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Sommaire

N°153

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 

 

 

 
 
 

 

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Kosovo : redéfinition du mandat des « présences internationales » suite à l’entrée en vigueur de la Constitution

Aude Vasseur

 

 

 

 

 

Les évolutions de la situation sur le terrain, intervenues suite à la déclaration d’indépendance du Kosovo, ont conduit le Secrétaire général à présenter un plan de reconfiguration de la MINUK (voir la dépêche du 12 juin 2008). L’entrée en vigueur de la Constitution kosovare le 15 juin 2008 (voir la déclaration du 12 juin 2008) a en effet eu pour conséquence de retirer de facto à la MINUK ses pouvoirs en tant qu’administration intérimaire, puisque les autorités kosovares exercent désormais seules la responsabilité de l’administration du territoire (voir la déclaration du Ministre des Affaires étrangères britannique). La reconfiguration de la MINUK est également due à la création de la Mission « état de droit » au Kosovo (EULEX-Kosovo) par l’Union européenne. En outre, l’annonce par l’Union européenne du retrait de sa participation au pilier IV de la MINUK concernant la reconstruction économique et la décision des autorités kosovares de prendre en charge les responsabilités dans ce domaine, font que la MINUK n’a plus l’autorité et la capacité nécessaires pour remplir ses fonctions dans ce domaine.

Ces évolutions sur le terrain obligent donc le Secrétaire général à opérer une reconfiguration de la MINUK et conduisent à une redéfinition des compétences des trois opérations internationales désormais présentes au Kosovo. En vertu de l’action commune 2008/124/PESC, EULEX-Kosovo a une mission d’encadrement et de conseil auprès des autorités locales compétentes dans les  domaines liés au secteur de l’état de droit. Elle peut donc assumer des compétences exécutives dans les domaines de la police, de la justice, des services pénitentiaires et des douanes. Elle peut également, en consultation avec la MINUK, modifier ou annuler les décisions opérationnelles des autorités locales dans le domaine du maintien et de la promotion de l’état de droit, de l’ordre et de la sécurité publics. D’une part, ce mandat entraîne une diminution du rôle de la MINUK qui se limitera désormais à exercer une surveillance sur les activités d’EULEX-Kosovo par le biais de rapports présentés au Conseil de Sécurité. Elle devra également faciliter les arrangements concernant la participation du Kosovo à des accords internationaux, faciliter le dialogue entre Pristina et Belgrade concernant des questions pratiques et exercer ses fonctions de dialogue pour l’application des dispositions proposées par le Secrétaire général aux autorités kosovares et serbes concernant la police, les tribunaux, les douanes, les transports et les infrastructures, la frontière et le patrimoine culturel serbe (voir le rapport du Secrétaire général). D’autre part, la prise en charge de fonctions dans le domaine de la police et des douanes par EULEX-Kosovo a entraîné une redéfinition des compétences de la KFOR, qui continuera néanmoins d’assurer un environnement sûr au Kosovo en application de la résolution 1244 (1999) du Conseil de Sécurité. Le Conseil de l’Atlantique Nord lui a confié deux nouvelles missions. Elle s’occupera désormais de superviser le démantèlement du Kosovo Protection Corps et supervisera et supportera la mise en place et l’entraînement de la Force de Sécurité Kosovare responsable dans un premier temps de la gestion des situations de crises, des activités de déminage et de la protection civile (voir la conférence de presse du Secrétaire général de l’OTAN).          

Le fondement juridique de la KFOR demeure la résolution 1244, par contre la redéfinition des compétences de la MINUK et la mise en place de EULEX-Kosovo amènent à s’interroger sur leur fondement juridique. En effet, la Russie est hostile à la modification de la résolution 1244 et a indiqué que la mise en place de EULEX-Kosovo et la reconfiguration de la MINUK devaient avoir lieu avec le consentement des parties et l’approbation du Conseil de Sécurité (voir la déclaration du Ministre des Affaires étrangères russe). Cependant, EULEX-Kosovo est fondée sur l’accord des autorités kosovares et de la MINUK (voir Sentinelle n° 141). En outre, selon le Secrétaire général, la Serbie a consenti à sa présence, à condition qu’elle exerce ses fonctions sous contrôle de l’ONU. Concernant la MINUK, le Secrétaire général a indiqué que son fondement demeure la résolution 1244 jusqu’à ce que le Conseil de Sécurité en décide autrement. Les autorités kosovares ont également donné leur consentement au maintien de la MINUK à condition que ses missions soient limitées. Ces éléments montrent bien que face à l’impossibilité d’agir du Conseil de Sécurité, une solution pragmatique a été adoptée. Cette solution vise à faire évoluer les opérations sur place, non sur la base du Chapitre VII, mais en modifiant leur mandat sur une base consensuelle. Afin de contourner le refus de la Russie d’adapter la résolution 1244 à la situation sur le terrain, le Secrétaire général et l’Union européenne basent donc leur action sur le consentement des autorités locales à la présence et au mandat de la MINUK et de EULEX-Kosovo.

La présence de trois missions sur le territoire et l’absence de résolution du Conseil de Sécurité définissant clairement leur mandat respectif posent cependant des problèmes concernant leurs relations. D’une part, les rapports entre la MINUK et EULEX-Kosovo sont assez mal définis. L’action commune 2008/124/PESC prévoit une consultation de la MINUK par EULEX pour certaines tâches. Cependant, le Secrétaire général a indiqué que EULEX aurait un rôle opérationnel renforcé sous les auspices des Nations Unies et sous la direction de son Représentant spécial. Mais, selon le mandat défini dans son rapport, la MINUK aura simplement un rôle de surveillance sur EULEX. En pratique, il semble donc que EULEX exercera ses activités opérationnelles en coordination avec les autorités locales et que la MINUK sera chargée de rendre compte de ces activités au Conseil de Sécurité. D’autre part, les relations entre la MINUK et KFOR continueront d’être réglementées par le Memorandum d’accord entre les deux opérations. Ainsi, la KFOR n’aura pas de relation directe avec EULEX tant que la MINUK sera présente. Le Secrétaire général de l’OTAN a cependant indiqué que quand la MINUK se retirerait, il serait nécessaire de négocier un accord avec EULEX.

Ces éléments illustrent la volonté des intervenants de laisser au Conseil de Sécurité la direction politique concernant la situation au Kosovo, tout en prenant les décisions opérationnelles nécessaires pour éviter une dégradation de la situation sur le terrain et garantir la stabilité au Kosovo. Le rôle politique du Conseil de Sécurité comprend bien entendu la question du statut du Kosovo. En effet, Ban Ki-Moon a réaffirmé la neutralité de l’ONU et de la MINUK concernant le statut du Kosovo. De même, le Secrétaire général de l’OTAN a confirmé que l’OTAN n’est pas compétente pour reconnaître l’indépendance du Kosovo et que cette décision revient aux Etats membres qui l’exercent individuellement.

 La redéfinition des compétences des opérations internationales présentes au Kosovo constitue donc une solution pragmatique permettant de contourner les problèmes juridiques causés par le refus de certains Etats, et particulièrement de la Russie, de reconnaître l’indépendance du Kosovo.


Obs. Un diplomate italien M. Lamberto Zannier prend la tête de la MINUK en remplacement de l'Allemand Joachim Rücker. Le nouvel envoyé spécial du Secrétaire général a notamment déclaré à Pristina :

les "idées et suggestions (de Ban Ki Moon) pour reconfigurer la présence de la Minuk sur le terrain me serviront de ligne directrice" . "Nous allons devoir étudier comment cela doit être interprété à la lumière des discussions au Conseil de sécurité" . "L'essentiel est qu'il y ait une cohérence globale dans ce que la communauté internationale accomplit ici".

Concrètement, faute de consensus en son sein, le Conseil de sécurité se trouve dans l'incapacité de prendre une décision paralysant la démarche de transfert progressif du pouvoir retenue par le Secrétaire général. La colère de la Russie traduit son dépit. Depuis l'intervention militaire de l'OTAN elle a été acculée à cette posture impossible (PW).

 

Le drapeau du Kosovo indépendant, tout un symbole de non identité (ethnique) (PW)

 

Le drapeau de la République du Kosovo adopté le 17 février 2008 rompt complètement avec le drapeau albanais, l'aigle noir sur fond rouge. Il n'était pas envisageable que deux Etats aient le même emblème et il n'était pas utile d'entretenir le doute sur une possible réunification avec l'Albanie (Grande Albanie).

Le caractère européen de la République du Kosovo est très affirmé, puisque l'emprunt à l'emblème de l'Union européenne est évident.

Aucun élément rappelant l'identité de la majorité albanaise n'a été retenu. C'est une représentation géographique du Kosovo qui a été choisie pour symboliser l'unité nationale et les six étoiles expriment le caractère multiethnique. Elles représentent en effet les communautés albanaise, serbe, rrom, turque, gorani (Slaves musulmans de la région de Gora au Sud du Kosovo), ashkali-égyptienne (Balkano-Egyptiens, deux sous-groupes de RRoms musulmans et albanophones). Initialement une étoile était plus grosse que les autres et elles étaient au nombre de 5.

Le Parlement a adopté un hymne national le 11 juin 2008. Il s'agit d'une composition majestueuse du musicien kosovar Mehdi Mengjiqi, sans parole pour souligner le caractère multiethnique et appelée curieusement "Europe" .

L'Union européenne impose une nationalité multiethnique, allant ainsi à l'encontre de la culture balkanique. Sans la reconnaissance d'une majorité nationale albanaise, il ne devrait pas non plus y avoir de minorité nationale serbe reconnue en tant que telle. L'une et l'autre sont des composantes de la nation kosvare.

 

  La question de la partition du Kosovo (PW)
 
http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ080203590

 

Question écrite n° 03590 de M. Jean Louis Masson (Moselle - NI)

  • publiée dans le JO Sénat du 28/02/2008 - page 361

M. Jean Louis Masson attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et européennes sur le fait que sous prétexte de l'autodétermination des peuples, la France s'est mise une fois de plus à la remorque des États-Unis en cautionnant la partition de la Serbie et l'indépendance du Kosovo. Cependant, une partie du Kosovo est peuplée de Serbes qui sont légitimement en droit de vouloir exercer à leur tour, leur droit à l'autodétermination en faisant scission du Kosovo tout comme le Kosovo a fait scission de la Serbie. Il souhaiterait qu'il lui indique si cette logique d'égalité de traitement qui, du point de vue du rationnel est difficilement contestable, ne devrait pas être défendue par la France. Celle-ci s'honorerait pour une fois, d'avoir une certaine indépendance par rapport aux conceptions manichéennes des États-Unis, pays dont le Président voudrait régenter tous les pays du monde avec les conséquences désastreuses que l'on peut constater aussi bien en Irak qu'en Afghanistan ou au Pakistan.
 

Réponse du Ministère des affaires étrangères et européennes
 
  • publiée dans le JO Sénat du 05/06/2008 - page 1103

Le Kosovo a proclamé son indépendance le 17 février 2008, après plus d'un an et demi de négociations infructueuses entre Belgrade et Pristina. Cette indépendance referme pacifiquement la dernière page de l'implosion de l'ex-Yougoslavie, ouverte dans la violence en 1991. Comme tous les observateurs internationaux en convenaient, à commencer par le Secrétaire général des Nations unies, le statu quo ne pouvait plus durer au Kosovo, où l'absence de statut conduisait à une situation économique désastreuse et politique instable. Il obérait tout développement économique et social de ce territoire de plus de deux millions d'habitants et maintenait un foyer de tension et d'instabilité néfaste pour les Balkans et potentiellement dangereux pour l'Union européenne. Comme lors de l'indépendance de la Slovénie, de la Croatie, de la Macédoine et de la Bosnie-Herzégovine, et tout récemment encore du Monténégro, l'indépendance du Kosovo s'est faite sur le tracé des lignes géographiques existantes au sein de l'ex-Yougoslavie, et non pas sur des lignes de partage ethnique. La France, les États-Unis, mais également le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie et la Russie, réunis au sein du groupe de contact, ont estimé dans les principes directeurs qui ont conduit leur action tout au long des négociations qu'une partition du Kosovo sur des bases ethniques serait dangereuse, et devait être écartée. Lors des discussions menées au second semestre 2007 par la troïka euro-américano-russe, toutes les pistes possibles d'un accord ont néanmoins été abordées sans tabou, notamment l'idée de partition. Celle-ci a été vivement rejetée tant par Belgrade que par Pristina. Avec nos partenaires européens et américains, nous travaillons à la réconciliation des Serbes et des Albanais du Kosovo, à la création d'un État de droit, multiethnique et européen, où toutes les communautés du Kosovo pourront vivre ensemble. C'est l'objectif de l'Union européenne, qui a pris ses responsabilités sur ce qui est avant tout une question de sécurité européenne. Les chefs d'État et de gouvernement de l'UE ont ainsi décidé à l'unanimité, en décembre dernier, l'envoi d'une mission PESD, baptisée EULEX, composée notamment de policiers, magistrats, douaniers européens et internationaux. C'est aussi l'objectif essentiel de l'engagement de la France au Kosovo, tant au sein d'EULEX que de la KFOR, au sein de laquelle nous entretenons un contingent de 2 000 soldats. La reconnaissance de l'indépendance du Kosovo ne signifie en rien un abandon de la Serbie. La France a largement contribué ces dernières semaines aux gestes de l'Union européenne pour démontrer à la Serbie que la porte de l'Europe lui était plus que jamais ouverte si elle le souhaitait. La présidence française de l'Union européenne travaillera à conforter cette main tendue dont les récentes élections en Serbie ont montré qu'une large majorité de la population serbe souhaitait la saisir.
 

 

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Russie/ Géorgie: le conflit abkhaze se dégèle

Florina COSTICA

 

 

 

 

 

Les relations russo-géorgiennes connaissaient depuis quelques mois une vertigineuse spirale de violence, où le bras de fer diplomatique sur la toile de fond d’actions militaires ne cesse de s’intensifier.

Même si l’on peut considérer que leurs relations bilatérales ont toujours présenté un certain degré de tension depuis le collapse de l’ex-URSS, c’est depuis 2004, avec l’ouverture de l’actuel président géorgien Saakashvili vers l’UE et l’OTAN perçue par le côté russe comme une menace directe à sa sécurité, que les relations se sont détériorées à tel point que la menace d’une guerre dans le Caucase du Sud se profile de plus en plus comme une certitude. Les événements des derniers mois ont suscité donc, à juste titre, des vives réactions de la communauté internationale. 

Deux événements majeurs ont marqué en 2008 l’exacerbation de la crise : la déclaration d’indépendance du Kosovo le 17 février et la probabilité d’une accession de la Géorgie et de l’Ukraine à l’OTAN qui s’est profilée lors du Sommet de Bucarest (2-4 avril). En réponse quasi-immédiate, le 3 avril dernier, le président russe a ouvertement mis en garde que l’appui de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud « will continue to bear a substantive and not a declarative character ».

En effet, un mois auparavant, le 6 mars, la Russie avait invoqué le « changement de circonstances » pour justifier son retrait formel du régime des sanctions commerciales établies par la CIS en 1996 à l’encontre de l’Abkhazie. Il s’agissait surtout d’une manœuvre politique, puisque la Russie entretenait déjà depuis des années des échanges commerciaux avec l’Abkhazie, en facilitant entre autre l’ouverture d’un chemin de fer reliant Sotchi à Soukhoumi, la capitale de la république autoproclamée. La Géorgie a dénoncée cette décision le lendemain en insistant sur son impact négatif sur les efforts géorgiennes de rapprochement avec l’Abkhazie. Le jour même, l’Abkhazie appelle la communauté internationale à reconnaître son indépendance. Quelque jours plus tard, le 13 mars, la Douma russe tient une session sur la nécessité de la reconnaissance de l’indépendance de l’Abkhazie, Ossetie du Sud et Transnistrie sur la base de ce que les parlementaires russes appellent « le précédent kosovar ». A l’issue de cette session, la Douma adopte une résolution qui demande au gouvernement russe d’intensifier les relations avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud et même de prendre en considération leur reconnaissance formelle, au cas où la Géorgie rejoindrait l’OTAN. De son côté, la Géorgie accuse la Russie d’avoir formellement perdu « any political, legal or moral right to claim the role of a neutral and unbiased mediator in the conflict resolution process.” Le 18 mars, la “guerre des drones” commence et les accusations d’agressions militaires de chaque côté se solderont par un rapport de la MONUG qui donnera largement raison à la Géorgie.

Cela n’empêchera pas le président Poutine de donner des instructions formelles à ses ministres, juste après le Sommet de l’OTAN à Bucarest, le 16 avril dernier, de renforcer les liens officiels avec leurs homologues de facto de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud. Le dialogue diplomatique a artificiellement survécu grâce à des conversations téléphoniques entre les deux présidents où chaque partie justifie sa position ( le 29 avril, le MAE russe propose même une analyse de la jurisprudence internationale  à l’appui de ses relations avec les république séparatistes), sans que des améliorations visibles soient enregistrées. Même pire, le président Poutine accuse la Géorgie d’avoir violé l’accord de cessez-le-feu, signé à Moscou en 1994 en survolant le territoire abkhaze, ce que la partie géorgienne s’empresse de nier. Les menaces militaires du côté russe s’intensifient à l’approche des élections du mois de mai en Géorgie.  Le 30 mai, la présence militaire russe en Abkhazie se renforce et le Secrétaire Général de l’OTAN réagit en appelant les parties au dialogue. 

En réaction aux pressions ruses, la Géorgie a suspendu les discussions bilatérales pour l’accession de la Russie à l’OMC. Il convient de rappeler que la Russie a finalisé les accords bilatéraux avec les Etats-Unis et l’UE. A part la Géorgie, il ne reste à la Russie qu’un accord avec l’Arabie Saoudite pour finaliser son accession à l’OMC.

 Il n’est peut-être pas anodin de rappeler aussi que Sotchi, la ville russe qui accueillera les Jeux Olympiques de 2014, se trouve à 30 kilomètres de la frontière abkhaze. L’escalade du conflit abkhaze pourrait donner des raisons suffisantes au Comité International Olympique de revoir sa décision d’attribuer les J.O. à Sotchi.

La communauté internationale a commencé à réagir à cette crise après l’annonce russe de formaliser ses relations diplomatiques et institutionnelles avec les séparatistes d’Abkhazie et Ossétie du Sud (voir réunion du Conseil de Sécurité sur la situation en Géorgie, telle que la présente le MAE russe). Les Etats-Unis ont soutenu de manière univoque la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Géorgie (voir le discours de M. Daniel Fried devant le House Foeign Affairs Commitee, 18 juin 2008). La position de l’UE est, bien entendu, plus nuancée à cause des enjeux stratégiques et géopolitiques avec la Russie. Le Sommet UE Russie, qui se tiendra à Khanty-Mansiïsk (Sibérie Occidentale) le 26 et 27 juin, est porteur de grands espoirs quant à l’issue de la crise.

 

 

 

 

 

CPI/Darfour : déclaration présidentielle du Conseil de sécurité appelant le Soudan à coopérer

Valérie GABARD

 

 

 

 

 

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a publié le 16 juin 2008 une déclaration présidentielle (voir le texte complet ci-dessous) exhortant le gouvernement soudanais à coopérer pleinement avec la Cour pénale internationale (voir également le communiqué de presse). La déclaration a été lue par Zalmay Khalilzad, le représentant des Etats-Unis qui occupe, pour le mois de juin, la présidence du Conseil. Outre cet appel à la coopération, la déclaration prend également note des progrès accomplis par le Procureur de la Cour pénale internationale afin de mettre un terme à l’impunité.

Il s’agit sans doute d’un premier signe tangible de soutien au travail de la Cour pénale internationale sur le Darfour. Cette déclaration intervient un an, jour pour jour après la transmission des mandats d’arrêts au gouvernement soudanais (voir les mandats d’arrêts contre  Ahmad Harun et  Ali Kushayb) et répond certainement aux récents appels du Procureur Luis Moreno Ocampo pour un soutien plus fort et plus visible de la part du Conseil. Il avait ainsi au début du mois présenté oralement son rapport au Conseil et publié en mai un communiqué de presse (voir aussi les archives de Sentinelle), exhortant la communauté internationale « à envoyer un message fort et unanime » au gouvernement soudanais qui ne coopère pas.

Ne disposant pas de propres moyens de contraintes pour mettre en œuvre ses décisions, la Cour est largement dépendante des autres acteurs du droit international et en particulier dans ce cas précis du Conseil de Sécurité auteur de la saisine de la Cour par la résolution 1593 (2005).  Dès lors cet appui du Conseil de sécurité, jusqu’à lors silencieux, ne peut être vu que comme un signe positif d’un rappel du soutien qu’apporte le Conseil à la Cour. Cependant ce soutien est il suffisant pour exercer une pression effective même minime sur le gouvernement soudanais pour qu’il coopère avec la Cour ? Il est permis de douter. Certes la déclaration rappelle au Soudan que son obligation de coopération découle d’une résolution adoptée sous le champ du Chapitre VII mais ce rappel ne prend même pas la forme d’une résolution. Imposer des sanctions à l’encontre du Soudan pour non coopération avec Cour pénale internationale est encore du domaine de l’illusoire. Si l’on perçoit les enjeux politiques derrière cette prudence on doit néanmoins regretter que ce soutien ne soit pas indéfectible et fort alors même que le Conseil de sécurité est à l’origine de cette saisine. Or Il est de sa responsabilité dans cette affaire de soutenir la Cour et de s'assurer du respect des décisions prisent par elle à son initiative. 

Le Soudan se montre quant à lui de plus en plus virulent dans ses propos contre la Cour ne laissant pas percevoir d’amélioration possible en termes de coopération. La semaine passée, l’ambassadeur du Soudan aux Nations Unies a en effet traité le Procureur de « terroriste » et d’être un obstacle au processus de paix au Darfour.

 

 

Déclaration du Président du Conseil de sécurité (S/PRST/2008/21)

 "Le Conseil de sécurité ayant examiné, à sa 5912e séance, le 16 juin 2008, la question intitulée « Rapports du Secrétaire général sur le Soudan », son Président a fait la déclaration suivante au nom du Conseil : « Le Conseil de sécurité prend note du septième rapport oral présenté par le Procureur de la Cour pénale internationale en application de la résolution 1593 (2005) du 5 juin 2005.

Le Conseil rappelle qu’il a, dans sa résolution 1593 (2005), décidé, en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, que le Gouvernement soudanais et toutes les autres parties au conflit du Darfour doivent coopérer pleinement avec la Cour pénale internationale et le Procureur et leur apporter toute l’assistance nécessaire conformément à ladite résolution, tout en soulignant le principe de la complémentarité de la Cour.

Le Conseil prend note des efforts déployés par le Procureur de la Cour pénale internationale pour traduire en justice les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis au Darfour. Il relève en particulier l’action de suivi menée par la Cour auprès du Gouvernement soudanais, notamment le fait que le Greffe de la Cour ait transmis des mandats d’arrêt au Gouvernement soudanais le 16 juin 2007 et l’ouverture par le Procureur d’autres enquêtes sur des crimes commis par diverses parties au Darfour. À cet égard, le Conseil exhorte le Gouvernement soudanais et toutes les autres parties au conflit du Darfour à coopérer pleinement avec la Cour, conformément à la résolution 1593 (2005), afin de mettre un terme à l’impunité des crimes commis au Darfour".

 

 

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CPI : la Chambre de première instance mettra-t-elle fin à la procédure contre Thomas Lubanga Dyilo ?

Roland ADJOVI

 

 

 

 

Dans une décision du 13 juin 2008, les juges de première instance ont menacé de mettre fin à la procédure contre Thomas Lubanga Dyilo pour cause de non communication de pièces potentiellement à décharge. Elle a inscrit à son calendrier une audience pour le mardi 24 juin 2008 pour débattre de cette possibilité. Y a-t-il un réel risque ou une vraie chance pour que cette menace soit mise à exécution ?

D’abord il faut rappeler les faits qui peuvent être simplifiés comme suit : le procureur a signé différents accords confidentiels qui lui ont permis d’accéder à un certain nombre d’informations qu’il dit ne pas pouvoir communiquer en raison d’une clause de confidentialité inscrite dans ces accords. Le procureur affirme que cette clause est fondée sur l’article 54(3) qui dispose :

« Le Procureur peut […]

d) Conclure tous arrangements ou accords qui ne sont pas contraires aux dispositions du présent Statut et qui peuvent être nécessaires pour faciliter la coopération d’un Etat, d’une organisation intergouvernementale ou d’une personne ;

e) S’engager à ne divulguer à aucun stade de la procédure les documents ou renseignements qu’il a obtenus sous la condition qu’ils demeurent confidentiels et ne servent qu’à obtenir de nouveaux éléments de preuve, à moins que celui qui a fourni l’information ne consente à leur divulgation ». 

Alors que ce type de situation paraît devoir être limité dans le texte du Statut, le procureur dans l’affaire Lubanga a affirmé aux juges avoir eu recours à cette pratique de façon extensive (para. 72). Et il faut croire que ces informations obtenues grâce à la clause de confidentialité et de non communication n’ont pas permis de générer de nouveaux éléments de preuve qui, eux, ne seraient pas exclus de l’obligation de communication. Autrement dit, l’esprit de l’article 54(3)(e) du Statut n’est pas respecté (« 74. […] it is manifest that the agreements should not be allowed to operate in a way that subverts the Statute »).

Ensuite, il y a l’obligation du procureur de divulguer les éléments de preuve à décharge. Il s’agit d’une obligation essentiellement de résultat qui ne s’enclenche que si le procureur accède à l’information. Or dans la présente situation où l’article 54(3)(e) aurait été mis en œuvre, le procureur a bien l’information en sa possession, mais la clause de non communication l’empêcherait de divulguer. L’atteinte aux droits de l’accusé est donc bien réelle, et en ce sens la menace exprimée par les juges pourrait être perçue comme réelle c’est-à-dire de nature à pouvoir se réaliser s’il n’était pas mis fin à l’atteinte. Or une autre lecture nous paraît s’imposer.

En effet, aussi bien dans les débats de la procédure tels que rappelés dans la décision (paras. 3-6, 9, 15, 17-22) que dans la décision elle-même, les juges insistent sur le fait que le procureur s’est refusé à leur communiquer à eux ces éléments de preuve (paras. 44-50) ! L’usurpation est consommée, car la Chambre semble ne plus être l’arbitre dans la procédure (« 50. […] the Chamber is the arbiter of whether or not material falls to be disclosed and […] the confidential agreements tended to undermine its role in this regard ») (voir aussi paras. 60 et 68, 82-89). Car les juges ont la responsabilité du droit tel qu’il est appliqué dans la procédure. Si le procureur dispose d’éléments de preuve qu’il a l’obligation de divulguer, il ne saurait se prévaloir d’un accord dans lequel il s’est engagé de son seul fait pour se soustraire à une telle obligation… sauf à y être autorisé par les juges. En l’espèce, le procureur se fondant sur l’article 54(3)(e) pense que la question échappe aux juges. Et, il nous semble que tout le débat est là. Car, si les juges avaient accès à l’information, ils pourraient bien conclure soit qu’elle n’est pas disculpatoire, soit qu’elle est déjà comprise dans d’autres informations communiquées à l’accusé, de sorte qu’ils autoriseraient la non divulgation. Autrement dit, la menace pourrait fort bien ne pas être mise en œuvre si le procureur cesse l’usurpation du pouvoir des juges, même si la divulgation de ces informations aujourd’hui confidentielles n’est pas garantie.

Le procureur aura beau jeu en alléguant que les personnes ou institutions qui sont à l’origine de ces informations s’opposent à leur communication y compris aux juges (para. 45), pour ne pas se conformer aux ordonnances des juges (« 44. […] the Chamber ordered the prosecution to provide it with the undisclosed exculpatory material. The prosecution indicated it was unable to comply with this order, citing the provisions of the agreements under which the material had been obtained. Thereon, the Chamber directed the prosecution to furnish it with descriptions of the undisclosed potentially exculpatory material, together with explanations as to why each document was not in the prosecution’s view exculpatory; however, the prosecution indicated that it was also unable to comply with this order of the Chamber. »). Il y a un ordre public inhérent à la procédure pénale qui veut que la société doive avoir les moyens de rendre justice. Dans le doute, l’accusé est bénéficiaire. Et c’est l’autre pan de la décision, et donc de la menace. Si le mardi au plus tard, les juges ont la garantie qu’ils peuvent exercer leur mandat en accédant dans un premier temps à l’information en cause, le doute disparaît peut-être, au moins à ce stade, et la procédure continuera son cours. Si tel n’est pas le cas, il faudra trouver une solution, si les juges ne maintenaient pas leur position actuelle.

La crise semble donc ouverte, même si elle est probablement temporaire. Et la Chambre a été claire : « 75. […] The choices for the prosecution are clear and stark. Either it must disclose all the potentially exculpatory material in its possession (in accordance with the Statute) to the accused or it will choose not to do so because of the improper agreements it has reached with information-providers ». Si le procureur choisit cette dernière solution, la conséquence pourrait en être la fin de la procédure. Mais il ne faut pas perdre de vue que les juges avaient déjà essayé d’obtenir l’accès à l’information pour faire leur propre appréciation, de sorte que cela reste encore une alternative logique sauf peut-être si l’attitude de l’accusation a déjà été outrancière de l’avis des juges. C’est d’ailleurs ce que prévoit la règle 83 : « Le Procureur peut demander à être entendu ex parte dès que les circonstances le permettent par la Chambre saisie de l’affaire, afin que celle prenne la décision envisagée au paragraphe 2 de l’article 67 », lequel prévoit qu’en cas de doute dans l’exécution de l’obligation de divulguer des éléments de preuve à décharge « la Cour tranche ».

L’ouverture du procès prévue pour le 23 juin n’aura donc pas lieu, la Chambre ayant suspendu la procédure pour l’instant. Le 24 juin certainement, Lubanga saura donc si son procès pourra s’ouvrir, à moins que ce ne soient les portes de son geôle que la Chambre ouvre !

 

 

 

 

 

 

Le sénat français adopte en première lecture un projet de loi portant adaptation du droit français à l’institution de la Cour pénale internationale

 Valérie GABARD

 

 

Le sénat français a adopté en première lecture et à l’unanimité, un projet de loi d’adaptation du droit français au statut de la Cour pénale internationale dans la nuit du 10 au 11 juin 2008. Huit années après la ratification par la France du Statut de Rome, ce vote est une étape importante vers une adaptation cohérente du droit national aux engagements internationaux de la France. Le texte doit maintenant être inscrit à l’ordre du jour de l’assemblée nationale et voter en des termes identiques. Le projet voté a d’ores et déjà été transmis par le Sénat. 

Le texte n’est pas la première proposition en la matière. Il s’agit en réalité du troisième projet sur ce sujet. Un premier projet très critiqué, notamment par la Commission Nationale Consultative des droits de l’Homme (CNCDH) avait été rendu public en 2003 et un second projet dont le contenu se révèle être très proche du texte finalement adopté par le Sénat avait été présenté en 2006 (voir les archives de Sentinelle). Ce projet de loi constitue le second volet de la mise en conformité du droit français avec les dispositions du Statut de la Cour pénale internationale, après l’adoption de la loi n° 2002-268 du 26 févier 2002, relative à la coopération avec la Cour pénale internationale. Cette loi, dont l’objet était limité à un certain nombre de modalités procédurales telles que l’arrestation, le transfert et l’exécution des peines, n’avait pas réglé la mise en conformité du droit pénal français aux dispositions substantielles du Statut de Rome. L’adoption de ce nouveau projet de loi devrait mettre prochainement un terme à cette lacune.

Concernant l’examen du contenu du texte nous nous limiterons ici à reprendre les principaux points contenus dans le projet, les débats et commentaires qui ont entouré le vote (voir les amendements proposés et le compte rendu intégral des débats) et le travail préliminaire au sein de la commission des lois (voir aussi le rapport fait au nom de la commission des lois et sa synthèse).

En matière de compétence pour juges les crimes définis dans le Statut de Rome, la France tout en ne fermant pas totalement la porte à l’extraterritorialité a néanmoins limité sa compétence en deçà de la compétence universelle telle qu’admise chez nos voisins européens où la seule présence de l’accusé sur le territoire suffit. Notons que le projet de 2006 ne contenait aucune disposition sur ce point (voir l’avis de la CNCDH du le 29 juin 2006). Le projet prévoit la possibilité de poursuivre « toute personne qui réside habituellement en France » pour des crimes commis et à la seconde condition que son pays de nationalité soit signataire du Statut de Rome. Lors de l’examen en commission des lois, le rapporteur Patrice Gélard a expliqué qu’il estimait que la convention de Rome n'imposait pas, en droit interne, de reconnaître aux juges nationaux une compétence universelle pour les infractions qu'elle vise et qu’il voyait plusieurs arguments contre sa reconnaissance : « Il a d'abord souligné que l'application actuelle de la compétence universelle pour les infractions pour lesquelles elle était admise en droit français laissait place à plusieurs incertitudes. La première touche au lien de rattachement de l'auteur de l'infraction avec la France (la condition selon laquelle la personne devait « se trouver » en France ouvrant la voie à des interprétations plus ou moins strictes). La deuxième incertitude porte sur le champ géographique d'application de la compétence universelle et la possibilité de l'exercer à l'encontre de ressortissants de pays qui ne sont pas parties à la convention autorisant cette compétence. La troisième, enfin, est relative aux difficultés pratiques, pour une juridiction française de mener une instruction sur une affaire qui s'est déroulée hors du territoire national et mettant en cause des étrangers. » Au stade du débat devant le Sénat, Robert Badinter, arguant qu’il n’existe déjà pas de condition de résidence pour les personnes accusées de torture avait défendu un amendement proposant pour seul critère de rattachement la présence sur le territoire français de la personne mise en cause mais après un long et virulent débat l’amendement proposé a été rejeté. Pour la société civile (voir les communiqués de presse de la FIDH et de la Coalition française pour la Cour pénale internationale), le texte ne va pas assez loin et la condition de résidence habituelle rend plus facile d’entamer des poursuites en matière de torture (seule la présence sur le territoire de l’accusé est exigée) qu’en matière de crimes contre l’humanité.

Le projet contient une définition des crimes contre l’humanité beaucoup plus large que celle existant actuellement dans le code pénal. Le projet de loi complète la liste existante dans le Code pénal, les actes d'emprisonnement, de viol, de prostitution forcée ou les violences sexuelles particulièrement graves, les actes de ségrégation, les atteintes volontaires à la vie ou l'extermination. Ces comportements, sanctionnés par l’article 7 du Statut de Rome, n’étaient pas jusqu’à lors prévus par le code pénal français.

Avec ce projet les crimes de guerre entrent dans le code pénal français dans un titre IV bis. L’élément est historique pour la France qui avait été la seule avec la Colombie à émettre une réserve sur les crimes de guerre lors de la ratification. A cet égard le garde des sceaux a annoncé que le Gouvernement va procéder au retrait de la déclaration faite au titre de l'article 124 du statut de Rome et ceci à compter du 15 juin. Dès lors la France reconnaitra la compétence de la Cour pénale internationale pour juger les crimes de guerre. Si l’évolution est remarquable, la transposition de la définition opérée n’est pas parfaite. La liste des infractions prévues à l'article 7 du projet n'englobe pas toutes les incriminations définies dans le statut de la Cour pénale internationale. Ainsi, le viol ne figure pas sur la liste. De plus il reprend selon la tradition française la distinction entre délits et crimes de guerre, distinction inconnue du statut de Rome et du droit international et qui pourrait brouiller le message.

Enfin autre point sensible, la question de l’imprescriptibilité des crimes de guerre (l’imprescriptibilité est néanmoins prévue pour les crimes contre l’humanité). Bien que prévu par l’article 29 du Statut de Rome, le sénat ne souhaite pas « banaliser en droit français la règle de l’imprescriptibilité de l’action publique » mais entend également limiter les cas ou la compétence de la Cour pénale internationale pourrait être reconnue en raison des règles actuelles de prescription (dix et trois ans). Le projet de loi prévoit donc que le délai de prescription de l’action publique pour les crimes et les délits de guerre sera respectivement de trente et de vingt ans.

Pour conclure, il semble intéressant de noter qu’aucune disposition du Statut de Rome n’oblige formellement les Etats membres à modifier leurs législations internes. Cependant une telle exigence se dégage du principe de complémentarité qui bien que laissant aux juridictions nationales la responsabilité première de la répression des crimes prévus par le Statut, prévoit la compétence de la Cour pénale internationale dès lors que serait établi le manque de volonté ou l’incapacité des Etats de mener véritablement à bien les poursuites. L’absence de mise en conformité du droit pénal national pourrait amener la Cour à se reconnaître compétente sur ce fondement.

Plus largement il s’agit de favoriser la construction d’un système de justice pénale internationale harmonisé et cohérent autour des principes adoptés à Rome en 1998.

 

 

 

 

G8. Renforcer l’innovation, la recherche et les activités d’analyse à l’échelle internationale

Danilo COMBA

 

 

 

 

Le 15 juin une réunion préalable à la prochaine rencontre du G8 s’est tenue à Okinawa (voir l’ensemble des réunions qui ont déjà eu lieu et les documents et déclarations adoptés).

Lors de cette réunion les ministres du G8 chargés de la Science et de la technologie, auxquelles sept autres Etats ont été associés (Chine, Inde, Brésil, Mexique, Afrique du Sud, Philippines et Corée du Sud), ont adopté une déclaration visant à renforcer l’innovation scientifique et à améliorer la coopération internationale dans le domaine des recherches.

Lorsque l’interdépendance des questions de l’agenda internationale se montre de manière plus  évidente (énergie, changements climatiques, croissance économique, crise alimentaire, financement des pays en développement), l’ouverture pour que le rôle crucial de l’innovation soit plus largement reconnu, et de plus qu’elle assume une dimension internationaliste, trouve ainsi un terrain fertile.

“We understand that making existing technologies more efficient may help mitigate greenhouse gas emission in the short term but that fundamental breakthroughs in science and technology will be essential to address greenhouse gas emissions reduction over the longer term. We supported an international policy dialogue and the exchange of information, acknowledging the effectiveness of each country formulating its own long-term R&D plan, with a view to conducting R&D more efficiently” (page 2 du résumé). Par cela les parties reconnaissent expressément que l’action d’atténuation n’est pas suffisante et que des réelles stratégies d’adaptation sont indispensables.

Afin de parvenir à une société à basses émissions de CO2 le document remarque la nécessité de stimuler les investissements dans les technologies écologiques et des énergies propres, de collaborer sur les nouvelles énergies alternatives, la capture et le stockage de carbone (CSC) (« importance of promoting international research and development collaboration on all energy alternatives ») et la prochaine génération de biocarburants biofuel (« from non-food plant materials and inedible biomass, such as cellulosic ethanol and synthesis gas from waste”). Sans que cela conduise à des positions ou des engagements précis, l’importance de l’énergie nucléaire est de plus en plus implicitement reconnue par la communauté des Etats.

Il est remarqué l’importance de promouvoir la commercialisation et l’investissement privé dans les technologies et les produits plus « écologiques », également par des fonds gouvernementaux directs et des politiques fiscales de faveur (pages 1 et 2). L’utilité d’actions « démonstratives » concernant la faisabilité de technologies plus respectueuses de l’environnement est également avancée.

Le rapport fait également mention d’une importante initiative lancée par la France : les parties ont accepté de renforcer la coordination internationale vis-à-vis de l'expertise scientifique sur la biodiversité (voir Sentinelle). Ainsi une conférence mondiale afin d’établir une plate-forme scientifique intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémique (PIBSE) devrait se tenir avant la fin de l'année (voir également « Évaluation des Écosystèmes pour le Millénaire »).

« We reaffirmed that scientific monitoring, assessment, information provision and the strengthening of research activities are significant in the field of scientific approach to biodiversity. It is noted that some countries expressed the plan to build upon the Millennium Ecosystem Assessment and the outcome of international mechanism of scientific expertise on biodiversity (IMoSEB) consultations to improve the interface between theses activities and the public and policy makers. It is also noted that some countries called for actions to engage with the UNEP-sponsored process, including a dedicated conference”.

 La réunion s’est occupée également de la coopération scientifique et technologique avec les pays en développement (et en particulier l’Afrique) donnant des indications en ce qui concerne les champs de recherche prioritaires (voir à ce titre les notes de Sentinelle sur la sécurité alimentaire); la coopération internationale dans des activités de recherche à grande échelle afin de favoriser la plus large participation et des échanges d’informations plus étendus (« access to such facilities in a proper way including wider access by industry »).

« In order to continue the dialogue for international cooperation on large-scale research facilities in the future, including discussion of different models for their operation and their use, we reached a consensus to set up an ad-hoc group of senior officials, composed of representatives of G8 members as well as other invited countries”.

La prochaine et deuxième rencontre des ministres du G8 chargés de la Science et de la technologie se tiendra en 2009 en Italie.

 

Documents

The G8 Science and Technology Ministers’ Meeting Chair’s Summary

Joint Science Academies’ Statement: Climate Change Adaptation and the Transition to a Low Carbon Society

Joint Science Academies’ Statement: Global Health

Comprendre l’Évaluation des Écosystèmes pour le Millénaire 

Statement of the G-8 Finance Ministers Meeting

OECD Forum 2008 on Climate Change, Growth, Stability

Déclaration. International Partnership for Energy Efficiency Cooperation (IPEEC)


Extrait.

Objectives

The purpose of the International Partnership for Energy Efficiency Cooperation is to facilitate those actions that yield high energy efficiency gains. Participants in the Partnership choose to take action in the areas of their interest on a voluntary basis.

Scope

The International Partnership for Energy Efficiency Cooperation may include activities in the following areas:

(…)

b. exchanging information about measures that could significantly improve energy efficiency on sectoral and cross-sectoral bases such as, but not limited to:

- standards/codes/norms and labels for buildings, energy-using products and services with a view to accelerating the market penetration of best practice levels taking into account the circumstances of individual Participants

- methodologies for energy measurement, auditing and verification procedures, certification protocols and other tools to achieve optimal energy efficiency performance over the lifetime of buildings and industrial processes, relevant products, appliances and equipment

- enabling environment and tools for the financing of energy efficiency measures, and establishing principles for encouraging investments in energy efficiency

- public procurement policies for encouraging uptake of energy efficient products, services and technologies

- programs that help public institutions to become more efficient in building, vehicle, product and service purchasing and operations

- activities to increase the awareness of consumers and stakeholders through dissemination of clear, credible and accessible information on energy efficiency with a view to enabling well-informed decisions

- best practice guidelines for evaluating the effectiveness of energy efficiency policies and measures

- public-private cooperation to advance energy efficient technology research, development, commercialization and deployment to accelerate deployment, diffusion and transfer of such technologies

- actions to accelerate dissemination and transfer of best practices and efficient technologies and capacity building in developing countries (…)

           

 

 

Archive

 

 

 

La 3ème réunion du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé

Sabrina URBINATI

 

 

 

La 3ème réunion du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé (Comité) a eu lieu à Paris, au siège de l’UNESCO du 4 au 6 juin 2008. La tache principale confiée à la 3ème réunion du Comité était l’« [e]xamen de trois nouveaux chapitres du projet de Principes directeurs sur la diffusion du Deuxième protocole, le suivi de son application et l’assistance internationales […] ».

Le Comité a été établi sur la base des articles de 24 à 27 du II Protocole relatif à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, de 1999, (II Protocole). Il est composé par 12 représentants des États Parties au II Protocole et son but principal est le suivi de la mise en œuvre de ce dernier.

Le II Protocole a été élaboré suite à la mise en évidence, par les nombreux conflits qui ont eu lieu à la fin des années 80 et au début des années 90, de certaines limites de la Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. En effet, par rapport à cette dernière, le II Protocole fournit un niveau plus étendu de protection pour les biens culturels, en créant la nouvelle catégorie de la « protection renforcée » pour les biens culturels ayant une importance particulière pour l’humanité. En outre, le II Protocole prévoit des sanctions à appliquer pour des violations graves intéressant les biens culturels et définit les conditions engageant la responsabilité pénale individuelle.

Depuis son établissement le Comité s’est dédié à l’élaboration du « Projet de Principes directeurs pour l’application du Deuxième Protocole de 1999 relatif à la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé » (Principes). Lors de sa 2ème réunion le Comité a pu finaliser un texte contenant les trois premières parties des Principes concernant l’introduction, les dispositions générales et la protection renforcée. Les trois dernières parties des Principes, étudiées lors de la 3ème réunion du Comité, concernent la diffusion du II Protocole, le suivi et l’application de ce dernier (parties proposées par la délégation finlandaise) et l’assistance internationale (partie proposée par le Secrétariat).

La première partie des Principes sera adoptée sans changements lors de la prochaine Assemblée des États Parties au Protocole II. La même Assemblée adoptera également la deuxième partie des Principes, telle que modifiée par la 3ème réunion du Comité. Malheureusement, pour l’instant le document n’est pas encore disponible.

 

 

Afrique de l’Est : coopération renforcée en matière de gestion des catastrophes.

PROVENCE Anne Laure

 

 

 

 

Le Kenya abrite le siège d’un centre d’excellence régional pour la gestion des catastrophes (RDMCOE) destiné à renforcer la  réduction des catastrophes et les capacités de réaction et de réponse, a indiqué le ministère des affaires étrangères kenyan ( Site Internet du ministère) au mois d’avril 2008. La formation du RDMCOE résulte des effets des catastrophes aussi bien naturelles qu’anthropiques dans la région. Il réunit 11 pays qui travailleront pour soutenir les efforts nationaux, régionaux et internationaux de gestions des catastrophes en mettant en place un mécanisme pour faciliter à temps et coordonner l’aide en cas de déclenchement de catastrophes.

Le RDMCOE est une organisation intergouvernementale établie à Nairobi conformément à l’article 2 de l’ accord adopté à Nairobi le 15 Août 2005 par 11 pays africains dans le cadre d’une initiative conjointe avec le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique. Cet accord s’inscrit dans le cadre du symposium Golden Spear (GS) 2005 qui s'est tenus du 14 au 17 août 2005.

Rappelons que la série de symposiums Golden Spear, organisés avec le soutien du Commandement central américain (USCENTCOM), du Commandement Européen des États-Unis (USEUCOM) et du Centre d'Études Stratégiques de l'Afrique, débuta en 2000 sous la forme d’une tribune visant à faciliter le débat sur les questions critiques de sécurité entre les officiers militaires supérieurs et les responsables civils d'Afrique de l'Est – au sens large- et des États-Unis. Les dirigeants des pays participants se sont depuis lors attachés à promouvoir la coopération régionale et à développer les capacités à prévenir, à se préparer, à répondre et à atténuer les conséquences des catastrophes naturelles ou dues à l'homme. Les réunions et séminaires annuels ont permis de se rapprocher d'un objectif à long terme de l'initiative GS : que les  pays participants puissent, de manière collective, élaborer et mettre en œuvre un mécanisme de coordination régional pour la gestion des catastrophes. Onze pays africains prennent à ce jour part au programme GS: le Burundi, Djibouti, l’Égypte, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda, la République démocratique du Congo, le Rwanda, les Seychelles et la Tanzanie. Des représentants des principaux organismes du gouvernement américain, y compris le Département de la Défense, le Département d'État et l'Agence américaine pour le développement international (USAID), ainsi que des pays européens partenaires et d'organisations internationales et régionales, ont également participé aux divers événements GS.

Le RDMCOE, conformément à l’article 6 de l’accord a pour but de promouvoir la communication et la coopération entre les États participants ; servir de mécanisme pour mobiliser les ressources et améliorer les capacités de gestion des catastrophes dans tous les États participants ; faciliter, promouvoir et renforcer la coopération aux niveaux régional et international afin de gérer efficacement les programmes d’aide aux sinistrés, en collaboration avec les partenaires concernés ; élaborer une base de données des capacités des États participants en matière d’intervention en cas de catastrophe ; assurer une coordination avec les organisations gouvernementales, intergouvernementales et non gouvernementales intéressées, en vue de fournir des informations en matière d’assistance qui soient fiables et exhaustives, et qui pourraient être mises à disposition dans le cas d’une catastrophe ; élaborer un programme de formation à la gestion des catastrophes pour l’ensemble des États participants ; élaborer, promouvoir et faciliter un programme de gestion global d’informations (comprenant notamment un site Internet), mettre au point une campagne de sensibilisation du public, et établir des réseaux de communication entre les États participants ; préparer un budget qui permettra de poursuivre le fonctionnement du CERGC une fois que les finances initiales auront été épuisées ; élaborer, avec l’accord des États participants, un mécanisme d’intervention régional pour coordonner les efforts en matière de gestion des catastrophes ; effectuer toute autre activité décidée par les États participants pour servir les objectifs de cet Accord.

Ce Centre d’excellence s’inscrit dans la continuité des efforts entrepris par la Communauté internationale lors de la  Conférence de Kobe sur les catastrophes naturelles (Voir archives sentinelle). Il est le fruit de huit ans de négociations au sein du programme GS.

 

Obs. Coopération renforcée ou ... intérêts stratégiques renforcés ? (PW)

 

 

 

Institutions financières

La normalisation des relations entre la Banque mondiale et la Côte d’Ivoire

Céline Bada

 

 

 

 

La Banque mondiale, à travers l’Association Internationale de Développement (IDA), vient d’accorder un don pour la gouvernance et la relance économique à la Côte d’Ivoire. C’est l’aboutissement des efforts de restauration de la collaboration entre la Banque et la Côte d’Ivoire, engagés depuis un an.

Du fait de l’accumulation d’arriérés de dette du 15 avril au 1er juin 2004, la Côte d’Ivoire était sous le coup d’une suspension de décaissement, mécanisme inhérent au processus de prêt ainsi que l’explique la Banque (Bakary Sanogo, Chargé de communication de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire) : « après 60 jours [de retard dans les paiements], le mécanisme de suspension des décaissements se déclenche automatiquement, et il interdit également à l’emprunteur de solliciter de nouveaux prêts ou de présenter de nouveaux projets ». Cette décision résultait également du constat de la dégradation de la situation politique du pays et de ses répercussions économiques.

A l’issue de trois ans d’interruption, la signature le 4 mars 2007 de l’Accord politique de Ouagadougou par Laurent Gbagbo -le Président ivoirien- et Guillaume Soro -Chef des Forces Nouvelles de Côte d’Ivoire- a amorcé le processus de normalisation des relations entre la Banque mondiale et la Côte d’Ivoire.

Suivant les mesures préconisées par le Conseil de sécurité des Nations-Unies dans sa résolution 1721 du 1er novembre 2006 et la feuille de route établie conséquemment par le Groupe de Travail International (GTI), cet accord « de réconciliation nationale » aménage les conditions du rétablissement de la paix  à partir de quatre axes principaux. Il s’agit d’abord de recenser les individus présents sur le territoire ivoirien par une identification générale des populations. Cette première entreprise est indispensable à la restauration du processus électoral. Le retour à la paix suppose également une réforme de l’armée dans l’objectif de réunir les deux formations belligérantes en une « Armée nationale […] reflet de l’unité et de la cohésion nationales, et garante de la stabilité des institutions républicaines […] » (Accord politique de Ouagadougou, 4 mars 2007, p. 6). La restauration de l’autorité de l’Etat et le redéploiement de l’administration sur l’ensemble du territoire ivoirien constitue le dernier volet de ce programme de « normalisation politique et institutionnelle » (Accord politique de Ouagadougou, 4 mars 2007, p. 2). Enfin et dans la même logique de pacification, l’Accord de Ouagadougou est complété par une ordonnance du 12 avril 2007 édictant des mesures d’amnistie pour les belligérants membres et sympathisants des forces rebelles.

Accueilli par la Banque mondiale comme « la meilleure opportunité offerte à la Côte d’Ivoire depuis l’éclatement de la crise pour réellement restaurer la paix et relancer l’économie », l’Accord de Ouagadougou a justifié, selon l’institution, l’octroi d’un soutien financier. La résolution 1721 du Conseil de sécurité prévoyait en effet que la mise en œuvre des mesures de rétablissement de la paix et de la stabilité en Côte d’Ivoire devrait bénéficier de « l’appui de l’Organisation des Nations-Unies et de donateurs potentiels ».

L’objet de l’accord de principe conclu le 16 avril 2007 entre la Banque mondiale et les autorités ivoiriennes était de déterminer les conditions de réactivation de l’assistance financière de la Banque. Il s’agissait en premier lieu d’aider à l’apurement par l’Etat ivoirien de ses arriérés de dette. L’Association Internationale de Développement a dans ce cadre approuvé le 17 juillet 2007 un don de pré-apurement des arriérés pour le financement d’un Projet d’assistance post-conflit (PAPC). Ce programme est venu consolider financièrement les différentes composantes du programme de l’Accord de Ouagadougou : le processus d’identification nationale, la réintégration économique des anciens belligérants, la « réhabilitation et le rééquipement de l’infrastructure socio-économique dans les communautés les plus affectées par le conflit », ainsi que le développement institutionnel et l’administration de projets.

La réalisation de cette condition préalable devait, dans un second temps, permettre l’accès de la Côte d’Ivoire à « un programme d’assistance entier » recouvrant  le financement du programme de sortie de crise, la poursuite de la mise en oeuvre des projets suspendus en novembre 2004 et l’approbation de nouveaux dons.

C’est dans cette démarche qu’ont été successivement approuvés par la Banque, le don pour la gouvernance et la relance économique et trois nouveaux projets consacrés aux infrastructures urbaines d’urgence, à la lutte contre le VIH/SIDA, et à l’appui à la gouvernance et au développement institutionnel. Ces projets s’inscrivent dans « les priorités de développement identifiées par le Groupe de la Banque mondiale » (ainsi qu’est définie la stratégie d’aide-pays, instrument de base des programmes d’assistance de la Banque) et insistent en particulier sur une réforme institutionnelle et économique du pays conforme au principe de bonne gouvernance entendu comme l’ensemble des « traditions et les institutions au travers desquelles s’exerce l’autorité dans un pays. Cela englobe 1) le processus par lequel les gouvernants sont choisis, rendus responsables, contrôlés et remplacés; 2) la capacité des gouvernants à gérer efficacement les ressources et à formuler et appliquer de saines politiques et réglementations; et 3) le respect des citoyens et de l’État pour les institutions régissant leurs interactions économiques et sociales ». A cet égard, les axes privilégiés du programme d’assistance à la Côte d’Ivoire que sont la réhabilitation communautaire, la restauration des services sociaux de base et la relance économique ne sont pas sans évoquer le concept d’empowerment au cœur de l’action de la Banque mondiale qui implique que « State reform that supports investments in poor people and their organizations leads to improved development outcomes, including improved governance, better- functioning and more inclusive services, more equitable access to markets, strengthened civil society and poor people’s organizations, and increased assets and freedom of choice ».

In fine, il faut observer que ces dons sanctionnent les mesures par lesquelles les autorités ivoiriennes ont manifesté leur volonté de rétablir leur collaboration avec les services de la Banque. Mais le rétablissement des relations entre la Banque et la Côte d’Ivoire constitue surtout un indicateur déterminant pour les opérateurs économiques quant à la réhabilitation de la Côte d’Ivoire en tant que partenaire économique fiable. Le 2 avril 2008, Mme Obiageli Ezekwesili, Vice-Présidente de la Banque mondiale pour la région Afrique, soulignait sur ce point que : « l’apurement des arriérés de la BIRD et de IDA constitue un point marquant dans notre collaboration avec le gouvernement de Côte d’Ivoire. Il ouvre la voie, non seulement à la Banque pour reprendre son appui financier aux efforts de développement économique et de reconstruction, mais aussi permet à d’autres bailleurs de contribuer aux objectifs de stabilisation et de reconstruction de cet important pays qui fut un leader régional en Afrique avant le conflit».


La Côte d'Ivoire recevra une aide du Fonds pour la consolidation de la paix

 

 

La stratégie d’assistance de la Banque mondiale à la Côte d’Ivoire

« Entretien avec Bernard Harborne, coordonnateur du programme de la Banque mondiale en Côte d'Ivoire », interview réalisée par Bakary Sanogo, le 11 avril 2008.

Sur les activités de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire: http://www.banquemondiale.org/cotedivoire


le Projet d’assistance post-conflit (PAPC) :

Communiqué de presse n° 2008/019/AFR du 17 juillet 2007, «La Banque mondiale approuve un don de 120 millions de dollars EU en appui à la mise en œuvre de l’Accord de paix de Ouagadougou » 

Article de Bakary Sanogo, Chargé de communication de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire, « La Banque mondiale apporte un appui de 120 millions de dollars EU pour consolider le processus de paix »


Informations relatives au processus de paix:

Présidence de la République de Côte d’Ivoire : section consacrée au processus de paix

 

 

Archive

 

 

La Conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale: les défis du changement climatique et des bioénergies 

Fatma RAACH

 

 

 

 

«Nous prenons la ferme résolution d'utiliser tous les moyens pour soulager les souffrances provoquées par l'actuelle crise, stimuler la production vivrière et accroître l'investissement dans l'agriculture, nous occuper des obstacles à l'accès aux aliments et utiliser de façon durable les ressources de la planète pour les générations présentes et à venir. Nous nous engageons à éliminer la faim et à assurer des aliments pour tous aujourd'hui et Demain».

 

C’est sur cet engagement politique formulé dans la Déclaration sur la sécurité alimentaire mondiale, que la Conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale: les défis du changement climatique et des bioénergies, s’est achevée  le 5 juin 2008 au siège de la FAO à Rome. L’engagement ambitieux semble être à la hauteur de la crise.

Cette Conférence de haut niveau qui a été organisée par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, de concert avec le Programme alimentaire mondial des Nations Unies, le Fonds international de développement agricole et Bioversity International au nom du système du GCRAI. Les travaux de la Conférence se sont appuyés sur le travail entrepris par les réunions d’experts et les consultations d’acteurs tenues entre janvier et avril 2008, ainsi que sur les récentes analyses entreprises par l’organisation.

Considérée par M. Ban Ki-Moon, comme étant un véritable sommet mondial sur la sécurité alimentaire, la Conférence avait pour objectif de chercher des moyens de parvenir à la sécurité alimentaire mondiale et de relever les défis de la hausse des prix des produits alimentaires, du changement climatique et des bioénergies.

La stratégie adoptée par la Conférence en vue de réaliser ses objectifs s’articule autour de deux axes : prévoir des mesures immédiates et à court terme ainsi que des mesures à moyen et à long terme. Approche qui présente l’avantage de concevoir le problème dans son urgence en essayant de trouver des solutions nécessaires et ponctuelles, bien que précaires, comme celles d’augmenter les aides aux pays en développement et les pays les moins avancés, et de vouloir trouver des solutions et des stratégies structurelles pour affronter le problème de la sécurité alimentaire.

Pour les mesures à court termes, elles consistent principalement en l’augmentation des aides « aux pays en développement, en particulier les pays les moins avancés et ceux qui sont les plus touchés par la hausse des prix des denrées alimentaires» et de «répondre d'urgence aux demandes d'aide émanant des pays touchés».Quant aux mesures à moyen et à long termes, elles s’articulent principalement autour de ces idées fondamentales, à savoir:

- L’adoption sans réserve d’« un cadre de politique axé sur les populations à l'appui des pauvres dans les zones rurales, périurbaines et urbaines et des moyens d'existence des populations dans des pays en développement et d'accroître les investissements dans l'agriculture » ;

- Trouver un moyen pour «accroître la capacité de récupération des actuels systèmes de production vivrière face aux défis du changement climatique» ;

- «Relever les défis et possibilités relatifs aux biocarburants, compte tenu des besoins mondiaux en matière de sécurité alimentaire, d’énergie et de développement durable...Des études approfondies sont nécessaires pour faire en sorte que la production et l'utilisation des biocarburants soient durables conformément aux trois piliers du développement durable et tiennent compte de la nécessité de parvenir à la sécurité alimentaire mondiale et de la maintenir».

Si ces mesures se caractérisent par l’approche globale associant les différentes parties prenantes et visent à asseoir une stratégie adaptée à la résolution du problème, elles nous semblent manquer de précision. Les interactions existantes entre les trois composantes de la crise, telles qu’annoncées dans le thème de la Conférence, à savoir la sécurité alimentaire, les défis du changement climatique et les bioénergies, ne sont pas traitées de manière à déterminer des solutions claires et précises.

En outre, aucune mention n’a été faite au concept de sécurité humaine qui a fait l’objet d’un débat au sein de l’Assemblée générale des Nations unies le 22 mai 2008. La Conférence aurait pu saisir cette occasion pour introduire le concept dans les débats et présenter sa conception des choses en la matière.

 

 

 

 

France/ responsabilité environnementale : une discrimination en défaveur du pavillon français ?         

Edith PINCOVAI

 

 

 

Le 28 mai, les sénateurs ont adopté en première lecture le projet de loi relatif à la responsabilité environnementale, transposant la directive européenne Directive 2004/35/CE du 21 avril 2004 sur la responsabilité environnementale (amendée par la Directive 2006/21/CE ). Ces dispositions s’attachent à la prévention et à la réparation des dommages écologiques ainsi qu’à l’application du principe  « pollueur-payeur ». Comme il a été souligné dans Sentinelle la transposition de la directive connait un parcours difficile. En outre, lors des discussions au sein du Sénat le projet de loi a soulevé de nombreuses objections, notamment en matière de sanctions pénales de pollution maritime par rejet. En effet, l’application de certaines dispositions semblerait instaurer un régime de défaveur pour le pavillon français, nuisant ainsi à son attractivité et, dans une certaine mesure, à la sécurité maritime.

Ce sont les dispositions de l’article L. 218-23 qui font craindre, au sénateur Richemont notamment, une discrimination en défaveur du pavillon français. En effet, cet article dispose que «  Lorsqu’une infraction prévue aux articles L. 218-11 à L. 218-20 a été commise depuis un navire étranger au-delà de la mer territoriale, seules les peines d’amende peuvent être prononcées ».

Cette disposition permettant aux navires étrangers d’échapper aux peines d’emprisonnement en cas de rejet en haute mer (jusqu’à 10 ans d’emprisonnement), répond à une exigence posée pas la Convention de Montego Bay. En effet, rappelons tout d’abord qu’en haute mer seule la loi du pavillon s’applique au navire, et qu’en ce qui concerne les pénalités pour rejet, la seule sanction que peut infliger un Etat, est une sanction pécuniaire et en aucun cas, une peine d’emprisonnement (article 230 de la CMB (partie XII) « Seules des peines pécuniaires peuvent être infligées en cas d'infraction aux lois et règlements nationaux ou aux règles et normes internationales applicables visant à prévenir, réduire et maîtriser la pollution du milieu marin, qui ont été commises par des navires étrangers au-delà de la mer territoriale»).

Autrement dit, en conséquence des dispositions de l’article L 218-23, en haute mer, seuls les armateurs,  les exploitants, et les équipages des navires battant pavillon français pourront se voir infliger une peine d’emprisonnement, les autres ne supporteront qu’une amende. Il y a donc, selon M. Richemont « une discrimination grave » en défaveur du pavillon tricolore, car le pavillon français se verrait plus fortement sanctionné qu’un navire étranger. Ainsi cela nuirait à son attractivité et à la sécurité maritime, si l’on considère que l’augmentation des pavillons français et européens est un gage de sécurité grâce au contrôle de ces derniers sur leurs navires. A l’inverse, réserver de telles sanctions pénales au pavillon français, inciterait les armateurs à naviguer sous pavillon moins ferme, soit sous pavillon de complaisance, ce qui évidement est contraire au but de sécurité maritime recherché. Selon M. Richemont, il est donc nécessaire d’aligner le régime français sur celui des navires étrangers.

Les risques que font peser cette disposition sur l’attractivité du pavillon français, ne sont pas négligeables et semblent très plausibles. D’ailleurs, les défenseurs de cette disposition, ne remettent pas en cause les dangers d’une telle mesure. Comme l’indique Mme Nathalie Kosciusko-Morizet « Les arguments sur la compétitivité des entreprises et de notre économie sont parfaitement légitimes ». En outre, elle reprend également l’argument selon lequel une réglementation trop stricte risque de susciter « une fuites des pollutions », soit l’immatriculation au profit de pavillon de complaisance. Cependant, selon la secrétaire d’Etat, malgré les risques il ne faut pas niveler vers le bas, « nous ne pouvons pas répondre à ce phénomène par une baisse de nos exigences ». Il faudrait donc maintenir une législation environnementale très ferme en la matière, et travailler sur la scène internationale, en espérant que les autres Etats adoptent de tels niveaux de fermeté. Il est également avancé que, l’amendement visant à supprimer cette distinction entre navires français et étrangers en haute mer, serait contraire à la directive. Cependant, il ne semble pas que la directive 2004/35/CE relative à la prévention et à la réparation des dommages environnementaux impose de telles sanctions. Ainsi que le relève M. Richemont la directive est « muette » à ce sujet.

A priori, le sous amendement ayant été rejeté, il semble bien que les « exigences environnementales » l’emportent sur la nécessité d’un pavillon attractif et concurrentiel. Mais la tendance du moment, très pro-environnementaliste, qui conduit à ce type de dispositions, n’est-elle pas risquée, d’une part au regard des importantes difficultés qu’a connu l’attractivité du pavillon français ces dernières années et, d’autre part, au regard de l’objectif de sécurité maritime, si l’on considère qu’il passe par l’augmentation des pavillons européens ? Reste donc à attendre le débat devant l’Assemblée nationale pour pouvoir se prononcer sur l’avenir de la flotte française.

 

 

 

XXXIème réunion des Parties Consultatives sur l’Antarctique

Danilo COMBA

 

 

 

 

Du 2 au 13 juin s’est tenue à Kiev, Ukraine, la XXXI Réunion des parties consultatives sur l’Antarctique (et XI Réunion du CEP).

Sur la base de l’article 9.2 du Traité de Washington « Toute Partie Contractante ayant adhéré au présent Traité (…) a le droit de nommer des représentants qui participeront aux réunions (…) aussi longtemps qu’elle démontre l’intérêt qu’elle porte à l’Antarctique en y menant des activités substantielles de recherche scientifique (…) » (concernant les parties originaires voir l’article 9.1).

Les documents officiels, notamment le Rapport final, n’étant pas encore disponibles, la note se fondera essentiellement sur les informations disponibles grâce aux sites du Secrétariat sur l’Antarctique, des Organisations ASOC et IAATO, de l’Organisation Hydrographique Internationale et enfin sur la base des précédentes Réunions consultatives.

L’attention scientifique et juridique que les espaces polaires suscitent ces derniers temps, la contemporaine Année Polaire Internationale et les développements des activités au sein de ce système font que plus de 60 Documents de travail et 120 Documents d’informations ont été soumis à l’attention des parties. Développé en 15 points, le programme prévoyait de s’occuper en particulier des évolutions opérationnelles du système grâce à la présentation de nombreux rapports (des parties, des observateurs et de différents experts) ou encore celui du Comité pour la Protection de l’Environnement.

La mise en œuvre du Protocole et de ses annexes reste au centre des débats. En particulier il y avait sur la table la question de l’état de l’application de la Décision 1 du 2005 (relative au contrôle de l’application de l’Annexe VI - responsabilité découlant de situations critiques pour l’environnement -  et relative à la nécessité de formuler des étapes supplémentaires en ce qui concerne le régime de responsabilité établi par l’article 16 du Protocole; II Partie du Rapport Final de la XXVIII RCTA). A cet égard nous rappelons que lors de la XXX Réunion seule la Suède avait complété le processus d’application de l’Annexe VI.

Si les propositions visant à l’établissement de nouvelles aires protégées (selon les différentes classifications établies), les lignes des conduites pour les visiteurs ou encore la construction d’une nouvelle station de recherche ont été vraisemblablement acceptées, d’autres grands problèmes demandent des discussions supplémentaires :  le tourisme, la gestion du trafic maritime et l’amélioration des échanges d’informations.

Selon l’Organisation environnementaliste ASOC, aucune mesure supplétive n’a été adoptée pour mieux réglementer la croissante et diversifiée activité touristique. Ainsi, si le consensus excluant la possibilité d’installer des infrastructures touristiques sur le continent existe, aucune mesure d’interdiction n’a été adoptée. De plus « The largest increase in the past season has been on ships carrying over 500 passengers, (ce que trahit les objectifs poursuivi par la précédente réunion) which do not conduct landings, with more than 13,000 passengers traveling in this fashion in 2007-08, up from 6000 the previous year”.

“The environmental organizations that are members of ASOC regard this failure of Consultative Parties to protect the values of science and environmental protection espoused in the Antarctic Treaty and its Environmental Protocol as warning signs of a serious blockage in the governance system for Antarctica”. Sentinelle aura l’occasion d’en revenir des lors que le Rapport Final sera disponible (ici voir également les documents présentés par l’Organisation touristique IAATO).

Si la précédente réunion avait conduit à une réglementation plus stricte - mais à caractère non contraignant – en ce qui concerne la taille des navires pouvant être utilisés dès lors que l’activité en cause est touristique (ce qui nous avait conduis à affirmer que ces mesures sont l’expression d’une hiérarchie parmi les activités licites à cet endroit, voir Sentinelle ;), les difficultés inhérentes à la navigation de l’Océan austral (voir Sentinelle) et le cadre juridique particulier demande des mesures supplétives. Ainsi par les biais des Etats Membres, auxquels la tache appartient ou est assignée par consensus (à noter le respect des positions respectives dans la définition du sujet compétent ; voir Annexe D), les parties s’occupent de la fourniture de services hydrographiques. Afin d’améliorer la coordination entre les participants, le Comité hydrographique de l’OHI sur l’Antarctique a été crée (recommandation XV-19 et de la résolution 1-1995) et il a été saisi d’un important rôle (voir déjà le rapport rendu en 2007).

Lors des réunions, un séminaire de la Commission Hydrographique Antarctique a eu lieu ; l’objectif était celui d’examiner les mesures plus efficaces pour accroitre la fourniture, et la compétence, de services hydrographiques en Antarctique (Règle 9 du Chapitre V de la Convention SOLAS). Actuellement les données disponibles concernent 59% de l’espace marin.

“In keeping with the Antarctic Treaty no single nation has specific responsibility for charting but all are stakeholders with an international commitment to the safety of life at sea (SOLAS). Accordingly assigning a higher priority to the hydrographic activities, at national levels in each office, monitored and supported by the IHO through the HCA has been identified as one of the most relevant measures that could contribute to improve safety to navigation in Antarctic waters”.


 

Documents de la réunion-

http://www.ats.aq/devAS/ats_meetings_documents.aspx?lang=f

 

Rapport de l’Organisation hydrographique internationale (OHI) sur la « Coopération en matière de levés hydrographiques et de cartographie des eaux antarctiques »

http://www.ats.aq/documents/ATCM31/ip/ATCM31_ip005_f.doc

 

 

 

                                                                                                                                      

Actualité : éléments factuels.

 

Alors que la réunion du G8 remarque l’importance de la recherche internationale et de l’innovation technologique (“We are committed to implementing efforts through the UN specialized agencies and programs -WMO, UNEP, IPCC- and the Global Earth Observation System of Systems – GEOSS -), l’institut météorologique britannique (Met Office), le centre de recherche britannique sur l'Antarctique (British Antarctic Survey) et le gouvernement du Rouyaume-Uni, en collaboration avec Google Earth Outreach, viennent de lancer un nouveau projet, appelé « Climate Change in Our World », montrant de manière immédiate les conséquences du changement climatique sur notre planète.

Cette initiative permet une plus grande sensibilisation de l'opinion publique à ce sujet grâce à un service efficace et d’utilisation immédiate.

« Grâce à un système de dégradé de couleur, le premier calque, réalisé avec le Met Office, illustre l'évolution de la température jusqu'en 2100 dans toutes les régions du monde. Le second, développé en partenariat avec le British Antarctic Survey, met en évidence les zones de l'Antarctique déjà touchées par le réchauffement climatique ».

 L’initiative du BAS favorise la connaissance des évolutions climatiques auxquelles est confronté le grand continent Antarctique (en dernier le « Wilkins Ice Shelf »), évolution qui, par la nature même de cet espace, présente dans son analyse d’importantes difficultés.

La zone la plus largement touchée, comme il est aisément compréhensible, est la Péninsule Antarctique. Ici, avec toutes les conséquences qui peuvent en dériver, la présence de la glace est loin de celle que connait le continent. La température moyenne est augmentée de 3° dans les dernières 50 années (il y a deux ans le SCAR parlait de 5°). Since the 1950s, a total of 25 thousand km2 of ice shelf has been lost from around the Antarctic Peninsula. In volume this is the equivalent of the UK domestic water requirement for around 1000 years”.

Parallèlement il est à noter que le projet Epica, le carottage qui a permis pour la première fois de reconstituer l'évolution des teneurs en dioxyde de carbone et en méthane dans l'atmosphère sur 800.000 ans, a permis d’analyser la composition des bulles d'air capturées dans la glace de l'Antarctique (à une profondeur dépassant les 3000 m.).

Ce travail confirme le lien observé entre les températures enregistrées en Antarctique par le passé et les teneurs atmosphériques en CO2 et CH4. Autre observation capitale : jamais, sur les derniers 800.000 ans, les teneurs en gaz à effet de serre n'ont été aussi élevées qu'aujourd'hui.

Nous signalons encore que la Norvège, seul pays à avoir des revendications sur les deux pôles, a mis en place un système de stations satellites (KSAT Pole-to-Pole service) qui permettent la surveillance des changements climatiques à partir des pôles. Grâce aux stations satellites dans l'Antarctique (TrollSat) et dans l'Arctique (SvalSat), des informations sur les modifications du climat de la planète seront reçues plus rapidement.

 

 

Documents

Extrait du Rapport 2007 de l’Organisation hydrographique internationale (OHI) sur la «Coopération en matière de levés hydrographiques et de cartographie des eaux antarctiques»

a) Levés hydrographiques réalisés.

Après avoir examiné les rapports nationaux soumis au CHA, le Comité a exprimé son inquiétude du fait que les pays membres du CHA effectuent extrêmement peu de levés hydrographiques. (…)

Le Comité a débattu sur la Règle 9 du Chapitre V de la Convention SOLAS demandant aux gouvernements adhérents d’organiser la fourniture de services hydrographiques et leur mise en application dans le secteur du Traité sur l’Antarctique. En bref, le Comité aimerait connaître la position du Secrétariat du Traité sur l’Antarctique quant à savoir qui doit assumer l’obligation/responsabilité de la fourniture de services hydrographiques dans l’Antarctique. Le Comité demande également à l’OMI son opinion sur la question. (…)

Conclusions

1. La coordination et la coopération existantes entre les membres du CHA de l’OHI et d’autres organisations internationales intéressées par l’Antarctique sont excellentes. L’ATS devrait tirer parti de cette situation et inciter ses membres à accorder une priorité bien plus élevée aux activités de levés hydrographiques. Si cela ne s’améliore pas, la structure en place et tous les efforts conjugués sont inutiles.

2. La disponibilité des cartes INT s’accroît lentement, du fait du manque de nouvelles données hydrographiques et de la faible priorité accordée aux activités hydrographiques et cartographiques dans l’Antarctique, au niveau national. La forte préoccupation de l’ATS concernant la protection de l’écosystème dans l’Antarctique, ne correspond pas à la faible priorité accordée aux activités hydrographiques et cartographiques visant à améliorer la sécurité de la navigation et la protection de l’environnement marin.

Convention SOLAS

OMI: Brève explication du Chapitre V.

Chapter V - Safety of navigation

Chapter V identifies certain navigation safety services which should be provided by Contracting Governments and sets forth provisions of an operational nature applicable in general to all ships on all voyages. This is in contrast to the Convention as a whole, which only applies to certain classes of ship engaged on international voyages.

The subjects covered include the maintenance of meteorological services for ships; the ice patrol service; routeing of ships; and the maintenance of search and rescue services.

This Chapter also includes a general obligation for masters to proceed to the assistance of those in distress and for Contracting Governments to ensure that all ships shall be sufficiently and efficiently manned from a safety point of view.

The chapter makes mandatory the carriage of voyage data recorders (VDRs) and automatic ship identification systems (AIS) for certain ships

 

 

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