Philipe WECKEL-- Anne RAINAUD-- Guillaume AREOU-- Sarah CASSELLA-- Julien CHESNEL-- Danilo COMBA

Florina COSTICA-- Emmanuelle DEWUYST-- Tidiani COUMA-- Valérie GABARD-- Edith PINCOVAI-- Anne-Laure PROVENCE

Fatma RAACH-- Sabrina RAHMANI-- Karine RINALDI-- Jacobo RIOS RODRIGUEZ

Antonella SAMPO-- Noémie SIMONEL-- Sébastien TOUZE -- Aude VASSEUR-- Sabrina URBINATI

 

Sommaire

N°131

   
 
 

 

 

 

 
 

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2008 et l'Europe

1) élargissement de l'espace Schengen de 15 à 24 pays

Depuis le 21 décembre 2007 l'Estonie, la République tchèque, la Lituanie, la Hongrie, la Lettonie, Malte, la Pologne, la Slovaquie et la Slovénie font partie de l'espace Schengen.

2) la Slovénie, premier PECO à la présidence de l'UE

3) Chypre et Malte font leur entrée dans la zone Euro

 

 

 

 

Prorogation du mandat de la Force multinationale en Iraq

Aude Vasseur

 

 

Le Conseil de Sécurité a adopté à l’unanimité la résolution 1790 prorogeant d’un an le mandat de la Force multinationale sous commandement unifié américain en Iraq (FMN-I). La résolution rappelle que la FMN-I est présente sur le territoire iraquien à la demande du Gouvernement de cet Etat et respecte les conditions posées par le Premier Ministre iraquien pour respecter l’équilibre entre, d’une part, la nécessité de proroger le mandat de la FMN-I pour un an et, d’autre part, les progrès réalisés par l’Iraq dans le domaine de la sécurité (voir la lettre adressée par le Premier Ministre iraquien au Président du Conseil de Sécurité annexée à la résolution). Conformément à ces conditions, le Conseil de Sécurité indique que c’est la dernière fois que le mandat de la FMN-I est renouvelé et qu’il pourra y mettre fin avant le 31 décembre 2008 sur demande du Gouvernement iraquien ou lors de l’examen du mandat de la force le 15 juin 2008 (voir la dépêche du 19 décembre 2007). En outre, la résolution réaffirme solennellement le respect de l’indépendance, de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de l’Iraq et l’engagement des autres Membres à respecter le principe de non-intervention dans ses affaires intérieures, conformément aux vœux du Premier Ministre iraquien. Les autres conditions redéfinissent la répartition des compétences en matière de sécurité entre le Gouvernement iraquien et la FMN-I. Le premier sera responsable du recrutement, de la formation, de l’armement et de l’équipement de l’armée et des forces de sécurité iraquiennes, ainsi que du commandement et du contrôle de ces forces et de l’arrestation, de la détention et de l’emprisonnement. La FMN-I se contentera, quant à elle, d’apporter son appui et son soutien à ces forces.

          Ces conditions illustrent donc la volonté du Gouvernement iraquien d’affirmer son indépendance et d’exercer lui-même la souveraineté sur son territoire et la nouvelle place attribuée à la FMN-I, qui ne doit plus se substituer aux autorités locales, mais simplement les assister dans les conditions décidées d’un commun accord entre les parties.  Le Conseil de Sécurité, en respectant ces conditions, ne fait qu’entériner un accord négocié par l’Iraq et les Etats-Unis, qui reflète les dispositions de la Déclaration de principes pour la relation de coopération et d’amitié à long terme, adoptée par les deux Etats le 26 novembre dernier. Cette déclaration pose les bases d’une coopération bilatérale dans les domaines politique, économique, culturel et sécuritaire tout en réaffirmant clairement la souveraineté et l’indépendance de l’Iraq.

          Cette affirmation de la souveraineté et de l’indépendance de l’Iraq correspond également à une évolution de la situation sur le terrain. En effet, les institutions politiques iraquiennes sont désormais en place (voir Sentinelles n° 50 et 68) et le transfert des responsabilités en matière de sécurité aux forces de sécurité iraquiennes dans la province de Bassorah (voir la dépêche du 17 décembre 2007) permet aux autorités iraquiennes d’administrer et surveiller seules neuf provinces sur dix-huit. Malgré ces progrès, le Conseil de Sécurité réaffirme dans la résolution que la situation en Iraq continue de menacer la paix et la sécurité internationales et agit en vertu du Chapitre VII de la Charte. En effet, la situation humanitaire est toujours préoccupante et les bombardements turcs de ces dernières semaines dans le Nord de l’Iraq (voir la dépêche du 18 décembre 2007) montrent la fragilité de la sécurité iraquienne aussi bien sur le plan interne qu’externe. Le Premier Ministre a néanmoins indiqué dans sa lettre qu’il compte qu’à l’avenir le Conseil de Sécurité sera en mesure de traiter de l’Iraq sans avoir à adopter de mesure en vertu du Chapitre VII. Il estime donc que dans un an, la situation ne pourra plus être qualifiée de menace contre la paix et la sécurité internationales.

          L’affirmation de la fin définitive du mandat de la FMN-I au plus tard le 31 décembre 2008 correspond à cette perspective d’évolution de la situation et aux annonces de désengagement progressif faites par certains Etats participant à la FMN-I, dont les Etats-Unis (voir Sentinelle n° 118). Tout le problème est désormais de déterminer comment aider l’Iraq à devenir et demeurer un Etat stable sur le plan sécuritaire et politique après le départ de la FMN-I. Dans le domaine politique, le principal défi à la création d’un Iraq démocratique, fédéral et unifié demeure la persistance de conflits « sectaires et ethniques » (voir le P.V. de la réunion du Conseil de Sécurité du 19 novembre 2007). Certes, le mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Iraq (MANUI) a été renforcé par la résolution 1770 pour lui permettre d’améliorer son soutien au renforcement des institutions représentatives, de favoriser le dialogue politique et la réconciliation nationale, ainsi que la conciliation avec les pays voisins et l’aide aux groupes vulnérables. Cependant, cette opération a toujours des difficultés à remplir son mandat en raison des conditions de sécurité. Le retrait de la FMN-I d’ici un an nécessite donc de repenser et surtout de trouver un accord sur la forme de l’aide internationale apportée à l’Iraq et le futur rôle de l’ONU dans cet Etat.

Dans l’attente d’une nouvelle conception de l’aide internationale en Iraq, notons que le Conseil de Sécurité a également prorogé pour la même période et dans les mêmes conditions les arrangements sur le versement des produits pétroliers au Fonds de développement pour l’Iraq et le mandat du Conseil international consultatif et de contrôle de ce Fonds (voir le communiqué de presse du 19 décembre 2007).

 

 

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Conférence internationale des donateurs pour l’Etat Palestinien (Paris 17 décembre 2007)

Prof. Philippe WECKEL

 

 

Nous ne souhaitons pas être une nation de mendiants, dépendante du monde pour nourrir son peuple. Nous avons les capacités, le niveau d’éducation et le talent pour bâtir une économie prospère et une démocratie forte.

Salam Fayyad, Premier ministre de l'Autorité palestinienne

 

 

 

 

 

 

Voir la position du gouvernement israélien sur cette question

FM Livni visits IDF Judea and Samaria Division

7 Jan 2008

 

 

Lors de la Conférence de Paris 87 Etats et iorganisations internationales (liste des participants) ont apporté un soutien financier et économique important au processus de paix engagé à Annapolis. Les promesses de dons ont dépassé toutes les espérances puisqu'elles ont atteint près de 150% du montant de l'aide réclamée par l'Autorité palestinienne, soit 7,4 Mds $ destinés à soutenir la construction institutionnelle du futur Etat palestinien et la reprise économique dans les territoires occupés par Israël. Cet effort s'étalera sur les trois années à venir, dont 3,4 Mds $ pour 2008.

Le geste des donateurs montre l'importance que la la Communauté internationale reconnaît à l'autodétermination du peuple palestinien (dans le cadre d'une vision de deux Etats existants côte à côte). Il témoigne de la confiance accordée à une équipe, celle que dirige le Président Abbas, et surtout à un homme, son Premier ministre, M. Salam Fayyad. Dans leur déclaration lue à la fin de la Conférence, "la Présidence et les co-Présidences (ont félicité) l’Autorité palestinienne pour son plan intitulé « Construire un Etat palestinien ». Celui-ci comprend un programme macro-économique et budgétaire ambitieux mais cohérent et réalisable, bénéficiant du soutien du FMI et de la Banque mondiale. Il définit clairement les étapes que l’Autorité palestinienne doit franchir, avec la communauté internationale et Israël, pour mener à bien ses objectifs de réforme et de développement dans les 36 mois à venir. Nous avons confiance en l’Autorité palestinienne pour continuer à perfectionner ce plan afin d’assurer la continuité de ce processus de réforme, notamment dans le secteur de la sécurité".  Economiste réputé, M. Salam Fayyad a réformé en profondeur la gestion de l'Autorité palestinienne en imposant les règles de transparence et de gouvernance de la comptabilité publique. Témoignant ainsi de l'énorme confiance accordée à l'Autorité palestinienne, le FMI a  conclu que le Ministère palestinien des Finances "peut recevoir les fonds des donateurs directement à travers le compte unique" (le compte du Trésor public). L'allocation de l'aide par les donateurs internationaux devrait ainsi être considérablement facilitée.

Néanmoins la réalisation du plan palestinien serait irrémédiablement compromise si le gouvernement israélien était empêché d'adopter une attitude coopérative à l'égard de l'Autorité palestinienne, s'il ne réduisait pas les barrages qui asphyxient l'économie dans les territoires occupés et s'il poursuivait les opérations armées commencées il y a quelques jours en Cisjordanie. Ces interventions sabotent les efforts de construction de l'Etat par le renforcement des forces de sécurité palestiniennes. Tous ces courants d'opinion et ces pouvoirs israéliens hostiles à la paix qui font tanguer le navire gouvernemental devraient assimiler le fait qu'Israël joue actuellement sa crédibilité auprès des Etats qui le soutiennent fortement et qui sont aussi les meilleurs soutiens de l'Autorité palestinienne.

MAEE, Conférence internationale des donateurs pour l’Etat palestinien

Consul général de France à Jerusalem, Conférence internationale des donateurs pour l’Etat Palestinien (Paris, 17 décembre 2007)

Le rapport du FMI :

MEDIUM-TERM MACROECONOMIC AND FISCAL FRAMEWORK FOR THE WEST BANK AND GAZA

Le rapport de la Banque mondiale :

Investing in Palestinian Economic Reform and Development

Allocution du représentant de la Banque mondiale :

Statement by World Bank Managing Director Mr. Juan-Jose Daboub at Palestinian Donors' Conference

Allocution de la Ministre israélienne des Affaires étrangères

Address by Vice Prime Minister and Minister of Foreign Affairs Tzipi Livni to the Paris Donors Conference

 

DEPLACEMENT EN EGYPTE
ENTRETIEN
DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES
ET EUROPEENNES,
M. BERNARD KOUCHNER,

AVEC L'HEBDOMADAIRE EGYPTIEN "AL-AHRAM"


(Le Caire, 2 janvier 2008)
 

 

Q - Pourquoi l'Union européenne ne joue-t-elle pas de rôle politique dans le règlement du conflit israélo-palestinien qui soit à la hauteur de sa contribution financière au processus de paix ?

R - L'Europe n'est pas assez adulte. Cependant, l'Europe est très impliquée à travers le Quartet international sur le Proche-Orient, dont le représentant n'est autre que Tony Blair, un Européen très convaincu. C'est lui qui dirige, avec la Commission européenne, la mise en place du plan du Premier ministre palestinien, Salam Fayyad. Je dois encore dire que par rapport à la conférence d'Annapolis, celle de Paris, qui a réuni en décembre les donateurs pour l'Autorité palestinienne, était aussi politique. Les discours des intervenants étaient politiques, les prises de décision étaient politiques. Ce n'était pas seulement de l'argent. C'était une conférence certes de donateurs, mais une conférence très politique. Parce que nous avons le plan de Fayyad qui comprend la bande de Gaza, pour laquelle des projets immédiats sont prévus. Mais s'il n'y a pas l'ouverture des barrages et un vrai arrêt de la colonisation, cela ne marchera pas.

Q - Mais à Annapolis, il a été décidé que seuls les Américains seront juges de l'état d'avancement dans l'application des engagements pris par les Israéliens et les Palestiniens ...

R - C'est vrai. Mais nous, Européens, jugerons des réalités, car si la vie quotidienne des Palestiniens ne s'améliore pas rapidement, le processus de paix ne marchera pas. Et cela c'est nous qui le contrôlons. Il faut donner un rôle plus important à l'Europe. Nous l'avons, et nous l'avons mal joué.

Q - Pensez-vous qu'Israël est vraiment sérieux dans son intention de régler son conflit avec les Palestiniens, surtout qu'il vient d'annoncer de nouvelles constructions à Jérusalem-Est ?

R - Ces nouvelles constructions ne sont pas un bon signe. Mais je crois qu'Israël est sérieux. Le Premier ministre Ehud Olmert et le président palestinien Mahmoud Abbas sont très faibles chacun de son côté. Et c'est peut-être cette faiblesse-là qui est le grand atout. Les deux hommes sont sincères dans les limites de leurs possibilités. Moi, j'y crois. Feignons au moins d'y croire. Faisons tout pour y croire.

 


 

 

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Kosovo : carence du Conseil de sécurité

Julien CHESNEL

 

 

Le Conseil de sécurité s’est réuni le 19 décembre 2007 pour se pencher sur la question du Kosovo. La Serbie et le Kosovo ont présenté, par leur premier ministre et leur président respectivement, les arguments pro et contra indépendance. Pour le président du Kosovo, Fatmir Sedju, son indépendance apparaît comme étant « d’un intérêt vital ». Ce point de vue est partagé par les Etats-Unis et l’Union européenne. A contrario, soutenue par la Russie, la Serbie ne souhaite pas abandonner sa province pourtant déjà administrée par les Nations Unies (MINUK) et défend « son intégrité territoriale et sa souveraineté », comme le souligne le premier ministre serbe Vojislav Kostunica citant à plusieurs reprises la Charte des Nations Unies. 

 Fatmir Sedju a indiqué qu’ « il est très important que nous soyons engagés dans la formation d'un nouveau gouvernement démocratique capable de défendre les droits de toutes les communautés. Nous nous engageons à maintenir de bonnes relations dans notre région et à y préserver la stabilité ». Il a rappelé que de bonnes relations avec la Serbie sont à terme attendues. De plus, il s’est tourné vers l’Union européenne censée garantir les bonnes relations avec ses voisins.

 Pour le premier ministre serbe, « une mission de l'Union européenne est une violation de la résolution 1244 ». Ce point de vue a été réitéré le lendemain par le gouvernement serbe. Par ailleurs, Vojislav Kostunica a refusé l' « annonce d'une déclaration unilatérale d'indépendance ou d'une 'annonce coordonnée' » du Kosovo, annonce qui serait immédiatement rejeté par la Serbie qui continuerait de voir le Kosovo comme une partie de son territoire. Pour régler la situation, la Serbie a insisté sur le fait que la solution se trouvait dans le droit international et non dans la guerre.

Le représentant des Etats-Unis a rappelé que le blocage du plan Ahtisaari provenait de l’opposition russe. Devant l’absence de compromis et d’accord, les Etats-Unis souhaiteraient voir la Russie approuver le plan Ahtisaari.

 Enfin, le représentant de la Fédération de Russie, Vitaly Churkin s'est, lui, déclaré « optimiste et confiant sur le fait que les négociations pourraient continuer ». La Fédération de Russie a proposé un nouveau projet de résolution prévoyant une « feuille de route » pour encourager les négociations.

 Par conséquent, les négociations à l’ONU sont un échec. Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU n’ont pu se mettre d’accord. Les membres européens du Conseil de sécurité et les Etats-Unis ont pris la décision de transmettre le dossier à l’Union européenne et à l’OTAN alors même que la Russie et la Serbie y sont opposées. Le rôle de l’Union européenne avait déjà été précisé par le Conseil européen le 14 décembre 2007. Celui-ci avait alors souligné que « l'UE est prête a jouer un rôle de premier plan dans le renforcement de la stabilité dans la région et dans la mise en œuvre d'un accord définissant le statut futur du Kosovo ».

Quai d'Orsay,

Point de presse du 20 décembre 2007

2 - KOSOVO

(Le Conseil de sécurité de l'ONU n'a atteint aucune conclusion spécifique, après des consultations sur le statut du Kosovo. Quelle est votre réaction ? Pensez-vous que le statu quo au Kosovo est tenable ?)

Comme l'ont rappelé les membres européens du Conseil de sécurité et les Etats-Unis lors du débat qui s'est tenu hier à New York, en présence du Premier ministre serbe, M. Kostunica, et du président kosovar, M. Sejdiu, le statu quo au Kosovo n'est pas tenable.

C'est également ce qu'avait affirmé le Conseil européen le 14 décembre à Bruxelles, en soulignant la disponibilité de l'Union européenne à jouer un rôle de premier plan dans le renforcement de la stabilité du Kosovo, notamment grâce au lancement d'une mission PESD.

 

Quai d'Orsay,

POINT DE PRESSE DU 21 DECEMBRE 2007

10 - KOSOVO

(Au Kosovo, on se trouve actuellement dans une situation encore plus compliquée. En effet, d'une part, tout le monde est d'accord pour penser que le statu quo actuel est intenable, par ailleurs, l'Union européenne a proposé de jouer un rôle d'intermédiaire. On ne voit pas vraiment dans quel sens l'Union européenne souhaite agir. En plus, le prochain Président de l'Union européenne est un slovène, la Slovénie est le seul pays de l'ex Yougoslavie qui se trouve déjà au sein de l'Union européenne. Pratiquement, que peut-on attendre ? Comment peut-on préparer une intervention ou une aide de l'Union européenne ?)

Vous avez raison de rappeler que la Présidence slovène va s'impliquer activement dans ce dossier. Elle a d'ores et déjà fait savoir que le Kosovo est pour elle un dossier très important et qu'elle veillerait à le faire progresser. Vous avez rappelé l'ensemble des éléments, je n'y reviens donc pas.

Le Conseil européen a indiqué la disponibilité de l'Union européenne à jouer tout son rôle dans cette région. C'est en effet un problème européen, comme l'a rappelé à de nombreuses reprises M. Bernard Kouchner. L'intervention européenne devrait se marquer, nous l'espérons très vite, par le déploiement d'une opération PESD qui devrait contribuer à assurer la stabilité dans cette région.

(Cette force s'ajoutera-t-elle à la KFOR ?)

Il y a deux choses. Comme cela ressort des débats qui ont eu lieu hier au Conseil de sécurité des Nations unies, nous continuerons à agir aussi bien dans le cadre de l'Union européenne que dans celui de l'OTAN avec la KFOR. L'action de l'Union européenne s'inscrira dans la suite de ce que faisait la MINUK dans les domaines de la police et de la justice.

 

 

 

Refus du Parlement serbe de reconnaître l’indépendance du Kosovo

par Julien Chesnel

 

 

Lors de la seconde session régulière de l’Assemblée nationale serbe, le 27 décembre 2007, les députés serbes ont adopté une résolution où la Serbie menace de renoncer à son intégration au sein de l'Union européenne et de rompre ses relations diplomatiques avec les pays occidentaux prêts à reconnaître l'indépendance de la province du Kosovo.

L’actuel président de la Serbie, Boris Tadic, le Président du Gouvernement serbe, Vojislav Kostunica, le Ministre du Kosovo et de la Metohia, Slobodan Samardzic ainsi que les ministres du gouvernement de la Républic de Serbie étaient présents.

 Le Président Boris Tadic a rappelé qu’il ferait tout ce qui est en son possible pour que le Kosovo reste serbe et que jamais la Serbie ne reconnaîtra l’indépendance du Kosovo. Selon lui, les problèmes doivent se régler devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Il demande la poursuite des négociations, l’isolement de la Serbie étant préjudiciable aux citoyens.

 Le premier ministre, Vojislav Kostunica, a indiqué que tous restaient soudés contre l’indépendance du Kosovo. Pour V. Kostunica, beaucoup moins modéré que le Président Tadic, le rejet sans équivoque de l’indépendance du Kosovo est nécessaire puisque les Etats-Unis d’Amérique (ci-après EUA) ont opté pour une violation du droit international et du système des Nations Unies. Même si les EUA ont la force de leur côté, Vojislav Kostunica a déclaré que la Serbie a la loi pour elle. Tout comme le Président Tadic, il prône la continuation des négociations.

Le ministre du Kosovo et de la Metohia, Slobodan Samardzic, souligne que l’attitude de certains pays européens et des EUA démotive la délégation albanaise du Kosovo et rappelle que la continuation des négociations proposée par la Russie a été bloquée par les EUA.

 Après les débats avec les parlementaires et en guise de conclusion, Vojislav Kostunica a rappelé que la mission civile européenne est illégale en vertu du droit international.

 Avec 150 voix pour, 19 contre et 3 abstentions, l’Assemblée nationale a adoptée le rapport du Groupe de contact sur le futur statut du Kosovo et de la Metohia.

 Avec 220 voix pour, 14 contre et 3 abstentions, l’Assemblée nationale a adopté la proposition d’une résolution pour la protection de la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’ordre constitutionnel de la République de Serbie.

 

Daily Press Briefing
Tom Casey, Deputy Spokesman
Washington, DC
December 28, 2007



QUESTION: Mr. Casey, on Kosovo, Russia's Ambassador to the UN Vitaly Churkin stated, "Any move towards unilateral independence would clearly be outside the limits of international law." How do you respond since you are supporting unilateral independence too for Kosovo?

MR. CASEY: Mr. Lambros, you know our position on Kosovo quite well. I think you can speak to any numbers of lawyers at the United Nations or with any of the individual countries there that will tell you that proceeding as we have suggested and as we believe is appropriate with the implementation of the Ahtisaari plan is perfectly in accord with Resolution 1244 and international law.

QUESTION: How do you respond to the British Ambassador to the UN (inaudible) statement on Kosovo against (inaudible) U.S. interests, "The principle of territorial integrity is qualified by the principle of self-determination." Do you agree with it?

MR. CASEY: Mr. Lambros, I'm not sure what that quote means, but you know our position on Kosovo and we're quite clear on it and that's the lines we intend to follow.

QUESTION: And the last one, Mr. Casey. According to reports, British Councils in Russia have been shut down for unknown reasons. I am wondering if your government is aware about that and if that is related with the difference on Kosovo issue between Moscow and London.

MR. CASEY: Mr. Lambros, I understand that there was some discussion of possibly closing the British Councils operations in, I believe it was St. Petersburg and Yekaterinburg. My understanding is that this was a dispute between the two parties that had an unknown basis, and I'd leave it to the Russian Government to explain why they would consider closing organizations that have played a very important role over time in promoting peaceful cooperation between countries, promoting cultural exchange and promoting the kinds of discussions among civil society and among individuals that I think everyone ought to support.

QUESTION: What is your position?

MR. CASEY: Well, again, we believe that these are valuable organizations and would certainly hope that they be allowed to continue to operate in Russia.

 

Statement by Sir John Sawers, Permanent Representative of the United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland to the United Nations

 

..."It is unsurprising therefore that the EU and US negotiators came to the clear view that the potential for a negotiated solution is exhausted. We reluctantly have reached the same conclusion.
In such circumstances, the role of this Council should normally be to help shape and lead the new situation we face. But it seems, including from Council discussions in recent days, that the position of one Council member in particular will not allow this to happen.
We regret this impasse in the Council. But we cannot allow it to prevent action to settle Kosovo's status.

We are convinced of the need to move forward towards a Kosovo settlement, as agreed by the European Council meeting last week. This should be done in a careful and coordinated way. The UK view is that the most responsible way forward is to proceed on the basis of the Comprehensive Proposal submitted by the UN Special Envoy.
The European Council Conclusions confirm that the EU is ready to play "a leading role" in "implementing a settlement defining Kosovo's future status". NATO Ministers in their meeting on 7 December stated their readiness for the Alliance to play its part in the implementation of future security arrangements.
Our objective is to enable Kosovo to achieve a settled future, which we recognise will require considerable international support and involvement. It will also include far-reaching provisions on minority protection and commitments to regional co-operation.
Our actions will continue to be fully in accordance with international law including resolution 1244. Resolution 1244 provides the legal framework to reach a sustainable final status in Kosovo and for the international presences which will be involved in that effort. Indeed the resolution explicitly foresees the transfer of authority to institutions established under a political settlement.
We do not challenge the importance of the principle of territorial integrity but, as is well-established, it can be qualified by the exercise of the right to self-determination"....

We look to the Government of Serbia to refrain from any action which might disrupt essential services or raise political tensions in any part of Kosovo or indeed in the wider region. In this context, we note with concern the Serbian Government's recent decision to open an office of Serbia's Ministry for Kosovo and Metohija in Mitrovica, an action which is in direct contravention of resolution 1244....

I began by observing that the Security Council had been involved in this issue for the last eight years. Our hope had been that the Council's role could be developed in the new circumstances that we face. It seems clear, however, that this is not going to be the case.
We regret that the Council is unable to reach agreement. But we remain convinced that the time has come, indeed is overdue, to settle Kosovo's future, an issue which is an important part of wider European security..."
 

 

U-K

MILIBAND: KOSOVO AND ZIMBABWE (07/12/07)
 

INTERVIEWER:
Why should Britain be so concerned about what might follow from any unilateral declaration of independence?

DAVID MILIBAND:
Well I think the lesson of history is very clear in this respect, you'll remember that in the early to mid 1990s Britain stood aside from an emerging conflict in the Western Balkans and then we saw the terrible scenes of slaughter and bloodshed in the Western Balkans. So history teaches us that pretending that this is a problem that we don't need to be concerned about is, is very dangerous indeed. In 1999 the UK participated in the UN process that set up a, a clear UN Resolution, Resolution 1244, that created a political process that we are seeing through today. And I think it's very important that provides both the legal base for NATO's actions and for the EU's actions actually but also provide... our very strong view is that the Resolution 1244 does provide the foundation for a political resolution in Kosovo, it certainly doesn't preclude declarations of the sort that you describe, and it's important to, to say that NATO foreign ministers have just agreed that Resolution 1244 provides the foundation for continued NATO presence there.

INTERVIEWER:
Are we prepared to send more if that becomes necessary to maintain that stability?

DAVID MILIBAND:
I don't think anyone's really talking about that and none of the military planners suggest that that's going to be necessary at the moment but obviously NATO has a very careful system of preplanning both for its operations and for reserve troops and the normal precautions are being made in that respect but at the moment I think that what you quoted from President Tadic and Prime Minister Kostunica in the Serbs and the Kosovans actually, saying to the international mediators that under no circumstances would they provoke violence, is an important bulwark against the sort of bloodshed that we've seen before.

INTERVIEWER:
Isn't the wider problem here one of potential precedent? That if Kosovo breaks away and is recognised by the European Union, by Britain, by the United States, that there could be a host of other areas around Europe both in Central Europe and Eastern Europe which want the same and would use that as a precedent and that that process could destabilise Europe?

DAVID MILIBAND:

That's a really good point to think about but also one that I can make clear. The Kosovo process is unique, it's a protected UN Protectorate within a sovereign country.

INTERVIEWER:
Sure but it might be seen that by people on the ground in other parts of Europe, in places like Transnistria or in, in Moldova, in other areas like South Ossetia, they might claim that as the precedent mightn't they? They might not see that fine legal distinction?

DAVID MILIBAND:
Well because they may claim that is why it's a good point that you're putting to me. Let me explain why I think it's not a precedent. Kosovo is unique in the status it has as a UN Protectorate within Serbia. Secondly it's unique given the history of bloodshed in the Western Balkans. Thirdly it's unique because of the 1999 UN Security Council Resolution; none of the other places that you've mentioned have that backing of a UN Security Council Resolution.