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L’année 2005 à l’OMC :
des négociations à double vitesse
Guillaume AREOU
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Voir aussi Conférence ministérielle de Hong Kong 13-18 décembre 2005 GuillaUme Areou et Florina COSTICA
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L’année 2005 devait être l’année du développement.
L’ONU et l’OMC tiendraient tour à tour un Sommet de premier rang pour
associer le développement à la paix et à la sécurité internationale puis
au commerce international. Tous les regards se porteraient donc sur le
Sommet de l’ONU[1]
et
A tort ou à raison, cette échéance, à la fois si lointaine mais en
même temps si proche, n’aura pas conduit à une prise de conscience
collective du travail de fond nécessaire pour atteindre les objectifs
élevés que s’étaient fixés les membres de l’OMC (I). Les négociations
ont ainsi connu une phase d’attentisme, voire de blocage, pour ensuite
connaître des balbutiements (II), avant d’apercevoir enfin une volonté
concrète de soumettre des propositions dans les négociations sur
l’agriculture (III). Ce dossier aura d’ailleurs été brandi par
l’ensemble des représentants, tantôt comme un épouvantail, tantôt comme
un obstacle majeur à toute avancée dans les négociations. Il aurait été
plus juste d’affirmer que les négociations ont été détournées de leur
objectif principal en reléguant au second plan l’essentiel des
revendications des pays en développement. L’accès au marché et
l’ouverture des services auront été pris en compte très tardivement,
justifiant l’intervention de certains Etats membres de parvenir à un
accord équilibré. La rédaction d’un document de synthèse s’avérait ainsi
délicate puisqu’il s’agissait de faire l’addition des acquis puis la
soustraction des divergences entre les parties. Ainsi, avant même
l’ouverture de
I – Les négociations sous pression Au cours du premier semestre 2005, le Directeur général de l’OMC, M. Panitchpakdi, avait averti les parties de la nécessité d’accélérer les négociations, sans quoi il serait difficile de tenir le calendrier imposé jusqu’en décembre. Le message de l’époque se voulait alors optimiste. M. Panitchpakdi invitait les représentants des Etats membres à engager des négociations constructives. Or, l’hiver s’est invité tard dans le printemps et a conduit à l’immobilisme. A l’OMC, le tronc agricole des négociations a nécessité tellement d’énergie (A) que les autres dossiers à traiter ont été pris en compte très tardivement (B). Ce contexte n’a donc pas permis le développement souhaité dans les négociations.
A/ Achoppement des négociations sur l’agriculture Le dossier agricole a plongé l’ensemble des représentants des Etats membres de l’OMC dans une profonde inertie. Incapable d’avancée sur l’élimination des subventions à l’exportation[3] ou sur le soutien interne[4], les parties se sont contentées d’examiner dans un premier temps la méthode de calcul sur les droits de douane[5] agricole. Cette méthode a été pendant longtemps le point névralgique des négociations[6]. Cet écueil sera dépassé en mai. Un accord sur la méthode de calcul ad valorem[7] pour les droits de douane agricole sera en effet trouvé. Un groupe de cinq Etats, comprenant l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Australie, le Brésil et l’Inde, a fait une proposition qui a abouti. Elle consistait à calculer les droits de douane agricole en fonction du prix du produit et non plus sur la base des quantités importées. L’accord auquel parviendront les parties sur ce point agira comme un soufflet. Une flamme dynamique s’est éclairée pour s’obscurcir aussitôt après. Ainsi, si l’espoir d’une reprise des négociations fut court, l’immobilisme perdura plus que de raison. Il était d’autant plus inquiétant qu’il ne reposait que sur le dossier agricole sans prendre en considération les autres objectifs du cycle de Doha.
En marge des négociations sur l’agriculture,
Le positionnement de l’Union européenne dans le domaine des services n’est pas anodin. Il reflète la politique souhaitée par les Etats membres de l’Union de parvenir à un accord équilibré sur l’ensemble du cycle de Doha. Or, la date butoir du 31 mai pour rendre les offres révisées dans le domaine des services n’aura pas été marquée par un afflux de proposition des autres membres de l’OMC. Seuls le Canada, l’Australie, l’Union européenne, le Maroc et les ministres de l’APEC avaient émis des offres similaires[8] à cette période. Le Canada a soumis une offre qui améliorait celle de 2003. L’Australie, pour sa part, espérait sécuriser davantage le marché des services pour créer de nouvelles opportunités pour ses entreprises exportatrices. Les secteurs visés par cette offre concernaient notamment les télécommunications, l’environnement et les services juridiques. Enfin, le Maroc étendra les engagements qui le lient à l’OMC aux secteurs de la distribution de gros et de détail, du transport maritime ou bien encore du marché des capitaux. De plus, plusieurs restrictions d’accès au marché seront levées. Parmi les secteurs qui bénéficieront de cette mesure, il faut citer la fourniture de services touristiques, des télécommunications ainsi que les secteurs du transport routier et aérien. Le Maroc a insisté, tout comme l’Union européenne, sur le caractère conditionnelle de son offre. Les propositions relatives au secteur des services doivent être minimisées. Il s’agit de propositions unilatérales et conditionnelles qui répondent à l’exigence d’une date butoir. C’est pourquoi les avancées paraissent bien maigres compte tenu d’une part, des dossiers restés en suspens et d’autre part, de la place prépondérante réservée aux négociations sur l’agriculture. C’est donc dans une atmosphère morose[9] que les dirigeants de l’OMC et les représentants des Etats membres ont entamé la pause estivale. La seule attente résidait dans la prise de fonction de Pascal Lamy en tant que Directeur général[10]. Le nouvel homme fort de l’OMC ne changera certes pas de discours mais imprimera dès les premiers jours de son mandat sa personnalité et sa méthode : efficacité et gestion du temps.
II – L'entrée en fonction délicate
Ainsi résumé, le premier semestre
A/ Un état des négociations peu flatteur Pascal Lamy, nouveau Directeur général de l’OMC, a entamé tambour battant ses premières réunions à Genève.
A trois mois de
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