité internationale |
Les sociétés militaires privées en Irak :
contrôle laxiste et compétence limitée des juridictions
américaines
Florence PARODI |
Alors que jusqu’ici l’activité et la gestion des sociétés militaires
et de sécurité privées en Irak étaient restées discrètes, les
récents évènements impliquant la
société Blackwater ont été l’occasion pour le Congrès américain
de s’emparer du dossier, révélant ainsi des disfonctionnements
importants en termes de contrôle et d’encadrement juridique.
Cette société intervient en Irak depuis août 2003 ; elle a pour
mission de garantir la sécurité de certaines personnalités
officielles. Le contenu de son contrat a évolué dans le sens d’un
élargissement de son mandat en juin 2004 et mai 2006 avec la
conclusion des contrats « Worldwide Personal Protective Services »
(WPPS) I et II.
Cette société a pu toutefois occasionnellement passer dans les faits
du statut de force défensive à celui de force offensive, s’étant
engagée dans des combats auprès de l’armée américaine tel qu’à
Nadjaf. Cette réalité de fait montre bien ainsi combien le statut de
ces forces reste incertain, celui-ci évoluant au gré des réalités du
terrain en dehors de tout cadre juridique fixé préalablement par le
contrat conclu avec l’Etat cocontractant.
Blackwater intervient aujourd’hui aux côtés de deux autres sociétés,
DynCorp International et
Triple Canopy, chacune opérant dans des zones géographiques
délimitées.
Si ces deux sociétés ont été impliquées dans divers incidents, c’est
toutefois la société Blackwater qui a retenu le plus l’attention du
Congrès américain. A l’origine d’une fusillade le 16 septembre 2007
faisant 11 morts et 14 blessés parmi des civils irakiens, cette
société a en effet fait l’objet d’une enquête par une commission du
Congrès américain. Trois aspects de l’intervention en Irak des
sociétés militaires et de sécurité privées ont été retenus. Il
s’agit de mesurer l’impact positif ou négatif de ces sociétés sur la
reconstruction de l’Irak, la charge financière que représentent ces
contrats, et surtout de voir quelle a été la réponse du Département
d’Etat suite aux évènements du 16 septembre. Cette commission avait
déjà rendu un
rapport sur Blackwater alors que quatre de ses employés
s’étaient trouvés pris dans une embuscade à Fallujah, puis mutilés
et brûlés.
Cette commission,
Committee on Oversight and Government Reform, a siégé
sous la présidence du démocrate Henry Waxman les 2 et 3 octobre
2007. Son premier rapport, “Blackwater
USA: Private Military Contractor Activity in Iraq and Afghanistan”
a été complété par un
Mémorandum sur la base notamment des
réponses apportées par le Département d’Etat ainsi qu’à partir
de témoignages d’officiers. Elle a notamment pu auditionner
Erik Prince en sa qualité de PDG de la société,
Ambassador David M. Satterfield, Special Adviser,
Coordinator for Iraq,
Ambassador Richard J. Griffin, Assistant Secretary,
Bureau of Diplomatic Security and Director of the Office of Foreign
Missions, et William H. Moser, Deputy Assistant
Secretary for Logistics Management, qui travaillent au
Département d’Etat.
·
Concernant les modalités d’exercice de son mandat,
il est apparu que la société Blackwater a joui d’une certaine
liberté, n’en respectant pas les termes concernant principalement
l’usage des armes à feu.

Le nombre d’incidents qui lui sont imputés est à cet égard
révélateur du laxisme dont a fait preuve le Département d’Etat dans
le contrôle de ses missions. 195 incidents dus à un usage illégal
d’armes à feu par la société ont ainsi eu lieu depuis 2005, ce qui
représente une moyenne de 1,4 tirs par semaine. Or il s’est avéré
que dans 84% des cas c’est la société qui a tiré la première alors
même que le contrat conclu avec le Département d’Etat stipule que
l’usage de la force n’est autorisé qu’à titre défensif.
·
Concernant les mesures prises par le Département d’Etat au vu des
incidents impliquant une société cocontractante,
aucune information n’a jusqu’ici été ouverte. Seules des
mesures d’exfiltration consistant à sortir hors d’Irak l’employé
impliqué dans un incident ont été décidées. Le Département a par
ailleurs souvent vivement conseillé à la société de verser des
dédommagements à la famille des victimes ainsi que de présenter
des excuses. En dehors de ces mesures, aucune poursuite n’a été
engagée.
La fusillade du 16 septembre 2007 a toutefois donné lieu à
l’ouverture d’une
enquête menée par le Federal Bureau of Investigation. La
société Blackwater fait de même l’objet d’une instruction devant le
Département de justice de Caroline du Nord. Ces derniers
évènements ont donc été l’occasion de se saisir réellement du
dossier des sociétés privées. Reste à savoir dans quelle mesure la
législation américaine offre un cadre juridique effectif.
·
L’état de la législation américaine
présente des lacunes importantes concernant la compétence des
juridictions américaines pour des faits commis à l’étranger par des
américains qui ont le statut de civils et non de membres de la force
armée.
-
Alors que plusieurs
Coalition Provisional Authority (C.P.A.) Order
réglementent l’enregistrement, l’obtention d’une licence délivrée
par le Ministère de l’Intérieur, et le port d’armes, il n’est fait
que mention de quelques règles de comportement à titre informatif
-
Le
C.P.A. Order number 17 du 27 juin 2004 prévoit
l’immunité juridictionnelle des employés des sociétés privées, et
exclut toute mesure de contrainte exercée par les autorités
irakiennes à leur encontre.
-
Le
Military Extraterritorial Jurisdiction Act, (M.E.J.A.),18
U.S.C. § 3261, prévoit toutefois la compétence des juridictions
américaines pour des faits commis à l’étranger par un soldat
américain ou un civil accompagnant les forces américaines qui aurait
conclu un contrat avec le Département d’Etat. Mais son champ
d’application reste limité dans la mesure où seuls les contrats
conclus avec le Département d’Etat sont envisagés, à l’exclusion de
ceux conclus par d’autres départements ou agences, telles que la
C.I.A., comme cela avait été le cas pour certains employés
recrutés pour interroger des prisonniers d’Abu Ghraib.
-
Le Congrès a toutefois décidé d’étendre la compétence matérielle des
juridictions en votant à 389 voix contre 30 le
MEJA Expansion and Enforcement Act of 2007 le 4 octobre.
Cette proposition de loi prévoit ainsi l’hypothèse où les civils
seraient employés par “any department or agency of
the United States, where the work under such contract is carried out
in a region outside the United States in which the Armed Forces are
conducting a contingency operation”.
-
Il reste que les dispositions du
Uniform Code of
Military Justice
ne sont pas opposables aux employés des sociétés privés qui restent
en dehors de toute chaîne de commandement en tant que civils. La
compétence matérielle des juridictions américaines s’en trouve donc
restreinte.
-
L’Alien Tort Claims Act de 1789
connaît toutefois un renouveau en ce qu’il permet aux tribunaux
fédéraux de juger "toute action civile engagée par un étranger pour
un dommage commis en violation de la loi des nations ou d'un traité
des Etats-Unis".
·
C’est sur le fondement de
cette loi que plusieurs plaintes ont pu être déposées
concernant des faits commis par des sociétés militaires et de
sécurité privées.
-
Saleh v. Titan Corp.,
9 juin 2004, District Court for the Southern District of
California.
Il s’agit d’une plainte
déposée par des anciens prisonniers d’Abu Ghraib contre les sociétés
Titan Corporation et
Caci International Inc, ainsi que contre certains de leurs
employés ; l’historique
de cette affaire s’est soldé le 6 novembre 2007 par
un renvoi devant un jury dans le cadre d’un jury trial.
-
Venancio Aguasanta Arias et al. v. Dyncorp et al., 21
mai 2007, District Court of Columbia, est une plainte d’un
équatorien concernant l’utilisation de pesticides par Dyncorp dans
le cadre du Plan Colombie mené par le gouvernement américain.
-
Estate of Himoud Saed Atban, et al. v. Blackwater USA, et al.,
11 octobre 2007, District Court for the
District of Columbia.
Il
s’agit d’une plainte déposée par
les familles irakiennes de trois des
civils tués lors de la fusillade du 16 septembre 2007 ainsi que par
un survivant.
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Perspectives d'accord de paix entre la Chine continentale et
Taiwan
Anne
RAINAUD |
La République populaire de Chine multiplie
actuellement les déclarations et discours sur le thème "une Chine,
deux systèmes" pour essayer de calmer les ardeurs séparatistes de
Taiwan. Certes, la question n'est pas nouvelle et la Chine a
toujours affirmé l'unicité de la Chine, que ce soit du reste à
l'égard de Hong-Kong, Macao ou Taiwan. Cependant, ces trois cas de
figure ne sont pas comparables et, au moins historiquement et
politiquement, Taiwan mérite un traitement particulier; c'est
précisément ce qui ressort du dernier
rapport de Hu Jintao prononcé au XVIIe Congrès du Parti communiste
chinois (PCC), le 15 octobre 2007. En effet, au chapitre 10 de
ce rapport (cf. p. 26), on peut lire les propos suivants du
président: "Dans le but de créer une nouvelle situation en faveur du
développement pacifique des relations entre les deux rives du
détroit, nous appelons solennellement à mettre fin réellement aux
hostilités existant entre elles grâce à des consultations menées sur
la base d'une Chine unique, à parvenir à un accord de paix et à
établir ainsi un cadre régissant le développement pacifique de leurs
relations". La formule proposée au plus haut niveau d'un cadre
conventionnel est significative du particularisme ainsi reconnu à
Taiwan. Elle reprend le processus engagé en mai 2005, le parti
communiste chinois ayant à cette époque signé avec deux partis, dont
le Kuomintang, un accord informel cherchant à normaliser les
rapports entre les protagonistes, et ce, dans l'esprit du consensus
de 1992 basé sur le principe d'une Chine unique. Cette "nouvelle
perche" tendue s'inscrit bien évidemment dans le contexte de
lancement de la campagne présidentielle à Taiwan où sont en
compétition d'une part l'actuel président Chen Shui-bian (qui a mis
un terme lors de son élection en 2000 à la place majoritaire du
Kuomintang), pro-indépendantiste, et Lien Chan qui est dans une
position beaucoup moins belliqueuse avec la Chine continentale (cf.
Chine-informations du 8 novembre 2007). Cette dernière entend
néanmoins demeurer ferme à l'égard de Taiwan; selonYang Yi,
porte-parole du Bureau des Affaires de Taiwan du Conseil des
Affaires d'Etat, "si les forces pour "l'indépendance de Taiwan"
continuent leur progression, la partie continentale "prendra
vraiment les mesures nécessaires à la sauvegarde de la souveraineté
de l'Etat et de l'intégrité territoriale, et à la protection des
intérêts vitaux de la nation" (in
dépêche Xinhuanet du 1er novembre 2007). De même, Cao Gangchuan,
le ministre de la Défense nationale poursuivait sur le même ton
alors qu'il recevait son homoloque américain Robert Gates : "Si le
dirigeant de Taïwan Chen Shui-bian ose des actions visant à
"l'indépendance de Taïwan", la Chine agira avec résolution et
préservera avec fermeté sa souveraineté nationale et son intégrité
territoriale à tout prix" (in
dépêche Xinhuanet du 6 novembre 2007). Dans ce jeu d'acteurs, le
ministre chinois de la Défense nationale a précisé lors de cette
rencontre que "les Etats-Unis devront respecter pleinement leurs
engagements, cesser les contacts officiels et militaires avec les
autorités de Taïwan, arrêter les ventes d'armes à Taïwan, et prendre
des mesures concrètes pour maintenir la paix et la stabilité de part
et d'autre du détroit de Taïwan". Le président actuel de Taiwan
souhaiterait organiser un "référendum dit "défensif", par lequel la
population sera appelée à se prononcer sur l'achat de missiles
censés protéger l'île contre la Chine communiste" (in
Chine-informations du 8 novembre 2007). (AR).
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Déclaration de
l'Ambassadeur Dan Gillerman (Israël) 6 nov.
...The real burning - literally burning - human rights
situations in our tormented world have certainly not been
reflected in the Council’s deliberations, and one wonders,
sadly, if they ever will.
Since inception, the Council has focused primarily on
Israel, subjecting it to 12 discriminatory, one-sided
resolutions and three special sessions. This reflects
nothing less than the immoral, automatic majority enjoyed by
some. The only other specific country situations addressed
by the Council were Myanmar and Darfur, the latter where the
resolutions on it not only failed to find the Sudanese
government culpable for atrocities, but even had the
audacity to congratulate Sudan for its cooperation.
Perhaps then it was not surprising to see the Council’s
blindness when it came to the human rights of Israelis.
Where was the Council’s condemnation of Palestinian
terrorism against Israel in the face of daily and
indiscriminate shelling of homes, schools, and kindergartens
by Qassam rockets? What did the Council have to say last
July during the unprovoked, massive bombardment of our
northern border towns and in the heart of our civilian
villages? What has the Council done - if anything - in
response to the repeated incitement and calls for Israel’s
destruction and denial of the Holocaust by the president of
Iran? Nothing. Indeed, the Council’s silence is deafening -
eerie and frightening - and, alas, though deeply
disappointing, not the least surprising.
After all, the Council’s membership includes some
countries whose own records on human rights fall markedly
below the standards of the international community, and who
cannot genuinely serve as a beacon for human rights when
their respective performances are so dismal and poor.
According to Freedom House, more than half of the Council’s
47 members are considered “not-free” or only “partially
free” countries.
More importantly and most flagrantly, many of these same
countries share a political agenda that precludes the State
of Israel, and utterly dismiss our inherent right to live in
peace and security in our homeland.
Mr. Chairman,
While the ritualistic and virulent campaign against
Israel in the Council is abhorrent and intolerable, equally
troubling is the Council’s resulting disregard for serious
human rights violations in many other parts of the world,
including among its own members. Under the new institution
building package, the special rapporteurs on human rights
violations by Cuba and by Belarus were eliminated without
any serious discussion or consideration, in blatant
disregard for the constituent mandate which established the
Human Rights Council, General Assembly resolution A/60/251.
Like its predecessor, the Commission on Human Rights, the
actual Human Rights Council has also adopted a separate
standing agenda item on Israel, while the other human rights
situations combined from all over the world, have been
crammed into one, single agenda item.
Countless others suffering around the globe, living under
tyrannical rule and oppression and violated by human rights
abusers, do not gain this Council’s attention. Look around
the world at the pain and anguish of these people. Where is
the world body’s commitment to human rights, to its sacred
Universal Declaration of Human Rights, to the very bodies it
created - recreated - in order to protect and ensure the
dignity and rights of each and every individual? The world
still watches with astonishment. Yet the Human Rights
Council decides to focus on one particular conflict - and
for the wrong reason entirely.
The bell tolls for all those concerned with safeguarding
and protecting human rights in our world today. This is our
wakeup call, and it is high time to listen. Listen before
its loud and lurid sound deafens us all.
Mr. Chairman,
My delegation does not ask for special treatment. Israel,
like any other country in this hall, should be subject to
review and constructive criticism on a fair and impartial
basis. All we ask is that the international community stands
by its own values and lofty principles, if it is to be truly
effective in achieving its goal of promoting and protecting
human rights around the world.
Mr. Chairman,
Sadly, the ghosts of the past Commission haunt the
present Council. The Human Rights Council is surely not an
improvement on the Commission, and in some ways it is even
worse. Hence, Israel - as a member state of this
organization - cannot accept the institution building
package as is. Israel will call for a vote on the package,
and calls on the Member States to consider what message they
send with their votes. Compromise - or worse, concessions
and lowest common denominators, which some Member States
seek as alternatives - are detrimental to the protection of
human rights... |
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L’Examen périodique universel suffira t’il à faire taire les
critiques ?
Valérie GABARD |
Le
Président du Conseil des droits de l’homme,
M. Doru Romulus Costea a présenté les 5 et 6 novembre 2007, le
rapport annuel (A/61/53)
de l’institution qu’il dirige à la
Troisième commission de l’Assemblée générale (questions sociales,
humanitaires et culturelles). Pour le président cette première année
doit être vue comme « une année de transition et de
commencement » qui avait notamment pour objet de changer le
« mode de pensée hérité des soixante ans d’activités de la
précédente de commission des droits de l’homme qui a laissé une
profonde empreinte dans la mémoire collective et institutionnelle de
la Communauté des Nations Unies chargée des droits de l’homme ».
Ce changement de « mode de pensée » est il réellement opérant ? Les
premiers effets de la réforme permettent ils d’esquisser un
véritable bouleversement dans la manière d’appréhender les droits de
l’homme au sein de l’enceinte onusienne effaçant d’un revers de main
les lourdes critiques portées par feu la Commission ?
Certains Etats en doutent. La présentation de ce rapport est loin
d’avoir soulevé l’enthousiasme général des représentants étatiques
présents et le bilan pourrait être qualifié de contrasté (voir la
synthèse de la séance de la troisième commission du 5 novembre 2007).
La plupart des Etats ont salué l’élaboration d’un Code de conduite
des titulaires de mandats spéciaux ainsi que le mécanisme d’examen
universel cependant nombreuses sont également les délégations à
exiger un traitement uniforme des situations et une action basée sur
la coopération et la transparence. La plupart des Etats restent
prudent et semble estimer à juste titre puisque tous les nouveaux
mécanismes ne sont pas à l’œuvre, qu’il s’agit plutôt d’un rapport
d’étape que d’un véritable premier bilan. La plupart des Etats
entendent tout au plus formuler des mises en garde mais sans tirer
de conclusions hâtives.
Ce n’est cependant pas l’avis d’Israël soutenu par les Etats-Unis,
qui a émis une critique très vive et franche à l’égard du nouveau
Conseil des droits de l’Homme (voir la
synthèse de la séance de la troisième commission du 6 novembre 2007).
Le représentant israélien a en effet dénoncé « la banqueroute morale
du système des Nations Unies », problème qui selon lui n’est pas de
l’histoire ancienne. Israël s’estime persécuté par le Conseil qui a
tenu à son encontre trois sessions spéciales (sur cinq au total) et
douze résolutions. C’est l’argument du caractère inéquitable du
traitement des situations qui est placé au cœur du débat par Israël
estimant qu’outre la campagne virulente menée contre son pays, le
Conseil est également beaucoup trop clément à l’égard du Soudan
concernant le Darfour et totalement aveugle quant aux violations des
droits de l’homme subies par les Israéliens. Israël a également
condamné l’élimination sans concertation des mandats des Rapporteurs
spéciaux sur la situation des droits de l’homme à Cuba et au Bélarus.
Les États-Unis, la Pologne et les Pays-Bas ont également regretté le
non renouvellement de cette procédure en juin dernier.
Face à ses critiques,
le Secrétaire général des Nations Unies,
Ban Ki Moon a indiqué que « même si les attentes ne sont pas
pleinement satisfaites » « le Conseil des droits de l’homme a fait
des progrès » par rapport à son ancêtre la Commission. Il a
également usé de l’argument de l’Examen périodique Universel. Cette
procédure est l’une des principales innovations mise en place lors
du passage de la commission au Conseil des droits de l’homme. Elle
doit conduire à un examen de la situation de tous les pays à tour de
rôle. Lors de sessions spécifiques d’une durée de trois heures
chaque Etat sera examiné et des projets de recommandations adressés
à l’Etat examiné ou un projet de résolution rédigé. Le mécanisme
débutera en avril prochain avec l’examen des 16 premiers États par
le Groupe de travail et tous les États Membres feront l’objet d’un
examen d’ici à 2011.
Le Secrétaire général a déclaré « espérer qu’aucun endroit dans
le monde n’échappera à l’examen ». Le Secrétaire général se
place vis-à-vis de ce nouveau mécanisme dans un état d’attente
confiance et souhaite ainsi écarter l’argument du manque de
traitement uniforme et cohérent des situations. Ce mécanisme ainsi
que le nouveau processus de sélection et de nomination des
titulaires de procédures spéciales sont certainement des éléments
clefs de la réforme qui contribue à affirmer qu’il est impossible de
se faire un avis définitif à ce jour sur le Conseil des droits de
l’homme.
Même si toute conclusion hâtive doit être écarté, il est évident que
le fantôme de la Commission des droits de l’homme est déjà dans la
salle. Le répit a été de bien courte durée et la nouvelle légitimité
recherchée par la réforme du Conseil ne fera peut être jamais
surface. Si ces critiques qui ne sont pas les premières (voir les
archives de Sentinelle),
se multiplient et sont vérifiées l’institution risque de perdre
rapidement toute crédibilité pour assurer le respect international
des droits de l’homme. Reste en suspens la question de savoir si le
mécanisme de l’Examen périodique Universel sera suffisant pour faire
taire les critiques. Si cette nouvelle procédure est sans aucun
doute de nature à accroitre un traitement transparent et uniforme
des situations des droits de l’homme, cela ne saurait suffire sans
un véritable changement de mentalité ou de « mode de pensée » selon
les termes du Président du Conseil, de la part des Etats membres du
Conseil. La question est donc de savoir si les droits de l’homme
sont désormais toujours le moteur et la seule raison d’action des
membres du Conseil à l’exclusion de toute considération politique ?
Et c’est peut être là où le bât blesse
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Archive |
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Mise en
place du Conseil des droits de l’homme
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Premiers
travaux du Conseil des droits de l’homme
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La Cour Suprême du Belize tranche en faveur des
droits territoriaux coutumiers des Mayas.
Karine RINALDI |
La Cour Suprême du Belize a rendu, le 18 octobre 2007, son
arrêt sur les affaires des villages Maya de Santa Cruz et
de Conejo, deux communautés Maya du District de Toledo, dans le sud
du Belize.
Il constitue un arrêt de référence pour les droits des peuples
autochtones, intégrant les jurisprudences internationales en la
matière, constituant une des « meilleures pratiques » pouvant
inspirer d’autres tribunaux nationaux, et venant renforcer une
coutume internationale des droits territoriaux autochtones, théorie
avancée par un des spécialistes dans le domaine, Monsieur James
Anaya.
Cet arrêt est l’aboutissement d’une longue affaire, débutée en 1996
devant les tribunaux nationaux qui avaient alors désestimé les
demandes des communautés Maya ; puis portée devant la Commission
interaméricaine des droits de l’homme en août 1998 dont le
rapport final a été rendu en 2004.
La Commission interaméricaine avait reconnu la violation par le
Belize du “right to property enshrined in Article XXIII of the
American Declaration to the detriment of the Maya people” (§ 193),
de même que “the right to equality before the law, to equal
protection of the law, and to non discrimination enshrined in
Article II of the American Declaration to the detriment of the Maya
people” (§ 195).
Le Belize devait ainsi adopter toutes les
mesures nécessaires pour délimiter, démarquer et donner un titre aux
terres sur lesquelles les Maya ont un droit de propriété
communautaire.
C’est la non mise en œuvre de ces recommandations qui a poussé ces
communautés à saisir la Cour Suprême de Belize en 2007.
Les demandeurs soutenaient devant la Cour Suprême l’existence dans
la région de Toledo d’un système traditionnel Maya de possession de
la terre, en vertu duquel, en tant que membres des villages de Santa
Cruz et de Conejo, ils auraient un droit sur les terres de leurs
ancêtres qu'ils occupent et utilisent actuellement qui équivaudrait
à toute autre forme de propriété reconnue par la loi, un droit en
l’espèce bafoué par le ministre des ressources naturelles et de
l'environnement.
En mai 2006, le village de Conejo avait soumis une demande écrite au
gouvernement demandant la délimitation des terres du village. En
février 2007, le village de Santa Cruz avait envoyé une lettre au
gouvernement demandant la reconnaissance de la jouissance, par les
membres de Santa Cruz, du droit à la terre et aux ressources
traditionnellement occupés et utilisés. Le gouvernement, outre le
fait de n’avoir jamais répondu à cette demande, avait l’intention de
concéder des autorisations d’exploitations d'huile à des étrangers
sur ces terres.
Les demandeurs alléguaient donc les violations du droit à la
propriété, contenu dans les articles 3(d) et 17 de la
Constitution du Belize, ainsi que des droits à la vie, à la
liberté, à la sécurité de la personne et à la protection de la loi,
droits contenus dans les articles 3(a) et 4. Par ailleurs, l’absence
d’égale reconnaissance et protection du droit à la propriété
traditionnelle des Maya par rapport aux autres formes de propriété
serait une discrimination qui violerait les articles 3 et 16 de la
Constitution.
Pour répondre aux problématiques présentées en l’espèce, le
Président de la Cour Suprême, le Pésident Abdulai Conteh, s’est
inspiré de l’affaire de la Commission interaméricaine
Maya Indigenous Communities of the
Toledo District v. Belize, de même que de l’affaire
Amodu Tijani v The Secretary, Southern Nigeria ainsi que de la
fameuse affaire
Mabo and others v Queensland. Mais il a également rappelé à l’Etat
les normes internationales telles que, notamment, la
Convention 169 de l’OIT,
la récente
Déclaration de l’ONU sur les droits
des peuples autochtones, les arrêts pertinents de la
Cour Interaméricaine des droits de
l’homme, ou bien la
Convention pour l’élimination de
toutes les formes de discrimination raciale.
Concernant le fait de savoir s’il existe dans le sud du Belize un
droit traditionnel Maya à la terre : aux vues du dossier
impressionnant de preuves constitué par les demandeurs, sous forme
de témoignages et d'expertises, destiné à prouver leur présence sur
ces terres depuis des temps immémoriaux, le Pésident Abdulai Conteh
est « inéluctablement contraint de conclure qu’il existe dans la
région de Toledo un Droit coutumier traditionnel Maya de possession
de la terre » § 40.
Par ailleurs, les demandeurs détiennent bien toujours actuellement
des droits individuels et communautaires sur les terres de Santa
Cruz et de Conejo, un droit d’occuper ces terres, de chasser, de
pêcher et de bénéficier de toutes les ressources (§ 67), car le
Pésident Abdulai Conteh est convaincu que l'acquisition de la
souveraineté sur le Belize, d'abord par la Couronne Britannique puis
par les gouvernements indépendants successifs, n’a pas rendu les
droits préexistants des Maya sur leurs propres territoires caduques,
ceux-ci n’ayant jamais cédé leurs terres, qui ne sont jamais
devenues terra nullius (§ 77).
Concernant les implications constitutionnelles de ces affirmations,
cette situation s’apparente au droit de propriété au sens entendu
par la Constitution. Et puisque l’Etat n’a pas pris toutes les
mesures nécessaires pour délimiter, démarquer ou établir autrement
le cadre nécessaire pour protéger les terres sur lesquelles ces
droits existent, la violation du droit de propriété est constatée.
Cela est par ailleurs discriminatoire et viole également le droit à
l’égalité.
Le gouvernement doit désormais faire une déclaration selon laquelle
ces communautés Maya ont des droits sur leur propriété, pour
lesquelles elles détiennent un titre collectif. Mais malgré cette
affirmation, le combat n’est pas encore totalement terminé, les
obligations ordonnées par le Tribunal de
délimiter, de démarquer et d’établir des documents officiels
attestant des titres et des droits sur Santa Cruz et Conejo, selon
les pratiques et les lois coutumières maya, seront
capitales…
A ce sujet, il est possible de noter les récentes
résolutions ministérielles du 27 août 2007, en vertu desquelles
le Brésil démarque les terres indigènes des Tupinikim (14 227 ha) et
des Comboios (3 800 ha). Ces résolutions reconnaissent que les
terres en question ont été traditionnellement occupées par les
Tupinikim et les Guarani et que pendant les 40 dernières années
elles ont été illégalement occupées par l’entreprise Aracruz
Celulose.
Pour en revenir à l’arrêt de la Cour Suprême du Belize, il
n’institue rien qui ne soit pas déjà reconnu par le droit
international dans le domaine des droits des autochtones. Cependant,
de telles affirmations faites par la justice interne d’un Etat, qui
de plus ne contemple aucun droit particulier pour les populations
autochtones (sa démarche a été en cela la même que celle de la Cour
interaméricaine des droits de l’homme), est suffisamment rare pour
être souligné et diffusé.
Selon le
Professeur James Anaya, assistant du représentant des communautés
Maya dans ces affaires, ce jugement constitue « the most far-reaching
and extensive application of international law recognizing the
rights of an indigenous group to their traditional lands and
resources by a domestic court ». |
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Archive |
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Nations Unies et peuples autochtones
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Système interaméricain de droit de l’homme et peuples autochtones
Divers
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Pression de l’UNICEF en faveur de la conclusion
d’un traité international interdisant les armes à sous
munitions
Valérie GABARD
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Prétextant de la célébration de la première Journée mondiale
(encore une…) d’action contre les munitions à dispersion (5
novembre), l’organisation protectrice des enfants,
UNICEF
a rappelé les dangers de ces armes en particulier envers les
enfants. Si le problème des armes à sous munitions a été mis
en lumière par la guerre au Liban en 2006, « les enfants
continuent d’être des victimes des munitions à dispersion dans
les pays où elles ont été utilisées il y a des années voir des
décennies, comme en en Bosnie, au Cambodge, en Iraq, au Laos,
en Serbie et au Viet Nam ». La menace est quotidienne pour
les enfants qui n’ont pas toujours conscience des dangers et
ramassent plus facilement ces armes non explosées.
« L'agence dénonce l'utilisation de ces armes qui, comme les
mines terrestres, tuent et blessent de façon indiscriminée, et
constituent une violation des droits consacrés dans la
Convention
relative aux droits de l'enfant. »
Usant du levier classique du lobbying institutionnel
international, l’UNICEF entend ainsi accentuer la pression à
l’égard des Etats pour parvenir à la conclusion d’un
instrument juridique contraignant portant interdiction des
armes à sous munitions (voir le
communiqué de presse de l’UNICEF
et celui du
centre des nouvelles des Nations Unies).
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Un traité international avant fin 2008 ?
Depuis la guerre du Liban et l’usage massif de ces munitions,
l’interdiction des armes à sous munitions revient
régulièrement au cœur de l’actualité international démontrant
l’intérêt grandissant pour cette question. Ce constat semble
de bonne augure pour la mise en place d’un cadre juridique en
la matière qui pourrait intervenir rapidement peut être même
avant la fin de l’année 2008. C’est en tout cas l’objectif
fixé par un certain nombre de pays.
Une
première conférence internationale sur les armes à
sous-munitions
a en effet été organisée à Oslo les 22 et 23 février dernier.
Cette conférence qui a réuni un groupe de
49 Etats
se veut une réponse parallèle à l’enlisement des discussions
sur cette question au sein la conférence des Etats parties à
la
Convention sur certaines armes classiques (CCW). La conférence a abouti
à l’adoption d’une
déclaration finale qui prévoit la conclusion avant la fin de l’année
2008 un Traité international avec la force obligatoire qui en
découle dont l’objet serait d’interdire l’utilisation, la
production, le transfert et le stockage d’armes à
sous-munitions et d’instaurer une coopération et une
assistance dans l’objectif d’assurer notamment, la prise en
charge et la réhabilitation des survivants, nettoyer les zones
contaminées et détruire les stocks d’armes à sous-munitions
(voir
archives de Sentinelle). Cette première démarche a été suivie
d’une seconde conférence qui s’est déroulée en mai à Lima
marquant ainsi la volonté des Etats participants de poursuivre
le processus (voir les
archives de Sentinelle).
Dépasser
le cadre du Protocole V sur les débris de guerre explosifs
Premier élément d’une prise de conscience plus vaste sur le
problème des armes qui continuent à tuer ou à mutiler des
civils à l’issue des conflits, la
Convention sur l'interdiction de l'emploi, du stockage, de la
production et du transfert des mines antipersonnel et de leur
destruction
(traité d'Ottawa) fête cette année son dixième anniversaire.
L’adoption le 28 novembre 2003 du
Protocole V à la Convention de 1980 sur les restes explosifs
de guerre
et son entrée en vigueur le 12 novembre 2006 traduit cette
prise de conscience à l’égard du problème des munitions qui
subsistent après un conflit armé. Plus large que la seule
question des armes à sous munitions, le Protocole n’apporte à
cette question qu’une réponse partielle. Le texte vise à
faciliter l’enlèvement rapide des restes explosifs de guerre
mais sans en interdire l’emploi (voir
la
fiche technique du Comité international de la croix rouge).
Le mouvement débuté à Oslo devrait s’il se concrétise,
permettre de franchir une étape supplémentaire dans la
création d’une véritable réglementation internationale sur la
question des armes qui continuent à tuer ou blesser après les
conflits armés. L’exemple nous semble révélateur d’un
mécanisme de création de normes en droit international dans
lequel l’empirisme est sans aucun doute la règle. Il s’agit de
ne pas bruler les étapes et d’avancer pas à pas en plaçant sur
la table des négociations les dossiers les uns après les
autres. Ici les étapes sont relativement brèves puisque le
Protocole V qui n’a qu’un an (la
première réunion des Etats parties consacrée à la mise en
œuvre du Protocole s’est déroulée cette semaine à Genève)
apparaît déjà incomplet vis à vis du problème particulier des
armes à sous munitions.
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l'Affaire Exxon Valdez devant la Cour Suprême Américaine
Danilo COMBA |
Le 29 octobre la Cour Suprême américaine a décidé de
se saisir de l’affaire “Exxon Valdez” (Gulf of Alaska),
suite à la “Petition
for Writ of Certiorari” présentée par la société Exxon.
En 2006, la Cour d’Appel de S. Francisco l’avait condamnée à payer
la somme de 2,5 milliards de dollars, à titre d’indemnisation (compensatory
and punitive damages), modifiant le « quantum » de la précédente
décision du Jury Fédéral de l’Alaska
(nous rappelons cependant que cette dernière “did not punish for
harm to the environment,
which other proceedings
had fully redressed, but only for lost income and similar economic
harm to commercial fishermen and other private parties”).
Rappel des
faits (Sentinelle):
L’Exxon ne
s’estime pas satisfaite par cette révision (les dommages punitifs
ne devraient pas excéder 25 millions de dollars) et il ne faut pas
exclure que la compagnie pétrolière puisse se retourner vers la
Cour suprême pour obtenir gain
de cause. « A notre avis, les éléments de ce dossier ne justifient
pas des dommages de cette ampleur », a réagi la compagnie
pétrolière après l’annonce de la Cour d’appel. Mais pour
celle-ci, « le comportement
irresponsable d'Exxon en plaçant un alcoolique récidiviste aux
commandes d’un supertanker chargé de millions de barils de pétrole
pour naviguer dans les eaux pures et poissonneuses de la Baie du
Prince William
mérite des sanctions sévères ».
S’estimant
non satisfaite
(“the award to $2.5 billion—still 123 times the compensatory damages
awarded and five times what the court found was the total, fully
compensated loss to all private economic interests”),
Exxon a déposé sa demande devant la Cour Suprême.
Ainsi, selon
les règles prévues pour demander et établir la « Jurisdiction on
writ of certiorari » (voir en particulier la « Rule
14 »), la Société Exxon pose à la Cour les
questions suivantes:
1. May punitive damages be imposed under maritime
law against a shipowner (as the Ninth Circuit held, contrary to
decisions of the First, Fifth, Sixth, and Seventh Circuits) for
the conduct of a ship’s master at sea, absent a finding that the
owner directed, countenanced, or participated in that conduct, and
even when the conduct was contrary to policies established and
enforced by the owner?
2. When Congress has specified the criminal and
civil penalties for maritime conduct in a controlling statute,
here the Clean Water Act, but has not provided for punitive
damages, may judge-made federal maritime law (as the Ninth Circuit
held, contrary to decisions of the First, Second, Fifth, and Sixth
Circuits) expand the penalties Congress provided by adding a
punitive damages remedy?
3. Is this $2.5 billion punitive damages award,
which is larger than the total of all punitive damages awards
affirmed by all federal appellate courts in our history, within
the limits allowed by (1) federal maritime law or (2) if maritime
law could permit such an award, constitutional due process?
Les
Juges de la Cour Suprême ont accepté de se saisir dans les limites
des questions « 1, 2, AND 3(1) PRESENTED BY THE PETITION ».
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U.S. Leadership in the World and the Law of the Sea
http://lugar.senate.gov/sfrc/sea.html
Law of the Sea Clears Committee
On October 31, 2007, the Senate Foreign Relations Committee
overwhelmingly approved the Law of the Sea Convention, sending
it to the full Senate for ratification. The vote was 17-4,
without any amendments or new conditions. Foreign Relations
Committee Republican leader Dick Lugar encouraged Senate
Majority Leader Harry Reid to schedule floor consideration as
quickly as possible.
Read Senator Lugar's October 31 statement
On
September 27
and
October 4
2007, Senator Lugar participated in Senate Foreign Relations
Committee hearings on the Law of the Sea.
Read Senator Lugar's September 24 statement
Read Senator Lugar's October 4 statement
In April 2007, Senator Lugar and Senate Foreign Relations
Committee Chairman Joe Biden asked President Bush to reiterate
his support for the treaty.
On May 15, 2007, Senator Lugar wrote an
essay on the importance of moving quickly on
the Law of the Sea Treaty.
Also on May 15, the White House released a
statement from President Bush
urging the Senate to act favorably on U.S. accession to the Law
of the Sea Treaty during this session of Congress. The treaty
also has the strong support of the U.S. Navy.
The basic tenets of the treaty have been U.S. policy since first
enunciated by President Reagan in 1982. Over the next dozen
years the U.S. won in negotiations on the questionable aspects
of the treaty, and signed on in 1994. The details are in the
President's Message transmitting the treaty
to the Senate .
In October 2003, Foreign Relations Committee Chairman Dick Lugar
held two comprehensive hearings on the treaty. The full
transcripts of those hearings are part of the
187-page committee report .
In the 109th Congress, Secretary of State Dr. Condoleezza Rice
made a strong endorsement
of the Law of the Sea Treaty at her confirmation hearing on
January 18, 2005. In addition, Chairman Lugar submitted
questions for the record to Dr. Rice
to follow-up on the Law of the Sea. In her responses, she
expresses, among other points, that the Administration supports
ratification and how the treaty will benefit national security,
the economy, the military, the prevention of weapons of mass
destruction proliferation and the Proliferation Security
Initiative.
Lugar wrote in the March 8, 2004 issue of Navy Times:
“Imagine if a U.S. Naval Task Force, rushing from the Persian
Gulf to a crisis on the Korean peninsula, had to take a
3,000-mile detour around Indonesia. Imagine if Iran barred all
foreign tankers from the Straits of Hormuz, through which passes
much of America’s foreign oil. Or think of the consequences if
Russian fishing trawlers lingered off the Alaskan coast and
plundered millions of tons of salmon swimming home to American
waters.
“The good news is there is a treaty, the Convention on the Law
of the Sea, that can provide the United States with legal
protections against such events. This wide-ranging treaty,
ratified by 143 countries, has been called by the former Chief
of Naval Operations, Admiral James Watkins, ‘the foundation of
public order of the oceans.’ It can help ensure that our Navy
ships and submarines can navigate freely to defend America’s
national security, that our cargo vessels and tankers have
access to all the world’s sea lanes, and that we can control the
vast riches up to 200 miles off our shores—and in some cases
beyond—including the huge schools of fish in the ocean and the
oil and gas that lie underneath it. |
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Etats-Unis/ La Commission des
affaires étrangères du Sénat approuve la ratification de la
Convention des Nations Unies sur le droit de la mer
Tidiani COUMA
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La
Commission des affaires étrangères
du sénat a largement voté (17 voix pour et 4 contre) le projet de
loi relatif à la ratification par les Etats-Unis de la Convention
des Nations Unis sur le droit de la mer (voir).
Ce vote est intervenu le 31 octobre 2007. Le
sénat
devra se réunir, très rapidement, en session plénière pour un vote
définitif du texte. La ratification de la Convention de Montego Bay
de 1982 permettra aux Etats-Unis de garantir leurs intérêts dans
divers domaines, notamment dans le cadre de l’extension du plateau
continental au-delà des 200 milles.
Le Département d’Etat a fait une déclaration dans laquelle il a
salué ce vote.
« We are pleased that the Senate Foreign Relations Committee voted
out the Law of the Sea Convention. This is an important step forward
in the Administration's efforts to join this treaty, which the
President has urged the Senate to approve during this session of
Congress. This Convention has the strong support of United States
Federal Agencies, including the Departments of Defense, Homeland
Security, Commerce, and the Interior. This treaty was a victory for
U.S. diplomacy - the one chapter that President Reagan disliked was
modified in 1994 to overcome all his objections. It would serve
both our national security interests, as countless current and
former U.S. military officials have stated, by assuring
navigational rights of our vessels worldwide, as well as our
economic and energy interests, as a wide array of U.S. industries
have stated. The treaty would secure U.S. sovereign rights over
extensive offshore natural resources, including substantial oil and
gas resources in the Arctic. The extended continental shelf areas we
stand to gain under the treaty are at least twice the size of
California Joining the Convention is the only viable means of
protecting and maximizing our ocean-related interests and the
Senate should approve U.S. accession without delay.
(V. le
texte de la déclaration)
Le vote du 31 octobre 2007 est l’aboutissement d’un processus qui
remonte à plusieurs mois déjà. Sentinelle a rapporté les échos dans
ses précédentes éditions (Sentinelle
du 20 mai 2007).
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“The bad news is that the United States cannot currently rely
on these protections because it isn’t a party to the treaty.
Even though it was negotiated with U.S. leadership and signed
nine years ago, the United States has not yet ratified it.
This could put some of our hard-won guarantees at risk in the
future,” Lugar wrote.
The treaty has broad and strong support including the Bush
Administration, the U.S. Navy, environmentalists,
international oil and shipping industries, the fishing
industry as well as ocean conservationists, and international
law enforcement and antiterrorism organizations.
“Our hearings revealed broad support for U.S. accession to the
Law of the Sea Convention. They also revealed the need for
U.S. accession to be completed swiftly. The Convention comes
open for amendment for the first time later this year. If the
United States is not party to the Convention at that time, our
ability to protect Convention rights that we fought hard to
achieve will be significantly diminished. In addition, the
Convention’s Commission on the Limits of the Continental Shelf
will soon be making decisions on claims to continental shelf
areas that could impact the United States’ own claims. Full
U.S. participation in this process requires us to be party to
the Convention,” said Lugar.
“Representatives from the Departments of State, Defense, and
the U.S. Coast Guard expressed the Administration’s strong
support for U.S. ratification of the Convention. They
testified that the Convention advances U.S. national security
by providing enhanced protections for the rights of navigation
and overflight across the world’s oceans that our military
relies on to protect U.S. interests abroad. They also noted
that the Convention advances U.S. economic interests by
enshrining the right of the United States to explore and
exploit the living and non-living resources of the oceans out
to 200 miles from our shore, as well as the resources of our
continental shelf beyond 200 miles. In addition, they observed
that the Convention advances U.S. interests in the protection
of the environment by addressing pollution of the marine
environment from a variety of sources and providing a
framework for the conclusion of further agreements to protect
and conserve the marine environment. Importantly, the
Administration noted that the U.S. law and practice with
respect to regulation of activities off our shores is already
generally compatible with the Convention. Thus, acceding to
the Convention should not require the United States to make
any changes in this regard,” Lugar said.
“The Committee also heard from a distinguished panel of
experts on oceans law and policy, and from industry
representatives and other groups interested in the uses of the
oceans. Our panel of oceans experts emphasized the importance
of U.S. membership in the Convention to our ability to
exercise leadership over global oceans policy. They noted that
if we remained outside the treaty, we would forfeit our seat
at the table of institutions that will make decisions about
the use of the oceans, and we would increase the chance that
such decisions would be contrary to our interests,” Lugar
said.
“The U.S. Commission on Oceans Policy adopted a unanimous
resolution supporting U.S. accession to the Law of the Sea
Convention as its first policy pronouncement upon taking up
its work. Representatives of the energy, commercial shipping,
and fishing industries expressed their support for the
Convention and the protection and legal certainty it provides
for rights on which their businesses depend. Representatives
of the environmental community also expressed their strong
support for the Convention and the comprehensive framework it
provides for the development of measures to protect the marine
environment,” Lugar said.
The Committee staff has worked closely with the Administration
on a resolution of advice and consent. I am grateful to
Senator Biden and his staff, as well as to the Administration
team – which included representatives from the Departments of
State, Defense, Justice, Commerce, the Environmental
Protection Agency, and the U.S. Coast Guard – for their
constructive work on this resolution. In addition, Senator
Stevens testified before our Committee on behalf of the
Convention and helped us refine aspects of the resolution
dealing with fishing. I also want to recognize the commitment
and leadership of a former Chairman of this Committee, Senator
Claiborne Pell. Our current examination of the treaty benefits
greatly from his contributions,” Lugar said.
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