Philipe WECKEL-- Anne RAINAUD-- Guillaume AREOU-- Céline Bada-- Sarah CASSELLA-- Danilo COMBA-- Florina COSTICA-- Tidiani COUMA-- Darly-Aymar DJOFANG-- Emmanuelle DEWUYST Michel DJIMGOU DJOMENI--Valérie GABARD -- Abdoulaye MOUSSA -- Edith PINCOVAI-- Anne-Laure PROVENCE--Fatma RAACH-- Karine RINALDI-- Jacobo RIOS RODRIGUEZ-- Antonella SAMPO-- Noémie SIMONEL-- Sébastien TOUZE -- Aude VASSEUR-- Sabrina URBINATI

 

Sommaire

N°156

 

 
 

 
 
 

 

 

 

   

 

 

 
   
 

 

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Commission du droit international : première partie de la 60e session

Sarah Cassella

 

 

 

 

Sommaire

  1. Ressources naturelles partagées

  2. Responsabilité des organisations internationales

  3. réserves aux traités

  4. Effets des conflits armés sur les traités

  5. Expulsion des étrangers

La première partie des travaux de la Commission du droit international (CDI) a eu lieu du 5 mai au 6 juin 2008. La seconde partie de cette session a commencé le 7 juillet et se terminera le 8 août 2008. « La Commission du droit international : soixante ans ... et maintenant? » était le thème des manifestations commémoratives qui se sont déroulées les 19 et 20 mai 2008 au Palais des Nations, à Genève, à l'occasion du 60e anniversaire de la CDI. Une séance solennelle s´est tenue le matin du 19 mai, suivie d'un jour et demi de réunions auxquelles ont participé les conseillers juridiques des États Membres et d'autres spécialistes du droit international, qui se sont penchés sur des aspects pratiques des travaux de la Commission et de sa coopération avec les États Membres en vue du développement progressif du droit international et de sa codification. Dans sa résolution 62/66 du 6 décembre 2007, l'Assemblée générale avait pris note de l'initiative de la Commission, encouragé les conseillers juridiques à participer à la réunion commémorative et invité les États Membres à organiser, en association avec les organisations régionales, les associations professionnelles, les établissements universitaires et les membres de la Commission, des réunions nationales ou régionales consacrées aux travaux de la CDI.

Ressources naturelles partagées

Le Rapporteur spécial, M. Chusei Yamada, a présenté son 5e rapport (A/CN.4/587), qui concerne les eaux souterraines transfrontières. La Commission du droit international dispose des commentaires de 47 gouvernements sur les 19 projets d’articles sur le droit des aquifères transfrontières, sur le commentaire de la Commission concernant ce texte, ainsi que sur la forme définitive à donner aux projets d’articles. Au vu de ces observations, le Rapporteur a pu présenter une version révisée des projets d’articles en vue de la deuxième lecture. La Commission a examiné le rapport et a renvoyé les articles 14 à 20 des parties IV et V au Comité de rédaction.

La Commission a également renvoyé au Comité de rédaction un projet de préambule (A/CN.4/L.722) établi par le Rapporteur spécial sur sa demande. Il a été décidé que le Comité est composé de la façon suivante :  M. Pedro Comissario Afonso (Président), M. Chusei Yamada (Rapporteur spécial), M. Ian Brownlie, M. Enrique Candioti, M. Salifou Fomba, M. Giorgio Gaja, M. Zdzislaw Galicki, M. Mahmoud D. Hmoud, Mme Marie G. Jacobsson, M. Roman Kolodkin, M. Donald M. McRae, M. Bayo Ojo, M. Gilberto Vergne Saboia, M. Stephen C. Vasciannie, M. Marcelo Vásquez-Bermúdez, M. Nugroho Wisnumurti, Mme Hanqin Xue, M. Lucius Caflisch, M. Bernd Niehaus et Mme Paula Escarameia (ex officio). Le Président du Comité de redaction a présenté son rapport (A/CN.4/L.724). La Commission a étudié ce texte et a adopté en deuxième lecture le préambule ainsi que les projets d’articles suivants :

-                  Article 1 : Champ d’application,

-                  Article 2 : Termes employés,

-                  Article 3 : Souveraineté des Etats de l’aquifère,

-                  Article 4 : Utilisation équitable et raisonnable,

-                  Article 5 : Facteurs pertinents pour une utilisation équitable et raisonnable,

-                  Article 6 : Obligation de ne pas causer de dommage significatif,

-                  Article 7 : Obligation générale de coopérer,

-                  Article 8 : Echange régulier de données et informations,

-                  Article 9 : Accords et arrangements bilatéraux et régionaux,

-                  Article 10 : Protection et préservation des écosystèmes,

-                  Article 11 : Zones de réalimentation et de déversement,

-                  Article 12 : Prévention, réduction et maîtrise de la pollution,

-                  Article 13 : Surveillance,

-                  Article 14 : Gestion,

-                  Article 15 : Activités projetées,

-                  Article 16 : Coopération technique avec les Etats en développement,

-                  Article 17 : Situations d’urgence,

-                  Article 18 : Protection en période de conflit armé,

-                  Article 19 : Données et informations relatives à la défense ou à la sécurité nationales.

 

Responsabilité des organisations internationales

M. Giorgio Gaja, Rapporteur spécial, a présenté son 6e rapport (A/CN.4/597). Un certain nombre des 45 articles déjà adoptés concernant ce sujet ont fait l’objet de commentaires après avoir été adoptés provisoirement, en particulier dans le cadre des débats tenus à la Sixième Commission sur le rapport de la Commission du droit international et dans des déclarations écrites faites par des États et organisations internationales. Certains d’entre eux ont été examinés dans le cadre de la pratique judiciaire, notamment internationale. Les articles 3 et 5 ont ainsi été examinés par la Cour européenne des droits de l’homme dans deux décisions récentes, Behrami c. France et Saramati c. France, Allemagne et Norvège du 2 mai 2007, et Berić et al. c. Bosnie-Herzégovine, du 16 octobre 2007. Le 6e rapport traite des questions liées à la mise en œuvre de la responsabilité internationale des organisations internationales. Après l’introduction, il comprend deux chapitres, intitulés respectivement « Invocation de la responsabilité d’une organisation internationale » et « Contre-mesures ». Le Rapporteur spécial a par ailleurs annoncé que le prochain rapport contiendra une étude complète des commentaires et des propositions de révision de certains articles. La Commission du droit international a examiné ce rapport et a renvoyé les articles 46 à 51 au Comité de rédaction. La composition de ce dernier est la suivante : M. Pedro Comissario Afonso (Président), M. Giorgio Gaja (Rapporteur spécial), M. Ian Brownlie, M. Christopher John Dugard, M. Salifou Fomba, M. Mahmoud D. Hmoud, Mme Marie G. Jacobsson, M. Roman A. Kolodkin, M. Donald M. McRae, M. Bernd H. Niehaus, M. Georg Nolte, M. Narinder Singh, M. Eduardo Valencia-Ospina, M. Stephen C. Vasciannie, M. Marcelo Vázquez-Bermúdez, M. Amos S. Wako, M. Nugroho Wisnumurti, Mme Hanqin Xue, M. Chusei Yamada et Mme Paula Escarameia (ex officio).

La Commission a par ailleurs décidé de créer un Groupe de travail, afin d’examiner la question des contre-mesures ainsi que la possibilité d’inclure un article supplémentaire concernant la recevabilité des demandes. Il a été décidé que le Groupe de travail sera composé comme suit : M. Enrique Candioti (Président), M. Giorgio Gaja (Rapporteur spécial), M. Pedro Comissario Afonso, M. Mahmoud D. Hmoud, Mme Marie G. Jacobsson, M. Maurice Kamto, M. Donald M. McRae, M. Georg Nolte, M. Alain Pellet, M. A. Rohan Perrera, M. Ernest Petric, M. Gilberto Vergne Saboia, M. Narinder Singh, M. Eduardo Valencia-Ospina, M. Stephen C. Vasciannie, M. Marcelo Vázquez-Bermúdez, M. Amos S. Wako, M. Nugroho Wisnumurti, Mme Hanqin Xue, M. Chusei Yamada et Mme Paula Escarameia (ex officio).

Le Président du Comité de rédaction a présenté le rapport du Comité (A/CN.4/L.725). La Commission a étudié ce texte et a adopté les projets d’articles suivants :

-                  Article 46 : Invocation de la responsabilité par l’Etat lésé ou l’organisation internationale lésée,

-                  Article 47 : Notification par l’Etat lésé ou l’organisation internationale lésée,

-                  Article 48 : Recevabilité de la demande,

-                  Article 49 : Renonciation au droit d’invoquer la responsabilité,

-                  Article 50 : Pluralité d’Etats ou organisations internationales lésés,

-                  Article 51 : Pluralité d’Etats ou organisations internationales responsables,

-                  Article 52 : Invocation de la responsabilité par un Etat autre qu’un Etat lésé ou par une organisation internationale autre qu’une organisation internationale lésée,

-                  Article 53 : Portée de cette partie.

 réserves aux traités

La Commission a décidé de renvoyer le projet de directive 2.1.9 sur « La motivation des réserves » au Comité de rédaction, sur proposition du Rapporteur spécial (A/CN.4/586). Le Comité de rédaction est composé de la façon suivante : M. Pedro Comissario Afonso (Président), M. Alain Pellet (Rapporteur spécial), M. Enrique Candioti, M. Salifou Fomba, M. Giorgio Gaja, M. Mahmoud D. Hmoud, M. Roman Kolodkin, M. Donald M. McRae, M. Georg Nolte, M. Bayo Ojo, M. A. Rohan Perera, M. Marcelo Vázquez-Bermúdez, M. Nugroho Wisnumurti, Mme Hanqin Xue et Mme Paula Escarameia (ex officio). Le Président a présenté le rapport du Comité (A/CN.4/L.723). La Commission a examiné ce texte et a adopté les projets de directives suivants :

-                  2.1.6 : Procédure de communication des réserves,

-                  2.1.9 : Motivation,

-                  2.6 : Formulation des objections,

-                  2.6.6 : Formulation conjointe,

-                  2.6.7 : Forme écrite,

-                  2.6.8 : Expression de l’intention d’empêcher l’entrée en vigueur du traité,

-                  2.6.9 : Procédure de formulation des objections,

-                  2.6.10 : Motivation,

-                  2.6.12 : Délai de formulation d’une objection,

-                  2.6.13 : Objections conditionnelles,

-                  2.6.14 : Objections tardives,

-                  2.7 : Retrait et modification des objections aux réserves,

-                  2.7.1 : Retrait des objections aux réserves,

-                  2.7.2 : Forme du retrait des objections aux réserves,

-                  2.7.3 : Formulation et communication du retrait des objections aux réserves,

-                  2.7.4 : Effet du retrait d’une objection,

-                  2.7.5 : Date d’effet du retrait d’une objection,

-                  2.7.6 : Cas dans lesquels l’Etat ou l’organisation internationale auteur de l’objection peut fixer unilatéralement la date d’effet du retrait de l’objection à la réserve,

-                  2.7.7: Retrait partiel d’une objection,

-                  2.7.8: Effet du retrait partiel d’une objection,

-                  2.7.9: Interdiction de l’aggravation d’une objection à cette réserve.

Les projets de directives 2.6.5 et 2.6.11 ont été renvoyés au Comité de rédaction.

 

Effets des conflits armés sur les traités

Le Président du Groupe de travail a présenté son rapport (A/CN.4/L.726) à la Commission. Sa mission consistait à proposer des orientations concernant plusieurs questions qui avaient été soulevées lors de l’examen par la Commission du troisième rapport du Rapporteur spécial, à la 59e session de la Commission en 2007. Le Groupe de travail a examiné quatre questions :

1) la question de l’applicabilité, en ce qui concerne le projet d’article 8, de la procédure établie à l’article 65 de la Convention de Vienne sur le droit des traités concernant l’extinction d’un traité ou la suspension de son application;

2) la question de l’applicabilité, également en ce qui concerne le projet d’article 8, des articles 42 à 45 de la Convention de Vienne sur le droit des traités et, en particulier, de l’article 44 relatif à la divisibilité des dispositions d’un traité;

3) le projet d’article 9, consacré à la reprise de l’application des traités dont l’application a été suspendue, tel que proposé par le Rapporteur spécial dans son troisième rapport ;

4) les projets d’articles 12, 13 et 14, tels que proposés par le Rapporteur spécial dans son troisième rapport, concernant le statut des États tiers en tant que neutres, l’extinction des traités ou la suspension de leur application résultant de la mise en œuvre de la Convention de Vienne et la compétence des parties pour négocier un accord spécifique réglementant la question du maintien ou de la remise en vigueur des traités, respectivement. Le Groupe de travail était saisi du quatrième rapport du Rapporteur spécial sur la procédure concernant le mode de suspension de l’application ou d’extinction d’un traité, ainsi que d’une note du Président du Groupe de travail sur la question de l’applicabilité des articles 42 à 45 de la Convention de Vienne sur le droit des traités. Après avoir examiné tous ces points, il a décidé d’adresser à la plénière pour examen des recommandations spécifiques sur chaque question, ainsi que quelques recommandations d’ordre général. La Commission a adopté ce rapport et a renvoyé au Comité de rédaction les projets d’articles 8, 8 bis, 8 ter, 8 quater, 9 et 14, proposes par le Groupe de travail, les projets d’articles 12 et 13, proposés par le Rapporteur spécial, ainsi que les recommandations formulées par le Groupe de travail.

Il a été décidé que la composition du Comité de rédaction serait la suivante : M. Pedro Comissario Afonso (Président), M. Ian Brownlie (Rapporteur spécial), M. Lucius Caflisch, M. Salifou Fomba, M. Giorgio Gaja, M. Mahmoud D. Hmoud, M. Roman A. Kolodkin, M. Donald M. McRae, M. Bernd H. Niehaus, M. A. Rohan Perrera, M. Ernest Petric, M. Gilberto Vergne Saboia, M. Narinder Singh, M. Stephen C. Vasciannie, M. Marcelo Vázquez-Bermúdez, M. Amos S. Wako, M. Nugroho Wisnumurti, Mme Hanqin Xue et Mme Paula Escarameia (ex officio).

Au nom du Président du Comité de rédaction, M. Caflisch a présenté le rapport de ce Comité (A/CN.4/L.727). La Commission a examiné le rapport et a adopté en première lecture les projets d’articles suivants :

-                  1 : Champ d’application,

-                  2 : Définitions,

-                  3 : Caractère contingent de l’extinction ou de la suspension de l’application,

-                  4 : Indices de prédisposition des traités à l’extinction, au retrait d’une partie ou à la suspension de leur application,

-                  5 : Application des traités dont la teneur implique qu’ils sont applicables,

-                  6 : Conclusion de traités pendant un conflit armé,

-                  7 : Dispositions expresses sur l’application des traités,

-                  8 : Notification de l’extinction, du retrait d’une partie ou de la suspension,

-                  9 : Obligations imposées par le droit international indépendamment d’un traité,

-                  10 : Divisibilité des dispositions d’un traité,

-                  11 : Perte du droit d’invoquer un motif de mettre fin au traité, de s’en retirer ou d’en suspendre l’application,

-                  12 : Reprise de l’application des traités dont l’application a été suspendue,

-                  14 : Décisions du Conseil de sécurité,

-                  15 : Interdiction de procurer un avantage à un État agresseur,

-                  16 : Droits et obligations découlant du droit de la neutralité,

-                  17 : Autres cas d’extinction, de retrait ou de suspension,

-                  18 : Reprise des relations conventionnelles après un conflit armé.

La Commission a renvoyé le projet d’article 13 (Effet de l’exercice du droit de légitime défense à titre individuel ou collectif sur un traité) au Comité de rédaction.

 

Expulsion des étrangers

Le Rapporteur spécial, M. Maurice Kamto, a présenté son quatrième rapport (A/CN.4/594) sur cette question. L’objet de ce rapport était d’approfondir la question de l’expulsion des doubles nationaux ainsi que celle de la déchéance de nationalité en tant que prélude à l’expulsion. La Commission a examiné ce rapport et a établi un Groupe de travail sous la présidence de M. McRae.

 

 

 

 

Conseil de sécurité, rejet d'un projet de résolution sur la situation au Zimbabwe

Prof. Ph. WECKEL

 

 

 

En prenant l'initiative de déposer un projet de résolution comportant des sanctions à l'égard des dirigeants du Zimbabwe, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ne devaient guère entretenir d'illusions sur l'issue du scrutin au Conseil de sécurité. On observe que les auteurs de cette initiative n'ont pas pris la peine de rechercher un compromis qui aurait pu déboucher sur l'adoption d'une déclaration présidentielle ou d'une résolution non fondée sur le Chapitre VII de la Charte. La Chine et la Russie ont évidemment opposé leur veto mais le projet de résolution a tout de même été approuvé par la majorité qualifiée des membres du Conseil (9 voix).

La stratégie des Etats-Unis et du Royaume-Uni peut s'expliquer de deux manières qui ne sont pas forcément alternatives.

1. D'une part, le représentant de la Russie a expliqué que, de son point de vue, "l’on assistait à des tentatives de certains membres du Conseil de faire sortir celui-ci des cadres de la Charte de l’ONU. La Fédération de Russie a l’intention de continuer de s’opposer à de telles dérives". Evidemment  M. Churkin se référait au précédent du Myanmar (Birmanie). Les Etats-Unis et l'union européenne ont tenté à plusieurs reprises de soumettre la situation de ce pays à l'application du chapitre VII de la Charte. Ils estiment que le Conseil de sécurité devrait pouvoir agir contre des violations massives des droits de l'homme qui constituent des menaces très sérieuses à la paix et la sécurité internationales, même si les Etats voisins n'en subissent pas encore de conséquences. Ces Etats estiment que leur interprétation de la Charte finira par s'imposer.

Vendredi le 11 juillet 2008 la Russie et la Chine ont ainsi repris une argumentation bien rodée dans l'affaire du Myanmar.

Pour la Chine "la situation au Zimbabwe jusqu’à présent n’a pas débordé sur les pays voisins et ne représente donc pas une menace à la paix et la sécurité internationales.  Adopter une résolution imposant des sanctions à ce stade aurait constitué une ingérence". La Chine espère "sincèrement que les parties en présence feront preuve de retenue et s’abstiendront de prendre des positions susceptibles d’entraîner une détérioration de la situation.  Elle leur demande "d’emprunter la voie de la réconciliation pacifique avec l’aide des institutions régionales".

"En ce qui concerne la situation au Zimbabwe, ce projet de résolution n’est ni justifié ni légal" ; la Russie considère "qu’il s’agit d’une tentative d’ingérence, contraire à la Charte de l’ONU.  D’autant (...) qu’un dialogue politique a été entamé et que des intermédiaires faisant œuvre de bons offices entre les parties sont au travail.  Le projet de texte, en outre, ne tient pas compte de la position de l’Union africaine appelant à ne pas risquer d’aggraver la situation en prenant des mesures inappropriées".

2. D'autre part, le camp anti "ingérence" s'est trouvé largement minoritaire au Conseil (5 voix sur 15). Il n'a pu empêcher l'adoption de la Résolution que grâce aux vetos chinois et russe. Les uns et les autres se sont donc comptés. Les partisans de la réaction ferme à l'égard du régime autocratique de Mugabe sortent de ce scrutin renforcés et légitimés. Face à la faiblesse de l'Union africaine, les Etats-Unis, l'Union européenne et bien d'autres Etats vont pouvoir adopter des mesures de sanction à l'égard du Zimbabwe inspirées du projet de résolution présenté au Conseil de sécurité. Gageons qu'ils sauront les imposer à l'Afrique du Sud et aux autres Etats africains qui seraient tentés d'oublier le coup de force qui vient de se produire au Zimbabwe.

Le projet de résolution approuvé par une majorité renforcée est une affiche et un affichage :

 

Texte du projet de résolution (S/2008/447)

Le Conseil de sécurité,

Affirmant son attachement à l’indépendance et à l’intégrité territoriale du Zimbabwe,

Réaffirmant la déclaration de son président en date du 23 juin 2008 sur la situation au Zimbabwe (S/PRST/2008/23),

Réaffirmant également le Document final du Sommet mondial de 2005, où les chefs d’État et de gouvernement ont considéré que la paix et la sécurité, le développement et les droits de l’homme constituaient le socle sur lequel reposait le système des Nations Unies et les fondements de la sécurité et du bien-être collectifs, et constatant que la paix et la sécurité, le développement et les droits de l’homme sont intimement liés et se renforcent mutuellement,

Rappelant la résolution de l’Union africaine sur le Zimbabwe en date du 1er juillet 2008, dans laquelle l’Union a exprimé sa préoccupation face aux pertes de vies humaines et à la violence dans ce pays, constaté qu’il fallait, afin d’éviter que le conflit s’étende à la sous-région, empêcher la situation de s’aggraver et créer un environnement propice à la démocratie, et encouragé les dirigeants zimbabwéens à engager un dialogue en vue de promouvoir la paix, la stabilité, la démocratie et la réconciliation,

Rappelant les déclarations faites le 29 juin 2008 par les missions d’observation de la Communauté de développement de l’Afrique australe, du Parlement panafricain et de l’Union africaine, qui ont considéré que les élections ne satisfaisaient pas aux normes de l’Union africaine, n’avaient pas été libres, régulières ni crédibles, et n’exprimaient pas la volonté du peuple zimbabwéen,

Se déclarant fortement préoccupé par les irrégularités qui ont entaché l’élection présidentielle du 27 juin, par les actes de violence et d’intimidation commis pendant la campagne électorale, qui ont rendu impossible la tenue d’élections libres et régulières, et par la création de conditions qui ont privé les observateurs internationaux de leur liberté d’action avant et pendant le scrutin du 27 juin,

Se déclarant vivement préoccupé par la situation humanitaire au Zimbabwe, dont la gravité a été exacerbée par l’instrumentalisation à des fins politiques de l’aide alimentaire par le Gouvernement zimbabwéen et par le fait que celui-ci a suspendu les programmes de secours humanitaire exécutés par les organisations internationales et les organisations non gouvernementales, ce qui prive d’aide humanitaire élémentaire le peuple zimbabwéen, en particulier les éléments vulnérables, y compris les personnes déplacées par la violence et les femmes, les enfants et les orphelins,

Condamnant la violence et les pertes en vie humaine qui ont provoqué le déplacement de milliers de Zimbabwéens, dont beaucoup ont dû chercher un refuge dans les pays voisins,

Condamnant aussi les arrestations arbitraires, les restrictions à la liberté de réunion, les saisies de véhicules, les menaces et les actes d’intimidation et de violence qui visent les partisans du parti politique d’opposition, ainsi que les mises en détention répétées de ses dirigeants,

Prenant note des déclarations et messages par lesquels des organisations régionales et d’anciens et actuels chefs d’État africains se sont dits préoccupés par l’impact de la situation au Zimbabwe sur la stabilité de la région, et se déclarant gravement préoccupé par cet impact,

Constatant que l’effet déstabilisateur de la situation au Zimbabwe sur la région se traduit notamment par la charge que représente pour les États voisins la présence de migrants économiques et de réfugiés zimbabwéens,

Rappelant sa résolution 1809 (2008) sur la paix et la sécurité en Afrique et réaffirmant qu’il appuie l’action que mènent la Communauté de développement de l’Afrique australe et l’Union africaine pour dénouer la crise au Zimbabwe dans un sens qui corresponde à la volonté du peuple zimbabwéen telle qu’elle s’est exprimée à travers les élections du 29 mars, et demandant au Gouvernement zimbabwéen de s’associer à cette action,

Réaffirmant qu’il appuie la mission de bons offices du Secrétaire général conduite par le Sous-Secrétaire général Haile Menkerios, et apportant son vigoureux soutien aux efforts que continuent de déployer le Secrétaire général et ses représentants,

Priant instamment les parties de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour mettre fin aux violations des droits de l’homme, et soulignant que ceux qui s’en rendent coupables doivent avoir à répondre de leurs actes,

Considérant que la situation au Zimbabwe continue de menacer la paix et la sécurité internationales dans la région,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,

1.    Condamne la campagne de violence du Gouvernement zimbabwéen contre l’opposition politique et la population civile, qui a fait des dizaines de morts et des milliers de blessés et provoqué le déplacement de milliers de civils, ce qui a rendu impossible la tenue d’une élection libre et régulière, et se déclare fortement préoccupé par la décision prise par le Gouvernement zimbabwéen de procéder au scrutin du 27 juin;

2.    Exige du Gouvernement zimbabwéen:

a)    Qu’il mette immédiatement fin aux actes d’agression et d’intimidation visant les membres et les partisans de l’opposition, y compris les actes commis par des agents non gouvernementaux associés au parti ZANU-PF, qu’il mette fin en particulier aux violations des droits de l’homme, y compris les brutalités généralisées, les actes de torture, les assassinats, les violences sexuelles et les déplacements, et qu’il mette en liberté tous les prisonniers politiques;

b)    Qu’il lance sans tarder un dialogue politique de fond et ouvert entre les partis en vue de parvenir à un règlement pacifique qui soit conforme à la volonté du peuple zimbabwéen et qui respecte le résultat des élections du 29 mars;

c)    Qu’il accepte les bons offices mis à sa disposition par l’Union africaine, la Communauté de développement de l’Afrique australe et le Secrétaire général, en donnant à leurs représentants plein accès au Zimbabwe, en assurant leur sécurité et en leur accordant tous les pouvoirs voulus sur le processus de négociation;

d)    Qu’il collabore pleinement aux enquêtes sur la violence politique qu’a connue le pays de mars à juin 2008 et qu’il tienne responsables ceux qui ont commis des violations des droits de l’homme;

e)    Qu’il lève immédiatement toutes les restrictions imposées à l’aide humanitaire internationale et qu’il facilite à tous les organismes humanitaires internationaux l’accès à toutes les régions du pays afin qu’ils puissent y distribuer aide alimentaire, aide médicale et autres aides humanitaires;

3.    Prie le Secrétaire général de nommer dès que possible une personnalité de renom, dont la compétence est reconnue à l’échelle internationale, Représentant spécial sur la situation au Zimbabwe chargé de:

a)    Soutenir le processus de négociation entre les partis politiques au Zimbabwe;

b)    Faire rapport au Conseil sur la situation dans les domaines politique, humanitaire, des droits de l’homme et de la sécurité;

4.    Décide que tous les États Membres doivent prendre les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture, la vente ou le transfert, directs ou indirects, au Zimbabwe, à travers leur territoire ou par leurs nationaux, ou au moyen de navires ou d’aéronefs battant leur pavillon, d’armement et de matériel connexe, de quelque type que ce soit, y compris armes et munitions, véhicules et matériel militaires, matériel paramilitaire et pièces de rechange pour le matériel susmentionné, qu’ils proviennent ou non de leur territoire;

5.    Décide aussi que tous les États doivent prendre les mesures nécessaires pour empêcher la fourniture au Zimbabwe, par leurs nationaux ou depuis leur territoire, d’une formation ou d’une assistance technique, de toute aide financière et de tous investissements, services de courtage ou autres, ainsi que le transfert de ressources ou la fourniture de services financiers liés à la fourniture, à la vente, au transfert, à la fabrication ou à l’utilisation des articles énumérés au paragraphe 4 ci-dessus;

6.    Décide que les mesures visées aux paragraphes 4 et 5 ci-dessus ne s’appliquent pas dans les cas suivants:

a)    Fourniture de matériel militaire non létal destiné exclusivement à un usage humanitaire ou de protection, et assistance technique ou formation connexes;

b)    Fourniture de vêtements de protection, y compris de gilets pare-balles et de casques militaires, destinés, pour leur usage personnel uniquement, au personnel des Nations Unies, à la presse, aux agents humanitaires ou d’aide au développement et au personnel associé;

7.    Décide que tous les États doivent prendre les mesures ci-après à l’égard des personnes et entités désignées dans l’annexe de la présente résolution ou désignées par le Comité créé en application du paragraphe 10 ci-après (« le Comité ») comme ayant participé ou apporté leur soutien à des actes ou des politiques visant à subvertir les activités et les institutions démocratiques du Zimbabwe depuis mai 2005, notamment parce qu’elles ont ordonné, préparé ou commis des actes de violence de caractère politique ou fourni un appui à des personnes ou entités désignées en vertu du présent paragraphe:

a)    Empêcher ces personnes de pénétrer sur leur territoire ou de transiter par leur territoire, étant entendu qu’aucune disposition du présent paragraphe ne peut contraindre un État à refuser l’entrée sur son territoire ou à exiger le départ de son territoire de ses propres citoyens;

b)    Geler tous fonds, avoirs financiers et ressources économiques se trouvant sur leur territoire à la date de l’adoption de la présente résolution ou ultérieurement, qui sont la propriété ou sous le contrôle, direct ou indirect, de ces personnes ou entités, ou par des personnes agissant en leur nom ou sur leurs instructions; et empêcher leurs nationaux ou quiconque se trouvant sur leur territoire de mettre à la disposition de ces personnes ou entités des fonds, avoirs financiers ou ressources économiques ou d’en permettre l’utilisation à leur profit;

8.    Décide que les mesures édictées à l’alinéa a) du paragraphe 7 ci-dessus ne s’appliquent pas aux voyages à propos desquels le Comité a établi, au cas par cas, qu’ils étaient justifiés pour des motifs humanitaires, y compris pour accomplir un devoir religieux, ou considère qu’une dérogation favoriserait la réalisation des objectifs de la présente résolution;

9.    Décide que les mesures édictées à l’alinéa b) du paragraphe 7 ci-dessus ne s’appliquent pas aux fonds, autres avoirs financiers et ressources économiques si les États concernés ont établi:

a)    Qu’ils étaient nécessaires pour régler des dépenses ordinaires (vivres, loyers ou mensualités de prêts hypothécaires, médicaments ou frais médicaux, impôts, primes d’assurance, factures de services collectifs de distribution) ou seulement pour verser des honoraires d’un montant raisonnable et rembourser des dépenses engagées par des juristes dont les services ont été employés, ou acquitter des frais ou commissions de tenue des fonds gelés, autres avoirs financiers ou ressources économiques institués par la législation nationale, dès lors que lesdits États ont informé le Comité de leur intention d’autoriser, dans les cas où cela serait justifié, l’accès auxdits fonds, autres avoirs financiers ou ressources économiques, et que celui-ci ne s’y est pas opposé dans les trois jours ouvrables qui ont suivi;

b)    Qu’ils étaient nécessaires pour régler des dépenses extraordinaires, pour autant que lesdits États en aient avisé le Comité et que celui-ci ait donné son accord;

c)    Qu’ils faisaient l’objet d’un privilège ou d’une décision judiciaire, administrative ou arbitrale, auquel cas les fonds, autres avoirs financiers et ressources économiques peuvent être utilisés à cette fin, pour autant que le privilège ou la décision soit antérieur à la présente résolution, qu’il ne soit pas au profit d’une personne ou entité désignée par le Comité et qu’il ait été porté à la connaissance de ce dernier par les États concernés;

10.   Décide de créer, conformément à l’article 28 de son règlement intérieur provisoire, un comité du Conseil de sécurité composé de tous ses membres, qui s’acquittera des tâches ci-après:

a)    Solliciter de tous les États, en particulier les États de la région, des informations concernant les mesures qu’ils ont prises pour donner effet aux mesures imposées par les paragraphes 4, 5 et 7 de la présente résolution, ainsi que toute autre information qu’il jugerait utile à cet égard;

b)    Examiner les informations faisant état de violations des mesures imposées par les paragraphes 4, 5 et 7 de la présente résolution et y donner la suite qui convient;

c)    Désigner les personnes et entités passibles des mesures édictées aux paragraphes 8 et 9 de la présente résolution;

d)    Examiner les demandes de dérogation prévues aux paragraphes 8 et 9 de la présente résolution et se prononcer à leur sujet;

e)    Arrêter les directives qui pourraient être nécessaires pour faciliter la mise en œuvre des mesures imposées par la présente résolution;

f)    Lui adresser au moins tous les 90 jours un rapport sur ses travaux et sur la mise en œuvre de la présente résolution, accompagné de ses observations et recommandations, en particulier sur les moyens de renforcer l’efficacité des mesures que cette résolution impose;

g)    Analyser les rapports du Groupe d’experts créé en application du paragraphe 11 ci-après et ceux des États Membres sur les dispositions concrètes qu’ils prennent pour mettre en œuvre les mesures édictées aux paragraphe 4, 5 et 7 ci-dessus;

h)    Entretenir un dialogue avec les États Membres intéressés, en particulier ceux de la région, notamment en invitant leurs représentants à le rencontrer afin d’examiner la question de l’application des mesures;

11.   Prie le Secrétaire général de créer, pour une période de 12 mois, en consultation avec le Comité et dans un délai de 30 jours à compter de la date d’adoption de la présente résolution, un groupe d’experts composé de quatre personnes dotées des compétences voulues pour exécuter le mandat énoncé dans la suite du présent paragraphe, agissant sous la direction du Comité et ayant pour tâches:

a)    D’aider le Comité à suivre l’application des dispositions des paragraphes 4, 5 et 7 de la présente résolution et de présenter au Comité des recommandations touchant des mesures que le Conseil pourrait souhaiter envisager de prendre;

b)    De faire rapport au Comité sur ses travaux à mi-mandat et de présenter au Conseil, par l’intermédiaire du Comité, un rapport intermédiaire, au plus tard 90 jours après l’adoption de la présente résolution, et un rapport final contenant ses conclusions et recommandations, au plus tard 30 jours avant la fin de son mandat;

12.   Se déclare disposé à réexaminer les mesures visées aux paragraphes 4, 5 et 7 ci-dessus 12 mois après l’adoption de la présente résolution, ou plus tôt si un accord est trouvé sur un règlement politique sans exclusive, qui respecte la volonté du peuple zimbabwéen et les résultats des élections du 29 mars 2008;

13.   Prie le Secrétaire général de lui soumettre un rapport sur la situation au Zimbabwe, sur la suite donnée par le Gouvernement zimbabwéen aux exigences formulées au paragraphe 2 ci-dessus et sur les mesures supplémentaires qui pourraient être prises pour améliorer la sécurité, la situation humanitaire et la situation des droits de l’homme au Zimbabwe;

14.   Décide que tous les États Membres devront rendre compte au Comité dans un délai de 90 jours à compter de l’adoption de la présente résolution des mesures qu’ils auront prises afin de donner effet aux dispositions des paragraphes 4, 5 et 7 ci-dessus;

15.   Décide de rester saisi de la question.

Annexe

1.                Mugabe, Robert

(Membre/Chef du Gouvernement ayant à répondre d’activités qui compromettent gravement la démocratie, violent les droits de l’homme et portent atteinte à l’état de droit)

2.                Chiwenga, Constantine

(Membre des forces de sécurité qui a dirigé la politique répressive de l’État et commis des violations des droits de l’homme)

3.                Mnangagwa, Emmerson

(Membre du Gouvernement ayant à répondre d’activités qui compromettent gravement la démocratie, violent les droits de l’homme et portent atteinte à l’état de droit)

4.                Gono, Gideon

(Gouverneur de la Reserve Bank ayant à répondre du financement des politiques répressives de l’État)

5.                Chihuri, Augustine

(Membre des forces de sécurité ayant largement à répondre de graves atteintes à la liberté de réunion pacifique)

6.                Chinamasa, Patrick

(Membre du Gouvernement ayant à répondre d’activités qui compromettent gravement la démocratie, violent les droits de l’homme et portent atteinte à l’état de droit)

7.                Shiri, Perence

(Membre des forces de sécurité impliqué dans la conception ou la direction de la politique répressive de l’État)

8.                Parirenyatwa, David

(Membre du Gouvernement ayant à répondre d’activités qui compromettent gravement la démocratie, violent les droits de l’homme et portent atteinte à l’état de droit)

9.                Mutasa, Didymus

(Membre du Gouvernement ayant à répondre d’activités qui compromettent gravement la démocratie, violent les droits de l’homme et portent atteinte à l’état de droit)

10.            Charamba, George

(Membre du Gouvernement impliqué dans la conception ou la direction de la politique répressive de l’État)

11.            Zimondi, Paradzi

(Membre des forces de sécurité impliqué dans la conception de la politique répressive de l’État)

12.            Bonyongwe, Happyton

(Membre des forces de sécurité impliqué dans la conception ou la direction de la politique répressive de l’État)

13.            Sekeremayi, Sydney Tigere

(Membre du Gouvernement, impliqué dans la conception ou la direction de la politique répressive de l’État)

14.            Made, Joseph Mtakwese

(Membre du Gouvernement, impliqué dans la conception ou la direction de la politique répressive de l’État)

 

 

IRAN – NUCLEAIRE, position de la France (A.R.)

 

 

 

Réponse de l'Iran :

Lettre du 4 juillet 2008

 

La France défend une position favorable à la négociation dans le contexte actuel assez tendu entre l'Iran, Israël et les Etats-Unis. L'idée est que les efforts réalisés pour une solution globale à la question nucléaire (cf. proposition de juin 2008) et à laquelle à répondu l'Iran par la voie diplomatique (sans pour autant qu'une information officielle n'ait été faite sur le contenu de cette réponse), ne soient pas remis en cause par les essais de missiles réalisés par l'Iran, lesquels attisent les dissensions dans la région. Par ailleurs, les essais iraniens de missiles font suite à l’accord entre Washington et Prague, élément du bouclier antimissiles qui vise explicitement la menace iranienne.

 

POINT DE PRESSE du Ministère des Affaires Etrangères, 8 JUILLET 2008

DECLARATIONS DU PORTE-PAROLE

"Toujours dans la même région, un point pour vous rappeler qu'hier, l'ambassadeur d'Iran à Paris est venu apporter la lettre de M. Mottaki qui avait été transmise, dès vendredi, sur la réponse à la proposition des E3+3, portée par les directeurs politiques et Javier Solana il y a maintenant un mois.

Le ministre a reçu l'ambassadeur d'Iran à Paris et lui a expliqué ce qui avait déjà été évoqué c'est-à-dire que, dans le cadre de notre souhait de dialogue, nous accueillions positivement ce courrier. Il était également fait constat du fait qu'il n'y avait pas de mention de la suspension des activités sensibles dans ce courrier et que cela ne correspondait pas à ce que l'on souhaitait, puisque vous savez que c'est un élément majeur pour les Six.

Nous allons maintenant examiner collectivement cette lettre, à six, et nous allons réfléchir à une position commune à six. Comme Javier Solana l'a d'ailleurs annoncé hier à l'issue d'un entretien avec Bernard Kouchner au centre de conférences internationales à l'occasion du séminaire Union européennes/OTAN, il est probable qu'il rencontre les émissaires iraniens avant la fin du mois.

(Allez-vous réagir en tant que président de l'Union européenne sur la question iranienne ?)

Nous allons réagir en concertation avec nos partenaires européens, comme nous le faisons depuis le début et comme nous l'avions fait pour aboutir au texte commun des E3+3.

(Vous dites avoir reçu la réponse vendredi. Nous sommes mardi, devant l'importance du dossier, vous n'avez toujours pas consulté la réponse iranienne pour nous donner quelques éléments, pour nous dire si le vent est favorable ou défavorable ?)

Le sujet est extrêmement important et le mieux est de ne pas se précipiter. Nous nous donnons donc le temps de l'analyse, de la concertation et nous allons voir comment préparer une réponse commune à ce courrier. Cela nous paraît raisonnable de prendre le temps de réfléchir quelques jours à tout cela.

(Mais que proposent exactement les Iraniens ?)

Nous sommes en train d'examiner la réponse qui nous a été faite. Je ne vous en dirai pas plus pour le moment. Notre position constante, très claire, c'est que nous allons réagir à six. La seule chose dont j'ai déjà parlé, qui est importante, c'est qu'il n'y a pas, dans ce courrier - même si nous accueillons positivement le fait qu'il y ait une réponse - mention de la suspension des activités sensibles de l'Iran.

(Est-ce que cette réponse iranienne est de nature à favoriser le lancement d'un dialogue )

C'est précisément cela que nous sommes en train d'examiner.

(Bernard Kouchner a parlé d'optimisme)

Bernard Kouchner a dit qu'il y avait un "petit élément d'optimisme". Je crois que sur ce dossier, il faut avoir l'optimisme de la volonté mais aussi la lucidité de la responsabilité. Nous sommes non seulement attachés au dialogue, mais nous sommes aussi attachés à la suspension des activités sensibles. Nous avons la lettre, mais nous n'avons pas la suspension des activités sensibles dans la lettre, c'est donc pour cela que nous réfléchissons collectivement.

(Est-ce que l'on peut dialoguer pour dialoguer sans autre chose ?)

Non et c'est bien ce que je viens de dire. Nous ne dialoguons pas pour dialoguer mais pour aboutir à quelque chose."

IRAN/NUCLEAIRE POINT DE PRESSE DU Ministère deds Affaires Etrangères, 9 JUILLET 2008

(L'Iran a tiré mercredi un nouveau missile à longue portée. Quelle est votre réaction ?)

Nous accueillons avec préoccupation les annonces iraniennes selon lesquelles l'Iran aurait procédé à plusieurs tirs de missiles dont un missile balistique de portée intermédiaire de type Shahab 3. Ces essais de missiles ne peuvent que renforcer les inquiétudes de la communauté internationale au moment où, parallèlement, l'Iran développe un programme nucléaire, dont le dernier rapport du directeur général de l'AIEA indique qu'il comprend des activités qui pourraient être liées à la conception et à la fabrication d'armes nucléaires.

Dans ce contexte, nous appelons l'Iran à restaurer la confiance de ses voisins et de la communauté internationale en répondant aux demandes de la communauté internationale formulées dans les résolutions 1696, 1737, 1747 et 1803 du Conseil de sécurité, afin de parvenir à une solution négociée sur le dossier nucléaire.

 

Obs. L'Iran ne pouvait évidemment faire moins que de répondre par écrit à la lettre que lui ont adressée les membres du P3 (UE) + 3. Cet échange est positif uniquement dans la mesure où il maintient le dialogue.

Il y a lieu de rester circonspect en ce qui concerne la progression technologique dans le domaine des vecteurs (missiles) que l'Iran aurait réalisé. Rien ne semble confirmer que la nouvelle génération des fusées Shahab soit en mesure d'atteindre une cible à 2000 km de distance. Jusqu'à présent la portée maximale serait de 1400 km, c'est-à-dire qu'Israël resterait hors de portée des tirs. Quant à la Pologne ou la République tchèque...

On ne peut analyser la situation sans tenir compte de l'échéance des élections présidentielles l'année prochaine en Iran. Les "ultra" ont intérêt à accroître les tensions de manière à rassembler l'opinion iranienne derrière eux et faire oublier les problèmes internes. D'un autre côté, une confrontation militaire n'est vraiment envisageable que dans le Golfe persique et en Iraq. L'espérance de gain  d'une telle aventure militaire est inexistante pour l'Iran. Ceux qui, en Israël et aux Etats-Unis, sont favorables à une frappe préventive dans un avenir très proche (fin 2008)  sont pour l'instant marginalisés. Le risque de faire le jeu des "Ultra" iraniens en intervenant par la force est trop important.

La portée des sanctions internationales est en train d'évoluer fortement. Incontestablement le nœud coulant se resserre. Le grand défaut de cette technique bien connue de la diplomatie de la contrainte est que l'Etat cible a tendance à se rebiffer, à réagir par le défi et la provocation. Il suscite ainsi une aggravation des sanctions. Les perspectives du règlement diplomatique de la crise sont alors compromises.  Les Puissances ont décidé d'agir avec doigté, mais au stade actuel  l'isolement économique de l'Iran commence à être discrètement visible (voir le changement de position de la Société Total, Total steps back from investing in Iran). Or l'économie de ce pays est particulièrement vulnérable. Bien sûr l'économie internationale paie au prix fort la situation de l'Iran, mais les calculs de ce dernier sont erronés. La crise économique internationale n'entre en réalité pas dans la balance en raison du risque inacceptable que représenterait la possession de l'arme nucléaire par un gouvernement totalement incontrôlable (PW).

U.S. Policy Toward Iran

William J. Burns, Under Secretary for Political Affairs
Opening Statement before the House Foreign Affairs Committee

Washington, DC
July 9, 2008

Designation of Iranian Entities and Individuals for Proliferation Activities

 

 

Archive

 

 

 

 

 

 

Accord Etats-Unis République tchèque : projet de bouclier antimissile américain en Europe centrale

Anne RAINAUD

 

 

 

 

 

Un accord préliminaire entre les Etats-Unis et la République tchèque vient autoriser les premiers à installer une station radar sur le sol tchèque. Cet accord est un des éléments constitutifs du projet de bouclier antimissile américain en Europe centrale; la Pologne est quant à elle, en principe, le futur Etat d'accueil de dix missiles intercepteurs.

L'accord a été signé le 8 juillet 2008 par la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et le chef de la diplomatie tchèque Karel Schwarzenberg. La ratification par le parlement tchèque à venir s'inscrira dans un contexte interne peu serein. Cet accord est en effet contesté par l'opposition parlementaire de gauche et la population civile ( un sondage publié en juin indiquerait que 68% des Tchèques seraient hostiles à cette perspective). Le ministre Schwarzenberg soulignait donc avec prudence lors de son allocution lors de la cérémonie de signature, avec C. Rice, que le Parlement tchèque était seul souverain (" the parliament is the king of the game", in Department of State, Remarks With Czech Foreign Minister Karel Schwarzenberg At Baltic Management Development Association Signing Ceremony, July 8 2008).

Cet accord bilatéral, est certes présenté comme servant les intérêts des deux Etats signataires, non seulement en matière de défense et sécurité, mais aussi en termes de coopération en R&D et surtout aussi d'intérêts des groupes privés. En ce sens, les termes de C. Rice sont parfaitement clairs : "I want to note too that this agreement is not just about missile defense. There will be an accompanying agreement very, very shortly that will help us to take advantage in the private sector, to help our private sectors take advantage of the research and development opportunities that this agreement will bring into being. I myself am an academic. I’m from a university that has a huge research and development, technological, computer, engineering component to it. And I know how important leading-edge technology can bring – can be if one can bring universities in; graduate students can benefit, but also our private sectors in terms of companies can benefit. And I know that there have been conferences here in which U.S. companies have participated and that there’s great excitement about the R&D and technological potential that this agreement will bring, deepening the technological cooperation between the United States and the Czech Republic" (in Department of State, Remarks With Czech Foreign Minister Karel Schwarzenberg At Baltic Management Development Association Signing Ceremony, July 8 2008).

Par ailleurs, la dimension "altruiste" de cet accord "simplement" bilatéral, est largement indiqué dans le discours de la représentante des Etats-Unis ; selon les termes de Mme Rice : "It is an agreement that is befitting for friends and allies who face a common threat in the 21st century and wish to address it through the application of the best defensive technologies that we can bring to bear"; la tradition des Etats-Unis dans ce registre est tenace et constitue un moyen d'appuyer le bien fondé de cette démarche à deux mais dont l'impact va bien au-delà. Certes, le lien avec l'OTAN est également invoqué pour justifier de la bonne intégration de cet accord dans le système de défense collective de l'Organisation, qui, vue d'Europe, est effectivement très transatlantique : "This is an agreement that is supported by our NATO allies, as was noted at Bucharest at the summit, because missile defenses today are aimed only at those who would threaten us" (C. Rice, in cérémonie de signature de l'accord). Cependant, les représentants de la Fédération de Russie ont manifesté nettement leur désapprobation; selon la dépêche de l'Agence de presse Russe RIA Novosti (9 juillet 2008), rapportant les propos de Dmitri Rogozine, l'ambassadeur russe auprès de l'OTAN : "l'accord sur l'installation en République tchèque d'éléments du bouclier antimissile américain menace la sécurité européenne et pousse la communauté mondiale vers une nouvelle course aux armements". La déclaration du ministère des Affaires étrangères de la Russie à propos de la signature des accords américano-tchèques sur le déploiement sur le territoire de la Tchéquie des éléments du système américain global de la défense antimissile (texte en français, texte en anglais) est claire et sévère : " nous sommes contre le projet américain", ..." Si les accords avec les USA (...) prennent tout de même le caractère juridiquement liant, et que près de nos frontières commence le réel déploiement du NMD stratégique américain, nous serons forcés de ne pas réagir par les moyens diplomatiques, mais militaro-techniques"..." Nul doute, que le rapprochement des éléments de l'arsenal stratégique des USA du territoire russe peut être utilisé pour affaiblir notre potentiel de dissuasion. Il est clair, que la partie russe va dans cette situation prendre des mesures adéquates pour compenser la création du potentiel des menaces à sa sécurite nationale. Ce n'est pas nous qui faisons ce choix". Le Président Russe Medvedev s'est pour sa part exprimé lors du G8 en des termes plus nuancés; conscient de l'échec des efforts déployés pour dissuader les Etats-Unis de poursuivre leur démarche et de la nécessité d'élaborer une réponse unilatérale adaptée, il a présenté la Fédération comme ouverte à des négociations (cf. conférence de presse de D. Medvedev, Toyako, Hokkaido, Japon, 9 juillet 2008 : "It is obvious that after the signing of the agreement in question a new phase in the creation of the third position area has begun. We find this situation extremely saddening. We have repeatedly stressed both earlier and during this summit, that this is not the way to tackle the issues of European security. We were prepared to do joint monitoring with the United States and with other NATO countries to prevent the problems that may arise in trouble spots on the planet. Unfortunately, there has been no response to this. The negotiations that they have been conducting with us are half-hearted and they have brought no results. Instead, they go ahead signing agreements on the issue. It means that the idea will be followed through. I repeat, that does not suit us. I said that plainly to my colleagues. Of course we are not going to become hysterical over the issue, but we will think about our response. At the same time I would like to say that we are not closed to further negotiations and we will continue them, including with our G8 partners and the states that are members of the North Atlantic alliance").

 

Obs. La majorité parlementaire requise n'est pas acquise au projet. En Pologne, la réticence semble encore plus évidente. En réalité les intérêts stratégiques américains en Europe ne peuvent plus être préservés que dans le cadre d'un partenariat avec le groupe d'Etats de l'Union européenne (PW).

Negotiations with Poland on Missile Defense

Ballistic Missile Defense Agreement Between the United States and the Czech Republic

 

 

 

 

France, respect des droits de l'homme par la Chine (PW)

 

 

 

 
 

Jeux Olympiques et respect des droits de l'homme

http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ080303833

13 ème législature
Question écrite n° 03833 de M. Marcel Rainaud (Aude - SOC)
  • publiée dans le JO Sénat du 27/03/2008 - page 597

M. Marcel Rainaud appelle l'attention de M. le ministre des affaires étrangères et européennes sur la situation des droits de l'homme en Chine, ainsi que sur l'attitude inacceptable des autorités chinoises à l'égard du peuple tibétain.

La violence intolérable de la répression chinoise au Tibet, est une véritable provocation, à quelques semaines des Jeux Olympiques.

Cette manifestation sportive majeure, par sa résonnance mondiale, va attirer sur la Chine, les regards de milliards de téléspectateurs.

Une participation passive à ces jeux, serait considérée comme un cautionnement de l'attitude des autorités Chinoises.

Dans la conjoncture actuelle, ce rendez-vous sportif, est une opportunité majeure, de porter un message fort en faveur des droits humains.

Il lui demande de préciser les actions qu'il entend mettre en œuvre, avec les fédérations sportives françaises, pour qu'elles soient porteuses d'un tel message, tout au long de Jeux Olympiques, qui ne seront fidèles aux valeurs de l'Olympisme, que s'ils permettent l'expression forte de l'impérieuse nécessité du respect des droits humains, et notamment au sein du pays organisateur.
 

Réponse du Ministère des affaires étrangères et européennes
 
  • publiée dans le JO Sénat du 10/07/2008 - page 1399

M. Marcel Rainaud a bien voulu attirer l'attention du ministre des affaires étrangères et européennes sur la situation des droits de l'homme en Chine et particulièrement au Tibet. La France suit avec attention l'évolution des événements au Tibet et est sensible à la question du respect de l'identité culturelle et religieuse tibétaine. Le ministre des affaires étrangères et européennes a exprimé publiquement sa préoccupation devant les événements au Tibet dès le 16 mars. La France et ses partenaires européens ont pris position dès le 17 mars dans une déclaration commune. La France considère en effet que le dialogue est le seul moyen de parvenir à une solution durable qui prenne en compte le particularisme culturel et religieux du peuple tibétain tout en respectant la souveraineté de la République populaire de Chine. Les autorités chinoises et les représentants du Dalaï Lama ont décidé de renouer le dialogue et se sont rencontrés le 4 mai à Shenzhen, dans le sud de la Chine. Il s'agit là d'un développement très positif que le Président de la République avait immédiatement salué. Les autorités françaises ont abordé à plusieurs reprises le sujet avec les responsables chinois ces trois derniers mois. Les responsables de la Commission européenne en ont fait de même. Par ailleurs, l'Union européenne entretient un dialogue biannuel sur les droits de l'homme avec la Chine. La dernière session a eu lieu le 15 mai en Slovénie, la question du Tibet y a été abordée. La France ainsi que ses partenaires européens est opposée au boycott des Jeux olympiques, considérés comme un grand événement sportif international. Le Dalaï Lama lui-même a réitéré son soutien aux Jeux olympiques de Pékin. Concernant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, le Président de la République appréciera ce qu'il convient de faire en fonction de l'évolution de la situation.

Situation au Tibet

http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ08030095G

13 ème législature
Question d'actualité au gouvernement n° 0095G de M. Thierry Repentin (Savoie - SOC)
  • publiée dans le JO Sénat du 28/03/2008 - page 1316

M. Thierry Repentin. Ma question s'adressait à M. le ministre des affaires étrangères et européennes.

J'évoquerai la situation d'un peuple loin de tout et riche de peu, si ce n'est de ce qui lui reste de sa culture ; un peuple qui vit actuellement dans un État et sous un gouvernement qu'il n'a pas choisis ; un peuple qui souffre plus vivement depuis plusieurs semaines parce qu'il a osé relever la tête et lutter contre l'oppression coloniale qu'il subit depuis maintenant plus de soixante ans, plus précisément depuis que les troupes chinoises ont envahi Lhassa, capitale de son pays. Je veux parler, vous l'avez compris, du peuple tibétain.

Nous sommes nombreux, sur toutes les travées de cet hémicycle, à être extrêmement préoccupés par la dégradation de la situation au Tibet. Les rares informations qui filtrent à travers les frontières brutalement refermées montrent que la répression qui est en train de s'abattre sur les manifestants tibétains est dure, sans commune mesure avec leurs revendications de liberté ni avec les violences que certains d'entre eux ont pu commettre.

La France va-t-elle assister impuissante à l'engrenage de la violence au Tibet ? Va-t-elle se contenter de « regrets » ou d'« appel à la retenue » ? Ou bien fera-t-elle part de sa condamnation sans appel, à l'instar de plusieurs gouvernements européens, qui manifestent sur ce dossier lucidité et de courage ?

Contrairement aux allégations des dirigeants de Pékin, il ne s'agit pas d'une question de politique intérieure qui ne concernerait que la Chine : d'abord parce que plus de 130 000 réfugiés tibétains vivent en dehors de leur pays et que, tous les jours, il en arrive de nouveaux, qui traversent l'Himalaya au péril de leur vie ; ensuite, parce que la communauté internationale a reconnu la stature de leur chef spirituel et leader politique, en attribuant en 1989 le prix Nobel de la paix au dalaï-lama. Aujourd'hui, celui-ci est reçu, avec les égards qui lui sont dus, dans toutes les capitales du monde par des chefs d'État ou de gouvernement.

Permettez-moi de faire, à l'appui de ma question, une citation : « Des cris étouffés s'élèvent de ces montagnes et de ces hauts plateaux. Une population hurle silencieusement vers nous : les Tibétains. Un homme nous tend la main : le dalaï-lama ». Cette citation est de M. Kouchner.

Le dalaï-lama sera-t-il reçu à l'Élysée par le Président de la République, comme il devrait d'ailleurs l'être par le président du Sénat, à l'occasion de son déplacement en France, en août prochain ?

Dans la perspective des jeux Olympiques de Pékin, mais aussi de l'exposition universelle de Shanghai, de quels moyens disposons-nous pour inciter le gouvernement chinois à adopter une attitude plus conforme à ce que l'on attend d'une grande nation amie, la Chine, qui se veut démocratique ?

Quelles actions concrètes allez-vous engager à l'échelon européen, sous la présidence française, et, sans attendre, à celui des Nations unies, qui ont déjà condamné par trois fois l'attitude de la Chine au Tibet ? (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC, ainsi que sur certaines travées du RDSE. MM. Hubert Haenel et Christian Cointat applaudissent également).

Réponse du Secrétariat d'État chargé des affaires étrangères et des droits de l'homme
 
  • publiée dans le JO Sénat du 28/03/2008 - page 1316

Mme Rama Yade, secrétaire d'État chargée des affaires étrangères et des droits de l'homme. Monsieur le président, mesdames, messieurs les sénateurs, nous n'avons pas attendu les émeutes de Lhassa pour nous préoccuper du Tibet. J'ai eu l'occasion de m'en entretenir plusieurs fois ces derniers mois avec des représentants du dalaï-lama. Depuis le début de cette crise, la France a réagi avec fermeté aux événements qui se sont déroulés à Lhassa et dans les provinces avoisinantes.

Notre position est claire : condamnation de la répression, appel à l'arrêt des violences, à la libération des manifestants pacifiques, à la transparence et à la réouverture du Tibet, à une reprise du dialogue entre les autorités chinoises et le dalaï-lama.

Aucun pays n'est favorable, comme vous le savez, au boycott des jeux Olympiques. Le dalaï-lama lui-même ne le souhaite pas.

S'agissant de la cérémonie d'ouverture, le Président de la République a souligné que toutes les options étaient ouvertes. J'ai dit que les portes de notre pays étaient également ouvertes au dalaï-lama et que j'étais totalement disposée à l'accueillir.

M. David Assouline. Et le Président de la République ?

Mme Rama Yade, secrétaire d'État. Le Président de la République fera son choix le moment venu. (Exclamations sur les travées du groupe socialiste.)

M. Simon Sutour. Ce n'est tout de même pas la même chose !

Mme Rama Yade, secrétaire d'État. En attendant, il en a appelé au sens des responsabilités de la Chine. Nous espérons qu'elle sera à la hauteur des attentes qu'elle suscite et de son rang.

Nous ne remettons pas en cause l'appartenance du Tibet à la Chine, mais, parce que le Tibet fait partie de la Chine, il appartient au gouvernement chinois de veiller à ce que les droits de l'homme soient respectés au Tibet, à ce que les Tibétains puissent jouir d'une autonomie digne de ce nom et à ce que leurs droits à la liberté de religion et de conscience, ainsi que leurs droits économiques, sociaux et culturels, soient respectés.

La France, en tant que partenaire stratégique, a clairement indiqué qu'elle était disponible pour faciliter ce dialogue. Nous avons mobilisé nos partenaires européens, sans attendre la présidence française. À notre demande, la question tibétaine sera, demain, à l'ordre du jour de la réunion des ministres des affaires étrangères. La France souhaite que l'Union européenne adopte une position unie et ferme, susceptible de contribuer à une solution pacifique dans l'intérêt de tous.

Au-delà de l'échéance des jeux Olympiques, nous continuerons à attendre de la Chine qu'elle fasse des progrès en matière de droits de l'homme, au Tibet comme partout sur son territoire, et nous continuerons à l'inciter à aller dans ce sens. (Applaudissements sur les travées de l'UMP et de l'UC-UDF.)

M. Yannick Bodin. Ça, c'est de la langue de bois !
 

CONFERENCE DE PRESSE CONJOINTE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, M. NICOLAS SARKOZY, DU PRESIDENT DE LA COMMISSION, M. JOSE MANUEL BARROSO, ET DU PRESIDENT DU PARLEMENT EUROPEEN, M. HANS-GERT POTTERING - PROPOS DE M. SARKOZY - (Strasbourg, 10 juillet 2008)

ENTRETIEN DU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET EUROPEENNES, M. BERNARD KOUCHNER, AVEC L'AMBASSADEUR DE CHINE EN FRANCE, M. KONG QUAN COMMUNIQUE
DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET EUROPEENNES

SESSION PLENIERE DU PARLEMENT EUROPEEN DEBAT SUR LA SITUATION EN CHINE INTERVENTION DU SECRETAIRE D'ETAT CHARGE DES AFFAIRES EUROPEENNES, M. JEAN-PIERRE JOUYET, AU NOM DE LA PRESIDENCE FRANCAISE DU CONSEIL DE L'UNION EUROPEENNE (Strasbourg, 9 juillet 2008)

 

 

 

Les guaranis toujours victimes de conditions analogues à l’esclavage en Bolivie.

Karine RINALDI

 

 

 

Le peuple guarani, un des peuples autochtones les plus importants de Bolivie, compte à peu près 800 familles qui sont au jour d’aujourd’hui - dans les régions de Santa Cruz, Chuquisaca et Tarija, au sud de la Bolivie - toujours dans des conditions analogues à l’esclavage, en situation de « servitude pour dettes », sur leurs terres ancestrales qui sont désormais la propriété privée de tiers (grands propriétaires terriens). Les femmes travaillent de 4 h du matin à 6 heure de l’après midi ; les hommes de 7 à 6 ; les enfants travaillent en échange d'alimentation, de toit ou d'étude. Leur situation est aggravée par la soumission à des punitions corporelles. Des sommes d'argent minimes constituent la rémunération de ce travail, elles ne peuvent couvrir les nécessités de base des travailleurs : une situation d'endettement permanent envers les propriétaires fonciers se génère, ces dettes peuvent arriver à être viagères ou s’hériter, il existe même des cas où les propriétaires transfèrent les hommes avec les dettes, disposant de la liberté des personnes… (Voir le rapport de la Commission interaméricaine).

Cette réalité date de 1892, date où les survivants à la colonisation ont été « confiés à de bonnes familles (de grands propriétaires) pour qu’elles les sortent de la sauvagerie ». Cette réalité - connue sous le nom de « comunidades cautivas » - est toujours d’actualité et se trouve dans un contexte d’impunité totale en raison du manque de réponse intégrale et effective de l'État.

C’est une situation contraire à de nombreuses conventions internationales, notamment, outre la Convention américaine relative aux droits de l’homme, la Convention supplémentaire relative à l'abolition de l'esclavage, de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l'esclavage, des Nations Unies, qui considère comme pratique analogue à l’esclavage la servitude pour dettes, « c'est-à-dire l'état ou la condition résultant du fait qu'un débiteur s'est engagé à fournir en garantie d'une dette ses services personnels ou ceux de quelqu'un sur lequel il a autorité, si la valeur équitable ce ces services n'est pas affectée à la liquidation de la dette ou si la durée de ces services n'est pas limitée ni leur caractère défini », de même que le servage, « c'est-à-dire la condition de quiconque qui est tenu […] de vivre et de travailler sur une terre appartenant à une autre personne et de fournir à cette autre personne, contre rémunération ou gratuitement, certains services déterminés, sans pouvoir changer sa condition » (article 1). Cette réalité est également contraire aux Conventions de l’OIT, notamment celles relatives au travail forcé (29 et 105), au travail des enfants (182)…  

 La Bolivie est actuellement un pays multinational. En 2005, pour la première fois, les élections présidentielles ont porté au pouvoir un président autochtone, Evo Morales, qui avait annoncé son intention de mener à bien de profonds changements dans la politique sociale et économique du pays pour en faire bénéficier les peuples autochtones, victimes d’injustices historiques. Le Gouvernement a élevé au rang de loi interne la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, le texte de la Constitution comprend des dispositions relatives aux droits collectifs des peuples autochtones, notamment le droit à l’autonomie. Concernant les « comunidades cautivas », des efforts sont en cours : le décret 28159 de mai 2005 reconnaissait pour la 1° fois l’existence de familles en état de semi esclavage. Il a été admis que rendre leurs terres aux populations autochtones (par l’expropriation des grands propriétaires terriens), reconstituer le territoire guarani, permettrait de leur rendre leur liberté. L’Etat essaye ainsi de mener à bien un processus de réforme agraire, conformément aux lois 1715 de 1996 et 3545 de 2006. La terre doit être créatrice de richesse et non de spéculation. Si elle n’a pas de fonction économique sociale, elle revient à l’Etat qui la redistribue à des communautés autochtones ou paysannes. En outre, la figure de l’expropriation a été spécialement pensée pour remédier à la situation du peuple guarani.  

Mais cette situation d’esclavage moderne persiste belle et bien, l'application de ces lois est entravée par divers secteurs politiques et économiques, notamment à Santa Cruz, une région connue pour son racisme envers les autochtones, où l’opposition au processus d’expropriation est violente et explique le mouvement autonomiste. Des dirigeants guaranis sont menacés de mort, certains disparaissent, sont kidnappés ou torturés. Le 24 mai, alors que la ville de Sucre s’apprêtait à commémorer le premier soulèvement contre l’Espagne coloniale, des membres des communautés indiennes ont été roués de coups de pied. Devant le siège des autorités, ils ont été forcés de se mettre à genoux, d’embrasser le sol pendant qu’étaient brûlés leurs drapeaux, leurs insignes et leurs vêtements traditionnels. Des médecins ont refusé de soigner certains d’entre eux.

Par ailleurs, des commissions ont été créées pour étudier cette situation des familles guaranis en état de servitude pour dettes. Mais une première commission (22 avril 2008) était intégrée par les mêmes agresseurs des autochtones ainsi que par des personnes ayant publiquement pris partie pour l’inexistence de situation d’esclavage. Une seconde commission intégrée notamment par l’ombudsman, la Commission des Droits de l’homme, n’a pu accéder aux haciendas par le refus des grands propriétaires.

Les obstacles aux enquêtes sont bien connus : difficulté dans l’accès indépendant aux zones, faible collaboration de la police, absence de mécanismes de protection de victimes et témoins ou faible coordination avec les ministères nationaux compétents. Par ailleurs, souvent les propriétaires appartiennent, ou sont directement liés, avec le pouvoir politique local.

La Commission IADH a tenu plusieurs audiences sur ce thème, la dernière lors de sa dernière période ordinaire de sessions (audio). En décembre 2006 et en juin 2007, des visites sur place ont été menées, précisément pour observer et récupérer des informations sur la situation des familles du peuple guarani. Les informations et témoignages reçus ont confirmé la continuité de la problématique de la servitude pour dette et le travail forcé, ainsi que l'aggravation de la situation du peuple guarani dans cette région depuis la dernière visite de la Commission en novembre 2006. Cependant, elle à également constaté que dans certaines haciendas cette situation avait cessé (exclusion de certaines familles en conséquence de revendication pour la terre).

Le Rapporteur spécial de l’ONU sur les populations autochtones s’est également rendu sur place entre le 25 novembre et le 7 décembre 2007 (voir la Note sur sa mission en Bolivie). L’une des préoccupations principales a été « la persistance grave du racisme et de la discrimination à l’encontre des autochtones, en témoignent les agissements d’agents des pouvoirs publics nationaux et sous-nationaux, ainsi que l’attitude de partis politiques et groupes de pression, qui incitent parfois à la violence contre des personnes en raison de leur appartenance à des communautés autochtones » (§6). Le Rapporteur spécial est « particulièrement préoccupé par la situation de servitude dans laquelle vivent encore les communautés guaranis dans trois départements du pays en raison de la spoliation historique de leurs territoires ». 

***

*

 Nous sommes dans la situation où un Etat est entravé dans sa lutte et l'effectivité de la mise en œuvre des droits de l’homme. Mais sa responsabilité internationale ne s’efface pas ; il est responsable pour ces actes commis par des particuliers, que ce soit dans les haciendas ou dans la rue, en l'absence d'enquête et, éventuellement, de sanction. Il n’existe pas de politique intégrale de l'État pour régler cette problématique. L'État a l'obligation internationale d’éradiquer la servitude et le travail forcé sur tout son territoire. L'État doit adopter les mesures nécessaires pour faire face et résoudre les obstacles légaux, institutionnels, politiques ou autres qui font obstacle à l'exécution des programmes du Gouvernement. Malgré ses efforts, son absence de résultat pourrait le conduire devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme (une affaire sur ces « comunidades cautivas » est actuellement à l’étude devant la commission).

 

 

 

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Populations autochtones et tribales, Général :

 Nations Unies et Peuples autochtones et tribaux

Système Interaméricain et peuples autochtones et tribaux

 

 

 

CIJ, 46 ans après, les suites de l'Arrêt du 15 juin 1962, Temple de Préah Vihéar (Cambodge c. Thaïlande)
Prof. Ph. WECKEL

 

l'affaire du Temple de Préah Vihéar devant la CIJ

 

 

Le Comité du patrimoine mondial, réuni à Québec pour sa 32ème session, a achevé le 8 juillet 2008 l’inscription de 27 nouveaux sites, tels que le domaine du chef Roi Mata (Vanuatu), les fortifications de Vauban (France), l’Archipel de Socotra (Yémen) ou  les lagons de Nouvelle-Calédonie (France) (communiqué).

Rares sont ceux des lecteurs de Sentinelle qui connaissent l’ancien site agricole de Kuk (Papouasie Nouvelle Guinée). Par contre, sur cette liste des nouvelles inscriptions au Patrimoine mondial le nom d’un temple khmer situé à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande leur est  particulièrement familier, le Temple de Preah Vihear. 46 ans après l’arrêt de la Cour internationale de Justice qui l’a attribué au Cambodge l’édifice millénaire fait toujours encore parler de lui, parce que la procédure d’inscription du site à l’UNESCO a suscité l’opposition de la Thaïlande. 

On mesure l’ampleur de cette affaire en découvrant que le Ministre des affaires étrangères thaïlandais, Maître Noppadon Pattama, a été contraint à la démission dès son retour à Bangkok le 10 juillet. Même le Premier ministre M. Samak Sundaravej est fragilisé par l’issue de la réunion de Québec. Il est notamment reproché au chef de la diplomatie thaïlandaise d’avoir accepté, dans une déclaration conjointe du 19 juin 2008, de soutenir la candidature du Cambodge. L’opposition au Gouvernement a contesté cette déclaration en justice. Ainsi le  parti « Alliance du peuple pour la démocratie » a obtenu une injonction provisoire de la Cour administrative de ne pas soutenir la demande cambodgienne à l’UNESCO. En s’envolant pour Québec le ministre des affaires étrangères a finalement promis, se soumettant à l’injonction, de s’opposer à l’inscription du temple. Le 8 juillet une ultime et tardive pression était exercée sur le gouvernement sous la forme d’une déclaration d’inconstitutionnalité du texte du 19 juin émanant de la Cour constitutionnelle.

L’affaire est compliquée et il faudrait apparemment être thaïlandais pour la comprendre très bien. En effet, la Cour internationale de Justice a tranché clairement en faveur du Cambodge qui détient donc un titre incontestable sur le Temple de Preah Vihear. A quel titre précisément la Thaïlande pouvait-elle s’opposer à la demande d’inscription du site au Patrimoine mondial ? En juillet 2007, à Christchurch, Nouvelle-Zéland, le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco a exprimé « son accord de principe sur le fait que le site doit être inscrit sur la liste du patrimoine mondial » et a noté « que le processus d'inscription est en cours ». Il a demandé « à l'Etat partie du Cambodge de renforcer la conservation et la gestion du site, en avançant dans l'élaboration d'un plan de gestion approprié, ce qui permettra son inscription formelle par le Comité en sa 32e session, en 2008 ». Logiquement la Thaïlande n’était pas en mesure d'empêcher l’inscription formelle lors de la session de 2008.

Dans un tel contexte la déclaration conjointe des ministres cambodgien et thaïlandais du 19 juin 2008 s’explique fort bien. En effet, officiellement la Thaïlande ne remet pas en cause l’arrêt de la CIJ de 1962. Toutefois la Cour n’a pas procédé à la délimitation de la frontière entre les deux Etats. Le temple se trouve ainsi dans une zone qui est toujours disputée. Or le site initialement soumis par le Cambodge au Comité du patrimoine mondial  aux fins d’inscription comprenait, outre le temple, « ses environs » couvrant une zone de 4,6 km2. On comprend la réaction négative de la Thaïlande. Les deux gouvernements sont néanmoins parvenus à rapprocher leurs points de vue. Le Cambodge a accepté de limiter la demande de classement à l’emprise du temple avec un périmètre de 30 mètres autour de ses murs. La Thaïlande a accepté de soutenir le projet d’inscription du temple tout en réservant la question de la délimitation de la frontière.

Il y a sans doute un peu de nostalgie nationaliste dans la réaction virulente qui a accueilli en Thaïlande ce compromis très raisonnable. En fait le  Temple de Preah Vihear est un bien économique commun dont l’exploitation à des fins touristiques profitera au moins autant, sinon davantage, à la Thaïlande qu’au Cambodge.

 

Saisine prochaine de la Cour Permanente d’Arbitrage par les parties au conflit interne soudanais

Michel DJIMGOU DJOMENI

 

 

 

 

 

La Cour Permanente d’Arbitrage (CPA) a annoncé, sur son site Internet, qu’elle servira de Greffe à l’instance arbitrale qui connaîtra du conflit inter soudanais. Fait marquant, dans ce communiqué la CPA se fonde sur des sources indirectes. Elle fait référence en effet à une dépêche de la BBC du 22 juin 2008, et à une annonce du quotidien soudanais, Soudan Tribune, du 23 juin 2008. Le compromis d’arbitrage n’a donc pas encore été déposé au greffe de la CPA. Au-delà de cette curiosité, l’annonce de la saisine de la CPA suscite des observations et interrogations, quant à la qualité des parties au conflit en relation avec les termes de la Convention d’arbitrage. Avant de s’y appesantir, il conviendrait de faire un rappel des origines du conflit sur Abyei.

Les origines du conflit sur Abyei

Le différend sur Abyei plonge ses racines dans le conflit quasi séculaire entre le Nord et le Sud Soudan. Considéré comme le plus long (plus de deux décennies) et l'un des plus meurtriers  des conflits (près d’un million et demi de morts) du continent africain, le conflit entre le Nord et le Sud Soudan avait connu un début d’épilogue avec la signature, le 9 février 2005, des Accords de paix de Nairobi. Il s'agit d'une série d'accords signés à des dates différentes, et qui ont vocation à régler un certain nombre de questions, notamment, le partage du pouvoir politique, le partage des ressources pétrolières et minières, le règlement des questions financières, douanières et fiscales et surtout, la mise sur pied d'un système d'administration régionale pour la zone d'Abyei. C'est ce dernier aspect qui avait fait l'objet d'un accord (encore connu sous le nom de Protocole d’Abyei) signé en mai 2004 à Naivasha (Kenya) qui constituent la principale pomme de discorde. Compte tenu de la complexité de la région ainsique du caractère cosmopolite de sa population, l’Accord prévoit en substance: la mise sur pied d'une administration à statut spécial pour Abyei, la création d'un mécanisme de gouvernance locale devant s'appliquer jusqu'en 2011, le partage des revenus tirés du pétrole, des arangements sécuritaires, l'organisation en 2011 d'un référendum, simultanément avec celui du Sud Soudan, pour déterminer si Abyei sera rattaché au Nord du pays ou au Sud de celui-ci, et la mise en oeuvre d'un processus visant à déterminer les frontières de la région d'Abyei.

Pour les besoins de l'application de ce dernier point, une Commission des Frontières d'abyei (en anglais, Abyei Boundaries Commission (ABC)) est mise sur pied. Composée de 5 représentants de chacune des parties au conflit et de 5 experts internationaux, l'ABC était tributaire, pour ses décisions, du consensus entre les 10 représentants soudanais, et il avait été convenu qu'au cas où ces derniers ne parviendraient pas à un accord, les experts internationaux (désignés par les Etats-Unis d'Amérique, la Grande Bretagne et l'Autorité intergouvernementale pour le développement (l’IGAD)) trancheraient la question, et la décision prise à cet effet serait définitive et obligatoire à l'égard des parties. Le 14 juillet 2005, l'ABC rendit ses conclusions qu'elle présenta à l'Assemblée générale des Nations Unies et au Président soudanais. Considérant que cette décision était injustement favorable au Sud, le Président soudanais la rejeta, compromettant ainsi l'application du protocole d'Abyei fortement tributaire, pour sa mise en œuvre effective, du respect de la décision de l'ABC. C'est pour sortir de l'enlisement ainsi provoqué que les parties ont décidé, à travers la signature d’une convention d’arbitrage, de s'en remettre à un tribunal arbitral.

Les termes de la convention d’arbitrage

Le communiqué de la Cour permanente d’arbitrage, qui se réfère à une dépêche de la BBC et à un article de presse du Quotidien soudanais Soudan Tribune, indique l'identité des plaignants. Il s'agit du Parti national du Congrès (PNC) et du Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS). La CPA ajoute que les parties ont convenu que leur différend sera réglé conformément au Règlement facultatif de la Cour permanente d’arbitrage pour l’arbitrage des différends entre deux parties dont l’une seulement est un État.

Aux termes de la Convention d’arbitrage signée le 21 juin 2008 à Juba, les parties ont convenu que le Tribunal arbitral sera composé de cinq arbitres, deux désignés par chacune des parties, et le cinquième, qui assurera la présidence du Tribunal, sera désigné par les quatre arbitres. Les parties ont également convenu que le Tribunal aura pour mandat de dire si, dans sa décision du 14 juillet 2005, l’Abyei Boundaries Commission (ABC) avait, oui ou non, outrepassé son mandat, lequel consistait, selon les termes du Protocole d’Abyei, son Annexe, les termes de référence et les règles de procédure, à délimiter et à procéder à la démarcation des 9 chefferies traditionnelles de Ngok Dinka qui avaient été transférées du Bahr El Ghazal au Kordofan en 1905 (“to define and demarcate the area of the Nine Ngok Dinka Chiefdoms transferred from Bahr el Ghazal to Kordofan in 1905, as per the Abyei Protocol, the Appendix, ABC Terms of Reference and Rules of Procedure.”).

Les apparences d’un artifice

Les Parties ont convenu que le Tribunal arbitral connaitra de leur litige, conformément au Règlement facultatif de la Cour permanente d’arbitrage pour l’arbitrage des différends entre deux parties dont l’une seulement est un État. Le choix de ce règlement pose le problème de la qualité des parties au conflit. A la lecture du communiqué, il apparaît que ce sont deux partis politiques qui ont saisi la CPA. Si l'on s'en tien aux termes du Communiqué, on est forcé de reconnaître qu'on n'est pas en présence d'un Etat et d'une entité non étatique. La deuxième partie du texte introductif du règlement indique que « (i) tous les États ainsi que leurs entités et leurs entreprises peuvent utiliser le présent Règlement, ainsi que les services du Secrétaire général et du Bureau international de la Cour Permanente d’Arbitrage.» A la lecture de  ce texte introductif, on peut, pour trouver des formes de juridicité à la démarche des parties,  se livrer à des conjectures.

On pourrait par exemple imaginer que le Parti National du Congrès (PNC) est une « entité » ou une « entreprise » de l'Etat soudanais. Or même dans un système de parti unique (ce qui n'est pas le cas pour le Soudan) où la seule formation politique existante prend souvent les allures de  Parti État, il n'est pas aisé de faire de ce dernier un démembrement de l'Etat. C'est dire qu'à tout le moins sur le plan formel, le PNC n'est ni une « entité », ni une « entreprise de l'Etat » soudanais. Il y a donc contrariété entre la règle de procédure choisie et la qualité des parties auxquelles cette dernière est censée s'appliquer. A cet égard, le communiqué de la CPA a toutes les apparences d'un forçage de saisine.

On pourrait également penser que les parties ont, lors de la saisine, endossé les qualités en lesquelles elles agissaient au cours du long processus de paix qui a abouti, entre autres, à la signature du protocole d'Abyei. L'Accord de Nairobi du 9 février 2005 avait été signé par le PNC pour le compte du Gouvernement du Soudan, et le MPLS pour le compte du peuple du Sud Soudan. Il en a presque invariablement été ainsi au cours de la signature des différents accords ayant précédé l'Accord de paix global, ce qui laisse penser que le PNC représente l'Etat soudanais dans tous ses actes que celui-ci passe avec le MPLS. La communauté internationale et les organisations intergouvernementales, au premier rand desquelles l'Organisation des nations Unies (ONU), semblent avoir pris acte de cette assimilation et parlent du Gouvernement du Soudant lorsque le signataire est le PNC. S’il s’avère que cette assimilation a été réitérée au cours de la saisine de la CPA, l'option pour le  Règlement facultatif de la Cour permanente d’arbitrage pour l’arbitrage des différends entre deux parties dont l’une seulement est un État se justifierait, et on ne serait pas en présence d'un cas inédit, dans la mesure où la CPA a déjà eu à connaître de différends entre un Etat (fictif d’ailleurs) et une entité non étatique, notamment en l'affaire Paul Larsen contre Royaume de Hawaii du 5 février 2001.

Dans le cas contraire, on pourrait se poser la question de savoir pourquoi les parties n'ont pas opté pour des règles plus appropriées à leurs statut, notamment, le Règlement facultatif de la CPA pour la conciliation, le Règlement facultatif de la CPA pour la conciliation des différends relatifs aux ressources naturelles et/ou à l’environnement, et le Règlement facultatif de la CPA pour l’arbitrage des différends relatifs aux ressources naturelles et/ou à l’environnement, en demandant aux arbitres, dans ce dernier cas, de se prononcer également sur le tracé des frontières correspondant à la position géographique des ressources naturelles en question.

Dans les semaines à venir, la CPA pourrait donner des informations de première main et plus détaillées sur les termes de la Convention d'arbitrage conclue par les parties au conflit inter soudanais, et l'on dépassera alors le stade des conjectures pour faire des analyses fondées sur des certitudes.

Les perspectives.

Le conflit inter soudanais perdure du fait du manque de respect, par les parties en présence, de leurs engagements. On se souvient que l'article 5 de l'Annexe du Protocole d'Abyei disposait que les décisions de l'ABC seraient définitives et obligatoires pour les parties. Les termes de cette disposition n'avaient pas empêché le Président soudanais de rejeter les conclusions de l’ABC, en utilisant une formule restée célèbre, et par laquelle il demandait aux experts internationaux membres de cette instance diluer leur conclusion et de la boire.

La Convention d'arbitrage signée par les mêmes parties dispose que la sentence arbitrale sera définitive et obligatoire. On peut bien se demander si les parties seront plus respectueuses de la sentence arbitrale qu'elles ne l'ont été des conclusions de l'ABC. Il y a lieu d’espérer que par un sursaut de scrupule, les parties, et plus particulièrement le Gouvernement soudanais se gardera d'ignorer pour la deuxième fois consécutive une décision rendue par une instance internationale de jugement.

 

 

Obs. Brillante recrue de Sentinelle, Michel DJIMGOU DJOMENI est un jeune fonctionnaire du Ministère camerounais des affaires étrangères, un bel exemple de cette nouvelle génération africaine qui est bien décidée à nous étonner. Il ne cache pas vraiment son scepticisme à l'égard de cette procédure contentieuse inédite. C'est une grande qualité, mais aussi un petit défaut de la jeunesse. Pour l'instant on identifie un certain nombre de questions fondamentales qui ne sont pas forcément d'ailleurs celles qu'il soulève. Nous aurons l'occasion de les discuter lorsque le texte du compromis d'arbitrage sera connu (PW).

 

CPI, Inculpation du Président soudanais Omar el-Bechir pour génocide (PW)

« Dans les camps, les forces de M. AL BASHIR tuent les hommes et violent les femmes. Il veut mettre un point final à l’histoire des peuples four, masalit et zaghawa, Je n’ai pas le luxe de pouvoir me voiler la face. J’ai des preuves. »  

Luis Moreno-Ocampo

 

 

Communiqué de la Cour : "Lundi 14 juillet, le Procureur Luis Moreno-Ocampo présentera aux juges de la Chambre préliminaire I les éléments de preuve dont il dispose à propos des crimes commis ces cinq dernières années sur l'ensemble du Darfour. La requête sera publique et un résumé sera présenté. Après avoir déposé sa requête, le Procureur tiendra une conférence de presse en compagnie du procureur adjoint, Mme Fatou Bensouda". 

La requête vise ainsi le président en exercice du Soudan qui est notamment accusé du crime de génocide à l'encontre des ethnies four, masalit et zaghawa.

La situation rappelle bien entendu le précédent de Milosevic qui avait fait l'objet d'un mandat d'arrêt émis par le TPIY malgré sa qualité de chef de l'Etat de la RFY (Serbie).

Le Conseil de Paix et Sécurité de l'Union africaine a déjà exprimé le 11 juillet (pas encore en ligne) l'inquiétude que lui inspirait l'initiative du Procureur. Le Gouvernement soudanais a également saisi la Ligue arabe qui devrait se prononcer ce week-end.

Le conflit du Darfour a fait jusqu'à 300.000 morts et déplacé 2,2 millions de personnes.

On lira avec intérêt le point de vue du Département d'Etat sur la question (PW) :

QUESTION: Should the International Criminal Court seek an arrest warrant against the leader of Sudan?
MR. MCCORMACK: Mm-hmm. Should they? Are you asking me our opinion of that?
QUESTION: Yes, please.
MR. MCCORMACK: We are not a member of the ICC. And I would refer that question to, you know, the prosecutor or the judges involved or other members of the ICC. Now, on the issue of holding responsible individuals for genocide or atrocities committed in Sudan, absolutely, the United States is committed to that. But in the Security Council resolution that addressed this issue— and it was passed— the United States abstained because of the issue of the ICC. We have made our views known-- clear on the ICC and there’s no reason to revisit those, but they remain and they hold in place. So I am not pointing fingers at any particular individual.

You know, there are press reports about the intentions of the ICC prosecutor. I’d refer you to the ICC prosecutor for any comment on either (a) individuals or the rationale for bringing charges. I have seen-- I saw that there was press release coming out from the ICC, saying that there was going to be a case presented on Monday. So I expect that the facts, at least as viewed by the prosecutor, will be presented to the judge-- judges and other countries, as well as other interested parties, will be able to make their own assessment separate from the judges at that point in time.
QUESTION: Is the United States participating in any investigation in relation to this case? Will it participate? Will it offer any evidence?
MR. MCCORMACK: We are not participating in any investigation. Again, we are not part of the ICC and we did not sign the treaty. As a matter of fact, we withdrew from the treaty. There was a lot of news reporting about that.
We said, at the time that the UN resolution passed, that if there were requests for information then, of course, the United States would consider that request for information, and the – that situation has not changed. I don’t have anything further to report beyond that and I’m not trying to indicate that the United States has provided any information or evidence.
QUESTION: Sean, I’m sorry I missed the top. Were you meaning this morning – maybe you answered this already, but were you intending this morning to confirm that the United States knows that Ocampo will ask for a warrant for Bashir on Monday?
MR. MCCORMACK: No. It’s reacting to two things. You know, first of all –three things – first of all, the questions were (inaudible). Second of all, there was a press release from the ICC saying that there’s going to be some presentation of evidence and requests for warrants from judges by the ICC prosecutor. And there are a lot of news stories out today that that request for a warrant will involve President Bashir of Sudan.
Now, it’s not my intention to confirm anything of the sort. As a matter of fact, the ICC – the United States doesn’t have anything to do with the ICC. So certainly, we wouldn’t be the ones to be confirming anything.
QUESTION: Do you have reason to believe that that may be the case, though?
MR. MCCORMACK: I refer you to the ICC.
Charley.
QUESTION: Let me ask another question about this. The Sudanese Ambassador of the United Nations just said that all options are open as far as his country’s reaction to this. And then an anchor asked a question: Does this include taking international peacekeepers hostage? And the ambassador to the United Nations said all options are on the table. I tell you. Are you concerned about that, and are you concerned about, in a more general way, how this will play out?
MR. MCCORMACK: Look, first of all, people should deal with the facts as they are before them. We don’t have a new set of facts at this point. We have news reports and people reacting to news reports.
All of that said, the Sudanese Government has obligations under Security Council resolutions as well as the Vienna Convention. The international system expects them to abide by those obligations. Violence serves the purpose of no party. There’s been far too much violence in Sudan. And certainly, violence perpetrated by the government against those on the ground performing humanitarian missions, performing duties on behalf of their governments serves-- certainly does not serve the purposes of the Sudanese Government.
And I think it – you know, it should go without saying that the international system would strongly urge, in the strongest possible terms, Sudan not to consider any such reaction, certainly not in reaction to press reports, and certainly not in reaction to any change in the facts as they are before us.


Daily Press Briefing
Sean McCormack, Spokesman
Washington, DC
July 11, 2008
 

 

 

"Monsieur Hitler est un homme respectable et si on le contrarie, ça va être pire".

 

 

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Evolution positive de la situation au Kosovo (PW)

 

 

 

 
 

Current Situation in Kosovo

Daniel Fried, Assistant Secretary for European and Eurasian Affairs
Remarks at Roundtable With Journalists

Washington, DC
July 2, 2008

Assistant Secretary Fried: -- a number of months since independence, and it has been a relatively quiet, relatively quiet and successful beginning of Kosovo’s life as an independent country, but challenges remain. So I wanted to go through that with you.

As you remember, Kosovo declared its independence in February. There were at the time expectations that there might be severe problems, great violence, displacement of persons, conflict, fighting. There were any number of very dire scenarios which we thought were possible but not likely, were possible, and for which we planned, none of which turned out to be true.

With the exception of some minor and one major incident on March 17th -- you remember the courthouse shootings which resulted in loss of life -- it has been relatively peaceful so far.

Also in the good news department, the Kosovo government and parliament have functioned well and efficiently. Their main achievement so far has been to pass the vast bulk of the Ahtisaari Plan required laws, including the laws which provide for decentralization and Serb minority protection. These laws are crucial to Kosovo’s future as a country for all the people who live there. This was part of the package which the Kosovars agreed to for independence and they have done their job.

The second great Kosovo achievement was that it passed its constitution and has implemented it. The constitution has now come into effect last month.

There has been no major ethnic violence, no refugee flows, the Kosovo government has also responded with restraint and responsibility to the provocations which have occurred. That is the good news.

Externally the good news is, as we hoped, over two-thirds of the European Union countries and NATO and now a majority of Security Council members have recognized Kosovo. Forty-three countries in all. Europe, most European countries have recognized Kosovo. The next challenge will be for recognitions to come in from non-European countries. We expected Europe to be first, and we hope that we get a steady stream of countries recognizing as time goes on.

Let me turn to the challenges because these are quite significant, and I do not want to leave you with the impression that I’m announcing clear waters ahead, no trouble on the horizon. I don’t expect trouble, but we plan for it and there are serious challenges remaining.

The chief challenge is in the north where in Mitrovica and the north of the Iber the writ of the Kosovo government has not yet run. That is a part of Kosovo which is still Serb majority, and it is a place where the one major outbreak of violence did occur. You recall on March 17th -- there is a problem in the north and that problem is going to have to be addressed by the international community working with the Kosovo authorities showing patience, determination, steadiness and a willingness to work in practical ways on the ground to create a sustainable situation that does not involve hardening the differences that already exist.

More challenges will occur. The Kosovo economy is beginning to move ahead. The Kosovo Finance Minister was here last week but their economy will have to get up and running so you don’t have large numbers of unemployed people, young men with nothing to do. Not a good thing.

To address the problems of the north and the Kosovo economy which were the two problems I’ve identified, the United States and the Europeans working together have arranged for the transition between the UN, UNMIK to the European Union force EULEX, and as you know EULEX is about a 2,000 person force which includes judges and police. It is a rule of law mission but it also includes police on the ground.

To address the economy, the European Commission is hosting in Brussels on July 11th European countries, World Bank, IMF donors for a Kosovo Economic Support Conference. We expect that this conference will raise some money to support the Kosovars. The United States is going to throw in $400 million over the next four years. We believe European pledges will be significantly more than that, and you’ll have non-European pledges, and we expect total pledges of well over one billion dollars which over four years we estimate will help the Kosovo government get off to a good start.

I will stop soon, but I want to address one lesson of what we’ve done in Kosovo. This has been an example where the United States and Europe have worked together extraordinarily closely and under difficult conditions. A year ago, it was dawning on us that there would never be a Security Council Resolution providing for Kosovo’s final status. The Russians made clear they would veto any such resolution. At that point, the European Union had to face the fact that it would have to act on Kosovo status and European countries had to face the fact that they had to act on Kosovo status without a UN Resolution. This was extraordinarily difficult and the European response was staunch and strong. The European countries in the so-called Quint -- the United States, Great Britain, France, Germany, Italy -- acted with determination and solidarity and it is because of that we have achieved the progress we have achieved. It is the intention of the United States to keep working very closely with our European colleagues and allies in the months ahead.

Now that’s a sketch overview, and as I said this is not headlines but it’s to recall the narrative. The good news, the tough news, the challenges ahead in European solidarity.
 

 

 

Archive

 

 

 

Protection

 consulaire

Etats-Unis / Serbie : un suspect serbe fuit les Etats-Unis avec l’aide du consulat de Serbie à New York

Aude Vasseur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est parti dans le matin

Plein de lumière !

Il était minc', il était beau,

Il sentait bon le sable chaud,

Mon légionnaire !

Y avait du soleil sur son front

Qui mettait dans ses cheveux blonds

De la lumière !

Edith PIAF

 

Miladin Kovacevic, un étudiant serbe poursuivant ses études aux Etats Unis, est accusé d’agression au premier degré par la justice américaine après une bagarre dans une boîte de nuit qui a plongé un jeune américain dans le coma (voir l’article du 7 juillet 2008). Le suspect, détenu depuis les faits qui ont eu lieu début mai, a été libéré début juin, après que le Consul de Serbie à New York a décidé d’exercer la protection consulaire et de payer sa caution de 100.000 $. Les autorités américaines ont conservé son passeport pour éviter qu’il ne quitte le pays. Cependant, un agent du consulat serbe lui a procuré un passeport provisoire qui lui a permis de retourner se réfugier en Serbie. Les Etats-Unis ont demandé à la Serbie de leur remettre le suspect afin qu’il soit traduit devant les juridictions américaines (voir le point presse du 7 juillet 2008) et le FBI et Interpol ont lancé un mandat d’arrêt à son encontre (voir l’article du 5 juillet 2008). Cependant les autorités serbes ont indiqué qu’elles attendaient d’avoir des informations sur les accusations et le dossier pénal afin de déterminer si elles doivent le renvoyer aux Etats-Unis ou s’il doit être jugé par les tribunaux serbes en vertu du droit serbe. L’avocat de l’accusé soutient en effet que son client a fui les Etats-Unis car la justice américaine serait partiale à l’encontre des Serbes (voir l’article du 4 juillet 2008). Il estime que les tribunaux serbes sont compétents, en vertu de la compétence personnelle active, et que les autorités serbes ne peuvent pas l’extrader dans la mesure où la loi serbe interdit d’extrader des citoyens serbes faisant l’objet d’une procédure pénale à l’étranger quand ils se trouvent sur le territoire serbe (voir l’article du 4 juillet 2008). Les Etats-Unis ont également demandé aux autorités serbes de prendre des mesures à l’encontre du Consul de Serbie à New York, qui a délivré les documents de voyage pour aider le suspect à fuir les Etats-Unis. Le Consul de Serbie a été relevé de ses fonctions et risque des mesures disciplinaires (voir l’article du 3 juillet 2008), bien qu’il se défende d’avoir délivré lui-même les documents et accuse un employé du consulat (voir l’article du 5 juillet 2008).

Cette affaire rappelle celle des déserteurs de Casablanca qui avait opposé la France et l’Allemagne devant un tribunal arbitral de la Cour Permanente d’Arbitrage (CPA) en 1909. Dans cette affaire, un employé du consulat allemand au Maroc, territoire alors placé sous le régime des capitulations et sous contrôle des troupes françaises, avait essayé de faire embarquer des déserteurs de la Légion étrangère, de nationalité allemande et de nationalité étrangère, sur un navire allemand afin de les aider à fuir le territoire. La France les avait arrêtés de manière musclée alors qu’ils étaient sur le point d’embarquer sous la protection des autorités allemandes. La Cour Permanente d’Arbitrage avait décidé que l’agent consulaire avait commis une faute grave et manifeste en tentant de faire quitter le territoire à des déserteurs qui n’étaient pas de nationalité allemande. Par contre, elle avait estimé que le Consul n’avait commis qu’une faute non intentionnelle en signant le sauf-conduit sans le lire. Concernant les citoyens allemands, elle a estimé que le consulat allemand n’avait pas le droit de leur accorder sa protection, puisqu’ils relevaient de la compétence exclusive des autorités militaires françaises. Cependant, comme la question de la compétence en matière pénale entre les deux Etats n’était pas réglée au moment où l’Allemagne leur avait accordé sa protection, elle a estimé que les autorités allemandes n’avaient pas commis une faute. Enfin, elle a indiqué que la France aurait dû respecter la protection de fait dont bénéficiaient les ressortissants allemands et qu’elle aurait dû proposer des les laisser sous séquestre au consulat allemand en attendant que la question de la compétence soit réglée.

Ainsi, le fait, pour un agent consulaire, de fournir des documents à des suspects étrangers pour leur permettre de fuir des poursuites pénales constitue une faute. Cependant, dans l’affaire Miladin Kovacevic, il s’agit d’un ressortissant serbe. Si les Etats-Unis sont compétents, le consulat serbe ne peut pas accorder sa protection au suspect, même de nationalité serbe. Cependant, la Serbie peut également être compétente pour juger ce suspect en vertu de la compétence personnelle active. Il y a donc un conflit de compétence en matière pénale. Néanmoins, le fait de l’aider à fuir les Etats-Unis en lui délivrant des documents de voyage, alors que la justice américaine avait décidé de conserver son passeport, constitue un fait internationalement illicite car il s’agit d’une ingérence dans  le système judiciaire américain. L’agent diplomatique serbe a donc commis une faute.

La Serbie n’a pas encore décidé de renvoyer le suspect aux Etats-Unis. Dans l’affaire des déserteurs de Casablanca, la CPA avait décidé que la France n’était pas obligée de remettre les déserteurs allemands aux autorités allemandes une fois que le conflit de compétence était réglé, mais qu’elle aurait dû le faire et respecter la protection de fait dont ils bénéficiaient, tant que la question de la compétence n’était pas réglée et dans la mesure où cette protection n’était pas manifestement illégale. En l’espèce, le suspect bénéficie désormais de la protection de fait de la Serbie. Tant que la question de la compétence en matière pénale n’est pas réglée, les autorités serbes ne sont donc pas obligées de le remettre aux autorités américaines. Cependant, la protection dont il dispose peut être considérée comme illégale, puisque le suspect a fui les Etats-Unis de façon illégale et que l’aide apportée pour cette fuite constitue un fait internationalement illicite. C’est d’ailleurs l’argument avancé par les Etats-Unis pour demander l’extradition du suspect. Ils estiment en effet que la loi serbe interdisant l’extradition ne s’applique pas parce que le suspect s’est trouvé sur le territoire serbe de façon illégale. La Serbie devrait donc remettre le suspect aux autorités américaines.

Cette affaire a également eu des conséquences pour les deux co-accusés de Miladin Kovacevic de nationalité bosniaque. Ils avaient en effet été libérés sous caution, mais suite à la fuite de Miladin Kovacevic, ils ont été remis en prison. Lundi 7 juillet, ils ont été entendus par le juge au sujet de leur libération provisoire. Aucune décision n’a été adoptée, mais ils ont été à nouveau libérés sous caution et devront porter un bracelet électronique (voir l’article du 7 juillet 2008).

 

 
 

 

Directives environnementales dans le cadre d’une opération de gestion des crises

Danilo COMBA

 

 

 

 

 

Depuis l’année dernière les ministères de la défense finnois, suédois et étasuniens développent un « manuel environnemental » afin de déterminer des politiques et des directives communes. Ce type d’échange d’informations se développe au niveau international.

Dans un sens plus large en effet la sécurité internationale pourrait être perturbée par le changement climatique, la hausse du niveau de la mer et la pénurie des ressources, entraînant ainsi une série de complications dans différents pays.

A cet égard selon un rapport américain publié fin juin concernant « l’évaluation des implications du changement climatique mondial sur la sécurité nationale d’ici 2030 », le changement climatique mondial aura de vastes répercussions sur les intérêts de la sécurité nationale des Etats-Unis.

Les présentes directives ont cependant une portée plus spécifique et se rattachent aux travaux de l’OTAN (dont la Suède et la Finlande sont partenaires).

Selon ses rédacteurs, ce manuel, qui n’a pas une nature obligatoire mais qui apporte seulement des indications à caractère facultatif, ”it is a concise and practical tool that supports today's environmental responsibilities. It is intended both for the leaders of operations and the persons responsible for environmental aspects and it covers the entire life span of crisis management operations”. Il s’agit donc d’un « mémento » d’instructions à suivre dans les différentes phases militaires, établi sur la base des plus récentes évolutions réglementaires mais également se fondant sur les expériences concrètes des corps militaires.

Documents

Doctrine interarmées de l’OTAN relative à la protection de l’environnement au cours d’activités militaires dirigées par l’OTAN

 

 

 
 

 

 

G8, Sommet d’Hokkaido Toyako (7 au 9 juillet 2008)

Céline Bada

 

 

 

 

 

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, de l’Italie, du Japon et de la Russie se sont réunis du 7 au 9 juillet 2008, à Toyako (sur l’île d’Hokkaido au Japon), pour le Sommet annuel du G8.

Invitée par le Président de la Banque mondiale à participer à l’action internationale organisée autour des Nations-Unies pour enrayer la crise mondiale de la sécurité alimentaire, en suppléant notamment à l’important besoin de financement, la présidence japonaise du Sommet a retenu les sujets synthétisant les préoccupations actuelles pour la stabilité économique mondiale : le développement et l’Afrique, l’économie mondiale, ainsi que l’environnement et le changement climatique.

Dans ce cadre étaient également associés aux discussions les dirigeants de pays africains (l’Afrique du Sud, Algérie, Ethiopie, Ghana, Nigeria, Sénégal, Tanzanie, l’Union africaine), les représentants des nouvelles puissances économiques  (l’Australie, le Brésil, la Chine, l’Indonésie, la Corée du Sud, le Mexique ; il faut ajouter à cette liste l’Afrique du Sud), ainsi que des responsables d’organisations internationales (l’ONU, la Banque mondiale, l’Agence internationale de l’énergie).

Les participants au Sommet ont ainsi souligné : « We are mindful of the inter-related nature of the issues surrounding the world economy».

 La discussion sur la question du développement et de l’Afrique s’est articulée autour de plusieurs facteurs du développement que sont la santé, l’éducation, la gestion de l’eau, ainsi que la collaboration entre les acteurs du développement. Les participants ont aussi évoqué la paix et la sécurité « fondamentales pour le développement durable » du continent.

 Il s’agissait également, à mi-parcours d’apprécier l’état de réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, fixés pour 2015 par la déclaration du Millénaire (13 septembre 2000) : la réduction de l’extrême pauvreté et de la faim, la garantie de l’éducation primaire pour tous, la promotion de l’égalité et de l’autonomie des femmes, la réduction de la mortalité infantile, l’amélioration de la santé maternelle, la lutte contre les endémies diverses, l’aménagement d’un environnement durable et la mise en place d’un partenariat mondial pour le développement. Les Etats participants ont pu rappeler que « in tackling the development agenda, we will take a multi-faceted approach, promoting synergies among MDG-related development sectors particularly among health, water and education, in a framework of sustainable development. In this regard, our work will be grounded in the set of core principles of development policy that we endorsed at Heiligendamm, including promoting good governance based on transparency and rule of law and broad-based private sector-led growth. We will promote a ‘participatory approach’, involving all key players and stakeholders ».

Les déclarations de principe formulées sur ces questions par les dirigeants du G8 étaient inspirées notamment des travaux de la quatrième conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD IV) (28 au 30 mai 2008). Aucun engagement supplémentaire n’a été pris par les Etats participants au sommet en matière d’aide au développement. Le G8 n’a d’ailleurs pas fait mention du Sommet de Gleneagles (6 au 8 juillet 2005) au cours duquel ses Etats membres s’étaient engagés à doubler le montant de leur aide financière à l’Afrique d’ici 2010.

De même, dans leur analyse de l’économie mondiale, les Etats ont exprimé leur préoccupation quant à l’inflation des prix, en particulier ceux du pétrole et des produits alimentaires, en raison du risque qu’ils constituent pour la stabilité et la croissance économiques mondiales et de ses répercussions sociales. Cependant, aucune solution nouvelle n’a été proposée à la crise actuelle, le G8 manifestant simplement son soutien à différents projets liés au développement économique. Ont été mentionnés, dans le domaine de la gestion des matières premières, l’Initiative renforcée pour la transparence des industries extractives lancées par la Banque mondiale, et le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD).

 Au cours de ce sommet, une attention particulière a été portée au problème du changement climatique dont les répercussions économiques et sociales ont été rappelées. Les dirigeants du G8 se sont « engagés » à  contribuer à la réalisation de l’objectif ultime de la Convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques « de stabiliser […] les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique ». Cette Convention, adoptée à l’issue du Sommet de la Terre le 9 mai 1992, prévoit qu’ « il conviendra d’atteindre ce niveau dans un délai suffisant pour que les écosystèmes puissent s’adapter naturellement aux changements climatiques, que la production alimentaire ne soit pas menacée et que le développement économique puisse se poursuivre d’une manière durable ».

Il s’agit donc depuis 1992 de parvenir à trois objectifs définis lors de la Conférence de Bali (3 au 15 décembre 2007) : « lancer des négociations sur un accord global sur le changement climatique, convenir d'un calendrier pour ces négociations et accepter d'y parvenir d'ici à 2009 ».

A cette fin, plusieurs cadres informels de négociation ont été aménagés afin de permettre aux Etats industrialisés et aux Etats en développement de dégager un consensus, les Etats membres du G8 ayant une part active dans ces différentes enceintes ; outre le sommet annuel du G8, il convient de mentionner le Dialogue sur les changements climatiques du G8 + 5, le dialogue de Gleneagles sur les changements climatiques, l’énergie propre et le développement durable et la Réunion des économies majeures sur l’énergie et le climat ; le Japon, les Etats-Unis et le Canada sont membres du Partenariat de l’Asie-Pacifique sur le développement propre et le climat, du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) ; l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis et le Japon participent au Midnight Sun Dialogue on climate change.

Ils sont relayés par les enceintes institutionnelles, à travers l’action notamment du système des Nations-Unies (« l’Organisation mondiale » mobilise les institutions et programmes intervenant dans ses différentes ramifications, comme l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, le FMI, la Banque mondiale qui a défini un cadre d’action stratégique, le Programme des Nations-Unies pour le développement, le Programme des Nations-Unies pour l’environnement, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture ), et de l’Union européenne.

 L’inscription du problème du changement climatique au programme du Sommet d’Hokkaido Toyako avait donc pour but de faire le point sur l’état de progression des discussions sur ce sujet. Confirmant la position adoptée dès le Sommet de Gleneagles et rappelée à Heiligendamm ( « Nous sommes conscients des grandes opportunités qu’offre une stratégie efficace visant à faire face au changement climatique, en particulier sur les plans de l’innovation, du développement technologique, ainsi que de la lutte contre la pauvreté » ), les dirigeants du G8 ont envisagé le changement climatique comme un défi mondial appelant une réponse globale, et se sont fixés l’objectif d’atteindre au moins cinquante pour cent de réduction des émissions mondiales d’ici à 2050, en demandant à cette fin le soutien financier des puissances économiques.

 En conclusion, le bilan de ce sommet du G8 permet de rappeler la fonction de cette structure dépourvue d’existence juridique : conférence intergouvernementale informelle, le G8 n’a pas de pouvoir décisionnel. Il constitue un cadre de négociation qui offre, à ce titre, une enceinte propice à l’émergence de positions communes sur les questions économiques internationales. L’influence du G8 n’est cependant pas à minimiser, dans la mesure où l’on observe aujourd’hui un changement de paradigme dans l’appréhension des relations internationales, appréhension qui doit désormais intégrer l’interconnexion des facteurs institutionnels, économiques, sociaux et environnementaux. Dans ce contexte, le G8 participe des  instruments de discussion offrant suffisamment de flexibilité pour s’adapter aux exigences de la société internationale contemporaine.

Ressources web à consulter sur ce sujet

 

G8

 

Sommet d’Heiligendamm (6 au 8 juin 2007)

§                 Site officiel du Sommet

§                 Déclarations du Sommet en français.

 

Sommet d’Hokkaido Toyako (7 au 9 juillet 2008)

§                 Site officiel du Sommet

§                 Déclaration des dirigeants de la Réunion des économies majeures sur l’énergie et le climat

 

Sommet du millénaire (6 au 8 septembre 2000)

 

Assemblée générale des Nations Unies

§                 Déclaration du Millénaire, A/RES/55/2, 13 septembre 2000.

§                 « Suites à donner aux résultats du Sommet du Millénaire », A/RES/55/162, 18 décembre 2000.

§                 « Suites à donner aux résultats du Sommet du Millénaire », A/RES/56/95, 30 janvier 2002.

§                 « Suites à donner aux résultats du Sommet du Millénaire », A/RES/57/144, 26 février 2003.

§                 Document final du Sommet mondial de 2005, A/60/L.1, 20 septembre 2005.

§                 « Suite donnée aux dispositions du Document final du Sommet mondial de 2005 consacrées au développement, y compris les objectifs du Millénaire pour le développement et les autres objectifs convenus au niveau international », A/RES/60/265, 12 juillet 2006.

 

Les objectifs du Millénaire pour le développement

§                 Site des Nations-Unies : Les objectifs du Millénaire pour le développement .

§                 Communiqué de presse relatif à la Quatrième conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD IV), AFR/1707, DEV/2671, 30 mai 2008.

§                 Recommandations du Groupe de pilotage pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement en Afrique,  1er juillet 2008.

 

Secrétaire général des Nations-Unies

§                 Rapport « Dans une liberté plus grande : développement, sécurité et respect des droits de l’Homme pour tous », A/59/2005, 24 mars 2005.

 

Société civile

§                 Groupe d’Etudes et de Recherches sur les Mondialisations (GERM) : www.mondialisation.org

§                 Groupe d’Etudes et de Recherches sur les Mondialisations (GERM) : documents relatifs à la gouvernance mondiale

§                 Oxfam international, « La crise financière démontre que le G8 a les moyens de s’attaquer à la pauvreté, s’il en a la volonté » , Communiqué du 3 juillet 2008.

 

 

 

Archive

 

 

Climat. Réunion au Japon : déclaration du G8 et des MEM

Danilo COMBA

 

 

 

 

 

La réunion G8 qui s’est tenue en Japon s'inscrivait dans la ligne droite de la réunion 2007 ; parmi ses principales thématiques il y avait la question environnementale.

Il est certain que les difficultés présentes sur la scène internationale modifient l’approche des pays vis-à-vis de ce sujet. En effet la sur-position de problématiques telles que la croissance des prix des ressources énergétiques, l’instabilité présente sur les marchés financiers, l’insécurité alimentaire rendent plus complexe l’analyse et la stratégie globale à suivre.

Dans ce cadre, la Banque mondiale a défini un cadre d’action stratégique l’institution soulignant qu’ « il est fondamental de traiter le problème de la modification du climat pour mener à bien le programme de développement et de réduction de la pauvreté ».

Néanmoins il est autrement vrai que les limites du résultat atteint, de portée « programmatrice », résident également dans la somme des différentes stratégies politiques. De loin il nous parait que la concurrence mondiale d’un coté et les concessions qui peuvent être faite dans le cadre de la libéralisation des technologies environnementales de l’autre se dessinent au fond des différentes approches étatiques. Il s’agit au moins d’une des possibles lectures de la Déclaration de la Réunion des Majeures Économies Mondiales.

Il serait donc vrai que ces réunions aident la définition du prochain accord mondial : les déclarations de coopération sont désormais substituées par des documents montrant le dénominateur commun à la base des différentes perspectives. Dans peu de temps la route de Bali a été entreprise et les réunions des G8 et des MEM, dont nous occupons dans cette note, favorisent les futures négociations de Copenhague.

Il est cependant correct se demander si les objectifs affichés par la Convention requièrent à toutes les parties une ouverture plus grande afin de réaliser « le fond » de la question climatique.

La déclaration des pays du G8

 Les dirigeants des 8 pays les plus industrialisés ont traduit dans une chiffre précise les hypothèses qui furent avancées dans la réunion de Heiligendamm (voir Sentinelle) :

“We seek to share with all Parties to the UNFCCC the vision of, and together with them to consider and adopt in the UNFCCC negotiations, the goal of achieving at least 50% reduction of global emissions by 2050, recognizing that this global challenge can only be met by a global response”.

Première considération, les Etats-Unis ont souscrit à cette perspective chiffrée, ce qu'ils avaient toujours refusé auparavant.

  En revanche la définition d'objectifs à moyen terme, afin d’établir un calendrier précis, est si retenue dans son principe, mais ses modalités sont renvoyées à plus tard.

 « In this respect, we acknowledge our leadership role and each of us will implement ambitious economy-wide mid-term goals in order to achieve absolute emissions reductions and, where applicable, first stop the growth of emissions as soon as possible, reflecting comparable efforts among all developed economies, taking into account differences in their national circumstances”.

Les parties ont retenu l’utilité de l’approche sectorielle (buttom-up) sponsorisée par le Japon et ils confient à l’AIE « to enhance its work on voluntary sectoral indicators through improved data collection, complemented by business initiatives”.

Parallèlement les parties conviennent que pour ce qui concerne la réduction des émissions dans les secteurs de l’aviation et maritimes, des discussions approfondies sont développées dans le cadre de l’OACI et de l’OMI (§ 25).

L’harmonisation des mesures touchant l’efficience énergétique trouve des indications précieuses dans les 25 recommandations de l’AIE et dans le naissant « Partenariat International pour la Coopération de l’Efficience Énergétique ».

Le document contient des références aux sujets désormais traditionnels dès lors qu’on s’occupe de l’atténuation et de l’adaptation aux changements climatiques (énergies renouvelables, biofuel et Global Bioenergy Partnership, énergie nucléaire ; liens entre l’environnement-la sécurité internationale et le développement économique et social, y compris l’éradication de la pauvreté ; financement, CTF et SCF).

A noter comme cette réunion aussi exprime la croissante importance qui est donnée au sujet « capture et stockage CO2 (CCS) » : à la faisabilité scientifique de cette technique se contrepposent cependant des couts extraordinaires. Il est probable que dans les années à venir les CCS obtiendront des importantes facilités (aides financiers et inclusion dans les mécanismes  ETS) « We strongly support the launching of 20 large-scale CCS demonstration projects globally by 2010, taking into account various national circumstances, with a view to beginning broad deployment of CCS by 2020 ».

Enfin au §34 les parties soulignent la nécessité d’agir dans le cadre des négociations OMC, notamment Doha, afin d’éliminer les barrières touchant les biens et les services environnementales.

Les pays du G5 (Afrique du sud, Brésil, Chine, Inde et Mexique) ont jugé insuffisants ces progrès : les pays développés doivent établir des objectifs à moyen terme (réduire en 2020 leurs émissions d'au moins 25 à 40%) et en 2050 de 80 à 95%" toujours par rapport à leur niveau de 1990 (voir également la Déclaration du Secrétaire Général de l’ONU).

 En outre selon les économies émergentes les pays développés doivent apporter des financements supplémentaires.

Dans le “Joint Statement” de 2007 les Etats du G8+5 s’engageaient à coopérer dans la lutte contre les changements climatiques. En ce sens la déclaration japonaise du G8 fait appel à que toutes les principales économies s’engagent dans l’objectif à long terme. « We will also help support the mitigation plans of major developing economies by technology, financing and capacity-building. At the same time, in order to ensure an effective and ambitious global post-2012 climate regime, all major economies will need to commit to meaningful mitigation actions to be bound in the international agreement to be negotiated by the end of 2009”.

MEM

La réunion des dirigeants des seize principales économies fait ainsi état des divergences entre pays G8 et grandes économies émergentes : les parties conviennent de la nécessité de “to ensure that the agreed outcome maximizes the efforts of all nations and contributes to achieving the ultimate objective in Article 2 » et par cela « that it would be desirable for the Parties to adopt in the negotiations under the Convention a long-term global goal for reducing global emissions, taking into account the principle of equity”. Ainsi la déclaration ne se donne aucune chiffre de référence ni donne des indications précises.

Néanmoins de quelque intérêt pour la direction des prochaines discussions est le § suivant “Achieving our long-term global goal requires respective mid-term goals, commitments and actions, to be reflected in the agreed outcome of the Bali Action Plan, taking into account differences (...)  In this regard, the developed major economies will implement, consistent with international obligations, economy -wide mid-term goals and take corresponding actions in order to achieve absolute emission reductions and, where applicable, first stop the growth of emissions as soon as possible, reflecting comparable efforts among them. At the same time, the developing major economies will pursue, in the context of sustainable development, nationally appropriate mitigation actions, supported and enabled by technology, financing and capacity-building, with a view to achieving a deviation from business as usual emissions”.

Aspect qui par contre peut être fortement critiqué est la remise en question de l'année de référence pour calculer la réduction envisagée à long terme. Lors que les parties font à mainte reprise renvoie au 4ème rapport aux données du Giec (qui évalue la variation de la température par rapport à 1980–1999), le Japon aurait précisé que les derniers objectifs font référence aux niveaux actuels. Il ne s’agit pas d’une question de simple détail, vu que la détermination des niveaux actuels ne peut pas être une action immédiate. Mieux alors continuer dans le trajet des rapports GIEC sans devoir reformuler ce que signifie -50% en 2050 vis-à-vis de l’année 2008.

 Ainsi le résultat le plus important semble résider dans le §10 de la déclaration des MEM ; ce § se rattache, un peu à surprise, à l’application de la CCNUCC pour la période 2008-2012 :

« To enable the full, effective, and sustained implementation of the Convention between now and 2012, we will:

  • Work together on mitigation-related technology cooperation strategies in specific economic sectors, promote the exchange of mitigation information and analysis on sectoral efficiency, the identification of national technology needs and voluntary, action-oriented international cooperation, and consider the role of cooperative sectoral approaches and sector-specific actions, consistent with the Convention;

  • Direct our trade officials responsible for WTO issues to advance with a sense of urgency their discussions on issues relevant to promoting our cooperation on climate change;     

  • Accelerate enhanced action on technology development, transfer, financing, and capacity building to support mitigation and adaptation efforts;

  • Support implementation of the Nairobi Work Programme on impacts, vulnerability, and adaptation to climate change;

  • Improve significantly energy efficiency, a low -cost way to reduce greenhouse gas emissions and enhance energy security;

  • Continue to promote actions under the Montreal Protocol on Substances That Deplete the Ozone Layer for the benefit of the global climate system; and

  • Intensify our efforts without delay within existing fora to improve effective greenhouse gas measurement.