|
|
|
|
|

|
|
Commission du droit international :
première partie de la 60e session
Sarah Cassella
|
|
Sommaire
-
Ressources naturelles
partagées
-
Responsabilité des organisations internationales
-
réserves aux traités
-
Effets des conflits armés
sur les traités
-
Expulsion des étrangers
|
La première partie des travaux de la Commission du droit
international (CDI) a eu lieu du 5 mai au 6 juin 2008. La
seconde partie de cette session a commencé le 7 juillet et se
terminera le 8 août 2008. « La Commission du droit international
: soixante ans ... et maintenant? » était le thème des
manifestations commémoratives qui se sont déroulées les 19 et 20
mai 2008 au Palais des Nations, à Genève, à l'occasion du 60e
anniversaire de la CDI. Une séance solennelle s´est tenue le
matin du 19 mai, suivie d'un jour et demi de réunions auxquelles
ont participé les conseillers juridiques des États Membres et
d'autres spécialistes du droit international, qui se sont
penchés sur des aspects pratiques des travaux de la Commission
et de sa coopération avec les États Membres en vue du
développement progressif du droit international et de sa
codification. Dans sa
résolution 62/66
du 6 décembre 2007, l'Assemblée générale avait pris note de
l'initiative de la Commission, encouragé les conseillers
juridiques à participer à la réunion commémorative et invité les
États Membres à organiser, en association avec les organisations
régionales, les associations professionnelles, les
établissements universitaires et les membres de la Commission,
des réunions nationales ou régionales consacrées aux travaux de
la CDI. |
Ressources naturelles partagées
Le Rapporteur spécial, M. Chusei Yamada, a présenté son
5e rapport (A/CN.4/587),
qui concerne les eaux souterraines transfrontières. La Commission du
droit international dispose des commentaires de 47 gouvernements sur
les 19 projets d’articles sur le droit des aquifères transfrontières,
sur le commentaire de la Commission concernant ce texte, ainsi que sur
la forme définitive à donner aux projets d’articles. Au vu de ces
observations, le Rapporteur a pu présenter une version révisée des
projets d’articles en vue de la deuxième lecture. La Commission a
examiné le rapport et a renvoyé les articles 14 à 20 des parties IV et
V au Comité de rédaction.
La Commission a également renvoyé au Comité de rédaction un
projet de préambule (A/CN.4/L.722)
établi par le Rapporteur spécial sur sa demande. Il a été décidé que
le Comité est composé de la façon suivante : M. Pedro Comissario
Afonso (Président), M. Chusei Yamada (Rapporteur spécial), M. Ian
Brownlie, M. Enrique Candioti, M. Salifou Fomba, M. Giorgio Gaja, M.
Zdzislaw Galicki, M. Mahmoud D. Hmoud, Mme Marie G. Jacobsson, M.
Roman Kolodkin, M. Donald M. McRae, M. Bayo Ojo, M. Gilberto Vergne
Saboia, M. Stephen C. Vasciannie, M. Marcelo Vásquez-Bermúdez, M.
Nugroho Wisnumurti, Mme Hanqin Xue, M. Lucius Caflisch, M. Bernd
Niehaus et Mme Paula Escarameia (ex officio). Le Président du Comité
de redaction a présenté son rapport (A/CN.4/L.724).
La Commission a étudié ce texte et a adopté en deuxième lecture le
préambule ainsi que les projets d’articles suivants :
-
Article 1 :
Champ d’application,
-
Article 2 : Termes employés,
-
Article 3 : Souveraineté des Etats de l’aquifère,
-
Article 4 : Utilisation équitable et raisonnable,
-
Article 5 : Facteurs pertinents pour une utilisation équitable et
raisonnable,
-
Article 6 : Obligation de ne pas causer de dommage significatif,
-
Article 7 : Obligation générale de coopérer,
-
Article 8 : Echange régulier de données et informations,
-
Article 9 : Accords et arrangements bilatéraux et régionaux,
-
Article 10 : Protection et préservation des écosystèmes,
-
Article 11 : Zones de réalimentation et de déversement,
-
Article 12 : Prévention, réduction et maîtrise de la pollution,
-
Article 13 : Surveillance,
-
Article 14 : Gestion,
-
Article 15 : Activités projetées,
-
Article 16 : Coopération technique avec les Etats en développement,
-
Article 17 : Situations d’urgence,
-
Article 18 : Protection en période de conflit armé,
-
Article 19 : Données et informations relatives à la défense ou à la
sécurité nationales.
Responsabilité des organisations
internationales
M. Giorgio Gaja, Rapporteur spécial, a présenté son
6e rapport (A/CN.4/597).
Un certain nombre des 45 articles déjà adoptés concernant ce sujet ont
fait l’objet de commentaires après avoir été adoptés provisoirement,
en particulier dans le cadre des débats tenus à la Sixième Commission
sur le rapport de la Commission du droit international et dans des
déclarations écrites faites par des États et organisations
internationales. Certains d’entre eux ont été examinés dans le cadre
de la pratique judiciaire, notamment internationale. Les articles 3 et
5 ont ainsi été examinés par la Cour européenne des droits de l’homme
dans deux décisions récentes, Behrami c. France et Saramati c. France,
Allemagne et Norvège du 2 mai 2007, et Berić et al. c.
Bosnie-Herzégovine, du 16 octobre 2007. Le 6e rapport
traite des questions liées à la mise en œuvre de la responsabilité
internationale des organisations internationales. Après
l’introduction, il comprend deux chapitres, intitulés respectivement «
Invocation de la responsabilité d’une organisation internationale » et
« Contre-mesures ». Le Rapporteur spécial a par ailleurs annoncé que
le prochain rapport contiendra une étude complète des commentaires et
des propositions de révision de certains articles. La Commission du
droit international a examiné ce rapport et a renvoyé les articles 46
à 51 au Comité de rédaction. La composition de ce dernier est la
suivante : M. Pedro Comissario Afonso (Président), M. Giorgio Gaja
(Rapporteur spécial), M. Ian Brownlie, M. Christopher John Dugard, M.
Salifou Fomba, M. Mahmoud D. Hmoud, Mme Marie G. Jacobsson, M. Roman
A. Kolodkin, M. Donald M. McRae, M. Bernd H. Niehaus, M. Georg Nolte,
M. Narinder Singh, M. Eduardo Valencia-Ospina, M. Stephen C.
Vasciannie, M. Marcelo Vázquez-Bermúdez, M. Amos S. Wako, M. Nugroho
Wisnumurti, Mme Hanqin Xue, M. Chusei Yamada et Mme Paula Escarameia
(ex officio).
La Commission a par ailleurs décidé de créer un Groupe de travail,
afin d’examiner la question des contre-mesures ainsi que la
possibilité d’inclure un article supplémentaire concernant la
recevabilité des demandes. Il a été décidé que le Groupe de travail
sera composé comme suit : M. Enrique Candioti (Président), M. Giorgio
Gaja (Rapporteur spécial), M. Pedro Comissario Afonso, M. Mahmoud D.
Hmoud, Mme Marie G. Jacobsson, M. Maurice Kamto, M. Donald M. McRae,
M. Georg Nolte, M. Alain Pellet, M. A. Rohan Perrera, M. Ernest Petric,
M. Gilberto Vergne Saboia, M. Narinder Singh, M. Eduardo Valencia-Ospina,
M. Stephen C. Vasciannie, M. Marcelo Vázquez-Bermúdez, M. Amos S. Wako,
M. Nugroho Wisnumurti, Mme Hanqin Xue, M. Chusei Yamada et Mme Paula
Escarameia (ex officio).
Le Président du Comité de rédaction a présenté le
rapport du Comité (A/CN.4/L.725).
La Commission a étudié ce texte et a adopté les projets d’articles
suivants :
-
Article 46 :
Invocation de la responsabilité par l’Etat lésé ou l’organisation
internationale lésée,
-
Article 47 : Notification par l’Etat lésé ou l’organisation
internationale lésée,
-
Article 48 : Recevabilité de la demande,
-
Article 49 : Renonciation au droit d’invoquer la responsabilité,
-
Article 50 : Pluralité d’Etats ou organisations internationales lésés,
-
Article 51 : Pluralité d’Etats ou organisations internationales
responsables,
-
Article 52 : Invocation de la responsabilité par un Etat autre qu’un
Etat lésé ou par une organisation internationale autre qu’une
organisation internationale lésée,
-
Article 53 : Portée de cette partie.
réserves
aux traités
La Commission a décidé de renvoyer le projet de directive 2.1.9 sur
« La motivation des réserves » au Comité de rédaction, sur
proposition du Rapporteur spécial (A/CN.4/586).
Le Comité de rédaction est composé de la façon suivante : M. Pedro
Comissario Afonso (Président), M. Alain Pellet (Rapporteur spécial),
M. Enrique Candioti, M. Salifou Fomba, M. Giorgio Gaja, M. Mahmoud D.
Hmoud, M. Roman Kolodkin, M. Donald M. McRae, M. Georg Nolte, M. Bayo
Ojo, M. A. Rohan Perera, M. Marcelo Vázquez-Bermúdez, M. Nugroho
Wisnumurti, Mme Hanqin Xue et Mme Paula Escarameia (ex officio). Le
Président a présenté le rapport du Comité
(A/CN.4/L.723). La Commission a examiné ce texte et a adopté
les projets de directives suivants :
-
2.1.6 :
Procédure de communication des réserves,
-
2.1.9 : Motivation,
-
2.6 : Formulation des objections,
-
2.6.6 : Formulation conjointe,
-
2.6.7 : Forme écrite,
-
2.6.8 : Expression de l’intention d’empêcher l’entrée en vigueur du
traité,
-
2.6.9 : Procédure de formulation des objections,
-
2.6.10 : Motivation,
-
2.6.12 : Délai de formulation d’une objection,
-
2.6.13 : Objections conditionnelles,
-
2.6.14 : Objections tardives,
-
2.7 : Retrait et modification des objections aux réserves,
-
2.7.1 : Retrait des objections aux réserves,
-
2.7.2 : Forme du retrait des objections aux réserves,
-
2.7.3 : Formulation et communication du retrait des objections aux
réserves,
-
2.7.4 : Effet du retrait d’une objection,
-
2.7.5 : Date d’effet du retrait d’une objection,
-
2.7.6 : Cas dans lesquels l’Etat ou l’organisation internationale
auteur de l’objection peut fixer unilatéralement la date d’effet du
retrait de l’objection à la réserve,
-
2.7.7: Retrait partiel d’une objection,
-
2.7.8: Effet du retrait partiel d’une objection,
-
2.7.9: Interdiction de l’aggravation d’une objection à cette réserve.
Les projets de directives 2.6.5 et 2.6.11 ont été renvoyés au Comité
de rédaction.
Effets des conflits armés sur les
traités
Le Président du Groupe de travail a présenté son
rapport (A/CN.4/L.726) à la
Commission. Sa mission consistait à proposer des orientations
concernant plusieurs questions qui avaient été soulevées lors de
l’examen par la Commission du troisième rapport du Rapporteur spécial,
à la 59e session de la Commission en 2007. Le Groupe de
travail a examiné quatre questions :
1) la question de l’applicabilité, en ce qui concerne le projet
d’article 8, de la procédure établie à l’article 65 de la Convention
de Vienne sur le droit des traités concernant l’extinction d’un traité
ou la suspension de son application;
2) la question de l’applicabilité, également en ce qui concerne le
projet d’article 8, des articles 42 à 45 de la Convention de Vienne
sur le droit des traités et, en particulier, de l’article 44 relatif à
la divisibilité des dispositions d’un traité;
3) le projet d’article 9, consacré à la reprise de l’application des
traités dont l’application a été suspendue, tel que proposé par le
Rapporteur spécial dans son troisième rapport ;
4) les projets d’articles 12, 13 et 14, tels que proposés par le
Rapporteur spécial dans son troisième rapport, concernant le statut
des États tiers en tant que neutres, l’extinction des traités ou la
suspension de leur application résultant de la mise en œuvre de la
Convention de Vienne et la compétence des parties pour négocier un
accord spécifique réglementant la question du maintien ou de la remise
en vigueur des traités, respectivement. Le Groupe de travail était
saisi du quatrième rapport du Rapporteur spécial sur la procédure
concernant le mode de suspension de l’application ou d’extinction d’un
traité, ainsi que d’une note du Président du Groupe de travail sur la
question de l’applicabilité des articles 42 à 45 de la Convention de
Vienne sur le droit des traités. Après avoir examiné tous ces points,
il a décidé d’adresser à la plénière pour examen des recommandations
spécifiques sur chaque question, ainsi que quelques recommandations
d’ordre général. La Commission a adopté ce rapport et a renvoyé au
Comité de rédaction les projets d’articles 8, 8 bis, 8 ter, 8 quater,
9 et 14, proposes par le Groupe de travail, les projets d’articles 12
et 13, proposés par le Rapporteur spécial, ainsi que les
recommandations formulées par le Groupe de travail.
Il a été décidé que la composition du Comité de rédaction serait la
suivante : M. Pedro Comissario Afonso (Président), M. Ian Brownlie
(Rapporteur spécial), M. Lucius Caflisch, M. Salifou Fomba, M. Giorgio
Gaja, M. Mahmoud D. Hmoud, M. Roman A. Kolodkin, M. Donald M. McRae,
M. Bernd H. Niehaus, M. A. Rohan Perrera, M. Ernest Petric, M.
Gilberto Vergne Saboia, M. Narinder Singh, M. Stephen C. Vasciannie,
M. Marcelo Vázquez-Bermúdez, M. Amos S. Wako, M. Nugroho Wisnumurti,
Mme Hanqin Xue et Mme Paula Escarameia (ex officio).
Au nom du Président du Comité de rédaction, M. Caflisch a présenté le
rapport de ce Comité (A/CN.4/L.727).
La Commission a examiné le rapport et a adopté en première lecture les
projets d’articles suivants :
-
1 : Champ
d’application,
-
2 : Définitions,
-
3 : Caractère contingent de l’extinction ou de la suspension de
l’application,
-
4 : Indices de prédisposition des traités à l’extinction, au retrait
d’une partie ou à la suspension de leur application,
-
5 : Application des traités dont la teneur implique qu’ils sont
applicables,
-
6 : Conclusion de traités pendant un conflit armé,
-
7 : Dispositions expresses sur l’application des traités,
-
8 : Notification de l’extinction, du retrait d’une partie ou de la
suspension,
-
9 : Obligations imposées par le droit international indépendamment
d’un traité,
-
10 : Divisibilité des dispositions d’un traité,
-
11 : Perte du droit d’invoquer un motif de mettre fin au traité, de
s’en retirer ou d’en suspendre l’application,
-
12 : Reprise de l’application des traités dont l’application a été
suspendue,
-
14 : Décisions du Conseil de sécurité,
-
15 : Interdiction de procurer un avantage à un État agresseur,
-
16 : Droits et obligations découlant du droit de la neutralité,
-
17 : Autres cas d’extinction, de retrait ou de suspension,
-
18 : Reprise des relations conventionnelles après un conflit armé.
La Commission a renvoyé le projet d’article 13 (Effet de l’exercice du
droit de légitime défense à titre individuel ou collectif sur un
traité) au Comité de rédaction.
Expulsion des étrangers
Le Rapporteur spécial, M. Maurice Kamto, a présenté son
quatrième rapport (A/CN.4/594) sur
cette question. L’objet de ce rapport était d’approfondir la question
de l’expulsion des doubles nationaux ainsi que celle de la déchéance
de nationalité en tant que prélude à l’expulsion. La Commission a
examiné ce rapport et a établi un Groupe de travail sous la présidence
de M. McRae.
|
 |
|
|
|
 |
Conseil de sécurité, rejet d'un
projet de résolution sur la situation au Zimbabwe
Prof. Ph. WECKEL
|
En prenant l'initiative de déposer
un projet de résolution comportant des sanctions à l'égard des
dirigeants du Zimbabwe, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ne devaient
guère entretenir d'illusions sur l'issue du scrutin au Conseil de
sécurité. On observe que les auteurs de cette initiative n'ont pas
pris la peine de rechercher un compromis qui aurait pu déboucher sur
l'adoption d'une déclaration présidentielle ou d'une résolution non
fondée sur le Chapitre VII de la Charte. La Chine et la Russie ont
évidemment opposé leur veto mais le projet de résolution a tout de
même été approuvé par la majorité qualifiée des membres du Conseil (9
voix).
La stratégie des Etats-Unis et du
Royaume-Uni peut s'expliquer de deux manières qui ne sont pas
forcément alternatives.
1. D'une part, le représentant de
la Russie a expliqué que, de son point de vue, "l’on assistait à des
tentatives de certains membres du Conseil de faire sortir celui-ci des
cadres de la Charte de l’ONU. La Fédération de Russie a l’intention de
continuer de s’opposer à de telles dérives". Evidemment M.
Churkin se référait au précédent du Myanmar (Birmanie). Les Etats-Unis
et l'union européenne ont tenté à plusieurs reprises de soumettre la
situation de ce pays à l'application du chapitre VII de la Charte. Ils
estiment que le Conseil de sécurité devrait pouvoir agir contre des
violations massives des droits de l'homme qui constituent des menaces
très sérieuses à la paix et la sécurité internationales, même si les
Etats voisins n'en subissent pas encore de conséquences. Ces Etats
estiment que leur interprétation de la Charte finira par s'imposer.
Vendredi le 11 juillet 2008 la
Russie et la Chine ont ainsi repris une argumentation bien rodée dans
l'affaire du Myanmar.
Pour la Chine "la situation au
Zimbabwe jusqu’à présent n’a pas débordé sur les pays voisins et ne
représente donc pas une menace à la paix et la sécurité
internationales. Adopter une résolution imposant des sanctions à ce
stade aurait constitué une ingérence". La Chine espère "sincèrement
que les parties en présence feront preuve de retenue et s’abstiendront
de prendre des positions susceptibles d’entraîner une détérioration de
la situation. Elle leur demande "d’emprunter la voie de la
réconciliation pacifique avec l’aide des institutions régionales".
"En ce qui concerne la situation au
Zimbabwe, ce projet de résolution n’est ni justifié ni légal" ; la
Russie considère "qu’il s’agit d’une tentative d’ingérence, contraire
à la Charte de l’ONU. D’autant (...) qu’un dialogue politique a été
entamé et que des intermédiaires faisant œuvre de bons offices entre
les parties sont au travail. Le projet de texte, en outre, ne tient
pas compte de la position de l’Union africaine appelant à ne pas
risquer d’aggraver la situation en prenant des mesures inappropriées".
2. D'autre part, le camp anti
"ingérence" s'est trouvé largement minoritaire au Conseil (5 voix sur
15). Il n'a pu empêcher l'adoption de la Résolution que grâce aux
vetos chinois et russe. Les uns et les autres se sont donc comptés.
Les partisans de la réaction ferme à l'égard du régime autocratique de
Mugabe sortent de ce scrutin renforcés et légitimés. Face à la
faiblesse de l'Union africaine, les Etats-Unis, l'Union européenne et
bien d'autres Etats vont pouvoir adopter des mesures de sanction à
l'égard du Zimbabwe inspirées du projet de résolution présenté au
Conseil de sécurité. Gageons qu'ils sauront les imposer à l'Afrique du
Sud et aux autres Etats africains qui seraient tentés d'oublier le
coup de force qui vient de se produire au Zimbabwe.
Le projet de résolution approuvé
par une majorité renforcée est une affiche et un affichage :

Texte du projet de résolution (S/2008/447)
Le Conseil de sécurité,
Affirmant son
attachement à l’indépendance et à l’intégrité territoriale
du Zimbabwe,
Réaffirmant la
déclaration de son président en date du 23 juin 2008 sur la
situation au Zimbabwe (S/PRST/2008/23),
Réaffirmant également
le Document final du Sommet mondial de 2005, où les chefs
d’État et de gouvernement ont considéré que la paix et la
sécurité, le développement et les droits de l’homme
constituaient le socle sur lequel reposait le système des
Nations Unies et les fondements de la sécurité et du
bien-être collectifs, et constatant que la paix et la
sécurité, le développement et les droits de l’homme sont
intimement liés et se renforcent mutuellement,
Rappelant la
résolution de l’Union africaine sur le Zimbabwe en date du 1er juillet
2008, dans laquelle l’Union a exprimé sa préoccupation face
aux pertes de vies humaines et à la violence dans ce pays,
constaté qu’il fallait, afin d’éviter que le conflit
s’étende à la sous-région, empêcher la situation de
s’aggraver et créer un environnement propice à la
démocratie, et encouragé les dirigeants zimbabwéens à
engager un dialogue en vue de promouvoir la paix, la
stabilité, la démocratie et la réconciliation,
Rappelant les
déclarations faites le 29 juin 2008 par les missions
d’observation de la Communauté de développement de l’Afrique
australe, du Parlement panafricain et de l’Union africaine,
qui ont considéré que les élections ne satisfaisaient pas
aux normes de l’Union africaine, n’avaient pas été libres,
régulières ni crédibles, et n’exprimaient pas la volonté du
peuple zimbabwéen,
Se déclarant fortement
préoccupé par les irrégularités qui ont entaché
l’élection présidentielle du 27 juin, par les actes de
violence et d’intimidation commis pendant la campagne
électorale, qui ont rendu impossible la tenue d’élections
libres et régulières, et par la création de conditions qui
ont privé les observateurs internationaux de leur liberté
d’action avant et pendant le scrutin du 27 juin,
Se déclarant vivement
préoccupé par la situation humanitaire au Zimbabwe, dont
la gravité a été exacerbée par l’instrumentalisation à des
fins politiques de l’aide alimentaire par le Gouvernement
zimbabwéen et par le fait que celui-ci a suspendu les
programmes de secours humanitaire exécutés par les
organisations internationales et les organisations non
gouvernementales, ce qui prive d’aide humanitaire
élémentaire le peuple zimbabwéen, en particulier les
éléments vulnérables, y compris les personnes déplacées par
la violence et les femmes, les enfants et les orphelins,
Condamnant la
violence et les pertes en vie humaine qui ont provoqué le
déplacement de milliers de Zimbabwéens, dont beaucoup ont dû
chercher un refuge dans les pays voisins,
Condamnant aussi
les arrestations arbitraires, les restrictions à la liberté
de réunion, les saisies de véhicules, les menaces et les
actes d’intimidation et de violence qui visent les partisans
du parti politique d’opposition, ainsi que les mises en
détention répétées de ses dirigeants,
Prenant note des
déclarations et messages par lesquels des organisations
régionales et d’anciens et actuels chefs d’État africains se
sont dits préoccupés par l’impact de la situation au
Zimbabwe sur la stabilité de la région, et se déclarant
gravement préoccupé par cet impact,
Constatant que
l’effet déstabilisateur de la situation au Zimbabwe sur la
région se traduit notamment par la charge que représente
pour les États voisins la présence de migrants économiques
et de réfugiés zimbabwéens,
Rappelant sa
résolution 1809 (2008) sur la paix et la sécurité en Afrique
et réaffirmant qu’il appuie l’action que mènent la
Communauté de développement de l’Afrique australe et l’Union
africaine pour dénouer la crise au Zimbabwe dans un sens qui
corresponde à la volonté du peuple zimbabwéen telle qu’elle
s’est exprimée à travers les élections du 29 mars, et
demandant au Gouvernement zimbabwéen de s’associer à cette
action,
Réaffirmant qu’il
appuie la mission de bons offices du Secrétaire général
conduite par le Sous-Secrétaire général Haile Menkerios, et
apportant son vigoureux soutien aux efforts que continuent
de déployer le Secrétaire général et ses représentants,
Priant instamment
les parties de prendre immédiatement les mesures nécessaires
pour mettre fin aux violations des droits de l’homme, et
soulignant que ceux qui s’en rendent coupables doivent
avoir à répondre de leurs actes,
Considérant que la
situation au Zimbabwe continue de menacer la paix et la
sécurité internationales dans la région,
Agissant en vertu
du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,
1. Condamne la
campagne de violence du Gouvernement zimbabwéen contre
l’opposition politique et la population civile, qui a fait
des dizaines de morts et des milliers de blessés et provoqué
le déplacement de milliers de civils, ce qui a rendu
impossible la tenue d’une élection libre et régulière, et se
déclare fortement préoccupé par la décision prise par le
Gouvernement zimbabwéen de procéder au scrutin du 27 juin;
2. Exige du
Gouvernement zimbabwéen:
a) Qu’il mette
immédiatement fin aux actes d’agression et d’intimidation
visant les membres et les partisans de l’opposition, y
compris les actes commis par des agents non gouvernementaux
associés au parti ZANU-PF, qu’il mette fin en particulier
aux violations des droits de l’homme, y compris les
brutalités généralisées, les actes de torture, les
assassinats, les violences sexuelles et les déplacements, et
qu’il mette en liberté tous les prisonniers politiques;
b) Qu’il lance sans
tarder un dialogue politique de fond et ouvert entre les
partis en vue de parvenir à un règlement pacifique qui soit
conforme à la volonté du peuple zimbabwéen et qui respecte
le résultat des élections du 29 mars;
c) Qu’il accepte les
bons offices mis à sa disposition par l’Union africaine, la
Communauté de développement de l’Afrique australe et le
Secrétaire général, en donnant à leurs représentants plein
accès au Zimbabwe, en assurant leur sécurité et en leur
accordant tous les pouvoirs voulus sur le processus de
négociation;
d) Qu’il collabore
pleinement aux enquêtes sur la violence politique qu’a
connue le pays de mars à juin 2008 et qu’il tienne
responsables ceux qui ont commis des violations des droits
de l’homme;
e) Qu’il lève
immédiatement toutes les restrictions imposées à l’aide
humanitaire internationale et qu’il facilite à tous les
organismes humanitaires internationaux l’accès à toutes les
régions du pays afin qu’ils puissent y distribuer aide
alimentaire, aide médicale et autres aides humanitaires;
3. Prie le
Secrétaire général de nommer dès que possible une
personnalité de renom, dont la compétence est reconnue à
l’échelle internationale, Représentant spécial sur la
situation au Zimbabwe chargé de:
a) Soutenir le
processus de négociation entre les partis politiques au
Zimbabwe;
b) Faire rapport au
Conseil sur la situation dans les domaines politique,
humanitaire, des droits de l’homme et de la sécurité;
4. Décide que
tous les États Membres doivent prendre les mesures
nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le
transfert, directs ou indirects, au Zimbabwe, à travers leur
territoire ou par leurs nationaux, ou au moyen de navires ou
d’aéronefs battant leur pavillon, d’armement et de matériel
connexe, de quelque type que ce soit, y compris armes et
munitions, véhicules et matériel militaires, matériel
paramilitaire et pièces de rechange pour le matériel
susmentionné, qu’ils proviennent ou non de leur territoire;
5. Décide aussi
que tous les États doivent prendre les mesures nécessaires
pour empêcher la fourniture au Zimbabwe, par leurs nationaux
ou depuis leur territoire, d’une formation ou d’une
assistance technique, de toute aide financière et de tous
investissements, services de courtage ou autres, ainsi que
le transfert de ressources ou la fourniture de services
financiers liés à la fourniture, à la vente, au transfert, à
la fabrication ou à l’utilisation des articles énumérés au
paragraphe 4 ci-dessus;
6. Décide que
les mesures visées aux paragraphes 4 et 5 ci-dessus ne
s’appliquent pas dans les cas suivants:
a) Fourniture de
matériel militaire non létal destiné exclusivement à un
usage humanitaire ou de protection, et assistance technique
ou formation connexes;
b) Fourniture de
vêtements de protection, y compris de gilets pare-balles et
de casques militaires, destinés, pour leur usage personnel
uniquement, au personnel des Nations Unies, à la presse, aux
agents humanitaires ou d’aide au développement et au
personnel associé;
7. Décide que
tous les États doivent prendre les mesures ci-après à
l’égard des personnes et entités désignées dans l’annexe de
la présente résolution ou désignées par le Comité créé en
application du paragraphe 10 ci-après (« le Comité ») comme
ayant participé ou apporté leur soutien à des actes ou des
politiques visant à subvertir les activités et les
institutions démocratiques du Zimbabwe depuis mai 2005,
notamment parce qu’elles ont ordonné, préparé ou commis des
actes de violence de caractère politique ou fourni un appui
à des personnes ou entités désignées en vertu du présent
paragraphe:
a) Empêcher ces
personnes de pénétrer sur leur territoire ou de transiter
par leur territoire, étant entendu qu’aucune disposition du
présent paragraphe ne peut contraindre un État à refuser
l’entrée sur son territoire ou à exiger le départ de son
territoire de ses propres citoyens;
b) Geler tous fonds,
avoirs financiers et ressources économiques se trouvant sur
leur territoire à la date de l’adoption de la présente
résolution ou ultérieurement, qui sont la propriété ou sous
le contrôle, direct ou indirect, de ces personnes ou
entités, ou par des personnes agissant en leur nom ou sur
leurs instructions; et empêcher leurs nationaux ou quiconque
se trouvant sur leur territoire de mettre à la disposition
de ces personnes ou entités des fonds, avoirs financiers ou
ressources économiques ou d’en permettre l’utilisation à
leur profit;
8. Décide que
les mesures édictées à l’alinéa a) du paragraphe 7 ci-dessus
ne s’appliquent pas aux voyages à propos desquels le Comité
a établi, au cas par cas, qu’ils étaient justifiés pour des
motifs humanitaires, y compris pour accomplir un devoir
religieux, ou considère qu’une dérogation favoriserait la
réalisation des objectifs de la présente résolution;
9. Décide que
les mesures édictées à l’alinéa b) du paragraphe 7 ci-dessus
ne s’appliquent pas aux fonds, autres avoirs financiers et
ressources économiques si les États concernés ont établi:
a) Qu’ils étaient
nécessaires pour régler des dépenses ordinaires (vivres,
loyers ou mensualités de prêts hypothécaires, médicaments ou
frais médicaux, impôts, primes d’assurance, factures de
services collectifs de distribution) ou seulement pour
verser des honoraires d’un montant raisonnable et rembourser
des dépenses engagées par des juristes dont les services ont
été employés, ou acquitter des frais ou commissions de tenue
des fonds gelés, autres avoirs financiers ou ressources
économiques institués par la législation nationale, dès lors
que lesdits États ont informé le Comité de leur intention
d’autoriser, dans les cas où cela serait justifié, l’accès
auxdits fonds, autres avoirs financiers ou ressources
économiques, et que celui-ci ne s’y est pas opposé dans les
trois jours ouvrables qui ont suivi;
b) Qu’ils étaient
nécessaires pour régler des dépenses extraordinaires, pour
autant que lesdits États en aient avisé le Comité et que
celui-ci ait donné son accord;
c) Qu’ils faisaient
l’objet d’un privilège ou d’une décision judiciaire,
administrative ou arbitrale, auquel cas les fonds, autres
avoirs financiers et ressources économiques peuvent être
utilisés à cette fin, pour autant que le privilège ou la
décision soit antérieur à la présente résolution, qu’il ne
soit pas au profit d’une personne ou entité désignée par le
Comité et qu’il ait été porté à la connaissance de ce
dernier par les États concernés;
10. Décide de
créer, conformément à l’article 28 de son règlement
intérieur provisoire, un comité du Conseil de sécurité
composé de tous ses membres, qui s’acquittera des tâches
ci-après:
a) Solliciter de tous
les États, en particulier les États de la région, des
informations concernant les mesures qu’ils ont prises pour
donner effet aux mesures imposées par les paragraphes 4, 5
et 7 de la présente résolution, ainsi que toute autre
information qu’il jugerait utile à cet égard;
b) Examiner les
informations faisant état de violations des mesures imposées
par les paragraphes 4, 5 et 7 de la présente résolution et y
donner la suite qui convient;
c) Désigner les
personnes et entités passibles des mesures édictées aux
paragraphes 8 et 9 de la présente résolution;
d) Examiner les
demandes de dérogation prévues aux paragraphes 8 et 9 de la
présente résolution et se prononcer à leur sujet;
e) Arrêter les
directives qui pourraient être nécessaires pour faciliter la
mise en œuvre des mesures imposées par la présente
résolution;
f) Lui adresser au
moins tous les 90 jours un rapport sur ses travaux et sur la
mise en œuvre de la présente résolution, accompagné de ses
observations et recommandations, en particulier sur les
moyens de renforcer l’efficacité des mesures que cette
résolution impose;
g) Analyser les
rapports du Groupe d’experts créé en application du
paragraphe 11 ci-après et ceux des États Membres sur les
dispositions concrètes qu’ils prennent pour mettre en œuvre
les mesures édictées aux paragraphe 4, 5 et 7 ci-dessus;
h) Entretenir un
dialogue avec les États Membres intéressés, en particulier
ceux de la région, notamment en invitant leurs représentants
à le rencontrer afin d’examiner la question de l’application
des mesures;
11. Prie le
Secrétaire général de créer, pour une période de 12 mois, en
consultation avec le Comité et dans un délai de 30 jours à
compter de la date d’adoption de la présente résolution, un
groupe d’experts composé de quatre personnes dotées des
compétences voulues pour exécuter le mandat énoncé dans la
suite du présent paragraphe, agissant sous la direction du
Comité et ayant pour tâches:
a) D’aider le Comité à
suivre l’application des dispositions des paragraphes 4, 5
et 7 de la présente résolution et de présenter au Comité des
recommandations touchant des mesures que le Conseil pourrait
souhaiter envisager de prendre;
b) De faire rapport au
Comité sur ses travaux à mi-mandat et de présenter au
Conseil, par l’intermédiaire du Comité, un rapport
intermédiaire, au plus tard 90 jours après l’adoption de la
présente résolution, et un rapport final contenant ses
conclusions et recommandations, au plus tard 30 jours avant
la fin de son mandat;
12. Se déclare
disposé à réexaminer les mesures visées aux paragraphes
4, 5 et 7 ci-dessus 12 mois après l’adoption de la présente
résolution, ou plus tôt si un accord est trouvé sur un
règlement politique sans exclusive, qui respecte la volonté
du peuple zimbabwéen et les résultats des élections du
29 mars 2008;
13. Prie le
Secrétaire général de lui soumettre un rapport sur la
situation au Zimbabwe, sur la suite donnée par le
Gouvernement zimbabwéen aux exigences formulées au
paragraphe 2 ci-dessus et sur les mesures supplémentaires
qui pourraient être prises pour améliorer la sécurité, la
situation humanitaire et la situation des droits de l’homme
au Zimbabwe;
14. Décide que
tous les États Membres devront rendre compte au Comité dans
un délai de 90 jours à compter de l’adoption de la présente
résolution des mesures qu’ils auront prises afin de donner
effet aux dispositions des paragraphes 4, 5 et 7 ci-dessus;
15. Décide de
rester saisi de la question.
Annexe
1.
Mugabe, Robert
(Membre/Chef du Gouvernement ayant à répondre d’activités
qui compromettent gravement la démocratie, violent les
droits de l’homme et portent atteinte à l’état de droit)
2.
Chiwenga, Constantine
(Membre des forces de sécurité qui a dirigé la politique
répressive de l’État et commis des violations des droits de
l’homme)
3.
Mnangagwa, Emmerson
(Membre du Gouvernement ayant à répondre d’activités qui
compromettent gravement la démocratie, violent les droits de
l’homme et portent atteinte à l’état de droit)
4.
Gono, Gideon
(Gouverneur de la Reserve Bank ayant à répondre du
financement des politiques répressives de l’État)
5.
Chihuri, Augustine
(Membre des forces de sécurité ayant largement à répondre de
graves atteintes à la liberté de réunion pacifique)
6.
Chinamasa, Patrick
(Membre du Gouvernement ayant à répondre d’activités qui
compromettent gravement la démocratie, violent les droits de
l’homme et portent atteinte à l’état de droit)
7.
Shiri, Perence
(Membre des forces de sécurité impliqué dans la conception
ou la direction de la politique répressive de l’État)
8.
Parirenyatwa, David
(Membre du Gouvernement ayant à répondre d’activités qui
compromettent gravement la démocratie, violent les droits de
l’homme et portent atteinte à l’état de droit)
9.
Mutasa, Didymus
(Membre du Gouvernement ayant à répondre d’activités qui
compromettent gravement la démocratie, violent les droits de
l’homme et portent atteinte à l’état de droit)
10.
Charamba, George
(Membre du Gouvernement impliqué dans la conception ou la
direction de la politique répressive de l’État)
11.
Zimondi, Paradzi
(Membre des forces de sécurité impliqué dans la conception
de la politique répressive de l’État)
12.
Bonyongwe, Happyton
(Membre des forces de sécurité impliqué dans la conception
ou la direction de la politique répressive de l’État)
13.
Sekeremayi, Sydney Tigere
(Membre du Gouvernement, impliqué dans la conception ou la
direction de la politique répressive de l’État)
14.
Made, Joseph Mtakwese
(Membre du Gouvernement, impliqué dans la conception ou la
direction de la politique répressive de l’État)
|
|
 |
|
|
|
 |
IRAN –
NUCLEAIRE, position de la France (A.R.)
|
Réponse de l'Iran :
Lettre
du 4 juillet 2008 |
La
France défend une position favorable à la négociation dans le contexte
actuel assez tendu entre l'Iran, Israël et les Etats-Unis. L'idée est
que les efforts réalisés pour une solution globale à la question
nucléaire (cf.
proposition de juin 2008) et à laquelle à répondu l'Iran par la
voie diplomatique (sans pour autant qu'une information officielle
n'ait été faite sur le contenu de cette réponse), ne soient pas remis
en cause par les essais de missiles réalisés par l'Iran, lesquels
attisent les dissensions dans la région. Par ailleurs, les essais
iraniens de missiles font suite à l’accord entre Washington et Prague,
élément du bouclier antimissiles qui vise explicitement la menace
iranienne.
|
POINT DE PRESSE du Ministère des Affaires
Etrangères, 8 JUILLET 2008
DECLARATIONS DU PORTE-PAROLE
"Toujours dans la même région, un point pour vous
rappeler qu'hier, l'ambassadeur d'Iran à Paris est venu apporter
la lettre de M. Mottaki qui avait été transmise, dès vendredi,
sur la réponse à la proposition des E3+3, portée par les
directeurs politiques et Javier Solana il y a maintenant un
mois.
Le ministre a reçu l'ambassadeur d'Iran à Paris
et lui a expliqué ce qui avait déjà été évoqué c'est-à-dire que,
dans le cadre de notre souhait de dialogue, nous accueillions
positivement ce courrier. Il était également fait constat du
fait qu'il n'y avait pas de mention de la suspension des
activités sensibles dans ce courrier et que cela ne
correspondait pas à ce que l'on souhaitait, puisque vous savez
que c'est un élément majeur pour les Six.
Nous allons maintenant examiner collectivement
cette lettre, à six, et nous allons réfléchir à une position
commune à six. Comme Javier Solana l'a d'ailleurs annoncé hier à
l'issue d'un entretien avec Bernard Kouchner au centre de
conférences internationales à l'occasion du séminaire Union
européennes/OTAN, il est probable qu'il rencontre les émissaires
iraniens avant la fin du mois.
(Allez-vous réagir en tant que président de
l'Union européenne sur la question iranienne ?)
Nous allons réagir en concertation avec nos
partenaires européens, comme nous le faisons depuis le début et
comme nous l'avions fait pour aboutir au texte commun des E3+3.
(Vous dites avoir reçu la réponse vendredi. Nous
sommes mardi, devant l'importance du dossier, vous n'avez
toujours pas consulté la réponse iranienne pour nous donner
quelques éléments, pour nous dire si le vent est favorable ou
défavorable ?)
Le sujet est extrêmement important et le mieux
est de ne pas se précipiter. Nous nous donnons donc le temps de
l'analyse, de la concertation et nous allons voir comment
préparer une réponse commune à ce courrier. Cela nous paraît
raisonnable de prendre le temps de réfléchir quelques jours à
tout cela.
(Mais que proposent exactement les Iraniens ?)
Nous sommes en train d'examiner la réponse qui
nous a été faite. Je ne vous en dirai pas plus pour le moment.
Notre position constante, très claire, c'est que nous allons
réagir à six. La seule chose dont j'ai déjà parlé, qui est
importante, c'est qu'il n'y a pas, dans ce courrier - même si
nous accueillons positivement le fait qu'il y ait une réponse -
mention de la suspension des activités sensibles de l'Iran.
(Est-ce que cette réponse iranienne est de nature
à favoriser le lancement d'un dialogue )
C'est précisément cela que nous sommes en train
d'examiner.
(Bernard Kouchner a parlé d'optimisme)
Bernard Kouchner a dit qu'il y avait un "petit
élément d'optimisme". Je crois que sur ce dossier, il faut avoir
l'optimisme de la volonté mais aussi la lucidité de la
responsabilité. Nous sommes non seulement attachés au dialogue,
mais nous sommes aussi attachés à la suspension des activités
sensibles. Nous avons la lettre, mais nous n'avons pas la
suspension des activités sensibles dans la lettre, c'est donc
pour cela que nous réfléchissons collectivement.
(Est-ce que l'on peut dialoguer pour dialoguer
sans autre chose ?)
Non et c'est bien ce que je viens de dire. Nous
ne dialoguons pas pour dialoguer mais pour aboutir à quelque
chose."
IRAN/NUCLEAIRE POINT DE PRESSE DU Ministère deds
Affaires Etrangères, 9 JUILLET 2008
(L'Iran a tiré mercredi un nouveau missile à
longue portée. Quelle est votre réaction ?)
Nous accueillons avec préoccupation les annonces
iraniennes selon lesquelles l'Iran aurait procédé à plusieurs
tirs de missiles dont un missile balistique de portée
intermédiaire de type Shahab 3. Ces essais de missiles ne
peuvent que renforcer les inquiétudes de la communauté
internationale au moment où, parallèlement, l'Iran développe un
programme nucléaire, dont le dernier rapport du directeur
général de l'AIEA indique qu'il comprend des activités qui
pourraient être liées à la conception et à la fabrication
d'armes nucléaires.
Dans ce contexte, nous appelons l'Iran à
restaurer la confiance de ses voisins et de la communauté
internationale en répondant aux demandes de la communauté
internationale formulées dans les résolutions 1696, 1737, 1747
et 1803 du Conseil de sécurité, afin de parvenir à une solution
négociée sur le dossier nucléaire. |
|
Obs. L'Iran ne pouvait
évidemment faire moins que de répondre par écrit à la lettre que
lui ont adressée les membres du P3 (UE) + 3. Cet échange est
positif uniquement dans la mesure où il maintient le dialogue.
Il y a lieu de rester
circonspect en ce qui concerne la progression technologique dans
le domaine des vecteurs (missiles) que l'Iran aurait réalisé.
Rien ne semble confirmer que la nouvelle génération des fusées
Shahab soit en mesure d'atteindre une cible à 2000 km de
distance. Jusqu'à présent la portée maximale serait de 1400 km,
c'est-à-dire qu'Israël resterait hors de portée des tirs. Quant
à la Pologne ou la République tchèque...
On ne peut analyser la
situation sans tenir compte de l'échéance des élections
présidentielles l'année prochaine en Iran. Les "ultra" ont
intérêt à accroître les tensions de manière à rassembler
l'opinion iranienne derrière eux et faire oublier les problèmes
internes. D'un autre côté, une confrontation militaire n'est
vraiment envisageable que dans le Golfe persique et en Iraq.
L'espérance de gain d'une telle aventure militaire est
inexistante pour l'Iran. Ceux qui, en Israël et aux Etats-Unis,
sont favorables à une frappe préventive dans un avenir très
proche (fin 2008) sont pour l'instant marginalisés. Le
risque de faire le jeu des "Ultra" iraniens en intervenant par
la force est trop important.
La portée des sanctions
internationales est en train d'évoluer fortement.
Incontestablement le nœud coulant se resserre. Le grand défaut
de cette technique bien connue de la diplomatie de la contrainte
est que l'Etat cible a tendance à se rebiffer, à réagir par le
défi et la provocation. Il suscite ainsi une aggravation des
sanctions. Les perspectives du règlement diplomatique de la
crise sont alors compromises. Les Puissances ont décidé
d'agir avec doigté, mais au stade actuel l'isolement
économique de l'Iran commence à être discrètement visible (voir
le changement de position de la Société Total,
Total steps back from investing in Iran).
Or l'économie de ce pays est particulièrement vulnérable. Bien
sûr l'économie internationale paie au prix fort la situation de
l'Iran, mais les calculs de ce dernier sont erronés. La crise
économique internationale n'entre en réalité pas dans la balance
en raison du risque inacceptable que représenterait la
possession de l'arme nucléaire par un gouvernement totalement
incontrôlable (PW).
|
|
 |
|
|
|
|
|
|
 |
Accord Etats-Unis République tchèque :
projet de bouclier antimissile américain en Europe centrale
Anne
RAINAUD
|
Un
accord préliminaire entre les Etats-Unis et la République tchèque
vient autoriser les premiers à installer une station radar sur le sol
tchèque. Cet accord est un des éléments constitutifs du projet de
bouclier antimissile américain en Europe centrale; la Pologne est
quant à elle, en principe, le futur Etat d'accueil de dix missiles
intercepteurs.
L'accord a été signé le 8 juillet 2008 par la secrétaire d'Etat
américaine Condoleezza Rice et le chef de la diplomatie tchèque Karel
Schwarzenberg. La ratification par le parlement tchèque à venir
s'inscrira dans un contexte interne peu serein. Cet accord est en
effet contesté par l'opposition parlementaire de gauche et la
population civile ( un sondage publié en juin indiquerait que 68% des
Tchèques seraient hostiles à cette perspective). Le ministre
Schwarzenberg soulignait donc avec prudence lors de son allocution
lors de la cérémonie de signature, avec C. Rice, que le Parlement
tchèque était seul souverain (" the parliament is the king of the game",
in
Department of State, Remarks With Czech Foreign Minister Karel
Schwarzenberg At Baltic Management Development Association Signing
Ceremony, July 8 2008).
Cet
accord bilatéral, est certes présenté comme servant les intérêts des
deux Etats signataires, non seulement en matière de défense et
sécurité, mais aussi en termes de coopération en R&D et surtout aussi
d'intérêts des groupes privés.
En ce sens, les
termes de C. Rice sont parfaitement clairs : "I want to note too that
this agreement is not just about missile defense. There will be an
accompanying agreement very, very shortly that will help us to take
advantage in the private sector, to help our private sectors take
advantage of the research and development opportunities that this
agreement will bring into being. I myself am an academic. I’m from a
university that has a huge research and development, technological,
computer, engineering component to it. And I know how important
leading-edge technology can bring – can be if one can bring
universities in; graduate students can benefit, but also our private
sectors in terms of companies can benefit. And I know that there have
been conferences here in which U.S. companies have participated and
that there’s great excitement about the R&D and technological
potential that this agreement will bring, deepening the technological
cooperation between the United States and the Czech Republic" (in
Department of State, Remarks With Czech Foreign
Minister Karel Schwarzenberg At Baltic Management Development
Association Signing Ceremony, July 8 2008).
Par
ailleurs, la dimension "altruiste" de cet accord "simplement"
bilatéral, est largement indiqué dans le discours de la représentante
des Etats-Unis ; selon les termes de Mme Rice : "It is an agreement
that is befitting for friends and allies who face a common threat in
the 21st century and wish to address it through the application of the
best defensive technologies that we can bring to bear"; la tradition
des Etats-Unis dans ce registre est tenace et constitue un moyen
d'appuyer le bien fondé de cette démarche à deux mais dont l'impact va
bien au-delà. Certes, le lien avec l'OTAN est également invoqué pour
justifier de la bonne intégration de cet accord dans le système de
défense collective de l'Organisation, qui, vue d'Europe, est
effectivement très transatlantique : "This is an agreement that is
supported by our NATO allies, as was noted at Bucharest at the summit,
because missile defenses today are aimed only at those who would
threaten us" (C. Rice, in cérémonie de signature de l'accord).
Cependant, les représentants de la Fédération de Russie ont manifesté
nettement leur désapprobation; selon la
dépêche de l'Agence de presse Russe RIA Novosti (9 juillet 2008),
rapportant les propos de Dmitri Rogozine, l'ambassadeur russe auprès
de l'OTAN : "l'accord sur l'installation en République tchèque
d'éléments du bouclier antimissile américain menace la sécurité
européenne et pousse la communauté mondiale vers une nouvelle course
aux armements". La déclaration du ministère des Affaires étrangères de
la Russie à propos de la signature des accords américano-tchèques sur
le déploiement sur le territoire de la Tchéquie des éléments du
système américain global de la défense antimissile (texte
en français,
texte en anglais) est claire et sévère : " nous sommes contre le
projet américain", ..." Si les accords avec les USA (...) prennent
tout de même le caractère juridiquement liant, et que près de nos
frontières commence le réel déploiement du NMD stratégique américain,
nous serons forcés de ne pas réagir par les moyens diplomatiques, mais
militaro-techniques"..." Nul doute, que le rapprochement des éléments
de l'arsenal stratégique des USA du territoire russe peut être utilisé
pour affaiblir notre potentiel de dissuasion. Il est clair, que la
partie russe va dans cette situation prendre des mesures adéquates
pour compenser la création du potentiel des menaces à sa sécurite
nationale. Ce n'est pas nous qui faisons ce choix". Le Président Russe
Medvedev s'est pour sa part exprimé lors du G8 en des termes plus
nuancés; conscient de l'échec des efforts déployés pour dissuader les
Etats-Unis de poursuivre leur démarche et de la nécessité d'élaborer
une réponse unilatérale adaptée, il a présenté la Fédération comme
ouverte à des négociations (cf.
conférence de presse de D. Medvedev, Toyako, Hokkaido, Japon, 9
juillet 2008 : "It is obvious that after the signing of the
agreement in question a new phase in the creation of the third
position area has begun.
We
find this situation extremely saddening. We have repeatedly stressed
both earlier and during this summit, that this is not the way to
tackle the issues of European security. We were prepared to do joint
monitoring with the United States and with other NATO countries to
prevent the problems that may arise in trouble spots on the planet.
Unfortunately, there has been no response to this. The negotiations
that they have been conducting with us are half-hearted and they have
brought no results. Instead, they go ahead signing agreements on the
issue. It means that the idea will be followed through. I repeat, that
does not suit us. I said that plainly to my colleagues. Of course we
are not going to become hysterical over the issue, but we will think
about our response. At the same time I would like to say that we are
not closed to further negotiations and we will continue them,
including with our G8 partners and the states that are members of the
North Atlantic alliance").
|
Obs. La majorité
parlementaire requise n'est pas acquise au projet. En Pologne,
la réticence semble encore plus évidente. En réalité les
intérêts stratégiques américains en Europe ne peuvent plus être
préservés que dans le cadre d'un partenariat avec le groupe
d'Etats de l'Union européenne (PW). |
Negotiations with Poland on Missile Defense
Ballistic Missile Defense Agreement Between the United States and the
Czech Republic
|
 |
|
|
|
|
|
|
France, respect des droits de l'homme par
la Chine (PW) |
|
Question écrite n° 03833 de M. Marcel Rainaud
(Aude - SOC)
- publiée dans
le JO Sénat du 27/03/2008 - page 597
|
|
M. Marcel
Rainaud appelle l'attention de M. le ministre des
affaires étrangères et européennes sur la situation des
droits de l'homme en Chine, ainsi que sur l'attitude
inacceptable des autorités chinoises à l'égard du peuple
tibétain.
La violence intolérable de la répression chinoise au
Tibet, est une véritable provocation, à quelques
semaines des Jeux Olympiques.
Cette manifestation sportive majeure, par sa résonnance
mondiale, va attirer sur la Chine, les regards de
milliards de téléspectateurs.
Une participation passive à ces jeux, serait considérée
comme un cautionnement de l'attitude des autorités
Chinoises.
Dans la conjoncture actuelle, ce rendez-vous sportif,
est une opportunité majeure, de porter un message fort
en faveur des droits humains.
Il lui demande de préciser les actions qu'il entend
mettre en œuvre, avec les fédérations sportives
françaises, pour qu'elles soient porteuses d'un tel
message, tout au long de Jeux Olympiques, qui ne seront
fidèles aux valeurs de l'Olympisme, que s'ils permettent
l'expression forte de l'impérieuse nécessité du respect
des droits humains, et notamment au sein du pays
organisateur.
|
Réponse du Ministère des affaires étrangères et européennes
- publiée dans le JO
Sénat du 10/07/2008 - page 1399
|
|
M. Marcel Rainaud a bien voulu attirer
l'attention du ministre des affaires étrangères et
européennes sur la situation des droits de l'homme en Chine
et particulièrement au Tibet. La France suit avec attention
l'évolution des événements au Tibet et est sensible à la
question du respect de l'identité culturelle et religieuse
tibétaine. Le ministre des affaires étrangères et
européennes a exprimé publiquement sa préoccupation devant
les événements au Tibet dès le 16 mars. La France et ses
partenaires européens ont pris position dès le 17 mars dans
une déclaration commune. La France considère en effet que le
dialogue est le seul moyen de parvenir à une solution
durable qui prenne en compte le particularisme culturel et
religieux du peuple tibétain tout en respectant la
souveraineté de la République populaire de Chine. Les
autorités chinoises et les représentants du Dalaï Lama ont
décidé de renouer le dialogue et se sont rencontrés le 4 mai
à Shenzhen, dans le sud de la Chine. Il s'agit là d'un
développement très positif que le Président de la République
avait immédiatement salué. Les autorités françaises ont
abordé à plusieurs reprises le sujet avec les responsables
chinois ces trois derniers mois. Les responsables de la
Commission européenne en ont fait de même. Par ailleurs,
l'Union européenne entretient un dialogue biannuel sur les
droits de l'homme avec la Chine. La dernière session a eu
lieu le 15 mai en Slovénie, la question du Tibet y a été
abordée. La France ainsi que ses partenaires européens est
opposée au boycott des Jeux olympiques, considérés comme un
grand événement sportif international. Le Dalaï Lama
lui-même a réitéré son soutien aux Jeux olympiques de Pékin.
Concernant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de
Pékin, le Président de la République appréciera ce qu'il
convient de faire en fonction de l'évolution de la
situation. |
Question d'actualité au gouvernement n° 0095G de
M. Thierry Repentin (Savoie
- SOC)
- publiée
dans le JO Sénat du 28/03/2008 - page 1316
|
|
M.
Thierry Repentin. Ma question s'adressait à M. le
ministre des affaires étrangères et européennes.
J'évoquerai la situation d'un peuple loin de tout et
riche de peu, si ce n'est de ce qui lui reste de sa
culture ; un peuple qui vit actuellement dans un
État et sous un gouvernement qu'il n'a pas choisis ;
un peuple qui souffre plus vivement depuis plusieurs
semaines parce qu'il a osé relever la tête et lutter
contre l'oppression coloniale qu'il subit depuis
maintenant plus de soixante ans, plus précisément
depuis que les troupes chinoises ont envahi Lhassa,
capitale de son pays. Je veux parler, vous l'avez
compris, du peuple tibétain.
Nous sommes nombreux, sur toutes les travées de cet
hémicycle, à être extrêmement préoccupés par la
dégradation de la situation au Tibet. Les rares
informations qui filtrent à travers les frontières
brutalement refermées montrent que la répression qui
est en train de s'abattre sur les manifestants
tibétains est dure, sans commune mesure avec leurs
revendications de liberté ni avec les violences que
certains d'entre eux ont pu commettre.
La France va-t-elle assister impuissante à
l'engrenage de la violence au Tibet ? Va-t-elle se
contenter de « regrets » ou d'« appel à la retenue »
? Ou bien fera-t-elle part de sa condamnation sans
appel, à l'instar de plusieurs gouvernements
européens, qui manifestent sur ce dossier lucidité
et de courage ?
Contrairement aux allégations des dirigeants de
Pékin, il ne s'agit pas d'une question de politique
intérieure qui ne concernerait que la Chine :
d'abord parce que plus de 130 000 réfugiés tibétains
vivent en dehors de leur pays et que, tous les
jours, il en arrive de nouveaux, qui traversent
l'Himalaya au péril de leur vie ; ensuite, parce que
la communauté internationale a reconnu la stature de
leur chef spirituel et leader politique, en
attribuant en 1989 le prix Nobel de la paix au
dalaï-lama. Aujourd'hui, celui-ci est reçu, avec les
égards qui lui sont dus, dans toutes les capitales
du monde par des chefs d'État ou de gouvernement.
Permettez-moi de faire, à l'appui de ma question,
une citation : « Des cris étouffés s'élèvent de ces
montagnes et de ces hauts plateaux. Une population
hurle silencieusement vers nous : les Tibétains. Un
homme nous tend la main : le dalaï-lama ». Cette
citation est de M. Kouchner.
Le dalaï-lama sera-t-il reçu à l'Élysée par le
Président de la République, comme il devrait
d'ailleurs l'être par le président du Sénat, à
l'occasion de son déplacement en France, en août
prochain ?
Dans la perspective des jeux Olympiques de Pékin,
mais aussi de l'exposition universelle de Shanghai,
de quels moyens disposons-nous pour inciter le
gouvernement chinois à adopter une attitude plus
conforme à ce que l'on attend d'une grande nation
amie, la Chine, qui se veut démocratique ?
Quelles actions concrètes allez-vous engager à
l'échelon européen, sous la présidence française,
et, sans attendre, à celui des Nations unies, qui
ont déjà condamné par trois fois l'attitude de la
Chine au Tibet ? (Applaudissements sur les travées
du groupe socialiste et du groupe CRC, ainsi que sur
certaines travées du RDSE. MM. Hubert Haenel et
Christian Cointat applaudissent également). |
Réponse du Secrétariat d'État chargé des affaires
étrangères et des droits de l'homme
- publiée
dans le JO Sénat du 28/03/2008 - page 1316
|
|
Mme Rama Yade, secrétaire d'État
chargée des affaires étrangères et des droits de
l'homme. Monsieur le président, mesdames, messieurs
les sénateurs, nous n'avons pas attendu les émeutes
de Lhassa pour nous préoccuper du Tibet. J'ai eu
l'occasion de m'en entretenir plusieurs fois ces
derniers mois avec des représentants du dalaï-lama.
Depuis le début de cette crise, la France a réagi
avec fermeté aux événements qui se sont déroulés à
Lhassa et dans les provinces avoisinantes.
Notre position est claire : condamnation de la
répression, appel à l'arrêt des violences, à la
libération des manifestants pacifiques, à la
transparence et à la réouverture du Tibet, à une
reprise du dialogue entre les autorités chinoises et
le dalaï-lama.
Aucun pays n'est favorable, comme vous le savez, au
boycott des jeux Olympiques. Le dalaï-lama lui-même
ne le souhaite pas.
S'agissant de la cérémonie d'ouverture, le Président
de la République a souligné que toutes les options
étaient ouvertes. J'ai dit que les portes de notre
pays étaient également ouvertes au dalaï-lama et que
j'étais totalement disposée à l'accueillir.
M. David Assouline. Et le Président de la République
?
Mme Rama Yade, secrétaire d'État. Le Président de la
République fera son choix le moment venu.
(Exclamations sur les travées du groupe socialiste.)
M. Simon Sutour. Ce n'est tout de même pas la même
chose !
Mme Rama Yade, secrétaire d'État. En attendant, il
en a appelé au sens des responsabilités de la Chine.
Nous espérons qu'elle sera à la hauteur des attentes
qu'elle suscite et de son rang.
Nous ne remettons pas en cause l'appartenance du
Tibet à la Chine, mais, parce que le Tibet fait
partie de la Chine, il appartient au gouvernement
chinois de veiller à ce que les droits de l'homme
soient respectés au Tibet, à ce que les Tibétains
puissent jouir d'une autonomie digne de ce nom et à
ce que leurs droits à la liberté de religion et de
conscience, ainsi que leurs droits économiques,
sociaux et culturels, soient respectés.
La France, en tant que partenaire stratégique, a
clairement indiqué qu'elle était disponible pour
faciliter ce dialogue. Nous avons mobilisé nos
partenaires européens, sans attendre la présidence
française. À notre demande, la question tibétaine
sera, demain, à l'ordre du jour de la réunion des
ministres des affaires étrangères. La France
souhaite que l'Union européenne adopte une position
unie et ferme, susceptible de contribuer à une
solution pacifique dans l'intérêt de tous.
Au-delà de l'échéance des jeux Olympiques, nous
continuerons à attendre de la Chine qu'elle fasse
des progrès en matière de droits de l'homme, au
Tibet comme partout sur son territoire, et nous
continuerons à l'inciter à aller dans ce sens.
(Applaudissements sur les travées de l'UMP et de l'UC-UDF.)
M. Yannick Bodin. Ça, c'est de la langue de bois !
|
|
CONFERENCE DE PRESSE CONJOINTE DU PRESIDENT DE LA
REPUBLIQUE, M. NICOLAS SARKOZY, DU PRESIDENT DE LA
COMMISSION, M. JOSE MANUEL BARROSO, ET DU PRESIDENT DU
PARLEMENT EUROPEEN, M. HANS-GERT POTTERING - PROPOS DE M.
SARKOZY - (Strasbourg, 10 juillet 2008)
ENTRETIEN DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET
EUROPEENNES, M. BERNARD KOUCHNER, AVEC L'AMBASSADEUR DE
CHINE EN FRANCE, M. KONG QUAN COMMUNIQUE
DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET EUROPEENNES
SESSION PLENIERE DU PARLEMENT EUROPEEN DEBAT SUR LA
SITUATION EN CHINE INTERVENTION DU SECRETAIRE D'ETAT CHARGE
DES AFFAIRES EUROPEENNES, M. JEAN-PIERRE JOUYET, AU NOM DE
LA PRESIDENCE FRANCAISE DU CONSEIL DE L'UNION EUROPEENNE
(Strasbourg, 9 juillet 2008)
|
|
|
 |
|
|
|
|
|
 |
Les guaranis toujours victimes de conditions analogues à
l’esclavage en Bolivie.
Karine RINALDI |

|
Le peuple guarani, un des peuples autochtones les plus importants de
Bolivie, compte à peu près 800 familles qui sont au jour d’aujourd’hui
- dans les régions de Santa Cruz, Chuquisaca et Tarija, au sud de la
Bolivie - toujours dans des conditions analogues à l’esclavage, en
situation de
« servitude
pour dettes », sur
leurs terres ancestrales qui sont désormais la propriété privée de
tiers (grands propriétaires terriens). Les femmes travaillent de 4 h
du matin à 6 heure de l’après midi ; les hommes de 7 à 6 ; les enfants
travaillent en échange d'alimentation, de toit ou d'étude. Leur
situation est aggravée par la soumission à des punitions corporelles.
Des sommes d'argent minimes constituent la rémunération de ce travail,
elles ne peuvent couvrir les nécessités de base des travailleurs : une
situation d'endettement permanent envers les propriétaires fonciers se
génère, ces dettes peuvent arriver à être viagères ou s’hériter, il
existe même des cas où les propriétaires transfèrent les hommes avec
les dettes, disposant de la liberté des personnes…
(Voir le
rapport de la Commission interaméricaine).
Cette réalité date de 1892, date où les survivants à la colonisation
ont été « confiés à de bonnes familles (de grands propriétaires) pour
qu’elles les sortent de la sauvagerie ».
Cette réalité -
connue sous le nom de « comunidades cautivas » -
est toujours d’actualité et se trouve dans un contexte d’impunité
totale en raison du manque de réponse intégrale et effective de
l'État.
C’est une situation contraire à de nombreuses conventions
internationales, notamment, outre la
Convention américaine relative aux droits de
l’homme, la
Convention supplémentaire relative à
l'abolition de l'esclavage, de la traite des esclaves et des
institutions et pratiques analogues à l'esclavage,
des Nations Unies, qui considère comme pratique analogue à l’esclavage
la servitude pour dettes, « c'est-à-dire l'état ou la condition
résultant du fait qu'un débiteur s'est engagé à fournir en garantie
d'une dette ses services personnels ou ceux de quelqu'un sur lequel il
a autorité, si la valeur équitable ce ces services n'est pas affectée
à la liquidation de la dette ou si la durée de ces services n'est pas
limitée ni leur caractère défini », de même que le servage,
« c'est-à-dire la condition de quiconque qui est tenu […] de vivre et
de travailler sur une terre appartenant à une autre personne et de
fournir à cette autre personne, contre rémunération ou gratuitement,
certains services déterminés, sans pouvoir changer sa condition »
(article 1). Cette réalité est également contraire aux
Conventions de l’OIT,
notamment celles relatives au travail forcé (29 et 105), au travail
des enfants (182)…
La Bolivie est actuellement un pays multinational. En 2005, pour la
première fois, les élections présidentielles ont porté au pouvoir un
président autochtone, Evo Morales, qui avait annoncé son intention de
mener à bien de profonds changements dans la politique sociale et
économique du pays pour en faire bénéficier les peuples autochtones,
victimes d’injustices historiques. Le Gouvernement a élevé au rang de
loi interne la
Déclaration des Nations Unies sur les droits
des peuples autochtones, le texte de la Constitution
comprend des dispositions relatives aux droits collectifs des peuples
autochtones, notamment le droit à l’autonomie. Concernant les « comunidades
cautivas », des efforts sont en cours :
le décret 28159 de mai 2005 reconnaissait pour la 1° fois
l’existence de familles en état de semi esclavage. Il a été admis que
rendre leurs terres aux populations autochtones (par l’expropriation
des grands propriétaires terriens), reconstituer le territoire
guarani, permettrait de leur rendre leur liberté. L’Etat
essaye ainsi de mener à bien un processus
de réforme agraire, conformément aux lois 1715 de 1996 et 3545 de
2006. La terre doit être créatrice de richesse et non de
spéculation. Si elle n’a pas de fonction économique sociale, elle
revient à l’Etat qui la redistribue à des communautés autochtones ou
paysannes. En outre, la figure de l’expropriation a été spécialement
pensée pour remédier à la situation du peuple guarani.
Mais cette situation d’esclavage moderne persiste belle et bien,
l'application de ces lois est entravée par divers secteurs politiques
et économiques, notamment à
Santa Cruz,
une région connue pour son racisme envers les autochtones,
où l’opposition au processus
d’expropriation est
violente et explique le mouvement
autonomiste. Des dirigeants guaranis sont menacés de mort, certains
disparaissent, sont
kidnappés ou torturés.
Le 24 mai, alors que la
ville de Sucre s’apprêtait à commémorer le premier soulèvement contre
l’Espagne coloniale, des membres des communautés indiennes ont été
roués de coups de pied. Devant le siège des autorités, ils ont été
forcés de se mettre à genoux, d’embrasser le sol pendant qu’étaient
brûlés leurs drapeaux, leurs insignes et leurs vêtements
traditionnels. Des médecins ont refusé de soigner certains d’entre
eux.
Par ailleurs, des commissions ont été créées pour étudier cette
situation des familles guaranis en état de
servitude pour dettes.
Mais une première commission (22 avril 2008) était intégrée par les
mêmes agresseurs des autochtones ainsi que par des personnes ayant
publiquement pris partie pour l’inexistence de situation d’esclavage.
Une seconde commission intégrée notamment par l’ombudsman, la
Commission des Droits de l’homme, n’a pu accéder aux haciendas par le
refus des grands propriétaires.
Les obstacles aux enquêtes sont bien connus : difficulté dans l’accès
indépendant aux zones, faible collaboration de la police, absence de
mécanismes de protection de victimes et témoins ou faible coordination
avec les ministères nationaux compétents. Par ailleurs, souvent les
propriétaires appartiennent, ou sont directement liés, avec le pouvoir
politique local.
La
Commission IADH a tenu
plusieurs audiences sur ce thème, la dernière lors de sa dernière
période ordinaire de sessions (audio).
En décembre 2006 et en juin 2007, des visites sur place ont été
menées, précisément pour observer et récupérer des informations sur la
situation des familles du peuple guarani.
Les informations et témoignages reçus ont confirmé la continuité de la
problématique de la
servitude pour dette et le travail forcé,
ainsi que l'aggravation de la situation du peuple guarani dans cette
région depuis la dernière visite de la Commission en novembre 2006.
Cependant, elle à également constaté que dans certaines haciendas
cette situation avait cessé (exclusion de certaines familles en
conséquence de revendication pour la terre).
Le
Rapporteur spécial de l’ONU sur les
populations autochtones s’est également rendu sur
place entre le 25 novembre et le 7
décembre 2007 (voir la
Note sur sa mission en
Bolivie). L’une des préoccupations principales a été « la persistance
grave du racisme et de la discrimination à l’encontre des autochtones,
en témoignent les agissements d’agents des pouvoirs publics nationaux
et sous-nationaux, ainsi que l’attitude de partis politiques et
groupes de pression, qui incitent parfois à la violence contre des
personnes en raison de leur appartenance à des communautés
autochtones » (§6). Le Rapporteur spécial est « particulièrement
préoccupé par la situation de servitude dans laquelle vivent encore
les communautés guaranis dans trois départements du pays en raison de
la spoliation historique de leurs territoires ».
***
*
Nous sommes dans la situation où un Etat est entravé dans sa lutte et
l'effectivité de la mise en œuvre des droits de l’homme. Mais sa
responsabilité internationale ne s’efface pas ; il est responsable
pour ces actes commis par des particuliers, que ce soit dans les
haciendas ou dans la rue, en l'absence d'enquête et, éventuellement,
de sanction. Il n’existe pas de politique intégrale de l'État pour
régler cette problématique. L'État a l'obligation internationale
d’éradiquer la servitude et le travail forcé
sur tout son territoire. L'État doit adopter les mesures nécessaires
pour faire face et résoudre les obstacles légaux, institutionnels,
politiques ou autres qui font obstacle à l'exécution des programmes du
Gouvernement. Malgré ses efforts, son absence de résultat pourrait le
conduire devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme (une
affaire sur ces « comunidades cautivas » est actuellement à l’étude
devant la commission).
|
|
Archive |
|
|

Populations autochtones et tribales, Général :
Nations
Unies et Peuples autochtones et tribaux
-
7ème
Session de l’Instance Permanente sur les Questions Autochtones :
« l’avant-garde d’une question centrale dans le droit
international » ou « les Changements Climatiques en tant
qu’atteinte aux droits de l’homme et au droit à la vie », K.
RINALDI et D. COMBA
-
HCDH :
réunion informelle sur le futur du Groupe de Travail sur les
Populations Autochtones, K. Rinaldi
-
Le
Rapporteur Spécial de l'ONU sur les peuples autochtones en visite
officielle en Bolivie, K. Rinaldi
-
Prorogation
du mandat du Rapporteur Spécial sur les droits des populations
autochtones et report de l’examen de la création d’un groupe
d’expert sur les droits des populations autochtones, K. Rinaldi
-
Adoption
de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples
autochtones, K. Rinaldi
-
6° session de l’Instance
permanente sur les questions autochtones, K, Rinaldi
-
Rapporteur
sur la situation des droits de l’homme et des libertés
fondamentales des populations autochtones : présentation de son 6°
rapport, K. Rinaldi
-
Report
de l’adoption du projet de déclaration sur les droits des peuples
autochtones, F. Raach
-
L’instance
permanente des NU sur les questions autochtones lance un nouveau
programme d’action de la 2° décennie en faveur des peuples
autochtones, F. Raach
-
ONU :
Appel lancé pour l’adoption d’une déclaration des droits des
peuples autochtones, A. Rainaud
|
Système
Interaméricain et peuples autochtones et tribaux
-
OEA:
session de réflexion sur les effets de l’adoption de la
Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples
autochtones sur le processus de négociation du texte
interaméricain, K. Rinaldi
-
OEA :
10° réunion de négociations sur le projet de Déclaration
américaine sur les droits des peuples autochtones, K. Rinaldi
-
OEA : 9° réunion de
négociations sur le projet de Déclaration américaine sur les
droits des populations autochtones, K. Rinaldi
-
OEA,
réunion sur une Déclaration américaine des droits des peuples
indigènes, J. Rios Rodriguez
-
CIADH: arrêt Communauté
Saramaka c. Suriname : entre erreurs de la Commission et
jurisprudences antérieures incomplètes, K. Rinaldi
-
CIADH: Affaire Escué Zapata
contre Colombie, K. Rinaldi
-
CIADH : Convocation pour les
audiences publiques dans l’affaire Comunidad Saramaca contre
Suriname, K. Rinaldi
CIADH : prolongement des mesures provisoires au bénéfice du peuple
autochtone Kankuamo de Colombie, n° 97 CIADH : contrôle de
l’exécution de l’arrêt dans l’affaire « Comunidad indígena
Sawhoyamaxa vs. Paraguay », n° 97
|
|

|
|

|
|
|
|
|
|
 |
CIJ, 46 ans après, les suites de l'Arrêt
du 15 juin 1962, Temple de Préah Vihéar
(Cambodge c. Thaïlande)
Prof. Ph. WECKEL |
|
Le Comité du patrimoine mondial, réuni à Québec pour sa
32ème session, a achevé le 8 juillet 2008 l’inscription de 27 nouveaux
sites, tels que
le domaine du chef Roi Mata (Vanuatu), les
fortifications de Vauban (France), l’Archipel de Socotra (Yémen) ou
les lagons de Nouvelle-Calédonie (France) (communiqué).
Rares sont ceux des lecteurs de Sentinelle qui
connaissent l’ancien site agricole de Kuk (Papouasie Nouvelle Guinée).
Par contre, sur cette liste des nouvelles inscriptions au Patrimoine
mondial le nom d’un temple khmer situé à la frontière entre le
Cambodge et la Thaïlande leur est particulièrement familier, le
Temple de Preah Vihear. 46 ans après l’arrêt de la Cour internationale
de Justice qui l’a attribué au Cambodge l’édifice millénaire fait
toujours encore parler de lui, parce que la procédure d’inscription du
site à l’UNESCO a suscité l’opposition de la Thaïlande.
On mesure l’ampleur de cette affaire en découvrant que
le Ministre des affaires étrangères
thaïlandais,
Maître Noppadon Pattama, a été contraint à la démission dès son retour
à Bangkok le 10 juillet. Même le Premier ministre M. Samak Sundaravej
est fragilisé par l’issue de la réunion de Québec. Il est notamment
reproché au chef de la diplomatie thaïlandaise d’avoir accepté, dans
une déclaration conjointe du 19 juin 2008, de soutenir la candidature
du Cambodge. L’opposition au Gouvernement a contesté cette déclaration
en justice. Ainsi le parti
« Alliance du peuple pour la démocratie » a obtenu une injonction
provisoire de la Cour administrative
de ne pas soutenir la demande cambodgienne à l’UNESCO. En s’envolant
pour Québec le ministre des affaires étrangères a finalement promis,
se soumettant à l’injonction, de s’opposer à l’inscription du temple.
Le 8 juillet une ultime et tardive pression était exercée sur le
gouvernement sous la forme d’une déclaration d’inconstitutionnalité du
texte du 19 juin émanant de la Cour constitutionnelle.
L’affaire est compliquée et il faudrait apparemment être thaïlandais
pour la comprendre très bien. En effet, la Cour internationale de
Justice a tranché clairement en faveur du Cambodge qui détient donc un
titre incontestable sur le
Temple de Preah Vihear. A quel titre précisément la Thaïlande
pouvait-elle s’opposer à la demande d’inscription du site au
Patrimoine mondial ?
En juillet
2007, à Christchurch, Nouvelle-Zéland, le
Comité du patrimoine mondial
de
l'Unesco a exprimé «
son accord de principe sur le fait que le site doit être inscrit sur
la liste du patrimoine mondial »
et a noté
« que le processus d'inscription est en cours ». Il a demandé « à
l'Etat partie du Cambodge de renforcer la conservation et la gestion
du site, en avançant dans l'élaboration d'un plan de gestion
approprié, ce qui permettra son inscription formelle par le Comité en
sa 32e session, en 2008
». Logiquement la Thaïlande n’était pas en mesure d'empêcher
l’inscription formelle lors de la session de 2008.
Dans un tel contexte la déclaration conjointe des
ministres cambodgien et thaïlandais du 19 juin 2008 s’explique fort
bien. En effet, officiellement la Thaïlande ne remet pas en cause
l’arrêt de la CIJ de 1962. Toutefois la Cour n’a pas procédé à la
délimitation de la frontière entre les deux Etats. Le temple se trouve
ainsi dans une zone qui est toujours disputée. Or le site initialement
soumis par le Cambodge au Comité du patrimoine mondial aux fins
d’inscription comprenait, outre le temple, « ses environs » couvrant
une zone de 4,6 km2. On comprend la réaction négative de la Thaïlande.
Les deux gouvernements sont néanmoins parvenus à rapprocher leurs
points de vue. Le Cambodge a accepté de limiter la demande de
classement à l’emprise du temple avec un périmètre de 30 mètres autour
de ses murs. La Thaïlande a accepté de soutenir le projet
d’inscription du temple tout en réservant la question de la
délimitation de la frontière.
Il y a sans doute un peu de nostalgie nationaliste dans
la réaction virulente qui a accueilli en Thaïlande ce compromis très
raisonnable. En fait le Temple
de Preah Vihear est un bien économique commun dont l’exploitation à
des fins touristiques profitera au moins autant, sinon davantage, à la
Thaïlande qu’au Cambodge.
|
 |
|
|
|
 |
Saisine
prochaine de la Cour Permanente d’Arbitrage par les parties au conflit interne
soudanais
Michel DJIMGOU DJOMENI
|
|
La Cour Permanente d’Arbitrage (CPA) a annoncé, sur son site Internet,
qu’elle servira de Greffe à l’instance arbitrale qui connaîtra du
conflit inter soudanais. Fait marquant, dans ce
communiqué
la CPA se fonde sur des sources indirectes. Elle fait référence en
effet à une
dépêche de la BBC du 22 juin 2008,
et à une
annonce du quotidien soudanais,
Soudan Tribune, du 23 juin 2008. Le compromis d’arbitrage n’a donc pas
encore été déposé au greffe de la CPA. Au-delà de cette curiosité,
l’annonce de la saisine de la CPA suscite des observations et
interrogations, quant à la qualité des parties au conflit en relation
avec les termes de la Convention d’arbitrage. Avant de s’y appesantir,
il conviendrait de faire un rappel des origines du conflit sur Abyei.
Les origines
du conflit sur Abyei
Le différend sur Abyei plonge ses racines dans le conflit quasi
séculaire entre le Nord et le Sud Soudan. Considéré comme le plus long
(plus de deux décennies) et l'un des plus meurtriers des conflits
(près d’un million et demi de morts) du continent africain, le conflit
entre le Nord et le Sud Soudan avait connu un début d’épilogue avec la
signature, le 9 février 2005, des Accords de paix de Nairobi. Il
s'agit d'une série d'accords signés à des dates différentes, et qui
ont vocation à régler un certain nombre de questions, notamment, le
partage du pouvoir politique, le partage des ressources pétrolières et
minières, le règlement des questions financières, douanières et
fiscales et surtout, la mise sur pied d'un système d'administration
régionale pour la zone d'Abyei. C'est ce dernier aspect qui avait fait
l'objet d'un accord (encore connu sous le nom de Protocole d’Abyei)
signé en mai 2004 à Naivasha (Kenya) qui constituent la principale
pomme de discorde. Compte tenu de la complexité de la région ainsique
du caractère cosmopolite de sa population, l’Accord prévoit en
substance: la mise sur pied d'une administration à statut spécial pour
Abyei, la création d'un mécanisme de gouvernance locale devant
s'appliquer jusqu'en 2011, le partage des revenus tirés du pétrole,
des arangements sécuritaires, l'organisation en 2011 d'un référendum,
simultanément avec celui du Sud Soudan, pour déterminer si Abyei sera
rattaché au Nord du pays ou au Sud de celui-ci, et la mise en oeuvre
d'un processus visant à déterminer les frontières de la région d'Abyei.
Pour les besoins de l'application de ce dernier point, une Commission
des Frontières d'abyei (en anglais, Abyei Boundaries Commission (ABC))
est mise sur pied. Composée de 5 représentants de chacune des parties
au conflit et de 5 experts internationaux, l'ABC était tributaire,
pour ses décisions, du consensus entre les 10 représentants soudanais,
et il avait été convenu qu'au cas où ces derniers ne parviendraient
pas à un accord, les experts internationaux (désignés par les
Etats-Unis d'Amérique, la Grande Bretagne et l'Autorité
intergouvernementale pour le développement (l’IGAD))
trancheraient la question, et la décision prise à cet effet serait
définitive et obligatoire à l'égard des parties. Le 14 juillet 2005,
l'ABC rendit ses conclusions qu'elle présenta à l'Assemblée générale
des Nations Unies et au Président soudanais. Considérant que cette
décision était injustement favorable au Sud, le Président soudanais la
rejeta, compromettant ainsi l'application du protocole d'Abyei
fortement tributaire, pour sa mise en œuvre effective, du respect de
la décision de l'ABC. C'est pour sortir de l'enlisement ainsi provoqué
que les parties ont décidé, à travers la signature d’une convention
d’arbitrage, de s'en remettre à un tribunal arbitral.
Les termes
de la convention d’arbitrage
Le
communiqué
de la Cour permanente d’arbitrage, qui se réfère à une dépêche de la
BBC et à un article de presse du Quotidien soudanais Soudan Tribune,
indique l'identité des plaignants. Il s'agit du Parti national du
Congrès (PNC) et du Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS).
La CPA ajoute que les parties ont convenu que leur différend sera
réglé conformément au
Règlement facultatif de la Cour permanente d’arbitrage
pour l’arbitrage des différends entre deux parties dont l’une
seulement est un État.
Aux termes de la Convention d’arbitrage signée le 21 juin 2008 à Juba,
les parties ont convenu que le Tribunal arbitral sera composé de cinq
arbitres, deux désignés par chacune des parties, et le cinquième, qui
assurera la présidence du Tribunal, sera désigné par les quatre
arbitres. Les parties ont également convenu que le Tribunal aura pour
mandat de dire si, dans sa décision du 14 juillet 2005, l’Abyei
Boundaries Commission (ABC) avait, oui ou non, outrepassé son mandat,
lequel consistait, selon les termes du Protocole d’Abyei, son Annexe,
les termes de référence et les règles de procédure, à délimiter et à
procéder à la démarcation des 9 chefferies traditionnelles de Ngok
Dinka qui avaient été transférées du Bahr El Ghazal au Kordofan en
1905 (“to define and demarcate the area of the Nine Ngok Dinka
Chiefdoms transferred from Bahr el Ghazal to Kordofan in 1905, as per
the Abyei Protocol, the Appendix, ABC Terms of Reference and Rules of
Procedure.”).
Les
apparences d’un artifice
Les Parties ont convenu que le Tribunal arbitral connaitra de leur
litige, conformément au
Règlement facultatif de la Cour permanente d’arbitrage
pour l’arbitrage des différends entre deux parties dont l’une
seulement est un État.
Le choix de ce règlement pose le problème de la qualité des parties au
conflit. A la lecture du communiqué, il apparaît que ce sont deux
partis politiques qui ont saisi la CPA. Si l'on s'en tien aux termes
du Communiqué, on est forcé de reconnaître qu'on n'est pas en présence
d'un Etat et d'une entité non étatique. La deuxième partie du texte
introductif du règlement indique que « (i) tous les États ainsi que
leurs entités et leurs entreprises peuvent utiliser le présent
Règlement, ainsi que les services du Secrétaire général et du Bureau
international de la Cour Permanente d’Arbitrage.» A la lecture de ce
texte introductif, on peut, pour trouver des formes de juridicité à la
démarche des parties, se livrer à des conjectures.
On pourrait par exemple imaginer que le Parti National du Congrès (PNC)
est une « entité » ou une « entreprise » de l'Etat soudanais. Or même
dans un système de parti unique (ce qui n'est pas le cas pour le
Soudan) où la seule formation politique existante prend souvent les
allures de Parti État, il n'est pas aisé de faire de ce dernier un
démembrement de l'Etat. C'est dire qu'à tout le moins sur le plan
formel, le PNC n'est ni une « entité », ni une « entreprise de
l'Etat » soudanais. Il y a donc contrariété entre la règle de
procédure choisie et la qualité des parties auxquelles cette dernière
est censée s'appliquer. A cet égard, le communiqué de la CPA a toutes
les apparences d'un forçage de saisine.
On pourrait également penser que les parties ont, lors de la saisine,
endossé les qualités en lesquelles elles agissaient au cours du long
processus de paix qui a abouti, entre autres, à la signature du
protocole d'Abyei. L'Accord de Nairobi du 9 février 2005 avait été
signé par le PNC pour le compte du Gouvernement du Soudan, et le MPLS
pour le compte du peuple du Sud Soudan. Il en a presque invariablement
été ainsi au cours de la signature des différents accords ayant
précédé l'Accord de paix global, ce qui laisse penser que le PNC
représente l'Etat soudanais dans tous ses actes que celui-ci passe
avec le MPLS. La communauté internationale et les organisations
intergouvernementales, au premier rand desquelles l'Organisation
des nations Unies
(ONU), semblent avoir pris acte de cette assimilation et parlent du
Gouvernement du Soudant lorsque le signataire est le PNC. S’il s’avère
que cette assimilation a été réitérée au cours de la saisine de la CPA,
l'option pour le
Règlement facultatif de la Cour permanente d’arbitrage
pour l’arbitrage des différends entre deux parties dont l’une
seulement est un État
se justifierait, et on ne serait pas en présence d'un cas inédit, dans
la mesure où la CPA a déjà eu à connaître de différends entre un Etat
(fictif d’ailleurs) et une entité non étatique, notamment en l'affaire
Paul Larsen contre Royaume de Hawaii
du 5 février 2001.
Dans le cas contraire, on pourrait se poser la question de savoir
pourquoi les parties n'ont pas opté pour des règles plus appropriées à
leurs statut, notamment, le
Règlement facultatif de la CPA pour la conciliation,
le
Règlement facultatif de la CPA pour la conciliation
des différends relatifs aux ressources naturelles et/ou à
l’environnement,
et le
Règlement facultatif de la CPA pour l’arbitrage des
différends relatifs aux ressources naturelles et/ou à l’environnement,
en demandant aux arbitres, dans ce dernier cas, de se prononcer
également sur le tracé des frontières correspondant à la position
géographique des ressources naturelles en question.
Dans les semaines à venir, la CPA pourrait donner des informations de
première main et plus détaillées sur les termes de la Convention
d'arbitrage conclue par les parties au conflit inter soudanais, et
l'on dépassera alors le stade des conjectures pour faire des analyses
fondées sur des certitudes.
Les
perspectives.
Le conflit inter soudanais perdure du fait du manque de respect, par
les parties en présence, de leurs engagements. On se souvient que
l'article 5 de l'Annexe du Protocole d'Abyei disposait que les
décisions de l'ABC seraient définitives et obligatoires pour les
parties. Les termes de cette disposition n'avaient pas empêché le
Président soudanais de rejeter les conclusions de l’ABC, en utilisant
une formule restée célèbre, et par laquelle il demandait aux experts
internationaux membres de cette instance diluer leur conclusion et de
la boire.
La Convention d'arbitrage signée par les mêmes parties dispose que la
sentence arbitrale sera définitive et obligatoire. On peut bien se
demander si les parties seront plus respectueuses de la sentence
arbitrale qu'elles ne l'ont été des conclusions de l'ABC. Il y a lieu
d’espérer que par un sursaut de scrupule, les parties, et plus
particulièrement le Gouvernement soudanais se gardera d'ignorer pour
la deuxième fois consécutive une décision rendue par une instance
internationale de jugement.
|
|
Obs. Brillante recrue de
Sentinelle,
Michel
DJIMGOU DJOMENI est un jeune fonctionnaire du Ministère camerounais
des affaires étrangères, un bel exemple de cette nouvelle génération
africaine qui est bien décidée à nous étonner. Il ne cache pas
vraiment son scepticisme à l'égard de cette procédure contentieuse
inédite. C'est une grande qualité, mais aussi un petit défaut de la
jeunesse. Pour l'instant on identifie un certain nombre de questions
fondamentales qui ne sont pas forcément d'ailleurs celles qu'il
soulève. Nous aurons l'occasion de les discuter lorsque le texte du
compromis d'arbitrage sera connu (PW).
|


CPI, Inculpation
du Président soudanais Omar el-Bechir pour génocide (PW)
|
« Dans les camps,
les forces de M. AL BASHIR tuent les hommes et
violent les femmes. Il veut mettre un point final à
l’histoire des peuples four, masalit et zaghawa, Je
n’ai pas le luxe de pouvoir me voiler la face. J’ai
des preuves. »
Luis Moreno-Ocampo
|
Communiqué de la Cour : "Lundi 14 juillet, le
Procureur Luis Moreno-Ocampo présentera aux juges de la
Chambre préliminaire I les éléments de preuve dont il
dispose à propos des crimes commis ces cinq dernières
années sur l'ensemble du Darfour. La requête sera publique
et un résumé sera présenté. Après avoir déposé sa requête,
le Procureur tiendra une conférence de presse en compagnie
du procureur adjoint, Mme Fatou Bensouda".
La
requête vise ainsi le président en exercice du Soudan
qui est notamment accusé du crime de génocide à
l'encontre des ethnies four, masalit et zaghawa.
La
situation rappelle bien entendu le précédent de Milosevic
qui avait fait l'objet d'un mandat d'arrêt émis par le TPIY malgré sa qualité de chef de l'Etat de la RFY
(Serbie).
Le Conseil de Paix et
Sécurité de l'Union africaine a déjà exprimé le 11 juillet
(pas encore en ligne) l'inquiétude que lui inspirait
l'initiative du Procureur. Le Gouvernement soudanais a
également saisi la Ligue arabe qui devrait se prononcer ce
week-end.
Le conflit du Darfour a
fait jusqu'à 300.000 morts et déplacé 2,2 millions de
personnes.
On lira avec intérêt le
point de vue du Département d'Etat sur la question (PW) :
|

QUESTION: Should
the International Criminal Court seek an arrest
warrant against the leader of Sudan?
MR. MCCORMACK: Mm-hmm. Should they? Are you
asking me our opinion of that?
QUESTION: Yes, please.
MR. MCCORMACK: We are not a member of the ICC.
And I would refer that question to, you know, the
prosecutor or the judges involved or other members
of the ICC. Now, on the issue of holding responsible
individuals for genocide or atrocities committed in
Sudan, absolutely, the United States is committed to
that. But in the Security Council resolution that
addressed this issue— and it was passed— the United
States abstained because of the issue of the ICC. We
have made our views known-- clear on the ICC and
there’s no reason to revisit those, but they remain
and they hold in place. So I am not pointing fingers
at any particular individual.
You know, there are press
reports about the intentions of the ICC prosecutor.
I’d refer you to the ICC prosecutor for any comment
on either (a) individuals or the rationale for
bringing charges. I have seen-- I saw that there was
press release coming out from the ICC, saying that
there was going to be a case presented on Monday. So
I expect that the facts, at least as viewed by the
prosecutor, will be presented to the judge-- judges
and other countries, as well as other interested
parties, will be able to make their own assessment
separate from the judges at that point in time.
QUESTION: Is the United States participating
in any investigation in relation to this case? Will
it participate? Will it offer any evidence?
MR. MCCORMACK: We are not participating in
any investigation. Again, we are not part of the ICC
and we did not sign the treaty. As a matter of fact,
we withdrew from the treaty. There was a lot of news
reporting about that.
We said, at the time that the UN resolution passed,
that if there were requests for information then, of
course, the United States would consider that
request for information, and the – that situation
has not changed. I don’t have anything further to
report beyond that and I’m not trying to indicate
that the United States has provided any information
or evidence.
QUESTION: Sean, I’m sorry I missed the top.
Were you meaning this morning – maybe you answered
this already, but were you intending this morning to
confirm that the United States knows that Ocampo
will ask for a warrant for Bashir on Monday?
MR. MCCORMACK: No. It’s reacting to two
things. You know, first of all –three things – first
of all, the questions were (inaudible). Second of
all, there was a press release from the ICC saying
that there’s going to be some presentation of
evidence and requests for warrants from judges by
the ICC prosecutor. And there are a lot of news
stories out today that that request for a warrant
will involve President Bashir of Sudan.
Now, it’s not my intention to confirm anything of
the sort. As a matter of fact, the ICC – the United
States doesn’t have anything to do with the ICC. So
certainly, we wouldn’t be the ones to be confirming
anything.
QUESTION: Do you have reason to believe that
that may be the case, though?
MR. MCCORMACK: I refer you to the ICC.
Charley.
QUESTION: Let me ask another question about
this. The Sudanese Ambassador of the United Nations
just said that all options are open as far as his
country’s reaction to this. And then an anchor asked
a question: Does this include taking international
peacekeepers hostage? And the ambassador to the
United Nations said all options are on the table. I
tell you. Are you concerned about that, and are you
concerned about, in a more general way, how this
will play out?
MR. MCCORMACK: Look, first of all, people
should deal with the facts as they are before them.
We don’t have a new set of facts at this point. We
have news reports and people reacting to news
reports.
All of that said, the Sudanese Government has
obligations under Security Council resolutions as
well as the Vienna Convention. The international
system expects them to abide by those obligations.
Violence serves the purpose of no party. There’s
been far too much violence in Sudan. And certainly,
violence perpetrated by the government against those
on the ground performing humanitarian missions,
performing duties on behalf of their governments
serves-- certainly does not serve the purposes of
the Sudanese Government.
And I think it – you know, it should go without
saying that the international system would strongly
urge, in the strongest possible terms, Sudan not to
consider any such reaction, certainly not in
reaction to press reports, and certainly not in
reaction to any change in the facts as they are
before us.
Daily Press Briefing
Sean McCormack, Spokesman
Washington, DC
July 11, 2008
|
|
|
"Monsieur Hitler est un homme respectable et si on le contrarie, ça
va être pire". |
 |
|
|
|
|
|
 |
Evolution positive de la situation au
Kosovo (PW) |
|
|
Daniel Fried, Assistant
Secretary for European and Eurasian Affairs
Remarks at Roundtable With Journalists
Washington, DC
July 2, 2008
Assistant Secretary Fried: -- a number of months since
independence, and it has been a relatively quiet, relatively
quiet and successful beginning of Kosovo’s life as an
independent country, but challenges remain. So I wanted to go
through that with you.
As you remember, Kosovo declared its independence in February.
There were at the time expectations that there might be severe
problems, great violence, displacement of persons, conflict,
fighting. There were any number of very dire scenarios which we
thought were possible but not likely, were possible, and for
which we planned, none of which turned out to be true.
With the exception of some minor and one major incident on
March 17th -- you remember the courthouse shootings
which resulted in loss of life -- it has been relatively
peaceful so far.
Also in the good news department, the Kosovo government and
parliament have functioned well and efficiently. Their main
achievement so far has been to pass the vast bulk of the
Ahtisaari Plan required laws, including the laws which provide
for decentralization and Serb minority protection. These laws
are crucial to Kosovo’s future as a country for all the people
who live there. This was part of the package which the Kosovars
agreed to for independence and they have done their job.
The second great Kosovo achievement was that it passed its
constitution and has implemented it. The constitution has now
come into effect last month.
There has been no major ethnic violence, no refugee flows, the
Kosovo government has also responded with restraint and
responsibility to the provocations which have occurred. That is
the good news.
Externally the good news is, as we hoped, over two-thirds of
the European Union countries and NATO and now a majority of
Security Council members have recognized Kosovo. Forty-three
countries in all. Europe, most European countries have
recognized Kosovo. The next challenge will be for recognitions
to come in from non-European countries. We expected Europe to be
first, and we hope that we get a steady stream of countries
recognizing as time goes on.
Let me turn to the challenges because these are quite
significant, and I do not want to leave you with the impression
that I’m announcing clear waters ahead, no trouble on the
horizon. I don’t expect trouble, but we plan for it and there
are serious challenges remaining.
The chief challenge is in the north where in Mitrovica and
the north of the Iber the writ of the Kosovo government has not
yet run. That is a part of Kosovo which is still Serb majority,
and it is a place where the one major outbreak of violence did
occur. You recall on March 17th -- there is a problem
in the north and that problem is going to have to be addressed
by the international community working with the Kosovo
authorities showing patience, determination, steadiness and a
willingness to work in practical ways on the ground to create a
sustainable situation that does not involve hardening the
differences that already exist.
More challenges will occur. The Kosovo economy is beginning to
move ahead. The Kosovo Finance Minister was here last week but
their economy will have to get up and running so you don’t have
large numbers of unemployed people, young men with nothing to
do. Not a good thing.
To address the problems of the north and the Kosovo economy
which were the two problems I’ve identified, the United States
and the Europeans working together have arranged for the
transition between the UN, UNMIK to the European Union force
EULEX, and as you know EULEX is about a 2,000 person force which
includes judges and police. It is a rule of law mission but it
also includes police on the ground.
To address the economy, the European Commission is hosting in
Brussels on July 11th European countries, World Bank,
IMF donors for a Kosovo Economic Support Conference. We expect
that this conference will raise some money to support the
Kosovars. The United States is going to throw in $400 million
over the next four years. We believe European pledges will be
significantly more than that, and you’ll have non-European
pledges, and we expect total pledges of well over one billion
dollars which over four years we estimate will help the Kosovo
government get off to a good start.
I will stop soon, but I want to address one lesson of what
we’ve done in Kosovo. This has been an example where the United
States and Europe have worked together extraordinarily closely
and under difficult conditions. A year ago, it was dawning on us
that there would never be a Security Council Resolution
providing for Kosovo’s final status. The Russians made clear
they would veto any such resolution. At that point, the European
Union had to face the fact that it would have to act on Kosovo
status and European countries had to face the fact that they had
to act on Kosovo status without a UN Resolution. This was
extraordinarily difficult and the European response was staunch
and strong. The European countries in the so-called Quint -- the
United States, Great Britain, France, Germany, Italy -- acted
with determination and solidarity and it is because of that we
have achieved the progress we have achieved. It is the intention
of the United States to keep working very closely with our
European colleagues and allies in the months ahead.
Now that’s a sketch overview, and as I said this is not
headlines but it’s to recall the narrative. The good news, the
tough news, the challenges ahead in European solidarity.
|
|
|
Archive |
|
-
Kosovo : redéfinition du mandat
des « présences internationales » suite à l’entrée en vigueur de
la Constitution Aude Vasseur
-
Le drapeau du Kosovo
indépendant, tout un symbole de non identité (ethnique) (PW)
-
La question de la partition du
Kosovo (PW)
-
TPIY, Kosovo, transfert du général Lazarevic à La Haye (A.SAMPO)
-
TPIY, Kosovo, transfert du colonel Sreten Lukic (A. SAMPO)
-
Rapport de la Commission internationale sur les Balkans, M. Laidi
-
Conseil
de Sécurité, situation au Kosovo (M. LAIDI)
-
TPIY, libération provisoire de l'ancien Premier ministre du Kosovo
(A. SAMPO)
-
Kosovo, loi sur la commission indépendante des médias (M. LAÏDI)
-
Projet de loi sur l’Institut judiciaire du Kosovo, M. Laidi
-
Accord pour la reconstruction des églises orthodoxes (M. LAIDI)
-
Préparation des élections (M. LAIDI)
-
Lancement des négociations sur le statut final du Kosovo, M. Laidi
-
Avenir du Kosovo, position américaine (M. LAIDI)
-
Kosovo :
première visite de l’Envoyé spécial de l’ONU chargé des
pourparlers sur le statut final du Kosovo dans les Balkans M.
Laidi
-
TPIY, Kosovo deux nouveaux acquittements et une condamnation pour
torture Antonella SAMPO
-
Conseil de l’Europe - Comité consultatif de la convention-cadre
pour la protection des minorités nationales, avis sur le Kosovo
Maya LAIDI
|
|
 |
|
|
|
|
|
Protection
consulaire |
Etats-Unis
/ Serbie : un suspect serbe fuit les Etats-Unis avec l’aide du consulat de
Serbie à New York
Aude Vasseur |
-
-
-
Il est parti dans le matin
-
Plein de lumière !
-
Il était minc', il était beau,
-
Il sentait bon le sable chaud,
-
Mon légionnaire !
-
Y avait du soleil sur son front
-
Qui mettait dans ses cheveux blonds
-
De la lumière !
-
Edith PIAF
|
|
Miladin Kovacevic, un étudiant serbe
poursuivant ses études aux Etats Unis, est accusé d’agression au
premier degré par la justice américaine après une bagarre dans une
boîte de nuit qui a plongé un jeune américain dans le coma (voir l’article
du 7 juillet 2008). Le suspect, détenu depuis les faits qui ont eu
lieu début mai, a été libéré début juin, après que le Consul de Serbie
à New York a décidé d’exercer la protection consulaire et de payer sa
caution de 100.000 $. Les autorités américaines ont conservé son
passeport pour éviter qu’il ne quitte le pays. Cependant, un agent du
consulat serbe lui a procuré un passeport provisoire qui lui a permis
de retourner se réfugier en Serbie. Les Etats-Unis ont demandé à la
Serbie de leur remettre le suspect afin qu’il soit traduit devant les
juridictions américaines (voir le
point presse du 7 juillet 2008) et le FBI et Interpol ont lancé un
mandat d’arrêt à son encontre (voir l’article
du 5 juillet 2008). Cependant les autorités serbes ont indiqué
qu’elles attendaient d’avoir des informations sur les accusations et
le dossier pénal afin de déterminer si elles doivent le renvoyer aux
Etats-Unis ou s’il doit être jugé par les tribunaux serbes en vertu du
droit serbe. L’avocat de l’accusé soutient en effet que son client a
fui les Etats-Unis car la justice américaine serait partiale à
l’encontre des Serbes (voir l’article
du 4 juillet 2008). Il estime que les tribunaux serbes sont
compétents, en vertu de la compétence personnelle active, et que les
autorités serbes ne peuvent pas l’extrader dans la mesure où la loi
serbe interdit d’extrader des citoyens serbes faisant l’objet d’une
procédure pénale à l’étranger quand ils se trouvent sur le territoire
serbe (voir l’article
du 4 juillet 2008). Les Etats-Unis ont également demandé aux
autorités serbes de prendre des mesures à l’encontre du Consul de
Serbie à New York, qui a délivré les documents de voyage pour aider le
suspect à fuir les Etats-Unis. Le Consul de Serbie a été relevé de ses
fonctions et risque des mesures disciplinaires (voir l’article
du 3 juillet 2008), bien qu’il se défende d’avoir délivré lui-même
les documents et accuse un employé du consulat (voir l’article
du 5 juillet 2008).
Cette affaire rappelle celle des
déserteurs de Casablanca qui avait opposé la France et l’Allemagne
devant un tribunal arbitral de la Cour Permanente d’Arbitrage (CPA)
en 1909. Dans cette affaire, un employé du consulat allemand au Maroc,
territoire alors placé sous le régime des capitulations et sous
contrôle des troupes françaises, avait essayé de faire embarquer des
déserteurs de la Légion étrangère, de nationalité allemande et de
nationalité étrangère, sur un navire allemand afin de les aider à fuir
le territoire. La France les avait arrêtés de manière musclée alors
qu’ils étaient sur le point d’embarquer sous la protection des
autorités allemandes. La Cour Permanente d’Arbitrage avait décidé que
l’agent consulaire avait commis une faute grave et manifeste en
tentant de faire quitter le territoire à des déserteurs qui n’étaient
pas de nationalité allemande. Par contre, elle avait estimé que le
Consul n’avait commis qu’une faute non intentionnelle en signant le
sauf-conduit sans le lire. Concernant les citoyens allemands, elle a
estimé que le consulat allemand n’avait pas le droit de leur accorder
sa protection, puisqu’ils relevaient de la compétence exclusive des
autorités militaires françaises. Cependant, comme la question de la
compétence en matière pénale entre les deux Etats n’était pas réglée
au moment où l’Allemagne leur avait accordé sa protection, elle a
estimé que les autorités allemandes n’avaient pas commis une faute.
Enfin, elle a indiqué que la France aurait dû respecter la protection
de fait dont bénéficiaient les ressortissants allemands et qu’elle
aurait dû proposer des les laisser sous séquestre au consulat allemand
en attendant que la question de la compétence soit réglée.
Ainsi, le fait, pour un agent consulaire,
de fournir des documents à des suspects étrangers pour leur permettre
de fuir des poursuites pénales constitue une faute. Cependant, dans
l’affaire Miladin Kovacevic, il s’agit d’un ressortissant serbe. Si
les Etats-Unis sont compétents, le consulat serbe ne peut pas accorder
sa protection au suspect, même de nationalité serbe. Cependant, la
Serbie peut également être compétente pour juger ce suspect en vertu
de la compétence personnelle active. Il y a donc un conflit de
compétence en matière pénale.
Néanmoins, le fait de l’aider à fuir les Etats-Unis en lui délivrant
des documents de voyage, alors que la justice américaine avait décidé
de conserver son passeport, constitue un fait internationalement
illicite car il s’agit d’une ingérence dans le système judiciaire
américain. L’agent diplomatique serbe a donc commis une faute.
La Serbie n’a pas encore décidé de
renvoyer le suspect aux Etats-Unis. Dans l’affaire des déserteurs de
Casablanca, la CPA avait décidé que la France n’était pas obligée de
remettre les déserteurs allemands aux autorités allemandes une fois
que le conflit de compétence était réglé, mais qu’elle aurait dû le
faire et respecter la protection de fait dont ils bénéficiaient, tant
que la question de la compétence n’était pas réglée et dans la mesure
où cette protection n’était pas manifestement illégale. En l’espèce,
le suspect bénéficie désormais de la protection de fait de la Serbie.
Tant que la question de la compétence en matière pénale n’est pas
réglée, les autorités serbes ne sont donc pas obligées de le remettre
aux autorités américaines. Cependant, la protection dont il dispose
peut être considérée comme illégale, puisque le suspect a fui les
Etats-Unis de façon illégale et que l’aide apportée pour cette fuite
constitue un fait internationalement illicite. C’est d’ailleurs
l’argument avancé par les Etats-Unis pour demander l’extradition du
suspect. Ils estiment en effet que la loi serbe interdisant
l’extradition ne s’applique pas parce que le suspect s’est trouvé sur
le territoire serbe de façon illégale. La Serbie devrait donc remettre
le suspect aux autorités américaines.
Cette affaire a également eu des
conséquences pour les deux co-accusés de Miladin Kovacevic de
nationalité bosniaque. Ils avaient en effet été libérés sous caution,
mais suite à la fuite de Miladin Kovacevic, ils ont été remis en
prison. Lundi 7 juillet, ils ont été entendus par le juge au sujet de
leur libération provisoire. Aucune décision n’a été adoptée, mais ils
ont été à nouveau libérés sous caution et devront porter un bracelet
électronique (voir
l’article du 7 juillet 2008).
|
 |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
G8, Sommet
d’Hokkaido Toyako (7 au 9 juillet 2008)
Céline
Bada
|
|
Les chefs d’Etat et de gouvernement de
l’Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de la
Grande-Bretagne, de l’Italie, du Japon et de la Russie se sont réunis
du 7 au 9 juillet 2008, à Toyako (sur l’île d’Hokkaido au Japon), pour
le
Sommet annuel du G8.
Invitée par le Président de la Banque mondiale à participer à
l’action internationale organisée autour des
Nations-Unies pour enrayer la crise mondiale de la sécurité
alimentaire, en suppléant notamment à l’important besoin de
financement,
la présidence japonaise
du Sommet a retenu les sujets synthétisant les préoccupations
actuelles pour la stabilité économique mondiale :
le
développement et l’Afrique, l’économie
mondiale, ainsi que l’environnement et le changement climatique.
Dans ce cadre étaient également associés
aux discussions les dirigeants de pays africains (l’Afrique du Sud,
Algérie, Ethiopie, Ghana, Nigeria, Sénégal, Tanzanie,
l’Union africaine), les représentants des nouvelles puissances
économiques (l’Australie, le Brésil,
la Chine, l’Indonésie, la Corée du Sud, le Mexique ; il faut ajouter à
cette liste l’Afrique du Sud), ainsi que des
responsables d’organisations internationales (l’ONU,
la
Banque mondiale, l’Agence
internationale de l’énergie).
Les participants au Sommet ont ainsi souligné :
« We
are mindful of the inter-related nature of the issues surrounding the
world economy».
La
discussion sur la
question du développement et de l’Afrique s’est articulée autour
de plusieurs facteurs du développement que sont la santé, l’éducation,
la gestion de l’eau, ainsi que la collaboration entre les acteurs du
développement. Les participants ont aussi évoqué la paix et la
sécurité « fondamentales pour le développement durable » du continent.
Il s’agissait également, à mi-parcours d’apprécier l’état de
réalisation des
objectifs du Millénaire pour le développement, fixés pour 2015 par
la
déclaration du Millénaire (13 septembre 2000) : la réduction de
l’extrême pauvreté et de la faim, la garantie de l’éducation primaire
pour tous, la promotion de l’égalité et de l’autonomie des femmes, la
réduction de la mortalité infantile, l’amélioration de la santé
maternelle, la lutte contre les endémies diverses, l’aménagement d’un
environnement durable et la mise en place d’un partenariat mondial
pour le développement.
Les Etats participants ont pu rappeler que « in
tackling the development agenda, we will take a multi-faceted
approach, promoting synergies among MDG-related development sectors
particularly among health, water and education, in a framework of
sustainable development. In this regard, our work will be grounded in
the set of core principles of development policy that we endorsed at
Heiligendamm, including promoting good governance based on
transparency and rule of law and broad-based private sector-led
growth. We will promote a ‘participatory approach’, involving all key
players and stakeholders
».
Les déclarations de principe
formulées sur ces questions par les dirigeants du G8 étaient inspirées
notamment des travaux de la quatrième conférence internationale de
Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD
IV) (28 au 30 mai 2008). Aucun engagement supplémentaire n’a été
pris par les Etats participants au sommet en matière d’aide au
développement. Le G8 n’a d’ailleurs pas fait mention du
Sommet de Gleneagles (6 au 8 juillet 2005) au cours duquel ses
Etats membres s’étaient engagés à doubler le montant de leur aide
financière à l’Afrique d’ici 2010.
De même, dans leur
analyse de l’économie mondiale, les Etats ont exprimé leur
préoccupation quant à l’inflation des prix, en particulier ceux du
pétrole et des produits alimentaires, en raison du risque qu’ils
constituent pour la stabilité et la croissance économiques mondiales
et de ses répercussions sociales. Cependant, aucune solution nouvelle
n’a été proposée à la crise actuelle, le G8 manifestant simplement son
soutien à différents projets liés au développement économique. Ont été
mentionnés, dans le domaine de la gestion des matières premières, l’Initiative
renforcée pour la transparence des industries extractives lancées
par la Banque mondiale, et le
Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD).
Au cours de ce sommet, une attention
particulière a été portée au problème du changement climatique dont
les répercussions économiques et sociales ont été rappelées. Les
dirigeants du G8 se sont « engagés » à contribuer à la réalisation de
l’objectif ultime de la
Convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques
« de
stabiliser […] les concentrations de gaz à effet de serre dans
l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique
dangereuse du système climatique ».
Cette
Convention, adoptée à
l’issue du Sommet de la Terre le 9 mai 1992,
prévoit qu’ « il conviendra d’atteindre ce niveau dans un délai
suffisant pour que les écosystèmes puissent s’adapter naturellement
aux changements climatiques, que la production alimentaire ne soit pas
menacée et que le développement économique puisse se poursuivre d’une
manière durable ».
Il s’agit donc depuis 1992 de parvenir à
trois objectifs définis lors de la Conférence de Bali (3 au 15
décembre 2007) :
« lancer des négociations sur un accord global sur le changement
climatique, convenir d'un calendrier pour ces négociations et accepter
d'y parvenir d'ici à 2009 ».
A cette fin, plusieurs
cadres informels de négociation ont été aménagés afin de permettre
aux Etats industrialisés et aux Etats en développement de dégager un
consensus, les Etats membres du G8 ayant une part active dans ces
différentes enceintes ; outre le sommet annuel du G8, il convient de
mentionner le Dialogue sur les changements climatiques du G8 + 5, le
dialogue de Gleneagles sur les changements climatiques, l’énergie
propre et le développement durable et la Réunion des économies
majeures sur l’énergie et le climat ; le Japon, les Etats-Unis et le
Canada sont membres du Partenariat de l’Asie-Pacifique sur le
développement propre et le climat, du Forum de coopération économique
Asie-Pacifique (APEC) ; l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, les
Etats-Unis et le Japon participent au Midnight Sun Dialogue on climate
change.
Ils sont relayés par les enceintes
institutionnelles, à travers l’action notamment du
système des Nations-Unies (« l’Organisation mondiale » mobilise
les institutions et programmes intervenant dans ses différentes
ramifications, comme l’Organisation des Nations-Unies pour
l’Alimentation et l’Agriculture, le
FMI, la Banque mondiale qui
a défini un
cadre d’action stratégique, le Programme des Nations-Unies pour le
développement, le Programme des Nations-Unies pour l’environnement, l’Organisation
des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture ), et
de
l’Union européenne.
L’inscription du
problème du changement climatique au programme du Sommet d’Hokkaido Toyako
avait donc pour but de faire le point sur l’état de progression des
discussions sur ce sujet. Confirmant la position adoptée dès
le Sommet de Gleneagles et rappelée à Heiligendamm ( « Nous
sommes conscients des grandes opportunités qu’offre une stratégie
efficace visant à faire face au changement climatique, en particulier
sur les plans de l’innovation, du développement technologique, ainsi
que de la lutte contre la pauvreté » ), les dirigeants du G8
ont envisagé le changement climatique comme un
défi mondial appelant une réponse globale,
et se
sont
fixés
l’objectif d’atteindre au moins cinquante pour cent de réduction des
émissions mondiales d’ici à 2050, en demandant à cette fin le soutien
financier des puissances économiques.
En conclusion, le
bilan de ce sommet du G8 permet de rappeler la fonction de cette structure
dépourvue d’existence juridique : conférence intergouvernementale
informelle, le G8 n’a pas de pouvoir décisionnel. Il constitue un
cadre de négociation qui offre, à ce titre, une enceinte propice à
l’émergence de positions communes sur les questions économiques
internationales. L’influence du G8 n’est cependant pas à minimiser,
dans la mesure où l’on observe aujourd’hui un changement de paradigme
dans l’appréhension des relations internationales, appréhension qui
doit désormais intégrer l’interconnexion des facteurs institutionnels,
économiques, sociaux et environnementaux. Dans ce contexte, le G8
participe des instruments de discussion offrant suffisamment de
flexibilité pour s’adapter aux exigences de la société internationale
contemporaine.
|
Ressources web à consulter sur ce sujet
Sommet d’Heiligendamm
(6 au 8 juin 2007)
§
Site officiel du Sommet
§
Déclarations du Sommet en français.
Sommet d’Hokkaido
Toyako (7 au 9 juillet 2008)
§
Site officiel du Sommet
§
Déclaration des dirigeants de la Réunion des économies majeures
sur l’énergie et le climat
Sommet du millénaire (6 au 8 septembre 2000)
Assemblée générale
des Nations Unies
§
Déclaration du Millénaire, A/RES/55/2, 13 septembre 2000.
§
« Suites à
donner aux résultats du Sommet du Millénaire »,
A/RES/55/162, 18 décembre 2000.
§
« Suites à
donner aux résultats du Sommet du Millénaire »,
A/RES/56/95, 30 janvier 2002.
§
« Suites à
donner aux résultats du Sommet du Millénaire »,
A/RES/57/144, 26 février 2003.
§
Document final du Sommet mondial de 2005, A/60/L.1, 20
septembre 2005.
§
« Suite donnée aux dispositions du Document final du Sommet
mondial de 2005 consacrées au développement, y compris les
objectifs du Millénaire pour le développement et les autres
objectifs convenus au niveau international »,
A/RES/60/265, 12 juillet 2006.
Les objectifs du Millénaire pour le développement
§
Site des
Nations-Unies :
Les objectifs du Millénaire pour le développement .
§
Communiqué de
presse relatif à la
Quatrième conférence internationale de Tokyo sur le
développement de l’Afrique (TICAD IV), AFR/1707, DEV/2671,
30 mai 2008.
§
Recommandations du Groupe de pilotage pour la réalisation des
objectifs du Millénaire pour le développement en Afrique, 1er
juillet 2008.
Secrétaire général des Nations-Unies
§
Rapport
« Dans une liberté plus grande : développement, sécurité et
respect des droits de l’Homme pour tous », A/59/2005, 24
mars 2005.
§
Groupe d’Etudes
et de Recherches sur les Mondialisations (GERM) :
www.mondialisation.org
§
Groupe d’Etudes
et de Recherches sur les Mondialisations (GERM) : documents
relatifs à la
gouvernance mondiale
§
Oxfam
international,
« La crise financière démontre que le G8 a les moyens de
s’attaquer à la pauvreté, s’il en a la volonté » ,
Communiqué du 3 juillet 2008.
|
|
|
Archive |
|
-
Sentinelle n°155,
« L’appui des institutions de Bretton
Woods à l’action contre la crise alimentaire mondiale »,
(C. BADA, 6 juillet 2008)
-
Sentinelle n°153,
G8. Renforcer l’innovation, la
recherche et les activités d’analyse à l’échelle internationale
(D. COMBA, 22 juin 2008)
-
Sentinelle n°152,
Conférence Internationale sur la
biodiversité et les changements climatiques (A.
MOUSSA, 18 juin 2008)
-
Sentinelle n°151,
Conseil des droits de l’homme. Session
extraordinaire sur la crise alimentaire mondiale
(V. GABARD, 4 juin 2008)
-
Sentinelle n°151,
Premier débat organisé par l’Assemblée
générale sur le concept de sécurité humaine (F.
RAACH, 4 juin 2008)
-
Sentinelle n°150,
Initiatives internationales et
régionales sur la sécurité alimentaire
(A. MOUSSA, 25 mai 2008)
-
Sentinelle n°149,
Mobilisation de l'ONU face à la crise
alimentaire mondiale (A. RAINAUD, 18 mai 2008)
-
Sentinelle n°145,
Conférence de Paris : troisième
réunion des Économies Majeures (D. COMBA, 20
avril 2008)
|
-
Sentinelle n°144,
La chambre forte semencière mondiale
de Svalbard (D. COMBA, 13 avril 2008)
-
Sentinelle n°143,
Réunion de Bangkok, établissement d’un
plan de travail pour la prochaine conférence sur le climat
(D. COMBA, 6 avril 2008)
-
Sentinelle n°140,
Piégeage et stockage du carbone :
questions ouvertes (D. COMBA, 16 mars 2008)
-
Sentinelle n°137,
Changements Climatiques : Technologies
et Financements, les grandes difficultés pour les Pays en
développement (D.
COMBA, 24 février 2008)
-
Dossier Bali. Renforcement de la
Convention sur les changements climatiques et indispensable
préparation de l'après Kyoto
(A. RAINAUD et D.COMBA, 20 janvier 2008)
-
Sentinelle n°113,
Les
questions de la sécurité énergétique et du changement climatique.
Esprit de convergence pour le départ des négociations
multilatérales Kyoto-2
(D. COMBA, 17 juin 2007)
-
Sentinelle n°109,
GIEC : le Rapport du 3ème groupe ou
les potentialités existantes d’atténuation du réchauffement
climatique
(D. COMBA, 13 mai 2007)
|

|
|
|
 |
Climat. Réunion au Japon : déclaration du G8
et des MEM
Danilo COMBA |
|
La
réunion G8 qui s’est tenue en Japon
s'inscrivait dans la ligne droite de la réunion 2007 ; parmi ses
principales thématiques il y avait la question environnementale.
Il est certain que les difficultés
présentes sur la scène internationale modifient l’approche des pays
vis-à-vis de ce sujet. En effet la sur-position de problématiques
telles que la croissance des prix des ressources énergétiques,
l’instabilité présente sur les marchés financiers, l’insécurité
alimentaire rendent plus complexe l’analyse et la stratégie globale à
suivre.
Dans ce cadre, la Banque mondiale a
défini un
cadre d’action stratégique
l’institution soulignant qu’ « il est fondamental de traiter le
problème de la modification du climat pour mener à bien le programme
de développement et de réduction de la pauvreté ».
Néanmoins il est autrement vrai que
les limites du résultat atteint, de portée « programmatrice »,
résident également dans la somme des différentes stratégies
politiques. De loin il nous parait que la concurrence mondiale d’un
coté et les concessions qui peuvent être faite dans le cadre de la
libéralisation des technologies environnementales de l’autre se
dessinent au fond des différentes approches étatiques. Il s’agit au
moins d’une des possibles lectures de la Déclaration de la Réunion des
Majeures Économies Mondiales.
Il serait donc vrai que ces
réunions aident la définition du prochain accord mondial : les
déclarations de coopération sont désormais substituées par des
documents montrant le dénominateur commun à la base des différentes
perspectives. Dans peu de temps la route de Bali a été entreprise et
les réunions des G8 et des MEM, dont nous occupons dans cette note,
favorisent les futures négociations de Copenhague.
Il est cependant correct se
demander si les objectifs affichés par la Convention requièrent à
toutes les parties une ouverture plus grande afin de réaliser « le
fond » de la question climatique.
La déclaration des pays du G8
Les
dirigeants des 8 pays les plus industrialisés ont traduit dans une
chiffre précise les hypothèses qui furent avancées dans la réunion de
Heiligendamm (voir
Sentinelle) :
“We seek to
share with all Parties to the UNFCCC the vision of, and together with
them to
consider and adopt in the
UNFCCC negotiations, the goal of achieving at least 50% reduction of
global emissions by 2050,
recognizing that this global challenge can only be met by a global
response”.
Première considération, les
Etats-Unis ont souscrit à cette perspective chiffrée, ce qu'ils
avaient toujours refusé auparavant.
En revanche la définition
d'objectifs à moyen terme, afin d’établir un calendrier précis, est si
retenue dans son principe, mais ses modalités sont renvoyées à plus
tard.
« In this
respect, we acknowledge our leadership role and each of us will
implement ambitious economy-wide mid-term goals in order to achieve
absolute emissions reductions and, where applicable, first stop the
growth of emissions as soon as possible, reflecting comparable efforts
among all developed economies, taking into account differences in
their national circumstances”.
Les parties ont
retenu l’utilité de l’approche sectorielle (buttom-up) sponsorisée par
le Japon et ils confient à l’AIE « to enhance its work on voluntary
sectoral indicators through improved data collection, complemented by
business initiatives”.
Parallèlement les parties
conviennent que pour ce qui concerne la réduction des émissions dans
les secteurs de l’aviation et maritimes, des discussions approfondies
sont développées dans le cadre de
l’OACI et de l’OMI (§
25).
L’harmonisation des mesures
touchant l’efficience énergétique trouve des indications précieuses
dans les
25 recommandations de l’AIE
et dans le naissant « Partenariat
International pour la Coopération de l’Efficience Énergétique ».
Le document contient des références
aux sujets désormais traditionnels dès lors qu’on s’occupe de
l’atténuation et de l’adaptation aux changements climatiques (énergies
renouvelables, biofuel et Global Bioenergy Partnership, énergie
nucléaire ; liens entre l’environnement-la sécurité internationale et
le développement économique et social, y compris l’éradication de la
pauvreté ; financement, CTF et SCF).
A noter comme cette réunion aussi
exprime la croissante importance qui est donnée au sujet « capture et
stockage CO2 (CCS) » : à la faisabilité scientifique de cette
technique se contrepposent cependant des couts extraordinaires. Il est
probable que dans les années à venir les CCS obtiendront des
importantes facilités (aides financiers et inclusion dans les
mécanismes ETS) « We strongly support the launching of 20 large-scale
CCS demonstration projects globally by 2010, taking into account
various national circumstances, with a view to beginning broad
deployment of CCS by 2020 ».
Enfin au §34 les parties soulignent
la nécessité d’agir dans le cadre des négociations OMC, notamment
Doha, afin d’éliminer les barrières touchant les biens et les services
environnementales.
Les pays du G5 (Afrique du sud,
Brésil, Chine, Inde et Mexique) ont jugé insuffisants ces progrès :
les pays développés doivent établir des objectifs à moyen terme
(réduire en 2020 leurs émissions d'au moins 25 à 40%) et en 2050 de 80
à 95%" toujours par rapport à leur niveau de 1990 (voir également
la Déclaration du Secrétaire Général de
l’ONU).
En outre selon les économies
émergentes les pays développés doivent apporter des financements
supplémentaires.
Dans le “Joint Statement” de 2007
les Etats du G8+5 s’engageaient à coopérer dans la lutte contre les
changements climatiques. En ce sens la déclaration japonaise du G8
fait appel à que toutes les principales économies s’engagent dans
l’objectif à long terme. « We will also help
support the mitigation plans of major developing economies by
technology, financing and capacity-building. At the same time, in
order to ensure an effective and ambitious global post-2012 climate
regime, all major economies will need to commit to meaningful
mitigation actions to be bound in the international agreement to be
negotiated by the end of 2009”.
MEM
La réunion des
dirigeants des seize principales économies fait ainsi état des
divergences entre pays G8 et grandes économies émergentes : les
parties conviennent de la nécessité de “to ensure that the agreed
outcome maximizes the efforts of all nations and contributes to
achieving the ultimate objective in Article 2 » et par cela
« that it would be desirable
for the Parties to adopt in the negotiations under the Convention a
long-term global goal for reducing global emissions, taking into
account the principle of equity”. Ainsi
la déclaration ne se donne aucune chiffre de référence ni donne des
indications précises.
Néanmoins de
quelque intérêt pour la direction des prochaines discussions est le §
suivant “Achieving our long-term global goal requires respective
mid-term goals, commitments and actions, to be reflected in the agreed
outcome of the Bali Action Plan, taking into account differences
(...) In this regard, the developed major economies will implement,
consistent with international obligations, economy -wide mid-term
goals and take corresponding actions in order to achieve absolute
emission reductions and, where applicable, first stop the growth of
emissions as soon as possible, reflecting comparable efforts among
them. At the same time, the developing major economies will pursue, in
the context of sustainable development, nationally appropriate
mitigation actions, supported and enabled by technology, financing and
capacity-building, with a view to achieving a deviation from business
as usual emissions”.
Aspect qui par contre peut être
fortement critiqué est la remise en question de l'année de référence
pour calculer la réduction envisagée à long terme. Lors que les
parties font à mainte reprise renvoie au 4ème rapport aux
données du Giec (qui
évalue la variation de la température par rapport à 1980–1999),
le Japon aurait précisé que les derniers objectifs font référence aux
niveaux actuels. Il ne s’agit pas d’une question de simple détail, vu
que la détermination des niveaux actuels ne peut pas être une action
immédiate. Mieux alors continuer dans le trajet des rapports GIEC sans
devoir reformuler ce que signifie -50% en 2050 vis-à-vis de l’année
2008.
Ainsi le résultat le plus
important semble résider dans le §10 de la déclaration des MEM ; ce §
se rattache, un peu à surprise, à l’application de la CCNUCC pour la
période 2008-2012 :
« To enable the
full, effective, and sustained implementation of the Convention
between now and 2012, we will:
-
Work together
on mitigation-related technology cooperation strategies in specific
economic sectors, promote the exchange of mitigation information and
analysis on sectoral efficiency, the identification of national
technology needs and voluntary, action-oriented international
cooperation, and consider the role of cooperative sectoral
approaches and sector-specific actions, consistent with the
Convention;
-
Direct our
trade officials responsible for WTO issues to advance with a sense
of urgency their discussions on issues relevant to promoting our
cooperation on climate change;
-
Accelerate
enhanced action on technology development, transfer, financing, and
capacity building to support mitigation and adaptation efforts;
-
Support
implementation of the Nairobi Work Programme on impacts,
vulnerability, and adaptation to climate change;
-
Improve
significantly energy efficiency, a low -cost way to reduce
greenhouse gas emissions and enhance energy security;
-
Continue to
promote actions under the Montreal Protocol on Substances That
Deplete the Ozone Layer for the benefit of the global climate
system; and
-
Intensify our
efforts without delay within existing fora to improve effective
greenhouse gas measurement.
|
 |
|
|