PhilippPhilipe WECKEL-- Anne RAINAUD-- Roland ADJOVI-- Guillaume AREOU-- Sarah CASSELLA-- Danilo COMBA-- Florina COSTICA-- Tidiani COUMA

Fatma RAACH-- Sabrina RAHMANI-- Virgile RENAUDIE-- Karine RINALDI-- Jacobo RIOS RODRIGUEZ

Antonella SAMPO-- Noémie SIMONEL-- Sébastien TOUZE -- Sabrina URBINATI

 

Sommaire

N°98

 

 

 
 

 

 

 

 

 
 
 

L'événement de la semaine :

Application de la convention pour la prévention et la répression du crime de génocide
(Bosnie-Herzégovine c. Serbie-et-Monténégro)

La Cour internationale de justice rendra son arrêt le lundi 26 février 2007 à 10 heures

 

index universel des droits de l'homme

Comportements des agents économiques incompatibles avec le
 

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Conseil de sécurité : débat et déclaration du Président concernant la réforme du secteur de la sécurité dans le cadre du maintien de la paix

Sarah CASSELLA

 

Le Conseil de sécurité s’est réuni le 20 février 2007 pour un débat public sur l’appui à la réforme du secteur de la sécurité. Ce sujet a été choisi par la Slovaquie qui préside pour la première fois le Conseil de sécurité. Il s’agissait d’identifier de quelle manière le Conseil peut apporter un appui à ce type de réforme dans le cadre de la consolidation de la paix. Le Secrétaire général a mis en évidence quatre leçons qui ressortent de l’expérience sur le terrain :

§         la sécurité est une condition essentielle et urgente de la consolidation de la paix. « Le but des opérations de maintien de la paix doit être de faire en sorte que les accords de paix et les programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) n’empêchent pas, mais au contraire contribuent à rétablir une sécurité durable ». Il est par ailleurs indispensable de donner aux Casques bleus des « directives claires, un appui efficace et une bonne formation ».

§         Il faut rétablir la sécurité sur des bases solides et avec des objectifs à long terme. Selon Ban Ki-moon, « la sécurité ne peut être rétablie et maintenue dans le vide ». Il faut que ce secteur fasse l’objet d’une « appropriation nationale ». Pour ce faire, le Conseil de sécurité doit prendre dûment en compte les besoins et les perspectives de l’Etat concerné et des différentes communautés qui le composent. C’est la seule façon de mettre en place une sécurité durable.

§         Le concept même de sécurité durable doit être élargi. Il ne comprend pas uniquement la réintégration des soldats ou la formation de policiers. La sécurité concerne également la mise en place d’« institutions efficaces et bien gérées ».

§         Afin de répondre aux différents besoins liés à la sécurité, de nombreux acteurs doivent être impliqués et en premier lieu les États Membres, les organisations régionales et les institutions de Bretton Woods.

La présidente de l’Assemblée générale, Sheikha Haya Rashed al Khalifa, a insisté sur le fait que l’Assemblée générale, organe principal de délibérations et de définition des politiques, peut apporter une contribution importante à ce débat. Elle a par ailleurs souligné que la police, l’armée et le système judiciaire sont essentiels à la stabilité, à la justice, à la bonne gouvernance et à l’Etat de droit. Le président du Conseil économique et social, Dalius Cekuolis, a estimé qu’il ressort clairement du travail sur le terrain que « la division traditionnelle entre questions de ‘sécurité’ d’une part et problèmes de ‘développement’ d’autre part est à la fois artificielle et impraticable sur le long terme ». Le président du Comité d’organisation de la Commission de consolidation de la paix, Ismael Abraao Gaspar Martins, a souligné le caractère indispensable de l’appui international pour la réforme des forces de sécurité dans certains Etats et les résultats effectivement obtenus sur le terrain. Il a cité ainsi Haïti, le Timor-Leste et la Guinée-Bissau, dans lesquels cet appui a permis d’éviter un retour de la guerre.

M. Wolff, représentant des États-Unis, a souligné l’accord de son Etat sur la nature multidimensionnelle des opérations de paix actuelles, qui requiert une réponse internationale coordonnée et cohérente. La réforme du secteur de la sécurité est un élément essentiel de cette réponse. Il a souligné que les États en déliquescence, les États faillis et les États sortant d’un conflit présentent souvent les mêmes difficultés en matière de sécurité internationale. Le danger est que ces situations constituent des terrains propices au développement du terrorisme, de la criminalité, des catastrophes humanitaires et de toutes les menaces qui pèsent sur les intérêts de la communauté internationale. Les démarches individuelles et collectives doivent donc être intégrées. Les Etats-Unis retiennent en particulier certains domaines d’intervention :

·         la sécurité et l’état de droit en période de transition ;

·         la bonne gouvernance et la participation démocratique;

·         la réponse humanitaire;

·         la reconstruction économique.

M. de La Sablière a souligné deux points au nom de la France. Il a insisté en premier lieu sur le lien entre le développement et la sécurité. « Les questions de sécurité ne sont pas un simple problème militaire, mais une condition préalable au développement et à la lutte contre la pauvreté ». Il faut en second lieu inscrire la réforme du secteur de la sécurité dans un processus plus large d’amélioration de la gouvernance. Il a rappelé que des travaux dans ce sens sont actuellement menés dans différentes enceintes internationales. La France, y travaille notamment dans le cadre de l’Union européenne et dans le cadre de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Selon la France, le rôle du Conseil de sécurité dans ce cadre doit être précisé, mais la question de l’ampleur exacte et de la responsabilité que doit prendre le Conseil ne peut être déterminée à l’avance. Elle dépend en réalité des circonstances de chaque cas d’espèce et il ne peut donc pas exister de modèle en la matière. Le représentant de la France a ensuite souligné les différentes opérations dans lesquelles intervient la France actuellement. M. Matussek (Allemagne) est intervenu au nom de l’Union européenne. Il a précisé que les Etats candidats (Turquie, Croatie et ex-République yougoslave de Macédoine), les Etats du Processus de stabilisation et d’association et candidats potentiels (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro et Serbie), l’Islande, pays de l’Association européenne de libre-échange, membre de l’Espace économique européen ainsi que la République de Moldova, s’associent à sa déclaration. Il a rappelé que l’UE est engagée dans plus de 70 initiatives liées à la réforme du secteur de la sécurité dans le monde à travers l’aide avant adhésion, la coopération pour le développement et l’appui à la prévention des conflits et à la gestion des crises. En juin 2006, l’UE a adopté un cadre politique en matière d’appui à la réforme du secteur de la sécurité qui a rassemblé des instruments utilisés dans tous les domaines politiques de l’UE et a établi un lien entre la sécurité et le développement. Ce cadre a permis à l’Union européenne d’adopter une stratégie intégrée et multisectorielle au service de la réforme du secteur de la sécurité. Compte tenu des expériences acquises par l’UE jusqu’à présent, l’Union est convaincue qu’il faut commencer par évaluer les besoins des Etats en matière de sécurité et qu’il convient ensuite de prévoir l’architecture future du système de sécurité.

Dans sa déclaration, le Président du Conseil souligne en premier lieu que « le pays concerné a le droit souverain et la responsabilité première de déterminer l’approche et les priorités nationales de la réforme du secteur de la sécurité, ce pays devant s’approprier cette entreprise, qui doit répondre à ses besoins et à sa situation particulière ». Il rappelle cependant également l’importance d’un appui international, au vu des expériences passées. Il estime que la réforme du secteur de la sécurité dépasse souvent largement les capacités des opérations de paix de l’ONU et qu’elle peut se prolonger dans le temps. A cet égard, le rôle de la Commission de consolidation de la paix est essentiel pour la coordination et le suivi. Le Conseil de sécurité engage donc le Secrétaire général à lui présenter un rapport sur les stratégies des Nations Unies au service de la réforme du secteur de la sécurité afin d’en encourager l’application au lendemain de conflits. Il attend des recommandations concrètes sur cette approche globale.

 

 

 

 

Iran

transmission du dernier rapport

sur la mise en oeuvre la résolution 1737 du CS

Sabrina RAHMANI

 

Le 21 février 2007, à Berlin, le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, a vivement exhorté les autorités iraniennes à respecter pleinement la résolution 1737 (2006) du Conseil de sécurité exigeant l'arrêt de l'enrichissement de l'uranium sous peine de sanctions, et à continuer à négocier avec la communauté internationale.

Le lendemain, le Directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), M. Mohamed ElBaradei, a transmis  son dernier rapport sur la mise en oeuvre par l'Iran de la résolution 1737 du Conseil de sécurité, qui lui impose de cesser ses activités d'enrichissement d'uranium et l'engage à négocier. Ce rapport vient s'ajouter au rapport, publié le 9 février 2007, sur la coopération de l'Iran avec les inspections de l'AIEA.

Selon un communiqué de l'agence, publié à Vienne, le rapport, transmis au Conseil des gouverneurs de l’AIEA, ainsi qu'au Conseil de sécurité, couvre les événements survenus depuis le 14 novembre 2006. Les 35 membres du Conseil examineront le rapport à leur prochaine session, qui se tiendra à Vienne le 5 mars. Le communiqué précise par ailleurs que la diffusion du rapport est restreinte et à moins que le Conseil n'en décide autrement, elle n'est pas publique.

Par ailleurs, le président du Conseil pour le mois de février, l'ambassadeur de la Slovaquie, M. Peter Burian, a confirmé à New York que le Conseil de sécurité disposait désormais d'une version du rapport dans les six langues officielles de l'ONU. Il a indiqué qu'il consulterait les autres membres du Conseil pour savoir quand se ferait l'étude du rapport.

Le même jour, à Vienne, M. Ban Ki-moon, s'est déclaré  profondément préoccupé par le fait que l'Iran n'ait pas respecté le délai imparti par le Conseil de sécurité pour cesser ses activités d'enrichissement de l'uranium. Il a déclaré que la question nucléaire iranienne comportait de grandes implications pour la paix et la stabilité internationales, ainsi que pour la non-prolifération des armes de destruction massive. Par ailleurs, selon la porte-parole adjointe de M. Ban Ki-moon, Mme Marie Okabe, il aurait exhorté une fois de plus l'Iran à reprendre les négociations avec la communauté internationale afin de trouver une solution pacifique à cette question au plus vite. Il a répété que la question était entre les mains du Conseil de sécurité.

Le même jour, le ministre iranien des Affaires étrangères, M. Manouchehr Mottaki, a réaffirmé la  détermination de son pays à poursuivre le programme  d'enrichissement d'uranium et les exigences de respecter les droits iraniens sur les activités nucléaires pacifiques. Il a ajouté que la  communauté internationale devait accepter les activités nucléaires à des fins pacifiques et reconnaître les droits iraniens de  l'application pacifique de l'énergie nucléaire. Lors de son arrivée à Ankara pour une réunion de  coopération économique, M. Mottaki a minimisé la possibilité d'une attaque américaine contre les sites nucléaires iraniens ainsi que  d'autres installations militaires, en appelant à des négociations  et à une solution diplomatique avec les Etats-Unis.  

Le lendemain, le chef-adjoint de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, M. Mohammad Saïdi, a déclaré que son pays considère que la suspension de l'enrichissement est  contradictoire avec ses droits, avec le Traité de non- prolifération (TNP) et avec les règlements internationaux. 

De son côté, l'ambassadeur  de la Russie auprès des Nations Unies, M. Vitaly Churkin a indiqué que le problème nucléaire iranien devait être réglé par la  voie diplomatique plutôt que par les sanctions supplémentaires. Aussi, le ministre russe des Affaires  étrangères M. Sergueï Lavrov a déclaré que son pays n'entrerait pas dans une nouvelle course aux armements mais se positionnerait  en faveur de négociations malgré le contexte actuel de déploiement du bouclier antimissile américain sur le continent européen et  d'élargissement de l'OTAN. Il a déclaré que son pays réagira aux menaces émergentes à sa sécurité  nationale de manière pondérée et appropriée, mais sans néanmoins  permettre à quiconque de l'entraîner dans une nouvelle vague de  confrontation ou dans une nouvelle course aux armements. 

L'ambassadrice des Etats-Unis, Mme Jackie Sanders, a  souligné l'importance de la coordination de la  communauté internationale pour empêcher les activités nucléaires  de l'Iran.  Elle a affirmé que les membres du Conseil de sécurité  discuteraient de cette question dans les prochains jours pour  déterminer les mesures à prendre. Le porte-parole du département d'Etat américain, M. Tom Casey, a déclaré que la position des Etats-Unis vis-à-vis de  l'Iran était d'adopter des mesures supplémentaires au Conseil de  sécurité. Toutefois, M. Peter Burian, a toutefois déclaré qu'aucune session n'était  prévue. 

Par ailleurs, le porte-adjoint du ministère français des Affaires étrangères, M. Dennis Simonneau, a déclaré que s'il s'avérait que l'Iran ne s'est pas conformé aux exigences de la communauté internationale, ils insisteront sur la nécessité de poursuivre sur la voie de la fermeté et de préserver l'unité de la communauté internationale, qui montre son efficacité. Il a également indiqué que la porte restait ouverte au dialogue, pour autant que les autorités iraniennes suspendent leurs activités nucléaires sensibles. 

Enfin, le 23 février 2007, Le président iranien Mahmoud  Ahmadinejad a déclaré que l'Iran défendrait son droit  nucléaire jusqu'au bout et que le peuple iranien résistera à toute oppression et défendra tous  ses droits sans reculer d'un pas.

 

Quai d'Orsay

POINT DE PRESSE DU 23 FEVRIER 2007

 

7 - IRAN/NUCLEAIRE

(Peut-on parler du dossier iranien ?)

Le dossier iranien a été évoqué hier également mais je suis prêt à répondre à vos questions.

(Je voudrais une explication de la déclaration du ministre d'hier dans laquelle il disait que la France souhaiterait une nouvelle résolution au Conseil de sécurité pour continuer les sanctions. Quelle est votre lecture de cette déclaration ? Que faut-il comprendre par continuer les sanctions ? Quel est l'objet de la réunion de lundi prochain à Londres au niveau des directeurs politiques des ministères des Affaires étrangères ?)

Il faut rappeler que le directeur de l'AIEA a rendu son rapport hier sur la mise en oeuvre par l'Iran de ses obligations au titre de la résolution 1737.

Le rapport confirme que l'Iran, aujourd'hui, ne se conforme pas à cette résolution adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité.

Il y a notamment trois points qui nous semblent importants.

D'abord, l'Iran n'a pas suspendu ses activités liées à l'enrichissement et ses projets liés à l'eau lourde mais les a, au contraire, étendus.

Deuxièmement, l'Iran ne coopère pas de manière satisfaisante avec l'Agence. Notamment le refus de laisser entrer sur le territoire les 38 inspecteurs de l'AIEA a été un signal qui a été considéré comme particulièrement négatif.

Troisièmement, l'Iran ne fournit pas la transparence nécessaire, comme le montre le refus de la surveillance en continu de l'usine enterrée de Natanz.

Ces trois points montrent bien qu'il n'y a pas cette coopération que nous souhaitions de la part des Iraniens.

Dans ces conditions, et conformément à la résolution 1737, nous estimons que la communauté internationale doit réagir. La réflexion va s'engager entre Européens, Américains, Russes et Chinois sur les suites à donner à ce rapport, y compris l'adoption de nouvelles mesures sur la base de l'article 41 de la charte des Nations unies conformément à une des dispositions de la résolution 1737, puisque le fameux paragraphe 24 mentionnait cette perspective.

La réunion de lundi, qui doit encore être confirmée, puisqu'il faut que les différents directeurs politiques soient disponibles, permettra de confronter les points de vue des uns et des autres et de voir sur quelles pistes nous allons travailler dans la perspective d'une deuxième résolution qui permettrait d'approfondir les sanctions aujourd'hui existantes.

(Lorsque vous dites "approfondir", cela veut-il dire durcir et étendre les sanctions ?)

Cela fait partie de la discussion qui est en cours.

(Quelle est votre position au plan national ?)

Nous estimons qu'il convient d'approfondir les sanctions. Vous pouvez approfondir les sanctions en étant plus précis, plus détaillé, en regardant s'il faut considérer que certaines activités qui n'étaient pas mentionnées mériteraient d'être mentionnées, si certaines personnalités qui ne sont pas mentionnées mériteraient d'être mentionnées.

Vous avez plusieurs façons d'approfondir les sanctions mais cela résultera de la discussion que nous aurons avec nos différents partenaires.

Comme nous l'avons dit, nous souhaitons à la fois la fermeté, puisque les engagements ne sont pas respectés, mais en même temps l'unité de la communauté internationale, d'où cette discussion entre partenaires pour définir le champ de la nouvelle résolution.

(On parle d'un projet de résolution franco-britannique. Qu'en est-il réellement ?)

Je peux vous dire qu'il n'y a pas de texte, pas de projet de résolution rédigé par les Britanniques et les Français.

Il y a des réflexions. Dans chacune des capitales on réfléchit à la suite mais, à ma connaissance, il n'y a pas de projet de résolution franco-britannique.

(L'ancien ministre des Affaires étrangères, M. Roland Dumas, est en Iran aujourd'hui. Est-il en mission officielle ou en mission privée ?)

Je n'avais pas connaissance de ce déplacement de l'ancien ministre des Affaires étrangères.

(Vous parlez d'élargir la liste des activités qui tomberaient sous le coup de sanctions. Jusqu'à maintenant, cela concernait les activités nucléaires sensibles et balistiques, quelles autres activités pourraient tomber sous la coupe des sanctions ?)

Ce que je disais, c'est que dans le cadre des activités qui sont ciblées, vous pouvez élargir la mention qui est faite dans la résolution. Je ne parle pas de nouvelles activités à ce stade. Encore que, et là-dessus, soyons bien clair, comme je l'ai indiqué, il y a une concertation qui est engagée entre les différents pays, chacun viendra avec ses idées et ses pistes de réflexion pour approfondir ces sanctions. Nous verrons donc, dans le cadre de ces discussions, si effectivement, il s'agit de parler d'un élargissement de ces domaines d'activités ou s'il s'agit de les préciser.

(Mais vous dites "élargir la mention des activités", comment peut-on élargir la mention des activités ?)

Dans le cadre des activités balistiques ou nucléaires, vous pouvez très bien retenir un certain nombre de sujets de façon plus détaillée que cela ne figure aujourd'hui dans la résolution 1737.

(En termes pratiques, les retombées ne seraient pas énormes finalement puisque nous serions toujours dans les mêmes champs d'actions ?)

Je vous laisse la responsabilité de vos propos.

Ce que je voudrais rappeler, c'est que lorsque la résolution a été adoptée le 23 décembre, vous vous souvenez que certains commentateurs estimaient que c'était une résolution minimale qui ne produirait pas beaucoup d'effets. Aujourd'hui, ces mêmes commentateurs reconnaissent qu'elle a eu un certain nombre d'effets et qu'il y a aujourd'hui en Iran une réflexion sur le fait de savoir s'il n'est pas nécessaire d'évoluer, compte tenu des effets directs ou indirects de ces sanctions.

Cela crée dans l'esprit des investisseurs ou des opérateurs économiques et commerciaux qui traitent avec l'Iran, le sentiment qu'aujourd'hui, il faut sans doute être plus prudent et modérer ses ardeurs. De ce point de vue, la résolution 1737 a eu un effet certain et approfondir cette résolution pourrait en avoir d'autres.

(Dans l'évaluation de la résolution 1737, justement, en plus de la plus grande prudence des investisseurs, quelles informations avez-vous concernant les effets de cette résolution chez les Iraniens, en plus du débat qui s'est créé ?)

Il est encore un peu tôt pour le dire, c'est pour cela que je parle d'effets indirects. Il faut du temps pour que les sanctions entrent réellement en vigueur. Il faut d'abord que ce soit transposé dans le droit communautaire s'agissant de l'Union européenne, par exemple, et ceci prend toujours un peu de temps.

Par ailleurs, pour mesurer les effets, il faut que nous ayons une certaine durée de mise en application de ces sanctions. Il est donc sans doute prématuré aujourd'hui de vous dire quels sont les effets directs très concrets. Nous ne manquerons pas de le faire lorsque nous aurons les éléments suffisants pour vous répondre, mais je crois qu'il est prématuré de le faire aujourd'hui.

(J'ai cru comprendre que l'Iran avait proposé de faire tourner les centrifugeuses à vide. Que pensez-vous de cette proposition ?)

Il y a eu des propositions qui ont été avancées. Je dirai pour le moment que les discussions n'ont pas beaucoup avancé dans la mesure où ces propositions n'ont pas toujours été confirmées. Nous attendons de voir si, du côté iranien, on peut proposer des choses concrètes qui seraient en conformité avec les exigences de la résolution 1737. Pour le moment, nous n'avons pas vu de la part des Iraniens, de propositions officielles qui soient en conformité avec la résolution 1737.

(Considérez-vous que ces propositions ne sont pas conformes aux dispositions de cette résolution ?)

Ce que je dis, c'est que je n'ai pas connaissance aujourd'hui, de propositions iraniennes officielles qui répondent à la résolution 1737.

(Je n'ai pas relevé dans le rapport de l'AIEA que les experts établissent qu'il y ait un volet militaire au programme nucléaire iranien. Ceci n'affaiblit-il pas votre intention de durcir les sanctions ?)

Ce que vous avez dans le rapport de l'AIEA est assez clair, ainsi que je l'ai dit tout à l'heure.

J'ai noté trois points mais la lecture du rapport de l'AIEA montre bien qu'il y a une absence de volonté de coopération avec la communauté internationale et en tout état de cause, une non-conformité avec les exigences de la résolution 1737.

Les éléments de ce rapport nous montrent que les craintes qui ont pu être formulées à plusieurs reprises sur la nature de ce programme ne sont pas levées par l'attitude iranienne. Par conséquent, même si le rapport n'évoque pas en tant que tel un programme militaire, nous sommes toujours dans la même situation où les risques de mise en place d'un programme militaire lié au développement de ces différentes activités demeurent. Les doutes ne sont donc pas levés et c'est bien là où nous nous situons. Nous ne demandons pas plus aux Iraniens que de nous démontrer, par leur coopération, que leur programme est un programme purement civil. Comme vous le savez dans ce cas, nous n'aurons pas d'objection à la poursuite du programme iranien, mais simplement, ces doutes ne sont pas levés par l'attitude iranienne.

 

Royaume-Uni

IRAN NUCLEAR REPORT: BECKETT'S RESPONSE (22/02/07)
 

The Foreign Secretary, Margaret Beckett, said:

'It is clear from Dr El Baradei’s report that Iran has not complied with Security Council Resolution 1737 and has failed to suspend its enrichment related and reprocessing activities, as required by both the IAEA Board of Governors and Security Council.

'We remain committed to a negotiated solution on the basis of the far reaching proposals we made last June, which would give Iran everything it needs to develop a modern civil nuclear power industry and provide a basis for wider co-operation.

'Iran has so far failed to take this positive path and comply with Security Council requirements. As envisaged in Resolution 1737, we will therefore work for the adoption of further Security Council measures, which will lead to the further isolation of Iran internationally. We will now be consulting closely with our European, Chinese, Russian and US partners and other Security Council members on next steps. We remain determined to prevent Iran acquiring the means to develop nuclear weapons.'
 

 

 

Archive

 

 

 

40ème anniversaire du premier traité instituant

une zone exempte d’armes nucléaires en zone habitée

Valérie GABARD 

 

Premier exemple de Traité instituant une zone exempte d’armes nucléaires dans une zone habitée, le Traité de Tlatelolco réunit 33 Etats d’Amérique latine et des Caraïbes et fête les quarante ans de son adoption. Le Traité oblige les Etats contractants à utiliser le matériel et les installations nucléaires dont ils disposent à des fins exclusivement pacifiques et à interdire et empêcher tout action qui favoriserait l’arme nucléaire. Pour assurer le respect des obligations découlant du Traité, l’accord prévoit la création d’un Organisme composé d’une Conférence générale, d’un Conseil et d’un Secrétariat ainsi que la mise en place d’un système de contrôle incluant la présentation de rapports et la mise en place d’inspections spéciales.             Date exacte de son adoption en 1967, le 14 février 2007 a naturellement fourni l’occasion d’organiser à Mexico, une cérémonie commémorative ainsi qu’un séminaire sur l’évaluation de son impact dans la région et le reste du monde.   

 Selon les propres mots du Secrétaire général Ban Ki-moon prononcés par le Secrétaire général adjoint pour le désarmement Nobuaki Tanaka lors de la cérémonie, le Traité est remarquable pour une double raison. Il a été conclu en période de pleine guerre froide et est devenu un véritable modèle pour tous les Traités postérieurs visant au même objectif. Le communiqué de presse rappelle en effet que plusieurs Traités similaires ont été adoptés dans d’autres régions du monde. Ainsi le Traité de Rarotonga de 1985 a créé une zone exempte d’armes nucléaires dans le Sud-Pacifique, celui de Pelindaba de 1995 concerne l’Afrique et le Traité de Bangkok a été conclu en 1997 par les pays de l’Asie du Sud-Est. Enfin, une toute récente zone a été créée par le Traité de Semipalatinsk en 2006. Elle regrou