La Société française pour le droit international a été créée à la suite du colloque organisé les 17-18 mars 1967 à Strasbourg sous la présidence de Suzanne Bastid. A l’issue de ce colloque consacré aux Problèmes de l’enseignement et de la recherche en droit international en France face aux besoins de la pratique, Michel Virally a proposé « la création d’un groupement scientifique destiné à favoriser l’étude et le progrès du droit international et permettant aux enseignants, chercheurs et praticiens de se rencontrer à intervalles réguliers ». La nouvelle Société a été créée en octobre 1967, avec pour siège Strasbourg et un statut d’association de droit local.

Elle a tenu sa première assemblée générale le 26 avril 1968 à Dijon. A cette occasion un Conseil de quatorze membres a été constitué sous la présidence de Mme Bastid, avec Jean-Jacques de Bresson, Jean Charpentier, Claude-Albert Colliard, Jacques Dehaussy, René-Jean Dupuy, Guy Feuer, Guy de Lacharrière, Daniel Pépy, Roger Pinto, Paul Reuter, David Ruzié, Michel Virally et Francis Wolf. Le colloque qui a suivi portait sur deux thèmes d’actualité : L’affaire du Torrey-Canyon et le droit des espaces maritimes et Les problèmes de l’arbitrage entre États et personnes privées : solutions offertes par la Convention de la Banque mondiale du 18 mars 1965.

La Société qui comptait initialement 103 membres s’est penchée dès l’origine sur l’organisation des études, « à la suite des évènements du mois de mai et à la veille de la réorganisation des institutions universitaires françaises ». Elle a ainsi préconisé le transfert du cours d’Institutions internationales en 2ème année et sa réorientation « dans une perspective surtout sociologique », le maintien du cours de Droit international public de 3ème année, la mise en place d’un cours de Droit international du développement en quatrième année et l’élargissement de la place faite au Droit communautaire.

La réunion suivante de la SDFI s’est tenue à Nice du 6 au 8 juin 1969, avec là aussi deux thèmes d’étude : Le statut de l’assistance technique et Le fonds des mers. En 1970, les « Journées annuelles » organisées à Grenoble ont été consacrées à L’application du droit international par le juge français. Depuis lors, le colloque annuel de la SFDI a porté sur un thème unique faisant l’objet d’une collection aux éditions Pedone, entamée avec les journées d’études du 27 au 29 mai 1971 à Orléans sur Le droit international économique qui marquaient avec le rayonnement que l’on sait les « 5èmes Journées annuelles de la SFDI ».

Dès lors le fil des travaux et des jours de la SFDI est facile à suivre, grâce aux volumes de cette collection et aux sobres comptes-rendus publiés très régulièrement dans la rubrique « Enseignements et congrès » de l’AFDI, notamment à partir de 1975, sous la signature de Gérard Cohen-Jonathan, son secrétaire général pendant quatorze ans.

Lors du colloque de Strasbourg, organisé en 1987, à l’occasion du XXe anniversaire de la SFDI, Mme Bastid est devenue présidente d’honneur de la Société, tandis que René-Jean Dupuy a été désigné comme son nouveau président. En 1992 fut organisé à Québec et Montréal, conjointement avec la Société québécoise de droit international, un colloque relatif aux Perspectives convergentes et divergentes sur l’intégration économique en Europe et en Amérique. Un an après, lors du colloque de Nancy, une nouvelle relève a été effectuée, René-Jean Dupuy devenant à son tour président d’honneur, tandis qu’Hubert Thierry était élu à la présidence de la SFDI. Il y exerça trois mandats qui furent marqués par une intensification de l’activité scientifique avec le développement, en parallèle du colloque annuel, de journées d’études. En 1999, la Société française pour le droit international organisa conjointement avec la Société hellénique pour le droit international un colloque sur L’effectivité des organisations internationales, mécanisme de suivi et de contrôle. C’est également durant la présidence d’Hubert Thierry que la SFDI lança son site Internet. Depuis lors, celui-ci s’est considérablement enrichi avec notamment la création d’une Galerie des internationalistes francophones, l’établissement d’une Carte des enseignements ou bien encore la mise en place d’une rubrique consacrée à l’actualité ainsi qu’aux annonces des soutenances de thèse en droit international.

En 1999, Hubert Thierry décida de passer le flambeau. Le Conseil lui décerna le titre de président d’honneur tandis qu’il portait à la présidence de la SFDI Jean-Pierre Quéneudec. Ce dernier donna une nouvelle impulsion à la Société dont les activités continuèrent à prendre de l’ampleur notamment avec les sociétés sœurs. En 2000, se tint dans les locaux de l’Université Humboldt à Berlin la première Journée d’étude conjointe de la Société française pour le droit international et la Deutschen Gesellschaft für Völkerrecht sur Le Kosovo et la Communauté internationale. Depuis lors, ces rencontres franco-allemandes se déroulent tous les deux ans. En 2002, la SFDI parraina avec d’autres sociétés savantes un colloque organisé à Tunis sur Le 20ème anniversaire de la convention des Nations Unies sur le droit de la mer. En 2003, la SFDI tint son colloque annuel à Genève sur La pratique et le droit international.

Après avoir présidé la SFDI durant cinq années, Jean-Pierre Quéneudec annonça en 2004 son intention de ne pas se représenter. Le Conseil lui décerna le titre de président d’honneur et élut pour le remplacer Jean-Pierre Cot. Sous la houlette de son nouveau président, la Société poursuivit sa mue. En 2005 est lancée sur le site Internet de la SFDI une revue hebdomadaire d’actualité du droit international en accès libre dénommée Sentinelle. C’est également lors de cette même année qu’est créé le Bureau des jeunes chercheurs. En 2006, la structure du colloque annuel connaît une évolution avec la mise en place d’ateliers thématiques d’une demi-journée en sus des traditionnelles séances plénières.

A l’expiration de son quatrième mandat, Jean-Pierre Cot décida d’abandonner la présidence de la Société. Il est alors remplacé par Alain Pellet. A l’instar de tous ses prédécesseurs, Jean-Pierre Cot fut élu président d’honneur de la SFDI.

Dès son accession à la présidence de la Société française pour le droit international, Alain Pellet manifesta sa volonté d’intensifier l’ouverture vers les autres sociétés savantes agissant dans le domaine du droit international. La SFDI s’est ainsi rapprochée de la Società italiana di diritto internazionale. En 2014, à Courmayeur fut organisée pour la première fois une journée franco-italienne portant sur L’avenir des organisations internationales. Perspectives juridiques. Trois ans plus tard, une nouvelle journée s’est tenue au Mans sur Le standard de due diligence et la responsabilité internationale.

En 2015, en prélude à l’ouverture de son colloque annuel organisé à Strasbourg, la Société française pour le droit international prit l’initiative d’organiser une Rencontre des sociétés nationales et régionales pour le droit international – y compris les branches nationales de l’International Law Association qui, dans de nombreux pays, tiennent lieu de sociétés nationales. Cette rencontre visait à favoriser une meilleure coordination des différentes sociétés pour le droit international, et à encourager la tenue d’activités conjointes, au service d’un plus grand rayonnement pour chacune de ces sociétés. Par ailleurs, la Rencontre a été conçue comme un moyen de promotion du rôle que ces acteurs peuvent jouer en pratique auprès des secteurs publics et privés. Elle déboucha sur la mise en place d’un Réseau mondial dont le site Internet est hébergé par celui de la Société. Une prochaine rencontre est prévue pour 2019 à La Haye.

La SFDI compte aujourd’hui près de 700 membres, dont plus de 200 membres étudiants. La création d’un prix de thèse de la SFDI en 1992 marque le souci de s’ouvrir vers les nouvelles générations. Celui-ci récompense la meilleure thèse de droit international soutenue dans une université française ou francophone. En décidant, en 1995, de lui donner le nom de Prix Suzanne-Bastid, la SFDI a tenu à rendre un hommage à sa fondatrice et à témoigner pour l’avenir, comme Mme Bastid l’avait fait pour des générations de jeunes internationalistes. En 1998, à l’occasion du 50ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Société française pour le droit international décida de créer un second prix de thèse destiné à récompenser un travail de nature scientifique, à caractère juridique, consacré à la connaissance ou au progrès des droits de l’homme au niveau international. Ce « prix des droits de l’homme » fut rebaptisé en 2005 en Prix Jacques-Mourgeon afin d’honorer la mémoire de celui qui en était à l’origine.

Depuis plus de quarante ans, la SFDI œuvre pour promouvoir le droit international. Elle se veut résolument internationaliste et ouverte vers les autres institutions partageant cet objectif.