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CS : Prorogation du mandat de la Force des Nations Unies chargée du
maintien de la paix à Chypre.
PROVENCE Anne Laure
Documents :
Résolution du Conseil de sécurité depuis 1999 :
Résolution 1789 du 14 décembre 2007
Résolution 1728 du 15 décembre 2006
Résolution 1687 du 15 juin 2006
Résolution 1642 du 14 décembre 2005
Résolution 1568 du 22 octobre 2004
Résolution 1548 (2004) du 11 juin 2004
Résolution 1475 (2003)
Résolution 1486 (2003)
Résolution 1517 (2003)
Résolution 1416 (2002)
Résolution 1442 (2002)
Résolution 1354 (2001)
Résolution 1384 (2001)
Résolution 1303 (2000)
Résolution 1331 (2000)
Résolution 1283 (1999)
Résolution 1251 (1999)
Résolution 1250 (1999)
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Le 13 juin 2008, le Conseil de Sécurité a adopté la
résolution 1818 relative à l’île de Chypre. Cette résolution,
prise sur la base du
rapport S/2008/353 du Secrétaire général, proroge le mandat de la
Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix (UNFICYP)
sur l’île jusqu’ 15 décembre 2008. Il a également demandé aux deux
parties chypriotes d’engager « d’urgence » des consultations avec la
Force sur la démarcation de la zone tampon et sur l’aide-mémoire des
Nations Unies de 1989, afin de parvenir rapidement à un accord sur les
questions en suspens. De plus, la résolution, adoptée à l’unanimité,
exhorte les parties à donner suite à l’élan acquis et à poursuivre
leurs efforts pour définir dans la plus grande mesure possible les
domaines de convergence et de désaccord. Il les exhorte également à
veiller à ce que des négociations véritables puissent commencer
rapidement et sans heurt, conformément à l’accord du 21 mars et à la
Déclaration conjointe du 23 mai (Documents accessibles aux annexes du
rapport du SG
S/2008/353).
L’accord du 21 mars et la Déclaration conjointe, ont montré une
volonté politique renouvelée, de la part des gouvernements chypriotes
grecs et turcs, de soutenir les efforts de l'Organisation des Nations
unies et d'y participer pleinement et de bonne foi. Ils réaffirment
l'attachement des dirigeants à une fédération bicommunautaire,
bizonale et à l'égalité politique, comme il est envisagé dans les
résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, notamment la
résolution 1251 du 29 juin 1999, et manifesté l'intention
d'envisager de nouvelles mesures de confiance civiles et militaires.
L’accord du 21 mars a porté la création de groupes de travail et de
comités techniques qui ont posés les fondements de véritables
négociations, en toute bonne foi, sur un règlement global et durable,
sous les auspices de la mission de bons offices du Secrétaire général.
Le Conseil avait d’ailleurs accueilli cet accord avec « une grande
satisfaction » (Communiqué
de presse) dans une Déclaration du président du Conseil.
Le partenariat évoqué, dans la Déclaration conjointe du 23 mai, par
les deux dirigeants disposera d'un gouvernement fédéral, qui
représentera une personnalité juridique unique au niveau
international, ainsi que d'un État constitutif chypriote turc et d'un
État constitutif chypriote grec qui jouiront du même statut. Le
dirigeant chypriote grec, Demetris Christofias et son homologue turc,
Mehmet Ali Talat, ont ainsi réaffirmé leur engagement à la création
d'une fédération bicommunautaire et bizonale.
La résolution 1818 prend acte des progrès accomplis sur l’île en vue
du règlement global de la situation et salue notamment l’ouverture du
point de passage de la rue Ledra qui a contribué à renforcer la
confiance et l’interaction entre les deux communautés. Malgré les
efforts entrepris, certains problèmes demeurent notamment le
rétablissement à Strovilia du statu quo militaire antérieur au 30 juin
2000, par la partie chypriote turque et les forces turques.
Les réaction ne se sont pas faite attendre : la France
s’est réjouie de l’adoption de cette résolution, le jour même ; et
à la conclusion de son voyage à Chypre le 18 juin, le Secrétaire
général adjoint aux affaires politiques, B. Lynn Pascoe, a
déclaré qu'il demeurait optimiste quant au développement de la
situation dans le pays, les dirigeants chypriotes grec et turc étant «
partis d'un bon pied avec l'appui solide de l'ONU ».
« L'attente au plan international est considérable. Nous voulons que
ça marche et le plus tôt sera le mieux ». Espérons que la volonté
politique des deux parties chypriotes associées aux efforts des
Nations Unies aboutira au règlement de la situation sur l’île, où
l’ONU a envoyé une force d’interposition en 1964 (Résolutions
186). |

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Nucléaire : propositions révisées EU+6
faites à l'Iran
Anne
RAINAUD
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Les 13 et 14 juin 2008, Javier Solana s'est rendu en personne pour
rencontrer certains des hauts responsables iraniens (Manouchehr
MOTTAKI, ministre des Affaires Etrangères et Saeed JALILI, Secrétaire
du Conseil national suprême de la sécurité) afin de sortir par la voie
diplomatique de la situation délicate dans laquelle se trouve et
l'Iran et la communauté internationale. Parlant en tant que Haut
représentant de la PESC, mais aussi au nom des 6 Etats parties
prenantes dans cette négociation (Allemagne, Chine, Etats-Unis,
France, Royaume Uni, Russie, P3 (UE) +3) Mr. Solana a fait une série
de propositions, une "offre vaste et généreuse" selon la conférence de
presse qu'il a tenue sur le sujet (cf.
document Conseil Union Européenne S211/08 du 14 juin 2008)
L'union Européenne et les 6 Etats précités ont ainsi fait une
proposition à l'Etat iranien (cf.
document S210/08) à même de satisfaire l'ensemble des
protagonistes ; la formule de Javier Solana est éclairante tout en
soulignant la nécessité pour l'Iran de se conformer à ces obligations
internationales : "There is a potential win-win here: Iran gets
cooperation from the international community and the international
community gets the reassurance it needs that Iran's nuclear programme
is of a peaceful nature.
In order to move forward, the Iranian leadership knows very well the
condition. Cooperation with the International Atomic Energy Agency has
to be total and the UN Security Council resolutions have to be
implemented in full".
L'offre de coopération reprend largement la version de l'offre déjà
présentée en juin 2006 (cf.
propositions du 6 juin 2006) et alors rejetée par les responsables
iraniens; elle est néanmoins présentée comme le point de départ pour
de réelles nouvelles négociations et comme "une solution complète, à
long terme et pacifique, du problème nucléaire iranien". Les
propositions synthétiquement sont ainsi les suivantes :
- il s'agit de permettre à l'iran de développer un programme moderne
sur l'énergie nucléaire, lui garantir l'approvisionnement en
combustible nucléaire, l'aider dans la gestion des déchets nucléaires,
soutenir ses programmes de R&D, y compris dans le domaine nucléaire
mais uniquement une fois la confiance revenue. L'UE+5 reconnaît donc
le droit de l'Iran à développer la recherche, la production et
l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques, en
conformité avec les obligations du Traité de non-prolifération.
- coopération envisagée dans de très nombreux domaines : la sécurité
régionale au Moyent Orient, la libéralisation du commerce, partenariat
dans le domaine de l'énergie, environnement, infrastructure,
transport, communications, science et technologie , high-tech,
modernisation de l'agriculture, éducation, gestion de l'urgence,
aviation civile...
La volonté de négocier doit se comprendre sous l'angle d'une volonté
de voir une évolution : en cas de non réponse de l'Iran, le jeu des
sanctions deviendra prioritaire. En l'occurrence, le Conseil de
l'Union Européenne a décidé de prendre des nouvelles "mesures
restrictives à l'encontre de l'Iran" si on reprend l'intitulé de la
décision du Conseil du 23 juin 2008 mettant en œuvre l'article 7,
paragraphe 2, du règlement (CE) no 423/2007 ; elle ne fait que
modifier le
règlement (CE) n° 423/2007 du 19 avril 2007 comme celui-ci l'y
autorise, en élargissant la liste des personnes, des organismes et des
entités visée à l'article
7, paragraphe 2 du règlement précité.
Ces mesures assimilées à une aggravation des sanctions contre l'Iran
ne met pas celle-ci dans un climat serein; selon l'agence de presse de
la République islamique, " le vice-ministre iranien des Affaires
étrangères, Mahdi Safari a affirmé que l'Iran retirerait ses fonds
dans l'Union européenne pour les investir dans d'autres régions en
réponse aux sanctions de l'UE contre le pays" ... et que "l'UE subira
des "pertes" si elle participe à des sanctions contre l'Iran, (...)
car l'Iran a "des ressources de gaz et de pétrole que tout le monde
veut acheter" (cf.
communiqué de presse IRNA du 26 juin 2008). De même, en réaction
"aux décisions partiales de l'Union européenne d'appliquer des
sanctions financières contre l'Iran, le porte-parole du ministère
iranien des Affaires étrangères a conseillé aux 27 pays de respecter
les droits légitimes du peuple iranien (;..); il a également "souligné
que l'Iran dénonçait les approches illogiques et contradictoires de
l'Europe qui ont décidé d'appliquer des sanctions contre l'Iran alors
que le paquet de propositions incitatives des deux parties étaient en
train d'être examinés"(cf.
communiqué de presse IRNA du 24 juin 2008).
Article 7, paragraphe 2
du
règlement (CE) n° 423/2007 : "Sont gelés tous les fonds et
ressources économiques qui appartiennent aux personnes, entités ou
organismes cités à l’annexe V, de même que tous les fonds et
ressources économiques que ces personnes, entités ou organismes
possèdent, détiennent ou contrôlent. L’annexe V comprend les personnes
physiques et morales, entités et organismes non cités à l’annexe IV
qui ont été reconnus conformément à l’article 5, paragraphe 1, point
b), de la position commune 2007/140/PESC:
a) comme participant, étant directement associés ou apportant un appui
aux activités nucléaires de l’Iran posant un risque de prolifération;
ou
b) comme participant, étant directement associés ou apportant un appui
à la mise au point par l’Iran de vecteurs d’armes nucléaires; ou
c) comme agissant au nom ou sur les instructions d’une personne, d’une
entité ou d’un organisme visé aux points
a) ou b); ou
d) comme une personne morale, une entité ou un organisme détenu ou
contrôlé par une personne, une entité ou un organisme visé aux points
a) ou b), y compris par des moyens illicites".
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La question des sanctions
contre l'Iran : le consensus et l'action
La mesure adoptée par le Conseil
de l'Union européenne à l'égard de l'Iran le 23 juin dernier
illustre bien ce
propos de la Ministre israélienne des affaires étrangères :
"The (...) problem is the need
for a consensus. We must remember that Europe today has practically
turned into one unit, and in making decisions - certainly of the
kind needed in our context or with regard to actions we demand of
Europe - they need a consensus. They need a consensus in the
Security Council when it comes to Iran. A consensus is important but
it also has a price, because in any dialogue about necessary
sanctions or actions, the first price paid is a very low common
denominator which is therefore less effective".
Jusqu'à
présent le Conseil de sécurité et l'Union européenne ont adopté des
sanctions non afflictives, des sanctions qui ne sont pas
essentiellement destinées à causer un dommage à l'Etat visé, mais
devraient le gêner dans la poursuite ou le développement d'activités
illicites. Un embargo sur des biens qui ne relèvent pas de la
filière nucléaire ou militaire, une sanction affectant les intérêts
économiques de l'Iran dans leur globalité, etc. traduiraient une
évolution de l'attitude envers l'Iran et supposeraient, aux yeux de
plusieurs Etats, un changement réel de la situation de l'Iran, tel
que celui qu'impliquerait la certitude officielle de l'existence
d'un programme nucléaire militaire. Néanmoins la nouvelle décision
de l'Union européenne aggrave nettement les sanctions et, sous
couvert d'application de la Résolution 1803, elle pénalise
l'économie iranienne dans son ensemble. Ce très bref dialogue est à
cet égard très éclairant :
"(Confirmez-vous que
l'Union européenne s'apprête à prendre des sanctions contre la
banque iranienne Melli comme vient de l'annoncer Gordon Brown ?)
Comme elle l'a fait par le
passé lors de l'adoption de résolutions similaires, l'Union
européenne travaille sur des mesures de mise en œuvre de la
résolution 1803 du Conseil de sécurité" (France, Actualités
diplomatiques du ministère des Affaires étrangères, Point de
presse du 16 juin 2008).
Derrière l'apparente
continuité de l'action européenne la décision du 23 juin 2008
marque un passage à un niveau supérieur. La liste des personnes
physiques et morales est très longue (15 personnes et 16
entités) et surtout y figure la Banque Melli, la première banque
commerciale d'Iran. Ses activités à Hambourg, Londres et Paris
sont désormais interdites et, même si les autorités iraniennes
ont eu le temps de déplacer les capitaux vers l'Asie, la
décision européenne ne devrait pas être sans conséquences sur le
plan financier et économique. Melli est la première
institution financière du pays avec plus de 3.100 succursales,
dont 16 à l'étranger. Elle compte 45.000 employés pour un
capital de 32 milliards de dollars. L'activité commerciale de
l'Iran en Europe se complique et surtout l'ensemble du secteur
bancaire dans cette région est concerné par la mise au ban de la
Banque Melli.
Madame
Livni semble dire qu'il y a des timorés et puis, il y a les
courageux qui sont prêts à payer le prix de l'action. Les Israéliens
seraient évidemment exemplaires de la seconde catégorie et cette
attitude illustrerait le fossé qui s'est creusé entre Israël et la
Communauté internationale. L'impatience que manifeste l'Etat juif
dans l'affaire iranienne est compréhensible. Toutefois le consensus
n'est pas une faiblesse, mais une force, une grande force, et il
importe aujourd'hui que les 6 (P3 (UE) +3) préservent l'unité dans
cette période de montée en puissance de la réaction collective face
à l'Iran.
En
élargissant le propos il n'est pas inutile de rapporter cette
analyse du Ministre français des affaires étrangères :
"... Concernant le dossier
iranien, George Bush a dit qu'aucune option n'est exclue. Cette
vision des choses est-elle vraie également pour la France, y compris
l'option militaire ?
R - Nous n'en sommes pas là du
tout. Non, George Bush n'a pas dit qu'il allait bombarder ou qu’il
utiliserait une option militaire.
Il s’est exprimé comme bien des
leaders, les Russes, les Chinois, tout le monde est d'accord. Nous
avons adressé une lettre proposant le dialogue mais en même temps,
il est vrai qu’il faut des sanctions. Personne n'acceptera qu'il y
ait une bombe menaçante, comme toutes les bombes d'ailleurs, mais,
dans les mains de M. Ahmadinejad, elle l'est plus qu'ailleurs" (source).
(PW)
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Point
de presse du 24 juin 2008 de la porte-parole du Quai d'Orsay
3 -
IRAN/NUCLEAIRE
(Comment
allez-vous mettre en oeuvre les mesures prises hier à Bruxelles
au niveau français ? Y a-t-il un calendrier déjà établi ?)
Ces mesures
ont été adoptées dans le cadre d'un mécanisme qui a été décidé
lors de l'application de la résolution 1737. Par ce mécanisme,
l'Union européenne peut ajouter des entités et des individus aux
listes du Conseil de sécurité des Nations unies. Vous vous
référez à ce qui s'est passé hier : la décision du Conseil des
ministres d'hier, nous allons bien sûr l'appliquer. Vous avez
noté que la liste adoptée hier était très étendue. Cette liste
est publique, il y a la banque Melli, qui est la première banque
commerciale iranienne, et il y a d'autres entités ou individus
de premier plan dont les 27 estiment qu'ils participent aux
opérations iraniennes de prolifération.
Je vous
rappelle à cette occasion l'offre que nous avons faite aux
autorités iraniennes et qui a été présentée par M. Solana. Nous
avons pris cette décision hier parce que nous attendons que
l'Iran manifeste son intention de négocier réellement. Or, nous
avons noté quelques déclarations qui montrent malheureusement
que les Iraniens ne veulent toujours pas suspendre leurs
activités sensibles contrairement à ce que demande le Conseil de
sécurité. Les sanctions ne sont pas une fin en soi : nous avons
une double approche qui allie dialogue et fermeté. Nous avons
mis une offre sur la table et nous appelons l'Iran à faire le
choix de la coopération et non de la confrontation, en
suspendant ses activités sensibles pour que les Six et l'Iran
puissent entreprendre des négociations.
(Concernant
la liste des sanctions supplémentaires : est-ce que cela traduit
un signe d'impatience, parce qu'il n'y avait pas un délai
déclaré pour une réponse ?)
Je vous ai
dit que si nous avions adopté cette décision hier, c'est parce
que nous regrettions de ne pas constater du coté iranien la
volonté de suspendre les activités sensibles.
(C'est pour
accentuer les pressions ?)
C'est pour
accroître la pression bien sûr. Mais toujours dans l'optique que
j'ai rappelée : négociation et fermeté. Notre objectif est une
solution négociée, une négociation avec l'Iran qui aura accepté
de suspendre les activités sensibles comme le lui demande la
communauté internationale.
(Quel est
l'état actuel du statut des avoirs iraniens dans les banques en
France ? Sont-ils gelés ?)
Il s'agit
d'une question très technique. Cela doit dépendre des avoirs.
Nous allons nous renseigner.
(Quelle est
exactement la situation de la participation iranienne dans
Eurodif ?)
On me dit que
vous en trouverez le détail dans le document de référence d'Areva
pour l'année 2006.
(Vous nous
avez indiqué vendredi dernier les raisons pour lesquelles les
offres ''approfondies'' faites aux autorités iraniennes avaient
été présentées si tard. Est-ce qu'il est prévu que d'autres
offres plus approfondies encore soient présentées ?)
Pourquoi
dites-vous ''si tard'' ? Nous attendons toujours de la partie
iranienne qu'elle manifeste sa bonne volonté en suspendant ses
activités sensibles. Nous faisons aujourd'hui cette offre très
approfondie. Vous êtes en train de nous demander si nous allons
encore l'approfondir. Je trouve la question un peu étrange.
Avant de savoir si nous allons encore l'approfondir, nous
attendons la réponse à notre offre qui, je le répète, est très
approfondie dans tous les domaines, en particulier pour la
coopération dans le nucléaire civil. Nous attendons la réponse
iranienne et nous espérons que cette réponse sera positive.
(Les Iraniens
vous reprochent de ne pas leur laisser le temps de répondre ?)
Il faudrait
savoir : monsieur me dit que l'on prend trop de temps et vous me
dites qu'on ne leur laisse pas assez de temps. Laissons les
Iraniens examiner notre offre qui est très approfondie et très
conséquente et attendons leur réponse. Nous espérons vraiment
que l'Iran va accepter de rentrer dans la négociation mais,
comme je l'ai rappelé, pour rentrer dans la négociation il faut
que l'Iran suspende ses activités sensibles.
(Concernant
la décision d'hier contre la banque ? Ne croyez-vous pas que
cette action trop pressée aggravera la situation ?)
Je ne crois
pas. Dans la double approche qui est la nôtre, il est important
de maintenir la pression pour amener les Iraniens à faire le
choix de la négociation.
(Le
porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien a
critiqué la décision de l'Union européenne d'imposer de
nouvelles sanctions au moment ou Téhéran étudie l'offre
approfondie et considère qu'il y a une approche paradoxale de la
part des Européens ?)
Nous
cherchons vraiment à amener les autorités iraniennes à négocier
avec nous. Nous constatons que du côté iranien il n'y a pas
d'évolution, et nous notons les déclarations qui disent que
l'Iran ne veut pas suspendre ses activités sensibles. La
décision d'hier est donc un élément de pression pour amener les
autorités iraniennes à changer d'attitude, à appliquer les
résolutions du Conseil de sécurité, à venir dans la négociation
et pour cela à suspendre les activités sensibles, en particulier
tout ce qui est lié à l'enrichissement de l'uranium.
(Je ne
comprends pas la chronologie des choses. M. Solana est parti à
Téhéran avec cinq directeurs politiques afin de proposer une
nouvelle offre aux Iraniens avec un addendum qui proposait une
discussion possible concernant les modalités de négociations
futures. Dix jours plus tard, on impose des sanctions, sans que
l'Iran ait répondu à l'offre. Cela a-t-il été décidé par les 27
eux-mêmes ou bien ces sanctions étaient-elles déjà en discussion
?)
Nous
constatons que lorsque les Iraniens font des déclarations
publiques, c'est toujours pour dire qu'ils ne suspendront pas
leurs activités sensibles. Et, en particulier depuis que M.
Solana est venu présenter cette offre, des déclarations de ce
type ont été faites par les autorités iraniennes.
Nous
attendons une réponse iranienne et nous espérons que cette
réponse sera positive. La décision prise hier par les 27 est un
moyen de pression sur l'Iran afin de l'amener à changer
d'attitude, à suspendre ses activités sensibles et à entrer dans
la négociation. C'est l'intérêt de l'Iran, c'est aussi notre
intérêt et c'est l'intérêt de toute la communauté internationale
qu'il y ait une coopération entre nous tous.
Attendons
maintenant la réponse iranienne concernant l'offre qui a été
déposée par M. Solana.
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Accord de coopération sur le nucléaire
civil Etats-Unis/ Russie
Anne RAINAUD
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Les
Etats-Unis développent avec nombre d'Etats des relations bilatérales
dans un but de coopération en matière d'énergie nucléaire civile.
Parmi les derniers notables accords menés par les Etats-Unis sur ce
terrain, des rapprochements sont tentés avec deux Etats nucléaires "à
forte personnalité", l'Inde et la Russie; certes la situation de ces
deux Etats n'est pas comparable, mais nous verrons que le récent
accord Etats-Unis/ Russie du 6 mai 2008 peut, tout comme
l'antérieur
accord Etats-Unis/ Inde (3 août 2007), rester lettre morte du fait
d'un blocage parlementaire. Si la Russie est Partie au
TNP (cf.
état des ratifications par la Fédération de russie des traités sur les
armes), ce n'est pas le cas de l'Inde
qui a toujours refusé d'adhérer à ce traité, malgré ses activités dans
ce domaine. Ainsi, 10 ans après les essais atomiques indiens
(immédiatement suivis par ceux du Pakistan), l'Administration Bush a
cherché à réhabiliter l'Etat indien (qui était sous embargo sur les
matériels sensibles) et lui permet par cet accord d'obtenir un
véritable statut de puissance nucléaire. Si le Congrès des Etats-Unis
suivra son Président, le parlement indien fera pour sa part opposition
et laissera la question non aboutie (activisme sur ce point du parti
communiste, allié du Premier ministre Manmohan Singh). Quant à
l'accord avec la Russie, c'est ici une association d'intérêts dans un
domaine extrêmement sensible sur le plan de la souveraineté étatique
et ce, avec le frère ennemi de la guerre froide. Ces accords sont,
sans surprise, l'aboutissement d'assez longues négociations dont on
peut trouver des traces dès 2006 (au moins). En l'occurrence, dans le
cas de la Russie, V. Poutine, aura joué un rôle déterminant avant
qu'il ne quitte son poste de président de la Fédération.
Selon le message
de la Maison Blanche, cet accord était une priorité des deux
présidents : "The conclusion of this agreement, which advances
U.S.-Russia nonproliferation and civil nuclear energy cooperation
goals, has been a priority for both President Bush and President
Putin".
Cette pratique d'accords de coopération bilatéraux dans le nucléaire
civil est néanmoins courante.
Le président Bush
le soulignait pour banaliser la signature de l'accord avec la Russie :
"Currently, the United States has in force 22 bilateral agreements for
peaceful nuclear cooperation, including an agreement with the European
Atomic Energy Community (Euratom) permitting cooperation with the 27
Member States of the European Union" (cf.
communiqué de la Maison Blanche du 6 mai 2008).
Cependant, l'exécutif aux Etats-Unis se heurte lui-même
dans cette démarche au Congrès et notamment au Sénat qui peut parfois
jouer un rôle décisif dans le fameux "checks and balances".
L'Accord
de coopération Etats-Unis Russie sur les usages pacifiques de
l'énergie nucléaire s'incrit dans un contexte contradictoire : à
l'optimisme de la Maison Blanche s'oppose le Sénat qui cherche à faire
pression sur la politique russe menée à l'égard de l'Iran.
1.Un
accord essentiel pour la coopération Etats-Unis Russie dans le domaine
de l'énergie nucléaire.
Cet
accord coopération (également appelé accord 123 par référence à la
section 123 de la loi sur l'énergie atomique de 1954 révisée -Atomic
Energy Act of 1954-)
est considéré par l'exécutif américain comme une base juridique
fondamentale afin de développer la coopération entre ces deux Etats
dans le domaine des usages pacifiques de l'énergie nucléaire. Il
fournira notamment un cadre pour des ventes commerciales potentielles
de produits nucléaires civils de la Russie par des sociétés
américaines. Il préparera également le terrain pour des "initiatives"
à venir sur l'énergie nucléaire et la non-prolifération. En ce sens
cet accord est dans la totale continuité des divers rapprochements
formalisés entre ces deux Etats, notamment : la récente déclaration
Etats-Unis Russie du sommet de Sochi (6 avril 2008,
Strategic Framework Declaration Sochi Summit), la
déclaration États-Unis Russie de juillet 2007 sur l'énergie nucléaire
et la non-prolifération, le
partenariat global globale pour l'énergie nucléaire (GNEP), ou
encore l'ancien accord de 1993 sur l'uranium hautement enrichi (highly
enriched uranium) extrait des armes nucléaires (HEU
Agreement).
Une
rapide exégèse de l'accord peut se résumer ainsi quant aux objectifs
de coopération poursuivis:
-
coopération scientifique et recherche sur l'énergie
nucléaire dont les réacteurs nucléaires, le cycle du combustible, sur
la fusion thermonucléaire, sur la gestion des déchets nucléaire,
-
sûreté nucléaire et radioprotection,
- industrie nucléaire et commerce : cet aspect est notamment développé
aux articles 3 et 4 de l'accord,
-
cargaisons de "material moderator" (c'est à dire
essentiellement de l'eau lourde ou tout autre matière intervenant dans
le processus de fission (cf. définition donnée au point 7 de l'article
1er), matériel nucléaire (cf. définition donnée au point 8 de
l'article 1er), technologies et équipements (cf. définition donnée au
point 2 de l'article 1er), services dans le domaine du cycle du
combustible, autant pour leur usage aux Etats-Unis qu'en Fédération de
Russie,
-
questions relatives à l'usage pacifique de l'énergie
nucléaire, dont non prolifération, garanties de l'AIEA et protection
de l'environnement
-
le transfert de technologie nucléaire sensible ne
pouvant se faire que par le biais d'un amendement à cet accord du 6
mai 2008; de même le transfert de matériel nucléaire ne pourra
permettre un enrichissement supérieur à 20 pour cent.
L'accord de coopération devrait permettre aux Etats-Unis et à la
Russie par ce rapprochement de mieux répondre, selon la présentation
faite outre Atlantique, aux défis du 21ème siècle comme l'augmentation
des besoins en énergie, le problème des gaz à effet de serre, la non
prolifération nucléaire notamment grâce au recours à des technologies
les plus récentes présentant un moindre risque de prolifération
nucléaire, la lutte contre le terrorisme nucléaire, une meilleure
maîtrise du cycle du combustible. Il s'inscrit donc dans un contexte
de négociation générale sur ce thème ; ainsi signalons qu'en marge de
cet accord des discussions se sont tenues sur des points extrèmement
intéressants, notamment sur la question d'un centre international pour
l'enrichissement de l'uranium(cf.
déclaration de John C. Rood, sous l'autorité du Secrétaire d'Etat pour
le contrôle des armes et la sécurité internationale, du 12 juin 2008):
la Russie a proposé la création d'un tel centre afin d'éviter que les
Etats ne développent par eux-mêmes leurs propres capacité
d'enrichissement. Un centre international d'uranium enrichi existe
déjà entre la Russie et le Kazakhstan, lequel pourrait servir sinon de
base au moins de modèle sur la base duquel s'inspirer pour l'avenir.
L'idée n'est pas nouvelle et les grands traités fondateurs sur le
nucléaire avaient déjà envisagé des mécanismes d'internationalisation
; mais cela n'a jamais été soutenu en pratique.Il est étonnant de ne
voir nullement mentionné dans cette déclaration une quelconque
allusion à l'AIEA, mais peut-être celle-ci est-elle implicite.
2.
Le Sénat des Etats-Unis s'invite dans la négociation.
Si
le Congrès des Etats-Unis ne s'oppose pas à cet accord pendant un
délai de 90 jours (la Douma ne menaçant pas pour sa part l'exécutif de
la Fédération de Russie) à compter de sa transmission, celui-ci est
alors prévu pour une durée de 30 ans. Or il s'avère que le 18 juin
2008, une proposition de loi du Sénat risque de bloquer le processus
en imposant un accord conditionnel : en effet, selon ce texte, les
Etats-Unis ne peuvent pas mettre en vigueur l'accord conclu avec la
Russie sur la coopération conforme au chapitre 123 de l'Acte d'énergie
nucléaire et ne peuvent pas exporter vers la Russie des matériaux ou
biens, services et technologies nucléaires jusqu'à confirmation par le
président américain au Congrès que la Russie a suspendu son soutien
nucléaire et toutes les livraisons d'armes conventionnelles et de
missiles à l'Iran et que l'Iran n'aura pas suspendu de façon complète,
vérifiable et irréversible son programme d'enrichissement d'uranium
(cf.
description of an original bill titled the "iran sanctions act of
2008” Scheduled for Markup by the Senate Committee on Finance on June
18, 2008 : Paragraphe III : Nuclear Energy and Cooperation, A:
U.S. – Russia Nuclear Cooperation, Description of Proposal : "The
proposal provides that the Untied States may not enter into a 123
Agreement with Russia.
The proposal
further provides that the United States may not issue licenses for the
export of any nuclear material, facilities, components, or other
goods, services, or technology that fall within the scope of the 123
Agreement. Moreover, the United States may not approve the direct or
indirect transfer or retransfer to Russia of any nuclear material,
facilities, components, or other goods, services, or technology that
fall within the scope of the 123 Agreement. These prohibitions remain
in place unless the President certifies to Congress that (1) Russia
has suspended all nuclear assistance to Iran and all transfers of
conventional weapons and missiles to Iran; or (2) Iran has completely,
verifiably, and irreversibly dismantled all nuclearenrichment-related
and reprocessing-related programs".
Déjà le 7 mai 2008, soit le lendemain de la signature
de l'accord par le président du groupe nucléaire russe Rosatom Sergueï
Kirienko et l'ambassadeur américain en Russie William Burns, certains
sénateurs ont demandé au Président Bush de ne pas soumettre cet accord
au Congrès du fait de la politique de la Fédération deRussie à l'égard
de l'Iran (cf.
lettre des sénateurs Norm Coleman et Evan Bayh
Dans
un souci de clarté sur le centre international d'uranium, le Sénat des
Etats-Unis a également subordonné la participation financière des
Etats-Unis dans la mesure où l'AIEA en assurerait le contrôle (cf.
description of an original bill titled the "iran sanctions act of
2008” Scheduled for Markup by the Senate Committee on Finance on June
18, 2008 : Paragraphe III : Nuclear Energy and Cooperation, B.
International Fuel Bank :
"The proposal expresses the sense of Congress that the United States
should support the creation of an international nuclear fuel bank by
the IAEA. The proposal further expresses the sense of Congress that
the President should ensure that the fuel bank has multilateral
support, isunder IAEA control, and has necessary safeguards in place
prior to making a contribution onbehalf of the United States").
U.S.-Turkey
Agreement for Peaceful Nuclear Cooperation (123 Agreement)
U.S.-Turkey
Agreement for Peaceful Nuclear Cooperation
U.S. and
India Release Text of 123 Agreement
United
States and India Complete Civil Nuclear Negotiations
International
Energy Challenges and American Diplomatic Engagement
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Déclaration
de Nuremberg sur la paix et la justice
Aude Vasseur |
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Le 20 juin 2008, l’Allemagne, la Finlande et la Jordanie ont remis au
Secrétaire général et aux Etats membres de l’ONU la
Déclaration de Nuremberg sur la paix et la justice. Cette
déclaration reprend les conclusions d’une conférence internationale
organisée du 25 au 27 juin 2007 sur le thème
« Bâtir l’avenir sur la paix et justice ». Lors de cette
conférence, 10 ateliers interdisciplinaires concernant la paix et la
justice dans le cadre de la consolidation de la paix après les
conflits ont rassemblés des experts venus de plus de 60 pays. En
partant de l’étude d’expériences concrètes de consolidation de la
paix, ils ont étudié les rapports entre la paix et la justice, entre
le développement et la justice et entre les différents systèmes de
justice, internationaux, nationaux et locaux. Les débats ont notamment
porté sur le rôle des médiateurs dans le processus de paix, la
question de l’amnistie, de la légitimité des acteurs de la justice
transitionnelle, notamment des juridictions pénales internationales,
et sur la question de la réconciliation (voir les
documents de la conférence). Dans son
rapport sur la conférence,
SAR le Prince Zeid Ra’ad Zeid Al-Hussein a constaté que les objectifs
de la paix et de la justice pouvaient parfois être contradictoires,
mais qu’il existe un cadre moral et normatif pour résoudre ces
dilemmes.
La Déclaration contient d’abord une définition large de la paix et de
la justice. D’une part, la paix est entendue comme une paix durable et
la consolidation de la paix doit comprendre une approche à long terme
passant par l’endiguement des racines des conflits et la promotion du
développement durable, de l’état de droit et de la gouvernance, et du
respect des droits de l’homme. D’autre part, la justice
transitionnelle comprend la justice criminelle, mais également la
recherche de la vérité, la réparation et les réformes
institutionnelles. La définition de la justice renvoie aussi à la
justice économique qui passe par un accès juste et égal aux biens
publics et l’équité générale dans la société. La prise en compte de la
justice économique confirme la nécessité de tenir compte du partage
des richesses dans les sociétés post-conflictuelles et de l’égal accès
aux ressources naturelles, questions qui pose problème actuellement
dans la résolution du conflit soudanais.
La Déclaration énonce également une série de principes concernant la
paix et la justice dans la phase post-conflictuelle. Elle consacre
d’abord le principe de la complémentarité entre la paix et la justice.
La recherche immédiate de la paix après les conflits ne peut donc se
substituer à la nécessité de rendre la justice. La justice participe
en effet à la reconstruction de la confiance au sein de la société et
dans les institutions, ce qui permet de renforcer la paix à long
terme.
Le deuxième principe concerne la nécessité de mettre fin à l’impunité.
Il souligne l’émergence, notamment grâce à l’entrée en vigueur du
Statut de la Cour internationale pénale, d’une norme juridique
internationale selon laquelle les crimes internationaux intéressant la
communauté internationale dans son ensemble ne doivent pas rester
impunis. L’émergence de cette norme a deux conséquences. D’une part,
elle implique l’interdiction des amnisties pour les auteurs de ces
crimes. Cependant, la Déclaration ne nie pas la nécessité d’accorder
des amnisties dans les situations post-conflictuelles, puisqu’elles
sont souvent complémentaires de la libération des personnes
emprisonnées pendant le conflit et de la réhabilitation de certaines
personnes. Elle indique simplement que l’amnistie ne peut être
accordée aux auteurs de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité
et de génocide. D’autre part, l’émergence d’une norme internationale
concernant l’interdiction de l’impunité des auteurs de ces crimes
implique une extension de la responsabilité de protéger. En effet, la
Déclaration indique qu’elle inclut non seulement l’obligation pour les
Etats de prévenir ces crimes, comme la consécration de la
responsabilité de protéger dans le
Document final du Sommet de 2005 le prévoyait, mais elle oblige
également les Etats à enquêter sur ces crimes et à en poursuivre les
auteurs.
Le troisième principe rappelle que les victimes doivent être
représentées et jouer un rôle central et actif dans la justice
transitionnelle, dans la consolidation de la paix et dans la
réconciliation.
Le quatrième principe consacre le rôle crucial de la légitimité des
stratégies de consolidation de la paix et de justice transitionnelle.
Cette légitimité repose sur le respect des standards internationaux,
mais également sur une appropriation par la population locale. Notons
que, dans le domaine de la consolidation de la paix, la
Commission de Consolidation de la Paix de l’ONU axe ses travaux
sur l’appropriation des mesures de reconstruction par la population.
Dans le domaine de la justice, cette appropriation implique également
un juste équilibre entre l’intervention des institutions de justice
internationales, nationales et locales, qui incluent les processus
traditionnels et communautaires de justice.
Enfin, le cinquième principe insiste sur le fait que la réconciliation
passe par la justice, mais également par la recherche de la vérité
grâce au dialogue entre les anciens groupes antagonistes concernant
les différentes versions du passé.
La Déclaration comprend enfin une série de recommandations visant une
meilleure mise en œuvre de ces principes dans les stratégies des
acteurs internationaux et locaux concernant la construction de la
paix, dans les mesures adoptées pour traiter avec le passé et dans
les stratégies de développement. Les acteurs prenant part à la
consolidation de la paix dans les situations post-conflictuelles, y
compris l’ONU, pourront faire référence à cette déclaration dans leurs
décisions (voir
le communiqué de presse).
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Srebrenica : ouverture d’un procès contre l’Etat néerlandais et l’ONU devant un
tribunal de La Haye
Aude Vasseur
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Le 16 juin 2008, s’est ouvert devant la Cour de district de La Haye un
procès contre l’Etat néerlandais et l’ONU concernant le massacre
de Srebrenica. Les Pays Bas et les Nations Unies sont accusés par un
survivant du massacre et la famille d’une victime d’avoir failli à
leur obligation de protéger la population civile. Rappelons que
l’enclave de Srebrenica avait été qualifiée de zone de sécurité par le
Conseil de Sécurité et placée sous protection des troupes
néerlandaises de la FORPRONU. De nombreux civils avaient trouvé refuge
dans cette enclave, avant que les troupes néerlandaises ne décident de
laisser les troupes commandées par Mladic entrer dans l’enclave. Plus
de 8.000 personnes ont été massacrées. Le TPIY a qualifié ce massacre
de génocide dans plusieurs affaires et est toujours à la recherche de
Mladic.
A cette époque, Hasan Nuhanovic était interprète pour la FORPRONU et
ses parents et son frère sont morts dans le massacre. Les autres
plaignants sont la famille de Rizo Mustafic, qui était employé par la
FORPRONU comme électricien et a également été assassiné. Ils accusent
l’Etat néerlandais d’être responsable de négligence du fait de
l’inefficacité de son armée dans la protection de la population
civile. Ils estiment que les Pays Bas sont responsables de crimes de
guerre, ont été impliqués dans un génocide et ont violé les droits de
l’homme en remettant les civils à l’ennemi.
Cette affaire pose donc le problème de la répartition des
responsabilités entre les Nations Unies et les Etats dans le cadre des
opérations de paix placées sous contrôle du Secrétaire général de
l’ONU. La défense soutient que les troupes néerlandaises étaient sous
contrôle opérationnel de l’ONU et non du gouvernement néerlandais. En
effet, dans ce type d’opération, les Etats mettent leurs troupes à
disposition de l’ONU et le Secrétaire général prend les décisions
opérationnelles et tactiques. Les commandants des bataillons nationaux
sont simplement chargés d’appliquer ces décisions. Les avocats des
plaignants ont cependant affirmé que l’ONU n’est pas en mesure
d’assurer le contrôle opérationnel des troupes néerlandaises, car
l’article 97 § 2 de la
Constitution prévoit que les troupes armées néerlandaises sont
placées sous contrôle suprême du gouvernement néerlandais. Ils
estiment par conséquent qu’elles étaient effectivement placées sous
contrôle du Ministère de la Défense. En effet, une partie de la
doctrine considère que les autorités nationales demeurent responsables
des actions de leurs troupes dans le cadre d’opérations de paix
placées sous commandement du Secrétaire général de l’ONU, car elles en
conservent le contrôle effectif.
La Cour de district de la Haye devrait rendre son jugement le 10
septembre 2008. Elle a également commencé à procéder aux audiences
dans l’affaire dite des « Mères
de Srebrenica ». Il s’agit d’une autre action collective engagée
par une association représentant 6.000 femmes ayant perdu des membres
de leur famille lors du massacre de Srebrenica. Elles cherchent aussi
à faire reconnaître la responsabilité de l’Etat néerlandais et des
Nations Unies pour pouvoir obtenir une réparation et surtout une
reconnaissance de leur part.
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Archive |
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· CEDH -
Grande chambre, décision sur la recevabilité du 31 mai 2007
Behrami et Saramati c. la France, l’Allemagne et la Norvège
Valérie GABARD
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TPIY, Srebrenica, condamnation de Blagojevic et Jokic (A.SAMPO)
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·
TPIY nouveaux verdicts dans l'affaire de Srebrenica: condamnation
de Vidoje Blagojevic et Dragan Jokic, complicité de génocide et
complicité d'extermination (A. SAMPO)
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·
TPIY, transfert du général Milan Gvero à La Haye (A.SAMPO)
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·
TPIY, transfert à La Haye du général Radijove Miletic (A.SAMPO)
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·
TPIY, Srebrenica, transfert du général serbe Pandurevic (A.SAMPO)
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·
TPIY, Srebrenica, Drago Nikolic se rend au Tribunal (A.SAMPO)
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·
TPIY, transfert de Nikolic (Srebrenica) (A.SAMPO)
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·
TPIY, reddition de l'ancien chef de la police serbe de Bosnie (A.
SAMPO)
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·
TPIY, Srebrenica, Popovic plaide non coupable (A. SAMPO)
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·
Présence du président du TPIY aux cérémonies de Srebrenica (A.
SAMPO)
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Débat au Conseil de sécurité au
sujet du conflit frontalier entre l'Erythrée et Djibouti
Prof. Philippe WECKEL
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Le Président en exercice du
Conseil de sécurité, M. Alejandro D. Wolff (États-Unis), a fait
une déclaration à la presse le 24 juin 2008 au sujet de la
situation à la frontière entre Djibouti et l'Erythrée. On notera
en particulier que "les membres du Conseil de sécurité ont demandé
au Secrétaire général d’envoyer une mission d’établissement des
faits à la frontière entre Djibouti et l’Érythrée". L'inquiétude
monte au sujet d'une confrontation militaire entre les deux
pays de la Corne de l'Afrique. Elle entraînerait les forces
françaises stationnées à Djibouti dans la bataille. La France s'y
est engagée fermement.
On commence à comprendre quelle
guêpe a piqué le gouvernement érythréen pour l'entraîner dans ce
conflit frontalier. Jusqu'à présent il était demeuré très discret
sur ses motifs et ses intentions. Devant le Conseil de sécurité le
représentant de l'Erythrée a expliqué que l'Ethiopie avait
installé un camp militaire sur le mont Mussa Ali. Or cet endroit
se trouve être le point de jonction de la frontière entre
l'Ethiopie et l'Erythrée avec la frontière de Djbouti tel que
défini par la Commission des frontières (Ethiopie/Erythrée)
constituée en vertu du Traité de paix d'Alger. Les arbitres ont
procédé comme s'il n'y avait jamais eu de contestation relative à
l'Île de Doumeira et à l'emplacement de la frontière de Djibouti.
Or on voit qu'aujourd'hui
l'Erythrée est tenté de répondre à l'attitude de l'Ethiopie qu'il
analyse comme une provocation remettant en cause le tripoint. Dans
cette situation compliquée que les arbitres de la Commission des
frontières n'ont pas contribuée à simplifier, Djibouti est une
victime collatérale d'un conflit apparemment insoluble. Décidément
l'arbitrage relatif aux frontières entre l'Ethiopie et l'Erythrée
restera comme le règlement juridictionnel le plus calamiteux de
l'Histoire (PW).
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Décision de la Commission d'établissement des
frontières du 13 avril 2002
3) The termination of the
boundary
6.16 Article I of the
1908 Treaty provides that the boundary, running southeast and at
a distance of 60 km from the coast, continues until it joins
“the frontier of the French possessions of Somalia.” The
reference to “the French possessions of Somalia” is understood
by the Parties to refer to the State of Djibouti, which has
ucceeded to “the French possessions of Somalia.” The 1908 Treaty
does not establish a particular place on the frontier with
Djibouti which would become a tripoint by virtue of the Treaty
of 1908, but relies upon the 60 km formula to establish the
location of the tripoint. The termination of the boundary of the
1908 Treaty at its easternmost extremity is the point, 60 km
from the coast, where the boundary line meets the frontier of
Djibouti. The exact location of this point (Point 41) will be
specified in the demarcation phase, taking account of the nature
and variation of the terrain as well as the precision made
possible by large-scale survey maps.
Dans le disposif le tripont avec
la frontière de Djibouti est défini de la manière suivante
n°41 latitude 12/
28.3' longitude 42/
24.(1' Eastern terminus at the border of
Djibouti)
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Speech by Eritrean Permanent Mission to the
United Nations
By
Jun 25, 2008, 18:02
Excellencies,
The Government of Djibouti has been engaged in leveling
incessant and baseless accusations against the Government of
Eritrea for the past two months. These accusations have no
bearing whatsoever with the facts and realities on the ground.
In the event, Eritrea did not respond to the hostile campaign.
Instead it chose the path of restraint and patience.
This was for profound reasons.
Because Eritrea is keenly aware that the provocative campaign
originates from, and is designed and packaged, elsewhere. Indeed,
Djibouti and its people cannot have, by any stretch of
imagination, any interest in this affair. The issue is not, in
reality, an agenda of, or a matter that regards Djibouti.
The fact is there is no good-faith territorial or other dispute
between Eritrea and Djibouti. Djibouti's unwarranted hostile
campaign is underpinned by, and synchronized with, other
ulterior motives and regional developments.
Allow me, Excellencies, to elaborate more on the dimensions and
ramifications of this manufactured crisis.
On 22 April
this year, few weeks before the onset of this unwarranted
campaign, the Ethiopian regime set up a new military camp on
mount Musa-Ali. Ethiopia built a network of winding roads up the
mount, and, deployed offensive, long-range, artillery and heavy
equipment with the apparent knowledge and acquiescence of its
major backers.
Musa-Ali is perked on a border junction of the three countries.
The Eritrea-Ethiopia Boundary Commission (EEBC) has, in the
course of its delimitation and demarcation Awards of the Eritrea-Ethiopia
boundary, determined the respective sovereignties of both
countries at this trilateral junction. Ethiopia's actions, six
years after the EEBC Award, are in flagrant violation of these
determinations.
In spite of these illegal acts of destabilization, Eritrea chose
to keep silent so as to pursue its
established
legal approach with higher focus.
But Eritrea's restraint in the face
of this provocation only aroused further frustration on the
forces who wanted to stir trouble by trampling the rule of law.
A hostile campaign was set in motion and on June 10 this month,
the Government of Djibouti was pushed to launch a provocative
and meaningless military attack on our units in the border.
Furthermore, Djibouti cried foul first to accuse Eritrea for the
very acts that it had perpetrated as the local proverb goes: "a
slingshot hits its target and emits a shrill cry first".
Djibouti thus did not only launch an
unprovoked attack but leveled a trumped up and well-orchestrated
accusation against Eritrea.
What was more appalling was the unbalanced and unwarranted
Presidential Statement that t
he UN Security Council adopted on 12
June this month with the prodding and sponsorship
of the United States.
In spite of all these adversities, Eritrea did not relax but
instead bolstered its restraint.
As I pointed out earlier, the underlying objective of the
military provocation, using Djibouti as
the Trojan Horse, is to divert
Eritrea from the main agenda – its legal pursuit to ensure
Ethiopia's eviction from its sovereign territories in accordance
with the final and binding determinations of the EEBC – and to
embroil Eritrea in another front. The whole idea is to entangle
us in mutual recriminations with Djibouti. This would lead to
endless, fashionable, "mediation missions" and the aggravation
of putative regional crises. This would in turn dilute and
eclipse Eritrea's legal efforts to ensure international action
towards the eviction of Ethiopian occupation from sovereign
Eritrean territories.
That the architects of this "crisis" are officials in the US
State Department and their allies in Addis Abeba is very clear
indeed. As part and parcel of her routine vilification campaigns
against Eritrea, the US Assistant Secretary of State for Africa
claimed, on May 12 last month, that "Eritrea had made an
incursion into Djibouti".
The timing of Djibouti's attack, which coincided with the US
Presidency of the UN Security Council, also speaks volumes in
itself. The Press Statement that the US Administration issued
swiftly at 2:00 a.m. on Wednesday June 11 (just few hours after
the attack) condemning Eritrea of "military aggression" is more
than curious and betrays the game plan. The Peace and Security
Council of the African Union was also "seized on the Eritrea-Djibouti
problem" three times in May under the Chairmanship of the
Ethiopian regime. The same charade occurred with IGAD in Addis
Abeba this month. (These institutions have maintained a
deafening silence on Ethiopia's violations of the AU Charter and
its occupation of sovereign Eritrean territories for the last
six years).
In this light, the new campaign this week in the Security
Council is highly regrettable. Why has Djibouti been prompted to
submit an accusation against Eritrea at this level? Why has the
Security Council been summoned to discuss a dubious and
irresponsible accusation against another Member State with such
hastiness? When the Security Council has kept silent or shown
little, if any, concern to Ethiopia's flagrant violation of
international law and its occupation of sovereign Eritrean
territories, how has it been persuaded now to discuss a
"territorial dispute" that does not exist and where no territory
has been occupied? Why is an unwarranted skirmish that Djibouti
provoked in the first place being misconstrued "as an act of
aggression" (US terminology) that deserves prompt consideration
and action by the UN Security Council? Why is the issue being
blown out of all proportions? We could ask endless
questions.
The Government of Eritrea wishes to underline again that it will
not be plunged - through
provocations, enticements and other
mendacious accusations - into a crisis to become a scapegoat for
misguided policies that have failed miserably in our region.
Indeed, if the Security Council is genuinely concerned in
maintaining regional peace and security, it must look elsewhere.
It cannot, and must not, otherwise target the victim. For the
former to happen, Eritrea believes and humbly requests the
Security Council to examine seriously, and to take appropriate
measures against, the misguided acts of the US Government that
are contributing to the creation, complication and escalation of
conflicts in our region.
Ministère de l'Information
http://www.shabait.com/staging/publish/article_008490.html
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Quelques avancées nationales pour les populations
autochtones :
Reconnaissance par le Canada de sa
responsabilité pour sa politique assimilationniste / Reconnaissance du
peuple Aïnou au Japon / Remise de terres en Nouvelle Zélande.
Karine RINALDI |
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« Les autochtones ont appris à avoir honte
de qui ils sont. Pour cela, nous nous excusons […] le fardeau de cette
expérience […] nous revient directement, en tant que gouvernement et
en tant que pays ». Selon les mots du chef de l'opposition, « en tant
que chef du Parti libéral du Canada, un parti qui a dirigé notre pays
pendant 70 ans, je reconnais notre responsabilité et je m'excuse ».
Avec le but affiché d'assimiler les jeunes
autochtones à la culture européenne majoritaire du pays, de 1874 à
1996 - date de fermeture du dernier pensionnat - plus de 150.000
enfants autochtones avaient été retirés de force à leurs familles et
placés dans 132 établissements financés par le gouvernement fédéral et
dirigés par des religieux. Nombre de ces enfants ont en outre subis
des agressions physiques, psychologiques et sexuelles. Il existe
environ 80 000 survivants, avec un âge moyen de 59 ans. Certains
d’entre eux ont, au cours de cet événement, raconté leurs propres
histoires, comme le chef algonquin Jimmy Papatie, de la communauté de
Kitcisakik, victime d’un prêtre pédophile: « j'avais cinq ans quand je
suis parti au pensionnat. Je suis sorti de là plein de rage. J'ai
consommé. J'ai commis des actes de violence. J'avais 19 ans quand j'ai
tenté de me suicider parce que je n'étais plus capable de vivre avec
des fantômes […]. Même l'argent n'effacera jamais ça de la mémoire ».
Puisqu’en mars 2007 le ministre des
Affaires indiennes de l'époque avait soutenu ne pas avoir besoin de
présenter de telles excuses, ces paroles prononcées le 11 juin dernier
constituent un changement de cap de la politique canadienne. Mais,
bien que cela paraisse indépendant, il ne faut pas oublier que dans ce
pays est sur pied depuis
le 1er juin 2008
une Commission de vérité et de
réconciliation
des pensionnats indiens,
créée sur ordre des tribunaux.
Elle est l'aboutissement d'un accord parmi les survivants des
pensionnats et les représentants des Autochtones,
des églises et du gouvernement du Canada. Son
mandat
est d'aider les Canadiens à connaître et à comprendre la vérité des
séquelles des pensionnats, et de favoriser la réconciliation par
l'instauration de nouvelles relations qui s'appuient sur la
reconnaissance et le respect mutuels : « le processus de vérité
et de réconciliation, qui s'inscrit dans une réponse holistique et
globale aux séquelles des pensionnats indiens, est une indication et
une reconnaissance sincères de l'injustice et des torts causés aux
Autochtones, de même que du besoin de poursuivre la guérison ».
Dans ces pensionnats indiens, au premier abord, deux types d’actes
appelleraient à deux types de réparation : l’assimilation, qui répond
à la volonté de faire disparaître une culture différente, et les
atteintes à l’intégrité personnelle, les violences sexuelles.
Cependant, le viol des filles, en parallèle avec la situation déjà
observée en Afrique ou en ex-Yougoslavie, par exemple, peut également
faire penser à un moyen d’assimilation, le viol pouvant être un moyen
pour
humilier, punir, contrôler, terroriser, éloigner
les femmes et leurs communautés.
Ainsi, bien que des indemnisations soient
prévues, la réparation doit également - et principalement - se faire à
un autre niveau. Comme le reconnaît le Gouvernement, « cette politique
a causé des dommages durables à la culture, au patrimoine et à la
langue des autochtones». Ainsi, l’assimilation venant d’être reconnue
comme néfaste par la Canada (l’OIT avait déjà changé de politique en
1989 par la révision de sa Convention 107 de 1957 !), la diversité
culturelle doit être retrouvée.
Pour réparer ce processus de privatisation des identités culturelles,
il est nécessaire de lutter contre les dénis de droits,
discriminations religieuses, ethniques, le non-respect des conditions
de travail et d’éducation. Les politiques de réparation historique
doivent réparer les effets d’un accès inégal des individus à des
ressources, au marché du travail et du logement et des instances
décisionnelles et symboliques. Par ailleurs, un aspect fondamental est
celui des terres : le
Comité pour l’élimination de la
discrimination raciale avait, dans ses
observations finales de mai 2007
sur la situation au Canada, noté « avec
préoccupation que les revendications portant sur les droits
territoriaux des autochtones sont traitées principalement par la voie
contentieuse, à un coût exorbitant pour les communautés autochtones
concernées vu les positions très conflictuelles adoptées par le
Gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux ». Ainsi, le
Canada devrait mettre en œuvre la recommandation du Comité de régler
les revendications territoriales, le Comité exhortait le Canada « à
entamer […] des négociations de bonne foi fondées sur la
reconnaissance et la réconciliation, et lui recommand[ait] à nouveau
d’examiner les moyens de faciliter l’administration de la preuve en
matière de droits et titres fonciers des autochtones dans le cadre de
la procédure judiciaire ».
Les réparations ordonnées par la
Cour IADH dans
l’affaire du
Massacre Plan de Sanchez
- une affaire relative au massacre d’une communauté autochtone au
Guatemala, pourraient être particulièrement intéressantes dans le cas
canadien. Elles consistaient dans des traitements médicaux,
psychologiques et psychiatriques obligatoires ; dans la réalisation
d’une étude sur la culture ainsi que sa diffusion ; dans la mise en
place d’un enseignement interculturel et bilingue.
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Cette information est à mettre en
parallèle avec un récent événement important au Japon : la
reconnaissance par le Parlement, dans une résolution votée à
l'unanimité, de l'existence du peuple indigène aïnou - qui vie depuis
des millénaires dans l'archipel et qui a été contraint de renoncer à
ses terres, langue et mode de vie par la « loi sur les anciens
aborigènes de Hokkaido » adoptée en 1899 à Tokyo. Est affirmé pour la
première fois que les Aïnous « sont un peuple indigène avec sa propre
langue, religion et culture », le « gouvernement accepte
solennellement le fait historique que le peuple aïnou a été victime de
discrimination et a souffert de la pauvreté au cours de la
modernisation [du] pays ». Mais ces avancées doivent également se
traduire dans de réels engagements.
Le progrès est encore plus grand en
Nouvelle-Zélande : sept tribus maories ont signé le 25 juin dernier un
traité par lequel le gouvernement néo-zélandais transfère à plus de
100 000 Maoris la propriété de 176 000 hectares qui appartenaient au
gouvernement central.
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Archive |
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Populations autochtones et tribales,
Général :
Système Interaméricain et peuples autochtones et tribaux
-
OEA: session de réflexion sur les effets de l’adoption de la
Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples
autochtones sur le processus de négociation du texte
interaméricain, K. Rinaldi
-
OEA : 10° réunion de négociations sur le projet de Déclaration
américaine sur les droits des peuples autochtones, K. Rinaldi
-
OEA : 9° réunion de négociations sur le projet de Déclaration
américaine sur les droits des populations autochtones, K. Rinaldi
-
OEA, réunion sur une Déclaration américaine des droits des
peuples indigènes, J. Rios Rodriguez
-
CIADH: arrêt Communauté Saramaka c. Suriname : entre erreurs de
la Commission et jurisprudences antérieures incomplètes, K.
Rinaldi
-
CIADH: Affaire Escué Zapata contre Colombie, K. Rinaldi
-
CIADH : Convocation pour les audiences publiques dans l’affaire
Comunidad Saramaca contre Suriname, K. Rinaldi
-
CIADH : prolongement des mesures provisoires au bénéfice du
peuple autochtone Kankuamo de Colombie, n° 97 CIADH : contrôle
de l’exécution de l’arrêt dans l’affaire « Comunidad indígena
Sawhoyamaxa vs. Paraguay », n° 97
|
Nations Unies et Peuples autochtones et
tribaux
-
-
HCDH : réunion informelle sur le futur du Groupe de Travail sur
les Populations Autochtones, K. Rinaldi
-
Le Rapporteur Spécial de l'ONU sur les peuples autochtones en
visite officielle en Bolivie, K. Rinaldi
-
Prorogation du mandat du Rapporteur Spécial sur les droits des
populations autochtones et report de l’examen de la création d’un
groupe d’expert sur les droits des populations autochtones, K.
Rinaldi
-
Adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des
peuples autochtones, K. Rinaldi
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6° session de l’Instance permanente sur les questions
autochtones, K, Rinaldi
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Rapporteur sur la situation des droits de l’homme et des
libertés fondamentales des populations autochtones : présentation
de son 6° rapport, K. Rinaldi
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Report de l’adoption du projet de déclaration sur les droits
des peuples autochtones, F. Raach
-
L’instance permanente des NU sur les questions autochtones
lance un nouveau programme d’action de la 2° décennie en faveur
des peuples autochtones, F. Raach
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ONU : Appel lancé pour l’adoption d’une déclaration des droits
des peuples autochtones, A. Rainaud
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L’adoption par le Fonds Monétaire International de la réforme des quote-parts
Céline
Bada
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Le Conseil des gouverneurs du
Fonds monétaire international (FMI) a adopté le 28 avril 2008 le
programme de réforme du système de quotes-parts de l’institution.
Cette décision s’inscrit dans le cadre de la
Stratégie à moyen terme proposée dès septembre 2005 par Rodrigo de
Rato (Directeur général
du FMI de 2004 à 2007) avec le
soutien du
Comité monétaire et financier international (CIMFI).
Ce document amorce, au sein du FMI, une réflexion sur la mission de
cette institution et son adaptation aux différents paradigmes de la
mondialisation, en particulier ceux découlant des avatars d’un marché
intégré : l’interdépendance des économies nationales, le développement
des risques de diffusion des déséquilibres économiques, monétaires et
financiers, et la vulnérabilité des pays émergents face aux
perturbations de l’économie internationale.
Rodrigo de Rato notait
ainsi dans son premier rapport sur la Stratégie à moyen terme : «
it is not that globalization is new, for clearly it is not, but rather
that it is now quantitatively and qualitatively different, and this
has exposed gaps in the day-to-day work of the Fund » (Voir à ce
sujet
The Managing director’s report on the Fund’s medium-term strategy,
15 septembre 2005).
Dans ce contexte, la réflexion sur le rôle du FMI proposé par ce
rapport s’articule autour de trois préoccupations : d’une part
affermir la mission de surveillance par laquelle le Fonds orientent
les politiques de ses Etats membres en fonction de l’analyse de la
situation économique mondiale. D’autre part soutenir le développement
économique des Etats membres du Fonds et, plus particulièrement,
répondre aux besoins de financement spécifiques des pays émergents et
des pays à faible revenu. Il s’agit enfin de renforcer la légitimité
du FMI par une réforme de sa « gouvernance », acception désignant
l’ensemble des règles d’administration et de gestion de l’institution
ce qui inclue le processus de prise de décision et la répartition des
voix entre les Etats membres. Sur ce point, la
position de Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du FMI est
que « la représentation de chaque pays au sein du FMI doit refléter
les évolutions récentes de l’économie mondiale ».
Est ainsi posée la question de la répartition des quotes-parts,
souscription des Etats membres du Fonds au capital de l’institution
aménagée par les Statuts du FMI (« Une quote-part, exprimée en
droits de tirage spéciaux, est assignée à chaque État membre […].
Les quotes-parts des autres États membres sont fixées par le
Conseil des gouverneurs. La souscription de chaque État membre est
égale à sa quote-part […]»,
article III, section 1). Le système de représentation retenu par
les institutions de Bretton Woods se voulant une projection réaliste
des rapports entretenus par les agents économiques, le montant des
quotes-parts attribuées à chaque Etat est déterminé en fonction de la
place de ce dernier dans l’économie mondiale. Entrent donc dans le
calcul des quotes-parts des variables exclusivement économiques : le
produit intérieur brut, les importations, les exportations et les
réserves de change.
Dans cette logique, les quotes-parts fixent l’accès à l’aide
financière accordée par le FMI, mais ils conditionnent surtout la
représentation des Etats au sein des organes décisionnels du Fonds.
Ainsi, l’influence des Etats membres dans le cadre du processus
décisionnel s’exerce à hauteur de leur participation financière aux
ressources du Fonds, comme l’illustre la
composition du Conseil d’administration du FMI. L’organe
« responsable de la conduite générale du Fonds » ne compte que
24 administrateurs pour 185 Etats membres. Les cinq actionnaires les
plus importants du Fonds (les Etats-Unis, l’Allemagne, le Japon, la
France et la Grande-Bretagne) disposent chacun d’un administrateur,
tandis que dix-neuf administrateurs représentent les intérêts des cent
quatre-vingts autres Etats réunis en circonscriptions. Pour exemple,
une circonscription réunit des Etats aux réalités aussi diverses que
le Ghana, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, l’Iran, l’Afganistan, et le
Pakistan. Parallèlement, vingt-quatre Etats d’Afrique de l’ouest,
d’Afrique de l’est, ainsi que l’île Maurice et l’Union des Comores
forment une seule circonscription.
Ce mode censitaire de répartition des voix a donc fait l’objet d’une
longue controverse dans la mesure où dans la détermination de l’ordre
économique international, il a contribué à renforcer l’emprise des
pays riches industrialisés, et parallèlement, à marginaliser les voix
des Etats en développement, principaux solliciteurs de l’aide publique
internationale. Certes, l’attribution des quotes-parts fait l’objet
tous les cinq ans d’une révision générale, suivie éventuellement d’un
réajustement ; une révision ponctuelle est également possible à la
demande d’un Etat. Néanmoins, la portée de ces révisions n’est que
très relative puisqu’elles n’ont pas pour objet de remettre en
question le mode de calcul des quotes-parts, c’est-à-dire le choix des
variables utilisées et leur poids dans la formule.
En 2002, le
Consensus de Monterrey (22 mars 2002), adopté à l’issue de la
conférence internationale sur le financement du développement, a
relayé les aspirations des Etats du Sud en soulignant « la
nécessité d’élargir et de renforcer la participation des pays en
développement et en transition aux processus de prise de décisions et
de fixation de normes internationales dans le domaine économique
[.] Dans le cadre du mandat et dans la limite des moyens des
institutions et instances concernées, [les Etats réunis à
Monterrey ont recommandé que le Fonds monétaire international et la
Banque mondiale continuent] à accroître la participation de tous
les pays en développement et en transition à leur processus de prise
de décisions et renforcer ainsi le dialogue international et les
travaux entrepris par ces institutions pour répondre aux besoins et
aux préoccupations de ces pays en matière de développement » (page
16, paragraphes 62 et 63). Le
Conseil économique et social, dans le cadre de ses
réunions spéciales de haut niveau avec les institutions de Bretton
Woods et l’Organisation mondiale du commerce, et l’Assemblée
générale ont également servi de tribunes pour les revendications
en faveur de la réforme des institutions de Bretton Woods. Ces
questions ont en effet mobilisé les travaux de la
Commission économique et financière de l’Assemblée générale (ou
Deuxième commission) qui a relevé à plusieurs reprises « l’urgence
d’une réelle participation des pays en développement au processus de
prise de décisions et d’élaboration des normes financières
internationales » (Communiqué
de presse AG/EF/447, « Le fonctionnement des institutions de
Bretton Woods doit refléter les aspirations légitimes des pays du Sud,
estiment des délégations de la deuxième commission », 24 avril 2003).
Il faut enfin rappeler le rôle du
Groupe intergouvernemental des 24 pour les questions monétaires
internationales et le développement. Le G24 constitue un forum
de concertation visant à permettre aux pays en développement de
définir une position commune sur les questions monétaires, financières
et de développement. Depuis 2002, les Etats du G24 ont à chacune de
leurs réunions –qui précèdent les
Assemblées annuelles et les
réunions de printemps du FMI– insisté sur le fait qu’il convenait
« de
renforcer la participation des pays en développement — en particulier
des pays d’Afrique subsaharienne — dans la structure de prise de
décision des institutions de Bretton Woods »
(Communiqué
du 27 septembre 2002 ).
Le FMI a pris acte de ces interpellations lors de l’Assemblée annuelle
du Fonds et de la Banque mondiale de 2006, à Singapour. A cette
occasion, les États membres du Fonds ont
approuvé la Stratégie à moyen terme ainsi qu’un programme biennal
de réformes nécessaires à sa mise en œuvre afin de « refléter le
poids et le rôle relatifs des membres de l’institution dans l’économie
mondiale », et pour que « les pays à faible revenu puissent
mieux faire entendre leur voix » ( nous renvoyons aux
Etudes thématiques du FMI, « La réforme des quotes-parts et de
la représentation au FMI : réponse à l’évolution de l’économie
mondiale », avril 2007).
Dans ce cadre, quatre principales mesures ont été adoptées par les
gouverneurs:
·
Dans un premier temps, la révision et le réajustement ponctuels des
quotes-parts de la Chine, du Mexique, de la Corée du sud et de la
Turquie.
·
Ensuite, l’élaboration d’une nouvelle formule de calcul des
quotes-parts : celle-ci devrait comprendre le PIB,
le niveau des réserves de change
et l’ouverture de l’économie.
·
Une nouvelle révision ponctuelle des quotes-parts à partir de la
nouvelle formule de calcul est prévue afin de permettre la prise en
compte de l’évolution de la place des pays émergents.
·
Les pays à faible revenu bénéficient quant à eux d’une augmentation
des voix de base, nombre fixe de voix octroyées par le Fonds à tout
État membre lors de son adhésion, nonobstant son poids économique.
Cette procédure supposera au préalable une révision des statuts du
Fonds. En effet, aux termes des Statuts de l’institution,
« la
majorité de quatre-vingt-cinq pour cent du nombre total des voix
attribuées est requise pour toute modification des quotes-parts. La
quote-part d'un État membre ne sera pas modifiée tant qu'il n'aura pas
donné son consentement et qu'il n'aura pas effectué le versement, à
moins que le versement ne soit réputé avoir été fait […] » (Statuts
du FMI, article III, section 2, c et d).
·
Enfin, les administrateurs élus par un collège d’États numériquement
important (essentiellement le collège composé des États africains),
seront assistés par plusieurs collaborateurs.
Après la révision ponctuelle des quotes-parts de septembre 2006, la
résolution du Conseil des gouverneurs du 28 avril 2008 pose donc le
second jalon du programme engagé à Singapour, mais ne le concrétise
pas tout à fait : la mise en œuvre effective de la réforme de la
gouvernance du FMI nécessite une révision de l’acte constitutif du
Fonds ; la procédure est en cours puisque les gouverneurs se sont
prononcés favorablement sur
la recommandation du Conseil d’administration. Mais cette décision
reste à confirmer par les États, éventuellement par voie législative
pour certains d’entre eux. Le Fonds précisait à cet égard en avril
2007 que le nouveau calcul des quotes-parts devait être
« globalement acceptable pour l’ensemble des pays membres, tout en
préservant et en améliorant l’efficacité du crédit ». Il ne
s’agit donc pas, par cette réforme, de remettre en cause l’équilibre
issu de la pondération des voix des Etats membres en fonction du poids
de leur économie. A cet égard, et malgré l’aménagement d’un
« mécanisme [permettant de maintenir] constant le ratio voix de
base/total des voix attribuées au FMI » (Communiqué
de presse n° 08/93, 29 avril 2008), l’on peut s’interroger sur la
portée réelle de cette réforme pour les pays à faible revenu.
A cette première limite s’ajoute les insuffisances de la nouvelle
méthode de calcul des quotes-parts. Pour opérer un véritable
changement, elle aurait pu tenir compte, au-delà des indicateurs
économiques, de paramètres permettant d’apprécier l’efficacité d’une
politique économique en fonction de ses répercussions sur les
conditions de vie des populations.
L’accueil réservé des pays en développement, représentés par le G24,
est sur ce point éloquent : « Les ministres notent que le train des
réformes proposé pour le FMI et soumis au Gouverneurs comporte
quelques premières mesures positives […]. Ils soulignent
toutefois que les réformes proposées ne font qu’amorcer la correction
du déséquilibre fondamental de la structure de gouvernance. [Les
ministres] se félicitent de l’accroissement des voix attribuées aux
pays émergents [toutefois] la modification de la structure de
vote et de la répartition des quotes-parts en faveur des pays en
développement reste insuffisante » (Communiqué,
11 avril 2008).
Organisations
internationales
ONU
Deuxième commission de l’AGNU :
-
Projet de résolution « Système financier international et
développement », 3 décembre 2007
(A/C.2/62/L.47) .
-
Communiqué de presse AG/1413, « La capacité de l’ONU à répondre
aux crises, la question iraquienne et le rôle des institutions
de Bretton Woods dominent le débat de l’Assemblée générale », 25
septembre 2003 .
-
Communiqué de presse AG/EF/447, « Le fonctionnement des
institutions de Bretton Woods doit refléter les aspirations
légitimes des pays du Sud, estiment des délégations de la
deuxième commission », 24 avril 2003.
Ecosoc
-
Communiqué de presse ECOSOC/6039, « La réunion entre l’ECOSOC,
les institutions de Bretton Woods et l’OMC fait un diagnostic
mitigé de la mise en œuvre du consensus de Monterrey », 14 avril
2003
-
Communiqué de presse ECOSOC/6059, « l’ECOSOC finalise le
programme de la réunion de haut niveau avec les institutions de
Bretton Woods et l’OMC qui aura lieu le 26 avril », 23 avril
2004
-
Communiqué de presse ECOSOC/6060, « Les institutions de Bretton
Woods et l’OMC prônent, avec l’ECOSOC et la CNUCED, la cohérence
entre les politiques financières, commerciales et de
développement », 26 avril 2004
FMI
Publications
- Bulletin du
FMI pour la société civile, « Réunions
de printemps:
Compte rendu des travaux du Comité monétaire et financier
international (CMFI) »,
Mai 2006.
-
Séries des brochures n° 53 « La gouvernance du FMI : Processus
de décision, surveillance, transparence, et responsabilité
institutionnelle », Leo
Van Houtven :
Comité du développement
(Comité ministériel conjoint des Conseil des gouverneurs de la
Banque et du Fonds sur le transfert de ressources réelles aux
pays en développement),
- DC2003-0002,
27 mars 2003,
« Renforcer la voix et la participation des pays en
développement et en transition dans les instances décisionnelles
de la Banque mondiale et du FMI » :
- « Renforcer
la voix et la participation des pays en développement et en
transition. Rapport d’étape présenté par les conseils de la
Banque mondiale et du FMI » DC2003-0012, 12 septembre 2003.
-
« Renforcer la voix et la participation des pays en
développement et en transition. Rapport d’étape présenté par les
conseils de la Banque mondiale et du FMI » DC2004-0014, 28
septembre 2004.
-
« Renforcer la voix et la participation des pays en
développement et en transition. Rapport d’étape » DC2005-0003,
4 avril 2005.
-
« Renforcer la voix et la participation des pays en
développement et en transition. Document de base » DC2005-0003/Add.2,
4 avril 2005.
-
« Renforcer
la voix et la participation des pays en développement et en
transition. Note de référence préparée par les services du
FMI» DC2005-0007, 13 avril 2005
-
« Renforcer la voix et la participation des pays en
développement et en transition. Rapport d’étape présenté par les
conseils de la Banque mondiale et du FMI » DC2005-0014, 9
septembre 2005.
-
Forum social européen, « Un agenda politique pour le
développement de l’Union européenne », 16 décembre 2003.
-
Association Internationale de Techniciens, Experts et
Chercheurs, « Réseau pour le réforme des IFI ».
-
Bretton Woods Project, critical voices on the Worldbank and IMF,
« Lettre ouverte sur la réforme institutionnelle du FMI, par
des organisations de la société civile européenne ».
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Fin de la réunion des
États parties à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer
Tidiani COUMA
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Les 155
États
parties
à la CNUDM
ont tenu leur
dix-huitième Réunion
du 10 au 20 juin 2008 à New York (v.
Réunions
précédentes). Au cours de cette session, ils ont abordé de nombreuses
questions. Parmi les sujets examinés, on peut noter ceux relatifs,
notamment, à la question de la répartition des sièges à la Commission
des limites du plateau continental et au Tribunal international du
droit de la mer ainsi que le rapport d’activités des trois
institutions créées par la Convention à savoir l’Autorité
internationale des fonds marins, le Tribunal international du droit de
la mer et la Commission des limites du plateau continental. Nous
limiterons dans cette au rapport d’activité du TIDM et à la question
de la des sièges.
Les participants ont adopté le
Rapport
annuel du Tribunal du droit la mer. Ce rapport a été présenté par le
Président de l’institution,
Rüdiger WOLFRUM
. Il
a porté le bilan de l’activité de la juridiction durant l’exercice
2007. Dans son exposé M. WOLFRUM a souligné la situation
exceptionnelle qui s’est présentée devant la juridiction en 2007.
Celle-ci avait, en effet, été appelée à se prononcer dans le cadre de
deux procédures d’urgence. Le Tribunal avait été saisi par le japon
dans le cadre de différends l’opposant à la Fédération de Russie au
sujet de l’arraisonnement de deux chalutiers de pêches, le
Hoshinmaru
et le Taminmaru
(v.
Sentinelle du 07 juillet 2007).
Deux ordonnances ont été rendues à cet effet, le 6 août 2007 (v.
Tribunal international du droit de la mer : Arrêts dans les affaires
du navire 88th Hoshinmaru et du navire 53rd Tomimaru
Tidiani COUMA ;
Tribunal international du droit de la mer : Affaire du « Hoshinmaru »
(Japon c. Fédération de Russie), prompte mainlevée
Danilo COMBA
)
Dans ces affaires, les « demandes de la mainlevée
de
l’immobilisation ont
été portées devant le Tribunal le 6 juillet 2007 par le Japon, Etat du
pavillon des deux navires, contre la Fédération de Russie, au titre
de l’article 292 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la
mer ».
Le Président du Tribunal de Hambourg dira que
« [L]’affaire du Hoshinmaru a valeur
d’exemple : ce cas démontre que le mécanisme de règlement des
différends internationaux est efficace et qu’au-delà de l’intérêt
commercial qu’ont les armateurs à récupérer leurs navires dans les
meilleurs délais, les procédures de prompte mainlevée ont également
une portée humanitaire. L’intervention du Tribunal peut en effet
mettre fin à la détention éventuelle des équipages des navires
arraisonnés ». Il faut rappeler
que dans la seconde affaire,
« le
Tribunal conclut que la demande de la mainlevée
de
l’immobilisation du navire Tomimaru
est sans objet». (v.
sentinelle
n°117).
Lors des travaux de la dix-huitième les Etats parties se sont
également penchés sur la question de la de la répartition des
sièges à la Commission des limites du plateau continental et au
Tribunal international du droit de la mer. Ils ont en outre débattu
des propositions qui ont été faites à la Réunion en vue de permettre à
un certain nombre d’États de faire face aux difficultés qu’ils
rencontrent dans la soumission, à la Commission des limites du plateau
continental, de leur requête concernant la délimitation de leur
plateau continental au-delà de la limite des 200 milles nautiques. La
date butoir qui avait été arrêtée pour le dépôt de ces dossiers est en
effet fixée au 13 mai 2009 (v.
Document).
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RAPPORT
DU TRIBUNAL INTERNATIONAL DU DROIT DE LA MER À LA RÉUNION DES
ÉTATS PARTIES POUR 2007
Exposé
et déclarations
M.
RÜDIGER WOLFRUM, Président du Tribunal international du droit
de la mer, a indiqué qu’en 2007, le Tribunal avait tenu deux
sessions, pendant lesquelles il a abordé un nombre de questions
d’ordre juridique et judiciaire, ainsi que des questions d’ordre
organisationnel et administratif, comme par exemple, la
préparation du budget. C’est ainsi qu’il a été procédé à l’examen
du Règlement et de la pratique en matière judiciaire du Tribunal
et de la compétence du Tribunal dans les affaires de délimitation
maritime, a indiqué M. Wolfrum. Les juges ont également étudié
les documents établis par le Greffe qui se rapportent aux
questions juridiques liées aux pipelines et aux ressources
génétiques des fonds marins, a précisé M. Wolfrum. De plus, le
Tribunal a examiné des questions liées aux procédures concernant
la prompte mainlevée de l’immobilisation des navires ou la prompte
libération de leurs équipages, telles que l’introduction d’une
demande de prompte mainlevée en vertu de l’article 292 de la
Convention dans les affaires de pollution du Greffier et les
délais impartis pour statuer sur deux ou plusieurs procédures de
prompte mainlevée soumises simultanément.
En
2007, le Tribunal a été amené, pour la première fois, à connaître
de deux procédures urgentes introduites en vertu de l’article 292,
a indiqué le Président. Le 6 juillet, le Japon a saisi le
Tribunal de deux affaires contre la Fédération de Russie, dans le
but d’obtenir la mainlevée de l’immobilisation de deux navires de
pêche, le Hoshinmaru et le Taminmaru. Dans les deux
cas, les autorités russes avaient arraisonné les navires alors
qu’ils pêchaient dans la zone économique exclusive de la
Fédération de Russie. Le Tribunal a rendu ses arrêts dans les
deux affaires le 6 août 2007, un mois après avoir reçu les
demandes du Japon. Les deux arrêts ont été adoptés à l’unanimité,
s’est félicité Rüdiger Wolfrum.
L’affaire
du Hoshinmaru a valeur d’exemple, a-t-il souligné: c’est un
exemple qui démontre que le mécanisme de règlement des différends
internationaux est efficace et peut faire changer le cours des
choses pour les États et les particuliers. En effet, les
autorités russes ont reçu la caution le 16 août 2007 et ont
procédé à la mainlevée de l’immobilisation du navire et à la
libération de son équipage le même jour, soit 10 jours seulement
après que le Tribunal eut rendu son arrêt. Un tel dénouement, a
estimé le Président, démontre que les procédures de prompte
mainlevée ne sont pas uniquement motivées par l’intérêt commercial
qu’ont les armateurs à récupérer leurs navires rapidement. Elles
ont également une portée humanitaire incontestable. Il arrive
fréquemment que non seulement des navires, mais également leurs
équipages, fassent l’objet de mesures de détention et c’est là où
l’intervention du Tribunal peut peser sur le cours des choses, a
relevé son Président.
Abordant
l’activité judiciaire du Tribunal, le Président a évoqué le
différend entre le Chili et la Communauté européenne concernant la
conservation et l’exploitation durable des stocks d’espadon.
Cette affaire soumise en 2000 reste inscrite au Rôle des
affaires. Les parties étant parvenues à un arrangement
provisoire, elles ont demandé à plusieurs reprises que les délais
pour la présentation des exceptions préliminaires soient
prorogés. La Chambre spéciale du Tribunal, constituée pour
connaître de cette affaire, s’est réunie les 29 et
30 novembre 2007, afin d’examiner une nouvelle demande en ce sens
émanant des parties. Ayant reçu des parties les informations à
l’appui de leur requête, la Chambre spéciale a décidé par
ordonnance de proroger jusqu’au 1er janvier 2009 le
délai fixé pour la présentation des exceptions préliminaires, les
parties se réservant toutefois le droit de relancer la procédure à
tout moment, a précisé M. Wolfrum.
Ces
affaires montrent bien que le Tribunal peut, de diverses façons,
contribuer grandement au règlement des différends internationaux,
et ce même sans avoir à émettre un arrêt définitif et contraignant
quant au fond d’une affaire dont il serait saisi, a-t-il dit.
L’introduction d’une procédure peut en soi faciliter le règlement
d’un différend par voie de négociation entre les parties, comme
l’atteste la pratique du Tribunal.
En
outre, les avis consultatifs rendus par le Tribunal pourraient
singulièrement faciliter le règlement de toutes sortes de
différends, les affaires de délimitation maritime en étant un bon
exemple, a souligné le Président. Il s’agit souvent d’affaires
politiquement délicates et d’une grande complexité du point de vue
juridique et technique. Si les États peuvent rechigner à se
soumettre à la décision définitive et contraignante d’une tierce
partie, ils n’en risquent pas moins d’éprouver des difficultés à
régler leur différend par voie de négociation bilatérale sans
faire appel à une tierce partie. En pareil cas, a conclu le
Président, le rôle consultatif du Tribunal peut les aider à
parvenir à un règlement satisfaisant pour les deux parties.
Le
représentant de la Slovénie, qui prenait la parole au nom
de l’Union européenne, a remercié le Tribunal international du
droit de la mer pour ce rapport 2007. Il a estimé que le Tribunal
avait contribué de manière significative au règlement de disputes
ainsi qu’à l’application du droit de la mer. Il a pris note des
deux cas soumis au Tribunal conformément à l’article 292 de la
Convention. La libération par les autorités de la Fédération de
Russie du navire de pêche japonais Hoshinmaru après qu’une caution
ait été fixée, démontre l’efficacité des procédures de prompte
mainlevée, a précisé le représentant. Il a aussi indiqué qu’il
fallait permettre au Tribunal de gérer deux ou plusieurs demandes
de prompte mainlevée en même temps. Il s’est inquiété que
57 États parties à la Convention n’aient pas versé leur
contribution pour 2007 au Tribunal et a appelé tous les États
parties à s’acquitter de leurs contributions dans les délais, et
en leur totalité.
Le
représentant de l’Argentine a rappelé qu’un séminaire
régional s’était tenu à Buenos Aires en mai, et qu’il avait porté
sur la question du règlement des différends. Ce séminaire a
permis aux gouvernements de la région d’Amérique latine et
Caraïbes d’approfondir leurs connaissances quant aux mécanismes
d’accès au Tribunal.
Les
représentants de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique
du Sud, de Trinité-et-Tobago, du Japon et des
Bahamas se sont félicités de la qualité du rapport présenté
par le Président du Tribunal international du droit de la mer.
Ils ont estimé que cette juridiction avait un rôle important à
jouer dans le règlement des différends et qu’elle était le point
focal pour développer et affiner le droit international de la
mer. Pour sa part, le représentant de la Fédération de Russie
a rappelé qu’une bonne partie du rapport avait été consacrée aux
cas pour le règlement desquels son gouvernement avait fortement
collaboré. Il a souligné à quel point les questions juridiques
liées aux pipelines étaient importantes aux yeux de sa délégation.
Le
Président du Tribunal a salué les délégations de leur soutien et
de la coopération dont avaient fait preuve les États parties
envers le Tribunal au cours de l’année écoulée.
LES ÉTATS PARTIES À LA CONVENTION DES NATIONS UNIES SUR LE DROIT
DE LA MER ADOPTENT LE RAPPORT DU TRIBUNAL INTERNATIONAL
Les
États parties à la Convention des Nations Unies sur le droit de la
mer ont entendu, aujourd’hui, les exposés des responsables des
trois institutions créées par la Convention et qui, respectivement
sont: le Tribunal international du droit de la mer, la Commission
des limites du plateau continental et l’Autorité internationale
des fonds marins.
Les
participants à la dix-huitième Réunion des États parties à la
Convention ont pris note du rapport annuel du Tribunal
international du droit de la mer*, qui leur a été présenté
par son Président, Rüdiger Wolfrum. Les participants ont
également pris note des informations communiquées par le
Secrétaire général de l’Autorité internationale des fonds marins,
Satya N. Nandan, etparle Président de la Commission des limites du
plateau continental, Alexandre Tagore Medeiros de Albuquerque.
Le
Président du Tribunal international du droit de la mer, Rüdiger
Wolfrum, a indiqué qu’en 2007, le Tribunal avait été amené, pour
la première fois, à connaître de deux procédures urgentes,
ouvertes par le Japon, qui a saisi cette juridiction pour des
contentieux l’opposant à la Fédération de Russie, dans le but
d’obtenir la mainlevée de l’immobilisation de deux de ses navires
de pêche.
Dans
les deux cas, les autorités russes avaient arraisonné les
chalutiers Hoshinmaru et Taminmaru alors qu’ils
pêchaient dans la zone économique exclusive de la Fédération de
Russie. Le Tribunal a rendu, à l’unanimité, ses arrêts dans les
deux affaires le 6 août 2007, soit un mois à peine après avoir
reçu les demandes du Japon.
« L’affaire
du Hoshinmaru a valeur d’exemple », a souligné M. Wolfrum:
ce cas démontre que le mécanisme de règlement des différends
internationaux est efficace et qu’au-delà de l’intérêt commercial
qu’ont les armateurs à récupérer leurs navires dans les meilleurs
délais, les procédures de prompte mainlevée ont également une
portée humanitaire. L’intervention du Tribunal peut en effet
mettre fin à la détention éventuelle des équipages des navires
arraisonnés.
Le
Tribunal international du droit de la mer a été créé en 1982 par
la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer dans le but
de régler les différends nés de l’interprétation et de
l’application de la Convention. Le Tribunal, qui siège à
Hambourg, en Allemagne, est composé de 21 membres élus par les
États parties à la Convention. Il est également compétent pour
connaître des différends relatifs aux activités liées aux fonds
marins.
S’agissant
des travaux judiciaires du Tribunal, son Président a rappelé
qu’une affaire demeurait inscrite au rôle, à savoir celle opposant
le Chili à l’Union européenne au sujet de la conservation et de
l’exploitation durable des stocks d’espadons dans le sud-est de
l’océan Pacifique. Cette affaire avait été soumise à une Chambre
spéciale constituée en 2000, a rappelé M. Wolfrum.
Les
parties étant parvenues à un arrangement provisoire, elles ont
demandé à plusieurs reprises que les délais pour la présentation
des exceptions préliminaires soient prorogés. À la suite de cette
requête, la Chambre spéciale a décidé de proroger, jusqu’au 1er
janvier 2009, le délai fixé pour la présentation des exceptions
préliminaires, les parties se réservant toutefois le droit de
relancer la procédure à tout moment, a précisé M. Wolfrum.
Dans
l’après-midi, le Président a présenté un état des exercices
financiers 2005-2006 et 2007-2008 du Tribunal, ainsi que le projet
de proposition de budget pour l’exercice 2009-2010**.
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Assemblée générale
MER/1903
Convention des Nations Unies sur le droit de la mer
Réunion des États parties
Dix-huitième Réunion
119e et 120e séances – matin & après-midi
DROIT
DE LA MER: LES ÉTATS PARTIES À LA CONVENTION DISCUTENT DU DÉLAI DE
SOUMISSION DES REQUÊTES CONCERNANT LA DÉLIMITATION DE LEUR PLATEAU
CONTINENTAL
Ils
cherchent un consensus sur la question de la répartition des
sièges à la Commission des limites du plateau continental et au
Tribunal international du droit de la mer
Les
États parties à la Convention des Nations Unies sur le droit de la
mer ont débattu, ce matin, des propositions qui ont été faites à
la Réunion en vue de permettre à un certain nombre d’États de
faire face aux difficultés qu’ils rencontrent dans la soumission,
à la Commission des limites du plateau continental, de leur
requête concernant la délimitation de leur plateau continental
au-delà de la limite des 200 milles nautiques. La date butoir qui
avait été arrêtée pour le dépôt de ces dossiers est en effet fixée
au 13 mai 2009.
Plusieurs pays, dont la République-Unie de Tanzanie, le Cap-Vert,
le Sénégal ou les Îles Salomon, ont souligné la complexité
technique et le coût financier élevé de la préparation de ces
demandes que les États côtiers doivent déposer auprès de la
Commission des limites du plateau continental. Si certaines
délégations participant à la Réunion ont indiqué que leur
gouvernement remettrait à temps leur requête, la majorité des
États ont reconnu qu’en la matière, les pays en développement
faisaient face à un défi de taille du fait de la pénurie dont ils
souffrent en termes de ressources financières et de capacités
techniques et logistiques.
Face à
ce constat, plusieurs États parties, dont, entre autres, le
Costa Rica, l’Inde, le Panama et le Chili, ont demandé que soit
repoussée la date limite de dépôt des requêtes relatives à la
délimitation du tracé de leur plateau continental.
D’autres pays, comme l’Afrique du Sud, la Norvège, l’Islande, la
Slovénie; qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, ou encore,
le Kenya, ont appuyé la suggestion qui a été faite qu’il soit
permis aux États côtiers de soumettre à la Commission des
informations préliminaires avant la date butoir, puis ensuite de
déposer le dossier finalisé d’une demande complète.
Dans
leur grande majorité, les États parties ont toutefois souligné
qu’il fallait respecter l’intégrité de la Convention des Nations
Unies sur le droit de la mer et ont indiqué que le fait pour un
État côtier de ne pas présenter de demande à la Commission
n’affectait pas le droit inhérent qu’a cet État concernant son
plateau continental.
Le
représentant de la Chine a toutefois rappelé que les demandes
faites par les États devaient être les plus précises possibles en
raison des conséquences qu’elles peuvent avoir sur les droits et
les intérêts d’autres pays. Insistant aussi sur l’importance de
ces requêtes, le représentant de Singapour a en outre noté que
l’établissement des limites extérieures du plateau continental
permettra notamment de préciser les limites géographiques de la
« Zone », à l’intérieur de laquelle se trouvent les ressources du
patrimoine commun de l’humanité.
Cet
après-midi, les États parties à la Convention des Nations Unies
sur le droit de la mer ont également examiné la répartition des
sièges à la Commission des limites du plateau continental et au
Tribunal international du droit de la mer. Les représentantes de
l’Égypte; s’exprimant au nom Groupe des États d’Afrique, et des
Philippines; au nom du Groupe des États d’Asie, ont ainsi demandé
que la distribution actuelle soit revue. Elles ont souligné que
l’augmentation du nombre d’États parties provenant de ces deux
grands Groupes devait être prise en considération et reflétée dans
la répartition. Le Groupe des États d’Europe occidentale et
autres États, et celui des États d’Europe de l’Est ont
respectivement quatre et trois sièges alors qu’ils représentaient
22 États parties, a notamment fait remarquer la représentante de
l’Égypte.
Le
représentant de l’Espagne; qui s’exprimait au nom du Groupe des
États d’Europe occidentale et autres États, a pour sa part estimé
que si elle était suivie, la suggestion du Groupe africain et du
Groupe asiatique donnerait 11 sièges à ces deux Groupes, tandis
que les trois autres grands Groupes en recevraient 10. Appuyé par
les points de vue de la délégation des Bahamas; qui parlait au nom
du Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes, et de celle
de l’Arménie; qui prenait la parole au nom du Groupe des États de
l’Europe de l’Est, le représentant de l’Espagne a souhaité que
toute décision sur cette question soit prise sur la base du
consensus.
Après
une suspension de séance, le Groupes des États d’Afrique et le
Groupe des États d’Asie ont présenté un projet de décision sur la
question, en notant que, pour l’heure, les États n’étaient pas
encore parvenus à un consensus. Les représentants des autres
grands groupes régionaux ont souligné qu’ils avaient besoin de
temps pour analyser le texte qui leur était soumis et ont demandé
que les consultations officieuses sur cette question se
poursuivent.
Par
ailleurs, ce matin, alors qu’elle examinait les questions
budgétaires relatives au Tribunal international du droit de la
mer, la dix-huitième Réunion des États parties a pris note du
rapport du Tribunal pour les périodes financières 2005-2006 et
2007-2008*. Elle a également décidé de sélectionner en tant que
Commissaire aux comptes pour la période 2009-2012**, le cabinet
d’audit BDP Deutsche Warentreuhand, qui a été jugé comme étant le
soumissionnaire ayant fait la meilleure proposition, basée sur le
principe du mieux-disant et du meilleur coût.
La
prochaine séance plénière de la dix-huitième Réunion des États
parties à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer
aura lieu demain, mercredi, le 18 juin, à 10 heures.
* SPLOS/175
**
SPLOS/176
COMMISSION DES LIMITES DU PLATEAU CONTINENTAL
Charge de travail de la Commission (SPLOS/INF/20, SPLOS/INF/20/ADD.1
ET SPLOS/INF/20/ADD.2)
Capacités des États, en particulier des États en développement, de
s’acquitter des obligations que leur imposent l’article 4 de
l’Annexe II à la Convention et l’alinéa a) de la décision énoncée
dans le document SPLOS/72
Déclarations
Le
représentant du Cap Vert a souligné l’importance de la
Convention de 1982, rappelant qu’elle avait notamment permis la
redéfinition de la carte politique des océans. Il a reconnu que
les États côtiers en développement et les États insulaires avaient
bénéficié positivement du régime de la Convention. Il a toutefois
estimé qu’il existait un monopole exclusif des sources des
connaissances, qui reste contrôlé par les pays développés. Il a
rappelé que des instituts de ces pays faisaient, chaque année, la
collecte de données à travers les océans, dont la plate-forme des
plateaux continentaux d’autres États. Il a fait remarquer que ces
pays industrialisés possédaient des informations importantes sur
les plateaux d’autres États, mais qu’ils ne les rendaient pas
disponibles à ces mêmes États. Les coûts des projets de recherche
sont élevés et exigent un personnel spécialisé, a fait remarquer
le représentant. Il a par exemple indiqué que le Cap-Vert, qui
dispose de peu de ressources, devait obtenir des informations
disséminées dans divers instituts de recherche des pays développés
afin de préparer sa soumission à la Commission des limites du
plateau continental. Tout en notant les progrès accomplis par son
pays, il a déclaré que le Cap-Vert ne serait pas en mesure de
respecter la date limite de mai 2009 pour déposer son dossier. Il
a rappelé que son pays avait demandé que cette date soit
repoussée, mais a aussi indiqué que sa délégation restait prête à
examiner toutes autres propositions qui permettraient aux pays en
développement de présenter leur soumission.
Le
représentant de la Slovénie, qui s’exprimait au nom de
l’Union européenne, a fait remarquer qu’on prévoyait une
augmentation significative de la charge de travail de la
Commission. Insistant sur l’importance des travaux de la
Commission, il a affirmé qu’elle devait maintenir le haut niveau
d’expertise requis pour les examens des soumissions des États.
Enfin, il a rappelé que le Secrétaire général devait rendre public
le résumé des recommandations approuvées par la Commission.
Le
représentant de la République-Unie de Tanzanie a noté que
de nombreux États faisaient face à des difficultés financières et
techniques en ce qui concerne le respect de la date butoir de
mai 2009. Il a indiqué qu’en dépit de ces défis, la
République-Unie de Tanzanie préparait sa demande concernant
l’élargissement de son plateau continental au-delà des 200 milles
nautiques. Il a noté que cette soumission devrait se faire dans
les délais fixés. Exhortant tous les pays développés à renforcer
les capacités des pays en développement et à les aider à présenter
leurs demandes, il a insisté sur le rôle crucial de la formation
et des transferts de technologies. Il a souligné que les États
parties devaient adopter une démarche pragmatique et tenir compte
de la capacité des États, surtout ceux en développement, à tenir
ces délais.
Le
représentant du Sri Lanka a indiqué que cette dix-huitième
Réunion des États parties à la Convention des Nations Unies sur le
droit de la mer devait faire preuve de souplesse en ce qui
concerne le respect de la date butoir de dépôt par les États de
leur soumission auprès de la Commission des limites du plateau
continental, fixée à mai 2009.
Le
représentant de l’Afrique du Sud a déclaré qu’il y avait
autant de raisons de repousser la date de mai 2009 que de la
maintenir. En effet, de nombreux États ne seront pas en mesure de
présenter leur soumission en mai 2009, a-t-il constaté. Mais d’un
autre côté, a-t-il fait observer, la Commission aura de grandes
difficultés à faire face au volume de soumissions, ce qui exige
que cette date soit revue. L’Afrique du Sud a néanmoins, en ce
qui la concerne, l’intention de respecter cette date limite, a
conclu le représentant.
Le
représentant des Îles Salomon a apporté son appui à l’appel
lancé par les pays en développement qui ont exprimé la nécessité
de repousser la date butoir de dépôt des soumissions, initialement
fixée à mai 2009. Le manque de ressources appropriées et de
compétences techniques auquel se heurtent ces pays est en effet
devenu un véritable handicap, ce qui fait que les Îles Salomon, en
ce qui les concerne, ne pourront probablement présenter que des
soumissions partielles, a relevé le représentant. Les États
devraient pouvoir avoir la latitude de compléter leur soumission
au fur et à mesure de leurs moyens, a-t-il préconisé.
Le
représentant de Maurice a annoncé que son pays allait
présenter sa soumission dans les délais prévus, soit avant le
13 mai 2009. Il a demandé que de plus amples informations soient
fournies à sa délégation par la Commission des limites du plateau
continental, sur les modalités et les principes fondamentaux des
présentations conjointes. S’agissant de la charge de travail de
la Commission, il a exhorté la Commission à trouver des voies pour
que les soumissions soient examinées dans des délais
raisonnables. Par ailleurs, il a partagé la préoccupation de
certains autres États en ce qui concerne le délai fixé pour la
soumission des dossiers. Il s’est dit prêt à envisager l’idée de
prolonger le délai fixé et revoir la date limite de dépôt des
demandes en vue de satisfaire les États qui ont besoin de plus de
temps. Le représentant a aussi lancé un appel à tous les États
afin qu’ils appuient les pays en développement dans la confection
de leurs dossiers de soumission. Il a également exhorté les pays
en développement à se servir de toutes les possibilités qui leurs
sont offertes pour renforcer leurs capacités dans ce domaine.
Le
représentant de la Chine a noté qu’il ne restait plus que
11 mois avant la date butoir de dépôt des soumissions. Il a
affirmé que cela mettait beaucoup de pression sur les pays en
développement et que cette dix-huitième Réunion des États parties
à la Convention devait traiter de ce défi de manière prioritaire.
Il a annoncé que la Chine se préparait à présenter sa propre
soumission mais avait encore de nombreuses questions sur la
délimitation du bord extérieur de son plateau continental au-delà
des 200 milles nautiques. Il a rappelé que la délimitation, une
fois faite, était finale et contraignante. Le représentant a
aussi souligné que cette délimitation avait des effets sur
d’autres États parties, autres que ceux qui ont décidé de
présenter une soumission à la Commission. Insistant sur la
difficulté d’établir les limites du plateau continental, il a
estimé que certains éléments n’avaient pas été bien pris en compte
lors de la rédaction de la Convention. S’agissant de la date
butoir, le représentant a estimé qu’il fallait permettre à tous
les États de présenter leur soumission avec des données
scientifiques suffisamment fiables.
Le
représentant du Canada a indiqué qu’un volume de travail
accru devait déboucher sur une amélioration des méthodes de
travail de la Commission. Il a reconnu l’importance de la
question des délais de soumission et estimé qu’il fallait traiter
de la question d’une manière qui soit à la fois inventive et
équitable. Il a insisté sur la nécessité d’élaborer toute
décision qui serait prise sur la base du consensus. Dans cette
perspective, il a noté qu’il fallait d’abord aborder la question
de manière officieuse.
Le
représentant du Brésil a déclaré que tout État côtier
devrait pouvoir, dans des délais raisonnables, présenter une
demande révisée ou une nouvelle demande à la Commission. Il a
proposé qu’une étude de toutes les ressources disponibles soit
menée pour informer les États de la possibilité d’en tirer parti
pour l’élaboration de leur demande de soumission.
Le
représentant de Trinité-et-Tobago a indiqué qu’il fallait
entendre les préoccupations des pays en développement en ce qui
concerne la présentation de leur soumission d’ici à mai 2009.
Le
représentant de la Norvège a demandé à tous les pays qui
n’ont pas encore présenté leurs demandes de le faire dans les
meilleurs délais, même s’il a reconnu qu’il existait des raisons
économiques, techniques ou financières qui les poussent à ne
présenter que des demandes partielles.
Le
représentant du Suriname a dit que sa délégation soutenait
la proposition faite par certains États concernant la prolongation
du délai de présentation des demandes afin de ne pas compromettre
le droit des États côtiers à définir les limites de leur plateau
continental. Il a indiqué que son pays présenterait son dossier
dans les délais prévus, soit avant mai 2009.
Le
représentant de la Slovénie, parlant au nom de l’Union
européenne, a reconnu les difficultés rencontrées par certains
États parties pour respecter le délai de soumission des demandes.
Il a estimé que les États devaient faire tout ce qui était
possible pour respecter cette date. Toutefois, conscient de la
complexité scientifique du travail de présentation, il a dit que
l’Union européenne était prête à entendre les solutions proposées,
qui doivent être prises sur la base du consensus.
Le
représentant de Singapour a estimé que la question des
délais était importante pour tous les États, et pas seulement ceux
concernés, car l’établissement des limites extérieures du plateau
continental permettra notamment de préciser les limites
géographiques de la Zone, où se situent les ressources du
patrimoine commun de l’humanité.
Le
représentant des Palaos a exprimé des préoccupations quant
à la capacité de son pays à présenter une demande complète d’ici à
mai 2009. Il a salué au passage les propositions faites pour
surmonter ces difficultés. Son homologue du Sénégal a
estimé que les délais existants pour la présentation des demandes
de soumission ne pourront pas être respectés par un certain nombre
de pays. Il a donc proposé de proroger le délai initialement fixé
à mai 2009, quitte à introduire la possibilité de présenter des
demandes partielles. Ensuite, il faut faciliter l’accès des pays
qui ont besoin de ressources au Fonds d’affectation, a-t-il
estimé. La représentante du Kenya a estimé quant à elle
que la détermination des limites du plateau continental avait
également des incidences sur le travail de l’Autorité
internationale des fonds marins.
La
représentante de Cuba a réitéré l’engagement de son pays à
présenter sa demande avant la date butoir fixée. Toutefois, elle
a estimé qu’il fallait prendre en considération la question
relative aux capacités des États. Plusieurs délégations ont
indiqué que leurs pays avaient des problèmes financiers ou
techniques pour leur présentation, a-t-elle constaté. Elle s’est
dite en faveur de la préservation du droit des États à présenter
leur soumission.
Le
représentant de la Nouvelle-Zélande a reconnu les
difficultés posées par la préparation des soumissions et a
insisté, à cet égard, sur l’importance du renforcement des
capacités et de l’assistance technique. Il a estimé que la date
butoir n’avait pas de conséquences juridiques sur le droit d’un
État concernant l’étendue de son plateau continental puisque ce
droit lui était inhérent au titre du droit international. Il
s’est dit favorable à la présentation d’informations intérimaires,
suivie d’une présentation complète de dossier.
Le
représentant de l’Islande a aussi rappelé les droits
inhérents qu’ont les pays sur leur plateau continental et affirmé
que la non-présentation d’une demande auprès de la Commission
n’affectait pas ces droits. Toutefois, il a encouragé tous les
États à faire tout ce qui était possible pour présenter leur
demande dans les temps. Il a dit que sa délégation partageait
l’avis de certaines autres délégations, selon lesquelles la
Commission devrait accepter des demandes préliminaires d’États qui
ne sont pas en mesure de respecter les délais fixés. Il a précisé
que ces demandes seraient complétées par la suite. Il a aussi
insisté sur l’importance d’obtenir un consensus sur cette
question.
Le
représentant de l’Inde a reconnu les problèmes auxquels
font face de nombreux pays en développement concernant les
soumissions relatives au plateau continental. Celui de l’Argentine
a repris la proposition de la Norvège, selon laquelle les États
qui sont dans cette situation devraient pouvoir présenter des
demandes partielles. Il a ajouté que les États parties à la
Convention devaient reconnaître qu’une telle option ne doit
cependant pas créer de précédent. Le représentant d’Oman a
déclaré pour sa part que son gouvernement avait l’intention
d’exercer sa souveraineté sur son plateau continental. Oman
préparant actuellement sa demande, le représentant a annoncé qu’il
ne serait cependant pas en mesure de la présenter dans les délais.
La
représentante du Costa Rica a souscrit à la demande qu’ont
faite plusieurs États de prolonger le délai de soumission auprès
de la Commission des limites du plateau continental. Notant la
complexité des ressources techniques, logistiques et financières
nécessaires pour la préparation des dossiers, elle a indiqué que
son pays, malgré tous ses efforts, ne pourrait peut-être pas
respecter la date butoir.
Le
représentant du Japon a annoncé que son pays devrait être
en mesure de présenter une demande complète au début de l’année
prochaine. Il s’est toutefois dit très sensible aux difficultés
rencontrées par certains États Membres et s’est dit disposé à
discuter de solutions pratiques pour surmonter ces obstacles. Il
a par ailleurs indiqué qu’il fallait préserver l’intégrité de la
Convention.
Le
représentant de la Sierra Leone a affirmé qu’il fallait
aider la Commission à faire face à sa charge de travail accrue,
notamment en tenant compte du niveau de ressources et faire en
sorte qu’il soit approprié. Il a dit qu’il partageait l’avis
selon lequel la date butoir fixée pour le dépôt des soumissions
devrait être reportée. Enfin, il a dit que son pays serait en
mesure de présenter une demande préliminaire avant la date butoir.
Le
représentant de la Fédération de Russie a déclaré qu’il
fallait respecter l’intégrité de la Convention, tout en tenant
compte des difficultés rencontrées par certains pays en
développement.
Son
collègue du Chili a indiqué que son gouvernement
travaillait à la préparation de sa demande mais qu’il lui serait
difficile de la présenter en mai 2009.
Le
représentant du Bénin a ensuite estimé que la question du
volume de travail était aussi liée au délai fixé pour la
présentation des dossiers. Dans ce contexte, la coopération
régionale peut aider à prendre en charge certains aspects de la
préparation des demandes de soumission, a-t-il dit, avant de se
déclarer favorable à la présentation d’une demande préliminaire.
Notant
les difficultés que rencontrent certains pays pour soumettre leur
demande à la Commission, le représentant de Panama a
demandé que l’on prolonge les délais fixés pour ces soumissions.
Il a appuyé l’idée de permettre aux États de déposer une demande
préliminaire qui serait ensuite complétée.
La
représentante des États-Unis a estimé que la question des
délais était la plus importante qui soit examinée par la Réunion
cette semaine, et elle a insisté sur l’importance de parvenir à un
consensus pour la régler. Elle a partagé l’avis des délégations
qui ont rappelé qu’un État côtier ne perd pas son droit inhérent
au plateau continental, même s’il ne fait pas de présentation à la
Commission.
RÉPARTITION DES SIÈGES À LA COMMISSION ET AU TRIBUNAL
Déclarations
Le
représentant de l’Espagne, qui s’exprimait au nom du Groupe
des États d’Europe occidentale et autres États, a rappelé qu’en
mars dernier, son groupe avait adressé des questions concernant la
proposition mise en avant par le Groupe des États asiatiques et le
Groupe des États africains. Il a affirmé qu’il fallait travailler
sur la base du principe du consensus entre les États parties. Il
a demandé si ces Groupes considéraient qu’il y avait des problèmes
dans le travail effectué par la Commission et par le Tribunal. En
quoi cette proposition répondrait-elle mieux aux exigences, à la
lettre et à l’esprit de la Convention? a-t-il demandé. Il a
estimé que la Convention « ne préconisait pas une stricte
proportionnalité mathématique » en ce qui concerne la répartition
des sièges. Il a constaté que la proposition du Groupe africain
et du Groupe asiatique donnerait respectivement 11 sièges pour ces
deux Groupes et 10 pour les groupes restants. Il a donc estimé
que cette proposition se faisait au détriment des autres groupes
régionaux. Enfin, il a souhaité que cette discussion se poursuive
dans le cas de consultations officieuses.
La
représentante de l’Égypte, qui prenait la parole au nom du
Groupe des États africains, a rappelé que le Groupe des États
d’Europe occidentale et autres États et celui des États d’Europe
de l’Est avaient respectivement quatre et trois sièges alors
qu’ils représentaient 22 États parties. Elle a expliqué que la
proposition visait à respecter une répartition géographique
équitable, avec un minimum de trois sièges pour chaque groupe
régional. Affirmant que le Groupe africain était engagé à
travailler sur la base du consensus, elle a rappelé qu’il avait
déjà fait un compromis l’année dernière en reportant l’examen de
cette question. Toutefois, le Groupe africain estime qu’une
décision doit être prise au cours de cette dix-huitième Réunion
des États parties, a-t-elle ajouté, en précisant que l’arrangement
conclu serait temporaire.
La
représentante des Philippines, parlant au nom du Groupe des
États asiatiques, a indiqué que la présentation de cette
proposition n’était pas en elle-même une critique des travaux
menés par les deux organes concernés. Elle a mis en avant
l’augmentation du nombre des États parties à la Convention
provenant des Groupes Afrique et Asie. Cela veut dire qu’il faut
une nouvelle répartition des sièges pour garantir une distribution
géographique équitable au Tribunal et à la Commission, a-t-elle
fait valoir. Elle a espéré que la Réunion parviendrait à un
consensus sur cette question, tout en notant que la répartition
des sièges devait faire l’objet d’un examen constant. Elle a dit
que le Groupe Asie était prêt à écouter les autres suggestions
mais a souligné que l’élément du consensus ne devait pas être
utilisé pour ne pas prendre de décision sur ce point.
La
représentante des Bahamas, qui s’exprimait au nom du Groupe
des États d’Amérique latine et des Caraïbes, a souligné que le
principe de la répartition et de la distribution équitables des
sièges devait prévaloir. Elle a émis l’espoir que cette question
serait réglée par consensus.
Le
représentant de l’Arménie, intervenant au nom du Groupe des
États de l’Europe de l’Est, a indiqué que cette question devait
être réglée sur la base du consensus et de la transparence. Il a
estimé que toutes les possibilités de règlement n’avaient pas été
épuisées et qu’il fallait réfléchir à d’autres solutions en
consultations officieuses.
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Exxon Valdez: arrêt de la Cour suprême
américaine et la « portée » des dommages punitifs
Danilo COMBA
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Arrêt:
EXXON SHIPPING CO.
ET AL. v. BAKER ET AL.
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L’Affaire Exxon Valdez (Sentinelle)
constitue un différend symbolique, à la fois à l’échelle nationale et
dans une perspective comparatiste, montrant les évolutions et les
difficultés présentes dans les disciplines de protection de
l’environnement, en l’espèce de la mer et ses écosystèmes. De plus,
s’agissant d’une affaire relevant d’un pays de Common Law, l’analyse
de l’arrêt de la Cour suprême peut toucher d’autres éléments d’intérêt
certain, comme celui de la règle du précédent. Sans rapport, direct du
moins, avec le droit international, l'Arrêt peut difficilement être
ignoré par les spécialistes de cette discipline en raison de son
impact mondial dans une affaire symbolique.
En effet son analyse nous montre
également les rapports entre les juridictions nationales et fédérales,
la possibilité pour les juges de créer et non seulement de dire le
droit ou encore le rapport entre les lois fédérales et les grands
principes de Common Law.
En somme la catastrophe
environnementale de 1989, au sujet de laquelle de nombreux différends
ont vu le jour, est un sujet majeur depuis 20 années. La société en
cause a déboursé près de 3,4 milliards de dollars pour nettoyer les
sites pollués, répondre à des
procédures à l’aimable ou judiciaires (criminelles, civiles et
pour dommage écologique), ou encore pour indemniser plus de 32.000
pêcheurs et professionnels de la mer.
L’intérêt de cette affaire et de la
décision qui vient d’être donnée, suite à l’action civile des
professionnels de la mer, concerne le montant total des dommages
compensatoires ( « lost income and similar
economic harm to commercial fishermen and other private parties »),
mais surtout sur la place (dans l’AN et le Quantum) desdits « punitifs
damages » : ces derniers ont été établis par le système étasunien afin
de renforcer, par la dissuasion économique, le principe de prévention
(montrant que le non-respect des normes comporte des sanctions
effectives).
Rappel
de
Sentinelle :
Ainsi,
selon les règles prévues pour demander et établir la « Jurisdiction
on writ of certiorari » (voir en particulier la « Rule
14 »), la Société Exxon
pose à la Cour les questions suivantes:
1. May
punitive damages be imposed under maritime law against a shipowner
(as the Ninth Circuit held, contrary to decisions of the First,
Fifth, Sixth, and Seventh Circuits) for the conduct of a ship’s
master at sea, absent a finding that the owner directed,
countenanced, or participated in that conduct, and even when the
conduct was contrary to policies established and enforced by the
owner?
2. When
Congress has specified the criminal and civil penalties for maritime
conduct in a controlling statute, here the Clean Water Act, but has
not provided for punitive damages, may judge-made federal maritime
law (as the Ninth Circuit held, contrary to decisions of the First,
Second, Fifth, and Sixth Circuits) expand the penalties Congress
provided by adding a punitive damages remedy?
3. Is
this $2.5 billion punitive damages award, which is larger than the
total of all punitive damages awards affirmed by all federal
appellate courts in our history, within the limits allowed by (1)
federal maritime law or (2) if maritime law could permit such an
award, constitutional due process?
Les
Juges de la Cour Suprême ont accepté de se saisir dans les limites
des questions « 1, 2, AND 3(1) PRESENTED BY THE PETITION ».
07-219 EXXON SHIPPING CO. V. BAKER
Le présent arrêt apporte les
réponses suivantes :
1.
Les deux parties se sont opposées sur la jurisprudence
faisant « précédent » dans l’affaire en l’espèce. La Cour s’est
nettement divisée sur cette question (4/4) ; ainsi, ne pouvant pas
trancher la question si les dommages punitifs sont applicable à la
charge du propriétaire du navire en conséquence du comportement fautif
du capitaine, elle a dis (page 14 de l’arrêt): “The Court is equally
divided on this question, and “[i]f the judges are divided, the
reversal cannot be had, for noorder can be made.” Durant v. Essex Co.,
7 Wall. 107, 112 (1869). We therefore leave
the Ninth Circuit’s opinion undisturbed in this respect, though it
should go without saying that the disposition here is not precedential
on the derivative liability question”.
2.
La
deuxième question était de déterminer si une Cour fédérale pouvait
prévoir des dommages punitifs additionnels alors que le « Clean
Air Act » ne disciplinerait (selon la position de la société, voir
en particulier le § 1321 de la Loi) que les sanctions civiles et
pénales applicables. La question concerne également les moyens pouvant
etre soulevés par l’acteur devant la Cour Suprême :
It is true that “[o]nce a federal
claim is properly presented, a party can make any argument insupport
of that claim; parties are not limited to the precise arguments they
made below.” (…) “But this principle stops well short of legitimizing
Exxon’s untimely motion”. “(…) As to the merits, we agree with the
Ninth Circuit thatExxon’s late-raised CWA claim should fail”.
En outre, selon une lecture
systématique, “In order to abrogate a Common-Law principle”,
(l’application de dommages punitifs dans le domaine des activités liés
à la mer), “the statute must speak directly to the question addressed
by the common law”. Ce que ne peut véritablement pas être affirmé.
3.
Ainsi
l’objet principal de cet arrêt a été la question du montant (le
Quantum), le calcul et les paramètres juridiques pour sa
détermination.
Selon la majorité des juges (5 c.
3), le montant prévu par la Cour d’Appel (2,5 milliards de dollars) à
titre de dommages compensatoires et punitifs est excessif.
A titre de rappel, la Cour d’Appel
avait estimé que l’Exxon avait eu un « comportement irresponsable, en
plaçant un alcoolique aux commandes d'un supertanker chargé de
millions de barils de pétrole pour naviguer dans les eaux de la Baie
du Prince William » ; cette grave négligence conduisait à des
sanctions (punitives) sévères» (voir
Sentinelle).
La Cour ne retient pas cette
analyse, en particulier dans l’expression économique des sanctions
punitives; selon la majorité des juges l’obstacle principal à la
sévérité des juges de 1ère et 2ème instance est
de les tempérer avec les exigences de prévisibilité des sanctions et
de « due process ».
Le balancement des différentes
coordonnées juridiques (sanctionner mais dans la garantie d’un procès
équitable et « prévisible ») doit par ailleurs être analysé à la
lumière de l’évolution du concept de dommages punitifs (dans la
jurisprudence et dans les applications étatiques), de la jurisprudence
relative aux différents types de responsabilité et enfin établi selon
les spécificités du secteur maritime. Par cela la Cour retienne que
dans son rôle de dernière instance elle doit participer à une
meilleure définition des paramètres des « dommages punitifs ».
“Many States
have gone further by imposing statutory limits on punitive awards, in
the form of absolute monetary caps, a maximum ratio of punitive to
compensatory damages, or, frequently, some combination of the two.
The States that rely on a multiplier have adopted a variety of
ratios, ranging from 5:1 to 1:1”.
“The real problem, it seems, is the
stark unpredictability of punitive awards. Courts of law are concerned
with fairness as consistency, and evidence that the median ratio of
punitive to compensatory awards falls within a reasonable zone, or
that punitive awards are infrequent, fails to tell us whether the
spread between high and low individual awards is acceptable. The
available data suggest it is not”.
“Our review of punitive damages
today, then, considers not their intersection with the Constitution,
but the desirability of regulating them as a common law remedy for
which responsibility lies with this Court as a source of judge-made
law in the absence of statute”.
“This is why our
better judgment is that eliminating unpredictable outlying punitive
awards by more rigorous standards than the constitutional limit will
probably have to take the form adopted in those States that have
looked to the criminal -law pattern of quantified limits”.
“Traditionally, courts have
accepted primary responsibility for reviewing punitive damages and
thus for their evolution, and if, in the absence of legislation,
judicially derived standards leave the door open to outlier
punitive-damages awards, it is hard to see how the judiciary can wash
its hands of a problem it created, simply by calling quantified
standards legislative”.
“On these assumptions, a median
ratio of punitive to compensatory damages of about 0.65:1
probably marks the line near which cases like this one largely should
be grouped. Accordingly, given the need to protect against the
possibility (and the disruptive cost to the legal system) of awards
that are unpredictable and unnecessary, either for deterrence or for
measured retribution, we consider that a 1:1 ratio, which is above
the median award, is a fair upper limit in such maritime cases”.
La Cour ainsi
“Applying this standard to the present case, we take forgranted the
District Court’s calculation of the total relevant compensatory
damages at $507.5 million. A punitive-to-compensatory ratio of
1:1 thus yields maximum punitive damages in that amount.
We therefore vacate the judgment and remand the
case for the Court of Appeals to remit the punitive damages award
accordingly.
Trois juges se sont éloignés de la
position expresse aux 4 et 5 e points de l’arrêt : selon le juge
Stevens le pouvoir discrétionnaire du juge (et la construction de ses
limites) est le paramètre à préférer pour définir cette affaire.
Selon le juge Stevens « In light of Exxon’s
decision to permit a lapsed alcoholic to command a supertanker
carrying tens of millions of gallons of crude oil through the
treacherous waters of Prince William Sound, thereby endangering all of
the individuals who depended upon the sound for their livelihoods, the
jury could reasonably have given expression to its “moral
condemnation” of Exxon’s conduct in the form of this award” (page
55/61).
Selon une organisation étasunienne
l’Exxon est responsable de l'un des plus grands désastres écologiques
et « The
punitive damages in the case should reflect that fact as well as the
size and scope of the responsible corporation ».
La minorité remarque en outre que,
“the new law made by the Court (la définition de paramètres plus
précis, c’est-à-dire le rapport 1:1) should have been left to Congress”.
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Transformation des eaux chiliennes en
sanctuaire baleinier: une pérennisation nationale du moratoire international de
1986 sur la chasse à la baleine
Michel Djimgou Djomeni
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Le 23 juin 2008, la 60ème
Session annuelle de la
Commission Baleinière Internationale
(CBI) s’est ouverte à Santiago du Chili. Comme à l’accoutumée, les
parties auront à plancher sur un certain nombre de thématiques dont
beaucoup constituent des pommes de discorde contribuant à diviser la
Commission entre partisans et adversaires de la chasse à la baleine.
Dans cette atmosphère de dissensions potentielles et réelles, un acte
insusceptible de provoquer une levée de bouclier est la décision
inédite prise par la Présidence chilienne, de transformer l'espace
marin de son pays en véritable sanctuaire baleinier, décision dont le
contexte particulier en magnifie la portée.
Le contexte de la décision
La décision de transformation des
eaux chiliennes en sanctuaire baleinier est prise au moment où la CBI
traverse une crise institutionnelle sans précédent, et dont les signes
précurseurs avaient été perçus dès la réunion de St. Kitts et Nevis en
juin 2006. Au cours de cette session, les clivages entre chasseurs et
abolitionnistes s’étaient accusés. Deux ans plus tard, ces clivages
demeurent, et c’est dans ce contexte qu’est intervenu l’annonce
présidentielle.
Le 23 juin 2008 en effet, jour de
l’ouverture de la 60ème Session annuelle de la CBI, la
Présidente chilienne, Michelle Bachelet, a annoncé l’interdiction
totale et définitive de la chasse à la baleine dans les eaux relevant
de la juridiction de son pays. Matérialisée par un Décret signé le 23
juin 2008, cette décision est la toute première d’une série d’actes
qui concrétiseront la « sanctuarisation » des eaux chiliennes. Un
projet de loi déjà conçu à cette fin, sera soumis au Parlement dans
les prochaines semaines pour adoption.
Derrière cette décision, il faut
voir l’effet de facteurs internes surdéterminants. La société civile
chilienne a été à la pointe du plaidoyer pour la création de ce
sanctuaire. Des ONG actives dans le domaine de la protection de
l’environnement en général et de la conservation des grands cétacés en
particulier ont été pour beaucoup à cet égard. Au nombre de celles-ci,
le
Centre de conservation des cétacés (CCC)
et la
Confédération nationale des artisans pêcheurs chiliens
(CONAPACH) ont été d'une contribution déterminante.
En octobre 2007, ces organisations avaient lancé (sous le slogan
«Chili 2008: Sanctuaire baleinier » en espagnol, “Chile 2008:
Santuario de Ballenas”) une campagne pour l’interdiction définitive de
la chasse à la baleine dans les eaux chiliennes, campagne qui, avec le
soutien de la Marine et du Sénat chiliens avait abouti à une sorte de
pétition adressée à la Présidence chilienne dans ce sens. Il convient
de noter que la décision de la Présidente de la République est
également fondée sur un soutien populaire évident. Des sondages
d’opinion effectués quelques mois avant la tenue de la 60ème
Session annuelle de la CBI avait révélé que 97% des chiliens étaient
favorables à la transformation des espaces marins de leur pays en
sanctuaires baleiniers.
La portée de la décision
La portée d’une telle décision est
double. Elle est importante tant du point de vue de la conservation
que du droit international de la protection des grands cétacés.
Sur le plan de la conservation, la
« sanctuarisation » des eaux chiliennes renforce la protection des
baleines dans la mesure où il est établi qu’environ 50% de ces grands
cétacés viennent dans les eaux chiliennes, soit pour s’y reproduire,
soit pour y franchir une étape de leur longue migration. Qui plus est,
les côtes chiliennes comptant parmi les plus longues au monde, les aux
ainsi sanctuarisées couvriront un grand espace géographique soustrait
au harpon des baleiniers.
Sur le plan juridique, on peut dire
que le droit international de la conservation des grands cétacés sort
renforcé de cette posture chilienne. En réalité, c’est le camp des
abolitionnistes qui gagne ainsi sur le plan symbolique. En
sanctuarisant ses eaux, le Chili fait montre d’une application plus
rigoureuse et pérenne du
moratoire
de 1986, et il est à espérer que cette
« sanctuarisation » fasse tâche d’huile.
Sans se contenter de sanctuariser
les eaux de son pays, la Présidente Michelle Bachelet a, dans son
discours prononcé le 23 juin 2008 dans l'ancienne station baleinière
de Quintay transformée en musée, déclaré qu’au cours de la prochaine
réunion de la CBI, le Chili s’opposera à toute proposition visant à
autoriser la capture et la mise à mort de grands cétacés pour des
raisons scientifiques, une allusion à peine voilée aux programmes de
pêche scientifique menés par le Japon, la Norvège et l'Islande.
Cette décision qui a été saluée par
les organisations non gouvernementales oeuvrant dans le domaine de la
protection de l'environnent, à l'instar de
Greenpeace et le
International Fund for Animal Welfare
(IFAW), s’inscrit dans la logique d'une tradition chilienne de
« conservatiste » des ressources halieutiques. Déjà au courant des
années 70, le Chili s’était abstenu de chasser la baleine, ce en vertu
d'un moratoire qu'il s'était imposé et qui devait expirer en 2005.
Dans le même ordre d’idées, on se souvient que le Chili a pendant
longtemps promu le concept de « mer présentielle » pour soutenir sa
prétention à exercer un droit de surveillance sur les activités de
pêche se déroulant dans les régions adjacentes à sa zone économique
exclusive.
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Mauritanie : adoption du projet de loi relatif à la délimitation
de la frontière maritime avec le Cap-Vert
Tidiani COUMA
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Le
12 juin
2008, le
Sénat
mauritanien
a adopté un projet de loi autorisant la ratification de l’Accord
de délimitation maritime avec le Cap-Vert (v.
communiqué
). Cet accord avait été
examiné et approuvé
par le gouvernement,
Conseil des Ministres, le 23 avril 2008 (v.
Sentinelle du 27 avril 2008).
Rappelons que le présent accord
a été
signé à Praia, la capitale du Cap-Vert, le 19 septembre 2003
.
Il fait une application simple de l’équidistance pour fixer la limite
maritime unique du plateau continental et de la zone économique
exclusive. La ligne de base archipélagique a été retenue pour le Cap
Vert.
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Le Sénat mauritanien adopte un projet de loi sur la délimitation
de la frontière maritime entre la Mauritanie et le Cap Vert
Nouakchott, 12 juin (AMI)-
Le Sénat a adopté, jeudi, au cours d'une plénière tenue à
Nouakchott sous la présidence de M. Ba Mamadou dit M'Baré, à la
majorité de ses membres, la convention portant sur la
délimitation de la frontière maritime entre la Mauritanie et le
Cap Vert, signée le 19 septembre 2003.
Prenant la parole à cette occasion, M. Kane Moustapha, ministre
du pétrole et des mines, ministre des affaires étrangères et de
la coopération par intérim a présenté aux sénateurs les
explications nécessaires sur ledit projet de loi.
Le ministre a affirmé, dans ce cadre, "que les gouvernements des
deux pays, s'attachant à l'esprit d'amitié et de coopération et
désirant développer et renforcer leurs relations de bon
voisinage ont décidé amicalement et par le biais de la
concertation de délimiter les frontières maritimes communes"
séparant "la zone économique exclusive et le bassin côtier des
deux pays". M. Kane Moustapha a ajouté que les deux pays " se
sont basés, dans le tracé de leur frontière maritime commune sur
la carte américaine à dimension 1/1000000 établie et diffusée
par le centre aérien de l'agence de défense".
Le ministre a précisé que la convention des nations unies sur
les mers attribue à chaque pays côtier une zone économique
exclusive de 200 miles marins, à partir du bassin côtier du pays
en question, soulignant que la disposition citée dans cette
convention ne peut pas s'appliquer sur l'espace maritime qui
sépare la Mauritanie et le Cap Vert, ce qui a amené les deux
pays à partager leur espace maritime commun, à raison de 170
miles marins pour chacun d'eux.
Certains sénateurs ont demandé à hâter la délimitation des
frontières de la Mauritanie avec tous les pays limitrophes, à
renforcer les moyens de contrôle sur les eaux territoriales du
pays et à préserver l'environnement marin.
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UE /
ouverture des négociations pour une Communauté de transport avec
les Balkans occidentaux d’ici 2009
Florina COSTICA
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Le 24 juin 2008, la Commission a ouvert les négociations sur la
création d’une Communauté de transport avec les Etats des Balkans
occidentaux. Après
le traité pour la Communauté de l’énergie, un traité instituant la
Communauté de transports sera conclu à l’horizon 2009, avec l’objectif
déclaré de créer un marché intégré des infrastructures et des
transports (terrestres, par voies navigables et maritimes). De même,
le traité visera aussi à harmoniser la législation applicable dans la
région des Balkans avec l'acquis communautaire, mais aussi les règles
relatives à la sécurité, à la protection de l’environnement et aux
services.
Les négociations sur les questions techniques débuteront à l’automne
2008.
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