Philipe WECKEL-- Anne RAINAUD-- Guillaume AREOU-- Sarah CASSELLA-- Julien CHESNEL-- Danilo COMBA

Florina COSTICA-- Emmanuelle DEWUYST-- Tidiani COUMA-- Michel DJOUMBE DJOMENI -- Valérie GABARD -- Abdoulaye MOUSSA -- Edith PINCOVAI

Anne-Laure PROVENCE -- Fatma RAACH-- Sabrina RAHMANI-- Karine RINALDI-- Jacobo RIOS RODRIGUEZ

Antonella SAMPO-- Noémie SIMONEL-- Sébastien TOUZE -- Aude VASSEUR-- Sabrina URBINATI

 

Sommaire

N°144

 

 
 

 

 

 

 

© 2008 Tous droits réservés aux auteurs

 

 

 

 

La Commission,

organe fondamental du système interaméricain de protection des droits de l’homme, présente son rapport annuel 2007.

Karine Rinaldi.

 

 

 

Le 4 avril dernier, la Commission IADH rendait public son rapport annuel 2007. Celui-ci est la preuve du rôle fondamental de cet organe actif dans la promotion et la protection des droits de l’homme sur le continent.

Ce rapport est composé de 4 chapitres rendant compte des activités de la Commission et de ses différentes commissions thématiques au cours de l’année 2007 et informe de l’état d’avancement des plaintes. Le chapitre IV examine la situation de 4 pays ayant mérité une attention particulière cette année, la Colombie, Cuba, Haïti et le Venezuela.

Les avancées sont grandes : outre celle qui prend forme depuis quelques années concernant la faculté des victimes et de leurs représentants de participer à la procédure devant la Cour interaméricaine, il est possible de noter cette année l’augmentation des plaintes, 1500 environ (non pas en raison de violations des droits de l’homme plus nombreuses, mais bien grâce à un système plus accessible car de plus en plus connu) ; la publicité des audiences, non seulement ouvertes au public, mais également retransmises en direct sur Internet ; et la consolidation des commissions thématiques.   

3 périodes de sessions ordinaires et 1 extraordinaire se sont tenues au cours de l’année 2007, totalisant l’adoption de 51 rapports de recevabilité, 14 d’irrecevabilité, 5 règlements à l’amiable, 4 affaires au fond, et 40 mesures conservatoires. Mais lors de ces sessions, au-delà de l’adoption de rapports, la Commission joue aussi un rôle plus actif, plus concret et proche du public. Elle a, par exemple, tenu une réunion sur les mesures conservatoires actuellement en vigueur pour les personnes détenues à Guantanamo, insistant auprès des autorités des Etats-Unis pour l’obtention d’une visite dans le centre et encourageant à sa fermeture ; elle a également, par exemple, appelé à la création de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala. Lors de la session au Paraguay, la Commission a visité le centre de documentation d’archive pour la défense des droits de l’homme, connu sous le nom d’« archives de la terreur », contenant les documents de la dictature d’Alfredo Stroessner et de « l’Opération Condor ». Différents membres de la Commission ont également tenu des conférences sur le système interaméricain.  

Concernant les visites in loco dans les Etats membres de l’Organisation des Etats Américains – activité qui a commencé en 1961 - elles ont été nombreuses cette année : Brésil (en préparation d’un rapport sur la justice juvénile) ; Chili (afin de recueillir des informations sur les discriminations subies par les femmes) ; 3 visites en Colombie (en suivi à la démobilisation et au sujet des droits des afro-descendants) ; 3 visites également à Haïti ; 2 au Mexique (afin d’établir un rapprochement avec les nouvelles autorités et la société civile et examiner la situation a Oaxaca) ; et Paraguay (visite dans certaines communautés autochtones).

Quant aux commissions thématiques, leur rôle est relativement important dans l’examen des plaintes qui parviennent à la Commission interaméricaine, comme dans l’étude des mesures conservatoires sollicitées. Ces commissions sont les suivantes : commission sur les droits des populations autochtones ; commission pour la liberté d’expression ; commission sur les droits de la femme ; commission sur les droits de l’enfant ; commission sur les droits des personnes privées de liberté ; commission sur les droits des travailleurs migrants et leurs familles ; unité de défense des droits de l’homme ; et commission sur les droits des afro-descendants. Cette dernière est la plus récente. Elle a cette année effectué sa première visite en Colombie et aidé dans l’élaboration de l’avant projet de Convention interaméricaine sur la discrimination raciale et toutes les formes de discrimination et d’intolérance.

Ce rapport 2007 fait également état de la mise en œuvre des recommandations contenues dans les rapports de fond ou les règlements a l’amiable, élément indispensable à l’effectivité de ce travail (voir le tableau de mise en œuvre).

Finalement, concernant les Etats membres de l’OEA dont les pratiques en matière de droits de l’homme méritent une attention particulière et sont pour cela inclus dans le rapport annuel, en vertu des 5 critères élaborés en 1997 (Etats dont le gouvernement n’est pas arrivé au pouvoir de façon démocratique selon des principes internationalement acceptés ; Etat dans lequel le libre exercice des droits figurant dans la Convention américaine a été suspendu par des mesures d’exception ; quand il existe des preuves qu’un Etat commet des violations massives et graves des droits de l’homme ; Etat qui se trouve dans une phase de transition des trois situations précédemment décrites ; et s’il existe des situations conjoncturelles ou structurelles préoccupantes), les pays concernés cette année sont au nombre de 4.

La Colombie. La Commission reconnaît les efforts de l’Etat dans le processus de pacification et dans la transparence et la publicité des procès judiciaires découlant de la Loi de Justice et Paix. Elément également positif, le programme de protection pour les victimes et témoins ; le programme de protection des défenseurs des droits de l’homme, journalistes et leaders sociaux. Mais les effets du conflit armé persistent, plusieurs situations demeurent préoccupantes. Les groupes ethniques, par exemple, qui malgré les reconnaissances normatives, sont cibles de la violence. La Commission observe avec préoccupation que l’intérêt, par les groupes armés illégaux, pour les territoires ancestraux des populations autochtones, comme points stratégiques ou pour l’élaboration de cultures de substances illicites, augmente ces dernières années. La Commission considère que l’Etat colombien doit fournir une attention différente aux déplacés indigène qui, pour leurs caractéristiques culturelles, nécessitent une attention adaptée à leur identité, langue et traditions. Les communautés d’afrodescendants, surtout dans le Chocó, sont en situation d’extrême pauvreté. La situation demeure aussi préoccupante pour les défenseurs des droits de l’homme.

Au delà du système normatif, il correspond à l’Etat un rôle central dans la garantie aux victimes d’un accès en conditions d’égalité aux mesures de réparations intégrales. La Commission est préoccupée par les groupes non démobilisés, par le phénomène du réarmement et la formation de nouveaux groupes. Elle recommande notamment un renforcement du travail des institutions qui jouent un rôle dans la mise en œuvre de la Loi Justice et Paix, ainsi que des mécanismes destinés a protéger la sécurité des personnes - victimes, témoins, défenseurs des droits de l’homme - qui participent au processus d’enquête et jugement dans le cadre de cette loi.           

Cuba. La Commission commence par justifier sa compétence à l’égard de ce pays, insistant sur le fait que tous les Etats membres de l’OEA doivent respecter les droits fondamentaux établis. Pour les Etats qui n’ont pas ratifié la Convention, ces droits sont ceux contenus dans la Déclaration américaine des droits et des devoirs de l’homme, une source d’obligations internationales (Opinion Consultative de la Cour IADH du 14 juillet 1989). La Commission insiste également sur le fait que l’exclusion de Cuba de l’OEA n’a jamais eu pour but de laisser sans protection le peuple cubain.

Les restrictions aux droits politiques et à la liberté d’expression ont constitué pendant des années une situation permanente et systématique de violation des droits de l’homme, situation aggravée par le manque d’indépendance du pouvoir judiciaire. Elle accueille positivement les avancées en matière de réduction de la mortalité infantile, de l’accès à l’eau potable, les avancées dans l’habitat, la santé ou l’alimentaire. Cependant, les tribunaux persistent dans la pratique de juger en base à des critères politiques et idéologiques. La Constitution, dans son article 121, stipule que les tribunaux sont subordonnés à l’Assemblée Nationale. La dépendance au pouvoir exécutif est dès lors directe. La Commission développe sur les conditions inhumaines de détention des prisonniers politiques, une préoccupation majeure dans le pays. Elle avait ordonné, dans l’affaire Oscar Elías Biscet et autres, la libération immédiate des 78 dissidents, ainsi que de déclarer nulles les condamnations à leur encontre. Depuis, 16 personnes sont en liberté provisoire pour raisons de santé, 1 seule a été définitivement libérée. Les grandes préoccupations restent la situation des défenseurs des droits de l’homme, des dirigeants syndicaux, les sanctions économiques, et l’absence de liberté d’expression. Cuba est le seul pays du continent où il est possible d’affirmer catégoriquement qu’il n’existe pas de liberté d’expression. Cela se manifeste par le persistant problème de privation de liberté en conséquence de manifestation d’opinions critiques, la restriction du droit d’accès à l’information à travers Internet, la restriction à l’exercice de l’activité journalistique d’étrangers, la criminalisation des manifestations publiques. Au sujet d’Internet, cet outil n’est permit que dans les institutions gouvernementales et éducatives. C’est, pour la Commission, un instrument capable de renforcer le système démocratique, c’est un allié dans la promotion et la diffusion des droits de l’homme et des idéaux démocratiques (rapport annuel du Rapporteur spécial pour la liberté d’expression, 1999). La restriction à l’utilisation d’Internet est donc une violation au droit d’accès a l’information en préjudice du peuple cubain.         

Haïti. En comparaison avec les années antérieures, la Commission observe une notable amélioration, spécifiquement quant à la réduction de la violence létale et des enlèvements. La Commission reconnaît les initiatives de l’Etat pour affronter les défis qui permettent de parvenir à une paix et sécurité durables (efforts dans l’administration de la justice, renforcement de la police nationale, création d’une commission spéciale pour l’analyse des cas de détention prolongée). Pour tout cela, 2007 se caractérise par des signes de progrès.

Le Venezuela. L’Etat refuse une visite de la Commission, estimant que parmi les 7 mandats que les Etats lui ont spécifiquement attribués au moment de souscrire à la Convention, ne figure pas celui de la réalisation de visites…

La Commission a observé avec grand intérêt le processus de réforme constitutionnelle initié en août 2007, un projet présenté par le président de la république et rejeté le 2 décembre 2007 par référendum. Les informations reçues durant l’année 2007 restent préoccupantes quant à la situation des défenseurs des droits de l’homme (augmentation du nombre de menaces, atteintes à la vie et à l’intégrité et obstacles dans l’exercice de leur travail) ; la liberté d’expression (les affaires RCTV et Globovisión sont d’ailleurs actuellement devant la Cour IADH) ; la répression de la proteste sociale (pendant le premier trimestre, 23 manifestations populaires ont été réprimées par les organes de sécurité de l’Etat) ; les droits politiques ; l’administration de la justice (l’affaire Ruggeri et autres, magistrats révoqués, est aussi devant la Cour IADH) ; sécurité citadine et droit a la vie ; situation des personnes privées de liberté (des centaines de personnes privées de liberté sont mortes en 2007)…

*****

Le présent rapport de la Commission interaméricaine des droits de l’homme démontre l’importance fondamentale de cet organe dans le système interaméricain de protection des droits de l’homme. Cette Commission n’est pas simplement une première étape avant la Cour interaméricaine. Elle n’aura pour cela pas le même destin que l’ancienne Commission européenne. Sur le continent américain, elle fait preuve d’un gros pouvoir de négociation (avec certes quelques exceptions), un énorme travail de prévention et de promotion du système. De nombreuses affaires sont réglées à l’amiable et ne parviennent par conséquent pas à la Cour interaméricaine.  

Elle rédige des rapports, réalise des visites sur place, organise des conférences, des séminaires pour susciter la connaissance sur le fonctionnement et la jurisprudence du système, elle recommande aux Etats l’adoption de certaines mesures, y compris des mesures conservatoires, elle présente des affaires à la Cour, sollicite des opinions consultatives… Son importance vient aussi de ce qu’elle est compétente face aux Etats qui n’ont pas ratifié la Convention américaine et dont les agissements, par conséquent, ne peuvent pas être connus de la Cour.

 

 

Archive

 

Rapports, communiqués de presse: 

Sessions : 

 Visites in loco : 

Etudes des plaintes : 

Evolution normative

 

 

 

 

Suites de l'Arrêt CIADH dans l'affaire de La Cantuta (Pérou) : un tribunal de Lima condamne les auteurs de ce crime d'Etat

 

Prof. Philippe WECKEL

 

 


Arrêt CIADH du 26 novembre 2006


rapport de la Commission de réconciliation (cverdad)

 

 

A Lima, le 8 avril 2008, une cour anti-corruption a condamné à 35 ans d’emprisonnement pour meurtre et disparition forcée le général Julio Salazar ancien chef du service national du renseignement pour avoir approuvé l’opération meurtrière menée à l’Université de la Cantuta (enlèvement et meurtre de 9 étudiants et d’un enseignant). Les trois agents du groupe de Colina qui ont enlevé, torturé, exécuté les 10 personnes et ont brulé leurs corps ont été condamnés à 15 ans d’emprisonnement. Ce groupe qui a opéré entre juillet 1991 et décembre 1992 appartenait au service du renseignement et relevait directement de la Présidence de la République. Le jugement met en cause directement l’ancien président Fujimori dans les activités du groupe de Colina. Il convient de noter qu’une chambre pénale spéciale de la Cour suprême a été constituée pour  juger l’ancien chef de l’Etat.

Le massacre de "La Cantuta" a fait l’objet d’un important arrêt de la Cour interaméricaine des droits de l’homme. La Cour a écarté les lois péruviennes d’amnistie et reconnu la responsabilité aggravée de l’Etat pour des crimes perpétrés par ses agents en application d'une politique criminelle. En effet, elle a reconnu la responsabilité renforcée du Pérou, détaillant les mesures concrètes que l’Etat défendeur était tenu de prendre, y compris l’érection d’un monument à la mémoire des 10 personnes massacrés et un suivi psychologique des proches. Le jugement du 8 avril 2008 s’inscrit dans ce cadre très particulier dans lequel la juridiction internationale n’a pas laissé de marge d’appréciation aux autorités nationales dans la mise en œuvre des réparations.

Déclaration à la presse de l'Association APRODEH

Sentencia a grupo Colina por el caso La Cantuta (aprodeh)

ALENTADOR PASO PARA LA JUSTICIA PERUANA

Los familiares de las víctimas del caso La Cantuta y la Asociación Pro Derechos Humanos (APRODEH) expresaron, en conferencia de prensa realizada hoy, su satisfacción por el enorme logro que implica la ejemplar sentencia emitida ayer por la Primera Sala Penal Anticorrupción, presidida por la jueza Inés Villa Bonilla, contra el grupo Colina pues ella marca un importante precedente para el proceso contra Alberto Fujimori ya que reconoce que las violaciones a derechos humanos no se aplicaron en forma aislada, sino de modo sistemático y en forma permanente durante dicho gobierno.

Para Gloria Cano, abogada de APRODEH quien patrocina legalmente a los familiares de las víctimas, la sentencia es importante no solo porque reconoce de manera clara y expresa la existencia del destacamento Colina como un aparato militar dentro de la estructura del ejército, sino porque confirma además la relación directa que tenía con el Servicio de Inteligencia Nacional y las órdenes que obedecía directamente de Julio Salazar Monroe, en tanto jefe del SIN. “Se trataba de una relación en la cual, tal como el propio Salazar manifestó, él daba cuenta de sus actos directamente a Fujimori”, agregó.

“Han sido las propias declaraciones de Salazar Monroe, de Hermoza Ríos, entre otros testigos, vertidas en presencia de sus abogados –como el actual congresista Rolando Souza–, las que llevaron a la Sala a concluir que el destacamento Colina estaba bajo el mando del SIN. Es el propio Salazar Monroe quien declaró que solo respondía a las órdenes del hoy acusado Alberto Fujimori. Por ello, Salazar Monroe ha sido condenado, en el marco de un debido proceso, como autor mediato. Esto lo señala la Sala Penal y es un precedente que debe tener en cuenta la Sala que hoy juzga a Fujimori”, acotó la abogada.

“Es importante destacar que el fallo declara sin efecto jurídico las sentencias emitidas por el Fuero Militar en contra de Santiago Martin Rivas, Carlos Pichilingüe, Enrique Oliveros Pérez, Juan Rivero Lazo, Navarro Pérez, entre otros, sindicados también por su responsabilidad en este caso”, señaló Cano.

A su turno, Javier Torres, secretario ejecutivo de la Coordinadora Nacional de Derechos Humanos, resaltó que la sentencia no solo traza un nuevo derrotero para los derechos humanos luego de que por tantos años la justicia peruana hiciera oídos sordos ante las denuncias presentadas, sino que además constituye una derrota para quienes han luchado por la impunidad, y para sus abogados, tal es el caso del estudio Nakasaki, quien defendía a Salazar Monroe. Finalmente hizo un llamado al ejército peruano para que deslinde definitivamente con lo que fue el destacamento Colina, cuya existencia ha sido demostrada fehacientemente por la sala.

Por su parte, Miguel Jugo, director ejecutivo de APRODEH, expresó su satisfacción ya que la sentencia compensa el esfuerzo de los familiares quienes de manera perseverante han exigido justicia a lo largo de dieciséis años. Señaló además que el fallo marca un momento importante para la historia de la justicia peruana y, en tal sentido, “los peruanos y peruanas debemos defender esta sentencia de los ataques de algunos personajes que solo quieren garantizar la impunidad tal como es el caso del congresista Rolando Souza quien patrocinaba a Salazar Monroe”.

Finalmente, Gisela Ortiz, hermana del estudiante desaparecido Luis Enrique Ortiz, mostró su satisfacción por esta nueva etapa que abre la justicia peruana para ellos como familiares. “Este ha sido un complejo y largo proceso. Por eso, la sentencia nos da tranquilidad porque sabemos que los asesinos van a estar detenidos y para que experiencias dolorosas como la nuestra no se vuelva a repetir”.

Ortiz mencionó que uno de los hechos probados de la sentencia califica como improbable la tesis dada por el agente infiltrado en La Cantuta, José Tena Jacinto. “Tena sostenía que nuestros familiares fueron los responsables del caso Tarata y pudieron ingresar esa misma noche a la universidad heridos. Esto no es posible ya que La Cantuta se encontraba bajo control militar, y porque, al momento de la detención (al día siguiente de Tarata), ninguno de nuestros familiares presentaba herida alguna”, precisó.

Agregó que, como parte de la investigación judicial, la Sala solicitó a la Dincote certificar que ninguno de los estudiantes detenidos tuviera antecedentes por su vinculación con algún movimiento subversivo. “Iniciaremos las acciones legales respectivas a fin de de lograr esclarecer estos hechos porque es nuestro derecho a la dignidad y al buen nombre que quede claro el nivel de responsabilidad de nuestros familiares, toda vez que este argumento sigue siendo utilizado no solo por los asesinos, sino también por los seguidores de quien fuera la cabeza de este aparato criminal, Alberto Fujimori, como la justificación para acabar con la vida de nuestros familiares”, refirió.

Datos:

·                 La sentencia recoge las recomendaciones de la Corte Interamericana de Derechos Humanos, al señalar, por ejemplo, la obligación del Estado de seguir buscando los restos de las víctimas, identificarlos plenamente y entregarlos a sus familiares para darles sepultura. Asimismo, insta al Estado a cumplir con las reparaciones económicas recomendadas por la CIDH.

 

 

La chambre forte semencière mondiale de Svalbard

Danilo COMBA

 
 

Au mois de février 2008 a eu lieu l’inauguration de la réserve mondiale de semences, la « Chambre forte semencière mondiale », située à l'intérieur des montagnes de l'Archipel du Svalbard.

Cette île norvégienne, objet du traité de Spitzberg de 1920, a été pendant longtemps une place importante pour les activités minières. Aujourd’hui ne reste que quelques mines exploitées par la communauté russe. Au cours des dernières décennies, l'île a acquis un rôle très important dans la recherche scientifique. L’archipel de Svalbard fait l’objet d’une reglémentation environnementale particulière.

Svalbard est en effet un site très particulier:

« Owing to the permafrost, the seeds will retain their ability to germinate for a long time, even if electricity supplies fail. The depository will store genetic copies of seeds that are already being stored in gene depositories elsewhere in the world, thus providing an additional safety net for the world’s food supply” (voir Five reasons for storing the world’s seeds in Svalbard).

Ce projet lance donc les Svalbard dans une nouvelle dimension, fortement internationale. L’objectif est de protéger des ressources essentielles contre les maladies, les effets du changement climatique, les guerres et les désastres naturels. L’initiative est avant tout nationale mais elle implique des institutions internationales. La protection de la biodiversité a un but à la fois « d’action millénaire » et de réponse à des nécessités contingentes.

« Construite non loin du village de Longyearbyen sur l’île de Spitzberg, la chambre forte contient à l’origine 268 000 échantillons distincts de semences – chacune d’entre elles étant originaire d’une ferme ou d’un terrain différent dans le monde. Chaque échantillon peut contenir des centaines de graines et même plus ».

La réserve mondiale de semences se compose de trois chambres froides creusées dans la montagne, d'un volume d'environ 1.500 mètres cubes chacune. Ces spécimens de semences du monde entier sont stockés à une profondeur de 100 m. et à une température de moins 18°C.

Le directeur de l’organisation « Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures », fonds le plus fortement engagé dans la protection de la biodiversité mondiale et à la naissance du plan norvégien, a souligné  la validité du projet « Même en cas de défaillance technique, la température de conservation des semences restera pendant longtemps bien inférieure à zéro ».

La Chambre forte n’est pas une banque génétique, mais plutôt “a safety-storage for preservation of duplicate collections of seeds on behalf of genebanks”. Elle ne sera ouverte que dans la mesure où une semence collectée aura été perdue.

Les dépositaires conservent les droits sur les semonces déposées et ni la réserve mondiale ni la Norvège « ne pourr(ont) autoriser l’accès aux graines sans le consentement des déposants. Les semences seront restituées à leurs déposants s’ils le demandent ».

Sur le site du ministère de l’agriculture il est à noter en outre le suivant paragraphe :

« For many years it has been Norway’s aim to play a bridge-building role in the north -south debate about genetic resources and biological diversity. This doesn’t mean that we necessarily always take the middle line, but rather that we try to see new elements in the positions of all sides with the aim of finding solutions which actually lead to the sensible management of genetic resources. We believe that Svalbard Global Seed Vault can be a unifying initiative, which offers much to countries both north and south and which will hopefully also promote global collaboration in taking care of our most important genetic resources”.

 

La Chambre forte semencière mondiale.

Un bâtiment unique

Le bâtiment de la chambre forte a lui-même suscité beaucoup d’intérêt de toute part en raison de sa localisation, de son ingénierie inhabituelle, de sa sécurité et de son esthétique. Son ingénierie lui permet de rester froid avec un seul compresseur de 10 kilowatts qui fonctionne grâce à l’électricité produite localement.

La chambre forte consiste en trois pièces extrêmement sécurisées placées au bout d’un tunnel long de 125 mètres creusé dans une montagne de l’archipel norvégien de Svalbard. Les semences seront stockées à moins 18 degrés Celsius (moins 0,4 degré Fahrenheit) et scellées dans des feuilles pliées en quatre spécialement conçues à cet effet qui seront placées dans des boîtes elles-mêmes scellées et stockées sur des étagères à l’intérieur de la structure. Chaque chambre forte est entourée de permafrost, ce qui garantit la viabilité continue des semences en cas de défaillance de l’alimentation électrique. Les basses températures et le faible taux d’humidité assureront une activité métabolique réduite de façon à conserver les semences viables pendant des décennies, des siècles et même, dans certains cas, des millénaires. Si elles sont correctement stockées et maintenues à une juste température, certaines semences resteront viables dans la chambre forte pendant mille ans ou plus. Par exemple, l’orge peut survivre 2000 ans, le blé 1700 ans et le sorgho presque 20 000 ans.

Les personnes qui voudront accéder aux semences devront franchir quatre portes verrouillées : les lourdes et épaisses portes d’entrée en acier, une deuxième porte dans le tunnel, située à environ 115 mètres de l’entrée, et enfin des sas pneumatiques fermés à clé. Les clés qui permettent d’accéder aux différents niveaux de la structure sont codées. Elles n’ouvrent pas toutes les portes. Des détecteurs de mouvement sont installés autour du site. Les boîtes de semences sont scannées avant d’être déposées dans les pièces de la chambre forte semencière.

Une création artistique rendra aussi la chambre forte visible à plusieurs kilomètres de distance. L’artiste Dyveke Sanne et KORO, l’agence norvégienne supervisant les réalisations artistiques dans les espaces publics, ont travaillé ensemble pour couvrir le toit et l’entrée de la chambre forte d’acier très réfléchissant, de miroirs et de prismes. L’installation sert de phare et réfléchit la lumière polaire au cours des mois d’été alors qu’en hiver, un réseau de 200 câbles à fibre optique confère à l’œuvre une douce lumière vert turquoise et blanche

La Chambre forte semencière mondiale de Svalbard

(www.seedvault.no)

 La Chambre forte semencière mondiale de Svalbard est conçue pour stocker les duplicata provenant des collections de semences du monde entier. Si des semences devaient être perdues, par exemple à la suite de catastrophes naturelles, de guerres ou simplement d’un manque de ressources, la collection de semences pourrait être restaurée en utilisant celles de Svalbard. La chambre forte semencière est la propriété du gouvernement norvégien qui en a financé les travaux de construction chiffrés à hauteur d’environ 50 millions de NOK.

 

Le Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures (www.croptrust.org)

La mission du Fonds fiduciaire mondial pour la diversité des cultures est de garantir la conservation et la disponibilité de la diversité végétale pour la sécurité alimentaire mondiale. Même si la diversité des cultures vivrières est fondamentale pour combattre la faim et assurer le futur de l’agriculture, les financements sont peu fiables et la diversité des plantes cultivées est en train de disparaître. Le Fonds fiduciaire est l’organisation intergouvernementale qui travaille au niveau mondial à la résolution de ce problème.

 

  1. ACCORD PORTANT CRÉATION DU FONDS FIDUCIAIRE MONDIAL POUR LA DIVERSITÉ DES CULTURES

  2. ACTE CONSTITUTIF DU FONDS FIDUCIAIRE MONDIAL POUR LA DIVERSITÉ DES CULTURES

  3. Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture

  4. Accord entre le Fonds et la FAO

Archive

 

 

 

 

Vers l'adoption de règles relatives à la responsabilité et à la réparation dans le cadre de l’article 27 du Protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques

Michel Djimgou Djomeni

 

 

Le Protocole de Carthagène, unique Protocole à la Convention sur la diversité biologique, adopté le 29 janvier 2000 et entré en vigueur le 11 septembre 2003, a été conçu pour prévenir les risques biotechnologiques résultant de l’utilisation d’éléments biologiques. Ce texte contient un certain  nombre de dispositions dont l’application requiert l’adoption de mesures sur le plan normatif. C’est le cas de son article 27 relatif à la responsabilité et à la réparation. Cet article dispose que « la Conférence des Parties, siégeant en tant que Réunion des Parties au présent Protocole, engage, à sa première réunion, un processus visant à élaborer des règles et procédures internationales appropriées en matière de responsabilité et de réparation pour les dommages résultant de mouvements transfrontières d'organismes vivants modifiés, en analysant et en prenant dûment en compte les travaux en cours en droit international sur ces questions, et s'efforce d'achever ce processus dans les quatre ans. »

Pour les besoins de la mise en œuvre de l'Article 27, un Groupe de travail spécial à composition non limitée d’experts juridiques et techniques sur la responsabilité et la réparation dans le cadre du Protocole de Carthagène sur la prévention des risques biotechnologiques avait  été mis sur pied par décision I/8 adoptée lors de la première réunion de la Conférence des Parties siégeant en tant que Réunion des Parties au Protocole de Carthagène, tenue du 23 au 27 février 2004 à Kuala lumpur (Malaisie).

Suite à la Décision I/8 susmentionnée, le Groupe de travail a déjà tenu cinq réunions, la dernière ayant été celle de Carthagène (Colombie) du 12 au 19 mars 2008. Le gros de l’exercice auquel il s’est livré a consisté à concevoir des options devant servir à l’élaboration de règles relatives à la responsabilité et à l’indemnisation en cas de contamination biotechnologique ou de tout autre accident résultant de la manipulation d’organismes génétiquement modifiés. Lors de sa réunion de mars 2008, un document de travail consistant en des approches et options devant servir de base aux travaux de la Conférence des parties, prévue du 12 au 16 mai 2008 à Bonn (Allemagne) a été adopté. Les approches et options portaient sur les aspects du régime de responsabilité et d’indemnisation en cours d'élaboration, notamment le champ d’application des règles, le concept de dommage, le régime d’indemnisation, le règlement des demandes d’indemnisation et les mesures complémentaires de création des capacités.

Sur le champ d’application, les délégués on envisagé des variantes restreintes et étendues de ce champ, variantes qui modulent l’application des règles de procédure sur les plans fonctionnel, géographique et temporel.  S’agissant des dommages, les délégués, après avoir traité des questions de causalité, ont planché sur les définitions opérationnelles envisageables et l’évaluation des dommages. Sur la question de la causalité, il a été envisagé d’examiner des options mettant la charge de la preuve au plaignant, et des options faisant reposer, sur le défendeur, l’obligation d’administrer la preuve non seulement du dommage, mais aussi du lien de causalité entre celui-ci et la manipulation de (des) l'organisme(s) vivant(s) concerné(s).  Quant au régime d’indemnisation, celui-ci devrait, en tout état de cause, reposer sur un certain nombre de règles, notamment les règles d’imputation et de limitation de responsabilité, la couverture de la responsabilité et le règlement des demandes d’indemnisation.

On note également que le régime envisagé se donnera les moyens de régler les litiges qui pourraient naître de la survenance potentielle ou avérée de catastrophes biotechnologiques. A cet égard, il a été suggéré que tous les différends, à l’exception des différends à caractère interétatique, fassent l’objet d’un arbitrage international appliquant les règles conçues par l’Institut international pour l’unification du droit privé (UNIDROIT), régissant les contrats commerciaux internationaux, et dont les décisions auront force obligatoires.

La première réunion des parties s'étant tenue en février 2004, la réunion de Bonn apparaît, au regard des termes de l'article 27 susmentionné, comme celle de la date butoir de l'adoption des règles et procédures internationales prescrites par ce texte. C'est dire qu'au cours de cette  réunion, les représentants des États parties au Protocole auront à cœur de tenir les délais. Le travail est immense et si on ne peut parier sur un échec des parties à respecter la date butoir, on peut être certain que l'adoption des règles  envisagées ne sera pas une sinécure, tant les options et approches traduisent déjà l'opposition sempiternelle entre pays développés et pays en voie de développement ou encore entre États ayant la maîtrise du génie génétique et ceux accusant un retard dans ce domaine. En tout Etat de cause, on peut se risquer à prédire que le texte qui sera adopté en mai 2008 ou ultérieurement sera le fruit d’ardues négociations et se rapprochera, dans une certaine mesure, du régime de responsabilité et d'indemnisation prévu en matière de pollution par les hydrocarbures, plus précisément la Convention internationale de 1969 sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures et  la Convention internationale de 1971 portant création d'un Fonds international d'indemnisation pour des dommages dus à la pollution par les hydrocarbures

 

 

 

 

Venezuela

Nationalisation des industries de cimenterie

Guillaume ARÉOU

 
 

 

Lors d’un discours télévisé, le Président vénézuelien, Hugo Chávez, a annoncé sa volonté de nationaliser immédiatement les industries de cimenterie. Cette décision n’a pas surpris les spécialistes qui connaissaient les intentions du Président de poursuivre son programme de nationalisation. La date de l’annonce en a par contre étonné plus d’un. Il faut dire que l’entreprise étatique PDVSA sort à peine d’un litige face à la société américaine Exxon. Selon eux, l’annonce du Président vénézuelien serait quelque peu précipitée.

Ce nouveau programme de nationalisation, comparable à celui opéré l’année dernière dans le secteur pétrolier, concernerait principalement trois entreprises étrangères : les sociétés française (Lafarge), mexicaine (Cemex) et suisse (Holcim). La société mexicaine serait sans doute celle qui serait le plus durement touchée. Les autorités des gouvernements français et mexicain suivent donc attentivement le dossier.

Selon le ministre de l’Energie et du Pétrole, M. Rafael Ramirez, le Venezuela chercherait à conclure des joint-ventures avec les trois sociétés étrangères. Le gouvernement vénézuelien posséderait alors au moins 60% des parts de ses sociétés tandis que les propriétaires actuels garderaient des parts minoritaires : « Puede ser un esquema como el que aplicamos en la industria petrolera. Es decir, una participación accionaria minima de 60%, que nos permite tener un control efectivo de la empresa ». En fait, les dirigeants de ses sociétés, ainsi que des membres des pays concernés, vont sûrement entrer en négociation avec le gouvernement vénézuelien pour discuter de la renégociation de leurs contrats. Les autorités mexicaines se sont contentées pour l’instant d’affirmer que le Venezuela exercer un droit souverain mais qu’elles suivraient très étroitement l’évolution de ce dossier. Le Ministère français des Affaires Etrangères a tenu le même discours prudent.

Au plan interne, l’annonce faites par Hugo Chávez a déjà reçu le soutien du Président de la confédération des PME du Venezuela mais également de l’Assemblée nationale : « El Parlamento venezolano apoya al presidente Hugo Chávez en su misión de restituir la propiedad pública inviolable que el Estado debe ejercer sobre sus recursos naturales ». 

 

 

 

 

 

Arrêt de la Cour Suprême Chinoise relatif à l’accord ADPIC

Danilo COMBA

 

 

Dans une note sur Sentinelle M. Areou avait déjà souligné la mise en place par la Chine d’un plan d’action afin de mieux renforcer le respect et la protection de la propriété intellectuelle et de mieux se conformer aux règles de l’OMC (voir l’accord ADPIC). La contrefaçon et le piratage des produits provoquent de graves distorsions au sein du système du commerce international.

La présente affaire, qui concerne des produits chocolatiers, est « savoureuse » parce que la Cour Suprême chinoise y prolonge la politique engagée par le gouvernement chinois il y a deux ans.

Or, la question et la dimension de la contrefaçon sont loin d’être résolus, ni ne pourront être maitrisée grâce seulement aux actions judiciaires : 30% des produits européens seraient soumis à contrefaçon ; les Etats-Unis s’estiment eux-aussi gravement lésés. A cet égard le 10 avril 2007, ces derniers avaient demandé l'ouverture de consultations dans le cadre Omc au sujet de certaines mesures relatives à la protection et au respect des droits de propriété intellectuelle en Chine. Dans le même mois la Chine avait accepté les demandes de participation aux consultations déposées par le Canada, les Communautés européennes, le Japon et le Mexique.

Néanmoins l’affaire « Tresor Dore c. Ferrero Rocher » semble avoir une portée hautement symbolique. « Some of Liangfeng chocolates such as TRESORDORE & SUNFLOWER have been gifts for former President Jiang Zemin when visiting six European countries”. Comme il a été souligné par la ministre italienne au commerce international « L’esempio di contraffazione era evidente e direi quasi spudorato, per questo la sentenza di oggi è ancora più significativa, perché mi auguro possa servire come caso pilota agli altri contenziosi italiani che non sono solo dell’agroalimentare, ma anche nel campo della moda, dell’arredamento, della meccanica”.

Il y a trois ans la société Ferrero avait déposé une plainte ; après un premier arrêt favorable à la société de Shanghai, le juge de deuxième instance (Tianjin) avait condamné la société Montresor. En effet le « packaging » serait identique aux plus connus produits italiens.

La Cour suprême chinoise vient ainsi de confirmer le jugement d’appel, imposant l’interdiction de la vente jusqu’à que le « packaging » soit modifié et imposant une sanction à titre de réparation de 45000 €.