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Conseil de sécurité : débat et déclaration du
Président concernant la réforme du secteur de la sécurité dans le
cadre du maintien de la paix
Sarah CASSELLA |
Le Conseil de sécurité s’est réuni le 20 février 2007 pour un
débat public sur l’appui à la réforme du secteur de
la sécurité. Ce
sujet a été choisi par la Slovaquie qui préside pour la première fois le
Conseil de sécurité. Il s’agissait d’identifier de quelle manière le
Conseil peut apporter un appui à ce type de réforme dans le cadre de la
consolidation de
la paix. Le Secrétaire
général a mis en évidence quatre leçons qui ressortent de
l’expérience sur le terrain :
§
la sécurité est
une condition essentielle et urgente de la consolidation de la paix. « Le
but des opérations de maintien de la paix doit être de faire en sorte que
les accords de paix et les programmes de désarmement, de démobilisation et
de réintégration (DDR) n’empêchent pas, mais au contraire contribuent à
rétablir une sécurité durable ». Il est par ailleurs indispensable de
donner aux Casques bleus des « directives claires, un appui efficace et
une bonne formation ».
§
Il faut
rétablir la sécurité sur des bases solides et avec des objectifs à long
terme. Selon Ban Ki-moon, « la sécurité ne peut être rétablie et maintenue
dans le vide ». Il faut que ce secteur fasse l’objet d’une « appropriation
nationale ». Pour ce faire, le Conseil de sécurité doit prendre dûment en
compte les besoins et les perspectives de l’Etat concerné et des
différentes communautés qui le composent. C’est la seule façon de mettre
en place une sécurité durable.
§
Le concept même
de sécurité durable doit être élargi. Il ne comprend pas uniquement la
réintégration des soldats ou la formation de policiers. La sécurité
concerne également la mise en place d’« institutions efficaces et bien
gérées ».
§
Afin de
répondre aux différents besoins liés à la sécurité, de nombreux acteurs
doivent être impliqués et en premier lieu les États Membres, les
organisations régionales et les institutions de Bretton Woods.
La présidente de l’Assemblée générale, Sheikha Haya Rashed al
Khalifa, a insisté sur le fait que l’Assemblée générale, organe principal
de délibérations et de définition des politiques, peut apporter une
contribution importante à ce débat. Elle a par ailleurs souligné que la
police, l’armée et le système judiciaire sont essentiels à la stabilité, à
la justice, à la bonne gouvernance et à l’Etat de droit. Le président
du Conseil économique et social, Dalius Cekuolis, a estimé qu’il
ressort clairement du travail sur le terrain que « la division
traditionnelle entre questions de ‘sécurité’ d’une part et problèmes de
‘développement’ d’autre part est à la fois artificielle et impraticable
sur le long terme ». Le président du Comité d’organisation de la
Commission de consolidation de la paix, Ismael Abraao Gaspar
Martins, a souligné le caractère indispensable de l’appui international
pour la réforme des forces de sécurité dans certains Etats et les
résultats effectivement obtenus sur le terrain. Il a cité ainsi Haïti, le
Timor-Leste et la Guinée-Bissau, dans lesquels cet appui a permis d’éviter
un retour de la guerre.
M. Wolff, représentant des États-Unis, a souligné l’accord de son
Etat sur la nature multidimensionnelle des opérations de paix actuelles,
qui requiert une réponse internationale coordonnée et cohérente. La
réforme du secteur de la sécurité est un élément essentiel de cette
réponse. Il a souligné que les États en déliquescence, les États faillis
et les États sortant d’un conflit présentent souvent les mêmes difficultés
en matière de sécurité internationale. Le danger est que ces situations
constituent des terrains propices au développement du terrorisme, de la
criminalité, des catastrophes humanitaires et de toutes les menaces qui
pèsent sur les intérêts de la communauté internationale. Les démarches
individuelles et collectives doivent donc être intégrées. Les Etats-Unis
retiennent en particulier certains domaines d’intervention :
·
la sécurité et
l’état de droit en période de transition ;
·
la bonne
gouvernance et la participation démocratique;
·
la réponse
humanitaire;
·
la
reconstruction économique.
M. de La Sablière a souligné deux points au nom de
la France. Il a insisté en premier lieu sur le lien
entre le développement et la sécurité. « Les questions de sécurité ne sont
pas un simple problème militaire, mais une condition préalable au
développement et à la lutte contre la pauvreté ». Il faut en second lieu
inscrire la réforme du secteur de la sécurité dans un processus plus large
d’amélioration de
la gouvernance. Il
a rappelé que des travaux dans ce sens sont actuellement menés dans
différentes enceintes internationales. La France, y travaille notamment
dans le cadre de l’Union européenne et dans le cadre de l’Organisation de
coopération et de développement économiques. Selon la France, le rôle du
Conseil de sécurité dans ce cadre doit être précisé, mais la question de
l’ampleur exacte et de la responsabilité que doit prendre le Conseil ne
peut être déterminée à l’avance. Elle dépend en réalité des circonstances
de chaque cas d’espèce et il ne peut donc pas exister de modèle en la
matière. Le représentant de la France a ensuite
souligné les différentes opérations dans lesquelles intervient la France
actuellement. M. Matussek (Allemagne) est intervenu au nom de l’Union
européenne. Il a précisé que les Etats candidats (Turquie, Croatie et
ex-République yougoslave de Macédoine), les Etats du Processus de
stabilisation et d’association et candidats potentiels (Albanie,
Bosnie-Herzégovine, Monténégro et Serbie), l’Islande, pays de
l’Association européenne de libre-échange, membre de l’Espace économique
européen ainsi que la République de Moldova, s’associent à sa déclaration.
Il a rappelé que l’UE est engagée dans plus de 70 initiatives liées à la
réforme du secteur de la sécurité dans le monde à travers l’aide avant
adhésion, la coopération pour le développement et l’appui à la prévention
des conflits et à la gestion des crises. En juin 2006, l’UE a adopté un
cadre politique en matière d’appui à la réforme du secteur de la sécurité
qui a rassemblé des instruments utilisés dans tous les domaines politiques
de l’UE et a établi un lien entre la sécurité et le développement. Ce
cadre a permis à l’Union européenne d’adopter une stratégie intégrée et
multisectorielle au service de la réforme du secteur de
la sécurité. Compte
tenu des expériences acquises par l’UE jusqu’à présent, l’Union est
convaincue qu’il faut commencer par évaluer les besoins des Etats en
matière de sécurité et qu’il convient ensuite de prévoir l’architecture
future du système de sécurité.
Dans sa déclaration, le Président du Conseil souligne en premier
lieu que « le pays concerné a le droit souverain et la responsabilité
première de déterminer l’approche et les priorités nationales de la
réforme du secteur de la sécurité, ce pays devant s’approprier cette
entreprise, qui doit répondre à ses besoins et à sa situation
particulière ». Il rappelle cependant également l’importance d’un appui
international, au vu des expériences passées. Il estime que la réforme du
secteur de la sécurité dépasse souvent largement les capacités des
opérations de paix de l’ONU et qu’elle peut se prolonger dans le temps. A
cet égard, le rôle de la Commission de consolidation de la paix est
essentiel pour la coordination et le suivi. Le Conseil de sécurité engage
donc le Secrétaire général à lui présenter un rapport sur les stratégies
des Nations Unies au service de la réforme du secteur de la sécurité afin
d’en encourager l’application au lendemain de conflits. Il attend des
recommandations concrètes sur cette approche globale.

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Iran
transmission du dernier rapport
sur la
mise en oeuvre la résolution 1737 du CS
Sabrina RAHMANI |
Le 21 février 2007, à Berlin, le Secrétaire général des Nations Unies,
M. Ban Ki-moon, a vivement exhorté les autorités iraniennes à
respecter pleinement la
résolution 1737 (2006) du Conseil de sécurité exigeant l'arrêt de
l'enrichissement de l'uranium sous peine de sanctions, et à continuer à
négocier avec la communauté internationale.
Le lendemain, le Directeur général de l'Agence internationale de l'énergie
atomique (AIEA),
M. Mohamed ElBaradei, a transmis son dernier rapport sur la mise
en oeuvre par l'Iran de la résolution 1737 du Conseil de sécurité, qui lui
impose de cesser ses activités d'enrichissement d'uranium et l'engage à
négocier. Ce rapport vient s'ajouter au
rapport,
publié le 9 février 2007, sur la coopération de l'Iran avec les
inspections de l'AIEA.
Selon un
communiqué
de l'agence, publié à Vienne, le rapport, transmis au Conseil des
gouverneurs de l’AIEA, ainsi qu'au Conseil de sécurité, couvre les
événements survenus depuis le 14 novembre 2006.
Les 35 membres du Conseil examineront le rapport à leur prochaine session,
qui se tiendra à Vienne le 5 mars.
Le communiqué précise par ailleurs que la diffusion du rapport est
restreinte et à moins que le Conseil n'en décide autrement, elle n'est pas
publique.
Par ailleurs, le président du Conseil pour le mois de février,
l'ambassadeur de la Slovaquie,
M. Peter Burian, a confirmé à New York que le Conseil de sécurité
disposait désormais d'une version du rapport dans les six langues
officielles de l'ONU. Il a indiqué qu'il consulterait les autres membres
du Conseil pour savoir quand se ferait l'étude du rapport.
Le même jour, à Vienne,
M. Ban Ki-moon, s'est déclaré profondément préoccupé par le fait
que l'Iran n'ait pas respecté le délai imparti par le Conseil de sécurité
pour cesser ses activités d'enrichissement de l'uranium. Il a déclaré que
la question nucléaire iranienne comportait de grandes implications pour la
paix et la stabilité internationales, ainsi que pour la non-prolifération
des armes de destruction massive. Par ailleurs, selon la porte-parole
adjointe de M. Ban Ki-moon, Mme Marie Okabe, il aurait exhorté une fois de
plus l'Iran à reprendre les négociations avec la communauté internationale
afin de trouver une solution pacifique à cette question au plus vite. Il a
répété que la question était entre les mains du Conseil de sécurité.
Le même jour, le ministre iranien
des Affaires étrangères,
M. Manouchehr Mottaki, a
réaffirmé la détermination de son pays à poursuivre le programme
d'enrichissement d'uranium et les exigences de respecter les droits
iraniens sur les activités nucléaires pacifiques. Il a ajouté que la
communauté internationale devait accepter les activités nucléaires à des
fins pacifiques et reconnaître les droits iraniens de l'application
pacifique de l'énergie nucléaire. Lors de son arrivée à Ankara pour une
réunion de coopération économique, M. Mottaki a minimisé la possibilité
d'une attaque américaine contre les sites nucléaires iraniens ainsi que
d'autres installations militaires, en appelant à des négociations et à
une solution diplomatique avec les Etats-Unis.
Le lendemain, le chef-adjoint de l'Organisation iranienne de l'énergie
atomique,
M. Mohammad Saïdi, a déclaré que son pays considère que la suspension
de l'enrichissement est contradictoire avec ses droits, avec le Traité de
non- prolifération (TNP)
et avec les règlements internationaux.
De son côté, l'ambassadeur de la Russie auprès des Nations Unies,
M. Vitaly Churkin a indiqué que le problème nucléaire iranien devait
être réglé par la voie diplomatique plutôt que par les sanctions
supplémentaires.
Aussi, le
ministre russe des Affaires étrangères
M. Sergueï Lavrov a déclaré que son pays n'entrerait pas dans une
nouvelle course aux armements mais se positionnerait en faveur de
négociations malgré le contexte actuel de déploiement du bouclier
antimissile américain sur le continent européen et d'élargissement de
l'OTAN. Il a déclaré que son pays
réagira aux menaces émergentes à sa sécurité nationale de manière
pondérée et appropriée, mais sans néanmoins permettre à quiconque de
l'entraîner dans une nouvelle vague de confrontation ou dans une nouvelle
course aux armements.
L'ambassadrice des Etats-Unis,
Mme Jackie Sanders, a souligné l'importance de la coordination de la
communauté internationale pour empêcher les activités nucléaires de
l'Iran. Elle a affirmé que les membres du Conseil de sécurité
discuteraient de cette question dans les prochains jours pour déterminer
les mesures à prendre. Le porte-parole du département d'Etat américain,
M. Tom Casey, a déclaré que la position des Etats-Unis vis-à-vis de
l'Iran était d'adopter des mesures supplémentaires au Conseil de
sécurité. Toutefois, M. Peter Burian, a toutefois déclaré qu'aucune
session n'était prévue.
Par ailleurs, le porte-adjoint du
ministère français des Affaires étrangères,
M. Dennis Simonneau, a
déclaré que s'il s'avérait que l'Iran ne s'est pas conformé aux exigences
de la communauté internationale, ils insisteront sur la nécessité
de poursuivre sur la voie de la fermeté et de préserver l'unité de
la communauté internationale, qui montre son efficacité. Il a également
indiqué que la porte restait ouverte au dialogue, pour autant que les
autorités iraniennes suspendent leurs activités nucléaires sensibles.
Enfin, le 23 février 2007,
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que l'Iran
défendrait son droit nucléaire jusqu'au bout et que le
peuple iranien résistera à toute
oppression et défendra tous ses droits sans reculer d'un pas.
Quai d'Orsay
POINT DE PRESSE DU 23 FEVRIER
2007
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7 - IRAN/NUCLEAIRE
(Peut-on parler du
dossier iranien ?)
Le dossier iranien a été
évoqué hier également
mais je suis prêt à
répondre à vos
questions.
(Je voudrais une
explication de la
déclaration du ministre
d'hier dans laquelle il
disait que la France
souhaiterait une
nouvelle résolution au
Conseil de sécurité pour
continuer les sanctions.
Quelle est votre lecture
de cette déclaration ?
Que faut-il comprendre
par continuer les
sanctions ? Quel est
l'objet de la réunion de
lundi prochain à Londres
au niveau des directeurs
politiques des
ministères des Affaires
étrangères ?)
Il faut rappeler que le
directeur de l'AIEA a
rendu son rapport hier
sur la mise en oeuvre
par l'Iran de ses
obligations au titre de
la résolution 1737.
Le rapport confirme que
l'Iran, aujourd'hui, ne
se conforme pas à cette
résolution adoptée à
l'unanimité par le
Conseil de sécurité.
Il y a notamment trois
points qui nous semblent
importants.
D'abord, l'Iran n'a pas
suspendu ses activités
liées à l'enrichissement
et ses projets liés à
l'eau lourde mais les a,
au contraire, étendus.
Deuxièmement, l'Iran ne
coopère pas de manière
satisfaisante avec
l'Agence. Notamment le
refus de laisser entrer
sur le territoire les 38
inspecteurs de l'AIEA a
été un signal qui a été
considéré comme
particulièrement
négatif.
Troisièmement, l'Iran ne
fournit pas la
transparence nécessaire,
comme le montre le refus
de la surveillance en
continu de l'usine
enterrée de Natanz.
Ces trois points
montrent bien qu'il n'y
a pas cette coopération
que nous souhaitions de
la part des Iraniens.
Dans ces conditions, et
conformément à la
résolution 1737, nous
estimons que la
communauté
internationale doit
réagir. La réflexion va
s'engager entre
Européens, Américains,
Russes et Chinois sur
les suites à donner à ce
rapport, y compris
l'adoption de nouvelles
mesures sur la base de
l'article 41 de la
charte des Nations unies
conformément à une des
dispositions de la
résolution 1737, puisque
le fameux paragraphe 24
mentionnait cette
perspective.
La réunion de lundi, qui
doit encore être
confirmée, puisqu'il
faut que les différents
directeurs politiques
soient disponibles,
permettra de confronter
les points de vue des
uns et des autres et de
voir sur quelles pistes
nous allons travailler
dans la perspective
d'une deuxième
résolution qui
permettrait
d'approfondir les
sanctions aujourd'hui
existantes.
(Lorsque vous dites
"approfondir", cela
veut-il dire durcir et
étendre les sanctions ?)
Cela fait partie de la
discussion qui est en
cours.
(Quelle est votre
position au plan
national ?)
Nous estimons qu'il
convient d'approfondir
les sanctions. Vous
pouvez approfondir les
sanctions en étant plus
précis, plus détaillé,
en regardant s'il faut
considérer que certaines
activités qui n'étaient
pas mentionnées
mériteraient d'être
mentionnées, si
certaines personnalités
qui ne sont pas
mentionnées mériteraient
d'être mentionnées.
Vous avez plusieurs
façons d'approfondir les
sanctions mais cela
résultera de la
discussion que nous
aurons avec nos
différents partenaires.
Comme nous l'avons dit,
nous souhaitons à la
fois la fermeté, puisque
les engagements ne sont
pas respectés, mais en
même temps l'unité de la
communauté
internationale, d'où
cette discussion entre
partenaires pour définir
le champ de la nouvelle
résolution.
(On parle d'un projet de
résolution
franco-britannique.
Qu'en est-il réellement
?)
Je peux vous dire qu'il
n'y a pas de texte, pas
de projet de résolution
rédigé par les
Britanniques et les
Français.
Il y a des réflexions.
Dans chacune des
capitales on réfléchit à
la suite mais, à ma
connaissance, il n'y a
pas de projet de
résolution
franco-britannique.
(L'ancien ministre des
Affaires étrangères, M.
Roland Dumas, est en
Iran aujourd'hui. Est-il
en mission officielle ou
en mission privée ?)
Je n'avais pas
connaissance de ce
déplacement de l'ancien
ministre des Affaires
étrangères.
(Vous parlez d'élargir
la liste des activités
qui tomberaient sous le
coup de sanctions.
Jusqu'à maintenant, cela
concernait les activités
nucléaires sensibles et
balistiques, quelles
autres activités
pourraient tomber sous
la coupe des sanctions
?)
Ce que je disais, c'est
que dans le cadre des
activités qui sont
ciblées, vous pouvez
élargir la mention qui
est faite dans la
résolution. Je ne parle
pas de nouvelles
activités à ce stade.
Encore que, et
là-dessus, soyons bien
clair, comme je l'ai
indiqué, il y a une
concertation qui est
engagée entre les
différents pays, chacun
viendra avec ses idées
et ses pistes de
réflexion pour
approfondir ces
sanctions. Nous verrons
donc, dans le cadre de
ces discussions, si
effectivement, il s'agit
de parler d'un
élargissement de ces
domaines d'activités ou
s'il s'agit de les
préciser.
(Mais vous dites
"élargir la mention des
activités", comment
peut-on élargir la
mention des activités ?)
Dans le cadre des
activités balistiques ou
nucléaires, vous pouvez
très bien retenir un
certain nombre de sujets
de façon plus détaillée
que cela ne figure
aujourd'hui dans la
résolution 1737.
(En termes pratiques,
les retombées ne
seraient pas énormes
finalement puisque nous
serions toujours dans
les mêmes champs
d'actions ?)
Je vous laisse la
responsabilité de vos
propos.
Ce que je voudrais
rappeler, c'est que
lorsque la résolution a
été adoptée le 23
décembre, vous vous
souvenez que certains
commentateurs estimaient
que c'était une
résolution minimale qui
ne produirait pas
beaucoup d'effets.
Aujourd'hui, ces mêmes
commentateurs
reconnaissent qu'elle a
eu un certain nombre
d'effets et qu'il y a
aujourd'hui en Iran une
réflexion sur le fait de
savoir s'il n'est pas
nécessaire d'évoluer,
compte tenu des effets
directs ou indirects de
ces sanctions.
Cela crée dans l'esprit
des investisseurs ou des
opérateurs économiques
et commerciaux qui
traitent avec l'Iran, le
sentiment
qu'aujourd'hui, il faut
sans doute être plus
prudent et modérer ses
ardeurs. De ce point de
vue, la résolution 1737
a eu un effet certain et
approfondir cette
résolution pourrait en
avoir d'autres.
(Dans l'évaluation de la
résolution 1737,
justement, en plus de la
plus grande prudence des
investisseurs, quelles
informations avez-vous
concernant les effets de
cette résolution chez
les Iraniens, en plus du
débat qui s'est créé ?)
Il est encore un peu tôt
pour le dire, c'est pour
cela que je parle
d'effets indirects. Il
faut du temps pour que
les sanctions entrent
réellement en vigueur.
Il faut d'abord que ce
soit transposé dans le
droit communautaire
s'agissant de l'Union
européenne, par exemple,
et ceci prend toujours
un peu de temps.
Par ailleurs, pour
mesurer les effets, il
faut que nous ayons une
certaine durée de mise
en application de ces
sanctions. Il est donc
sans doute prématuré
aujourd'hui de vous dire
quels sont les effets
directs très concrets.
Nous ne manquerons pas
de le faire lorsque nous
aurons les éléments
suffisants pour vous
répondre, mais je crois
qu'il est prématuré de
le faire aujourd'hui.
(J'ai cru comprendre que
l'Iran avait proposé de
faire tourner les
centrifugeuses à vide.
Que pensez-vous de cette
proposition ?)
Il y a eu des
propositions qui ont été
avancées. Je dirai pour
le moment que les
discussions n'ont pas
beaucoup avancé dans la
mesure où ces
propositions n'ont pas
toujours été confirmées.
Nous attendons de voir
si, du côté iranien, on
peut proposer des choses
concrètes qui seraient
en conformité avec les
exigences de la
résolution 1737. Pour le
moment, nous n'avons pas
vu de la part des
Iraniens, de
propositions officielles
qui soient en conformité
avec la résolution 1737.
(Considérez-vous que ces
propositions ne sont pas
conformes aux
dispositions de cette
résolution ?)
Ce que je dis, c'est que
je n'ai pas connaissance
aujourd'hui, de
propositions iraniennes
officielles qui
répondent à la
résolution 1737.
(Je n'ai pas relevé dans
le rapport de l'AIEA que
les experts établissent
qu'il y ait un volet
militaire au programme
nucléaire iranien. Ceci
n'affaiblit-il pas votre
intention de durcir les
sanctions ?)
Ce que vous avez dans le
rapport de l'AIEA est
assez clair, ainsi que
je l'ai dit tout à
l'heure.
J'ai noté trois points
mais la lecture du
rapport de l'AIEA montre
bien qu'il y a une
absence de volonté de
coopération avec la
communauté
internationale et en
tout état de cause, une
non-conformité avec les
exigences de la
résolution 1737.
Les éléments de ce
rapport nous montrent
que les craintes qui ont
pu être formulées à
plusieurs reprises sur
la nature de ce
programme ne sont pas
levées par l'attitude
iranienne. Par
conséquent, même si le
rapport n'évoque pas en
tant que tel un
programme militaire,
nous sommes toujours
dans la même situation
où les risques de mise
en place d'un programme
militaire lié au
développement de ces
différentes activités
demeurent. Les doutes ne
sont donc pas levés et
c'est bien là où nous
nous situons. Nous ne
demandons pas plus aux
Iraniens que de nous
démontrer, par leur
coopération, que leur
programme est un
programme purement
civil. Comme vous le
savez dans ce cas, nous
n'aurons pas d'objection
à la poursuite du
programme iranien, mais
simplement, ces doutes
ne sont pas levés par
l'attitude iranienne. |
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Royaume-Uni
IRAN NUCLEAR REPORT:
BECKETT'S RESPONSE
(22/02/07)
The Foreign Secretary, Margaret Beckett, said:
'It is clear from Dr El Baradei’s report that Iran has
not complied with Security Council Resolution 1737 and
has failed to suspend its enrichment related and
reprocessing activities, as required by both the IAEA
Board of Governors and Security Council.
'We remain committed to a negotiated solution on the
basis of the far reaching proposals we made last June,
which would give Iran everything it needs to develop a
modern civil nuclear power industry and provide a
basis for wider co-operation.
'Iran has so far failed to take this positive path and
comply with Security Council requirements. As
envisaged in Resolution 1737, we will therefore work
for the adoption of further Security Council measures,
which will lead to the further isolation of Iran
internationally. We will now be consulting closely
with our European, Chinese, Russian and US partners
and other Security Council members on next steps. We
remain determined to prevent Iran acquiring the means
to develop nuclear weapons.'
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40ème anniversaire du premier traité
instituant
une zone exempte d’armes nucléaires en zone habitée
Valérie GABARD |
Premier exemple de Traité instituant une zone exempte d’armes nucléaires
dans une zone habitée, le
Traité de Tlatelolco réunit 33 Etats d’Amérique latine et des Caraïbes
et fête les quarante ans de son adoption.
Le Traité oblige les Etats contractants à utiliser le matériel et les
installations nucléaires dont ils disposent à des fins exclusivement
pacifiques et à interdire et empêcher tout action qui favoriserait l’arme
nucléaire. Pour assurer le respect des obligations découlant du Traité,
l’accord prévoit la création d’un Organisme composé d’une Conférence
générale, d’un Conseil et d’un Secrétariat ainsi que la mise en place d’un
système de contrôle incluant la présentation de rapports et la mise en
place d’inspections spéciales.
Date exacte de son adoption en 1967, le 14 février
2007 a naturellement fourni l’occasion d’organiser à Mexico, une cérémonie
commémorative ainsi qu’un séminaire sur l’évaluation de son impact dans la
région et le reste du monde.
Selon les propres mots du Secrétaire général Ban Ki-moon prononcés par le
Secrétaire général adjoint pour le désarmement
Nobuaki Tanaka lors de la cérémonie, le Traité est remarquable pour
une double raison. Il a été conclu en période de pleine guerre froide et
est devenu un véritable modèle pour tous les Traités postérieurs visant au
même objectif. Le
communiqué de presse rappelle en effet que plusieurs Traités
similaires ont été adoptés dans d’autres régions du monde. Ainsi le
Traité de Rarotonga de 1985 a créé une zone exempte d’armes nucléaires
dans le Sud-Pacifique, celui de
Pelindaba de 1995 concerne l’Afrique et le
Traité de Bangkok
a été conclu en 1997 par les pays de l’Asie du Sud-Est. Enfin, une toute
récente zone a été créée par le Traité de Semipalatinsk en 2006. Elle
regroupe cinq pays d’Asie centrale (voir les archives de Sentinelle
Création d’une zone exempte d’armes nucléaires en Asie centrale).
Seul le
Traité de l’Antarctique de 1959 peut prétendre à
l’antériorité même s’il ne concernait pas une zone habitée. (Pour plus de
précisions sur ces questions voir également
le site de l'ONU sur le désarmement).
Le Secrétaire général adjoint a également souligné le soutien incontesté
des Nations Unies au développement de zones exemptes d’armes nucléaires
comme le démontre par exemple la
Résolution 1911 de l’Assemblée générale. Finalement ce dernier a tenu
à préciser que l’objectif commun et final de l’ONU comme de ces accords
régionaux était l’avènement d’un monde sans armes nucléaires et ajouté
qu’un certain nombre de progrès restaient à faire pour y parvenir. Il a
ainsi regretté que le Traité africain ne soit toujours pas entré en
vigueur pour défaut de ratifications suffisantes et que les protocoles des
autres Traités n’aient toujours pas été ratifiés par tous les pays de la
zone concernée.

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RDC
mise à jour de la liste
des individus et entités
visées par des
restrictions en matière de voyage et le gel des avoirs
Sabrina RAHMANI |
Le
6 février 2007,
le Comité du Conseil de sécurité créé par la
résolution 1533 (2004) concernant la République démocratique du Congo
(RDC), a mis à jour
la liste des individus et entités auxquels s’appliquent les
restrictions en matière de voyage et le gel des avoirs, imposées par les
paragraphes 13 et 15 de la
résolution 1596 (2005).
Ainsi, la liste a été
modifiée comme suit :
·
Pour Khawa
Panga MANDRO, dans le champ « Alias », il a été ajouté « Mandro Panga
Kahwa » et « Yves Khawa Panga Mandro ».
·
Pour Douglas
MPAMO, il a été ajouté dans le champ « Alias » « Douglas Iruta Mpamo»;
dans le champ « Date et lieu de naissance », il a été ajouté « 29 décembre
1965, Goma (anciennement Zaïre) »; et dans le champ «
Désignation/justification », il a été ajouté « directeur ».
·
Pour Ignace
MURWANASHYAKA, dans le champ « Date et lieu de naissance », il a été
ajouté « Ngoma, Butare (Rwanda) ».
·
Pour Laurent
NKUNDA, dans le champ « Alias » il a été ajouté « Laurent Nkunda Batware
»; dans le champ « Date et lieu de naissance », il a été ajouté « 2
février 1967»; dans le champ « Désignation/justification », il a été
ajouté « Fondateur du Congrès national pour la défense du peuple (2006);
officier de rang supérieur, Rassemblement congolais pour la
démocratie-Goma (RCD-G), 1998-2006; officier, Front patriotique rwandais (FPR),
1992-1998 ».
La liste a été mise à
jour à la suite d’une communication adressée au Président du Comité des
Sanctions par la Mission des États-Unis auprès de l’Organisation des
Nations Unies. Le Comité continuera de mettre la liste à jour
périodiquement.
Par ailleurs,
le nouveau
Premier ministre de la RDC, M. Antoine Gizenga, a rendu publique
la composition de son gouvernement.
Le Conseil de sécurité a salué cette formation, déplorant les
violents incidents qui ont eu lieu récemment dans plusieurs villes de
la province du Bas-Congo, et qui auraient fait plus de 100 morts. Lors
d'une déclaration à la presse, le président du Conseil de sécurité pour le
mois de février, l'ambassadeur Peter Burian de la Slovaquie, a déclaré que
les membres du Conseil ont appelé les forces de sécurité, lorsqu'elles
s'acquittent de leur responsabilité de maintenir l'ordre public, à veiller
au respect des droits de l'homme et à s'abstenir de tout recours excessif
à la force.
Le Secrétaire général,
M. Ban Ki-moon a également salué cette formation et a déploré les
affrontements du 5 février dernier. Il a par ailleurs appelé le
gouvernement et l'opposition à travailler ensemble pour régler cette
question et traduire les responsables en justice. Il a aussi appelé les
forces de sécurité à s'abstenir de recourir de façon disproportionnée à la
force, ainsi que les partis d'opposition à exprimer leurs réclamations
quant au processus électoral par des moyens pacifiques et par les voies
légales.
Le même jour, lors de
consultations à huis clos du Conseil de sécurité sur la RDC, le Secrétaire
général adjoint aux opérations de maintien de la paix,
M. Jean-Marie Guéhenno, a plaidé pour que l'ONU garde le cap et ne
réduise pas prématurément la taille de la Mission dans le pays. Il a
annoncé que dans l'immédiat, le Conseil de sécurité allait examiner les
conditions d'une reconduction technique de la Mission de l’Organisation
des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC),
mais que le Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU (DPKO
selon l'acronyme anglais) préparait un rapport sur l'évolution de la
Mission dans sa prochaine phase.
Le
15 février 2007,
agissant
en vertu du
Chapitre VII de la
Charte des Nations Unies, le Conseil de sécurité a adopté
à l’unanimité la
résolution 1742, qui proroge jusqu'au 15 avril 2007 le mandat et
les effectifs de la MONUC. En effet, les membres du Conseil ont été saisis
du
document S/2007/87,
qui contenait le texte d’un projet de résolution élaboré au cours des
consultations préalables du Conseil.
Aux termes de cette
résolution, le Conseil a réaffirmé son engagement à continuer à contribuer
à la consolidation de la paix et de la stabilité dans le pays pendant la
période qui suivra la transition politique actuelle. Ses membres
soulignent également leur attachement à la poursuite d'un dialogue
politique régulier avec les autorités congolaises. Enfin, le Secrétaire
général de l’ONU, est quant à lui prié, dès que possible et au plus tard
le 15 mars 2007, de rendre compte au Conseil de ses consultations avec les
autorités congolaises. La résolution précise aussi que ces consultations
devraient lui permettre de présenter des recommandations sur les
ajustements que le Conseil pourrait envisager d'apporter au mandat et aux
capacités de la MONUC.

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Conseil de Sécurité : prorogation du mandat de la
MINUSTAH, encouragée dans sa fonction de
sécurité publique
Karine RINALDI |
Lors de sa 5631° séance, le Conseil de Sécurité a prolongé pour huit mois
le mandat de la
Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti, par la
résolution 1743 du 15 février 2007, une résolution rédigée par le
Pérou. Le représentant spécial du Secrétaire général en Haïti, Edmond
Mulet,
avait affirmé que l’année 2006 avait été porteuse d’espoir, mais qu’il
faudra des années pour installer des institutions en Haïti, « une tâche
énorme » (Voir
Sentinelle). Cependant, l'ambassadeur de Chine à l'ONU, Wang
Guangya,
juge "nécessaire que l'ONU,
la Minustah en particulier, réponde à
l'évolution de la situation en révisant son mandat, ajustant ses priorités
et modifiant sa composition afin de mieux satisfaire les véritables
besoins du peuple haïtien".
La Minustah,
présente depuis 2004 en Haïti compte 7.200 militaires et 2.000 policiers.
Ces dernières semaines, elle a multiplié les opérations à Cité Soleil pour
tenter de reprendre le contrôle de ce bidonville de 300.000 habitants,
d’où la police haïtienne avait été chassée en 2004.
Le texte de la
résolution 1743 décide donc de proroger jusqu’au 15 octobre 2007 son
mandat, la situation en Haïti continuant de menacer la paix et la sécurité
internationales et
la Minustah
jouant un rôle déterminant dans la poursuite de la stabilisation du pays.
Les progrès
effectués dans le processus politique avec la tenue des élections
nationales, municipales et locales organisées en 2006 sont salués. Mais le
processus constitutionnel et politique en cours dans le pays doit
continuer d’être appuyé, et la mission doit élargir son assistance pour
renforcer les institutions, en particulier à l’extérieur de
Port-au-Prince.
Le Conseil de
Sécurité se félicite par ailleurs de la mise en œuvre du plan de réforme
de la police nationale ; cependant
la Minustah se doit « d’accélérer le rythme des
opérations » d’appui à cette police dans la lutte contre les bandes
armées, et « redoubler d’efforts » dans le désarmement, démobilisation et
réintégration, toujours en étroite collaboration avec le gouvernement
Haïtien ; gouvernement qui par ailleurs « exerce le contrôle et la
responsabilité principale de tous les aspects touchant à la stabilisation
du pays et à la bonne gouvernance ». Mais il est encouragé à tirer
pleinement parti de cet appui international.
La Minustah
doit également appuyer les efforts pour réformer « les composantes
essentielles de l’appareil judiciaire et pénitentiaire ». (Certains, comme
M. Wang, ont estimé que la résolution "met trop l'accent sur les moyens
militaires, au détriment de la réconciliation politique et du redressement
économique").
Enfin, la
résolution réaffirme brièvement le mandat de
la Minustah dans le domaine des droits de
l’homme ; exhorte la communauté internationale à mettre au point un
nouveau mécanisme de coordination de l’aide ; et prie
la Minustah
de continuer à mieux faire comprendre son rôle à la population.

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Le 21 février 2007, la
Roumanie a été le 6ème Etat à ratifier la
convention relative à la prévention du terrorisme (présentation
générale), ouverte à la signature depuis le 16 mai 2005. L’article 23§
3 prévoyait 6 ratifications pour l’entrée en vigueur ; désormais c’est
chose faite et la convention entrera en vigueur le 1er juin.
Actuellement, elle a été ratifiée par
6 Etats dont 4 Etats membres du Conseil de l’Europe et 33 Etats l’ont
signé.
Cette convention s’inscrit
dans le droit fil des réactions aux attentats du 11 septembre 2001. Elle
complète l’arsenal international en ce domaine. On peut notamment citer la
résolution 1624 (2005) du Conseil de sécurité de l’ONU qui incite à
l’adoption de mesures par les Etats (sur les différents instruments, voir
CETIM,
CICR,
wikipédia,
UQAM...).
Cette convention complète
également la
convention relative à la répression du terrorisme, du Conseil de
l’Europe, en date du 27 janvier 1977.
Elle comprend 32 articles
et semble se présenter comme une convention relativement complète. Elle
définit des infractions pénales et les différents modes de participation,
ainsi qu’un régime de poursuites et de sanctions. La convention fixe
essentiellement l’obligation aux Etats d’adopter un régime pénal de
répression du terrorisme (article 14).
Elle contient des articles
reprenant les règles classiques du droit international pénal, notamment
l’article 18 relatif à l’extradition ou à la poursuite. Encore peut-on
voir la reconnaissance d’un devoir d’enquête à l’article 15 et une forte
incitation à la coopération en vertu de l’article 17.
La victime n’est pas non
plus oubliée. L’article 13 fait obligation aux Etats d’adopter des mesures
afin d’aider les victimes, de les protéger et de les dédommager le cas
échéant.
Certains Etats ont émis
des réserves ; elles sont assez diversifiées.
L’Azerbaïdjan, qui n’est que signataire, souligne qu’il n’est pas en
mesure de se conformer à la convention sur l’ensemble de son territoire (carte).
La Turquie a fait connaître une déclaration interprétative plus
conséquente.
L’Ukraine souligne qu’en l’absence de traité d’extradition avec un
pays demandeur, elle estime que la convention de prévention du terrorisme
servira de base légale.
Il reste à voir, lorsque
la convention sera appliquée, si les réserves seront toutes considérées
comme valides. La jurisprudence développée par la Cour européenne des
droits de l’Homme peut inciter à émettre parfois des doutes.

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Sentence partielle du 30 janvier 2007 dans l'affaire
Eurotunnel contre RU et France
Prof. Philippe WECKEL |
La Cour permanente d'arbitrage vient de publier sur son
site une sentence
arbitrale qui établit la responsabilité des Etats concédants, la France et
le Royaume-Uni, à l'égard des sociétés privées concessionnaires de la
liaison fixe transmanche (décision,
op.dissidente de
Lord Millet). Il s'agit d'une authentique curiosité qui mérite de
retenir l'attention, même si l'intérêt des questions soulevées dépasse
sans doute celui des réponses apportées par le tribunal.
L'originalité tient d'abord à la nature de la confrontation. Les
demandeurs, concessionnaires britannique et français, affrontent ensemble
les Etats concédants, côte à côte. Pourtant l'asymétrie des situations
juridiques semble dominer cette affaire. Ainsi à la solidarité des
exploitants privés ne répond pas une responsabilité solidaire des
défendeurs. L'organe de règlement est un tribunal international pour
lequel les 4 parties ont désigné chacune un arbitre (M. le professeur
James Crawford SC, Président, Maître L. Yves Fortier CC QC, S.E. le juge
Gilbert Guillaume, Le très honorable Lord Millett, Maître Jan Paulsson);
mais on apprend que ceux qui ont été désignés par les concessionnaires ne
peuvent délibérer que sur les questions relatives au contrat de concession
et non au traité sur la base duquel le tribunal a été constitué... Or, si
l'actualité récente nous a fréquemment amené à réfléchir à la
distinction entre un litige contractuel et un litige conventionnel, en
l'espèce c'est d'un contrat international dont il s'agit.
D'ailleurs l'affaire ne concerne pas l'atteinte à un investissement
étranger. Finalement les demandeurs ont obtenu satisfaction pour
l'essentiel de leur réclamation à savoir la responsabilité des deux Etats
qui n'ont pas pris les mesures appropriées pour éviter les troubles
d'exploitation résultant des incursions des immigrés clandestins hébergés
à Sangatte.


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Manque de coopération du Soudan :
Défaut de visas pour la mission du Conseil des droits
de l’homme sur le Darfour
Valérie GABARD |
Mise en place lors d’une session spéciale du
Conseil des droits de l’homme en décembre dernier (voir les archives
de Sentinelle :
Session spéciale du Conseil des droits de l’homme sur le Darfour),
la mission de haut niveau chargée d’évaluer la situation des droits de
l’homme au Darfour voit sa tâche largement compliquée par l’absence de
délivrance de visas à ses membres. La mission qui devait se rendre à
Karthoum le 13 février dernier, n’avait toujours pas obtenu de visa le 14
février. Refusant que le manque de coopération du Soudan fasse obstacle au
mandat de la mission, Jody Williams, chef de la Mission et lauréate du
Prix Nobel de la paix en 1997,
a affirmé que celle-ci « poursuivra son évaluation et recueillera
toutes les informations pertinentes qu’elle pourra à l’extérieur du
pays ». Le travail de la mission sur le terrain se terminera comme
prévu le 21 février et la mission présentera son rapport au Conseil des
droits de l’homme lors de sa quatrième session régulière au mois de mars.
A l’annonce de cette nouvelle, le Secrétaire général des Nations Unies,
Ban Ki-moon
s’est dit « très déçu » par le refus du Soudan d’accorder des visas à
la mission de haut niveau du Conseil des droits de l’homme. Après avoir
indiqué que le président soudanais lui avait donné l’assurance que les
visas seraient accordés sans difficultés, il exhorté fermement le
gouvernement soudanais à se plier à la décision unanime du Conseil des
droits de l’homme. Interrogé sur ce point, le
Ministère des affaires étrangères français a émis le souhait que la
mission puisse se rendre sur place dans l’intérêt de la communauté
internationale mais aussi « sans doute dans l’intérêt du Soudan ».
C’est en réalité la seconde commission d’enquête internationale qui vise
le Darfour. Une première mission mise en place à la fin de l’année 2004,
avait conclu dans son
rapport de 2005 à l’existence de
« violations graves des instruments internationaux relatifs aux droits
de l’homme et du droit international humanitaire qui, en droit
international, constituent des crimes » et une part conséquente de la
responsabilité de ces violations était imputée au gouvernement soudanais.
Les conclusions de ce rapport ont conduit le Conseil de Sécurité à saisir
la
Cour pénale internationale et abouti à l’ouverture d’une enquête par
le Procureur sur la situation au Darfour (voir
Sentinelle :
CPI, ouverture d'une enquête sur le Darfour). Les conclusions et
les conséquences de cette première enquête ne sont peut être pas
étrangères au manque de coopération du gouvernement soudanais. Ce dernier
n’est certainement pas empressé de se voir reprocher une nouvelle fois son
attitude par l’ensemble du Conseil des droits de l’homme.
Bruxelles, 23 février 2007

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ONU : le Sous-comité pour la prévention de la torture
et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants
tient sa session inaugurale
Antonella SAMPO
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Du 19 au 23 février 2007, le Sous-Comité des Nations Unies pour la
prévention de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains
ou dégradants a tenu sa toute
première session. Ce nouvel organe, créé en application
Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture
et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (OPACT),
entré en vigueur le 22 juin 2006 suite à la 20ème ratification,
contribuera de manière considérable à une application efficace de cette
Convention. Cet instrument, qui n’est pas sans rappeler le
Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) du Conseil de
l’Europe,
instaure un système original de visites et de contrôle, effectués par des
organismes nationaux et internationaux, dans les établissements dans
lesquels des personnes sont privées de leur liberté.
La session s’est ouverte sur un discours de Mme Louise Arbour, Haut
Commissaire aux droits de l’Homme de Nations Unies, qui a rappelé la
nécessité d’un tel instrument pour une abolition universelle de la torture
et la protection du droit à l’intégrité physique et de la dignité humaine,
dans une période de « guerre contre la terreur « : « it arrives at a
time when the absolute ban on torture, a cornerstone of the international
human rights edifice, is under attack.
A principle that we once believed to be unassailable – the inherent right
to physical integrity and dignity of the person- is becoming a casualty of
the so-called war on terror.»
Ainsi rien ne saurait justifier l’atteinte et la violation des
droits fondamentaux de la personne, même en période de crise.
L’interdiction de la torture fait partie du
« noyau dur » des droits de l’homme, des droits de la personne qui
doivent être respectés, au regard du droit international, de tous temps.
L’ordre
du jour du Sous-Comité concernait essentiellement
l’élection de ses 10 membres (voir le
Règlement intérieur). Considérés, au sens de l’article 13 du Règlement
intérieur, comme des « experts de haute moralité, indépendants et
impartiaux, ayant une expérience professionnelle reconnue dans le domaine
de l’administration de la justice en particulier en matière de droit pénal
et d’administration pénitentiaire ou policière, ou dans les divers
domaines ayant un rapport avec le traitement des personnes privées de
liberté; ils exercent leurs fonctions à titre personnel », les personne
suivantes ont été élues : Mme Silvia Casale (Royaume-Uni), M. Leopoldo
Torres Boursault (Espagne), M. Miguel Sarre Iguiniz (Mexique), M. Mario
Luis Coriolano (Argentine), M. Zdenek Hajek (République tchèque), M. Hans
Draminsky Petersen (Danemark), M. Víctor Manuel Rodríguez Rescia (Costa
Rica), M. Zbigniew Lasocik (Pologne), M. Wilder Tayler Souto (Uruguay),
Mme Marija Definis Gorjanovic (Croatie).
Il est à noter qu’en tête de liste, figure Mme Silvia CASALE, de
nationalité britannique et Présidente du CPT qui bénéficie d’un mandat au
sein du Comité européen
jusqu’au 19 décembre 2009. Un état des signatures set ratifications
devrait également être examiné par le Sous -Comité. A ce jour, trente-deux
Etat ont ratifié ledit protocole.
Le Sous-Comité est l’organe international chargé d’effectuer les visites
dans les lieux de détention des Etats membres. Mais le Protocole fait
peser une autre obligation sur les Etats Parties : la mise en place, dans
un délai d’un an après avoir ratifié ou adhéré, d’un ou plusieurs
mécanismes nationaux de prévention. Aucun type de mécanisme national de
prévention n’étant spécifié, des Commissions des droits de l’homme, des
Ombudsmen, des commissions parlementaires ou des ONG pourront être
désignés pour remplir cette fonction. Les Etats Parties devront s’assurer
que ces mécanismes nationaux fonctionnent sans interférences de la part
des autorités étatiques ( voir
l’article d’ Edouard DELAPLACE à ce sujet).

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Discours de Carla Del Ponte à la Conférence de
Zagreb
sur « l’établissement de la vérité sur les crimes de
guerre et les conflits »
Antonella SAMPO
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Les 8 et 9 février 2007, s’est tenue dans la capitale croate, Zagreb, une
conférence internationale sur « l’établissement de la vérité sur les
crimes de guerre et les conflits ». A cette occasion, Carla Del
Ponte, Procureur du Tribunal pénal international pour l’Ex-Yougoslavie (TPIY)
a fait un
discours sur le rôle les procès relatifs aux crimes de guerre dans
l’établissement de la vérité.
Il est à relever que la
recherche et l’établissement de la vérité constituent l’un des rôles
essentiels de la justice pénale internationale, après le jugement des
responsables de violations graves du droit international humanitaire.
Durant son discours, Carla Del Ponte a rappelé que le mandat du TPIY se
limite à la responsabilité pénale individuelle et que la compétence du
Tribunal et la procédure qu’il se doit de suivre ne peuvent satisfaire la
totalité des victimes. Le TPIY a été créé pour sanctionner les
responsables des violations les plus graves du droit international
humanitaire. Pour palier cette insuffisance, il est essentiel pour le
maintien d’une paix durable que d’autres mécanismes pour établir la vérité
soient mis en place.
L’importance et
le poids des témoignages ont été soulignés : « The
courtroom testimonies of eyewitnesses are fundamentally important ».

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République démocratique du Congo : Plusieurs condamnations pour
« crimes de guerre » prononcées par le Tribunal militaire de
la garnison de Bunia
Valérie GABARD
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Selon
la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC),
lundi 20 février, le Tribunal militaire de la garnison de Bunia en
République démocratique du Congo (RDC) a rendu plusieurs jugements portant
condamnations sur le fondement notamment de l’incrimination internationale
de « crime de guerre ».
Le Tribunal militaire a ainsi prononcé la condamnation à la réclusion à
perpétuité sur ce fondement, pour quatre des sept accusés tous anciens
miliciens du Front nationaliste et intégrationniste (FNI) dans le procès
de l’assassinat de deux observateurs militaires de la MONUC à Mongbwalu
dans la région de l’Ituri, en mai 2003. Deux autres accusés ont été
condamnés à 10 et 20 ans de prison dans ce procès. La MONUC a
ouvertement salué cette décision qui constitue selon elle, une étape
supplémentaire en faveur de la lutte contre l’impunité en RDC et un
renforcement du
Statut de la Cour pénale internationale.
Au cours de la même audience, le Tribunal a condamné à la réclusion à
perpétuité 13 des 15 accusés tous membres de la 1ère brigade
intégrée des forces armées de la RDC (FARDC), pour le massacre de 31
civiles à Bavi (Ituri) entre août et novembre 2006. L’incrimination
retenue est là encore le crime de guerre mais également l’assassinat, la
violation de consignes et l’abstention coupable. Une seule personne parmi
les quinze accusés a été acquittée et quatre condamnés l’ont été par
contumace. Là encore la
MONUC a positivement accueilli la décision d’un procès auquel elle
avait apporté un soutien logistique pour les enquêtes et la protection des
témoins.
Pour le Procureur de Bunia, Chris Aberi, le procès est arrivé à son terme
en raison de l’amélioration progressive de la sécurité dans la région delments
portant condamnations l’Ituri. Le Tribunal militaire de la garnison
de Bunia n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai en matière de
condamnation pour crime de guerre, puisqu’en mars 2006, il avait pour la
première fois en République démocratique du Congo sur ce fondement,
condamné le capitaine Mbongi Masamba, membre des FARDC (Forces Armées
de la République Démocratique du Congo), à l’emprisonnement à perpétuité
pour l’exécution de cinq étudiants du village de Tchekele. La MONUC a
néanmoins souligné que si ces décisions se devaient d’être saluées, il
n’en restait pas moins que « beaucoup reste encore à faire dans ce
domaine en République démocratique du Congo ».
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Archive |
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1. Sur la procédure devant
la Cour pénale internationale :
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2. Plus généralement sur la situation en République démocratique
du Congo
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Les nouveaux atermoiements de la
« justice internationale » au Cambodge
Virgile Renaudie |
Le journal français
Le Figaro publie
un article le 23 février 2007 selon lequel le procès des Khmers rouges,
relatif au génocide d’environ deux millions de cambodgiens commis entre
1975 et 1979 pourrait de nouveau être repoussé.
Non seulement l’établissement d’une
juridiction pénale partiellement internationale avait suscité de nombreux
débats et des tensions entre le Cambodge, arguant de sa souveraineté en ce
domaine, et la communauté internationale, plus précisément l’ONU.
Un accord avait été trouvé instituant une
juridiction mixte internationalisée
(vote Assemblée Nationale du Cambodge, 2 janvier 2001 ; loi promulguée le
10 août 2001 ; accord bilatéral avec l’ONU, 6 juin 2003 ; résolution AGONU
du 13 juin 2003 ; mise en place des chambres extraordinaires en 2006 ; sur
ce sujet
Justice pour le Cambodge,
TRIAL).
Malgré cela, des points d’achoppements
sont toujours présents. Le Cambodge continue à faire valoir sa
souveraineté, les membres du barreau cambodgien, et surtout leur actuel
bâtonnier, déplorent une rémunération moindre des avocats cambodgiens par
rapport aux avocats étrangers, enfin des controverses portent sur
l’adoption du règlement intérieur de la juridiction, notamment sur les
pouvoirs du procureur et sur les interventions des avocats étrangers
devant les chambres extraordinaires.
Les premières comparutions étaient prévues
pour juin 2007, or, pour l’instant, il semble que cela soit repoussé à
2008, sans plus de précisions. Les juges étrangers ont posé un ultimatum
pour avril 2007 et menacent de démissionner.
Pendant ce temps là, les quelques
dirigeants de l’époque, âgés de plus de 80 ans et dans une mauvaise santé
risquent d’échapper à la justice, à l’instar du plus célèbre d’entre eux
Pol Pot,
décédé le 15 avril 1998.
Les associations de défense des droits de
l’Homme considèrent que ces discussions en matières de procédure ne sont
qu’un paravent qui masque la mauvaise volonté politique des dirigeants du
Cambodge ; le bâtonnier du barreau cambodgien étant un de leurs affidés.
Les événements du Cambodge se situent à
une date intermédiaire entre ceux de la Seconde guerre mondiale et ceux
commis en ex-Yougoslavie, au Rwanda et en Sierra Leone. Dans le premier de
ces cas, la justice a été rendue à chaud, et dans les seconds, elle a été
rendue assez rapidement.
A l’instar des nombreux événements
similaires en Amérique Latine, la mise en œuvre de grands procès au
Cambodge intervient avec trop d’années de retard et surtout dans un
contexte où les autorités étatiques se sont renforcées et où les accusés
possèdent toujours une certaine aura voire un certain pouvoir. Plus que
cela, l’organisation de tels procès démontre la difficile identification
de moyens pour opérer une réconciliation nationale satisfaisante pour
tous.

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CIADH : mesures conservatoires dans l’affaire du
centre pénitencier d’Uribana, Venezuela.
Karine RINALDI. |
Le 1° février dernier, la
Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme sollicitait
la Cour pour que celle-ci
ordonne à
la République Bolivarienne
du Venezuela certaines mesures provisoires, conformément aux articles 63.2
de la
Convention américaine des droits de l’homme, 25 du
règlement de la Cour, et 74 du
règlement de la Commission.
En 2006, de toutes les prisons du pays, c’est ce centre pénitencier d’Uribana
qui enregistrait le plus grand nombre de décès. Entre janvier 2006 et
janvier 2007, 80 détenus sont morts, 213 ont été blessés, principalement
par armes blanches et armes à feu. Le 2 janvier 2007, on dénombrait déjà
18 morts et 15 blessés.
Hommes, femmes, condamnés et inculpés partagent les mêmes cellules ; un
seul surveillant pour 181 détenus : un manque criant de sécurité. En
protestation à ces conditions de détention, aux maltraitances de la part
des policiers, et aux retards dans les procès, les détenus font sans cesse
des grèves de la faim. Les familles, y compris des enfants, y participent,
décidant de « s’auto séquestrer et rester dans les enceintes de la prison,
en solidarité avec les revendications des détenus ». Les mesures intentées
au niveau internes ne sont pas effectives.
La Commission,
dans un
communiqué de presse du 5 janvier, exprimait sa préoccupation pour ces
nouveaux faits d’insécurité et de violence. Elle avait déjà demandé à deux
reprises à
la Cour d’adopter des mesures
provisoires pour protéger la vie et l’intégrité des personnes privées de
liberté dans les prisons vénézuéliennes. Encore une fois,
la Commission
estime que ces faits sont suffisamment graves pour que
la Cour intervienne de manière
urgente, les conditions exigées par l’article 63.2 de
la Convention
américaine étant réunies : urgence, extrême gravité, nécessité
d’intervention afin d’éviter des dommages irréparables additionnels. Elle
sollicite donc la Cour d’ordonner à l’Etat :
-
d’adopter
toutes les mesures de sécurité nécessaires pour préserver la vie et
l’intégrité personnelle des détenus, des personnes qui pourrait être
détenues à l’avenir, ainsi que des personnes qui s’y rendent pour des
visites ;
-
de doter la
prison de personnel pénitencier en nombre suffisant ;
-
de réaliser des
enquêtes sérieuses et rapides sur ces violences, individualiser les
responsables et les sanctionner ;
-
de séparer, de
manière immédiate, les hommes des femmes et les condamnés des inculpés ;
-
de réduire
l’entassement, saisir les armes et autres objets illicites ;
-
d’établir une
liste complète des personnes décédées depuis janvier 2006, en indiquant
les circonstances des faits ;
-
d’établir une
liste, en la tenant actualisée, de toutes les personnes privées de liberté
dans la prison d’Uribana.
Le Venezuela est partie à la Convention américaine depuis 1977.
La Cour note qu’en droit
international des droits de l’homme, les mesures provisoires ne servent
pas simplement à préserver une situation juridique déterminée : cherchant
à éviter un dommage irréparable, elles ont en outre une fonction
tutélaire, protectrice des droits de l’homme.
Les faits rapportés par la Commission démontrent prima facie une
situation d’extrême gravité et d’urgence, de dommages probablement
irréparables.
La Cour, dans son
ordonnance du 2 février 2007 demande par conséquent à l’Etat :
-
d’adopter
immédiatement et définitivement toutes les mesures provisoires qui soient
nécessaires et effectives pour éviter les pertes en vies, les atteintes à
l’intégrité physique, psychique et morale de toutes les personnes privées
de liberté dans la prison d’Uribana, de celles qui pourraient y être
détenues dans le futur, et de celles qui s’y rendent pour des visites ;
-
outre les
mesures d’exécution immédiate ordonnées précédemment, de respecter les
normes internationales applicables en matière de traitement de personnes
privées de liberté, en particulier :
a)
saisir les armes
b)
réduire l’entassement et améliorer les conditions de détention
c)
fournir du personnel qualifié et en nombre suffisant pour assurer une
surveillance effective
d)
séparer les hommes des femmes
e)
séparer les inculpés des détenus.
-
de présenter à
la Cour au plus tard le 16
février (mesure non disponible ou non exécutée à ce jour), un premier
rapport sur l’adoption des premières mesures provisoires ;
-
de continuer
d’informer
la Cour tous les 2 mois.
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Archive |
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-
CIADH : responsabilité du Salvador dans l’affaire de la
disparition des sœurs Serrano Cruz, A. Sampo
-
CIADH : l’opération Condor devant la Cour dans l’affaire Goiburú y
otros vs. Paraguay, K. Rinaldi
-
CIADH : le rejet des autoamnisties pour violations graves des
droits de l’homme refait l’unanimité devant la Cour : affaire
Almonacid Arellano c. Chili, K. Rinaldi
-
CIADH : Affaire Servellón García y otros vs. Honduras, 21
septembre 2006, K. Rinaldi
-
CIADH : Vargas Areco vs. Paraguay, 26
septembre 2006, K. Rinaldi
-
CIADH: liberté d’information, affaire Claude
Reyes y otros vs. Chile, k. Rinaldi
-
CIADH : affaire « Delas niñas Yean y Bosico
vs. República Dominicana » : rejet de la demande d’interprétation,
K. Rinaldi
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Adoption
du règlement intérieur du Comité de contrôle du respect des
dispositions par la 2ème Réunion des Parties au Protocole
de Kyoto
Sabrina URBINATI |
Pendant la 2ème Réunion des Parties (MOP2) du Protocole de
Kyoto, qui a eu lieu du 6 au 17 novembre 2006 à Nairobi (Kenya), a été
présenté le 1er Rapport annuel du Comité de contrôle du respect
des dispositions (Comité) (FCCC/KP/CMP/2006/6,
du 22 septembre 2006). Une question importante s’est posée à
l’attention de la MOP2 : l’adoption du règlement intérieur du Comité de
contrôle du respect des dispositions du Protocole de Kyoto (Règlement). A
ce sujet la MOP2 a adopté la
Décision 4/CMP.2 (FCCC/KP/CMP/2006/10/Add.1, du 26 janvier 2007)
contenant ledit Règlement.
Le Comité a été créé dans le cadre du mécanisme de contrôle et de suivi
adopté par la 1ère Réunion des Parties (MOP1) dans sa
Décision 27/CMP.1 : « Procédures et mécanismes relatifs au respect des
dispositions du Protocole de Kyoto » (FCCC/KP/CMP/2005/8/Add.3, du 30 mars
2006). L’objectif de ce mécanisme est de promouvoir, faciliter et
renforcer le respect des dispositions du Protocole de Kyoto. Pour ce
faire, il a été doté du Comité, qui se compose d’une Plénière, d’un Bureau
et de deux Chambres, à savoir la Chambre de la facilitation et la Chambre
de l’exécution. Le Comité est formé par 20 membres et 20 membres
suppléants élus par le MOP, 20 siègent à la Chambre de la facilitation et
20 à la Chambre de l’exécution.
Le Règlement est composé de 27 articles divisés en trois parties : la
première concerne la conduite des travaux du Comité, la deuxième les
procédures suivies par les deux Chambres du Comité et la troisième les
dispositions générales. En ce qui concerne la conduite des travaux du
Comité, le Règlement définit le statut des membres du Comité et le rapport
entre les membres effectifs et les membres suppléants ; la façon d’agir
des membres pendant l’examen d’une situation de non-respect ; il détermine
la formule du serment que tout membre doit prêter lorsqu’il prend ses
fonctions, ainsi que les pouvoirs du membre présidant une réunion. En
outre, dans cette même partie le Règlement contient des dispositions
concernant l’organisation et le déroulement des réunions du Comité, y
compris l’utilisation des moyens électroniques et des langues, ainsi que
les fonctions attribuées au Secrétariat. Dans sa deuxième partie, le
Règlement comprend les règles pour le déroulement général des procédures
devant les Chambres et les autres organes formant le Comité, ainsi que les
règles pour les procédures spécifiques devant chaque Chambre. Dans cette
partie, les Etats Parties peuvent trouver les renseignements nécessaires
pour la rédaction d’une communication concernant une situation de
non-respect. En outre, il est possible de trouver les éléments qu’une
décision préliminaire ou finale doit contenir. Finalement, dans sa
troisième partie, le Règlement contient deux dispositions. La première
concerne les modalités pour la modification du Règlement. La deuxième
concerne la résolution des cas de conflit qui pourraient se produire entre
le Règlement et le Protocole de Kyoto.

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France approbation du Protocole à la Convention de
« Genève » relatif à la réduction de l’acidification, de
l’eutrophisation et de l’ozone troposphérique
Danilo COMBA |
Alors que des scientifiques, grâce
à une base d’observation dans l'archipel du Svalbard, enregistrent la
montée d'un gaz à effet de serre particulièrement puissant, appelé
HFC134a, ayant un effet de serre très important (1000 fois celui du
CO2) et alors que les nouvelles données du Rapport du GIEC soulignent avec
une certitude de 90% l’influence directe des activités anthropogéniques
dans les changements climatiques (par ailleurs l’action des Etats en
défense du climat sera-t-elle désormais à titre de prévention et non plus
de précaution ?), la France s’apprête à adopter dans son cadre national le
8ème Protocole de la Convention de 1979.
Les oxydes d'azote, le
soufre et les composés organiques volatils émis, ainsi que les polluants
secondaires comme l'ozone et les produits de réaction de l'ammoniac, sont
transportés dans l'atmosphère sur de longues distances et affectent de
manière conséquente l'environnement et la santé humaine en France et en
Europe. Pour répondre aux risques provoqués par ces produits une démarche
collective résulte essentielle : les principes de coopération et de
précaution sont en effet le fondement de la structure organisationnelle et
normative de toute la « Convention de Genève » (voir
Sentinelle) ; cette dernière engage les parties à limiter, prévenir et
réduire progressivement leurs rejets de polluants atmosphériques.
Sur la base du
Texte n° 199 (2006-2007) transmis le 31 janvier 2007 et sur celle du
Rapport n° 233 déposé le 14 février 2007, le Sénat a, durant la
discussion en séance publique du
21 février 2007, adopté sans modification le projet de loi, adopté
antérieurement par l’Assemblée nationale en première lecture :
Article unique :
Est
autorisée l’approbation du protocole à la convention de 1979 sur la
pollution atmosphérique transfrontière à longue distance relatif à la
réduction de l’acidification, de l’eutrophisation et de l’ozone
troposphérique (ensemble neuf annexes), fait à Göteborg le 30 novembre
1999, et
dont le texte est annexé à la présente loi .
En rappelant que la
France est partie à la Convention sur la pollution atmosphérique
transfrontière à longue distance du
13 novembre 1979, (établie à l’intérieur de la
Commission économique des Nations Unies pour l’Europe et approuvée en
1981), et qu’elle a déjà appliqué dans le droit interne sept de ses huit
protocoles (c’est-à-dire le protocole EMEP, surveillance et évaluation de
1984; les protocoles Soufre de 1985 et 1994 ; le protocole NOx de 1988 ;
le protocole COVnm de 1991 ; les protocoles POPs et Métaux lourds de
1998), ce projet a été
présenté par le
ministre des Affaires étrangères, conformément aux articles 35 et 53 de la
Constitution.
Le
huitième et présent protocole, relatif à la réduction de
l'acidification, de l'eutrophisation et de l'ozone troposphérique
(Protocole dit de « Göteborg »), a été adopté par l'organe exécutif de la
Convention, à Göteborg (Suède), le 30 novembre 1999 et est entré en
vigueur le 17 mai 2005 suite à sa ratification par le Portugal,
seizième Partie au protocole.
La France en est
signataire depuis le 1er décembre 1999 et le Conseil de l'Union Européenne
a approuvé l'adhésion de la Communauté européenne au protocole par le
biais d’une décision, le 13 juin
2003.
L’objectif principal
est la réduction d’au moins 40 % d’ici 2010 des émissions de trois
polluants cités au-dessus, en prenant en compte également l’ammoniac qui
contribue à l’acidification et à l’eutrophisation (pollution par apport
excessif de matières nutritives), associant ainsi dans un cadre
contraignant obligations techniques fondamentales, pédagogie préventive et
contrôle.
Ce qui caractérise le
plus ce protocole, présentant ainsi un caractère novateur, c’est son
approche qui adopte différentes techniques selon le polluant en cause mais
surtout qui vise à répondre aux interactions parmi les différents effets.
A cet égard, on voit que le Protocole :
·
se compose de 9
annexes ;
·
fixe par
exemple pour chaque partie à la convention, des niveaux d'émission maximum
autorisés (plafonds d'émission) pour les quatre principaux polluants
précurseurs responsables de l'acidification, l'eutrophisation ou l'ozone
troposphérique (annexe II du protocole) ;
·
a été négocié
sur la base des évaluations scientifiques des effets de la pollution,
avec un objectif d'optimisation économique entre les différentes Parties
à la convention ;
·
fixe
également des valeurs limites pour des sources d'émission particulières
fixes (annexes IV, V et VI du protocole) et des valeurs limites pour les
carburants et les sources mobiles nouvelles (annexe VIII du protocole)
imposant l'utilisation des meilleures techniques disponibles pour
maintenir ces émissions à un faible niveau ;
·
indique les
mesures spécifiques à prendre pour lutter contre les émissions d'ammoniac
des sources agricoles (annexe IX du protocole).
Les bénéfices attendus
du protocole de Göteborg, en termes de protection de la santé humaine et
de l'environnement, apparaissent particulièrement importants, permettant
de réduire de manière notable l'étendue des zones touchées par des niveaux
d'acidification ou d'eutrophisation excessifs.
Selon le Rapport
présenté au Sénat français (n. 233, cité au-dessus), les engagements
inscrits dans le protocole de Göteborg ne sont pas nouveaux pour la France
parce qu’ils avaient été repris par une directive européenne de 2001
fixant des plafonds nationaux d’émissions pour certains polluants. Des
mesures concrètes de réduction des émissions des polluants, visés par la
directive, ont ainsi été définies en France, dans le cadre du « programme
national de réduction des émissions de polluants atmosphériques », adopté
en juillet 2003.
Dans ce contexte,
l’approbation du protocole de Göteborg ne conduira pas à modifier le droit
français, déjà en conformité, mais il garantira une actualisation du
programme national de réduction des émissions prenant en compte
l’amélioration des prévisions des émissions pour 2010.

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Réunion du Groupe intergouvernemental de coordination
du Système d'alerte rapide aux tsunamis et d’atténuation de leurs
effets dans l'Atlantique Nord-Est, la Méditerranée et les mers
adjacentes
Fatma RAACH
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La troisième réunion du Groupe intergouvernemental de coordination
du Système d'alerte rapide aux tsunamis et d’atténuation de leurs
effets dans l'Atlantique Nord-Est, la Méditerranée et les mers
adjacentes (NEAMTWS), s’est tenue à Bonn du 7 au 9février. Lors de
cette réunion, organisée par
la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO (COI),
des délégations de 17 pays côtiers européens et nord-africains se
sont réunies pour définir les objectifs
du Système euro-méditerranéen d'alerte rapide aux tsunamis et
d’atténuation de leurs effets, ainsi que les services que ce
dispositif pourra fournir. Ce système, mis en place en novembre
2005,
fait partie
d’un
système mondial d’alerte aux tsunamis et d’atténuation de leurs
effets qui est coordonné par la COI.
Lors de cette réunion il a été décidé qu’un premier système de
détection devrait être opérationnel d’ici la fin 2007. Pour le
système définitif, qui couvrira toutes les côtes de la mer Noire, la
Méditerranée et l’Atlantique Nord-Est, il sera en service à
partir de 2011. Ce système s’appuiera sur les dispositifs de
surveillance des phénomènes sismiques et du niveau de la mer
existant à l’échelle nationale. Mais, il serait opportun que ces
systèmes soient intégrés afin de parvenir à mettre en place un
véritable système régional.
En outre, l’Italie a déclaré
qu’elle assurera
un traitement et une transmission continus des données sismiques
collectées dans les mers qui bordent l’Europe, lesquelles vont être
fournies par l’Istituto Nazionale di Geofisica e Vulcanologia (INGV),
une importante institution de recherche européenne dans le
domaine de la géophysique, la sismologie et la vulcanologie.
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Le
Japon adhère à l’accord international sur les bois tropicaux
Tidiani COUMA
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Le Japon a signé l’Accord
international sur les bois tropicaux. Cette signature est
intervenue à New York le 16 février 2006, au nom du Japon, par son
représentant permanent auprès des Nations (v.
communiqué).
Cet
Accord est destiné à promouvoir :
-
Un cadre de
coopération et de consultation entre pays producteurs et pays
consommateurs de bois tropicaux;
-
A développer
et à diversifier le commerce international des bois tropicaux et à
améliorer la situation du marché des bois tropicaux;
-
à encourager
et à soutenir les travaux de recherche en vue d´améliorer la gestion des
forêts et l´exploitation du bois;
-
A favoriser
l´élaboration de politiques nationales pour la protection des forêts
tropicales et la préservation de l´équilibre écologique.
Il faut rappeler que le ‘premier
Accord international dans ce domaine a été adopté en 1983. Il devait faire
face aux dangers ‘‘d´une déforestation accélérée dans les zones
tropicales. Aujourd´hui, 15 millions d´hectares de forêts tropicales
continuent de disparaître chaque année’’ L’Accord qui nous occupe ici, le
second en son genre, a été adopté en 1994. Il a expiré depuis
viendra le 31 décembre 2006. C’est pourquoi le Secrétaire général de la
CNUCED
avait convoqué, du 16 au 27 janvier 2006, la quatrième session de la
Conférence des Nations Unies sur les bois tropicaux en vue de négocier un
accord destiné à succéder à celui de 1994. C’est dans ce contexte qu’a été
élaboré l’Accord que vient ratifier le Japon. Cet Accord crée un organe
exécutif, l’Organisation
Internationale des Bois Tropicaux
(OIBT).
‘‘L'Organisation internationale des bois tropicaux (v.
membres) a été créée sous les auspices des Nations Unies en 1986,
époque où le sort des forêts tropicales suscitait des préoccupations
croissantes dans le monde. Alors que le rythme de la déforestation dans de
nombreux pays tropicaux provoquait une inquiétude quasi unanime, on
s'accordait généralement à considérer que le métier des bois tropicaux
n'en constituait pas moins une des chevilles ouvrières du développement
dans ces pays. La conciliation de ces deux phénomènes, d'apparence
disparate, fait toute l'histoire de l'OIBT. Les origines de l'OIBT
remontent à 1976, lorsque, à la quatrième session de la
Conférence des Nations Unies sur le commerce et
le développement (CNUCED), dans le cadre du Programme pour les
produits de base conçu par de cette organisation, débuta la longue suite
des négociations qui devait aboutir à l'Accord international sur les bois
tropicaux (AIBT). Les travaux de l'Organisation furent dès lors régis par
l'AIBT de 1983, jusqu'au 31 décembre 1996, lorsqu'il fut remplacé par
l'AIBT de 1994. Les négociations qui
se sont déroulées, à nouveau sous l'égide de la CNUCED, en vue de conclure
un accord qui succéderait à ce dernier, se sont achevées récemment. L'AIBT
de 2006 doit entrer en vigueur en 2008’’.

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La sentence
LG&E est de tout premier plan. Il ne faisait guère de doute que le
tribunal arbitral conclurait à la violation de l’obligation de traitement
juste et équitable. L’exclusion de la responsabilité de l’Argentine sur le
fondement de l’état de nécessité constitue en revanche une position
novatrice. Rejetée dans l’affaire CMS (Sentinelle
n° 23, 12 juin 2005), cette acceptation exempte l’Etat argentin de sa
responsabilité internationale pour la période comprise entre le 1er
décembre 2001 et le 26 avril 2003.
Le différend
survenu entre la société américaine LG&E et l’Argentine concerne la
privatisation de l’industrie du gaz. Afin de libéraliser son économie et
attirer les investisseurs étrangers, l’Argentine adopta la
loi n° 23.928 sur la convertibilité (1991) et la
loi n° 24.076 sur le gaz (1992). Le
décret n° 2255/92, intitulé « Reglas Básicas de la Licencia », fixait
quant à lui les termes des licences pour le transport et la distribution
du gaz.
1. La
violation du traitement juste et équitable
Dans son examen
du traitement juste et équitable, le tribunal arbitral examina les
garanties accordées par l’Argentine au titre de ces différentes lois et
réglementations. Il en dénombra quatre :
-
L’article 41.1 du
décret n° 1738/92 et la section 9.2 des « Reglas Básicas de
la Licencia »
disposaient que les prix seraient calculés en dollars avant d’être
convertis en pesos ;
-
La
section 9.4.1.1 des « Reglas Básicas de
la Licencia »
disposait que les prix seraient l’objet d’un réajustement semi annuel en
vertu du United States Producer Price Index (« PPI ») ;
-
L’article 38 de la loi sur le gaz garantissait à l’investisseur que les
prix seraient suffisants pour couvrir l’ensemble des coûts et assurer un
bénéfice raisonnable ;
-
La
section 9.8 des « Reglas Básicas de
la Licencia »
garantissait aux investisseurs étrangers que le système tarifaire ne
ferait pas l’objet d’un gel ou d’un contrôle des prix sans compensation.
Ces garanties
ont volé en éclat avec l’adoption par l’Argentine de la
loi d’urgence publique n° 25.561 (2002). L’article 8 disposait d’une
part, que les prix ne seraient désormais plus calculés en dollars mais
directement en pesos et d’autre part, qu’il n’y aurait plus de
réajustement tarifaire semi annuel. Le tribunal arbitral constata qu’aucun
réajustement n’avait été effectué depuis le mois de juillet 1999. Les
arbitres ont alors recherché les éléments constitutifs de l’obligation de
traitement juste et équitable. Le tribunal arbitral rappelle qu’une
jurisprudence récente mais constante établit que la stabilité juridique et
économique de l’investissement constitue un élément essentiel (Voir les
affaires CMS c. Argentine, Occidental Exploration and Production
Company c. Equateur et Metalclad c. Mexique). La stabilité de
l’investissement nécessitait également que soit pris en considération les
attentes légitimes de l’investisseur : « […]
The foreign investor expects the Host State to act in a consistent manner,
free from ambiguity and totally transparently in its relations with the
foreign investor, so that it may know beforehand any and all rules and
regulations that will govern its investments, as well as the goals of the
relevant policies and administrative practices or directives to be able to
plan its investments and comply with such regulations » (par. 127,
considérant de principe de la sentence Tecmed).
Le tribunal
conclut que l’Argentine a violé l’obligation de traitement juste et
équitable. Elle ne respecta pas les garanties fixées par la loi ; elle
traita les investisseurs de l’industrie du gaz de manière différente de
celles des autres secteurs (eau, électricité) ; elle abandonna
prématurément le système de réajustement semi annuel et refusa de le
rétablir quand la situation se normalisa ; enfin, elle viola cette
obligation lorsqu’elle imposa aux investisseurs de renégocier leurs
contrats alors qu’aucune réelle négociation ne fut entamée.
2.
L’acceptation de l’état de nécessité
Tout au long de
la sentence, le tribunal arbitral s’est efforcé de faire le lien entre le
contexte de crise économique et financière que traversa l’Argentine et
l’effet des mesures prises sur les investisseurs étrangers.
L’article XI du
TBI conclu entre l’Argentine et les Etats-Unis dispose : « This Treaty
shall not preclude the application by either Party of measures necessary
for the maintenance of public order, the fulfilment of its obligations
with respect to the maintenance or restoration of international peace and
security, or the protection of its own essential interests ».
La question de
l’état de nécessité amena le tribunal arbitral à se poser deux questions :
-
Le
contexte dans lequel se trouvait l’Argentine à cette période lui permet-il
d’invoquer l’article XI ?
-
Les
mesures prises par l’Argentine étaient-elles nécessaires pour maintenir
l’ordre public et protéger ses intérêts essentiels ?
Le tribunal
arbitral affirma qu’entre le 1er décembre 2001 et le 26 avril
2003, l’Argentine était en crise et qu’elle pouvait à cet effet prendre
des mesures pour maintenir l’ordre public. Une remarque s’impose alors au
lecteur : le tribunal arbitral considère que le commencement de l’état de
nécessité est antérieure à la loi d’urgence publique de 2002. Selon les
arbitres, le mois de décembre 2001 marqua le plus haut degré de désordre
et de menace sur la sécurité nationale.
Le
tribunal arbitral rejeta ensuite l’idée selon laquelle l’article XI
s’appliquerait uniquement en temps de guerre : « When a State’s economy
foundation is under siege, the severity of the problem can equal that of
any military invasion ».
Après avoir
établi la distinction entre l’état d’urgence et les circonstances
exceptionnelles, le tribunal arbitral examina les conditions cumulatives
posées par l’article 25 du projet sur la responsabilité des Etats de la
commission du droit international. Cet article dispose :
1.
l’Etat ne peut invoquer l’état de nécessité comme cause d’exclusion de
l’illicéité d’un fait non conforme à l’une de ses obligations
internationales que si ce fait :
a)
constitue pour l’Etat le seul moyen de protéger l’intérêt essentiel contre
un péril grave et imminent ; et
b)
ne
porte pas gravement atteinte à un intérêt essentiel de l’Etat ou des Etats
à l’égard desquels l’obligation existe ou de la communauté internationale
dans son ensemble.
2.
En
tout cas, l’état de nécessité ne peut être invoqué par un Etat comme cause
d’exclusion de l’illicéité :
a)
si
l’obligation internationale en question exclut la possibilité d’invoquer
l’état de nécessité ; ou
b)
si
l’Etat a contribué à la survenance de cette situation.
Le tribunal
arbitral s’intéressa tout d’abord à l’interprétation de la notion
d’ « intérêt essentiel ».
Il
cita en ce sens Roberto Ago : « essential interests include those related
to different matters such as the economy, the ecology or other » (par.
251). Le
tribunal arbitral se référa également à cet éminent Professeur dans sa
recherche de l’interprétation du caractère sérieux et imminent de la
situation : « The threat must be « extremely grave » and « imminent ».
Enfin, le tribunal arbitral constata que le demandeur n’avait pas prouvé
que l’Argentine avait contribué à la survenance de cette crise. Il
considéra plutôt que l’attitude de l’Etat argentin démontra sa volonté
d’atténuer la sévérité de la crise par tous les moyens.
Les arbitres
dans la sentence LG&E ont su faire preuve de justesse. Le tribunal
arbitral conclut tout d’abord à la violation de l’obligation de
traitement juste et équitable. Il reconnut en revanche l’état de nécessité
pour la période du 1er décembre 2001 au 26 avril 2003 et
exempta ainsi l’Argentine de sa responsabilité internationale. La question
est maintenant de savoir si cette sentence fera jurisprudence en
perspective des nombreuses décisions à venir relative au contentieux
argentin.

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Croatie Slovénie: regain de tension
au sujet de la frontière maritime
Tidiani
COUMA
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Le 13 février 2007, le Premier ministre de
Slovénie a déclaré : ‘‘The unilateral actions of Croatia will
not be implemented nor acknowledged”(voir).
Cette protestation intervient à la suite de la prolongation par la
Croatie
d’un contrat de forage dans l’Adriatique Nord (voir).
Ce contrat devait bénéficier à la compagnie pétrolière nationale
croate (INA).
La Slovénie ‘‘that the move amounted to a unilateral grab by Croatia
of a sea area that had still to be formally divided by the successor
countries of the former Yugoslavia’’.
La Croatie a rejeté ces allégations, arguant qu’elle recherchait une
issue satisfaisante pour les deux parties. A cet effet, elle a crée
un
groupe
chargé d’élaborer un plan de règlement acceptable.
Ce n’est pas la première fois que la tension montre entre les deux
voisins (voir).
Pourtant cette opposition semble être de moindre importance. En
effet, ‘‘moins de 1 % du tracé frontalier terrestre croato-slovène
fait aujourd'hui l'objet d'un différend qui semble ne pas pouvoir
trouver d'issue par des négociations bilatérales. Le contentieux
concerne en outre la délimitation des eaux territoriales des deux
pays, jusqu'aux eaux italiennes. Pour délimiter ces eaux, la
Croatie
suggère le recours aux dispositions de la
Convention des Nations Unies sur le droit de la mer
en vertu desquelles le partage de la
baie de Piran devrait se faire selon la ligne médiane, à
équidistance des côtes croates et slovènes. Pour des raisons liées à
la topographie du littoral, ceci aurait pour conséquence
d'enclaver entre les eaux territoriales croates et italiennes les
eaux territoriales slovènes qui demeurent sans lien direct avec la
haute mer, car situées au-delà de 12 milles nautiques.
La Croatie estime ‘‘que cela ne saurait nullement entraver le
transit des navires slovènes qui jouissent d'un droit de libre
passage garanti par les textes internationaux. Aussi la Croatie
a-t-elle rejeté la proposition slovène prévoyant l'octroi d'un
corridor vers la haute mer à travers les eaux territoriales croates,
lequel présentait notamment l'inconvénient de priver la Croatie de
son unique frontière commune avec l'Italie. Depuis, les incidents
impliquant des navires de pêche slovènes se sont multipliés. Dans un
souci d'apaisement, le Vice-premier ministre croate, a pour sa part
exprimé le souhait que les relations entre les deux Etats retrouvent
leur sérénité’’.
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Chasse à la baleine : le Japon relance ses
initiatives
Danilo
COMBA |
L’an dernier, pour la
première fois depuis 20 ans, les « pro chasse », emmenés par le Japon, ont
gagné la majorité dans la Commission Baleinière Internationale (CBI/IWC).
A vrai dire il ne s’agit que d’un acte ayant une portée symbolique et
dépourvue de valeur juridique, mais cela n’empêche pas le Japon d’y voir
la possibilité d’annuler la mesure adoptée en 1986 qui prévoit
un moratoire
sur la
chasse commerciale aux baleines décidé à l’intérieur de la CBI, Commission
à laquelle est partie l’Etat du Soleil Levant.
A partir de cet
événement les pays favorables à la chasse professent de manière plus forte
que : « la CBI n'est pas un organisme destiné à empêcher pour toujours
cette chasse, comme certaines nations le voudraient. « Nous voulions donc
organiser un forum extérieur à la CBI en vue de créer une atmosphère
propice aux discussions », explique un responsable japonais.
D’ailleurs, il estime
que la commission internationale ne fonctionne pas et qu’une réforme
s’impose. Réforme également nécessaire quant à la reprise de la chasse à
la baleine. Le Japon souhaite voir les baleines reconnues comme une
ressource naturelle exploitable, ce que la Communauté Internationale
semble avoir désormais exclu dans la plupart des Océans, en donnant aux
baleines un statut précurseur concernant la protection des ressources
marines.
Comme souligne la
doctrine plus attentive, les cétacés ne sont pas seulement protégés, on
vise à leur préservation, par ailleurs encore menacée en conséquence de la
chasse conduite dans le XXe siècle.
La position du Japon ne
semble pas fondée, même si la défense de ces animaux ne constitue pas
encore du droit coutumier. D’autres Etats exercent encore la chasse et la
défendent au titre d’une culture traditionnelle, ou la « déguisent » en
activité à caractère scientifique (Islande et Norvège). Le Japon a
récemment décidé de doubler ses prises de baleines de Minke (petits
rorquals) de 440 à 850 par an.
D'autres
appuient une reprise des chasses, même si ces Etats semblent influencés
surtout par le Japon et par sa stratégie officielle de «programme global
de consolidation des votes».
Dans cette diatribe le
Japon a invité les membres de la CBI à la conférence de Tokyo organisée
par son agence de pêche, visant à proposer des solutions pour que les
négociations au sein de la Commission Baleinière Internationale, souvent
passionnelles et politiquement sensibles, progressent plus sereinement.
Plus
symboliquement, le coup d'envoi de la réunion n'a pas été donné à Tokyo,
mais il s'est produit quelques jours avant au large de l'Antarctique,
quand un baleinier nippon, le Kaiko Maru, a lancé un signal de détresse
après avoir été
éperonné par un navire de l'organisation écologiste Sea Shepherd.
De nombreux pays et
organismes anti-chasse ont appelé à un boycott pur et simple de cette
réunion (estimant que ce forum ne vise pas la normalisation mais la
commercialisation des baleines), ce qui a effectivement eu lieu avec une
participation de seulement 37 Etats sur 72 membres de la Commission.
Le ministre islandais
de la Pêche, Einar Kristinn Guofinnsson, a pour sa part dénoncé le boycott
prévu par les pays anti-chasse, tels la Grande-Bretagne, les Etats-Unis,
le Canada ou l'Australie.
L'Islande vient d’annoncer qu'elle allait reprendre la chasse commerciale
à la baleine, chasse que la Norvège était jusqu'alors le seul pays à
pratiquer ouvertement.
Le Japon a menacé de se
retirer de la Commission Baleinière Internationale (CBI) si celle-ci
n'autorisait pas la reprise de la pêche dans les prochaines années.
Les idées
dégagées à Tokyo, parmi lesquelles l'instauration du vote à bulletin
secret, seront soumises aux membres de la Commission pendant leur
prochaine réunion annuelle, en mai prochain, en Alaska.
Tokyo a par ailleurs
demandé à la Commission d'autoriser les pêcheurs de quatre villes côtières
du Japon, de tradition baleinière, à un certain nombre de prises de
rorquals dans des zones définies en mer d'Okhotsk et dans le Pacifique
ouest.
| Obs. La France est également fermement
opposée au rétablissement de la chasse à la baleine et elle relève
surtout le peu d'intérêt économique de cette activité. L'industrie a
développé des produits de substitution pour les différentes
utilisations de la baleine, sa chair et son lard ne sont pas très
recherchés par les consommateurs, même dans les pays qui pratiquent
traditionnellement cette chasse (PW). |

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