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L'Iran est encore sur la sellette,
tant dans le cadre de l'AIEA, suite au
rapport du 22 février 2008 de Mohamed El Baradei, que du
Conseil de Sécurité de l'ONU; en effet, ce dernier a adopté la
résolution S/RES/1803(2008) qui prévoit une série de nouvelles
sanctions contre cet Etat. Le Conseil de Sécurité, se fondant sur
les travaux du Directeur de l'Agence internationale, constate que
l'Iran n'a pas respecté ses diverses obligations; ainsi instruit par
les travaux du Directeur général de l’Agence internationale de
l’énergie atomique (notamment les
rapports des 23 mai 2007 (GOV/2007/22),
30 août 2007 (GOV/2007/48),
15 novembre 2007 (GOV/2007/58) et certes celui du 22 février
2008 (GOV/2008/4), le Conseil de Sécurité note avec une "vive
inquiétude" que "l’Iran n’a ni suspendu intégralement et durablement
toutes activités liées à l’enrichissement et au retraitement ainsi
qu’à l’eau lourde visées dans les résolutions
1696 (2006),
1737 (2006) et
1747 (2007), ni repris sa coopération avec l’AIEA, au titre du
Protocole additionnel, ni pris les autres mesures prescrites par le
Conseil des Gouverneurs de l’Agence, ni satisfait aux dispositions
des résolutions 1696 (2006), 1737 (2006) et 1747 (2007), toutes
mesures qui sont essentielles pour instaurer la confiance, et déplor(e)
le refus de l’Iran de prendre ces mesures"... Cette 'préoccupation"
du Conseil face à un Etat récalcitrant aux dispositions onusiennes
dont la finalité touche à la paix et la sécurité internationales via
le prisme particulier de la non prolifération, sera réaffirmée avec
insistance avant l'annonce du détail des sanctions annoncées. La
résolution est soigneusement motivée au point de se risquer à la
répétition.
Si le Conseil de Sécurité reconnaît
que des progrès ont été réalisés, il insistera néanmoins sur
l'absence de transparence du nucléaire iranien : "saluant les
efforts ... pour régler les questions en suspens touchant le
programme nucléaire de l’Iran dans le plan de travail convenu entre
le secrétariat de l’AIEA et l’Iran (GOV/2007/48, appendice), se
félicitant des progrès de la mise en oeuvre du plan de travail,
exposés dans les rapports du Directeur général de l’AIEA en date du
15 novembre 2007 (GOV/2007/58) et du 22 février 2008 (GOV/2008/4),
soulignant combien il importe que l’Iran produise rapidement et
véritablement des résultats tangibles en achevant la mise en oeuvre
de ce plan de travail, y compris en apportant des réponses à toutes
les questions de l’AIEA, de manière que cette dernière, par
l’application des mesures de transparence requises, puisse évaluer
l’exhaustivité et l’exactitude de la déclaration de l’Iran".
Pour le Conseil de Sécurité, le
respect de ses obligations par l'Iran est le préalable à toute
solution diplomatique : "Exprimant sa conviction que la suspension
envisagée au paragraphe 2 de la résolution 1737 (2006) et le respect
intégral par l’Iran, dûment vérifié, des exigences dictées par le
Conseil des Gouverneurs de l’AIEA favoriseraient une solution
diplomatique négociée garantissant que le programme nucléaire de
l’Iran sert des fins exclusivement pacifiques"; ... "une fois que la
confiance de la communauté internationale dans le caractère
exclusivement pacifique du programme nucléaire de l’Iran sera
rétablie, celui-ci sera traité de la même manière que tout État non
doté d’armes nucléaires partie au Traité sur la non-prolifération
des armes nucléaires"...
Il est donc notable que l'Iran pâti
d'un traitement différencié si ce n'est discriminatoire tant selon
les termes régulièrement employés par les ressortissants officiels
de cet Etat (cf. notamment l'article
de Mr.Ali Ahani, ambassadeur de la République islamique d'Iran en
France, Le Monde, 6 mars 2008) que du représentant permanent
adjoint au Conseil de sécurité des Nations-Unies, Mr. Jean-Pierre
Lacroix : ..."les relations avec l'Iran ne sont plus tout à fait
normales" (cf.
déclarations officielles de politique étrangère, MAE 4 mars 2008,
entretien du représentant permanent avec France 24).
En tant que Partie au TNP, l'Iran
voit donc ses droits à un programme nucléaire civil gelés
(suspension de toutes ses activités liées à l’enrichissement et au
retraitement, y compris la recherche-développement, sous
vérification de l’AIEA), faute d'avoir su instaurer un climat de
confiance en termes de non prolifération, situation qui n'a aucune
vocation à durer selon le Conseil de Sécurité, car l'accent est
clairement mis sur le souhait d'une issue diplomatique avec à la
clef un programme de coopération.
La résolution 1803 du Conseil de
Sécurité énumère ainsi trois séries de sanctions contre l'Iran
touchant aux personnes, aux biens et aux financements (cf. les
paragraphes 3 à 11 de la résolution 1803(2008)) : "La présente
résolution ajoute des noms aux listes de personnes ou entités
placées sous gel d'avoir en raison de leurs liens avec les activités
proliférantes de l'Iran. Elle formule une interdiction de voyager
pour les personnes les plus impliquées. Elle interdit la fourniture
à l'Iran de biens sensibles à double-usage. Elle appelle à la
vigilance dans les transactions avec les banques iraniennes, en
particulier les banques Melli et Saderat; pour la même raison, elle
appelle à limiter la fourniture de crédit à l'export au profit de
l'Iran. Enfin, elle incite les Etats à s'assurer que les cargaisons
aériennes ou maritimes transportées par deux compagnies iraniennes
impliquées dans des trafics ne comportent pas de biens prohibés" (in
intervention du représentant permanent adjoint au Conseil de
Sécurité). La résolution est ainsi complétée par trois annexes
qui pointent crûment les "agents" et les entreprises de la
prolifération iranienne. Le procédé n'est peut-être pas très adroit
au regard de la susceptibilité de l'Iran. Mais les Etats non dotés
de l'arme nucléaire (ENDAN) ont déjà amplement souligné le caractère
vexatoire et discriminatoire des contrôles ; les failles du TNP sont
connues, certes dans le camp des ENDAN qui demeurent pour certains
proliférants mais aussi concernant les engagements non tenus des
Etats dotés de l'arme qui ne sont toujours pas pour certains
"désarmants".
La résolution 1803 est l'expression
d'un rapport de force qui se poursuit dans la communauté
internationale, mais dans un souci nous semble-t-il d'assurer une
crédibilité au système onusien associé au respect de l'état de droit
d'une part et, dans une optique géostratégique, d'empêcher une
escalade des tensions dans cette zone "volatile" d'autre part (selon
la formule du représentant J.P Lacroix dans son intervention
précitée). Ainsi, le représentant français souligne-t-il : "Nous
n'avons pas d'autre choix, pour maintenir la confiance dans le TNP,
que d'adopter des sanctions contre ce pays". Force est de constater
que la résolution a été adoptée à la quasi unanimité (une abstention
uniquement). Le Directeur général de l’AIEA devra présenter dans les
90 jours au Conseil des Gouverneurs de l’AIEA, et parallèlement,
pour examen au Conseil de sécurité, un rapport concernant la
suspension complète et durable par l’Iran de ses activités.
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Obs. Rupture et continuité
dans la gestion internationale de la crise iranienne.
1. Le Conseil de sécurité prend
la main.
Il y a plusieurs mois j'avais
souligné la nécessité de clarifier les rapports entre l'AIEA et le
Conseil de sécurité. C'est chose faite.
UE + 3 !) - la ligne du consensus des Puissances sur la question
iranienne Prof. Philippe WECKEL
L'Agence s'est arrogée un rôle de
médiation qui excède sa compétence en tant qu'organisation
technique. Elle délivre un message brouillé, alors que l'on attend
d'elle soit la constatation de la transparence des activités
nucléaires d'un Etat, soit le constat clair de la carence de l'Etat
dans sa collaboration. Toutefois, l'Agence n'a pas de responsabilité
dans la gestion des menaces à la paix et à la sécurité
internationales. Or le Conseil de sécurité n'est jamais allé
jusqu'au bout des responsabilités affirmées en matière de
prolifération dans la Déclaration présidentielle du 31 janvier 1992.
Par la Résolution 1540 (04) il s'est imposé comme le maître d'œuvre
d'une politique de non-prolifération. Il doit aller plus loin avec
la préoccupation de faciliter l'accès de tous au nucléaire civil en
préservant les peuples du monde du risque de prolifération engendré
par cette ouverture. D'une certaine manière la non-prolifération
l'emporte sur le droit au nucléaire civil, mais la conciliation de
ces deux exigences est possible et nécessaire. Il n'appartient pas à
l'AIEA et à son Conseil de décider si une carence qu'ils constatent
représente une menace à la paix et à la sécurité internationales.
Ainsi la clarification des rôles respectifs de l'Agence et du
Conseil de sécurité figure certainement parmi les mesures
nécessaires.
Les Etats du groupe des 6 (3 (UE)
+ Chine, Etats-Unis et Russie) supportaient donc de
plus en plus mal un mode de fonctionnement dans lequel l'AIEA
pouvait gêner l'action du Conseil de sécurité en adoptant des
positions trop conciliantes et en prétendant jouer un rôle
diplomatique dans la crise. On a bien remarqué que le Directeur
général de l'Agence venait de constituer un comité des sages pour
réfléchir au rôle de l'AIEA en matière de sécurité internationale
(High-Level
Panel of Experts to Recommend Future Course for IAEA).
Toutefois, la reprise en main du dossier iranien par le Conseil de sécurité
est d'ores et déjà opérée.
Ainsi le Rapport El Baradei de février 2008 est
un plus négatif à
l'égard de l'Iran que les précédents rapports. En outre, l'exposé
présenté le 25 février par l'un des adjoints du Directeur, le
Finlandais Olli Heinonen, renforce considérablement les
soupçons au sujet du maintien d'un programme militaire par l'Iran
(voir Le Monde du 2-3 mars 2008). Au sein même de l'Agence,
les experts ont ainsi brisé le verrou politique et diplomatique posé
par Monsieur Baradei. L'inflexion un peu contrainte de l'AIEA sur ce dossier très sensible est donc manifeste.
Surtout, le Conseil de sécurité s'est complètement affranchi de
l'influence politique de l'Agence. Dès que le rapport El Baradei a
été connu, les travaux en vue de l'adoption d'une nouvelle
résolution ont été engagés devant le Conseil de sécurité, sans
attendre une décision du Conseil des Gouverneurs de l'Agence. Une
fois la Résolution 1803 adoptée, les principales Puissances sont
parvenues aisément à faire admettre qu'une résolution du Conseil des
Gouverneurs n'était plus nécessaire.
2. Le Conseil de sécurité
poursuit sa politique.
a) Le consensus est
préservé. Les 6 ont attendu le temps qu'il
fallait et ont œuvré pour maintenir, non seulement un accord général
entre eux mêmes, mais aussi entre les 15 membres du Conseil de
sécurité. Il a manqué finalement la voix du Venezuela d'Hugo
Chavez, pas grand chose donc. Par contre la Lybie et la Syrie ont
voté pour le texte proposé par le P6.
b) Le cap est maintenu.
Le Conseil s'appuie toujours sur le défaut
d'application de ses résolutions par l'Iran et sur l'insuffisance de
sa coopération avec l'AIEA et non sur une allégation de détournement
des activités civiles. Il s'appuie donc sur des violations
établies des obligations internationales.
Les sanctions de l'article 41
(aucune mesure de force n'est envisagée par les 6) n'ont
toujours pas de caractère afflictif. Il ne s'agit pas, en effet,
d'infliger un dommage à l'Etat visé afin de faire pression sur lui,
mais d'"assécher" le programme nucléaire iranien. Ces mesures
sont néanmoins fortement pénalisantes de manière indirecte :
"il y a, a expliqué le
représentant de la France, Jean Pierre Lacroix, tout un ensemble
de mesures qui ont d'abord une portée sur la capacité de l'Iran à
poursuivre son programme nucléaire et qui au-delà ont un impact car
elles affirment de manière croissante que les relations avec l'Iran
ne sont plus tout à fait normales. Je crois que cela incite beaucoup
d'acteurs, notamment économiques, à réfléchir avant de s'engager en
Iran, ce qui est un élément susceptible de peser sur le comportement
de l'Iran." (PW).
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Crise diplomatique Andine à la suite de l’intervention armée de
la Colombie en Equateur.
Provence Anne-Laure |
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Une crise diplomatique sans précédent remue l'Amérique latine depuis
le samedi 1er mars 2008, suite à une incursion militaire de
l'armée colombienne en territoire équatorien.
Cette opération avait pour but de combattre les Forces armées
révolutionnaires de Colombie (FARC) réfugiées en Equateur. Le ministre
colombien de la défense, Juan Manuel Santos, a annoncé dans
un communiqué que l'armée avait tué le numéro deux des FARC , Raul
Reyes, et 16 de ses hommes, en territoire équatorien.
Le Président équatorien,
Rafael Correa, a pour sa part qualifié la situation de "grave et
intolérable", tout en annonçant l'envoi d'une patrouille militaire sur
le terrain pour éclaircir les faits.(
cf. Communiqué de presse)
Ce n'est pas la première fois que Quito et Bogota sont confronté à ce
problème. En effet, la politique sécuritaire du président colombien
Alvaro Uribe conjuguée aux effets du
plan Colombia est un problème latent entre les deux Etats. Selon
l'Observatoire Politique de l'Amérique Latine et des Caraïbes (
OPALC) , ‹‹
l’incursion de l’armée colombienne
sur le territoire équatorien pour lutter contre les Forces armées
révolutionnaires colombiennes (Farc) n’est pas fait nouveau. La mort
de Raul Reyes, second en chef de la guérilla, durant l’attaque du
samedi 1er mars au matin dans le Sucumbios, a enrayé un conflit
régional et une médiatisation internationale de pratiques répétées
auxquelles s’opposent l’Equateur depuis 2005››.
La Colombie
a invoqué le principe de la ‹‹légitime
défense›› pour justifier cette incursion militaire. En réponse,
l'Equateur
a rappelé son ambassadeur à Bogota, et a annoncé l'envoi de
troupes militaires à la frontière avec la Colombie. Dans un même
temps, le Venezuela a annoncé l'expulsion
de l'ambassadeur colombien et à lui aussi déployé des troupes
militaires à la frontière. Ces deux pays ont rompu leurs relations
diplomatiques avec la Colombie, qui annonce l'existence d'un lien
entre les Farc, le gouvernement équatorien et vénézuélien. Selon ces
gouvernements, ces liens seraient exclusivement noués afin de faire
progresser le processus de libération des otages des Farc dont la
franco-colombienne, Ingrid Betancourt. Le Venezuela a fermé, mardi, sa
frontière avec la Colombie. Selon le ministre de la défense, le
général Gustavo Rangel Briceno, ce dispositif ‹‹n'est pas dirigé
contre le peuple de Colombie, mais contre les visées expansionnistes
de l'empire›› américain. (Communiqué
de presse)
Le président Uribe
a annoncé son intention de poursuivre son homologue vénézuélien
Hugo Chavez devant la
Cour pénale internationale (CPI) pour ‹‹soutien et financement de
génocide››, à cause des 300 millions de dollars que M. Chavez aurait
versé aux FARC, sans doute en contrepartie des six otages libérés.
Mais juridiquement son argumentation est
sans fondement.(
Statut CPI)
Rafael Correa a accusé M. Uribe d'avoir sciemment torpillé les efforts
déployés avec M. Chavez qui permettaient d'espérer prochainement la
libération de plusieurs otages des Farc, et a entamé une tournée Sud
américaine afin de trouver des soutiens. Cependant une issue
diplomatique a essayé d'être trouvé au sein de l'organisation des
Etats Américains ( OEA), soutenue par les Etats-Unis et par
l'Union Européenne, qui appelé ces trois pays ‹‹à faire preuve de
retenu et à ne pas intensifier la crise.›› Le secrétaire général de
l'ONU Ban Ki-moon a lui aussi
appelé à la retenue, appel relayé par le
Brésil, l'Argentine
et le
Chili, alors que le Conseil permanent de l'OEA se réunit mardi à
Washington pour évoquer la crise.
L'OEA,
convoquée en session extraordinaire, n'est pas parvenue à se mettre
d'accord sur une résolution. Mais le lendemain, elle est arrivée à une
résolution de compromis ; dénonçant la "violation de souveraineté"
commise par la Colombie à l'égard de l'Equateur lors de l'attaque
contre le chef guérillero Raul Reyes, samedi, en territoire équatorien
mais ne condamne pas explicitement la Colombie.
Le secrétaire général de l'OEA, José Miguel Insulza, et une commission
devraient se rendre à la frontière, avant une réunion des ministres
des affaires étrangères des Amériques, le 17 mars.
« La résolution adoptée hier par l'OEA fournit un mécanisme impartial
afin de clarifier les événements et d'offrir aux deux pays le moyen de
résoudre leur différend de manière pacifique et dans un esprit de
coopération » a
déclaré Ban Ki-moon. ‹‹Il reste encore beaucoup de travail à faire
pour surmonter la crise diplomatique entre la Colombie et l'Équateur
», a dit José Miguel Insulza.
On pensait
alors la crise endiguée. Cependant, nouveau coup de théâtre le jeudi 6
mars,
lorsque le Nicaragua a annoncé qu'il rompait lui aussi ses relations
diplomatique avec la Colombie(Communiqué
de presse) en ‹‹ solidarité ›› avec l' Équateur et que le
Venezuela a
dénoncé le même jour
la Colombie devant le Conseil des Droits Humains de l'Organisation des
Nations Unies (ONU), suite aux incursions illégales en territoire
équatorien, ce qui viole les principes du Droit International
Humanitaire.
L'espoir d'une issue diplomatique subsistait lors de la réunion du
groupe de Rio, qui par un hasard du calendrier a réuni pour la
première fois toutes les parties depuis le début de la crise, vendredi
à
Saint-Domingue.
Mercredi, depuis Santiago, la présidente chilienne Michelle Bachelet
avait également rappelé que le Groupe de Rio était ‹‹un espace
d'échanges, de dialogue, d'engagement et de discussions sérieuses
entre toutes les parties pour parvenir à un objectif commun: la paix
dans la région››. A
l'issue de cette réunion, après de nombreux débats houleux et des
échanges assez vifs entres les présidents Uribe, Correa et Chavez une
réconciliation est à espérer entre l'Equateur, la Colombie, le
Nicaragua et le Venezuela. ‹‹En tant que pays, nous pourrions
considérer comme dépassé ce grave incident qui nous a fait tant de
mal››, a affirmé M. Correa lors d'un discours. Alvaro Uribe s'est
immédiatement levé pour aller serrer la main du dirigeant équatorien
scellant ainsi un apaisement de la crise. En effet, le leader
vénézuélien a alors annoncé ‹‹Nous allons commencer à faire retomber
la tension et les eaux vont retrouver leur cours normal›› assurant que
son pays allait reprendre ‹‹le chemin de la paix›› avec la Colombie.
M. Chavez devrait ainsi retirer les chars envoyés à la frontière
colombienne après le début de la crise. A l'issue de cette réunion, le
Nicaragua a annoncé la reprise de ces relations diplomatiques avec la
Colombie. La clôture de la réunion s'est soldé par l'approbation
de
la Déclaration de Saint-Domingue, acceptant les excuses du
président colombien Alvaro Uribe. Le président colombien a affirmé
dans la déclaration son engagement au nom de son pays qu'il ne
répètera plus ce genre d'actions dans n'importe quelle circonstance,
mais il a dénié la violation du territoire de l'Equateur.
Pour sa part, M. Correa a indiqué qu'il attendait le verdict des
responsables judiciaires équatoriens qui enquêtent sur les
éventuelles violations de la loi nationale de l'Equateur après
les études des documents livrés par M. Uribe.
La déclaration a également souligné que le conflit entre la Colombie
et l'Equateur constituait une profonde préoccupation pour la région
latino-américaine et réitéré l'engagement pour la coopération
pacifique dans la région.
Cette réconciliation a fait renaître l'espoir d'une libération rapide
des otages aux mains des FARC, et
constitue une victoire diplomatique pour l'Amérique latine. Mais il
n'est pas certain que les tensions se dissiperont pour autant, étant
donné la position de la Colombie, unique allié des Etats-Unis dans une
région qui a basculé à gauche.
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Conflit israélo-palestinien : le processus
de paix survit à l'opération "Hiver chaud"
Prof. Philippe WECKEL
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Briefing by Vice Prime Minister and Minister of Foreign Affairs Tzipi
Livni to the Diplomatic Corps
Jerusalem, March 3, 2008 |
L’escalade des violences entre l’autorité de fait du Hamas et Israël a
connu son sommet avec l’opération « Hiver chaud » menée par Tsahal à
Gaza sur 48 heures, Samedi et Dimanche derniers. Comme à chaque fois
le nombre de victimes et, parmi elles les non-combattants, font
l’objet de discussions. En incluant les deux jours précédents
l’engagement terrestre, le chiffre d’une centaine de palestiniens dont
un certain nombre de « civils » (dans ce contexte, il s’agit des
personnes non combattantes) peut être admis. Les Forces israéliennes
de défense (IDF) ont voulu « nettoyer » la zone Nord de la Bande de
Gaza d’où sont tirées les roquettes vers Israël. Sans doute la mort
d’un Israélien frappé par un Qassam explique-telle cette incursion.
Il
faut surtout y voir la réaction à l’utilisation par les activistes
palestiniens de roquettes de type « Katioucha » (les orgues de Staline
de la Seconde guerre mondiale) contre la ville d’Ashkelon.
Dérivée de
la roquette d’artillerie de 122 mn GRAD B-M21 vendue par l’Union
soviétique à partir des années soixante à de nombreux Etats, dont
l’Iran et la Syrie, l’engin d’une soixantaine de kilos transporte 30
kg d’explosifs et sa portée dépasse les 20 km. Il convient de rappeler
qu’Ashkelon
est une ville de 100 000 habitants qui se trouve désormais à portée
des tirs palestiniens (Sderot compte 20 000 habitants). Ces Katioucha
qui ne sont pas des armes artisanales comme les Qassam (mais pas non
plus des missiles en l’absence de système de guidage) sont aussi plus
précises. Le Hamas et les groupes paramilitaires inféodés ont tiré
très épisodiquement de telles roquettes depuis 2006. Elles sont
vraisemblablement introduites à Gaza en pièces détachées par les
tunnels de la frontière égyptienne et proviendraient d’Iran. On peut
supposer que la récente ouverture de cette dernière pendant quelques
jours a facilité cette introduction. Par ailleurs les Qassam ont été
améliorés et leur portée a donc été renforcée. L’inquiétude des
autorités pour la sécurité de la population qui a connu des pics en ce
qui concerne les tirs palestiniens de l’ordre d’une cinquantaine par
jour est considérable et parfaitement fondée. Il n’est pas aberrant de
craindre que, dans une perspective qui n’est pas si lointaine, la
quasi-totalité du territoire israélien sera sous la menace de
roquettes, voire de missiles comme le Zelza iranien. D’une manière ou
d’une autre, il est donc temps de sortir de la situation actuelle qui
menace à terme l’existence même d’Israël.
Or les attaques palestiniennes visent des civils et les
tirs sont effectués à partir de zones habitées. Les répliques et
réactions israéliennes provoquent donc des dommages incidents
considérables, insupportables pour la Communauté internationale. Les
opérations militaires menées par l’Etat juif (à Gaza bien sûr, mais
aussi en Cisjordanie) ont renforcé les radicaux palestiniens au
détriment des modérés et le Hamas s’est replacé au centre du conflit
israélo-palestinien. La situation est donc désespérée.
Avant
l'opération "Hiver chaud" les négociations étaient non seulement
paralysées, mais elles avaient aussi été vidées de leur objet, pour
l'essentiel, puisque le Gouvernement israélien avait décidé de
repousser les discussions sur les questions sensibles et
fondamentales, le statut de Jérusalem d'abord, le sort de la
Cisjordanie ensuite. Dans un tel contexte on pouvait s'attendre à ce
que l'incursion israélienne à Gaza mettent fin au processus de paix ou
le suspende pour longtemps. Il n'en a rien été. Tout d'abord,
l'opération militaire a été interrompue dès le second jour sous la
pression des Etats-Unis. Ensuite, après la visite de la Secrétaire d'Etat
américaine, l'Autorité palestinienne, qui avait pris la décision de
suspendre tout contact avec Israël, a accepté de retourner à la table
des négociations. Ce miracle a une explication, puisque Madame Rice
n'est pas venue dans la région les mains vides. En effet, pour que les
négociations puissent progresser il est indispensable que les
Etats-Unis soient présents et s'impliquent en permanence. Livrés à
eux-mêmes, Israéliens et Palestiniens sont paralysés. Ainsi, le
Général Frasier devrait bientôt faire le point sur l'application de la
Feuille de route par les deux parties et s'efforcer de les guider.
Madame Rice a souligné que
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"on roadmap obligations, there really is need
for improvement on both sides. No one is doing this particularly
well. And so I think it's a good time -- I got the first report
from General Frasier, who is going about this in a very systematic
way and I think it's now -- and he believes it's now time for a
trilateral. But I'm quite aware of the fact that that was
important for Abu Mazen as a part of the way to make sure that the
ground is really there for the negotiations to go forward" (voir). |
Les Etats-Unis
vont également s'impliquer plus fortement auprès de l'Egypte pour la
réouverture du passage de Rafah. Surtout, un nouvel ambassadeur en
Israël a été nommé par le Président Bush. Proche des Nations Unies et
de l'Union européenne, le nouvel ambassadeur, Monsieur
James Cunningham,
s'est illustré par son objectivité à l'égard d'Israël et il
représente, à cet égard, une garantie importante pour la partie
palestinienne. C'était en 2004, période qui a précédé l'abandon de
Gaza par Israël et qui est loin d'être sans analogie avec la situation
actuelle.
La déclaration faite par le nouvel
ambassadeur des Etats-Unis,
James Cunningham,
devant le Conseil de sécurité en 2004
http://www.america.gov/st/washfile-english/2004/May/20040520115419cpataruK0.9666254.html
Statement by Ambassador James B. Cunningham, Deputy
U.S. Representative to the United Nations, on the
Situation in the Middle East, in the Security Council,
May 19, 2004
Thank you, Mr. President.
We deeply regret the loss of life of innocent
Palestinian civilians today in Gaza.
While we believe that Israel has the right to act to
defend itself and its citizens, we do not see that its
operations in Gaza in the last few days serve the
purposes of peace and security. They have worsened the
humanitarian situation and resulted in confrontations
between Israeli forces and Palestinians, and have not,
we believe, enhanced Israel's security.
We note that the Government of Israel has expressed
its "deep regret" for what it called a "tragic event."
These events in fact serve as a grim reminder of the
wisdom of Israel disengaging from Gaza, and having its
security presence replaced by reformed Palestinian
security forces that will -- and must -- themselves
act to stop smuggling and halt terrorism. The roadmap
calls upon the Palestinian Authority to "declare an
unequivocal end to violence and terrorism and
undertake visible efforts on the ground to arrest,
disrupt, and restrain individuals and groups
conducting and planning violent acts on Israelis
anywhere" and to begin "sustained, targeted, and
effective operations aimed at confronting all those
engaged in terror and dismantlement of terrorist
capabilities and organizations."
We have urged the Israeli government to exercise
maximum restraint now. All parties should find a
reason to calm the situation.
We intend to consult immediately with the relevant
parties, which include Israel, the Palestinians, and
the Government of Egypt, about effective ways to move
forward against smuggling of arms into Gaza and
terrorist activities there, so as to create the best
possible conditions on the ground leading toward the
disengagement that we continue to favor.
While we are clearly concerned about Israel's
operations in Gaza, including the demolition of homes
of innocent Palestinians and the deaths of Palestinian
civilians, we could not vote in favor of this
resolution because we do not believe it addresses
sufficiently the context of the recent events in Gaza.
It is clear that Palestinian terrorists have been
smuggling weapons into Gaza through tunnels in Rafah.
It is clear that the Palestinian Authority has not
taken serious action to address this threat, or to put
an end to terrorist acts as it is obligated to do
under the roadmap. Because these issues are not
addressed in the resolution, the United States
abstained.
Thank you, Mr. President.
|
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Un premier pas concret vers le démantèlement
des colonies sauvages
Plusieurs des colonies sauvages créées après 2001 sur un total de
26, dont celle de Migron dont la Cour suprême a exigé la
suppression, vont être évacuées dans les jours à venir sur la
base d'un accord conclu entre les colons et le Ministre de la
défense.
Settlers agree to evacuate some illegal West Bank outposts in
deal struck with Barak
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Les méthodes de guerre envisagées
par l'armée sont inquiétantes
On sait que l'armée israélienne par
la voix de son ministre, le Général Barak, souhaite depuis
quelques mois engager une grande offensive terrestre à Gaza.
J'avais même constaté avec effroi qu'une préparation
d'artillerie était initialement projetée... On imagine sans
peine l'émotion accusatrice que susciterait une telle pratique.
Décidément
l'artillerie est à l'honneur (pour une activité militaire en
milieu urbain). Le Ministre de la Défense aurait
voulu être autorisé à effectuer des bombardements de zone, en
d'autres termes des tirs indiscriminés sur une zone d'un km2
autour de chaque tir de roquettes. Actuellement il semble
s'orienter plus raisonnablement vers la possibilité d'évacuer les habitants de
certains quartiers. Il consulte des juristes pour trouver une
solution permettant à Tsahal d'accroître sa marge d'action à
Gaza. Barak Ravid rapporte dans Haaretz quelques éléments de la
discussion.
"At
the meeting were Justice Minister Daniel Friedmann, Deputy
Defense Minister Matan Vilnai, Deputy Attorney General Shai
Nitzan, Brigadier General Avichai Mandelblit - in his role as
military advocate general - and legal experts from the army and
Foreign Ministry.
During the meeting, Barak presented a series of possible
operations the IDF could undertake in the Gaza Strip on which he
asked for a legal opinion.
Barak raised options including cutting all fuel supplies to
Gaza, firing single artillery shells against sources of rocket
fire, clearing areas in the Strip from which Qassam rockets are
launched, evacuating civilians from these areas, and shelling or
bombing areas after warning the civilians to leave."
"Deputy Attorney General Shai Nitzan said the main principles on
whose basis Israel's actions would be measured are
proportionality and precision.
He said it is impossible to undertake an operation in which
Israel will inform the Gaza population that every area from
which rockets are fired will be hit by artillery.
"This is not proportional," Nitzan said. "It is possible to fire
at the sources of fire, but specific areas need to be defined
and efforts must be made to distinguish between fighters and
civilians."
Deputy Defense Minister Matan Vilnai suggested declaring areas
in the Gaza Strip "combat zones," and inquired whether it is
possible to warn the residents there that they are in danger and
recommend that they leave.
Vilnai also said this could be done through flyers or
announcements in the media.
The legal experts were requested to prepare an opinion on a
"gradual evacuation of the population" in Gaza from areas of
fighting".
Barak seeks legal okay to move Gazan civilians
from homes
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"Hiver chaud", les réactions
GAZA
COMMUNIQUE
DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES
ET EUROPEENNES
(Paris, 1er mars 2008)
La dégradation de la situation à Gaza est aujourd'hui
extrêmement préoccupante.
La France condamne les tirs de roquettes sur les villes
d'Israël, ainsi que l'opération militaire israélienne, qui se
traduit par de nombreuses victimes parmi les populations civiles
palestiniennes.
La France s'inquiète de cette escalade de la violence qui menace
la stabilité de la région et risque de porter atteinte à la
poursuite du processus de paix./.
Gaza : le Conseil des droits de l'homme demande l'arrêt immédiat
des attaques israéliennes
7ème session du Conseil des droits de l'homme
BAN KI-MOON CONDAMNE DEVANT LE CONSEIL DE
SÉCURITÉ LES TIRS DE ROQUETTES PALESTINIENS ET LES ATTAQUES
DISPROPORTIONNÉES D’ISRAËL
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note : l'attentat qui a frappé un
groupe d'élèves dans une école talmudique à Jérusalem Jeudi
dernier n'a pas été revendiqué par le Hamas et l'origine semble
se situer plutôt au Liban. Il est néanmoins très inquiétant,
même dans la perspective du conflit israélo-palestinien, parce
qu'il visait une activité confessionnelle en tant que telle. Ce
n'est plus l'Israélien ou le Juif qui est visé, mais l'Israélite
dans l'exercice de son culte. Un pas a été franchi vers la
négation de la liberté religieuse et le conflit
interconfessionnel. |
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Cuba :
signature des deux pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme
Aude Vasseur |
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Le 28 février 2008, le Ministre des Affaires étrangères cubain, M.
Felipe Perez, a
annoncé la signature par son pays du Pacte international relatif
aux droits civils et politiques (PIDCP)
et du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et
culturels (PIDESC).
Il a précisé que cette décision souveraine de son Etat n’était pas le
résultat de pressions extérieures et qu’elle faisait suite à la
décision du
Conseil des droits de l’homme de mettre fin à la
procédure spéciale dont Cuba faisait l’objet de la part de
l’ancienne
Commission des droits de l’homme (voir
Sentinelle n° 125). Il a également affirmé que la
Constitution et la législation cubaines consacrent les droits de
l’homme, mais que leur garantie effective est mise en péril par le
blocus imposé par les Etats-Unis depuis 1961 (voir
Sentinelle n° 42). Il a profité de cette occasion pour demander de
nouveau la levée du blocus afin de permettre une amélioration de la
situation des droits de l’homme à Cuba.
Ces signatures ne signifient pas l’adhésion de Cuba aux deux pactes.
En effet, en droit international, la signature ne vaut consentement à
être lié que lorsque le traité le prévoit. Or, l’article 48 § 4 du
PIDCP et l’article 26 § 4 du PIDESC prévoient que l’adhésion est
soumise à ratification. Ainsi, pour que les obligations contenues dans
les pactes deviennent opposables à Cuba, il faut qu’il les ratifie
conformément à la procédure prévue en droit interne. Toutefois, la
signature d’un traité a tout de même des effets en droit
international. En effet, en vertu de la
Convention de Vienne sur le droit des traités, les Etats ayant
signé un traité doivent s’abstenir de tout acte privant le traité de
son objet et de son but, tant qu’ils n’ont pas manifesté leur
intention de ne pas devenir partie au traité. Cuba ayant
ratifié la Convention de Vienne le 9 septembre 1998, cette
disposition doit être appliquée.
Par ailleurs, M. Perez a annoncé que son Etat adopterait les réserves
et déclarations interprétatives qu’il considère nécessaire au moment
de la ratification des deux pactes (voir la
dépêche du 28 février 2008). Rappelons que, selon le droit
international général, l’émission de réserves est soumise à plusieurs
conditions. En effet, l’article 19 de la Convention de Vienne sur le
droit des traités prévoit que les réserves doivent être formulées par
écrit au moment de la ratification du traité et communiquées aux
autres Etats parties. Outre ces conditions de forme, la
Cour internationale de Justice a affirmé dans son
Avis consultatif du 28 mai 1951, que les réserves ne doivent pas
aller à l’encontre du but et de l’objet du traité. Cette condition est
reprise par la Convention de Vienne qui indique également qu’aucune
réserve ne peut être formulée lorsque le traité l’interdit. Le PIDCP
et le PIDESC ne contenant aucune disposition spécifique relative aux
réserves, ces dispositions générales s’appliquent.
La signature de ces deux pactes est le premier engagement
international du nouveau Président cubain, Raul Castro. Interrogé sur
les perspectives d’évolution des relations avec les Etats-Unis, le
Ministre des Affaires étrangères a affirmé suivre de près les
déclarations des candidats à l’élection présidentielle américaine
concernant Cuba, mais a averti que l’éventuelle normalisation des
rapports entre les deux Etats serait conditionnée par la levée du
blocus et la fin de la politique hostile que mènent les Etats-Unis à
l’égard de Cuba.
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131°
période de sessions de la Commission IADH.
Karine RINALDI
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La 131° période de sessions de la Commission interaméricaine des
droits de l’homme a débuté à son siège à Washington le 3 mars dernier.
Elle se déroulera jusqu’au 14 mars 2008.
Le jour de l’inauguration de cette 131° période de sessions, la
première de l’année 2008, conformément à son
règlement, la Commission IADH, à l’unanimité, a choisi ses
nouveaux représentants pour les douze mois à venir. Le nouveau
Président de la Commission est Paolo Carozza (Etats-Unis, diplômé de
l’Université de Harvard, Professeur à l’Université de Notre Dame, à
l’Université catholique du Sacré cœur de Milan, à l’Institut des
droits de l’homme de l’Université européenne de Venise) ; Luz Patricia
Mejia (Venezuela, diplômée de l’Université centrale du Venezuela,
co-rédactrice de la loi de protection des victimes ainsi que de 2 lois
organiques, et qui a aussi beaucoup prit partie à la vie associative)
est la nouvelle vice-présidente ; Felipe Gonzales (Chili, Professeur à
l’Université Diego Portales du Chili, à Carlos III de Madrid, à
l’Université de Deusto (Bilbao) de même qu’au Wisconsin, et qui a
travaillé de 1991 a 2003 à Global Rights) est désormais le second
vice-président.
Le mardi 4 mars, la Commission IADH a désigné les titulaires de ces
différents mandats thématiques et par pays. Paolo Carozza est
désormais Rapporteur pour le Pérou ; le Chili et le Paraguay. Luz
Patricia Mejia est Rapporteuse spéciale sur les droits de la femme ;
pour l’Argentine ; la Bolivie ; l’Equateur et le Panama. Felipe
Gonzales est Rapporteur sur les droits des travailleurs migrants ;
pour le Brésil ; le Salvador ; le Honduras et le Nicaragua. Victor
Abramovich est Rapporteur sur les droits des peuples autochtones ;
pour la Colombie ; le Costa Rica ; Cuba et le Guatemala. Clare K.
Robert est Rapporteur spécial sur les droits des afrodescendants et
contre la discrimination raciale ; pour les Bahamas ; le Belize ; le
Canada ; Guyana ; Grenade ; Haïti ; la Jamaïque ; Saint Christophe et
Nevis ; Sainte Lucie ; Saint Vincent et les Grenadines et Trinité et
Tobago. Florentín Melendez devient Rapporteur sur les droits des
personnes privées de liberté ; pour le Mexique ; la République
Dominicaine et l’Uruguay. Enfin, Paulo Sergio Pinheiro est Rapporteur
sur les droits de l’enfant ; Antigua et Barbuda ; Barbados ;
Suriname ; Venezuela et les Etats-Unis.
Les audiences ont commencé vendredi 7 mars avec la thématique des
discriminations dans l’emploi, dans l’éducation et dans l’accès à la
justice subies sur le continent par les afrodescendants.
L’Institut interaméricain des droits de l’homme - qui dispose d’un
Programme populations autochtones et afrodescendants - a participé
à cette audience. Celle-ci n’a pas été retransmise en direct,
l’enregistrement sera cependant disponible sur la page web de la
Commission IADH.
Les audiences de demain lundi 10 mars qui auront lieu dans la salle A
seront toutes publiques (sauf changement de dernière minute). Elles
seront retransmises en direct sur le site de
l’Organisation des Etats Américains. Les thèmes seront au nombre
de 5 :
-
situation des défenseurs des droits de l’homme des Mapuches au Chili,
avec la participation du Gouvernement chilien et de l’Observatoire des
droits des peuples indigènes ;
-
affaire Professeurs de Chañaral contre Chili ;
-
enquêtes et sanctions des auteurs de graves violations des droits de
l’homme au Guatemala ;
-
aires protégées en territoires indigènes au Guatemala ;
-
activités minières et violations des droits de l’homme au Honduras.
Le même jour, 6 autres audiences se tiendront en salle B. Elles ne
seront pas retransmises en direct, mais les enregistrements seront
disponibles sur la page de la Commission IADH :
-
restrictions indirectes à la liberté d’expression au Brésil ;
-
communautés paysannes en Bolivie ;
-
l’application de la loi sur les migrations en République
Dominicaine (en audience privée) ;
-
l’affaire “Trabajadores
de Fertilizantes de Centroamérica” (FERTICA) contre Costa Rica;
-
l’affaire
Vicente Grijalva Bueno contre Equateur;
-
et l’affaire des magistrats de la Cour Constitutionnelle et de la Cour
Suprême contre Equateur
Les 6 audiences du mercredi 12 mars, en la salle A, toutes publiques,
seront retransmises en direct sur le site de l’Organisation des Etats
Américains :
-
liberté d’expression au Mexique ;
-
droits des travailleurs migrants en transit au Mexique ;
-
situation des droits des femmes au Chiapas ;
-
loi de justice militaire et politique au Pérou ;
-
suivi des recommandations de la commission vérité et réconciliation au
Pérou ;
-
droit à l’éducation des afrodescendants et des populations autochtones
Ce même jour, en salle B, 6 autres audiences dont les enregistrements
seront disponibles sur la page de la Commission IADH, traiteront de :
- affaires
Luz Dary Ospina Bastidas, Myriam Eugenia Rúa Figueroa et
Teresa Yarce, Mery Naranjo y Socorro Mosquera contre Colombie
-
situation générale des droits de l’homme en Colombie ;
-
situation des droits des afrocolombiens déplacés ;
-
assassinats de femmes au Salvador ;
-
administration de la justice au Salvador ;
-
administration de la justice au Nicaragua
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Arménie :
imposition de l’état d’urgence et droits de l’homme
Aude Vasseur |
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A la suite des élections présidentielles arméniennes le 19 février
dernier, l’opposition a mené des manifestations pacifiques dans la
capitale Everan pendant 10 jours (voir la
dépêche du 4 mars 2008). En effet, l’ancien Président de la
République, Levon Ter-Petrossian, conteste les résultats des
élections, pourtant approuvés par les observateurs internationaux
(voir la
dépêche du 2 mars 2008), et a déposé un recours en annulation du
scrutin devant la Cour constitutionnelle. Ces manifestations se sont
soldées par des affrontements avec les forces de l’ordre, samedi 1er
mars 2008, entraînant le décès de 8 personnes, de nombreux blessés et
l’arrestation de plusieurs membres de l’opposition (voir la
dépêche du 3 mars 2008).
Suite à ces événements, le Président de la République,
Robert Kocharian, a
déclaré l’état d’urgence à Everan pour une période de 20
jours, conformément à l’article 55 §14 de la
Constitution qui lui donne le pouvoir, après consultation du
Président de l’Assemblée nationale et du Premier Ministre, de prendre
les mesures nécessaires en cas de péril imminent de l’ordre
constitutionnel. Les mesures adoptées le 1er mars
comprennent l’interdiction des rassemblements publics et des grèves,
des restrictions à la liberté de circulation, à la liberté des médias
et l’interdiction pour les partis politiques d’exercer leurs
activités.
Comme l’ont rappelé Mme
Louise Arbour,
Haut Commissaire aux droits de l’homme, et M.
Davis Terry, Secrétaire général du
Conseil de l’Europe, l’Arménie est partie au Pacte international
relatif aux droits civils et politiques (PIDCP)
et à la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH)
qui posent des limites à la suspension des droits de l’homme en cas
d’état d’urgence. Les articles 4 du PIDCP et 15 de la CEDH, prévoient
en effet que la suspension des droits garantis doit faire l’objet
d’une déclaration officielle et d’une notification aux Etats parties
et aux autorités responsables de la surveillance de la mise en œuvre
des deux traités (voir l’observation
générale n° 5 du
Comité des droits de l’homme). Si ces conditions de forme sont
remplies, puisque le Président s’est adressé à la nation le 1er
mars et que le Décret proclamant l’état d’urgence a notamment été
transmis au Secrétaire général du Conseil de l’Europe (voir la
note verbale du 4 mars 2008), des doutes persistent concernant le
respect des conditions de fond. En effet, les deux traités prévoient
que la suspension de la jouissance de certains droits n’est possible
qu’en cas de menace pour l’existence de la Nation. Le Président a
indiqué que les manifestations et la détention d’armes par les
manifestants mettaient en péril la sécurité des habitants d’Everan.
Les traités internationaux précisent également que la jouissance de
certains droits, tels que le droit à la vie et l’interdiction de la
torture et des traitements inhumains ou dégradants, ne peut être
suspendue (voir la
dépêche du 3 mars 2008). Le Décret du Président est conforme à
cette obligation. En outre, la suspension des droits garantis ne doit
pas entraîner de discrimination, ni aller à l’encontre des autres
obligations internationales de l’Etat (voir l’observation
générale n° 29 du Comité des droits de l’homme). Enfin, cette
suspension doit être temporaire, l’état d’urgence a été déclaré pour
20 jours, proportionnée et les mesures adoptées doivent avoir pour
seul objectif de rétablir la situation.
Des doutes persistent quant à la proportionnalité des mesures,
notamment celles imposées aux médias, qui ont l’obligation de ne citer
que des sources officielles concernant la crise actuelle (voir la
dépêche du 4 mars 2008). De plus, l’interdiction faite aux partis
politiques d’exercer leurs activités semble empêcher le règlement de
la crise par le dialogue. Malgré ces doutes, l’Assemblée nationale
arménienne, réunie le 2 mars en session extraordinaire, a
déclaré légales et nécessaires les mesures adoptées par le
Président.
Sur la
scène internationale, les Nations Unies (voir le
communiqué du 3 mars 2008), le Conseil de l’Europe (voir le
communiqué n° 157(2008)), l’OSCE (voir la
dépêche du 1er mars 2008), l’Union européenne (voir la
déclaration du 5 mars 2008) et la France (voir le
point presse du 3 mars 2008) ont unanimement condamné les
violences et demandé que des enquêtes impartiales soient menées pour
faire le jour sur ces événements. Ils ont également appelé à la levée
rapide de l’état d’urgence et au dialogue entre les parties. D’autre
part, l’OSCE,
le
Conseil de l’Europe et l’Union
européenne ont envoyé des représentants sur place afin d’aider les
parties à trouver une issue à la crise.
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La Commission IADH et le CICR renforcent leur
coopération.
Karine RINALDI
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La
Commission interaméricaine des droits de l’homme et le
Comité international de la croix rouge ont, le 22 février dernier,
à travers le Président de la Commission IADH et Michael Khambatta,
chef adjoint de la délégation régionale pour les Etats-Unis et le
Canada, signé un accord – le premier accord souscrit entre les 2
organismes – qui devrait permettre une intensification de la
coopération dans un but de promotion du droit international
humanitaire et du droit international des droits de l’homme. Cet
accord est entré en vigueur à la date de sa signature, pour une durée
indéterminée.
Dorénavant, le CICR et la Commission IADH vont partager des
informations, publications, études, sur des intérêts communs, ils
coopéreront dans l’organisation de sessions de formation sur ces
thèmes au bénéfice du personnel des 2 organismes, au travers de
conférences, de sessions de formation, de séminaires ou d’autres
initiatives conjointes.
Selon les mots de Florentín Meléndez, Président de la Comisión IADH,
« Para
fortalecer la protección de la persona humana en toda circunstancia,
tanto en tiempos de paz, en estados de emergencia excepcional, como en
tiempos de guerra, es fundamental la promoción, la divulgación y la
aplicación del derecho internacional de los derechos humanos y del
derecho internacional humanitario ».
Il apparaît nécessaire d’échanger des expériences, partager des
opinions, pour mieux affronter les défis.
Le CICR, actuellement, dispose d’un réseau de
sept délégations nationales et régionales à travers
les Amériques.
En Amérique Latine et dans les Caraïbes, bien que principalement
concentré sur des opérations en Colombie et Haïti, le CICR est
également présent et très actif dans d’autres pays comme le Paraguay
ou le Salvador, par exemple, autour d’activités comme la promotion et
l’intégration du droit international humanitaire et l’appui aux
familles des personnes disparues. Le CICR est aussi présent à
Washington pour s’occuper de questions humanitaires dérivées de la
« lutte contre le terrorisme ».
Rappelons que le 1° mars 2007, la Communauté des Caraïbes (CARICOM)
et le
CICR à Caracas,
avaient signé à Guyana un accord de coopération et de consultation,
dans la perspective d’aider les Etats membres de la CARICOM à
promouvoir la ratification et la mise en œuvre des instruments de
droit international humanitaire (voir
Sentinelle numéro 100).
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TSSL:
la Chambre d’appel reconnaît que le mariage forcé constitue un crime de droit
international spécifique distinct des violences sexuelles.
Valérie GABARD |
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Le 22 février dernier, la Chambre d’appel du Tribunal Spécial pour la
Sierra Léone (TSSL), dans l’affaire opposant le Procureur à
Tamba Brima,
Bazzy Kamara et
Santigie Borbor Kanu, a confirmé les peines prononcées en première
instance à l’encontre de ces trois principaux chefs du « Armed Forces
Revolutionary Council » (AFRC) (voir la décision :
première partie et
deuxième partie, ou
encore le transcrit de la lecture de la décision). Les peines
confirmées sont lourdes ; Brima et Kanu ont été condamnés à une peine
de prison de 50 ans et Kamara à 45 ans de réclusion. En première
instance (voir la
décision de la chambre de première instance II du 20 juin 2007 et
les
archives de Sentinelle) ils ont été condamnés pour différents crimes
de guerre (terrorisme, peines collectives, violence à la vie, atteinte
à la dignité humaine, recrutement d’enfants de moins de 15 ans dans un
groupe armé et/ou leur utilisation dans un conflit armé, mutilation,
pillage) et crimes contre l’humanité (extermination, meurtre,
esclavage).
L’appel était ici formé par les trois requérants et le Procureur ce
dernier ayant déposé neufs motifs d’appel (invoquant notamment la
responsabilité pour d’autres crimes commis dans d’autres régions,
l’absence de reconnaissance de l’existence d’une entreprise criminelle
commune etc.). Tous les motifs soulevés par les trois condamnés ont
été rejetés.
Il ressort aisément de la lecture de la décision d’appel du
communiqué de presse, que la Chambre d’appel a souhaité mettre en
exergue les deux éléments juridiques importants de l’espèce à savoir
la question du mariage forcé et celle l’entreprise criminelle commune.
Sur ces deux aspects, elle a donné raison au Procureur tout en
estimant qu’il n’était pas nécessaire de réévaluer les peines
prononcées à l’encontre des dirigeants de L’AFRC.
·
Le mariage forcé constitue un crime en droit international :
Le jugement de première instance avait rejeté la théorie invoquée par
le Procureur visant à voir le mariage forcé qualifié « d’autres actes
inhumains » au motif notamment que le mariage forcé ne différait pas
de façon significative des crimes de viol et d’esclavage sexuel mais
aussi que la catégorie résiduelle des « autres actes inhumains »
serait limitée aux actes non sexuels. Dans son appel le Procureur
invoque que le mariage forcé est un crime distinct du crime contre
l’humanité d’esclavage sexuel car le mariage forcé peut être défini
comme :
"consists of words or conduct intended to confer a status of marriage
by force or threat of force ... with the intention of conferring the
status of marriage. »
Le crime n’est donc pas essentiellement sexuel et conduit donc à
demander à ce que cette association conjugale forcée soit considérée
comme un crime contre l’humanité au même titre que l’emprisonnement
par exemple.
La Chambre d’appel considère tout d’abord qu’interpréter
restrictivement le crime « d’autres actes inhumains » en excluant tout
crime sexuel est une erreur de droit de la part des juges de première
instance. De plus la Chambre reconnaît pour la première fois en droit
international pénal que le crime de mariage forcé constitue un crime
propre en droit international, distinct de celui d’esclavage sexuel.
Elle va même jusqu’à proposer une définition qui servira certainement
de point de reference dans l’avenir: “forced
marriage involves a perpetrator compelling a person by force or threat
of force, through words, or conduct of the perpetrator, or anyone
associated with him, into a forced conjugal association resulting in
great suffering or serious physical or mental injury on the part of
the victim. It is not necessarily a sexual crime because sex is not
the only incident of the forced relationship”.
La cour refuse cependant de prononcer de nouvelles condamnations sur
ce fondement.
·
L’entreprise criminelle commune :
Le procureur invoquait également une erreur dans l’analyse de la
Chambre de première instance qui avait considéré que le Procureur
n’avait pas démontré l’existence d’une entreprise criminelle commune.
La Chambre d’appel remet en cause cette analyse de la chambre de
première instance estimant que « The
common purpose of the joint criminal enterprise was not defectively
pleaded.
Although the objective of gaining and exercising political power and
control over the territory of Sierra Leone may not be a crime under
the Statute, the actions contemplated as a means to achieve that
objective are crimes within the Statute.”
Pour la Chambre d’appel cette entreprise criminelle commune a existé
entre le 25 mai 1997, date du coup d’Etat et janvier 2000. Là
encore et malgré cette reconnaissance, la chambre refuse d’ajouter de
revenir sur les condamnations prononcées.
Dans
un communiqué de presse, le Procureur du Tribunal spécial pour la
Sierra Léone s’est félicité à l’annonce de la décision de la Cour
d’appel. Selon le procureur, cette décision « clos un chapitre violent
de l’histoire de la Sierra Léone » Ce jugement et sa confirmation sont
pour lui, des évènements importants pour le pays mais aussi pour le
droit international car pour la première fois dans l’histoire des
accusés ont été condamnés pour les crimes de recrutement et
d’utilisation d’enfants soldats, pour actes de terrorisme dans une
guerre civile et pour esclavage sexuel. La Cour d’appel a complété ce
tableau en reconnaissant comme un crime en droit international, le
mariage forcé.
Rappel de la situation en Sierra Léone :
C’est en 1991 que débute le conflit armé en Sierra Léone engagé par
un groupe armé dénommé Revolutionary United Front (RUF). En 1995
cependant le RUF a été finalement délogé par l’armée régulière de la
plus part de ces positions et en mars 1996 les élections
présidentielles conduisent à l’élection de Ahmed Tejan Kabbah comme
chef de l’Etat. Le 25 mai 1997 des militaires s’emparent du pouvoir
dans un coup d’Etat et forment un nouveau gouvernement le « Armed
Forces Revolutionary Council » (AFRC). A la tête de ce nouveau
gouvernement est nommé Johnny Paul Koroma qui invite le RUF à se
joindre au nouveau gouvernement. L’AFRC n’étant pas en mesure
d’exercer un contrôle effectif sur l’ensemble du territoire Sierra
Léonais, des opérations militaires au cours desquels de nombreux
crimes ont été commis ont été diligentées. Le 23 octobre 1997, l’AFRC
est contrainte de signer les accords de Conakry. Malgré cet accord
les hostilités reprennent et le AFRC est délogé du pouvoir. Le
président Kabbah reprend le pouvoir en mars 1998 alors que les
hostilités et la commission de crimes a perdurée jusqu’en janvier
2002.
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Archive |
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Tribunal spécial pour la Sierra Leone : Alex Tamba Brima, Brima
Bazzy Kamara et Santigie Borbor Kanu sont coupables de crimes de
guerre et de crimes contre l’humanité Roland ADJOVI
-
Le
TSSL rend un jugement l’affaire des « Civil Defence Forces » (CDF) :
Moinina Fofana et Allieu Kondewa, coupables de crimes de
guerre Antonella SAMPO
-
Tribunal
spécial pour la Sierra Leone Décès de l’accusé et ancien ministre
sierra léonais Sam Hinga Norman Valérie GABARD
-
Sentinelle
No. 95 du 4 février 2007, Tribunal spécial pour la Sierra
Leone. Le procès de Charles Ghankay Taylor devrait s’ouvrir le 4
juin 2007, (R. ADJOVI)
-
Sentinelle No. 71 du 25 juin 2006, Transfert de Charles Taylor à
La Haye (A. Sampo)
-
Sentinelle No 70 du 18 juin 2006, Le dépaysement du procès de
Charles Taylor se précise (Prof. P. Weckel)
-
Sentinelle N° 69 du 4 juin 2006. Aucun
droit pour Charles Taylor à être entendu sur le lieu de son
procès (V. GABARD)
-
Sentinelle No. 61 du 9 avril 2006, Premier pas vers le
jugement de Charles Taylor : Incertitude sur le lieu du procès et
comparution initiale (V. Gabard)
-
Sentinelle No. 60 du 2 avril 2006, Le Nigeria expulse
l’ex-président Charles Taylor vers le Liberia (G. Boutet)
-
Sentinelle No. 59 du 26 mars 2006, Le Libéria demande au
Nigeria de déférer son ancien président, Charles Ghankay Taylor, à
la justice pénale internationale (G. Boutet)
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Sentinelle No. 54 du 19 février 2006, Le Procureur salue la
résolution du parlement sur le procès de Charles Taylor (A. Sampo)
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France : comment une réclamation portée devant l’OIT a
scellé le sort du contrat nouvelle embauche
Abdoulaye Moussa |
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Le contrat
« nouvelle embauche » (CNE) est un contrat à durée indéterminée qui
s'adresse aux entreprises du secteur privé qui comptent au plus 20
salariés. Ses particularités résident dans le mode de rupture dudit
contrat.
Le CNE
instaure une période dite de consolidation de deux ans au cours
desquels, l’une ou l’autre des parties au contrat peuvent le dénoncer
unilatéralement sans aucune motivation. La rupture d’un CNE pendant la
période de consolidation, donne lieu au versement d’une indemnisation
équivalant à 8% de la rémunération totale de même qu'une contribution
de 2% à
l'Assedic. La
rupture doit juste être notifiée par lettre recommandée avec accusé de
réception au salarié.
Le CNE créé
par
l’ordonnance n°2005-893 du
2 août 2005, fortement dénoncé par les syndicats est passé
par un nombre impressionnant de juridictions nationales et
internationales. Ainsi, il est d’abord passé devant le
conseil d’État,les
conseils des prud’hommes et la
cour d’appel de Paris,avant
de passer à la
Cour de Justice des
Communautés Européennes et enfin l’Organisation
Internationale du Travail.
Les
syndicats avaient déposé une requête en annulation de l’ordonnance
portant création du CNE. Ils reprochaient notamment à l'ordonnance
d’exclure du décompte des effectifs des entreprises les salariés de
moins de 26 ans lors des calculs des seuils sociaux. Ils affirmaient
également que le CNE était en violationd’une directive européenne qui
rendait obligatoire l'information et la consultation des salariés dans
les structures employant plus de 20 salariés de même que de l’article
24 de la
charte sociale
européenne(intégrée dans le nouveau Traité Constitutionnel)
qui indique que tout licenciement doit être justifié. La première
requête est déposée devant le Conseil d’État par la
CGT
le 4 Aout 2005.
Le Conseil
d'État, rend sa
décision
le 19 octobre 2005, et déclare valide l’ordonnance « contrat nouvelles
embauches ». Il estime que la période dite de consolidation n’est en
réalité qu’une période d’ancienneté pour pouvoir prétendre à
l’application de la convention OIT et que cette période de deux ans
était conformément à ce qu’exigeait la convention de
l’OIT : « raisonnable ». Il a cependant, par la voix du commissaire au
gouvernement ouvert la possibilité d’introduire une action devant le
conseil des prud’hommes pour vérifier l’inexistence d’un abus de
droit, d’un motif discriminatoire ou autres causes contraires aux
dispositions légales.
Suite à
cette requête le
conseil d’État
se dessaisît de l’affaire et la transmet à la CJCE à laquelle il est
demandé de statuer en urgence.
Les
syndicats estimaient également que le CNE était en violation flagrante
de la Convention Internationale du Travail. C’est ainsi que Force
Ouvrière saisit l’Organisation Internationale du travail sur la
conformité du CNE à
sa convention 158 qui stipule clairement
que la période d’essai ne doit pas dépasser un délai raisonnable.
Entretemps
c’est au niveau des prud’hommes de Longjumeau dans l’Essonne que
l’ordonnance sera préalablement invalidée dans une décision du 20
Février 2006 pour « rupture abusive de période d'essai » et « rupture
de période de consolidation » puis déclarée contraire au Droit
international, ce qui conduit à une requalification en CDI. La
décision est datée du 28 Avril 2006 par le conseil des prudhommes de
Longjumeau.
Le conseil
estime que la France ayant ratifié la convention 158 de l’OIT,
prévoyant dans son article 4 qu’un salarié ne peut être licencié
« sans qu’il existe un motif valable de licenciement » et dans son
article 7 « avant qu’on lui ait offert la possibilité de se défendre »
et en vertu de cela déclare l’ordonnance privée d’effet juridique.
D’autres affaires ont suivi avec notamment un arrêt du conseil des
prudhommes de Grenoble allant dans le même sens que celui de
Longjumeau.
Deux
affaires jugées à Longjumeau(Essonne) le 28 avril 2006 sont conduites
en appel devant la cour d’appel de Paris le 22 Septembre qui se
déclare compétente le 20 octobre sans pour autant statuer sur le fond.
Il faudra attendre le
6 juillet 2007 pour qu’elle se prononce
sur l’illégalité de la loi notamment sur le point de la durée de deux
ans qui est jugée déraisonnable.
L'Organisation Internationale du Travail se prononce quant à elle le
14 novembre 2007 en jugeant contraires au Droit international, les
deux principaux points litigieux de ce contrat (licenciement sans
motif communiqué préalablement et période de consolidation de deux
ans). Un
rapport est préparé par un comité tripartite (employeurs,
salariés et gouvernements), et adopté par la suite lors d’un consensus
par le conseil d'administration de l'OIT.
Suite à
cette décision, un projet de loi sur la modernisation du marché du
travail sera prochainement proposé au Parlement en avril 2008 et
devrait enterrer définitivement le contrat nouvelles embauches avec
une requalification de tous les anciens contrats en CDI
déclarait
récemment le porte parole du gouvernement Laurent Wauquiez.
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OMC
Etats-Unis – mesure visant les crevettes en provenance
de Thaïlande
Rapport du Groupe spécial
29 février 2008
Guillaume AREOU |
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Le Groupe spécial de l’OMC avait à
connaître une nouvelle fois d’une plainte déposée par un Etat membre
de l’OMC et concernant la méthode de « réduction à zéro » utilisée par
les Etats-Unis. Sans surprise, le Groupe spécial s’appuya sur les
précédents jurisprudentiels pour conclure à l’incompatibilité de cette
méthode avec l’article
2.4.2 de l’accord anti-dumping. Il conclut également à
l’incompatibilité avec l’article
18.1 de l’accord anti-dumping des impositions relatives au
cautionnement permanent renforcé.
Le raisonnement et la conclusion du Groupe
spécial relative à la méthode de réduction à zéro sont devenus
classiques. La méthode de « réduction à zéro » peut se définir comme
suit : «
la méthode par laquelle l'USDOC détermine une marge de dumping moyenne
pondérée fondée sur des comparaisons moyenne à transaction ou
transaction par transaction entre le prix à l'exportation et la valeur
normale et ne tient compte d'aucun des montants à concurrence desquels
les prix à l'exportation des transactions individuelles dépassent la
valeur normale lorsqu'il agrège les résultats de ces comparaisons
multiples ».
Les Etats-Unis ne
contestaient d’ailleurs pas l’utilisation de cette méthode. Le Groupe
spécial s’est donc contenté de rappeler les jurisprudences précédentes
qui avaient conclu à l’incompatibilité de cette méthode avec la
réglementation de l’OMC. En l’occurrence, les membres du panel ont
suivi point par point le rapport du Groupe spécial rendu dans
l’affaire Etats-Unis – Crevettes.
La seconde mesure visée par la Thaïlande
concernait les impositions relatives au cautionnement permanent
renforcé. Selon les autorités thaïlandaises, cette imposition serait
incompatible avec l’article 18.1 de l’accord anti-dumping. Le Groupe
spécial se référa au rapport rendu par l’Organe d’appel dans l’affaire
Etats-Unis – Loi sur la compensation (Amendement Byrd) pour déterminer
si la mesure américaine violait les dispositions de l’OMC. Ce rapport
retenait « deux conditions préalables […] pour qu’une mesure puisse
être régie par ces dispositions [de l’article 18.1]. La première est
qu’une mesure doit être « particulière » au dumping ou au
subventionnement. La seconde est qu’une mesure doit être contre le
dumping ou le subventionnement […] ». Selon la jurisprudence de l’OMC,
ces conditions sont cumulatives. Après une analyse détaillée des
conséquences de l’imposition sur le dumping, le Groupe spécial conclut
que la réglementation américaine était incompatible avec l’article
18.1 de l’accord anti-dumping.
Le rapport du Groupe spécial dans cette
affaire respecte donc maintenant une jurisprudence bien établie en ce
qui concerne la méthode de réduction à zéro. L’intérêt de cette
affaire portait plus sur la compatibilité de l’imposition américaine
relative au cautionnement permanent renforcé avec l’article 18.1 de
l’accord anti-dumping. |

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Les Bahamas ratifient la
Convention du travail maritime de l’OIT.
Edith PINCOVAI |
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Le 11 février
2008, le Commonwealth des Bahamas a déposé son instrument de
ratification de la Convention de l’OIT sur le travail maritime
(Maritime Labour Convention, MLC), adoptée par la 94ème
Conférence Internationale du Travail en février 2006
(Voir Sentinelle). Cette
« charte des droits » qui vise un secteur moteur de la
mondialisation, le transport maritime intervenant dans 90 % du
commerce mondial, réunit dans un seul instrument un ensemble de règles
minimales touchant à pratiquement tous les aspects des conditions de
travail des gens de mer (conditions d’emploi, durée du travail et du
repos, logement, installations de loisirs, l’alimentation et service
de table, protection de la santé, soins médicaux, bien-être et
protection en matière de sécurité sociale).
Les Bahamas
sont ainsi le troisième État, après le
Libéria et les Îles Marshall, à ratifier cette
convention, souvent considérée comme une « super-convention ». En
effet, la MLC est conçue comme « un guichet unique » qui remplace plus
de 65 instruments en matière de travail maritime. Elle est destinée à
devenir un instrument juridique universel qui, une fois entré en
vigueur, complètera les conventions majeures de l’OMI (la Convention
SOLAS de 1974, la Convention internationale STCW de 1978, et la
Convention MARPOL de 1973). La MLC apparaît donc comme le « quatrième
pilier » de la réglementation maritime internationale. Afin de
parvenir à une application universelle de cette convention historique,
le
plan d’action 2006-2011 a été mis en place avec un
programme visant une ratification rapide et étendue ainsi qu’une mise
en oeuvre effective de la MLC 2006.
La ratification
de la MLC par les Bahamas « marque une avancée majeure vers l’objectif
d’entrée en vigueur au cours des toutes prochaines années », selon le
communiqué de presse. L’entrée en vigueur de la
convention nécessite sa ratification par au moins 30 États membres de
l’OIT représentant une part totale d’au moins 33 pour cent du tonnage
brut mondial. La ratification par les Bahamas est à souligner dans le
cadre du plan d’action 2006-2011, car un des objectifs premiers de ce
programme est centré sur la ratification des pays ayant des intérêts
notables dans le secteur maritime (en tant qu’État du pavillon, État
du port ou encore État fournisseurs de main-d’oeuvre) et, plus
spécifiquement, sur une ratification par les principaux États du
pavillon. Rappelons que le Commonwealth des Bahamas est le troisième
plus grand État du pavillon au monde.
Cette
ratification s’inscrit dans le cadre de l’évolution des pavillons de
complaisance dans leurs efforts fait en matière de respect des normes
maritimes internationales. En effet, la MLC prévoit une « clause de
non-octroi d’un traitement plus favorable » (art. 5 para. 7),
également utilisée dans les conventions de l’OMI, qui implique que
l’inspection de l’État du port doit se faire sur les navires de tous
les pays, qu’ils aient ratifié ou non la convention (titre 5). Ainsi,
les efforts des pavillons de complaisance peuvent s’expliquer par le
souci d’éviter aux navires battant leurs pavillons l’immobilisation ou
l’interdiction d’accès à certains ports. Notons que cette disposition
encourage donc la ratification et empêche la concurrence déloyale.
Pour Mme
Cleopatra Doumbia-Henry, Directrice du Secteur des Normes
internationales du Travail du BIT, cette ratification « nous donne une
indication claire de l’engagement sans faille des Bahamas envers les
normes internationales du travail et l’OIT … Cela illustre le rôle
prééminent des Bahamas dans l’industrie maritime et leur détermination
à garantir une marine de qualité fondée sur une base socio-économique
solide et sur le respect de l’environnement et de conditions de
travail décentes pour les marins »
(voir communiqué).
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Le Programme international
pour la protection des dauphins fête 10 ans
Danilo Comba |
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Les dauphins, comme par ailleurs
les autres cétacés, jouissent d’une protection internationale
spéciale. L’année dernière à titre d’exemple le système Onu avait
lancé la campagne
« Année du Dauphin pour 2007 »
(voir
Sentinelle), par
ailleurs étendue à l’année 2008.
La
Convention de Montego Bay
prévoit à cet égard une importante obligation de protection et de
coopération à la charge des Etats, soit dans les espaces marins soumis
à leur souveraineté soit dans la Haute Mer (article 120 ; voir
Sentinelle).
Néanmoins il n’existe pas un cadre
juridique international similaire à celui de la
CBI. La protection
internationale des petits cétacés se fonde sur plusieurs textes
(Convention internationale sur la conservation des espèces migratrices
appartenant à la faune sauvage –
CMS - ; Accord sur la
conservation des cétacés de la mer Noire, de la Méditerranée et de la
zone Atlantique adjacente –
ACCOBAMS - ;
Accord
sur la conservation des petits cétacés de la
mer Baltique, de l'Atlantique du nord-est et des mers d'Irlande et du
Nord –
ASCOBANS -).
C’est dans ce cadre normatif
« fragmenté » que le
Programme international pour la protection
des dauphins fut adopté. Plus exactement, en 1998 la
35ème réunion de la Commission interaméricaine du thon tropical (CITT/IATCC,
laquelle exerce le rôle de Secrétariat) élaborait un accord de
conservation visant à ce que soit limitée la mortalité des dauphins
(en particulier les espèces de la famille de « Delphinidae »
associées à la pêche du thon à nageoires jaunes ; article 1.2 du
Programme), lorsque des activités de pêche au thon sont entreprises.
Semble-t-il en effet que ces
activités de pêche causent une atteinte grave aux dauphins : la
technique dite à la « senne
coulissante » - a-t-il été scientifiquement démontré
- conduit à une haute mortalité accidentelle de ces derniers.
Son champ d’application étant
l'océan Pacifique oriental (voir l’article 3 et l’Annexe 1 du
Programme) - zone de particulier intérêt vis-à-vis des activités
« thonières » - ledit programme vise donc (article 5) à réduire la
mortalité des dauphins à un niveau proche de 0% (limitation à 5 000
individus par an de mortalité accessoire totale des dauphins due à
cette pêche), à promouvoir la recherche de moyens soutenables de
capturer le grand thon à nageoires jaunes, tout en assurant la
durabilité à long terme des stocks de thons.
Outre l’instauration d’un système
de contrôle et la prévision d’une responsabilité primaire des Etats
(articles 7 et 16 ; règles de formation, de prévention et de garantie
de l’application, programme d’observation à bord - Annexe 2 -,
prévision de comités scientifiques nationaux – Annexe 6 -) une
commission de contrôle internationale a été mise en place (article 12
et Annexe 7). Elle se compose néanmoins de représentants des parties
signataires, des organisations non gouvernementales et de l'industrie
du thon, et peut recommander à l'assemblée des parties des mesures à
prendre pour que les objectifs conventionnels soient atteints.
Parmi les résolutions et les
documents adoptés par cette dernière (AIDCP
Resolutions ;
Related documents) nous
pouvons citer les procédures établies pour que les Etats établissent
une Certification et un Label de « AIDCP
Dolphin Safe Tuna ».
Par un document de presse, le
gouvernement étasunien s’est félicité des résultats accomplis dans le
cadre de ce programme, « considered
one of the most successful agreements in the world governing the
conservation and management of living marine resources ; (…) under
this program, and its predecessor, the La Jolla Agreement, dolphin
deaths in the fishery have decreased more than 99% ».
Selon
les informations disponibles sur le site du CITT “During 2006 94%
of all sets made on tuna associated with dolphins were accomplished
with no mortality or serious injury to the dolphins. Furthermore, the
total mortality of dolphins in the fishery has been reduced from about
132,000 in 1986 to less than 900 in 2006, about 0.01% of the
population”. En 2005 le Programme a obtenu un prix par la FAO pour
son « unqualified
success »,
pour la diligente application de l’approche de précaution et le
respect du « code
de conduite pour une pêcherie responsable »,
ce dernier adopté par la même organisation en 1995 (voir également
la
Partie VII de l’Accord
« relatif à la conservation et à la gestion des stocks de poissons
dont les déplacements s’effectuent tant à l’intérieur qu’au-delà de
zones économiques exclusives -stocks chevauchants- et des stocks de
poissons grands migrateurs »).
L’Union européenne est également
partie depuis 1999 : à cet égard pour qu’elle en puisse devenir
partie,
une parallèle adhésion à la Commission
CITT fut nécessaire.
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