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Conseil de Sécurité / lutte contre la prolifération :
prorogation du mandat
du Comité 1540
Aude Vasseur
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Le 25 avril 2008, le Conseil de Sécurité a
adopté à l’unanimité
la
Résolution 1810 prorogeant pour une période de 3 ans le
mandat du
Comité créé par la
Résolution 1540 visant à empêcher l’acquisition d’armes de
destruction massive par des acteurs non étatiques (voir la
dépêche du 25 avril 2008). Cette résolution interdisait en
effet aux Etats d’apporter un appui, quelqu’en soit la forme, aux
acteurs non étatiques tentant de fabriquer, d’acquérir, de transporter
ou d’utiliser des armes nucléaires, chimiques ou biologiques ou leurs
vecteurs. Elle obligeait également les Etats à adopter des mesures
législatives et de contrôle internes afin de prévenir l’acquisition ou
l’utilisation d’armes de destruction massive par des acteurs non
étatiques. Le Conseil de Sécurité a donc créé un Comité chargé de
surveiller la mise en œuvre de cette résolution et de servir de forum
d’assistance et de coopération dans ce sens.
Ce Comité a axé ses efforts sur deux
domaines principaux. D’une part, il examine les rapports sur les
mesures adoptées par les Etats pour mettre en œuvre la Résolution
1540. Jusqu’ici 140 Etats ont rendu leur rapport et une cinquantaine
ne se sont pas acquittés de cette obligation imposée par la Résolution
1540 (voir
les rapports des Etats). Le Comité a donc pris plusieurs
initiatives afin d’encourager ces Etats à rendre leur rapport dans les
plus bref délais. D’une part, il a fourni à leurs autorités une base
de données législatives et un projet de matrice partiellement complété
par les experts pour servir de base à la rédaction de leur rapport.
D’autre part, le
Comité créé par la
Résolution 1267 concernant Al Quaida, les Taliban et les
personnes ou entités qui leur sont associées, le
Comité contre le terrorisme créé par la
Résolution 1373 et le Comité 1540 ont élaboré une stratégie
commune concernant les Etats qui ne rendent jamais de rapport ou qui
tardent à rendre afin de les encourager à le faire. Notons que, lors
des derniers exposés des 3 comités devant le Conseil de Sécurité,
certains Etats ont insisté sur la nécessité de tenir compte des
raisons réelles du retard de certains Etats pour rendre leur rapport.
En effet, ces retards sont souvent dus à un manque de ressources et à
une insuffisance des orientations techniques et législatives.
La deuxième priorité du Comité 1540 est la sensibilisation. Dans ce
cadre, ses membres ont participé à des séminaires organisés par le
Département des affaires de désarment des Nations Unies,
ainsi qu’à plusieurs autres activités ne portant pas exclusivement sur
la mise en œuvre de la Résolution 1540 organisées par des Etats ou
d’autres entités (voir l’annexe
à l’exposé du 22 mai 2007). Ces activités ont permis au Comité
d’accroître sa coopération avec les organisations internationales,
régionales ou sous-régionales, telles que l’Agence
internationale de l’énergie atomique, l’Organisation
pour l’interdiction des armes chimiques, la
Commission préparatoire de l’Organisation du Traité d’interdiction
complète des essais nucléaires, l’Organisation
mondiale des douanes, l’Union
européenne, l’Organisation
pour la sécurité et la coopération en Europe, l’Organisation
des États américains ou l’Association
des Nations de l’Asie du Sud-Est. Le Président du Comité
1540 a également souligné sa volonté d’intensifier la coopération avec
les organisations non gouvernementales (voir l’exposé
du 17 décembre 2007).
Lors des réunions d’information au Conseil de Sécurité, les Etats
membres ont rappelé l’importance du respect des droits et libertés
fondamentaux dans la lutte contre le terrorisme et ont appelé les 3
comités subsidiaires du Conseil de Sécurité à continuer de tenir
compte de ces préoccupations (voir la
réunion du 14 novembre 2007). En outre, l’Afrique du Sud a
souligné que le problème principal n’est pas la prolifération des
armes de destruction massive, mais leur existence. Elle s’est donc
demandée si le Comité devait continuer d’exercer ses fonctions en
ignorant la question du désarmement.
Enfin,
certains Etats ont souligné que les mesures d’assistance doivent avoir
lieu sur la base d’une véritable coopération et ne pas être ressenties
comme imposées. A cet égard, le Représentant de l’Indonésie a souligné
que l’adoption de la Résolution 1540 et la création du Comité avaient
été ressentis comme une action législative du Conseil de Sécurité
visant à imposer aux Etats la mise en œuvre en droit interne de
l’obligation de non prolifération en dehors des mécanismes
multilatéraux traditionnels. Il a donc appelé à la création négociée
d’un organe multilatéral pour pallier aux lacunes en matière de non
prolifération que la Résolution 1540 et le Comité visent à combler de
façon provisoire (voir la
réunion du 22 mai 2007).
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Obs.
La Résolution 1540 a pour objet principal
d'assurer l'incrimination effective et vérifiée des activités de
prolifération par tous les Etats. Le Comité des sanctions en
question remplit donc une fonction originale qui dévoile le rôle
"législatif" que s'est arrogé le Conseil de sécurité. (PW). |
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Assistance humanitaire : l’affaire de l’Arche de Zoé
PINCOVAI
Edith et PROVENCE Anne Laure
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L'Arche de Zoé
est une association française "loi 1901" qui déclare avoir pour
objectif l'aide aux enfants orphelins et l'aide humanitaire. Elle a
fait la une de l'actualité en octobre 2007 lorsque les forces de
police du Tchad arrêtent tous les participants d'une opération alors
qu'ils s'apprêtent à embarquer 103 enfants dans un avion affrété pour
les amener en Europe. La justice tchadienne condamne alors les
principaux membres aux travaux forcés pour « tentative d'enlèvement de
mineurs tendant à compromettre leur état civil, faux et usage de faux
en écriture publique et grivèlerie ». En effet, d'après une enquête
menée conjointement par l'Unicef,
le
Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et
le Comité international de la Croix-Rouge, 85 % des enfants que
transportait L'Arche de Zoé ne sont pas orphelins et les trois quarts
sont tchadiens.
Sujet d’actualité,
nombreuses sont les lectures qui expliquent les tenants et les
aboutissants « détaillés », les faits relatés dans cette note ne
présentent que les différentes procédures pénales affiliés à cette
affaire ainsi que certaines questions relatives à l’action des ONG.
Le 25 octobre 2007,
plusieurs bénévoles et responsables de l'association qui
accompagnaient un groupe de 103 enfants sur le point de quitter le
Tchad, sont arrêtés par les autorités du pays, de même que les membres
d'équipage de l'avion affrété à cet effet auprès d'une société
espagnole. Ils sont soupçonnés par les autorités locales de se livrer
à un enlèvement d'enfants. L'association évoque quant à elle une
opération destinée à « évacuer vers l'Europe des enfants orphelins du
Darfour », victimes de la guerre civile qui sévit dans cette région.
Vendredi 26 octobre
2007, la justice française effectue une perquisition au siège de
l'association qui est également la résidence parisienne du président
de l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement
supérieur, ainsi qu'au domicile d'Eric Breteau, Président de
l’association dans le cadre d'une information judiciaire « pour
exercice illicite de l'activité d'intermédiaire en adoption de mineurs
ou de placement en vue d'une adoption ».
Le procès a débuté
le 21 décembre 2007 devant la Cour criminelle de N'Djamena (voir
l’ordonnance de renvoi). Les six ressortissants français sont
accusés de « tentative d'enlèvement » sur 103 enfants prétendus
orphelins. D'après le code pénal tchadien les membres de l’association
risquent de 5 à 20 ans de prison accompagnés de travaux forcés. Le
réquisitoire du procureur général a plaidé pour une peine de 7 à 11
ans de travaux forcés tandis que les avocats des accusés ont plaidé
l'acquittement. Le verdict rendu par la cour de justice le 26 décembre
2007 condamne les six membres de l'association à huit ans de prison
assortis de travaux forcés et à une condamnation pécuniaire de 4,12
milliards de francs CFA soit environ 6,3 millions d'euros (40 millions
de francs CFA par enfant), à payer aux familles solidairement avec
deux autres condamnés dans cette affaire. Le 27 décembre, la mise en
œuvre de la
convention judiciaire franco-tchadienne de 1976 a été demandée par
la France, ainsi le 28 décembre 2007, ils sont rapatriés en France, à
l'aéroport du Bourget, afin qu'ils puissent purger leur peine
conformément aux conventions existantes entre le Tchad et la France
pour l'extradition des ressortissants condamnés de ces deux pays.
Un mois plus tard
le 28 janvier 2008, le tribunal correctionnel de Créteil a déterminé 8
années de prison ferme comme peine équivalente aux huit ans de travaux
forcés auxquels ils ont été condamnés au Tchad. Suite à cette
transposition de la peine en droit français, une demande de grâce a
été déposée par les avocats auprès des autorités tchadiennes.
Le 31 mars 2008, le
président du Tchad Idriss Déby Itno signe un
décret leur accordant la grâce présidentielle. Dans la soirée, les
six membres de l'Arche de Zoé sont tous libérés.
Toutefois, quatre
d'entre eux restent visés par une instruction menée par le parquet de
Paris pour "exercice illégal de l'activité d'intermédiaire en vue
d'adoption", "aide au séjour irrégulier de mineurs étrangers en
France" et "escroquerie". Ils ont été mis en examen le 13 février pour
ces deux derniers motifs.
La question des 6,3
millions d'euros que les condamnés doivent toujours verser
"solidairement" aux familles des 103 enfants reste également posée.
Cette question "n'est pas concernée par la grâce", a insisté le
gouvernement tchadien.
Les différentes
procédures pénales relatées ici mettent en avant la question sensible
de l’adoption internationale. Conformément aux principes de la
convention des Nations Unies du 20 novembre 1989 sur les droits de
l’enfant et la
convention de la Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants
et la coopération en matière d’adoption internationale, une adoption
ne peut être envisagée que si l’enfant a été reconnu adoptable par les
autorités compétentes conformément à la loi et aux procédures
applicables. Au demeurant, si le Soudan est partie à la convention sur
les droits de l’enfant, le droit de ce pays ne reconnaît pas
l’adoption, à l’instar de nombreux pays de droit musulman. Dans ce
contexte, il est clair que l’assistance, qui pouvait être apportée aux
enfants soudanais victimes des troubles au Darfour ne devait être
envisagée uniquement que dans le cadre de l’action humanitaire. De
plus, en France, l’adoption d’un mineur étranger ne peut être
prononcée si sa loi personnelle l’interdit.
L’affaire de l’Arche de Zoé
pose également la question de l’action humanitaire, et met en lumière
le vaste débat relatif à l’action des ONG et à leur contrôle. Les
dérives de l’Arche de Zoé, “très dommageables en terme de crédibilité
pour toutes les organisations humanitaires », selon les termes de
Daniel Duvillard chef des opérations du CICR pour la corne de
l’Afrique, restent toutefois très marginales dans le monde de l’aide
humanitaire, cependant cette affaire est l’occasion de se pencher sur
le statut des ONG, ainsi que sur les actions et le rôle de la France
dans cette affaire.
Bien que les ONG ne disposent
pas de statut international, on s’accorde traditionnellement sur trois
critères pour retenir la qualification d’ONG: l'absence de buts
lucratifs, l'appartenance au droit privé et à la sphère privée, et le
caractère international des objectifs.
Malgré la diversité des
approches relatives à la définition de l’ONG, la caractéristique
principale, la clef de voûte, demeure l’indépendance dans ses
relations avec les États. Ainsi dans le cadre de l’Arche de Zoé, la
France vis-à-vis des membres condamnés, ne pouvait intervenir que dans
le cadre classique de la protection consulaire de ses ressortissants.
Et en amont, c’est à dire avant l’arrestation des membres de
l’association, le ministère des affaires étrangères n’a pu mener, face
au projet de l’Arche de Zoé, qu’une
action de prévention limitée. Ainsi, 6 mois avant l’opération « children
rescue » du 25 octobre, le MAE a alerté les familles à trois reprises
par voie de
communiqué de l’illégalité du projet de l’association. De plus,
deux procédures exceptionnelles ont été engagées contre l’association
(signalement au Parquet de Paris et convocation de M. Breteau). Face
au risque de voire le projet se dérouler au Soudan, l’ambassade de
Khartoum a été prévenue. Par la suite six ministères susceptibles
d’être impliqués dans l’accueil par des familles ou l’arrivée en
France d’enfants orphelins ont été alertés. Après de nouvelles
informations relatives au lieu de l’opération, qui semblait être le
Tchad et non plus le Soudan, le ministère a également informé
l’ambassade. Une fois s’être informé auprès de la communauté
humanitaire, il apparaissait que l’Arche de zoé n’apparaissait pas sur
place. De fait, ce n’était pas "l’Arche de Zoé" qui était au Tchad
mais l’association "Children Rescue", nom sous lequel elle agissait au
Tchad. Cette association justifiait sa présence au Tchad par un projet
de traitement sanitaire et d’instruction des enfants, et disposait sur
place de toutes les autorisations nécessaires délivrées par les
autorités Tchadiennes. L’arrestation des membres de « Children rescue »
a nécessité la mise en place d’une cellule de crise de suivi et
d’information, par ailleurs sur demande du premier ministre une
mission commune d’inspection doit déterminer dans quelles conditions
l’Arche de Zoé a continué la préparation de son opération malgré les
nombreuses mises en garde dont elle a fait l’objet.
L’affaire de l’Arche de Zoé
pose au cœur du débat la question du contrôle et de la
responsabilisation des ONG, comme le souligne Rama Yade. En
France, la plupart des ONG subissent de multiples contrôles
obligatoires ou volontaires comme le rappel
B. Kouchner en novembre 2007. En effet, l’État dispose de nombreux
outils qui sont autant d’indices permettant de se forger une opinion
sur une ONG, cependant il faut bien avoir conscience qu’aucun ne
constitue une référence absolue (Contrôles liés au statut «
association loi 1901», contrôles liés au statut d’association reconnue
d’utilité publique, normes comptables et certifications des
comptables, contrôles du fait que l’ONG est agréée pour l’envoi de
volontaires de solidarité internationale, contrôles et évaluations
liés au fait que l’ONG est financée par les pouvoirs publics, outils
de contrôle ou évaluation de l’Union européenne ,outils de contrôle ou
évaluation des autres bailleurs de fonds internationaux ). De plus, il
existe des instruments volontaires, propres au milieu associatif
français comme la
charte de coordination Sud « une éthique partagée », ainsi que des
outils non exclusifs aux ONG comme le
« Comité de la charte ».
Ces différents outils
permettent de se faire une opinion sur l’action de certaines ONG,
cependant ils ne peuvent concerner toutes les ONG, l’exemple de
l’Arche de Zoé en est la preuve. Se pose alors la question d’un
renforcement du contrôle de ces ONG ? A cette idée s’oppose bien
souvent la nécessité pour ces organisations d’être indépendantes
vis-à-vis de leur État. Selon Rama Yade, cette indépendance est
d’ailleurs particulièrement souhaitable pour les ONG agissant en
Afrique, en effet un contrôle étatique pourrait donner le sentiment
d’une trop grande proximité avec leur État d’origine, ce qui pourrait
leur interdire l’accès aux zones de crise dans lesquelles elles
interviennent.
Alors qu’un renforcement du
contrôle des ONG apparaît contre-productif, la responsabilisation des
ONG et les démarches collectives apparaissent les plus appropriées.
Rappelons à ce titre, qu’il existe une série de
principes directeurs relatifs à l’action en faveur des enfants non
accompagnée ou séparés de leurs familles.
Il faut certainement retenir
de cette affaire qu’il ne s’agit que d’une dérive isolée de la
pratique générale de l’action humanitaire, et qu’elle est l’occasion
comme le propose la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme d’ouvrir
une réflexion sur « la responsabilisation des ONG qui est la
contrepartie de leur liberté d’action ». D’ailleurs le président de la
commission des affaires étrangères Axel Poniatowski a rappelé que la
commission avait adopté le
rapport de la mission d’information sur les ONG, qui formulait une
série de préconisations « dont il pourrait être utile de s’inspirer. »
Bien que les ressortissants
français ai été graciés, l’affaire n’en n’est pas pour autant
terminée. Reste la question des indemnités à régler. Bien que du côté
des autorités françaises la position semble claire, pour François
Fillon « Il est hors de question que les contribuables français paient
6 millions d’euros pour des erreurs que la France n’a pas commises »,
en effet, seuls les membres de l’Arche de Zoé sont responsables devant
la justice Tchadienne. Du côté des autorités Tchadiennes il semble
qu’au contraire, le ministre de la justice que « la compétence
d’exécution de la décision de la justice tchadienne a été transférée à
la France, qui seule garantit l’effectivité du paiement des intérêts
civils » a estimé le ministre de la justice Tchadien, ce qui bien
évidement semble impossible au vue de l’indépendance entre l’ONG et
l’Etat, cependant une solution devra être trouvée.
Arche de Zoé (3 août 2007)
Le ministère des Affaires
étrangères et européennes appelle à la plus grande vigilance
les familles engagées dans le projet d’accueil ou d’adoption
en France d’enfants provenant de la zone du Darfour .
L’opération annoncée par
l’association « l’Arche de Zoé » ne bénéficie du soutien
d’aucune des organisations humanitaires intervenant sur le
terrain depuis plus de 4 ans. En l’état des informations
transmises par les organisateurs, rien ne permet de garantir
que les enfants soient réellement orphelins et sans secours.
La perspective pour les
familles de pouvoir adopter les enfants au terme d’une
procédure d’asile ou de naturalisation est particulièrement
préoccupante. Le placement et l’adoption d’enfants orphelins
en France sont réglementés dans l’intérêt même des enfants
et des familles. Envisager de se soustraire à ces règles
revient à exposer l’enfant comme la famille à une situation
lourdement traumatisante.
Enfin, il convient de
rappeler que l’adoption n’est pas reconnue au Soudan et,
qu’en France, l’adoption d’un mineur étranger ne peut être
prononcée si sa loi personnelle l’interdit.
Au lendemain de
l’adoption par l’ONU de la résolution autorisant l’envoi
d’une opération ONU-Union africaine dans la province
soudanaise du Darfour, qui prévoit explicitement en son
paragraphe 17 la protection des enfants, la France est plus
que jamais mobilisée sur le sujet particulier de la
protection des enfants du Darfour au Soudan et dans les pays
limitrophes.
Elle apporte tout son
soutien aux organisations humanitaires engagées dans cette
action qui ont besoin de toutes les manifestations concrètes
de solidarité possibles. Les familles souhaitant manifester
leur solidarité avec ces enfants sont invitées à s’informer
très précisément de la situation auprès de ces organisations
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Dossier du MAE
Situation de l’association
"L’Arche de Zoé" et des 103 enfants accompagnés par 9
ressortissants français (31 mars 2008) |
Point de presse du 29 avril 2008
5 - ARCHE DE ZOE
(M. Eric Breteau de l'Arche de Zoé vient de publier un livre
qui était attendu depuis quelques semaines. Il y met en
cause le ministère des Affaires étrangères et européennes
ainsi que l'Elysée. Le ministre - lorsque nous lui avions
posé la question il y a une quinzaine de jour - avait dit
que le Quai d'Orsay se réservait le droit de porter plainte
et poursuivre en justice M. Breteau après examen de son
livre.
J'aimerais
savoir où vous en êtes de votre analyse de cette publication
?)
Je n'ai pas lu le livre de M. Breteau. Ce que je voudrais
rappeler ici - et vous le savez très bien parce que vous
nous avez beaucoup entendu nous exprimer à ce sujet et que,
comme vous venez de le rappeler, le ministre l'a fait il y a
encore quelques jours - c'est ce que nous avons toujours dit
du projet de M. Breteau tel qu'il avait été présenté au nom
de l'Arche de Zoé.
Nous avons tenté à plusieurs reprises de dissuader les
membres de l'Arche de Zoé de mettre à exécution ce projet.
Quelques rappels, quelques dates : M. Breteau avait été reçu
le 4 juillet à ce ministère où il avait reçu les réactions
de forte réserve que je viens de rappeler. Cinq jours après,
le 9 juillet, nous avons saisi la justice pour fait
d'exercice illicite de l'activité d'intermédiaire pour
l'adoption. Puis, l'association persistant toujours dans ses
intentions, M. Breteau avait été convoqué le 31 juillet par
le directeur de cabinet de Mme Rama Yade. Chaque fois nous
avons marqué nos plus extrêmes réserves.
J'ajoute que l'une des raisons des difficultés que nous
avons rencontrées, c'est que l'opération menée au Tchad
l'avait été sous un autre nom, Children Rescue, dont
personne ne savait que c'était en réalité la même chose que
le projet de l'association l'Arche de Zoé.
Voilà où nous en sommes. Vous savez aussi que M. Breteau a
été mis en examen, et pour cet aspect je vous renvoie sur le
ministère de la Justice.
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CPI/RDC: levée
des scellés sur le mandat d'arrêt
à l'encontre de
Bosco NTAGANDA
Valérie GABARD
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En charge de la
situation en République Démocratique du Congo, la Chambre préliminaire
a décidé le 28 avril 2008 de lever les scellés du mandat d'arrêt
délivré le 22 août 2006 à l'encontre de
Bosco NTAGANDA (voir le
Communiqué de Presse de la Cour et celui du
Procureur).
Tout comme le
premier accusé de la Cour pénale internationale,
Thomas Lubanga Dyilo (ICC-01/04-01/06)
dont il était le subordonné, la chambre préliminaire
lors de l'émission du mandat d'arrêt, a estimé qu’il existait des
motifs raisonnables de croire à la commission de crimes de guerre par
l'intéressé. Bosco Ntaganda est l'ancien chef adjoint de l’état-major
général des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC) et
actuellement chef d’état-major présumé du Congrès national pour la
défense du peuple (CNDP), un groupe armé en activité au Nord Kivu en
RDC. Les crimes qui lui sont repprochés auraient été commis entre
juillet 2002 et décembre 2003 dans la région de l'Ituri. Les charges
retiennent a son encontre et sur la base l'article 8 (2), le crime
d'enrôlement et la conscription d'enfants de moins de 15 ans et le
fait de les faire particper aux hostilités.
Cette levée des
scellés intervient alors que l’intéressé est toujours en liberté. La
Chambre préliminaire a néanmoins estimé que les circonstances qui
avaient justifié cette décision initiale avaient changé et elle fait
droit à la demande du Procureur. Initialement placé sous scellés pour
éviter que l’accusé ne se cache, fuit ou fasse obstacle aux enquêtes,
la mesure devient inutile dés lors qu’il semble que Bosco NTAGANDA ait
été informé de l'existence d'un mandat d'arrêt international. Il
convient au contraire d’en assurer une publicité large pour faire
obstacle à toute tentative de fuite vers un pays non informé.
Le Procureur a
indiqué qu’il « appartient aux autorités compétentes en RDC, et dans
les autres pays concernés, de l’arrêter et de faciliter sa remise à la
CPI avec le soutien de la communauté internationale. » Selon le Bureau
du Procureur Bosco NTAGANDA continuerait à être impliqué dans la
commission de crimes en République démocratique du Congo. Il aurait
quitté le district de l’Ituri pour aller dans la province du Nord
Kivu, dans la région de Masisi. où il aurait pris le poste de chef
d’état-major au sein du groupe politico-militaire CNDP groupe contre
lequel il existe des informations crédibles concernant des crimes
graves commis dans les deux provinces du Kivu. Le Procureur dévoilant
petit à petit sa stratégie dans le cadre de cette situation a
également indiqué que d’autres mandats d'arrêt devraient suivre.
Il s'agit du
quatrième mandat d'arrêt émis dans le cadre de la situation en
République démocratique du Congo. Le premier procès de la Cour à
l'encontre de Thomas Lubanga Dyilo doit débuter en juin et l'audience
de confirmation des charges dans l’affaire Le Procureur c. Germain
Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui est prévue pour le 27 juin 2008.
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Du droit et des accommodements avec le
droit : la France et les droits de l'homme en Tunisie
Prof. Philippe WECKEL
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LE COMITÉ DES DROITS DE L’HOMME OUVRE LES
TRAVAUX DE SA QUATRE-VINGT-DOUZIÈME SESSION
Le Ministre tunisien de la justice exprime la détermination de son
pays à donner un nouvel élan à la dynamique de protection et de
promotion des droits de l’homme
COMITÉ DES DROITS DE L’HOMME: LA TUNISIE PRÉCISE
LES CONDITIONS D’EXERCICE DES DIFFÉRENTES LIBERTÉS :
Plusieurs experts expriment leurs inquiétudes au sujet de cas de
tortures ou de mauvais traitements
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Personne ne conteste l'importance essentielle du droit dans le
fonctionnement de la société internationale. Il faut bien reconnaître
cependant qu'il a les défauts de ses qualités. Cette incidence
négative dans les rapports entre les Etats devient manifeste lorsque le
droit alimente une "diplomatie de la stigmatisation", c'est-à-dire
finalement l'antithèse de la diplomatie. Ce phénomène est bien connu
dans le traitement international d'Israël qui fait trop souvent
l'objet d'une mise en cause systématique et partiale nourrie par une
argumentation d'ordre juridique. Néanmoins, deux plus deux font toujours
quatre, même en shekels, et le souci de contrer cette démarche
politique ne saurait occulter la réalité juridique, celle des
obligations internationales et de leur respect, y compris s'agissant
de l'Etat juif. Ainsi les
Etats-Unis tiennent un discours plutôt critique dans leurs relations
bilatérales avec Israël, mais privilégient la protection de cet Etat
dans les rapports multilatéraux. Dans l'activité quotidienne des Etats
il n'est donc pas toujours aisé d'assurer la cohérence entre les
besoins légitimes de la diplomatie et les exigences "carrées" de la
légalité internationale. De la compréhension à la complaisance le pas
est aisément franchi.
Deux faits de cette semaine illustrent cette
difficulté. D'une part, la signature de l'accord de partenariat entre
l'union européenne et la Serbie alors que Mladic et Karadzic sont
toujours en fuite soulève le problème de l'équilibre entre les besoins
de l'intégration européenne et les exigences du droit confortées
d'ailleurs par un arrêt de la Cour internationale de Justice.
L'affaire sera examinée dans un prochain numéro de Sentinelle. D'autre
part, la question de l'attitude qu'il convient d'adopter à l'égard de
la Tunisie dans le domaine des droits de l'homme a resurgi de manière
prévisible à l'occasion du déplacement du Chef de l'Etat français à
Tunis. En voici les éléments documentaires :
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ALLOCUTION
DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
M. NICOLAS SARKOZY,
LORS DU DINER D'ETAT OFFERT
PAR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE TUNISIENNE,
M. ZINE EL ABIDINE BEN ALI
(Tunis, 28 avril 2008)
Signataire des grandes conventions des Nations unies, votre pays
s'est engagé dans la promotion des droits universels et des
libertés fondamentales, en respectant - et Monsieur le Président
de la République, j'y suis très sensible, parce que c'est une
question qui m'a toujours passionné - un moratoire strict sur la
peine capitale à laquelle naturellement j'ai toujours été opposé
à titre personnel.
Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse. Ce sont des
signaux encourageants, que je veux saluer, et qui font écho à ce
que disait déjà feu le Président Bourguiba lorsqu'il confiait :
"Je suis réaliste. Etre réaliste, c'est préférer une réforme
modeste, qui en permet une autre, à un miracle impossible". Je
sais d'où vous venez Monsieur le Président de la République,
d'où vient la Tunisie et la Tunisie peut se comparer sans rougir
à tant d'autres pays.
Ces signaux, ces réformes s'inscrivent sur un chemin, étroit et
difficile, mais essentiel, celui de la liberté et du respect des
individus sans lesquels un pays n'est pas un grand pays. Ce
chemin, aucun pays ne peut prétendre l'avoir entièrement
parcouru et personne ne peut se poser en censeur. Je viens d'un
continent dont l'histoire, y compris l'histoire récente, recèle
des tragédies abominables et je ne vois pas au nom de quoi je me
permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me
reçoit en ami, de m'ériger en donneur de leçons. J'ai pleinement
confiance dans votre volonté de voir continuer à élargir
l'espace des libertés en Tunisie. Nous en avons parlé vous et
moi.
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Le second discours gouvernemental s'inscrit dans un contexte plus
polémique et soulève, par voie de conséquence, un problème de
cohérence avec l'analyse juridique de la situation :
Assemblée nationale : questions d'actualité
(30/04/2008)
Droits de l'homme en Tunisie
M. le président. La parole est à M. Pierre Moscovici,
pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.
M. Pierre Moscovici. Le Président de la République, en
visite officielle en Tunisie, a déclaré lors d'un dîner offert
par le Président Ben Ali : « Aujourd'hui, l'espace des
libertés progresse en Tunisie ».
Monsieur le Premier ministre, la Tunisie est un pays ami. Son
bilan économique est l'un des plus brillants parmi les pays du
Maghreb : sa classe moyenne se développe, la lutte contre la
grande pauvreté est efficace, le statut de la femme y est en
progrès, son taux de croissance est solide. Ces aspects sont
incontestablement positifs.
Mais comment peut-on affirmer décemment que l’espace des
libertés progresse en Tunisie alors que, depuis vingt ans, le
régime est régulièrement épinglé par les ONG pour ses
violations des droits de l’homme, alors que des actes de
torture ont été récemment dénoncés par les Nations unies,
alors que les militants des droits de l’homme sont traqués,
alors que la censure est partout, alors qu’une mission de la
Fédération internationale des droits de l’homme a été
interdite d’entrée dans le pays pas plus tard que la semaine
dernière (Protestations sur les bancs du groupe de l’Union
pour un mouvement populaire), alors que les opposants
politiques sont bâillonnés pendant que l’on installe un
président à vie qui, à chaque mandat, obtient des scores
hallucinants ? (Applaudissements sur les bancs du groupe
socialiste, radical, citoyen et divers gauche et sur quelques
bancs du groupe de la Gauche démocrate et républicaine.)
C’est une contre-vérité absolue que de prétendre cela !
Pourquoi Nicolas Sarkozy en a-t-il rajouté, trahissant ainsi
les démocrates tunisiens ? (Protestations sur les bancs du
groupe de l’Union pour un mouvement populaire.) Je
m’étonne de votre surprise. En tout cas, nous ne la partageons
pas.
M. Christian Vanneste. La Tunisie est un ami de la
France !
M. Pierre Moscovici. Après la visite consternante du
colonel Kadhafi reçu en grande pompe à Paris, après les
félicitations adressées à Vladimir Poutine à la suite
d’élections législatives qui n’ont été ni justes ni libres,
après les très molles protestations contre les violations des
droits de l’homme en Chine ou la répression au Tibet, on ne
peut plus parler de tâtonnements ou d’erreurs de début de
mandat. C’est une démarche volontaire, délibérée,
consentie d’ignorer superbement la question des droits de
l’homme dans nos relations avec les pays étrangers.
M. Christian Vanneste. Et Cuba ? Vous en parlez, de
Cuba ?
M. Pierre Moscovici. Le Président de la République
avait critiqué la Realpolitik. Il avait promis une politique
des droits de l’homme. Il avait même osé dire : « il n’y a pas
de politique étrangère sans morale ». Nous sommes aujourd’hui
très loin de ces promesses ! (Applaudissements sur les
bancs du groupe socialiste, radical, citoyen et divers
gauche.)
Monsieur le Premier ministre, ma question est simple :
croyez-vous vraiment que l’espace des libertés progresse en
Tunisie ? N’est-il pas de votre devoir de dire la vérité, de
dénoncer, contrairement à la complaisance du Président de la
République, les violations quotidiennes des droits de l’homme
en Tunisie et dans le monde ? C’est ainsi, et seulement ainsi,
que la France serait elle-même et qu’elle serait à nouveau
écoutée ! (Vifs applaudissements sur les bancs du groupe
socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)
M. Lucien Degauchy. De quoi je me mêle ?
M. le président. La parole est à M. Jean-Pierre Jouyet,
secrétaire d’État chargé des affaires européennes.
M. Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’État chargé des
affaires européennes. Monsieur Moscovici, ne comptez pas
sur moi pour polémiquer sur un sujet aussi important à mes
yeux. Je vous répondrai sur trois points.
Tout d’abord, la Tunisie n’est pas la Corée du Nord. (Vifs
applaudissements sur les bancs du groupe de l’Union pour un
mouvement populaire.) Faire une telle comparaison, c’est
caricaturer la situation d’un pays ami de la France où des
responsables politiques de tous bords se rendent ou se sont
rendus régulièrement.
Ensuite, nous n’avons jamais caché que la France souhaitait
qu’une évolution politique accompagne désormais les succès du
développement économique et social, les progrès sur le statut
de la femme ou la tolérance religieuse. Cette ouverture, c’est
aux Tunisiens eux-mêmes d’en fixer le rythme, le contenu, les
modalités, mais elle est aujourd’hui indispensable et
possible.
M. Julien Dray. C’est la dictature !
M. le secrétaire d’État chargé des affaires européennes.
En disant cela, je ne fais que reprendre mot pour mot ce que
disait Hubert Védrine, alors ministre des affaires étrangères,
devant cette assemblée, et M. Moscovici s’en souvient
parfaitement ! Qu’il y ait des insuffisances et des progrès à
faire, personne ne le conteste, mais ce n’est pas en les
stigmatisant, en s’érigeant en donneur de leçons que l’on fait
avancer les choses ! (Vifs applaudissements sur les bancs
du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et du groupe
Nouveau Centre. – Protestations sur les bancs du groupe
socialiste, radical, citoyen et divers gauche.)
M. Jérôme Lambert. C’est sûr qu’avec Sarkozy on n’a
plus de leçons à donner !
M. Julien Dray. Quelle tristesse !
M. le secrétaire d’État chargé des affaires européennes.
Le Président de la République a parlé de la nécessité
d’élargir les libertés et la question des droits de l’homme a
été abordée durant cette visite par Rama Yade notamment.
Enfin, et c’est le plus important, c’est par le renforcement
des liens avec l’Union européenne et les exigences en matière
de droits de l’homme que ce dialogue impose, c’est par la
construction d’une Union pour la Méditerranée que nous ferons
progresser l’État de droit. Telle est l’ambition de tous les
démocrates, la vôtre comme la nôtre ! (Applaudissements sur
les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire et
du groupe Nouveau Centre. – Vives protestations sur les bancs
du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche et du
groupe de la Gauche démocrate et républicaine.)
M. Bernard Roman. Vous devriez avoir honte !
M. Christian Paul. Trahison !
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La différence entre la
Corée-du-Nord et la Tunisie, sur le plan juridique, réside d'abord,
c'est-à-dire avant toute autre considération, dans la nature des
obligations internationales consenties par l'Etat. En effet, la
Tunisie s'est, contrairement à la Corée-du-Nord, engagée de manière
précise et inconditionnelle en ratifiant le Pacte des droits civils et
politiques. Elle n'y a pas été contrainte et son geste volontaire
l'honore tout parti | | |