Philipe WECKEL-- Anne RAINAUD-- Guillaume AREOU-- Sarah CASSELLA-- Julien CHESNEL-- Danilo COMBA

Florina COSTICA-- Emmanuelle DEWUYST-- Tidiani COUMA-- Valérie GABARD-- Edith PINCOVAI-- Anne-Laure PROVENCE

Fatma RAACH-- Sabrina RAHMANI-- Karine RINALDI-- Jacobo RIOS RODRIGUEZ

Antonella SAMPO-- Noémie SIMONEL-- Sébastien TOUZE -- Aude VASSEUR-- Sabrina URBINATI

Sommaire

N°137

 

 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

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Somalie : le Conseil de Sécurité proroge pour six mois l’autorisation de l’AMISOM

Aude Vasseur

 
 

Le Conseil de Sécurité a adopté la résolution 1801 renouvelant l’autorisation de maintenir la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) pour une période de six mois. Cette mission, créée suite aux affrontements qui ont opposé depuis 2006 les forces du Gouvernement fédéral de transition, soutenues par l’armée éthiopienne, aux Tribunaux islamiques, est autorisée à utiliser tous les moyens nécessaires pour « Favoriser le dialogue et la réconciliation en Somalie en concourant à assurer la liberté de mouvement, les déplacements en toute sécurité et la protection de tous ceux qui prennent part au processus de paix; Assurer, le cas échéant, la protection des institutions fédérales de transition afin de permettre à celles-ci d’assumer leurs fonctions et veiller à la sécurité des infrastructures clefs; Aider, selon ses moyens et en coordination avec d’autres parties, à la mise en oeuvre du Plan national de sécurité et de stabilisation et, en particulier, au rétablissement effectif et à la formation des forces de sécurité somaliennes sans exclusive; Concourir, à la demande et selon ses moyens, à créer les conditions de sécurité nécessaires à l’acheminement de l’aide humanitaire; Protéger son personnel, ainsi que ses locaux, installations et matériel, et assurer la sécurité et la liberté de mouvement de son personnel » (voir la résolution 1772).

Le Conseil de Sécurité n’a donc pas donné suite à la demande de déploiement d’une mission des Nations Unies afin de remplacer l’AMISOM faite par l’Union africaine la semaine dernière (voir le Communiqué du 15 février 2008) conformément à la résolution 1744 (voir Sentinelle n° 99). Il faut dire que, selon le Président de la Commission de l’Union africaine sur la Somalie, « les progrès réalisés dans la promotion d’une paix et d’une réconciliation durables en Somalie demeurent extrêmement limités » (voir le Rapport du 18 janvier 2008).

Sur le plan politique, le Congrès de réconciliation nationale s’est tenu du 15 juillet au 30 août 2007, en l’absence de certains groupes d’opposition au gouvernement. L’Accord sur la mise en œuvre des recommandations du Congrès adopté la 16  septembre 2007 a été rejeté par les groupes d’opposition qui ont organisé un Congrès parallèle et ont refusé tout dialogue avec le gouvernement tant que les troupes éthiopiennes ne se seraient pas retirées du pays.

En outre, la situation sécuritaire demeure précaire du fait des attaques menées par les éléments armées opposés au gouvernement contre les forces gouvernementales, les forces éthiopiennes et même l’AMISOM. De plus, l’incapacité des forces gouvernementales à surveiller les côtes somaliennes a entraîné une augmentation de la piraterie, mettant en péril l’acheminement de l’aide humanitaire. Sur le plan humanitaire, la situation sécuritaire entraîne également la mort de nombreux civils lors des affrontements ainsi que des déplacements de population. Malgré ses efforts pour fournir des services médicaux et distribuer de l’eau à proximité de ses locaux, l’action de l’AMISOM est paralysée par un manque de moyens, aussi bien matériels qu’humains. En effet, sur les 8000 soldats autorisés à prendre part à l’opération, seuls 2400 sont actuellement sur le terrain. Le Conseil de Sécurité a donc réitéré l’appel lancé par son Président en décembre dernier (voir la Déclaration du 19 décembre 2007) en demandant aux Etats membres de fournir le personnel et le matériel nécessaires au déploiement complet de l’AMISOM.

Face à l’absence d’amélioration de la situation politique et sécuritaire, le Secrétaire général considère que les conditions nécessaires au déploiement et au succès d’une opération de l’ONU ne sont pas remplies (voir le Rapport du 25 juin 2007). Il a cependant annoncé dans son dernier rapport que les travaux sur la possibilité d’une telle opération se poursuivent et a même envisagé le déploiement d’une force multinationale musclée afin de rétablir la sécurité dans le pays. Il doit rendre un nouveau rapport à ce sujet avant le 10 mars 2008 (voir le Communiqué du 20 février 2008). Quoiqu’il en soit, le maintien du statu quo par la résolution 1801 a été fortement critiqué par le Représentant de l’Afrique du Sud (voir la dépêche du 20 février 2008).

Notons enfin que le Conseil de Sécurité a prorogé l’embargo sur les  armes imposé depuis 1992 (voir la résolution 733), sans tenir compte de la demande d’un assouplissement de l’embargo au profit du gouvernement transitoire. Ce dernier considère en effet que l’embargo sur les armes ne lui permet pas d’équiper ses troupes afin d’améliorer la situation sécuritaire dans le pays.

 

 

 

Archive

 

L'Allemagne propose un mécanisme multilatéral de production et de commercialisation des combustibles nucléaires placé sous l'autorité de l'AIEA

Prof. Philippe WECKEL

 

le texte de la proposition allemande


Germany Outlines Multiparty Approach to Nuclear Fuel Cycle


intervention du ministre fédéral des Affaires étrangères Steinmeier dans le quotidien allemand Handelsblatt


IAEA Welcomes US Contribution of $50 million to Nuclear Fuel Bank


In Focus: Revisiting the Nuclear Fuel Cycle (liens de l'AIEA sur le sujet)


 

 

 

 Le Gouvernement allemand a présenté aux membres de l'AIEA une proposition originale destinée à garantir à tous les Etats l'accès au combustible nucléaire, différente du projet de banque internationale du combustible nucléaire (Nuclear Fuel Bank).

Le projet allemand comporterait la cession par un Etat à l'AIEA d'un espace sur lequel il n'exercerait plus sa souveraineté. Un consortium d'entreprises y produirait, sous l'autorité de l'AIEA, du combustible qui serait commercialisé dans des conditions assurant l'accès de tous les Etats au nucléaire civil, sans contrôle politique.

A priori, on peut douter que la proposition soit accueillie avec enthousiasme par les principales sociétés du secteur, Areva en particulier, mais le projet allemand  n'empêcherait pas les Etats producteurs de poursuivre leur activité nationale tout en s'associant au consortium.

Il convient de rappeler que l'Agence ne peut exercer une activité commerciale et que la liberté d'accès aux usages civils de l'énergie atomique impose une libre concurrence dans ce secteur. Le projet s'efforce de contourner ces obstacles, tout en "dépolitisant" la commercialisation des combustibles nucléaires.

 

Déclaration du ministre fédéral des Affaires étrangères

(Berlin, 19 février)

"Répondre à la demande mondiale d'enrichissement nucléaire est l'un des défis stratégiques de notre époque. Si nous voulons maîtriser les risques de l'enrichissement d'uranium, nous devons encourager la coopération internationale. Notre proposition jette un pont entre les intérêts des États qui disposent dès à présent d'installations d'enrichissement et ceux qui sont tributaires de la livraison d'uranium enrichi.
Un procédé transparent commun offre la possibilité de concilier sécurité de l'approvisionnement et non-prolifération. Nous avons de nouveau rencontré à Vienne un écho très positif. C'est pourquoi nous continuerons de plaider avec insistance en faveur d'un modèle multilatéral auprès de tous les intéressés.
Le ministère fédéral des Affaires étrangères souligne au moyen de cette initiative les efforts déployés par le gouvernement fédéral pour résoudre les questions de sécurité dans le cadre d'une coopération internationale. Les représentants de tous les États membres de l'AIEA étaient invités à cette réunion.
M. Steinmeier a soumis sa proposition pour la première fois en septembre 2006. Depuis, le gouvernement fédéral a élaboré cette proposition de façon très détaillée avec l'appui d'experts et en contact étroit avec l'AIEA.
L'installation en question serait placée sous contrôle de l'AIEA et non sous contrôle d'un gouvernement national. En raison de son statut, l'AIEA a la possibilité d'administrer une telle installation. Il est prévu dans ce contexte que l'AIEA ne mène pas elle-même d'activités commerciales. L'industrie nucléaire des pays intéressés se chargera du financement et de l'exploitation de l'installation. Le transfert de technologies sensibles sera exclu par des mesures appropriées.
Des installations nationales d'enrichissement d'uranium développées de façon autonome devraient être inintéressantes du point de vue économique par rapport à la participation à cette installation multilatérale.
 

AIEA Press Release 2008/04

High-Level Panel of Experts to Recommend Future Course for IAEA

 

25 February 2008 | A high-level panel of experts, charged by IAEA Director General Mohamed ElBaradei with making an assessment of the challenges the IAEA will face up to the year 2020 and beyond, holds its initial meetings in Vienna 25 - 26 February.

The Commission of Eminent Persons, under the chairmanship of former Mexican President, Ernesto Zedillo, includes 18 senior international figures, and will make recommendations on ways in which the Agency can prepare to meet its expanding workload.

The Commission´s findings are intended to stimulate further discussion - among Member States, between the States and the IAEA Secretariat, and by the broader public - about the future of the Agency and how best it can contribute in the coming years to the efforts of the international community to achieve development, peace and security, said IAEA Director General Mohamed ElBaradei.

The members of the Commission are:

Dr. Ernesto Zedillo (Chairman) - Director of the Yale Center for the Study of Globalization; former President of Mexico

Ambassador Oluyemi Adeniji - former Minister of Foreign Affairs, Nigeria; former Member of the Board of Governors of the IAEA

Lakhdar Brahimi - Visiting Scholar at the Institute for Advanced Study, Princeton, New Jersey; former UN Under-Secretary-General, Special Adviser to the Secretary-General, and Chair of the Panel on UN Peace Operations

Lajos Bokros - Professor of Economics and Public Policy, and Chief Operating Officer of the Central European University, Budapest, Hungary

Dr. Rajagopala Chidambaram - Principal Scientific Advisor to the Government of India; DAE Homi Bhabha Professor; former Chairman of the Atomic Energy Commission; former Director of the Bhabha Atomic Research Centre

Senator Lamberto Dini - President of the Foreign Affairs Committee of the Italian Senate

Gareth Evans - President and Chief Executive Officer, International Crisis Group, Brussels; former Australian Foreign Minister 1988-1998; former Minister for Resources and Energy 1984-1987

Louise Fréchette - Distinguished Fellow, The Centre for International Governance Innovation; former Canadian Deputy Minister; former UN Deputy Secretary-General

Anne Lauvergeon - Chief Executive Officer of AREVA Group

Kishore Mahbubani - Dean, Professor in the Practice of Public Policy, Lee Kuan Yew School of Public Policy, National University of Singapore; former Ambassador to the UN; former President of the UN Security Council

Ambassador Ronaldo Mota Sardenberg - President of the National Telecommunication Agency of Brazil (ANATEL); former Permanent Representative of Brazil to the UN; former Minister of Science and Technology

Ambassador Pius Yasebasi Ng´Wandu - former Minister of Science, Technology and Higher Education, and Minister of Water, United Republic of Tanzania

Senator Sam Nunn - Co-Chairman and Chief Executive Officer of the Nuclear Threat Initiative; former United States Senator

Ambassador Karl Theodor Paschke - former UN Under-Secretary-General for Internal Oversight Services 1994-1999; former Permanent Representative of the Federal Republic of Germany to the IAEA 1984-1986

Dr. Wolfgang Schüssel - former Federal Chancellor of Austria; Leader of the Parliamentary Group of the Austrian People´s Party

Academician Evgeny Velikhov - President of the Russian Research Centre Kurchatov Institute; Academician and Secretary of the Russian Academy of Sciences

Professor Wang Dazhong - Honorary Chairman of Tsinghua University Council; Member of the Chinese Academy of Sciences; former President of Tsinghua University; Director of the Institute of Nuclear Energy Technology (INET) of Tsinghua University; Vice-Chairman, Standing Committee of Beijing People's Congress

Dr. Hiroyuki Yoshikawa - President of the National Institute of Advanced Industrial Science and Technology, Tokyo; former President of the University of Tokyo

 

Israël reçoit des signaux convergents de la frustration internationale suscitée par la situation à Gaza et le non-avancement du processus de paix

Prof. Philippe WECKEL

"Le processus de paix avance à la vitesse d'un escargot qui tournerait en rond".

Salam Fayyad

Gaza, Sderot, les victimes innocentes appartiennent au même camp, celui des victimes :

Life must go on in Gaza and Sderot

 

Le Hamas renouerait-il avec les méthodes de la résistance pacifique inspirées de la 1ère Intifada ?*

Plusieurs milliers de personnes (des enfants essentiellement) ont formé le 25 février une chaîne humaine sur l'axe Salahedine qui traverse le territoire de Gaza depuis Rafah jusqu'à  Beit Hanoun  (40 km). Deux enfants ont été blessés par balle lorsque le groupe s'est avancé vers la frontière israélienne à Erez. Une nouvelle initiative est annoncée pour le 25 février.

* sans renoncer à sa politique de violence aveugle.


"Il s'agit d'une activité pacifiste et civilisée qui permet aux gens d'exprimer leur rejet du siège et de la punition collective", a déclaré M. Khoudari. "Nous poussons un cri d'alarme pour que le monde réagisse."

"C'est un message adressé à la communauté internationale et à l'occupation israélienne et j'espère qu'ils le saisiront en levant le siège", a renchéri Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas.

Le député du Hamas Ismaïl Al-Ashqar a averti que "si le siège n'est pas levé, il y aura un ouragan* qui inondera toute la région" (AFP).

* comparer à la menace de "tsunami" adressée par les colons à M. Olmert. La peste ou le choléra ?


Que ferait Israël face à une "marche verte" ? Israël peut-il se permettre un "massacre de Fourmies" ? Israël prépare d'importants moyens anti émeute.

A small ray of hope

Livni meets with Romanian FM Cioroianu

Le "Document suisse"

Le gouvernement suisse aurait facilité des contacts indirects entre Israël et le Hamas. Grâce à ces bons offices, un texte aurait été paraphé par les deux parties. Il prévoirait l'ouverture d'une négociation en vue de la conclusion d'une trêve longue.

http://www.a7fr.com/Article/46113.htm

 

On pressentait la semaine dernière que la diplomatie israélienne était sur le grill. En effet de nombreux Etats ont discrètement manifesté leurs inquiétudes au sujet de la politique d'Israël à Gaza et de son attitude dans le processus de paix. Au delà des alarmes suscitées par l'aggravation des attaques israéliennes à Gaza et par la persistance du blocage économique, les Etats peuvent surtout craindre que l'échec de ces mesures ne conduisent le Gouvernement à lancer une vaste offensive sur le petit territoire contrôlé par le Hamas. Il est en effet important de le soutenir alors qu'il résiste avec difficulté à la pression croissante de l'opinion publique en faveur d'une action radicale qui, actuellement, serait inutile et désastreuse.

Dans Haaretz Barak Ravid, décidément bien informé, livre certains détails de cette agitation internationale en direction d'Israël. On relève en particulier les indiscrétions sur les positions convergentes exprimées par les membres du Quatuor lors de la réunion du 11 février 2008. Ainsi les Etats-Unis se disent embarrassés (not comfortable with) par les mesures économiques contre Gaza. Je cite Barak Ravid :

"Envoys of the Quartet on the Middle East convened in Berlin on February 11 to discuss the situation in the Gaza Strip and the peace process between Israel and the Palestinian Authority (PA). David Welch, top Middle East aide to U.S. Secretary of State Condoleezza Rice; Mark Otte, the European Union peace envoy; UN Middle East envoy Robery Serry; and Russian envoy to the Middle East Sergei Yakovlev took part in the meeting.

In the last week, a number of Israeli ambassadors in European capitals sent classified telegrams about the meeting's contents, some of which reached Haaretz.
Serry criticized Israel at the outset of the meeting. "We are deeply concerned over the situation in Gaza, especially from the humanitarian perspective," he said. "We must find a fast solution to this situation."

He said that due to Israel's siege, "even the UN's teams have difficulty entering and leaving Gaza to give aid."

Welch, who joined the criticism of Israel's conduct in the Gaza Strip, said the United States was not comfortable with Israel's approach to Gaza, and presented the American goals regarding the Israelis and Palestinians. "First we must not allow the suicide bombing in Dimona and shooting on Sderot to affect the negotiations," he said.

"It is also important to us that neither the Palestinians in Gaza nor the Israelis in Sderot are hurt. Also, we must continue to strengthen Mahmoud Abbas and Salam Fayyad." "

Israel faces growing international pressure to change Gaza Strip policy

Il convient également de relever que les Etats-Unis ont annoncé cette semaine le déblocage de 10 millions de dollars en faveur des Palestiniens, qui suit ainsi l'annonce similaire faite par la France et portant sur 24 millions d'euros. Surtout, Madame Rice a imposé au Premier ministre Olmert une réunion lors de leur séjour commun de ce week-end au Japon. La démarche américaine a d'autant plus inquiété Israël que la Secrétaire d'Etat devrait se déplacer prochainement au Proche-Orient.

Par ailleurs, le Général Fraser, désigné par le Gouvernement américain pour superviser la mise en oeuvre de la "Feuille de route", a annoncé qu'il présenterait bientôt aux deux parties un plan pour l'exécution de leurs obligations respectives. On imagine l'embarras d'Israël dont le Gouvernement n'est pas en mesure de respecter ses engagements en ce qui concerne les nouvelles constructions à Jérusalem Est (2400 logements dans sept secteurs orientaux considérés par les Etats-Unis comme une colonisation, mais qui seraient tout de même discrètement gelés par le Gouvernement) et les implantations sauvages en Judée et Samarie. "La feuille de route est la feuille de route" avait martelé l'Administration américaine lors de la visite du Président Bush. Comment Israël expliquera-t-il ce défaut à agir ? Sera-t-il contraint d'avouer honteusement son impuissance à respecter ses engagements internationaux ? Aujourd'hui Israël mène campagne pour le renforcement des sanctions à l'égard de l'Iran, mais quel est le poids d'un Etat qui est incapable de tenir ses promesses ? Quel est cet Etat de droit qui ne sait pas faire respecter sa loi ? Quelle est cette puissance militaire régionale qui se trouve désarmée face à la résistance de quelques milliers de civils ?

Les ennuis d'Israël ne s'arrêtent pas là, puisqu'il constate que le front uni qu'il avait constitué contre le Hamas se fissure. On l'invite à conclure une trêve avec cette autorité de fait ; on encourage l'Autorité palestinienne à engager des discussions avec le Hamas. La visite rendue la semaine dernière par le Ministre français des affaires étrangères au maire de Bethléem, proche du Hamas, peut d'ailleurs être analysée comme un signe annonciateur d'une évolution de l'Union européenne.

Toutefois, la rigidité du Gouvernement israélien (ni avancer, ni reculer, ni demeurer sur place) n'est pas une posture volontaire. Depuis le lancement du processus de paix, il est placé dans une situation impossible parce qu'il n'est pas soutenu par une opinion publique foncièrement irrésolue et profondément divisée. Et pourtant l'échec du processus de paix est aussi impossible pour Israël, parce qu'aucun pays ne dépend autant des soutiens extérieurs. C'est l'arme secrète des partisans de la paix.

Néanmoins, la pression qu'exercent les opinions radicales sur les esprits modérés ou pragmatiques est devenu proprement insupportable. N'a-t-on pas vu cette semaine de bons esprits estimer qu'un Juif, un vrai sans-doute, devrait être opposé à l'indépendance du Kosovo ? Or ce point de vue repose exclusivement sur un parti-pris raciste envers les communautés musulmanes. De quel droit les extrémistes entendent-ils s'exprimer au nom de tous, pis incarner "le Juif" (der Jud, cf. l'"Arabe", voire "les loups" en Israël), formule horrible alors que le Peuple juif constitue un rassemblement de personnes très diverses qui n'ont en commun que leur attachement subjectif à la civilisation hébraïque (noter que cette analyse est parfaitement transposable au monde musulman) ? Dans les circonstances actuelles, alors qu'Israël se trouve placé à un tournant de son histoire, les radicaux exercent une pression illégitime sur l'opinion publique et le gouvernement. On voit même ces exaltés s'ingérer dans les élections américaines, voire insulter les autorités des Etats-Unis ; or rien n'est définitivement acquis et le lien privilégié avec Israël peut aussi se distendre. Et que dire de ce Grand Rabbin qui a proposé récemment la déportation des Gazaouis dans le Sinaï ? Ailleurs de tels propos auraient suscité des réactions particulièrement vives, y compris de la part du gouvernement. Comment, dans de telles conditions, l'opinion publique israélienne serait-elle en mesure de comprendre que la déportation d'une population civile constitue un crime contre l'humanité ? Que la Communauté internationale serait prête à s'y opposer, même par les armes ? Qui en Israël a lu le discours fondateur d'Ehud Olmert à la Knesset ou son entretien historique au Jerusalem Post ? Par contre, les analyses les plus insensées, les plus "décalées" par rapport à la réalité du monde, façonnent les esprits au sein d'une population privée de repères.

 

Archive

 

 

Signature d’accords au Kenya

Abdoulaye Moussa

 
 

Le calme semble être revenu au Kenya, mais les risques de résurgence de violences restent très forts, en particulier dans les villes d’Eldoret et de Kericho,dont les populations ont fui en grand nombre. Ces déplacements dont le nombre atteint désormais 310.000 personnes, ont une incidence considérable sur les institutions sanitaires locales.

Malgré les divergences exprimées par les deux parties au cours des négociations, un accord en dix points a quand même abouti le 14 février. Reste à savoir de quelle manière et avec quelle fermeté il sera mis en place. Les Kenyans peuvent pour cela compter sur les pressions de Washington en faveur d’un prompt partage du pouvoir pour espérer un rapide retour à l’ordre.

Les lignes générales de cet accord ont été révélées par l’ancien secrétaire général de l’ONU, Koffi Annan qui faisait office de médiateur dans la crise Kenyane lors d’une conférence de presse.

Le point d’achoppement des accords conclus entre le pouvoir officiel et  l’opposition réside dans la révision de la constitution pour permettre la création d’un poste de premier ministre avec des pouvoirs étendus. Il est également question au sein de ces réformes, d’une refonte de la commission électorale et une réorganisation de la police.

Parmi les autres principaux points de cet accord on peut noter la mise en place de réformes électorales, la mise en place d’un « comité vérité, justice et réconciliation », l’identification et la poursuite en justice des personnes qui se sont redues coupables de crimes, le respect des droits humains, l’établissement d’un agenda de ces réformes, et le lancement de reformes parlementaires, judiciaires, économiques et politiques.

Une commission comprenant des experts kenyans et étrangers sera mise en place et devradébuter ses travaux le 15 mars et soumettre son rapport dans un délai de trois à six mois.

Le nouveau président de la Commission de l'Union Africaine, Jean Ping, s’est également rendu au Kenya, le 21 Février, pour appuyer l’effort de réconciliation, alors que l’ONG International Crisis Groupannonçait que de nouvelles violences étaient en préparation au Kenya, mais également que de nombreux recrutements étaient diligentés par les deux parties.

Kenya : le Secrétaire général 'encouragé' par les progrès des négociations politiques

Kenya : situation calme mais volatile

 

 

 

La proclamation d'indépendance du Kosovo et ses suites

Prof. Philippe WECKEL

 

 

 

Proclamation d'indépendance.

Dimanche dernier, dans l'après-midi, le parlement du Kosovo a proclamé l'indépendance du pays. Un pas a ainsi été franchi vers l'indépendance. Une manifestation de la volonté d'être indépendant est en effet nécessaire. En l'occurrence la déclaration engage un processus qui conduira, dans un avenir indéterminé, à l'acquisition de la souveraineté.

Pour l'heure, le Kosovo n'est pas indépendant. L'Administration autonome demeure sous l'autorité de l'Administration provisoire de l'ONU, la KFOR, sous la responsabilité de l'OTAN, poursuit son mandat et 1500 policiers ont été envoyés sur place par l'Union européenne. La Résolution 1244 du Conseil de sécurité demeure le cadre juridique dans lequel s'inscrit le statut du Kosovo. Comme un jeune plant placé en pépinière, le nouvel Etat devra croître, acquérir les caractéristiques d'un Etat pleinement constitué, grâce à la protection des Etats de l'Union européenne. Le plan de Martti Ahtisaari (qui a agi au nom du Secrétaire général de l'ONU) n'a pas été adopté par le Conseil de sécurité ; il régira néanmoins les rapports entre le Secrétaire général de l'ONU et le Gouvernement kosovar qui l'a accepté. Ce document ne prévoit d'ailleurs pas explicitement l'indépendance du pays.

Reconnaissances constitutives.

Le jeune Etat participe pourtant à la vie diplomatique dès maintenant. En effet, un nombre appréciable d'Etats a immédiatement répondu à la demande de reconnaissance de l'indépendance que le président du Kosovo leur a adressée. Acte souverain et discrétionnaire de l'Etat (pas des Organisations internationales) la reconnaissance n'est pas nécessaire pour qu'un Etat indépendant puisse faire valoir les droits attachés à la qualité d'Etat souverain. N'ayant qu'une portée déclarative cette reconnaissance marque généralement le début de la procédure d'établissement des relations diplomatiques. S'agissant d'un Etat comme le Kosovo qui n'est pas pleinement constitué, la reconnaissance acquiert par contre une portée constitutive dans les rapports uniquement entre l'Etat qui en bénéficie et celui qui la concède.

De nombreux Etats attendront toutefois l'indépendance effective du Kosovo avant de procéder à cet acte qui, dans ce contexte, n'aura alors qu'une portée déclarative. Il n'y a pas de contradiction entre les comportements des uns et des autres. Les uns créent maintenant une réalité relative, les autres tireront plus tard les conséquences d'une réalité objective. Le Professeur Jean-Paul Jacqué rappelait à ce sujet dans son cours que Don Camillo pour faire gras le vendredi baptisait "carpe" son lapin. De même procèdent les Etats souverains qui "baptisent" -pour ce qui les concerne- le Kosovo. Cette reconnaissance qui a une portée strictement bilatérale ne porte préjudice à aucun Etat tiers.

Et la Serbie ?

La Serbie a prétendu annuler la proclamation d'indépendance, mais cet Etat n'a plus d'autorité sur le Kosovo depuis qu'il y a renoncé et que le Conseil de sécurité la lui a retirée.

La Serbie a rappelé ses ambassadeurs en poste auprès des Etats qui ont reconnu le Kosovo, mais ce geste n'interrompt pas les relations diplomatiques.

Une reconnaissance prématurée pourrait constituer une ingérence dans les affaires d'un Etat. Or l'ingérence est une interférence dans l'exercice des compétences d'un autre Etat, alors que la Serbie a été dépossédée de toutes celles qu'elle détenait sur le Kosovo. Elle n'a pas été empêchée de fait d'exercer ses compétences ; on les lui a retirés par une décision incontestable au regard du droit international. La Serbie a donc été déchue sine die de son autorité sur un territoire et une population. Une restauration de sa souveraineté nécessiterait une décision formelle du Conseil de sécurité. Le cas est vraiment unique.

Boîte de Pandore ?

La Russie manifeste d'autant plus sa colère qu'elle ne dispose pas de moyens concrets pour empêcher la constitution de l'Etat du Kosovo. Il n'y a désormais plus d'échéance proche, pas de momentum, et la crise va s'éteindre. Une attitude plus agressive de la Russie dans les zones sensibles de son étranger proche, comme la Transnistrie ou l'Abkhazie, est envisagée, mais ce grand pays se trouve fragilisé par la situation en Tchétchénie.

Quant à la contagion, elle est vraisemblable dans le verbe, mais pas dans l'action. La seule situation qui pourrait se rapprocher très partiellement de celle du Kosovo serait la crise du Proche-Orient. Toutefois, la reconnaissance de l'Etat palestinien ne présenterait aucune utilité, pour le moment, parce qu'il n'y a pas d'alternative à la négociation entre les parties. Quel est le point commun entre le Kosovo et les territoires occupés de Palestine ? Dans les deux situations, aucune protestation ou réclamation émanant d'un Etat ne serait recevable, après une reconnaissance prématurée de l'indépendance. Israël, Etat occupant, n'aurait aucun titre à s'opposer à la reconnaissance et le Kosovo ne relève plus des "affaires" de la Serbie depuis l'administration internationale de ce territoire. Ainsi le Costa Rica vient de reconnaître l'Etat palestinien provoquant la réaction suivante d'Israël : "Nous souhaitons exprimer notre déception face à cette décision regrettable du gouvernement du Costa-Rica qui établit de pleines relations diplomatiques avec l'Etat de la "Palestine"". "Cette action du Costa-Rica contredit totalement l'amitié traditionnelle qui caractérise ses relations avec Israël depuis sa création". On est loin d'une protestation. A vrai dire l'Autorité palestinienne dispose déjà d'un statut international. L'utilité du geste costaricain est très limitée, alors que l'assise territoriale du futur Etat doit encore faire l'objet d'un accord international. Il témoigne néanmoins d'une certaine impatience.

 

Documents

 

Le Rapport de Martti Ahtisaari

Lettre datée du 26 mars 2007, adressée au Président du Conseil de sécurité par le Secrétaire général (Proposition globale de Règlement portant statut du Kosovo )

 


 

Extraits de la proclamation d'indépendance du Kosovo

 

La proclamation

reflète la volonté du peuple et est en pleine conformité avec les recommandations de l'envoyé spécial de l'ONU Martti Ahtisaari".

- Le Kosovo "est une république démocratique, laïque et multiethnique, guidée par les principes de non-discrimination". "Nous protégerons et promouvrons les droits de toutes les communautés du Kosovo et créerons les conditions nécessaires à leur participation effective aux processus politiques et de prise de décision".

- "Nous mettrons intégralement en application les obligations" découlant du plan Ahtisaari, "dont l'adoption prioritaire de lois figurant dans son annexe XII, notamment celles qui protègent et promeuvent les droits des communautés et de leurs membres".

- "Nous adopterons dès que possible une Constitution qui proclame notre engagement à respecter les droits de l'homme et les libertés fondamentales de tous nos citoyens, tels qu'ils sont définis notamment par la Convention européenne des droits de l'homme. La Constitution intègrera tous les principes significatifs du plan Ahtisaari et sera adoptée dans le cadre d'un processus et d'un débat démocratiques".

- "Nous saluons le soutien continu à notre développement démocratique manifesté par la communauté internationale par le biais de la présence internationale établie au Kosovo sur la base de la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'ONU (1999). Nous invitons et accueillons une présence internationale civile chargée de superviser l'application (par le Kosovo) du plan Ahtisaari, et une mission de l'Union européenne" de police et de justice.

La déclaration invite l'OTAN à "garder un rôle dirigeant dans la présence militaire internationale au Kosovo et à assumer les responsabilités" qui lui ont été confiées par la résolution 1244 et le plan Ahtisaari jusqu'à ce que les institutions du Kosovo soient capables d'assumer ces responsabilités.

- "Pour des raisons culturelles, géographiques et historiques, nous croyons en nos liens avec la famille européenne. Nous proclamons notre intention de prendre toutes les mesures nécessaires pour faciliter notre entrée dans l'Union européenne dès que possible et mettre en application les réformes requises pour l'intégration européenne et euro-atlantique".

- "Nous acceptons pleinement" les responsabilités inhérentes à "notre appartenance à la communauté internationale". Le Kosovo s'engage à respecter" les principes de la Charte des Nations unies, de l'Acte final des accords d'Helsinki, de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)" ainsi que "les principes qui sous-tendent les relations entre Etat".

Le Kosovo respectera "la souveraineté et l'intégrité territoriale de tous" ses voisins et s'abstiendra de "tout usage de la force ou menace d'y avoir avoir recours".

- Le Kosovo "coopérera pleinement avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie".

- Le Kososo se consacrera "à la paix et à la stabilité" en Europe du sud-est. Le processus de désintégration de l'ex-Yougoslavie "a été douloureux", mais
"le Kosovo s'efforcera inlassablement de contribuer à une réconciliation qui permettrait à l'Europe du sud-est de dépasser les conflits du passé et de construire de nouvelles relations de coopération régionale".

"Nous œuvrerons avec nos voisins pour avancer vers un avenir européen commun".

- "Nous souhaitons en particulier établir de bonnes relations avec tous nos voisins, dont la république de Serbie, avec laquelle nous avons de profonds liens historiques, commerciaux et sociaux que nous chercherons à développer dans un proche avenir." Le Kosovo va "promouvoir la réconciliation" entre les deux peuples.

source

 

Déclaration du Conseil Affaires extérieures (Bruxelles, 18 février 2008)

 

La Turquie, l'Afghanistan, le Sénégal, les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, l'Italie, la Grande-Bretagne, l'Australie et bien d'autres (dont une majorité d'Etats membres de l'Union européenne) ont procédé à la reconnaissance ou s'apprêtent à le faire (la Suisse par exemple).

  • Reconnaissance par la France

Lettre du Président de la République adressée à M. Fatmir SEJDIU, Président du Kosovo

http://www.diplomatie.gouv.fr/actu/bulletin.asp?liste=20080219.html&xtor=EPR-7#Chapitre1

KOSOVO CONSEIL AFFAIRES GENERALES ET RELATIONS EXTERIEURES CONFERENCE DE PRESSE
DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET EUROPEENNES, M. BERNARD KOUCHNER

KOSOVO ENTRETIEN DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET EUROPEENNES, M. BERNARD KOUCHNER,
AVEC "FRANCE 2"

KOSOVO TRIBUNE DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET EUROPEENNES, M. BERNARD KOUCHNER,
DANS LE QUOTIDIEN "LE FIGARO"

(Selon une dépêche de l'AFP : ''La principale formation indépendantiste corse, Corsica nazione indipendente (CNI), a salué ''avec allégresse'' mardi l'Etat indépendant du Kosovo et ''le peuple frère kosovar'', dans une lettre au Premier ministre Hashim Thaçi''. Quelle est votre réaction ? Pensez-vous que l'indépendance du Kosovo puisse encourager d'autres mouvements séparatistes en Europe ?)

Le cas du Kosovo est complètement spécifique : à l'issue du conflit de 1999, le Conseil de sécurité a placé le Kosovo sous administration des Nations unies, tout en mettant en place une administration provisoire gérée par les Kosovars et en l'accompagnant d'une présence militaire internationale.

Ce cas est unique.

  • Reconnaissance par les Etats-Unis

U.S. Recognizes Kosovo as Independent State

Secretary Condoleezza Rice
Washington, DC
February 18, 2008

Teleconference Briefing on Kosovo

Nicholas Burns, Under Secretary for Political Affairs
Washington, DC
February 18, 2008

Speeches: Interview on Kosovo Wed, 27 Feb 2008 08:47:00 -0600

Kosovo: Timetable for NATO Engagement

  • Reconnaissance par le Luxembourg

Communiqué
Le Grand-Duché de Luxembourg a reconnu formellement le Kosovo
21-02-2008

Ce 21 février, le Grand-Duché de Luxembourg a reconnu formellement le Kosovo, après que le Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères et de l'Immigration, Jean Asselborn, a présenté hier devant le Parlement les raisons qui ont motivé cette reconnaissance.

En s’exprimant devant les députés, Jean Asselborn a dit: "Si nous sommes d’accord pour dire que le statu quo ne peut plus perdurer et que l’UE a une responsabilité particulière dans les Balkans, alors nous devons agir en conséquence. Pour le gouvernement luxembourgeois, cela signifie d’une part qu’il faut assumer notre part de responsabilité et participer activement à la mission commune de police et d’état de droit qui a été lancée le 15 février dernier ; d’autre part, le gouvernement doit tirer les conclusions de la position qui a été la sienne durant les dernières années et reconnaître le Kosovo."

Au Grand-Duché de Luxembourg, c’est le gouvernement qui reconnaît les États étrangers. A l’initiative du député libéral, Charles Goerens, les députés ont toutefois voté à l’unanimité une résolution pour appuyer l’action du gouvernement.

  • Reconnaissance par l'Allemagne

A cette occasion Gernot Erler, ministre d’Etat au Ministère des Affaires étrangères à Berlin a souligné :   

«  Ce qui est important c’est que l’Union européenne se prépare à endosser des responsabilités surtout en ce qui concerne le respect des standards démocratiques  ou bien pour la protection des minorités au Kosovo. Pour ce faire, il y aura d’une part  un Représentant spécial de l’Union européenne sur place, le diplomate néerlandais Pieter Feith. D’autre part, il y aura une mission spéciale de l’Union , EULEX, avec près de 2000 experts, policiers et juristes qui remplaceront peu à peu , la mission des Nations unies, la MINUK. Ce sont là de très importants jalons pour l’avenir du Kosovo… »

  • Reconnaissance par la Norvège

M. Jonas Gahr Store, Ministre des Affaires Etrangères.

"Je suis en mesure d’annoncer aujourd'hui que la Norvège va reconnaître le Kosovo comme un état indépendant. Il y a plusieurs raisons qui nous ont conduits à cette conclusion".

"Malheureusement, il n'y a pas de raison de croire que davantage de négociations mèneraient à une solution acceptée par les deux parties en ce qui concerne la question du statut. Dans le même temps, le statu quo n'est plus viable. Il y a un besoin de clarifier le statut futur du Kosovo de telle sorte qu'il puisse continuer son développement économique et politique. Dans la situation actuelle, il est important que les membres de la communauté internationale, autant que faire se peut, prennent une position commune. En soi, cela contribuerait à la clarté et à la stabilité. Un grand nombre de pays européens, parmi lesquels les autres pays nordiques, ont l'intention de reconnaître le Kosovo. Etant donné la situation, nous jugeons nécessaire de signaler que la Norvège en fera de même".
 
"Je voudrais souligner que la situation du Kosovo est un cas spécial. Le conflit en 1999 et le fait que le Kosovo ait été sous la tutelle d'une administration internationale depuis, constitue des circonstances spéciales", ajoute M. Støre.
 
"La Norvège attache une grande importance aux obligations contractées par les leaders du Kosovo en vue de réaliser les clauses du plan Ahtisaari. Le Kosovo doit maintenant se développer en un état multiethnique et démocratique, dans le respect des droits de l'homme, de la loi et de l'ordre. A cet égard, le respect de l'héritage religieux et culturel des différents groupes ethniques est essentiel. Le respect de ces obligations sera un facteur important dans le développement de nos relations avec le Kosovo."
 
"Le Gouvernement norvégien souhaiterait répéter combien il est important que toutes les parties s'abstiennent de toute violence. Tout trouble, toute tension, au Kosovo et dans la région du Kosovo, pourraient avoir des conséquences négatives et dangereuses pour la région", toujours selon M. Støre. "La reconnaissance du Kosovo rendra également possible d'engager la région dans son ensemble dans un processus d'intégration graduelle dans les institutions euro-atlantiques. Ce processus sera une importante contribution pour la stabilité et doit être ouvert à toute la région. "
 
"Je souhaiterais souligner une fois encore les relations étroites de la Norvège avec la Serbie et ses dirigeants. Nous attachons une grande importance à maintenir la confiance et la coopération mutuelles que nous avons développées avec les années",

source

ONU

Le Conseil de sécurité irréconciliable sur le statut final du Kosovo

Kosovo : l'ONU opèrera dans le cadre du plan Ahtisaari

Plusieurs membres du Conseil de sécurité reconnaissent la déclaration d'indépendance du Kovoso

POUR BAN KI-MOON, LE RÔLE DE L’UNION EUROPÉENNE AU KOSOVO DOIT ÊTRE ENVISAGÉ DANS LE CONTEXTE GÉNÉRAL DES OPÉRATIONS DE LA MISSION DE L’ONU

AU KOSOVO, BAN KI-MOON COMPTE AXER SES EFFORTS SUR LA SAUVEGARDE ET LA CONSOLIDATION DES RÉSULTATS REMARQUABLES ET DE L’HÉRITAGE DE L’ONU 

MALGRÉ LE PLAIDOYER DU PRÉSIDENT SERBE, DES MEMBRES PERMANENTS DU CONSEIL DE SÉCURITÉ RECONNAISSENT L’INDÉPENDANCE DU KOSOVO, REJETÉE PAR LA RUSSIE  

DÉCLARATION À LA PRESSE DU PRÉSIDENT DU CONSEIL SUR LES ATTAQUES PERPÉTRÉES CONTRE DES AMBASSADES À BELGRADE

 

 

Comparer au Montenegro

avec les archives de Sentinelle

 

Archive

 

 

 

 

 

Ouverture d’une procédure en Espagne contre 40 militaires rwandais

Valérie GABARD

 
   

L’Audience nationale (Audienca nacional) espagnole avait annoncé le 6 février dernier, l’émission de 40 mandats d’arrêts à l’encontre de militaires rwandais (dont 11 généraux) pour génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre et terrorisme commis entre 1990 et 2002. Les personnes poursuivies sont des proches de l’actuel président rwandais Paul Kagame.

Cette procédure est particulièrement sensible car il s’agit ici d’engager des poursuites contre des tutsis et en particulier contre des militaires proches de l’actuel président Paul Kagame au motif qu’ils auraient volontairement déstabilisé le régime de Juvenal Habyarimana en engageant  "à partir d'octobre 1990, un groupe de structure politico-miliaire, fortement armé et organisé, qui a entamé une série d'actions criminelles, à partir de l'Ouganda, sur le territoire du Rwanda". La justice espagnole reproche à ses 40 personnes (membres de l’Armée patriotique rwandaise (APR) et du Front patriotique rwandais (FPR)) toute une série d'attaques et d'attentats sur le territoire rwandais, notamment contre des leaders hutus, ce qui, selon l'Audience nationale, aurait contribué au déclenchement du génocide contre les Tutsis. L’audience nationale dans l’acte de renvoi affirme également que les militaires mis en cause ont "pris le pouvoir par la force (...), prenant le contrôle absolu de la structure de l'Etat et mettant en place à partir de ce moment-là (après le génocide) un authentique régime de terreur". Ces poursuites sont basées sur le principe de compétence universelle  désormais admis en Espagne pour les crimes de génocide et les crimes contre l’humanité.

Cette procédure s’attaque à un sujet particulièrement délicat et polémique tant pour le gouvernement rwandais que pour le Tribunal pénal international pour le Rwanda. En 2006, Un juge d’instruction français avait également émis neuf mandats d’arrêts contre des proches du président Kagame pour leur implication dans le meurtre du président Habyarimana qui a marqué le début du génocide (voir les archives de Sentinelle). Tout comme pour cette première affaire qui avait conduit à une rupture des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda, l’ouverture de cette procédure en Espagne a provoqué la colère de Kigali. Cette procédure viserait, selon le porte-parole de l'armée rwandaise, le major Jill Rutaremara, « à ternir l'image du Rwanda dans son ensemble ». Dans un communiqué, le gouvernement rwandais a appelé l’Espagne et les autres membres des Nations Unies à refuser de donner suite à ces accusations « infondées et ridicules ». Le document demande également à Interpol d’ignorer ces mandats d’arrêts qui sont une « négation du génocide » et « visent à transformer les auteurs du génocide en héros ».

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda, juridiction principale lorsqu’il s’agit du génocide rwandais, n’a pas officiellement réagi à cette annonce, mais la presse rapporte que l’Ivoirien Alphonse Van, qui représente le procureur du TPIR dans le procès Militaires II dans lequel comparaissent quatre officiers de l’ancienne armée rwandaise, aurait affirmé au cours d’une audience que l’« acte d’accusation espagnol ne nous est pas opposable. Nous n’en connaissons pas les sources ». Et là aussi la question est particulièrement sensible car le  Procureur Hassan Bubacar Jallow a souvent répété qu’il était en train d’évaluer les éléments recueillis par ses enquêteurs sur le dossier du Front patriotique rwandais. L’enquête est ouverte depuis 2000 et la procédure d’achèvement des travaux du TPIR prévoyait la fin officielle des enquêtes pour fin 2004 ce qui met en exergue les hésitations du Procureur et la très grande incertitude quant à l’ouverture d’une procédure devant la juridiction internationale.

 

Obs. Valérie GABARD, doctorante à Paris I, prépare une thèse sous la direction du Professeur Ascensio. Elle est actuellement en stage aux Chambres spéciales pour le Cambodge (PW).

Le Conseil de Sécurité autorise l’augmentation du nombre de juges ad litem devant le TPIY

Valérie GABARD

 

 

Le Conseil de Sécurité, dans sa résolution 1800 du 20 février 2008, a autorisé à l’unanimité, l’augmentation temporaire de juges ad litem admis à participer aux procédures devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Le nombre de juges ad litem pourra désormais dépasser douze (nombre maximum actuel fixé par le Statut) mais sans jamais excéder seize. Leur nomination sera effectuée comme aujourd’hui, par le Secrétaire général des Nations Unies à la demande du Président du TPIY. Selon le TPIY, cette résolution va permettre une plus grande efficacité et le commencement de procès supplémentaires. Le TPIY pourra désormais tenir 8 procès simultanément. Cette décision s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie d’achèvement qui prévoit la fin des procédures en première instance avant 2008. Cette augmentation du nombre de juges non permanents devrait contribuer positivement à tenir les stricts délais imposés par le Conseil de Sécurité.

 

 

 

Le Gouvernement Australien présente des excuses formelles aux aborigènes pour les « générations volées ».

Karine RINALDI.

 
 

Le nouveau gouvernement australien avait annoncé que sa première action serait de présenter des excuses formelles pour les torts infligés aux premiers habitants du pays, pour ces milliers d'enfants autochtones retirés de force à leurs familles et placés dans des foyers, jusque dans les années 1970, cela à des fins d'assimilation. Ces excuses, « premier pas nécessaire pour sortir du passé » selon les mots de Jenny Macklin, ministre travailliste des affaires indigènes, ont eu lieu le 13 février dernier.

C’est peut-être, enfin, une réponse au Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations Unies, qui avait, dans ses Observations finales sur l’Australie du 14 avril 2005, encouragé l’Australie « à redoubler d'efforts en vue d'assurer qu'une réconciliation authentique ait lieu et soit acceptée tant par les autochtones que par l'ensemble de la population ». Le Comité avait recommandé d’ « envisager la nécessité de réparer comme il convient les souffrances occasionnées par la séparation forcée des enfants autochtones et de leurs familles » (point 25).

 

La communauté aborigène compte environ 455.000 personnes, soit 2% de la population australienne. Marginalisés et défavorisés, les Aborigènes ont actuellement une espérance de vie inférieure de 17 ans à celle d'un Australien non-aborigène. Leur situation a attiré l’attention du bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme à plusieurs reprises ces dernières années.

 

Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale, dans ses dernières Observations finales sur le pays, avait noté comme préoccupation majeure la suppression de la Commission pour les aborigènes et les insulaires du détroit de Torres (ATSIC), principal organe de décision en matière d'affaires aborigènes, composé de représentants autochtones élus. Le « transfert de la plupart des programmes auparavant exécutés par l'ATSIC […] vers des organismes gouvernementaux [peut réduire] la participation des populations autochtones à la prise de décisions » (point 11). Le Comité avait ainsi recommandé à l'État de « réexaminer » cette suppression des garanties permettant aux populations autochtones de participer effectivement à la conduite des affaires publiques les concernant. Les préoccupations concernaient aussi les amendements apportés au Native Title Act (loi relative aux droits fonciers autochtones). Le Comité rappelait que bien que l'affaire Mabo et le Native Title Act de 1993 aient constitué une « avancée importante vers la reconnaissance des droits des populations autochtones, […] les amendements de 1998 ont retiré certaines des garanties qui leur étaient auparavant offertes […] » (point 17). De manière plus générale, le Comité était « préoccupé par l'écart important qui persiste entre les populations autochtones et les autres groupes de population, en particulier en ce qui concerne l'emploi, le logement, la santé, l'éducation et le revenu » (point 19).

Le rapport de la visite, en juillet 2006, du Rapporteur spécial sur le droit à un logement convenable, Miloon Kothari, avait lui aussi relevé des situations préoccupantes, notamment la « adverse housing conditions in the indigenous communities […] in both urban and rural areas in all states […] evidenced by the lack of affordable and culturally appropriate housing, the lack of appropriate support services, the significant levels of poverty and the underlying discrimination » (point 80). Le Rapporteur spécial avait été surprit par le « shared responsibility agreements » qui permet aux autochtones d’obtenir de l’Etat des fonds pour des services publics, mais en échange de contributions… Les autochtones sont donc perçus comme étant « responsible for their present disadvantaged state [when] generally other citizens are entitled without any conditions » (point 90).

 Pour citer un dernier exemple, le Comité pour les droits de l’enfant, dans ses observations finales du 20 octobre 2005, avait indiqué qu’il était particulièrement préoccupé par les disparités discriminatoires qui affectent les enfants d’aborigènes et d’insulaires du détroit de Torres, en particulier en ce qui concerne l’offre et l’accessibilité des services de base (point 24), indiquant qu’il faudrait encore améliorer considérablement le niveau de vie, la santé et l’éducation des enfants autochtones (point 17).

Le nouveau premier ministre Kevin Rudd, vainqueur des élections législatives du 24 novembre, a donc présenté, mercredi 13 février, les excuses de l'Australie aux Aborigènes, dans un discours historique prononcé devant le Parlement. L'utilisation par le premier ministre du mot “pardon” avait une signification symbolique très importante pour les Aborigènes, car son prédécesseur conservateur, l'ex-Premier ministre libéral, John Howard, au pouvoir de 1996 à novembre 2007, s'était toujours opposé à une telle démarche. Plus d’un millier d'Aborigènes venus de toute l'Australie se sont réunis près du Parlement pour assister à cet événement, les grandes chaînes de télévision l'ont retransmis en direct pour les foules rassemblées devant les écrans géants installés dans les grandes villes.

Dans ce discrours d’excuses prononcé à l’attention de ces « générations volées », le Premier ministre indiquait que « as Prime Minister of Australia, I am sorry. On behalf of the Government of Australia, I am sorry […]. We apologise for the hurt, the pain and suffering we, the parliament have caused you by the laws that previous parliaments have enacted. We apologise for the indignity, the degradation and the humiliation these laws embodied ». (Bien que le mot de précédent Gouvernement soit employé, ceci est important au regard de la continuité de l’Etat). « We apologise especially for the removal of Aboriginal and Torres Strait Islander children from their families, their communities and their country ». Ces excuses cherchent a « close the gap that lies between us in life expectancy, educational achievement and economic opportunity ».

Le Premier Ministre a relaté une histoire pour répondre à ceux qui demandaient : pourquoi ces excuses ? « One person’s story, an elegant, eloquent and wonderful woman in her 80s, full of life, full of funny stories, despite what has happened in her life’s journey. A woman […] member of the Stolen Generation […]. Nungala Fejo, as she prefers to be called, was born in the late 1920s. She remembers her earliest childhood days living with her family and her community […]. But then, sometime around 1932, when she was about four, she remembers the coming of the welfare men. Her family had feared that day and had dug holes in the creek bank where the children could run and hide. What they had not expected was that the white welfare men did not come alone. […] The kids were found; they ran for their mothers, screaming, but they could not get away. They were herded and piled onto the back of the truck. Tears flowing, her mum tried clinging to the sides of the truck as her children were taken away […] all in the name of protection. […] Nanna Fejo never saw her mum again […] her brother let her know that her mum had died years before, a broken woman fretting for the children that had literally been ripped away from her ».

Cette histoire n’est qu’une histoire parmi des milliers, parmi des dizaines de milliers d’histoires de séparation d’enfants aborigènes de Torres Strait Islander d’avec leurs familles. Entre 1910 et 1970, environ 50000 enfants ont été volés de leurs familles pour « régler », « éradiquer » ce « problème » de la population aborigène… « These are uncomfortable things to be brought out into the light […] But we must acknowledge these facts ». D’autant plus que, selon les mots du Premier ministre, ces faits se déroulaient encore dans les années 1970. « The 1970s is not exactly a point in remote antiquity. There are still serving members of this parliament who were first elected to this place in the early 1970s ».

Ces excuses ont aussi en vue « that reconciliation is in fact an expression of a core value of our nation and that value is a fair go for all. […] It is time to reconcile. It is time to recognise the injustices of the past ».

(Dans un tout autre cadre, et dans une vision un peu plus internationale, lorsque que l’on écoute ces mots « We say sorry », « the time has now come for the nation to turn a new page […] by righting the wrongs of the past and so moving forward with confidence to the future », cela ne peut nous empecher de penser à nos hommes politiques francais… Cela pourra-t-il faire réfléchir ceux qui ont en horreur le mot repentance, un mot qui pourrait cependant apaiser le malaise franco-algérien ?)

Une chose relativement importante est que le Premier ministre a finalement proposé la création d’une commission qui pourrait, à terme, travailler pour la « constitutional recognition of the first Australians »…

Cependant, pour l’instant, ces excuses pour la « génération volée », pour un esprit critique, peuvent paraître insuffisantes : la ministre des Affaires indigènes, Jenny Macklin, a exclu qu’elles puissent s’accompagner d'indemnisations financières comme le réclament certains leaders aborigènes.

Mais ce processus semble suivre le chemin du processus entamé au Canada avec une commission de la vérité et de la réconciliation qui est en route, approuvée en mai 2006, pour les sévices sexuels ou physiques commis dans les quelques 130 pensionnats indiens, depuis la Confédération et jusqu’en 1996. Il est estimé que 80 000 personnes encore vivantes aujourd’hui y ont résidé. Les traumatismes vécus par certains élèves dans ces pensionnats ont été portés à l’attention nationale en 1996 par la Commission royale sur les peuples autochtones. En 1998, le gouvernement a publié une Déclaration de réconciliation contenant des excuses. 390 millions de dollars ont été recu pour financer des projets de guérison.

Au cours des dernières années, de nombreuses sources ont mis en lumière la nécessité de reconnaître les effets néfastes de l’expérience des pensionnats indiens en général, en plus de régler des réclamations individuelles pour sévices physiques ou sexuels. En juin 2001 se créait un nouveau ministère dénommé « Résolution des questions des pensionnats indiens », puis en novembre 2003, le gouvernement lancait un cadre de règlement national comprenant une stratégie en matière de litiges, des services de soutien de santé, un programme de commémoration et le Mode alternatif de règlement des conflits (MARC), Commission de vérité et de réconciliation. Cette Convention de règlement est entrée en vigueur le 19 septembre 2007.

 

 

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Populations autochtones et tribales, Général :

 

Nations Unies et Peuples autochtones et tribaux

 

Système Interaméricain et peuples autochtones et tribaux

 

 

 
 

 

HCR : Ouverture d’un bureau à Arauca, Colombie.

Provence Anne-Laure

 
 

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) a inauguré, le 20 février en Colombie, un bureau situé à Arauca, dans l'est du pays, une région qui connaît ces dernières années une augmentation considérable des déplacements forcés en raison de la violence.( Communiqué de presse)

Il y a actuellement entre 2,3 et 3 millions de déplacés internes dans le pays dont 2.000 dans la région d’Arauca. 

(Communiqué de presse)

La porte-parole Jennifer Pagonis a déclaré dans un communiqué, que « l'une des priorités majeures de l'UNHCR en Colombie en 2008 est de renforcer sa présence et ses activités dans les 50 municipalités les plus touchées par le déplacement forcé en raison du conflit interne armé ».

L'UNHCR travaillera à Aurauca pour aider les autorités locales et nationales à répondre à cette crise, notamment dans le cadre du développement de plans d'action pour les urgences et les solutions à long terme qui aideront à l'intégration. L'agence travaillera en étroite collaboration avec les populations de déplacés et les communautés présentant un grand risque de déplacement imminent à travers la région.

La cérémonie d'ouverture officielle du bureau a eu lieu mercredi dans la capitale de la province. Les bureaux de l'UNHCR en Colombie sont désormais au nombre de treize (une délégation et douze bureaux de terrain).

 

 

Changements climatiques : technologies et financement, les grandes difficultés pour les Pays en développement

Danilo COMBA

   

Le Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC/UNFCCC), a récemment remarqué que l'accès aux technologies et le financement représentaient les deux thèmes les plus importants pour les pays en développement dans la lutte contre les changements climatiques.

Cet aspect était en effet au centre des discussions lors de la Conférence de Bali. Le Paragraphe 1.b ii. du Plan d’Action vise à ce titre à équilibrer les différentes positions en ce qui concerne la question financière: la demande d’un support économique certain par les pays en développement, contrecarré par la requête des pays développés, qu’un contrôle vérifiable sur l’utilisation de ces ressources soit également mis en place.

Le plan d'action a le mérite de lancer les discussions pour qu’un accord mondial  sur la thématique environnementale soit établi. Il est évident que les enjeux économiques, socio-sanitaires, de la concurrence, des flux financiers, des aides publiques et des barrières structurelles se mêlent aux débats pour qu’on puisse parvenir aux objectifs de stabilisation des GES.

Des plus, les solutions proposées ne peuvent se concrétiser que les moyens nécessaires sont mis à disposition. Le climat, dans cette perspective universelle, prend donc une dimension qui va au-delà désormais d’une réclamation «incontournable », et peut être considérée comme une matière « englobant ». A juste  titre, il a été dit que la Conférence de Bali et ses premiers résultats (nouveau Fond d’adaptation, transferts de technologie) ont représenté un changement de perspective. Cette dimension n’a peut-être rien de nouveau au niveau politique (les OMD en sont un exemple marquant), mais à moyen terme elle pourra influencer la portée juridique de la question et avoir un impact concret (voir les mesures adoptées pour la mise en exercice du Fond d’Adaptation).

A cet égard, la prochaine réunion CCNUCC (Bangkok, du 31 mars au 4 avril) devrait permettre de fixer un calendrier de travail. Ce processus débute avec des avantages par rapport au processus de Berlin (ce dernier avait conduit à l’adoption du Protocole de Kyoto) : les Etats ont désormais une expérience concrète (avec ses résultats et limites) à travers laquelle se dessine déjà un parcours, les questions et les sujets d’intérêt au centre des prochaines discussions. Certes, les objectifs sont plus complexes : la crise climatique est plus grave que celle qui avait été estimée il y a 5 ans et l’adoption d’un Protocole ne pourra plus être interprétée comme un bon résultat en soi sans qu’on tienne en compte des réels objectifs fixés. De plus, on a peut être plus profondément conscience du parallélisme existant entre les exigences socio-économiques et environnementales, et les fortes dissymétries existantes parmi les Etats. Le « groupe de travail ad hoc pour une coopération à long terme sous la Convention » devra exercer un rôle « charnière » exemplaire.

 Durant la même période, le Secrétaire Général a souligné que les Etats-Unis est « le pays qui a les plus grandes capacités  technologiques et financières, précisant qu’il est nécessaire « votre ferme soutien, parce que je crois qu'un partenariat étroit entre les Etats-Unis et les Nations Unies est indispensable pour rendre l'ONU plus  solide et répondre aux défis mondiaux tel que la réalisation des Objectifs  du Millénaire pour le développement (OMD) et les changements climatiques ».

 

 

 

Convention de partenariat pour la coopération culturelle et le développement conclue entre le Maroc et la France 

Noémie SIMONEL

 
 

Un projet de loi a été adopté le 7 février 2008 visant à approuver la convention de partenariat pour la coopération culturelle et le développement signée le 25 juillet 2003 entre les autorités marocaines et françaises.

La signature de cette convention de coopération intervient après plusieurs années de négociations, enclenchées dans une perspective de révision et d’actualisation de la convention de 1984 afin de l’adapter aux nouveaux enjeux de la coopération, relation qui se comprend désormais dans le cadre de l’espace euro-méditerranéen, formalisé par l’entrée en vigueur le 1er mars 2000 de l’Accord euro-méditerranéen.

La précédente convention de coopération culturelle, scientifique et technique, dont les dispositions se substituaient à celles de la convention de coopération culturelle et technique du 13 janvier 1972, a été conclue le 31 juillet 1984. Son champ étroit (coopération culturelle, scientifique et technique au sens le plus classique) n’envisageait pas la problématique du développement, désormais assumée par la direction générale de la coopération internationale et du développement du Ministère des affaires étrangères et européennes.

Son cadre de fonctionnement souffrait d’une certaine lourdeur organique composée de trois niveaux de mise au point des programmes et projets : treize comités mixtes sectoriels, un comité des programmes et projets (simple chambre d’enregistrement) et une commission mixte dont l’utilité était si faible qu’elle ne s’est pas réunie depuis plusieurs années.

Face à ces vicissitudes de fonctionnement, une adaptation du contenu et des instruments de la coopération s’imposait.

La principale innovation du projet concerne la création d’un conseil de coopération (« conseil d’orientation et de pilotage du partenariat », COPP) sous la présidence des Ministres des affaires étrangères, instance centrale qui est chargée d’assurer la sélection, le suivi et l’évaluation des projets et qui se réunit annuellement, comme en dispose l’article 8. Ceci répond à un besoin de coordination d’une coopération très diversifiée.

Les comités techniques sont maintenus sous la forme de « comités sectoriels et thématiques » (CST) mais au nombre de cinq, ce qui permet de faire jouer l’interministérialité. Pour le reste, le texte consiste essentiellement en une actualisation des principaux éléments de la convention de 1984.

Ce cadre de coopération est orienté vers le renforcement et le développement des structures de base en matière d’éducation, de santé et d’habitat tout en assurant la promotion de la décentralisation et de la société civile (article 2).

Elle crée ainsi un forum du partenariat, regroupant tous les acteurs de la coopération, qui se réunira à intervalles réguliers (article 12). Elle prévoit également la création d’un fonds incitatif de coopération destiné à encourager certains projets particulièrement symboliques ou à financer des évaluations (article 13).

La convention met en place un dispositif opérationnel de conduite de ce partenariat constitué :

- d’un conseil d’orientation et de pilotage du partenariat (COPP), organe unique de mise en œuvre et d’évaluation des orientations décidées lors des rencontres de haut niveau, placé sous la présidence des Ministres des affaires étrangères respectifs (articles 9 et 10) ;

- de cinq comités sectoriels et thématiques (CST) interministériels chargés d’élaborer, chacun dans leurs domaines, des projets de programmes ou d’actions (article 11) ;

- d’un forum du partenariat regroupant tous les acteurs non institutionnels du partenariat;

- d’un fonds incitatif de coopération destiné à financer des projets-pilotes, des études, des audits et des évaluations permettant d’informer les deux Parties sur la qualité des actions.

Le principe du partage des charges entre les deux Parties est assuré, conformément à l’article 15.

L’article 17 qui vise les modalités de fonctionnement dans la sélection des étudiants aptes à contribuer à la mise en œuvre des projets visés par la convention, a fait l’objet de négociation particulières, formalisées par un échange de lettre avec les autorités marocaines Une nouvelle formulation de cet article a donc été obtenue par un échange effectué sous forme de notes verbales signées à Rabat les 10 mai et 3 juin 2005, se substituant à la formulation antérieure de cet article.

Les dispositions particulières aux établissements d’enseignement, de formation, institutions culturelles et centres de recherche (articles 23 à 26) sont définies dans le second protocole administratif et financier annexé à la convention. La liste de ces établissements figure en annexes A et B, permettant ainsi à certains d’acquérir un véritable statut de partenariat.

Les dispositions de la convention s’appliquent aux agents régis par la convention de 1984 à la faveur du renouvellement de leur contrat (article 27).

Les dispositions finales de l’article 29 sont de facture classique. La convention est conclue pour une durée illimitée ; sa dénonciation est possible sous réserve d’un préavis de six mois et l’entrée en vigueur se fait à la date de réception de la dernière notification relative à l’accomplissement des formalités constitutionnelles requises avec effet à la date de sa signature.

Le règlement des différends se fera par la voie de la négociation (article 30).

Concernant le premier protocole administratif et financier, celui ci définit les dispositions relatives aux personnels de coopération, qu’ils soient enseignants, assistants techniques ou volontaires internationaux. Ces personnels français sont soumis à la législation du travail et au régime de sécurité sociale français (article 8). S’ils sont recrutés hors du Maroc, ils bénéficient de l’admission en franchise de leur mobilier et de leurs effets personnels ainsi que de l’admission temporaire de leur automobile (article 10). Pour les missions de courte durée, le partage des charges (frais de voyage et de séjour) est fixé entre les deux États par les articles 29 à 32.

Le second protocole administratif et financier définit les dispositions relatives aux outils et aux opérateurs de la coopération.

La gratuité des frais de dossier correspondant au visa demandé pour la France en faveur des participants marocains à une action de coopération est prévue à l’article 4.

Les établissements relevant du droit français ont la capacité de passer au Maroc les actes juridiques nécessaires à leur fonctionnement (article 7). Ils ont la faculté d’exercer leurs activités à l’extérieur de leurs locaux (article 10). La liberté d’accès aux établissements est garantie (article 10).

L’article 9 énumère la liste, non limitative, des activités des établissements, qui comprend notamment les manifestations culturelles, pédagogiques, scientifiques, techniques, audiovisuelles, le fonctionnement d’une médiathèque et d’une bibliothèque, la publication et la diffusion de documents, l’enseignement de la langue et de la civilisation.

Les établissements n’ont pas de but lucratif, mais sont autorisés à percevoir des recettes provenant de droits d’entrée aux manifestations qu’ils organisent et d’inscription aux enseignements et autres activités qu’ils dispensent (article 11).

Seuls figurent dans l’annexe A à la convention les établissements scolaires d’enseignement français au Maroc relevant de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger). Les établissements sont gérés et inspectés par les autorités françaises chargées de l’organisation pédagogique (article 18) ; les établissements dispensent un programme d’enseignement conforme aux normes françaises (article 21) ainsi qu’une composante d’enseignement de la langue et de la culture (histoire, géographie, institutions) du Maroc.

Il convient de noter qu’aucun établissement marocain en France n’est actuellement homologué.

 

 

France

accord sur l’encouragement et la protection des investissements avec la Turquie

Guillaume ARÉOU

 
 

La conclusion du traité bilatéral d’investissements entre la France et la Turquie met en exergue la nouvelle dynamique dans les relations bilatérales entre les deux pays. Ces relations avaient en effet été suspendues suite à la reconnaissance par la France du génocide arménien. La Turquie avait libéré le régime des investissements étrangers par la loi du 5 juin 2003. Ce texte prévoit que les investissements directs à l’étranger ne peuvent être ni expropriés, ni nationalisés. Ce texte permettra aux investisseurs français et turcs d’évoluer dans un environnement juridique plus stable et sécurisé. Cet accord constituait une vraie nécessité dans la mesure où la France se situe au 7ème rang des investisseurs étrangers en Turquie (en stock) et que la Turquie se classe au 5ème rang des investisseurs étrangers en France (en flux).

Le texte signé en 2006 par la France se rapproche aussi bien dans sa forme que dans son contenu des autres T.B.I. conclus par la France (90 accords de ce type ont été conclus par la France). Comprenant 10 articles, il traite tour à tour du traitement juste et équitable (article 3.2), de l’expropriation (article 4) et du règlement des différends (article 8). Il est toutefois intéressant de relever certaines spécificités. On notera tout d’abord que si l’article 1 relatif à la définition de l’investissement prend la forme d’une liste non exhaustive, il n’en demeure pas moins qu’il retient une définition assez extensible de l’investissement. Cet article précise même qu’ « une modification de la forme d’investissement des avoirs, quelle qu’elle soit, n’affecte pas leur qualification d’investissement, à condition que cette modification ne soit pas contraire à la législation des Parties Contractantes ».

Deux expressions semblent ensuite revêtir une importance particulière dans l’article 3 relatif à la promotion, à la protection et aux traitements des investissements. Tout d’abord, la notion de traitement juste et équitable (article 3.2) doit être comprise au sens des principes du droit international. Il faut ensuite relever le point inséré à l’article 3.5 qui dispose que « le présent accord ne s’applique pas aux questions fiscales ». Il s’agit là d’une première restriction qui est non négligeable puisque de nombreux tribunaux arbitraux ont été saisis de questions de cette nature. Notons enfin que l’article 4.3 prévoit « les pertes subies dues à la guerre ou à tout autre conflit armé, insurrection, état d’urgence national ou révolte survenu sur le territoire de l’une des Parties Contractantes ».

Enfin, la disposition la plus importante est intégrée dans le Protocole de l’accord qui fait référence à la déclaration soumise par la Turquie au CIRDI en 1989 et relative à l’article 25 (4) qui dispose : « Tout Etat contractant peut, lors de sa ratification, de son acceptation ou de son approbation de la Convention ou à toute date ultérieure, faire connaître au Centre la ou les catégories de différends qu´il considèrerait comme pouvant être soumis ou non à la compétence du Centre ». La Turquie avait alors précisé que « les différends relatifs aux droits de propriété et aux droits réels sur les biens immobiliers sont entièrement de la compétence des tribunaux turcs et ne seront pas soumis au CIRDI ou à un autre mécanisme de règlement des différends ». Cette disposition constitue la seconde restriction d’envergure dans l’application de cet accord aux investissements étrangers. En effet, ajoutée à la première restriction relative aux mesures fiscales, la portée de cet accord s’en trouve d’autant plus réduit. Ces deux restrictions cumulées réduisent considérablement la possibilité pour les investisseurs de porter le différend devant le CIRDI. Il est alors nécessaire de faire le parallèle avec l’article 1 du Protocole 1 CEDH relatif à la protection de la propriété. Cet article dispose : « Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d’utilité publique et dans les conditions prévues par la loi et les principes généraux du droit international […] ». Le droit de propriété constitue une partie non négligeable, voire prépondérante, dans les contrats d’investissements. Outre le fait que la déclaration turque exclut du champ d’application de cet accord les questions relatives au droit de propriété, une autre question semble pouvoir se poser : un tribunal arbitral CIRDI pourrait-il connaître d’un litige touchant à l’exécution du contrat mais ayant trait à des questions fiscales en vertu de la théorie de l’acte détachable ? La pratique permettra sans doute de répondre à cette question.

 

 

Les Etats-Unis réagissent à l’interdiction du maïs transgénique par la France.

Mesures affectant l’approbation et la commercialisation des produits biotechnologiques

Abdoulaye Moussa

 
 

La communauté européenne a récemment levée le moratoire sur le maïs transgénique qui avait été instauré en 1998. Paris a, suite à cette décision, décidé d’engager le 11 janvier 2008, la clause de sauvegarde sur le maïs transgénique MON810, seul organisme génétiquement modifié cultivé en France jusqu'à ce que la Commission européenne ait procédé à de nouvelles expertises.

Déjà, le 13 mai 2003, les États-Unis et le Canada avaient demandé des consultations avec la Communauté européenne pour éclaircir certains points concernant certaines mesures, notamment le moratoire mis en place par les CE et les interdictions de commercialiser et d’importer des produits biotechnologiques ainsi que les mesures mises en place par certains Etats malgré l’approbation des CE. Ces mesures prises par les CE et leurs États membres affectent les importations de produits agricoles et alimentaires des États-Unis et du Canada. Le 14 mai, l’Argentine suivait le pas des Etats Unis et du Canada.

Les Etats Unis remettaient en question la compatibilité de ces mesures avec les articles 2, 5, 7 et 8 et des Annexes B et C de l’Accord SPS, avec les articles Ier, III, X et XI du GATT de 1994, avec l’article 4 de l’Accord sur l’agriculture et enfin les articles 2 et 5 de l’Accord OTC.

Les revendications des Etats Unis, du Canada et de l’Argentine sont similaires en ce qui concerne l’accord sur l’agriculture et le GATT. En ce qui concerne l’accord SPS le Canada soulève l’incompatibilité des mesures des CE avec les articles 2.2, 2.3, 5.1, 5.5, 5.6, 7 et 8 et des Annexes B et C de l’Accord SPS, tandis que les articles 2.1, 2.2, 2.8, 5.1 et 5.2 de l’Accord OTC seraient également incompatibles avec ces mesures.

L’Argentine soulève l’incompatibilité des mesures des CE avec les articles 2, 5, 7, 8 et 10 et des Annexes B et C de l’Accord SPS, mais également avec les articles 2, 5 et 12 de l’Accord OTC.

Les CE ont par la suite participé aux consultations présentées par l’Argentine, l’Australie, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, l’Inde, le Mexique, la Nouvelle-Zélande et le Pérou puis aux consultations présentées par l’Australie, le Brésil, le Canada, les États-Unis, l’Inde, le Mexique et la Nouvelle-Zélande.

Le 29 août 2003, l’ORD a établi un groupe spécial devant établir des rapports. Dans ses rapports du 29 septembre 2006 le groupe spécial a constaté que les mesures des  Communautés européennes étaient incompatibles avec leurs obligations au titre de l'Annexe C 1) a), première clause, et de l'article 8 de l'Accord SPS. Ces rapports précisent cependant que ces mesures étaient compatibles avec certaines dispositions mentionnées par les parties plaignantes, y compris les articles 5.1, 5.5, 5.6, 2.2 ou 2.3 de l'Accord SPS.

Le Groupe spécial a par ailleurs notifié que les mesures mises en place par les Etats membres de l’UE étaient incompatibles avec les articles 5:1 et 2:2 de l'Accord SPS du fait que les mesures de sauvegarde en cause ne sont fondées sur  aucune preuve scientifique suffisante et que les évaluations des risques ne répondaient aucunement à la définition donnée dans l'Accord SPS.

Un délai a été accordé aux CE pour se mettre en conformité avec les recommandations et décisions de l'ORD et ce délai est arrivé à expiration le 21 novembre 2007

Paris a donc signé le 5 décembre 2007 un arrêté suspendant la cession et l’utilisation des semences de maïs MON810 jusqu’à la publication d’une loi relative aux organismes génétiquement modifiés au plus tard jusqu’au 9 février 2008. Un projet de loi a d’ailleurs été présenté par le Ministre de l’agriculture et de la pêche, Michel Barnier , le 5 Février 2008 au sénat Français

Un arrêté suspendant la mise en culture de semences de maïs génétiquement modifié MON810 a donc été signé le 8 février 2008 par le Ministre de l’agriculture et de la pêche, Michel Barnier. Cet arrêté est publié au JO du 9 février 2008.

Le 8 février 2008, une demande relative à des mesures de rétorsion a donc été présentée par les États-Unis dans l'affaire des OGM et soumise à arbitrage de l’OMC suite à la contestation de la CE. Washington accuse la France de violer plusieurs accords de l’OMC, notamment celui sur les mesures sanitaires et phytosanitaires, et celui sur les obstacles techniques au commerce.

La France avait déjà été sanctionnée par la CJCE alors qu’elle avait refusé d’importer de la viande de bœuf britannique pendant la crise de la vache folle. Les états Unis espèrent faire prévaloir le même raisonnement pour la Commercialisation des produits biotechnologiques en espace CE.

 

 

 
 

 

Ratification française de l’accord ADN

Danilo COMBA

 

 

La France vient de ratifier (loi n° 2008-141 du 15 février 2008, parue au JO n° 40 du 16 février 2008)  « l’accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par voies de navigation intérieures (ADN) ». La ratification française s’ajoute à ceux dont le site de la CEE-ONU fait déjà mention : il s’agit du huitième Etat ayant ratifié cet accord, qui va entrer en vigueur (sur la base de l’article 11) en conséquence de la récente acceptation -septième dépôt- par l’Allemagne (article 11).

Sentinelle s’est déjà occupé des nouveautés introduites par ce nouvel accord. Ainsi, renvoyant aux précédentes informations, nous rappelons certaines particularités:

ü   Les thématiques de sécurité, sûreté, protection de l’environnement et renforcement du commerce international par la navigation fluviale forment la base de cette convention ;

ü   la prévision de principes et règles communs parmi les différentes parties, établis grâce et sur le fondement de cet accord, devrait garantir une plus grande harmonisation au niveau européen et un encadrement plus rigoureux des exclusions et prescriptions relatives aux différentes marchandises dangereuses (notamment les produits chimiques ; voir le Rapport présenté devant l’AN le 16 janvier 2008).

Concernant ces deux aspects le rapporteur de la commission des affaires étrangères, M. Jean-Marie Demange, estime que « Le présent accord contribue au développement de ce mode de transport en substituant aux deux règlements régionaux Rhin et Danube, un cadre juridique unique qui respecte les standards élevés de sécurité actuels ».

ü   Le champ d’application concerne tout type de navigation intérieure lorsqu’il s’agit du transport international des marchandises dangereuses ; néanmoins la navigation intérieure reste exclue dès qu’elle constitue « une paranthèse limitée » dans l’exercice d’un transport par les voies de navigation maritime : également l’accord « ne s'applique pas au transport de marchandises dangereuses effectué par des bateaux de guerre ou autres bateaux appartenant à un État tant que celui-ci les utilise exclusivement à des fins non commerciales » (article 1).

ü   Enfin l'article 17 de l’Accord (Annexe C) « prévoit la création d'un comité d'administration (…) afin d'examiner les recommandations d'agrément ou de retraits de sociétés de classifications des bateaux transportant des marchandises dangereuses élaborées par un conseil d'experts désigné. Ce dispositif de recommandation des sociétés de classification, n'existe pas dans les autres réglementations de transport de matières dangereuses ».

LOI n° 2008-141 du 15 février 2008 autorisant l'approbation de l'accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par voies de navigation intérieures (ADN)

Rapport (disponible également une carte des principales voies d’eau européennes) 


ADN : Etat des signatures et des ratifications définitives :

Participant

Signature  

Definitive signature (s), Ratification, Acceptance (A), Approval (AA), Accession (a)

Austria 

 

9 Nov 2004 a

Bulgaria 

13 Jun 2000 

7 Mar 2006

Croatia 

14 Jun 2000 

 

Czech Republic 

26 May 2000 

 

France 

23 Oct 2000 

 

Germany 

26 May 2000 

31 Jan 2008 A

Hungary 

 

4 May 2004 a

Italy 

26 May 2000 

 

Luxembourg 

29 Jan 2001 

24 May 2007

Moldova 

26 Mar 2001 

 

Netherlands 

20 Dec 2000 

30 Apr 2003 A

Russian Federation 

 

10 Oct 2002 a

Slovakia 

26 May 2000 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Déclaration allemande (article 14)

GERMANY: RATIFICATION

The Secretary-General of the United Nations, acting in his capacity as depositary, communicates the following:

The above action was effected on 31 January 2008, with: Declaration (Original: English)

“With reference to Article 14, paragraph 3, sub-paragraph b, of the European Agreement concerning the International Carriage of Dangerous Goods by Inland Waterways (ADN), the Government of the Federal Republic of Germany declares that the implementation of the Agreement on the Rhine is subject to compliance with the procedures set out in the statutes of the Central Commission for the Navigation of the Rhine (CCR), and its implementation on the Moselle is subject to compliance with the procedures set out in the statutes of the Moselle Commission.”

7 February 2008  

 

 

 

 

 

Ratification de l’accord Franco-Australien en matière de pêcherie

Danilo COMBA

 

 

La France a entrepris le parcours législatif nécessaire pour que l’accord franco-australien relatif à la coopération en matière d'application de la législation relative à la pêche dans les zones maritimes adjacentes aux Terres australes et antarctiques françaises, à l'île Heard et aux îles Mc Donald, entre bientôt en vigueur.

L’accord du 8 janvier 2007, qui avait déjà fait l’objet d’une note de Sentinelle, fait suite au traité du 24 novembre 2003 qui avait posé les principes de cette coopération. Son objectif est la détermination et le renforcement des conditions d’exercice des activités de contrôle et ce, également dans la ZEE soumise aux droits souverains de l’autre partie (articles 3 et 4 de l’accord/agreement).

Cette région et ses ressources sont spécialement protégées par la Convention CCAMLR (jusqu’à qu’elles puissent être inclues, en ce qui concerne les Iles Heard et McDonalds, dans la liste du patrimoine mondial de l’Unesco). Néanmoins les activités illégales, notamment la pêche à la légine, sont difficilement contrôlables. Selon le Rapport présenté devant l’Assemblée Nationale « 51 échos de navires présumés illicites ont été identifiés en 2007 par le système de surveillance par satellite sur l’ensemble de la zone ».

Le 7 février, le projet de loi a été adopté par l’Assemblée Nationale et transmis au Sénat.

Ledit projet souligne « (qu’) il permettra à la France de défendre non seulement efficacement ses ressources halieutiques, mais d’être à la pointe de la lutte contre la pêche illicite, dans cette partie de la zone couverte par la CCAMLR en particulier, avec l’espoir de susciter des initiatives similaires parmi les États Parties à la CCAMLR ».

Le Groupe d'études Arctique, Antarctique et TAAF, inséré dans le cadre de la Commission des Lois, présentait fin 2007 un rapport mettant l’accent sur l’importance de la région australe (voir le rapport, « Un enjeu pour la planète, une responsabilité pour la France "). Egalement une demande d’éclaircissement a été posée « au ministre des affaires étrangères sur l’importance de préserver les droits exclusifs « potentiels » de la France dans ladite région, notamment le Taaf, y compris la Terre Adélie (voir  Sentinelle de la semaine dernière).

Dans ces conditions, on comprend le renvoi du Sénat à la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées, une des six commissions permanentes du Sénat (voir l’article constitutionnel 43). Le 7 février, cette dernière a nominé M. André Boyer rapporteur sur le projet de loi n° 443.

Nous notons que ces deux Etats sont en train de développer des accords bilatéraux similaires avec l’Afrique du Sud.

Vote sur un projet de loi

Mme la présidente.

L’ordre du jour appelle le vote, selon la procédure d’examen simplifiée, sur le projet de loi autorisant l’approbation de l’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de l’Australie relatif à la coopération en matière d’application de la législation relative à la pêche dans les zones maritimes adjacentes aux Terres australes et antarctiques françaises, à l’île Heard et aux îles Mac Donald (nos 443 et 686).

Conformément à l’article 107 du règlement, je mets aux voix l’article unique du projet de loi.

(L’article unique du projet de loi est adopté.)

 Extrait de la carte : Zone d’application (page 19 du Rapport ; article 1er de l’accord)

 

 

PROJET DE LOI ADOPTÉ PAR L'ASSEMBLÉE NATIONALE,

autorisant l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de l'Australie relatif à (…),

TRANSMIS PAR M. LE PREMIER MINISTRE À M. LE PRÉSIDENT DU SÉNAT

(Renvoyé à la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées, sous réserve de la constitution éventuelle d'une commission spéciale dans les conditions prévues par le Règlement).

L'Assemblée nationale a adopté le projet de loi dont la teneur suit :

Voir les numéros :

Assemblée nationale (13ème législ.) : 443, 686 et T.A. 103

Article unique

Est autorisée l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de l'Australie relatif à la coopération en matière d'application de la législation relative à la pêche dans les zones maritimes adjacentes aux Terres australes et antarctiques françaises, à l'île Heard et aux îles McDonald, signé à Paris le 8 janvier 2007, et dont le texte est annexé à la présente loi (1).

Délibéré en séance publique, à Paris, le 7 février 2008.

Le Président,

Signé : BERNARD ACCOYER

(1) Nota : voir le document annexé au projet de loi n° 443.

 

 

 

 

16EME FORUM OSCE SUR L’ECONOMIE ET L’ENVIRONNEMENT

Florina COSTICA

 

Le 28 et 29 janvier 2008 a eu lieu a Vienne le 16eme Forum de l’OSCE sur l’Economie et l’Environnement. A part de nous rappeler que le rôle de cette organisation ne se limite pas tout simplement à la surveillance des élections, cette conférence a mis en exergue la nécessité de coopération dans les deux domaines, tout en analysant les interconnexions existantes et les mécanismes juridiques, tant régionaux et qu’internationaux, disponibles a l’heure actuelle aux 56 Etats de l’OSCE.

Le trafic maritime et par voie de navigation intérieure étant en plein essor, la coopération s’impose pour répondre aux besoins de sécurité et de protection de l’environnement. C’est ainsi que les participants à ce forum ont formulé le défi à relever. Le ministre finnois de l’environnement, M. Kimmo Tiilikainen, (dont le pays tient la présidence de l’OSCE en 2008) a declaré: “The purpose and domain of the OSCE Economic and Environmental Forum is to address security-related, environmental and economic aspects, and their interlinkages in the given context. This broadly defined mandate, although demanding, provides a special opportunity.”

La conférence a été divisée en 4 sessions: Aspects sécuritaires relatives à la coopération maritime ; Aspects économiques et environnementaux liées à coopération maritime ; La coopération pour les voies de navigation intérieure ; La promotion de la coopération régionale et interrégionale sur la sécurité environnementale.

Pour l’UE, qui prépare une forte prise en charge de sa politique maritime, ce forum a été une opportunité d’entendre librement les voix des acteurs non étatiques (ONG et autres représentants de la société civile), ainsi que celles d’autres organisations internationales ou des Etats non membres, comme les Etats du Caucase, la Russie ou encore des Etats-Unis, afin de mieux comprendre leurs attentes dans l’appréhension d’une politique maritime communautaire.

Le cadre ouvert de l’OSCE, ainsi que le souci permanant des participants de répondre aux besoins pratiques a permis de jeter les bases d’un vrai forum global de discussion sur l’approche maritime. L’espoir est né que les multiples cadres régionaux et interrégionaux de la dimension maritime se retrouveront souvent dans les fora de l’OSCE, qui pourront ainsi être employés au moins comme « fabrique de convergences » des acteurs impliqués.

La conférence de Vienne est la première partie du Forum économique et environnemental de l’OSCE ; la deuxième partie se tiendra à Prague du 19 au 21 mai prochain.
 

 
 

OMI

 

France : Projet de loi autorisant l’adhésion à la Convention internationale pour le contrôle et la gestion des eaux de ballast et sédiments des navires.

Provence Anne-Laure

 

 

Le 16 janvier 2008, le ministre des affaires étrangères de la République française, M. Bernard KOUCHNER a présenté un projet de loi autorisant l’adhésion à la convention internationale pour le contrôle et la gestion des eaux de ballast et sédiments des navires, signée à Londres le 13 Janvier 2004 dans le cadre de l’organisation maritime internationale (OMI).

La croissance des échanges internationaux de ces dernières décennies, ainsi que celle du transport maritime transocéanique, ont confrontés les États littoraux à des problèmes écologiques d’un nouvel ordre lié à l’apport d’organismes vivants totalement étrangers à l’environnement local. L’introduction de ces espèces peut avoir des effets néfastes sur la santé publique, sur l’environnement et l’économie locale.

Les eaux de ballast sont destinées à contribuer, avec la cargaison, à équilibrer les navires. Elles peuvent être rejetées, partiellement ou non lors des opérations commerciales de chargement et de déchargement. Ce phénomène est connu de longue date.

La problématique des organismes aquatiques nuisibles contenus dans les eaux des ballasts a été abordée dès 1988 dans le cadre de l’OMI, essentiellement sous l’influence du Canada et de l’Australie. Le premier était confronté à l’invasion de la moule zébrée dans les eaux des grands lacs depuis le Saint-Laurent, le second à celle de l’étoile de mer Asterias amurenis sur ses côtes Ouest.

Depuis lors, différents comités et sous-comités techniques de l’OMI se sont intéressés à la question, et un programme de l’OMI, « GloBallast », a été chargé de fournir une assistance technique et une expertise aux pays en développement.

En 1990, le comité de protection de l’environnement marin (MEPC) a créé un groupe de travail et a adopté l’année suivante des règles pour éviter l’introduction d’organismes aquatiques indésirables et pathogènes provenant du déversement d’eaux de ballast et des boues sédimentaires des navires. Parallèlement, en 1992, la conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a reconnu la menace que constituaient les eaux et sédiments de ballast pour les écosystèmes des États côtiers.

L’OMI a adopté différentes résolutions afin d’encadrer la gestion des eaux de ballast, mais, rapidement, il est apparu nécessaire de rendre obligatoires ces dispositions. Différentes options ont été envisagées pour finalement retenir la forme d’une nouvelle convention internationale, adoptée par consensus. La convention n’est pas encore entrée en vigueur, le nombre requis de ratification n’ayant pas été atteint à la date du 31 août 2007. Dix États y ont adhéré, la France étant le onzième Etat, une fois que ce projet de loi sera adopté (Voir statut de la convention).

La convention est le premier texte international contraignant dans ce domaine, elle comprend vingt- deux articles.

Aux termes de la convention, les États Parties s’engagent à prévenir, atténuer et éliminer complètement le transport d’organismes aquatiques nuisibles et pathogènes grâce à un contrôle et à des mesures de gestion des eaux de ballast et des sédiments des navires(Article 1). Les États Parties ont la possibilité de prendre des mesures de gestion plus strictes que celles de la convention, en accord avec le droit international et pour autant qu’ils respectent les dispositions de la convention (Article 2-3). La convention s’applique aux navires autorisés à battre le pavillon d’un État Partie (article 3) et où que soit situé ce navire (article 8).

Toutefois, la convention ne s’applique pas (article 3-2) :

                 aux navires qui ne sont pas construits ou conçus pour transporter des eaux de ballast ;

                 aux navires d’un État Partie qui sont exploités uniquement dans les eaux relevant de sa juridiction, à moins que cet État Partie ne décide que le rejet d’eaux de ballast par ces navires porterait atteinte ou nuirait à la santé humaine, à son environnement, à ses biens ou ses ressources ou à ceux d’États adjacents ou d’autres États ;

                 aux navires d’un État Partie qui sont exploités uniquement dans les eaux de la juridiction d’un autre État Partie pour autant que ce dernier autorise cette exclusion. Toutefois, un État Partie ne doit pas accorder une telle autorisation si cela porte atteinte ou nuit à la santé humaine, à son environnement, à ses biens ou ses ressources ou à ceux d’États adjacents ou d’autres États ;

                 aux navires exploités uniquement dans les eaux relevant de la juridiction d’un État Partie et en haute mer ;

                 aux navires de guerre ou d’État ;

                 aux eaux de ballast permanentes dans des citernes scellées (dites citernes passives) à bord des navires qui ne font pas l’objet de rejet.

De plus, la convention prévoit que les États Parties appliquent les prescriptions de la convention de façon que les navires d’États non Parties à la convention ne bénéficient pas d’un traitement plus favorable (article 3.3).

La convention prévoit une norme de renouvellement des eaux de ballast en mer. Les navires auront, dans un premier temps, l’obligation de renouveler au moins 95 % des eaux de ballast en haute mer (Règle D-1). Mais ils devront aussi se soumettre aux normes et méthodes de traitement à bord des navires des eaux de ballast avant rejet (Règle D-2) afin de pouvoir garantir le respect d’une teneur maximale en microorganismes vivants. Les méthodes de traitement doivent être approuvés par les procédures G8 et G9 de l’OMI (Règle D-3). Le respect de ces normes est soumis au respect d’un calendrier (Règle B-3). En effet, les navires construits avant 2009 devront respecter la première règle jusqu’en 2014 ou 2016, en fonction du volume de leurs ballasts. A partir de ces dates, ils devront satisfaire à la seconde.  Les navires construits entre 2009 et 2012 devront satisfaire immédiatement à la seconde règle, à l’exception de ceux dont les ballasts sont supérieurs à 5 000 tonnes qui pourront ne l’appliquer qu’à partir de 2012. Tous les navires construits à partir de 2012 devront satisfaire à la seconde règle dès leur construction.

La convention prévoit des procédures de contrôle (articles 4, 7, 8, 9, 10, 11 et section E) notamment par la possibilités de visites et par la délivrance de certificats. Les navires doivent disposer d’un registre des eaux de ballast et mettre en oeuvre des procédures adaptées de gestion des données. Ils ne doivent pas subir de retard indu (article 7.2). Les Etats parties on l’obligation de mettre en place dans les ports des installations de réception des sédiments (article 5). Ils doivent élaborer des politiques, des stratégies et des programmes nationaux pour la gestion des eaux de ballast.

La convention insiste à plusieurs reprises sur la nécessité de développer la coopération et l’assistance entre les Parties d’un point de vue général (article 2) et en ce qui concerne la recherche scientifique et technique et la surveillance (article 6), le contrôle (article 11), l’assistance technique et la coopération régionale (article 13), la communication de renseignements (article 14).

Les États Parties doivent également surveiller les effets de la gestion des eaux de ballast dans les eaux relevant de leur juridiction (article 6). Il s’agit d’observer, de mesurer, d’échantillonner, d’évaluer et d’analyser l’efficacité et les impacts défavorables de toute technologie ou méthode de traitement.

La Convention entrant en vigueur 12 mois après la ratification par 30 États représentant 35 % du tonnage brut de la flotte mondiale, elle ne pourra pas entrer en vigueur au 1er janvier 2009. Des dispositions relatives à des normes de construction de navires construits après le 1er janvier 2009 ne pourront donc pas être opposées, étant antérieures à l’entrée en vigueur.