|
|
 |
|
Conseil de Sécurité, prorogation du mandat de l’ONUCI.
Anne-Laure PROVENCE
|
Le Conseil de Sécurité a prorogé le les mandats de l'Opération des
Nations Unies en Côte d'Ivoire (
ONUCI ) et des forces françaises qui la soutiennent jusqu'au 30
juillet 2008. Cette double prorogation, présentée par la France,
adoptée à l’unanimité, s’est décidée le
15 janvier 2008 , par la
résolution 1795 (2008) Elle vise à « aider à l’organisation en
Côte d’Ivoire d’élections libres, ouvertes, justes et transparentes
dans les délais prévus par l’Accord politique de Ouagadougou et par
les Accords complémentaires du 28 novembre 2007. »
La résolution demande à l'ONUCI de soutenir la pleine mise en oeuvre
de l'Accord politique de Ouagadougou, en particulier la tenue
d'élections présidentielles en juin 2008 au plus tard.
Dans un
rapport en date du 2 janvier 2008, le Secrétaire Général, M. Ban
Ki-moon avait souligné que « la tenue d'élections crédibles, libres,
équitables et transparentes sera cruciale pour le retour à une paix
durable en Côte d'Ivoire » (dépêche
du 10.01.2008). Dans ce rapport, Ban Ki-moon avait recommandé la
prorogation du mandat de l'ONUCI pour 12 mois. Prorogé pour six
mois, les mandats de l’ONUCI et des forces françaises qui la
soutiennent seront réexaminés, par le Conseil de Sécurité d’ici au 30
juillet 2008. Le niveau des effectifs de l’ONUCI, sera également
revu, « à la lumière des progrès réalisés dans la mise en œuvre des
étapes-clefs du processus de paix. » Le Secrétaire général est prié
« de lui soumettre un rapport sur ces étapes-clefs trois semaines
avant cette date. »
Le Conseil, qui agit en vertu du Chapitre VII de la
Charte des Nations Unies, encourage les parties ivoiriennes à
faire des progrès « concrets » en particulier dans le processus
d'identification de la population de Côte d'Ivoire et d'inscription
des électeurs sur les listes électorales, le désarmement et le
démantèlement des milices, le programme de désarmement, de
démobilisation et de réinsertion, l'unification et la réforme des
forces de défense et de sécurité et la restauration de l'autorité de
l'État sur l'ensemble du territoire.
Réaffirmant ces résolutions précédentes, notamment sa
résolution 1612 (2005) sur les enfants dans les conflits armés et
les conclusions ultérieures du Groupe de travail sur les enfants dans
les conflits armés concernant les parties au conflit armé en Côte
d’Ivoire
(S/2007/93), ainsi que, sa
résolution 1325 (2000) sur les femmes, la paix et la sécurité ; et
enfin sa
résolution 1674 (2006) sur la protection des civils dans les
conflits armés, le Conseil de Sécurité appel « toutes les parties
concernées à faire en sorte que la protection des femmes et des
enfants soit prise en compte dans la mise en oeuvre de l'Accord
politique de Ouagadougou, ainsi que dans les phases de reconstruction
et de relèvement après le conflit ». Et insiste sur « l’importance des
dispositions de l’Accord politique de Ouagadougou et des accords
complémentaires ».
Demeurant activement saisi de la question, le Conseil de sécurité
« prie le Secrétaire général de le tenir régulièrement informé en
particulier de la préparation du processus électoral, y compris de
l’inscription des électeurs sur les listes électorales, notamment en
lui présentant un rapport à cet égard au plus tard le 15 avril 2008. »
|
|
Archive |
|
-
Conseil de sécurité, prorogation du mandat de l’ONUCI et de
l’opération Licorne Sabrina RAHMANI
-
Côte d'ivoire suspension des opérations humanitaires du PAM
Sabrina RAHMANI
-
Côte d’Ivoire menace de sanctions contre les responsables des
violences envers les Nations Unies Sabrina RAHMANI
-
CPI, la Côte d'Ivoire accepte la juridiction de la Cour (A.SAMPO)
-
Côte d'Ivoire, processus de paix et médiation sud-africaine (R.
ADJOVI)
-
Côte d'Ivoire, mise en oeuvre des recommandations du médiateur (R.
ADJOVI)
-
Conseil de sécurité, résolution 1600 sur la Côte d'Ivoire (R.
ADJOVI)
-
DECLARATION DU PRESIDENT DU C.S. SUR LA CÔTE D'IVOIRE
-
Côte d'Ivoire, signature du programme de désarmement, de
démobilisation et de réinsertion (S. CASSELLA)
-
Renforcement de l'embargo sur les armes en Côte d'Ivoire (S.CASSELLA)
-
Conseil de sécurité : résolution 1603 sur la Côte d'Ivoire (S.
CASSELLA)
-
CS. Résolution 1632, Côte d'Ivoire, prorogation du groupe
d'experts sur les armes (S. RAHMANI)
-
CS, Résolution 1633, Côte d'Ivoire, prorogation du mandat du
Président de la République (Prof. P. WECKEL)
-
Côte d'Ivoire, la transition se poursuit (R. ADJOVI)
-
Conseil de sécurité, déclaration présidentielle sur la Côte
d'Ivoire (Prof. P. WECKEL)
|
|

|
|
 |
Attentat contre l’ONU en Algérie
nomination d’une équipe internationale d’enquête
indépendante
Valérie GABARD |
|
|
« Aucun
mot ne peut exprimer le choc, l'indignation et la colère que je
ressens face à l'attaque terroriste contre la mission des Nations
Unies à Alger aujourd'hui »
avait déclaré le secrétaire général Ban Ki-Moon le 11 décembre
dernier, jour de l’attentat d’Alger qui avait détruit le bâtiment du
Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)
et endommagé un bâtiment annexe abritant le personnel du Haut
Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR)
et fait 37 victimes dont
17 parmi le personnel onusien. Pour le Secrétaire général « Il
s'agit d'une attaque non seulement contre les Nations Unies, non
seulement contre les Algériens, mais contre l'humanité elle-même ».
A l’instar du Secrétaire général, de nombreuses instances onusiennes
ont également exprimées leur ferme indignation face à cet acte
terroriste (voir la
liste des déclarations).
Suite à cet attentat, le Secrétaire général
avait expressément demandé au Secrétaire général adjoint pour le
département de la sécurité,
David Veness, de lui remettre un rapport d’enquête sur l'attentat
terroriste. Ce rapport déposé le 11 janvier et qui ne sera pas rendu
public, ne semble pas permettre d’établir tous les faits et le
Secrétaire Général
a donc pris la décision de nommer une équipe internationale
d’enquête indépendante. L’annonce reste cependant imprécise car ni la
composition (qui devrait comprendre des experts internationaux
extérieurs à l'ONU) ni son mandat ne sont réellement précisés mais
devraient l’être « prochainement ». Il est donc difficile à ce stade
de se faire une idée précise de l’étendue des pouvoirs qui seront
octroyés à cette équipe d’enquêteurs. Le Secrétaire général a en outre
indiqué que les travaux de cette équipe seraient eux publiés.
Avec cet attentat le plus grave pour l’ONU depuis l’arrivée du
Secrétaire général, ce dernier prend toute la mesure de la menace
terroriste qui vise directement la communauté internationale dans sa
représentation onusienne et que le fait d’opérer au nom de cette
communauté n’assurait pas une sécurité à son personnel mais en faisait
au contraire des cibles. Déjà en décembre, lors
d’une cérémonie en mémoire des victimes, Ban Ki Moon avait
annoncé une révision des mesures de sécurité des Nations Unies et
demandé aux Etats Membres de mettre en œuvre la
Stratégie mondiale contre le terrorisme adoptée par
les 192 Etats Membres des Nations Unies l'année dernière. Il avait
également rappelé que la sécurité des personnels onusiens était en
priorité une obligation étatique. Lors de l’annonce de la création de
cette commission, Ban Ki-Moon a rappelé cette volonté de renforcer les
mesures de sécurité pour le personnel et ce renforcement semble en
premier lieu exiger d’identifier les questions d’intérêts stratégiques
concernant la sécurité des Nations Unies dans le monde.
En 2007, au moins 42 membres (33 civils et 9 militaires) du personnel
des Nations Unies ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions. Ce
chiffre qui inclut les victimes d’Alger fait de 2007 l’une des pires
années pour le personnel de l’ONU et conduit à parler de « bilan
sanglant » (voir
le communiqué de presse).
|

|
|
 |
CIJ : le Pérou a introduit une requête contre le Chili
Angel HORNA |
|
|
Le 16 janvier 2008, le Pérou a saisi la Cour internationale de justice
au sujet d’un différend qui l’oppose au Chili (v.
communique).
Ce litige porte sur la délimitation des espaces maritimes séparant de
deux Etats. En effet, la Cour a été saisie par le Pérou de façon
unilatérale. La demande péruvienne est fondée sur l’article XXXI du
Traité américain de règlement pacifique du 30 avril 1948, dit Pacte de
Bogotá (v.
texte). Selon
cet article :‘‘In
conformity with Article 36, paragraph 2, of the Statute of the
International Court of Justice, the High Contracting Parties declare
that they recognize, in relation to any other American State, the
jurisdiction of the Court as compulsory ipso facto, without the
necessity of any special agreement so long as the present Treaty is in
force, in all disputes of a juridical nature that arise among them
concerning:
a) The interpretation of a treaty;
b) Any question of international law;
c) The existence of any fact which, if established, would constitute
the breach of an international obligation;
d) The nature or extent of the reparation to be made for the breach of
an international obligation’’.
Lima a décidé de venir devant la Cour mondiale après avoir essayé à
plusieurs reprises et pendant des décennies de trouver une solution
par le biais d’une négociation.
Il s’agit d’un long différend qui a son origine dans les conséquences
d’un conflit armé qui opposa le Chili au Pérou et à la Bolivie vers la
fin de XIX siècle (voir).
Ce conflit fit perdre à la Bolivie son accès a la mer et au Pérou ses
régions de Tarapacá et Arica.
|

|
|
 |
Sahara occidental: échec des
négociations
Noémie SIMONEL |
|
|
Un troisième cycle de négociations
a été lancé le 7 janvier 2008 dans la ville de Manhasset, à Long
Island aux Etats-Unis entre le Maroc et le Front POLISARIO sur
le futur statut du territoire du Sahara occidental. A cet égard, le
représentant de l'ONU les a appelé à faire preuve de
bonne foi dans la conduite de ces négociations conformément aux
résolutions
1754 et
1783. Au regard de l’importance de ces négociations, et comme ce
fut le cas lors des rencontres précédentes, les pourparlers se sont
déroulés à huis clos. L'Algérie
et la Mauritanie participaient également.
Dans le cadre du démarrage de cette
nouvelle phase de négociations, le Secrétaire général avait appelé les
parties à « faire plein usage de cette semaine de pourparlers pour
commencer à s'orienter vers une phase de discussions plus intensive et
substantielle ». Le Conseil pour sa part, avait particulièrement
insisté sur le fait que les parties « poursuivent les négociations
sous les auspices du Secrétaire général, sans conditions préalables et
de bonne foi, en tenant compte des efforts réalisés depuis 2006 et des
événements des derniers mois », et ce, dans l'objectif de parvenir à
une « solution politique juste, durable et mutuellement acceptable »
permettant « l'autodétermination du peuple du Sahara occidental dans
le contexte d'arrangements compatibles avec les buts et principes
énoncés dans la Charte des Nations Unies ». Face à une situation qui
perdure depuis 1976, ayant fait l’objet de plus de 70 résolutions
onusiennes, l’obtention d’une solution mutuellement acceptable
requerra encore un certain temps. Les
deux parties campent en effet sur leurs positions.
Le Maroc, ayant proposé
un statut d’autonomie pour le Sahara occidental soutenu par le
Conseil de Sécurité, a rappelé que le pays
refuserait catégoriquement "toute tentative visant à imposer la
politique du fait accompli, ou à porter atteinte à l'intégrité
territoriale du Royaume, ou à sa souveraineté qui ne sauraient
souffrir d'aucun marchandage ou concession".
Le
Front Polisario réclame pour sa part, l’organisation d’un scrutin
sur l’autodétermination. Comme le rappelle l’envoyé personnel du
Secrétaire général, Peter van Walsum « si les Nations Unies sont là
pour faciliter les discussions par tous les moyens possibles, il est
du ressort des parties de trouver une solution ». Au regard de ces
positions
diamétralement opposées, le processus de paix au Sahara occidental
est encore une fois, retardé. Le troisième round des négociations
n'aura pas été plus fructueux que les précédents. Les deux parties en
conflit se sont séparées sans parvenir à un consensus sur l'avenir de
ce territoire occupé.
Malgré l’échec de ce troisième
round, d’importantes questions ont été soulevées telles que
l'administration, les compétences et les organes envisagés. De même,
les deux délégations ont «réaffirmé leur engagement à faire preuve de
volonté politique et à négocier de bonne foi, comme le demandait le
Conseil de sécurité, et sont convenues qu'il était nécessaire de faire
entrer le processus dans une phase de négociation plus intense et
davantage axée sur le fond».
Un quatrième round est prévu du 11
au 13 mars 2008 au même lieu, sous l'égide des Nations unies. Face à
cette impasse et afin de préparer les prochains pourparlers, Van
Walsum a décidé de se rendre «bientôt» au Maroc, en Algérie et en
Mauritanie pour y entreprendre «des consultations approfondies» avec
les deux parties en conflit et leurs voisins.
En décembre, le Polisario a brandi
la menace d'une reprise de la guerre contre le Maroc si les
négociations échouaient.
|

|
|
|
|
|
Projet de loi autorisant l'approbation de
l'Accord relatif à la coopération transfrontalière en matière policière entre la
France et le Suriname
Noémie SIMONEL
|
Le
projet de loi autorisant l'approbation de l'accord relatif à la
coopération transfrontalière en matière policière entre la France et le
Suriname a été adopté le 18 janvier 2008. Cet accord, signé le 29 juin 2006,
vise à renforcer la lutte contre la délinquance transfrontalière dans une zone
où la France et le Suriname partagent 520 kilomètres de frontières, le long du
fleuve Maroni. Le département de la Guyane voit se multiplier des formes
particulières de criminalité transfrontalières telles que l'orpaillage
clandestin et la migration clandestine. A cet égard, le renforcement de la lutte
contre la criminalité a été initié notamment en renforçant les moyens
opérationnels et juridiques. La loi du 9 septembre 2002 permet la destruction
des matériels saisis utilisés par les orpailleurs irréguliers et celle des
aménagements. L'article 78-2 du code de procédure pénale permet aux officiers de
police judiciaire de procéder à des contrôles des documents d'identité dans une
zone de 20 kilomètres en deçà du littoral et des frontières terrestres, et dans
une zone de 5 kilomètres, de part et d'autre de la route nationale 2, sur la
commune de Régina. De même a été signé un accord de réadmission des personnes en
situation irrégulière, le 30 novembre 2004. Celui-ci n’est pas encore entré en
vigueur.
Le présent accord
vient compléter cet arsenal juridique. En effet, jusqu'à la signature
de cette convention, la coopération policière avec le Suriname était
lacunaire, aucun accord ne la régissant. Seul un accord visant à la
répression des infractions douanières, signé le 25 octobre 2000, est
actuellement en vigueur.
Ainsi, la présente
convention vise à renforcer la lutte contre la délinquance
transfrontalière spécifiquement en améliorant, au niveau local, la
coopération entre les forces de sécurité des deux Etats. Selon
l’article 1, l'accord concerne, pour la France, les forces de police
et de gendarmerie compétentes dans l'arrondissement de Saint-Laurent
du Maroni et, pour le Suriname, les forces compétentes dans les deux
districts frontaliers. Il est applicable dans la zone frontalière
définie comme le fleuve Maroni et une bande d'une largeur de deux
kilomètres à partir de la rive du fleuve sur le territoire de chacune
des parties.
Les articles 4, 5 et 7
concernent le détachement de fonctionnaires et les actions de
coordination et d'échanges. Il prévoit que les agents des services
compétents peuvent participer à des patrouilles conjointes dans cette
zone en qualité d'observateurs. Ces agents ne sont donc pas autorisés
à effectuer des actes de police qui impliqueraient l'usage de la
contrainte et pourraient conduire à une privation de liberté. Revêtus
de leur uniforme national, ils ne peuvent faire usage de leur arme de
service qu'en cas de légitime défense.
L'accord permet
également de détacher un agent pour une durée limitée au sein des
équipes de l'autre partie. L'agent ainsi détaché ne peut effectuer
d'intervention à caractère opérationnel mais contribue à la
préparation et à l'exécution des opérations de remises d'étrangers en
situation irrégulière et à la coordination de mesures conjointes de
surveillance dans la zone frontalière et sur le fleuve Maroni.
L’article 6 stipule
que le régime de responsabilité des agents participant à la
coopération transfrontalière est celui du territoire sur lequel
l'opération se déroule. Le régime de protection s'applique dans les
mêmes conditions que celui de la responsabilité sauf si le régime de
la partie d'origine offre plus de garanties.
Ces dispositions sont
à entendre au regard des dispositions de l’article 2 qui prévoit que
la coopération s'exerce « dans le respect de [...] la souveraineté
respective et du rôle des autorités administratives et judiciaires
territorialement compétentes [des Parties] », et par ailleurs « sans
préjudice [...] du droit interne des Etats parties ». L'accord
comporte par ailleurs, en son article 9, une clause de refus qui
permettra à la France de refuser sa coopération si celle-ci était
susceptible de « nuire à la souveraineté, à la sécurité, à l'ordre
public, aux règles d'organisation ou de fonctionnement de l'autorité
judiciaire ou à d'autres intérêts essentiels de l'Etat ou de
restreindre son droit national ».
Les dispositions
finales de l'article 10 concernent l'entrée en vigueur et la
dénonciation de l'accord, conclu pour une durée indéterminée
|

|
|
|
L'AVOCAT GÉNÉRAL INVITE LA CJCE À ANNULER LE
RÈGLEMENT DU CONSEIL GELANT LES AVOIRS DE M. KADI
Sébastien TOUZE
|
|
|
Sébastien
TOUZE donnera la semaine prochaine son analyse des conclusions rendues par
l'Avocat général dans l'Affaire KADI. Sébastien exprimera certainement sa
satisfaction de voir l'ordre public européen des droits de l'homme triompher
peut être en Europe, mais les Etats vont assurément réagir très négativement à
cette invitation adressée à la Cour de Luxembourg de soumettre les résolutions
du Conseil de sécurité au droit communautaire (PW).
Les
conclusions de l'Avocat général Poiares Maduro
|
|
|
I
I
I
|
La
Commission vérité et réconciliation du Liberia
a débuté
ses audiences
Antonella SAMPO
|
|
|
Le 8 janvier 2008, la
Commission vérité et réconciliation du
Liberia, instituée
en mai 2005, a commencé ses
audiences publiques.
Cette journée particulière a été marquée par la présence de la
Présidente libérienne Ellen Johnson Sirfleaf, qui a soutenu depuis
le début la mise en place de cette commission mais qui a du faire
face, déjà lors des premières audiences, à des témoignages
impliquant des personnalités qui lui sont proches. L’ouverture des
audiences constitue la deuxième étape de ses travaux, la première
ayant consisté en l’établissement d’« un registre des violations et
abus engendrés par ce conflit pour qu’il serve de base à la justice
et à la réconciliation ».
La commission est chargée d’une part, de rechercher les causes
profondes des exactions qui ont frappé ce pays entre 1979 et 2003,
pour « établir la vérité » et d’autre part, de faire la lumière sur
les violations des droits de l’homme et autres abus qui ont commis,
plus précisément entre le coup d’Etat menée par
Samuel Doe
le
12 avril 1980
jusqu’à la destitution de Charles Taylor, le 2 août 2003.
Les
commissaires,
juristes et de dignitaires religieux, ont pour mission l’évaluation
de toutes les exactions commises au cours cette période, qui a un
tournant à compter de la prise de Monrovia et de l’assassinat de
Samuel Doe en 1990, par les troupes du
Front
national patriotique du Liberia
de
Charles
Taylor
(NPLF)
et du
Front
indépendant
(INPLF)
de « Prince »
Yormic
Johnson.
Prévue par
l’Accord de paix d’Accra
(Ghana) d’août 2003, qui a mis fin au conflit, la création de la
Commission a ensuite été entérinée par une
loi adoptée
par le parlement de transition, en juin 2005 (voir
sentinelle du 12 mars 2006).
Le caractère public des audiences est exigé par
l’article VII Section 26 p. de son
mandat.
Cependant, il ne constitue pas une obligation absolue. En effet, la
Commission devra apprécier si la publicité des audiences satisfait à
l’intérêt de la justice. Elle devra également s’assurer de la
sécurité des victimes, témoins et auteurs et que la confrontation
avec le public ne provoque pas un traumatisme supplémentaire pour
les personnes présentes. Ainsi, un huis-clos pourrait être prononcé
à condition que les victimes concernées puissent toutefois assister
aux audiences. Il s’agit là d’un difficile équilibre à atteindre. La
Commission devra aussi garantir que le secret des débats ne soit pas
violé; elle détient seule le pouvoir de publier des informations si
elle estime que c’est « juste et équitable ».
Après s’être déplacée sur l’ensemble du territoire de ce pays ouest
africain, la Commission devrait mettre un terme aux auditions à la
fin du mois de mai 2008 et rendre un rapport au Gouvernement au mois
de juillet, rapport sur la base duquel l’opportunité de l’ouverture
de poursuites judiciaires sera examinée.
A l’instar d’autres commissions de ce type, la TRC (Tructh and
Reconcilation Commission) devra déterminer les responsabilités, sans
juger. L Il est à noter que la Commission a le pouvoir d’entendre
toutes les personnes qu’elle estimera nécessaire d’entendre, un
porte-parole l’a d’ailleurs rappelé devant la presse en déclarant
que « Quel que soit son rang social, si on est convoqué (par la TRC)
pour les audiences, on doit s'y rendre. Ceux qui s'y refuseront
pourraient être convoqués en justice. » Dans le même temps, le
procès de
Charles Taylor
devant le
Tribunal spécial pour la Sierra-Leone,
qui se tient dans les locaux de la Cour pénale internationale à La
Haye, a repris le 7 janvier après une interruption. | |