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Une
occasion historique à saisir en 2005 |
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Le
Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan a présenté lundi 21 mars à New
York devant l’Assemblée générale son rapport sur la mise en œuvre des Objectifs
du Millénaire, intitulé « Dans une plus grande liberté ». Il y fait le
point sur les mesures à adopter dans l’année pour atteindre ces objectifs à
l’échéance de 2015, sur la base d’un principe directeur : proposer des
mesures limitées dans le temps et dans la portée, afin qu’elles puissent
recueillir un large consensus et être adoptées à court terme. Certaines
propositions sont très audacieuses et prônent notamment une réforme sans
précédent de l’ONU.
Son travail a bénéficié des apports essentiels du rapport
du Groupe de hautes personnalités du 2 décembre 2004 et du rapport
de l’équipe du Projet du Millénaire du 17 janvier 2005. En
insistant sur les implications de la mondialisation, Kofi Annan propose des
mesures en ayant à l’esprit que : o tous
les défis actuels sont interconnectés, qu’ils concernent le développement, la
sécurité ou les droits de l’homme o de
ce fait ils concernent tous les États. Un
projet de résolution se trouve an annexe de ce rapport. Ces propositions vont
faire l’objet de discussions informelles des États membres des Nations Unies
avant le sommet de septembre à New York où des décisions devraient être adoptées
au niveau des Chefs d’État. Kofi Annan a insisté sur le fait que son rapport
présente une stratégie d’ensemble en vue de la mise en place d’un
« multilatéralisme effectif », même si des négociations avec les
différents États sont bien sûr nécessaires. L’essentiel
des propositions s’adresse aux États, mais certaines impliquent la participation
de la société civile, du secteur privé et des institutions internationales,
chaque « acteur » étant responsable de leur mise en œuvre par rapport
aux autres. Dans
son discours de
présentation, Kofi Annan a déclaré: "Nous avons
entendu prononcer dans cette salle assez de déclarations ronflantes pour les
décennies à venir. Nous connaissons tous la nature des problèmes que nous
rencontrons et la teneur des engagements que nous avons pris. Il ne s’agit plus
maintenant de faire des déclarations ou des promesses mais d’agir pour tenir les
engagements qui ont été pris." |
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PRÉSENTATION
PAR KOFI ANNAN DU RAPPORT |
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I. « LA
LIBERTÉ D’ÊTRE À L’ABRI DU BESOIN » : LE
DEVELOPPEMENT Les
mesures proposées au titre du développement se fondent sur l’idée de
responsabilité et d’obligations partagées issue en 2002 de la Conférence internationale sur le
financement du développement
de Monterrey et du Sommet mondial sur le développement
durable
de Johannesburg.
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A.
La progression de la mise en œuvre des ODM depuis 2000 Progression
des objectifs selon les régions du monde : o Progrès
notables : Asie de l’Est et du Sud. o Progrès
plus contrastés : Amérique latine, pays en transition, Moyen-Orient,
Afrique du Nord. o Objectifs
loin d’être atteints : Afrique subsaharienne, Océanie.
Progression
des objectifs selon les secteurs : o Progrès
majeurs : élimination de la faim, accès à l’eau potable, scolarisation des
enfants. o Secteurs
très en retard : mortalité infantile et maternelle, accès aux services
d’assainissement, incidence du sida, de la tuberculose et du paludisme,
dégradation de l’environnement.
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B.
Mesures que devraient adopter les PED Þ Chaque
PED devrait adopter avant 2006 une stratégie nationale de développement basée
sur l’augmentation des investissements publics et la mobilisation des ressources
intérieures. Þ Adopter
des systèmes transparents et rigoureux de gouvernance, en éliminant la
corruption. Þ Investir
principalement dans les infrastructures axées sur le développement, telles que
l’énergie, les transports, les télécommunications. Þ Fonder
la croissance menée par le secteur privé sur des types d’investissements
prioritaires : interventions assurant l’égalité des sexes, réformes des
politiques en matière d’environnement, développement des zones rurales,
développement des grandes villes, assurer un accès universel aux services de
santé, élargir l’accès à l’éducation primaire et secondaire, développer le
potentiel scientifique et technologique. |
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C.
Mesures que devraient adopter les pays développés Þ Atteindre
en 2009 0,5% en matière d’aide publique au développement et 0,7% en 2015 au plus
tard. Þ Adapter
l’assistance aux PED selon le niveau de leur stratégie nationale.
Þ Instituer
un mécanisme international de financement nouveau. Þ Étudier
d’autres sources novatrices de financement et notamment l’initiative associant
l’Allemagne, le Brésil, le Chili, l’Espagne et la France. Þ Fixer
des échéances et des critères pour harmoniser les mécanismes d’aide et les
rendre transparents. Þ Annuler
certaines dettes et redéfinir l’endettement tolérable comme « le
niveau d’endettement qui permet à un pays d’atteindre les objectifs du
Millénaire pour le développement sans que les ratios d’endettement n’augmentent
pour 2015 ».
Þ Conclure
le cycle de négociations commerciales de Doha avant 2006 et accorder dans un
premier temps aux exportations des pays les moins avancés (PMA) l’accès aux
marchés en franchise des droits et hors quotas. |
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D.
Définition et application par la communauté internationale des instruments
internationaux sur l’environnement Þ Appliquer
la Convention des
Nations Unies sur la lutte contre la désertification
surtout dans les États africains Þ Adopter
les dispositions nécessaires pour appliquer la Convention
sur la diversité biologique Þ Élaborer
un cadre d’action plus ouvert pour combattre les changements climatiques qui
permette une large participation des principaux émetteurs de gaz à effet de
serre, pour la période postérieure à 2012 Þ Mettre
en place un système mondial d’alerte rapide pour tous les risques naturels
s’appuyant sur des dispositifs nationaux et régionaux.
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E.
Action de la communauté internationale contre les maladies
infectieuses Þ Financer
à la hauteur des besoins le Fonds mondial de lutte contre le sida,
la tuberculose et le paludisme
créé en 2001 Þ Adopter
une version révisée du Règlement sanitaire
international
lors de la session de l’Assemblée mondiale de la santé de
2005. |
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II. « LA
LIBERTÉ D’ÊTRE À L’ABRI DE LA PEUR » : LA SECURITE Le
concept clé de la nouvelle conception de la sécurité collective doit être celui
d’une prévention multilatérale. Dans le domaine de la sécurité, le Secrétaire
général reprend essentiellement les propositions du Groupe de hautes
personnalités. Afin que la prévention puisse être assurée par une ONU réformée,
il est nécessaire que les États s’entendent en tout premier lieu sur une
définition du terrorisme. Les mécanismes existants doivent être utilisés pour
l’établissement, le maintien et la consolidation de la paix.
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A.
Lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée Þ Définition
du terrorisme : « tout
acte commis dans l’intention de causer la mort ou des blessures graves à des
civils ou à des non-combattants, dans le dessein d’intimider une population ou
de contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir un
acte ou à s’abstenir de le faire ». Þ Les
États devraient conclure une convention globale sur le terrorisme avant 2007 et
une convention internationale pour la répression des actes de terrorisme
nucléaire dans les plus brefs délais Þ Assurer
le financement nécessaire à l’Office des Nations Unies contre
la drogue et le crime
pour qu’il remplisse correctement sa fonction de vérification de l’application
des conventions contre la criminalité organisée. |
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B.
Désarmement Þ Les
États dotés de l’arme nucléaire devraient conclure un traité d’interdiction des
matières fissiles Þ Le
pouvoir de vérification de l’AIEA doit être renforcé par l’adoption large du
Modèle
de protocole additionnel
à l’accord (aux accords) entre un État (des États) et l’AIEA relatif(s) à
l’application de garanties Þ L’AIEA
pourrait servir de garant pour la fourniture de matière fissile à des
utilisateurs de l’énergie nucléaire à des fins civiles Þ Tous
les États devraient adhérer à la Convention
sur les armes chimiques
et à la Convention
sur les armes biologiques Þ Les
États devraient adopter un instrument réglementant le marquage et le traçage des
armes légères avant la conférence de 2006 qui examinera l’exécution du Programme
d’action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des
armes légères sous tous ses aspects Þ Les
États parties à la Convention
sur l’interdiction des mines antipersonnel
doivent respecter les obligations auxquelles elles ont souscrit et les autres
États doivent accéder à ce traité. |
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III. La
liberté de vivre dans la dignité : le domaine des droits de l'homme.
La
Déclaration du Millénaire a mis l'accent sur les efforts nécessaires à produire
pour promouvoir la démocratie et l'état de droit, parmi les autres droits de
l'homme. Si de multiples instruments internationaux tendent à la réalisation de
cet objectif, il n'en reste pas moins que ces dispositions doivent être mises en
œuvre et ne pas rester lettre morte. Peu
importe aux citoyens de ce monde que des conventions soient ratifiées, que des
déclarations soient adoptées, si ces dernières ne s'appliquent pas dans leur
quotidien. S'il
est donc nécessaire de continuer à développer le cadre normatif des droits de
l'homme, il est aussi primordial de prendre des mesures concrètes " pour limiter
l’application sélective, la mise en œuvre arbitraire et l’impunité. Le monde qui
a légiféré doit maintenant passer de la théorie à la
pratique." A
cet égard, Kofi Annan met en exergue trois champs d'action prioritaires:
Þ La
primauté du droit:
il appartient à la communauté internationale de protéger les individus contre
les génocides, les crimes contre l'humanité et autres violations des droits de
l'homme. La responsabilité des États en ce sens réside dans l'adoption, la
ratification et la mise en œuvre des traités internationaux en la matière. Mais
c'est également au travers de la Cour Pénale internationale, des Tribunaux
Pénaux internationaux et de la Cour internationale de Justice que la répression
des crimes peut être assurée. L'aide apportée par le Secrétariat des Nations
Unies aux pays qui tentent de rétablir un état de droit
ou qui émergent d'un conflit devra être renforcée. Þ Les
droits de l'homme:
des moyens financiers et humains doivent être mis à la disposition du Haut
Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, parmi d'autres organismes
chargés de veiller à l'application de ces droits, afin qu'il soit en mesure de
participer plus activement aux délibérations du Conseil de sécurité et de la
Commission pour la consolidation de la paix, Commission qu'il envisage de créer.
Þ La
démocratie:
l'organisation des Nations Unies devrait mettre en place un fonds destiné à la
promotion de la démocratie au sein des pays qui cherchent à l'instaurer ou à la
renforcer. |
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IV. Renforcer
l'Organisation des Nations Unies: la réforme de l'ONU. Il
est nécessaire que l'ONU évolue avec son temps et le nombre de ses Etats
membres. Les institutions qui ont été créées doivent pour ce faire être l'objet
de réformes qui les rendront plus efficaces et plus à même de remplir leurs
missions. Dans
ce cadre, le Secrétaire général propose: Þ pour
l'Assemblée générale:
celle-ci "devrait prendre des mesures audacieuses pour rationaliser ses travaux
et accélérer le processus des délibérations". Elle doit de plus se concentrer
sur les questions de fond dont elle est saisie et favoriser la coopération avec
la société civile. Þ pour
le Conseil de sécurité:
il doit " être plus largement représentatif des réalités géopolitiques
modernes". Le Secrétaire général appuie en ce sens les propositions de réformes
faites par le Groupe de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement.
Les États devraient ainsi prendre position sur les différentes formules
proposées dans le rapport
établi par ce Groupe, et ce avant le sommet de septembre 2005. Il faudrait
mettre en place des mécanismes permettant de suivre la mise en œuvre des
sanctions décidées par le Conseil et d’« atténuer le contrecoup
humanitaire ». Le Conseil de sécurité devrait également adopter une
résolution concernant les principes directeurs sur lesquels il doit de baser en
décidant de recourir à la force, selon la recommandation du Groupe de hautes
personnalités. Þ pour
le Conseil économique et social:
il doit être réformé afin de pouvoir évaluer les progrès des États dans la mise
en œuvre des objectifs de développement et de guider les organes
intergouvernementaux dans leur approche des questions économiques et sociales.
Þ pour
le Conseil des droits de l'homme: face
à la perte de crédibilité et de compétence professionnelle de la Commission des
droits de l'homme, il est nécessaire d'envisager la réforme de cette Commission
et la création d'un Conseil permanent des droits de l'homme, de composition plus
restreinte, et prendrait place à côté des autres organes principaux des Nations
Unies. Les États membres devraient aussi créer un poste de rapporteur spécial
devant la Commission des droits de l’homme, afin d’évaluer la compatibilité des
mesures de lutte contre le terrorisme avec le respect des droits de l’homme.
Þ pour
le Secrétariat:
le Secrétariat cherche actuellement à s'adapter à la mise en œuvre des priorités
énoncées dans ce rapport, et ce en créant notamment un mécanisme de prise de
décisions collégial. Cela requiert cependant que les États membres de l'ONU lui
confèrent les moyens de ces réformes. Ils devraient notamment lui fournir des
ressources supplémentaires pour assurer ses missions de bons
offices. Parmi
les autres réformes proposées par Monsieur Annan, on trouve celle "d'accroître
la cohérence du système", notamment dans le cadre des actions humanitaires
d'urgence et de la protection des personnes. Un soutien au organisations
régionales est aussi recommandé, de même qu'une actualisation de la Charte des
Nations Unies. |
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V. PREMIÈRES
RÉACTIONS AU RAPPORT Dans
un communiqué,
la France a déclaré qu’elle a pris note du rapport du Secrétaire général. Elle a
estimé qu’il comporte beaucoup d’idées importantes, voire novatrices, notamment
en ce qui concerne la réforme de l’ONU, idées qui doivent désormais être
évaluées par les États lors de leurs négociations. La
France a déclaré qu’elle entend participer activement, notamment en étroite
liaison avec ses partenaires de l'Union européenne, à la préparation de cette
échéance importante.
Le
Royaume-Uni
a accueilli avec une très grande satisfaction le rapport courageux du Secrétaire
général, notamment les propositions relatives au financement du développement.
Il se déclare prêt à appuyer fortement les décisions à adopter en septembre.
Le
« groupe
des 4 »
(Allemagne, Brésil, Inde et Japon) se déclare extrêmement favorable aux
propositions du Secrétaire général, surtout en ce qui concerne la réforme de
l’ONU et plus particulièrement du Conseil de sécurité. Ces États ont déclaré
accepter le rapport dans son ensemble et pas « à la carte », comme
l’avait demandé Kofi Annan.
Les
premières réactions arrivent également des grandes institutions internationales;
au nom de la Banque
Mondiale,
notamment, J.D. Wolfensohn se félicite de la présentation du rapport et insiste
particulièrement sur les mesures que doivent adopter pays développés et pays en
développement en vue de l’échéance de 2015 en ce qui concerne la mise en œuvre
des ODM. |
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I. « LA
LIBERTÉ D’ÊTRE À L’ABRI DU BESOIN » : LE
DEVELOPPEMENT A.
La progression de la mise en œuvre des ODM depuis 2000 B.
Mesures que devraient adopter les PED C.
Mesures que devraient adopter les PD D.
Définition et application par la communauté internationale des instruments
internationaux sur l’environnement E.
Action de la communauté internationale contre les maladies
infectieuses II. « LA
LIBERTÉ D’ÊTRE À L’ABRI DE LA PEUR » : LA SECURITE A.
Lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée B.
Désarmement III. La
liberté de vivre dans la dignité : le domaine des droits de l'homme.
IV. Renforcer
l'Organisation des Nations Unies: la réforme de l'ONU. V. PREMIÈRES
RÉACTIONS AU RAPPORT |
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LIENS
Sentinelle : · Commission
des droits de l'homme, ouverture de la 61ème session |
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Réalisé
par Gaëlle HOURRIEZ-BOLATRE et Sarah CASSELLA Mars
2005 |